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... a posté 866 avis et 177 séries (Note moyenne: 3.08)

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Nom série  Le Joueur  posté le 20/11/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je pensais avoir affaire à une bd éditée chez Futuropolis en la voyant : même maquette, même papier épais, dessin personnel complété par une mise en couleurs à l’aquarelle et pagination conséquente. Seul, le prix de cet album apparaît moins élevé que la plupart des bds publiées chez Futuropolis. Au fait, c’est quoi cette réalisation ? C’est « Le Joueur » scénarisée par Stéphane Miquel et dessinée par Loïc Godart, et c’est publié chez Soleil (Drôle de politique éditoriale de la part de Soleil étant donné que cet éditeur a des parts chez les éditions « Futuropolis »…).

Les auteurs nous proposent un récit se situant au tout début du XXème siècle. Les casinos servent de décors à cette histoire où des imbroglios financiers s’implantent dans une famille d’aristocrates russes. Le personnage principal est un homme qui par amour pour sa belle va se retrouver mêler aux histoires d’argent et à la zizanie ambiante de cette riche famille…

Oulala ! Quand on lit un album de ce type, on peut se dire que la vie est vachement compliquée ! Non pas parce que le scénario de Stéphane Miquel (adapté d’un roman de Fédor Dostoievski) est dur à suivre mais parce que les protagonistes sont (très) tourmentés. La passion, la contradiction et l’argent sont les maitres mots de ce récit. Le résultat donne un album qui se concentrent sur le destin des différents personnages, où l’ambiance est paradoxalement lourde et gaie (cela est probablement du à l’apparition de la matriarche et aux séquences dans le casino) à la fois. En tout cas, je ne me suis pas ennuyé en suivant les péripéties de cette famille bizarroïde !

J’ai vachement apprécié le coup de crayon de Loïc Godart non pas parce qu’il fait partie de mon panthéon au niveau du dessin mais parce que je le trouve parfaitement adapté au récit. Il est assez rare de voir une symbiose excellente entre le graphisme et le scénario dans une bd et ce duo d’auteurs montre que c’est possible ! Chapeau les artistes !

Cette bd possède un charme fou ! Elle présente un récit solide et dense, des personnages attachants et un dessin en totale adéquation avec ce scénario… et pourtant, je ne mets pas au moins 4 étoiles à cet album ! Mes seules explications à cette notation se situent probablement au fait que je n’ai jamais été attiré par les casinos et parce que, malgré sa situation au XXème siècle, les auteurs ne font pratiquement jamais allusion au contexte historique de cette époque.

Note finale : 3,5/5

Nom série  Le Casse - Gold Rush  posté le 16/11/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Quoi de plus normal de situer un casse au Far-West ? C’est ce que nous proposent Luca Blengino (au scénario) et Antonio Sarchione (au dessin) en concevant le 5ème album de cette collection.

Ça se passe au tout début du XXème siècle, Mac, un repris de justice cherche à mettre en place une petite bande, son but ? Se rendre dans une petite ville au bord des montagnes rocheuses pour y dérober la plus grosse pépite d’or du monde ! Mais, rien ne sera de tout repos car son propriétaire nommé Zondrick règne en maitre dans ce bled et veille jalousement à son « trésor »…

C’est un récit bien construit au scénario solide et doté de rebondissements que nous présentent les auteurs… et pourtant… je n’ai pas beaucoup accroché à cette histoire. Mon grand reproche concerne les personnages qui manquent –à mon avis- de charisme. Jamais dans ce récit, je n’ai ressenti d’émotion pour les protagonistes. Jamais aussi, je n’ai vraiment vibré face aux péripéties vécues par cette bande de gangsters. Tout cela n’aurait pas été trop pénalisant pour moi si le dessin m’avait plu, hélas, ce ne fut pas le cas…

Certes, les décors sont fouillés et les personnages sont facilement identifiables au premier coup d’œil dans cette bd mais le trait de Antonio Sarchione m’est apparu « froid » et très impersonnel. Certes, la mise en page est aérée et le choix des cadrages est pertinent mais tout cela est assez classique.
Dans ce récit, il n’y a pas de gros plan sur les personnages (genre zoom rapproché sur les yeux d’un personnage pour nous faire ressentir sa peur) ni de scènes vraiment cinématographiques où on se sent vraiment au cœur de l’action (quand les protagonistes utilisaient des explosifs par exemple, pourquoi les auteurs n’ont-ils pas employé des grandes cases ?).

Je pense que les lecteurs qui sont amateurs de westerns spaghettis – ce qui est mon cas !- resteront sur leur faim en lisant « Le Gold Rush » car il n’y a aucune scène qui m’ait donné des frissons. Pire, les personnages ne me sont pas apparus attachants.
Cependant, le scénario est bien construit et devrait tout de même contenter les bédéphiles qui sont –à mon avis- fans de récits policiers plutôt que d'histoires mettant en scènes des cow-boys…

Nom série  L'affaire Dominici  posté le 14/11/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je me suis procuré « L’Affaire Dominici » en souvenir de l’excellent feuilleton du même nom en 2 ou 3 parties qui avait été présenté à la télévision française (avec un excellent Michel Serrault dans le rôle principal) il y a pas mal d’années, j’avais été impressionné par le grotesque acharnement du commissaire chargé de l’enquête et par le tempérament « brut » de Gaston Dominici qui a été apparemment condamné à tort du meurtre d’une famille anglaise de passage en Provence.

La scène se passe en 1952, une jeune fille et ses parents anglais sont retrouvés morts sur la route de Provence à proximité de la Durance. Aussitôt, des soupçons se reposent sur la famille Dominici dont le domicile du patriarche est situé à proximité du drame. Le commissaire Sébeille de la police marseillaise est chargé de retrouver le ou les meurtriers. Tout au long de son enquête, il ne cessera de s’acharner sur Gaston Dominici et ses enfants… Et pourtant, on ne saura jamais le mobile de ces homicides, on ne saura jamais non plus si c’est vraiment les Dominici sont réellement les coupables alors que les indices et les témoignages étaient très contradictoires !

J’ai été capté par la lecture de cet album… jusqu’à son dénouement qui tombe totalement à plat ! Pourquoi diable Pascal Bresson (au scénario) et René Follet (au dessin) n’ont-ils pas été plus loin dans la recherche de la vérité sur le meurtre de cette famille anglaise ?! Je me souviens du téléfilm qui concluait sur l’hypothèse d’un règlement de compte entre anglo-saxons car le père était un important directeur d’une grosse société, le ou les meurtriers auraient profité du périple de cette famille en France pour l’abattre. Dans la bd, il n’y a aucune recherche, les auteurs se cantonnent sur l’enquête du commissaire Sébeille jusqu’à la condamnation de Gaston Dominici, point final ! Il n’y a pas d’épilogue dans cette bd qui aurait pu nous éclairer davantage sur les tares de cette affaire.

Pour le reste, le récit est tout de même très captivant à suivre ! Et le lecteur comprendra que Gaston Dominici a voulu protéger toute sa famille en reportant toutes les accusations sur lui, du moins dans la version que nous présentent les auteurs. Je trouve que le découpage est excellent, la mise en page est assez aérée, le nombre de cases par planche n’est pas excessif et par conséquent, ça permet à la bd de présenter une bonne lisibilité.

J’aime beaucoup le coup de patte de René Follet même si par moment, j’ai éprouvé du mal à bien distinguer au premier coup d’œil qui est le personnage présenté. Cependant, ceci n’est qu’un pinaillage de ma part étant donné la bonne qualité graphique de l’ensemble de l’album. L’utilisation d’un lavis en noir et blanc est particulièrement justifiée par ce scénario, cette colorisation permet de créer une ambiance pesante et tendue au récit, elle permet aussi de se plonger dans les années 50 comme si on regardait un bon vieux polar.

Il aurait fallu une bonne conclusion à cet album pour que je l’appréciasse pleinement, il est dommage que le scénariste n’ait pas été plus loin dans ses recherches sur cette affaire ou n’ait pas proposé les autres hypothèses sur le meurtre de cette famille anglaise qui avaient été présentés par des journalistes.
Pour le reste, tout est nickel pour moi : le récit est passionnant, l’ambiance lourde est bien rendue et le dessin de René m’est apparu très convaincant… jusqu’à cette conclusion bâclée…

Nom série  Barracuda  posté le 13/11/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Enthousiasmé par les commentaires de nombreux bédéphiles ayant aimé le premier tome de « Barracuda », je me suis pratiquement précipité pour m’acquérir cet album ! Il faut reconnaître aussi que la présence de Jérémy Petiqueux, coloriste de la superbe série « Murena », en tant que dessinateur de « Barracuda » m’a hautement motivé à cet achat.

C’est une histoire de pirates (on ne sait pas à quelle époque que ça se passe mais ce n’est pas très important) que nous présentent Jérémy Petiqueux et Jean Dufaux. Les héros du récit se nomment « Blackdog », le capitaine du « Barracuda », et son fils « Raffy ». Ces personnages se partagent la vedette avec Emilio et Maria, deux adolescents qu’ils ont capturés suite à l’abordage d’un navire espagnol. Devenus esclaves, ces deux enfants ont été vendus à bon prix à des hommes plus ou moins scrupuleux dès leur retour sur terre… Mais « Blackdog » a d’autres projets en tête dont celui de retrouver le plus gros diamant du monde suite à la découverte d’une carte de trésors et à la capture de riches héritiers à bord du navire que son équipage a abordé…

Que dire du scénario de ce premier tome de la série ? La plupart des ingrédients qui composent –à mon avis- une bonne histoire sur les pirates se retrouvent dans cet album : un capitaine énigmatique, des grandes gueules, une bataille navale, des belles femmes (bin oui quoi !) fortes en tempérament, du sang, de la poussière, des passes d’arme… et j’en passe. Il y manque juste un peu d’humour, des trahisons et des bonnes séquences épiques que se racontaient les flibustiers.
Et pourtant, malgré tout cela, je suis ressorti un brin déçu de ma lecture…

La faute à des comportements vachement irrationnels de la part des protagonistes surtout de la part de Maria qui se présente malgré son (très) jeune âge comme une femme mature, se laisse dévoiler sa nudité au public bien qu’elle ait été élevée dans une riche famille et qu’elle ait été éduquée sous les principes de la religion chrétienne… Et je ne vous parle pas de l’homme qui a « acheté » Emilio à un prix exorbitant alors que sa demeure tombe en ruine… Sur ce dernier point, j’espère bien que Jean Dufaux aura une explication à nous apporter par la suite sur le comportement de ce chevalier comme je souhaite une réponse à la présence de la riche famille sur le navire espagnol. Et je ne vous parle pas du tempérament de Raffy qui est loin de posséder le charisme qu'on attend pour un personnage principal…

Je me range au concert de louanges des autres bédéphiles sur le dessin de Jérémy Petigueux dont on sent un certain « parrainage » en la personne de Philippe Delaby, dessinateur de la série Murena à laquelle Jérémy participe en tant que coloriste. Personnellement, je trouve que le coup de patte de Jérémy Petiqueux est légèrement en retrait de Philippe Delaby mais il faut reconnaître qu’il assure pour un premier album !

Ce premier tome de « Barracuda » m’est apparu distrayant mais il comporte des invraisemblances et des séquences inexpliquées qui m’ont gâché cette lecture.
J’avoue que j’attends avec grande curiosité le prochain album de la série car cette introduction se passe la majeure partie du temps sur terre et son dénouement laisse deviner que la prochaine bd se déroulera en mer avec comme personnage principal « Blackdog » qui est plutôt effacé dans ce premier récit : je m’en réjouis d’avance car les comportements de Maria et de Raffy dans ce présent album m’ont gonflé…
Bref, j’attends de voir comment va évoluer la suite des aventures du pirate « Blackdog » pour me prononcer définitivement sur mon conseil d’achat ou non de cette série…

Nom série  La Dynastie des Dragons  posté le 11/11/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Vraiment pas mal cette nouvelle série d’Emmanuel Civiello ! En tout cas, « La Dynastie des Dragons » est cent fois mieux que celle qu’il avait réalisée avec sa compagne Hélène Herbeau, je faisais bien entendu la comparaison avec « Mamma Mia ».

Pour la petite histoire, ce couple d’auteurs s’est installé en Asie depuis maintes années. Hélène Herbeau en a donc profité pour s’intéresser à la culture de ce continent, et en a logiquement concocté un scénario basé sur les légendes chinoises et sur l’histoire de ce pays.

En fait, le lecteur suivra le destin du fils de l’empereur Song (territoire des Hans) qui a été « envoyé » chez les Tangoutes. L’enfant a été sacrifié par le roi afin de calmer la colère du dragon Ying Long suite à la capture d’un phénix, animal sacré et immortel. Le bédéphile suivra aussi la destinée d’une femme Hans qui fut mariée contre son bon gré à l’ambassadeur Zhao Bao Ji, un Tangoute…

S’il est vrai que le scénario de ce premier tome de « La Dynastie des Dragons » est difficile à suivre, croyez-moi, ça vaut le coup de s’accrocher à cette histoire car il aborde avec précision –il me semble- et avec passion le passé de la Chine. Si je dis ça, c’est parce que je suis fan de récits historiques et par conséquent, j’aime quand je découvre de nombreuses informations sur le passé d’une civilisation et de personnages qui ont marqué leur époque. Le récit d’Hélène Herbeau m’est apparu intéressant, passionnant et riche en renseignements sur la conception de ce grand empire qui est devenu par la suite la Chine telle qu'on la connaît de nos jours.

Certes, dans cette bd, il est ardu de retenir les noms des différentes contrées et des personnages mais il faut se convaincre qu’on a affaire à un récit qui met en scène des protagonistes et des territoires qui ont réellement existé ; par conséquent, il aurait été –à mon avis- irrespectueux de « simplifier » les appellations sous la seule excuse que ces dernières ne sont pas communes à notre culture occidentale.

Que penser des différents personnages ? Pour moi, deux d'entre eux sortent du lot dans ce premier tome de la série : l’empereur Song et la femme de la deuxième partie de la bd. Le premier personnage est captivant par son acharnement à acquérir l’immortalité, et le second par sa douceur et sa ténacité à rester une femme Song. Pour le reste, il est vrai qu’il est difficile de s’attacher aux protagonistes secondaires car ils disparaissent assez vite du récit malgré les 70 pages que compte la bd. A noter que le célèbre juge Bao fait son apparition dans ce premier tome !

Quant à l’aspect fantastique de ce scénario par la présence de dragons et d’un phénix, que ceux qui détestent ce genre de récit se rassurent ! L’existence de ces créatures ne dénature pas l’aspect historique de cet essai d’Hélène Herbeau ; au contraire, ils lui apportent une petite touche surnaturelle qui a contribué à m’intéresser à la fable chinoise présentée par l’auteure dans ce présent album.

Le graphisme d’Emmanuel Civiello s’il est de haut niveau m’est apparu un peu en deçà de ce qu’il faisait sur « La Graine de folie » : Certaines perspectives comme sur l’attaque des Tangoutes (page 22) m’ont semblé peu convaincantes, j’y ai noté aussi quelques visages exagérément déformés. Cependant, il faut reconnaître que le travail d’Emmanuel Civiello est tout de même impressionnant au vu des 70 pages qui forment ce premier tome ! Pour moi, cet auteur est un des auteurs les plus doués de sa génération et une de mes références dans l’illustration : quelle beauté dans sa mise en couleurs ! Quelle inventivité dans sa mise en page (jetez un coup d’œil aux pages 58-59 !) ! Quelle précision dans son dessin (page 48 ) ! Un vrai régal sur le plan visuel !
Un dernier mot sur la représentation des personnages : vu la présence de très nombreux protagonistes dans ce premier tome, il me semble assez difficile pour un auteur de bien les faire distinguer au premier coup d’œil mais je trouve qu’Emmanuel Civiello s’en est bien sorti (il ne pouvait pas par exemple raser ses personnages étant donné que c’était la coutume de l’époque que les chinois aient des moustaches ou des barbichettes !).

Certes, il faut être bien éveillé pour lire ce premier tome de « La Dynastie des Dragons » car le récit est dense, les personnages sont assez durs à reconnaître au premier coup d’œil et les dénominations des protagonistes ou des lieux sont difficiles à retenir. Cependant, il serait dommage de passer à côté de cet album car le scénario m’est apparu très intéressant et passionnant. De plus, le dessin d’Emmanuel Civiello est –à mon avis- tellement envoutant qu’il serait injuste de ne pas faire un effort de compréhension sur le scénario. En tout cas, moi, j’attends impatiemment le prochain tome !

Nom série  Page noire  posté le 02/11/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Un petit polar publié par Futuropolis ? Je suis curieux de voir ça étant donné que cet éditeur est plutôt spécialisé dans la production de romans graphiques ! Ce sont Frank Giroud et Denis Lapierre qui se sont activés au scénario accompagné de Raph Meyer au dessin : autant dire que ce ne sont pas des auteurs inconnus pour tous ceux qui lisent régulièrement des bds !

« Page noire » nous propose de suivre les péripéties de Kerry Stevens qui essaie à tout prix de connaître l’identité de Carson Mc Neal. Ce dernier est un écrivain à succès mais il a particularité de ne s’être jamais montré en public et de ne jamais avoir accordé une interview à quiconque. Cependant, Kerry Stevens a eu la chance grâce à ses relations professionnelles de lire une partie du dernier roman de Carson Mc Neal, bien avant sa sortie officielle. Dans ce livre (et aussi, dans ce présent récit), les lecteurs suivront la vie assez tumultueuse d’Afia Maadour…

Il faut reconnaître que le scénario de « Page noire » est très bien construit, très bien conçu… je dirais même que c’est TROP bien pensé même ! Car, tout cela manque énormément de spontanéité, de naturel dans ce récit ! J’ai du mal à croire que le personnage principal, c'est-à-dire l’écrivain, ait mené tout le monde du bout des doigts sans anicroche à ce point-là ! A moins de s’appeler Dieu, ce mec a une chance pas possible ! Comment être convaincu qu’il a pu pratiquement tout connaître de la vie d’une des héroïnes tout en ayant été à des centaines voire des milliers de kilomètres d’elle ?

A part ça, j’avoue que cette histoire m’a tout de même fait accrocher à sa lecture jusqu’au bon deux tiers du récit : le récit était passionnant, les personnages étaient vraiment intéressants… Après, le derniers tiers du livre, je le sentais venir avec cette révélation qui ne m’a pas convaincu.

Graphiquement, Ralph Meyer utilise deux types de dessin pour cette bd : un style assez simple et proche de la ligne claire pour accompagner les péripéties de la journaliste et de l’écrivain ; et un style plus actuel, voire plus « informatisé », pour suivre les aventures d’Afia Maadour, l’autre héroïne. Pour être franc et bien que je sois plutôt réticent à contempler les dessins réalisés sur ordinateur, je préfère ce style, du moins ce que Ralph a été capable de concevoir avec cet outil. Le style utilisé pour les séquences liées à la journaliste m’est apparu trop dépouillé, je n’ai pas aimé par exemple la façon dont l’auteur représente les personnages situés à l’arrière plan (les visages sont trop « schématisés » à mon goût).

Sans ce final, j’aurais hautement apprécié « Page noire ». Jusqu’au deux tiers de la lecture, j’ai été emballé par cette histoire, les personnages étaient vraiment intéressants. Mais ce final… enfin, bref, tout ceci est pour vous avouer que j’ai été déçu par mon feuilletage de « Page noire »…

Nom série  Tranches de ville  posté le 31/10/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J’ai découvert la série « Tranches de ville » à l’occasion du festival BD de Darnétal 2010. Nicolas Sterin, l’auteur, tenait un stand d’ANBD pour un concours organisé en partenariat avec une banque bien connue chez nous.

« Tranches de ville » ? Ce sont des strips humoristiques en deux ou pages où le lecteur découvrira les aventures de Polète qui réside à Dieppe (commune de Haute Normandie).

L’héroïne est une vieille femme au caractère bien trempé (Une sorte de Tatie Danielle mais en plus sympa quand même !), elle est accompagnée dans ses péripéties par des personnages eux-aussi dotés de forts tempéraments… mais bon, peu importe, pourvu qu’on se marre ! Et là, chapeau l’auteur ! Parce que je me suis surpris plusieurs fois à être plié en deux de rires devant les pitreries de Polète ! Et dire que l’auteur a puisé dans les conversations des dieppois et des parisiens pour concevoir ses récits, y a de quoi être halluciné de voir autant d’originalités dans la connerie, que de nouvelles blagues liées notamment à l’écologie et aux nouvelles technologies de l’information voient le jour régulièrement et c’est tant mieux !

Huit tomes sont sortis à ce jour, je suis agréablement surpris que l’auteur soit aussi prolifiques et qu’il arrive à trouver régulièrement de nouveaux récits comiques. A noter que des auteurs connus comme Lewis Trondheim ont glissé des clins d’œil sous forme de dédicaces dans certains albums.

Graphiquement, c’est de la ligne claire que nous propose Nicolas Sterin, je n’aime pas ce type de dessin mais bon, passons… car je reconnais que ce style suffit amplement pour ce genre d’histoires d’autant plus que les personnages sont tout de suite identifiables et qu’on se croirait vraiment à Dieppe, ville où se déroulent les péripéties de notre héroïne.

Sympa, personnages assez attachants, franchement marrante et composée de récits originaux, « Tranches de ville » est une série que je vous conseille vivement de feuilleter. A découvrir !

Nom série  Pluto  posté le 04/08/2010 (dernière MAJ le 31/10/2010) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Avis sur les 4 premiers tomes :

Fait exceptionnel : j’ai acheté les quatre tomes qui composent actuellement la série « Pluto » ! Bin quoi ? Oui, vraiment, c’est incroyable… de ma part ! Car, en général, je n’aime pas les mangas sauf ceux dessinés par Jiro Taniguchi. Alors, pourquoi ai-je acquis les albums parus à ce jour de cette série ? À cause des nombreux avis positifs postés ça et là sur ce site pardi ! Et aussi, parce que j’apprécie le coup de patte de Naoki Urasawa. Et enfin, parce que je sais que cette série sera terminée au bout de « seulement » huit tomes (Ouf ! Comme ça, ça ne sera pas une série à rallonge !) !

Pourtant, les deux premiers tomes de « Pluto » ne m’ont pas emballé, il a fallu attendre le troisième de la série pour qu’enfin je sois convaincu par l’histoire !

Les tomes 1 et 2 ? Disons que ce ne sont que l’introduction de ce manga. Je n’ai pas été séduit par l’idée que les robots puissent avoir les mêmes lois que les hommes au point de se marier entre eux et d’avoir une soi-disant vie familiale ! Je sais que les japonais sont en général très fascinés par la robotique mais pas au point de les considérer comme des êtres humains, complètement givrés les mecs ! Hé ! Encore heureux que l’enquête sur le meurtre de savants et la destruction des robots les plus puissants du monde me fascine malgré quelques longueurs : elle est très bien menée et ces séquences permettent de mieux cerner le comportement de chaque protagoniste.

Et puis vint le tome 3 qui nous propose une réflexion intéressante, philosophique et pertinente sur la place des robots dans la société. Je n’en dirais pas plus car je risque de vous dévoiler des spoilers, juste que cet album m’est apparu comme le plus captivant des 4 tomes qui ont été sortis à ce jour. C’est ce troisième épisode qui me motive à continuer à lire « Pluto » !

Le quatrième tome reprend un peu la trame des deux premiers albums où l’enquête prend le pas sur la réflexion, il semble annoncer la venue de combats épiques entre le bien et le mal : j’espère tout simplement que l’on ne retrouvera pas dans les albums suivants les mêmes batailles sans fin et ridicules que dans les dessins animés japonais !

Au fait, pourquoi avoir appelé cette série « Pluto » ?! Ma première réaction en voyant ce titre fut de l’assimiler à un récit sur le chien de Dingo ! ils auraient pu mettre l’appellation « Pluton » étant donné que c’est le bon nom donné au dieu des enfers dans la mythologie grecque…

J’ai apprécié le coup de patte de Naoki Urasawa, je le trouve lisible et les décors me sont apparus de toute beauté. J’ai apprécié le fait que les personnages soient exempts d’expressions exagérées. Bref, c’est vraiment très agréable à contempler. Juste une chose pour moi qui n’est pas habitué à lire des mangas : les premières pages en couleurs sont –à mon avis- vraiment réussies, pourquoi l’éditeur et l’auteur ne sortent-ils pas une version colorisée de « Pluto » même à un tarif double de celui de l’édition actuelle ?

Malgré une introduction qui m’est apparu longue et peu convaincante sur le statut futuriste des robots, j’ai passé un bon moment à lire « Pluto ». Cette appréciation positive, je l’ai ressentie à la lecture du troisième tome qui nous présente une réflexion intéressante sur la robotique et ses rapports avec l’homme. Pour le reste, l’enquête sur l’assassinat des différents protagonistes et sur la destruction des robots les plus puissants m’a fasciné. Le dessin de Naoki Urasawa est –à mon avis- très agréable à contempler.
Bref, j’attends la suite avec impatience !


Avis sur le 5ème tome :

Je pensais que le troisième tome avait influé un nouvel élan à la série : je me trompais ! Après lecture de ce nouvel album, le constat est clair pour moi : qu’est ce que c’est long !

Ok, on ne peut pas reprocher à l’auteur de poser ses personnages et développer ses réflexions sur la faculté des robots à prendre en main leurs destins. On ne peut pas nier aussi qu’il sait efficacement gérer le suspens, mettre en place ses pions comme s’il faisait une partie de jeux d’échecs… mais qu’est ce que ça traine !
C’est simple, depuis le début des aventures de l'inspecteur Gesicht et des robots les plus puissants du monde, j’ai l’impression que ça n’avance pas énormément, que je n’ai pas appris grand’chose et qu’on pourrait résumer ce scénario en quelques lignes !

Il y a une chose qui m’a intrigué au fil de ma lecture : c’est la désignation d’un royaume qui serait à l’origine de l’arme destructive. Ce royaume, c’est la perse ; autrement dit : l’ancienne appellation de l’Irak et de l’Iran réunifiés… ça ne vous choque pas ?

Bon, malgré ces reproches, je dois avouer que ma curiosité n’a pas baissé d’un ton et que, par conséquent, je suivrai les prochaines péripéties de ce « super flic ». Allez, courage, il ne me reste que deux (longs) tomes pour enfin voir le bout de ce récit : heureusement car il est clair que je n’aurai pas tenu le coup s’il fallait lire une douzaine d’albums !

Nom série  La Mort de Staline  posté le 30/10/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Je suis agréablement surpris par les dernières séries de Fabien Nury ! Je n’ai pas aimé « W.E.S.T. » mais depuis la parution de « Il était une fois en France », ce scénariste réalise d’excellents séries, du moins des bds qui me plaisent énormément. Pour concevoir « La Mort de Staline », Fabien Nury s’est associé avec Thierry Robin. Et encore une fois, il me surprend plaisamment avec ce récit enlevé, captivant et accrocheur.

« La Mort de Staline » nous propose un récit sur la façon dont la passation de pouvoir suite au décès de ce tyran s’est déroulée.

Ne vous attendez pas à voir une histoire qui glorifie Staline ou le rend plus « humain » par rapport à ce qu’on sait de lui ! Loin de là ! Ici, Staline reste Staline ! C'est-à-dire un dictateur qui aura fait souffrir ses opposants jusqu’au bout ! Et même après sa mort, puisque ses détracteurs vont se déchirer entre eux pour prendre les rênes de l’U.R.S.S. ! Pour cela, tous les coups sont permis : corruption, meurtres, machinations politiques, menaces et j’en passe vont se succéder à ma joie ! Oui, à ma grande joie parce que je ne me suis pas ennuyé du tout en lisant ce premier tome !

Fabien Nury nous annonce dès la première page de la bd que « La Mort de Staline » est un récit historique. Il précise aussi qu’il a effectué de nombreuses recherches pour rendre son histoire le plus fidèle possible à ce qui s’est réellement passé. Mais, il ne peut nous cacher qu’il a inséré dans sa bd des séquences imaginées… N’empêche, je suis tombé sur le charme de cette bd qui m’apprend énormément de choses sur Staline et sur la situation politique de l’U.R.S.S. à cette époque.

Parlons un peu des personnages maintenant : ils me sont apparus haïssables tout simplement dans leurs faits et gestes ! Que d’hypocrisies et de lâcheté de leur part ! A défaut d’éprouver de l’attachement aux protagonistes car il y a énormément de personnalités qui sont présentés dans ce premier tome, il faut reconnaître qu’ils sont forts en gueule !
N’allez pas croire que cet album ne contient que des scènes morbides : des séquences pleines d’humour noir parsèment la bd (Ah la scène sur l’autopsie de Staline ! Quel bonheur !).

Je ne suis pas un grand fan du coup de patte de Thierry Robin mais j’avoue que son travail sur cette série m’est apparu très réussi. Ses personnages sont tout de suite reconnaissables, sa mise en page est très dynamique et son job sur les décors –quoique ceux-ci sont assez dépouillés- est honorable. La mise en couleur est, à mon avis, adapté au récit grâce à l’utilisation de tons assez froids qui retransmettent bien le côté machiavélique de ce récit et le climat de la Russie.

Ce premier tome de « La Mort de Staline » m’est apparu comme une introduction fascinante, instructive et mille lieues de la mauvaise réputation ennuyeuse et barbante qu’on se fait des récits historiques. De plus, cette bd est dotée de protagonistes délicieusement haïssables, elle est accompagné d’un dessin correct de Thierry Robin et d’une mise en page très dynamique. Alors, que demander de plus ? La suite s’il vous plait !

Nom série  Apocalypse sur Carson City  posté le 28/09/2010 (dernière MAJ le 23/10/2010) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Avis sur le premier tome : « Fuite mortelle » :

C’est une sacrée bd d’enfer que nous propose Guillaume Griffon ! Il nous présente une série sur les zombies et quand on sait les gueules de la mort qui tue qu’il donne à ses personnages, ça décape !

Le premier album de « Apocalypse sur Carson City » se passe dans une ville des Etats-Unis proche du désert du Nevada. C’est un tome d’introduction où l’auteur se fait un malin plaisir à présenter ses protagonistes tranquillement et à planter le décor. Les résultantes de ce parti-pris scénaristique sont qu’on s’attache durablement à ces personnages et qu’on s’imprègne fortement de cette ambiance malsaine.

A défaut d’y voir de nombreux passages mettant en scène des morts vivants, ce premier tome m’est apparu joyeusement disjoncté avec la présence de séquences d’une redoutable intensité qui semblent issues des films policiers ou d’horreur reconnues pour être des références dans la mise en scène. Sans aucun doute, pour moi, Guillaume Griffon peut légitimement faire partie des meilleurs metteurs en scène dans le monde du 9ème art : il sait parfaitement quand il faut accélérer ou ralentir son récit quitte à prendre l’initiative personnelle de rallonger la pagination de sa série s’il le faut (mention spécial à l’éditeur d’accepter ça !) !
J’ai également apprécié l’humour noir disséminé un peu partout dans la bd, on sent que l’auteur s’est diverti à concevoir son récit et qu’il veut nous faire partager son amusement ! « Apocalypse sur Carson City » est une série qui ne se prend pas au sérieux et qui n’a que deux objectifs : nous divertir et nous entrainer dans une histoire digne des films d’épouvante des années 50-60 !

Il est difficile de rédiger une chronique sur une série de Guillaume Griffon sans parler de son coup de patte très très très personnel ! A ceux qui disent qu’il nous présente un dessin laid, je réponds tout simplement qu’il a son propre style de dessin : ça plait ou ça casse ! Je trouve que Guillaume Griffon maitrise parfaitement la perspective, qu’il fait preuve d’une grande maturité dans la représentation de ses personnages (ok, ces derniers sont tout déformés mais c’est parfaitement assumé de la part de l’auteur quand on voit que leurs anatomies ne varient pas d’une case à l’autre !). En tout cas, j’adore le coup de patte de Guillaume Griffon ! Il fait partie de mon panthéon des dessinateurs spécialisés dans le noir et blanc !

Jetez un coup d’œil au contenu de la bd : si le dessin vous plait tout de suite, foncez acheter ce bouquin nom de dieu ! Dans le cas contraire, faites un petit effort car je pense que vous apprécierez tout de même ce scénario déjanté qui semble issu d’un bon film d’horreur des années 60 !


Avis sur le deuxième tome : « Le commencement de la fin » :

Pas grand’chose à redire sur ce deuxième tome des aventures délirantes et macabres des habitants de « Carson City » : on se régale !

Je suis charmé par la façon dont Guillaume Griffon met en place tranquillement son histoire et ses personnages (j’avais l’impression de lire une bd réalisée sur les zombies par… Régis Loisel tellement je feuilletais « Apocalyse sur Carson City » avec délice !), séduit aussi par les talents de narrateur de cet auteur qui sait gérer à merveille le suspens et enfin, conquis par le dessin tellement unique et magnifique de Guillaume Griffon.

Pour l’instant, le récit ne met pas encore bien en avant les morts vivants mais quand ça arrivera, ça va gifler à donf ! Vivement le prochain tome que j’assiste à ce déluge de viandes rouges et de chairs pourries !

Nom série  Le Jour du Loup  posté le 23/10/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Heureusement que j’ai déniché « Le Jour du loup » chez un discounter du livre à prix très bas parce que j’aurais eu du mal à « avaler » cet achat !

Certes, je savais bien en feuilletant rapidement que je lirai un manga mettant en scène des loups garous. Certes, j’avais bien conscience que j’aurai affaire à un récit fantastique, un genre que je n’affectionne pas mais je ne m’attendais pas du tout à me retrouver à lire une histoire truffée de scènes complètement ridicules !

De plus, les principaux personnages réagissent de manière totalement incohérente et ils sont stéréotypés à mort : des policiers bêtes et frileux, le héros malchanceux qui joue le comique de situation, l’héroïne qui comprend tout et qui est la plus intelligente, etc… n’en rajoutez pas ! Sans compter aussi, des énigmes en pagaille qui restent en suspens à la fin de la lecture. Bref, le bédéphile se retrouva devant un récit pratiquement incompréhensible si celui-ci commence à décortiquer pourquoi les protagonistes se comportent de cette façon !

« Le Jour du loup » met en scène des loups garous, on peut raisonnablement s’attendre à feuilleter une histoire faisant la part belle à l’horreur et aux frissons : eh bien non car le lecteur y découvrira un récit assez sympa mais sans plus. A la rigueur, j’avoue que c’est exactement le genre d’histoire que l’on oublie rapidement une fois la lecture finie.

Au niveau du dessin, sans en être totalement convaincu par le trait d’Yöji Fukuyama, ça aurait été pas mal du tout si l’auteur avait été plus attentif à la morphologie de ses personnages.

Le résultat donne une histoire remplie de courses poursuites dont il ne vaut mieux pas chercher à comprendre le pourquoi du comment. On se retrouve donc devant un manga assez plaisant à feuilleter mais pas du tout inoubliable. Quant aux amateurs de récits d’horreur, passez votre chemin car il n’y a aucune séquence à nous faire réveiller une nuit de pleine lune en ayant eu des suées froides !

Après avoir lu un autre récit d’Yöji Fukuyama, le constat est clair pour moi : les œuvres de ce mangaka ne me branchent pas ! Si je ne mets pas une seule étoile sur ce manga, c’est parce que le coup de crayon de cet auteur me convient mais il faudra vraiment me donner de solides arguments pour que je feuillette les autres albums d’Yöji Fukuyama !

Nom série  Fais péter les basses, Bruno !  posté le 22/10/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
« Fais péter les basses Bruno ! » est le premier album réalisé par Baru après que celui ait été primé « Grand Prix de la ville d’Angoulême » en 2010. Le moins qu’on puisse dire, c’est que l’auteur n’a pas changé sa façon de mettre en scène des personnages aux caractères bien trempés !

Le scénario de cette bd ? C’est le récit d’un hold-up où sont mêlés des vieux braqueurs reprenant du service et une bande de jeunes loups… sous le témoignage involontaire d’un prodige du foot africain qui est venu en France clandestinement pour y trouver la gloire.

Cette bd s’instruit dans la continuité de « Pauvres zhéros » le précédent album de Baru par la présence de protagonistes forts en gueule. Comme dans « L’autoroute du soleil » et « Cours Camarade ! », on y retrouve aussi sa manière de faire enchainer les péripéties de ses personnages à cent à l’heure ! Le résultat donne un récit très vivant et distrayant à lire à défaut d’être complètement convaincant car les protagonistes en font des tonnes ! C’est un peu comme si le bédéphile feuilletait une version allégée du film « Les tontons flingueurs » transposée en bande dessinée.
La présence du jeune africain permet à l’auteur de pointer discrètement la situation peu enviable des clandestins dans mon pays (son propos n’est pas moraliste, l’album ne comporte pas de réflexions sur le sort des immigrés), elle contribue aussi à « pauser » ce récit riche en scènes loufoques.

Graphiquement, les fans de Baru retrouveront le style très personnel de l’auteur et la mise en couleurs que celui-ci avait proposé dans « Pauvres zhéros ». Sur ce dernier point, j’avoue que j’aime beaucoup sa nouvelle manière de coloriser, j’apprécie sa façon d’insérer des tons plus variés par rapport à ceux qu’il utilisait sur ses premiers albums.
Quant à la mise en page, rien à dire : c’est aéré et ça se lit avec fluidité.
Bref, au niveau dessin, « Fais péter les basses Bruno » est vraiment un album plaisant à contempler.

Distrayant, plaisant à lire, doté de personnages qu’on n’est pas prêts d’oublier, beau à contempler : voilà les qualificatifs que je retiens de « Fais péter les basses Bruno ! ». A mon avis, le seul défaut de cette bd est le classicisme au niveau de son scénario… Ce n’est pas suffisant pour me dégouter de cet album, bien au contraire !

Note finale : 3,5/5

Nom série  Les Fantômes du Vieux Bourg  posté le 03/10/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
« Les Fantômes du vieux bourg » peut être considérée comme la suite de « Putain d'usine » des mêmes auteurs. Rencontré lors d’un festival bd, Efix m’a confié que ces bds feront partie d’une trilogie.

Et pourtant, le thème des « Fantômes du vieux bourg » n’a que peu de choses en commun avec « Putain d'usine », seule la présence d’une grosse industrie en arrière plan est visible dans les deux bds, on peut donc considérer que ce sont bien des récits différents et indépendants de l’un de l’autre que les lecteurs auront à découvrir.

Mais revenons un peu sur « Les Fantômes du vieux bourg », ce livre nous présente 19 témoignages de Jean-Pierre Levaray sur 19 habitants du vieux bourg de Grand-Quevilly (les auteurs ne mentionnent pas clairement la ville dans la bd mais il est assez facile de deviner le nom de la commune), une agglomération proche de Rouen (département de Seine Maritime).

Autant le dire tout de suite : la plupart de ces récits ne sont pas vraiment rigolos puisqu’ils mettent en scène des « laissés pour compte » de la vie (et de la société). Cette population vit dans un vieux centre-ville abandonné par ses habitants ayant de bonnes ressources (financièrement parlant…). Ces derniers se sont d’ailleurs, au fil du temps et de l’expansion des usines pétrochimiques qui se sont installées à Grand-Quevilly, implantés dans les quartiers rupins et flambant neufs situés sur les hauteurs de la commune.
Pourtant, quelques récits comme « Enfin, tu connais la maison nazie, pas la peine de te faire le listing » m’ont fait arracher de bons fous rires !
Malgré la faible pagination de ces récits, les personnages me sont apparus très attachants, ma préférence va à Jeannot, le champion de pétanque. Il faut saluer Jean-Pierre Levaray d’avoir eu l’intelligence de nous proposer des protagonistes très différents les uns des autres : une vieille femme, un jeune couple, une nana bien roulée, un retraité, un immigré et j’en passe !
Le résultat donne un album très captivant chargé d’émotions où le lecteur éprouvera souvent de la peine, parfois aura le sourire au coin des lèvres ou encore ressentira de la révolte devant tant d’indifférence et de manque de solidarité !

Le style graphique d’Efix pour cet album est le même que pour celui de « Putain d'usine ». On y retrouve donc ses crayonnés, fusain et encrage qui rendent « Les Fantômes du vieux bourg » si agréable et vivant à lire.

Après « Putain d'usine », Efix et Jean-Pierre Levaray nous présentent de nouveau une bd documentaire très attachante, instructive et chargée d’émotions. Cette fois-ci, les auteurs proposent aux lecteurs de s’intéresser au quotidien des habitants du vieux bourg de Grand-Quevilly (agglomération de Rouen), une commune où sont implantées des grosses sociétés spécialisées dans l’industrie pétrochimiques, à travers 19 hommes ou femmes qui y vivent.
J’aime énormément ce genre d’album qui me fait ressentirr aussi bien de la tristesse que de la joie. Sans aucun doute, je me précipiterai sur le troisième album de ce duo d’auteurs, qui clôturera cette trilogie !

Nom série  Harmattan, le vent des fous  posté le 29/09/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
C’est actuellement le récit que j’ai le moins aimé de tous les albums de Christian Cailleaux que j’ai pu lire. C’est son scénario qui en est la cause, je n’ai pas été du tout convaincu par l’engagement du personnage principal prénommé Terry en faveur d’une hypothétique chasse au trésor proposée par Sam, un protagoniste de race noire. Déjà que je ne suis pas du tout du tout superstitieux, alors quand l’auteur nomme l’« Harmattan », un vent du Sahara qui rend fous les hommes pour justifier la réaction du héros, j’hallucine !

Si le lecteur accepte ce postulat (ce qui n’est pas mon cas), je pense qu’il passera un bon moment de lecture. J’avoue que l’ensemble m’est apparu tout de même assez sympa à feuilleter car les personnages sont attachants. Reste qu’il faut aussi accepter (encore !) une séquence de tuerie assez surréaliste d’un des proches de Sam : ça fait beaucoup non ?
Par conséquent, je n’ai pas apprécié ce scénario !

Par contre, au niveau du dessin, j’aime le coup de patte de Christian Cailleaux. J’aime bien cette mise en couleurs en grisé qui met en valeur le trait de cet auteur. Du côté du découpage, je n’ai pas grand-chose à reprocher à Christian Cailleaux, ça se lit bien, c’est fluide et la mise en page aérée se prête bien –à mon avis- à l’édition « format de poche » que je tiens entre mes mains.

Il faut aimer lire des récits où l’irrationnel est présent (même un tout petit peu) pour accepter ce scénario de Christian Cailleaux sinon « Harmattan – Le vent des fous » vous décevra malgré un dessin –à mon avis- très agréable à contempler.
Si vous voulez découvrir une bd de cet auteur, allez plutôt jeter un coup d’œil sur « Le Troisième thé » dont j’avais apprécié son ambiance se passant en Afrique.

Nom série  La Guerre secrète de l'espace  posté le 27/09/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cette nouvelle série est une commande des éditions Delcourt à Régis Hautière, l’éditeur lui a demandé de concevoir une bd sur l’odyssée de l’espace. Le scénariste a ensuite réalisé de nombreuses recherches et visionné maints reportages dont le fameux/excellent feuilleton documentaire « A la conquête de l’espace » montré sur la chaîne ARTE à l’occasion du 40ème anniversaire du premier pas de l’homme sur la Lune. Il s’accompagne dans ce projet de Damien Cuvillier, jeune auteur picard lauréat du concours de bandes dessinées du festival d’Amiens 2006.

« La Guerre secrète de l’espace » est un récit mélangeant les genres espionnage et historique. Dans ce premier tome « 1957 – Spoutnik », le lecteur sera plongé dans une histoire où des meurtres feront leurs apparitions dans le centre de recherches spatiales russes Baïkonour.

Laissons de côté l’aspect policier qui est imaginé pour s’intéresser aux faits historiques : la bd relate parfaitement les dates clés de la conquête spatiale des premiers essais du missile balistique international russe R7 (futur fusée " Soyouz ") jusqu’à l’envoi dans l’espace de la chienne « Laïka ». Sur ce point, les vrais fans, ceux qui sont intéressés par cet âge d’or de l’exploration de l’espace devraient lire avec plaisir cette bd à défaut d’y apprendre de nombreuses choses. Pour les autres bédéphiles, il est incontestable que cette série sera leur référence étant donné le peu de séries vraiment complètes sur la conquête spatiale présentes sur les étals des libraires actuellement. A noter que pour mon plus grand plaisir, Sergueï Korolev qui est le père du programme aérospatial soviétique est très à l’honneur dans cette bd ! A noter aussi la présence d'un mini-dossier en fin d'album.

Quant au récit proprement dit, le lecteur découvrira une trame basée sur les tensions qui règnent sur sa base soviétique. Ainsi, on retrouvera l’inévitable agence d’espionnage et de renseignements KGB qui soupçonne tout le monde, les jalousies entre collègues, la corruption régnant dans le parti communiste et j’en passe ! Je ne sais pas si c’était vraiment comme ça à l’époque mais cet aspect policier m’est apparu très stéréotypé, c’est comme si les soviétiques étaient vraiment des êtres inhumains… bref, que du classique à défaut d’être vraiment convaincant.

Parlons un peu du graphisme : Damien Cuvillier qui réalise là sa deuxième bd (après « Les Sauveteurs en mer ») a vraiment fait du bon boulot pour un bleu ! Je suis impressionné par sa capacité à passer facilement d’un style humoristique (« Les Sauveteurs en mer ») au genre semi-réaliste. Ses personnages sont identifiables au premier coup d’œil, les décors sont assez fouillés, sa mise en page aérée est très agréable, son découpage des scènes est fluide… bref, il n’y a -à mon avis- (très) peu de reproches à lui faire !

Si on laisse tomber l’aspect policier qui m’est apparu très classique, ce premier tome de « La Guerre secrète de l’espace » est assez intéressant et complet pour les lecteurs qui désirent découvrir les grandes dates et les dessous de l’âge d’or de la conquête spatiale. Cet album initial est centralisé sur la saga soviétique avec la fabrication de leurs premières fusées jusqu’à l’envoi du premier être vivant dans l’espace. A noter l’apparition d’un jeune dessinateur prometteur au nom de Damien Cuvillier…

Nom série  Chagall en Russie  posté le 26/09/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Je ne sais pas quoi trop y penser de ce premier tome de « Chagall en Russie » : ça ressemble à une biographie de ce célèbre peintre mais ce n’est pas ça ! En fait, Joann Sfar, l’auteur, nous propose un road-movie sur un homme vivant en Russie qui aime dessiner et qui rencontre au grès de ses péripéties des personnages très pittoresques comme un juif qui se prend pour Jésus Christ et un ogre idiot…

Apparemment, la trame principale de cette histoire est que Marc Chagall devra prouver au père de celle qui aime que le métier de peintre peut entretenir une famille, que c’est un vrai métier. Je dis « apparemment » parce qu’en fait Joann Sfar nous entraine dans des aventures qui n’ont rien à voir avec ce constat basique.

Mais alors, quel est l’intérêt de ce récit ? Peut-être sa situation en Russie des Tsars au début du XXème siècle ? Mais cet aspect historique est faiblement conté dans la bd. Peut-être aussi les dialogues philosophiques que le lecteur pourra y découvrir ? Mais il me semble que leurs présences contribuent plus à mettre de l’humour dans cette histoire qu’à nous instruire… Alors, du coup, « Chagall en Russie » m’est apparu comme une bd plutôt agréable à lire avec pour faiblesse de laisser le lecteur dubitatif sur l’intérêt de cette histoire et sur ce que Joann Sfar a voulu nous y passer comme message. Le prochain tome nous dira peut-être davantage !

Graphiquement, je l’ai toujours avoué : je n’aime pas la colorisation informatique des récits de Joann Sfar, je préfère quand l’auteur réalise lui-même la mise en couleurs (en aquarelle). Cependant, il faut reconnaître que la coloriste s’en est tirée pas trop mal puisque les tons me sont apparus assez agréables à contempler et adaptés à l’intensité dramatique de chaque séquence. Quant au coup de patte de l’auteur, je regrette que ce dernier ait tendance à délaisser de plus en plus son encrage ; on a vraiment l’impression que ses premières réalisations sont les meilleures au niveau du dessin.

Pour l’instant, je ne vois pas trop l’intérêt de cette histoire : ce n’est pas une biographie (imaginée) comme Joann Sfar l’a fait sur « Gainsbourg », ce n’est pas non plus réellement un récit historique. En gros, « Chagall en Russie » m’est apparu comme un récit d’aventures mais dans les réalisations du même auteur, « Klezmer » m’a semblé plus intéressant à lire. Bref, j’attends sans impatience le prochain tome pour me faire un avis plus précis sur cette série…

Nom série  Comme une Rivière  posté le 29/08/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
C’est l’histoire d’un pauvre type vivant dans un petit village perdu. Cet homme est vieux et habite, au bord d’une rivière, dans une baraque minable qui fuit de partout. Ce gus passe ses journées à pêcher et à se saouler en ville en compagnie de potes qui ne le respectent même pas. Et puis, il y a une tombe à proximité de sa maison où il ne peut s’empêcher de se recueillir à chaque fois qu’il passe devant en hommage à Martha, sa chérie qui désormais repose en paix. Bref, cet homme n’a plus rien à faire dans ce bled paumé ni même dans cette bonne vieille terre alors, un jour, il se décide de se donner la mort mais au moment d’appuyer la détente de sa carabine, il y a son fils qu’il n’avait pas vu depuis une éternité qui apparaît…

Pierre Wazem nous propose donc un récit sur la solitude et sur les secrets de famille enfouis depuis des années qui ne demandent qu’à ressurgir au moment où le désespoir est à son comble. Certes, on pourrait croire que cette histoire est triste à en mourir mais ce n’est pas vraiment le cas parce qu’il y a des passages assez rigolos et agréables entre le vieux et son fils. Cependant, ce que j’ai apprécié le plus dans cette bd, ce sont les moments de tendresse que l’auteur semble avoir pour son personnage principal. Ces séquences, le lecteur pourra les découvrir à travers les péripéties du vieil homme en train de pêcher ou lorsqu’il est chez lui en train de ressasser ses souvenirs de sa vie heureuse avec sa tendre et chère ou encore quand le fils redonne à son paternel le goût de vivre. Il n’y a pas vraiment de leçon à tirer de cet album, Pierre Wazem ne juge pas son personnage, il ne porte pas non plus un regard sévère sur sa relation avec le fiston ni même sur l’état de délabrement de son domicile, il ne fait que nous raconter une histoire d’une grande sensibilité sur la dureté de la vie : ça tombe bien, j’aime ce genre de récit !

Le trait de Pierre Wazem peut paraître dépouillé et sale à première vue. Pourtant, je trouve son style bien adapté à son scénario, j’aime la vivacité de son coup de patte. J’apprécie aussi ses longues séquences muettes à la Chabouté où chaque case suffit amplement à situer l’action et à deviner rapidement le statut social et le destin du personnage principal : pas de parole, beaucoup de sensibilité dans ces scènes, du grand art ! Donc, n’y a-t-il vraiment pas de reproche à formuler au niveau du graphisme ? Hélas oui, surtout à la fin de la bd où j’ai senti un relâchement important de la part de l’auteur dans sa façon de traiter ses décors et à dessiner ses personnages, dans ces moments-là, j’ai eu l’impression que Pierre Wazem s’est contenté de réaliser ses planches pour finir l’ouvrage au plus vite au détriment du dessin.

« Comme une rivière » est un pur roman graphique, c'est-à-dire qu’il faut aimer les histoires du quotidien sur des personnages qui n’ont pas grand’ chose à se reprocher et qui ont mené une vie assez banale. L’action est centrée sur la personnalité du héros et sur les séquences d’une grande sensibilité qui peuvent basculer rapidement du rire à de la tristesse en quelques planches. Il faut apprécier aussi ce genre de graphisme à première vue dépouillé qui permet de nous faire ressortir les émotions que ressentent les personnages.
Cette bd fait partie de la collection « Tohu-Bohu » des éditions Les Humanoïdes Associés qui nous proposent d’excellents albums, cette collection est aujourd’hui abandonnée : dommage !

Nom série  A Renaud  posté le 23/08/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Comment peut-on juger une bd d’une vingtaine de pages seulement sans trop dévoiler son contenu ? En ne disant qu’il ne s’agit d’un hommage d’une dame pour son premier ( ?) grand amour de sa vie ? Peut-être… pour ma part, je ne vous en dirais pas plus !

J’avoue avoir passé un bon petit moment de lecture avec « A Renaud », j’y ai apprécié la sensibilité et la délicatesse dont a fait preuve Maureen Wingrove, l’auteur, pour raconter ce récit. Cet album m’est apparu comme une belle déclaration d’amour d’une femme pour son amant. Après, fallait-il développer un peu plus cette histoire ? A mon avis, pas sûr ! Car ce récit va à l’essentiel et je ne vois pas trop si la présence de scènes supplémentaires aurait apporté de plus à ce scénario. Saluons l’intelligence de l’éditeur d’avoir proposé cette bd a un prix très correct étant donné la faible pagination de l’ouvrage.

J’ai vachement apprécié le coup de patte de Maurren Wingrove. Son dessin m’est apparu très lisible et parfaitement adapté au scénario. De plus, l’auteur a su donner des expressions très convaincantes à ses personnages sans cela ne tombe dans l’exagération. Le découpage m’a semblé très réussi avec des pleines pages qui mettent en valeur les scènes importantes du récit.

« A Renaud » est un album qui se lit très vite mais qui a su me marquer l’esprit, j’y ai aimé le coup de crayon de Maureen Wingrove et son scénario plein de tendresse et de sensibilité. J’attends son prochain album qui je l’espère sera plus dense. A découvrir !…

Nom série  Le voyage (Baudoin)  posté le 23/08/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
M’ouais, pas vraiment convaincu par cet album d’Edmond Baudouin ! En fait, j’ai même du mal à comprendre pourquoi « Le Voyage » a été récompensé par un Alph-Art scénario au festival bd d’Angoulême 1997 parce que l’histoire m’est apparue très classique ! C’est à croire qu’à l’époque, ce genre de récit était rarement abordé dans le monde du 9ème art !

« Le Voyage » nous raconte le destin d’un homme qui, d’un coup de tête, a plaqué toute sa famille et son boulot pour fuir son quotidien. C’est donc un road-movie que nous présente Edmond Baudouin où notre « héros » fera la connaissance de personnages pittoresques (notamment le marionnettiste) et -bien entendu- d’une femme dont il tombera éperdument amoureux. Et comme d’habitude dans un récit de cet auteur, nos protagonistes vont évoluer dans le sud-est de la France, sa région natale et résidente. « Le Voyage » peut être interprété comme une critique de notre société de consommation. Bref, ce récit m’a semblé peu surprenant.
En fait, l’originalité du « Voyage » vient de représentation des pensées du personnage principal où le lecteur y verra le haut de son crâne illustrant ce qu’il pense ou imagine.

Pour le reste, au niveau du dessin, les bédéphiles qui sont habitués à feuilleter les albums d’Edmond Baudouin surtout ceux en noir et blanc ne seront guère dépaysés. On y retrouve son coup de patte faussement brouillon où l’auteur utilise souvent le crayon pastel noir pour donner des ambiances « charbonneuses » à son récit. Pourtant, l’ensemble m’est apparu très lisible et assez plaisant à contempler parce que j’aime quand un auteur nous propose un style personnel, ce qui est le cas avec Edmond Baudouin.

Une lecture agréable mais sans plus, voilà ce que je retiens du « Voyage » proposé par Edmond Baudouin. Ce road-movie m’est apparu peu surprenant, son originalité vient de la façon dont l’auteur a illustré les pensées du personnage principal : c’est trop peu pour que le feuilletage de cette bd me soit inoubliable.

Nom série  Les Sauveteurs en mer  posté le 22/08/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
« Les Sauveteurs en mer » est la première bd de Damien Cuvillier (Auparavant, il avait participé au collectif « Cicatrices de guerre(s) » des éditions de la gouttière), ce dernier est un jeune auteur picard lauréat du prix régional de bandes dessinées au festival d’Amiens 2006. Il va très prochainement sortir une bd en collaboration avec Régis Hautière chez Delcourt.
Mais revenons un peu sur ce premier tome des « Sauveteurs en mer »…

Cette bd est décomposée en courts-récits humoristiques, elle met en scène une équipe de sauveteurs composée d’un vieux loup de mer Bathalazar qui est un personnage respecté par tous et qui est un adepte inconditionnel des méthodes ancestrales, de Maximilien un costaud spécialiste de tirages philosophiques en langue latine, du inévitable dragueur et j’en passe ! Bien entendu, chaque historiette se termine par une chute comique.

Comme d’habitude, ce genre de bd comporte des gags inégaux mais il faut avouer que l’ensemble m’est apparu distrayant grâce notamment à la sympathique équipe des sauveteurs en mer. C’est une série sans prétention qui a pour but de nous sensibiliser aux missions de ce service de bénévoles qui surveillent le littoral français à l’image du mini dossier annexé en fin d’ouvrage.

Quant au graphisme de Damien Cuvillier, pour une première bd, il s’en tire avec les honneurs ! A vrai dire, connaissant son travail, je ne pensais pas le voir dans une série humoristique mais d’aventure. Ses personnages sont tout de suite reconnaissables, on y sent dans sa bd l’influence de la bd comique franco-belge avec le style « gros nez ». Contrairement à la plupart des albums humoristiques parus chez les autres éditeurs, Damien Cuvillier n’a pas lésiné sur les décors. Bref, au niveau du dessin, c’est du bon boulot ! Même si j’aurais bien voulu que cet auteur fasse lui-même la mise en couleurs dont il maitrise à merveille (je reprécise que je connais bien son talent de dessinateur) !

Ce premier tome des « Sauveteurs en mer » m’est donc apparu comme une bonne introduction avec cette série. J’y apprécié son côté divertissant gentiment comique, la sympathique bande de sauveteurs et le joli coup de patte de Damien Cuvillier. Bref, c’est une bd sans prétention dont j’aimerais bien en voir plus souvent sur les étals des librairies… au lieu des productions du même genre sans intérêt publiés par les autres (et le présent !) éditeurs.

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