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... a posté 198 avis et 14 séries (Note moyenne: 3.25)

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Nom série  Esprit du vent  posté le 08/07/2007 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Un western vrai de vrai, voilà ce qu'est "l'esprit du vent", une nouvelle série possédant son compte de fusillades et de dépaysement.

Que les amateurs du genre se jettent sur ce premier récit pour saluer l'effort des éditions Mosquito de nous traduire cette bande dessinée italienne. Ils ne seront pas déçus : dans son pays, cette création est publiée par la maison d'édition du signore Sergio Bonelli, celui-là même qui publie les aventures de Tex Willer, le héros qui a fait le bonheur durant des décennies de lecteurs français dans les mensuels "Rodéo" et "Mustang".

Sachant que le scénariste, Frisenda, a participé à la longue saga de Tex Willer, cela promet un western classique en même temps qu'un travail sérieux et maîtrisé. C'est exactement cela, avec une touche de fantastique et un ton moderne, adulte, sans temps morts, qui multiplie avec intelligence les retournements de situations et les rebondissements.
Il faut dire que la galerie de personnages est soignée, le héros, Ned, est charismatique tout comme son second surnommé "Poe". Et les "mauvais" sont souvent si pervers que l'on a du mal à les identifier avec certitude ...
La construction narrative est vraiment parfaite, l'intrigue brillamment menée avec une lutte sur fond d'exploitation minière particulièrement intéressante et il manque peu de chose pour que cet album soit exemplaire. Le seul point noir, c'est la présentation du personnage principal, Ned, qui reste abstraite, certaines zones d'ombres interférant dans le récit avant de s'expliquer, mais qui au final parait inachevée même s'il est bien sûr nécessaire de conserver du mystère autour du héros.

Le dessin de Manfredi correspond à tout ce qu'il y a de meilleur dans une oeuvre noire et blanc, maîtrise des jeux d'ombres, solides composition du trait, mais ce qui est plus rare chez les publications de Sergio Bonelli : reconstitution soignée et chaque personnage particulièrement typé. Sans parler d'un excellent sens de l'action qui sert admirablement ce récit d'aventure.

Bref, du western et du meilleur, digne de séduire le plus grand nombre, y compris l'amateur le plus difficile. La suite sera publiée dès septembre, alors pour dix euros, n'hésitez pas à découvrir quatre-vingt seize pages d'action et d'aventure dans un univers fascinant.

Nom série  Johan et Pirlouit  posté le 01/07/2007 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
La meilleure série de Peyo, pour une simple et bonne raison : elle constitue un modèle de série tout public !

Vous l'avez découverte lorsque vous étiez enfant ? Pas de problème, risquez-vous à ouvrir un album et vous verrez que l'humour et l'action de cette série passionnent sans problème un lecteur de n'importe quel âge. Cette capacité de redécouverte témoigne d'une oeuvre de qualité qui offre des lectures à plusieurs niveaux et dépasse le coté puéril ou enfantin auquel on associe l'oeuvre de Peyo.
Il s'agit avant tout d'une série d'aventure habilement construite, exploitant un Moyen-Âge fantaisiste, qui ménage une débauche de rebondissements et d'imagination. Menée à un rythme rapide, elle conserve tout son charme plus d'un demi-siècle après sa création.
L'apparition dans "Le lutin du bois aux roches" de Pirlouit permet la naissance d'un duo comique entre ce nain hâbleur et maladroit et le courageux page Johan, tout deux étant prêts à réparer quelconque injustice.
L'arrivée des schtroumpfs au tome 9 ne gâte rien, ceux-ci jouant les seconds rôles, et ils font partis de la galerie de créatures inimitables imaginée par l'auteur.

Le dessin de Peyo, au départ, parait lorgner du coté d'un style semi-réaliste, très dynamique et plaisant, avant de trouver vers le tome 5 son propre style en rondeur et élégance qui a fait son succès. Malgré ces écarts graphiques, tout les albums sont d'une grande qualité et l'illustration sert parfaitement les scénarios avec beaucoup de maîtrise.
Dommage que Peyo se soit consacré aux schtroumpfs après treize albums, car l'univers de Johan et Pirlouit lui convenait parfaitement et il était bien plus intéressant que celui des petites bestioles bleues.

Son fils, Thierry Culliford et Yvan Delporte finissent, après la disparition du créateur, par y donner une suite illustrée par Alain Maury. Si c'est très honorable, notamment les scénarios qui sont bien dans la lignée des travaux de Peyo, le dessin ne possède pas l'élégance et la rondeur de ce dernier. Il est construit avec métier et maîtrise, mais il rompt tout de même un peu avec le style de son prédécesseur, ce qui ne l'empêche pas d'être intéressant.

Bref, un grand classique dont certains titres sont indispensables ("le châtiment de Basenhau", "le maître de roucybeuf", "le lutin du bois aux roches", "le serment des vikings", "la flèche noire" ou "la guerre des sept fontaines"), mélange vraiment réussi d'humour et d'aventure pour tout public. L'oeuvre la plus intéressante de Peyo, qui prouve qu'il était un grand conteur conjugué à un excellent dessinateur.

Nom série  Vae Victis  posté le 01/07/2007 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Une bonne série d'aventure menée à train d'enfer par Simon Rocca (alias Ramaïoli) qui prend pour cadre la guerre des Gaules, illustrée avec non moins d'efficacité par Jean-Yves Mitton.

Et l'efficacité ... C'est ce qui domine ici ! Les scénarios sont bien construits, intéressants documentés ; les personnages ne manquent pas de charme (ah, Ambre), y compris de fines crapules ; mais on ne dépasse jamais vraiment le cadre d'une série d'action. Le rythme rapide en est sans doute la cause, mais malgré de belles idées et des touches de folie, on n'atteint jamais le réalisme de Murena, par exemple, la nouvelle référence du péplum où la tragédie donne un aspect plus humain.
La violence et l'érotisme sont la marque de la modernité des scénarios, plus proches de la série de Dufaux et Delaby (qui est plus récente que celle-ci) que d'Alix.
Quand à la longévité, elle ne se fait pas sentir, Rocca parvient à maintenir la tension grâce à un solide sens du récit, et le scénariste développe sa saga sur quinze tomes sans se caricaturer.

Le dessin de Mitton n'est plus à vanter, nerveux et précis, toujours à l'aise dans un univers où la violence et l'érotisme ont leur place.
Donc, une belle série d'action pure qui est une lecture de qualité.

Nom série  Ange-Marie  posté le 30/06/2007 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Jolie histoire classique qui décrit parfaitement les troubles de vétérans de la "grande guerre", le retour à la vie, la reconstruction par l'art, l'amour, des relations maître/élève (voire plus) entre deux marginaux ...

Les effets de l'intrigue sont un peu prévisibles, mais cela ne gâche nullement la générosité des auteurs qui brossent une belle galerie de personnages attachants, et surtout font preuve d'une grande maîtrise. Le récit est bien agencé et traduit un solide sens de l'observation, notamment dans la reconstitution de la société de l'époque, pour un résultat d'une grande lisibilité.

Le dessin en couleur directe de Eric Stalner possède une grâce et une élégance remarquables, qui marque une grande maturité de la part de l'auteur. Il ne se laisse aller à aucune facilité, les choix d'angles sont travaillés, les décors fouillés et l'ambiance rurale parfaitement rendue.
Les couleurs possèdent un ton personnel qui marque aussi l'originalité du graphisme, et achèvent de faire de cette oeuvre une étape dans le travail de Stalner.

Bref, un bel album signé Aude Ettori et Eric Stalner, alliant qualité et maîtrise pour un résultat très intéressant.

Nom série  Brice Bolt  posté le 30/06/2007 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Magnifique série d'aventure signée par Jean-Michel Charlier et un auteur espagnol, Artur Aldoma Puig. Ce devait être au départ une reprise de Marc Dacier, abandonné par Eddy Paape, mais Brice Bolt fut finalement créé, même s'il officie dans le même journal, "L'éclair".

Grand dégingandé, Bolt est un baroudeur futé qui n'a malheureusement vécu qu'une seule aventure, déclinée en deux tomes : "L'archipel de l'épouvante" et "l'empire de Satan" (ah ! Les titres inimitables de Charlier). Accompagné de son alter ego Luc Deferre, et du personnage truculent Mac Dougall, il navigue en eaux troubles dans une histoire à l'ambiance fantastique.
Le travail du scénariste est tout de suite reconnaissable : plongée immédiate dans l'action, pas de temps morts, des rebondissements incessants. L'intelligence des dialogues et de l'intrigue n'a d'égale que l'ingéniosité des péripéties. A lui seul, le premier album donnerait suffisamment de matière à deux ou trois albums actuels, la mise en page serrée et la cadence de l'ensemble trahissent la publication dans la presse de ces histoires (en l'occurrence dans "Spirou") mais sans que jamais cela ne paraisse gratuit ou artificiel. Au contraire, la cadence d'enfer du récit est des plus jouissive, elle témoigne d'une grande imagination et ne relâche jamais la tension : le lecteur est happé dès les premières pages et ne lâche ce brave Brice Bolt que le second tome achevé (à condition de se procurer ces deux albums ensemble, ce qui est préférable).
La résolution de l'intrigue peut à un moment se deviner un peu, mais la démonstration de Charlier est si complète et ingénieuse qu'elle comble amplement le lecteur, d'autant que ce n'est pas la fin des ennuis de Bolt, qui ne s'en sortira pas sans casse.

Le Dessinateur Puig livre un travail énergique et maîtrisé. Le dessin est parfaitement construit et équilibré, en bonne intelligence avec une mise en page qui s'autorise de nombreuses audaces. Ce qui permet au style de cet auteur espagnol de rester très moderne, c'est un travail original sur l'encrage, qui donne beaucoup de dynamisme et de volume au trait, ainsi qu'une recherche sur les dégradés qui cerne à merveille les ambiances. Les couleurs sonnent très "70's", très chaudes avec des ruptures qui ajoutent à la lisibilité des planches et leur donnent beaucoup de caractère.

Bref, du très très beau travail, très maîtrisé, bien caractérisé, intelligent, drôle, fin... De la série d'aventure haut de gamme par un scénariste rompu au genre qui se démarque par sa virtuosité et par son sérieux d'une production de série. Dommage que certains personnages restent trop peu fouillés (les indigènes...) car on aurait frôlé le chef-d'oeuvre. Petite faiblesse face à de grandes qualités.
Et graphisme merveilleux de Puig, dont on ne peut que regretter que la carrière soit si brève (il abandonnera la bande dessinée après des collaborations avec la presse et quelques courtes séries, notamment avec Victor Mora ).
Une belle réussite à découvrir sans hésitation et qui compte parmi les meilleures réussites des auteurs.

Nom série  Chiens de prairie  posté le 24/06/2007 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Un peu curieux, ce western de la catégorie "l'ouest glauque et violent", bien loin du ton naïf ou héroïque que connaissait le genre voici bien des années pour ce style pessimiste apparu ces dernières années.

Le récit se rattache donc à un courant actuel du western crépusculaire, sans y imprimer une réelle originalité, mais plutôt en en exploitant les aspects avec outrances, ce qui conjugué à de nombreuses invraisemblances finit de rendre bancal un récit assez artificiel plus proche d'un western spaghetti que des oeuvres de Sam Peckinpah.
Les personnages, du prophète fou à l'aventurier sur le retour jusqu'au chasseur de prime sans scrupules, sont de vulgaires clichés tout comme la relation de l'enfant muet avec le vieil homme.

Le dessin de Berthet est bien loin de la démesure, et c'est d'un trait élégant et clair qu'il illustre un climat morbide qu'il a du mal à saisir, malgré quelques belles compositions. De la mise en page à la reconstitution, tout est trop sage pour donner une histoire au ton sauvage et sanglant.

Même si le métier des deux auteurs permet d'obtenir un album qui se laisse lire, il parait vraiment trop inégal pour être réussi. Leurs ambitions sont trop obscures, et le manque d'humour ou de recul finissent par donner une oeuvre sinistre qui abuse de trop de lieux communs pour donner un résultat marquant. Dommage.

Nom série  Korrigan  posté le 24/06/2007 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Jolie série humoristique mettant en scène un Moyen-Âge fantaisiste. Le preux héros Korrigan ne manque pas de charisme, pourtant il se fait souvent voler la vedette par l'ignoble Aubin-Marie de Vitriolle, persuadé de ravir sa fiancée au chevalier.

La structure de ses aventures, des histoires courtes de huit pages, condamne la série à rester anecdotique et à manquer un peu d'épaisseur. Outre sa brièveté, il faut reconnaître que le cadre trop classique ne joue pas en sa faveur, et il faut le talent de Vicq pour créer des récits originaux mêlant action et humour.
La galerie de personnages est surtout dominée par ses méchants, forts bien croqués, qui donnent leur saveur aux récits. Ainsi, les intrigues finissent plus par tourner autour du fameux Vitriolle et des stratagèmes qu'il invente pour s'emparer de la fille de Thalamus que de Korrigan.

Le point fort de cette série, c'est l'illustration de Franz, qui donne corps à l'oeuvre. Son dessin humoristique, nerveux et maîtrisé, créé sans mal les situations surréalistes imaginées par son scénariste, et il trouve matière à son goût pour les scènes d'actions brillamment menées. Il croque également à merveille ses personnages, dont certains ne manquent vraiment pas d'allure.

Donc, une belle petite série au caractère peu affirmé, mais de bonne tenue grâce au talent des auteurs, notamment par Franz dont la facette humoristique est à découvrir.

Nom série  Le privé  posté le 23/06/2007 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Oeuvre de commande publicitaire pour Jean-Michel Charlier, qui devait mettre à l'honneur dans son récit une boisson gazeuse dont le véritable héros de l'intrigue, le privé Dougherti, se trouve bien évidemment être friand.

Sachant cela, on pouvait craindre le pire pour cette histoire initialement intitulée "l'ange de la mort". Pourtant, l'oeuvre publiée aujourd'hui chez Casterman, débarrassée de ses allusions à la fameuse boisson, se révèle solide et intéressante. Comme toujours, le scénariste ne se laisse pas aller à la facilité et l'action débute dès les premières pages pour ne jamais retomber jusqu'à la dernière.
L'intrigue est particulièrement touffue sans perdre de sa lisibilité, portée par des dialogues vifs et intelligents, nourris de rebondissements bien sentis dont le rythme fait facilement passer les invraisemblances. Le tout ne se prend absolument pas au sérieux, et si cela se lit comme un excellent polar classique, le climat particulier avec la présence d'une secte n'en donne pas moins de la personnalité à ce récit.

Al Coutelis l'illustre dans un style dynamique proche de celui de Jijé, avec lequel il a en commun l'art de croquer une scène en quelques traits, comme de délaisser parfois les décors pour des aplats de noir, ce qui donne de la souplesse à ses mises en pages. Quelques maladresses font toutefois penser qu’il ne s’est pas autant investi ici que sur certaines de ses oeuvres ultérieures.

Ces quelques réserves mis à part, un album de bonne tenue bien défendu par un scénariste d'exception et un excellent dessinateur, qui mérite la découverte.

Nom série  Tristan  posté le 16/06/2007 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Un Moyen-Âge de légende pour cette série mettant en scène le troubadour Tristan et sa compagne Isandrelle qui ne manque pas, au cours de leurs errances, d'affronter toutes sortes de dangers qui dépassent parfois les limites du rationnel.

Sortilèges, malédictions, sorciers, envoûtements... les situations propres à toute une mythologie de récits légendaires sont utilisés ici, sans forcément beaucoup d'originalité, mais avec une bonne foi évidente de la part de ses auteurs qui mettent en valeur les clichés qu'ils utilisent.

Le dessin de Plisson recréé ainsi à merveille les maisons de vieilles pierres, les places-fortes, les costumes ou encore les paysages sauvages convenant à l'illustration d'un Moyen-Âge fantasmé. son trait est fouillé et élégant, quelque peu rigide, mais en dehors de ça, sa mise en page et ses choix d'angles manquent de fluidité et n'ajoutent pas à la lisibilité de l'intrigue. On a parfois l'impression de ruptures dans l'histoire tant certaines images d'une à l'autre prennent parfois des points de vus étranges, recherches esthétiques sans doute, mais pas toujours maîtrisées et surtout qui ne livrent pas toutes les informations nécessaires au lecteur qui se trouve un peu perdu dans la narration.

Les textes d'Hélène Cornen eux-mêmes ne sont pas exempts de maladresses, certains dialogues sont un peu longs ou bien le suspense n'est pas forcément maintenu autant qu'il l'aurait mérité et de ce fait la tension retombe un peu.
Ces réserves faîtes, les auteurs construisent tout de même un univers intéressant, qui se décrypte avec plaisir, et les tournures dans les dialogues sont assez jolies. On y trouve notre compte d'ambiances et d'aventures pour une lecture au final plaisante.

Sans doute pas une oeuvre majeure, mais une petite série qui plaira aux amateurs du genre, car une certaine sensibilité donne un ton personnel aux histoires peut-être imparfaites de Tristan, mais pleines de charme.

Nom série  Pinocchia  posté le 16/06/2007 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Il n'y avait pas grand chose à attendre d'une bande dessinée érotique écrite par un des pionniers du cinéma pornographique, l'ineffable Francis Leroi. Et effectivement, pas grand chose à attendre de cette histoire d'un pantin de bois aux formes d'une plantureuse jeune femme qui prend vie pour vivre toute sorte d'aventures coquines (transposition bien sûr d'une histoire qui continue, elle, de faire rêver d'innocents bambins).

Le travail de Leroi ne fait pas long feu, lui : totalement décousue, son intrigue vise avant tout à dénuder dans toutes les postures possibles son héroïne, certes sympathique, mais les répétitions de situations, les passages à vide et surtout l'ennui qui guette sans répit le malheureux lecteur plombent le récit.
Le traitement second degré avec des textes rend un tant soit peu lisible l'ensemble, sans lui donner cet aspect humain ou cette touche de perversion qui fait qu'une oeuvre érotique soit un peu plus qu'un simple étalage de belles images.

Les dites images étant signées Gibrat, on peut attendre le meilleur, et même si son illustration n'a pas la grâce de ses travaux suivants, son traitement réaliste ne manque pas de charme et il sublime sans mal sa jolie brune Pinocchia, tout comme il donne une charpente aux situations surréalistes du scénario.

Dommage que l'intrigue, elle, ne sublime pas sa trame de départ car avec un tel dessinateur, cette oeuvre aurait pu devenir un must de la bande dessinée érotique, elle n'est malheureusement qu'une oeuvrette sans grande envergure.

Nom série  Chinaman  posté le 11/06/2007 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Une série qui débute de façon originale : l'évocation de Chinatown aux Etats-Unis à la fin du XIXème siècle permet l'étude de la communauté chinoise installée en Amérique.

Le personnage principal est le garde du corps d'un personnage important. Les circonstances qui l'amèneront à devenir un traître aux yeux des siens et prendre la fuite font basculer la série dans le western pur. Reste que le héros n'en demeure pas moins original, d'autant que sa proximité avec le lecteur est grande car le scénariste utilise la première personne comme narration, on savoure ainsi toute la complexité intérieure de "Chinaman".

Les scénarios de Le Tendre sont classiques mais bien menés, leur point fort étant véritablement la personnalité du héros qui donne sa vraie saveur à cette oeuvre. Si le racisme est évidemment abordé, certains personnages paraissent tout de même schématiques, néanmoins, quelques personnalités sont bien fouillées.

Le dessin de Taduc est plein de vivacité et d'élégance, il décrit à merveille l'univers du western dans une mise en page assez classique mais bien étudiée.

Donc, une série mise en valeur par son personnage central, servie par deux excellents auteurs.

Nom série  SOS Bonheur  posté le 11/06/2007 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Un Jean Van Hamme très inspiré et pertinent pour cette courte série, où il s'intéresse aux dérives d'une société moderne pourtant selon toute apparence préoccupée du bonheur de ses citoyens.

Aux travers de courtes histoires d'une quinzaine de planches, il illustre ainsi les rapports des individus aux loisirs, au travail, aux liens sociaux, au pouvoir, l'accession aux soins, etc... Après avoir cerné les rouages de cette civilisation (moderne donc), Van Hamme en tire une conclusion dans une histoire longue où tous les protagonistes croisés se retrouvent.
On ne peut pas dire que la morale de la fable soit particulièrement optimiste, elle n'en est pas moins savoureuse par les dérives qu'elle dénonce, d'autant que le scénariste fait preuve d'imagination et d'humour. La construction narrative est imparable, la maîtrise est évidente et rien n'est laissé au hasard, la galerie de personnages est bien illustrée par des dialogues inspirés, bref, c'est du très beau travail. La singularité de l'être humain qui se révolte au milieu d'une civilisation uniformisée est ainsi particulièrement bien défendue, et chacun pourra tirer ses propres conclusions de l'épilogue.

Le traitement réaliste de Griffo est efficace et solidement construit. Le dessinateur valorise les différentes histoires en créant parfaitement les décors et les costumes des différentes classes sociales étudiées, et son travail sur les ambiances est trop peu souligné. Les couleurs sombres rendent le coté fade du monde décrit. L'auteur ne se laisse donc aller à aucune facilité, et forme un tandem efficace avec son scénariste.

Une oeuvre créée par deux auteurs au meilleur de leur forme, qui construisent une chronique réaliste et passionnante d'une société aux préoccupations qui ne nous sont pas étrangères.
Ces trois albums quasi-prophétiques ont aujourd'hui une vingtaine d'années : à lire pour voir si les observations des auteurs pourraient se concrétiser.

Nom série  Pharaon  posté le 10/06/2007 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cela ressemble à première vue à une série d'espionnage classique (cf. tome1), puis ça dérape rapidement du côté de la science-fiction, ça lorgne du côté de l'ésotérisme, on frôle parfois l'aventure... Bref, on trouve de tout chez Pharaon !

C'est en effet un reproche que l'on peut faire à cette série qui est très inégale, dans l'inspiration comme dans la qualité. Cet espion possède pourtant une personnalité peu monolithique et l'aspect humain est soigné, tout comme les intrigues cherchent l'originalité, ce qui n'est pas la moindre des qualités.
L'apport de Hulet aux scénarios n'est pas à négliger, ceux-ci possédant un travail sur les décors et les ambiances assez inhabituel de la part du scénariste Duchateau. Ce dernier connaît d'ailleurs parfaitement son métier et les intrigues captent rapidement l'attention. Seulement voilà, les rebondissements "hénaurmes" totalement rocambolesques démolissent le travail réaliste sur le fond.
Un tic particulièrement agaçant de Duchateau, dont il abuse ici, c'est de tenter de surprendre son lecteur en faisant faire à ses personnages des actions incohérentes d'un point de vue logique du récit puis de s'en expliquer dans les dialogues pour des justifications peu convaincantes qui font retomber la tension.

Dommage, car le dessin réaliste de Hulet est magnifique, nerveux, précis, équilibré pour un travail soigné. Sa maîtrise est le point fort de la série, il donne sa charpente aux histoires comme le prouve ses reconstitutions magnifiques dans les meilleurs albums : "le cerveau de glace", "promenade des solitudes". Son style améliore la lisibilité pour des récits inégaux mais intéressants, surtout ceux faisant découvrir des anecdotes méconnues de l'Histoire ou recréant à merveille des horizons lointains.

Donc, ambitieuses mais plutôt inabouties, les aventures de Pharaon. Mais comme déjà précisé, le travail de Hulet, ainsi que le sens du dialogue de Duchateau procurent une lecture tout de même agréable. Pour découvrir le meilleur de leur travail, lisez les deux albums cités plus haut, ils condensent au mieux les ambitions des auteurs.

Nom série  Capitaine Sabre  posté le 10/06/2007 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Série d'aventure on ne peut plus classique. Le capitaine Gilbert Sabre est une forte tête bourrue et sympathique qui a l'habitude de naviguer en eaux troubles (ici plutôt du côté des mers de Chine).

Ses aventures possèdent parfois un air de déjà vu, mais leur traitement solide et sans prétention leur donne leur saveur. La carte de l'exotisme est jouée à fond, les personnages sont soignés, et surtout la nonchalance du héros ajoutent encore au charme de l'ensemble. Si l'on ajoute encore l'humour souvent présent, que demander de plus ?

Le dessin de Gine est à l'image de ses intrigues : parfaitement construit et sans effets inutiles. Son style est élégant et lisible, il y a une grande fluidité dans la mise en page et un grand équilibre dans la construction graphique qui prouvent la maîtrise de l'auteur.
Le tout est rehaussé de couleurs rayonnantes rendant bien les ambiances chaudes explorées.

Donc une valeur sûre de l'univers des séries d'aventure, qui n'a pas connue le succès qu'elle méritait. Cette oeuvre d'un Christian Gine solo vaut pourtant tout à fait le détour, ne serait-ce que par la maîtrise de l'auteur.

Nom série  Le Légataire  posté le 09/06/2007 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
"Suite" honorable au "Décalogue", cette série faisant la liaison entre les tomes un et deux de la désormais célèbre série. Frank Giroud ne manque pas d'imagination pour faire se croiser ses personnages, et cette nouvelle variante autour de "Nahik" semble plutôt justifiée.

Le scénariste lorgne vers le thriller et ce ne sont ni l'action, ni le suspense qui manquent dans ces deux tomes. L'auteur a la judicieuse idée de faire intervenir un personnage "secondaire" de son intrigue de départ pour pimenter un peu son récit, et on peut dire qu'il y parvient sans mal. La psychologie de ses héros est toujours soignée, la narration menée de main de maître, rien ne souffre d'une quelconque facilité. D'ailleurs, voilà que pour arranger le coup, v'là que le Vatican entre en scène...

Hélas, trois fois hélas... Béhé ici adjoint de Meyer... "bâcle"... oui, c'est le mot qui vient à l'esprit au vu de son graphisme qui parait souvent être resté au stade de brouillon. C'est nerveux, les choix de mise en place plutôt bien choisis, les ambiances bien suggérées, les couleurs pas inintéressantes, mais le trait n'est vraiment pas soigné. Certains personnages sont difficiles à reconnaître et ils semblent souvent plus proches d'une caricature que de la réalité.

Or donc, voilà une bonne performance de scénariste mise en danger par un graphisme qui ne semble guère s'appliquer à valoriser le travail de Giroud pour simplement expédier les affaires courantes. Ce n'est pas déshonorant, mais ça parait bien loin du niveau où pourrait se trouver cette série en jouant à fond la carte du réalisme. Bref, dommage dommage.
La suite réserve peut-être d'heureuses surprises, alors à suivre...

Nom série  Le Décalogue  posté le 09/06/2007 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Du très bon Giroud, de l'Histoire (avec un grand H) avec l'existence d'une omoplate de chameau où Mahomet lui-même aurait écrit des sourates contredisant celles attribuées à ce dernier.

Le passage de cette omoplate et d'un manuscrit la décrivant entre différentes mains au cours des siècles permet à Giroud de mettre en place à chaque tome un contexte et des personnages différents, qui verront bien sûr leur vie troublée par cet objet de discorde. On retrouve ici la précision historique ainsi que le talent de créer de véritables personnalités qui ont fait la réputation du scénariste, ici à son meilleur niveau. Les différences géographiques, temporelles et de situations relancent l'intérêt à chaque album, même si bien sûr tous ne sont pas aussi réussis les uns que les autres.

Cela est dû évidemment aux différences graphiques, chaque dessinateur ayant son style, et ne se pliant à aucune ligne directive.
On sait ainsi à quoi s'attendre avec des vétérans de la trempe de Gillon, Faure ou Franz, tous au mieux de leur forme au service d'histoires qui leur conviennent. Leurs trois tomes sont sans doute les meilleurs.
L'intérêt de cet exercice de style est de lancer un coup de projecteur sur de nouveaux talents, ainsi De Vita et TBC méritent tout à fait d'être félicités pour leur travail formidable.
Il ne faut pas oublier Béhé, Rollin, Rocco, Mounier ou Charles qui servent eux aussi avec talent les scénarios de Giroud sans forcément les transcender pourtant.
Certains tomes paraissent quand même faciles au point de vue trame (ex. : le météore) où on sent un peu le mal du scénariste à étaler sa saga sur dix tomes. Il parvient toujours à maintenir l'intérêt grâce à sa documentation qui fait sans mal voyager son lecteur.

Un pari parfaitement tenu, qui, du drame au récit d'aventure, de la chronique au policier ou encore au récit d'espionnage dépasse le simple cadre du genre historique pour livrer une mosaïque complexe et passionnante sur l'humain, ses passions, ses croyances, ses combats, ses faiblesses. Cet aspect n'est pas à négliger dans une oeuvre humaniste et généreuse dont l'épaisseur est renforcée par la différence des styles qui l'illustrent.

Nom série  Blake et Mortimer  posté le 09/06/2007 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Classique des classiques, "Blake et Mortimer" représente sans doute le summum de la bande dessinée "sérieuse", où du dessin académique éprouvé à la documentation sans faille, le cachet sérieux et pédagogique est bien présent.

Ce qui fait que cette série est considérée comme l'une des premières à se démarquer des "petits mickeys" infantiles et innocents pour une littérature jeunesse mûre et sérieuse. Il faut dire qu'Edgar P. Jacobs ne manque tout de même pas d'ambition comme le prouve la trilogie qui ouvre les aventures de Blake et Mortimer où les méchants Jaunes partent à l'assaut du monde.

Plus de mesure pour le fameux "mystère de la grande pyramide" où nos héros partent eux à l'assaut de l'Egypte. Puis plus tard vient la non-moins fameuse "Marque Jeune", subtile mélange de suspense et science-fiction, très probablement le sommet de la série.
Chaque tome mériterait un développement tant chaque titre possède une inspiration différente et permet une exploration de nombreux genres grâce à nos deux comparses anglais. La méthode évolue peu : intrigue solide pour un récit feuilletonesque, où rien n'est laissé au hasard. La narration use de longs textes descriptifs (souvent redondants et rébarbatifs) comme de dialogues très littéraires. Jacobs n'en possède pas moins des idées fortes et ose des sujets "casse-gueule" comme la machine dans le temps ou l'énigme de l'Atlantide, dont il se sort avec panache. Le véritable point faible de la série, c'est son traitement vieillot, qui possède un charme désuet agréable, mais décourage tout de même quelque peu. Il est parfois plus facile de lire un roman qu'une bande dessinée où le texte répète l'image.

Le dessin est très rigoureux, sa fameuse ligne claire fait merveille pour mettre en valeur l'évidente documentation sur laquelle s'appuie Jacobs. Tout est parfaitement équilibré, mais si le dessinateur est à louer pour son travail de reconstitution, il faut souligner son talent pour créer des univers fantastiques : l'Atlantide, un futur peu recommandable... si le trait est sans aucun doute daté, il n'en demeure pas moins remarquable de cohérence et peut toujours séduire par son élégance.

La reprise de Van Hamme/Benoit est un peu trop appliquée pour le scénario, tout en étant de qualité suivie, Benoit possède une ligne claire assez personnelle qui illustre bien les personnages de Jacobs tout en gardant une identité certaines. Le choix de coller au plus près du style désuet de la série est un choix, pas le plus audacieux, qui fait que les auteurs jouent en mineur pour faire du Jacobs.

Le tandem Juillard/Sente donne un résultat à peu près équivalent, ce qui est un peu dommage car leur premier album, "la machination Voronov" était un vrai modèle de récit d'espionnage et se démarquait assez des tomes scénarisés par Jacobs. Coup de gueule tout de même : pourquoi les scénaristes reprenant des séries -ici Sente- se croient-ils obligés de créer un passé (une jeunesse) aux héros qu'ils lancent dans de nouvelles aventures ? Non seulement la version que donne Sente est niaise, mais elle enlève de leur mystère aux personnages. Un beau gâchis, une grosse facilité.

Donc, un style marqué par son âge, à découvrir comme une des premières créations ambitieuses de la bande dessinée.
Les reprises sont plutôt convenues du point de vue continuité, rien d'aussi ambitieux que les sujets abordés par Jacobs à attendre, dommage.

Nom série  Cotton kid  posté le 08/06/2007 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Une très bonne série qui doit soutenir l'incessante comparaison avec "Lucky Lucke", et force et de constater que la comparaison ne joue pas en la défaveur de Cotton Kid.

Léturgie (qui par ailleurs a co-signé avec Fauche quelques-uns des meilleurs albums de Morris) se révèle un digne héritier de Goscinny. Il sait exploiter chaque situation avec humour et vivacité pour créer des scénarios lisibles et sans temps morts. L'idée de lancer Cotton Kid sur les traces de son frère Trévor dans ses enquêtes (ce dernier étant un détective particulièrement maladroit de l'agence Pinkerton) donne lieu à de nombreux quiproquos tout-à-fait réjouissants pour maintenir l'équilibre de départ : Trévor doit rester un héros au yeux de son petit frère même si c'est involontairement grâce à lui qu'il réussit ses missions, et c'est au grand dam de ses supérieurs qu'il les réussit, vu les piètres résultats de sa formation.

Evidément, Trévor est un personnage sophistiqué et suffisant, bien convaincu de son talent et loin d'imaginer la véritable raison de ses réussites. Il faut toute la naïveté et la bonne volonté de Cotton Kid pour sauver la face de son frère dans un far-west parfaitement sauvage où le détective de Pinkerton nargue dédaigneusement les sinistres brutes qui le peuplent.
Brillants dialogues et renouvellement des situations, pas de doutes, le scénariste a parfaitement réussi à créer une situation originale pour explorer avec humour le western.

Pearce (Conrad donc) possède une évidente parenté avec le style de Morris (Il a déjà commis avec Léturgie un excellent Kid Lucky). Sens du dynamisme et personnalité des personnages, il met en valeur d'un trait simple et nerveux les textes de son scénariste pour un résultat efficace et sans prétention.

Une belle série humoristique, proche par son cadre de "Lucky Lucke", mais servie à merveille par des auteurs rompus à l'exercice qui à partir d'un cadre originale revisitent avec style et panache le western parodique.

Nom série  Les Psy  posté le 08/06/2007 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
C'est un Cauvin en bonne forme qui s'attaque à ces "psy", qu'il égratigne sérieusement en leur collant les pires travers. La galerie de "malades" n'est pas mal non plus, et si l'on doit reconnaître un mérite au scénariste, c'est de savoir capter des sujets dans le vent, à savoir ici le psychologisme qui sévit dans notre (morose) société.

Si on y réfléchit, c'est plutôt gonflé de s'attaquer à des professions qui prennent une grande importance ces dernières années et dont on ne cesse de vanter les bienfaîts (bon, on ne va pas entamer une analyse ici du sieur Cauvin pour savoir de quelle fêlure d'enfance lui vient cette aversion pour ces braves "psy). Assez iconoclastes, donc, les gags font mouche, construits sur un solide sens du rythme et l'imagination de Cauvin qui parvient sans mal à exploiter un grand nombre de sujets de société (et d'autres totalement délirants). Un Cauvin inspiré mais qui ne peut tout de même pas éviter l'usure habituelle aux longues séries de gags. Certaines situations se répètent, et pas forcément en mieux, et l'on pense souvent qu'une production moins intensive obligerait à moins de facilités. Ceci dit, le scénariste réserve toujours de bonnes surprises, ce qui laisse penser qu'un jour on finira par le regretter notre ami Cauvin, après tant l'avoir critiqué.

Bédu n'est pas en reste, et d'un trait lisible et sobre, il créé une galerie de trognes formidable. Ses personnages sont remarquablement typés, et c'est avec fougue qu'il illustre les gags visuels de son scénariste. Il apporte une grande personnalité à une série d'apparence classique, mais dont le graphisme n'en est pas moins soigné.

Donc, une série portée par deux auteurs rodés à l'exercice, qui malgré des baisses de rythmes sur les derniers tomes, se révèlent d'une excellente qualité. Ce n'est pas de la simple "grosse rigolade" et certains gags sont franchement caustiques. Cela mérite tout de même le détour.

Nom série  Zoltan  posté le 07/06/2007 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Récit d'aventure on ne peut plus classique, bénéficiant ici du métier de Frank Giroud qui sait parfaitement construire ce genre de récit, tout comme il sait donner de l'épaisseur à ses personnages.

L'histoire réserve donc son lot d'action, de suspense et (donc) d'aventure pour une exploration d'une Afrique profonde, sombre et mystérieuse. Le climat moite et la violence sous-jacente de ce voyage fait penser aux récits de Joseph Conrad, probable influence de Giroud. Toujours est-il que le scénario n'est jamais prévisible, ne laisse aucune impression de déjà vu tout en restant un peu sage.

Le dessin de Brahy ne manque pas de qualités : bonne mise en page, sens de l'espace, trait nerveux, couleurs originales et séduisantes... Pourtant, il laisse un goût d'inachevé, il paraît un peu léger, comme trop schématique. Il manque un peu de détails et de volume pour donner plus de force et de réalisme au récit du scénariste.

Toutefois, les aventures de Zoltan restent de bonne qualité. Sans doute perfectible, ce travail des deux auteurs n'en est pas moins séduisant et de bonne tenue. Très très fréquentable, notamment pour qui connaît l'oeuvre de Giroud...

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