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... a posté 223 avis et 88 séries (Note moyenne: 3.16)

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Nom série  L'Île (Palloni)  posté le 24/02/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
L'île est davantage un conte moral qu'un récit de science-fiction.

L'histoire se déroule dans un futur pas si lointain si l'on considère les armes et les tenues des militaires entrevues au début de l'album. Il n'y a pas grand chose de “scientifique” dans cet univers pour nous plonger dans la science-fiction stricto sensu. C'est la guerre, une guerre totale et impitoyable entre les régimes totalitaires du nord et du sud. Ceux qui refusent de la faire sont emprisonnés, torturés, déportés, éliminés… Sur l'île, un petit groupe de déportés et de prisonniers de guerre se révolte, massacre ses bourreaux et finit par prendre le pouvoir.
Puis on les oublie sur ce lopin de terre sans intérêt stratégique.
Une génération plus tard, l'île est devenue un monde clos, qui a rejeté la violence pour donner naissance à une société fondée sur l'égalité et la paix. La petite communauté vit simplement de la pêche et du travail de la terre. Chacun y a sa place et les relations entre les individus sont apaisées.
C'est alors qu'arrive un soldat, déserteur de l'armée du nord, qui demande asile. Cet intrus divise le groupe et fait naître de vives tensions.

Lorenzo Palloni signe une intrigue nerveuse et originale autour du dilemme qui trouble les habitants de l'île. Doit-on éliminer l'étranger afin de préserver la paix et l'indépendance si chères payées ou faut-il modifier la loi afin de l'accueillir pour montrer que l'on vaut mieux que ceux que l'on a combattu ?
Le postulat développe quelques questions plus fondamentales. Une société fermée est-elle capable d'intégrer l'étranger sans remettre en cause ses valeurs ? Les fils doivent-ils accepter la loi des pères sans la discuter ? Une démocratie qui s'est construite à travers la révolte peut-elle vraiment être pacifiste ?…
L'idée est bonne mais elle s'incarne dans des personnages emblématiques et par trop monolithiques : d'un côté, Antol, le généreux humaniste, de l'autre Bunel, son intraitable beau-père. Derrière leur affrontement, on a du mal à percevoir la pulsation de l'opinion publique. J'aurais aimé que l'auteur développe les tensions et les doutes qui agitent sans doute aussi les autres habitants du village. C'est une bonne histoire, mais Palloni ne parvient pas à donner à ses personnages ce supplément d'âme qui les rendrait plus attachants. Au final, je n'ai pas vraiment réussi à m'émouvoir de leur sort.
L'auteur passe aussi beaucoup de temps autour du mystère de Kabé, l'étranger, lequel acquiert un relief grandissant au fil des chapitres.
En fait, malgré ses 118 planches, le récit est trop rapide.

En tant que dessinateur, Palloni réalise un travail intéressant, mais auquel je n'ai pas accroché. Je n'aime guère ce trait haché qui donne perpétuellement l'impression d'être inachevé et je trouve que les visages des protagonistes sont tous moches. L'auteur est en revanche bien inspiré pour la mise en couleurs, avec de perpétuels jeux de lumières qui font des taches colorées et rendent bien l'ambiance de la forêt tropicale.
Lorenzo Palloni est encore débutant dans le métier ; avant celui-ci, il n'a semble-t-il réalisé qu'un album, "The Corner", en 2014. Je ne l'ai pas lu, mais d'après ce que j'en ai entrevu sur Internet, son dessin s'affine.

Au final, cet album est une œuvre originale, avec de belles qualités, commise par un jeune auteur complet. J'en conseille la lecture, peut-être pas l'achat.
L'histoire part d'une idée intéressante, mais la narration manque un peu de densité et de rythme. Le dessin ne m'a pas plu, mais c'est une question de goût, j'aurai préféré quelque chose de plus précis et réaliste.
Je donne un bon 3+/5 à ce one-shot.

Nom série  Mamaaaaan ?! Quoi encore ?  posté le 21/02/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J'annonce d'emblée la couleur : ce genre d'œuvre ne fait pas exactement partie de mon genre de prédilection en matière de bandes dessinées.

Mademoiselle Caroline est une blogueuse qui réalise des dessins d'humour s'inspirant des petites et grandes misères de sa vie de mère de trois enfants. L'album est donc une compilation de croquis plus qu'une bande dessinée, même s'il suit une trame thématico-chronologique. Les dessins ne sont pas très léchés, mais dans le genre “issu de blog”, ils ne sont pas pire que ce que l'on peut voir dans Fluide Glacial.
Peut-être Mademoiselle Caroline fera-t-elle malgré tout partie d'une des prochaines sélections pour le festival d'Angoulême, puisqu'il paraît que celui-ci ne fait pas assez de place aux auteures…

J'ai offert l'album à une amie qui est elle aussi mère de trois enfants… Je sais, c'est un peu démago, mais j'ai fait mouche car elle a beaucoup ri. Ce qui m'a incité à lire le livre dans son intégralité et je dois reconnaître qu'il est plutôt marrant. Pas au point de suffoquer de rire, mais honnêtement drôle.
C'est une chronique qui ironise sur les joies de l'enfantement, de la maternité, de la vie en couple… Bref, toutes les mères se retrouverons dans les situations mises en scènes. Quant aux pères, ils devront admettre aussi que Mademoiselle Caroline tape juste.

Mamaaaaan ?! Quoi encore ? est donc un album sympathique qui devrait plaire au plus grand nombre. De là à faire date dans la bédé d'humour…

Nom série  Chaos debout à Kinshasa  posté le 21/02/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Il est rare que des auteurs de bande dessinée prennent pour cadre l'Afrique postcoloniale.
Chaos debout à Kinshasa relate l'effervescence qui gagne la capitale du Zaïre au mois de septembre 1974 et le contexte historique est passionnant.

La ville est sous la coupe de Mobutu Sese Seko (son surnom complet est Mobutu Sese Seko Kuku Ngbendu wa Za Banga, ce qui signifie « Mobutu le guerrier qui va de victoire en victoire sans que personne puisse l’arrêter », tout un programme) depuis qu'il s'est emparé du pouvoir par un coup d'État en 1965.
Mobutu, dictateur mégalomane, brutal, malhonnête et rusé, mène alors une politique de “Zaïrianisation”, c'est-à-dire qu'il milite pour une décolonisation culturelle en promouvant l'authenticité de la culture noire. Par exemple, au Zaïre, il faut porter l'abacost (contraction de « à bas le costume ») chamarré pour montrer sa fierté d'appartenir au peuple noir. Mobutu apparaît comme une sorte de double bouffon de son rival sénégalais Léopold Sédar Senghor, le promoteur de la “négritude”.
Lorsque ce personnage hors-norme rencontre un autre mégalomane, le boxeur Mohamed Ali, ils sont faits pour s'entendre. Né Cassius Clay, ce puncheur surdoué et plusieurs fois champion du monde dans la catégorie poids lourds a rejeté son nom de baptême quand il a rejoint les rangs de l'organisation Nation of Islam. Il milite pour l'émancipation des noirs américains et l'unification de tous les “frères” noirs des deux côtés de l'Atlantique. Quand Mohamed Ali devient objecteur de conscience et refuse de servir au Vietnam, il est déchu de son titre. En 1974, il brûle donc de le reconquérir ce titre, alors détenu par George Foreman.
Mobutu , avide de montrer au monde entier que le Zaïre est en route vers la modernité, propose d'organiser la rencontre dans sa capitale Kinshasa. Les affiches présentent l'événement comme « un cadeau du président Mobutu au peuple zaïrois et un honneur pour l'homme noir ».

Ce contexte fournit la trame de fond aux auteurs pour raconter les petites et grandes intrigues qui se nouent à Kinshasa en ce mois de septembre 1974.
Car la ville est au centre d'enjeux bien plus larges qu'un combat de boxe, fût-il du siècle. Le Zaïre est riche en ressources, il suscite la convoitise d'affairistes internationaux. Le pays est également voisin de l'Angola, colonie portugaise en marche vers l'indépendance, sur laquelle les puissances de la Guerre froide, par Belges ou Cubains interposés, aimeraient mettre la main. Dans ce panier de crabes, les uns soutiennent Mobutu, tortionnaire sans scrupule mais pro-américain, alors que les autres rêvent de le renverser…
Nous suivons Ernest, petit truand minable de Harlem, qui gagne un ticket pour Kinshasa, ce qui lui permet d'échapper aux poursuites contondantes de ses créanciers. Tout imprégné des discours des leaders noirs et de blaxploitation, il croit retrouver ses racines en plongeant dans la société zaïroise. En fait, il ne comprend rien à rien et subit la situation alors que ses “frères” noirs font les frais de sa naïveté.

Le récit de Thierry Bellefroid mêle très habilement personnage réels et fictifs, faits historiques et péripéties romanesques dans un récit fluide et dense. Mon seul regret est qu'il aille parfois un peu trop vite. Mais il a un grand sens du détail, écrit des dialogues qui font mouche et le scénario tient le lecteur en haleine.
Au dessin, Barly Baruti, déjà remarquable dans Eva K. et Madame Livingstone a affiné son style. Aussi inspiré dans la restitution des ambiances africaines que new-yorkaises, il manie la couleur directe avec l'aisance d'un Hermann. Seul reproche : il a tendance à abuser du flou dans les vues d'ensemble, ce qui rend un peu difficile l'identification des personnages par moment.

Chaos debout à Kinshasa est donc un très bon one-shot qui aurait facilement pu donner lieu à une série de plusieurs albums tant l'intrigue et le contexte dont elle s'inspire sont riches.

Nom série  Ghost money  posté le 18/02/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Au final, Ghost Money s'avère être un bon polar de politique-fiction. Quant à la dimension “thriller d'anticipation”, elle s'efface au fil des albums. Il faut dire que les événements se déroulent au début des années 2020 et que la série a été lancée en 2008, et qu'au moment où paraît le dernier tome, la fiction a eu tendance à être rattrapée par la réalité. Il faut toutefois saluer la clairvoyance de Smolderen.

Je suis heureux d'avoir pu lire cette série dans son intégralité au bout de huit années d'attente. J'ai un peu moins aimé la résolution finale de l'inévitable complot, avec un grand méchant fort prévisible qui roule tout le monde dans la farine. Il faut dire que les barbouzes machiavéliques de l'Oncle Sam ne sont pas d'une grande subtilité malgré leur goût prononcé pour les manœuvres tordues.
Les personnalités des principaux protagonistes et les relations qui les lient m'ont pour leur part souvent laissé perplexe. Petit florilège :
• Une belle et riche héritière qui parcourt la planète en avion suborbital d'un lieu huppé à l'autre se prend d'amitié (?) avec une post-adolescente de la middle class britannique rencontrée au hasard d'une manifestation, peut-être parce qu'elle s'ennuie dans sa vie de pauvre petite fille riche. Il faut dire qu'elle porte un lourd secret : elle ignore d'où lui vient tout ce pognon et ça la tourmente au point que sa vie personnelle est un naufrage… à tel point qu'elle est encore pucelle à presque 27 ans !
• Un beau et riche écrivain arabe, à mi-chemin entre le prédicateur fou et le poète maudit, rencontre la donzelle, par hasard (celui qui fait décidément bien les choses…) et c'est le coup de foudre. C'est presque aussi beau que du Barbara Cartland, mais au moins la jeune multimillionnaire a-t-elle des goûts plus sûrs que les jet-setteuses standards, même ses frasques sont moins pittoresques.
• Un super barbouze sans scrupule sort de sa retraite pour réunir une petite équipe de salopards échappés de l'asile, tous plus dérangés les uns que les autres, ce qui ne les empêche pas de mieux maîtriser les arcanes du renseignement et de la finance internationale que les services officiels de l'Oncle Sam.
• Je passe sur le dictateur mégalomane qui ignore que sa fille mène un train de vie incroyablement dispendieux, ou sur la jeune britannique qui devient peu à peu une aventurière digne de figurer au générique des Expendables ou encore sur le Chinois hémiplégique qui manipule les réseaux informatiques mondiaux depuis sa HLM délabrée…
Bref, quand on creuse un peu, tout ceci est bien souvent capillotracté et l'intrigue emprunte généralement des voies tortueuses pour aller vers sa résolution.
Malgré ces défauts, somme toute inhérents au genre (Smolderen évoque lui-même la « poudre de perlimpinpin à la Robert Ludlum » dans son intéressante postface), l'histoire tient en haleine, et la trame narrative reste claire malgré la complexité des intrigues imbriquées.

Le dessin hyper réaliste de Bertail s'accorde bien à ce genre de récit et il gagne en lisibilité au fil des albums. Ses idées de prouesses architecturales en matière de buildings et de piscines suspendues au centième étage font rêver.

Bref, au-delà des tics scénaristiques qui poussent le scénariste à compliquer son récit d'espionnage, Ghost Money est une bonne série qui ravira les amateurs du genre, sans pour autant entrer dans les annales.
Du scénariste Thierry Smolderen, j'avoue préfèrer le ton plus léger qu'il adopte pour dépeindre notre futur proche dans Convoi - Les Aventures de Karen Springwell, ou encore dans Gipsy.

Nom série  Sept frères  posté le 24/01/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
On connaît la monomanie de Didier Convard. Il adore mettre en scène des récits qui se déroulent dans le milieu des francs-maçons. Depuis Le Triangle Secret, ça vire même un peu à l'obsession ! I.N.R.I, Hertz, Les Gardiens du sang… il a tendance à tourner en boucle.

Dans le cas présent, il livre un scénario qui s'inscrit dans la troisième saison de la collection “Sept”, laquelle impose à divers auteurs la contrainte d'inventer une histoire mettant en scène sept personnages. Au bout de 16 albums, on a vu de tout sous l'estampille “Sept”, du franchement bien au médiocre.
Et les Sept frères de Convard relèvent de la seconde catégorie. La faute en revient surtout à son scénario, bien trop stéréotypé.

L'intrigue tourne autour de sept francs-maçons dont le réseau de résistance tombe en 1943 à cause de la trahison de l'un d'eux. Huit ans plus tard, ils sont mystérieusement convoqués pour faire la lumière sur cette affaire. L'album s'apparente donc à une sorte de whodunit à la Agatha Christie.
Convard se sent d'abord contraint de présenter chacun des sept protagonistes au moment présent de l'intrigue (en 1951), puis dans le passé (en 1943), au moment de son arrestation. Il y met du cœur et essaie d'être original, mais au final, l'exercice est fastidieux et répétitif. Cette longue exposition amène le lecteur à la moitié de l'album sans que l'intrigue n'ait avancé d'un iota.
S'ensuivent alors d'interminables séances de “tenues” maçonniques avant le dénouement, lequel s'avère décevant dans la mesure où le lecteur attentif n'aura eu aucune peine à déceler les grosses ficelles du récit. Au final, il ne reste que quelques peintures de personnages, rendus ternes et peu attachants à cause de la dispersion de l'auteur dans son souci de ne pas focaliser l'intention sur l'un plutôt que sur l'autre, ainsi qu'une évocation du folklore de la franc-maçonnerie, plus grotesque que passionnant.

Au dessin, Boivin s'en tire honorablement, sans que son style ressorte parmi l'honnête production standardisée qui rempli les rayons des libraires.

Bref, ce n'est clairement pas le meilleur album de la collection “Sept” (s'il n'en faut retenir que deux, je conseille Sept Missionnaires et Sept yakuzas), ni la meilleure intrigue policière (choisissez plutôt Sept détectives), ni la meilleure évocation de l'occupation (là, sans hésiter, il faut lire Il était une fois en France)… Il n'en reste pas grand chose quand on l'a refermé, et la franc-maçonnerie ne fait plus rêver quand on soulève le voile de mystère qui pourrait la rendre un peu glamour.

Nom série  Les Princesses Egyptiennes  posté le 22/01/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
L'aventure de ces Princesses égyptiennes recèle de nombreuses surprises.

Tout commence comme un récit d'aventures somme toute assez classique : les deux filles de Pharaon tentent d'échapper à des conspirateurs qui visent leur père, elles trouvent refuge dans la cité royale abandonnée du pharaon “hérétique” Akhenaton, où elle rencontrent un étrange magicien… L'originalité vient alors du cadre historique, celui de l'Égypte antique, populaire, mais – paradoxalement – rarement traité (correctement) en bande dessinée.
Et puis tout s'emballe, surtout dans le second tome, lorsque le récit, dense et érudit, se met à mêler habilement faits historiques et grands mythes de l'humanité : la tentative de réforme monothéiste d'Akhenaton, l'exode biblique, la fin de la civilisation minoenne, la catastrophe de Santorin, les sept plaies d'Égypte… L'auteur manie avec maestria ces récits en les reliant aux croyances égyptiennes, leur conférant une dimension magique aux yeux du commun, tandis que seuls les sages savent que la magie est avant tout la science des coïncidences.

Bien sûr, suivre Igor Baranko et apprécier son talent de conteur exige quelques notions historiques, mais son récit est bien assez fluide pour passionner le lecteur un peu curieux.

Je trouve qu'il manie aussi magistralement le pinceau et la plume. Ses reconstitutions des palais et temples, tant dans les vues d'ensemble que dans les scènes d'intérieurs plus intimistes, sont somptueuses. Il maîtrise aussi parfaitement ses personnages, qu'ils soient princesses graciles ou vieux prêtres à faces de momies. Je suis d'accord avec Ro, il y a de l'Eduardo Risso chez cet auteur, c'est dire son talent d'illustrateur.
Peut-être que ces deux albums gagneraient à être colorisés, mais rien n'est moins sûr, car le noir et blanc de Baranko dégage une grande force.

En somme, je viens de découvrir les princesses égyptiennes à l'occasion d'une promo chez les Humanos (2 albums pour le prix d'un) et c'est une très belle surprise. Voici un auteur complet, qui nous livre une histoire touffue, dans un style très personnel. A suivre, vraiment !

Nom série  L'Étrange Vie de Nobody Owens  posté le 28/12/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Au départ, il y a une idée loufoque, issue de l'imagination fertile du très prolifique Neil Gaiman : et si un orphelin, rescapé d'un massacre, était recueilli par les esprits habitant dans un vieux cimetière ?

C'est ce qui arrive au jeune Nobody Owens. Les morts s'avèrent être des gens très bien qui le protègent des dangers du monde des vivants et font tout pour donner la meilleure éducation à l'enfant.
Dans le premier volume de ce qui est annoncé comme un diptyque, nous voyons grandir le jeune Nobody au travers de cinq chapitres espacés dans le temps, jusqu'à ce qu'il atteigne sa dixième année environ.

Gaiman sait jouer avec les codes du genre tout en les décalant. Les fantômes deviennent bienveillants, les esprits dénués de malice, les sorcières protectrices… Bod ne les craint pas d'ailleurs, car derrière sa naïveté d'enfant, il comprend vite que là n'est pas le danger. Ce sont surtout les vivants qui incarnent le Mal.
Les cinq histoires sont un peu inégales, tant sur le plan du scénario, parfois un peu faible qu'à cause de dessinateurs plus ou moins inspirés. Mais c'est une question de goût… Pour ma part et a contrario des posteurs précédents, j'ai bien aimé le chapitre 5 et sa danse macabre.

Je reprocherais plutôt à ce premier opus une certaine dispersion, car les cinq récits sont trop déconnectés les uns des autres. Et je n'y vois pas encore de trame globale qui expliquerait en quoi cette suite d'aventures et de rencontres fait progresser et grandir l'enfant en prévision de que promet inéluctablement le second volume. Je reste vague pour ne pas déflorer le suspense – surtout qu'il est ténu –, mais l'épilogue (et la couverture dévoilée du tome 2) ne laissent guère de doute.

Je ne suis pas un spécialiste, ni un fanatique, du genre fantastico-gothique à la Tim Burton, mais j'ai davantage accroché à une série comme Courtney Crumrin, plus originale et cohérente, car commise par un seul auteur, “dessinariste” complet.

Pour l'instant, je reste à une note de 3+/5... en attendant la fin.

Après avoir lu le second et dernier tome…
L'intrigue est bouclée ; Gaiman retombe sur ses pattes. C'est propre et efficace, mais la magie et la poésie du premier volume manquent un peu, sauf dans le tout dernier récit, dont j'aime bien le ton nostalgique.
Le diptyque vaut bien son 3+/5.

Nom série  Les chevaliers du ciel Tanguy et Laverdure  posté le 27/12/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Mac Arthur n'avait pas complètement tort lorsqu'il s'inquiétait de la suite du tome 3.

Au bout de trois longues années d'attente, la suite et la fin du diptyque est enfin parue, mais on sent que son accouchement fut difficile ; il n'y a qu'à voir la noria de dessinateurs qui sont crédités sur la page de garde de ce quatrième album. Et tous n'ont pas le talent d'Yvan Fernandez… Quant au scénario, il boucle l'histoire, certes, mais ne peut masquer un certain nombre d'imprécisions et de raccourcis maladroits.

La relance de la série Tanguy et Laverdure, laissée en suspens à la mort de Jean-Michel Charlier avait pourtant bien commencé. J'ai apprécié les deux premiers volumes, qui racontent chacun une histoire complète, dans un contexte historique et une région différents. Le troisième appelait une suite, mais la chute déçoit.

Non que la série soit mauvaise, mais elle manque de punch.
Les caractères stéréotypés des deux personnages – le beau et héroïque Michel Tanguy accompagné de son partenaire faire-valoir gaffeur et fidèle Ernest Laverdure – ont pris un gros coup de vieux depuis leur création en 1961 (c'était en pleine guerre d'Algérie, dans les pages de Pilote...).
Par ailleurs, les histoires de puissances étrangères complotant contre la grandeur de la France sonnaient mieux sous De Gaulle et Pompidou. À la fin des années 1970, Charlier avait d'ailleurs fait démissionner ses héros et réorienté les scénarios vers des aventures moins centrées sur l'honneur de l'armée française et les allusions aux espions de la Guerre froide.

Dans ce reboot de la série, Jean-Claude Laidin construit des récits qui s'inscrivent dans l'actualité, ce que Charlier ne pouvait pas faire pour cause de censure. Mais la trame des scénarios n'a guère évolué et, dans la mise en scène d'intrigues tordues, il est moins bon, et nettement moins prolifique, que le maître.

Les chevaliers du ciel Tanguy et Laverdure sont donc à réserver aux inconditionnels nostalgiques. Je ne crois pas que les plus jeunes y trouvent leur compte, et s'ils veulent découvrir les aventures de Tanguy et Laverdure, je leur conseillerais plutôt de lire quelques récits de la série d'origine (par exemple le diptyque Lieutenant double bang et Baroud sur le désert) pour se faire une idée et voir s'ils accrochent aux scénarios de Charlier.

Nom série  Revanche  posté le 26/12/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Puisqu'il paraît que la France est devenue un pays de droite...
Puisque les seuls héros actuels sont des entrepreneurs faisant prospérer leur start-up...
Puisque les pauvres ne sont que des loosers qui ont mérité leur sort...
Puisqu'il faut bien être réaliste et penser d'abord à soi...
Puisque solidarité et justice sociale ne sont bientôt plus qu'utopies de vieillards radotants…
Puisque les derniers rêveurs s'éteignent alors que Bernard Tapie revient en politique...
Puisque financiers et patrons osent tout sans soulever la colère de ceux qu'ils étrillent...

Voici Revanche, le vengeur des victimes du capitalisme, le Robin des Bois du vingt-et-unième siècle, celui qui ne se trompe pas de cible quand il combat l'injustice !

Complètement improbable, hélas, mais plus drôle qu'Action Directe, il joue les Clark Kent au sein du MEDEF, mais durant sa pause repas, il devient le Superman des laissés-pour-compte. C'est une vraie jubilation de le voir botter le cul des pourris qui profitent de la détresse des autres.

Revanche est une bande dessinée parodique, composée d'histoires courtes, dessinées dans un style mi-réaliste, mi-caricatural. Les auteurs ne se prennent pas au sérieux, mais ne font pas mystère de leurs engagements. Et leurs indignations, même traitées sur le ton de la rigolade, en disent long sur notre société.

Une lecture salutaire, qui donne le moral.

Nom série  Les Vieux Fourneaux  posté le 15/04/2014 (dernière MAJ le 26/12/2015) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Trois vieux papis lancés dans un road movie !

C'est vrai qu'ils sont attachants ces ancêtres, qui refusent de vieillir malgré leurs rhumatismes. Réunis pour un enterrement, les voilà partis pour une course-poursuite en quête de l'éternelle jeunesse.
La pire génération de l'histoire ? Peut-être… N'empêche qu'ils n'ont jamais cessé de se battre, eux ! Pour des causes sociales, puis pour passer le temps et enfin pour le plaisir d'emmerder les cons. “Ceux qui vivent sont ceux qui luttent”, et ce n'est pas la jeune Sophie, enceinte jusqu'aux yeux, qui va les contredire.

Les personnages son drôles et attachants. Les réparties fusent. L'histoire est simple mais passionnante. Lupano réussit encore un joli scénario, tout en tendresse caustique.

Le dessin de Cauuet est très réussi. Il a déjà travaillé avec Lupano sur L'Honneur des Tzarom et adopte cette fois un style plus caricatural, qui colle merveilleusement au sujet.

J'ai jubilé en accompagnant Les vieux fourneaux dans leur périple et j'espère qu'ils reviendront bientôt pour de nouvelles aventures. La fin ouverte promet un bel avenir à ces nouveaux héros.

•••••• 3 albums et j'apprécie toujours autant les trois papys ••••••

Je lis que certains posteurs font la fine bouche : « pas original », « convenu », « sans surprise »… Je vous trouve bien sévères mes amis, alors je reprends la plume (enfin le clavier) pour les défendre.

Peut-être que le thème des ancêtres turbulents n'est pas neuf ; c'est vrai que ceux-ci rappellent nombre d'œuvres antérieures comme Les Vieux de la Vieille (les anars de René Fallet plutôt que les cabotins d'Audiard et Grangier), ou encore La Vieille de Patrick Font.
Les pépés indignes sont des figures littéraires récurrentes, et alors ?

Ces Vieux fourneaux ne font pas exception au genre, mais quel plaisir de les voir évoluer ! Par leurs facéties, si absurdes soient-elles, ils ressuscitent un univers à la Brassens et ça me fait chaud au cœur. Parce qu'en ces temps de repli individualiste et de politiquement correct, ça fait foutrement plaisir de contempler ces dinosaures gauchistes semer le désordre dans la bonne humeur. Qui ose encore s'en prendre aux travers d'une société qui s'auto-satisfait de sa perversité tout en la déplorant ? Qui à part des Pierrot, Antoine, Mimile et Mamie Fanfan ? Il y a bien Revanche dans un genre un peu différent, mais on ne peut pas dire que l'esprit gauchiste fasse florès de nos jours. Il faut de vieux farceurs au bord de la tombe pour nous offrir la vision jubilatoire et optimiste d'un avenir possiblement radieux.

Et il est faux de dire qu'ils sont enferrés dans leurs certitudes et leurs dogmes passéistes. Au fil des albums Lupano a l'intelligence de les bousculer, de les mettre face à leurs contradictions, de les prendre en faute, de raviver leurs regrets, de les amener à doute d'eux-mêmes. Des caricatures, sans doute, mais plus humaines que bien des vivants !

Longue vie aux Vieux Fourneaux et à leurs aventures salutaires !

Nom série  Attaques répertoriées  posté le 21/12/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Dans cet album, les auteurs cherchent à donner une profondeur historique au mythe des zombies. Il s'attachent donc à montrer qu'homo sapiens a toujours été confronté à ces créatures.

Chacun des récits relate avec une précision qui se veut scientifique – mais n'est guère que journalistique – une attaque de zombie répertoriée en un lieu précis et à un moment de l'histoire. Aucun n'est vraiment palpitant, car chacun va trop vite pour que les personnages acquièrent la moindre once de profondeur.
En gros, à chaque fois, ils sont confrontés aux morts-vivants, ils les exterminent et s'en tirent, ou sont zombifiés à leur tour, puis on passe à l'épisode suivant. Rien de bien intéressant.

C'est là que je me rends compte que les zombies sont carrément chiants, et qu'en tant que monstres, si on a le malheur de les prendre au sérieux, ils n'ont pas grand chose d'attractif.
J'ai bien réussi à sourire en lisant l'intégrale de Jerry Frissen regroupant Les Zombies qui ont mangé le monde et Z comme zombies. Je suis aussi parvenu à m'intéresser à Walking Dead, même si je trouve que la série tire en longueur et que j'aimerais bien que les auteurs sachent y mettre un terme. Et d'ailleurs, cette dans cette série, ce sont les tribulations des vivants qui constituent le cœur de l'histoire ; les zombies ne sont finalement qu'une menace diffuse pesant sur eux et servant de moteur à leurs comportements. C'est un peu pareil dans Crossed, sauf que l'outrance des “croisés” est nettement plus drôle…

Bref, les zombies version Max Brooks ne me convainquent pas ! En fait, l'adaptation cinématographique de son World War Z m'avait déjà fait bailler par sa vacuité en-dehors des quelques scènes d'action spectaculaires…

Le dessinateur Ibraim Roberson n'est pas mauvais dans le gore, même si les dessins en niveau de gris et les cadrages n'aident pas à rendre l'ensemble très lisible. Il ne se foule pas non plus, dans la plupart des cases (hormis celles qui ouvrent chaque chapitre), pour travailler les décors.

Attaques répertoriées est donc à réserver aux inconditionnels des zombies.
En même temps, il vient de sortir en poche et ne vaut que 5,30€… Il est également possible de le lire dans les rayons du supermarché, ça ne prend pas si longtemps…

Nom série  Le Maître d'armes  posté le 20/12/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
On frise la perfection…

Bien sûr, dans son scénario, Xavier Dorison joue une partition bien connue : la confrontation entre l'ancien et le moderne, le choc entre ceux qui agissent pour l'honneur et ceux que rien ne motive que leur intérêt, une course poursuite haletante autour d'une Bible en langue vulgaire… Ces ficelles scénaristiques ont si souvent servi qu'elles pourraient être définitivement émoussées.
Mais Dorison est un maître ; à l’instar de son héros, il garde le sens de l'aventure. Alors pourquoi changer une recette gagnante alors qu'il suffit de faire un petit pas de côté pour en raviver le piquant ? Il réussit donc le tour de force de réactiver une trame classique dans une histoire impeccablement rythmée, qui suit un fil implacable de la première à la dernière planche de cet excellent one-shot.
Les personnages, tout en conservant le rôle stéréotypé que leur assigne l'auteur, offrent tous une complexité et une profondeur inattendues ; même les second rôles ont une densité qui les rend humains (ou inhumains, c'est selon). Les rebondissements sont certes attendus, mais rien ne se déroule exactement comme prévu et chaque séquence parvient malgré tout à étonner le lecteur ravi. Quant au manuscrit de la Bible traduite en français, il s'avère être bien plus qu'un MacGuffin
L'autre coup de génie est d'avoir situé le récit à une époque qui n'a été que rarement traitée en bandes dessinées. Le début du XVIe siècle est pourtant fascinant : la Renaissance, l'esprit humaniste, la Réforme, les prémices des guerres de religion offrent un cadre passionnant. Autre originalité : alors que la peinture de cette époque privilégie d'habitude les milieux urbains, l'action du Maître d'Armes se déroule dans les montagnes reculées du Sud Jura, entre des falaises enneigées et des forêts inquiétantes.

Aux pinceaux, Joël Parnotte apporte à l'album ce qu'il faut de réalisme, avec un sens très maîtrisé des ambiances, du mouvement dans les combats et des cadrages. J'ai aimé ses premières œuvres, Hong Kong Triad, Les Aquanautes et Un Pas vers les Etoiles, puis je l'ai perdu de vue durant quelques années, puisque je suis passé à côté de la série Le Sang des Porphyre. Et là, je redécouvre un auteur qui a beaucoup gagné en assurance, dont le talent explose.

À mon sens, Le Maître d'Armes est un des meilleurs albums paru cette année, qui fut pourtant un bon millésime. Du très grand art, vraiment.

Nom série  Sykes  posté le 22/11/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Avec Sykes, Pierre Dubois nous offre un grand western.

C'est un western avec un vrai marshall en guise de héros viril (ça change des croque-morts très en vogue par les temps qui courent…). Bon, d'accord, le coup du vieux shérif qui poursuit envers et contre tout sa croisade contre le crime n'est pas neuf ; cette histoire-là, Hollywood nous l'a déjà servie à de nombreuses reprises.
Sykes est un dinosaure, un de l'ancienne école, celle du temps d'avant que la loi et les juges n'investissent l'Ouest sauvage, quand les marshalls combattaient le crime par des méthodes aussi expéditives et peu reluisantes que celles des criminels qu'ils étaient chargés de neutraliser, ceux qui n'hésitaient pas à tirer dans le dos ou ou à dynamiter sans discernement. Il me fait irrésistiblement penser au personnage de Virgil Cole dans Apaloosa et plus encore au marshall borgne dans True Grit ; d'ailleurs Dimitri Armand lui donne des allures de Rooster Cogburn (en plus élégant), et Dubois ne manque pas l'occasion de railler la nouvelle génération de cow-boys, celle du western spaghetti, quand l'adjoint de Sykes explique l'évolution du métier : « à côté de la relève, on a encore de beaux restes. Faut dire que la tendance est maintenant au bizarre. Entre ceux qui trimbalent une mitrailleuse dans un cercueil, ou te flinguent à coup d'harmonica… ».

Sykes se retrouve avec un môme dans les pattes. Sa mère a été tuée par une bande de hors-la-loi sanguinaires. Le gamin identifie le marshall à ces héros sans peur dont les aventures fantaisistes parsèment les magazines illustrés. Alors, il colle aux basques de Sykes et découvre qu'il y a un fossé entre la littérature et la réalité. Le vieux baroudeur et le jeune naïf… encore une histoire que d'autres westerns ont mis en musique (voir par exemple le beau Chiens de prairie de Foerster et Berthet). Mais Dubois est un conteur, alors il sait nous accrocher jusqu'au bout des 75 planches.

Et il y a le dessin de Dimitri Armand, très juste, qui varie les ambiances classiques et ose quelques innovations bienvenues (la mort du dénommé Rocky, page 20). À quelques jours d'intervalle, il publie ce bel album dans la prestigieuse collection “Signé” et le premier volume de Bob Morane Renaissance, bel exploit. Je découvre deux facettes impressionnantes de l'œuvre de ce jeune dessinateur, dont j'espère qu'il continuera à mettre son crayon au service d'aussi bons scénaristes.

En somme, Sykes est un western crépusculaire, un de ceux qui marque la fin des grands westerns hollywoodiens, pleins de certitudes et de bons sentiments, en décrivant un Far-West boueux, peuplé d'individus bestiaux, vicieux et violents qui prennent un malin plaisir à abuser des faibles et ne peuvent être guéris que par le plomb chaud. Au niveau de l'ambiance, on est plus proche d'Impitoyable que de Rio Bravo. Pour parler de bandes dessinées, disons qu'on est du côté du Bouncer, de L'Etoile du Désert ou de Sans Pardon plutôt que chez Comanche ou Jerry Spring.

En résumé, voici un bel album, qui plaira autant aux inconditionnels du western classique qu'à un public plus exigent qui attend des histoires plus matures.

Nom série  OSS 117  posté le 08/11/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
La reprise est à la mode. Ce n'est pas toujours très opportun…

OSS 117, agent secret en 1949, a fait l'objet de près de plus de 250 romans écrits par Jean Bruce, le créateur de la série, puis par sa femme Josette, puis par ses enfants. Cette série n'a jamais nié son statut de romans de gare, sans autre prétention que de divertir les lecteurs sans leur filer la migraine, ce qui ne l'a pas empêchée, suite à son immense succès, d'être adaptée au cinéma, à la radio, au théâtre ou en BD.

Puis le public s'est lassé et durant quelques décennies, elle a été oubliée, avant que Michel Hazanavicius ne ressuscite le personnage sous les traits de Jean Dujardin.
Ses deux films sont des chefs-d'œuvre parce que, contrairement à leurs modèles des années 1960, ils se placent résolument sur le plan de la parodie des récits d'espionnage de la Guerre froide. En grossissant le trait, ils dépeignent une époque où les réalisateurs de films d'action n'avaient pas le souci de la vraisemblance ni de la subtilité. Du coup, OSS 117, sorte de James Bond à la française, devient la quintessence du franchouillard agaçant et sympathique, du baroudeur jamais dépeigné ni essoufflé et du détective qui résout les énigmes grâce à une suite de hasards miraculeux. Et c'est par le rire qu'OSS 117 a connu une seconde jeunesse en 2006-2009.

Or dans la présente version d'OSS 117, on cherche vainement cet humour qui rendrait supportable l'arrogant bellâtre tombeur de ces dames, le triomphateur élégant des espions bolchéviques, l'esprit subtil qui déjoue les complots les plus sophistiqués en remarquant les plus infimes erreurs de l'ennemi…
On sent bien une vague envie des auteurs d’amener l'histoire vers la comédie, mais ce n'est qu'un frémissement, qui tombe à plat. Au final, on reste dans le premier degré, et l'histoire s'avère convenue et ennuyeuse.

Attention, tout cela est très bien réalisé ! Mais ça ne fait qu'accentuer l'impression de ratage qui me vient à lecture de cet album.
Gihef est un scénariste confirmé, qui sait donner du rythme à son récit. Tout y est, le héros intrépide et subtil, les femmes fatales, le comparse maladroit, le méchant sadique, les agents doubles, et même un luchador, puisque l'action se passe à Mexico.
De son côté, Pino Rinaldi a un joli dessin réaliste, avec juste ce qu'il faut de caricatural dans les visages (il me rappelle un peu celui de Michel Durand dans Cliff Burton). La couverture est très réussie dans le genre affiche de cinéma d'aventure.
Et malgré tout, la mayonnaise ne prend pas. Tout est si téléphoné et superficiel qu'on a l'impression d'avoir déjà lu l'album. Plusieurs fois même…

Ce nouvel OSS 117 ne me convainc pas. Je ne lirai sans doute pas la suite.

Nom série  Bob Morane Renaissance  posté le 08/11/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Une surprise… d'autant plus agréable qu'elle était inattendue.

Franchement, qui aurait parié un kopeck sur Bob Morane ? Après plus de 200 romans, le héros balourd et ringard créé par Henri Vernes pour les préadolescents d'après guerre ne faisait plus rêver personne depuis longtemps.
Il y a déjà 30 ans que le Bob Marone de Yann et Conrad avait résumé le ridicule de ces histoires mal fagotées et bourrées de clichés… Depuis, et malgré tout le talent des dessinateurs et scénaristes qui ont travaillé pour adapter 85 (!) de ces récits en bandes dessinées, le personnage de l'éternel aventurier avait sombré depuis longtemps dans la médiocrité.

Et voilà que les éditions du Lombard relancent la franchise. Une opération commerciale visiblement… On a vraiment échappé au pire, puisque Christophe Bec, un moment pressenti pour reprendre le projet, a finalement été écarté. Quand on voit quel scénario grotesque il avait prévu – il a été publié en 2013-2014 sous le titre Lancaster, l'une des plus mauvaises séries que j'aie lue ces dernières années –, j'en tremble rétrospectivement.
Et ce sont finalement les excellents Luc Brunschwig (dont j'adore le travail depuis ses premiers albums) et Aurélien Ducoudray (dont j'avais apprécié le travail sur Clichés de Bosnie et surtout sur Amère Russie) qui s'y sont collés. Malgré ces deux signatures prestigieuses, j'avoue que ce sont les critiques enthousiastes publiées sur BDTheque qui m'ont convaincu de donner une dernière chance à « l'aventurier-contre-tout-guerrier » [Ça veut dire quoi au juste ? Non, mais franchement… Même quand on le met en musique, on a envie de devenir sourd tellement c'est con.]… Et là, chapeau !

Je fais mon mea culpa. Ce Bob Morane Renaissance est bon, très bon même.
La contrainte est toujours forte quand il s'agit de reprendre les rênes d'un univers rebattu, mais les deux scénaristes ont négocié ce handicap comme des chefs. Ce scénario est original, actualisé et aussi fin qu'on puisse l'être en mettant en scène un personnage de redresseur de torts sans peur en 2015. On y évoque les problèmes de démocratie et de gouvernance en Afrique, le néocolonialisme des firmes transnationales européennes et chinoises, le rôle ambigu de l'ONU et des ONG… Par ailleurs, il est intéressant de constater que, pour une fois, les Africains ne sont pas traités comme des simples d'esprits à peine sortis de la préhistoire. Sortirait-on enfin de la vision postcoloniale à ras de terre ? [oui, Spooky, je suis ton regard, mais 1,60 m, je trouve que c'est encore un peu élevé…]
Je ne connaissais pas le dessinateur Dimitri Armand, mais il s'adapte bien à la série, dans un style très réaliste et moderne, sans chercher à copier le style de la série d'origine, mais sans la trahir.

L'histoire amorcée dans ce premier tome appelle une suite, que j'achèterai avec enthousiasme cette fois-ci.

Nom série  Bagdad Inc.  posté le 30/09/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Bagdad Inc. inaugure la nouvelle collection « Troisième vague / One-shot » des éditions du Lombard. C'est-à-dire que l'album reste dans la thématique du thriller de politique-fiction, comme dans les autres titres estampillés « Troisième vague », mais que le lecteur n'a plus à attendre la suite, puisque l'histoire est close en un seul tome. Excellente idée ! Car pour ma part, je commence sérieusement à me lasser de ces séries à rallonge, I.R.$., Alpha et autres Niklos Koda, qui ont du mal à se renouveler et sombrent peu à peu dans la monotonie.

C'est Stephen Desberg, scénariste habitué du genre, qui s'y colle et met en scène une histoire de tueur en série dans un contexte de guerre civile.
En 2004, un an après que les Américains aient “libéré” l'Irak, Bagdad est en proie à un chaos généralisé. C'est dans cette ville secouée par les explosions des roquettes et des attentats suicides qu'un malade se met à massacrer ignoblement des civils, laissant leurs corps mutilés et couverts d'insanités racistes. Craignant que cela n'envenime encore davantage la situation, les autorités d'occupation chargent une jeune juriste, flanquée d'un tueur taciturne de mettre fin au problème.
Desberg construit une histoire rythmée et cohérente. Ce n'est pas le scénario le plus inoubliable qui soit, et l'enquête avance de manière peu réaliste, mais l'album tient ses promesses et fait passer un bon moment de détente.

Le dessin de Thomas Legrain, très réaliste, est exactement ce que l'on attend dans ce genre de récit. Rien à en dire de particulier. Propre mais sans originalité.

Le plus intéressant dans cette œuvre est le regard désabusé que les protagonistes, mercenaires, affairistes, politiciens et profiteurs de guerre, portent sur cette guerre inutile.
La jeune héroïne semble à côté de la réalité quand elle essaie d'arrêter un meurtrier alors que l'Irak s'écroule autour d'elle et que l'on détruit des immeubles à coup de missiles, mais son opiniâtreté à rendre justice aux victimes est touchante. Cet entêtement surréaliste à poursuivre un unique criminel alors que des massacres de masse se déroulent n'est pas sans rappeler celui du flic joué par Omar Sharif dans La nuit des généraux d'Anatole Litvak. Toujours est-il qu'elle joue aussi les candides dans un récit qui vise surtout à dénoncer l'absurdité d'une guerre provoquée par des intérêts mercantiles.
Desberg est plutôt convaincant sur ce point et sa postface résume lucidement les enjeux de la “seconde” Guerre du Golfe.

En somme, Bagdad Inc. est un honnête thriller qui se déroule dans un contexte historique contemporain bien restitué. S'il ne marque pas les mémoires de manière indélébile, il remplit efficacement son rôle de divertissement.
Ce n'est déjà pas si mal… je lui donne un bon 3,5/5.

Nom série  Une année au lycée  posté le 23/04/2014 (dernière MAJ le 28/09/2015) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Une année au lycée, sous-titré “Guide de survie en milieu lycéen” réussit l'exploit d'être un témoignage drôle et juste à la fois.

L'auteur, Fabrice Erre est un être hybride qui exerce les fonctions de professeur d'Histoire-Géographie tout en étant dessinateur de bandes dessinées. Une sorte de Docteur Jekyll et Mister Hyde… et vice-versa.
Il nous a déjà livré quelques albums en solo (Démonax et Le Roux) et les deux volumes franchement marrants de Z comme don Diego avec Fabcaro au scénario.
Ici, il s'attache à nous relater son expérience quotidienne de prof d'histoire-géographie et c'est une vraie réussite !

Je vous en parle en tant que collègue de l'auteur : mêmes si certaines anecdotes ou situations peuvent vous paraître outrées voire impossibles, je vous l'assure, tout est vrai là-dedans !
Des phases d'exaltation de l'enseignant porté par sa mission sacrée découragées par l'apathie et la paresse des potaches aux envolées surréalistes de l'adolescent décérébré qui essaie de disserter en réunissant les rares bribes désordonnées de souvenirs fumeux, en passant par l'angoisse existentielle du professionnel confronté aux limites de son savoir supposé encyclopédique, rien de ce qui figure dans ce recueil de gags n'a été inventé. Tous les professeurs sont confrontés à ces situations qui les poussent parfois au limites du découragement, jusqu'à sombrer par moments dans un profond découragement qui les pousse à l'aquoibonisme (voir le gag intitulé “bulletins” et vous comprendrez).

Le génie de Patrice Erre, c'est qu'il utilise toute cette matière pour réaliser un album extrêmement drôle, fait de courtes histoires, ou de gags en une planche (“neige” page 91, génialement observé !). Même s'il évoque une « réalité fictionnalisée », ici, tout est vrai, et à peine exagéré, c'est pour cela que l'humour fait mouche. Rien à voir avec l'humour patapouf à la Claude Zidi d'une série comme Les Profs.
Côté graphique, ce n'est pas forcément ce que je préfère. C'est du dessin d'humour, très caricatural, simple, avec des décors minimalistes. L'école Fluide Glacial… (Mais on trouve dans cette revue des auteurs qui travaillent beaucoup plus salement, sans pour autant parvenir à être drôles.) Le traitement des personnages par Patrice Erre me rappelle un peu celui de Clarke, dans la bonne période, quand il dessinait ses Histoires à lunettes (Durant les travaux, l'exposition continue...) ; il y a pire comme comparaison ! En somme, le dessin de Patrice Erre colle bien au style et au sujet.

J'ai beaucoup ri à la lecture de ce one-shot et dès que je rentre de vacances, j'en fais profiter mes collègues. Certains sont rétifs à la bande dessinée (beaucoup pensent encore qu'un prof, ça doit lire des livres sans images), mais je crois que je tiens le moyen de les convertir… Je pense que cet album séduira aussi un lectorat très large.

Après lecture du tome 2…

J'avais adoré le premier volume, c'est donc avidement que je me suis rué sur ce second tome d'Une année au lycée. Eh bien, franchement, cette deuxième saison ne s'imposait pas !

Le soufflé retombe carrément… La fraîcheur et l'originalité du tome 1 cèdent la place à une série de gags répétitifs. Oh, bien sûr, on se bidonne toujours par moments, mais les idées vraiment drôles sont cantonnées dans les gags en une case. C'est du dessin de presse plus que de la BD.

Dommage, mais honnêtement l'achat du tome 2 n'est pas obligatoire. Non pas qu'il soit mauvais, mais parce qu'il est à la limite de faire chuter la note de ce qui n'aurait jamais dû devenir une série…
Il suffit d'ailleurs d'en consulter les meilleurs feuilles sur Internet.

Car Fabrice Erre alimente un blog dans lequel il publie très régulièrement ces planches, et je crois que cette régularité nuit à son efficacité comique. Il devrait prendre le temps de se renouveler s'il compte réaliser d'autres chroniques annuelles de son expérience au lycée.

Nom série  Sept Nains  posté le 28/09/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Du travail honnête, mais finalement sans grande surprise…
J'attendais sans doute trop de Wilfrid Lupano, qui nous a tellement habitué à mieux que sa signature suscite des attentes qu'il ne peut pas toutes combler, forcément…

Parodier les contes de fées n'est pas une idée très nouvelle, la référence absolue et géniale étant à mon sens à chercher du côté de Garulfo.
La relecture de Blanche Neige par Lupano répond aux poncifs du genre, elle se veut irrévérencieuse et loufoque, mais ne parvient pas à susciter autre chose que quelques sourires. Ça manque d'imagination et de réelle fantaisie.
Le scénario se tient, bien sûr (c'est du Lupano tout de même), mais ne laisse finalement pas une impression impérissable.

Le dessin n'est pas mauvais, mais il lui manque ce petit plus qui provoque l’hilarité. Les nains ne sont pas assez distincts, ni assez grotesques. Roberto Ali aurait dû forcer le trait (qu'il a d'ailleurs un peu trop épais pour un album de ce format) pour amplifier le propos du scénariste. J'aurais préféré quelque chose dans le style Gotlib ou Maëster, histoire d'accentuer les caractères mesquins, capricieux et/ou libidineux de la galerie de personnages.

Ce n'est pas facile d'être drôle, je suis déçu par ces Sept Nains. Peut-être que Lupano aurait gagné à aborder son sujet comme une tragédie, registre dans lequel il excelle souvent.
Mais pour apprécier sa verve comique, je conseille plutôt l'excellent Traquemage, paru deux semaines plus tôt.

Nom série  Comment faire fortune en juin 40  posté le 28/09/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Du tout bon !
Un récit d'aventures viril qui ne se pose pas trop de questions, avec ce qu'il faut de rebondissement et de drames, accompagnés d'une note d'humour à la Audiard, mais sans jamais sombrer dans la référence pesante…

Du côté des influences cinématographiques, on dépasse Les Morfalous ; je trouve que cette histoire se hisse au niveau de films comme Cent mille dollars au soleil ou encore De l'or pour les braves. Un histoire de mecs virils, pas finauds, souvent cyniques, mais au grand cœur. C'est vrai que j'aurais bien vu Bébel, Lino Ventura et Blier dans ces rôles-là.
Pas très sérieux, finalement ; les scénaristes ont fidèlement restitué l'esprit de Pierre Siniac, auteur prolifique de la célèbre "Série noire". La dimension comique que l'on devine en filigrane sous le récit balaie le tragique des situations, et c'est très bien comme ça.
Nury et Dorison s'amusent et c'est un plaisir de suivre leur équipe de bras cassés dans cette course-poursuite haletante. Bonne idée aussi de livrer un one-shot de 112 planches, un travail complet et abouti.

Le dessin d'Astier, assez réaliste pour que l'on croie à ce récit rocambolesque, mais avec juste ce qu'il faut de caricature pour qu'on ne le prenne pas totalement au sérieux, contribue à cette belle réussite.

En somme, Comment faire fortune en juin 40 est la meilleure surprise de la rentrée.

Nom série  Une Aventure de Jacques Gipar  posté le 16/09/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Mac Arthur a parfaitement résumé les atouts et les limites de cette série.

Effectivement, les auteurs s'inspirent fortement de Gil Jourdan et font un gros effort pour restituer l'ambiance, les décors, les costumes et jusqu'aux idiomatismes des années 1950.
Comme chez Tillieux, on sent chez eux une vraie passion pour l'automobile, les poursuites endiablées et les accidents spectaculaires. Notons tout de même que, pour sa part, Tillieux vivait dans les années 1950 et qu'il dessinait des voitures modernes dans un univers qui lui était contemporain.
Néanmoins, les auteurs atteignent leur but et la nostalgie fonctionne.

Mais la série pêche, sur deux points.

• D'abord au niveau des scénarios…
Le coup du journaliste-enquêteur plus malin que toutes les polices n'est pas neuf, mais je n'ai rien contre. En revanche, Jacques Gipar a davantage de chance que de talent ou de jugeote. S'il a comme capacité principale de conduire comme un pilote de rallye, il n'est ni Jules Maigret, ni Lemmy Caution et la manière dont il dénoue les intrigues est rarement convaincante. D'une façon générale, les personnages manquent tous de charisme et de profondeur.
Par ailleurs, les dialogues sont plats et tirent souvent à la ligne. Exemple : Gipar arrive à l'hôtel à Saulieu (!), dialogue avec la réceptionniste : « – Bonjour mademoiselle, vous avez une chambre ? – Bonjour Monsieur, bien sûr… Voilà. Ici, vous serez très bien ! – Merci Mademoiselle ! – Ho ! Appelez-moi Julie – Bien ! Merci…, Julie ! »… Hormis le fait que Gipar drague avec la finesse d'un VRP, c'est de la littérature de CM2 ; on est loin d'Audiard !
Autre problème, l'humour est effectivement aux abonnés absents… C'est fort ennuyeux pour une série qui lorgne vers les classiques de la BD franco-belge.

• Venons-en au dessin…
Pas mauvais, dans le sens où les personnages sont correctement croqués (même s'ils ont un peu tous la même tête inexpressive et qu'on ne les identifie pas spontanément à cause de leur absence de personnalité). L'auteur est bon en ce qui concerne les véhicules (c'est d'ailleurs l'argument n°1 des éditions Paquet et de leur collection “Calandre”), mais ils semblent souvent flotter dans le décor.
Quand aux décors, justement, leur rendu est très variable. Peu de plans larges, sauf quand il s'agit de montrer que la série est bien documentée (photos d'époque à l'appui à la fin des albums), le reste du temps, on cadre serré, on limite les détails.
Le rendu général manque donc de finesse, comme si les planches étaient prévues pour une publication en petit format et qu'on les avait trop agrandies pour produire les albums.

Pour résumer, au bout de six albums, la série n'a pas vraiment trouvé un rythme de croisière (ou alors c'est une croisière en barque), pire, elle s’essouffle.
Comparer Les aventures de Jacques Gipar à Gil Jourdan, c'est mettre sur le même plan Le Deuxième Souffle (la version d'origine de Jean-Pierre Melville de 1966, pas le remake merdique de 2007 !) et un épisode de Louis la Brocante.

Une série d'albums réalisés consciencieusement et pas plus mauvais que bien d'autres, certes, mais qui n'ont pas grand chose pour sortir du lot. Je leur donne un (petit) trois étoiles.
Mais je n'en conseille pas l'achat, sauf aux nostalgiques inconditionnels des Simca.

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