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... a posté 415 avis et 47 séries (Note moyenne: 3.29)

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Nom série  Bad Ass  posté le 28/01/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Putain de bordel de merde, qu’est-ce que c’est bon !

Mes propos vous paraissent vulgaires et déplacés ? Mais ils le sont et j’en assume complètement la responsabilité parce que c’est exactement le genre d’exclamation que j’aurais aimé faire plus souvent à la lecture de ce titre aussi décomplexé que fun !

Bad Ass c’est tout d’abord la création d’un nouveau label chez Delcourt qui envisage de créer du comics avec supers slips et collants 100% français. Pas de méprise ici, il ne s’agit pas de singer ce que nos lointains cousins d’outre Atlantique répètent inlassablement avec Batman et les X-Men mais de prouver s’il en était encore besoin que les auteurs ont digéré et assimilé suffisamment de références et d’expérience pour nous apporter leurs propres visions et délires à partager.

Et là on frise le coup de maître absolu pour un premier coup d’essai… Il faut dire que l’on est immédiatement pris dans le train en marche et que le rythme ne redescendra jamais tout au long de ces pages mettant en scène Dead End, un mystérieux super vilain aux pouvoirs mal définis au cynisme aiguisé et se jouant de toutes les situations…

Pourtant tout n’a pas été si rose pour ce playboy insolent qui se joue de ses anciens comparses par une pichenette digne d’un Trondheim pour envoyer sa Lucky Strike allumée comme le Tireur des Marvel comme une arme absolue avec un effet comique des plus rafraichissants. En effet ses « origines » nous sont relatés par une succession de flash backs percutants insérés régulièrement dans la ligne narrative sans que jamais le lecteur ne perde le fil de la trame principale.

Trame principale qui reste effectivement bien mince mais qui peut rappeler par bien des égards les déambulations d’un Preacher ou du héro de Wanted sans prises de têtes. Ici on va droit à l’essentiel sans oublier les nuances comme dans une attraction foraine.

Ce qui me semble tellement déplacé dans les bds dites pour ados est complètement mis de côté et si on garde une harmonie potache ce n’est pas non plus pour tomber dans les travers de la vulgarité ou de la facilité car les dialogues échangés sont souvent percutants et vraiment drôles ! Qu’il s’agisse de projectiles divers ou des réflexions de la « dead-mobile » et de tous ces héros qui font furieusement penser à d’autres tout en gardant leur identité propre, Bad Ass amène de l’eau au moulin en recréant un univers crédible sous un regard amusé en évitant le blabla et la scatologie récurrente d’un « The Boys » qui prend un sacré coup de vieux sans le vouloir.

La série est prévue en 4 tomes et il m’est impossible de savoir si toute cette fraicheur et ce plaisir seront renouvelés mais quelque part on s’en fout car ce premier tome peut se lire tel quel et il ne faut pas surtout pas se priver d’un truc aussi réjouissant que cette œuvre immédiatement accessible !!! DC Comics et Marvel, tremblez car Comics Fabric arrive pour vous foutre un magistral pied dans le cul ! Cocorico !

Nom série  The Boys  posté le 22/08/2012 (dernière MAJ le 22/01/2013) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je ne vais pas me mentir, un bon gros récit trash et vulgaire de temps en temps, ça m’éclate. Voir des situations absurdes, complètement décalées et vulgaires avec une bonne pincée de sexe et/ou de gore a quelque chose de diablement exaltant pour l’ado attardé que je prétends être et rester.

Je pourrais même prétendre que plus mes artères se bouchent avec l’âge et le tabac, plus je recherche ce genre de lecture décomplexée.

N’en déplaisent à mon entourage et libraires, il va sans dire que Preacher de Garth Ennis était devenue mon arme de prédilection dans ce genre si cloisonné, le récit irrévencieux au possible, l’utilisation de la religion comme un blasphème permanent et un coup de pied bien placé dans tout ce qui peut déranger dans nos sociétés se voulant si « propres » pour en devenir une œuvre culte avec l’amitié et l’amour en point d’orgue.

Soit une belle démonstration que la plus belle fleur peut pousser sur un tas d’ordures… Si, si j’insiste, lisez Preacher pour une expérience unique

Depuis ce succès et quelques autres, Garth Ennis fait le pari de proposer selon ses propres termes une nouvelle série « out-Preacher than Preacher » ce qui pourrait se traduire par un sobre « Plus Preacher que Preacher » faisant référence à l’humour décalé, l’hyper violence et les situations sexuelles équivoques.

Au vu de ce qu’il a déjà osé publier, on ne peut pas être plus averti donc c’est avec un sourire sadique clairement non dissimulé que je me décida enfin d’entamer ce gros run sur une bande d’agents complètement timbrés censés surveiller et botter le cul des super-héros lubriques.

Et bien oui ma bonne dame, car une fois rangé la cape et le masque, à quoi pensent donc tous ces super héros dès que la caméra s’éloigne de leur destinées ? Et bien à se défoncer la gueule comme de gros junkies ou à enfiler tout ce qui bouge et rassasier leurs pulsions sexuelles avec les facilités de leurs conditions surnaturelles !

Difficile de faire plus explicite avec cette équipe de bras cassés destinés à nous arracher quelques sourires génés et finalement assez libérateurs car tout comme Preacher, il faut le voir pour y croire !

Rien d’étonnant dès lors que DC Comics abandonne la série dès les premiers numéros au profit d’un plus petit éditeur bien content de tirer les marrons du feu à son tour !

Seul hic, Garth Ennis a peut-être voulu voir grand, très grand en proposant une série pas encore achevée mais aux ambitions plus démesurées que son chef d’œuvre Preacher auquel The Boys fait forcément écho à chaque page.

Avec son pitch improbable, The Boys annonce clairement la couleur dès le départ : vouloir choquer l’amateur de Marvelleries ou de Batmaneries quitte à en perdre un peu de souffle et de rythme sur la longueur car oui The Boys c’est long, c’est même très très long !

Si on rigole comme un tordu dès les premières pages, ce serait de mentir tel un judas que de préciser que l’intérêt reste constant au fil des multiples petits épisodes qui se succèdent.

Heureusement tout ce recyclage a quand même du bon comme une longue série télévisée car la lecture est facile malgré de longues lignes de dialogue mais il faut prendre son temps et savoir apprécier par petites doses ou arc.

Le trait de Robertson est plutôt intéressant à plus d'un titre avec beaucoup d’encrage et de détails tout en sachant ménager aussi bien les nombreuses scènes d’action que d’humour car on rigole quand même pas mal avec cette équipe complètement atypique.

Sans compter ces superhéros bien plus répugnants que leur statut ne laisse à supposer. C'est d'ailleurs assez marrant de voir les nombreuses références à d'autres personnages fictionnels... ou pas !

De nombreux arcs détaillent les origines de chaque personnage principal mais Ennis a su montrer qu’il ne perdait pas le fil et arrive toujours tel un équilibriste surdoué à raccrocher tous les wagons ensemble.

Cet amateur de démonstrations de violence a choisi d’ériger le mauvais gout à tous les étages sans égaler selon moi son œuvre de référence.

Une fois l’effet de surprise passée, il manque un petit supplément d’âme pour emporter l’adhésion totale et je me suis même posé la question de savoir si je n’étais pas blasé de toutes ces irrévérences.

Malgré tout, on passe un excellent moment en compagnie de ces Boys et je commence à comprendre suffisamment les techniques du bonhomme pour savoir qu’il va conclure de façon honorable son bébé (dont la publication aux USA approche de la fin).

Sans être aussi indispensable que Preacher (mais combien de fois en aurais-je donc parlé dans cet avis ?), The Boys mérite bien d’être connu et reconnu et de se faire une place au soleil afin d’y pourrir bien sagement parmi votre collection de Martine

EDIT après avoir lu les 7 premiers chapitres :

Je descends ma note d’un point car je n’ai pas reconnu le même plaisir de lecture que celui rencontré avec Preacher mais soyons clair dès le départ : je ne m’attendais pas à une œuvre aussi marquante et fun car l’exercice est difficile à reproduire.

Néanmoins les chapitres se succèdent en dent de scie comme cela a déjà été évoqué. Il y a un nombre assez consistant de pages qui ralentissent considérablement le rythme et le fil narratif n’est pas toujours des plus clairs. En gros il y a pas mal de passages où l’on se fait clairement « chier » et qui n’apportent rien de plus à l’histoire tout en restant confus avec des dialogues loin d’être aussi mémorables que je ne l’aurais souhaité.

Et pourtant certaines scènes relancent admirablement la machine en étant grotesques, inattendues ou surprenantes quand elles ne sont pas tout simplement hilarantes ! La vision toute personnelle d’Ennis du 11 septembre et l’intervention des « héros » pour résoudre la prise d’otages en avion est bien partie pour devenir « culte ».
Simplement dommage que le dessinateur intérimaire de certains épisodes n’ait pas le talent de celui d’origine et que Ennis prenne un certain plaisir à étaler son histoire alors que la raccourcir n’aurait été que plus profitable.

Mais comme je passe malgré tout un très bon moment à la lecture et qu’il ne soit pas exclu que l’histoire retourne dans les rails si prometteurs du début, je reste confiant et poursuis ma collection avec autant d’appréhension que d’intérêt ! Après tout, n’est pas Ennis qui veut !

Nom série  Le Régulateur  posté le 21/01/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Voici surement l'une des séries franco-belges les plus mal aimées que je connaisse !

La réputation du Régulateur est une des plus intrigantes de notre milieu : certains chantent les louanges des deux premiers tomes et la trahison du dessinateur dès le troisième pour une baisse de qualité tandis que d'autres se morfondent sur les possibilités offertes du premier tome en les jugeant inexploitées par la suite...

C'est par le biais de mon attachement pour Le Réseau Bombyce qui partage le même scénariste et un univers steampunk équivalent quoique bien différent que je me suis enfin décidé à sauter le cap, repoussé également par les mauvais échos de cette série maudite que tout le monde aurait aimé adorer...

Mais je ne suis pas tout le monde !

Une fois de plus Corbeyran impose visuellement un décor rétro-futuriste étouffant et dont les origines nous échappent complètement au premiers abords... Cette société privilégie les coups bas politiques et règle ses "sales affaires" par le biais de sociétés secrètes d'assassins que l'on nomme élégamment les régulateurs.
Aristide est l'un de ces tueurs, et même un des meilleurs du marché malgré un handicap cardiaque.
C'est également un être solitaire mélancolique qui a beaucoup de comptes à rendre sur son propre passé et n'attend guère de l'avenir... Bien sur une mystérieuse tueuse œuvrant en parallèle et dont les routes vont rapidement se croiser va lui redonner quelques réponses...

Le pitch semble simple et il l'est mais il est remarquablement mis en scène dans un premier album qui aurait valu selon moi la note maximale agrémentée d'un coup de cœur.

Car outre une narration intelligente et sachant relancer la mécanique par quelques flashbacks savamment orchestrées, que dire du travail de Moreno sur des dessins froids et métalliques où les détails foisonnent à chaque case avec un découpage précis comme cette fameuse course poursuite de véhicules entre une fugitive et des forces de l'ordre.

Les couleurs rouges et sang ne font que magnifier une ville aussi inhumaine que sensuelle et le mélange d'une mode XIXème siècle dans un univers futuriste mais aux codes immédiatement identifiables demeurent un régal sans égal...

Malheureusement le scénario s’essouffle et perd de sa superbe dès le second tome qui resserre les liens et les personnages pas si nombreux que cela.
Et malgré le fait que certaines scènes peuvent être dures voire très violentes j'étais bien obligé d'admettre que l’œuvre d'anticipation que j'attendais a laissé très rapidement place à un bon gros blockbuster bourré d'action aux dialogues épurés.

A partir de ce constat et d'une légère baisse de qualité au niveau des dessins dès que les auteurs enferment leurs personnages en huis-clos étouffant (détails des visages pas toujours précis) le récit s'envole vers une trame beaucoup plus simpliste mais non dénué d'intérêt lorsque Moreno retrouve cette ville qu'il aime tant, à l'architecture si anxiogène et si belle que je me suis repris à détailler chaque courbe avec gourmandise...

Peut-être pas la claque initiale attendue mais surement pas la déception annoncée, le régulateur se lit et se déguste comme un bon apéritif dont la conclusion ne saurait plus trop se faire attendre pour tout amateur de science-fiction et d'action ne souhaitant pas se prendre trop les neurones avec un scénario basique mais pas si prévisible qu'on pourrait le croire.

Une belle découverte donc pour un rendu visuel unique.

Nom série  L'Oeil privé  posté le 14/01/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Voici un titre atypique qui ne m’aurait surement jamais interpellé sans les récentes publications des éditions Cornelius et du design de leur site par Blexbolex et son graphisme étrange qui rappelle le fauvisme de Matisse dont il se veut un héritier direct.

Mais pour l’heure il s’agit d’un livre publié il y a quelques années déjà par les Requins Marteaux et le bouquin interpelle dès que j’ai eu le malheur d’y mettre les mains dessus…

Cartonné, pages jaunies, vraiment une belle réalisation avec des dessins et une couverture rappelant fortement les dépliants publicitaires des années 50, ce bel objet attire et attise directement les regards…

Pourtant l’histoire de ce privé dont on ne saura jamais véritablement le nom embauché pour retrouver une employée disparue mystérieusement pour le compte d’un industriel milliardaire est d’une affligeante banalité.
Ce qui l’est moins c’est le découpage en chapitres de 4 pages dont une faisant office de couverture avec légende en bas de page et le graphisme atypique de Blexbolex qui n’hésite pas à déformer et découper des graphismes ronds et allongés de 4 couleurs maximum.

Sans jamais perdre le lecteur, ce sont les réflexions absurdes de ce privé décidément pas très doué et au fort relent d’un looser désorganisé qui subit les évènements plus qu’il ne les contrôle.

Ce qui laisse entrevoir quelques gags de bon aléa dans cet univers dont on ne saisit pas toutes les clés mais dont le décalage des dialogues procure quelques moments de pure grâce…

Après je veux bien croire que le graphisme soit plus proche d’illustrations arty que d’une véritable bande dessinée mais le résultat est imparable : la bichromie ou trichromie a du charme et on peut y trouver beaucoup de plaisir.

Il est difficile d’analyser ce bouquin tant il peut attirer ou au contraire révulser le lecteur qui sera soit amusé soit hagard mais le style si atypique de Blexbolex a le mérite d’être unique et me donne envie de prolonger l’expérience au-delà de la fin de ce bouquin OVNI.

Le découpage en chapitres sérialesques ne fait qu’accroitre le plaisir mais l’échange de conversations en langage fleuri des protagonistes vaut son pesant d’or également. Un petit bouquin à redécouvrir pour ceux qui aiment se promener en terre inconnue.

Nom série  Highschool of the dead  posté le 08/01/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Tout d’abord je dois préciser que je ne suis pas un fan actif des mangas où mon expérience personnelle se porte essentiellement sur des œuvres phares comme Akira ou Dragonball que tout le monde connait et que j’ai appréciées.
Je reste donc un novice dans ce domaine, ce qui ne m’empêche pas d’avoir quelques avis objectifs ou non mais ce n’est pas avec Highschool of the Dead que je vais me rabibocher avec le genre…

Pourtant tout porte à croire que je suis le public idéal pour cette histoire ! Pensez donc, une bd avec des zombies et des filles super sexy rentre tout à fait dans des mes critères de sélection et je ne rechigne pas à voir s’envoler une jeune demoiselle tous arguments en avant pourfendre à coup de lame ou de shotgun bien sentis un mort-vivant qui aurait eu le courage inconscient de venir s’y frotter.

Mais là ça ne passe pas pour les raisons que je vais tenter d’expliquer dans ce qui suit….
Cette fois la classique invasion zombie a lieu au Japon et les principaux protagonistes sont des lycéens qui subissent les premiers assauts à l’intérieur même de leur enceinte d’enseignement.
Tout de suite ça coince avec les protagonistes, il y a le jeune cancre rebelle sans avenir prédéfini et épris de son amie d’enfance parfaite sous toutes les coutures, la belle guerrière solitaire et taciturne experte en kendo, le gros puceau à lunettes expert en armes à feu (ça peut toujours servir) et l’intello de base hystérique et colérique et héritière d’un clan mafieux…

Bref tous les stéréotypes sont réunis et encore je ne vous ai pas parlé de l’horrible infirmière blonde nunuche complètement à la ramasse et en décalage total avec la réalité mais dotée de poumons mammaires défiant les lois de la physique….

Tout ce joli monde va se réunir pour s’unir contre les zombies qui apparaissent ici et là à la carte quand il faut faire une pause baston (dont le découpage est assez réussi) parce que dessouder du zombie ben c’est cool et ça donne même une raison de vivre, un objectif charmant en somme ! En tous cas l’ambiance est parfois malsaine et bien gore…

Et pourtant il n’y a rien de bien sérieux et l’œuvre pourrait être un divertissement bourrin et bien bis des plus appréciables mais ces CONSTANTES allusions aux formes féminines que l’on pourra observer sous toutes les formes deviennent gonflantes et très misogynes à la longue.

Les poses sont tout savamment calculées pour mettre en valeur les poitrines toutes surdimensionnées de ces demoiselles ainsi que leur popotin et leurs dessous. Le comble du ridicule est atteint lorsque les dites représentantes du beau sexe ne trouvent rien de mieux que de prendre toutes ensemble un bain et de se tripoter dans un appartement alors que la menace zombie gronde au dehors !

Dessiner de telles poitrines a au moins un avantage : ça remplit les décors parce qu’ils sont désespérément vides ! A croire que l’apocalypse zombie a balayé d’un trait toute forme de vie et d’architecture, mais non, on préfère se concentrer sur des dessins ma foi assez classiques mais sans charme et si ce n’était le rythme nerveux des combats, le lecteur aurait vite fait de bailler à cette succession de réflexions sans grand intérêt et d’exposition de nib… ah pardon on me souffle à l’oreille que c’est du « fan service » ! C’est cool le fan service mais ça justifie vraiment pas l’achat d’une série qui surfe sur la vague et qui devrait être livrée avec un paquet de Kleenex pouvant convenir à tous : ceux qui vont les utiliser en se paluchant devant ces cases de haute vertu ou ceux qui vont pleurer en lisant cette histoire d’une rare bêtise !

Je suis peut-être trop vieux pour ces conneries mais en termes de zombies et d’érotisme je pense qu’il y a bien, bien mieux ce qui n’est en soi pas si compliqué !

Nom série  Weird Science  posté le 02/01/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Après avoir mis le nez dans la réédition Akileos de Tales from the crypt et de son équivalent policier Crime Suspenstories, il m’a fallu quelques temps avant de vouloir me délecter d’une collection parallèle également exhumée des archives des publications EC Comics…

Et bien mal m’en a pris car ce Weird Science est le pendant science-fiction des deux autres collections dont on retrouve les mêmes auteurs et la même ligne éditoriale à savoir de courtes histoires de 7 à 8 pages environ avec à la clé une conclusion bien souvent ironique ou faisant preuve d’un humour noir pince sans rires totalement rafraichissant au regard de l’époque où ces récits ont été écrits.

Car oui il faut se replonger dans le contexte des années 50 américaines d’après-guerre où le contexte était fort différent de la situation sociale et de crise économique de notre triste époque contemporaine…
A l’époque, les barbecues Weber et le rockabilly enflammaient les banlieues middle class américaines qui profitaient sereinement d’«happy days » et d’un contexte social favorable.
Le vernis serait parfaitement lisse sans cette peur de l’envahisseur russe et la guerre froide qui fustigent les deux mondes est/ouest ainsi que la chasse aux sorcières inventée de toutes parts par le bien tristement célèbre sénateur Mac Carthy…

Heureusement une équipe de joyeux drilles va utiliser ces codes pour mieux les détourner dans ces contes macabres sur fond d’invasion extra-terrestre, de futur pas si certain et de sciences loin d’être maitrisées..

Weird Science pose donc les bases de ce qui sera par après repris dans la fameuse série « La Quatrième Dimension » avec ces histoires de martiens, de savants fous et de menace atomique.
Ca commence très fort avec l’histoire d’un homme qui rétrécit à l’infini ou cette menace d’invasion extra-terrestre sous couvert de blague digne d’Orson Welles…

Les histoires sont inégales mais dans l’ensemble on passe un excellent moment à lire ces contes noirs par portion ou à la suite. Je me suis délecté de ces dessins noir et blanc plutôt détaillés et bien ancrés dans leur époque avec les postures raides des personnages, leurs nœuds papillons ou leur addiction au tabac ! Cela confère un charme fou à l’ensemble qui se lit avec plaisir…

Tranchant avec le politiquement correct, le fameux Comics Code va censurer et avoir raison de ces publications mais la courte période pendant laquelle cette série et les autres seront éditées marqueront l’histoire du comics de façon durable et serviront de base à bien des lecteurs des générations fifties jusqu’aux notres sans oublier d’imprimer de façon durable les auteurs contemporains de Tim Burton à

Au terme des 240 pages de cet épais volume, je n’avais qu’un seul mot en bouche : encore !

Mon seul regret est l’oubli des couvertures en couleur d’origine que l’on retrouve au verso mais en miniature. Pour le reste l’édition est comme souvent chez Akileos en un seul mot : parfaite !

Ce premier volume sur 4 ou 5 prévus est une belle entrée en matière pour illustrer donc le célèbre proverbe : C’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes !

Nom série  Amour à mort  posté le 31/12/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Bluffé par la qualité des dessins de la série Zaya menée par les deux mêmes auteurs, c'est naturellement que mes mains se sont rapidement posées sur ce one-shot complètement différent et non dénué d'intérêt.

Qu'il s'agisse du titre ou du résumé de l'éditeur, le pitch est très clairement posé..

Dans une civilisation asiatique ou indéterminée, une jeune princesse assiste impuissante au massacre de tout son peuple ainsi que de son père par une armée belliqueuse.

Après avoir juré serment de se venger et de tuer un après l'autre chacun des responsables, la belle Mianne se voit proposer d'épouser l'homme qui a retiré la vie de son propre père... Mais qui de l'amour ou de la soif de vengeance aura le dernier mot ?

Proposant un canevas somme toute classique mais toujours ingénieux, Morvan se joue des codes en proposant un récit très court et nerveux relatant la cérémonie de mariage vue par quelques convives se faisant à la fois narrateurs et spectateurs. Il inclut de façon plutôt fluide les flashbacks (en atténuant les couleurs) permettant de mieux comprendre le passé trouble et violent de la jeune fiancée et est servi par les planches superbes dont on se surprend à passer les détails en revue !

L'histoire est classique et ça se lit honnêtement très voire trop rapidement pour une conclusion dont je vous laisse la surprise mais qui ne va pas bouleverser vos existences.

De beaux dessins, une chouette narration et une héroïne belle à vous glacer les sens. Que demander de plus si ce n'est un peu plus de consistance, ce qui lui coûte finalement la 4ème étoile initialement prévue.

Nom série  Le Réseau Bombyce  posté le 20/12/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
1h40 en semaine, la nuit… CETTE nuit… Plus un bruit dans ma rue, tout le monde semble endormi…

Alors que je devrais l’être également depuis longtemps, la curiosité d’ouvrir la belle intégrale du Réseau Bombyce obsède mes pensées…
J’y trouve beaucoup de similitudes… Dans ce Bordeaux intemporel aux accents industriels de début de XXème siècle, Eustache et Mouche, deux montes-en-l ’air discrets et doués, profitent de la sérénité de leur ville pour y commettre des larcins via un système de câblage unique reliant les bâtiments entre eux.

Malheureusement ce qu’ils sont sur le point de trouver va leur ramener plus d’ennuis que de monnaie trébuchante en poche.. Un film interdit où de respectables notables s’adonnent au viol collectif sur des demoiselles d’une autre classe sociale avant de les achever dans la plus vaine cruauté…

Dès lors les deux compagnons n’auront de cesse d’échapper à un complot tentaculaire qui va bouleverser leurs vies respectives. Le réseau Bombyce, comme la « rousse », cette police locale les surnomme, va devoir jouer serré pour déjouer les pièges tendus par un nombre incalculable de prédateurs quitte à faire ressurgir le passé et remettre leurs propres convictions en jeu …

Difficile d’en dire davantage sans déflorer un scénario original mais clairement basé sur le désespoir d’une lutte inégale. Ce qu’il faut retenir de cette aventure concocté par le doué Cecil adoubé par un Corbeyran pas encore très connu et reconnu pour l’époque de sa parution initiale, c’est la force d’un récit qui vous happe dans un univers inédit, imaginaire et merveilleux mais qui s’effrite dès qu’on en relève les porosités et autres vices cachés.

Le duo inhabituel du grand farfadet romantique, Eustache et du petit nain mutilé, Mouche fait justement… mouche. Les dialogues sont ciselés au couteau pour nous faire apprécier un énième buddy movie avec des personnages charismatiques auquel tout peut arriver, l’action comme l’inattendu sous des relents de violence mal maitrisés. On peut ressortir éprouvé de cette lecture qui ne laisse peu de chance au hasard tout comme au destin inéluctable de cette guerre sociale et sombre.

Ce mélange de sentiments, d’action et de vengeance s’articule dans un univers steampunk suggéré et omniprésent mais jamais pesant pour le lecteur. Corbeyran ayant quitté l’aventure à l’issue du second tome pour des divergences diverses avec Cecil, ce dernier rectifie le tir d’une histoire partie pour s’étaler en offrant un dernier opus qui règle les comptes, soulève quelques surprises et en profite pour parfaire ses dessins, ses couleurs et une histoire qu’il inscrit dans le marbre.

Car il est impossible de refermer le bouquin sans y repenser un seul moment, charmé ou horrifié de tant de péripéties qui sont finalement uniques au 9ème art. Œuvre malade ou amputée pour certains ou parfait coup de cœur graphique et narratif, le réseau Bombyce ne laisse personne indifférent et c’est bien là tout sa force. Un bel ouvrage définitif que j’aurais pu facilement zapper et qui peut rester dispensable mais qui a tout à fait sa place dans ma collection et que je ne regrette pas un moment d’avoir lu. Une seconde lecture approfondira ce ressenti, un ressenti digne du Peter Pan de Loisel et qui en fait une œuvre contrariée, peut-être, vivante et cruelle surement. A recommander sans hésitations, il est grand temps pour moi de me coucher dans l’espoir de retrouver un peu de la magie et de la poésie macabre du réseau Bombyce dans des ouvrages de cette qualité…
Finalement terriblement humain et pas formaté…

Nom série  Drakka  posté le 29/06/2011 (dernière MAJ le 11/12/2012) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Attiré par les bonnes critiques lues ici et là, il n’y a pas fallu beaucoup d’hésitation avant d’embarquer ce petit bouquin aux apparats de comics francophone après l’avoir feuilleté, séduit tant par la qualité des dessins que par la réalisation toujours aussi bonne des éditions Ankama.

La couverture plutôt étonnante est bien plus jolie en réalité que sur la vignette que l’ont peut voir ici desservant davantage ses propos. Brrémaud le scénariste n’y va pas par 4 chemins pour présenter cette histoire plutôt curieuse se situant dans un futur proche et alternatif et où des créatures diverses et monstrueuses côtoient le plus naturellement possible les humains.

En effet la trame de l’histoire est expédiée en quelques pages : un mafieux new yorkais mourant convie son fils légitime à défier Drakka, son autre fils illégitime et caché pour désigner lequel des deux lui succèdera.
Problème : aucun des deux frères n’a connaissance de l’autre et le fameux Drakka porte en lui quelques origines vampiriques qu’il doit à sa maman.

Passée cette introduction, l’action se porte directement dans une mégalopole d’Europe de l’Est gangrénée par la pollution et la famine et où nous faisons connaissance de Drakka et de son quotidien pour survivre…
Le premier affrontement avec la Hyène, le frère sans scrupules américain, sera le point d’orgue de ce premier tome d’une trilogie annoncée…

Lorenzo di Felice aux pinceaux n’a pas son pareil pour mettre en scène de façon excessivement rythmée la course poursuite de Drakka dans les ruines de sa cité…
Fuite de pillards, défense contre la Hyène et son équipe de tueurs, on a à peine le temps de souffler quelques pages pour introduire des personnages secondaires comme cette bande déclinante de vampires ou cette rencontre impromptue avec une jeune survivante et son frère.

Les dessins sont beaux, très beaux dans un style mixant école européenne, japonaise et américaine que les couleurs informatiques ne dénaturent pas. Là où le bât blesse c’est que les dialogues sont d’une extrême pauvreté entre insultes de tous genre et vocabulaire réduit à sa portion congrue.

Le parler « Djeuns » ne me dérange pas outre mesure mais ici il dessert davantage les dialogues qu’il ne les équilibre !
Ce qui est rageant par contre c’est que le scénariste nous impose son monde dont il nous manque pas mal de bases afin d’en distinguer toutes les subtilités.
D’où viennent aussi tous ces personnages inhumains ? On a du mal à croire que l’environnement puisse être aussi riche pour uniquement soulever une querelle familiale à base de coups de poings et d’explosions en tous genre.

Le scénario tient sur un bout de ficelle mais certaines zones d’ombre nous sont ménagées dans l’espoir que les deux prochains tomes vont rééquilibrer un peu plus tout ce fatras car l’ensemble est encore bien mince pour être conseillé là où un premier tome de Mutafukaz jouait dans le même registre avec beaucoup plus de jubilation !
En effet un marginal dans un monde hostile pseudo futuriste à qui l'on cherche des noises et qui est promis à un grand avenir, ça ne vous rappelle rien ? Moi si...

Le tout s’adresse néanmoins à un public mi adulte car les scènes sont plutôt violentes et même si l’ensemble peut se targuer d’être bien découpé, certaines cases peuvent être difficiles à déchiffrer par l’anatomie inconnue de ces mercenaires verts muets.

Le tout n’est pas forcément déplaisant et réserve aux amateurs d’action de jolies scènes d’action mais il me faudra en lire la suite pour savoir si Drakka va devenir une trilogie incontournable ou seulement une lecture divertissante dont on aura vite oublié une fois les bouquins terminés.

En l’état on a un peu l'impression d'être en face d'une belle démo de jeu vidéo aux caractéristiques techniques impressionnantes mais dont on se lasse vite par manque d'interactivité donc un peu de patience avec les tomes suivants car le meilleur est surement à venir … tout du moins je l’espère vivement.

EDIT APRES LECTURE TOME 2 :
Ce qui pouvait constituer une semi-déception après avoir appris que la série serait achevée en deux tomes à la place des trois prévus initialement en constitue en fait un redoutable avantage…
Le récit démarre sur les chapeaux de roues en déplaçant rapidement l’action de l’Europe au siège du grand méchant de l’histoire La Hyène.
Les personnages, menaces et enjeux se développent sur de jolies pages très colorées entre nuances rouges et bleutées du plus bel effet à l’égal d’une couverture bien plus réussie que la première avec un joli pied de nez que l’on pourra apprécier ou pas !

Entre monstres surpuissants et la création d’une super-vilaine aussi mystérieuse que fulgurante, Brrémaud et di Felice entrent définitivement dans la cour des grands avec une récréation jouissive de toute beauté dont le final en laissera plus d’un pantois…

Ne vous méprenez pas sur le contenu ainsi que le premier tome qui constitue à la fois un acte et, Drakka c’est de la bonne grosse lecture divertissante et légèrement déviante pour tout amateur de série B à la mécanique bien huilée ce qui rend ce dyptique tout simplement indispensable, la ultima cena laisse sur le cul et donne immédiatement envie d’en lire davantage. Du bestiaire aux flashback et aux scènes d’action furibondes, j’ai hâte de lire une nouvelle œuvre de cette association dont ce Drakka constitue un baptême de feu dont il serait indélicat de se priver.

Nom série  Agapê  posté le 11/12/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Pour se faire une idée bien précise de Agape et si vous avez lu HK du même Trantkat c’est très simple de vous présenter cette bd…

Vous voyez les scènes de cul dans HK qui ne sont juste là que pour combler le vide et certains fantasmes de geeks masculins ? Ben il suffit de les reprendre telles quelles et de les compiler à la suite comme une longue suite sans queue ni tête…

Pour peu on pourrait croire qu’il s’agisse d’un Art Book condescendant mais ça manque cruellement de bon goût. Pour autant je ne condamne pas l’auteur qui a dû partir d’un sacré délire et se faire plaisir tout seul en couchant ses obsessions ou fantasmes tout en y ajoutant quelques idées intéressantes comme de tenter de recréer une bd d’animation avec du mouvement mais l’effet est vite vain et constitue simplement un caprice supplémentaire.
De surcroit les décors ne sont pas encore ce que l’on peut y trouver dans les récentes rééditions de HK au profit de corps tout droits sortis de cartoons mais au final ce qui me dérange le plus ce sont les couleurs criardes et hors propos ainsi que la mise en scène horriblement froide et détachée ce qui rend le récit complet ni excitant ni chaleureux, un comble ! Beurk…

Après tout reste histoire de gouts et de couleurs, ceux qui apprécient HK vont se régaler en considérant Agape comme une friandise supplémentaire, les autres comme moi vont sourire et surtout soupirer pour un talent indéniable gâché par trop d’excès… Bref je ne regrette pas l’emprunt mais ai définitivement renoncé à apprécier une œuvre de Trantkat.

Nom série  Al Crane  posté le 10/12/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Ça faisait longtemps que je désirais mettre la main sur Al Crane dont la diversité des avis précédents avait achevé de me mettre l’eau à la bouche.
Aussi la récente réédition de l’intégralité de cette série avortée par le décès de son dessinateur Alexis a fait mon bonheur (la réédition hein, pas la mort trop jeune de cet auteur talentueux !).

Malheureusement si je joue à la cigale concernant mon budget sur les bd, je suis plutôt une fourmi quand il s’agit de les lire aussi c’est en fouillant méticuleusement mon coin bd à la recherche d’une autre œuvre que je suis retombé sur ce bouquin et me suis enfin décidé à le lire.

Les westerns déjantés se prêtent curieusement bien à l’exercice de la bande dessinée. Si aujourd’hui je ne cherche plus à comprendre pourquoi, je profite des libertés permises pour ce support afin de revisiter l’ouest sous un œil iconoclaste et curieux.

Al Crane ne déroge pas à la règle en proposant des dessins rappelant dans une moindre mesure le style de Moebius/Jean Giraud sur Blueberry et également les Tex ou autres fumetti des années 70.

Justement, Al Crane date également de cette période et s’il faut bien reconnaître que certaines situations ont changé, j’ose à peine imaginer la réaction des lecteurs de l’époque à l’issue d’une histoire de ce cowboy pourri, raciste, misogyne et vénal loin des images d’épinal renvoyées par un John Wayne.

Les histoires sont plutôt trash entre une amitié qui tourne Brokeback Mountain ou des règlements de compte sur fond de litiges amoureux et/ou financiers, Al Crane est le parfait exemple du salaud d’un Ouest qui est rempli de figures toutes plus patibulaires les unes que les autres. L’avantage de ces histoires c’est qu’elles sont courtes et déclenchent le sourire vu le ridicule de certaines situations, l’inconvénient c’est qu’elles sont, ma foi, bien inégales sur un intérêt qui va en s’émoussant.

C’est presque un heureux hasard que cette série ne soit pas si longue qu’elle n’aurait dû peut-être l’être. Le trait d’Alexis est vraiment bien foutu mais le découpage est parfois un peu bordélique. Il y a parfois des petits bonhommes « collés » en plein milieu d’une case pour censurer certains des actes les plus « éprouvants » ou impolitiquement corrects mais c’est plutôt le sens aiguisé des dialogues de Lauzier qui crée un décalage avec le réalisme des dessins.

Au final et même si comme Michelmichel j’aurais préféré un ton bien plus noir et trash et surtout une meilleure régularité sur la qualité des histoires, les « aventures » d’Al Crane possèdent un certain charme indéniable qui méritent au moins d’être lues une fois pour le côté historique et patrimonial de l’œuvre mais également pour les zigomatiques.

Nom série  Gulliveriana  posté le 14/11/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Ce qu'il y a de bien chez cet auteur c'est que les oeuvres se suivent et se ressemblent mais pour la dernière histoire que j'aurais lue de Manara (en trouver une satisfaisante et pas forcément érotique me ferait sûrement plaisir néanmoins), le fait d'avoir repris à son compte et sur un versant féminin la célèbre histoire de Gulliver permet de trouver un "mince" intérêt scénaristique.

Ben oui le titre annonce la couleur tout comme le triste Pinocchia de Francis Leroi : on prend un héros célèbre, on le rend attrayant en lui donnant le beau sexe et comme il s'agit d'une adaptation, le matériel est déjà là et on peut le pimenter de prestations érotiques.

Voilà le "pitch" est là, pour les plus courageux, rappelons que Gulliver narre les aventures d'un marin devenu géant dans un monde de lilliputiens et qu’il s’agira d’un prétexte pour voir la demoiselle en gros plan et de façon dénudée sous tous les angles….

Et sinon ? Ben je préfère cet univers à celui des années chic et choc et surtout kitschissimes des années 80 du Déclic ou du Parfum de l’invisible mais sorti de là, pas d’érection ni d’intérêt plus que le temps de la lecture qui doit approximativement approcher des 15 minutes en prenant mon temps ou mon mal en patience….

Euh un point positif ? Oui : Manara dessine bien les femmes et son héroïne en particulier mais bâcle encore plus les décors qu’à l’accoutumée.

Une anecdote ? La couverture de la récente réédition intégrale de Borgia du même auteur ressemble curieusement à cette vieille édition des Humanos que j’ai actuellement en mains et qui va finir d’ici peu chez mon beau-frère peu regardant sur le contenu mais sur les formes. Au moins Gulliveriana fera un heureux dans mon entourage.

Nom série  Le Parfum de l'Invisible  posté le 14/11/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Sacré Manara, il reprend l’idée du Déclic et la décline sous la variante suivante : on remplace le machin qui excite les nanas par un mec invisible qui les honore !!!!!

Du coup la mise en scène est presque strictement la même puisqu’il s’agit d’une succession de scènes émoustillantes où le désir des femmes en plein onanisme (ou tout comme) est représenté de la même façon : les yeux fermés, sourcils en demi-lune et poses suggestives !

Ok les nanas sont super bien dessinées mais se ressemblent toutes et les situations ou esquives de scénario complètement à côté de la plaque… Manara est l’équivalent de David Hamilton en un peu plus explicite mais on a toujours autant envie de bailler et au final il n’y a rien à retenir d’une histoire qui aurait du s’insérer dans le déclic.

Manara n’aura jamais le déclic en matière de scénariste et il faudra attendre l’extrême inspiration de Jodorowski avec Borgia pour lire quelque chose qui ne plaira pas au plus grand nombre mais sera vraiment différent.

Cet auteur aurait dû se contenter d’illustrations polissonnes au lieu de s’acharner sur des scénarios insipides…. Bref on s’emmerde grave et la perfection physique des demoiselles laisse finalement de marbre par faute d’excès et de répétitivité…. Un bien beau livre d’images fades, ça vous branche ?

Nom série  La vie sexuelle de Tintin  posté le 14/11/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Aaaah Bédé X !!!

De mon temps (ça commence bien comme critique ne trouvez-vous pas ? ), tous les garçons zé les filles de mon âge, euh non pas les filles, je m’emporte par pur élan de nostalgie_soupirs_ donc tous les garçons se pâmaient lorsqu’on arrivait à mettre la main sur une brochure de ce fameux label, un peu l’équivalent de la collection Bédé Cul des Requins Marteaux !

Forcément il y avait encore une taxe sur les magnétoscopes et le tour des romans photos « cochons » en noir et blanc atteignait vite ses limites en terme d’inspiration une fois le tour des collections cachées du tonton fait !

Mais il y en avait quand même une qui se distinguait des autres et pour cause, c’est bien celle mettant en scène le personnage le plus propre et le plus asexué de la planète bd : Tintin lui-même !

Il suffisait d’une page ou deux pour comprendre que le personnage mythique et ses amis sont ici complètement sacrifiés au ridicule de la situation. Le souci c’est qu’il est difficile de se sentir émoustillé par Tintin ou la Castafiore comme les plus courageux d’entre vous auront pu le vérifier dans la galerie mais que les gags ou situations ne sont prétextes qu’à des orgies en tout genre et ce n’est finalement pas si drôle.

Les dessins sont également un peu trop irréguliers. Cela peut passer de l’hommage complètement réussi (ou recalqué ?) de la ligne claire célèbre d’Hergé à d’autres tout simplement baclés.

Avec un peu de recul on peut trouver cela amusant pour le ridicule de la situation ou tout simplement navrant. Ce genre d’ "œuvres" a dû bien énerver plus d’une personne de la maison Casterman mais l’esprit était réellement dans la provocation pure et simple comme Winshluss et le détournement plus inspiré des personnages de Disney par exemple.

Une curiosité dont on peut se passer en en faisant le tour très rapidement. Dommage car avec un peu plus d’ambition et peut-être moins de procès, ça aurait pu être beaucoup plus attractif.

A feuilleter puis à reposer dans le grenier du tonton

Nom série  Incognito (Delcourt)  posté le 12/11/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Bof…pas terrible terrible, une impression de redite, ennui, déjà vu…

Si j’avais dû me fier aux seuls avis postés ici, je ne me serais surement jamais intéressé à cette œuvre du prolifique duo Brubaker/Philips et elle serait vraiment restée incognito.

Pourtant malgré ce titre et ce qui est distillé plus bas, cette série possède tous les atouts pour ne pas le rester.

Le premier tome qui peut prétendre à être lu comme un one-shot unique est un savoureux condensé de polar et d’humour noir tout en développant une mise en abyme de la condition de super héros ou de super vilain plus particulièrement.

D’ailleurs n’ayons pas peur des mots, depuis les one shot Wanted et Superman Red Son du même Mark Millar je n’avais jamais retrouvé une œuvre aussi fun et originale sur les superslibards que cette série !

Zack Overkill est un super méchant qui a été contraint d’abdiquer et de recommencer une toute nouvelle vie sous une identité tenue secrète de ses anciens alliés.

Seulement bosser aux archives dans une administration c’est foutrement emmerdant lorsqu’on a touché du doigt le divin et les expériences illicites les plus excitantes !!!

Mais Zack est surveillé constamment donc à défaut de se jouer de la vie d’autrui comme il pouvait le faire autrefois, il va utiliser son vieux masque pour jouer les justiciers et se taper les jolies blondes salopes du service comptable de sa boite !

Oui mais voilà lorsqu’on est doté d’une force surhumaine et qu’on se promène d’immeuble en immeuble ce genre d’exploits passe difficilement inaperçu et réveille les consciences, aussi bien d’un côté que de celui des anciens amis trahis. Zack va donc malgré lui se retrouver dans une aventure où il va retrouver ses origines et beaucoup de connaissances ainsi qu’un nouveau souffle à son existence…

La voix off si caractéristique des polars trouve un second souffle en rendant sympathique un personnage qui n’est pas censé l’être. Le tout est fait avec une légereté que je n’avais pas vu venir. Zack est un personnage dont le passé trouble va se révéler au fur et à mesure mais c’est trop tard : le lecteur a de l’empathie pour ce personnage qui s’amuse comme un gosse, culbute sa collègue bourrée déguisé en père Noël ou en imitateur masqué et se fait manipuler par son collègue.

Pourtant l’histoire va clairement avancer sur ses origines non sans distiller des scènes d’action d’une tension et d’une maitrise absolue comme cette attaque dans le centre commercial. Zack n’est pas le seul et on en veut pas mal à sa peau !

Brubaker nous trimballe d’un versant à l’autre avec une facilité déconcertante, appuyant les origines de ces êtres surpuissants et différents avec beaucoup de crédibilité et de vraisemblance. Le résultat est tout simplement prodigieux car on sent Philips peut être s’amuser davantage à dessiner ces dessins flashy dans des situations improbables et jubilatoires (voir la manière dont Zack chute de son appartement dynamité dans le second tome).

Les auteurs jubilent et entrainent le lecteur dans leurs délires. Ce n’est jamais ennuyeux ni déjà vu mais complètement divertissant et excitant !

Le second tome est un peu en deçà car il utilise des codes déjà mis en places dans le premier volume mais reste très agréable à lire. Les diverses révélations s’enchainent crescendo rendant la lecture palpitante comme un bon vieux pulp des années 50 dans un monde contemporain et crédible.
Brubaker tisse un univers palpitant à travers quelques flashbacks et des enchainements qui coulent de source sans oublier les femmes fatales chères à ces deux auteurs !

J’ai trouvé ça très fort et surtout très frais car il est de plus en plus difficile de trouver des histoires originales sans passer par la case Marvel et ses trames inutilement alambiquées. Incognito est un pamphlet prèt à déguster qui se boit comme un apéro bien frais. Du pur fun qui dépasse Criminal dans un domaine où je n’attendais rien de ce duo.

Reste à lire Sleeper dont Incognito s’inspire pas mal mais j’ai réellement hâte d’en lire la suite. Très très chouette pour peu qu’on se laisse porter par le talent de ces deux auteurs, Incognito porte vraiment mal son nom et mérite toute votre reconnaissance. S’il y a bien un récit qui ne doit pas rester incognito c’est bien celui-ci, I BELIEVE IN ZACK OVERKILL le plus cool des super méchants !

Nom série  Cité 14 - Saison 1  posté le 12/11/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
J’aime lire mais j’aime bien boire et manger également.

Je suis grand fan de plats pas forcément originaux mais qui me réveillent les papilles rien qu’à la perspective de les apprécier…. Lasagne, Gratin Dauphinois, Couscous, Tortillas, chinois … Bref rien que du light et du populaire mais le tout accompagné d’un petit Bordeaux ou vin d’Espagne suffit à me mettre en joie !

Pourquoi parler de plats culinaires ici ? Ben justement Cité 14 c’est un peu l’auberge espagnole de mes thèmes préférés, action/polar/humour noir/paranormal bref mais si j’imagine une immense marmite où chacun de mes plats préférés serait mélangé avec les autres, le résultat serait surement indigeste et peu ragoutant.

Et pour Cité 14 j’en arrive exactement à la même conclusion : trop c’est trop !

Pourtant le postulat était foutrement intéressant : produire une série sur base d’épisodes à parution régulière dans un monde Steampunk avec des personnages complètement atypiques est un excellent point de départ.

Oui mais voilà l’histoire part dans tous les sens et le bestiaire invoqué n’est franchement pas très charismatique. L’intrigue s’éparpille un peu trop dans tous les sens, de cet éléphant au passé mystérieux au journaliste ambitieux et torturé à ce superhéros bien plus trouble qu’il n’y parait on peut s’en amuser ou s’en ennuyer.

La seconde option a eu raison de moi une fois les 300 pages achevées de la belle intégrale récemment publiée.

L’histoire n’est pas complexe mais peut être un peu trop ambitieuse. Ce monde où cohabitent animaux, humains et extra-terrestres dans une mégalopole gangrénée par la corruption aurait du me séduire mais manque tout simplement de charme et de rigueur, le scénario restant vraiment trop flou pour être apprécié. A vouloir tirer sur tous les boulets finalement la narration n’en atteint aucun.
C’est d’autant plus dommage que les dessins ont un charme rétro à la Tardi plutôt sympas, surtout sur les plans d’ensemble qui fourmillent de détails et de clins d’œil mais entre l’immeuble-fourmilière non achevé et les jardins sauvages peuplés de cannibales, l’écart est osé mais il y a trop d’objectifs fixés pour en atteindre un seul : celui de mon intérêt pour la suite des évenements mais finalement j’ai vite refermé cette « fin de saison » sans me préoccuper de ce qu’il va advenir de ces petits personnages dont je ne me sens pas proche.

Dommage, mille fois dommage, bien conscience que ma note est « dure » mais elle reflète davantage ma déception et mon désintérêt personnels que le travail exemplaire des deux auteurs qui tiennent un véritable concept dans la publication de leurs aventures et un univers si riche qu’il en devient rédhibitoire.

D’où l’intérêt d’apprécier chaque mets pour ce qu’il est et non pas de tous les mélanger. L’exercice était périlleux mais loupé en ce qui me concerne… A vous de voir si Cité 14 en vaut l’investissement mais la suite de ces aventures se fera définitivement sans moi.

Dans un registre un peu équivalent, je préfère de très loin Grandville !

Nom série  The Crow  posté le 12/11/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
La récente réédition de cette œuvre chez Delcourt m’a rappelé que je n’avais pas encore avisé cette série que j’avais lu uniquement en VO à l’époque où le film était sorti et avait fait un buzz pas possible pour la mort accidentelle de son interprète principal, le regretté Brandon Lee et surtout son esthétisme gothique assez spectaculaire.

Grand fan de musiques « souterraines » comme The Cure, Nine Inch Nails ou Joy Division, je pensais naïvement retrouver une ambiance similaire à la lecture de cette sombre histoire de vengeance d’outre-tombe mais la déception fut de plus grande envergure.

Parsemé de références musicales surlignée sans grande subtilité, le récit de James O’Burr dont il me semble que c’est l’unique œuvre loupe complètement le coche en ne proposant rien d’autre qu’un parcours chaotique d’une marionnette animée par la haine.

Eric Draven est assassiné avec sa fiancée, Eric Draven revient à la vie on ne sait trop comment sous les traits d’un clown blanc qui aurait trop voulu se déguiser comme le groupe Kiss et va buter tous les méchants pourvu de sa toute nouvelle immortalité. Point final.

Entre deux scènes de violence purement gratuite, Eric Draven prend la pose et se laisse aller à quelques états d’âme histoire de poser et d’alourdir inutilement une histoire sans grande ambition et d’endormir le lecteur.

On tourne les pages en attendant « LE » truc qui nous fera définitivement apprécier la noirceur de ces dessins très irréguliers : tantôt jolis à regarder, tantôt complètement loupés mais las ! L’histoire peine à décoller et se conclut comme elle avait commencé : sans aucune autre ambition que de déverser la tristesse d’un auteur qui couche les pages comme d’autres conservent leurs carnets intimes.

Si en plus on y ajoute un look définitivement eighties ou has been, c’est le cœur désespéré que l’on abandonne cet oiseau macabre à ses sombres desseins. Il n’y a pas de véritable intrigue et tous les personnages sont dépourvus de l’âme que l’auteur aurait aimé insuffler et qui est bien mieux représenté dans son avatar de pellicule malgré les défauts évidents d’une histoire de vengeance aussi classique que convenue.

Mouais franchement passez votre chemin et ressortez Unknown Pleasures de Joy Division qui passe les décennies sans une seule ride. Dans vingt ans on parlera encore de ce groupe et de ses influences incroyables mais surement plus de ce Crow que les gens auront vite oublié qu’il fut à l’origine d’un film visuellement sympa mais plombé par un scénario rigide. A la lecture du matériel d’origine, on sait maintenant pourquoi.

Nom série  Toxic  posté le 08/11/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Amis de la cohérence et de la logique, au revoir !
Car autant vous prévenir tout de suite que si vous n’êtes amateurs que de récits linéaires et carrés la déconvenue de cette nouvelle œuvre de Charles Burns va en décontenancer et en décourager plus d’un.
Bien assis dans sa réputation d’artiste underground au trait si particulier et un noir et blanc qui aura influencé Mezzo et Pirus, je connaissais aussi l’artiste pour sa pochette déjantée de Brick by Brick de l’iguane et ses couleurs barrées.

C’est donc avec intérêt et bien motivé que je me suis lancé dans la lecture de ce « Toxic » coloré et dont la couverture renvoie directement à l’ile mystérieuse de Tintin.
Outre l’hommage appuyé au reporter d’Hergé et les couleurs inédites, la source d’émerveillement ou le rejet sont constitués par le déroulement sauvage de cette histoire,

En effet, l’histoire ou plutôt les histoires partent dans tous les sens, présentant tour à tour un monde parallèle avec un tintin en robe de chambre à la recherche de son chat noir dans un univers complètement barré et loufoque pour revenir à une réalité non moins exigeante avec un jeune adulte solitaire et de son coup de foudre pour une jeune femme à la sensibilité à fleur de peau.

Pour ne rien faciliter, Burns nous transporte d’une dimension à une autre mélangeant paradoxes temporels et géographiques pour ne faire qu’une seule et même histoire avec des reflets ne cessant de renvoyer l’histoire d’un point à un autre, mélangeant personnages d’un monde vers un autre et abusant de dialogues qui peuvent vite devenir absurdes une fois sorti de leur contexte.

Mais quel contexte ? D’ailleurs cela ne vous rappelle rien ? Moi si avec ce fameux film Lost Highway de David Lynch dont je n’avais rien compris mais avais pris beaucoup de plaisir à essayer d’en extraire la substance…

D’ailleurs chacun sera libre d’aimer ou de détester les deux opus de cette trilogie annoncée qui se lit relativement rapidement mais laisse volontairement le lecteur un peu sur place à la marge des évènements qui s’y déroulent. Pourtant pour peu qu’on aime un peu les jeux de réflexion, il est amusant d’y relever les clins d’œil à Tintin, les lieux parallèles et un point d’ancrage dans cette histoire dont j’espère que le dernier tome y amènera certaines clés.

Ceux qui apprécient la narration pourtant si évidente des autres œuvres de Charles Burns vont se retrouver perdus car rien n’est classique et le ton froid et détaché des protagonistes du monde réel ne va rien faire pour arranger la compréhension. Pourtant cette histoire me parle davantage que les flottements poétiques de Wazem dans son Mars Aller-Retour récemment lu dont je peux en faire quelque peu le comparatif ici.

Nul doute que le prix et la globalité vont en rebuter plus d’un mais pour les initiés ou les plus curieux, le chemin a l’air d’en valoir la peine. Et puis quel style graphique ! Quelle belle mise en page (encore merci à Cornelius pour réaliser de si beaux bouquins).

Pour tout cela je n’en recommande pas nécessairement l’acquisition mais laissez-vous tenter par une lecture, aucun risque de s’ennuyer même si l’on s’y sent régulièrement perdu. Et il est parfois de bon augure que de fermer les yeux et se laisser porter par une ambiance inconnue mais pas désagréable….

Alors Charles Burns écrit-il un récit sans queue ni tête ou un diffuseur d’encens narcotiques ? C’est bien dans ce doute et cet esthétisme réussi qu’il réussit le pari de m’intéresser malgré le fait que cette série soit la moins passionnante de toutes celles qu’il a rédigées jusqu’ à présent mais cela sera peut-être révisé à hauteur lorsque l’intégralité de ce délire sera édité. A suivre donc…

Nom série  Mars aller-retour  posté le 07/11/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Inutile de tortiller du cul davantage, Mars Aller-Retour constitue à mes yeux une cruelle déception.
Désolé d’arriver aussi élégamment dans le vif du sujet mais on m’avait présenté cette œuvre que j’aurais adoré chérir et considéré comme un livre de chevet comme une peinture réaliste de ma propre personnalité mais je ne m’y suis retrouvé à aucun moment. Pire je me suis royalement emmerdé pendant la fameuse introspection personnelle de Pierre Wazem sur la planète Mars où l’auteur se remet en cause (rappelons que l’histoire complète met en scène sa propre vie fantasmée ou imagée) dont est constituée la seconde partie de cet ouvrage.

Pourtant le récit commençait de façon agréable avec ce portrait agréable et sans concession d’un auteur de bd sans inspiration, jeune quadra débonnaire incapable de subvenir aux besoins financiers de sa famille et dépassé par ses enfants.
Si on ajoute que ce triste sire trompe allègrement sa femme pour tuer le temps, néglige ses gosses et ne sait tout simplement pas quoi faire de sa vie, on obtient de savoureux dialogues et pensées plutôt acèrbes et sans ménagement à l’égard de l’auteur lui-même.
L’absurde n’est pas loin non plus avec une mise en abime plutôt efficace (Wazem parle même de « Mars Aller-Retour » dans sa propre œuvre) en distillant quelques éléments dignes d’un film de David Lynch où les repères sont abolis et les hérissons écrasés portent des dossards de course.

Le style graphique approché est plus que satisfaisant en me rappelant le trait rond, minimaliste et à la fois travaillé du Larcenet du Combat Ordinaire ce qui n’est pas à mes yeux un mince compliment.
Un joli travail de hachures et une colorisation oscillant entre teintes rouges et brunâtres complètent admirablement l’ensemble.

Non, ce qui coince c’est que tout simplement passé la mise en place de la première partie que je trouve vraiment réussie, Wazem déséquilibre totalement ses propos avec ce voyage mental vers Mars et les états d’âme hermétiques de son protagoniste. Ce n’est ni plaisant ni réellement passionnant à lire mais cela entraine toute l’œuvre vers une conclusion téléphonée et classique sans que l’on ressente la moindre émotion.

D’ailleurs d’émotion je n’en ai peu ressenti, me sentant complètement à côté d’un personnage que l’on m’avait présenté comme proche de mon propre parcours personnel.
Certes des conneries j’en ai fait pas mal, certaines pouvant se rapprocher des flottements erratiques du Wazem de cette œuvre, mais aucune qui ne compare de près ou de loin mon parcours à celui de cet auteur dont je partage finalement assez peu de points communs.
Ouf ! L’honneur est sauf mais en dépit de ses qualités qui lui sont propres et d’une réalisation éditoriale de haute volée je suis resté finalement de marbre pour une mise à nu courageuse d’un auteur qu’il me tarde de découvrir au travers d’autres facettes.

Nom série  Big Baby  posté le 05/11/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
De prime abord, Big Baby n'avait rien d'attirant à mes yeux, ni ce titre peu évocateur, ni cette couverture limite hideuse avec cet enfant monstrueux à tête de foetus ou d'alien de l'area 51 !!!

Seule la 4ème de couverture avec ses jouets mélimélo me rappelant un vieil album des Cocteau Twins et l'espoir de lire un nouveau titre de Charles Burns m'ont convaincu d'aller au delà des apparences... Et bien mal m'en a pris car voici à nouveau une petite pépite du catalogue Cornelius...

D’ailleurs une fois le bouquin refermé, j’ai beaucoup pensé au film « Blue Velvet » de David Lynch qui n’avait pas son pareil pour dépeindre une violence désincarnée et absurde derrière les volets d’une petite bourgade américaine tranquille et « propre » sur elle… Big Baby, c’est un peu tout cela au travers des yeux volontairement obliques d’un enfant de la classe moyenne.

Tony est un enfant unique et choyé par ses parents malgré son physique peu engageant et guère charismatique. Ce « Big Baby » raffole de comics qu’il lit à la tombée de la nuit seul dans son lit et rompt consciemment ou inconsciemment les limites de son imaginaire en ne faisant plus qu’un seul univers avec le réel.

Une piscine en construction chez le voisin ? Tony y voit une sombre invasion d’hommes taupes dans ce carré mystérieux chaque nuit…
Deux ados en proie à une maladie vénérienne ? L’enfant perçoit une menace extra-terrestre digne des EC Comics ou autres 4ème dimension.

Les récits sont palpitants et suffisamment bien construits pour y semer le doute. Burns est un maître de la narration et il sait rendre extraordinaire une histoire à priori banale sans jamais remettre en cause le surnaturel qui intervient presque de façon insidieuse dans le quotidien.

Quelle est la part de vérité ou de fantasme ? Difficile de le dire ou de le prévoir mais là où certains trouvent ce style « glacial », je le vois plus comme une ode à la jeunesse avec cette peur du noir et toutes ces histoires que tout enfant inventait au fond de son lit pour se faire frisonner ou se rassurer.
Le point d’orgue intervient avec la dernière histoire « Blood Club » avec une maitrise absolue dans la description de ces camps d’ados où il fallait faire un tas de trucs débiles pour se rendre intéressant auprès des autres…
Aucun doute possible : Big Baby c’est Charles Burns lui-même, un « grand enfant » qui signe avec ce bel ouvrage une sortie en apothéose vers l’âge adulte.

Non content de livrer un dessin impeccable et des histoires dont on a de cesse de vouloir en connaitre le dénouement, j’ai ressenti de la tendresse et une certaine poésie plus mélancolique que macabre.
De surcroit l’histoire relatant les « maladies » des deux ados est une ébauche qui servira plus tard de base à l’auteur pour établir son gigantesque Black Hole.

Big Baby est une grande œuvre méconnue et une introduction parfaite au monde de Charles Burns dont vous gouterez et savourerez ses histoires décalées. Voici une excellente entrée en matière dans les comics underground de qualité.

Vraiment excellent comme le dit Piehr en plus de proposer un hommage alternatif et respectueux aux années 50.

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