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... a posté 1955 avis et 366 séries (Note moyenne: 2.95)

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Nom série  Les Profs  posté le 07/12/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Une des bonnes séries d’humour de chez Bamboo. Le thème des profs est propice à des gags variés. Les anecdotes ne manquent pas et les auteurs en exploitent régulièrement. Les gags récurrents sont aussi très présents (et pas toujours des plus réussis).

Le dessin de Pica est agréablement dynamique et expressif. Sans atteindre des sommets, il convient bien à ce genre et dispose de sa personnalité propre.

Pas mal, en somme. Je ne déconseille pas l’achat parce que la série me divertit et remplit bien son rôle de vide-cerveau.

Nom série  Nous ne serons jamais des héros  posté le 06/12/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J’ai eu quelques problèmes avec le dessin. Tout d’abord, il intègre pas mal de codes du manga (les dents pointues des personnages fâchés, les yeux exorbités des personnages surpris, les cous veinés à l’excès des personnages énervés, par exemple). Ce côté sur-joué du dessin a tendance à m’énerver, d’autant plus que l’histoire, qui joue en finesse sur la corde sensible n’a pas besoin de ça (à titre de comparaison, je dirais qu’on ne joue pas « l’Avare » comme on joue « Autant en emporte le Vent »). Ensuite, Salsedo semble avoir des problèmes avec les regards de ses personnages. Résultat : les deux-tiers du temps, ceux-ci se cachent derrière des lunettes ou gardent les yeux fermés (pour exemple, jetez un œil sur la couverture).

En ce qui concerne le scénario, par contre, j’ai vraiment bien apprécié. Le thème est finement développé et Jouvray analyse avec pertinence le mal-être de ces personnages bien dans l’air du temps. Le récit est en progression constante et, si l’on se doute rapidement de la fin, ce qui compte ici, c’est le chemin parcouru. Les personnages sont attachants et l’auteur prend le temps de nous expliquer leur état d’esprit et leurs comportements.

Une bonne lecture, en somme. Je suis sûr qu’elle devrait franchement plaire à tout lecteur que les codes du manga ne rebutent pas. Pour ma part, et justement à cause de ces codes, je n’attribue pas plus qu’un pas mal du tout avec conseil d’achat, car ce scénario en vaut la peine.

Nom série  Les Pionniers du Nouveau Monde  posté le 06/12/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Une des belles réussites de la collection Vécu.

Le premier cycle (de six tomes) donne la part belle à l’évocation historique sans ignorer la dimension aventuresque. La suite inverse un peu les rôles, en s’attachant plus aux personnages fictifs mais sans renier les circonstances historiques. Dans un cas comme dans l’autre, j’ai trouvé ce que je cherchais : un récit d’aventure dans un contexte historique bien précis.

A la longue, avec ces multiples personnages (et leurs romances amoureuses), la série perd de son souffle.

Au niveau du dessin, l’évolution est constante. On passe du style précis mais raide du jeune JF Charles au style plus souple et plus sensuel d’Ersel, un style qu’il semble chercher à épurer au fil des tomes. La colorisation a suivi le même chemin, ce qui permet à la série de rester visuellement moderne malgré les années écoulées.

Une très bonne série en somme, mais qui, comme bien souvent dans les longues séries, souffre de la multiplication des personnages d’importance.

Nom série  Aspic Détectives de l'étrange  posté le 03/12/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
En discutant avec Thierry Gloris à Wavre, celui-ci m’avait dit : « ça, il faut que tu le lises, c’est vachement bien ! ». Oui, mais hé bon, c’est lui qui a écrit le scénario. Alors, forcément, il n’allait pas me dire que c’était de la daube. Je restai donc dubitatif tout en louchant sur l’objet mieux qu’un paparazzi sur l’entrejambe de Paris Hilton.

Et c’est finalement l’avis d’Erwelyn qui m’a décidé à franchir le pas (d’autant plus que la série devra se composer de multiples diptyques, avec donc la possibilité de s’interrompre après deux albums).

Et je ne le regrette pas !

Premier atout : le dessin de Jacques Lamontagne. Riche dans ses décors, caricatural pour ses personnages, variés dans ses angles de vue, dynamique et expressif. Le tout enrobé d’une colorisation soignée qui lui donne un côté lisse mais pas aseptisé. Très bon, en somme.

Deuxième atout : le ton employé. Sans être une série humoristique, l’humour est très présent dans ce récit. Les personnages ne se prennent pas trop au sérieux et c’est tout profit pour des dialogues où les petites piques sont légion. Avec cet univers, les auteurs se font plaisir (grand bien leur fasse) et nous font partager ce plaisir (grand bien me fasse).

Troisième atout : un cadre accrocheur. Ce théâtre fin XIXème, avec toute l’esthétique qui l’accompagne (que ce soit au niveau des costumes, des bâtiments ou des véhicules), mais aussi avec ses références (occultisme, spiritisme et sociétés secrètes) et ses valeurs (les premiers balbutiements de l’émancipation féminine) est un terreau des plus fertiles pour qui veut planter une histoire rocambolesque. Et Thierry Gloris ne s’en prive pas, lui qui exploite en toutes libertés les opportunités offertes par ce décor.

Quatrième et dernier atout : une intrigue accrocheuse, avec des personnages curieux et/ou charismatiques, avec deux pistes qui s’entrecoupent, avec de multiples rebondissements, voilà de quoi tenir le lecteur que je suis en haleine !

Seul bémol : le prix plutôt élevé de l’album. Mais, bon, quand la qualité est au rendez-vous, j’accepte de délier un peu plus que d’habitude les cordons de ma bourse (l’album étant en moyenne plus cher d’un ou deux euro par rapport aux productions du même genre).

Franchement bien, donc !

Nom série  Le Gardien du feu  posté le 03/12/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Décidément, Soleil Celtic se fait le spécialiste des adaptations d’Anatole Le Braz. Ce n’est pas pour me déplaire, même si (ou justement parce que) ces récits ont un goût d’une autre époque.

Me voici donc replongé dans la Bretagne du siècle passé (et même bien passé), pour un récit dont l’intérêt réside dans le profil de son personnage central. Et ce profil ne manque pas d’intérêt !

J’ai aimé suivre ce personnage, comprendre sa mentalité en découvrant son parcours. J’ai alors découvert un homme d’une autre époque. Ce qui lui arrive est assez convenu et je regrette quelque peu qu’à la fin du premier tome, il reste finalement si peu à nous révéler.

Les différents lieux présentés m’ont également bien plu. Un phare, des falaises escarpées, des petits ports de pêche, quelques bourgs d’importance, voilà de quoi satisfaire mes attentes en matière de paysages bretons.

Le dessin participe pour beaucoup dans le charme de la série (même si je regrette la couverture du deuxième tome, peu attirante). Les décors sont soignés, les personnages sont bien typés, le cadre est bien rendu. La Bretagne représentée correspond à celle que j’imagine.

Un bon diptyque, donc, même si la progression du récit est mal maîtrisée. Pas mal du tout.

Nom série  Tyndall  posté le 03/12/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Un beau gâchis ! C’est vraiment le sentiment qui m’habite à la fin de ces quatre tomes.

Parce que le potentiel était là :

- Un bon dessin, avec comme le dit Miranda un petit côté Magnin dans son rendu, mais aussi des décors moins travaillés. J’ai vraiment bien aimé les illustrations de villages du Nord à l’architecture toute flandrienne ou d’outre-Moerdijk. Les personnages « bougent » bien mais je regrette que deux d’entre eux se ressemblent au point qu’il m’a parfois été difficile de les différencier.
- Une bonne intrigue. Ce mélange des genres aventure/historique/fantastique n’est pas le plus original que j’ai lu mais les ingrédients étaient suffisants pour m’offrir un récit accrocheur.
- Un cadre attirant. Influencé par les Pays-Bas espagnol, mais aussi par les Highlands et le Danemark, le théâtre de l’aventure avait de quoi me tenter en parvenant à concilier des références classiques et d’autres plus originales.
- Des petites notes d’humour, dont je suis très friand.

Seulement, voilà, il s’agit d’une traduction … et celle-ci est d’une qualité plus que médiocre. Résultat : des mots manquants ou en trop, des dialogues qui manquent de naturel, des expressions typiques traduites de sorte qu’elles donnent aux dialogue une dimension incompréhensible (imaginez une expression du type « c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase » traduite par « c’est l’étincelle qui met le feu aux poudres » dans un dialogue, et le partenaire de rebondir sur cette expression en disant « tiens, à propos de vase, … » sauf que, justement, de vase il n’est absolument plus question (mais bien de poudre et de feux)), une narration pesante qui alourdit inutilement le rythme du récit.

L’ensemble manque alors de dynamisme, de fluidité. L’humour tombe souvent à plat. Les événements deviennent, à l’occasion, incompréhensibles. Ajoutons au tableau le fait que certains phylactères sont écrits sur un fond foncé qui en rend la lecture pénible et vous comprendrez mieux pourquoi cette lecture s’est révélée, au fil des pages, de plus en plus roborative.

Dommage, car j’avais devant mes yeux un bon dessin, une intrigue classique et plaisante, un cadre original.

Nom série  Ric Hochet  posté le 25/11/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Pffuuuuiouuuuu !!!!!

Voilà, c’est fait : j’ai tout relu. Et il m’aura fallu du temps pour y parvenir (ce qui n’est jamais bon signe). La cause principale est simple et double : la série est longue et, à force, répétitive. Et si on ajoute à ça que la richesse des intrigues décline au fil des épisodes, je peux vous certifier que, dans mon chef, il valait mieux faire des breaks plus ou moins longs pour pouvoir encore apprécier les derniers tomes (qui sont tout de même à des années lumières des premiers en terme de qualité).

Dans la colonne des +, je pointerai plusieurs choses.

Tout d’abord le trait réaliste de Tibet est d’une grande qualité. Précis, dynamique, expressif, bien typé pour ses personnages, il est certes typé vieille école franco-belge réaliste mais, quelque part, moi aussi, donc on s’entend bien. Tibet était un maître de la caricature et, tout en gardant un trait avant tout simple et efficace d’apparence, il parvenait à saisir les lignes essentielles d’une forme et à les restituer avec précision (ses voitures sont des modèles du genre, aussi précis que Graton mais sans la raideur de celui-ci).

Ensuite, les personnages sont attachants et complémentaires. Leur classicisme, leur côté caricatural (Bourdon en est un bel exemple) n’apporte peut-être pas d’originalité à la galerie mais la formule a fait ses preuves et, je pense, la fera encore longtemps. De plus, les personnages principaux ne se prennent pas trop au sérieux et pratiquent, à l’occasion, l’autodérision, une forme d’humour que j’affectionne particulièrement.

Et puis, les premiers scénarios sont bien construits et riches en rebondissements. Les amateurs de romans policiers classiques y trouveront leur compte (au contraire des fans de polar qui risquent de trouver cette série trop propre sur elle).

Enfin, il faut laisser aux auteurs leur souci de varier les théâtres de leurs intrigues tout en collant avec les sujets à la mode du moment (des extra-terrestres à internet).

Mais les points négatifs ne sont pas absents pour autant.

Tout d’abord (mais ça, c’est ma faute), je suis un indécrottable curieux et jamais je n’ai réussi à finir un tome sans aller au préalable feuilleter les dernières pages … Et connaître le nom du meurtrier ôte tout de même une bonne part de suspense aux récits.

Ensuite, les intrigues imaginées par Duchateau sont très répétitives (je n’ai pas compté le nombre de fois où il nous a fait le coup de la pièce fermée de l’intérieur), et certains de ses coups de théâtre sont trop peu plausibles pour me satisfaire.

Et puis, le procédé qui veut que certains des méchants récurrents s’obstinent à réapparaître après leur mort supposée devient rapidement indigeste à mes yeux. Ça me rappelle trop nos jeux de la cour de récré où, après un « Pan ! T’es mort » on se relevait en supposant « oui, mais on disait que j’étais seulement blessé ». Après deux ou trois « Pan ! T’es mort », on n’avait tout de même plus trop intérêt à se relever sous peine d’être, au mieux, exclu du jeu, au pire, suffisamment assommé pour ne plus pouvoir se relever. Cette règle tacite aurait dû être d’application ici aussi, à mon humble avis.

Enfin, les tomes deviennent de plus en plus pauvres au fil du temps. Les développements sont moins présents et, par conséquent, les tomes se lisent de plus en plus vite.

En résumé, les premiers tomes sont plus que pas mal et les derniers sont franchement bof. L’achat ne se justifie pas à mes yeux du fait que, lorsque l’on connaît le coupable, l’enquête perd de son intérêt (et une relecture aussi par conséquent). Par contre, un emprunt en bibliothèque apportera sa dose de plaisir au lecteur amateur de ce genre d’énigme policière.

A consommer avec modération (burps !)

Nom série  La Confrérie du crabe  posté le 25/11/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Welcome in my Nightmare. Ce titre célèbre d’Alice Cooper résume on ne peut mieux ce triptyque du duo Gallié-Andreae.

Comme tout cauchemar digne de ce nom, celui-ci est truffé de créatures effrayantes et permet inconsciemment à la personne qui le vit de faire face à ses angoisses. Les personnages principaux devront donc comprendre les raisons de ce cauchemar pour enfin pouvoir affronter leurs angoisses réelles. Ce postulat de départ est des plus casse-gueule mais aussi très attirant.

Le duo susmentionné excellant dans le domaine de la poésie noire (voir le merveilleux « MangeCoeur »), ils disposaient des qualités requises pour réussir le pari.

J’ai vraiment bien aimé les deux premiers tomes. On se demande si les personnages rêvent ou non, comme dans tout bon cauchemar (vous voyez, ceux où vous vous dites : « c’est pas possible, je vais me réveiller » et durant lesquels vous ne vous réveillez pas). Certes, la trame est répétitive et le fil de l’intrigue ressemble à une pelote de laine passée entre les mains du chat de Gaston Lagaffe (en clair : on ne sait pas du tout où l’on va) mais l’ambiance est bel et bien là.

Le troisième tome nous fait revenir les pieds sur terre. Un retour chaotique qui tente de garder toute la cohérence du concept de départ. Et c’est pas évident. Pourtant, j’ai bien saisi ce que Gallié voulait exprimer mais, bon, un retour à la réalité est souvent désagréable. Certains points me paraissent encore nébuleux. J’ai plus ou moins suivi le cheminement intérieur effectué par le personnage central pour enfin comprendre les raisons de son cauchemar, mais j’ai quand même le sentiment d’avoir viré large à quelques reprises (surtout vers la fin).

L’essai n’est donc qu’à moitié transformé mais c’est une série que j’aurai du plaisir à relire. Tout d’abord parce que des relectures me permettront certainement de mieux saisir certaines séquences du récit (cela avait déjà été le cas avec les autres œuvres du duo). Ensuite, parce que je suis admiratif devant le travail réalisé par Andreae. Tous ses personnages ont une présence (et certains encore plus que d’autres). Les décors, pourtant des plus sombres, sont riches de détails. La colorisation contribue merveilleusement à l’ambiance : dans cet univers sombre, les taches de couleur explosent et lorsque, inversement, l’on passe d’un monde coloré vers sa face obscure, l’horreur suinte par cette absence de lumière. C’est superbe de poésie et de noirceur, la beauté dans l’horreur et l’horreur dans la beauté !

Le changement de qualité de papier pour le dernier tome est également une bonne idée selon moi. D’une part, ce papier donne aux couleurs un rendu plus mat qui me plait. D’autre part, le toucher est différent et donne à cette conclusion un aspect moins lisse, plus organique, plus brut.

Pas mal du tout, en résumé (une cote qui évoluera peut-être vers le haut suite à quelques relectures) et achat conseillé pour les amateurs de poésie noire.

Nom série  Erminio le Milanais  posté le 24/11/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je suis naturellement amateur de ce genre de chronique provinciale. Les lieux changent, une foule de détails également, mais un village reste un village avec sa difficulté à accepter « l’étranger » (entendez par là celui qui n’est pas issu d’une famille du village). Alors, forcément, je peux facilement imaginer qu’en Sicile ce phénomène se manifeste d’une manière fort marquée.

Donc, le point de départ est bon, solide et rassurant pour moi, qui me retrouve en terrain connu (si vous avez vu un film comme « Chocolat » avec Binoche et Depp, vous aussi vous retrouverez en pays de connaissance).

Ensuite, il y a cette narration, distillée au travers d’une lettre qu’un personnage adresse à un autre. Au début, on ne sait pas de qui il s’agit (même si on sait immédiatement de qui l’on cause), et cette façon de nous raconter la vie d’Erminio est très habile : elle permet de conserver un certain suspense (qui, finalement mais sous d’autres formes, sera présent jusqu’à la dernière page) tout en gardant la forme d’une traditionnelle chronique sociale.

Le propos n’est pas des plus originaux. Le parcours du personnage central pourrait nous faire penser à celui de beaucoup d’autres. Mais ces mystères que l’on sent planer sur le récit m’ont incité à continuer ma lecture sans m’autoriser le moindre temps d’arrêt.

Les personnages sont intéressants et se complètent fort bien.

Je regrette juste que les auteurs tirent, parfois un peu inutilement selon moi, sur la corde sensible. De ce point de vue, le récit est peut-être un peu trop « riche » en drames cachés.

Reste le dessin. Un peu en deçà du niveau d’ensemble selon moi. Je n’ai rien contre ce genre spontané mais l’auteur m’est par moments apparu imprécis. J’aurais préféré un trait plus simple, allant encore plus à l’essentiel. Ici, les traits sont par moment trop abondants. Ils étouffent alors le dessin.

En définitive, j’ai passé un agréable moment de lecture. Je n’ouvrirai sans doute jamais l’album pour re-regarder certains dessins mais je le relirai dans son entièreté avec plaisir. Pas mal du tout, donc.

Nom série  Jeronimus  posté le 24/11/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Au niveau visuel et du style ici choisi par Pendanx, j’avoue ne pas être fan de ce genre de peinture. Mais, bon, il convient bien à ce récit, tant il rend hommage aux peintres hollandais du XVIIème. De plus, son gros défaut (son manque de vie, de dynamisme) est habilement contré par la narration omniprésente de Christophe Dabitch.

Mais si ce trait m’a finalement bien plu, c’est à la magnifique reconstitution d’un navire marchand de l’époque qu’il le doit. Toutes les scènes maritimes où navire et mer s’affrontent sont superbes tant dans la justesse du trait que dans la justesse de l’ambiance. Voilà : ambiance. Le mot est lâché et me poursuivra durant toute ma lecture. Là, des embruns, je m’en prends plein la gueule ! L’humidité me transperce les os, la puanteur m’étouffe et l’exigüité des lieux me rend claustrophobe.

C’est sans doute la raison pour laquelle la première partie du récit est celle que j’ai préférée. La seconde partie, qui se déroule sur des îles désolées, est toujours intéressante mais c’est alors le sujet même de l’album (l’état de délire paranoïaque dans lequel sombre progressivement Jéronimus) qui retient mon attention. Le dessin sert toujours bien le propos mais je m’y attarde peu (seules quelques cases où la colorisation joue un grand rôle parviennent à retenir mon attention).

Le récit, donc, se centre sur une tragédie finalement bien plus humaine que maritime. Le phénomène de huis clos, systématique sur un bateau ou sur de petites îles désertes, on aurait pu le retrouver dans un refuge de montagne, par exemple. La personnalité de Jéronimus est complexe et, malgré tous ses efforts (Dabitch fait bien progresser son récit, insistant sur de multiples petits instants de « basculement » qui entraînent inexorablement le personnage vers la folie), l’auteur ne sera pas parvenu à me faire entrer dans la tête de son personnage, ni (et encore moins) dans celle de ceux qui le suivent dans sa folie meurtrière. Il y a un moment où je ne les comprends plus. Cela devrait me rassurer mais, allez savoir pourquoi, je suis tout de même un peu déçu.

Un bon récit, donc, très intéressant par son sujet, historiquement fidèle (du moins me semble-t-il), disposant d’une ambiance oppressante omniprésente, intelligemment narré par l’auteur (qui garde une certaine distance vis-à-vis du récit) mais qui ne m’aura malheureusement pas permis de sombrer dans la folie (ne fusse que le temps de ma lecture) en compagnie de son personnage central.

A lire, certainement ! Je ne crois pas que l’achat serait regretté mais un emprunt préalable me paraît plus prudent, tant ce récit a des qualités spécifiques.

Nom série  L'Autoroute du soleil  posté le 24/11/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J’en attendais sans doute trop …

Le récit est cependant plaisant, bien rythmé. Le découpage est soigné. Les dialogues sont vivants. Les deux personnages centraux sont charismatiques.

Oui, mais voilà, l’ensemble me semble souvent tomber dans la facilité. Dans les dialogues, certaines répliques sont très convenues. Dans les rebondissements, certains hasards sont plus qu’heureux. Dans les rencontres féminines, quelle chance de croiser autant de filles enthousiastes à l’idée de s’envoyer en l’air avec le premier venu.

Alors, me voilà le cul entre deux chaises. D’une part, cette lecture m’a diverti. D’autre part, elle m’a semblé convenue.

Enfin, la faible présence de contexte social (hormis au tout début du récit) aura sans doute joué un rôle dans mon peu d'engouement. Il n'est pas normal que ce soit la séquence consacrée à la destruction d'un haut-fourneau, événement des plus secondaires dans ce récit, qui me touche le plus et pourtant c'est pour moi le moment le plus émouvant.

Pas mal, sans plus. Achat tout de même conseillé car c’est un album qui se relit facilement grâce à son côté divertissant.

Nom série  Voyage sous les eaux  posté le 24/11/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
J’ai pas accroché.

Tout d’abord, le dessin m’est apparu trop peu détaillé, manquant de profondeur. Et comme l’auteur n’hésite pas à privilégier les cases de grande taille, ce vide se fait encore plus ressentir. Alors, le style a beau être d’inspiration baroque, sans précision ni profusion de détails dans les décors, le résultat ne peut me convaincre.

Ensuite, le scénario de Rivière ne m’est pas apparu comme une réussite. A l’instar de ce qu’il avait fait dans mémoires posthumes (un autre album que j’avais plus que moyennement apprécié), il tente de créer une intrigue autour de Jules Vernes et de deux de ses récits les plus célèbres (et mes deux préférés, ce qui peut partiellement expliquer ma déception). On n’est donc ni dans une adaptation de roman, ni dans une biographie mais dans une fiction qui mélange éléments des romans, intrigue originale et personnages réels … Et, très honnêtement, je ne vois pas l’intérêt de la démarche. Les romans me sont apparus incroyablement appauvris (mais même une adaptation fidèle aurait certainement appauvri pareils pavés), l’intrigue originale ne m’a pas passionné et le personnage de Jules Vernes n’occupe qu’un rôle finalement peu important. Enfin, le récit ne m’a pas semblé avoir une quelconque valeur biographique (mais là, je peux me tromper ne parvenant pas à discerner le vrai du faux dans les quelques éléments apportés à ce sujet).

Je suis entre le « bof » et le « pas aimé ». Parce que la démarche est originale (même si je n’en ai pas saisi l’utilité), je ne serai pas trop sévère. Mais cet album ne m’a pas du tout apporté ce que les deux romans de Jules Vernes m’avaient offert (aventure, aspects scientifiques et technologiques, personnages passionnants, suspense, décors riches et bien décrits).

Nom série  Fais péter les basses, Bruno !  posté le 19/11/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Genre : polar.
Personnages :
a) quelques vieux truands à qui on ne la fait pas ;
b) un vrai méchant ;
c) un jeune illégal d’origine africaine.
Humour : omniprésent.
Intrigue : simple mais efficace.
Structure : basique et linéaire mais belle progression.
Suspense : absent. La fin est rapidement prévisible.
Qualité principale : les dialogues.

Résultat : je me suis bien poilé ! L’album ne révolutionnera certainement pas le genre, mais pour passer un bon moment, il convient à merveille.

Je le range aux côtés d’un « Braquages et Bras Cassés » dans ma bibliothèque perso. C’est sûr que je le relirai de temps à autres, celui-là.

Nom série  Les Compagnons du Rêve  posté le 19/11/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
En ce qui concerne le dessin, je n’ai aucun reproche à faire. Cette ligne claire est belle, précise et agréable dans ses décors. Les personnages sont bien typés et les rôles féminins sont séduisants.

Pour le scénario, par contre …

Au début, la dimension fantastique m’intriguait. Malheureusement, l’absence d’explications claires a vite entraîné chez moi un sentiment de frustration. Rien ne m’énerve plus qu’un concept fantastique auquel je ne comprends rien !

Et lorsque je me décide à simplifier le concept (en le réduisant à une simple opposition entre le bien, organique et basé sur la capacité à rêver, et le mal, matériel et destructeur de rêves), le côté aventuresque de la série se résume à peu de choses. Alors, bon, ce n’est pas déplaisant mais pas vraiment trépidant non plus.

Reste l’univers étrange, une galerie de personnages bien diversifiée (et certains d’entre eux m’ont intrigué) et, surtout, le dessin de Beja très agréable à l’œil pour me mener au bout des deux tomes.

Pas suffisant pour me convaincre ou hors de ma portée, je ne sais trop.

NB : à la fin du second tome, nous avons droit à une interview des deux auteurs. Une interview bien utile, d’ailleurs, qui m’a permis de mieux comprendre leur démarche et de mieux connaître leurs goûts personnels, influencés par le surréalisme entre autres.

Dommage qu’elle ne m’ait pas permis de mieux comprendre le concept.

Nom série  Les Années Spoutnik  posté le 17/11/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Sourire, rire et être ému par un même récit est un plaisir rare. Ce que j’ai lu ici m’a permis de l’atteindre avec brio ! C’est une petite merveille … une pépite … un de ces récits qui devraient être remboursés par la sécurité sociale tant ils font du bien au cœur !

Parce que là, l’espace d’un temps, je me suis retrouvé dans la cour de récré de ma jeunesse. Même candeur, même fraîcheur, même sens du jeu avec toute la dramaturgie enfantine qui y est liée, le récit de Baru est tellement simple et sincère, tellement tendre et joyeux, tellement truculent que j’ai plongé à pieds joints au cœur de cette bande d’écoliers et de ce quartier populaire.

Pour tout vous dire, j’ai l’habitude, après mes achats réguliers, d’aller savourer une petite bière spéciale en feuilletant mes acquisitions. Rarement dans le brouhaha d’un café, je parviens à me concentrer sur un album au-delà de la vingtième page. Exceptionnellement, j’arrive à la fin d’un format traditionnel (45, 52 pages), que je peux alors qualifier de passionnant. Ici, ce n’est qu’après 122 pages et trois Orval que j’ai relevé la tête hors du guidon. Et encore, j’ai eu du mal ! Si je n’avais pas été en voiture, j’aurai sans doute mené la lecture de cette intégrale jusqu’à son terme.

Parce que, mon dieu ! Que c’est frais ! Que c’est vivant ! Un mot wallon me vient à l’esprit : spitant ! Oui, ce récit, il « spite », il gicle de vivacité, de gaieté, de joie de vivre …

Que dire de plus ? Que les planches consacrées au foot « de rue » sont les plus vraies que j’ai jamais lues ? Que le trait brut de Baru est d’une efficacité jamais prise en défaut ? Que les petites anecdotes sentent l’instant vécu ? Que les passages caricaturaux sont à se tordre de rire (ahhhh, ces scènes autour de la table de la cuisine où le gamin fuit le chat à neuf queues de sa mère) ? Que la candeur du récit n’empêche pas la gravité du contexte social ? Que l’album est un hymne à la société multiculturelle ?

Oui, je pourrais dire tout ça, et bien plus encore …

Alors voilà, si comme l’auteur (et comme moi), vous gardez de votre enfance le souvenir de matches de foot endiablés, de grosses bagarres entre bandes, de sarbacanes, d’inconscientes bêtises, de premiers émois, de voisins dont on ne comprenait pas un traitre mot, vous aimerez sans doute ce récit.

A 10 ans, chaque penalty que l’on tire dans la cour de récré, c’est en finale de la Champion’s League qu’on le tire. Baru vient de me le rappeler de fort belle manière ! Merci …

Nom série  Bruxelles Métropole  posté le 17/11/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
La série se distingue par la qualité du travail effectué sur la colorisation. Personnellement, je trouve qu’à la longue, ce style devient trop chargé mais je ne peux que souligner les efforts consentis pour obtenir ce résultat. D’ailleurs, prises individuellement, certaines cases sont, à mes yeux, très belles.

Le dessin de Santander n’est pas en reste et, même s’il manque parfois de précision pour totalement me séduire, la qualité des décors et telle que je ne peux que féliciter son auteur.

Reste le scénario … On ne peut pas dire qu’il soit mauvais, non. Les événements s’enchainent avec logique mais, d’une part j’ai l’impression d’avoir déjà lu ce genre d’histoires des milliers de fois et, d’autre part, la place laissée à l’aspect graphique est telle qu’il ne reste plus trop d’espace pour développer l’intrigue. L’histoire, linéaire, se lit vite, très vite, trop vite.

Pas mal, sans plus … Le lecteur qui accorde la prédominance au dessin trouvera peut-être l’achat justifié (surtout s’il connaît bien Bruxelles). Celui qui accorde plus d’importance à l’histoire se passera certainement de cette acquisition.

Nom série  Macabre  posté le 17/11/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Un album très soigné, bien servi par le style graphique de l’auteur, et respectueux des œuvres adaptées (et de leur ambiance), voilà ce que j’ai eu plaisir à découvrir ici.

Album soigné : la présentation des planches avec cette couleur de fond brunie et ces encadrements très victoriens dans l’esprit m’ont plongé dans l’ambiance.

Le trait de l’auteur, faussement naïf, très expressif et très lisible, apporte un côté désuet aux nouvelles. Ce qui leur convient bien ! De plus, ce côté démodé n’empêche pas une certaine noirceur.

Les nouvelles adaptées offrent un bel éventail de la littérature d’épouvante du XIXème siècle. Seul Lovecraft émarge au XXème mais son style ne dépareille pas du tout aux côtés de Maupassant ou de Stevenson. A titre personnel, je regrette l’absence de Poe mais, d’un autre côté, le choix d’auteurs moins connus m’aura permis de découvrir de nouveaux récits.

L’ambiance victorienne est bien présente et l’idée d’ouvrir chaque court récit avec l’auteur original est très plaisante.

Un bon album. Je ne regrette pas de l’avoir acheté.

Nom série  Pin-up  posté le 17/11/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Trois cycles aux qualités différentes constituent cette série pareille à nulle autre. A mes yeux, la force de ce récit réside bien dans l’originalité du thème de départ, et le premier cycle, mon préféré même si ce n’est pas le plus trépidant, est à ce titre très original. Beaucoup d’histoires s’y croisent, l’utilisation des strips de Poison Ivy apporte son côté décalé, les personnages se complexifient au fil des pages, l’évocation historique, même si elle n’est pas essentielle, est bel et bien présente. Ce premier cycle est prenant même si j’ai parfois du mal à suivre Yann dans ses pistes et théâtres multiples.

Le deuxième cycle est toujours plaisant à lire, mais moins original. J’ai toutefois aimé la manière dont la période de la guerre froide est abordée. Le scénario est bien construit mais plus linéaire. De plus, on s’éloigne du monde des pin-up. A contrario, le suspense est plus présent que dans le premier cycle.

Le troisième cycle est, à mes yeux, le moins inspiré. En compensation, le trait de Berthet y atteint son apogée. Les personnages deviennent fort convenus, les rebondissements me semblent plus prévisibles et la fin m’est apparue expédiée. Ce cycle se laisse toutefois lire et l’originalité de certaines séquences compense le côté trop prévisible de la plupart des rebondissements.

Pas mal du tout, en résumé, même si la série perd de son originalité au fil des tomes.

Nom série  Keos  posté le 17/11/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Même si je ne suis pas un passionné d’égyptologie, je suis naturellement attiré par les récits reposant sur une base historique solide. Avec Jacques Martin aux commandes, j’étais sûr d’être satisfait de ce point de vue. Je craignais par contre le côté poussif de ses intrigues. Le ton très emphatique qu’il aime employer n’est pas de nature à me passionner et cela s’est encore une fois vérifié dans cette série.

Je ne m’attendais pas à ce que les auteurs laissent autant d’espace à la dimension fantastique dans leurs intrigues. L’équilibre entre cette dimension et l’aspect historique est toutefois assez joliment atteint, avec, d’une part un théâtre très réaliste dans ses décors et, d’autre part le respect de l’esprit des contes et légendes religieux.

Demeurent cette narration poussive et sentencieuse, ce côté trop lisse des héros et ce côté trop sérieux qui empêche toute forme d’humour. Ces trois aspects, récurrents chez Martin, m’empêchent de monter au-delà d’un pas mal sans plus. Mais la série est réalisée avec soin et sérieux et, pourvu que vous aimiez ce genre d’œuvres académiques, vous apportera son lot de satisfactions.

Nom série  Poupée d'Ivoire  posté le 17/11/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J’aime Franz, et ce n’est pas cette Poupée d’Ivoire qui me fera changer d’avis.

Tout d’abord, il y a ce trait, riche, travaillé, dynamique et d’aspect si spontané. L’auteur aimait les chevaux et cela se sent tant ceux-ci « bougent » avec naturel sous son trait. Ses personnages humains sont eux aussi très « vivants ». Faciles à distinguer, naturels dans leurs mouvements, expressifs et dynamiques, ils donnent vie à la saga.

Ensuite, il y a « ses femmes ». Les personnages féminins de Franz dégagent souvent plus de charisme que les rôles masculins. C’est encore le cas ici même si les personnages principaux, tous sexes confondus, sont tous intéressants … mais la poupée d’ivoire demeure la plus attachante de la bande. Sensuelle, drôle, capricieuse, audacieuse, impulsive et capable d'auto-dérision, elle mène la saga à sa guise et constitue, à mes yeux, un des personnages les plus réussis du monde de la bande dessinée. Dans cet univers barbare, intuitif, animal, le simple fait qu’elle se pose des questions sur sa propre animalité lui confère une humanité incroyable.

Pendant six tomes, cette série m’offrira un vrai souffle épique. Durant ces six premiers tomes, en effet, l’aventure consistera en une incroyable course vers l’avant. L’avenir est devant les principaux acteurs et ils n’auront de cesse de l’atteindre, découvrant constamment de nouveaux horizons, de nouvelles coutumes et de nouveaux personnages. Il y a bien une grosse facilité scénaristique avec le fait que toutes ces peuplades parlent un langage commun (ou du moins parviennent à se comprendre), mais cela ne m’a pas dérangé car la volonté de reconstituer un théâtre historiquement crédible est telle que ce procédé m’a permis d’apprendre pas mal de choses sur les contrées traversées tout en gardant le dynamisme du récit.

Et puis, il y a chez Franz la volonté de créer une série « barbare ». Copuler, tuer, voler sont les trois actions les plus récurrentes. C’est bestial, organique et, je trouve, assez jouissif. D’autant plus qu’il y a une progression dans ce récit et dans le comportement des acteurs, mais aussi parce qu’il y a l’humour de Franz et un certain sens de la morale. Ses personnages, même s’ils tuent, violent, pillent, ont une conscience morale qui leur apporte une réelle profondeur. Et tout cela est enrobé d’un second degré léger mais omniprésent.

Restent les trois derniers tomes, qui s’assimilent à un retour au foyer. L’aventure est encore au rendez-vous mais ça sent quand même la fin des vacances. Les tomes 7 et 9, surtout, m’ont paru très faiblards.

Franz est malheureusement décédé durant la réalisation du dernier tome. Ses remplaçants sont parvenus à conclure le récit mais ces changements (surtout au niveau graphique, tant il est difficile, voire impossible de succéder à pareil monstre du pinceau), qui s’ajoutent à la chute de niveau des derniers tomes, me laissent sur une triste impression.

Pour les six premiers tomes, j’accorderais un franchement bien enthousiaste. Pour les trois derniers, je dirais pas mal sans plus. Pas mal du tout pour l’ensemble, avec achat conseillé pour cette belle épopée barbare qui nous promène des steppes mongoles aux frontières de l’Asie en passant par tellement d’endroits qu’il m’est impossible de tous les citer.

Et, une fois de plus, je sors de ma lecture en me disant que Franz avait vraiment un style unique, identifiable entre tous. Total Respect !

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