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Nom série  Adopte un thon.com  posté le 16/04/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Sympa ! C’est sans nul doute le premier qualificatif qui me vient à l’esprit à la fermeture de ce bouquin. Sympa… pas révolutionnaire, pas super original, mais sympa.

Déjà, le titre est un poème en soi, et s’explique par le pseudo malencontreusement choisi par notre anti-héroïne. Le t(h)on est donné, on est dans le léger pas prise de tête et gentiment moqueur. La structure offre des gags en une planche qui forment une histoire complète. Une structure de plus en plus en vogue et bien maîtrisée dans le cas présent.

Le dessin est plutôt minimaliste et parfois maladroit mais expressif et (à l’image de l’album) sympathique. Il suffit de jeter un œil sur les seins des personnages féminins pour comprendre le degré de finition de ce dessin, mais, quelque part, cette façon de dessiner m’a amusé. C’est frais, jeune, pas prise de tête… sympa, quoi…

Le thème central est bien entendu la quête du grand amour via les sites de rencontre sur internet mais l’auteure a l’intelligence de parfois sortir de cet univers restreint pour varier quelque peu les plaisirs. L’ensemble se lit vite et sans lassitude. Cela sent le vécu et le personnage principal attire naturellement la sympathie par sa maladresse, sa distraction, ses contradictions et sa simplicité. Il y a un « je ne sais quoi » de Bridget Jones dans cette trentenaire looseuse sur les bords et bien souvent à côté de la plaque.

La majorité des gags m’auront fait sourire tandis que l’un ou l’autre m’aura franchement fait rire (ah, ce merveilleux correcteur d’orthographe !) Certains tombent également à plat mais ils sont rares. Un exercice réussi, donc, dans son ensemble.

Pas révolutionnaire… mais sympa. Une lecture conseillée pour un pur moment de détente sans prise de tête.

Nom série  Combattants du rail  posté le 08/04/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Ce n’est pas la première fois que je dis ça d’une production des éditions Zéphyr mais je trouve le cadre historique de cette série des plus intéressants. En effet, je connais peu d’ouvrages ayant pour sujet la problématique des transports ferroviaires et le sort des cheminots durant la seconde guerre mondiale… et j’avoue que cet aspect m’a de suite intrigué.

Par ailleurs, cette série ne se cantonne pas à une représentation historique de cet aspect. L’aventure et la fiction sont également au rendez-vous. Il y sera notamment question de vengeance, avec des protagonistes moins manichéens que d’apparence. Et dès ce premier tome, on peut constater que le récit va s’articuler sur une double intrigue… qui ne devrait bien vite ne plus en former qu’une. Cette intrigue permet d’introduire un personnage féminin au caractère bien trempé et un officier allemand d’apparence cruelle (mais qui pourrait bien avoir de bonnes raisons de l’être).

Le dessin, dans sa veine semi-réaliste, est agréable à l’œil. Les décors sont fort bien reproduits et les amateurs du genre devraient prendre plaisir à retrouver quelques locomotives à vapeur passées dans la légende. Malheureusement, les personnages, s’ils sont aisément différentiables, paraissent de temps à autres quelque peu figés. Il y a là, je pense, matière à progresser mais c’est une sorte de constance chez ces dessinateurs « techniques ». A croire que précision et dynamisme sont difficiles à concilier.

Par ailleurs, la série n’est pas dénuée de menus défauts. Les personnages sont quand même souvent stéréotypés tandis que les dialogues manquent de naturel. Quant à l’intrigue, et bien (et sauf erreur de ma part), elle me semble déjà bien dévoilée à la fin de ce premier tome… ce qui ôte une bonne part de suspense pour la suite.

En gros, c’est pas mal et j’ai aimé ce cadre original mais cela manque encore un peu de finesse pour que j’en conseille l’achat. A voir si la suite parvient à relever le niveau, auquel cas il s’agirait là d’une œuvre originale dans le domaine du récit militaire.

Nom série  Coeur de pierre  posté le 08/04/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
La couverture à elle seule est un poème et justifie pleinement l’achat de l’album. J’aurais cependant été déçu si je n’avais trouvé à l’intérieur de ce livre de quoi satisfaire ma soif d’histoires.

Heureusement, le contenu n’est pas loin de valoir le contenant. Le dessin reste admirable tandis que l’histoire ne se résume pas à un basique conte pour enfants. De plus, comme dans leur précédente collaboration (« Aristide broie du noir »), les auteurs ont recours à un récitatif en vers qui musicalise la lecture et laisse l’espace nécessaire au dessin pour s’exprimer.

Et c’est à la fois bercé par les mots et charmé par le dessin que j’ai suivi ce beau récit, moins convenu et plus fin que celui auquel je m’attendais (que du bonus, en somme).

Ce conte :
- exploite le triangle amoureux avec finesse ;
- est sombre et lumineux à la fois ;
- est adapté à un jeune public sans être naïf ;
- offre de très belles planches sur lesquelles il fait bon s’attarder ;
- nous berce de belles phrases, telle « … ce cœur vide trop lourd à porter » ;
- ne tombe ni dans la nunucherie ni dans le manichéisme ;
- ravira bien des tranches d’âge ;
- est source de réflexion quant à sa conclusion ;
- baigne dans un esprit « burtonien » grâce à sa poésie noire.

En résumé : cet album est une réussite.

Seul (petit) reproche : certaines phrases auraient mérité un peu plus de travail dans leur structure. Séverine Gauthier a parfois opté pour la clarté au détriment de la musicalité, alors que je pense que les deux pouvaient aller de pair.

Mais ne boudons pas notre plaisir, c’est franchement bien !

Nom série  Après-guerre  posté le 28/03/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Nouveau diptyque du duo Warnauts et Raives, cet Après-guerre est la suite directe des Temps Nouveaux, déjà parus dans la même collection. Nous retrouvons donc les mêmes personnages tels que nous les avions laissés à la fin du diptyque susnommé.

Le cadre historique est bien retranscrit et intéressant pour qui cherche à en savoir plus sur l’immédiat après-guerre. L’histoire se développe en différents lieu, des Ardennes belges à Berlin en passant par Paris, Liège ou la Russie. La représentation de l’époque se veut réaliste et se révèle riche en informations (marché noir, question royale en Belgique, division de Berlin, début de la guerre froide, sort des Belges des cantons de l’Est (équivalent belge de l’Alsace et de ses « malgré-nous »)). Tout cela alourdit considérablement une lecture qui, de ce fait, ne s’exécute pas en ¼ d’heure.

Ce genre de structure possède les avantages de ses inconvénients… et inversement. J’ai grandement apprécié le côté instructif de l’ouvrage mais, à force de m’intéresser aux faits et à la situation politique de l’époque, je n’ai pas éprouvé d’empathie pour les personnages, et surtout pour Thomas (personnage principal de la série). Il me faut avouer que déjà dans le précédent diptyque, ce personnage ne m’avait pas spécialement touché… je reste donc dans la continuité.

Mais s’il est un aspect qui m’a marqué, c’est l’évolution du dessin. Et, pour tout dire, je l’apprécie bien plus sous cette forme moins fouillée mais plus naturelle que dans les œuvres précédentes du duo. Attention ! Cela reste du dessin léché, et les décors sont restitués avec un souci de véracité manifeste, mais les personnages dégagent quelque chose de plus impulsif, de plus dynamique. Ils semblent moins prendre la pose (même si les personnages féminins des auteurs ont toujours bien la même physionomie). Naturel, c’est vraiment le mot qui me vient à l’esprit quand je cherche à définir cette évolution, et je suis fan ! La colorisation, elle aussi, m’est apparue plus nuancée et plus subtile. Ce qui est certainement dû au fait que les couleurs choisies sont moins vives et moins « brillantes ».

Au final, voici un premier tome qui devrait ravir les fans du duo et les amateurs de récits historiques en général et de cette époque de l’immédiat après-guerre en particulier. Un bon départ, à confirmer dans la suite.

Nom série  Nocturnes (Lombard)  posté le 28/03/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Avec Nocturne, Clarke prend le parti-pris risqué de jeter son lectorat dans une histoire extrêmement étrange sans l’y avoir préparé. En première lecture, j’avoue ne pas avoir su rentrer dans cet univers. Bien sûr, au fil de celle-ci les choses s’éclairent mais j’ai été tellement décontenancé tant par le concept que par ces dialogues dont le lecteur ne comprend le sens qu’a posteriori que je n’ai pas apprécié, tout simplement.

J’ai donc laissé le livre reposer quelques temps avant de le relire. Je dois bien reconnaitre que cette seconde lecture m’a bien plus plu. Le concept a déjà été exploité dans d’autres ouvrage mais la version de l’auteur, avec cette dimension fantastique décalée et angoissante, est bien pensée.

Au niveau du trait, et sans être tombé en admiration devant celui-ci, je l’ai trouvé efficace et totalement adéquat pour ce genre de thématique. Les personnages sont bien typés. En soi, ils sont peu expressifs mais comme nous sommes en compagnie de gens quelque peu amorphes (du fait même de ce qui leur arrive), cela m’a pleinement convenu. A noter : le culot de l’auteur d’avoir réalisé une planche totalement noire (même pas le moindre texte). Celle-là, il a pas dû mettre trop de temps à la réaliser… mais elle cadre parfaitement avec le scénario.

Enfin, le final continue d’un peu me décevoir. Je l’ai trouvé trop « facile », trop convenu… Je pense que conserver une petite part de mystère aurait été un choix plus judicieux.

Pour la notation, j’hésite. Après relecture, je trouve l’album pas mal mais sans considérer son achat comme prioritaire. Par ailleurs, l’album s’apprécie plus lorsqu’on peut le relire. Bon, alors, empruntez-le d’abord en bibliothèque et ne vous arrêtez pas à votre première lecture… quitte à l’emprunter une seconde fois. Vous pourrez alors juger de l’opportunité ou non de l’acheter.

Nom série  Les Voleurs de Carthage  posté le 27/03/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
La grosse originalité de cet album réside dans le lieu et l’époque auxquels l’histoire se déroule. En effet, réaliser un « casse » en temps de guerre et en profitant de la confusion régnante est une idée déjà exploitée à plus d’une reprise. Le réaliser à Carthage peu avant la chute de la ville face à l’envahisseur romain, ça, aucun réalisateur de peplum n’y avait songé !

Et, chose agréable, le contexte historique qui sert de théâtre à cette histoire est habillement exploité… tout en restant un décor ! On n’est pas dans la reconstitution historique et le ton employé est assez désinvolte, les dialogues sont vifs, l’humour est présent même s’il reste assez discret, les rebondissements sont légion (romaine (désolé…)) mais derrière tout ça se cache une grande connaissance de Carthage (ville natale du scénariste) et de sa prise par les Romains ! La petite histoire se greffe ainsi sur la grande avec beaucoup d’à-propos.

Ce premier tome se révèle riche en évènements mais malheureusement parfois très pauvre en cases (les planches pourvues de 4,5 ou 6 cases sont nombreuses). L’album se lit donc très rapidement et manque parfois de développement.

Le dessin, enfin, exploite la veine moderne des Kerascoët, Sfar et consort. Dans le genre, il est de qualité et les amateurs apprécieront. Le peu de cases par planche et le format de l’album assurent une grande lisibilité de l’ensemble. Je trouve donc un peu malheureux que les décors ne soient pas, parfois, un peu mieux détaillés.

Dans l’ensemble, ce premier tome m’a donc bien plu et je suis d’autant plus curieux de lire la suite qu’il se termine sur un « cliffhanger »… qui ne laisse pas que le lecteur en suspens !

Nom série  Conquistador  posté le 25/03/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Georges Van Linthout est un grand amateur de blues, et son « Mojo » réalisé en compagnie de Rodolphe m’avait laissé sur le cul.

Par conséquent, je ne pouvais passer à côté de cet album, construit sur la même thématique mais laissant plus de place à l’onirisme et surtout réalisé bien avant le « Mojo » susnommé.

La lecture fut plaisante mais pas pleinement satisfaisante. En fait, tout m’est apparu trop vite expédié. Le dessin est agréable, le personnage principal est attachant, les anecdotes qui parsèment l’album sont bien dans l’esprit « blues » du Delta… mais le format est trop bref pour que les auteurs puissent vraiment s’attarder en route. Or, le blues, c’est avant tout une question de rythme, d’alternance -voire même de symbiose dans les meilleurs des cas- entre la désinvolture et l’urgence. Chose que je n’ai pas vraiment retrouvée ici.

Le final est sans surprise mais cadre parfaitement avec l’esprit du récit.

Voilà, c’est plaisant mais comme l’auteur a (à mes yeux, du moins) fait mieux depuis, je n’ai pas été subjugué. Et même son trait au lavis me semble aujourd’hui mieux maîtrisé qu’à l’époque.

Conquistador est donc une bonne entrée en matière pour qui veut découvrir l’auteur dans sa version « blues » mais si vous ne devez acheter qu’une seule œuvre, optez plutôt pour « Mojo » qui est plus abouti à tous points de vue. De là à déconseiller l’achat, il y a une marge… Achat non déconseillé donc, mais pas prioritaire.

Nom série  Le Client  posté le 25/03/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Pas mal…

Cette classification correspond pleinement à mon sentiment à la fin de ma lecture. L’histoire se laisse lire mais ne surprend jamais. Le dessin est soigné mais ne m’a jamais subjugué. Les différents personnages ne sont pas dépourvus de charisme mais ne sortent pas spécialement des archétypes du genre.

Une fois de plus, je me rends compte que Zidrou est devenu un redoutable scénariste. Il parvient à capter mon attention alors que l’histoire qu’il se propose ici de nous raconter est des plus anodines (le client tombé amoureux de sa « régulière » et qui va tout faire pour l’arracher à ses proxénètes). Mon grand regret est que toute l’histoire sent l’eau de rose. Le méchant est finalement très compréhensif, le héros parvient à ses fins malgré un plan des plus foireux, et la prostituée semble sortir du milieu sans aucune séquelle (j’ai du mal à croire qu’une fille que l’on force à se prostituer ne soit pas droguée, avec des problèmes de dépendance à la clé).

Trop classique et trop propre sur soi pour totalement me convaincre mais tout de même agréable à lire… Pas mal, quoi…

Par contre, et comme le dit Pol, je ne peux que féliciter les auteurs pour ne pas être tombés dans le piège du "racolage" facile que ce genre de thème peut provoquer.

Nom série  Section Trident  posté le 20/03/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Sans crier au génie, j’ai trouvé avec cette section Trident de quoi satisfaire ma soif de lecture. Nous sommes ici dans un récit de type militaire avec des héros combatifs, compétents et personnes d’honneur. Face à eux, un complot qui risque ni plus ni moins que de provoquer une guerre avec la Chine.

Bon ! Les ficelles sont un peu grosses et je n’ai pas trouvé l’ensemble vraiment crédible mais l’action est au rendez-vous tandis que la visite du porte-avion « Charles de Gaule » est instructive (la majeure partie de l’action se déroule sur le navire).

On en apprend également plus sur l’un des personnages principaux grâce à de multiples flash-backs. Je ne vois pas ce que cela apporte au récit mais ces flash-backs ont le mérite d’éclairer une introduction qui m’était apparue des plus bizarres, de prime abord.

Le dessin, enfin, est d’une agréable qualité dans cette veine réaliste. Un travail marqué par l’utilisation de l’ordinateur (tant au niveau du trait que de la colorisation) mais, dans le genre, c’est bien fait !

Les deux premiers tomes offrent une histoire complète, mais devraient être suivis d’autres.

Pas mal… pas génial mais pas mal…

Nom série  Vito  posté le 20/03/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Un premier tome très prometteur.

La dimension fantastique est amenée avec finesse tandis que les personnages principaux s’imposent directement grâce à leur charisme et leurs parts de mystère. L’époque et la localisation géographique choisies (la Sicile de l’immédiat après-guerre) apportent encore une nouvelle touche d’originalité.

Par ailleurs, et malgré son originalité, cette histoire est fondamentalement classique dans sa mise en place (un jeune ado « monstrueux » en quête de son père, sa belle-famille sur le dos, est pris en amitié par un projectionniste ambulant marqué par la guerre). Et je suis grand amateur de ce genre de récit… pourvu qu’il soit bien mené.

Enfin, le dessin est d’une grande finesse, finesse encore rehaussée par une colorisation pastel. Là, franchement, c’est du très haut de gamme !!

L’album se lit vite et avec plaisir, avant de se relire plus lentement, histoire de mieux apprécier le dessin. Je suis impatient de retrouver ces personnages pour une suite qui, je l’espère, restera aussi accrocheuse.

Nom série  Vacadab  posté le 14/03/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J’ai trouvé là un récit désabusé avec une pointe de cynisme et d’amertume. Cet album parlera certainement à toute une génération de jeunes gens en quête d’un emploi motivant.

Vacadab nous propose en effet le portrait d’un vendeur débutant, engagé pour fourguer des aspirateurs hors de prix via un porte à porte plutôt agressif (il est formé en cela par un vieux briscard qui connait la musique). Le constat est amer, il fait ce boulot parce qu’il faut bien payer les factures mais ne peut qu’être dégouté par les techniques commerciales employées et démotivé par les nombreux refus essuyés.

La peinture sociale est juste, le ton employé ne rend pas le récit larmoyant mais j’ai ressenti une telle perte d’illusions chez ce personnage que je ne peux pas dire que la lecture soit amusante.

Le dessin, enfin, est très bon dans une veine semi-réaliste caricaturale. Le noir et blanc convient bien, tant pour souligner la qualité du trait que pour illustrer ces sombres propos.

Un bon récit, sans nul doute. A lire très certainement mais le côté « je n’aime pas ma vie mais je sais pas quoi faire d’autre » du personnage central ne me l’a pas rendu spécialement attachant (même si j’y ai vu le reflet de certains jeunes de ma connaissance), et sans empathie difficile pour moi de monter ma cote à franchement bien.

Nom série  Hurlements en coulisses  posté le 13/03/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Journal d’une tournée, ces Hurlements en coulisse sont l’œuvre d’un artiste que j’aime beaucoup : Etienne Moynot. Durant plusieurs mois, l’auteur va suivre un groupe, « Les Hurlements d’Léo », dans sa tournée, partageant le quotidien des musiciens et de leur entourage.

Et on ne peut pas dire que tout est rose dans ce carnet de voyage. Bien vite des tensions apparaissent entre les différents acteurs lorsque ce n’est pas un chauffeur de car incompétent qui accroit encore cette tension. Mais au bout du compte, il faut faire son set. Avec des hauts mais aussi des bas, les concerts s’enchainent, les anecdotes fleurissent au gré des rencontres, les musiciens se dévoilent peu à peu.

J’ai aimé la sincérité avec laquelle l’auteur réalise cette chronique. Il démythifie totalement l’univers du rock en nous présentant des musiciens très proches de nous. Ils ne sont pas parfait, l’un a un humour plus que lourd, l’autre ne consulte pas les autres membres du groupe quand il se doit… et la proximité constante imposée par la vie en car aménagé révèle et amplifie toutes les sources de désaccord. Enfin, Etienne Moynot nous livre ses propres préoccupations de l’époque, entre ses envies de musique jamais réellement assouvies et les difficultés rencontrées pour publier le livre qu’il préparait à l’époque.

Le traitement graphique privilégie la prise sur le vif. Le trait est jeté et en noir et blanc. Seules les quelques planches consacrées aux concerts proprement dits sont en couleur. De ce fait, ceux-ci apparaissent comme autant de points d’orgue clôturant la journée des musiciens et, parallèlement, un chapitre du livre ci présent.

Parce que les différents musiciens ne me sont pas apparus spécialement sympathiques, je n’ai pas ressenti d’empathie particulière. Par contre, le côté « chronique de la route » m’a bien plu. En résumé, c’est vraiment pas mal… mais pas spécialement touchant.

Nom série  Black Birds  posté le 13/03/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
La période choisie est intéressante. L’évènement clé sur lequel repose la série également. Le dessin est de qualité. Le duo de héros est extrêmement classique (un militaire rigoureux et une tête brûlée) mais ce type d’association a déjà fait ses preuves à de multiples reprises.

Alors, pourquoi n’ai-je pas trop apprécié cette lecture ?

Pour trois raisons, principalement.

Un découpage mal maitrisé dans le premier tome, avec des sauts temporels mal amenés. Ce premier tome s’intéresse en effet à la création de cette unité spéciale. On découvre notre duo de héros alors qu’il mène déjà des opérations secrètes pour la CIA et on les suivra jusqu’à l’apprentissage du pilotage de ce fameux avion-fusée qui leur permettra d’espionner l’URSS. D’un strict point de vue historique, les différentes phases sont intéressantes mais il manque un lien entre elles. De plus, commencer l’évocation d’une nouvelle période à l’aide d’une date nous aurait permis de mieux nous situer dans le temps. A la lecture, j'ai vraiment eu l'impression que ce tome avait été à la hâte amputé de certains passages.

Un scénario qui a parfois tendance à s’égarer. Dans le premier tome, nous suivrons les manœuvres musclées menées par des gens de l’ombre pour imposer un type de prototype plutôt qu’un autre (avec meurtres à la clé). En définitive, il apparait que ce prototype est des plus performants. Le lecteur est en droit de se demander pourquoi ce prototype a dû être ainsi poussé en avant, puisqu’il semblait bien être le meilleur choix. Présenter les autres concurrents aurait permis de justifier les manœuvres entreprises. Nous exposer ces meurtres sans les justifier me semble par contre d’un intérêt tout relatif.

Des femmes dénudées à la moindre occasion. Soyons clairs, je n’ai rien contre une scène érotique bien amenée. Malheureusement, ici, j’ai vraiment eu le sentiment qu’il fallait « mettre de la femme à poil » deux à trois fois par tome, que le scénario le justifie ou non.

Ajoutez à cela que le duo central est prévisible jusqu’à la caricature et que j’ai du mal à admettre qu’un parachutiste armé d’un simple pistolet puisse abattre un Mig ou qu’un escadron en phase d’attaque préfère piquer face à son ennemi en pleine phase de décollage plutôt que de le prendre à revers sous un angle où l’opposant n’a aucune chance de pouvoir se défendre et vous comprendrez mon désarroi.

Enfin, je crois qu’en s’en tenant strictement aux faits historiques, le scénario aurait gagné en crédibilité et en intérêt.

Pas très intéressant, donc. Et c’est regrettable car la période et les évènements évoqués étaient prometteurs et le dessin et la maquette de la série sont de qualité.

Nom série  L'épouvantail  posté le 06/03/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Comme tous les autres albums de cette collection, L’épouvantail est l’adaptation d’un roman noir. Dans le cas présent, je ne connaissais absolument pas le roman et j’ai donc découvert cette histoire en même temps que l’album.

Mon premier sentiment est que l’ensemble a de la gueule. Le dessin me plait énormément avec cette dominance de teintes jaunâtres et ce trait vif et expressif. L’ambiance qui plane sur le récit a lui aussi tendance à m’envoûter. On est entrainé chez des bouseux néozélandais, et plus précisément dans un petit village peuplé de personnages tantôt sympathiques, tantôt étranges voire inquiétants mais rarement très futés.

Malheureusement, malgré cette très bonne première impression, j’avoue sortir quelque peu déçu de ma lecture. En cause, une intrigue centrale qui n’a pas grand-chose d’intrigant et des coupures dans le récit, certainement dues à l’adaptation, qui (me semble-t-il, puisque je n’ai pas lu le roman original) prive le lecteur de quelques développements… qui pourtant m’auraient semblés être plus que nécessaires. Attention ! L’ensemble est compréhensible mais j’ai quand même eu ce sentiment qu’il manquait des pages au récit. Et c'est, je pense, le principal écueil à éviter lorsqu'on adapte un roman : réussir à offrir la même histoire sans donner le sentiment d'avoir coupé dans un récit.

Pas mal quand même mais un album qui vaut plus à mes yeux par l’ambiance général et la qualité du trait que par l’intrigue policière et la progression narrative.

Nom série  Des fragments de l'oubli  posté le 04/06/2012 (dernière MAJ le 06/03/2013) Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Etrange récit que celui-ci, à l’image des autres œuvres de la collection (ceci dit en passant)…

Etrange mais plutôt accrocheur, surtout à la fin de cette première partie, qui nous ouvre des portes auxquelles on ne s’attendait pas vraiment en entamant cette histoire.

En effet, tout débute à la manière d’un roman graphique. Une adolescente parle à sa mère absente au moyen d’un dictaphone et se plaint d’un père trop peu présent. Puis apparait le père, homme de spectacle plutôt extravagant, portant une tête de corbeau dont on ne sait s’il s’agit d’un masque ou d’une malformation… Et, progressivement, on est entrainé vers une histoire où se mêlent mal-être urbain, solitude et éléments fantastiques dont on ne sait s’ils sortent de l’imaginaire des personnages ou s’ils sont bien réels.

La drogue est également fort présente dans ce récit, sous sa forme douce ou sous celle d’étranges cachets phosphorescents. La drogue comme moyen d’évasion, un thème extrêmement actuel… mais qui me semble délicat à manipuler.

Et derrière tout cela se cache une fable, dont je n’ai encore aperçu que les contours à la fin de ce premier tome, une fable à dimension humaine, emplie de mélancolie et de solitude, qui nous parle d’incommunicabilité et d’évasion du quotidien dans l’imaginaire ou l’oubli. La progression lente, le ton introspectif, tout nous incite à partager cette mélancolie.

Tout cela est donc encore un peu confus mais prometteur… et pas franchement joyeux…

Au niveau pictural, le style de Serge Annequin m’a plutôt bien plu même si j’aurais préféré des planches un peu mieux finies. Ici, le trait apparait souvent brut, jeté. Il est cependant très lisible et facile d’accès et ne freine en rien le rythme de lecture. Ce trait donne une ambiance au récit, les couleurs souvent ternes sont en totale adéquation avec le thème mélancolique, le trait est rond, simple et s’efface au profit de l’intrigue.

Un premier tome prometteur, donc, même si je ne sais pas encore vers quoi l’auteur veut m’emmener. Pas mal du tout, je lirai la suite avec plaisir !


Après un premier tome qui avait réussi à m’intriguer, Serge Annequin continue son triptyque avec un deuxième tome plus déroutant encore.

Et je dois bien avouer que si j’avais été plutôt charmé par le début du récit, je me suis cette fois senti largué. Je ne vois vraiment plus vers quoi l’auteur veut emmener ses lecteurs. Certes, nous sommes toujours dans la thématique du masque, de l’apparence. Certes, il y a toujours une dimension fantastique assumée dans un récit par ailleurs très intimiste. Certes, c’est toujours agréablement mis en images. Mais je ne vois pas la finalité de ce tome !!

Comment s’intègre-t-il dans l’ensemble ? Quels sont les liens qui l’unissent au premier tome ? Quelles sont les passerelles qu’il nous faut voir ? Que se passe-t-il, finalement ?

J’espère que le troisième tome apportera les réponses à mes questionnements. En attendant, je n’ose plus vous conseiller l’achat. Franchement, j’attends d’y voir plus clair avant de me prononcer !

Nom série  Le Voyage des Pères - L'Exode selon Yona  posté le 29/05/2012 (dernière MAJ le 06/03/2013) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
L’exode selon Yona est la suite logique du Voyage des Pères et ne surprendra donc pas les fans du genre. Je dois même avouer que j’ai trouvé les deux premiers tomes de cet exode peut-être encore supérieurs à ceux qui composaient le premier cycle. Malheureusement, la suite souffre d’une relative baisse de régime. Rien de grave cependant et l’ensemble se lit avec un réel plaisir mais l’humour se fait moins remarquer tandis que certains personnages pourtant très sympathiques tombent dans une apathie que je regrette (Pharaon, notamment).

Si parmi vous certains n’ont jamais lu le voyage des Pères, qu’ils sachent que cette série (tout comme sa devancière) parvient à rester fidèle aux récits de la bible mais en offre une relecture où les anachronismes fleurissent grâce à des dialogues décalés et vivants tandis que les personnages mis en avant n’ont même pas obtenu le rôle de faire-valoir dans les récits bibliques. En clair, on s’intéresse au petit peuple confronté aux évènements les plus remarquables de la bible. La bonne humeur est de mise tandis que David Ratte excelle dès qu’il peut mettre un petit râleur en vedette. Et comme au niveau du dessin son style cartoonesque tout en rondeur offre un beau dynamisme et des visages des plus expressifs, l’ensemble fait montre d’une belle harmonie. C’est frais, vivant, léger, irrévérencieux en apparence mais fondamentalement extrêmement respectueux de la tradition judéo-chrétienne.

Pour moi, la série est dans l’ensemble une belle réussite même si, comme je le disais au début de cet avis, j’ai senti un petit coup de mou dans les deux derniers tomes. Par contre, si vous avez l’occasion de vous faire dédicacer un album par l’auteur, ne la manquez pas ! David Ratte est soigneux et à l’écoute de vos souhaits.

Ma cote oscille entre le 3/5 et le 4/5. Franchement pas mal du tout et une lecture que je conseille vivement pour un bon moment de distraction sans prise de tête.

Nom série  Crève saucisse  posté le 26/02/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Crève saucisse propose un polar bien ficelé sur le thème du mari cocu et de sa vengeance. Un thème très classique donc mais qui tire son intérêt de la personnalité et de l’humanité des différents acteurs de ce drame.

Les auteurs, en effet, ont pris soin de créer différents personnages proches de nous, à commencer par ce boucher fan de bandes dessinées. Son épouse, elle aussi, propose un profil intéressant car il ne tombe pas dans la caricature. Et finalement, on comprend toute la souffrance de ce couple. L’épouse infidèle reste touchante tandis que le mari cocu souffre bien plus de voir sa femme ne plus l’aimer que de savoir qu’elle l’a trompé.

L’album se lit avec plaisir mais cela en reste là. Le dessin illustre bien le propos mais n’est pas de nature à me faire m’attarder sur l’une ou l’autre planche. La colorisation manque de nuance pour apporter un réel plus.

Un bon divertissement mais il manque à ce récit un petit quelque chose (un peu plus d’humour, peut-être) pour que j’accroche pleinement. Par contre, son humanité et la justesse des personnages m’ont touché.

Pas mal du tout, en résumé.

Nom série  Asgard  posté le 04/04/2012 (dernière MAJ le 25/02/2013) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Avec Asgard, Xavier Dorison et Ralph Meyer signent un solide diptyque. Initialement prévue avec l’idée d’en faire une série des mondes de Thorgal, cette histoire a finalement été éditée chez Dargaud. On retrouve toutefois une partie de l’univers propre à Thorgal : des viking, une dimension fantastique… et un personnage principal qui nous rappelle (parfois un peu, parfois beaucoup) Argun Pied-d’Arbre.

Je comprends toutefois le choix de ne pas intégrer ce diptyque dans les mondes de Thorgal. En effet, l’histoire imaginée ici ne me semble pas vraiment cadrer avec la vision que les fans de Thorgal doivent avoir du passé de l’unijambiste.

Qu’à cela ne tienne ! Cette série se suffit à elle-même et si la surprise n’est pas vraiment au rendez-vous, l’histoire est assez prenante pour nous tenir en haleine de bout en bout. Ralph Meyer s’en donne à cœur joie pour illustrer cet univers de glace et de rocs, avec des découpages parfois joliment éclatés. Le scénario de Xavier Dorison est (une fois encore, serais-je tenté de dire) truffé de clichés et semblera fort balisé pour qui a déjà souvent lu ce genre de récits fantastiques, mais il parvient à rendre ses personnages attachants et les scènes d’actions apportent leur flot de séquences à grand spectacle.

Résultat : une bonne série d’heroïc fantasy, bien illustrée mais sans réelle surprise. Les amateurs apprécieront mais l’œuvre ne marquera pas les esprits. Du moins, il n’a pas spécialement marqué le mien.

Nom série  Pink Daïquiri  posté le 21/02/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
S’il y a bien une chose de remarquable dans cet album, c’est la manière dont il a été imaginé. Tout d’abord, il est composé de deux histoires, ces deux histoires ne sont pas mises l’une à la suite de l’autre mais présentées en recto-verso. Pourquoi un tel procédé ? Pour ne pas mettre l’une plus en avant que l’autre. Et c’est un fait que l’on peut commencer par le côté de son choix sans que cela n’influence d’aucune manière notre lecture. Pourtant les deux histoires sont on ne peut plus imbriquées l’une dans l’autre puisqu’elles partagent les mêmes personnages et le même espace-temps. Seulement l’une est vue du point de vue d’un personnage, et l’autre du point de vue… de l’autre. Ce système a pour gros avantage de bien mettre en évidence les mésententes dues aux malentendus. S’il n’y avait eu qu’un seul récit, on aurait constamment dû sauter d’un personnage à l’autre. Ici, on peut vraiment se concentrer sur le ressenti d’un personnage, puis sur celui de l’autre, pour enfin rassembler toutes les pièces du puzzle et avoir une vision d’ensemble.

Pour ce qui est du contenu, ces deux histoires présentent deux jeunes femmes en quête du grand amour. Et si la première passe d’un homme à l’autre en quête du bon, la seconde, échaudée par une histoire douloureuse, se montre bien plus farouche. Deux comportements totalement différents, donc, mais un même objectif. Je dois bien avouer qu’aucune de ces deux jeunes femmes n’a réussi à m’attendrir. Leur histoire n’est pas déplaisante à lire mais je n’y ai rien vu de remarquable. Non, l’intérêt pour moi est vraiment resté au niveau de la construction des deux récits, de la manière dont ils se répondent et se complètent tout en étant pleinement cohérents pris séparément.

Enfin, un petit mot sur le dessin confié à deux artistes brésiliennes. Dans l’ensemble, je l’ai trouvé plaisant même si je n’aime pas la manière dont l’une des deux dessine les joues de ses personnages (à chaque fois une espèce de gros griffonnage inesthétique est visible, encore accentué par une mise en couleur plus rouge ou plus foncée qui laisse à croire que lesdits personnages sont constamment gênés ou bourrés). Le style est résolument girly et plaira à la majorité des lectrices auxquelles le livre est principalement destiné. Par contre (et on en revient à la construction) j’ai particulièrement apprécié l’attention accordée à la cohérence des deux histoires. Les vêtements sont identiques à chaque instant, les personnages faciles à reconnaître, les lieux sont décorés de la même manière.

En clair : la forme m’a bien plu. Le fond m’a laissé indifférent. A lire une fois, pour se rendre compte du boulot réalisé. Mais je n’ai pas été assez touché par ce double récit pour vous en conseiller l’achat.

Nom série  Little Joséphine  posté le 21/02/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Récent prix œcuménique du festival d’Angoulême, cet album m’a attiré par la problématique qu’il analyse, à savoir la perte d’autonomie due au vieillissement et les solutions mises en place dans nos sociétés modernes. Oui, je sais, ce n’est pas le genre de sujet à lire si l’on veut s’évader du train-train quotidien. Par contre, je pense qu’il parlera à beaucoup d’entre nous puisque nous sommes de plus en plus nombreux à être confrontés à cette problématique.

Ce livre dispose d’un énorme atout en la personnalité de sa scénariste. En effet, Valérie Villieu parle d’expérience puisqu’elle est infirmière à domicile et Little Joséphine fut effectivement une de ses patientes. Le problème avec ce type de scénariste réside souvent dans leur manque de maitrise de l’outil bd. La narration peut alors se révéler confuse ou hachée, le découpage peut apparaitre mal équilibré. En clair, malgré un sujet intéressant, la bd peut se révéler pénible à lire. Et bien, ici, il n’en est rien. Je trouve même ce scénario très bien écrit ! Instructif et agréable à lire, c’est la combinaison gagnante.

Par contre, je suis un peu plus réservé sur le travail de Raphaël Sarfati. Si le découpage est bon, si la mise en image de certains passages plus symboliques est imaginative, le trait en lui-même m’est apparu souvent imprécis. C’est le style « pris sur le vif » qui veut ça mais par moments, ce côté trop « brouillon » m’a gêné.

Enfin, l’intégration de photographies dans cet album permet de cautionner le caractère authentique de l’histoire, et donc de plus l’humaniser encore.

Mais ce qui importe avec ce genre d’album, c’est avant tout le fond. Le témoignage de Valérie Villieu est instructif par plus d’un aspect même si (pour ceux qui sont concernés par le sujet) on retombe toujours sur les mêmes manquements : un système administratif déshumanisé, un manque de moyens et de temps à consacrer aux personnes désirant vieillir chez elles, un désintérêt généralisé pour la personne en fin de vie en général, un personnel souvent peu qualifié et sous-payé, des familles absentes pour de bonnes ou de mauvaises raisons. Ce livre ne fait donc que constater ce que nous savons (ou supposons) déjà, et, à lui seul, ne changera rien au problème. Il n’empêche que seule l’accumulation de ce type de témoignage peut nous pousser à revoir le mode de fonctionnement de nos sociétés. Ce livre est donc tout sauf inutile. De plus, on ne peut qu’être touché par cette petite vieille et par la complicité qui va naitre entre elle et son infirmière.

Un beau récit, une œuvre profondément humaine et un témoignage sur un problème de société auquel nous seront de plus en plus confrontés. Trois bonnes raisons de lire ce bouquin.

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