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... a posté 1915 avis et 346 séries (Note moyenne: 2.95)

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Nom série  Tard dans la nuit  posté le 27/10/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
L’avantage d’être insomniaque, c’est qu’on peut lire tard dans la nuit.

Pourquoi je dis ça ? Oh, comme ça, pour meubler… Parce que, en fait, sur la bande dessinée, je n’ai pas grand-chose à dire. Le dessin est pas mal sans être exceptionnel. Il souffre un peu du format réduit de l’intégrale mais, a contrario, ce format permet d’occulter le vide de certains décors. L’histoire met du temps à démarrer et est fort prévisible, mais se lit bien. La narration est bonne, les dialogues sont simples et directs. Les personnages présentent parfois des comportements psychologiques étranges. Leurs agissements et réactions me semblent parfois improbables, voire illogiques. Certains de ces personnages sont cependant attachants (le sheriff adjoint et la femme du sheriff, principalement) et je me suis intéressé à leur sort.

J’ai lu l’intégrale d’une traite, sans ennui (et sans trouver le sommeil) mais sans passion. Pas mal, mais pas assez marquant pour que j’en conseille l’achat.

Nom série  La Grande Guerre  posté le 27/10/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Résumer la première guerre mondiale en deux tomes de dimension classique est une entreprise impossible. Philippe Glogowski s’y est essayé et s’en sort avec les honneurs.

On n’évite pas la longue énumération des faits et événements, ce qui n’est pas de nature à dynamiser le récit. De plus, tout ici nous est balancé dans un rigoureux ordre chronologique. De ce point de vue, le diptyque n’est pas des plus attrayants. Par contre, la synthèse a le mérite d’être complète et l’auteur nous emmène sur toute la longueur du front. Nous avons donc droit à une intéressante vision d’ensemble. Celle-ci se concentre principalement sur les faits, et s’attarde beaucoup moins aux hommes. On en suivra bien l’un ou l’autre, prétexte à une légère humanisation du récit, mais l’approche est à l’opposé de celle de Tardi (par exemple), c’est bien de l’évolution du combat, des options tactiques, des jeux des alliances que ce récit se nourrit.

Le trait de Glogowski me plait. Je le situerais dans la lignée des auteurs réalistes flamands. C’est très lisible avec un encrage assez marqué. Les personnages ont parfois un aspect figé mais la rigueur de la reconstitution compense à mes yeux ce petit défaut.

Deux tomes que je réserverais à un lectorat adolescent (entre 13 et 16 ans). La lecture est par moment fastidieuse mais aussi très instructive. La structure très « scolaire » du récit pourrait rendre le diptyque intéressant dans le cadre d’un cours d’histoire (une bande dessinée reste tout de même moins rébarbative que la majorité des livres d’histoire). Pas mal, en somme. Réussi dans son genre mais avec les limites … du genre.

Je ne conseille pas l'achat à titre privé mais la série peut figurer honorablement dans toutes bonnes bibliothèques scolaires.

Nom série  Quéquette blues  posté le 26/10/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
J’ai vraiment bien aimé ce récit.

Tout d’abord, il y a ce prétexte de quête de la perte de pucelage. Ce « rite de passage », sujet d’angoisse grandissante au plus les années s’écoulent, est un thème fédérateur autour duquel la plupart des lecteurs (masculins en tous les cas) s’identifieront sans trop de problème.

Ensuite, il y a le ton employé. Désabusé, nostalgique, moqueur, ce ton convient parfaitement pour ce genre de sujet. J’aime toujours bien quand les auteurs se moquent d’eux-mêmes tout en jetant un œil nostalgique dans le rétroviseur.

Le principe de la bande de potes n’est pas pour me déplaire, non plus. Là aussi, il est facile de s’identifier ou de voir resurgir l’un ou l’autre souvenir de jeunesse.

Et puis, il y a cette ville industrielle, à la présence oppressante. C’est étonnant combien cette présence pèse sur le récit, sans en avoir l’air, sans qu’une quelconque analyse psycho-économico-historico-contextuelle ne soit faite. Non, cette présence s’impose, là, naturellement. Elle influence les comportements des acteurs sans même que ceux-ci en aient conscience. Et, à nouveau, cet aspect fait écho à mon propre passé. J’ai effectué mes études à l’ombre de hauts-fourneaux. Sans y avoir travaillé, j’ai pu m’approcher, comprendre et développer cet étrange rapport d’amour et de haine qui unit les ouvriers à la sidérurgie. Oui, le climat qui règne au pied de ce type d’entreprise est particulier, et Baru, avec beaucoup de naturel, l’a saisi dans sa bande dessinée.

Reste l’aspect graphique. Ce n’est pas ce que je préfère dans cet album mais Baru a un style efficace et lisible. Le côté brut de son trait convient bien au thème.

Un très bon récit dont mon appréciation est certainement influencée par mes propres souvenirs de jeunesse.

Nom série  Les Flammes de l'Archange  posté le 26/10/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Après avoir lu et grandement apprécié « Le Mystère Tour Eiffel », j’ai eu l’occasion d’acquérir le premier album (dans l’ordre chronologique) du duo Guérin-Lacaf. Et c’est une déception !

Pourtant, le trait de Fabien Lacaf me plait toujours autant. J’aime vraiment ce mélange de rigueur, de précision d’une part et de spontanéité, de personnalité d’autre part. A une époque où la plupart des traits réalistes ont tendance à se ressembler, Fabien Lacaf a un style reconnaissable entre mille. De ce côté, c’est du très bon boulot. Malheureusement, le scénario ne lui donne pas assez souvent l’occasion de s’exprimer. Alors que le Mont Saint-Michel offre une infinité de possibilités graphiques, le scénario se centre trop souvent sur les personnages ou sur des décors de second ordre (du moins, selon moi).

Mais, surtout, ce scénario ne m’apporte pas ce que j’attends d’un album de la collection Vécu.

D’une part, le paramètre historique est sous-exploité. L’apparition d’un druide à une époque tout de même avancée de la chrétienté m’est apparue anachronique et peu opportune. Le site même du Mont Saint-Michel est sous-employé et cette bande dessinée ne m’a pas permis de découvrir l’île comme je l’espérais.

D’autre part, l’intrigue est peu emballante. Les rebondissements sont convenus, les personnages caricaturaux. C’est relativement bien mené mais vraiment sans surprises.

Pour moi, on est entre le « bof » et le « pas mal, sans plus ». Grâce au dessin de Lacaf, j’opte pour la seconde cote mais sans conseiller l’achat. Non, franchement, ce duo a fait mieux depuis et cette première collaboration n’est pas un indispensable.

Nom série  Le Scorpion  posté le 26/10/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je suis arrivé au bout sans peine. L’histoire ne manque pas de rebondissements, de scènes d’escrime, de jolies femmes dénudées. C’est de l’aventure simple et efficace. Le dessin de Marini est superbe et tape dans l’œil.

Et pourtant …

Dieu ! Que cette série m’énerve !

Tout d’abord, il y a des « révélations » que l’on voit arriver de loin (mais alors là, de très loin) ! Non, franchement, l’identité de son père, vous en avez douté une seule seconde ? Pas moi ! Faut dire que Marini est un sacré dessinateur, alors lorsqu’il dessine le père et le fils, il y a un air de famille qui ne trompe pas. Et dire qu’il faudra au Scorpion sept tomes pour enfin aboutir à cette évidence (pas très fut-fut, le gaillard). Et puis, bon, son histoire d’amour, c’est pas hyper-cliché, peut-être ? Là non plus, on l’avait pas senti venir.

Ensuite, il y a ce héros, macho arrogant et peu fiable ami. C’est vrai, quoi ! A un moment, il abandonne son compagnon d’aventure, s’en soucie comme un poisson d’une pomme et lorsqu’il le retrouve (en même temps que sa monture que le brave homme avait pris la peine de lui ramener), pas un merci ne sort de sa bouche.

Quant à ses ennemis, ils devraient prendre quelques cours de tir. Le nombre de fois qu’ils lui tirent dessus, parfois à bout portant, parfois dans son dos, et qu’ils parviennent à le rater, ça tient du sabotage intentionnel !

Et la seule fois où un tireur fera mouche, ce se fera au détriment de toute logique historique. Qu’il atteigne sa cible à 50 mètres avec un mousquet, passe encore, mais avec un pistolet ?! Un peu de sérieux, je vous prie !

Autre aspect qui accroche : certains dialogues. Lors des scènes d’escrime, notamment, les auteurs lancent quelques traits (c’est de circonstance) d’humour (ce l’est moins). Surtout que ces petites répliques sortent souvent de la bouche du pauvre adversaire sur le point de se faire transpercer. Ces passages manquent d’à propos à mes yeux.

Et puis, par ailleurs, pourquoi nous rebalancer le sempiternel trésor des Templiers ? Y avait pas moyen de nous pondre autre chose, pour une fois ?

Voilà ! Beaucoup de points qui fâchent et pourtant j’ai lu la série sans réellement m’ennuyer. Le trait de Marini y est pour beaucoup. Pour le reste, je prends la série pour un divertissement pur, aussi réaliste qu’un Pirate des Caraïbes et aussi surprenant qu’un pot de fleurs chez un fleuriste.

Pas mal, mais pas vraiment à mon goût.

Nom série  Le Dernier Envol  posté le 25/10/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Pour une première œuvre, c’est vachement bien ! L’histoire, qui évoque le dernier vol de différents protagonistes de la seconde guerre mondiale, n’est pas des plus originales … tout en ne tombant pas dans les stéréotypes. Les profils sont bien construits, les aviateurs y apparaissent attachants et humains (un peu trop pour être honnête, même, selon moi).

J’ai apprécié le fait que les histoires se recoupent, mais je pense que, de ce point de vue, il y avait moyen de mieux faire.

Le choix des nations est bon, et logique à partir du moment où l’on sait que l’auteur est français (seule excuse à mes yeux pour mettre un aviateur français en évidence et au détriment des anglais, l’auteur aurait été tchèque, un aviateur tchèque aurait été présent tout aussi logiquement). Deux d’un côté, deux de l’autre, l’équilibre est respecté.

Le dessin des avions est très bon. Le monstrueux P-47 y apparaît aussi impressionnant que dans la réalité (à l’échelle humaine, ce chasseur dont l’hélice mesurait trois mètres d’envergure, m’apparaîtra toujours disproportionné). Les personnages sont nettement moins séduisants. Ils m’apparaissent souvent artificiels et figés, crispés.

Une première œuvre de qualité, en somme. Aidé par des scénaristes, l’auteur a fait mieux depuis (tant au niveau de l’histoire que du dessin) mais il n’a certainement pas à rougir de cet album. Un franc 3/5 avec conseil d’achat.

Nom série  Le Landais volant  posté le 25/10/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Après lecture de deux tomes, je trouve cette série vaine et bavarde. Le personnage central me saoule, ses aventures m’ennuient bien plus qu’elles me font rire (ou même sourire). Au fil des pages, l’humour devient de plus en plus scatologique, ce qui n’est pas du tout pour m’emballer.

Les dialogues sont lourds, peu incisifs. Par moment, j’ai l’impression qu’ils ont été écrits à la va-vite. Une négation est oubliée par ici, un mot par là, c’est peut-être voulu mais ce style ne me plait pas.

Les ellipses sont nombreuses. Bon, le récit se veut loufoque mais ce n’est pas une raison pour passer du coq à l’âne en deux cases.

Le dessin est agréable, sympathique, expressif mais, comme je n’aime pas le scénario, il me laisse finalement indifférent. Ce n’est pas le genre de dessin sur lequel je m’arrête pour admirer une case.

Une grosse déception, en somme.

Nom série  Tranquille courage  posté le 25/10/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Basé sur une histoire vraie, ce diptyque respire la sincérité. Les personnages sonnent « vrai », le contexte est bien redéfini et on se retrouve donc devant une classique histoire de résistance passive … de plus en plus active au fil du temps.

J’ai franchement bien aimé cette approche sous l’angle de l’anecdote. Les personnages n’y sont pas décrits comme des héros mais simplement comme des humains confrontés à une situation exceptionnelle. Il y a bien quelques longueurs mais, dans l’ensemble, j’ai trouvé le récit prenant, vivant, fluide, agréable à lire en somme. Les dialogues et comportements sonnent juste.

Reste le dessin, pour lequel je suis plus réticent. Non qu’il soit mauvais, bien qu’il sente tout de même l’œuvre de jeunesse, mais il manque cruellement de précision dans la reconstitution historique. N’espérez pas trouver un uniforme dessiné avec précision, un avion identifiable jusque dans ses détails. Ici, le contexte graphique est plus ébauché que travaillé en profondeur. Ce n’est pas bien grave, car l’œuvre s’attache avant tout à l’humain. On n’est pas dans une reconstitution historique mais dans l’évocation de personnages courageux. N’empêche, si cet aspect avait été plus soigné, mon appréciation d’ensemble aurait sans doute été rehaussée.

Un bon diptyque, dont je ne regrette pas l’achat. L’évocation de ce genre d’anecdote m’a rappelé certaines histoires de mes grands-parents et arrières grands-parents. Une agréable manière d’approcher l’histoire de la seconde guerre mondiale par le petit bout de la lorgnette.

Nom série  Murena  posté le 18/10/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Une bonne série historique, classique et qui me semble assez réaliste. J’ai trouvé ce que j’espérais : des complots, des gladiateurs, des intrigantes séduisantes, des décors plaisants et un solide fond historique.

Le dessin est bon, voire très bon pour les derniers tomes. Par contre, la colorisation du premier tome est à faire peur tant elle est vive. Heureusement, ce problème est vite résolu.

Pas mal du tout, en somme … et même franchement bien dans sa catégorie. Il y a finalement peu de séries traitant de l’époque romaine qui atteignent ce niveau de qualité.

Nom série  Brezza (la sirène du GogoSwing)  posté le 18/10/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Lorsque j’ai acheté l’album, Etienne M. m’a prévenu : l’histoire est un peu bizarre …

… je confirme …

Je lui avais dit que ce n’était pas spécialement pour me déplaire.

Je confirme.

Bien sûr, on a surtout droit ici à un exercice de style, à un travail enthousiaste non dénué de qualités … ni de défauts.

Commençons par ce qui fâche :
- le scénario est on ne peut plus décousu. Ce scénario est clairement un prétexte, un fil conducteur pour un récit qui s’en écarte à toutes les occasions ;
- dans les premières planches, la colorisation est beaucoup trop chargée. Etienne M. a un beau trait, fin, sensuel et expressif, qu’il gâche trop souvent par une colorisation « pâteuse », lourde. Erreur de jeunesse ou goût personnel ? Toujours est-il qu’au fil des planches, ce défaut a tendance à se corriger ;
- certaines planches tournent à la démonstration, au détriment de la lisibilité et de la fluidité du récit. J’ai parfois eu le sentiment d’être devant le travail de fin d’étude d’un élève doué mais peu soucieux de la vocation commerciale de son album ;
- j’ai senti tout le bonheur d’Etienne M. de pouvoir sortir son album, un bonheur qu’il voulait partager avec son entourage, offrant à ses amis la possibilité d’illustrer l’une ou l’autre planche. C’est très généreux de sa part mais je ne crois pas que ce soit une bonne idée. L’histoire s’en retrouve encore plus décousue, et puis, merde, c’était l’histoire de la rebondie Brezza que je voulais lire, moi, et non un album hommage de Brezza vue par les amis de l’auteur (ça, il pourra le faire quand il aura vendu 50.000 exemplaires des aventures de sa chanteuse stripteaseuse). Heureusement, ces planches sont rares, mais, même si elles sont parfois fort belles, elles sont de trop.

Les ponts négatifs sont donc conséquents … mais les points positifs ne sont pas absents, bien au contraire !

- Tout d’abord, son héroïne a de la personnalité. Elle a un look, un physique, une gueule. Elle est attachante, attirante, séduisante. Couettes, poitrine, fesses, elle a trop de tout (et c’est pour ça que je l’aime) ;
- l’univers de l’auteur est personnel et, à ce titre, l’album me sort de mes repères. J’aime être surpris et emmené ailleurs. Cet album y est parvenu ;
- ensuite, le côté démonstratif de l’album n’est pas qu’un défaut. Certaines planches sont vraiment agréablement construites. Il y a vraiment du beau travail, c’est juste regrettable que celui-ci ne soit pas toujours mis au service du récit ;
- inviter des copains sur l’album n’a pas, non plus, que des inconvénients. J’aime beaucoup la planche qu’une de ses invitées compose à l’aide de découpages des propres planches d'Etienne M. Je pense d’ailleurs qu’il y a là quelque chose à creuser ;
- et puis, comme je l’ai déjà dit, j’aime bien le trait d’Etienne M. J’aime sa finesse, sa rondeur, ses excès.

Etrange, décalé, décousu, personnel, cet album est, à mes yeux, plus un album destiné à montrer le potentiel d’Etienne M. qu’un album à vocation commerciale. Je ne regrette pas de l’avoir acheté, j’ai pénétré dans l’univers de l’auteur avec plaisir, y ai perçu un potentiel réel … mais je ne saurais conseiller l’achat.

… par contre, je continuerai à suivre l’auteur en espérant le retour de sa pulpeuse héroïne mais aussi en espérant qu’il trouve un juste compromis entre univers personnel et accessibilité au public lecteur.

Et puis, bon, la dernière page (qui n’est pas signée Etienne M.) m’a fait hurler de rire. Alors, forcément, je reste sur une bonne impression

Nom série  Le Corbeau (et autres meurtres noirs)  posté le 18/10/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Après lecture, mon premier sentiment était la déception : je n’avais pas trouvé une perle rare. L’album est sympathique mais manque d’intensité dramatique.

Et puis … et puis j’ai commencé à repenser à cette construction. Ce récit, qui se découpe clairement en trois époques, n’est pas inintéressant. Il y a une progression, une certaine logique. C’est trop lent pour moi mais très travaillé et bien construit, et, finalement, a postériori, assez amusant. Et, surtout, c’est très décalé, très personnel. Ce récit n’est pas du tout celui auquel je m’attendais, il ne s’agit pas d’un polar à proprement parler, et pourtant Sternis nous raconte la naissance d’un criminel (accidentel certes, inconscient sans doute, influencé par des événements d’apparence anodine certainement … mais un meurtrier tout de même). L’humour n’y est ni noir, ni blanc. A nouveau, c’est très personnel, pas convenu. J’avoue ne pas toujours avoir été séduit, j’ai le sentiment d’être parfois passé à côté, mais certaines séquences sont tout de même fort sympathiques (à commencer par un chien bien encombrant).

Le trait en noir et blanc de Sternis est d’une grande lisibilité. Expressif, séduisant dans ses personnages féminins, plus en recherche d’efficacité que de raffinement, il convient bien au genre sans atteindre des sommets. Parmi les belles réussites, je soulignerai à nouveau ce chien dont la gueule est souvent joliment croquée, mais aussi ses séduisants personnages féminins.

Je reste sur une impression très mitigée, une impression encore renforcée par un final que j’avais senti venir de trop loin et une dernière note d’humour qui tombe un peu à plat à mes yeux. Pourtant, après deux lectures, j’ai le sentiment de ne pas avoir déjà tout découvert. Je sais que je le relirai, je sais qu’à l’occasion je le feuilletterai pour l’efficacité de certains dessins. Je ne peux donc pas parler d’un album raté, ni en déconseiller l'achat mais son intérêt réside bien plus dans sa construction, dans la progression que dans l’intensité dramatique ou dans l’humour distillé.

Nom série  Niklos Koda  posté le 15/10/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Etrange série.

Je croyais découvrir une série policière ou d’espionnage et je suis tombé sur … autre chose. Bon, ça reste de l’aventure musclée avec des coups de feu, des enlèvements, des complots, des jolies filles en petites tenues, mais la dimension fantastique très présente coupe mon enthousiasme. Il est vrai que j’ai toujours eu du mal avec les récits d’apparence réaliste mais qui ne le sont pas.

Pourtant, la narration est bonne, les tomes s’enchainent et développent le sujet, les rebondissements ne manquent pas et, donc, je n’ai eu aucun mal à finir la lecture des dix tomes. Ça passe bien, ça coule tout seul, ai-je envie de dire. Bon, c’est vrai que ça passe d’autant mieux qu’Olivier Grenson a l’art de croquer ses héroïnes, belles à … croquer (justement) et que la qualité d’ensemble du dessin est pour beaucoup dans mon appréciation.

J’ai également apprécié le fait qu’il y a une cohérence dans tout ça. Au début, j’ai pataugé, prenant les récits comme s’ils étaient indépendants les uns des autres, et puis une certaine logique se dégage, des passerelles apparaissent qui expliquent certains phénomènes de tomes précédents. A ce titre, je pense qu’il est essentiel de lire les tomes dans l’ordre chronologique mais aussi qu’il est important de s’obstiner et de ne pas rester bloqué sur le quatrième ou cinquième tome en se disant que tout ça ne rime à rien … parce que, justement, cela rime finalement à quelque chose.

Reste que ce mélange de style (espionnage et fantastique dans des décors actuels très réalistes) n’est pas ma tasse de thé. Je l’ai lu parce que j’aime les femmes de papier d’Olivier Grenson, parce que la narration est fluide et que le récit offre sa dose d’action … mais la série est loin de m’avoir marqué et je n’ai pas spécialement envie de l’acheter.

Nom série  Une maison de Frank L. Wright  posté le 15/10/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J’ai été assez surpris de trouver ce genre d’album dans la collection Aire Libre. Un recueil de courtes nouvelles plutôt anodines, j’imaginais ça plutôt chez un éditeur spécialisé dans la collecte de récits oubliés plutôt que dans une collection ambitieuse, solide, « sérieuse » aurais-je envie de dire, comme l’est Aire Libre.

Mais, bon, c’est du Cosey et j’aime bien Cosey … en règle générale.

Pour être franc, j’ai trouvé l’album agréable à lire … par moments. La première histoire m’a bien plu et amusé, la deuxième est bien trop prévisible à mes yeux, la troisième est pas mal mais manque de développement (normal au vu du format), et j’ai eu du mal à entamer la quatrième … qui, de plus, finit en queue de poisson (tout en appréciant le clin d’œil aux grands classiques de la bande dessinée franco-belge). J’ai retrouvé certaines qualités que j’apprécie chez l’auteur (ses silences, ses non-dits, son humanité, le côté apaisant de ses histoires, une narration fluide, l’art de l’anecdote originale) mais, par manque de développement, je trouve l’ensemble léger, anodin.

Le dessin de Cosey, avec son encrage épais et son côté brut, reste agréable à l’œil mais je l’ai trouvé trop dépouillé, trop schématique sur la dernière histoire. Je croyais d’ailleurs avoir affaire à une œuvre de jeunesse alors qu’il n’en est rien.

Dispensable même si pas désagréable à lire, cette œuvre-là m’aurait sans doute plus marqué si je l’avais découverte dans une collection oubliée. J’aurais alors peut-être eu l’impression d’avoir découvert une petite pépite oubliée, mais ici, pour Aire Libre, elle manque d’ambition.

Pas mal, sans conseil d’achat (Aire Libre n’est pas une collection bon marché et recèle de suffisamment d’œuvres de grande qualité pour oublier celle-ci).

Nom série  Ni dieu, ni bête  posté le 12/10/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Cette philosophie à deux balles est pompante à la longue ! Alors, autant j’aime bien lire de temps à autres une de ces histoires courtes, autant m’envoyer l’intégrale derrière les mirettes m’a été pénible. Car, je dois bien l’avouer, je ne comprends pas du tout où Ptiluc veut nous entraîner. Veut-il seulement nous entraîner quelque part ?

Certains passages sont amusants, aucun ne m’a fait hurler de rire et aucun ne m’a donné à réfléchir sur ma condition d’homme. J’ai donc l’impression que toutes ces gesticulations sont vaines.

Peut-être suis-je passé à côté, mais je crois surtout que l’analyse de Ptiluc manque de pertinence.

Au niveau du dessin : pas de remarques particulières. Le style de Ptiluc est sympa, très expressif, dynamique et pas des plus précis (mais ça, dans ce genre de série, je m’en fous quelque peu).

A choisir, je préfère nettement « Pacush Blues », du même auteur, une série qui, outre certaines pensées philosophiques, propose des histoires bien construites, bien menées et qui suscitent la réflexion du lecteur. Tout le contraire de celle-ci (du moins, dans mon cas).

Nom série  Chats  posté le 12/10/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Je m’attendais à mieux mais j’ai vraiment eu un gros problème avec le narratif et les dialogues. Difficile de prendre l’histoire au sérieux lorsque Convard utilise des expressions telles que Saint Chirac et Motocrot. Et difficile de la prendre au second degré avec un récitatif si emphatique, si dramatique. J’ajouterai au tableau le langage des loups, très fatigant à la longue.

C’est regrettable car l’idée de départ, les comportements des personnages, les rebondissements de l’intrigue, en clair l’histoire en elle-même est digne d’intérêt.

La situation s’améliore dans les deux derniers tomes mais le malaise demeure : cette série a pour moi un problème de ton. De plus, si ces deux derniers tomes sont plus cohérents dans leur ambiance générale, ils sont moins intéressants dans leurs trames.

Au niveau du dessin, je ne suis pas trop fan du style de Convard, trop vide dans ses décors et très froid pour ses personnages. J’ai par contre bien apprécié la « tentative d’effets spéciaux » à la fin du quatrième tome. Je dis bien tentative car ce procédé n’est pas vraiment maîtrisé mais c’est original et pas rebutant.

Une série qui me fatigue par son ton oscillant entre emphase et grotesque dans ses trois premiers tomes, et qui ne me passionne pas dans son intrigue pour les deux derniers. Entre le « bof » et le « pas mal ». L’absence de vraie fin m’incite à n’accorder que 2/5.

Nom série  La Liste 66  posté le 11/10/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J’ai eu droit à un bon road-movie !

Je regrette l’évolution d’un des personnages dans le troisième tome, une évolution que je ne trouve pas vraiment crédible à la lecture des tomes précédents.

Je trouve la fin de la série un peu précipitée (le passage de 8 tomes à 5 joue certainement un rôle) mais sans que cela nuise à la cohésion de l’ensemble, ni qu’il me manque l’une ou l’autre explication.

J’aime bien le trait d’Eric Stalner et, une fois de plus, je le trouve efficace, très lisible, dynamique en cas de besoin et soigné dans ses décors. Mention spéciale à ses voitures américaines des années 50 … il est vrai que ces véhicules sont naturellement esthétiques.

Seul bémol : d’une série à l’autre, j’ai l’impression de retrouver les mêmes personnages car Eric Stalner utilise souvent les mêmes physionomies pour ses personnages principaux.

Particularité : pas une seule femme dénudée n’apparaît dans la série. C’est devenu tellement rare dans ce genre policier que cela m’a marqué. Je ne peux pas vraiment dire que cela m’a manqué, car le récit est bien construit et suffisamment prenant pour que je n’ai pas besoin de ce genre d’accroche-regard pour poursuivre ma lecture. Finalement, c’est plutôt la preuve de la qualité de l’intrigue.

Pas mal du tout, en somme. Le côté sans surprise de ce road-movie m’empêche d’aller au-delà d’un 3/5 avec conseil d’achat mais cette série est plus que correcte dans sa catégorie.

Nom série  Ella Mahé  posté le 11/10/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Un premier tome assez décevant. On est dans les lieux communs avec une héroïne contemporaine qui ressemble à une mystérieuse princesse-guérisseuse de la 18ème dynastie égyptienne, un étrange archéologue et l’évocation des fouilles du site de Toutankhamon.

L’ensemble est réalisé avec soin mais manque de piquant.

Très bon travail au niveau du dessin. Tant J.-F. Charles qu’André Taymans nous livrent de planches bien élaborées et riches de détails. L’opposition des deux styles est intéressante, mais la majeure partie de ce premier tome est illustrée par Taymans dans sa traditionnelle ligne claire. Ce sera d’ailleurs encore le cas des tomes suivants, J.-F. Charles se contentant d’illustrer une dizaine de planches par tome.

Il ne se passe pas assez de choses dans ce premier tome introductif pour que j’en recommande l’achat mais je jetterai un œil à sa suite, car l’ensemble est très soigné à défaut d’être palpitant. De plus, le couple Maryse et Jean-François Charles s’est associé à une belle palette d’artistes et ce sont Francis Carin, Brice Goepfert et Christophe Simon qui s’occuperont respectivement des tomes 2, 3 et 4.

Là on est entre le 2/5 et le 3/5. Au bénéfice du doute, et parce que l’album est soigné, j’accorde un petit 3/5.

Nom série  le Mystère Tour Eiffel  posté le 11/10/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Et ben voilààààà …

Ce récit est exactement ce que j’espérais sans le dire trop fort. Une bonne petite intrigue sert de prétexte à une évocation historique réussie avec comme élément central la construction d’un monument, historique lui aussi, et emblématique : la tour de ce cher Gustave.

Comme guide, nous avons droit à un jeune forgeron provincial, pas spécialement naïf mais pas préparé du tout à cette montée vers la capitale. Le personnage est sympathique et permet aux auteurs de nous faire découvrir Paris à travers un regard vierge.

Le ton employé, s’il est principalement sérieux, n’empêche pas quelques discrètes notes d’humour, qui humanisent le récit.

Au niveau de la reconstitution, nous avons droit à plusieurs éléments.

Tout d’abord la situation politique et économique. Entre les luttes d’influence (pour obtenir le marché de l’expo universelle) et mouvements anarchistes, cette évocation, même si elle reste superficielle, permet de bien prendre conscience du contexte dans lequel la tour fût construite. Les anarchistes sont fort présents dans cet album, et leur utilisation est bien pensée même si je regrette le manque de développement quant à leurs motivations, à peine suggérées dans le meilleur des cas.

Ensuite, le monde des arts n’est pas oublié. Notre jeune forgeron croisera quelques célèbres artistes de l’époque. Cela pourra peut-être paraître quelque peu forcé mais, à nouveau, ces rencontres permettent de resituer la construction dans un contexte global.

Outre ces rencontres, je tiens à souligner le bel hommage rendu par Lacaf à Renoir grâce à certaines illustrations. Je ne sais pas si c’est volontaire mais je suppose que oui. En tous les cas, c’est tout à fait adéquat, puisque le mouvement impressionniste est en cette fin de siècle enfin reconnu. Alors, lorsque Lacaf joue avec les taches de lumières qu’une place ombragée laisse filtrer sur le visage et la robe d’une charmante parisienne, je ne peux que songer à « la balançoire », célèbre tableau de Renoir dans lequel le peintre explore justement cette utilisation de la lumière. Et si j’ajoute à cela un passage dans lequel notre héros se retrouve presque en plein déjeuner des canotiers, je ne peux plus croire au hasard. Il ne s'agit d'ailleurs pas là des seuls clins d'oeil aux impressionnistes, mais je vous laisse découvrir les autres par vous même.

Le contexte technologique et industriel n’est pas oublié, bien sûr. C’est d’ailleurs assez impressionnant de voir avec quelle technologie la tour fût construite. Là, à nouveau, je tiens à souligner le travail de Lacaf. Même si le format de l’album est assez réduit, certaines de ses illustrations donnent le vertige. L’artiste maîtrise ses plongées et contre-plongées, à m’en donner le tournis.

Je n’ai jamais été à Paris, les grandes villes me font fuir, mais cet album m’a donné l’envie de visiter la Tour Eiffel. Objectif atteint, donc, pour ce très bon album. Pourvu que l’on recherche un récit d’aventure donnant la part belle à l’évocation historique, ce mystère de la Tour Eiffel apporte son lot de satisfactions.

PS : le prix de 16,50 € en Belgique (15 € en France) se justifie par le fait que nous avons droit à un double album en terme de pages. Et comme la qualité est au rendez-vous, je ne trouve aucune excuse à ne pas encourager l’achat.

Nom série  Petit Verglas  posté le 08/10/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je regrette que l’intrigue propose deux centres d’intérêt. J’aurais certainement préféré que le récit ne se centre que sur Petit Verglas. Ici, on passe constamment d’un personnage à l’autre alors qu’il n’y a pas vraiment de lien entre les deux aspects de l’histoire. En fait, je pense qu’on aurait pu se passer du personnage du guérisseur, ou lui accorder un rôle de moindre importance, ou encore lui accorder une série pour lui seul. Pour cette raison, j’ai parfois tendance à décrocher lors de ma lecture.

Je regrette également que les passages en patois ne soient pas directement traduits sur les planches, comme cela se fait traditionnellement. Regrouper toutes les traductions (même s’il n’y en a pas tant que cela) en fin d’album casse à nouveau mon rythme de lecture. En fait, soit j’essaie de comprendre et je m’attarde pour déchiffrer le langage, soit je coupe ma lecture pour aller à la traduction en fin d’album. Dans un cas comme dans l’autre, il s’agit de temps d’arrêt regrettables.

Mais, mis à part ces deux éléments, j’aime bien cette série. Les personnages sont intéressants, attachants ou détestables. L’ambiance est réussie, entre fantastique celtique et expérimentations sur la construction mentale de l’enfant. L’idée de départ est aussi crédible qu’effrayante et le dessin, très doux et faussement maladroit, apporte une dimension sensible, émouvante au récit.

Cela aurait pu (dû ?) être beaucoup mieux et je ne peux m’empêcher de ressentir une certaine frustration vis-à-vis de cette série. Elle reste cependant tout à fait appréciable.

Nom série  Jaguar  posté le 08/10/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je ne suis pas fan de science-fiction mais le dessin de Bosschaert m’a tout de même incité à emprunter cette petite série. Et je ne le regrette pas.

Le récit est fluide, assez classique, compréhensible et, même si Dufaux joue avec un élément aussi dangereux que le voyage dans le temps et la notion du temps qui passe en règle générale, me semble cohérent dans sa propre logique.

Même si je sais bien que ce n’est pas chez ce scénariste que je dois aller, je regrette le manque de notes d’humour. Ici, tout est pris au sérieux sur un ton dramatique.

Le dessin de Bosschaert est agréable du début à la fin. Les planches sont bien travaillées et j’ai fort apprécié les dessins qui entremêlent les deux mondes. Cette réalité derrière la réalité, ces cases où jungle et ville fusionnent sont fort à mon goût, esthétiquement parlant.

J’ajouterai à cela que les personnages sont très bien typés. Les risques de confusions étaient grands et pourtant, par petites touches discrètes, l’artiste parvient à bien singulariser chacun de ses personnages principaux. Et, cerise sur le gâteau, ses personnages féminins (masculins aussi, je pense mais là on sort de mon centre d’intérêt) sont vachement séduisants.

Bon, comme d’habitude, je sors d’un récit de science-fiction en ayant le sentiment de ne pas avoir tout saisi, mais je ne me suis jamais senti décramponné pour autant. Pas mal du tout, en somme.

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