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Nom série  L'Enfant qui rêvait d'étoiles  posté le 24/03/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
12 bis continue de tracer le sillon de la gastronomie...

Cette fois-ci en nous donnant, en quelque sorte, l'autobiographie d'un chef étoilé, Yannick Alléno. Pour ma part je n'en ai jamais entendu parler, mais le portrait (un peu subjectif, quand même, même si le scénariste Mantoux a suivi le chef pendant 10 ans) est celui d'un homme simple, attentionné, humble et intelligent.

De belles qualités, bien sûr, pour un portrait qui sans être idyllique, est assez bienveillant. Le parcours est relativement classique, Alléno a franchi pas à pas les étapes vers les sommets, même s'il a obtenu sa deuxième étoile du Guide Michelin avant 40 ans. Il y a quand même un épisode douteux, puisqu'il semble avoir fait intervenir ses relations pour une étape importante... Et ce n'est pas franchement reluisant...

Pour illustrer cette histoire, Pascal Rabaté prouve qu'il est aussi à l'aise dans les cuisines de grands restaurants que dans les steppes tourmentées de la Russie du début du XXème siècle. réalisé en niveau de gris, son album est très agréable à lire, assez efficace, très expressif.

Nom série  Paris vaut bien un cheikh  posté le 23/03/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Après la politique et la gastronomie, 12bis s'attache à décortiquer les dessous d'un autre milieu, le sport. Il était logique que le PSG version QSI devienne une cible...

Le journaliste spécialisé Arnaud Ramsay part d'un fait simple, l'engagement -pour une très grosse somme- d'Hatem Ben Arfa, "enfant terrible" du foot français, par le club de la capitale. Une immersion en mode candide et symptomatique, puisque Ben Arfa découvre le fonctionnement de son nouvel environnement professionnel, tandis que son tempérament frondeur le place comme un jouet idéal pour les investisseurs qatari.

L'album montre assez peu le côté sportif de la vie d'un grand club, s'arrêtant plus longuement sur ses relations à la politique, l'économie... Et bien sûr, c'est un dossier à charge. On en apprend quelques belles, comme la cession du marché du ramassage des ordures sur une portion du Qatar à la société de Louis Nicollin, président du club de Montpellier, mais aussi les liens très particuliers qui unissent ce petit pays richissime à notre ancien président... A ce titre Arnaud Ramsay enrichit son récit (très dense et avec pas mal de références diverses) de quatre pages de notes qui précisent certains éléments rangés dans les pages de l'album.

Le très performant et rapide Philippe Bercovici illustre cette nouvelle BD-enquête, lui qui est parfait dans la caricature est vraiment comme un poisson dans l'eau au sein de ce genre d'album.

A lire pour comprendre certains rouages du sport de haut niveau (et pas que le foot). Attention tout de même aux références sportives, qui échapperont sans doute à une partie du lectorat.

Nom série  Piège sur Zarkass  posté le 23/03/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
On est d'accord, cette adaptation de Wul est un ton en-dessous des deux précédemment sorties chez Ankama. Il n'empêche qu'elle est vraiment très agréable, je vais en détailler les raisons.

Yann est un joyeux luron, roi du détournement et une fois encore il nous le prouve ici. Les héros du roman original sont devenues des héroïnes, mais qui gardent des prénoms masculins. pourquoi pas, après tout ? Il a glissé dans son récit nombre de clins d'oeil à notre société actuelle, ça ne me choque pas outre mesure, je pense que cela modernise un peu le propos.

Ensuite la nature et la faune décrites sont un vrai plaisir à contempler, Didier Cassegrain semble s'être défoulé avec toute cette chatoyance. Par contre je suis moins convaincu par ses personnages humanoïdes, ces filles aux seins au niveau des genoux et les autochtones sans véritable caractère physique, leur caractère mental étant lui très précis puisqu'ils sont particulièrement cons.

Le récit ne manque pas de surprises, je lirai la suite avec intérêt.

Nom série  Châteaux Bordeaux  posté le 23/03/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Bon, je ne suis pas un amateur de vins, mais les réussites telles que Les Ignorants et Les Gouttes de Dieu m'ont incité à me pencher sur cette série, la perspective d'une rencontre avec Espé, le dessinateur, également.

L'intérieur se révèle vraiment intéressant et complexe : nous avons une saga familiale assez complexe, avec des personnages très différents mais assez crédibles, avec en filigrane une petite intrigue policière (le patriarche est-il vraiment mort de la façon dont on le croit ?). Se basant sur une documentation solide (j'imagine bien Espé et Corbeyran faisant la tournée des caves bordelaises), c'est aussi (et surtout ?) un prétexte pour présenter le monde du vin et ses différents métiers : gérant de domaine, responsable de vinification, courtier, commerçant, oenologue... C'est vraiment intéressant, j'avoue que j'ai lu les trois tomes sortis à ce jour en très peu de temps.

Le personnage d'Alexandra est assez fort, sans être outré, ce qui est à louer.

Espé a un trait assez classique, que j'avais déjà remarqué dans Le Territoire et "Le 3ème Oeil". Il semble prendre son pied dans cette chronique sociale, et c'est tant mieux.

Je vais suivre cette histoire attentivement...

Nom série  L'Homme truqué  posté le 23/03/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Tiens, de la SF un peu vintage, ça m'intéresse toujours.

Ici Serge Lehman s'est emparé d'un roman de Claude Renard, sorti juste après la première guerre mondiale, lequel raconte une légende urbaine. Mais Lehman en a fait sa chose, l'enrobant dans son Hypermonde (qui comprend La Brigade Chimérique, entre autres), et en faisant également un large détour vers un autre roman de Renard, Le Péril bleu.

Le résultat est un récit foisonnant, peut-être un peu trop, avec de nombreuses références externes et internes à l'univers lehmanien. C'est du steampunk mâtiné d'uchronie, j'adore ce genre. Comme pour La Brigade Chimérique, c'est Gess qui officie au dessin, et son énergie ainsi que son trait classique fonctionnent à merveille dans ce récit très prenant et dense.

C'est un one-shot, mais la fin ressemble à un cliffhanger, nul doute que Lehman va encore enrichir son univers avec les personnages apparus dans ce segment. De quoi raviver la flamme de la collection Flambant 9, qui couvait sous les braises depuis quelques temps.

Nom série  Cesare  posté le 21/03/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Ceux qui sont attentifs à l'évolution de l'édition manga en France ne laisseront sans doute pas passer ce qui est en cours chez Ki-oon ; au sein d'une production shôjô/shônen assez passe-partout au début, seules les productions de Tsutsui permettaient à cette petite maison d'édition de s'adresser à un lectorat plus mature. Puis vinrent Tonogai et Sanbe, avec des récits qui lorgnaient franchement vers l'horrifique. Puis vint l'OVNI Bride Stories, il y a près de deux ans, qui ouvrit une nouvelle brèche, des mangas plus "cérébraux", plus tournés vers le souci de véracité historique. Cesare est la dernière traduction dans cette mouvance.

Tout d'abord on remarque la maquette, très soignée, marquant ce souci de qualité vers lequel l'éditeur, peu à peu, tend.Ici le sujet est la vie d'un jeune représentant de cette famille de dignitaires italiens d'origine espagnole qui s'appelèrent les Borgia. En plein coeur de la Renaissance transalpine, cette dynastie oeuvra pour accéder aux plus hautes marches du pouvoir local, c'est à dire le pontificat. Mais plutôt que de nous parler de celui qui lorgne le Saint-Siège, l'auteure a choisi de nous en parler par le biais de son fils brillant étudiant de l'université de Pise. Ou plutôt -et c'est là une excellente idée, même si un peu éculée- au travers des yeux et de l'expérience d'un novice dans cette université, un jeune homme peu au fait des usages et des situations politiques, Angelo. Procédé malin, disais-je, car ainsi on découvre tous les rouages de ces intrigues de boudoirs, les conspirations diverses entre et contre les familles rivales.

C'est habilement mené, malgré le côté Dallas un peu trop présent, on ne s'ennuie quasiment pas, et on apprend beaucoup de choses. Il est intéressant de noter, par exemple, qu'en un peu plus de 500 ans, la Curie romaine n'a pas vraiment changé : corrompue, cupide, concupiscente et n'hésitant pas à se servir des services de spadassins, elle semble trouver d'étranges échos dans l'Eglise des années 2000... point positif, la période choisie est au coeur de pas mal de révolutions sur le plan artistique ou celui des voyages ; l'occasion pour nos protagonistes de rencontrer... mais chut, ne déflorons pas cette partie...

Sur le plan technique, Fuyumi Soryo semble combiner deux visages : celui, classieux, d'une admiratrice du decorum de la renaissance italienne : ses décors, les costumes sont somptueux, c'est un vrai plaisir de regarder certains plans larges ou des personnages en tenues ecclésiastiques. Par contre, sur le plan anatomique, c'est plus laborieux : certains visages manquent de rigueur, semblent un peu déformés. certes, esthétiquement parlant, ils ressemblent aux canons de l'époque ; mais un peu plus de réalisme n'eût pas nui. Elle a aussi des soucis avec les chevaux. Ils sont également vraiment difformes, et c'est bien dommage quand l'une des scènes tourne autour d'eux. Pour le coup, je pense que l'ajout d'un assistant spécialiste de l'élément équin n'aurait pas été du luxe.

Le tout est assez intéressant ; l'auteure (ou l'éditeur) a pensé à nous proposer une sorte de tableau synoptique des relations entre les personnages, car je dois avouer qu'entre les Medicis, les Borgia et les Della Rovere, il y a de quoi s'y perdre, même si chaque famille n'est représentée que par deux ou trois personnages.

Le lectorat du manga traditionnel risque de ne pas adhérer, mais tant pis, j'encourage Ki-oon à persévérer dans cette voie.

Nom série  Apocalypse Mania - Le Cycle des épreuves  posté le 09/03/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Je suis très partagé au moment de donner mon ressenti sur ce second cycle.

Parce que finalement, était-il si utile que ça ? Les évènements qu'il conte auraient pu, à mon humble avis, faire partie de la série initiale, et même être compressés en deux, voire un album(s)...

Oui bien sûr Jacob Kandahar est un personnage assez insupportable, imbu de lui-même, mais il constitue tout de même un bon moteur d'histoire. Mais ici c'est presque le seul, tant ses compères sont relégués au second plan. Certes, on en apprend un peu plus sur l'origine des fameux rayons, et finalement ça se tient à peu près. Par contre la fin ne m'a pas plu, j'ai du mal avec les pirouettes...

Graphiquement Aymond fait toujours du bon boulot, rien à dire. En revanche le changement de texture des couleurs au tome 3 m'a vraiment gêné, elles sont très moches, une mise en couleurs plus traditionnelles aurait été plus appréciable...

Au final, bof...

Nom série  Tangomango  posté le 09/03/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Ankama ne cesse d'étendre son univers autour de Dofus et Wakfu.

Ici nous suivons les aventures d'une préadolescente et de son compagnon poulpe, apprentis pirates dans une époque où justement ils ont disparu. Bien sûr celui qui les a éradiqués, le gouverneur, ne voit pas cela d'un bon oeil, et va tenter d'en savoir plus. Parallèlement nous suivons trois soldats manchots (pardon, "mansots") qui essaient de détourner pour leur profit un médaillon activement recherché. D'entrée de jeu Adrián pose une intrigue complexe, sans être difficile à suivre. Je gage qu'en trois tomes il arrivera sans mal à bien boucler son histoire.

Côté dessin, les qualités déjà aperçues dans Remington et "Le corbeau noir" sont bien visibles, le virtuose espagnol (dont le mentor n'est autre que Jose-Luis Munuera) prenant visiblement son pied dans les designs de bateaux et les décors. Une énergie et un dynamisme extrêmement plaisants, dans des ambiances suffisamment diversifiées pour que la lecture soit très agréable.

A réserver à un public jeune cependant, tant l'intrigue est taillée sur leur mesure, sans oublier de petites touches d'humour bienvenues.

Nom série  Sampiero Corso  posté le 08/03/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Frédéric Bertocchini continue à explorer l'histoire corse au travers de ses figures emblématiques. Il nous parle donc ici de Sampiero di Bastergà, dit Sampiero Corso, qui vivra à l'époque de François 1er et se rendra célèbre par de hauts faits d'armes.

Son personnage est marqué par une fidélité sans faille à la Corse, son île natale, aux Medicis, contre les Génois (dans cet ordre de priorité). Ce qui le rendra légendaire. Le premier tome s'attache à ses 45 ou 50 premières années, lorsqu'il acquiert et accroît ses appétences pour les armes. Le second reviendra sans doute sur ses années de résistance sur l'Ile de Beauté. Je trouve que l'on passe un peu vite sur tout ça, Sampiero rencontre le fils Medicis, prouve sa valeur dans un combat, devient son meilleur ami, puis une sorte de légende militaire. Le tout en quelques pages qui retracent une vingtaine d'années. Un peu trop rapide...

Le dessin d'Eric Ruckstuhl est... particulier. Ses personnages semblent ne jamais avoir la même tête, la mise en couleurs paraît datée, et parfois les cadrages sont étranges, sans justification. Par contre sa reconstitution des décors et des costumes d'époque semble reposer sur une solide documentation.

L'histoire sera bouclée en deux tomes, ce qui me paraît un peu trop rapide pour évoquer de façon totalement intéressante une figure qui semble très riche. Mais les amateurs d'épopée et de l'époque de la Renaissance y trouveront sans doute leur compte.

Nom série  Sang noir - La catastrophe de Courrières  posté le 07/03/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Lecture édifiante, c'est vrai.

A présent qu'il n'y a plus de mines en activité en France, on a tendance à oublier que le pays a tout de même payé un lourd tribut. Jean-Luc Loyer raconte l'un des évènements les plus tragiques de cette période, une explosion dans une mine du Nord-pas-de-Calais ayant causé plus de 1000 morts (dont 25% d'enfants).

Loyer propose donc de revenir sur cette tragédie, en faisant une histoire sans véritable héros, puisque le point de vue va passer d'un galibot (apprenti mineur) à un vétéran, en passant par les dirigeants de la compagnie, plus attachés à la productivité qu'à la vie des mineurs, ou encore les familles des disparus. L'organisation des secours, la répression publique orchestrée par Clémenceau ou encore la suffisance des propriétaires de la mine sont montrés du doigt. On n'apprend pas trop de choses, mais les bonus de l'album, un témoignage d'un rescapé, un éditorial de Jaurès dans l'Humanité ou un glossaire spécialisé complètent bien la lecture.

Loyer oeuvre depuis très longtemps sur des récits spécifiques à sa région ch'ti, mais il touche là à quelque chose de plus viscéral ; pour cela son dessin se fait plus "brut", plus efficace tout en gardant un caractère pas tout à fait réaliste, en dégradés de vert-de-gris pour une ambiance grave et triste presque de bout en bout.

Une lecture édifiante, donc, même si je trouve que le récit aurait pu être un peu plus radical.

Nom série  Au vent mauvais  posté le 06/03/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cette histoire d'ex-taulard qui s'embarque dans une aventure totalement hasardeuse ne m'a pas semblé, de prime abord, très originale. Certes, les auteurs essayent d'y mettre une petite part d'inconnu, un soupçon de road movie et une pincée de rebelle attitude...

Bon, ça marche moyennement, la voix off me donnant une impression -irréelle- d'impersonnalisation. Je me suis senti en quelque sorte exclus du récit, raconté uniquement depuis l'esprit du héros...

Je ne suis pas fan du dessin de Thierry Murat. Pas assez précis, trop "brut", je ne suis pas sûr qu'il est suffisamment expressif. Cependant ça se laisse lire sans difficulté, un peu vite peut-être.

Je n'ai pas été enthousiasmé plus que ça par ma lecture de "Au vent mauvais"...

Nom série  Emma (Mori)  posté le 04/03/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Alors là, gros gros coup de coeur...

On parle souvent de Jirô Taniguchi comme d'un mangaka ayant réussi à capter une certaine essence européenne pour l'insuffler dans ces récits... Mais à mon avis Kaoru Mori mérite tout autant, et peut-être même plus, ce genre d'appréciation...

J'avais déjà remarqué son travail dans Bride Stories, cette maîtrise du récit où il ne se passe pas grand-chose, cette plongée dans la vie d'une jeune femme que les traditions poussent à mettre sous l'éteignoir ses désirs et ses goûts profonds... Emma, qui est son premier manga en série, était déjà un coup de maître. Portant peu ou prou sur le même sujet que des films et séries tels que Gosford Park ou , elle prend pied dans l'atmosphère si particulière de l'aristocratie britannique de l'époque victorienne. Une époque tellement engoncée dans ses traditions, ses interdits, son decorum, qu'elle peut nous sembler un peu exotique à présent.

Et d'un coup de pinceau, Kaoru Mori nous y transporte.

Nous y sommes, dans ce Crystal Palace qui a servi à l'exposition universelle de Londres, en 1851 (quel dommage qu'il ait brûlé en 1936, j'aurais adoré visiter cet endroit), dans lequel le monde entier était présent. Nous y sommes, dans ce manoir racheté par un couple de riches Allemands avec leur armée de domestiques, une sous-société avec ses règles propres. Nous y sommes, dans la serre de cette intrigante et fantasque Mrs. Trollope, dont l'intercession va changer (à jamais ?) la vie et le destin d'Emma. Nous y sommes, dans la cuisine, la buanderie, dans les chambres des domestiques, dans l'intimité de ces aristos qui parfois prennent un malin plaisir à mettre leurs domestiques dans l'embarras...

Nous y sommes, à côté d'Emma, cette jeune femme qui a vécu dans la rue, et qui a su devenir une jeune femme charmante grâce à la bonté et aux bons soins d'une ancienne gouvernante. Nous y sommes, dans la propriété des Jones, avec Hakim, ce prince indien qui sert en quelque sorte de bonne conscience (ou de voix de la passion) à William.

Tout cela grâce au génie de Kaoru Mori. Elle m'a embarqué à Londres, à Howarth, près de York... Je n'ai pas vu venir la fin du second tome (nouvelle édition, donc fin du tome 4 de l'édition "ordinaire"), ou plutôt je pensais que le destin lui jouerait un nouveau tour, cruel. Et pourtant Kaoru Mori nous a offert ce moment de grosse émotion.

Alors bien sûr, si vous lisez le pitch de cette série, vous allez dire que Spooky se ramollit, qu'il est fleur bleue.

Bien sûr, la série souffre de menus défauts, William et son père sont peu différenciés physiquement, l'édition grand format n'est peut-être pas une bonne idée... Mais la qualité de l'histoire est telle qu'on oublie tout ça.

Mais je m'en fous. Je suis à côté d'Emma. J'y suis. Et j'y reste.

Nom série  Le Port de la Lune  posté le 04/03/2012 (dernière MAJ le 03/03/2013) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Le Port de la Lune... Un nom qui résonne à l'oreille de tous les Bordelais... Et ça tombe bien, les auteurs le sont, à peu de choses près.

Sur le thème du handicap, Bénédicte Gourdon a créé le personnage de Maya Lipman ; c'est ensuite Eric Corbeyran qui a mis en musique sa portée, et Horne qui s'est occupé du dessin. Le trio est à mon sens gagnant. Maya est un personnage très intéressant, moderne sans être outrancier, et son handicap peut se transformer en atout quand le besoin s'en fait sentir. Les personnages secondaires également, surtout Jimmy, sont bien peints.

L'essentiel de l'intrigue est le suivi de plusieurs enquêtes qui a priori n'ont pas de rapport, mais il s'avère qu'il y en a bien un, et assez intrigant... Hormis ce point commun, ces enquêtes avancent de façon relativement classique. Et puis il y a cette histoire d'un "homme" qui se "réveille" dans une boîte en ciment, qui rajoute une dimension étrange à l'ensemble. Le second tome verra la résolution de l'enquête, surprenant de prime abord, mais relativement classique au final.

Le second tome porte la mention de fin, mais le plaisir que j'ai eu à sa lecture m'inciterait à revoir maya dans une nouvelle enquête... Espérons qu'il ne s'agisse que de la fin d'un diptyque...

C'est donc Horne qui s'occupe du dessin : celui-ci a encore évolué depuis ses albums précédents, et même si chaque étape est plaisante, celle-ci s'approche de plus en plus d'un dessin réaliste relativement classique, permettant sa lisibilité par un plus grand public.

Un polar qui semble classique de prime abord, mais où plusieurs éléments viennent rajouter des dimensions très intéressantes. Un bon polar.

Nom série  Les Dormants  posté le 03/03/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J'avais déjà remarqué le travail de Jonathan Muñoz dans Un léger bruit dans le moteur. Ses ambiances, son trait à la fois rond et nerveux m'avaient séduit. Le revoilà avec un projet personnel, qui n'est pas sans rappeler l'autre, puisqu'il se passe dans un trou paumé, avec des bouseux et des personnages barrés.

La trame est simple, reposant sur les facultés toutes particulières des deux personnages principaux, et sur un passé douloureux... Sur ce canevas Muñoz tisse une intrigue assez simple, avec un élément perturbateur qui va bien sûr permettre à l'amnésique de renouer avec son passé... J'ai moins apprécié la toute fin, qui ressemble à une pirouette, mais n'apporte finalement pas grand-chose au récit. Attention à ne pas en faire une systématique... J'ai bien aimé le personnage de Dorine, qui vit seule mais entourée depuis des années, et qui reste finalement une jeune fille comme les autres...

Graphiquement c'est encore une fois très bon, chaque passage étant doté d'une ambiance chromatique particulière, et la diversité du découpage montrant que Muñoz ne s'interdit rien.

Une chouette lecture, sur 95% de sa longueur.

Nom série  Barakamon  posté le 02/03/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Après la lecture des trois premiers tomes, je peux dire que j'ai passé un bon moment de lecture. C'est un peu le même principe que Magasin général : on amène un élément "étranger" dans une communauté un peu coupée du monde (ici une île à l'ouest du Japon), et on laisse interagir les différents personnages entre eux, ce qui peut amener de multiples rebondissements.

Hando le calligraphe vient dans ce trou perdu pour se ressourcer et retrouver son art, et les habitants du coin ne cessent de venir le déranger, influant fortement sur sa philosophie de vie, sur son travail également. Il y a en particulier une petite fille irrésistible, au caractère fort et imprévisible, ou encore ce grand-père aussi surprenant que bienveillant... Satsuki Yoshino a placé l'histoire dans sa région natale, à laquelle elle prête beaucoup de charme, plus dans l'esprit solidaire de ses habitants que dans ses atouts touristiques. L'auteure a également placé de nombreux moments comiques dans son récit, sans en faire le moteur principal. Bien joué.

Côté dessin c'est du shônen classique, sans fioriture mais très efficace. Rien à dire.

Une série bien sympathique.

Nom série  Big K  posté le 04/03/2012 (dernière MAJ le 02/03/2013) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
En effet, comme le souligne Pol, on est dans un genre assez balisé, avec ce polar noir des années '70, mais je pense qu'il faudra encore du temps avant que tout soit dit sur cette période.

C'est ainsi que Ptoma, après une longue éclipse, revient à la BD, avec un album vraiment pas mal foutu, contenant tous les ingrédients du genre. Le grain de folie du "héros" s'avérant un élément perturbateur et capable de changer la donne. J'aime bien la façon dont le récit est mené, on sent que le gars a bien étudié les films et les bouquins du genre avant de pondre son scénario. Celui-ci est d'ailleurs, comme c'est indiqué dans le second tome, librement inspiré de la vie de Richard Kuklinski, porte-flingue et tueur en série célèbre aux Etats-Unis... Les flashes-backs me semblent assez judicieusement disposés, le second tome continue sur le même tempo, avec une plus large place pour le retour en arrière, qui nous amène aux origines du "problème" de Big K. Le second tome "élargit" l'intrigue, la développe de façon inattendue, je suis curieux de lire la suite...

Côté dessin, je trouvais au départ celui de Nicolas Duchêne un peu... mou, manquant de liant, mais à la lecture cette impression s'estompe pour constater qu'il a un style tout particulier, peut-être pas encore mature, mais pas inintéressant. Les couleurs de Tanja Cinna ne me convainquent pas trop, je les trouve trop peu différenciées pour renforcer l'atmosphère de polar par contre.

Les couvertures quant à elles ne me semblent pas super "vendeuses" ; même si la première est plus réussie que la première.

Un polar à tiroirs, qui se lit assez aisément.

Nom série  OPK  posté le 15/04/2012 (dernière MAJ le 02/03/2013) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Oh mais ça sent très bon, ça !

On connaissait le talent de Matz (Le Tueur, pour ne citer que sa série ayant obtenu le plus de succès) pour proposer des intrigues hard boiled, dynamiques, avec des personnages aussi riches qu'inoubliables. C'est encore le cas ici, avec ce superflic qui va se retrouver à la tête d'une cellule dédiée aux meurtres liés aux univers virtuels. On remarquera que le scénariste ne s'encombre pas de détails concernant l'enquête, préférant nous montrer les scènes d'action plutôt que les longues sessions de recoupements de témoignages, les relevés d'identité ou le traçage des joueurs impliqués dans l'affaire... Une intrigue aux accents très actuels, avec pas mal d'action et peu de personnages.

Matz, en changeant d'éditeur pour ce projet, s'est allié les services d'un surdoué, Fabien Bedouel, aussi à l'aise dans des ambiances historiques que dans des décors high-tech, celui-ci imprime sa marque sur OPK, avec des décors urbains vertigineux et un sens de l'espace qui a peu d'équivalents à l'heure actuelle. Il préfère d'ailleurs proposer des décors dépouillés, sans négliger les détails lorsque l'intrigue l'exige (comme à Rome, avec le Colisée).

Une nouvelle série (courte) à suivre de près. De très près.

Nom série  La Famille Passiflore  posté le 02/03/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je pensais qu'il s'agissait d'une série ancienne (ou peut-être en livres illustrés), en tous les cas c'est avec pas mal de plaisir que j'ai pu lire avec ma fille cet album.

Plaisir des yeux tout d'abord, car le style de Loïc Jouannigot est vraiment très agréable à l'oeil, ses personnages sont bien représentés et différenciés, et les couleurs sont de grande qualité. Son sens de la mise en scène est également de haut niveau, puisqu'il ne s'interdit pas des illustrations pleine page ou des cadrages plus serrés pour coller à son intrigue.

Laquelle intrigue est bien sûr toute simple, mais la multiplicité des personnages et des situations permet de tenir une trentaine de pages, même si pour le coup je trouve qu'il y a pas mal de dialogues.

Une chouette série en devenir.

Nom série  Baudelaire ou le roman rêvé d'E.A. Poe  posté le 02/03/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Les avis très diversifiés de mes camarades n'aident pas forcément à se faire une idée avant la lecture ; il ets vrai que pour les amateurs de littérature classique, voire de poésie, voir Charles Baudelaire devenir un agent secret de l'époque victorienne est assez inattendu. Mais pourquoi pas, après tout, puisque d'autres auteurs très connus ont eu une vie comparable...

cet album commence à dater, pourtant le trait d'Aurélien Morinière, dans un exercice dont il n'est pas coutumier, est loin d'être déplaisant. Les niveaux de gris apportent un cachet certain à son trait "semi-réaliste", d'autant plus que comme l'a signalé l'un de mes camarades les personnages ont des visages vraiment réussis. par contre il y a des erreurs de proportion qui subsistent.

Côté histoire, si le côté fantasmé permet toutes sortes d'évolutions, il faut tout de même un minimum de cohérence narrative. Ici le rythme est très lent, on a l'impression que Tarek, à l'instar de son personnage principal, perd le fil et ses objectifs assez vite. Et au final, l'histoire en devient insignifiante, ne servant plus que de prétexte à un voyage pas comme les autres dans une Londres des années 1840...

Nom série  Le Conteur du Caire  posté le 01/03/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
J'ai rarement lu un album au récit aussi décousu.

Alors certes, l'auteur, d'origine libanaise, se targue de composer un patchwork d'émotions, d'images, d'écrits censés représenter le Caire, une sorte de kaléidoscope personnel, mais il se trouve que si on ne connaît pas la ville, on n'y comprend pas grand chose.

Tous ces éléments, encapsulés dans une sorte de reportage sur une visite auprès de Youssef Chahine, le célèbre cinéaste égyptien, se suivent sans queue ni tête, on perd très vite le fil malgré la petitesse de l'album (une quarantaine de pages, mais lues en à peine 10 minutes). Le dessin de Rima fait très amateur, on a du mal à discerner un véritable style tant il emprunte à différentes influences pour composer son récit.

Le résultat une un fourre-tout quasiment incompréhensible, que le lecteur lambda aura vite fait d'abandonner.

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