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... a posté 2382 avis et 595 séries (Note moyenne: 2.96)

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Nom série  Les Danois  posté le 06/02/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Le scénario s’articule autour d’une idée très originale : et si tous les nouveau-nés naissaient subitement blonds aux yeux bleus ? Quelle serait la réaction de nos sociétés ? Pour qui serait-ce une aubaine, pour qui serait-ce un drame ? Dans quels excès tomberaient les extrêmes de tous bords ? Face à cette perte d’identité ethnique, comment réagirions-nous ?

Que voilà un excellent point de départ ! Et sur cette base, Clarke construit une intrigue policière… qui n’est pas des plus captivantes. Mais j’ai envie de dire que je m’en fous quelque peu car l’essentiel n’est pas là. Non, l’essentiel, c’est tout ce qui se développe autour de ces anomalies génétiques, c’est la manière dont l’auteur imagine que nos sociétés réagiraient. Et puis, si elle n’est pas des plus captivantes, cette intrigue a le grand mérite de structurer le récit. En dévoilant au compte-goutte qui tire les ficelles de son intrigue, Clarke dénonce les profiteurs habituels des bouleversements (imaginaires ou réels) qui agitent notre bonne vieille terre.

Au-delà de l’analyse sociétale, l’auteur nous propose aussi quelques personnages attachants. Ils sont certes classiques (à commencer par le personnage central, génie fainéant au charme désinvolte infaillible) mais je me suis attaché à eux au point de vouloir savoir ce qui allait leur arriver.

Enfin, le dessin de Clarke dans sa veine réaliste reste un modèle de lisibilité. Les personnages principaux sont bien typés (et c’est heureux car il y en a assez bien), les scènes d’action sont rendues avec le dynamisme nécessaire, le découpage est fluide, la narration bien équilibrée. On enchaine les pages sans y penser, emportés par l’histoire. Et ça, pour moi, c’est la preuve que le dessin fonctionne bien !

Très certainement à lire, voire plus si affinité.

Nom série  Brûlez Moscou  posté le 05/02/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Ce qui frappe d’abord avec cet album, c’est la couleur de sa couverture… qui trouve son prolongement dans l’album. Cet orange incandescent attire l’œil mais ne rassure pas quant à la lisibilité de l’album.

Du coup, pour peu que l’on soit curieux, on ouvre celui-ci et on découvre un trait finalement bien plus lisible que ce que l’on aurait pu penser. Certes, nous ne sommes pas dans les standards du genre mais le style de Stéphane Perger associe lisibilité et originalité. C’est esthétiquement travaillé, avec de beaux décors et des personnages dotés de vraies tronches d’acteurs (de spaghetti western ou de film d’horreur, au choix mais du genre que l’on n’oublie pas). Le dynamisme n’est peut-être pas le point fort de ce style mais ça passe plutôt bien.

Une fois que l’on se dit qu’au niveau du visuel, ça peut plaire, faudrait quand même commencer à s’inquiéter du scénario. Et là, c’est une nouvelle bonne surprise qui nous attend. Kid Toussaint nous propose en effet un récit d’aventure bien ancré dans un univers historique intéressant à plus d’un titre. Nous nous retrouvons de fait à Moscou alors que Napoléon Bonaparte s’apprête à envahir la ville. Mais plutôt que d’encore nous intéresser aux stratégies du petit Corse, nous nous retrouvons dans l’autre camp en compagnie d’un détenu ex-officier de l’armée, passablement perturbé mais d’une droiture morale que je qualifierai de fascinante dans ce chaos sanglant.

Récit romanesque autant qu’évocation historique, cet album ravira les amateurs d’histoire (avec ou sans majuscule au H de histoire). Une pointe d’originalité bienvenue viendra par ailleurs relancer la lecture en fin d’album (je ne vous en dis pas plus sinon qu’à nouveau, cette touche permet de combiner vérité historique et fantaisie romanesque).

Un chouette album dont je recommande non seulement la lecture mais aussi l’achat si vous êtes amateurs du genre.

Nom série  Momo  posté le 22/02/2017 (dernière MAJ le 05/02/2018) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Cette courte série a réussi à me toucher malgré l’aspect déjà vu de son synopsis.

En fait, plutôt que Momo, personnage central qui donne son nom à ce récit, ce sont bien les autres personnages qui gravitent autour d’elle qui ont fait en sorte que j’ai totalement adhéré à la série. Momo n’est qu’un simple catalyseur qui permet à ceux qui l’entourent de révéler le meilleur de ce qu’ils ont en eux. Du poissonnier bourru à la jeune citadine rebelle, chacun se dévoile au contact de Momo, avec peu de mots, toujours en retrait mais attentifs.

Cela donne une bande dessinée peu loquace et bourrée de bons sentiments, mais qui sonne étonnement juste, qui fait du bien au cœur, qui redonne envie de croire en l’homme dans ce qu’il a de plus simple, de plus accessible, de plus normal. Aimer et prendre soin de ceux qu’on aime donne tout son sens à nos existences, tel est le message véhiculé par cette bande dessinée. Cela peut paraître simpliste (et je suis le premier surpris à m’être laissé séduire par ce propos) mais lorsque c’est dit avec un tel talent, je succombe.

Tout cela n’aurait pas été possible s’il n’y a avait eu une totale complémentarité entre le travail du scénariste et celui du dessinateur. Peu de mots mais beaucoup d’émotions sont distillés grâce à un séquençage bien pensé, grâce un usage régulier de grandes cases, grâce à un trait expressif, grâce au fait que les auteurs prennent leur temps pour décortiquer l’évolution des sentiments.

Une série destinée aux jeunes lecteurs mais qui pourra séduire bien des tranches d’âge. Pas révolutionnaire (ni dans ses propos ni dans sa forme) mais très bien fait, avec cette économie de mots qui permet aux regards de s’exprimer.

Nom série  Ar-Men, l'Enfer des enfers  posté le 05/02/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Et bien je vais en surprendre plus d’un mais je n’ai pas été subjugué par cet album. Non qu’il soit mauvais mais je l’ai trouvé ennuyeux aux entournures.

Soyons clairs : d’un point de vue visuel, il en jette ! Et pas qu’un peu !! Certaines planches sont de véritables tableaux dignes de figurer dans des musées (et pas seulement dédiés à la mer). Emmanuel Lepage est un grand artiste, je suis le premier à le reconnaître. De plus, son style s’adapte à la bande dessinée. Il reste suffisamment lisible et dynamique pour me plaire en me donnant l’envie de lire l’histoire par-delà le dessin.

Mais hors cet aspect visuel, cette bande dessinée nous offre aussi un scénario à plusieurs niveaux. Une évocation historique de la construction du phare. Une approche romanesque avec le destin de deux gardiens. Une approche légendaire avec l’évocation de l’histoire de la ville d’Ys. Et pour chacun de ces niveaux de lecture, j’ai déjà trouvé mieux ailleurs. « Trois éclats blancs » m’avait par exemple bien plus marqué sur l’évocation de la construction du phare que cet album. Les passés chargés des deux gardiens ne m’ont pas touché car trop tournés vers le pathos et le prévisible à mes yeux (mais je suis peut-être simplement un vieux lecteur blasé par trop de lectures). Quant à l’évocation de la légende d’Ys, elle m’est apparue absconse. Même si Emmanuel Lepage l’amène bien, je me demande tout de même ce qu’elle vient faire dans cet album.

Autant j’ai toujours été scié par les reportages bd de l’auteur, autant j’ai toujours gardé une certaine réserve sur ses récits fictionnels. Ici encore, je garde cette distance qui m’empêche de rentrer totalement dans le récit malgré la beauté des planches proposées.

Pas mal, donc mais autant je suis tenté d’accrocher certaines planches au mur de ma chambre, autant je ne suis pas convaincu que je relirai cet album dans les prochaines années.

Nom série  Il s'appelait Ptirou  posté le 05/02/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Cette approche du mythe de Spirou est originale dans le sens où… il ne s’agit pas d’un album de Spirou à proprement parler. Les auteurs usent d’un subterfuge qui plaira à coup sûr aux vieux lecteurs de Spirou pour nous conter une histoire digne de l’oncle Paul.

Le récit est romanesque à souhait même si fort classique (avec toutefois quelques touches d’originalité par ci par là). Les personnages sont bien souvent intéressants et malgré le fait qu’on y parle de terrorisme et d’attentats, il n’y a pas de véritable « méchant » dans cette histoire.

Le dessin de Verron est très réussi. Riche dans ses décors, dynamique et expressif, il cadre bien avec l’esprit Spirou sans chercher à copier qui que ce soit.

Un bel album, en définitive, qui ravira les lecteurs de Spirou (jeunes et moins jeunes).

Nom série  Spirou et Fantasio - Le Triomphe de Zorglub  posté le 05/02/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Et bien, il m’a bien plu cet album de Spirou et Fantasio, même s’il n’est en rien révolutionnaire.

La très bonne idée, c’est de ne pas avoir fait une adaptation du film (ce qui était la première intention de l’éditeur) mais bien une mise en abyme. Le film est donc évoqué mais sert de toile de fond à un récit d’aventure taillé pour le média de la bande dessinée.

Si l’intrigue tient la route sans vraiment surprendre le lecteur, l’humour omniprésent garantit un agréable moment de lecture. Fantasio est plus exubérant que jamais, gaffeur, de mauvaise foi et héroïque. Il porte ce récit même si les autres personnages habituels ne sont pas oubliés. Seul Spip est ici clairement en retrait par rapport à la série.

Du point de vue visuel, le trait est dynamique et les personnages sont « modernisés ». Clairement, cette cure de jeunesse m’a bien plu même si elle risque de surprendre les lecteurs les plus conservateurs. Pour moi, on est un peu dans la même démarche que sur l’album « Machine qui rêve » (le tome 46 de la série Spirou et Fantasio classique) et cette approche résolument moderne n’est pas pour me déplaire.

Au final, j’en viens à regretter que cette équipe ne soit sensée ne signer que cet unique album parce que des albums de Spirou et Fantasio de cet acabit, j’en redemande (même si, j’insiste, il n’a rien de révolutionnaire mais propose un agréable moment de divertissement).

Nom série  Lonesome  posté le 22/01/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
En lançant Lonesome, Yves Swolfs renoue avec le genre qui l’a rendu célèbre : le western. Mais contrairement à Durango qui était surtout une série de divertissement inspirée par le western spaghetti, Lonesome est une œuvre à multiples facettes.

Avant tout, soyons clairs, nous sommes bel et bien face à un western dont Yves Swolfs respecte les codes les plus marquants, à commencer par son héros, solitaire, animé par une soif de vengeance et de justice, dégainant à la vitesse de l’éclair et au tir d’une précision redoutable. Celui –ci sera aidé par une prostituée, jolie et généreuse comme il se doit et par un journaliste en quête lui aussi de vérité et de justice. Face à ce trio, un prêcheur aussi moralisateur que pervers et un maire corrupteur, lâche et manipulateur. Comme vous voyez, nous sommes en territoire connu et il faut bien toute la maîtrise narrative d’Yves Swolfs pour que ce scénario ne tombe pas dans la caricature.

Mais à côté de ce thème classique de la vengeance apparait tout d’abord une solide et intéressante base historique. Avec Lonesome, Yves Swolfs met en évidence les manœuvres de banquiers européens pour attiser le feu dont naitra la guerre de sécession. Cette condamnation des manœuvres des puissants pour inciter les pauvres d’un camp ou de l’autre à se dresser les uns contre les autres trouve bien entendu écho dans certaines situations actuelles, rendant la toile de fond à la fois historique et moderne.

Ajoutons à cela une pointe de fantastique avec un don de voyance attribué à notre cow-boy solitaire et nous obtenons un western certes très classique dans ses péripéties mais ancré dans un univers d’une grande richesse.

Enfin, il y a le trait d’Yves Swolfs, qui demeure excellent. Très lisible, expressif, riche, direct. A mes yeux, c’est le genre idéal pour illustrer ce type de récit d’aventure.

Un très bon départ, donc, pour ce western qui devrait ravir les amateurs du genre comme ceux qui aiment les récits d’aventure reposant sur une base historique. Seule la note fantastique risque d’en désarçonner certains (personnellement, même si je m’en serais bien passé, elle ne me dérange pas tant qu’Yves Swolfs ne l’utilise pas par facilité, ce qui n’est jamais le cas dans ce premier tome).

Nom série  Dans l'atelier de Fournier  posté le 17/01/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
J’ai beaucoup aimé ce récit d’une rencontre emplie de respect et d’humilité. Respect des deux auteurs vis-à-vis de Jean-Claude Fournier autant que de Fournier vis-à-vis de ses hôtes du jour. Humilité de Fournier par rapport à son œuvre autant que de Nicoby et Joub qui se sentent tout petits face à ce grand nom de la bande dessinée franco-belge.

Le dessin bonhomme de Nicoby accentue encore cet aspect « simple et modeste » du récit par son caractère caricatural et expressif.

Au fil des pages, j’ai été touché par le côté paternaliste et discret d’un Franquin, amusé par l’une ou l’autre anecdote incongrue, attristé par la jalousie manifestée par certains collègues (alors que je me berçais d’illusions quant à la fraternité de « l’équipe de Spirou »). Aucun passage ne m’a semblé long ou inutile. Au contraire, chaque instant m’a semblé précieux.

Un très bel album, donc, que je conseille vivement à tous les « vieux » lecteurs de bandes dessinées et encore plus particulièrement à ceux qui ont grandi avec le journal de Spirou des années ’70.

Un must have, selon moi.

Nom série  Calypso (Cosey)  posté le 28/12/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Petite déception pour moi que cette Calypso.

Tout d’abord, je n’ai pas trop compris le choix du noir et blanc effectué pour cet album. Il n’apporte rien et finit même par appauvrir à mes yeux le beau trait épuré de Cosey. Ceci dit, c’est clair, c’est net, c’est soigné, c’est aéré, c’est du Cosey… mais je le préfère avec ses aplats de couleurs pastel.

Ensuite, et c’est vraiment là que le bât blesse pour ma part, j’ai trouvé le scénario très léger et prévisible. Un peu comme dans « Orchidea », Cosey nous propose de suivre le coup de folie d’une personne âgée tout en surfant sur la vague de nostalgie des belles années maintenant et à jamais derrière nous. Il est question d’actes manqués, de destin et de choix… un constat de vie qui mêle regrets et acceptation au travers de nombreux non-dits. Le genre de thématique que maîtrise bien l’artiste… mais ici, il n’y a pas grand-chose à dire. L'angle d'approche pour nous conter ces retrouvailles est peu original et, surtout, tout semble facile alors qu’il est tout de même question de kidnapping, de fuite à l’étranger, de test de paternité, et j’en passe. Cette absence d’obstacles dans le fil du scénario est pour moi source d’ennui.

Au final, cet album n’est certainement pas pénible à lire mais il ne m’a pas touché… pas plus que cette histoire ne semble avoir touché son personnage central. Et c'est sans doute là le plus gros problème. D'habitude, Cosey n'a pas besoin de beaucoup faire parler ses personnages pour que le lecteur ressente l'émotion qui les étreint. ici, je n'ai jamais ressenti cette émotion tant recherchée malgré le côté parfois démonstratif du scénario.

Nom série  Aquarica  posté le 19/12/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Deux grands noms qui s’associent ne donnent pas toujours une grande œuvre.
Un grand nom tout seul non plus me direz-vous…
Pas de grand nom du tout n'est pas plus gage de qualité…

En clair, je suis en train d’écrire pour ne rien dire, simplement motivé par l’envie de vous faire partager le plaisir ressenti lors de ma lecture du premier tome d’Aquarica sans trop savoir comment entamer le schmilblick tout en introduisant le nom des deux auteurs ici réunis : Benoit Sokal et François Schuiten.

Benoit Sokal, l’organique, celui qui dessine des canards alcooliques, des aigles implacables.
François Schuiten, l’architecte, le maître des cités obscures et de la ligne droite comme une voie de chemin de fer.
La nature sauvage et la ville froide… autant dire l’eau et le feu. Mais qu’est-ce qui allait bien pouvoir les réunir ? Dans quelles eaux les deux artistes allaient-ils pouvoir nager de concert ?

Mi-organique, mi-mécanique… voilà comment se dessine l’élément le plus séduisant d’Aquarica, porte d’entrée d’un univers qui tient autant de Jules Vernes et de son ile mystérieuse que de Melville et son maudit bic tout en revisitant l’image de la sirène. Mais plutôt que d’encore exploiter la seconde moitié du XIXème siècle (si souvent utilisée par ailleurs), ils placent leur récit dans l’entre-deux guerres et les années ’30. Période charnière elle aussi mais bien moins mise en évidence dans la littérature. Période durant laquelle la technologie a déjà bien évolué mais sans que le rapport à la terre ne se soit distendu comme ce sera le cas dès les années ’50. Période on ne peut mieux choisie donc pour réunir ces deux auteurs.

En conclusion, l’époque, le thème central et les créations graphiques sont autant de liens aptes à réunir ces deux auteurs. Et, à la lecture, on sent qu’ils sont à l’aise et qu’ils prennent du plaisir à nous raconter cette histoire fantastique, naturaliste, humaine dans laquelle les avancées de la science se retrouvent confrontées à la beauté des légendes.

Le résultat est envoutant, beau à voir (le trait de Benoit Sokal fait une fois de plus merveille dans ce mélange de décors réalistes et de personnages aux faciès légèrement caricaturaux), intriguant, peuplé de personnages classiques mais attachants.

Je n’ai qu’une seule hâte : découvrir la suite de ce diptyque !!!!

Nom série  Monster  posté le 19/12/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
J’ai dévoré ce manga à raison de 4 à 5 tomes par semaine, c’est dire si son intrigue m’a accroché ! Pourtant celle-ci n’est pas dépourvue de défauts, dont le principal est l’invraisemblance de certaines situations. Si bien que j’en suis venu à me demander pourquoi ce récit me passionnait autant et la réponse me semble être la manière dont les événements nous sont racontés.

Et qu’a-t-elle de remarquable, cette narration ? Et bien, elle est remarquable dans le sens où elle utilise constamment la voie indirecte. Comprenez par là qu’il aurait été facile à l’auteur de se centrer sur le docteur Tenma, de suivre ses recherches, sa traque du monstre. Mais cela aurait donné un récit linéaire et peu original dans lequel les invraisemblances du scénario auraient été exposées comme une musaraigne dans un champ moissonné (les rapaces auraient appréciés). Oui mais voilà, rien de cela ici et le lecteur ne cesse de rebondir d’un personnage plus ou moins secondaire à un autre, témoin, complice, policier, victime, et chacun nous apporte sa propre expérience, son ressenti, ses craintes. Alors, oui, parfois, un chapitre m’est apparu moins utile qu’un autre mais, au final, il se dégage de ce récit un florilège de personnages secondaires on ne peut plus attractif. Les voir apparaître, disparaître, revenir comme par enchantement pour le grand final a créé chez moi un étrange sentiment : celui d’être à la fois complice et voyeur. Complice car certains de ces personnages sont fort attachants. Voyeur car, en notre qualité de lecteur, nous occupons une place un peu à part. Nous voyons les personnages souffrir, nous savons avant certains d’entre eux à quel monstre ils sont confrontés… et nous nous délectons de notre position.

Au niveau du dessin, le trait est de qualité mais fondamentalement assez classique pour un manga réaliste. J’ai apprécié le fait que les personnages (même féminins) étaient plutôt bien typés, ce qui a fortement limité les confusions entre personnages alors que ceux-ci sont extrêmement nombreux au final. Les décors ne se limitent pas à deux lignes droites sur fond blanc avec un usage régulier de vues directement décalquées de photographies, et l’amateur de whisky pourra s’amuser à reconstituer la belle collection de bouteilles ingurgitées par les différents protagonistes (pas deux fois le même cru sauf erreur de ma part).

En résumé, ce manga est malsain, tordu et invraisemblable par bien des aspects mais je l’ai trouvé passionnant, incroyablement accrocheur. Je l’ai lu à une vitesse record parce que, d’une part, c’est du manga et donc on a souvent droit à des pages sans texte qui défilent comme des coureurs cyclistes dans la descente du Tourmalet mais aussi parce que je voulais absolument savoir ce que chaque chapitre allait nous offrir, comme révélations, comme coup du sort ou comme perversité.

Et si, au final, nous n’avons pas toutes les réponses à nos questionnements, j’ai envie de dire « tant mieux ! » Je préfère quitter un récit avec un sentiment de manque plutôt qu’avec la déception de révélations trop plates ou trop invraisemblables.

Nom série  L'Avocat  posté le 21/09/2015 (dernière MAJ le 28/11/2017) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
On peut parler d’un premier cycle terminé avec la sortie du troisième tome de L’Avocat. En effet, ces trois tomes nous offrent un récit complet dans lequel nous découvrons le personnage principal, sa famille et ses amis (parfois encombrants) ainsi qu’un lourd passé qu’il aurait préféré garder secret. Mais plus encore, ces trois tomes voient LSD (puisque c’est son surnom) plaider la cause d’une tortionnaire au travers d’une enquête en prise avec l’actualité.

Franchement, j’ai beaucoup aimé ce premier cycle et j’espère qu’il y en aura d’autres. Le personnage central est certes un peu « chargé » à mon goût. Une mère ingérable, une jeunesse turbulente (pour ne pas en dire plus), un père au sombre passé, une amie énigmatique et peu fréquentable… ça fait beaucoup pour un seul homme, même si c’est le propre de bien des héros de bandes dessinées d’action (Largo Winch ou XIII pourraient vous en parler). Mais ce lourd héritage est mis au service d’enquêtes et de procès très en phases avec l’actualité, la complexité du personnage (ni tout blanc ni tout noir) fait écho à la complexité des cas défendus.

Petit bémol au niveau du dessin. Je le trouve plutôt bon les deux tiers du temps mais, parfois, il y a une fameuse baisse de niveau. Le trait se fait alors brouillon, peu précis et c’est très décevant lorsque l’on voit les belles planches que Frédéric Volante peut nous offrir par ailleurs.

Quoiqu’il en soit, L’Avocat est avec Hedge Fund la série qu’il me plait le plus de suivre dans cette collection Troisième Vague du Lombard. Ces deux séries apportent un vent de fraîcheur avec des héros complexes au centre d’événements en phase avec les réalités économiques et politiques de notre époque.

Si vous aimez le genre, surtout ne vous privez pas.

Nom série  Bleu pétrole  posté le 22/11/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J’ai bien aimé cette évocation de cet événement fédérateur que fût le combat des maires bretons face aux armateurs de l’Amoco Cadiz. L’auteure a, par ailleurs, l’intelligence de déplacer le centre de son récit vers le ressenti des différents membres d’une famille plutôt que sur la lutte juridique elle-même. Cette manière d’appréhender cet incident permet d’éviter le piège d’une description détaillée, étayée mais froide et scolaire au profit d’un récit sensible et avant tout centré sur l’humain.

Pour les inconditionnels des faits avérés, un dossier en fin d’album permet d’en apprendre un peu plus sur l’accident et les poursuites judiciaires mais aussi sur différents personnages ayant inspirés ceux (de fiction) qui animent cet album.

Le fait d’avoir usé de personnages de fiction m’a un peu déçu, dans un premier temps. Comme une impression d’avoir été trompé tant tout cela sentait le vécu, la chronique sociale simple mais sincère. Mais cette fiction repose finalement sur beaucoup d’éléments réels et si je ne comprends pas trop pourquoi l’auteure n’a pas été jusqu’au bout du processus en utilisant les noms de personnages réels, la sincérité avec laquelle elle a réalisé cet album est telle que je lui pardonne ce que je considère comme une tromperie.

Le dessin est agréable à l’œil, bien servi par une colorisation qui atténue le trait, qui l’adoucit. Ce n’est pas un chef d’œuvre visuel mais un travail soigné qui sert bien le propos.

Un bon album, au final. Je ne sais pas si je le relirai mais je n’en déconseillerai certainement pas l’achat.

Nom série  Le Chasseur de sourires  posté le 22/11/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Grosse déception que cette lecture, pour laquelle j’étais a priori plein d’allant.

En effet, l’idée de départ me plaisait. Utiliser un personnage de dentiste dépourvu d’empathie à titre de héros me semblait prometteur. On avait là un profil parfait de pervers maladif et sadique, de quoi alimenter ce récit policier.

Seulement voilà, première chose et ce fut un réel problème à la lecture : la traduction est médiocre. Entre les fautes d’orthographe, les mots oubliés et ceux en trop, il est difficile de rester concentré sur le seul récit. Et lorsque je suis tombé sur une phrase dont je ne comprends toujours pas le sens, j’ai atteint un point de non-retour.

Ensuite, malheureusement, même l’intrigue policière m’a déçu. Déjà la manière dont ce récit est introduit m’a semblé extrêmement artificielle, voire bancale sur les bords. Mais surtout, de suspense il n’a jamais vraiment été question tant tout m’a semblé couler de source. L’auteur aurait carrément collé des flèches au-dessus de son coupable et de ses victimes que cela n’aurait pas changé grand-chose aux révélations finales.

Enfin le dessin, même s’il n’est pas mauvais quoiqu’un peu raide, n’est pas de nature à scotcher suffisamment mon regard pour que j’en oublie le scénario.

Une déception donc, surtout au vu du potentiel de l’idée de départ. Malheureusement, un scénario trop prévisible et une traduction indigne de professionnels ont fortement dévalorisé cet album.

Nom série  Buckson  posté le 22/11/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Le principal point fort de cette série tient dans ce fameux buckson, création graphique et anticipation malicieuse de la médecine du futur. Ce buckson apporte toute son originalité à un récit qui, par ailleurs, n’est finalement qu’un polar violent (bien fait mais prévisible).

Le deuxième point fort du récit est esthétique. J’ai, de fait, beaucoup aimé le trait de Victor Araque. Ce semi-réalisme est singulier, très lisible, expressif et dynamique. Ce style donne une identité propre à l’album. Je regrette juste l’excès de rouge dans la colorisation. Un peu plus de nuance dans les scènes sanglantes aurait, je pense, permis d’en augmenter l’impact sans perdre de force visuelle.

Le récit policier en lui-même n’est pas vraiment original. On retrouve en guise de personnage central un simple quidam pris dans un engrenage qui le dépasse, les seconds rôles vont du mafieux ambitieux et cruel au traitre cupide. Des images d’Epinal qui, si elles ne renouvellent pas le genre, permettent au lecteur de nager dans des eaux certes troubles mais qu’il connait bien.

Alors oui, il y a quelques longueurs par ci par là et l’excès de violence démonstrative de certaines scènes a finalement un effet inverse à celui escompté mais, dans l’ensemble, j’avoue avoir pris plaisir à lire cet album.

Et puis chapeau pour l’excellente idée du buckson, pas si fantaisiste que cela lorsqu’on connait l’usage de certains insectes et autres larves dans la médecine moderne.

Une lecture que je recommanderai avec plaisir aux amateurs de récits policiers sanglants et disposant d’une touche de singularité.

Nom série  La Guerre des Lulus  posté le 08/11/2016 (dernière MAJ le 22/11/2017) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
A la fin de ce que je ne peux m'empêcher de ne considérer que comme un premier cycle, la Guerre des Lulus est à mes yeux ni plus ni moins que la meilleure série tous publics dédiée à la première guerre mondiale. Et pour ce faire, elle dispose de solides arguments !

Tout d’abord, l’aspect visuel accroche d’emblée. Franc, net, direct, expressif et dynamique en diable, ce type de trait convient parfaitement au ton de la bande dessinée. Les différents personnages ont tous une identité propre et bien marquée, les décors sont soignés sans étouffer l’aspect « aventure » du récit, la colorisation est nette et sans bavure. C’est vraiment du très beau travail qui permet à un large public de rentrer dans l’histoire sans rencontrer d’obstacles visuels.

Ensuite vient la galerie des personnages. Ces Lulus deviennent rapidement extrêmement attachants. Régis Hautière use de ficelles bien connues mais diantrement solides pour nous offrir un panel de personnalités aussi complémentaires que familières. Là encore, le public se retrouve en pays de connaissance et l’envie de se plonger dans ces aventures est d’autant plus grande que les personnages qui nous serviront de guide nous rappellent nos lectures d’enfance.

Enfin, le cadre historique est loin d’être oublié. La série nous parle de la première guerre mondiale et, même si elle le fait au travers d’un prisme d’aspect enfantin, les années défilant la perte d’innocence s’accentue au fur et à mesure des tomes, nous rappelant toute la gravité du contexte. Les différents lieux traversés sont l’objet de choix judicieux qui nous permettent de découvrir diverses régions sans que cela ne nous paraisse étrange tout en apportant régulièrement une certaine originalité au récit.

Seul bémol : au terme de ces cinq tomes, il m'est difficile d'affirmer que la série est terminée. J'ai bien plus le sentiment d'avoir refermé un chapitre plutôt qu'un livre en bonne et due forme. Tout d'abord, une suite en deux tomes est annoncée, qui reviendra sur un fait marquant peu développé dans la série. Ensuite, et surtout, une après-guerre des Lulus s'annonce. Honnêtement, je ne sais pas si c'est une bonne idée. Je trouve qu'à un moment, il faut laisser les personnages vivre leur vie, il faut pouvoir les oublier et passer à autre chose. C'est la raison pour laquelle j'aurais aimé une conclusion plus... conclusive.

Mais bon, je ne vais pas bouder mon plaisir alors que la série est vraiment agréable à lire. Un série que je vous recommande vivement donc, quel que soit votre âge.

Nom série  Bug  posté le 22/11/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Voici donc le nouvel album de Bilal, un événement en soi. Je dois pourtant avouer que les dernières créations de l’artiste m’avaient quelque peu laissé sur ma faim, Bilal me semblant plus se concentrer sur l’esthétique et l’ambiance du trait que sur le besoin de nous raconter une histoire captivante. Je peux comprendre que cela soit suffisant pour certains mais, à titre personnel, j’ai besoin d’un récit prenant pour totalement apprécier un album.

J’ai donc entamé ma lecture avec quelques appréhensions. Je l’ai terminée avec un goût de trop peu et l’envie de découvrir la suite de cette anticipation dans les plus brefs délais.

Pourtant, d’un strict point de vue visuel, Enki Bilal fait du Bilal (mais il le fait bien). On retrouve ce trait raide à l’aspect figé qui installe un faux rythme incroyablement prenant à ses histoires. Il n’oublie pas d’ajouter aux visages de certains de ses personnages une touche de son bleu devenu mythique (mais apporte cette fois une explication rationnelle à cette note visuelle). Le format réduit de l’album n’est pas réducteur d’un point de vue visuel. En effet, Enki Bilal ne surcharge pas ses planches. Les cases gardent donc une taille plus que suffisante pour laisser au lecteur le soin d’analyser le dessin en profondeur.

Quant au scénario, c’est là que se trouve la vraie bonne nouvelle. L’idée de départ, certes pas la plus originale que l’on ait vue ces dernières années, est bien exploitée dans un récit à personnages multiples. L’intrigue se complexifie au fil des planches. Le faux rythme est omniprésent, la situation d’urgence créée par un bug mondial est contrebalancée par l’attitude des personnages. Des personnages étonnamment calmes, souvent en mode introspectif, agissant avec froideur et méthode (avec des objectifs souvent opposés) face à des événements on ne peut plus déstabilisants. L’émotion est pourtant bien présente, mais comme anesthésiée. C’est l’ambiance ‘Bilal’ comme je l’aime.

Et puis, il y a de bonnes trouvailles dans ce scénario, les réflexions de l’auteur étant axées sur l’avenir de l’homme et sa capacité à revenir en arrière s’il ne pouvait plus compter sur l’assistance technologique telle qu’on la voit évoluer de nos jours. La médecine, les communications, le pilotage… combien de domaines aujourd’hui déjà sont devenus totalement dépendants de machines hautement technologiques. Quid si cela venait à disparaître. C’est à ce petit jeu qu’Enki Bilal se prête, avec une certaine dérision il faut l’avouer.

Une nouvelle série qui s’annonce donc fort bien. Action, suspense et ambiance étrange sont au rendez-vous dans un univers pas si lointain et sinon réaliste, du moins plausible. Vivement la suite.

Nom série  Prézizidentielle  posté le 09/11/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Je ne suis pas parvenu à terminer cet album. Je pense qu’il n’était tout simplement pas fait pour moi.

Pourtant, j’aime beaucoup cette collection Sociorama et le concept de départ (suivre des enfants lors des élections en France) me semblait propice à nous offrir un album surréaliste entre la naïveté des enfants et le cynisme politique.

Seulement, voilà, j’ai trouvé que ça tournait très vite en rond. Les enfants ressassent rapidement les mêmes réflexions et semblent se désintéresser profondément de ces élections (ce en quoi je ne peux pas leur donner tort). Le fait que le concept a d’abord été publié sous la forme d’un blog au jour le jour a peut-être joué un effet pervers, les auteurs n’ayant peut-être pas la possibilité de se rendre rapidement compte de la redondance des propos (un livre, on le lit intégralement en une ou deux heures – un blog on en lit deux pages par jour, voire moins).

J’ai donc renoncé en cours de route, ne trouvant pas d’intérêt à cette lecture. Ce n’est pas pour moi, tout simplement. Et puis, c'est con à dire, mais je trouve ces gosses vraiment trop bruyants. J'avais juste envie de leur mettre une baffe en refermant brutalement ce livre. Mais je vous conseille tout de même et très chaleureusement de jeter plus qu’un œil à cette collection qui recèle de quelques perles qui, elles, valent le détour à mes yeux.

Enfin, si vous êtes enseignant et que vous voulez parler de politique politicienne à vos élèves, et bien voilà ! Vous savez que l’album existe et vous pouvez y jeter un œil à l’occasion. Ce n'est pas parce que je n'aime pas que l'album n'est pas réalisé avec talent et sincérité.

Nom série  Le Règne  posté le 01/02/2017 (dernière MAJ le 09/11/2017) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Même si la série avait initialement été présentée en deux tomes, il ne fallait pas être grand devin pour anticiper le fait que les auteurs n’allaient pas en rester là. J’estime même que l’on peut voir ces deux premiers tomes comme une simple introduction à l’univers imaginé par Sylvain Runberg et Olivier Boiscommun. La série est, à mes yeux, partie pour durer, qu’on se le dise !

Mais de quoi parlons-nous ? D’une fable d’anticipation de type post-apocalyptique. Des dérèglements climatiques ravagent une terre dont l’espèce humaine semble avoir été rayée, remplacée par des animaux devenus très proches du modèle humain. Les luttes pour la survie font rage et l’on suit trois mercenaires et leurs clients dans la traversée de territoires hostiles, dotés d’une technologie proche du steam-punk.

Alors, soyons clairs, côté anticipation, c’est très peu crédible. En effet, voir toutes les espèces dominantes se mettre à ressembler à des êtres humains (parfois au-delà de toute logique évolutive) et pratiquer le même langage, c’est ce que j’appelle une grosse facilité, tant au niveau narratif qu’au niveau visuel. Venant de deux auteurs aussi talentueux, cette facilité me gêne et j’aurais vraiment aimé qu’ils se creusent la cervelle pour imaginer un univers dans lequel des races peuvent se comprendre sans devoir pratiquer le même langage et où elles puissent survivre sans toutes suivre le même modèle évolutif (et surtout qu’elles évoluent avec une certaine logique, car faudra quand même qu’ils m’expliquent un jour d’où viennent ces bras qui ont poussé aux volatiles en plus de leurs deux pattes et de leurs deux ailes). En attendant, personnellement, je reste un peu dubitatif de ce point de vue, et je ne parviens pas à voir cette série autrement que comme un divertissement naïf avec des personnages à tête d’animaux.

Mais, à partir du moment où je me désintéresse du contexte et où je me concentre sur les personnages et l’aventure, Le Règne me plait beaucoup. Sylvain Runberg distille progressivement ses infos sur les trois héros et leurs passés respectifs, qui n’en deviennent que plus attachants tout en gardant leurs parts d’ombre. L’aventure est au rendez-vous, avec des rebondissements, des coups en traitre et tout ce qu’il faut là où il faut pour relancer l’intérêt du lecteur. On a vraiment le sentiment que n’importe qui peut mourir n’importe quand, ce qui crée une tension constante et bienvenue. Olivier Boiscommun nous offre de très belles planches. Sa colorisation, en particulier, est splendide. Les décors sont soignés et confèrent à la série une agréable ambiance post-apocalyptique aux accents steam-punk (à l’image du chapeau d’un des personnages principaux). Ses personnages à tête d’animaux sont réussis (pas crédibles mais esthétiquement agréables à regarder, même les félins n’ont plus que deux mamelles pour nous offrir des poitrines plus conformes au fantasme humain, c’est dire !), le découpage est soigné, le dynamisme est présent. L’expressivité des visages est indéniable.

Donc voilà, si je regarde la série avec la naïveté d’un enfant sans m’inquiéter de l’origine des espèces et du fait que l’histoire est censée se dérouler sur terre, j’aime beaucoup. Si je creuse un peu le concept de départ proposé par les auteurs, je trouve cet univers bancal. C’est la raison pour laquelle, malgré de grandes qualités tant visuelles que narratives, je garde une gêne qui m’empêche de monter ma note au-delà du 3/5.

Je ne déconseillerai certainement pas l’achat mais je dissuaderai les acheteurs potentiels s’ils espèrent trouver dans cette série autre chose qu’un divertissement de type ’fantasy’.

Nom série  Isabellae  posté le 15/01/2013 (dernière MAJ le 09/11/2017) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Le début de la série est vraiment très bon à mes yeux. L’histoire est intrigante. Au niveau des personnages, il a un jeu de miroir entre les différents membres de la famille (un père samouraï japonais/une mère sorcière irlandaise – 2 enfants, l’une a hérité des dons de guerrier de son père et du physique de sa mère, et l’autre c’est l’inverse) qui, là aussi, suscite la curiosité.

Et très vite, l’univers se révèle riche. Le récit mêle aventure médiévale dans un Japon fantasmé et fantastique, les scènes de combat sont nombreuses et Isabellae charcute gaiement. Elle se retrouve bien vite affublée de compagnons de voyage aux intérêts divers. Cette multiplication des personnages permet de garder une Isabellae très sombre tandis que d’autres apportent des notes d’humour de ci de là. Le fait qu’elle voit son père sous la forme d’un fantôme tandis qu’elle croise très vite un être volant dont on ne connait pas l’origine apporte une dimension fantastique au récit qui le différencie des autres.

Au final, il s’agit d’un vrai melting-pot dans lequel récit de samouraï et légendes celtes se retrouvent liés. De ce point de vue, cette aventure est on ne peut plus originale.

La série se scinde clairement en deux cycles, le premier a pour cadre principal le Japon tandis que le deuxième voit la majeure partie de son action se dérouler en Irlande. Ces deux cycles sont intimement liés. Il est illusoire de croire pouvoir lire le second cycle sans avoir lu le premier tandis que ne lire que le premier vous privera de bien des explications données au terme du second.

A titre personnel, après avoir été emballé par les deux premiers tomes, j’avoue que mon intérêt a décru (mais j’ai toujours attendu la sortie de l’album suivant avec envie). En cause, une surabondance de combats qui, finalement, n’apportent pas grand-chose au récit. De plus, j’ai parfois eu du mal à voir où les auteurs voulaient en venir. La narration est en effet parfois confuse et certains éléments de l’intrigue ne trouvent leur signification qu’en toute fin du récit. J’ai cependant beaucoup apprécié le fait que tous les éléments trouvent leur place dans une belle conclusion. De plus, cette fin est une vraie fin. On quitte Isabellae finalement satisfait et sans cette désagréable impression que les auteurs ne nous ont pas tout dit pour se ménager la possibilité d’une suite à rallonge.

Finalement, c’est une série qu’il m’a plu de suivre et que j’aimerai bien relire posément maintenant que je sais de quoi il retourne exactement. Pas un chef d’œuvre mais une série attachante et originale.

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