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... a posté 566 avis et 24 séries (Note moyenne: 2.7)

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Nom série  Un printemps à Tchernobyl  posté le 22/10/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Les éloges lues sur ce site rendent l’œuvre fort attrayante. Je ne suis pas fan des reportages mais apprécie le dessin de Lepage, l’avis de Sejy me poussa à franchir le gué.

Et j’avoue ne pas avoir été enchanté par le début du récit. Me retrouver embarqué dans des groupes anti-nucléaires pour traiter du sujet ne présageait rien de bon. Fort heureusement l’auteur ne tombe jamais dans le dogmatisme et bien au contraire ne se reconnait pas dans le discours que ceux qui partagent le projet. Le voyage restera un témoignage d’un homme et non de la propagande anti-atomistes.

Le lecteur se retrouve plongé dans le quotidien de l’auteur, ses doutes, ses réactions face à ce qui se présente à lui, une double histoire s’ouvre alors en parallèle, celle d’un lieu avec ses habitants et ses fantômes mais aussi celle d’un homme qui reçoit l’information, la retraite et doit donner un ressenti. Cette seconde beaucoup plus intérieure forme la partie la plus intéressante car le dessin se trouve intimement lié. Rappelez-vous comme l’auteur de Muchacho ou Névé dessinait. Et constatez ici les différences de style au sein du récit…
Le dessin porte l’évolution intérieure de l’auteur face à ce qui lui est donné de voir, et cela c’est magique.

Il ne faudra pas chercher dans cet album une perfection graphique pourtant familière de l’auteur, mais bien un cahier de ressenti, un témoignage d’une expérience personnelle transcrite d’un point de vue artistique. En cela la partie longuette du début décrivant la naissance et le pourquoi du projet trouve un sens à postériori.

Ce témoignage présente un fort intérêt car il vient du cœur de l’auteur et ne contient pas une narration pseudo-objective ou un plaidoyer propagandiste. La distance prise par l’auteur face à ses commanditaires est salvatrice, car elle permet de se positionner face aux autochtones de manière patiente et réellement observatrice. L’univers des gens rencontrés est passionnant dans le récit, non dans la description d’un passé terrible mais bien dans la tentative de compréhensions des nouvelles valeurs fondatrices de cette société humaine vivant si près des erreurs de l’Humanité. La Beauté s'offre un peu partout alors que l'horreur est omniprésente. Cette juxtaposition malsaine s'offre pour tous les acteurs au long du récit et forme le lit que chacun appréhendera pour trouver son équilibre. Chez certains ce sera l’insouciance, chez d'autres la négation de la réalité, certains préféreront affronter leurs peurs pour jouer avec le danger, et enfin d'autres préféreront se rassurer devant certains cadres de peur de se retrouver face au néant d'une situation totalement incontrôlée. Cette palette de profils prend vie sous la plume de l'auteur avec grand talent.

L’album fut un véritable plaisir de lecture, un chouette voyage. Et pourtant j’ai quelques doutes sur l’achat, j’appréhende la potentielle fadeur d’une relecture, ou disons le gap de plaisir dans les relectures futures. Un emprunt me semble mieux adapté à ce récit.

Nom série  Birdy's  posté le 11/10/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Le hasard amicaux vous font découvrir des surprises inattendues. Me voici avec cet album dédicacé grâce à des amis connaissant mon péché mignon du 9eme art.

Le style épuré de la dédicace me plait beaucoup et me donne envie de rentrer dans le récit d’un très bel objet. Clair de Lune soigne particulièrement ses albums, celui-ci ne fait pas exception.

De prime abord le lecteur se laisse totalement subjuguer par cet univers désertique hors terre et ces personnages étranges. On comprend vite qu’il s’agit d’une quête initiatique et l’on est surpris par cette simplicité finalement efficace. Arrive l’évènement rempli de poésie et la sélection qui suit. Jusque-là tout va bien même si quelques cases semblent un poil de trop, la narration a tenu le lecteur sur un espace particulièrement réduit avec des traits basiques et une colorisation neutre, chapeau. Dans la remise en cause et la chute des valeurs établies qui suit, le propos avec les aller-retour me semble en revanche un poil longuet, même si le propos reste intéressant, on s’aperçoit soudain que tout ceci n’est que décor de théâtre et que nous sommes sur la même scène géographique depuis le début du récit, signe de baisse de tension.
Vient enfin la chute tout à fait fine et maline qui clôt avec talent ce conte initiatique.

D’après certains retours, l’éditeur aurait proposé à l’auteur de faire un second tome pour comprendre un peu mieux et développer cet environnement si particulier que l’on ne fait qu’effleurer dans ce tome 1. Il semble en effet que derrière l’apparente simplicité se cache quelque chose de nettement plus profond.

Alors je dirai bravo pour ce premier album réussi qui porte de belles promesses de fond et de forme avec un chouillat de qualité narrative juste à faire progresser pour un parfait équilibre. Une bonne BD que je traduit sur la hiérarchie du site par 3 avec achat

Nom série  Un peu de bois et d'acier  posté le 05/10/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Rhoo comme cela fait du bien… Une Bd muette qui vous secoue l’intellect pour vous emmener dans un voyage où vous seuls devez reconstruire l’image qui se présente à vous.
Il fallait tout de même oser faire une bande dessinée en plan fixe sur un banc public. Et quand bien même oser était réalisé (certains ont bien fait un album sur deux personnes qui font des longueurs dans une piscine) il fallait trouver le ton et la forme pour en faire sortir quelque chose d’intéressant.

Puisque le risque d’une lourdeur dans le mime reste majeur, pendant les premières pages j’ai craint les longueurs. Mais le talent narratif rassure très vite, la succession graphique maintient le lecteur en perpétuelle tension, que va-t-il advenir de ce hiatus Ordre/clochard, que va devenir ce banc lui-même. Le lecteur se trouve soudain pris à penser à la raison d’être d’un banc public, à cette juxtaposition d’ordinaire et d’extraordinaire, cet événement ordinaire qui par un petit dérèglement devient extraordinaire. Vient ce moment magique du banc et du ballon. A ce stade j’ai presque eu envie de pleurer devant la beauté brute de ce que Chabouté me proposait.

Évidemment tout cela se tient grâce à la force du trait noir et blanc déjà présente dans nombre d’albums, les planches ne sont pas forcément objectivement jolies, et prises isolément on voit même des distorsions graphiques étranges, mais elles dégagent une beauté qui sort du figuratif. Forme et fond se servent mutuellement pour emmener le lecteur dans un univers presque magique malgré une banalité objective.

Un peu de bois et d’acier se rapproche du chef d’œuvre, et pour celui qui saura rentrer dans le récit je ne doute pas que l’album fasse partie de la bibliothèque des favoris. Pourtant je ne doute pas que l’on puisse fort bien trouver cela long, mal dessiné et sans intérêt. Tout dépendra du recul que vous mettrez entre l’image et la perception que vous aurez de celle-ci. Et il s’agira du seul reproche que je formulerai, cet album n’accepte pas plusieurs niveaux de lecture, et le premier niveau auquel nombre de lecteurs s’arrêtent est ici sans intérêt.

Nom série  Les Princesses Egyptiennes  posté le 13/09/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Deux tomes dans l’Egypte lointaine, une intrigue de pouvoir au cœur d’une civilisation disparue, des dessins en noir et blanc encrés avec talent, voici les ingrédients de ce diptyque intéressant.

Mais comme la lecture fut délicate. Le premier tome semble particulièrement confus, et pourtant il y a quelque chose qui nous fait continuer la lecture que je ne saurais qualifier. L’attente entre les deux tomes fut longue car le premier tome seul ne nous mène pas bien loin, mais la lecture du second fut un vrai bonheur. Les fils installés laborieusement au premier se tendent à merveille ; malgré une complexité narrative l’auteur porte le lecteur dans un univers passionnant et totalement prenant. Un poil d’ésotérisme vient parfaire notre récit avec une dose infime mais parfaitement maîtrisée qui m’a fait adorer cette seconde partie. La crainte d’une fin trop abrupte se dissipe devant la fluidité du second tome qui contraste sérieusement avec le premier.

Le graphisme constitue le vrai point fort du récit. Ce noir et blanc tranché sublime place l’intrigue dans un écrin et s’adapte parfaitement à toutes les ambiances nécessaires à l’adéquation du récit et son contexte. Par exemple ces planches de découverte dans la cité maudite où des statues semblent vibrantes de détresse et inquiétantes mettent le lecteur dans une angoisse patente, de même que ces planches somptueuses de visites de chantier aux détails fourmillant illustrent une administration structurée parfaitement organisée. Ce pur moment d’encre de chine m’a valu de m’intéresser aux planches originales et la magie fut au rendez vous, les contrastes sautent à la figure.

Au final il fallait s’accrocher dans le premier tome pour arriver à cette osmose du second tome. Si le sujet du passage au monothéisme au cours d’une dynastie égyptienne constitue l’un des sujets favoris lorsque l’on parle d'Égypte ancienne, jamais le sujet ne m’avait paru traité de façon aussi pertinente dans le cadre d’un récit. Ici pas question d’avoir l’impression d’ouvrir un livre d’histoire, le lecteur vit au cœur du sujet même si tout cela se fait par narration interposée auprès d’un vieillard un peu magicien ! Les deux destins au début simplistes se complexifient au cours du récit pour finir en très bon cru.

Une très bonne BD à ressortir de temps en temps.

Nom série  Sambre  posté le 06/06/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Il y a dans cette série une explosion graphique mêlée à une tragédie familiale rendant l’ensemble magistralement puissant.

Et pourtant l’histoire semble on ne peut plus basique, une famille divisée anciennement aisée sur le déclin partagée entre la nostalgie et le vertige de la chute, entre l’anesthésie et la brulure. Quel talent peut bien mettre l’auteur pour donner une telle puissance à son récit ?

Tout d’abord, il faut contempler le travail graphique remarquable. Chaque planche trouve des expressions aux personnages sublimes donnant une dimension graphique aux ressentiments non dits, aux passions intérieures, au désespoir tourmenté. Les rues de paris semblent sorties des cahiers de Victor Hugo, la misère explose l’esprit du lecteur et surtout la beauté omniprésente rend l’ensemble surréaliste.

Et puis n’oublions pas cette once de mystère mi fantastique qui vient rougir les planches et complexifier le drame familial. Ne galvaudons pas une histoire d’amour dramatique se déroulant sous nos yeux. D’apparence très simple et classique, l’intrigue s’avère finalement tourmentée et intelligemment menée pour laisser le lecteur respirer les ambiances s’imprégner des odeurs et se laisser envahir par le froid et la moiteur de certains cadres. L’auteur prend son temps et se laisse embarquer dans des histoires secondaires tout aussi remplies de passion, on aime, on hait, on transpire, voilà le secret : laisser le temps faire son œuvre en travaillant méticuleusement « l’autour ».

Le premier cycle de quatre tomes fut magistral, et puis vint cette envie de décliner la tragédie familiale ; en n’avisant ici que la série mère, celle-ci comporte tout de même deux tomes supplémentaires tenant la route sans encore arriver au niveau du premier cycle.

Dévorez avec passion ces opus remplis de pathos et d’art, les lectures successives vous procureront toujours autant d’émotions malgré l’apparenté simplicité du thème. Seul écueil, le côté franchement tourmenté des personnages, pour ne pas dire malade, certes les opus parallèles permettent de relativiser certains comportements à postériori, mais sur le coup, gageons que le lecteur prend vraiment certains personnages pour de très grands malades. Cela ajoute en poésie dramatique et permet de trouver un charisme portant mille émotions. Et puis plane tout de même le doute de voir un jour la fin et de comprendre le fin mot de tout ce petit monde. Plus tard ces deux points résolus en feront peut être un chef d’œuvre aux cinq étoiles, en attendant, ce ne sera que sublime !

Concluons sur le rouge, la passion, le sang, la haine, la révolte, la misère qui suintent de toutes les cases et trouvent dans les pointes de cette unique couleur dans les dégradés de l’album une force supplémentaire apte à déplacer les montagnes et à captiver les lecteurs pour longtemps encore…

Nom série  La Douce (Schuiten)  posté le 05/06/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
L’auteur s’épanouit dans le thème récurrent du rail qui semble exercer une sorte de fascination sur Schuiten dès qu’il se sépare de Peeters. Après le beau one shot Le Rail l’auteur retrouve ce thème pour un hommage aux machine, une fascination de la relation homme machine et un discours habituel sur le progrès.

La maturité permet à l’auteur de rendre son album nettement plus abordable que le rail. Ce qui est perdu en ellipse et en liberté est gagné en simplification du discours. On suit nettement mieux le fil du récit. Parfois j’ai même déploré que l’on soit dans un basique trop fade. Un homme, une relation d’amour avec une machine, le progrès qui laisse pas mal de techniques sur le carreau (et donc les hommes refusant de s’adapter), et l’impact sur la géographie du progrès des hommes. Une partie des thèmes des cités obscures se retrouvent dans ce récit, hélas il manque un côté mystérieux, presque mystique à cette modernité pour donner une ambiance totalement immersive pour le lecteur.

Graphiquement en revanche, le trait fait merveille, les machines, les réseaux, les braquets se montrent sous leur meilleur jour. Le noir et blanc donne une force esthétique aux réseaux de communication et donne une âme à la matière. Et si les personnages trouvent des postures parfois peu académiques le travail des visages n’en demeure pas moins brillant.

Ce one-shot m’a semblé agréable à la lecture mais perfectible, il manque quelque chose dans le scénario pour en faire une histoire captivante, ici le lecteur se prend plus d’intérêt pour les câbles et l’ingénierie que pour les sujets. A trop vouloir se montrer concret, l’auteur perd l’ellipse et se retrouve dans la vulgaire (au sens commun). Je suis néanmoins ravi de garder cet album dans ma bibliothèque tant le progrès et l’impact sur l’homme se trouvent magistralement présentés.

Nom série  Les Amateurs  posté le 25/05/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Cet album a attiré mon regard car il faisait partie de la sélection générale d’Angoulême.
Mais il ne restera pas dans les annales, en fait je me demande même pourquoi il fait partie de la sélection si ce n’est pour la provenance géographique.


Nous verrons ici un groupe provincial de gens s’intéresser à l’art contemporain. Un artiste ira sur place et verra de grands projets avec une bande d’illuminés. Tout le récit semblera surréaliste, jusqu’à cette tempête subtilement destructrice. L’album servira plutôt à un exercice de style sur une galerie de personnages tonitruants, décalés, grotesques, désabusés.

Le style graphique ne dégage pas de stabilité, certes certaines planches chatoyantes trouvent une place dans un atelier de création graphique, mais je n’ai jamais réussi à rentrer dans le scénario. Evidemment on peut lire un travail de planche sensible au fort intérieur de l’interlocuteur de notre artiste, mais cela ne m’a pas convaincu.

La créativité graphique ne manque pas de talent et de style, mais on perd le lien narratif pour s’intéresser à l’image uniquement. Le lecteur ne trouve pas de liant.

Au final gros étonnement sur cet album ressemblant plus à une recherche qu’à un produit fini, ou alors je n’ai rien compris ce qui parait également possible tant tout m’a semblé sans objet.

Nom série  Modeste et Pompon  posté le 24/05/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Dans le style de héros familiaux prêchant d’une certaine façon les bonnes manières et le savoir vivre, Franquin arrive à créer et sortir d’un académisme figé.

Certes Modeste et pompon ne me feront pas crier au génie, mais du moins ne formeront ils pas l’un de ces couples agaçant, remplis de bons sentiments et de morale de bas étage qui fourmillent dans le style de la comédie familiale. A quoi cela tient-il ? Car nos personnages jouent le rôle du ennuyant-ennuyé si courant dont l’une des plus grandes réussites restera Achille Talon.

Mais il se trouve un je ne sais quoi de dynamisme dans le trait qui supprime un côté plaqué énervant pour que le lecteur s’approprie la scène quand bien même elle ne serait pas extraordinaire. Il n’y a qu’à voir combien la reprise fonctionne moins bien que la partie faite par Franquin.

Il y a donc du brouillon d’œuvres ultérieures pour Franquin, mais déjà un je ne sais quoi rendant une situation banale en situation amusante. Entre le bof et le pas mal, il m’est difficile de choisir, mais j’opterai pour la vision positive en raison de la curiosité : je n’arrive pas à comprendre ce qui fait que la même chose écrite par un autre que Franquin finirait de façon certaine en « je n’aime pas » ou « bof » sans hésitation. En revanche l’achat me semble inutile.

Nom série  Habibi  posté le 23/05/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Après la lecture de ce chef d’œuvre, je fus bloqué, incapable d’écrire le moindre avis tant il me semblait que tout ce qui pourrait être écrit sur cet opus serait futile, incomplet et ne saurait rendre hommage à l’œuvre. Alors j’ai relu, la relecture fut encore plus agréable, comme si on découvrait certaines saveurs qui nous avaient échappé dans un premier temps. De bombe assourdissante en lecture initiale, l’opus se couvrait de miel, ce qui devenait nettement plus digeste pour tenter de faire partager cette expérience narrative.

Tout au long des pages vont se mêler trois thèmes principaux. L’amour tout d’abord, thème majeur et perpétuel fil d’Ariane du récit, le soufisme ensuite qui se verra très largement représenté, aussi bien dans sa partie mystique que dans une inspiration graphique, l’écologie enfin comme vecteur de l’évolution humaine des relations sociales.

Cet étrange mélange se construit dans la déclinaison mystique du carré magique issu de l’analyse numérique en base 10 chère à nombre d’amateurs ésotériques à l’époque médiévale. Ce carré magique connu dès le VIIème siècle par les mathématiciens arabes l’apprenant en Inde, repris au cours du temps pour trouver une signification magique au XIIeme siècle. Et voici pourquoi je parle de soufisme et non d’islam au sens plus large, cet opus est rempli de la logique soufi de distinction entre l’aspect extérieur apparent et l’aspect intérieur caché. Nos protagonistes sont toujours en quête de se mettre en état de comprendre cet aspect mystique sacré. Et là nous arrivons dans le pur soufisme et cette croyance que Mahomet avait reçu en même temps que le Coran des révélations ésotériques qu’il n’aurait partagées qu’avec quelques compagnons…

De fait présenter cet opus comme une recherche sur l’Islam me semble erroné, il s’agit plus à mon sens de monter ce chemin entre Eros et Agape (concept très chrétien) par le biais de la culture soufi, l’important résidant dans le cheminement du rapport au corps et à l’amour de nos deux héros illustrés dans des extraits coraniques et leurs interprétations.

Au premier degré le récit nous parle de la difficile condition de deux orphelins tous deux contraints de vendre leur corps pour survivre. S’attachant l’un à l’autre ils développeront des relations de protection mutuelle évoluant d’un mère-fils à un homme-femme unis. Le tout se fait au milieu d’une civilisation traditionnelle arabe présentant à terme une conscience écologique contemporaine en montrant les conséquences de l’appropriation des ressources naturelles par une logique capitaliste et les conséquences de la focalisation de l’attention sur le « palais de cristal » (Cf Peter Sloterdijk) en omettant toute la périphérie nécessaire qui tente simplement de survivre. A ce niveau le récit paraitra certainement un peu trop conte de fées, mais cela reste du bon roman.

Mais la lecture de l’évolution de la relation amoureuse de nos deux héros me semble nettement plus intéressante et riche. Il y a tout d’abord cette découverte de la sexualité, brutale pour elle, inhibée pour lui. Celle-ci s’accompagne par cette recherche du caché à l’intérieur de l’apparent, par le biais de la mise en parallèle des sagesses coraniques. A ce propos la majeure partie des mythes repris figurent dans les trois monothéismes et ne sont pas spécifiques au Coran. La mise en branle poétique se fait par le graphisme envoutant et la mystique soufi qui permet de sortir d’une condition matérielle pour rêver à l’immatériel et transcender un contexte. Toute la violence, tout le besoin tous les questionnements se mêlent dans une frise infinie. Puis vient la séparation, chacun suit sa route en se rappelant de cet éros initial un peu tabou encore. Les tribulations sont une fois encore soumises au principe d’initiation des choses cachées et trouvent un sens poétique là où il n’est que misère au premier degré. Les retrouvailles sont tragiques, car elles signifient pour les deux protagonistes la fin de l’Eros pur rêvé car souillé par le réel. Pourtant, par la découverte d’une relation non physique ils parviendront à ce don mutuel d’Agape qui sera explosion des sens bien au-delà d’un simple rapport physique. Question de vie et de mort, rapport à l’autre, tout ce qui nourrit l’amour sera exploré dans des conditions extrêmes pour finir par solidifier ce couple qui a la fin du récit démarrera enfin sa relation consentie amoureuse dans toutes ses conséquences et non sur le simple côté sensuel.

Chaque planche est un poème, chaque partie, une évolution ciselée, l’auteur ne fait pas de la reproduction, il donne un sens graphique au contenu des réflexions de ses personnages. La perpétuelle recherche de Dieu se retrouve dans les multiples fresques du récit.

L’ensemble forme donc un tout cohérent et sublime, message d’amour universel. Il en profite pour dénoncer au passage l’exploitation de ressources naturelles par des capitaux au détriment des hommes. Du fond à la forme cet opus se dévore, le lecteur pourra toujours trouver ce qui lui parlera tant le discours est multiple. Romanesque, poétique, symbolique, politique, graphique, mystique, didactique, fantastique, initiatique, Habibi est tout cela à la fois pour le plus grand plaisir du lecteur qui tient là un authentique chef d’œuvre.


(500)

Nom série  Pim Pam Poum  posté le 22/05/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Le journal de Mickey publiait les aventures de ces chenapans toujours prompts à réaliser des tours aux adultes les entourant. Petit, cette série m’ennuyait au plus haut point. Le dessin sommaire associé à un comique de situation à base d’explosion, de chutes, ou autres procédés basiques ne me faisait absolument pas sourire. Des petits monstres faisant des bêtises qui souvent finissent par leur valoir une fessée, voilà ce qui reste du contenu.

En revanche, en replaçant le schmilblick dans le contexte du débit du XXème siècle, cette série devient mythe. Une juxtaposition de cases avec du texte, cela en fait, à priori, la première bande dessinée dans sa vision contemporaine. Signalons aussi l’abstraction des personnages dont on ne sait pas situer un lieu d’aventures, l’évolution des personnages le long de la série… Voilà qui devient franchement novateur et créateur. Les concepts naissent et le champ des possibles de cet art deviennent soudain apparent.

De fait la lecture aujourd’hui n’est plus aussi négative qu’elle l’était dans le passé, aujourd’hui j’en serai presque ému de lire ce produit archéologique. Avouons également que si la qualité en absolu souffre d’un côté simplet, en qualité relative les aventures de nos sales gamins sont moins convenus et moralement bien pensant que la plupart de ce qui se fait à la même époque et même de façon postérieure.

De là à acheter, certainement pas, à moins d’avoir l’âme d’un archéologue.

Nom série  Harry Dickson  posté le 21/05/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Voici 8 tomes narrant les aventures d’un détective aventurier, de son si utile bras droit mais surtout de cette française diabolique, car une fois de plus que serait cette série sans la « méchante » !

Série ancienne, "Harry Dickson" ne souffre curieusement pas de l’âge, les intrigues entrainent le lecteur d’aujourd’hui, certainement avec moins de conviction car il ne faut pas non plus chercher l’originalité excessive, mais suffisamment pour se lire sans soupirer de platitude. Il faut comprendre que cette série commence dans les années 80 soit bien après les aventures de Blake et Mortimer dont elle reprend les codes pour s’achever en 2004 ! Alors qu’on croirait voir de l’album classique des années 60 à 80. Chaque tome dispose d’une construction similaire, construction d’une intrigue, développement de la complexité et des difficultés et résolution enfin d’album. Les tomes 6 et 7 font exception avec une histoire en diptyque permettant une résolution moins rapide. Si les intrigues sont inégales (bien aimé les tomes 1,3, 4, 6-7), il n’en reste pas moins une constante, chaque aventure se lit sans quitter l’album ! Certes nos « gentils » désespérément classiques n’attirent pas l’identification, mais au second degré et avec une excellente méchante craquante, les aventures se lisent avec un sourire et une odeur de vieux modèle sympathique.


Graphiquement la ligne claire de qualité n’engendre pas de surprise, un soin particulier apporté aux véhicules fait plaisir à l’œil. Le style parfaitement maitrisé permet une bonne fluidité et une bonne compréhension par un juste équilibre entre détail et simplification.

Au final je trouve les contributeurs très durs avec cette série, Evidemment il ne s’agit pas de la série du siècle, mais d’une bonne filiation avec Jacobs. Le ton prend un style différent, moins scientifique mais l’ambiance délicieusement feutrée permet de passer un bon moment de lecture. Pas question de les voir partir de ma bibliothèque personnelle, Cette série me semble un bon investissement que l’on pourra relire avec tendresse dans des soirées d’hiver.

Nom série  La Dernière Chevauchée  posté le 16/05/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Diptyque violent sans intérêt, voilà ce à quoi pourrait se résumer mon avis si je ne faisais l’effort de détailler un peu plus.

Cette histoire raconte quelques épisodes de tueries et vengeance autour d’un meneur et de chasseurs de primes sans foi ni loi. Enfin même pas, parce que curieusement de temps en temps justement ils semblent en avoir, puis pas, puis si… Bref l’ensemble n’a ni queue ni tête. Je veux bien comprendre l’ambiance western qui pue la mort, la poudre, la corruption, le fric, la vengeance, mais si le lecteur y retrouve une certaine cohérence. Le mec qui tue son pote parce qu’il veut satisfaire une pulsion supplémentaire puis qui s’amuse à garder le rejeton dans la bande. Je veux bien que les mecs soient fêlés mais à un moment il faut arrêter le contenu scénarisé qui n’a aucune crédibilité. Et cette histoire que l’on prend la peine de nous montrer au début trouvera son sens dans la fin (que n’importe qui aura imaginé depuis le début), entre les deux, rien, ou disons des massacres sans intérêt ni sens.

Signalons tout de même que graphiquement, l’ambiance tient la route, saloon et calibres se mêlent avec une chaleur tout à fait dans l’esprit du western sanglant, cavalcades et exécutions se suivent avec rythme et esthétisme. Maintenant il sera difficile au dessinateur malgré d’évidentes qualités dynamiques graphiques de faire croire au lecteur qu’il se passe un truc.

J’ai donc détesté, non pas par manque graphique, mais bien par vacuité scénaristique. Oubliez l’achat et même la lecture.

Nom série  Jeremiah  posté le 15/05/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
30 tomes de pur dépaysement, d’inquiétante ambiance, d’anarchie propice aux plus folles inventions dictatoriales et exploitantes humaines.

Evidemment, tous les tomes ne se valent pas ! Il n’y a même pas de logique de temps puisqu’on trouve du très bon et du moyen aussi bien dans les premiers que dans les derniers opus. Si les premiers moments du récit nous montrent des personnages déracinés aux comportements violents, on finit néanmoins à s’attacher à nos héros. La rencontre et cet épisode de la mule m’a marqué alors que je n’ai pas lu ce premier opus en premier. Hermann nous emmène dans des groupuscules de survivants ayant créé une communauté avec ses propres règles et ses propres lois. De fait l’arrivée d’étrangers fait toujours figure de déstabilisateur. On pourrait croire à un côté malsain de voir systématiquement nos héros se mettre dans des situations glauques qui ne les regardent guère, mais il y a un je ne sais quoi de Corto Maltese dans l’un des deux, sorte de post romantique arriéré aimant le geste pour l’idéal tout en refusant bien de se l’admettre lui-même.

Graphiquement, Hermann commence avec un trait classique sombre et fouillé décoré par une mise en couleur western aux tons chauds. Mais lorsqu’il passe en couleur directe, tout bascule et l’on se prend à admirer les ambiances. Nuit et jour, froid et chaleurs étouffantes se succèdent et prennent le lecteur à la gorge. Car Hermann, c’est avant tout un environnement, certes on peut admettre que les personnages se ressemblent au gré des aventures et que les méchants ont souvent le même genre de gueule, et alors ? Le totalitarisme n’a-t-il pas toujours le même visage quelle que soit la forme avec laquelle il se présente ?

L’inégalité des tomes empêche d’en faire un album culte et pourtant il y a du très-très bon au niveau du scénario dans les premiers tomes et du très-très bon graphiquement quand on passe en couleur directe. Le moins bien de certains scénarios associé au moins bien d’une certaine redondance pourrait finir par donner l’impression que l’on tourne en rond, du moins qu’il n’y a plus guère de surprises quant au déroulé de l’aventure qui nous sera racontée. Aussi agréable à lire (scénario) qu’à lire (dessin), cette série mérite sa place dans votre BDthèque.

Nom série  Le Jardin des désirs  posté le 14/05/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Un érotisme léger inspire quelques grands auteurs trouvant dans ce style une certaine liberté tout en gardant finesse et inspiration. Ainsi va de ce récit, à plus de 60 ans l’auteur va par le biais de petites histoires nos raconter la quête d’un homme envers la femme parfaite.

Chaque situation ne reste pas inoubliable, mais il s’agit plutôt d’une ambiance, de couleurs, de sensualité poétique transmise par le trait et la mise en couleur directe. Humour, légèreté fournissent au récit un cadre franchement bon enfant. On voit moins de fesse et de poitrine que dans la plupart des récits actuels, qu’ils soient d’aventure, d’anticipation ou de fantasy !
Très fluide le récit se parcourt avec douceur, presque poétique par moment le lecteur parait très loin d’un vulgaire sexuel pour entrer dans un douillet sensuel.

La fin en revanche devient inoubliable et permet au lecteur de finir sur un éclat de rire !

Du très bon humour érotique à connaitre, voire à reprendre de temps à autres au sein d’une bibliothèque.

Nom série  Pyongyang  posté le 11/05/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Les carnets de voyage restent un style particulièrement subjectif. Et quand Guy Delisle raconte ses voyages, j’accroche. Le ton me parle, le graphisme fait mouche alors que de prime abord je ne vois rien qui serait particulièrement brillant.

Dans cet opus voici notre voyageur embarqué pour l’un des coins les plus fermés de notre planète, un de ces endroits que quelques rares personnages pourront visiter. Enfin visiter, entendons nous…

Ce témoignage magnifique trouve un ton particulièrement pertinent. Pas question d’écrire un manifeste, notre auteur va raconter ce qui lui arrive sans fioritures. J’avoue un plaisir certain dans le prêt de 1984 au guide pour perfectionner son Français ! Cela et toutes les autres anecdotes décrites sur un ton libre fournissent au récit un intérêt à mi chemin entre l’humour et le reportage. Pour le contenu lisez le cela ne pourra que vous faire du bien !

Le graphisme épuré de l’auteur m’a toujours fasciné, de prime abord il parait simpliste et brouillon mais la fluidité du récit et la pertinence du propos rendent cette apparente simplicité suspecte ! Et une seconde lecture permet de voir un talent certain pour la mise en situation, la simplification et la transmission d’un concept.

Ce récit fournit un livre de chevet fortement agréable pendant la lecture, tout comme la relecture. Voici pourquoi je conseille l’achat au contraire des autres albums parus de l’auteur : parce que son subtil mélange de reporter neutre et d’humour trouve un très bel équilibre dans cet opus.

Nom série  La Esmeralda  posté le 10/05/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Ce triptyque paru chez Glénat fait partie de la belle époque de cet éditeur, je m’attendais donc à un certain niveau lorsque le hasard m’a fait découvrir cette série.

L’auteur nous présente des variations sur le thème de Notre Dame de Paris, les personnages ont le même nom, les profils sont proches et la destinée similaire. Pourtant les chemins empruntés font voyager le lecteur dans des directions légèrement distinctes que celles du drame d’Hugo. Les situations semblent identiques, mais les enjeux se sont subrepticement décalés pour certains personnages. Finalement le point commun vient d’une description d’un univers de misère peu enclin à la vie sans rapine châtié de temps à autres par des autorités méprisantes ayant d’autres soucis que d’améliorer le sort des petits.

Le scénario tient à peu près le coup, Esmeralda et notre héros bénéficient d’un personnage crédible, celui de l’autorité militaire passe plutôt bien également, en revanche déception devant les personnages du bossu, du roi de la cour des miracles et surtout de l’archidiacre condamnés à des rôles superficiels, sans profondeur dont le lecteur sent un manque d’épaisseur néfaste à la richesse des émotions et à la crédibilité du récit. La jeune femme pour lequel notre héros se bat semble bien factice, mais elle fait partie des personnages secondaires qui apparaissent et disparaissent au gré des pages sans trouver une place réelle.

Le style graphique montre une forte personnalité, les personnages franchement déformés ne bénéficient pas d’un esthétisme chatoyant, mais se veulent plutôt dans le mouvement. Je n’ai jamais réussi à rentrer dans l’esthétisme des personnages à contrario d’un Paris croqué de façon très personnelle, mais qui transmet certains messages à certains moments. Certaines planches fortes ont adouci la lecture.

Si je n’ai pas du tout aimé l’ensemble, cela tient de personnages secondaires que je trouve trop factices et surtout d’un graphisme déroutant dans lequel je n’ai jamais réussi à trouver ma place. Pourtant la variation sur un même thème tient objectivement plutôt la route… Peut-être suis-je passé à côté, en tous cas ces opus ne resteront pas dans ma bibliothèque (s’ils trouvent preneur !)

Nom série  Les Derniers Jours de Stefan Zweig  posté le 09/05/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
D’aucuns diront que lorsqu’il s’agit de Sorel, je ne suis pas objectif, mais franchement quel bijou…

Le récit forme l’adaptation de la récente nouvelle sur la fin de vie de Stefan Zweig. L’exercice toujours particulièrement périlleux fournit rarement des albums inoubliables. Tantôt trop figée, tantôt trop loin du livre, l’adaptation révèle les talents.

Au niveau de ce roman graphique, l’exercice magistral laisse une place de choix dans les sorties de ce premier trimestre. Évidemment il faut apprécier le roman graphique, car nous ne trouverons guère d’action, d’espionnage, d’adrénaline ou de femmes en robe courte. En revanche question tension, confusion des sentiments vous serez servis. Gageons même que tellement pris par la force du dessin et l’habileté de l’adaptation, vos yeux seront humides en fin de récit. Toute la finesse de l’évolution de la décision, en particulier vis-à-vis de sa compagne se trouve parsemée dans un mouvement crescendo avant la chute inévitable. La mise en situation historique parfaitement maîtrisée fournit un canevas spirituel que le lecteur partage. Le lecteur ressent, il vit au cœur des personnages. Les rares dialogues entrecoupés de plans intelligemment scénarisés permettent une immersion sentimentale inouïe.

Graphiquement, le trait reconnaissable de Sorel fait merveille. Évidemment lorsqu’il s’agit d’illustrer la période glorieuse de Vienne, (lui qui a si magistralement participé au lonely planet dédié à Prague), le trait grandiose magnifie les non dits. Le carnaval nous semble sorti du soleil, et que dire de cette planche sublime d’autodafé… La fin tout en finesse laisse ce goût amer du libre choix si difficile à comprendre. Sobre, subtil, incertain, le trait magnifie le contenu et Sorel a su renouveler son habituel penchant tourmenté pour un faux calme particulièrement puissant.

Vous l’avez compris, ce récit fourmille de poésie et de non dits, talentueusement orchestrés par un duo scénariste – dessinateur particulièrement en verve sur ce one-shot. Si vous ne l’avez pas acheté courez en prendre une version originale. Et si l’avis élogieux ne donne pas dans le culte, c’est bien parce que ce récit est tout sauf grand public et que bon nombre de gens ne trouveront pas ce qu’ils cherchent dans la bande dessinée dans ce récit. Pour ma part, je suis comblé, la puissance se dégageant de ce récit en fait pour moi à ce stade la meilleure BD de l’année.

Nom série  Minuit à Rhodes  posté le 03/05/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Voici un diptyque sympathique découvert au gré des lots d’enchère, et cette fois ci ce dyptique ne quittera pas ma collection.

Attention, il ne s’agit pas d’une pépite oubliée, comme le disent les précédents avis cette histoire sympathique ne va pas chercher plus loin qu’un moment de détente. Les démêlés d’espionnage et mystique ne restent que secondaire et servent plutôt de prétexte à une aventure de personnages totalement dépassés par l’enjeu. On pourrait croire qu’ils sur-jouent, mais la fluidité humoristique du récit permet de bien prendre les choses non comme une course poursuite de super agents secrets, mais plutôt d’une bonne équipe de patauds se retrouvant au milieu d’un endroit guère taillé pour eux ! La conclusion heureuse fait un peu film américain, mais bon…

Graphiquement le style aéré, simple et agréable donne une impression de châleur et fournit au lecteur de très bons moments. Le graphisme m’a fait persévérer dans la lecture sans avoir un avis négatif tant les ficelles semblaient connues. Bonnes palettes de couleurs et fluidité du trait rendent Rhodes fort accueillant.

Au final cet album me semble tout à fait correct. Sans prétention, il a le défaut de faire croire à un récit d’espionnage alors qu’il ressemblerait plutôt à un « grand blond à la chaussure noire » en nettement moins lourd. Chercher à l’acheter à tous prix, tout de même pas, mais je le garde bien au chaud dans ma collection, si vous tombez dessus pas cher n’hésitez pas !

Nom série  Chroniques de Jérusalem  posté le 03/05/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
L’exercice de carnet de voyage se révèle souvent a posteriori d’une grande utilité. Combien de chercheurs épluchent encore de nos jours les carnets de voyage des voyageurs du XVème siècle ! Le format Bd me semble particulièrement pertinent pour ce genre de format car cela permet de transmettre certains ressentis que les mots ne sauraient qualifier de manière aussi immédiate et percutante.

L’opus n’est franchement pas reluisant pour les Israéliens… Et contrairement à Jo Sacco qui montre une démarche largement partisane, on ne peut pas reprocher à l’auteur de vouloir orienter les débats ! En fait ce statut de conjoint d’un expat me semble effroyablement « dangereux » pour des états : étant libre et ayant le temps, un esprit curieux va forcément voir tous les fonctionnements intimes que d’aucun préfèreraient ne pas montrer.

Toute la complexité des courants de pensée va se lire dans ce récit sans jamais que l’auteur ne donne l’impression de donner un cours. Là réside à mon sens le tour de force : arriver à présenter cette explosion de courants de pensée religieux souvent antagonistes sans se prendre la tête et avec une grosse dose d’humour ou disons de recul. Car si le Judaisme est particulièrement présent, le christianisme et l’islam se voient également confrontés à l’incohérence de certains de leurs courants pour le plus grand désarroi du lecteur qui finit par se demander si l’on peut simplement imaginer une solution à ce nœud de l’Histoire où se concentrent tant de tensions...

Le graphique simple mais très clair de l’auteur permet un immersion totale dans l’univers qu’il nous choisit de décrire, c’était déjà le cas dans Pyongyang, le style ne change pas. Certes son trait primaire peut paraitre simpliste, mais il excelle dans le développement narratif, malgré cette simplicité le lecteur comprend parfaitement et s’immerge dans le récit narré. Et puis quitte à voir de l’intolérance perpétuelle, j’aime autant que le dessin ne soit pas super précis…

Au final, merci pour cet opus. Il permettra à des gens n’ayant jamais mis les pieds dans ce pays de concevoir autre chose que le contenu des guides touristiques. Merci pour ce ton neutre qui raconte simplement ce qu’il vit et voit, cela libère d’un problème de subjectivité tant rencontré dans d’autres volumes. Maintenant il ne faut pas non plus crier au génie, ce carnet de voyage est un excellent témoignage qui porte en lui les défauts de ce style, c'est-à-dire par exemple qu’il reste superficiel dans ce qu’il rencontre. Au cœur du conflit ce témoignage n’est finalement pas plus précis que ce qui se lit dans les médias, voire moins. Beaucoup de points méritent un approfondissement et non juste une focalisation à un instant t dans un certain contexte. Voici un très bon album, ce que je traduis par 3 avec achat car il manque soit un peu de poésie, soit un peu de précision pour arriver au vraiment bien du 4 étoiles.

Nom série  Marshal Blueberry  posté le 03/05/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Trois tomes à ce jour, mais la fin du tome 3 peut laisser envisager des suites. Nous sommes en présence d’un triptyque cohérent à la construction académique et au dessin tranchant.

Finie la guerre et ses coups tordus, bienvenue dans une paisible ville dans laquelle il faudra faire régner la loi. Il me semble assez drôle de voir notre héros devoir freiner les baroudeurs en tous genres qu’il fut dans de précédentes aventures. M’enfin dans la ville il y a tout de même du louche, du lourd. Il ne faudra pas que la présence d’esprit de notre héros mais bien toute la motivation d’une bande d’illuminés, le vieil ami, l’idéaliste, l’écervelé… Rien que du très classique en fait, dans la tradition du western un chouillat spaghetti. Et comme tout finit bien, on pourra respirer avec joie de voir les brigands punis.

Graphiquement l’ambiance tient la route. Les traits des uns permettent de reconnaître les personnages tout en trouvant dans le décor une ambiance propre légèrement différente de ce qui peut être connu dans les deux autres séries consacrées à notre héros la jeunesse de blueberry et blueberry. D’une certaine façon, j’aurais tendance à retrouver les personnages de Giraud ainsi que certains décors bien fournis en trait. La jeunesse avait un peu épuré le trait, marshal retrouve de la ligne !

Ce triptyque m’a plu, en fait je me demande si le fait que ce soit un ensemble de trois tomes ne permet pas d’en finir avec les séries au long court que sont les deux autres opus de Blueberry. Il y a un début, une intrigue une fin, le tout franchement cohérent et tout à fait bien narré

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