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Nom série  Capitaine Cormorant  posté le 13/09/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Capitaine Cormorant rappelle beaucoup Corto Maltese par l'aspect aventures marines, le héros débonnaire et souriant qui connait à peu près tout le monde, et le décor des îles d'Océanie et du Pacifique. Pourtant on y sent nettement une moins belle maîtrise narrative et moins de maturité dans le récit.

Le dessin est typique de Pratt, et on retrouve ses aventuriers, ses bateaux à voiles et les vues marines avec ses mouettes fétiches. Mais le trait est un peu plus raide et moins charmant que celui de Corto.

Capitaine Cormorant laisse la part belle à l'action. Le récit forme une histoire longue mais se scinde dans la pratique en plusieurs séquences d'aventure comme autant d'épisodes à suivre dans un magazine périodique. On saute donc d'une péripétie à la suivante et l'ambiance ne s'installe pas facilement. C'est tout de même plaisant car l'exotisme et le goût de la liberté sont bien présents. Et les personnages ont des personnalités intéressantes et variées.
Donc c'est pas mal, mais c'est du sous-Corto Maltese à mes yeux.

Nom série  Le Meilleur Ami de l'homme  posté le 11/09/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Vincent Renard semble vivre une vie tranquille de médecin aisé, avec une femme aimante et une intelligente petite fille. Mais sa vie de couple n'est qu'une façade car il est instance de divorce d'avec sa femme qui abuse de son autorité envers lui et menace de demander la garde de leur fille s'il ne lui obéit pas rigoureusement. Et voilà qu'il retrouve par hasard un ancien ami un peu loser qui lui rappelle soudain son amour de jeunesse dont il aimerait bien retrouver la trace. Sauf que cet ami se révèle être une vraie plaie qui va bouleverser ce qui reste de stabilité dans sa vie.

A la trame un peu classique du couillon pot-de-colle qui va aligner les gaffes et les quiproquos. s'ajoute une histoire un peu plus complexe d'amour contrarié et de tentative de rattraper les erreurs du passé.
Le rythme narratif est bon, prenant et on ne voit pas passer les 140 pages de l'album. L'ensemble est dessiné par Nicoby dans un style efficace et agréable.

Le personnage de l'ami Kévin est un peu ambigu. Il peut agacer par l'aspect cliché de ses gaffes qu'on pourrait lui pardonner car il a bon fond. Mais son fond est-il si bon ? Car quand on apprend ce qu'il a fait il y a plus de vingt ans, on peine à comprendre comment le héros ne réagit pas plus violemment. De même, on s'irrite de voir l'attitude insupportable de la femme de Vincent, son collègue de travail lourdingue et comment il se laisse un peu tout le temps mener par le bout du nez. Et on peut se lasser de voir ainsi le scénario prendre la tournure trop banale d'un récit où les bévues d'un autre vont empirer la situation d'un héros qui résiste trop mollement à ce qui lui tombe dessus. Heureusement qu'il se lâche parfois et vocifère un peu, mais c'est pour mieux ensuite de nouveau se faire embarquer dans le petit jeu de Kévin la Winne. C'est assez frustrant...
De ce fait, je ne suis pas vraiment tombé sous le charme de cette intrigue qui pourtant tient assez bien la route et se révèle intéressante, parfois inattendue et dans l'ensemble divertissante.

Nom série  Roji!  posté le 11/09/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Manga destiné à de jeunes lecteurs, cette série nous emmène dans une douce ambiance de fantastique urbain à tendance merveilleux. On y suit deux soeurs et leurs amis dans leurs aventures semi-poétiques dans les ruelles de leur ville où ne semblent vivre que des enfants, des animaux et quelques créatures surnaturelles.
Le récit est structuré en courts chapitres qui sont la plupart du temps des histoires indépendantes même si certaines se suivent. On s'aperçoit cependant à partir du tome 2 que le récit évolue peu à peu et qu'il se crée une trame narrative de fond tandis que les héroïnes découvrent les mystères de leur ville.

Le ton du récit est assez enfantin. Il ne s'embarrasse pas vraiment de logique et de réalisme.
Le dessin est un peu trop simple et trop épuré à mon goût, avec des couleurs pastels un peu mièvres.
Chaque chapitre ou presque se conclut sur une note théoriquement humoristique mais je n'ai quasiment jamais trouvé ça drôle en ce qui me concerne.
Par contre, j'étais curieux de voir quelle nouvelle idée amenait chaque nouvel épisode, car l'auteur fait preuve d'une imagination assez sympathique et de sujets variés et plutôt gais dans l'ensemble.
Et comme l'ambiance du récit et les caractères des personnages sont agréables, ce fut une lecture que j'ai trouvée assez plaisante. Mais je n'en conseille pas forcément l'achat...

Nom série  La Femme aux cartes postales  posté le 11/09/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cette bande dessinée est un sympathique roman graphique mettant en scène une jeune québécoise bien décidée à devenir chanteuse de jazz à la fin des années 50. Et en parallèle, nous suivons un homme dans les années 2000 qui s'interrogent sur ses origines après avoir appris qu'il avait un frère jumeau sans le savoir. Bien évidemment, les deux récits vont finir par se recouper.

J'ai bien aimé la façon dont les auteurs font revivre le Montréal de 1957, sa scène musicale et ses boites de jazz à l'époque. C'est un univers que j'ai découvert et qui est intéressant. Et le panorama historique s'élargit quand les protagonistes quittent le Québec pour visiter les Etats-Unis puis Cuba à l'époque de la révolution castriste.
Le scénario tient bien la route, entre récit intime et fresque historique, secret de famille et leçon de vie. La toute fin est un peu dure et légèrement artificielle dans sa conclusion tragique mais elle n'est pas mauvaise.
Le dessin est lui aussi très agréable, un trait semi-réaliste, doux et rond, en teintes de gris.

C'est donc une bonne lecture, qui ne marque pas peut-être fortement les esprits mais qui fait passer un bon moment.

Nom série  Les Enfants loups  posté le 06/09/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Note : 3.5/5

Ce manga est l'adaptation en 3 tomes du film d'animation Ame et Yuki, les Enfants Loups. Le scénario, les dialogues et le déroulé du film y sont rigoureusement respectés. Et à part une très petite histoire courte et un rapide épilogue, le manga n'apporte rien de nouveau. En fait, l'histoire y est même un peu moins dense, avec quelques passages coupés ou raccourcis.

Donc ceux qui connaissent le film ne découvriront concrètement rien de bien neuf par rapport à lui. Mais l'adaptation est très bien réalisée, avec une lecture fluide et rythmée. Le dessin est de belle qualité, même si forcément, comme il est en noir et blanc et en style manga, il ne peut pas être aussi beau que les fresques joliment peintes du film qui est globalement superbe. Mais si l'ambiance est moins touchante du fait de l'absence de musique, c'est quand même l'occasion de retrouver et apprécier ce scénario plein de sensibilité et intelligemment mené.

Et du coup, pour ceux qui n'ont pas vu le film, c'est un bon moyen de pouvoir savourer cette histoire en 3 tomes dont la lecture vous occupera une bonne soirée. Il y a peu d'action, davantage de dialogues et de moments de silence, et beaucoup d'affection entre une mère et ses enfants. C'est un récit qui parle avant tout aux parents et comme pour le film, j'ai eu du mal à ne pas laisser l'émotion me submerger vers la fin.

Nom série  Les Mange-bitume  posté le 03/09/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cela faisait longtemps que je cherchais à dénicher cet immanquable de BDthèque qui manquait à ma culture. J'étais très curieux de lire cet album de science-fiction tout en étant un peu dubitatif car à lire les extraits je craignais qu'il ait mal vieilli.

Et effectivement, j'ai eu un peu de mal à passer outre son côté désuet. Il y a le dessin qui est très daté, un peu raide et figé, profondément ancré dans le style des années 70. Et il y a la forme de ce récit d'anticipation qui ne correspond plus vraiment à ce qu'est devenu le monde actuel. Les voitures n'ont plus la même présence dans la société moderne, elles ne sont désormais que des outils bien moins omniprésents que les ordinateurs et autres smartphones. La BD date de juste avant la crise pétrolière et la problématique de la pollution mondiale. Et il est devenu difficile d'imaginer après celles-ci une société humaine de voitures roulant en permanence. Et nombre de détails de ce récit font surannés et dépassés, comme la méthode pour faire ses courses et le mode de vie de ces mange-bitumes. Sans parler de certaines problématiques de science-fiction abordées dans cet album et largement déjà vues dans d'autres récits de SF. Et puis le récit est assez bavard et manque un peu de rythme.

Mais malgré cela, force m'est d'avouer qu'il y a de bonnes idées dans ce récit et qu'elles sont traitées avec intelligence. Cela aborde l'évolution de la société humaine, sa déshumanisation, la société moderne comme un carcan dont il est difficile de s'échapper, la vie des hommes laissée à la merci de l'administration informatique et des machines, etc. C'est un récit d'anticipation bien pensé, pas toujours parfaitement crédible mais qui aborde des sujets intéressants et fait réfléchir le lecteur. Le fait d'avoir un album scindé en chapitres qui abordent des thèmes légèrement différents et variés permet de ne pas ennuyer le lecteur et de faire évoluer peu à peu le récit pour montrer les différentes facettes inquiétantes d'une société faussement parfaite.
Le monde futur qui y est imaginé ne correspond plus à un futur du monde actuel car celui-ci a évolué vers une autre direction, notamment du fait d'Internet, de l'informatique domestique et des télécommunications. Mais à peu de choses près il est quand même possible de faire la transposition et de réaliser que certaines critiques de la société et certains sujets abordés peuvent s'adapter à ce que nous sommes devenus et peut-être nous faire réagir.

C'est bien fait et intelligent donc, avec pas mal de bonnes idées. Mais il n'est pas garanti de pouvoir passer facilement outre le fait que l'album a beaucoup vieilli et ne correspond plus vraiment aux goûts du jour dans la forme, et au monde tel qu'il est devenu dans les idées.

Nom série  Les Nouvelles Aventures de Lapinot  posté le 03/09/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Il m'a fallu un peu de temps à l'époque mais j'avais fini par vraiment aimer la série Les Formidables Aventures de Lapinot et à être touché comme beaucoup de monde par son arrêt brutal dans le tome "La Vie comme elle vient" quand le héros subissait une fin tragique et totalement inattendue. Je me disais que c'était une belle fin, originale et forte, mais évidemment en même temps j'étais triste de savoir qu'il n'y aurait plus de suite et qu'on ne saurait pas comment continuerait à évoluer le quotidien attachant, drôle et souvent empli de loufoque et d'une touche de fantastique de ce personnage atypique chaussant du 88.
Jusqu'à ce que Trondheim décide de faire revivre la série chez L'Association et donc de ressusciter Lapinot. Comment ? Par un artifice balayé d'une pichenette dès les premières cases, comme quoi le Lapinot mort serait celui d'une dimension parallèle et que dans cette série là il n'a jamais été tué. Artifice inutile évidemment car le lecteur s'en moque du moment qu'il puisse avoir à nouveau sa dose d'aventures de Lapinot.

Et pour un premier tome, c'est un chouette tome. Parfaitement dans la lignée des albums typiques de la série, avec le même ton légèrement décalé, cette vision intelligente et tendre de la vie humaine et des aventures au coin de la rue. S'il n'y avait pas un nouvel éditeur, un format un tout petit peu différent et une couverture qui diffère au touché de celles de Dargaud, on serait persuadé d'avoir en main le tome 10 des Formidables Aventures de Lapinot et d'être heureux de la voir ainsi perpétuée avec la même qualité, le même agréable dessin et toujours de bonnes idées mises en scène avec finesse et humour par Trondheim.
J'en veux encore !

Nom série  Eagle - L'Aigle à deux têtes  posté le 01/09/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Eagle et Adler - L'Aigle à deux têtes sont deux séries jumelles, un concept original se déroulant dans le milieu de l'aviation de la première à la seconde guerre mondiale. C'est l'histoire de deux jeunes hommes, d'un côté un américain fils d'un riche industriel ancien pilote de guerre, et de l'autre un allemand fils d'un simple soldat mort dans les tranchées mais qu'il va imaginer être lui aussi un héros de l'aviation au point de croire fermement à son mensonge. L'un a l'esprit ouvert, découvre les prémices du nazisme lors d'un séjour de quelques ans à Berlin et s'oppose aux liens trop proches de son père avec le régime d'Hitler. L'autre est enfermé dans son mensonge, éprouve un sentiment puissant d'amour/haine pour les femmes juives et s'épanouit dans la Luftwaffe nazie. Jusqu'au jour où un événement fantastique leur fera échanger leur place...

Dans Eagle, nous suivons donc le jeune Américain, James, de 1918 à 1942. Studieux et l'âme belle, il poursuit des études brillantes et pourrait faire le bonheur de son père s'il n'était pas foncièrement en désaccord avec ce dernier sur le plan éthique. James parle Allemand depuis son séjour à Berlin et la romance qu'il y a vécu. Mais c'est pour s'éloigner de son père qu'il s'engage dans l'air Force et devient pilote de bombardier.
C'est ce que nous raconte ce premier tome. Un récit qui s'étale donc sur des années sur un rythme parfois un peu rapide. Les ans s’enchaînent en effet vite et le lecteur n'a pas vraiment le temps de s'attacher au personnage.
Pourtant la mise en scène des Etats-Unis et de l'Europe de l'époque est bien rendue. La relation douteuse de certains industriels américains avec le régime Nazi est notamment clairement mise en scène. C'est un récit intéressant. D'autant plus intéressant qu'on peut découvrir son pendant Allemand dans la série sœur, Adler.
Le dessin est lui aussi très plaisant. Les planches sont impeccables. Le trait est fin et très soigné. Les couleurs sont lumineuses et réussies même si on peut leur reprocher une légère froideur informatique.

Et puis vient l’événement fantastique à la base du concept de la série. Et là on se demande vraiment où les auteurs vont nous amener. Mais nous n'en saurons pas plus avant la suite.

Nom série  Adler - L'Aigle à deux têtes  posté le 01/09/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Adler et Eagle - L'Aigle à deux têtes sont deux séries jumelles, un concept original se déroulant dans le milieu de l'aviation de la première à la seconde guerre mondiale. C'est l'histoire de deux jeunes hommes, d'un côté un américain fils d'un riche industriel ancien pilote de guerre, et de l'autre un allemand fils d'un simple soldat mort dans les tranchées mais qu'il va imaginer être lui aussi un héros de l'aviation au point de croire fermement à son mensonge. L'un a l'esprit ouvert, découvre les prémices du nazisme lors d'un séjour de quelques ans à Berlin et s'oppose aux liens trop proches de son père avec le régime d'Hitler. L'autre est enfermé dans son mensonge, éprouve un sentiment puissant d'amour/haine pour les femmes juives et s'épanouit dans la Luftwaffe nazie. Jusqu'au jour où un événement fantastique leur fera échanger leur place...

Dans Adler, nous suivons le jeune Allemand, Hans, de 1918 à 1942. Ce dernier n'a pas eu une enfance très facile, notamment du fait de la perte de son père durant la guerre. Le mensonge qu'il se crée autour de ce dernier va faire de lui un écorché vif aux réactions parfois brutales. Avec lui, on verra se mettre en place le nazisme et la haine d'une partie des allemands envers les juifs. Pourtant dans son cas, difficile de savoir si c'est une vraie haine ou plutôt une passion frustrée. Cela ne l'empêche cependant pas de faire souffrir beaucoup autour de lui et de devenir un fier pilote de chasse nazi durant la seconde guerre mondiale.

C'est ce que nous raconte ce premier tome. Un récit qui s'étale sur des années sur un rythme qui m'a semblé un peu plus rapide que celui de Eagle. Après une entame relativement douce, les ans s’enchaînent ensuite très vite, si vite que j'ai parfois eu un léger doute sur le fait de suivre le même personnage tant il avait changé. Difficile de vraiment s'attacher à lui, du coup.
Le récit sur cette époque historique m'a paru un peu plus convenu que celui plus instructif et varié de Eagle. Par contre, le caractère de Hans est plus original car on le sent torturé malgré le masque de façade de dur sans pitié qu'il affiche à ceux qui le regardent.
On sent en tout cas bien la différence radicale entre ce jeune homme et son pendant Américain de la série sœur, Eagle, et cela rend plus alléchant l'idée de les voir échanger leurs places.
Le dessin m'a un peu moins plu que celui d'Eagle que j'avais lu juste avant. Son aspect d'ensemble est tout à fait correct et ses couleurs de bon niveau, mais j'ai trouvé le trait plus imprécis et moins attrayant, même s'il s'affine sur la seconde moitié du premier tome.
J'ai bien aimé par contre la BD dans la BD avec les planches de cet ersatz de Flash Gordon au style bien rétro et bien réussi.

Et puis vient l’événement fantastique à la base du concept de la série. Et là on se demande vraiment où les auteurs vont nous amener. Mais nous n'en saurons pas plus avant la suite.

Nom série  Sa majesté le chat  posté le 30/08/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Note : 2,5/5

Combien de mangas existe-t-il où l'auteur raconte sa passion pour les chats et plus particulièrement son ou ses propres chats ? Et où comme ici il raconte son quotidien avec ces fameux chats. Oh, comme il est mignon, comme il est rigolo quand il fait le foufou, oh qu'il est audacieux de se comporter en maître chez nous et comme nous agissons comme des carpettes face à ses moindres exigences. Oh et puis il fait ses petites crottes là, trop mignon, et il crache ses boules de poils là, trop chou...
Autant dire qu'à moins d'être soi-même passionné de chat et mourir d'envie d'apprendre que la vie d'un chat d'appartement ressemble à s'y méprendre à celle d'un autre chat d'appartement, cet album n'apporte rien de neuf dans sa grande totalité.

Il y a tout de même quelque chose dans cet album que les autres récits de gagas de chats n'ont pas, c'est qu'ici l'histoire commence avec l'arrivée du premier chat de ce couple et qu'il s'arrête à la mort de maladie et de vieillesse de l'un des chats en question. La fin de vie est donc mise en scène et c'est fait assez suffisamment de justesse pour être intéressant et pour transmettre une petite dose d'émotion.
A noter également que le dessin est dans un style épuré et clair qui n'est pas désagréable du tout et dont la narration graphique fonctionne bien.

Bref, cela se lit correctement et si la première moitié est ennuyeuse pour qui n'éprouve pas de passion pour les chats domestiques, la seconde moitié n'est pas inintéressante.

Nom série  Séki, mon voisin de classe  posté le 30/08/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
L'idée de base de ce manga est amusante pour entamer un récit. C'est l'histoire de deux lycéens ou collégiens, une fille et un garçon, tous deux installés au dernier rang dans leur salle de classe. Et si la fille essaie de travailler studieusement, elle est en permanence déconcentrée par son voisin qui passe ses journées à ne pas écouter du tout les cours et à organiser à la place des jeux et autres bricolages souvent extravagants sur son pupitre. On ne parle pas de parties de morpion ou de petits bavardages mais de véritables parcours de dominos, des constructions sans aucune discrétion, des animaux ramenés en classe ou des mises en scènes théâtrales. Et tout ça sans que les professeurs ne voient jamais rien.

Le manga est scindé en petits chapitres qui sont autant d'histoires indépendantes. Et à chaque fois, que ce soit en salle de classe ou parfois dehors lors des cours de sport ou fêtes de l'école, Séki invente de nouvelles activités loufoques dans son coin sous les yeux éberlués de sa voisine.
Si l'idée peut être plaisante sur quelques chapitres voire sur un album, je m'attendais quand même à ce qu'un récit plus dans la longueur se mette en place au fil des tomes, 9 parus à ce jour. Mais non ! Rien ne change ou à peine, et ce sont toujours des histoires indépendantes.

Et je dois dire que sur la longueur, c'est lassant car le schéma est trop répétitif.
OK on est curieux à chaque fois de voir ce qu'a inventé Séki à chaque fois mais la manière dont sa studieuse voisine se fait à chaque fois happer par son imaginaire et s'invente ses propres histoires sur les jeux et mises en scène de son voisin sonne un peu faux et naïf. Je n'ai pas réussi non plus à m'attacher aux personnages, à cause d'une voisine dont le caractère n'évolue pas au cours de la série, et à cause d'un Séki au comportement trop autistique et qui ne parle pas ou quasiment pas. Et comme il n'y a à peu près aucun autre protagoniste à part de simples figurants, on a vite fait le tour.
Bref, à petite dose, ce n'est pas déplaisant. Mais j'ai du mal à comprendre qu'autant de tomes aient pu paraître sans que le lectorat ait souhaité voir le récit évoluer et une vraie histoire se mettre en place.

Nom série  Tous fourbes  posté le 28/08/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Quand je suis tombé par hasard sur cet album, j'ai cru à une belle surprise. D'abord parce que c'est un petit tirage assez rare, d'abord publié chez Magic Strip en 1984 puis réédité récemment chez La Vache qui Médite avec un cahier graphique inédit supplémentaire. Ensuite parce que le dessin est très attrayant.

Jean-François Biard a en effet étudié aux Beaux-Arts de Saint-Étienne avec Yves Chaland et son graphisme dans cet album est dans le plus pur style Atome de ce dernier. J'aime ce style qui mêle élégance, dynamisme et clarté. Ici les planches sont très esthétiques. La mise en scène n'est par contre pas toujours réussie, avec des cadrages et des positionnements de personnage qui embrouillent un peu la narration.

Ce problème narratif, on le retrouve dans le découpage de l'histoire. Les enchaînements d'une case à la suivante ne sont pas fluides. On dirait parfois même qu'il y a quelques soubresauts dans le déroulé de l'histoire, comme un disque rayé.
Et j'ai noté à plusieurs moments des petits instants de suspense en bas de certaines planches, avec des "Oh !" de surprise comme si l'histoire était publiée en épisodes dans un magazine à suivre et qu'il fallait créer chez le lecteur l'envie de lire la suite au plus vite. Mais ce suspens est complètement ignoré dès la première case de la page suivante, comme si la case précédente en question n'avait tout simplement rien à voir avec l'intrigue elle-même et était zappée. Ça sonne faux, comme si l'auteur s'amusait et se moquait un peu du lecteur.

Pour en revenir au scénario, ce sont des histoires courtes ayant des cadres assez variés. La Chine en 1908, les faubourgs de Bruxelles dans la seconde moitié du 20e siècle, et autres croisière transatlantique durant la seconde guerre mondiale.
La lecture du premier récit surprend car on croit partir sur l'entame d'une assez longue aventure exotique, et puis blam, cela s'arrête abruptement sur une fin dramatique inattendue mais aussi un peu artificielle.
C'est le point commun de ces récits : ils finissent mal, avec un soupçon de sadisme ou du moins d'humour noir. Mais comme la narration, ces conclusions cyniques sonnent assez faux. Il y a une dose de facilité dans leur contenu, et trop de brusquerie dans leur réalisation qui fait qu'on y croit pas et que ça ressemble à de la méchanceté gratuite.

Bref, c'est dommage car le graphisme est chouette et l'idée de base de ces récits pouvait amener quelque chose de bon, mais les scénarios et leur mise en scène sont décevants.

Nom série  Les Arméniens  posté le 26/08/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Hoviv, de son vrai nom René Hovivian, est un dessinateur de presse dont la famille est d'origine Arménienne. Qui d'autre que lui était donc mieux placé pour parler en bande dessinée de la diaspora Arménienne en France et de comment elle s'est intégrée tout en gardant de nombreux traits spécifiques à ses origines ?

Par le biais de gags en un dessin, en strips ou en une planche, il nous présente cette communauté à la fois aussi moderne que n'importe quel français et en même temps très attaché à de vieilles valeurs qui leur donne une touche parfois un peu rétrograde. Il les met en scène avec une causticité pleine d'affection. Tel qu'on les y découvre, il est facile de faire le rapprochement entre cette diaspora Arménienne et la diaspora Juive. Mais probablement est-ce parce que toutes les diasporas se ressemblent. Une tradition forte qui empiète parfois sur une vie qu'on pourrait vouloir simple et comme tout le monde. Un désir fort de faire survivre une culture, quitte à mettre la pression aux enfants pour qu'ils n'épousent que d'autres arméniens. Une fierté qui pousse à chercher le nom d'autres arméniens dans tous les génériques de film, dans les noms célèbres à la télé ou dans la show-business, etc... Et à cela s'ajoute le lourd passif avec la Turquie et, quand ce ne sont pas des manifestations pour exiger les excuses du gouvernement Turc, ce sont sans arrêt des piques envers les Turcs eux-mêmes.

Je ne connaissais pas grand chose des arméniens-français, à part évidemment de grands noms comme Charles Aznavour. Je n'imaginais pas vraiment leur communauté comme elle est décrite ici. Mais j'ai trouvé ces gags assez amusants, même s'ils paraissent un peu datés dans leur ton. J'ai cru lire un album datant des années 70-80 alors qu'il est paru en 2001. Ce n'est pas toujours hilarant mais l'humour n'est pas mauvais et le ton de l'auteur qui se moque gentiment de sa propre communauté en montrant ses petits travers est plutôt plaisant.

Nom série  12 ans  posté le 26/08/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Ce shojo est assez particulier puisqu'il s'adresse à un public bien précis : les jeunes filles aux alentours de 12 ans et qui découvrent les prémices de la puberté et les premiers amours.
On y suit en effet de jeunes collégiennes qui font l'expérience des premières règles, des premiers soutiens-gorges et des premières histoires d'amour et sorties avec des garçons. Et quand je parle de sorties, rappelez-vous qu'elles ont non seulement 12 ans mais surtout elles sont japonaises. Alors après la grande difficulté de la déclaration amoureuse, vient l'audace incroyable de peut-être réussir à se tenir la main et peut-être plus tard, ô grand dieu, un bisou sur la bouche ! D'autant plus qu'à cet âge là, les autres garçons de la classe ont plutôt tendance à se moquer : "ouh les amoureux !" ou à les espionner.

Bref, c'est gentil, c'est un shojo qu'on peut mettre facilement entre les mains de jeunes lectrices. Et finalement, la lecture n'est pas déplaisante. Les personnages sont plutôt sympathiques, filles comme garçons qui ont chacun leur petite personnalité. Car les protagonistes ne sont pas que des filles puisque s'y ajoutent forcément les compagnons de classe, leurs amoureux mais aussi quelques prétendants supplémentaires.
Même s'il y a une certaine dose de mise en scène histoire d'avoir quelque chose d'autre à raconter qu'un quotidien banal, le récit est réaliste et suffisamment prenant. Les lectrices peuvent probablement s'identifier assez facilement, découvrir par cette lecture des choses qui concerne leurs idées romantiques et leur corps, sans jamais que ça rentre dans le détail, ne vous inquiétez pas, ce n'est pas un manuel sur la puberté, on est vraiment plus dans le roman graphique et les romances mignonnes. Et des garçons pourraient même aussi être intéressés de voir ainsi mises en scène des filles de leur âge et de comprendre un peu leur façon de pensée et leurs intérêts.

Nom série  La Terre de la bombe  posté le 26/08/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
J'avais bien entendu parler de cette série et je m'imaginais une série post-apocalyptique du type de Simon du fleuve. Mais comme l'indiquent les avis ci-dessous, La Terre de la Bombe détonne par la liberté provocante de son ton empli de cruauté, de violence et de sexe.

Le monde mis en scène surprend car non content d'inclure dans son décor post-apocalyptique des humains retournés à la brutalité instinctive et autres mutants, éléments classiques du genre, elle inclut aussi des animaux qui tous ou presque parlent et réfléchissent comme des humains avec qui ils s'allient le plus souvent. On est donc ici dans de la Fantasy post-apo qui s'éloigne des plus réalistes Jeremiah et autres Simon du fleuve.
Dans cet univers, les deux héros errent et se retrouvent souvent contre leur gré embarqués dans l'aventure, que ce soit parce qu'ils se font attaquer ou bien parce qu'ils décident d'appliquer eux-mêmes leur notion de la justice (qui consiste parfois à tuer toute une communauté pour en sauver une autre). Dans cet univers là, des groupes d'hommes et de mutants peuvent en venir à élever des hommes et à les engraisser pour les manger comme du simple bétail. Dans cet univers là, les héros peuvent choisir de se vendre comme esclaves sexuels. Et l'un des deux protagonistes est d'ailleurs ouvertement homosexuel.

Monde quelque peu original et liberté de ton, je comprends que ça ait pu plaire à d'autres lecteurs. Mais moi qui découvre la série presque quarante ans après sa première parution dans le magazine Circus, je n'y ai pas accroché car les originalités de l'époque ne surprennent plus vraiment au vu de tout ce qui a été créé et raconté entre-temps et ne suffisent plus à cacher les défauts que je lui trouve.
Dans ces défauts, il y a le dessin que je n'aime pas. Georges Ramaïoli y fait preuve d'un style dont je salue la personnalité mais je n'aime pas ses visages grimaçants, son trait légèrement torturé et ses couleurs trop bigarrées, pleines de orange, mauve et autres vert pétant.
Il y a ensuite les aventures de ces héros qui sont trop basiques et dont l'audace du ton ne masque pas le creux du contenu. Beaucoup de violence gratuite et de situations qui ne tiennent pas debout. Et je n'accroche pas du tout aux personnages principaux de même qu'à leurs réactions qui sonnent souvent faux ou du moins bizarrement.
Probablement que si j'avais découvert la série il y a bien des années, j'aurais pu tomber sous le charme de son originalité et de son irrévérence, mais de nos jours elle a mal vieilli et ne surprend plus.

Nom série  Julien Tartafouille  posté le 26/08/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
J'ai essayé de lire cette série car je trouvais son style graphique assez réussi et intéressant mais je m'y suis finalement trop ennuyé et je me suis arrêté au tome 2.

Le dessin est très soigné. Il présente un mélange de réalisme sérieux et d'un soupçon de caricature dans les visages qui me rappelle vaguement le style de Guillaume Sorel. Je trouve les décors, les corps et les costumes très réussis. J'ai plus de mal avec les visages. Non pas qu'il soit mal dessinés quand on les regarde individuellement, mais sur la totalité d'une planche et plus encore d'un album, je les trouve figés, pas naturels, comme s'ils ne collaient pas bien avec leurs corps et qu'ils n'offraient qu'un panel d'angles de vues et d'expressions très limités. Ça m'a donné l'impression de voir les gens trop souvent de face, comme s'ils posaient, et comme si la tête du héros était posée sur un corps qui n'était pas le sien.
En outre, la mise en page est très encombrée. Les cases manquent d'air et donne une impression de claustrophobie, de cadres trop serrés, qui est accentuée par une abondance de textes.

Si les intrigues tiennent la route, elle ne m'ont pas passionné du tout. Manigances secrètes et courses-poursuites sont le lot de la partie action, mais c'est trop bavard et surtout pas prenant du tout. Je n'ai pas accroché au héros et ce qui lui arrivait m'indifférait totalement. Si bien que j'ai abandonné la lecture.

Nom série  Landru  posté le 26/08/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cette bande dessinée, désormais un peu vieille tant par l'âge que par l'aspect, est une biographie bien documentée de la vie et des méfaits de Landru. Sa narration s'attache à relater les faits tout en rappelant régulièrement à quelle époque ils se déroulaient et quels événements historiques marquait ces temps. Car cela se passe juste après la première guerre mondiale et le monde est alors en plein bouleversement pour se redresser du conflit.

Avant d'en arriver au récit du procès lui-même de Landru, on y suit les manigances de ce dernier. Mais comme la bande dessinée s'attache seulement aux faits, il ne sera montré aucun meurtre de femme. Car malgré une somme énorme d'éléments accablants, ni lors du procès ni plus tard il ne put être apporté de preuve irréfutable que l'accusé ait véritablement tué ces nombreuses qui ont mystérieusement disparu après s'être rendu dans sa maison de campagne. Et Landru n'a jamais avoué. Mais on y découvre en tout cas un être particulièrement retors et cynique, un escroc manifeste et avéré, mais il plane jusqu'à la fin un certain doute sur le fait qu'il soit véritablement un tueur en série même s'il est difficile de croire qu'il put en être autrement quand on constate le faisceau de présomptions.

Si le contenu de cet album est intéressant, si le récit est bien documenté et si le dessin est soigné quoiqu'un peu désuet dans le style, la narration est parfois mauvaise. J'ai eu du mal à suivre la chronologie des planches et des faits, comme si d'une planche à la suivante on revenait soudainement en arrière sans prévenir. Tout se mélange parfois. Le choix narratif est un peu étrange et gâche une partie de la lecture. Dommage.

Nom série  Black Clover  posté le 24/08/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Quand il s'agit d'un Shonen Nekketsu, je me fais toujours avoir ! Le cadre a beau être déjà vu, le fond de l'intrigue banal et d'une grande simplicité et le récit se contenter en grande partie d'aligner les péripéties et les combats où le héros et ses amis finissent pas gagner, dès que c'est bien fait, je me fais prendre au jeu et je reste accroché à la lecture avec une forte envie de connaitre la suite.

L'auteur et sa petite équipe d'assistants met en scène un royaume magique où tout le monde ou presque est doté de pouvoirs mais seuls les plus doués en magie deviennent des Chevaliers-Mages. Le héros, un jeune orphelin plein d'énergie, est bien décidé à devenir le plus puissant d'entre eux, sauf que, cas exceptionnel, il est complètement dépourvu de pouvoir. Et c'est bien pour ça qu'il va hériter d'un grimoire d'anti-magie qui lui permettra de se lancer à l'aventure et contrer les sorts des plus puissants adversaires. Avec différents membres du groupe de Chevaliers-Mages qu'il va rejoindre, il va réaliser des missions qui vont finalement l'amener à se confronter aux manigances et attaques du dangereux royaume voisin.

Par bien des aspects, la série rappelle Fairy tail, notamment avec ces groupes de sorciers, chacun doté de ses propres capacités et de sa personnalité bien distincte. Le ton est également à l'aventure, aux combats magiques et à un soupçon de légèreté et d'humour. C'est le schéma classique des Nekketsu où l'on a hâte de voir le héros progresser, affronter des adversaires de plus en plus puissants et faire triompher sa vision lumineuse de la justice et de l'honneur.
Au départ, j'ai cru que j'aurais beaucoup de mal à supporter ce jeune personnage trop caricatural par son côté exubérant et hyper-actif, mais j'ai fini par m'y faire et à trouver qu'il se fondait bien dans la masse. Ceci dit, c'est surtout la diversité, le charme et l'intérêt des différents personnages qu'il côtoie et affronte que j'ai préféré.

Le dessin est de bonne qualité. L'auteur a su s'entourer de suffisamment d'aides pour offrir des planches soignées et agréables. La mise en page est bien faite et permet une narration claire, ce qui est essentiel pour ne pas s'y perdre dans les nombreuses scènes d'action et sorts de magie.

Cette série ne brille pas son originalité ou par la profondeur de son scénario. Mais elle remplit parfaitement son contrat de divertissement et offre une lecture légère mais prenante qui fait très agréablement passer le temps et donne envie de lire la suite.

Nom série  L'Usine  posté le 21/08/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Note : 2.5/5

Difficile d'appréhender cette bande dessinée qui tient à la fois du fantasme érotique macho, de la satire sociale et de l'humour un peu loufoque.
On y découvre une bourgade rurale où la société de M. Melchior impose son autorité sur la région. Et quand une femme y commet une faute, petit larcin ou autre acte allant à l'encontre de la morale rétrograde de son directeur, elle se retrouve jugée d'office et emprisonnée dans une prison où elle sera humiliée, dénudée et soumise au fouet et aux travaux forcés. Face à cela, Fadette, femme de tête et féministe engagée, va se battre pour y mettre fin, non sans elle-même passer par l'étape humiliation.

Le ton du récit a de quoi dérouter. Il y a peu de planches où l'on ne trouve pas de femme nue, de seins voluptueux, de fesses rebondies et de scènes tenant du fantasme de domination/humiliation. Le côté érotique est clairement présent, sans jamais tomber pour autant dans la pornographie. Ce sont clairement des scènes destinées à un public masculin car les rares fois où les femmes sont consentantes, c'est pour s'agenouiller avec dévotion devant la braguette des hommes.
Et pourtant, en même temps, il y a une vraie critique sociale. Les hommes y sont représentés sous un angle satirique, avec soit de vieux aigris réactionnaires et autoritaires, soit des benêts mollassons. Et du côté des femmes, s'il y a les victimes d'un côté et les héroïnes plus vaillantes de l'autre, on y trouve aussi des sortes de collabo, presque plus attachées aux valeurs patriarcales et plus perfides envers les autres femmes que les hommes eux-mêmes.
Quant à l'atmosphère générale du récit, elle est légèrement loufoque, à la frontière du réalisme, de l'onirique et de la comédie. Si bien qu'on ne sait jamais trop sur quel pied danser.

Le dessin de Pichard y est intéressant. Son trait est solide et clair, avec une vraie touche personnelle très reconnaissable. On sent son plaisir manifeste à mettre en scène des femmes bien en chair, musclées et dotées d'attributs féminins très visibles. Ses hommes par contre, sont souvent laids, volontairement ou pas. Et si certaines cases et planches sont jolies et esthétiques, les perspectives souvent ratées et des mises en scène bizarres rendent l'ensemble un peu bancal.
Je note en outre dans cette série là une étrange passion pour les locomotives et les machines. Certaines d'entre elles, pas toutes, y sont représentées avec un grand soin dont le côté mécanique et détaillé contraste étonnamment avec les corps plus voluptueux et épurés des femmes.

C'est donc une lecture surprenante, qu'il est difficile de juger clairement. On peut se laisser porter par son charme, son graphisme particulier, son côté érotique ou par son étrange satire sociale, mais on peut aussi être rebuté par sa vision humiliante des femmes, son intrigue fantasque qui ne tient pas vraiment la route et par l'inégalité de son dessin.

Nom série  Pline  posté le 21/08/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Pline l'Ancien, forcément on connait le nom. Mais moi personnellement, je pensais qu'il était associé à un philosophe antique, alors qu'en fait il s'agissait d'un naturaliste, voyageur et grand collecteur de mythes et informations du monde antique sur la nature, la médecine, les plantes et la Terre. Cette série raconte une partie de sa vie, alors qu'il est déjà assez âgé et célèbre et que l'Empereur Néron tient absolument à l'avoir à ses côtés.

C'est une plongée instructive dans le monde Romain du Ier siècle. Le premier tome de la série a un cadre plutôt naturel puisqu'on y suit Pline, son garde du corps Félix et son nouveau jeune scribe Euclès lors de leur voyage de retour depuis la Sicile jusqu'à Rome. Le second par contre est bien plus urbain puisqu'il se déroule à Rome, entre le palais Impérial et les quartiers populaires. Et dans le tome 3, Pline veut justement quitter cette fameuse Rome qui ne convient pas à sa santé.

Le dessin est réalisé à quatre mains par les deux auteurs. Alors qu'ils se partageaient au départ les décors pour l'un et les personnages pour l'autre, ils expliquent en fin d'albums qu'ils en sont venus à imbriquer bien davantage leur travail au fur et à mesure. Le résultat est soigné et plutôt beau, même si à titre personnel, j'apprécie toujours moyennement quelques mimiques faciales trop typiques des mangas, même réalistes comme ici, dans des récits de l'Antiquité occidentale.

Si le premier tome est intéressant, il ne m'a pas trop captivé car on se contente d'y suivre un Pline dans un petit périple à étapes au cours duquel on sent que les deux auteurs du manga lui portent une admiration un peu trop sans failles. Ils mettent cependant bien en scène le fait que ses pensées et écrits de l'époque pouvaient ne pas être exempts de vraies erreurs et fausses idées. Ça fait bizarre de voir le célèbre personnage affirmer comme des faits avérés des témoignages pourtant emplis de superstition et d'imaginaire antique.
A partir du tome 2, j'ai été davantage intéressé car la découverte depuis l'intérieur de la vie dans Rome est très instructive et surtout le personnage de Néron y prend une part bien plus grande. Et tous ceux qui ont lu Murena entre autres savent à quel point la vie de ce dernier est incroyable. Les interactions de l'histoire complexe de Néron et Poppée avec celles plus rigoureuses et intellectuelles de Pline et ses deux compagnons forment un cocktail plutôt prenant.

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