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... a posté 4985 avis et 1924 séries (Note moyenne: 2.86)

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Nom série  Le Royaume suspendu  posté le 15/11/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
J'aime bien en général les récits Steampunk d'aventure débridée mais là j'ai eu trop de mal à rentrer dans cette histoire pour réussir à l'apprécier.

Ça a commencé dès les premières pages avec un dessin que je n'ai pas trouvé mauvais mais que j'ai trouvé fouillis. La mise en page est encombrée, assez originale et éclatée certes mais trop confuse et mal agencée à mon goût. Il y a ensuite des dialogues un peu trop présents et écrits avec une certaine lourdeur qui plombent le rythme de lecture. Il y a une narration qui manque de clarté, qui abuse des transitions abruptes vers de nouveaux endroits et nouveaux personnages. J'ai mis un moment trop long à agencer les pièces du puzzle et bien saisir qui sont les personnages, où se trouvent chaque lieu et le rapport entre chacun.
Et puis il y a surtout une histoire qui ne m'a pas passionné, avec trop de passages et de péripéties convenues et sans saveur. Ça ne décolle pas, l'ambiance ne s'imprime pas pour moi.

Bref, malgré un effort visible et de qualité sur le dessin et une envie sensible de raconter une histoire d'aventure sincère avec des tentatives d'humour, je n'ai pas accroché.

Nom série  Le Cube des Mondes  posté le 11/11/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Tombé complètement par hasard sur cette BD, j'ai découvert au passage son éditeur qui m'était parfaitement inconnu. Toute petite maison d'édition basée à Tourcoing, j'espère qu'elle survivra suffisamment longtemps pour au moins publier le second tome de cette série car elle est plutôt sympa.

Elle présente une situation pas très originale, celle d'un jeune homme de notre monde qui se retrouve projeté dans un univers heroic-fantasy type World of Warcraft. Là, il va se retrouver au milieu de la quête d'un paladin et d'une guerrière et rapidement être considéré comme un magicien, un djinn ou quelque élu venu sauver le monde. Un scénario déjà vu et stéréotypé mais ce n'est pas grave car le ton est ici plus à l'humour et au divertissement qu'à l'aventure sérieuse.

J'ai apprécié le graphisme de Bofington. Dans ses planches à la facture très franco-belge, j'ai retrouvé à plusieurs reprises la forte influence du style de Janry (Le Petit Spirou) dans les expressions de ses personnages et dans son encrage. J'aime bien. Dommage que les décors soient parfois un peu vides et que les couleurs manquent de finesse.

A côté de cela, le récit est sympathique mais pêche un peu par son rythme. Son humour amène le sourire mais tombe aussi un peu à plat par moment.
C'est une lecture divertissante et pas prise de tête. Je lirai volontiers la suite... en espérant qu'elle paraisse un jour.

Nom série  Le Chant du Cygne  posté le 07/11/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Je craignais que cette série ne surfe sur le thème du conflit de 14-18 dont nous célébrons le centenaire et n'offre qu'une histoire basique et déjà-vu dénonçant la guerre et racontant la désertion de quelques soldats. Mais, tout en traitant ces thèmes soit dit en passant, elle raconte une histoire originale et surtout menée de main de maître.

Le graphisme est plein de personnalité avec des couleurs lumineuses qui tranchent avec l'habituelle ambiance sinistre des représentations de tranchées. Il est beau et agréable à lire, donnant une vraie vie à ses personnages.

L'histoire est à la fois historiquement réaliste et prenante comme un vrai récit d'aventure humaine. Il y a à la fois une part de dénonciation très sérieuse et une part d'humour et de légèreté du ton. Il y a de l'action, de bons dialogues, des personnages intéressants, une bonne intrigue, des rebondissements inattendus et un scénario dense.
Bref, tout pour donner une très bonne série d'aventure et d'Histoire.

Nom série  Warship Jolly Roger  posté le 06/11/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Warship Jolly Roger est une série SF d'action et de Space Opera plutôt plaisante. Elle ne surprend pas trop par son concept et son cadre de fédération spatiale, de vaisseaux et de prisonniers rebelles mi-pirates mi-western. Le fil rouge de l'intrigue, la vengeance d'un ancien capitaine de navire militaire envers son supérieur hiérarchique qui l'a trahi, n'est pas non plus novatrice mais elle permet un récit assez dense et juste assez complexe pour être prenant. A cela s'ajoute une petite équipe de personnages variés dont on sent qu'ils ont encore du potentiel pour étoffer l'intrigue avec leurs spécificités et leurs petits mystères personnels.

C'est du bon divertissement, avec un dessin de belle qualité. Le récit est très bien mené, rythmé et agréable.
Une lecture qui fait passer un bon moment, même si elle ne marque pas trop par son originalité.

Nom série  Ultime Frontière  posté le 06/11/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
La base initiale de l'intrigue de cette série est celle d'un western très stéréotypé : combien de fois a-t-on vu ce concept d'un (ou deux) justiciers débarquant dans une ville frontière paumée où le caïd local cherche à étendre ses terres en menaçant impunément ses voisins fermiers ? Le cadre futuriste n'apporte quasiment rien, pour le moment en tout cas, car tous les éléments peuvent être transposés dans leur version du 19e siècle.
Là où le récit se démarque d'un énième scénario western, c'est par l'ajout de la touche caractéristique de Léo avec sa faune étrange et ses phénomènes mystérieux. Et c'est vers la résolution de cet énigme que semble s'orienter le récit vers la fin du premier tome, ce qui heureusement relève un peu mon intérêt en piquant ma curiosité.

Le graphisme par contre ne m'a pas séduit. Son style s'apparente au classicisme un peu raide d'auteurs tels que Ribéra ou Roosevelt, l'aisance technique en moins. En terme de raideur, nous ne sommes donc pas très dépaysés du style de Léo lui-même, ce qui n'est pas vraiment un compliment de ma part. Et l'encrage un peu hésitant ainsi que certains décors très vides n'arrangent pas vraiment mon opinion. Heureusement la mise en page est bonne et la narration efficace.

En définitive, ce n'est pas une série qui sort vraiment du lot et qui m'aura enthousiasmé, mais j'apprécie la bonne tenue de son récit, son côté divertissant et l'envie qu'elle donne de lire la suite.

Nom série  Ralph Azham  posté le 27/03/2011 (dernière MAJ le 04/11/2014) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Et voilà, le premier cycle de Ralph Azham vient de se clôturer avec la sortie du 7e tome. Il conclut de belle manière une histoire qui m'aura fait davantage vibrer de tome en tome. J'espère bien une suite car je me sens orphelin : qui va remplacer cette série maintenant si la saga Donjon et elle sont tous les deux achevées ? Il me faudra chercher ailleurs la bouffée d'heroic-fantasy, d'aventure débridée et de fantaisie tout court que ces formidables séries ont pu m'apporter.

Tout d'abord, cette bande dessinée séduit par son graphisme. Le style de Trondheim y est comme à son habitude, rond, faussement enfantin et en tout cas très plaisant à mes yeux. Je m'amuse à y retrouver beaucoup de tics graphiques de l'auteur tels que ses lunes, arbres, rochers et personnages animaliers. Il s'y ajoute en plus les excellentes couleurs de Brigitte Findakly qui rehaussent superbement les pages et les couvertures de l'album.
Du beau boulot !

Quant au récit, après un premier tome de mise en place, il s'entame pour de bon à partir du second album.
Le personnage de Ralph Azam est original même si son côté anti-héros peut paraître frustrant, limite agaçant. Ses aventures et misères dans son village natal manquent un peu d'envergure, on a envie d'en savoir davantage sur tout le monde qui l'entoure. Et de l'envergure, le récit en prend très vite dès le début du second tome, avec un récit dense et prenant.
Trondheim y crée et entretient un vrai mystère autour de ces jeunes qui "bleuissent" en gagnant des pouvoirs aléatoires, de cette étrange quête de l'Elu et surtout sur les raisons pour lesquelles certains semblent s'y opposer dangereusement.
Au fil des tomes, le scénario gagne en ampleur. Les intrigues de chacun d'entre eux sont denses, le rythme ne ralentit pas et la donne change souvent radicalement d'un épisode au suivant, tout en conservant un fil rouge prenant et qu'on constate d'autant mieux construit quand on lit la série d'emblée. Il se passe beaucoup de choses et la trame d'ensemble se tisse agréablement et sûrement. Lewis Trondheim maîtrise son scénario et, à part une toute petite incohérence sur un bracelet magique qui parfois permet de soulever un troll géant ou tirer un bateau et d'autres fois est bloqué par les bras de simples soldats, tout se tient du début à la fin de la série.
Et pour finir, les amateurs de cet auteur y retrouveront son ton légèrement caustique, son humour qui pointe le bout de son nez en permanence et sa hantise des intrigues attendues et stéréotypées.

Pour la considérer parmi mes séries cultes, j'attendais une conclusion qui viendrait la clore en beauté (ou au moins clore le premier cycle s'il y en a d'autres), m'apportant, je l’espérais, la même dose de nostalgie que j'ai pu avoir sur le final d’œuvres telles que La Quête de l'Oiseau du Temps. Le tome 7 m'apporte cette conclusion, en tout cas cette fin de cycle, avec une intrigue dense et mouvementée se terminant comme je l'aime. Il y a un peu moins d'émotion que je l'espérais, Trondheim n'étant pas un grand expansif, mais c'est une très bonne fin, tout à fait satisfaisante, et je suis resté un moment sur la grande dernière case et ses belles couleurs.
Lewis Trondheim travaille actuellement à la suite de ces événements. J'ai hâte de la voir publiée. En attendant, je range soigneusement cette série auprès de mes séries cultes et je pense me faire le plaisir de la relire très bientôt.

Nom série  Deepwater prison  posté le 03/11/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Christophe Bec me lasse un peu avec ses scénarios très inspirés par les films américains à gros budget et emplis de beaucoup de stéréotypes et de facilités. Le tout début de cette série m'a fait un peu grincer des dents dans ce sens car j'y retrouvais les tics narratifs dont il abuse dans des séries comme Carthago ou Prométhée : une suite de séquences choc se déroulant dans tel lieu à telle date, dans des décors très hollywoodiens type films SF/catastrophes à grand spectacle. Heureusement, au bout de 4 sauts chronologiques, l'intrigue est enfin posée et la narration devient plus linéaire.
Et du coup, une fois la machine lancée, la lecture devient assez plaisante et j'ai plus ou moins accroché.

Graphiquement, c'est du plutôt bon boulot. Je regrette certains visages légèrement trop ressemblants, comme celui du héros et de son compagnon de cellule. Hormis cela, le reste du dessin est efficace, et l'aspect informatique de la colorisation passe bien et sait se faire oublier.

Ce n'est pas un défaut technique, mais je regrette aussi la mise en image de ce qui me parait un peu bancal dans le scénario : une experte qui descend dans un bathyscaphe en tailleur et talons hauts pour bien rappeler qu'elle est sexy, des profondeurs abyssales avec une visibilité presque comme en plein jour ou encore des dents de murène géante capables de percer le blindage d'un bathyscaphe fait pour endurer des pressions gigantesques... Quand on ajoute à ça une plateforme pétrolière qui coule pile à 500m d'une prison sous-marine (non mais sérieux, le monde est petit !), tout cela sent les facilités et les passages convenus.

Mais si on est prêt à passer outre ce manque de réalisme, le déroulement de l'intrigue est assez prenant et divertissant. C'est une lecture plutôt agréable, mais pas le genre à marquer mon esprit à part pour les petits agacements quand des facilités me sautent aux yeux.

Nom série  Saba et la plante magique  posté le 01/11/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
C'est un conte pour enfants en bande dessinée comme on en voit pas mal d'autres. Simple, mignon, agréablement dessiné, il se lit bien même s'il apporte peu de surprise. J'aime bien son décor d'Abyssinie, à la frontière des peuples noirs et arabes.
Sa fin m'a laissé un peu perplexe tout de même car cette fable rend finalement hommage au café et à sa consommation, chose peu compatible avec un lectorat d'enfants à mes yeux, et pas tellement aux miens non plus puisque je n'aime pas le café et ai du mal à partager les émotions de ceux qui s'extasient dans cette BD devant son goût et la vitalité qu'il apporte.
Au final, je me dis que c'est une lecture divertissante pour les enfants mais qui laissera probablement peu de souvenirs.

Nom série  L'Impossible Machine  posté le 26/10/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cette BD joue sur l’ambiguïté de savoir ce qui est vrai ou pas. Et dans le cas présent, il s'agit de la réalité ou non d'une machine à voyager dans le temps.

L'héroïne, Line, trouve en effet refuge un jour dans une ferme et raconte à une autre femme son expérience des derniers mois dans une vieux centre de recherches désaffecté du voisinage. Là, elle a été embauchée par un petit groupe de scientifiques pour y œuvrer ni plus ni moins que comme voyageuse temporelle. Depuis 40 ans, depuis les années 60 précisément, y a été en effet mis au point une machine capable d'envoyer des objets ou des êtres vivants dans temps. Au cours d'expériences successives, Line a été renvoyée dans le passé, à l'époque où le centre de recherches était encore géré par l'armée française et en ramène des objets pour prouver ses voyages. Jusqu'au jour où les principaux scientifiques apprennent à Line et à toute l'équipe qu'en réalité la machine n'a jamais fonctionné et que tous les voyages de Line étaient réalisés sous hypnose et les objets en question provenant de brocantes. Sauf que les deux hypothèses sont aussi difficiles à croire l'une que l'autre : certes de tels voyages temporels paraissent incroyables, mais pour Line et les autres scientifiques, croire que tout cela n'était qu'un canular parait tout aussi invraisemblable.

J'apprécie comme l'auteur réussit à maintenir le doute du début à la fin de l'album.
Au départ, j'ai eu du mal à entrer dans l'histoire et à bien tout comprendre. Il s'entame de manière un peu abrupte. Puis les premiers récits de voyage dans le temps ne sont pas très clairs. Comment se déroulait la réception de la Line du futur par les militaires des années 60 reste encore assez embrouillée. Mais cela participe à l'ambiguïté de l'ensemble et, si tout cela est imaginaire, il parait normal que l'héroïne n'ait qu'une image floue de ses actes et visions du passé.

J'ai eu aussi un peu de mal avec le graphisme de l'album. Le trait est raide mais la représentation des décors et des corps humains est correcte et agréable. Par contre, les visages sont assez bizarres et souvent disgracieux. Ceci étant dit, je suis assez vite passé outre ce défaut car le récit m'a bien intéressé.

Et hormis le fait que j'aurais apprécié quelques planches de conclusion plutôt que la fin abrupte à laquelle on a droit et qui m'a fait me demander s'il ne manquait pas un dernier chapitre dans l'album que je lisais, j'ai bien aimé ma lecture. Elle est originale dans son ton et réussi dans son ambiguïté : on peut croire aussi bien une hypothèse que son opposée. C'est plutôt bien fait et agréable à lire.

Nom série  Pigalle 62.27  posté le 25/10/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Note : 2.5/5

Pigalle 62.27 est un récit dans la veine des polars français dans l'ambiance du Paris d'après-guerre. Il se déroule dans le milieu "interlope" (rien que cet adjectif m'agace) de Pigalle. Un jeune provincial y débarque dans l'idée de venger la mort de son père victime d'un escroc local mais, se mettant à côtoyer ce dernier pour mieux le connaître avant de l'éliminer, il se retrouve lui-même de plus en plus impliqué dans les escroqueries auxquelles il le fait participer en tant que complice.

Comme souvent avec Loustal au dessin, on est dans une narration proche de l'adaptation d'un roman en BD, avec des dessins proches de l'illustration figée, presque pas d'action, peu de dialogues et davantage de texte narratif. Ce n'est pas un style que j'apprécie mais je reconnais que Loustal arrive souvent à mettre en place des ambiances qui correspondent bien au récit.

L'histoire quant à elle est plutôt bien menée même si assez linéaire. L'arrivée du jeune homme en quête de vengeance dans Paris est assez cliché. Son implication de plus en plus prononcée dans les escroqueries de celui qu'il veut tuer et son installation dans la petite vie mouvementée de Pigalle est un peu plus originale et assez prenante. Par contre, la conclusion du récit m'est apparue trop plate, trop rapide et presque en queue de poisson. Je n'ai pas trop apprécié son final qui semble se vouloir optimiste mais me semble un peu facile, comme s'il suffisait de prendre le train pour échapper à la justice.

En définitive, c'est un album qui se lit bien mais qui déçoit un peu par sa fin et dont le récit ne sort guère des sentiers battus des polars français de l'après-guerre, pas suffisamment en tout cas pour marquer le lecteur.

Nom série  Le Fils du Yéti  posté le 24/10/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Même s'il y a gardé quelques traces de son ironie et son goût pour les anti-héros un peu losers, Tronchet se lance avec cet album dans un pur roman graphique intimiste. C'est l'histoire d'un homme de la trentaine, célibataire et assez mal dans sa peau, qu'une suite d'événements va amener à faire réfléchir sur sa propre vie, son passé familial et son rapport avec son père, mort quand il était enfant.

Tronchet y utilise son dessin habituel, caricatural, en un peu plus épuré au niveau des décors et avec un trait proche du crayonné. L'ensemble est en teinte de gris, ne laissant pas la place à la gaieté des couleurs. Mais l'ensemble reste relativement léger dans le ton narratif et l'atmosphère visuelle : on ne sombre pas du tout dans la mélancolie ou le pathos. L'humour est même bien présent en filigrane et dans les dialogues.

L'histoire finit par être touchante et sincère. Le cheminement pour parvenir aux véritables émotions est cependant un peu trop tortueux. Les événements se suivent et ne se ressemblent pas, et forment autant de méandres dans la pensée du héros qui cherche à comprendre d'où vient son malaise. Comme il le fait lui même remarquer, c'est une succession de signes, presque une accumulation exagérée d'indices, et le lecteur met du temps à comprendre où l'auteur veut en venir avec ce récit. Sur la fin, les choses se mettent en place mais je reste sur le sentiment que le parcours fut un peu long et trop sinueux.

Malgré ce reproche, cela reste une intéressante lecture dont les émotions finissent par toucher juste.

Nom série  Le Chercheur fantôme  posté le 23/10/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Le Chercheur fantôme est une sorte de grand huis-clos mettant en scène une fondation de chercheurs un peu coupés du monde. C'est une sorte d'utopie scientifique mise en place par on ne sait qui, un grand campus où 24 scientifiques seulement vont vivre durant 1 à 7 années suivant leur ordre d'arrivée. C'est aussi une grande expérience à ciel ouvert destinée à étudier la théorie du Chaos dans un système défini, celui de la fondation elle-même et de ses occupants. Car c'est scientifiquement inévitable : au cours de la 7e année d'existence de la fondation, les choses deviendront de plus en plus chaotique jusqu'à l'explosion finale.

J'aime ce type d'ambiance où des personnages se retrouvent dans un grand espace ouvert mais quasiment vide, où ils essaient d'avoir des relations les uns avec les autres et de comprendre les mécanismes mystérieux du monde qui les entoure. Ici, tout tourne autour de la science et plus précisément de la recherche systémique sur laquelle la quasi totalité des scientifiques réunit travaille, chacun dans son domaine, certains s'attachant aux mathématiques pures, d'autres à la robotique, à l'astrophysique, au langage ou à la biologie. Mine de rien, les sujets abordés au cours du récit sont très intéressants. Je ne sais pas si l'auteur n'a pas fait d'études scientifiques lui-même, mais en tout cas il semble s'être plutôt passionné pour le sujet.

Et pourtant le récit se révèle plutôt prendre la forme d'un thriller ou d'une histoire d'aventure au final. Car les événements tournent autour de la disparition d'un des chercheurs. Les trois scientifiques qui logeaient dans le même bâtiment sans jamais l'avoir rencontré essaient de comprendre qui il était, pourquoi il a disparu, s'il est mort et ce sur quoi il travaillait. En parallèle, comme prévu par les organisateurs de la fondation, les choses deviennent de plus en plus chaotiques sur le campus.

C'est un récit assez prenant où l'on a envie de comprendre le mystère qui enveloppe ces lieux et ces événements.
Il est mis en image dans un style épuré un peu simpliste mais efficace. Je regrette une petite chose au niveau de la colorisation, c'est l'abus de couleurs grisées et sombres pour représenter les zones à l'ombre ou la nuit. Ces parties de planches manquent trop de contraste et certaines cases se retrouvent un peu difficiles à lire sans avoir le bon éclairage.
Je dois également dire qu'autant j'étais vraiment pris par le scénario et curieux de connaître son dénouement, autant celui-ci est malheureusement un peu décevant à mes yeux. Trop peu d'explications, trop de mystère restant en suspens, et une conclusion malheureusement en queue de poisson à mes yeux, presque hors-sujet. J'en ressors frustré.

Nom série  Vanille ou chocolat ?  posté le 22/10/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Avec cet ouvrage, Jason Shiga a poussé le concept du "livre dont vous êtes le héros" en travaillant fortement sur la méthode de son adaptation au format d'une bande dessinée. "Vanille ou chocolat ?" diffère en effet des récits de ce type car il n'est pas composé de chapitres numérotés renvoyant vers tel ou tel autre numéro de chapitre. Tout s'y joue sur la mise en page des cases et des planches, chaque case étant reliée à la ou les suivantes par des traits de couleurs, et ce vers des cases insérées n'importe où sur leur planche, pas forcément voire presque jamais dans l'ordre classique de lecture. Quant aux renvois vers d'autres pages, ils se font lorsque ces traits de liaisons aboutissent vers des onglets dépassant sur les côtés d'autres planches.

Il faut un peu de temps pour s'y faire mais le travail de mise en page et d'élaboration de l'ouvrage est assez impressionnant quand on réfléchit à la complexité de la chose et à l'algorithme à mettre en place pour pouvoir placer au mieux cet assemblage de cases, de planches et d'onglets.
J'ai bien eu l'impression pourtant qu'il y avait un petit bug dans une page qui m'a plusieurs fois induit en erreur et un peu agacé car le récit que je voulais suivre n'aboutissait nulle part. En effet, je n'avais pas vu une ligne m'emmenant vers une autre page et à la place j'ai suivi une case logique dans la suite du récit mais pourtant sans aucune ligne menant à elle en réalité.
Cette erreur (volontaire ou non ?) ainsi que l'obligation de lire et relire les mêmes séquences et dialogues m'a lassé un bon moment et j'ai failli lâcher la lecture avec frustration et l'impression de tourner en rond. Mais à force de m'acharner et d'essayer de comprendre pourquoi je n'arrivais pas à progresser, j'ai finalement compris mon erreur et eu la satisfaction d'avancer dans le récit et de comprendre les nombreux éléments mystérieux rencontrés ça et là.
Tout se tient même si j'avoue avoir eu un peu de mal à saisir où l'auteur voulait en venir dans ce que je considère comme étant la fin la plus "heureuse", la plus compliquée à atteindre. L'idée d'insérer comme outils essentiels du récit des machines permettant de voyager dans le temps et de lire les pensées récentes des personnages, s'adapte idéalement pour ce type de récit qui doit pouvoir fonctionner en boucle et pour l'aspect ludique du récit. Cela donne envie au lecteur d'essayer différentes solutions et cela titille son esprit logique.

A noter aussi que l'auteur joue avec le lecteur un peu tricheur qui essaiera de feuilleter l'album à la recherche de la solution avec notamment une fausse double page théoriquement inatteignable qui laisse croire à une solution possible mais mène plus tard à une fin alternative en queue de poisson, ainsi qu'avec un dessin en double page lui aussi en principe inatteignable et présenté comme un clin d'oeil un peu humoristique.

J'ai failli ne pas conseiller l'achat de cette BD car j'ai vraiment été frustré par les trop nombreuses répétitions de scènes sur lesquelles je revenais sans arrêt sans réussir à progresser. Cela m'agaçait d'autant plus qu'à ce stade du récit, trop de points restent inexpliqués et donnant l'impression d'être gratuits et sans logique. Ce qui m'ennuie surtout, c'est que le moyen d'éviter ces lassantes répétitions était de ne pas se faire avoir par cet élément de confusion que je décrivais plus haut et à propos duquel j'essaie encore de comprendre s'il s'agit d'un faux-pas de l'auteur ou d'une tentative volontaire de sa part d'induire le lecteur en erreur.

Mais je reconnais la réussite de cet oeuvre-concept à la réalisation très complexe et dont le scénario tient finalement très bien la route alors que je le croyais trop facile au départ. Un intéressant jeu de lecture pour qui réussit à passer outre l'agacement de devoir relire un peu trop souvent certains passages récurrents.

Nom série  Creepy  posté le 22/10/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je ne connaissais absolument pas Creepy. Je voyais que ça ressemblait à un recueil d'histoires courtes d'horreur façon Tales from the crypt mais je croyais qu'il s'agissait d'histoires plus anciennes, peut-être de l'époque des débuts d'EC Comics. En fait, Creepy est un magazine apparu dans les années 60, une dizaine d'années après les Contes de la Crypte. Pourtant on y retrouve le ton assez désuet des vieux récits d'horreur ainsi que leur style graphique.

Et pour cause puisque ce sont en grande partie des anciens d'EC Comics qui illustrent ces histoires. Et le dessin se révèle très élégant la majorité du temps. Certains dessins ne me plaisent que moyennement, mais les autres, la plupart des autres, sont vraiment très classe, notamment ceux du célèbre Frank Frazetta.

Les histoires, quant à elles, font très surannées. Une poignée d'entre elles reprend des scénarios d'Edgar Poe et celles-ci font presque plus modernes que quelques autres du lot. Côté horreur, on est très loin de l'indicible d'un Lovecraft, ou de l'ironie un peu sadique dont peut faire preuve un Hitchcock. Ce sont souvent des tentatives de faire peur avec simplement l'apparition d'un monstre très classique type Loup-garou ou vampire et le héros qui crie "au secours !" en cherchant à s'enfuir. C'est loin de faire peur à un lecteur contemporain ou de marquer par la noirceur des idées.
Certains scénarios tirent quand même leur épingle du jeu et amènent des rebondissements et des chutes un peu originales. Beaucoup d'autres sont cependant beaucoup trop prévisibles et sans grande saveur.

J'apprécie néanmoins le sympathique côté désuet de ces histoires et de leur graphisme qui redonnent vie à l'ambiance des récits d'horreur à l'ancienne façon EC Comics.

Nom série  Deadpool Max  posté le 21/10/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Après Il faut sauver le soldat Wilson, mon libraire m'a conseillé cette série pour découvrir plus avant le personnage de Deadpool.

Il m'a prévenu qu'il fallait avant tout passer outre un dessin difficile à apprécier au premier abord. En effet, son style m'avait un peu rebuté au feuilletage mais j'ai persévéré. C'est un étonnant mélange de couleurs délavées et d'un trait lâché proche de la caricature, me faisant parfois penser à des planches humoristiques du magazine MAD voire à la très française série loufoque Les Aventures du commissaire San-Antonio. L'aspect un peu trop brouillon de certains éléments de dessins a continué à me faire tiquer par-ci par-là mais j'ai fini par me faire au style graphique et à apprécier son originalité et sa personnalité.

La série est composée de chapitres d'une vingtaine de pages racontant chacun une histoire complète, l'ensemble formant un tout plus ou moins suivi.
On est dans le pur délire humoristique. Même si à la base, chaque histoire dispose d'une base plus ou moins cohérente et insérée dans l'univers Marvel, l'action part dans tous les sens au gré de la folle logique de Deadpool mais aussi du pauvre agent Bob qui est sensé le diriger mais subit bien souvent le pire au cours de ses missions.

L'ensemble m'est cependant paru un peu trop décousu à mon goût. L'humour est adulte et un peu trash et ne m'a pas tellement fait rire. Cela manque de liant à mon goût. Et surtout j'aurais aimé pouvoir m'attacher davantage au personnage de Deadpool mais c'est plutôt l'agent Bob qui joue le rôle de personnage principal ici, Deadpool étant mis en scène de manière plus superficielle.
Globalement, la lecture est divertissante et dispose d'une dose d'originalité et d'un peu d'humour sympathique, mais je n'ai pas été convaincu et j'attends de lire d'autres aventures de Deadpool pour vraiment apprécier le personnage.

Nom série  La Loge écarlate  posté le 21/10/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je ne connaissais pas ce fameux Raimondo Di Sangro, Prince de Sansevero, je ne savais pas qu'il avait existé au XVIIIe siècle en Italie ni qu'il avait vraiment produit ou été impliqué dans la production de ses "machines anatomiques", couple de cadavres humains momifiés au réseau sanguin apparent et figé.
Cette bande dessinée raconte, avec une probablement bonne part de fiction, son histoire, son attirance pour l'occultisme et son désir de briller auprès de ses frères franc-maçons en s'acoquinant avec un chercheur en médecine aux activités bien troubles. Sur le plan historique et culturel, c'est instructif.
L'ensemble est mis en image dans un style graphique intéressant en couleurs directes et tout en teintes de rouge. C'est plutôt joli.
Sur le dernier tiers, le récit part cependant dans une direction rappelant plutôt celle du récit de Frankenstein et met en scène un personnage principal tourmenté et craignant une quelconque punition divine. Je n'ai pas été captivé par cette partie là du récit. D'autant que j'ai un peu de mal à trouver crédible l'idée qu'on puisse redonner vie à un corps embaumé (donc théoriquement vidé de ses organes) simplement en lui injectant un produit mystérieux.
Il en ressort donc une intéressante lecture mais elle ne m'a pas tellement charmé ni marqué.

Nom série  Kräkændraggon  posté le 20/10/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Même si je n'aime pas le dessin de Mathieu Sapin, je pouvais difficilement passer à côté de ce récit qui se base sur un postulat de rêve pour un geek comme moi : pour "faire face à la crise", l'Education Nationale bouleverse son programme et s'oriente désormais sur la seule matière qui a encore de l'avenir : les jeux vidéo et autres jeux de rôles !
S'ensuit un recueil de gags en une planche formant un récit plus ou moins suivi et mettant en scène ce monde nouveau où seuls les gros Nerds et les Geeks les plus expérimentés sont au sommet de l'échelle.

L'idée est amusante quoique pas très novatrice. Il me semble avoir déjà lu des histoires similaires sur le net, dans des blogs ou ailleurs. Mais c'est sympa et j'apprécie de la voir développée sur un album complet, surtout avec Trondheim au scénario.
Cela donne des gags variés, pas très hilarants mais plaisants et amenant le sourire. Le graphisme, lui, est meilleur que dans d'autres albums de Mathieu Sapin mais il reste loin de valoir la lecture à lui seul.
Ce n'est pas un indispensable et très loin du meilleur de ce l'oeuvre de Trondheim, mais c'est une lecture divertissante.

Nom série  Moderne Olympia  posté le 20/10/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
J'ai aimé le délire, l'originalité et les très nombreux clins d’œil de cet ouvrage.

Son idée, à la base, n'est pas banale. Il s'agit de donner vie aux personnages de très nombreux tableaux célèbres et de leur donner pour motivation d'être acteurs dans des "toiles", qui sont comme des tournages de films de cinéma desquels aboutissent la "peinture" d'un nouveau tableau. Olympia, sortie telle quelle (et donc toute nue) du tableau de Manet, peine à la fois à percer dans sa carrière d'actrice, où elle accumule les bourdes, et à trouver l'amour.
On se retrouve ainsi avec un mélange de récit féminin aux accents de Claire Brétécher mais donnant surtout la part belle au délire et à l'humour. Le cocktail est surprenant, où West Side Story rencontre les toiles des peintres les plus célèbres, où leurs représentations sont tournées en ridicule et où l'absurde est à chaque coin de rue.
A cela s'ajoute un grand nombre de clins d’œil, à la peinture, au cinéma ou à la bande dessinée. Il y a les toiles célèbres dans lesquelles essaie de jouer la malheureuse Olympia, mais il y a aussi un grand nombre de peintures célèbres qui servent discrètement de décors dans lesquels évolue l'action et les protagonistes. En fin d'album, on trouve d'ailleurs la liste des la cinquantaine de tableaux insérés au fil des pages.

J'ai franchement rigolé à bien des endroits, et j'ai apprécié la finesse de certains clins d'oeil, leur humour ou la façon dont ils étaient amenés. J'ai surtout apprécié le côté délirant du récit et l'originalité de l'ensemble.

Nom série  520 km  posté le 19/10/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
520 km, c'est le récit d'un adolescent qui part à l'aventure en tentant de traverser la moitié de la France pour rejoindre la fille qu'il aime. C'est une sorte de voyage initiatique assez réaliste pour le jeune héros.
C'est une histoire qui donnera un goût de liberté aux jeunes lecteurs et qui réveille quelques souvenirs nostalgiques pour les adultes.
C'est également un scénario assez simple quoique efficace, auquel fait écho la simplicité du dessin.
Le héros est plutôt sympathique et on n'a pas trop de mal à s'attacher à lui et à son aventure de jeunesse.

Je lirais volontiers Un Eté en apnée pour découvrir le point de vue en miroir de sa copine.

Nom série  Le Temps perdu  posté le 19/10/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je croyais retrouver dans cet album un plaisir similaire à celui que j'avais éprouvé à la lecture de la trop courte série Le Passager, le plaisir d'être transporté dans un univers magique et envoûtant par le biais du graphisme de Vink que j'aime beaucoup. Le Temps Perdu est cependant différent car il est davantage ancré dans la réalité et s'appuie sur le thème de la nostalgie et des souvenirs enfouis plus que sur celui du merveilleux et de l'exotique.

Il s'agit en effet de mettre en scène un auteur de BD, incarnation possible de l'un ou l'autre des auteurs de cette BD, qui se retrouve brièvement entraîné dans un monde étonnant quand il touche aux gravures exposées dans un petit hôtel qu'il a découvert par hasard. Désireux d'en savoir plus, il revient régulièrement dans cet hôtel pour y vivre ces expériences étranges et au passage se rapproche de plus en plus de la charmante hôtelière.

Le dessin de Vink y est réaliste et très agréable, capable aussi bien de mettre en scène le quotidien de notre réalité que des univers fantasques et imaginaires. Il est soutenu pour cela par les très agréables couleurs de son épouse Ciné.

L'intrigue, quant à elle, est originale, jolie et parfois assez amusante, mais je ne suis pas tombé sous son charme alors que c'est justement tout le sujet de l'imaginaire et de la nostalgie qui devrait y faire preuve de force. Le monde merveilleux dans lequel est emporté le héros passe un peu en second plan par rapport aux événements se déroulant dans la réalité et j'ai nettement moins été transporté qu'à la lecture du Passager. Peut-être me suis-je senti moins proche des protagonistes et de leur univers, c'est possible...

Ce fut une agréable lecture qui tient bien la route et se révèle suffisamment dense même si elle tient en un seul tome. J'aurais cependant aimé être davantage touché et charmé.

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