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Nom série  Le Voyage des Pères - L'Exode selon Yona  posté le 05/06/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
J'avais déjà beaucoup aimé Le Voyage des Pères et j'ai retrouvé dans l'Exode selon Yona ce qui m'y avait plu, voire un petit peu plus au niveau des décors qui sont un peu plus variés et colorés.

Une fois de plus, je me suis beaucoup amusé de cette vision modernisée et un peu iconoclaste de la mythologie biblique. Les dialogues et les situations sont excellents, les gags bien amenés.

Le dessin est très agréable, plus maîtrisé à mes yeux que dans la série précédente, notamment au niveau de l'encrage et de la colorisation que j'apprécie davantage.

Je dois dire que j'ai plus apprécié les deux premiers tomes, qui m'ont beaucoup fait rire, que les deux derniers où l'humour est un peu plus dispersé. Mais la conclusion tient la route donc cela me convient, quoique la toute fin me soit parue un tout petit peu expédiée.
Je ne rejette rien de la série dans son ensemble et j'en conseille sans hésiter la lecture.

Nom série  Léonard & Salaï  posté le 04/06/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Léonard & Salaï met en scène la biographie de Léonard de Vinci à partir de 1490, date de l'entrée à son service du jeune Gian Giacomo Caprotti da Oreno, dit Salaï. La bande dessinée met ici l'accent sur la vie intime de Léonard et notamment sa romance ambiguë avec Salaï, présenté très ouvertement comme étant son amant en plus d'être son modèle et un disciple singulièrement insolent.

C'est ainsi qu'on les suit dans leurs errances entre Milan, Mantoue, Venise, Florence puis probablement en France dans le second tome. On y aperçoit les différentes grandes œuvres sur lesquelles le génie créateur a travaillé et peiné durant ces années, ses difficultés personnelles, ses conflits et les différents exils ou contrats qui se sont succédés pour lui. On y découvre notamment que malgré son immense talent, sa vie artistique n'a pas été des plus faciles.
Mais au-delà de cet aspect historique et artistique, la thématique de ce diptyque est en priorité la relation amoureuse entre Léonard et Salaï, romance bientôt rendue plus complexe avec l'apparition d'un troisième élément, le jeune Francesco Melzi, à la fin du premier tome.

L'accent est également mis sur le graphisme. C'est en effet un dessin à quatre mains. Benjamin Lacombe entame le story-board, ensuite aidé par Paul Echegoyen. Puis ce dernier dessine les décors. Et enfin Benjamin Lacombe y inclut les personnages puis ajoute la colorisation.
Décors et couleurs sont inspirés par l'oeuvre de De Vinci et par les illustrations d'époque. C'est ce qui m'a le plus séduit dans cet ouvrage. Les paysages, vues en extérieur et décors intérieurs sont beaux et très soignés.
A l'inverse, j'ai hélas été rebuté par la représentation des personnages. Je n'accroche pas du tout au style de Benjamin Lacombe qui leur donne des allures proches du manga avec des corps très androgynes et des visages aux yeux de biche démesurés. Je me suis trop souvent cru en train de lire un pauvre yaoi caricatural alors que le même récit, avec exactement la même narration mais avec des personnages plus réalistes m'aurait nettement plus charmé.
A noter aussi, et c'est important, que les pages de la bande dessinée sont régulièrement entrecoupées par des grandes illustrations en une ou deux pages directement inspirées de célèbres tableaux de De Vinci avec l'insertion de la touche personnelle de Benjamin Lacombe. Là aussi je n'apprécie pas trop les yeux énormes des personnages mais j'ai néanmoins trouvé très belles la majorité de ces peintures. Elles sont très soignées et on y sent l'admiration de l'auteur pour l'oeuvre de De Vinci. Elles apportent surtout une belle touche esthétique et d'ambiance supplémentaire à l'ouvrage.

Au final, même si j'ai eu un peu de mal avec le côté légèrement yaoi du récit causé par le style graphique des personnages et par une légère mièvrerie dans la relation entre Léonard et Salaï, c'est une histoire intéressante et instructive qui nous est contée là, et le graphisme vaut le coup d’œil pour ses représentations personnelles des œuvres de De Vinci et pour ses décors.

Nom série  Sortie des artistes (Lucie Lomova)  posté le 04/06/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Sortie des artistes est une enquête policière dans la veine la plus classique du genre. Il y a un peu d'Agatha Christie dans son ton avec une touche de modernité plus actuelle. Le récit prend en outre pour cadre le monde du théâtre, des acteurs et des critiques.

C'est une lecture sans grande surprise mais plutôt agréable. On suit la déroulement son enquête avec plaisir, même si l'on s'y perd un peu dans les personnages dans les premières pages. Le format à l'italienne est un peu original pour un tel type de récit même s'il n'apporte pas grand chose au final si ce n'est un album agréable en main. Le graphisme, quant à lui, est tout aussi classique, s'approchant parfois presque de la ligne claire, avec une certaine rondeur dans le trait.

C'est une lecture plaisante, qui ne marquera pas les esprits par son originalité ou sa force, mais elle fait passer un bon moment et tient bien la route.

Nom série  Justice League - L'Autre Terre  posté le 27/05/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cette histoire avait déjà été en France chez Soleil en 2000 en tant que premier tome de sa série JLA, sous le titre Terre 2, traduction directe de son titre original Earth-2.

Grant Morrison y imagine un univers parallèle où absolument tout est inversé au niveau du Bien et du Mal, où Alexandre Luthor combat les méchants qui forment le CSA (Crime Syndicate of Amerika) mais où au-delà de ça, tout le reste du monde est également inversé (Adolf Hitler est considéré comme un bienfaiteur de l'Angleterre, Angleterre qui a déclaré la sécession des USA dont elle était la colonie en 1790, Owlman (alias Batman méchant) cherche avec l'aide d'un parrain de la Mafia du nom de Boss Gordon à se venger de son père commissaire de Gotham City qui n'est autre que Bruce Wayne lui-même, etc...).
Un monde qui n'aurait pas été inintéressant de creuser et de découvrir plus en profondeur, ainsi qu'une réflexion sur le Bien et le Mal qui aurait pu porter ses fruits, mais hélas trop vite gâchés par de stupides combats entre super-gentils contre super-méchants, d'utilisations de super-pouvoirs, de rebondissements et d'action sans réelle originalité. C'est comme un fond de scénario pas mauvais qui aurait malheureusement tourné à la super-production hollywoodienne idiote.

Le dessin pour sa part n'est pas mauvais. Frank Quitely a un style à la fois proche des standards du comics de super-héros des années 90 tout en ayant une légère touche bien à lui, avec un peu plus de rondeur dans le trait notamment.

Au final, malgré une idée de base sympathique qu'on aurait aimé explorer plus en détails, il se développe en un simple divertissement d'action sans prétention ni envergure. Ça se laisse lire mais c'est un achat dispensable.

Nom série  Before Watchmen - Le Hibou  posté le 27/05/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Le Hibou et Rorschach sont des personnages de Watchmen que j'aime beaucoup, je ne pouvais donc pas passer à côté de l'album décrivant les débuts du premier, la rencontre entre les deux et quelques-unes des premières aventures de ce duo justicier bien particulier.

Et j'ai eu ce que je voulais.
Le personnage du Hibou est présenté de manière intéressante et assez attachante. Sa relation avec Hollis Mason, le Hibou originel est bien rendue. La rencontre avec Rorschach est un peu abrupte mais OK. Leurs premières aventures en duo sont présentées brièvement mais soit. J'ai bien aimé la rencontre et la relation avec la Dame du Crépuscule. Et l'intrigue finale qui forme le fil rouge du récit n'est pas mal.
Le tout est mis en image dans un graphisme agréable même si l'encrage initial d'un Joe Kubert très vieillissant n'a pas toujours été à mon goût. Son remplacement par Bill Sienkiewicz à partir des deux tiers de l'album ne m'a pas dérangé mais là non plus, je n'en suis pas un grand fan.

En définitive, ce fut une lecture agréable mais pas mémorable. J'espérais bien plus de ce duo de personnages. Là, nous sommes dans le convenu, ne sortant jamais des rails bien tracés par Alan Moore dans son oeuvre initiale, et offrant au final une histoire un peu plate qui manque d'impact tant narratif qu'au niveau du contenu. Les auteurs n'ont pas su sublimer leur extrait de la création de Moore. Ils n'y apportent pas grand chose de plus que de l'attendu et rien qui touche autant que les mêmes personnages du Hibou et de Rorschach tels que mis en scène dans Watchmen.
Pas mal mais malheureusement dispensable, même si j'en retiendrais quand même la romance entre la Dame du Crépuscule et Dan Dreiberg.

Nom série  Skandalon  posté le 24/05/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Quand j'ai emprunté cette BD sans la feuilleter, je croyais à voir la couverture qu'il s'agissait d'un récit se déroulant dans la Grèce Antique. Aussi ai-je été surpris d'y lire un récit moderne n'ayant strictement rien à voir avec ce décor à part au niveau métaphorique puisqu'en Grec Antique, le titre Skandalon fait référence au scandale et à quelqu'un poussant au pêché.
L'intrigue met en effet en scène un jeune rocker au succès international qui part complètement à la dérive en alignant provocations sur provocations.

J'ai trouvé la mise en scène de cet errance et du succès qui détruit assez réussie. Même s'il est rendu détestable, le personnage principal est bien rendu et l'ambiance malsaine de déréliction et de scandale l'entourant est bien foutue.
Le graphisme par contre ne m'a pas franchement plu, notamment pour les visages un peu agaçants des personnages et les anatomies bizarres aux jambes trop courtes et raides.

Malgré ma curiosité pour le personnage et l'envie d'essayer de comprendre comment il en était arrivé et ce qu'il désirait véritablement, j'attendais cependant que l'histoire démarre pour de bon.
Mais voilà, elle se termine pour moi complètement en queue de poisson. Quoi, c'est tout ? Tout ça pour ça ?
J'ai eu le net sentiment d'une histoire qui n'avait pas pris son envol et qui demandait à prendre de la consistance et s'est arrêté avant même d'avoir commencé. Je sors donc déçu de cette lecture.

Nom série  Mr. Nobody  posté le 21/05/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Note : 2.5/5

Ce seinen souffle le chaud et le froid.

C'est un polar fantastique assez glauque et sombre avec une bonne dose d'action.
Au rayon de ses qualités, il y a une histoire qui tient en trois tomes seulement et qui ne va donc pas s'éterniser et s'essouffler. Il y a aussi un graphisme réaliste soigné et qui appuie efficacement l'ambiance du récit. Enfin il y a une intrigue complexe et mystérieuse qui attise la curiosité.

Mais je ne suis pas tombé sous le charme.
D'abord parce que cette intrigue mystérieuse fleure un peu le déjà-vu et laisse deviner des histoires d'expériences militaires sur le vivant ou de manipulations mentales dont je crains qu'elles manquent de crédibilité et paraissent faciles après coup.
Mais c'est surtout la narration qui m'a déplu. Elle est très confuse. Le graphisme sombre et empli de plans rapprochés est étouffant et ne facilite pas la compréhension des scènes d'action. Les personnages se confondent trop facilement. Paradoxalement et à l'inverse je n'avais pas la certitude que l'un d'entre eux avait vraiment le même visage que le héros car leurs traits changeaient un peu à chaque case.

Bref, même si c'est un récit de qualité acceptable et au graphisme de bonne tenue, j'ai eu du mal à entrer dedans et je le trouve assez convenu malgré l'aspect dramatique qu'il cherche fortement à prendre.
Peut-être que la suite relèvera mon intérêt mais je ne suis pas encore convaincu.

Nom série  Une Histoire d’hommes  posté le 17/05/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Une histoire d'hommes... ouais... une histoire sérieuse en tout cas où Zep nous joue le couplet des anciens amis qui se retrouvent près de 20 ans plus tard pour faire semblant de passer un moment d'amusement mais où ils s'agit surtout de revenir sur leur passé commun et d'essayer de panser une plaie encore ouverte. L'origine de ce mal est dévoilé peu à peu même si on comprend très vite que tout tourne autour du fait que le groupe rock qu'il formait à l'époque s'est brisé du jour au lendemain et que seul l'un d'entre eux a ensuite eu un véritable succès artistique, plongeant en contrepartie son propre frère dans un marasme dont il n'est pas encore sorti.

Avec ce thème tournant autour du rock et d'adultes qui ont gardé un esprit un peu adolescent, on retrouve l'univers qu'affectionne Zep. Son graphisme y sert très bien l'histoire et son semi-réalisme fait tout à fait oublier sa lointaine parenté avec le style de Titeuf.
L'intrigue n'est pas mauvaise mais je dois avouer qu'elle ne casse pas trois pattes à un canard. Je n'ai pas trouvé les personnages particulièrement attachants et l'intrigue elle-même a un tout petit peu titillé ma curiosité mais sans me captiver pour autant.
Le résultat est un récit qui sonne assez juste et n'est pas mal au final, mais ce n'est pas une lecture qui me marquera.

Nom série  Famille Pirate  posté le 17/05/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
La Famille Pirate est un dessin animé que mes enfants, ma femme et moi aimons bien. On s'y retrouve dans cette petite famille même si en guise de crocodile de compagnie, nous c'est plutôt un lapin nain. Les personnages sont sympas, l'ambiance marrante, les dialogues et les situations nous font rire, bref on passe un agréable moment.
J'ai cependant moins accroché à la BD malgré quelques indéniables qualités.

J'aime le dessin de Fabrice Parme... en général en tout cas. Car pour cette série là, autant j'apprécie retrouver son trait frais et dynamique et ses couleurs lumineuses, autant j'ai un peu de mal avec ses visages. Je n'y retrouve pas exactement les traits des personnages que j'aimais dans le dessin animé. Je le trouve plus rugueux, plus grossier. C'est surtout le visage de la mère qui a beaucoup moins de charme que dans l'animé, je trouve.

Côté scénario, c'est bien la même ambiance qu'à la télé. Mais j'ai trouvé qu'il y avait un problème de rythme. La narration coule de manière saccadée je trouve et l'humour passe moyennement. Je n'ai pas réussi à rentrer pour de bon dans les intrigues.
Ça reste sympa, mais j'espérais mieux.

Nom série  Robert Moses - Le Maître caché de New York  posté le 16/05/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je ne connaissais absolument pas ce fameux Robert Moses. Je ne savais même pas du tout qu'une si grande partie de l'aménagement et des constructions du New York du XXe siècle était dû à la volonté d'un seul homme ayant œuvré durant près de 40 ans au service de la ville.

Cet album est donc instructif puisqu'il met en scène la biographie complète de ce personnage et nous apprend comment il en est venu à travailler à l'urbanisme de la ville de New York, par quoi il a commencé, quelles ont été ses réalisations successives et comment s'est terminé sa carrière. On y découvre un personnage impressionnant, à l'oeuvre gigantesque, mais aussi un être humain assez froid et autoritaire. Les auteurs insistent sur le fait qu'il n'était pas exempt de défauts comme un probable racisme ou une paradoxale misanthropie envers les démunis qui contraste avec ses innombrables constructions pour les loisirs et le confort de vie des classes moyennes.
Le tout est soutenu par un graphisme élégant et agréable.

C'est donc une lecture instructive mais aussi un petit peu rébarbative. Il n'y a pas de véritable rythme, d’accroche particulière. Même si les faits sont bien racontés, nous ne sortons guère du cadre du documentaire ou de la biographie bien documentée. Il faut être intéressés par le sujet de l'histoire de la ville de New York et par l'urbanisme pour véritablement apprécier l'ouvrage.

Avec cet album, j'aurais appris pas mal de choses à commencer par l'existence même de Robert Moses et son oeuvre considérable, un sujet très intéressant, mais j'aurais apprécié une narration plus prenante et une lecture plus marquante.

Nom série  Les Aventures de Buck Danny (classic)  posté le 15/05/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Même si je n'ai jamais été un grand fan, j'appréciais plutôt la série Buck Danny et ses classiques de l'époque Charlier et Hubinon. A l'inverse, j'ai complètement décroché de ses albums les plus récents et trop modernes. Aussi est-ce avec un bon à-priori que je voyais ce retour vers l'authenticité des récits historiques d'aviation de Buck et ses deux compères.

Le dessin d'Arroyo fait preuve d'une grande classe et se conforme parfaitement au style classique du franco-belge des années 50-60. Les personnages sont un tout petit peu raides mais les décors et évidemment les avions sont très bien rendus et réalistes.

Le scénario de ce renouveau des aventures de Buck Danny est bien construit et rythmé. On sent vraiment la proximité avec les scénarios de Charlier. A tel point ceci dit que j'ai hélas eu une sensible impression de déjà-lu, comme à la découverte d'un savant cocktail de plusieurs de ses intrigues existantes, qu'elles proviennent de la série Buck Danny ou d'autres de cet scénariste prolifique. C'est bien, c'est sympathique mais le résultat est sans grande surprise malgré quelques passages un peu plus forts comme le survol de la frontière chinoise ou l'accroche de fin d'album.

Voilà donc un retour vers les classiques de Buck Danny qui plaira aux fans de la série et d'aviation historique et militaire en général. J'aurais aimé un peu plus d'originalité dans le scénario et son déroulement pour véritablement accrocher. Pour le moment, on roule (ou vole-t-on ?) sur des chemins un peu trop usités. Mais c'est de la belle ouvrage quoiqu'il en soit.

Nom série  Les Campbell  posté le 15/05/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Les Campbell est une sympathique BD de pirate et d'humour grand public.
Elle met en scène le fringant pirate à la retraite Campbell et sa petite famille. Par le biais d'une narration par flash-back avec d'un côté le passé d'aventure et de romance du pirate Campbell et de l'autre sa vie actuelle, plus moderne et humoristique dans l'esprit, où il a pris sa retraite anticipée pour élever ses deux filles, nous découvrons petit à petit le passé des protagonistes et ce qui les a amenés à leur situation actuelle, à la mort de la mère et au conflit entre les deux frères.

La bande dessinée est constituée d'histoires courtes plus ou moins suivies qui ont permis une pré-publication en une ou deux fois à chaque fois dans le journal de Spirou. Ces histoires sont séparées chacune par une illustration en une page dans l'édition en album.

Le ton n'est pas réaliste, il est même parfois ouvertement anachronique. Il y a un peu de ce qui faisait le charme de la série Le Vieux Nick et Barbe-Noire de Remacle dans l'humour et les personnages. Mais avec une indéniable touche de modernité également, ainsi qu'une ouverture vers un public assez large, au risque de s'égarer parfois un petit peu vers trop d'élargissement d'ailleurs.

On y retrouve le graphisme très dynamique de Munuera. J'aime beaucoup son encrage, ses décors et le soin qu'il apporte à ses planches. Je lui reproche souvent d'être trop dynamique à mon goût, comme si les personnages ne tenaient pas en place, mais je trouve son style un peu plus posé au fil du temps. J'ai cependant un peu de mal avec ses nombreux personnages à nez retroussé et bouche en coin qui font trop "petite souris" à mes yeux, héritage manifeste des studios Disney. C'est le cas ici de toute la petite famille Campbell, mère disparue inclus. C'est mignon au départ mais je m'en lasse très vite car ça tourne aux tics graphiques à force, d'autant que c'est le style qu'on retrouve dans la quasi totalité des autres œuvres de Munuera dont les épisodes de Spirou et Fantasio qui ne m'ont pas plu. En outre, je trouve que le physique de trois personnages principaux, Campbell, son frère Inferno mais aussi Carapepino, se ressemble trop et j'ai tendance à les confondre. Heureusement, je suis bien plus amateur des personnages secondaires plus caricaturaux et variés qu'il inclut au fil des pages.

Les histoires sont plaisantes et les personnages plutôt attachants, surtout les deux filles de Campbell à qui leur mère manque. L'humour n'est pas formidable mais les récits se lisent avec le sourire et font passer un moment agréable. Le fil rouge de la découverte du passé des Campbell permet en outre de maintenir l'intérêt du lecteur au fil des pages.
Bref, c'est une bonne série d'aventure et d'humour.

Nom série  Maggy Garrisson  posté le 14/05/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Maggy Garrisson est une série assez originale dans le genre polar.
D'abord parce que son héroïne n'est ni flic, ni journaliste, ni enquêtrice. C'est une femme un peu paumée que le hasard a seulement mené à trouver très temporairement un petit boulot de secrétaire chez un détective privé minable.
Ensuite parce que le ton de ses aventures est très désabusé, très réaliste. Maggy n'est vraiment pas un canon de beauté ni une héroïne populaire. C'est une brave femme, mais elle traîne sa déprime dans les rues grises de Londres, fume, boit et cherche de quoi gagner un peu de sous qui lui manquent sérieusement. Elle aimerait bien rencontrer l'amour mais elle n'y croit pas trop. Autrement dit, elle est très humaine et du coup forcément attachante.

Le graphisme de Stéphane Oiry s'adapte bien à cette ambiance. Il fait ressortir les gris, les ombres et l'humidité des rues britanniques. Il met en scène le réalisme du récit et de son héroïne. Et en même temps il garde un soupçon de légèreté qui fait écho à l'humour pince-sans-rire dont est adepte Lewis Trondheim.

Ce dernier offre une structure narrative intéressante en petits chapitres à suivre qui convenaient très bien à sa pré-publication dans le journal de Spirou. La mise en scène est excellente et le rythme est bon malgré le cafard que semble se traîner l'héroïne la plupart du temps. Le scénario manque un petit peu d'envergure car il reste dans le réalisme pur et dur, mais il est assez original dans son déroulement grâce à des personnages intéressants. Et comme à son habitude, Trondheim distille ses subtiles touches d'humour un peu caustique par le biais de dialogues et de situations parfois savoureuses.

C'est une lecture agréable et bien menée. On s'attache à son héroïne, et son décor anglais, entre Londres et Brighton pour le premier tome, est assez dépaysant. Une bonne série qui pourrait me plaire encore davantage à la longue si les tomes suivants sont d'un aussi bon acabit.

Nom série  Le Guide du Mauvais Père  posté le 13/05/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Etant père de deux enfants, je me suis très vite senti concerné par cette lecture. Je m'y suis souvent retrouvé dans ma façon de me comporter avec eux.

Et la lecture du premier album a très bien commencé car j'ai franchement rigolé à la plupart des premières petites histoires. Vraiment drôles. J'aime ce petit mélange de conduite indigne et de traits d'humour noir envers ses propres enfants qu'on aime à titiller.
Cependant, le reste des histoires du premier tome m'est apparu un peu plus plat, comme si l'auteur peinait à trouver de nouvelles pointes d'humour véritablement efficaces et se contentait d'un soupçon de remplissage.

Le second tome a commencé sur le même ton. Je lisais les histoires avec plaisir et le sourire, mais pas de rire franc. A part une histoire sur la fin qui de nouveau m'a vraiment fait rire.

Bref, il y a dans ces recueils d'histoires courtes du très bon mais aussi du moins passionnant. L'ensemble est donc moyen et ce n'est que parce que les albums ne sont pas très chers, même si assez vite lus, que j'en conseille quand même l'achat.

Nom série  Lap ! - Un roman d'apprentissage  posté le 13/05/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Lap = Lycée Autogéré de Paris. Il existe une petite poignée de ce type de lycée et collège en France, des établissements où l'éducation est très différente des lycées traditionnels, où toutes les décisions sont prises en réunion par les profs, les élèves et les agents, où tous participent à la vie du lycée, à son entretien et à l'éducation elle-même, où l'objectif éducatif est libre et où les élèves peuvent choisir ou non de viser à passer le Bac ou se contenter d'apprendre d'autres choses comme les arts, la cuisine, ou simplement la vie en communauté.
Aurélia Aurita a décidé et demandé l'autorisation de passer une année dans ce fameux Lap en simple observatrice et ce sont les deux ou trois premiers mois de ce séjour qu'elle raconte dans cette bande dessinée. Elle participe à quelques cours, observe les lycéens, discute avec les profs et les agents, rentre un peu dans l'intimité des élèves, tout le monde étant traité sur un pied d'égalité.

C'est une lecture instructive. Je connaissais vaguement ce type de lycée autogéré mais c'est intéressant de découvrir de plus près comment il fonctionne. On sent que l'auteure est rapidement fascinée par ce lieu étonnant et, comme le lecteur, elle a du mal à se former une véritable opinion tant les choses y sont différentes de ce que l'on connait de plus classique. Certes le niveau scolaire y est assez médiocre, certes il y a pas mal de jeunes je-m'en-foutiste qui y traînent ou y mettent le bazar, certes les profs se disputent et semblent passer largement plus de temps en réunions diverses qu'en cours. Mais d'un autre côté, ce type d'éducation libre est l'une des dernières ressources de certains élèves qui seraient totalement désocialisés sans cela, la liberté qu'elle offre forge le caractère, la maturité et l'esprit des élèves, ceux qui visent véritablement le succès se prennent en main d'eux-mêmes grâce à cette liberté et atteignent leurs buts sans avoir à subir le cadre trop rigide et trop banal de l'éducation traditionnelle, et enfin c'est une belle expérience de société et d'éducation presque utopique qui persiste depuis plus de 30 ans et on peut voir en fin d'album qu'elle a bien réussi à la plupart des anciens du lycée qui reviennent le visiter par la suite.
Bref, c'est intéressant même si je ne m'en suis pas senti proche du tout tant j'aurais du mal à me plaire dans cet environnement où fourmillent gauchistes, socialistes et autres anarchistes. J'ai notamment franchement tiqué à la discrimination faite envers la jeune candidate lycéenne qui a avoué vouloir être policière plus tard.

Par contre, la façon dont Aurélia Aurita raconte cela m'a un peu ennuyé. Le ton est plat et peu abouti à mes yeux. L'auteure insiste lourdement sur la fascination qu'elle éprouve mais elle n'a pas réussi à me la transmettre. Il n'y a pas eu d'émotion, pas de rythme, rien qui sorte véritablement du témoignage documentaire banal et un peu amateur. D'autant plus que son graphisme au trait trop lâché n'est pas ma tasse de thé.
Bref, j'ai appris diverses choses grâce à cette lecture qui m'a permis de découvrir en parte l'intérieur d'un lycée autogéré mais la bande dessinée en elle-même n'est pas passionnante et ne marquera pas mon esprit.

Nom série  Les Larmes du Seigneur Afghan  posté le 12/05/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Cette bande dessinée, c'est un reportage en bande dessinée. C'est l'histoire vraie d'un mois passé en Afghanistan en 2010 par la reporter belge Pascale Bourgaux et son caméraman. Il ne s'agit pas d'une découverte du pays puisqu'elle y a déjà passé de longs mois à l'époque de la guerre contre les Talibans et elle y retourne pour retrouver le vieux seigneur de guerre et chef respecté auprès de qui elle avait séjourné à l'époque, pour le revoir lui et sa famille d'une part, mais aussi voir comment la situation a évolué depuis que les occidentaux ont chassé les Talibans.

On commence par y constater l'insécurité et le danger permanent pour les civils occidentaux sur place. Puis on découvre la situation dans cette petite ville du Nord Afghan que les deux reporters réussissent à rejoindre malgré son grand éloignement de toute présence militaire occidentale. A la vision de ces observateurs extérieurs vient s'ajouter celle des locaux grâce aux interviews de nombreux personnages clés, allant du seigneur de guerre à l'instituteur, de la femme libérée au taliban convaincu, desquels la reporter réussit à obtenir des paroles sincères et parfois très intimes sur leurs convictions personnelles et politiques. Et en même temps, le lecteur est témoin du danger que vivent en permanence les deux journalistes tandis que la tension monte dans ce village au bord de la rupture.

C'est une lecture particulièrement intéressante. Présentée ainsi, la situation politique en Afghanistan à l'époque parait édifiante voire désespérante (à lire les pages de conclusion de l'album, les choses semblent s'être un petit peu améliorées depuis). Nous sommes loin du discours officiel des forces de l'OTAN et des médias et c'est une vision à la fois très humaine et très politique qui nous est présentée de manière claire et saisissante. Le lecteur est plongé avec brio dans le contexte Afghan et j'ai personnellement appris beaucoup sur la situation du pays et de ses habitants par le biais de cet ouvrage.
La narration qui suit au jour le jour le séjour des deux reporters sur place et la façon dont ils obtiennent leurs interviews permet en outre d'éviter le risque d'ennui d'un documentaire trop classique.
Un très instructif et très bel ouvrage d'information parfaitement adapté dans sa forme au média bande dessinée.

Nom série  La Technique du perinée  posté le 12/05/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
La Technique du périnée aborde le thème du jeu de la séduction et du sexe entre deux célibataires urbains dans notre société très connectée.

Rencontrés sur un site de cul, JH et Sarah ont régulièrement des relations sexuelles à distance via Skype. Autant pour Sarah, ça doit en rester là et une fois l'orgasme atteint, elle se déconnecte sans vouloir en savoir plus sur son partenaire. Autant JH, lui, aimerait bien rencontrer cette fille qui occupe de plus en plus ses pensées. Alors quand vient enfin la rencontre et que Sarah ne parait pas convaincue, JH accepte de relever le défi de cette dernière qui lui parle d'une technique pour jouir sans éjaculer afin de pouvoir remettre ça aussitôt après. Il va devoir tenir ainsi 4 mois avant de la revoir. Mais est-ce que ça suffira à la séduire pour de bon ?

Le sexe et la séduction sont présentés dans cet ouvrage en un mélange de scènes plutôt crues (mais visuellement très soft) et de métaphores plus ou moins oniriques, ou disons virtuelles. JH étant artiste contemporain, sa vision artistique imprègne une part de cet univers érotique qu'il partage avec Sarah.

J'ai trouvé le récit très urbain. Il ne parlera pas à tous les lecteurs et je n'ai pas été particulièrement touché par lui. D'une certaine manière, il m'a rappelé une version moderne d'une BD des années 80, L'Amour Propre de Martin Veyron, qui elle aussi abordait les mêmes thèmes de séduction et de sexe dans la société occidentale moderne en tournant pour sa part non pas autour d'une technique pour se retenir d'éjaculer mais sur la recherche du point G. La vision de Ruppert et Mulot est néanmoins plus décalée et plus allégorique.

Je suis resté sur ma faim avec cette lecture qui ne m'a pas touché, pas vraiment fait rire non plus et assez peu enthousiasmé. Le sujet est abordé de manière originale et les auteurs savent capter l’intérêt et la curiosité du lecteur mais les personnages ne sont pas très attachants et je n'ai pas su rentrer dans cette histoire ni me sentir concerné. Sa conclusion m'a également paru un peu plate.
Bref, c'est là une lecture qui sort un peu du lot sur le fond et sur la forme mais qui ne m'a pas véritablement satisfait.

Nom série  Gung Ho  posté le 09/05/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Même si sa trame est très classique, cette série s'entame d'excellente manière grâce à une solide réalisation, une bonne narration et un graphisme de grande qualité.

Il s'agit d'un récit post-apocalyptique mettant en scène une petite communauté barricadée dans un village fortifié pour se défendre contre un danger que j'imaginais très bien au départ être une invasion de zombies tant je me suis cru dans un passage de la série Walking Dead. En terme de danger, il s'agit en fait d'une race spéciale d'animaux dangereusement mortels mais ce n'est pas l'important puisque ce qui compte surtout ce sont les relations entre les habitants du village et les deux jeunes nouveaux qui viennent d'y être débarqués.

Le dessin est de très belle facture. Il s'agit d'un info-graphisme très soigné et très agréable à l'oeil. Il ne fait jamais dans la surenchère visuelle et surtout il sert une narration et une mise en page impeccable.
Les personnages sont simples mais assez attachants, même si le grand frère m'agace mais c'est un peu voulu, et même si le chef de la sécurité est volontairement rendu très détestable.
L'histoire est sobre mais très bien menée.
C'est une très bonne lecture de divertissement. J'espère juste que la série ira bien à son terme.

Nom série  Lastman  posté le 06/05/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Allergique au graphisme de Bastien Vives, il m'a fallu attendre la sortie du 4e tome pour finalement lire cette série qui ne m'attirait pas. Et c'est précisément une fois arrivé à la fin de ce tome là que je me suis mis à y accrocher pour de bon.

Les deux premiers tomes ne m'ont pas surpris car j'y ai trouvé ce que j'y attendais à force d'en avoir entendu parler, à savoir une sorte de shonen nekketsu à la française, avec un tournoi de baston mâtinée de pouvoirs magiques dans un univers un peu fantasy. Il y avait cependant une petite ambiance intrigante et la curiosité de voir où les auteurs voulaient en venir.
Puis avec le troisième vient un bouleversement déstabilisant pour le lecteur qui se croyait en terrain connu. Le décor est modifié, l'ambiance aussi, et l'intrigue devient plus étonnante, avec un zeste d'humour non négligeable, même si les choses gagnaient soudain en confusion à mes yeux. J'ai eu peur à ce moment là que la série tourne au délire un peu gratuit.
Et puis le quatrième est finalement venu raccrocher les wagons, formant le liant qui m'a fait apprécier à leur juste valeur les tomes précédents et m'a fait accrocher à la série. Le récit y conserve toujours l'action, la baston et la compétition, mais elle sert au passage une intrigue qui se densifie et cultive agréablement le mystère.

Et maintenant, j'ai envie de lire la suite.
Car l'univers est original, le ton assez libéré, le graphisme très efficace, la narration excellente et le scénario gagne en complexité et en intérêt au fil des tomes tout en attisant toujours la curiosité du lecteur.
C'est du bon boulot de la part des 3 auteurs dont on sent qu'ils se font plaisir et j'ai envie de les suivre.

Nom série  L'Académie Alice  posté le 02/05/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
L'Académie Alice c'est l'histoire des jeunes élèves d'une académie secrète en plein cœur de Tokyo dont tous les membres sont dotés d'un Alice, un pouvoir magique spécifique à chacun qui leur permet des merveilles comme la télépathie, la télékinésie, la voyance ou encore le génie scientifique mais aussi d'autres pouvoirs plus originaux. C'est aussi l'histoire des différents mystères entourant les origines de certains élèves ainsi que sur le conflit entre la direction de l'académie et l'organisation externe qui lui a déclaré la guerre.

Le ton est celui d'un shojo pour un public assez jeune, même s'il peut être lu par des lectrices et lecteurs un peu plus âgés. Il mêle l'ambiance des mangas collégiens autour de la vie à l'école et celle des récits de magical girls avec de petites aventures emplies de magie et de mystère mais aussi une bonne dose d'émerveillement et de magie fantaisiste. Festival de l'Académie, Noël, Nouvel An, Saint-Valentin, Compétition sportive annuelle, toutes les fêtes y passent comme des passages obligés des mangas collégiens japonais même si on y retrouve aussi une forte influence de Harry Potter tant on a parfois l'impression d'être dans un véritable succédané des romans et de l'univers de J.K. Rowling.

La série partage avec les shojos nombre des défauts rédhibitoires que je leur reproche : des décors souvent inexistants ou remplacés par des effets d'étoiles et autres plumes volantes, des personnages qui se ressemblent trop et se confondent souvent, et surtout une narration et une mise en page très embrouillée. Les dialogues et pensées des protagonistes fusent à toutes les pages et s'entrecroisent régulièrement les rendant compliquées à suivre. Certaines scènes et certains échanges en sont parfois même totalement incompréhensibles. Les composantes de l'intrigue également sont souvent bancales : les Alice sont-ils secrets ou pas vis-à-vis du reste de la société Japonaise ?, comment des Alices comme la lecteur de pensée de l'un des jeunes héros ne détruisent-ils pas l'intrigue en dévoilant directement les secrets des protagonistes ?, etc etc. Bref, il ne faut pas trop chercher à fouiller car il y a pas mal d'incohérences et de facilité.
Malgré cela, l'auteure a su me faire passer outre et me permettre d'oublier les passages embrouillés grâce à une ambiance agréable et à des intrigues réussissant à se dégager malgré la confusion et à me donner envie de lire la suite sans m'ennuyer. Ma curiosité était en outre attisée par le double mystère sur l'Académie Alice elle-même et sur le passé des parents de l'héroïne, même si la très grande lenteur avec laquelle l'auteur lève le voile sur ces éléments a fini par me lasser.

Les personnages sont variés et plutôt intéressants. Leurs caractères sont très marqués et diversifiés et les relations entre eux entretiennent l'intérêt du lecteur. Je n'ai néanmoins pas réussi à vraiment m'y attacher car l'héroïne principale reste trop gnangnan pour un lecteur de mon âge, sa meilleure amie trop froide et distante, et le garçon ténébreux avec qui elle noue l'inévitable liaison haine/amour des romances adolescentes est souvent trop pénible par la constance de son comportement volontairement antisocial qui forme l'une des trames principales du récit. Les autres protagonistes par contre sont plus sympas et plus attachants même si leurs personnalités ne sont qu'effleurées et souvent stéréotypées.

La série oscille régulièrement entre passages sérieux et passages légers voire puérils mais cette fluctuation est traitée de manière un peu bizarre. En effet, entre chaque épisode d'aventure et de dangers, la vie reprend immédiatement son cours comme si de rien était, et les héros retombent dans un quotidien enfantin ou collégien. Ça sonne artificiel et il est difficile du coup de prendre au sérieux l'intrigue, ni de croire à un véritable danger pour les jeunes protagonistes.
A noter aussi certains moments où la mélodramatique est trop appuyée, trop cousue de fil blanc. Il y en a beaucoup mais je pense par exemple au sacrifice caricatural du pingouin robot vers le premier tiers de la série dont la scène et les conséquences durent de trop nombreuses pages alors qu'on a très vite compris comment ça va se terminer.

Au final, malgré quelques réticences et agacements récurrents sur les problèmes de la narration et la mièvrerie de certains moments, j'ai plutôt bien accroché aux premiers tomes de cette série. J'y avais même une préférence pour les épisodes insouciants et la vie scolaire dans cette académie magique. Mais je dois dire qu'à la longue, mon intérêt est retombé tandis que les choses sérieuses prenaient davantage d'importance dans le scénario. Je crois que ce doit être aux alentours des tomes 9 ou 10 que j'ai commencé à véritablement lâcher l'affaire et à lire les tomes suivants juste pour voir où les choses allaient en venir, mais avec nettement moins de plaisir.

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