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Nom série  Le Sang des Valentines  posté le 23/05/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
C’est un album qui se laisse lire, mais qui ne m’a pas plus marqué que ça, et qui ne me laissera pas un grand souvenir parmi la pléthore de publications sur le même thème parues depuis quelques temps, commémorations obligent.

Dessin et histoire sont corrects, mais rien ne m’a accroché. C’est bête à dire, mais le – court mais intéressant – dossier en fin de volume est presque ce que j’ai trouvé de plus réussi !

Je suis quand même très étonné que cet album ait pu obtenir un prix à Angoulême. En effet, que ce soit la trame épistolaire et vaguement onirique, ou bien la partie suivant le retour d’Augustin parmi « les siens » et les révélations qui s’ensuivent, il n’y a rien là de transcendant !

A emprunter éventuellement. Note réelle 2,5/5.

Nom série  Le Confesseur sauvage  posté le 21/05/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Je suis plutôt amateur de ce que fait Foerster, que ce soit au niveau graphique ou au niveau des histoires plus ou moins noires qu’il concocte généralement à merveille.

Cet album confirme tout son talent. Le visuel d’abord, vraiment réussi. J’aime toujours autant ce dessin, à la fois classique et « arrondi », en tout cas très lisible. Il travaille ici avec une sorte de bichromie, chacune des histoires ayant son habillage, avec une couleur dominante, même si l’ensemble reste cohérent, très sombre, nocturne, jouant sur les ombres et les non-dits, voire les « non montrés » : en cela on est proche d’une esthétique expressionniste, telle qu’elle s’est épanouie dans le cinéma allemand des années 1930.

Pour ce qui est de l’ambiance générale de ces histoires, on n’est plus exactement dans l’horreur qui pouvait parfois dominer davantage dans les histoires de la période « Fluide » (voir la belle intégrale parue récemment), même si Foerster ne l’a pas complètement effacée et que je fais peut-être un distingo trop prononcé. Il y a ici plus de fantastique pur, voire de poésie noire, avec par contre toujours une bonne pincée d’atmosphère « dérangeante » comme peut le faire Blanquet – dans un autre registre il est vrai – (je pense à cette fille/limace par exemple).

Pour ce qui est de l’histoire proprement dite, Foerster l’a découpée en cinq chapitres plus ou moins indépendants : suite à une catastrophe et à la destruction d’une centrale nucléaire près de la ville de Tchernobourg (sic), un personnage a le pouvoir de déclencher la confession de ceux qu’il touche. Chaque confession est le point de départ d’une histoire où le bien et le mal ne sont pas clairement identifiés.

C’est clairement un album que je vous encourage à découvrir !

Nom série  Des lendemains sans nuage  posté le 20/05/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Voilà un album plutôt sympathique, et qui se lit assez vite. Même s’il y a une trame centrale, il est vrai plus un fil rouge qu’autre chose, c’est en fait une suite d’histoires courtes, plus ou moins réussies.

Le dessin est dynamique, agréable (je ne saurais trop distinguer les deux dessinateurs, même si j’ai peut-être plus facilement reconnu le style du Gazzotti de Seuls).

Même si la chute finale est globalement prévisible, et si la mission que s’est donné Nolan Ska en retournant dans le passé est somme toute un prétexte à raconter des histoires mêlant SF et fantastique, certaines de ces histoires valent le coup à elles seules.

Celle traitant du dopage (est-elle encore futuriste aujourd’hui d’ailleurs ?) et la très parodique Big Flush sont par exemple vraiment réussies. Mais aucune n’est inintéressante de toute façon !

Un album recommandé (note réelle 3,5/5).

Nom série  Comme un lundi  posté le 19/05/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
On retrouve dans cet album au format original ce qui « signe » habituellement le travail de James, auteur que j’apprécie beaucoup.

D’abord son dessin simple, efficace, avec des personnages à tête d’animal. Simple, mais très expressif donc, et agréable.

Ensuite son humour lui aussi simple et efficace, ici doux amer, parfois con (mais pas trop finalement). James se moque de quelques misères du quotidien, avec pas mal d’autodérision car il doit y avoir, à l’instar de ce que fait Trondheim, une part de lui-même dans ces personnages. Comme d’autres avant moi j’ai remarqué un peu de Sempé dans ces strips – mais la poésie en moins quand même ! Par contre, il n’y a pas l’humour noir corrosif et dépressif qui transpirait dans les Idées Noires de Franquin.

Souvent drôle (sans que ce soit hilarant !) et donc réussi. Mais hélas, cela se lit très – trop – vite. Car c’est quasiment muet (aucun dialogue, seuls un ou deux commentaires en bas d’une case) et la mise en page très aérée masque le faible nombre de strips (qui sont issus d’un blog : je ne sais si c’est une sélection ou s’il n’y avait pas matière à en publier davantage).

Bilan positif au final, et un album et un auteur que je vous encourage à découvrir, maintenant qu’il est publié chez des éditeurs moins « confidentiels ».
Note réelle 3,5/5.

Nom série  L'Odeur des garçons affamés  posté le 18/05/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Je découvre avec cet album Loo Hui Phang, et c’est plutôt une bonne pioche. J’étais déjà fan du travail de Peeters, et j’étais curieux de voir ce qu’il pouvait faire dans un univers western. Il est vrai qu’il excelle dans les histoires intimistes, jouant sur les sensations (voir Lupus ou Pilules bleues, pour citer deux séries de lui très différentes), et que c’est clairement sur ce registre que joue le scénario de Phang.

C’est donc un western atypique (comme pouvait l’être le récent Stern), loin des clichés du genre. Très loin même, puisque dans cet univers très machiste, c’est une relation ambigüe, flirtant avec l’homosexualité, qui est nouée entre les deux protagonistes principaux. A ma connaissance, seul Deadline avait déjà mêlé les deux univers.

Peu d’action finalement dans ce western, où l’intrigue progresse lentement, sensuelle, repoussant peu à peu les non-dits, les blocages et préventions des uns et des autres. Une chouette histoire en tout cas. J’aurais juste un petit bémol à ajouter concernant le côté vaguement fantastique, qui ne m’a pas toujours convaincu.

Le dessin de Peeters est très bon – c’est un euphémisme ! Il s’est là aussi affranchi des canons du genre, utilisant des couleurs chaudes, avec des tons presque tropicaux, la colorisation étant à l’unisson de cette charte graphique originale.

Un album original et hautement recommandable !

Nom série  La Bande pas dessinée  posté le 17/05/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Il existe pas mal d’albums ou de séries totalement muets, et cela n’entrave en rien la compréhension de la plupart des albums qui se sont essayés à cette « atrophie ». Mais Navo tente ici un pari assez original et risqué, puisque ce sont les « images » qu’il supprime, se contentant de phylactères et de textes en off, au milieu de « cases » (ici de vagues espaces aux couleurs pétantes), sur des trips généralement de trois cases.

Est-ce encore de la bande dessinée donc ? Oui et non. Mais en fait je m’en fiche ici, car le résultat est plutôt réussi.

C’est inégal évidemment vu le nombre important de strips. Mais globalement, j’ai trouvé ça drôle, l’ensemble surfant sur une vague d’humour con, parfois noir (avec un bon nombre de gags tournant autour du sexe : mais comme il n’y a pas d’image…).
J’ai en particulier bien rigolé en lisant les running gags autour du docteur Johnson !

Bref, un peu trash (mais pas trop), souvent drôle. Si ce genre d’humour vous plait (et que vous ne misez pas tout sur le dessin, qui plus est académique !), n’hésitez pas à acheter cette série atypique (je viens de me relire une nouvelle fois l’intégrale en m’esclaffant encore de gags très cons mais vraiment marrants).
Du coup, je monte jusqu’à quatre étoiles (note réelle 3,5/5).

Nom série  Metal Hurlant Chronicles (Astéroïde hurlant)  posté le 16/05/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
On ouvre souvent une production de Jodorowski avec beaucoup d’envie et d’appréhension, tant son imagination est capable du meilleur comme du pire.

Ici cette imagination florissante est quelque peu bridée par la contrainte de la publication en revue, à savoir moins d’une dizaine de pages par « nouvelle », chacune devant reprendre le leitmotiv de l’ « astéroïde hurlant » (voir l’introduction de l’auteur). Il faut dire que parfois c’est un peu tiré par les cheveux !

Les histoires sont inégales (je n’ai pas trop compris l’intérêt de celle exploitant le mythe de Dracula par exemple), parmi la douzaine d’histoires courtes de l’album que j’ai lu (« Astéroïde hurlant »).

Idem pour le dessin, le side man de Jodo changeant à chaque fois. Les dessins sont presque toujours bons, mais certains styles graphiques, tournant parfois vers le style Marvel ou DC, et/ou assisté par ordinateur semble-t-il, ne sont pas trop ma tasse de thé.

Ce n’est pas inintéressant, mais l’ensemble n’est pas transcendant. Pour l’achat, à voir et à feuilleter avant. L’album se trouve facilement soldé, sur Paris en tout cas, si l’envie vous en prend.

Nom série  Wallstrip  posté le 14/05/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Lautréamont disait que la poésie devait être faite par tous, non par un. Voici un album qui défend l’idée que pour la bande dessinée c’est la même chose.

Cet album publie les résultats d’une expérience intéressante, menée lors de plusieurs festivals et en ligne, permettant à quelques dizaines de personnes (du moins pour les quelques exemples publiés ici) – généralement anonymes, même si certains « spécialistes » comme Lécroart s’y collent – de compléter une série de trois cases (le même fond pour tous les participants).

L’idée de départ est simplissime, et le résultat est très inégal, et pas toujours convaincant. Mais j’ai quand même bien aimé cet album et son principe, donnant la part belle à l’imagination de tous. Surtout, contrairement à ce qu’on pourrait craindre, il n’y a pas d’overdose, car cela se renouvelle – relativement – bien. C'est ludique, parfois cela ressemble à un défouloir de potache (certains sont monomaniaques), mais c'est une expérience qui mérité d'être saluée, et qui devraient (sous d'autres formes éventuellement) être renouvelée.

Et j’avoue que c’est le tout qui donne son sens à la partie. C’est-à-dire que certains strips, peut-être moyens en eux-mêmes, gagnent en force, confrontés aux précédents.

Exercice oubapien que les amoureux du genre (ce qui est mon cas) apprécieront certainement.
Et, comme le clame de manière plus ou moins absurde le site de l'éditeur, dans un clin d'œil à un grand humoriste involontaire: "the Wall needs the strip to win against the wall" !

Nom série  Panorama  posté le 13/05/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Ce recueil de strips plus ou moins longs (qui vont d’un dessin pleine page à une dizaine sur plusieurs pages) aborde des sujets plus anodins que sa série phare, Mafalda, dans laquelle Quino tentait de glisser quelques idées politiques – dans le contexte de la dictature en Argentine (même si c’était un peu édulcoré dans la bouche de Mafalda).

Ici la restauration, le monde du travail, les transports et autres banalités sont détournées par le dessin de Quino. Y traine un humour tantôt noir, tantôt désuet, qui n’est pas sans rappeler Sempé parfois. C’est que la poésie n’est pas éloignée de cet univers. Le côté noir le rapproche aussi du travail de Serre (même si c’est moins poussé).

J’avoue nettement préférer cet aspect de l’œuvre de Quino, plus intéressant que Mafalda – même si peut-être moins connu. Même si celui-ci n'est pas mon préféré, je n’ai été déçu par aucun album de Quino dans cette veine.

Nom série  Lola Cordova  posté le 12/05/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cet album est plutôt original dans sa forme. En effet, il y a souvent une déconstruction des planches, avec absence de case, un peu comme le faisait Druillet. Et comme lui, Arthur Qwak multiplie les explosions de lumière – dans des couleurs et des tons plus froids et, disons le tout de suite, avec un dessin et une colorisation qui me touchent nettement moins.

C’est parfois dur à suivre, à lire, du fait du découpage donc, mais aussi parce que l’intrigue est un peu compliquée à suivre je trouve. J’ai une ou deux fois dû faire une pause et un retour en arrière pour ne pas perdre le fil de l’histoire.

L’histoire, donc. Elle est un peu alambiquée. Mais Qwak donne un rythme assez élevé, qu’accentue son découpage. Le personnage de Lola est assez complexe, comme l’est le monde dépeint parfois comme un baisodrome : ce qui fait que ce n’est pas forcément tout public !

Avis mitigé donc. Une histoire dynamique, un habillage original, mais aussi une lecture pas toujours fluide et un dessin et une colorisation qui ne m’accrochent pas trop.
A feuilleter avant d’envisager un achat.

Nom série  Coïncidence  posté le 11/05/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Fabien Wehlmann a réalisé ici un album concept très intéressant, et pour plusieurs raisons. D’abord parce qu’il fait se côtoyer une douzaine d’auteurs au style souvent très éloignés. C’est d’ailleurs ce qui m’a d’abord intrigué et incité à feuilleter cet album, puis à l’acheter. En effet, quoi de commun entre Batem, Trondheim, de Metter, Goossens ou Jason, pour ne prendre que les plus connus (Boucq ne faisant que la couverture) parmi les participants ?

L’autre intérêt est la réflexion sur le médium bande dessinée qu’il implique, et qu’explique bien Wehlmann en introduction. Le travail du scénariste, du dessinateur, leurs relations, et parfois la difficile cohabitation, l’un cherchant peut-être à dominer le sujet au détriment de l’autre.

Chaque auteur bénéficie d’une page de présentation, répond grosso modo aux mêmes questions (on a parfois des planches d’esquisses, de crayonnés intermédiaires avant le rendu final).
Puis douze pages donc, chaque dessinateur ayant illustré le scénario de Wehlmann. Une treizième page conclut cette partie, chaque dessinateur ayant réalisé une chute (la même – quoi que…).

Si cet album concept est intéressant et si je ne regrette pas du tout mon achat et vous incite à en faire autant, je dois dire que j’ai été un chouia déçu. En effet, le principe même de l’album impose un scénario resserré, très court – sinon bonjour la pagination !
Et donc l’histoire traitée en elle-même n’est pas des plus transcendantes. La lecture de la recette m’avait mis l’eau à la bouche, mais le plat n’est pas si « goûtu » que je l’aurais espéré.

La plupart des auteurs ont été trop respectueux des consignes de Wehlmann, et peu ont fait preuve d’originalité (même Trondheim, pourtant rompu à ce type d’exercice, courant au sein de l’oubapo, voire même Goossens, généralement prompt à s’écarter de la ligne droite en matière de scénario : mais il faut quand même dire à leur décharge qu’ils ont été quasiment les seuls à tenter un petit quelque chose d’original, Trondheim avec son robot, Goossens avec ses super héros).

Note réelle 3,5/5.

(Par curiosité, j’ai été voir ce qu’avait fait Pierig sur ce scénario [voir le lien dans son avis ci-dessous] : eh bien, c’est vraiment pas mal ! Avec une touche d’originalité, puisque la femme a été remplacée par un monsieur. Très chouette coup de crayon en tout cas !).

Nom série  Le Fluink  posté le 10/05/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Comme tous les albums du duo d’Enfin Libre que j’ai lus (trois à ce jour), « Le Fluink » est une œuvre originale, surprenante, et très différente des autres productions de ces deux auteurs qui méritent le détour et qui développent des albums très ambitieux.

Sur la forme tout d’abord. Cet album à l’italienne sort de l’ordinaire. Pas de case, mais deux bandes déroulantes parallèles, sur lesquelles se déroulent deux histoires s’entremêlant peu à peu. Deux mondes s’ignorent, se devinent, celui « du dessus » avec des patronymes en « az », celui « du dessous » avec des patronymes en « al ». Le premier s’interroge sur ce qui peut exister sous lui, le second cherche à monter des tours toujours plus hautes.

S’il m’a fallu quelque temps pour « régler la mire » et trouver mon rythme de lecture avec ces deux histoires superposées, une fois ce souci réglé, j’ai été captivé par l’histoire – car en fait ce n’en est qu’une – de ces deux mondes, dans lesquels les intrigues de pouvoir, quelques dingueries, vont faire se rencontrer ce qui devait rester solitaire. La chute – dans tous les sens du terme d’ailleurs, est assez savoureuse, dans un humour noir proche des Idées Noires de Franquin.

Ce qui rapproche aussi cet album de la série de Franquin, ce sont les dessins, qui jouent sur le Noir et Blanc (noir sur fond blanc en haut, blanc sur fond noir en bas). Des sortes d’ombres chinoises, parfois d’esquisses, mais le tout est très expressif ! Un dessin dynamique, qui suggère parfois, et qui fait la part belle à l’imagination – mais n’est-ce pas toute l’œuvre de Philippe Renaut et David Barou qui lui donne la parole ?

L’histoire – ou les histoires donc – se lisent très bien, parfois ponctuées de citations (comme celles mises en exergue en quatrième de couverture). D’autres allusions donnent une touche comique, comme des jeux de mots faisant allusion au « Seigneur des anneaux », ou alors un personnage de savant qui s’énerve et parodie une célèbre crise du professeur Tournesol.

Bref, un album à découvrir. Et dans la foulée, n’hésitez pas à jeter un coup d’œil sur les autres productions des mêmes auteurs (comme le très beau Le Songe de Siwel ou l’étonnant Grumf), vous serez (agréablement) surpris !

Nom série  Undertaker  posté le 20/02/2015 (dernière MAJ le 09/05/2016) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Le moins qu’on puisse dire, c’est que Dargaud a mis le paquet pour le lancement de cet album, avec de nombreuses previews dans des revues, et un sticker proclamant que c’était « meilleur western depuis Blueberry ».

J’avoue ne pas trop apprécier ce genre de lancement, et ces étiquettes qui prennent le lecteur pour un consommateur compulsif, voire con tout court. Surtout que je préfère faire mes propres comparaisons, et que celles qui s’autoproclament ainsi ne sont pas toujours justifiées. Et mettent inutilement la pression ! D’ailleurs, s’il faut établir une comparaison, je trouve le dessin de Meyer plus proche de celui de Boucq dans Bouncer, mais c’est une autre chose… Et je préfère celui de Giraud pour le western réaliste (encore qu’il faudrait préciser la période pour la comparaison…).

Pour finir sur le dessin, il est un tout cas franchement bon, Meyer a du talent, c’est évident. Le scénario de Dorison est lui aussi intéressant, cherchant à insuffler de l’originalité dans un genre un peu rebattu (ce qu’a réussi Oger avec son Buffalo Runner, contrairement à Hermann avec son décevant Sans Pardon, pour citer deux westerns sortis en même temps que ce « Undertaker »).

Ce tome d’introduction (combien vont suivre ?) présente bien le personnage principal (marrant avec ses citations pseudo bibliques et son vautour de compagnie) – dont le passé est brièvement éclairé en fin d’album, moins monolithique qu’il n’y paraissait de prime abord. Mais aussi laisse en suspens la personnalité de miss Prairie – l’inévitable beauté, et ses relations avec Crow. Même si je ne suis pas trop fan du suspens final, un peu trop brutal pour tenir le chaland en haleine (toujours les mêmes techniques « commerciales » évoquées et critiquées plus haut ?)…

Une série toutefois bien amenée, que j’ai pour l’instant envie de suivre.

********************************
MAJ après lecture du deuxième tome:

Je suis un peu déçu par ce deuxième tome, et si je maintiens les quatre étoiles, c'est plus à l'arrache.
En effet, je trouve qu'il n'apporte pas grand chose à la personnalité des héros (et surtout du bien nommé Crow) ni à l'intrigue. Certes, il conclut cette première histoire, mais de manière un peu brutale et un peu bâclée, avec un happy end pressenti mais lui aussi maladroit entre Crow et Rose.
De plus, ce deuxième tome est assez simpliste, avec une course poursuite très linéaire.
Reste le dessin de Meyer, qui est un réel plus.
Mais il faudra que Dorison enrichisse intrigue et casting pour dynamiser une série qui, je le crains, risque de s'écarter du modèle revendiqué (Blueberry): pour le moment, Dorison n'est pas Charlier !

Nom série  Les Chroniques de Chair et d'Acier  posté le 09/05/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Avec cet album, Pixel Vengeur réussi une bonne caricature de la Fantasy, qu’elle soit médiévale, héroïque ou même n’importe quoi !

Une sorte de super héros des temps passés, répondant au patronyme improbable de Jérôme (fils de Crom) !, affronte mille – voire même plus – dangers, dans une ambiance totalement absurde, loufoque, le côté parodique étant accentué par des commentaires off qui surjouent la montée de tension ou mêlent réflexions sérieuses et commentaires décalés, quelques anachronismes achevant de convaincre le lecteur qu’on est là dans l’aventure « pour de rire ». A peu près tous les clichés du genre y passent, décalés, déformés, dans une surenchère de bêtise sûre d’elle et de ses muscles.

Beaucoup d’humour très con donc, au-delà du second degré, quelques parentés avec les parodies des Monthy Python (en particulier certains duels de « Sacré Graal », avec les lapins) : Pixel Vengeur assume ses conneries !

Mais, à côté de tout ce fatras de débilités et autres exploits improbables, le dessin est lui plutôt sérieux, quasi réaliste. Et en tout cas très bon !

A noter les nombreux clins d’œil : à Gotlib (apparitions de sa coccinelle, et reprises du magicien apparaissant dans Dans la joie jusqu'au cou qu’il avait commis avec Alexis), grand précurseur du quasi n’importe quoi parodique. Et Astérix et Obélix en gest stars ! Petit clin d’œil aussi d’Edika…

Bref, c’est vraiment un album recommandable, pour peu qu’on soit réceptif à ce genre d’humour – ce qui est mon cas.
Note réelle 3,5/5.

Nom série  P38 et bas nylon  posté le 04/05/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Clarke nous livre ici une dizaine d’histoires courtes parodiant la série « Drôles de dames », avec, comme il se doit, trois femmes peu couvertes et plutôt sexy, et un Charly par contre assez improbable et éloigné de l’original, sorte de vieil homme habillé en Sherlock XIXème siècle !

Chaque histoire est le prétexte à une vague enquête, totalement loufoque et absurde – et de toute façon très peu développée, étant donné le peu de pages qui lui sont consacrées.

C’est de l’humour con, voire très con, totalement potache, une sorte de défouloir amusant. A lire à petite dose, mais aucune histoire n’est ratée. Elles offrent toutes un court, mais bon moment de détente.

Jamais vraiment hilarant certes, mais quand même drôle. Album à découvrir.

Nom série  Intermezzo (Miki)  posté le 03/05/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Alors voilà une série qu’il est préférable de feuilleter avant d’envisager un achat ! En effet, le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est à la fois atypique et surprenant !

Ce sont des strips de six cases occupant chaque page (rarement un gag pleine page), avec un dessin et des décors minimalistes.
Impossible de résumer les aventures de ce petit bonhomme au visage rondouillard, qu’elles soient réelles ou fantasmées.

Cela oscille entre le poétique pur, l’imagerie surréaliste (où se mêlent l’analogie et le choc visuel abscond) et un humour totalement absurde, parfois con et noir.

J’avoue avoir eu du mal avec certaines historiettes (alors que l’absurde ou la poésie ne me rebutent pas, bien au contraire !), certaines choses ont dû m’échapper. En tout cas, c’est original, et ne plaira pas à tout le monde, c’est clair (d’où mon conseil de départ).

Si je ne regrette pas mon achat (je ne possède et n’ai lu que le premier tome paru en France), je ne sais pas si je poursuivrai cette aventure en loufoquerie. Mais je suis prêt à lui reconnaître bien des qualités. A vous de voir…

Nom série  Fils du Soleil  posté le 02/05/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Ce "Fils du soleil" est un bon album d’aventure – normal, puisqu’inspiré par deux nouvelles de Jack London (que je n’ai pas lues), construit de manière assez classique, dans un univers des mers du Sud qui aurait pu être proche de celui de Corto Maltese, ou des grands romans de Conrad (Lord Jim en tête : c’est un peu vers cet exemple que le premier tiers de l’album semblait m’entraîner…).

Hélas, si j’ai bien aimé le début – classique donc, mais plutôt bien mené –, j’ai été relativement déçu par le dénouement, qui n’apporte pas grand-chose : « tout ça pour ça » serait-on tenté de dire ! Plus d’aventure ou de lyrisme, rien que du prévisible – dans les limites de l’invention romanesque quand même.

Comme pour l’intrigue, j’ai trouvé le dessin de Henninot assez « old school », mais il est plutôt bon, et raccord avec l’histoire.

Un album qu’on peut lire sans déplaisir, mais qui ne déclenche pas d’envie d’achat.

Nom série  Les Poilus  posté le 30/04/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Le centenaire de la "Grande Guerre" voit fleurir les albums (originaux ou réédités) autour de cette grande boucherie. 1916 célébrant le centenaire de la bataille de Verdun, Bouzard nous pond de petites histoires de quelques pages chacune se déroulant dans les tranchées, où tentaient de survivre les "poilus".

Comme souvent avec Bouzard, ce n'est pas la franche rigolade, mais plutôt les sourires, que déclenchent ces historiettes. Mais il arrive quand même à nous amuser avec cette horreur, ce qui justifie les trois étoiles (pour l'achat, feuilletez l'album avant de vous lancer: je ne regrette pas d'avoir franchi le pas).

Plusieurs regrets toutefois. d'abord les petites histoires d'une page autour d'un poilu, qui écrit à Suzanne, qu'il a laissée à l'arrière n'apportent pas grand chose, et sont généralement peu intéressantes.
Ensuite, je trouve que Bouzard est resté trop conventionnel. Dans son approche, pas assez trash ou déconne à mon avis (ou à mon goût). Mais aussi dans les thèmes choisis, classiques pour l'univers des tranchées.

Je ne sais pas par contre s'il aura matière à poursuivre, puisque cet album est annoncé comme un tome 1 d'une série...

Nom série  Vaisseau spécial  posté le 22/04/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
On est ici dans l’exploration spatiale pour de rire. En effet, la seule chose d’intersidérale dans cette histoire, c’est la connerie des trois membres de l’équipage de cette navette – stationnaire en plan fixe (celui de la couverture) pour commencer la quasi-totalité des pages.

Les trois membres de l’équipage n’ont rien compris à leur mission (et moi non plus, mais on s’en fout !), et la femme (qui va exacerber les obsessions érotiques du second d l’équipage) et l’extraterrestre qui les rejoignent au bout d’un moment ne font que renforcer le n’importe quoi qui domine largement.

Des gags en quasi huis clos (ça pourrait presque se passer ailleurs que dans l’espace ou dans une navette), qui fonctionnent généralement, pour peu qu’on soit réceptif à cet humour con, mâtiné d’absurde et de lourdeurs volontairement assumées (voir les passages assez « pipi caca prout »). Dans le même genre et le même univers, si vous avez aimé cet album, allez voir du côté de LFDU14.

Le dessin de Yann Rambaud est basique, quasi enfantin, mais ce n’est pas la priorité dans ce genre d’album. Et il arrive quand même à faire passer quelques mimiques amusantes.

Un bon moment de déconne que je vous recommande.

Nom série  LFDU14 - Les Fils de l'Univers  posté le 21/04/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Décidément, en ce moment, la connerie décolle et prend de la hauteur, si j’en crois les récentes parutions plus ou moins absurdes ayant gagné l’espace, comme Lisa de la NASA ou Vaisseau spécial. Même Dickie va dans l’espace en ce mois d’avril 2016 !

Ici, Martin de Clerfaÿt, dont je découvre le travail, nous présente deux beaux crétins, accessoirement astronautes et responsables d’une mission dans la navette américaine, la mission « Les Fils De l’Univers 14 » (nous ne sommes informés en tout début d’album que du fiasco de la mission 13). En tout cas, le titre m’avait induit en erreur, et je pensais découvrir le quatorzième opus d’une série, mais c’est bien le premier et unique tome publié.

C’est une série de courts strips (d’une à trois cases généralement) baignant dans un univers absurde, d’humour crétin (comme pour le Mars ! de Fabcaro, autre album à ajouter à ceux précédemment cités pour ce thème de l’espace pour de rire).

C’est inégal et pas toujours très marrant, mais il y a quelques bons gags, et l’ensemble vous fait passer un agréable moment de lecture, à condition d’être adepte de cette franche déconne.

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