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Nom série  Watertown  posté le 17/01/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
C’est je crois le premier album de Götting que je lis, et j’en ressors avec un avis mitigé. Des qualités, mais rien d’inoubliable non plus.

Le dessin est classique (pas mauvais certes, mais pas de ceux que je préfère), avec un trait très gras.

L’album raconte – le plus souvent à la forme indirecte (le personnage principal, Philip, commentant ses impressions) le questionnement de Philip à propos de Maggie Laeger.

Philip, employé subalterne d’une petite compagnie d’assurances, menant une vie morne et dépourvue d’imprévus, va sortir de son quotidien sans surprise en se transformant en enquêteur, pas convaincu par une série de coïncidences.
Cette enquête, que je ne vais pas spoiler, est assez classique, mais Götting arrive à captiver le lecteur en même temps que Philip.

Par contre, j’ai trouvé la fin décevante : « tout ça pour ça » serais-je tenté de dire… En tout cas, si la lecture n’a pas été déplaisante, je ne conseille pas l’achat de cet album.

Nom série  Africa Dreams  posté le 21/03/2014 (dernière MAJ le 16/01/2017) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Bien introduit dans le premier tome par la courte présentation de Colette Braeckman – dont j’ai pu apprécier les analyses dans le Monde diplomatique, voilà une série à charge contre les méfaits du colonialisme et de l’appât du gain – le « roi des Belges » pouvant finalement n’être qu’un archétype de l’entrepreneur dénué de scrupules.

Si le message passe, c’est que cette série est aussi une belle réussite graphique (j’ai trouvé les dessins beaux, pleins de lumière – dans un univers pourtant très « noir », dans tous les sens du terme !) et narrative. Rien ici de simpliste ou d’exagéré : la petite histoire nous dévoile la grande avec l’évidence que le talent des auteurs (dont c’est la première série que je lis) instille par petites touches, alternant les allez-retours entre l’Europe (essentiellement en Belgique, voire en Angleterre) et l’Afrique (le Congo belge donc).
Cette navette scénaristique met davantage en lumière le cynisme et les calculs d’épiciers de la bonne société européenne – et surtout du roi des Belges, et assombrit d’autant le sort réservé aux « colonisés ».

Le troisième tome reste sur la même ligne – graphique en tout cas. Pour ce qui est du message, on est aussi dans la dénonciation de l’horreur et de l’hypocrisie entourant la geste coloniale. Stanley se hisse ici au niveau du roi des Belges dans la catégorie des salauds se cachant derrière une façade plus que respectable.
Je regrette juste un peu que dans ce tome la petite histoire soit trop éclipsée par la grande, et que la lecture des (arrière) pensées des journalistes, du roi ou de Stanley rende l’ensemble un peu moins fluide. Le propos, toujours louable, est un peu moins subtil ici (mais je chipote sûrement !).
A noter l’interview d’un Stanley vieillissant réalisée en début d’album par un jeune journaliste à houppette ressemblant furieusement à Tintin (le chien de Stanley démarquant Milou…).

Globalement cela se lit très bien, et donne à réfléchir. A lire, pour aller plus loin, les reportages d’Albert Londres, ou certains livres de Joseph Conrad (comme « Un avant-poste du progrès » ou le très célèbre et excellent « Cœur des ténèbres »). Une réussite donc !

MAJ.
Je reviens mettre à jour mon avis après lecture du quatrième et dernier tome de la série, qui n'a fait que confirmer tout le bien que je pense de celle-ci.
Fonds et forme sont encore très bons, sur un sujet douloureux. Quant au roi des Belges, au cœur de cet album, il confirme que sa place serait plus parmi les grands salauds de l'histoire, et non au sommet du gotha: un criminel que l'histoire n'a pas encore jugé.
Voilà en tout cas une série hautement recommandable.

Nom série  Meteors  posté le 16/01/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Même si elle n’est pas furieusement originale, cette série arrive à plutôt bien traiter le thème de l’intelligence artificielle prenant le pas sur ses créateurs humains. L’histoire se laisse lire et est globalement bien construite.

Mais voilà, malgré ça, je n’ai pas trop accroché à cette série. La faute au dessin d’abord. Sans être mauvais, ce n’est pas trop mon truc (les visages en particulier, tirant trop vers le manga – ce qui n’est pas du tout ma tasse de thé !), et j’ai même trouvé qu’il devenait moins bon dans le troisième et dernier album (et ce dès le début : voir les chevaux sur les premières scènes). Je n’ai pas accroché non plus à la colorisation.

Cet ultime album, justement, ne m’a pas convaincu. J’ai trouvé un peu bancale et bâclée la fin de l’histoire.

C’est une série qui peut plaire, mais un emprunt suffit largement selon moi.

Nom série  Le Reste du Monde  posté le 10/01/2016 (dernière MAJ le 15/01/2017) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Une catastrophe naturelle (un violent tremblement de terre) bouleverse la vie (dans tous les sens du terme) des habitants, touristes, qui occupaient une région montagneuse (dans les Pyrénées).

Les destructions s’enchaînent – Chauzy en fait peut-être un peu trop pour le coup ! – il y a de nombreux morts, et les survivants se regroupent dans la ville la plus proche.

Passés les premières heures d’hébétude, et coupés de l’extérieur, les survivants s’organisent tant bien que mal. Mais peu à peu les jours passent, et l’énervement gagne, la tension monte, et les barrières légales, et surtout morales tombent, lorsque la survie est en jeu.

Et, au cœur de ce struggle for life, une mère avec ses deux enfants se bat pour échapper aux prédateurs, à la mort, voire à cette vallée coupée du monde. L’intelligence de Chauzy est justement d’avoir pris le temps, avant la catastrophe – mais il poursuit ce travail pendant aussi – de développer la psychologie de cette femme (qui vient de rompre avec le père de ses enfants, qui la trompait). C’est qu’ainsi on a de l’empathie pour cette femme, par les yeux de laquelle nous découvrons ce combat pour la vie.

Le dessin est vraiment beau, et très bon. Je mets juste un bémol pour les visages, pas toujours réussis, mais le reste est plutôt chouette.
Les dernières pages ménagent un suspens et donnent envie de découvrir la suite de ce qui s’annonce comme une bonne série.
Note réelle 3,5/5.

**********

Après lecture du deuxième tome, je suis un peu circonspect.
En effet, on retrouve les mêmes qualités que pour le tome introductif, mais je trouve que Chauzy ne se renouvelle pas assez, et que l'histoire se poursuit en roue libre.

Alors, certes, ça se laisse encore lire agréablement et rapidement, malgré l'importante pagination, avec une ambiance mêlant un peu de "Ravage" ou de "Maleville".

La fin de cet album est encore ouverte. Il faudra que Chauzy dynamise la suite, ou songe à bien finir pour ne pas lasser ses lecteurs. Je maintiens encore ma note, mais avec un peu plus de réserves.

Nom série  La Ligue des Gentlemen Extraordinaires  posté le 15/01/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
L’utilisation de personnages célèbres de la littérature, ici regroupés pour des intrigues policières et fantastiques (Hyde ; l’homme invisible ; Moriarty ; Allan Quatermain…) peut être intéressant, et donner du sel à l’histoire.

Mais j’avoue avoir été déçu par ce que Moore en avait fait ici. Je n’ai pas vraiment été captivé. Pire, rapidement j’en suis arrivé à lire l’intégrale – que j’avais empruntée à ma médiathèque – à reculons.

Et le dessin, parfois un peu stylisé je trouve, n’est pas non plus de ceux que je préfère. La colorisation, avec des couleurs très marquées, sans trop de nuance, n’a pas non plus eu mes faveurs.

Bref, c’est une expérience peu concluante, et je ne sais pas si le reste de l’œuvre de Moore saura me faire changer d’avis. J’avais quand même plus apprécié son "V comme Vendetta", mais je ne semble pas « être fait » pour ce genre d’œuvre…

Nom série  De Gaulle à la plage  posté le 06/01/2013 (dernière MAJ le 14/01/2017) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Sans être tout le temps poilant, c'est quand même un album vraiment sympa, même si j'ai eu du mal à entrer dedans.

Mais après un temps d'adaptation, j'ai quand même bien rigolé à quelques bons gags (par exemple lorsque de Gaulle raconte ses conneries au haut-parleur, et quelques autres). Pas de franche hilarité le plus souvent, mais c'est tout de même pas mal !

Les strips s'enchaînent, et s'emboîtent dans l'histoire globale. Je regrette juste que le personnage d'Yvonne ne soit pas plus creusé - même si son illustre mari est le coeur du sujet.

Le dessin de Ferri est assez minimaliste, mais il colle bien au propos. Et il n'est pas si méchant que cela pour le grand Charles.

J'ai passé un bon moment à lire cet album. Et il n' y a pas besoin d'avoir trop de connaissances historiques pour l'apprécier.
Une nouvelle relecture me confirme dans l'idée que c'est un album sympa, et j'arrondis à l'étoile supérieure.
Note réelle 3,5/5.

Nom série  La Lune est blanche  posté le 14/01/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
« La lune est blanche » est la poursuite du voyage et du travail commencé avec Voyage aux îles de la Désolation. Mais j’y ai retrouvé aussi les mêmes qualités déjà pointées dans son très beau documentaire Un printemps à Tchernobyl.

D’abord, et c’est évidemment ce qui saute aux yeux, l’aspect graphique. L’excellent coup de crayon d’Emmanuel Lepage (que ce soit à l’aquarelle ou au crayon gras), qui fait passer dans ses dessins l’immensité désolée des paysages, mais aussi son empathie pour les chercheurs qui, tels des moines modernes, s’isolent pour servir la connaissance. Ajoutons que les photos de son frangin, François, sont elles aussi superbes. On a là une sorte de livre d’art vraiment réussi.

Mais, comme dans ses autres documentaires, Emmanuel Lepage insuffle beaucoup d’humain dans son projet. Dans sa manière de présenter et de se présenter aux membres de l’expédition (même si c’est un travail de commande et que, parfois, cela se sent – mais pas trop !). Dans sa manière de se présenter tout court d’ailleurs aussi !

En effet, on devine rapidement – et quelques moments de tension le rappellent, lorsque cela ne se déroule pas comme espéré – que cette expédition est importante pour Emmanuel Lepage et son frère, qu’elle met en jeu, tout en la revigorant (quoi de mieux qu’un vent glacé par moins trente degré pour cela ?), une amitié qui transcende les liens familiaux.

Enfin, autre réussite de cet album, par ailleurs plus personnel qu’il n’y paraît, ce sont les rappels historiques des diverses expéditions ayant marqué la douloureuse conquête de cette Terra Incognita (mention spécial à Shackleton, dont Emmanuel Lepage semble partager les valeurs).

Un bel album, épais et séduisant, à lire et à offrir. Ou à se faire offrir…

Nom série  Raoul Fulgurex  posté le 13/01/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Tronchet est décidément un auteur assez éclectique, mais qui souvent produit des séries très intéressantes et originales.

Raoul Fulgurex fait partie de ses réussites. Une sorte d’administration des œuvres imaginaires (BD, cinéma) surveille le bon fonctionnement des intrigues, chassant les anachronismes, les erreurs de casting ou les dialogues inappropriés. Et, si nécessaire, envoie quelqu’un – comme Fulgurex donc – pour rétablir l’ordre.

L’idée de départ est fumeuse, mais elle est bien exploitée, dans un ton qui vire rapidement au loufoque, à l’humour con et absurde, voire parfois au n’importe quoi (dont je suis friand lorsque c’est réussi, comme c’est le cas ici).

Fulgurex et ses acolytes interviennent donc au milieu d’œuvre plus ou moins connues, même si le gros fil rouge est constitué par Tintin (ici éloigné du boy scout d’Hergé, puisque clope au bec et rêvant de bordel à Shanghai !). Mais, outre des clins d’œil à d’autres personnages de Tronchet, les séries B ou Z hollywoodiennes ou certains films comme King Kong ou Les révoltés du Bounty sont allégrement mis à contribution.

Au milieu de ce foutoir, Fulgurex sort de son rôle, éperdu d’amour pour Balmine, pin-up sortie d’un pauvre film noir, aux traits de Betty Page (il faut dire que dans ces trois albums, les femmes sont toutes des pin-up sexy, peu farouches et peu vêtues), sabotant les efforts de l’administration pour maintenir une certaine cohérence dans les scénarii proposés au public.

Trois albums jouissifs, souvent très drôles, et bourrés de clins d’œil et de détournements. Une série à lire !
Note réelle 3,5/5.

Nom série  Clockwerx  posté le 12/01/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Le style steampunk, vaguement uchronique, se développe de plus en plus. Quelques belles réussites, mais aussi de l’anodin : si le thème attire des amateurs – dont je fais partie, l’originalité n’est pas toujours au rendez-vous.

Ici la série se situe dans une bonne moyenne – mais reste trop près de la moyenne à mon sens. La faute à un univers pas assez développé, la fin du second tome (et apparemment le dernier, alors même qu’un autre cycle semblait prévu d’après la dernière page) m’apparaissant un peu bâclée. Il y a avait matière à compléter cette histoire.

Nous devrons donc nous contenter de ces deux albums. Qui se laissent lire agréablement. D’abord parce que le dessin est bon (même si je n’ai pas trouvé très clairs les combats entre clocks à la fin), il est précis (avec un trait gras pourtant), avec une colorisation sombre et bien fichue.

L’intrigue elle-même est intéressante, même si ce n’est pas si original que ça, mais c’est quand même un diptyque recommandable. Molly Vane est séduisante, et ses relations avec Matt auraient mérité quelques développements.

Nom série  Maudit Victor  posté le 11/01/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Outre le fait qu’il codirige les éditions Warum/Vraoum, Benoit Preteseille est l’auteur d’une œuvre reconnaissable entre mille, et très originale. Une œuvre en tout cas très éloignée des canons du main stream, et qui mériterait une plus forte exposition.

Les éditions Cornelius lui offrent ici un bel écrin, après le déjà très intéressant L'Art et le sang. Si les deux histoires sont très différentes, on y retrouve tout de même quelques points communs.

D’abord des pages aérées, avec absence du gaufrier traditionnel, un dessin parfois à peine esquissé et une colorisation terne, comme insolée.

Ensuite un univers où perce l’influence des romans feuilletons d’il y a un siècle, des débuts du cinéma. Mais surtout, un cheminement de conserve avec l’esprit dada ou du surréalisme de la grande époque. Cet album peut – et doit sans doute – se lire comme un poème noir. Et il est sûr qu’il faut être réceptif à cet univers pour apprécier cet album, et cet auteur, à la fois atypique et créatif.

L’histoire en elle-même semble n’avoir ni queue ni tête – encore que cela tourne autour des têtes de cheval qu’arborent les personnages, pour un « artiste par hasard » qui, malgré (ou à cause) d’une richesse mal acquise, reste un artiste maudit.

Album et auteur à découvrir !

Nom série  Villégiature  posté le 11/01/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cet album se compose de trois histoires, toutes bâties sur le même modèle, graphiquement : dessins minimalistes en Noir et Blanc, avec un trait très gras et quelque peu « brouillon », dans une longue suite de vignettes carrées.
De même, la construction narrative est commune aux trois histoires : une longue et lente présentation d’une situation, suivie d’un épilogue plus ou moins ironique et désopilant.

La plus longue histoire, qui donne son titre à l’ensemble est plutôt pas mal, avec une chute d’un humour très noir (même si le « cœur » de l’histoire aurait peut être gagné à être raccourci).
Les deux autres histoires (« L’entrevue » et « Précision ») sont plus courtes, mais elles aussi intéressantes (la dernière est un peu bizarre, et m’a un peu laissé sur ma faim).

En tout cas, cet album confirme que Leif Tande est un auteur original, qui aime les constructions atypique voire à contrainte : tous les albums de lui que j’ai lus méritent le détour. Je vous encourage donc à découvrir cet auteur canadien.
Note réelle 3,5/5.

Nom série  Le Complexe d'Intériorité  posté le 11/01/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Sans vouloir montrer un quelconque esprit de contradiction, ce sont les critiques – plutôt négatives – des deux avis précédents qui ont titillé ma curiosité, et qui m’ont poussé à chercher ce petit album pas facile à rencontrer.

Alors, certes, j’y ai retrouvé les côtés obscurs qui avaient gêné mes prédécesseurs. Et mon conseil d’achat ne vaut que si comme moi vous êtes friands de création expérimentale (feuilletage préalable fortement conseillé donc).

Dans un style graphique oscillant entre Thomas Ott pour la carte à gratter et parfois Marc-Antoine Mathieu pour certaines situations absurdes, oppressantes, cet album très fin se lit très vite car entièrement muet.

Résumer l’histoire – y en a-t-il vraiment une ? – s’avère impossible. C’est une sorte de poème surréaliste très noir, qui ressemble aussi à certains films expérimentaux.
Comme les aviseurs précédents je n’ai pas forcément tout compris. Mais j’ai tout de même apprécié l’ambiance générale de cet ovni onirique.

Album déroutant, très éloigné des caractères narratifs de la bande Dessinée franco-belge classique, mais qui mérite un coup d’œil, pourvu qu’on soit réceptif à ce type de création.

Nom série  Les Mémoires Mortes  posté le 11/01/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Voilà une série qui semblait avoir un petit potentiel au vu du début du premier tome, en mêlant ambiance post-apocalyptique et Science-Fiction pure. Ces villages construits sur les ruines des immeubles de Manhattan offraient un décor intéressant (même si je ne comprends pas pourquoi les habitants portent des habits moyenâgeux ! En quoi une régression technologique engendrerait une régression vestimentaire ?).

A ces ingrédients de base, Bajram a ajouté ses petits épices personnels et classiques : un arrière-plan religieux, biblique. Et là je trouve que ça ne fonctionne pas du tout comme cela pouvait le faire pour Universal War One. Au passage, entre ces « Mémoires mortes » et UW1, on se rend compte que Bajram semble obsédé par la destruction des tours de Manhattan !? (Ben Laden sort de ce corps !)

J’avoue que l’intrigue m’a moins convaincu à partir de la fin du premier tome, et dans le second je n’ai pas vraiment compris où il voulait en venir. Et comme la série ne sera jamais complétée, il est évident qu’un achat n’est pas souhaitable (un emprunt comme moi est suffisant).

Pour finir, le dessin de Chouin est correct, mais pas toujours très lisible. Il lorgne en tout cas souvent sur celui de Bajram (c’était peut-être un critère de choix du dessinateur ?).

Série inachevée et décevante en l’état.

Nom série  Le Voleur de Livres  posté le 11/01/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
C’est l’histoire de Daniel Brodin, poète sans réel talent, révolté velléitaire, qui débarque dans le Paris intellectuel du début des années 1950, entre Saint-Germain des prés et la Sorbonne.

Le jeune homme se découvre des ambitions – sociales et littéraires, mais n’a pas forcément les moyens de ces ambitions. Surtout, il est totalement balloté par les événements, qu’il subit sans les dominer.

C’est ainsi qu’il alterne réceptions mondaines, entrisme dans les cénacles existentialistes autour de la revue sartrienne « Les Temps modernes », et copinages avec de jeunes révoltés (proches des idées anarchistes radicales, mais aussi des Lettristes/Situationnistes [comme en atteste leur manie de jouer à la dérive psycho-géographique comme aimait à le faire Guy Debord]). A noter que Jean-Michel, chef de fil brut et brutal de ce groupe, ressemble furieusement (visage et comportement) au Depardieu des débuts (période des « Valseuses » par exemple) !

Si Daniel Brodin est un personnage bien falot, c’est surtout les différents milieux qu’il traverse (et relie à la fois) qui sont intéressants. Mais on peine à s’attacher à cette intrigue, ni critique sociale ou de l’intelligentsia, ni portrait complet d’un homme – à défaut d’une époque.

J’aurais aimé plus de cynisme, ou de dandysme pour Brodin, le sujet s’y prêtait. Cela dit, cet album est tout de même recommandable.

Nom série  The Red Monkey dans John Wesley Harding  posté le 11/01/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Eh bien, c’est un réel coup de cœur que cet album, qui mélange du désuet et du déjanté, dans une intrigue au départ anodine (deux potes partent à la recherche d’un capybara (gros rongeur) échappé d’un refuge (et portant le nom improbable de « John Wesley Harding » !).

Et pourtant, j’ai eu du mal au début à me faire au dessin, surtout des visages, figés (comme chez Léo) et avec un air simiesque (renforcé par les pieds de singe d’un des deux personnages principaux !).

Mais rapidement je suis tombé sous le charme de cet album. Et d’abord de ses qualités graphiques. Car finalement le dessin est vraiment sympa, très ligne clair, et aussi une colorisation vraiment chouette.

L’intrigue elle-même bascule rapidement dans une enquête policière, mâtinée de fantastique. Et là, avec ce dessin et cette colorisation, on ressent l’ambiance « Journal de Tintin ». En effet, les deux tiers de l’intrigue, la partie enquête, est pleine de références à Tintin (manière d’agir, ambiance), voire à Jacobs (le passage nocturne chez Baxter par exemple, ou les hypothèses fantastiques autour du générateur de rayons).

Sauf que ce serait du Tintin qui aurait fumé de la Marijuana, les deux potes hyper cool (« frère », « man » sortent de leur bouche comme des volutes de fumée) sont un brin déjantés – et que dire du détective qui les aide ?
Par contre, les rebondissements de la fin (par ailleurs un peu trop brutaux à mon goût) se démarquent clairement de l’univers Tintin.

De toute façon, même si l’on fait abstraction de ces références, c’est une histoire qui se laisse lire, pas révolutionnaire, mais esthétiquement très agréable. Une lecture que je vous recommande fortement.

Nom série  Troll  posté le 10/01/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Mon ressenti après avoir découvert cette série est très proche de celui de Superjé (mais, contrairement à lui, il n’évoluera pas, car je n’ai pas envie d’y revenir…).

Le premier cycle de 3 albums se laisse lire (c’est le seul dont je pourrais conseiller la lecture et, à la limite, l’achat). On y retrouve un univers un chouia déjanté, des personnages un peu décalés, quelques bons mots d’humour (même si je trouve le troisième tome faiblard). Le dessin de Boiscommun n’est pas très « précis », mais il est raccord avec l’histoire. Bref, cette partie est intéressante.

Par contre, je suis beaucoup plus sévère avec le deuxième cycle, nettement moins réussi – j’ai fini en survolant un peu une intrigue qui ne m’accrochait plus. Il faut dire que pour ces trois derniers albums l’équipe a changé.

Le dessin d’abord. Je déteste, en général ce genre de changements, souvent préjudiciable. Et c’est le cas ici : les traits de certains personnages – même en tenant compte du temps qui a passé – ont trop changé, au point que certains sont méconnaissables. De plus je n’aime pas trop ce dessin et, pour finir, je n’apprécie pas du tout la colorisation.

L’histoire elle-même change de ton et m’a paru moins originale et captivante. Dès le début du troisième tome, j’ai trouvé lourd l’accumulation de jeux de mots (un peu comme parfois dans certaines séries de l’univers Lanfeust). On semble forcer le rire du lecteur, alors que vraiment il n’y a pas matière à !

Bref, jetez un coup d’œil sur les trois premiers albums – sans en attendre non plus des miracles – le reste est clairement dispensable.

Nom série  Le Règne  posté le 10/01/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
L’album nous lance d’entrée dans le vif du sujet, et nous découvrons de suite les héros, trois mercenaires, combattants redoutables, qui se mettent au service d’un couple de notables et leurs enfants, en direction du Shrine (dont nous ne savons rien pour le moment).

Rapidement nous découvrons un univers post-apocalyptique, avec dérèglement climatique et animaux dangereux. Plus d’autorité, des pillards menacent les populations qui tentent de rallier ce Shrine mystérieux. Tous les personnages sont des animaux (anthropomorphes), les hommes ayant semble-t-il disparu.

Hélas, cette trame relativement classique n’est pas agrémentée de trop de surprises. Ça castagne, ça massacre à tour de bras, mais il manque de la profondeur à une histoire qui se laisse lire sans réellement captiver.

Le point fort de cet album est sans conteste le dessin de Boiscommun, vraiment bon, multipliant les angles pour nous montrer les mimiques de ces personnages animaliers. Vraiment de belles planches ! J’aurais juste vu une palette de couleurs plus sombres pour accompagner ce récit, mais bon.

La série est prévue en deux tomes, ce qui est plutôt bien. Mais hélas, ce qui ne laissera que peu d’espace pour développer intrigue et personnalités des protagonistes (quelques pistes sont données en fin d’album sur l’histoire personnelle de ces mercenaires), peu étoffées et pas assez surprenantes à mon goût dans ce tome inaugural.

Nom série  Le Cinquième évangile  posté le 09/01/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je ne suis pas forcément fan de ces histoires jouant sur l’ésotérisme, qui se sont multipliées depuis quelques années. Mais cette série se laisse lire quand même, essentiellement pour son côté aventure en fait.

Cela lorgne un peu sur Le Troisième Testament (le titre, la couverture du premier tome, déjà, le sujet un peu. La référence est d’ailleurs officiellement créditée dans les remerciements de fin de quatrième volume), mais heureusement, s’en démarque finalement (ici, seuls les Etats latins sont parcourus, et non toute l’Europe). Istin a su mener une intrigue au bout, sans originalité folle, mais ça fonctionne.

Au départ comme une intrigue policière médiévale, cela bascule rapidement dans les références ésotériques. J’avoue les avoir un peu évacuées, pour me concentrer sur le côté aventure, et là ça se laisse lire. Même si je n’ai pas été convaincu par la personnalité hyper mature du jeune Baudoin ! L’hypothèse développée concernant l’action des Templiers est osée, mais fait partie de l’improbable qu’on est prêt à gober.

Le dessin de Montaigne est vraiment réussi, là aussi le pendant d’Alice sur Le Troisième Testament. Que ce soit pour les personnages ou les décors, c’est précis, et la colorisation est elle aussi bien faite : de la belle ouvrage donc. Les changements de dessinateur à chaque tome à partir du troisième – si cela me dérange toujours – sont atténués par la volonté de « ressembler » au style de Montaigne. Mais c’est généralement moins bon, surtout le dessin de Viacava dans le troisième (clairement celui que j’ai le moins aimé des trois dessinateurs).
Pour finir sur le dessin, un autre point commun avec les partis pris d’Alice dans Le Troisième Testament : à Petra ou à Césarée par exemple, les bâtiments découverts, sorte de grottes, sont toujours d’immenses cavités totalement improbables ! A croire qu’une simple petite grotte de rien du tout aurait déçu le lecteur ? Ces tics m’énervent un peu quand même.

Une série relativement courte, pas forcément originale – il faut dire que le thème commence à être passablement rebattu – mais qui se laisse lire.

Nom série  La Légende des nuées écarlates  posté le 08/01/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Le premier tome nous plonge brutalement dans ce qui fait la force et la faiblesse de cette série. A savoir un dessin très beau et clair, et une intrigue qui est, elle, plus qu’opaque.

En effet, j’avoue avoir eu pas mal de mal à entrer dans cette histoire, ne saisissant pas facilement les tenants et aboutissants d’une histoire amenée de manière trop détournée je trouve (même si Miyazaki m’a familiarisé avec une partie de l’imaginaire japonais – les loups Izunas par exemple (qui ont donné lieu à une série dérivée).

Par la suite l’intrigue est plus simple à suivre, même si j’avoue ne pas avoir tout compris dans le dernier tome (où les couleurs sont plus brillantes, le rouge et le blanc étant moins omniprésents).

Le dessin, jouant le plus souvent sur les oppositions entre le blanc immaculé, cristallin, et un rouge sang, affiche une signature graphique originale et très forte. Le coup de crayon et la palette graphique sont d’entrée captivants. Même si ce dessin peut paraître paradoxalement trop léché, trop froid (ce n’est pas mon préféré, malgré tout le talent que je reconnais à Tenuta (dont c’est le premier travail que je découvre).

En tout cas, le dessin renforce les contrastes du récit, finalement très violent, alors même que l’ambiance générale est souvent au grand calme, à la lenteur qu’engendre le froid, le grand blanc recouvrant les paysages et les êtres vivants. On meurt dans un univers poétique, les gouttes de sang maculant le manteau neigeux comme des points de suspension trainant derrière la lecture d’un haïku.

Au final, c’est un avis mitigé, et en tout cas plus nuancé que la plupart de mes prédécesseurs. Si j’ai bien aimé les partis pris graphiques (dessin et colorisation), j’ai été moins accroché par l’histoire. Cela reste tout de même une série très recommandable.

Nom série  Mignardises  posté le 07/01/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Ralf König est un auteur assez original, qui produit une œuvre où son style est reconnaissable dans chaque album. J’avoue apprécier de plus en plus ce qu’il fait.

Je reste par contre un chouia déçu par la lecture de celui-ci, même s’il n’est pas désagréable pour autant.

Une page de présentation avec Batman et Robin me laissait croire à une parodie de super-héros, mais il n’en est rien (et c'est dommage !). Cet album rassemble une dizaine d’histoires qui n’appartiennent pas toutes à la même thématique.

Mes préférées sont les deux premières, avec deux épisodes célèbres de la Bible revisités (le sacrifice d’Abraham et le combat entre David et Goliath). A chaque fois les dialogues entre David ou Abraham et Dieu sont plutôt iconoclastes et réussis. Les histoires suivantes sont inégales et pas toutes intéressantes. A noter que la dernière, la plus longue, voit intervenir deux personnages fétiches de l’auteur, Conrad et Paul.

Pour le reste, on est en territoire connu pour les lecteurs de König. Un dessin sans fioriture ni décors développés, un humour omniprésent (tendance trash parfois, ou absurde, comme l’histoire avec un membre d’une commission de l’UE)), et une sexualité exacerbée, centrale (et une homosexualité volontairement mise en avant – même si certains personnages sont hétéros).

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