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Nom série  Colonisation  posté le 16/01/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
C’est le premier tome d’une nouvelle série (la suite est prévue pour mars/avril, donc ça ne va pas trainer !), qui m’a laissé un peu sur ma faim.

Pourtant, rien de franchement raté. Le dessin de Cucca est globalement bon, et Filippi (qui vient aussi de signer le dernier one-shot Mickey chez Glénat) a pris le temps de lancer l’intrigue.

Mais voilà, je n’ai pour le moment pas été totalement accroché par ce Space Opera. La faute à un scénario à la fois un peu obscure, et aussi manquant de relances, de profondeur : il faudra changer de rythme pour la suite, car en l’état, je ne conseille pas l’achat.

C’est qu’aucun personnage ne sort réellement du lot. On nous a présenté une équipe, avec chacun sa spécialité (peu éclairée au demeurant), mais, comme le scénario, les individualités manquent de profondeur.

Reste un certain potentiel, avec ce colon de la première génération, mystérieusement rescapé, qui cherche à comprendre son passé. La possibilité de « voyager dans ce passé » et sur d’autres planètes apporte aussi des possibilités au scénario.
Enfin, la réalité des Ecumeurs reste aussi à éclaircir.

Bref, un début un peu poussif, mais la suite me fera peut-être changer d’avis ?
Note réelle 2,5/5.

Nom série  Monsieur Ferraille  posté le 15/01/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Winshluss est un auteur très intéressant, et j’avais plutôt aimé une autre collaboration du même duo, Wizz et Buzz (peut-être destiné à un public plus jeune). Ici, je reste un peu sur ma faim.

Les premières historiettes sont un peu poussives – que ce soit pour les scénarios ou pour le dessin –, même si dès le départ un vent « trashouille » (comme toujours chez Winshluss) et provocateur souffle sur ces aventures improbables et parodiques.

Le dessin se bonifie un peu ensuite, d’autant plus que différents style graphiques sont utilisés.

Les histoires elles-mêmes, prétendant retracer la vie et la carrière de Monsieur Ferraille et de ses créateurs, jouent sur des provocations, et sur une parodie de l’Histoire (sous l’Allemagne d’Hitler ou l’URSS de Staline). Mais aussi multiplient les interventions de personnages de BD ou du cartoon : ces passages sont bien vus et amusants. A noter que Winshluss s’attaque pour la première fois à l’histoire de Pinocchio, qu’il revisitera plus tard de manière géniale.

L’album est parsemé de fausses publicités, pastichant des marques célèbres ou des tics de publicitaires, Monsieur Ferraille lui-même étant devenu à l’époque avec son supermarché Ferraille, l’effigie des Requins Marteaux et de leur site.

Inégal et en deçà des grandes réussites de Winshluss, cet album n’est pas forcément une priorité d’achat. Même si je ne regrette pas le mien.

A noter que Les Requins Marteaux ont récemment réédité cet album, agrémenté d’un grand nombre de pages bonus et d’une nouvelle couverture (je n’ai pas lu cette réédition, ne possédant que la première).

Nom série  Les Parleurs  posté le 13/01/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Je suis généralement très friand des exercices oubapiens, et François Ayroles en a déjà commis pas mal, que la plupart du temps j’ai bien appréciés. J’avais d’ailleurs plutôt aimé Les Penseurs, assez réussi dans son genre, et assez proche (publié dans la même collection Mimolette).

Mais, hélas, ici, je n’ai pas vraiment été convaincu. Il y a quelques bonnes idées, mais c'est un ensemble bien trop aride, trop froid. Cela fonctionne parfois, certes, mais je dois dire que c’est assez vite lassant.

C’est dommage, car cette collection (comme d’autres de L’Association) est idéale pour accueillir des expérimentations. Mais toutes ne donnent pas des résultats probants.

Nom série  Le Coeur de Lion  posté le 12/01/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Eriamel est une sorte d’érudit, un passionné de l’Histoire médiévale, normande en particulier. J’avais trouvée intéressante sa série Moi Svein, compagnon d'Hasting, publiée chez le même éditeur et qui traitait d’une période antérieure. Mais qui le faisait en développant une ou plusieurs intrigues sur 5 tomes.

Ici, le premier reproche que je pourrais faire, c’est le côté trop condensé, en un album, d’une foultitude d’événements. Du coup, cela tourne un peu à l’exposé historique, peu de développement romanesque, et comme Eriamel cherche à être précis et complet dans ce faible espace, la lecture va être aride pour le béotien, qui aura du mal à accrocher : on s’adresse donc là avant tout et quasi exclusivement aux passionnés, qui ont de préférence quelques connaissances de la période.

Je n’ai lu que le premier tome (je découvre en l’avisant l’existence d’un second). Celui-ci traite donc de la « construction » d’un grand personnage. Aliénor d’Aquitaine, Philippe (pas encore Auguste) sont encore ou déjà là, les rivalités avec ses frères et les heurts avec son père, roi d’Angleterre occupent l’album. Mais surtout les nombreuses guerres menées contre tous ceux qui cherchent à s’émanciper, vassaux récalcitrants pour la plupart.

Cette partie de la vie de Richard est généralement la moins connue, mais elle est dense, et aurait sans doute mérité un plus ample développement, sur plusieurs albums. Cela aurait sans doute pu aussi dynamiser le récit, le rendre plus captivant, et lui faire perdre ce petit goût de chronologie illustrée.

L’autre reproche à faire à cet album, c’est le dessin de Jean-Christophe Vergne. Quelques erreurs techniques, parfois. Mais surtout, un trait qui ne me plait pas, trop gras (en plus, la colorisation, pas franchement réussie, n’arrange vraiment pas les choses je trouve).

Bref, un sujet intéressant, mais un traitement graphique et narratif qui peut clairement rebuter, et qui ne m’a en tout cas pas convaincu.
Note réelle 2,5/5.

Nom série  Chlorophylle et Le Monstre des Trois Sources  posté le 11/01/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
J’ai pas mal lu, étant môme, la série originelle de Macherot, qui m’a plutôt laissé de bons souvenirs (même si elle est clairement réservée aux jeunes lecteurs).

Sur cet album, c’est avant tout le dessin d’Hausman qui m’intriguait. En effet, Macherot jouait sur des personnages tout en rondeurs, qui avait tout pour séduire les jeunes lecteurs du journal de Tintin. Et c’est peu dire que le style d’Hausman et différent !
Et, en effet, ça change ! Mais voilà, si je reconnais – une nouvelle fois – le talent d’Hausman, qui a vraiment un chouette coup de crayon, je trouve que son trait, plus ébouriffé, tranchant, mêlant réalisme et artifices, ne convient pas forcément à ce type de récit. Mais c’est quand même lui qui s’en tire le mieux dans cette reprise !

En effet, le scénario de Cornette est d’un creux, d’une niaiserie parfois, qui m’a rendue difficile la lecture. Ajoutons à cela le tic consistant, dans les dialogues, à utiliser les prénoms des bestioles (Chlorophylle et Minimum surtout), pour être bien sûr que le lecteur, déboussolé par le changement de dessin entre Macherot et Hausman reconnaisse les personnages.
En tout cas, le ramage n’est pas à la hauteur du plumage, et l’hommage sensé être rendu à Macherot n’est clairement pas réussi.

Nom série  L'Encre du Passé  posté le 10/01/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Même si je n’ai pas été totalement emballé, je mets quand même l’achat, car c’est clair que mes réserves sont surtout liées à mes goûts personnels, et que c’est un album qui peut clairement trouver ses lecteurs.

L’histoire se déroule sur un rythme nonchalant, il n’y a pas d’action trépidante. On suit ce calligraphe et cette jeune peintre, porté par un vent doux et muet.

L’ensemble se lit assez vite, car beaucoup de pages sont muettes, et les dialogues ne sont pas nombreux ou denses : ceci accentue l’aspect « tranquille » déjà évoqué.

Les dessins sont plutôt chouettes, à l’aquarelle semble-t-il, sur des tons clairs, avec une lumière comme « passée ». Pas de gros contrastes là non plus, comme si les auteurs avaient vraiment choisi de privilégier l’indicible, l’implicite.

Beaucoup de qualités donc, mais qui n’ont pas toujours su me toucher. Mais je ne voudrais pas vous en dégoûter, si vous appréciez l’ambiance, alors feuilletez cet album, il est peut-être fait pour vous !

Nom série  Mickey et l'océan perdu  posté le 09/01/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Voilà le dernier né de la collection dans laquelle Glénat invite des auteurs plus ou moins connus à revisiter les aventures de Mickey. Comme souvent dans cette collection, un effort a été fait pour l’édition (souvent avec un format différent, celui-ci relativement grand), le papier est épais, comme la couverture. Je trouve par contre surprenant – et pour tout dire inadmissible de la part d’une « grande maison » comme Glénat qu’autant de fautes et de coquilles aient pu passer (et pas seulement des fautes de frappe !) !

Pour le reste, j’ai trouvé l’histoire décevante et bien creuse, cela s’étire inutilement, sans réelle relance d’intérêt. De plus, Pat Hibulaire, habituel méchant servant à pimenter/dynamiser l’action, par ces méchancetés envers Mickey, n’est là le plus souvent qu’un gentil faire valoir, aidant Mickey l’essentiel de l’album (mis à part au tout début) : plus qu’une surprise ou une hérésie, c’est surtout que cela ne fait qu’accentuer la platitude de l’intrigue.

Bref, à part le Trondheim, je n’ai pour le moment pas été convaincu par les albums de cette série (mais je n’ai pas encore lu le Tébo).
Cette aventure vaguement steampunk possède un bel habillage, mais cela sonne creux, et c’est bien dommage. Il est à craindre que même le jeune lectorat n’y trouve pas son intérêt.

Nom série  Les Disparues d’Orsay  posté le 09/01/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Les musées d’Orsay et du Louvre ont trouvé une nouvelle façon de faire parler d’eux régulièrement avec cette collection, qui s’avère au final très inégale – et en tout cas pas toujours convaincante.

Ici, je ressors avec un avis mitigé.
L’album est placé sous les patronages de Goethe et de Baudelaire (il est vrai deux Grands du XIXeme siècle au cœur du musée d’Orsay), avec un hommage appuyé au second (voir la fin. Je suis par contre surpris que Stéphane Levallois ne cite que des poèmes des Fleurs du mal (par ailleurs très beaux), alors même que Baudelaire s’est fendu de nombreux textes sur la peinture et les peintres.

Pour le reste, il ne m’est pas apparu qu’il y ait eu un scénario construit pour cet album, qui voit alterner passages quasi oniriques (parmi les parties les plus intéressantes d'ailleurs) et passages un peu rébarbatifs et sans consistance.
Par ailleurs, je ne sais si cela faisait partie du cahier des charges, mais l’auteur passe en revue – de manière plus ou moins explicite – une trop grande (trop grande !) quantité d’œuvres, à un rythme effréné : c’est parfois lourd.

Bref, je n’ai su m’intéresser à la disparition de ces muses, et n’ai trouvé mon intérêt que dans certains enchainements, certaines images.
C’est un album un peu fourre-tout, qui fait un peu « placement de produits artistiques », et sur lequel je pense ne pas revenir.

Nom série  Le Petit Christian  posté le 08/01/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
J’ai souvent eu du mal avec les productions de Blutch, dans lesquelles je ne suis pas toujours entré aisément. Mais je persévère avec lui, car toutes ses séries m’ont paru intéressantes, originales : Blutch a du talent, même si je n’ai pas toujours eu la clé pour pénétrer dans son univers.

Mais je n’ai eu aucune difficulté à entrer dans les petites histoires de ce gamin (alter ego de l’auteur ?) – il faut dire que les nombreuses références (magazines, séries télé, films, etc.) dans lesquelles s’immerge Christian (débordant d’énergie et d’imagination) sont de celles, génération oblige, qui me touchent, ayant été plongé dans le même bain, j’ai à peu près le même âge que lui.

Par petites touches, les historiettes du premier tome développent, sur un mode humoristique, un monde revisité, habité par un gamin. Un ton et des chutes proches parfois du Petit Nicolas de Goscinny.

Le second tome confronte le petit Christian à deux terribles passages dans l’inconnu : il entre au collège, en Sixième, et tombe amoureux !
Mais Christian garde son âme d’enfant, malgré ses angoisses – et les moqueries de son frère ou des plus grands, et Blutch traite avec la même fraicheur (mais avec des couleurs cette fois-ci) les mésaventures somme toute ordinaires de ce petit garçon.

Voilà une lecture chaudement recommandée !

Nom série  De mon chien comme preuve irréfutable de l'inexistence d'un dieu omniprésent  posté le 05/01/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Larcenet est un auteur très prolifique, et je suis plutôt fan de ses productions – quelques soient les styles et /ou les sujets.
Mais là, j’avoue n’avoir pas accroché.

Cela se laisse lire, et même assez vite (le titre est ce qui prend le plus de temps à lire, hein...), puisque c'est un recueil de quelques dessins en fait.

Mais je n’ai vraiment pas trouvé indispensable cette publication, et les crobards de Larcenet auraient tout aussi bien pu rester dans ses carnets – ou alors accompagner d'autres trucs, par-ci par-là, dans une revue.
Mais ici, je n’ai vraiment aimé cette représentation du quotidien de ce clébard.

Nom série  13 Devil Street  posté le 04/01/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
J’étais passé à côté du premier tome de cette série (mais chacun peut se lire séparément), et ne découvre l’existence du premier tome qu’après mes recherches d’une couverture pour aviser la série.
Mon avis ne porte donc que sur ce second tome, mais tout porte à croire qu’il est proche du précédent. C’est en tout cas le cas de la pagination et du fonctionnement d’ensemble, l’action de ce premier tome se situant en 1888.

Le prix de ces albums peut clairement être un frein. Mais il faut reconnaître que ce n’est pas totalement volé (même si je n’ai perso, pas ce budget en ce moment…).
En effet, on a droit à un beau travail éditorial (papier épais et de qualité, couverture très épaisse, fil marque-page, et plus de 320 pages pour chaque album !).
Qui plus est, cela ne se lit pas en 5 minutes !

Tout l’album se déroule dans un huis-clos, dans un immeuble donc – dont l’adresse constitue le titre. Le lecteur voit tous les étages et les appartements (ainsi que l’ascenseur, les escaliers et paliers) en coupe. Chaque double page peut donc parfois présenter plusieurs actions simultanées, à différents étages et/ou logements, avec plus ou moins de dialogues, les actions n’étant pas forcément directement liées entre elles. En tout cas, on est souvent tenté de revenir en arrière pour voir des détails qui nous avaient échappé, dans un coin…

On peut donc dire que Benoit Vieillard traite chaque double page comme une simple case (mais qui serait subdivisée). Si certaines planches sont muettes, si à certains moments certaines parties de l’immeuble ne sont pas occupées, il arrive que les actions et les dialogues fourmillent : cela densifie l’action – et peut même donner quelques télescopages humoristiques, mais ça rend parfois la lecture un peu ardue.

L’album est divisé en chapitre (situés à différentes dates, l’essentiel se déroulant dans les années 40, en 1940 en particulier).
Si une intrigue irrigue l’album, elle mélange plusieurs style ou tons. L’humour (british ou graveleux) côtoie le policier, le vaudeville se mêle au fantastique, etc.

Au milieu de tout ça, Vieillard glisse une multitude de références : des personnages, comme l’homme invisible, une sorte de Mary Poppins, Joséphine Baker, H.G. Wells et quelques personnages historiques anglais et français de l’époque, etc, mais aussi des citations (de livre, de chanson). Je n’ai sans doute pas tout repéré, mais ces clins d’œil ne sont pas désagréables.

Une histoire bien mise en valeur par le traitement et la mise en pages, très originaux.
Note réelle 3,5/5.

Nom série  Les Mâles  posté le 04/01/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
J'avais plutôt bien aimé l'album C'est l'époque qui veut ça, lu récemment, et j'ai cherché à découvrir d'autres séries du même auteur. j'ai eu l'occasion de lire deux albums de cette série.

Eh bien j'en ressors déçu. Le dessin est plutôt classique pour le genre, entre Sempé, Reiser et Wolinski.
Oui, mais voilà, il n'y a pas ici la poésie du premier, et la noirceur, le cynisme ou le côté provocateur des suivants.

En effet, si Hoviv met bien en avant un grand nombre de clichés sur les "mâles", la virilité - et sur leurs pendants que seraient la féminité, la fragilité des femmes, il ne dépasse pas souvent ces clichés, ne les retourne pas suffisamment pour que cela soit drôle.

C'est ça le problème: c'est trop convenu, pas assez caustique, alors que le sujet s'y prêtait, j'allais dire l'exigeait. Faute de quoi on reste dans la beauferie - même si Hoviv cherche à s'en moquer, il le fait maladroitement. Le sujet ne supporte pas la demi mesure.

Bref, quelques sourires, c'est sûr, mais une série qui reste décevante, pas assez percutante et drôle à mon goût.

Nom série  Muchacho  posté le 04/01/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Avant de réaliser les superbes albums documentaires de ces dernières années, à Tchernobyl ou dans les milieux polaires, Lepage avait beaucoup utilisé comme décor la jungle latino-américaine (je l’avais découvert je crois avec La Terre sans mal).

Le talent de dessinateur est déjà bien présent, c’est clair.
Celui de scénariste est un peu moindre, même si ce diptyque n’est pas sans intérêt.

Ces albums mêlent plusieurs thèmes. La guérilla sandiniste contre le pouvoir de Somoza, et les dissensions au sein même de l’Eglise, à propos de l’engagement auprès des péons indiens, contre la dictature proche des grands propriétaires et des Etats-Unis d’une partie du clergé, alors que l’élite ecclésiastique condamnait cette accointance avec les « rouges ».

Au milieu de ce bourbier, un jeune séminariste, peintre au demeurant et fils d’un puissant, qui se retrouve dans un village au cœur des oppositions évoquées plus haut.
La partie aventure – sans être trop originale, est plutôt bien rendue, avec une traversée de la forêt éprouvante pour les guérilleros !

La sensualité qui domine rapidement autour de Gabriel, le personnage principal, est assez surprenante dans le contexte, comme l’est l’aventure homosexuelle. Improbable, mais pourquoi pas ?

Deux albums qui se laissent lire…

Nom série  Algernon Woodcock  posté le 03/01/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
J’ai lu pour le moment les deux premiers cycles (soit les quatre premiers albums de la série), et c’est vraiment pas mal. Même si j’ai préféré le premier cycle (disons 4 étoiles au premier, 3 au suivant, et j’arrondis en faveur de l’originalité de l’ensemble).

Le dessin de Sorel (que j’avais déjà vu moins inspiré) est vraiment très chouette, et les choix de colorisation, avec des tons très sombres (un peu moins dans le deuxième cycle, où la lumière perce davantage), cuivrés, sont à la fois beaux et très adaptés au déroulé de l’histoire concoctée par Gallié.

Les histoires justement. Chacune est introduite par la lecture d’une longue lettre du collègue et compagnon d’Algernon, qui, sur un ton assez littéraire, instaure une sorte de suspens et une atmosphère mystérieuse.
Le rythme est lent, et l’on ne cherche pas forcément à faire la lumière sur tout : le brouillard ne se dissipe qu’en partie, ce point ajoutant à l’attrait de cette série (même si je trouve le premier cycle plus fort). C’est presque plus une affaire d’ambiance que d’intrigue proprement dite, et la lande écossaise ajoute à son charme austère.

Ajoutons que le personnage principal possède un look presque aussi improbable que ses nom et prénom : sorte de nain affublé d’un grand haut de forme, à la fois frêle et trapu, forte personnalité qui pourtant subit son destin.

Une série à découvrir !

Nom série  La Guerre de Catherine  posté le 01/01/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Adaptation d’un roman que je n’ai pas lu, cette traversée de la Seconde guerre mondiale par une jeune fille juive se laisse lire. Julia Billet s’est inspirée (en romançant un peu le tout) des souvenirs de sa mère – devenue ici Rachel/Catherine.

Enfant juive séparée de ses parents (probablement arrêtés et déportés par les Nazis), Rachel se retrouve, comme d’autres dans la même situation, dans une école à la fois novatrice sur le plan pédagogique, et engagée contre les divers fascismes. Par la suite, Rachel, forcée de « franciser » son nom en Catherine, va traverser une partie de la France, pour échapper aux dénonciations et aux rafles, à chaque fois accueillie par des gens risquant leur vie, mais fidèles à des convictions solides et nobles. Elle va aussi faire des rencontres d’amitié, d’amour, etc.

La guerre n’est le plus souvent vue que par la bande (évocation de lois pétainistes, départ de résistants, peur des déportations), la violence n’est jamais directement montrée. Elle est, de plus, transcendée par la volonté de « Catherine », et sa passion pour la photo.
J’avoue avoir trouvé l’ensemble un peu lent, nonchalant, même si le parti pris est de voir cette guerre au travers des yeux d’une jeune fille.

Si je n’achèterai pas cet album, je conçois toutefois qu’il puisse plaire à un jeune lectorat, le dessin de Claire Fauvel, très doux, privilégiant les visages et les gros plans au détriment de l’arrière-plan et des décors, facilitant sûrement la lecture pour ce type de lectorat.
A vous de voir pour un éventuel achat.

Nom série  Ce qu'il faut de terre à l'homme  posté le 25/12/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Les albums de Martin Veyron que j'ai eu l'occasion de lire avant celui-ci tournaient généralement autour de sujets sociétaux, que l'auteur traitait souvent avec de l'ironie, en y plaçant souvent (mais pas toujours) quelques touches d'érotisme.

A priori, avec cette adaptation d'un roman russe du XIXème siècle, on est loin de tout ça ! Et d'ailleurs, le début m'a fait craindre un ennui que finalement je n'ai pas ressenti à la lecture.

Car, par delà la présentation de la société rurale tsariste, très inégalitaire, avec des paysans encore proches du servages, Veyron a su faire ressortir les sujets qui l'intéressent. En effet, on a là une critique de la soif d'enrichissement, de la recherche de l'appropriation, du toujours plus qui sacrifie la collectivité sur l'autel de l'individualisme.

De plus, la - longue - quête d'enrichissement de cet homme, qui traverse toute la Russie pour s'approprier des immensités cultivables, tourne au pathétique, et la chute, très ironique, donne du sel à cette histoire, et permet à Veyron de retrouver son mordant. Cette chute éclaire le titre d'une lumière dérisoire, avec un humour noir qui fait mouche.

Une œuvre de moraliste un peu longue, parfois, pas toujours assez captivante, mais qui mérite un petit détour.

Nom série  Bébé blues  posté le 23/12/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J’ai lu les deux premiers albums de cette série, qui sont de niveau équivalent, chacun se révélant assez inégal. Même si j’ai souri un certain nombre de fois aux mésaventures de ce couple, qui découvre les joies – et surtout les plus ou moins grands désagréments – engendrés par la venue d’un premier enfant (en l’occurrence une petite fille).

Les jeunes parents sont dévoués, de bonne volonté, mais peinent à faire leur deuil, même temporairement, de certaines libertés des célibataires : leur combat quotidien pour s’occuper de leur fille, tout en tentant de garder des moments de tranquillité, de conserver leur complicité amoureuse est plutôt bien vu. Tous ceux qui sont passés par là se retrouveront en grande partie dans ces saynètes.

Alors, même si la lecture n’est pas désagréable, je ne me vois pas acheter des albums de la série. Un emprunt peut largement suffire. A moins que vous ne souhaitiez faire un cadeau à des amis venant d’avoir leur premier enfant – et capables d’humour et d’autodérision.

Nom série  Le Beurgeois  posté le 22/12/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Bon, ben je n’ai pas aimé grand-chose de cette lecture, et ne mets pas la note minimale parce que je me dis qu’il y a quelques arrière-pensées antiracistes dans cet album. Parce qu’à part ça…

Le beurgeois en questions – autour duquel tournent les histoires courtes composant cet album – est un Maghrébin « qui a réussi », et qui ne s’en laisse pas compter. Qui souhaite aussi montrer à la face du monde – et de tous ceux qui le croisent ou sont en affaire avec lui en particulier – cette réussite.

Si la faconde rentre dedans de Mouloud Benbelek (le beurgeois) fait parfois mouche, en particulier lorsqu’il démonte l’hypocrisie d’un maire souhaitant récupérer les voix des Beurs de banlieue, ou le racisme bas du front d’un imprimeur d’extrême droite, j’ai trouvé cet album pénible à lire.

En effet, Mouloud Benbelek est un personnage hautement insupportable !
D’abord par son côté égocentrique, prétentieux – en particulier avec les gens en position de faiblesse (employés, quémandeurs, amis dans le besoin, etc), grossier, fat et sadique.
Ensuite parce qu’il incarne l’exaltation de la réussite sociale comme nirvana. Il est devenu riche, et cela l’absout de tout, et l’autorise à mépriser ceux qui ne le sont pas. Son argent lui sert de garant pour intégrer et humilier les mondes qui se refusaient à lui, l’art, la noblesse, etc. Mais en fait il ne rêve que de faire partie de ces milieux, pas du tout d’en révolutionner le fonctionnement.
Bref, en plus petit, il me fait penser à Donald Trump, c’est dire…

Bref, un ou deux sourires, mais surtout un sentiment de gêne : sous couvert de montrer la revanche d’un Beur de cité qui s’en est sorti, l’album et le personnage principal véhiculent des idées nauséabondes (sans que j’y ai perçu du second degré).

Nom série  Angelot du lac  posté le 21/12/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je connaissais Yvan Pommaux par des albums publiés chez L’Ecole des Loisirs, comme « Orphée et la morsure du serpent », acheté il y a bien longtemps pour mes gamins.

Je le découvre ici auteur de BD plus classique, s’embarquant dans un sujet relativement original pour le public visé, assez jeune : la Guerre de Cent ans.

Encore que le sujet soit plutôt le combat pour la survie dans cette période trouble, en particulier autour des gamins orphelins, luttant par tous les moyens, à un moment charnière, terrible (guerre, pillages, peste noire – cette dernière n’étant pas évoquée), la guerre n’étant au final qu’un décor plus ou moins précis.

L’histoire tourne autour d’un enfant, Angelot donc, qui partage son errance successivement avec une bande de jeunes un peu plus âgés que lui et vivant de rapines, d’un chevalier, et d’une jeune fille de son âge, qui finit par partager ses aventures.

Le traitement est parfois naïf (le dessin un peu, le rythme et les dialogues surtout) et un peu lent. Mais cela convient peut-être au jeune lectorat ?

J’ai lu la série dans l’intégrale reprenant les trois tomes. Une introduction explique le choix du personnage principal et de la période. En fin d’album (album jeunesse oblige), un lexique présente quelques termes utilisés, et l’auteur fait une petite mise au point historique (hélas émaillées de quelques imprécisions [l’an 0 ; la vision du royaume de France sous Hugues Capet]). J’ai été plus intéressé par les influences cinématographiques et littéraires revendiquées.

Nom série  César  posté le 20/12/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Mathieu Gabella est l’un des scénaristes les plus sollicités par Glénat pour sa collection de biographies de personnages historiques (je n’ai pas lu ses autres contributions pour le moment).

Si je mets 3 étoiles pour cet album, c’est que, probablement, le cahier des charges qui lui a été imposé a été respecté. En effet, les passages obligés de la vie de ce personnage clé de la fin de la République romaine sont tous traités. Et le dossier final, qui bénéficie des conseils d’un historien de la Sorbonne est assez bien fait – du moins donne des pistes pour ceux qui veulent aller plus loin (idem pour la courte bibliographie, même si j’aurais ajouté « La Guerre des Gaules », écrite par César lui-même, mais apportant des éclairages sur sa personnalité).

Oui, mais voilà, si César (qui partageait déjà la tête d’affiche de l’album Vercingétorix dans la même collection) est bien au cœur de l’album, je regrette ici un empilement de faits, d’événements, de dates, sans grande réussite pour en « romancer » les contours, c’est sec et insipide : j’ai eu l’impression de lire une chronologie illustrée, ce qui s’avère rébarbatif au final.

De plus, la volonté de « tout caser » en un tome (alors que Napoléon a droit à 3 tomes par exemple) renforce le côté catalogue, au détriment du développement des enjeux d’une part, et de la personnalité des acteurs – César en premier lieu. Le personnage méritait sans doute plusieurs albums…

Toujours est-il que je n’ai rien appris que je ne connaissais déjà (à part l'épisode du début, avec les pirates), et que je n’ai pas trop pris de plaisir à la lecture de ces « aventures ».

Par ailleurs, je n’ai pas trop accroché au dessin de Meloni (les visages en particulier), et encore moins à la colorisation, souvent ratée je trouve.

Bref, c’est plus de la chronologie illustrée (achat envisageable pour le CDI d’un collège ?) que de la bande dessinée réellement captivante.
Note réelle 2,5/5.

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