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Nom série  La Petite Fille et la Cigarette  posté le 14/10/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cet album est une adaptation du roman kafkaïen de Benoît Duteurtre. L’histoire est donc loufoque au possible, et se déroule dans un futur proche décrivant clairement les errances de notre monde actuel, mais en pire ! Politique de l’enfant roi, télé réalité, cynisme entourant le marché du tabac, nocif mais qui rapporte tant.

J’ai trouvé le propos grinçant et le ton parfait, et il faut avouer que les périples des différents protagonistes font tantôt sourire, tantôt réfléchir. Par contre j’ai trouvé la lecture un peu longue (250 pages quand même), on finit par tourner en rond et les textes omniprésents (un défaut inhérent à ce genre d’adaptation) ont fini par me fatiguer un peu.

Un album au message cynique et qui fait mouche, mais une lecture un peu éprouvante sur la fin… à découvrir quand même.

Nom série  Police lunaire  posté le 07/10/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Un petit album, peu de texte, un dessin minimaliste, peu d’action… et pourtant il y a tellement à en dire.

L’histoire elle-même est remplie de mélancolie. La colonie lunaire se vide de ses habitants après une période d’activité, sans que l’on sache trop pourquoi… Une page qui se tourne, et un sentiment de nostalgie omniprésent.

La vie du personnage principal est assez poignante, avec ce boulot de flic sur une planète où le taux de criminalité est à 0, consistant principalement à aider les citoyens égarés. La fin est belle et tellement poétique.

Les grands espaces, le dessin minimaliste et les nombreux passages muets/contemplatifs participent grandement à l’ambiance d’isolement et de quiétude.

Un album remarquable, qui m’a beaucoup touché.

Nom série  Aâma  posté le 09/09/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Ma déception de l’année… Pourtant j’avais adoré Lupus, du même auteur.

J’ai beaucoup aimé les 2 premiers tomes, cette planète dépaysante, ces créatures bizarroïdes, et ces personnages intéressants aux personnalités bien campées. Un genre de Aldébaran pour les grands, si je peux me permettre (je ne crache pas sur les BDs de Léo, j’aime beaucoup aussi, voir mes avis).

Et puis page 29 du tome 3, patatras. L’histoire « part en vrille » et change soudainement de genre. On passe à la science-fiction métaphysique psychédélique, les grand discours, le héros devenu quasi dieu, bref, pas du tout ma tasse de thé. Ce renversement soudain m’a un peu rappelé celui de La Saison de la Couloeuvre. A ce titre je me retrouve beaucoup dans l’avis de Canarde (je ne comprends d’ailleurs pas trop son 4/5).

Alors certes, la mise en image est des plus réussies, et représente parfaitement les différentes transformations et autres délires psychédéliques. Mais ce n’est pas assez pour sauver cette série à mes yeux. Je me suis forcé à la finir. Je mets quand même 2/5 parce que j’ai beaucoup aimé les 2 premiers tomes.

Nom série  Bobby change de linge  posté le 19/08/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
« Bobby change de linge » est un roman graphique pure souche, qui ne devrait pas convertir les allergiques au genre, mais qui propose quand même des thèmes intéressants.

Bobby est un auteur de roman dont les soucis sont ancrés dans son passé. Il vient d’une famille pauvre et ouvrière, de laquelle il a passé sa vie à essayer de se distancer… On assiste à ses dilemmes, ses victoires et ses échecs, sur fond de réflexion sociale. La toute fin (et ses thématiques paternelles) m’a beaucoup touché. La mise en image sert parfaitement l’histoire, même si les bouches des personnages sont parfois un peu bizarres.

Voilà, un album qui ne renouvelle pas le genre, et qui ne se détache pas forcément de la pléthore d’ouvrages similaires, mais qui a réussi à me captiver, et à me toucher sur la fin. A conseiller aux amateurs du genre.

Nom série  Southern Bastards  posté le 21/05/2015 (dernière MAJ le 19/08/2016) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Jason Aaron est de retour avec sa nouvelle série après le gros succès de Scalped.

Le contexte est diffèrent (village paumé en Alabama) mais le ton reste similaire : un héros « dur à cuire », des brutes sanglantes, un parrain local, et une bonne dose de testostérone. L’histoire est bien construite, même si le personnage principal ne m’a pas convaincu à 100%. J’ai un peu de mal à comprendre le fait qu’il tienne à tout prix à se mêler à des affaires qui vont clairement lui exploser à la gueule.

Le dénouement est vraiment bien vu, et m’a beaucoup touché. Cet album est numéroté 1, mais il se lit comme un one shot, ce qui est une bonne nouvelle après le tirage sur la corde de Scalped (voir mon avis sur cette série).

Le dessin de Jason Latour (qui avait déjà officié sur un comics de la série Scalped) est maitrisé et parfaitement adapté au récit.

Une valeur sure si vous aimez les histoires « couillues ».

MAJ après lecture du tome 2

La qualité est toujours en rendez-vous (la série a d’ailleurs gagné l’Eisner Award de la meilleure série en cours). Le format de l’histoire se rapproche de celui de Scalped : l’intrigue ralentit, et le scenario se concentre sur la personnalité et le passé d’un personnage clé (le coach). C’est intéressant, mais espérons que ça ne dure pas trop, j’avais trouvé Scalped trop long. A suivre !

Nom série  Adivasis Meurtris  posté le 17/08/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Par certains aspects « Adivasis Meurtris » m’a rappelé un autre album soutenu par Amnesty que j’ai lu récemment : Le Sentier lumineux. On y retrouve dans les deux cas une minorité civile coincée entre un mouvement communiste extrémiste (les naxalistes dans ce cas) et un gouvernement (via ses milices) qui s’entête dans la violence. 21eme siècle oblige, « Adivasis Meurtris » ajoute un troisième épouvantail au cocktail : la machine capitaliste et les grosses multinationales souhaitant s’implanter dans la région et profiter des ressources naturelles.

Contre ces 3 mastodontes, les Adivasis, peuple indigène et fermier, ne font pas le poids, et sont persécutés dans l’indifférence presque générale. Les quelques voix qui tentent de s’élever sont vite victimes d’intimidations en tout genre voire d’emprisonnement. La situation semble désespérée, la faute à une culture de corruption qui gangrène le système politique indien. Bref, une lecture déprimante et révoltante.

Au niveau de la réalisation de l’album, signalons quand même des textes en « voix off » un peu lourds, mal peut-être nécessaire pour présenter les faits, mais je note quand même que le medium de la bande dessinée et ses spécificités ne sont pas forcément bien exploités (sans que cela gâche la lecture).

Un album instructif, que je conseille aux amateurs du genre.

Nom série  Le Déploiement  posté le 03/08/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Nick Sousanis est professeur de bandes dessinées et publie de nombreux articles sur les bienfaits de l’apprentissage par ce medium. Il démontre la validité de son discours d’une façon pour le moins originale : cet album est la première thèse de doctorat réalisée entièrement en bande dessinée !

Le thème central est philosophique : les limites de notre système perceptif, nos conditionnements et les moyens de nous en libérer pour déployer nos potentialités. En s’aidant de nombreuses références scientifiques et philosophiques, l’auteur nous démontre que notre compréhension est bridée par nos perceptions dimensionnelles et temporelles, nos acquis, nos expériences passées, notre langage, notre société et ses règles établies… et comment s’en libérer pour mieux s’émanciper et se « déployer ».

Il en profite aussi pour nous exposer sa passion pour le medium de la bande dessinée. Son discours est assez similaire à celui de Scott McCloud dans L'Art Invisible. Il explique comment la fusion de deux langages (textuel et graphique) permet de mieux représenter des concepts complexes en se libérant des contraintes et des limites linguistiques. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que la démonstration est réussie. Les planches sont époustouflantes et font preuve d’une lisibilité et d’une ingénuité narrative rarement vues… sans oublier d’être magnifique esthétiquement parlant.

Un album incroyable, passionnant, pas forcément facile d’accès (il s’agit d’une thèse, le langage employé est parfois un peu lourd, et les références académiques abondent), mais indispensable… un sans-faute selon moi !

Nom série  Rituels  posté le 01/08/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je suis vraiment fan du travail d’Ortiz (Murderabilia, Cendres) mais je dois avouer que je reste sur une impression mitigée suite à lecture de ce nouvel album.

J’ai trouvé l’intrigue prenante, et j’aime beaucoup la narration, avec ces différentes histoires sans liens apparents qui se recoupent petit à petit. Le mystère autour de ces statuettes est vraiment intriguant.

J’adore aussi le style graphique de l’auteur, son trait aéré, le découpage des planches (ce mélange de grandes cases et de toutes petites cases) et les couleurs sont vraiment belles.

Mais voilà, comme le dit déjà Ro dans son avis, la fin ne m’a pas du tout satisfait. Je ne l’ai pas compris (malgré une relecture), et je suis ressorti de ma lecture déçu et frustré. Dommage, ça gâche un peu l’album en ce qui me concerne… je mets quand même 3/5 pour le dessin et le début de l’histoire, mais sans conseiller l’achat.

Nom série  Pelote dans la fumée  posté le 21/07/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Cette histoire se déroulant en Croatie pendant la guerre (même si cette dernière n’est pas montrée) m’a captivé et beaucoup ému. Le ton est très sombre, la vie de ces enfants est vraiment épouvantable, et on ressent leur peine et désespoir… leur monde est dur, bâti à coup de bagarres et d’alcool. Il y a des notes d’optimismes parsemées çà et là, mais globalement la cruauté domine.

J’adore le dessin de Miroslav Sekulic. Il est minutieux et fourmille de détails (sur certaines cases ca vire presque à l’obsessionnel !). Le style des personnages est vraiment original, et les couleurs directes sont belles (tantôt vives et colorées, tantôt grises et sombres, selon l’humeur).

Un diptyque vraiment recommandable, prenant et touchant…

Nom série  Rosa de Habana  posté le 18/07/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
« Rosa de Habana » est selon l’éditeur le premier album 100% cubain publié en français. Comme quoi le monde recèle de talent dans ses moindres recoins, les deux auteurs font ici preuve d’une maturité narrative et graphique irréprochable.

L’histoire est certes un peu classique, avec cette histoire du gars romantique qui tombe amoureux de la mauvaise femme. Mais elle est agréable et remarquablement contée. La fin est un peu convenue, mais a réussi à me toucher.

La mise en image est superbe, le trait est maitrisé, regardez donc ces visages, c’est beau, expressif. Le noir et blanc ajoute vraiment du cachet à l’histoire.

Une histoire classique, mais jolie et remarquablement racontée. En espérant relire des BDs cubaines dans le futur !

Nom série  Sara  posté le 18/07/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
« Sara » est un album partiellement autobiographique, inspiré du séjour de l’auteur en Allemagne.

La trame typiquement « roman graphique » aurait pu être ordinaire et déjà vue, mais cette logeuse étrange ajoute un côté intriguant et inquiétant à l’histoire, et la fin est assez bien vue, sans être révolutionnaire. Le thème du deuil de son père aurait pu ajouter du poids au propos, mais il est finalement assez peu exploité.

Le dessin est joli, même si je regrette la simplicité des décors, qui ne font pas vraiment visiter l’Allemagne.

Un roman graphique sympathique, prenant, mais pas vraiment inoubliable. A réserver aux amateurs du genre.

Nom série  MangeCoeur  posté le 15/07/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Un conte magnifique, par l’auteur de La Confrérie du crabe que j’avais déjà adoré.

L’histoire est d’une créativité incroyable, les 3 tomes proposent un voyage dans le loufoque et l’imaginaire que je ne suis pas prêt d’oublier. La quête de l’enfant est touchante, et prenante. Par contre je dois avouer ne pas avoir saisi tous les détails du scenario, notamment la fin, ce qui dérange mon côté un peu cartésien et terre-à-terre.

Le dessin de Andreae est magistral. Il fourmille de détails, et la composition des planches et les « cadrages » sont parfaits. Un plaisir pour les yeux.

Un voyage inoubliable, malgré un scenario un peu confus en ce qui me concerne.

Nom série  Outcast  posté le 22/04/2015 (dernière MAJ le 11/07/2016) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
(MAJ après lecture du tome 2)

« Par le créateur de Walking Dead », l’autocollant attire forcément le fan que je suis. Pourtant je ne suis pas amateur de victimes possédées et d’exorcisme, et j’avais un peu peur de faire un blocage (comme Pol – voir son avis). Mais j’étais déjà allergique aux histoires de zombis, et Walking Dead avait su me convaincre, alors je me suis lancé…

… et je ne le regrette pas du tout. J’ai lu les deux tomes parus à ce jour, et j’ai trouvé l’histoire très prenante et remarquablement racontée. L’auteur maîtrise vraiment son art, la narration est aux petits oignons, et les personnages bien développés.

Le dessin de Paul Azaceta n’est pas en reste, et sert parfaitement le récit, avec des tons souvent sombres.

Vivement la suite !

Nom série  Panthère  posté le 11/07/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J’avais beaucoup aimé Les Amateurs du même auteur, mais avec Panthère je suis un peu resté sur ma faim.

L’histoire est intrigante, avec ces animaux s’échappant de l’armoire de la petite fille, et leurs motivations pas toujours très claires. Il y a un côté sombre, voire lugubre, qui m’a plu, et il faut avouer que l’auteur fait preuve de beaucoup d’imagination. Mais je trouve que l’histoire tourne un peu en rond et traine en longueur. La narration est faite de nombreuses petites cases avec beaucoup de dialogues, ce qui est un peu rébarbatif, et surtout ne met pas vraiment en valeur le dessin de l’auteur (sauf sur quelques pleines pages de toute beauté).

Un album rigolo, mais un peu longuet en ce qui me concerne. Pas mal sans plus.

Nom série  Le Sentier lumineux  posté le 23/06/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Je dois avouer qu’avant de découvrir cet album, je n’avais même pas entendu parler de ce conflit armé ayant ravagé le Pérou dans les années 80.

Les auteurs (tous nés à Lima !) ont réalisé un album exemplaire, qui parvient à montrer les horreurs du conflit, mais aussi à les expliquer, à analyser le contexte historique et social, dans la BD même, mais aussi dans de courts articles textuels venant s’intercaler entre chaque chapitre (je vous rassure, ces derniers n’alourdissent pas trop la lecture). On COMPREND l’horreur vécue par les paysans et les indigènes, pris en tenaille entre les « terroristes » communistes et l’armée. Cette dernière a commis des crimes impardonnables, dans la plus grande indifférence du gouvernement. A ce jour, seule une faible proportion de ces criminels de guerre a été condamnée, malgré le militantisme d’Amnesty International.

La lecture est éprouvante. Pas à cause de la narration, qui est au petit oignons, malgré un texte assez présent (un mal nécessaire). Non, à cause du contenu même : les auteurs n’hésitent pas à dessiner la guerre dans toute son horreur : exécutions sommaires d’hommes, femmes et enfants, viols, tortures, fosses communes. Surtout qu’ils agrémentent leurs planches de quelques photos d’époque (comme Didier Lefèvre et Emmanuel Guibert dans Le Photographe), ce qui ajoute un poids supplémentaires aux images.

Un album édifiant, instructif, et parfaitement réalisé… à mettre entre toutes les mains !

Nom série  L’Étrange  posté le 21/06/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Jérôme Ruillier (né à Madagascar mais aujourd’hui isérois !) a publié plusieurs albums sur le thème de l’immigration et de la tolérance. J’ai notamment lu son adaptation du roman Les Mohamed, qui m’avait beaucoup plu, mais qui comportait certains défauts inhérents à ce genre d’exercice (la lourdeur de la narration, notamment).

« L'étrange » est une œuvre originale, écrite pour le medium de la BD, et cela se ressent à la lecture. La narration est maîtrisée et ingénieuse. L’auteur raconte les déboires du protagoniste sans jamais lui donner la parole (puisqu’il ne parle pas notre langue), au travers des yeux des gens (et animaux !) autour de lui. C’est bien vu, d’autant plus que le silence de l’intéressé ajoute un message fort, et renforce le sentiment d’isolement.

A noter aussi que le pays et l’époque des événements sont passés sous silence, ce qui donne une certaine universalité temporelle et géographique à l’histoire.

Le récit est très humain et se focalise surtout sur les réactions et les émotions des personnages. On voit de la cruauté et de l’intolérance, bien entendu, mais aussi de la bonté et du militantisme qui font chaud au cœur. Le « réseau » n’est une nouvelle fois pas nommé, et représente j’imagine le travail de nombreuses associations (France Terre d’Asile, Amnesty etc.)

L’album aborde aussi le thème du déchirement familial et des retrouvailles pas toujours faciles (sa fille avait 1 an lors de leur séparation forcée, elle en a maintenant 5, je vous laisse imaginer la chose).

Voilà, il y a beaucoup à dire sur cet album, mais finalement le mieux serait de le lire !

Nom série  Clair obscur  posté le 21/06/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je me retrouve un peu dans l’avis de elveen. J’aime beaucoup le sujet de cette histoire, cette relation ambiguë au background historique lourd de sens, cette réflexion sur l’Art et l’importance relative de telle ou telle œuvre. J’adore le dessin en noir et blanc et l’ambiance qui en découle.

Mais de manière générale, je reste sur une impression de trop peu. J’ai trouvé certains passages un peu mous, un peu trop chargés en dialogues pas toujours passionnants. Et puis la fin a fait retomber le soufflé en ce qui me concerne, il n’y pas vraiment de dénouement, pas de conclusion.

Un album original, qui a su captiver mon attention, mais pas vraiment marquant.

Nom série  La Règle du jeu  posté le 20/06/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Mosquito continue de publier les histoires de l’Ouest américain de Serpieri (j’ai personnellement déjà lu Chaman, Peaux rouges et John and Mary).

On sait à quoi s’attendre : l’auteur est passionné de culture indienne, et propose des histoires certes classiques, mais remarquablement écrites et racontées. Le ton est toujours très humain, les intrigues s’amusent du destin des personnages de façon cruelle.

Et puis la mise en image est bien entendu magistrale, tout est parfait, les compositions, la précision du dessin, quel délice pour les yeux !

Un chouette album, à recommander aux amateurs du genre.

Nom série  Holy Wood - Portrait fantasmé de Marilyn Monroe  posté le 20/06/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
De Tommy Redolfi j’avais déjà beaucoup apprécié Viktor, qui m’avait beaucoup touché, et j’ai un peu retrouvé les mêmes qualités dans « Holy Wood ». Le titre complet de l’album parle d’une version « fantasmée » de la vie de Marilyn Monroe, et c’est ce qui fait selon moi la force du récit.

L’auteur s’éloigne volontairement de la réalité, et présente son histoire comme un conte prenant place à « Holy Wood », monde imaginaire aux allures inquiétantes et aux personnages aux visages déformés. Cet aspect apporte un certain symbolisme à l’histoire, et lui ajoute un côté universel, chacun pourra l’interpréter différemment selon ses références.

L’ambiance générale est très sombre et lugubre. Le monde décrit est dur, et broie les jeunes starlettes impitoyablement. Le récit devient de plus en plus psychédélique au fur et à mesure que Marilyn boit et se drogue. La fin est à ce titre ouverte et pas forcément très claire. Mais je suis ressorti bouleversé de ma lecture.

Le dessin et les couleurs sont absolument magnifiques, et contribuent grandement à l’ambiance onirique et lugubre.

Une lecture indispensable.

Nom série  Rêve d'Olympe  posté le 16/06/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
A l’heure de discussions incessantes sur la politique immigration en Europe, de débats sur « Brexit », et de percées de l’extrême-droite dans de nombreux pays, « Rêve d'Olympe » arrive à point nommé, et nous rappelle un message humain et humaniste : non, les réfugiés qui s’amassent aux frontières de l’Union Européenne ou se noient dans la Méditerranée ne sont pas des terroristes barbus aux poches remplis de grenades. Il s’agit de familles, de femmes, d’enfants, fuyant l’horreur de la guerre, de la famine, vers un monde qu’ils imaginent meilleur. L’ironie est que bon nombre de ces réfugiés fuient les islamistes que nous redoutant tant dans nos contrées.

C’est le cas de Samia Yusuf Omar, persécutée dans sa Somalie natale par les milices islamistes contrôlant son quartier. Une femme « bien », ça ne court pas, vous pensez bien. Et puis quoi encore, voter et s’éduquer ? Son échappée vers l’Europe est poignante, et son dénouement tragique presque inévitable.

La réalisation de l’album est exemplaire, même si l’auteur avoue dans l’introduction ne pas avoir eu accès à toutes les informations nécessaires. Il a donc du romancer et imaginer la plupart des scènes. Son histoire est donc plutôt « inspirées de faits réels » que vraiment factuelle. Cela n’enlève selon moi pas de poids au récit. Reinhard Kleist n’en est pas à son coup d’essai, et a réalisé plusieurs albums au contexte historique intéressant (Le Boxeur (Casterman), Castro, Johnny Cash - Une vie).

Une lecture hautement recommandée !

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