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... a posté 1630 avis et 262 séries (Note moyenne: 3.08)

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Nom série  Sang et encre  posté le 02/03/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J’ai commencé cette série avec un peu de réticence. La faute d’abord à un dessin que je ne trouvais vraiment pas bon. Même s’il progresse un peu au fil des trois tomes, j’ai passé outre cette réticence.

Le début de l’histoire me rebutait aussi. Et là, je dois dire que ça s’est vraiment amélioré au point de me la rendre intéressante. Rien d’extraordinaire ni de trop original pourtant, mais ce récit de pirates, tournant autour d’un écrivain public enrôlé jeune et contre son gré sur un navire corsaire – qui deviendra pirate rapidement, se laisse lire agréablement.

Moins d’ambition ou d’esbroufe que d’autres séries sur les pirates (comme Barracuda par exemple), et bénéficiant d’un dessin bien moins attrayant, c’est pourtant un récit que je vous recommande, plein de désillusion, d’amertume, loin des envolées lyriques sur lesquelles surfent souvent les séries traitant du thème : Libertalia n’est ici vue que comme un rêve stérile, sec, un mirage à oublier.

Une honnête série, qui mérite un petit détour.

Nom série  90 Livres Cultes à l'usage des personnes pressées  posté le 01/03/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Indépendamment de l’intérêt de parler de « livres cultes », de l’idée que chacun s’en fait (un certain nombre des livres choisis ici ne sont pas pour moi parmi les plus importants de la littérature mondiale, et j’aurais fait d’autres choix), on peut trouver intriguant le concept de cet album.

Contrairement à ce que le titre sous-entend, cet album ne s’adresse pas à des incultes voulant se payer une culture littéraire à peu de frais (et de temps !). En effet, il est nécessaire de connaître un minimum le livre présenté pour « comprendre » ce qu’en dit Lange, sinon, ça n’a que très peu d’intérêt en fait. C’est donc censé être une longue suite de clins d’œil, très brefs, à une sorte de « bibliothèque idéale » de l’auteur.

Et il est vrai que présenter un bouquin en trois cases à chaque fois relève de la gageure. Surtout que, la plupart du temps, cette présentation n’est pas vraiment représentative de l’œuvre originale. Mais pourquoi pas ? On pourrait tout à fait n’y voir qu’un prétexte à loufoquerie.

Et c’est plutôt là que le bât blesse. C’est presque toujours creux, vain, plat, quasiment jamais drôle. Et donc, du coup, je ne saurais vous conseiller cette fausse bonne idée à l’achat (un éventuel emprunt pouvant largement suffire, c’est vite lu en plus).

Nom série  Carmen Mc Callum  posté le 01/03/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je n’ai lu que les deux premiers cycles (soit les cinq premiers albums de la série), mais n’ai pas été convaincu suffisamment pour poursuivre la lecture de cette série. Qui possède pourtant quelques atouts.

D’abord de ne pas se prendre la tête avec des théories ou des installations inutilement alambiquées, comme souvent dans les séries de Science-Fiction (c’était un peu l’idée de cette collection « Série B » de chez Delcourt d’ailleurs).

Ensuite, puisque les fioritures sont d’emblée écartées, on mise tout sur l’action. Et c’est vrai que dès le début, ça pulse ! Duval donne du rythme à tout va, et veille à ce que l’action ne ralentisse pas, dans une surenchère de fusillades, de courses poursuites, mêlant Yakuzas, autorités américaines et onusiennes et divers groupes satellites.

Mais ce qui pourrait faire l’intérêt de cette série est aussi sa faiblesse : on se lasse vite des péripéties, emporté par la vitesse qui empêche l’action de trouver assez de crédibilité. Qui nous empêche aussi de nous attacher aux protagonistes, dont l’histoire et la personnalité, malgré quelques infos distillées çà et là, ne sont pas assez affirmées. C’est le cas en particulier de Carmen, la mercenaire héroïne de la série, qui aurait sans doute gagné à voir étoffée sa personnalité (et à se voir attribuer des traits de caractère plus tranchés).

Le dessin, souvent très gras, brouillon, voire carrément bâclé par endroit, n’est pas folichon – même si là aussi, Gess devait peut-être, comme pour le scénario de Duval, souscrire à un cahier des charges misant tout sur le rythme, au détriment du détail. Ce dessin est en tout cas daté, comme pour beaucoup de séries Delcourt de l’autre siècle.

Note réelle 2,5/5.

Nom série  Buddy Longway  posté le 01/03/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
« Buddy Longway ». Voilà une série que j’aimais beaucoup lire lorsque les albums sortaient et étaient disponibles dans ma bibliothèque municipale, étant plus jeune. Et que je viens de relire avec encore pas mal de plaisir.

Derib l’a développée en parallèle de son autre grand succès « amérindien », Yakari. D’ailleurs, le dessin des premiers albums garde encore ce trait. Mais à partir du troisième et surtout du quatrième album, Derib durcit son trait (c’est très sensible pour les visages, mais aussi pour les têtes des chevaux).

Il faut dire que, contrairement à « Yakari », « Buddy Longway » s’adresse à tous les publics – même si enfants et surtout ados y trouvent peut-être plus leur compte ? Autre différence avec « Yakari », Derib a pris le parti de faire murir, vieillir ses personnages, au fur et à mesure que les années passent et que la famille s’agrandit (contrairement à Thorgal par exemple, sur qui les ans ne semblent pas avoir de prise !). C’est une chouette idée.

Pour ce qui est des histoires, elles sont assez inégales, mais généralement bien menées. Le début est influencé par l’excellent film « Jeremiah Johnson » (sorti deux ans avant le premier album). C’est assez contemplatif, « naturaliste ». Proche de La Saga du Grizzli ou, par certains côtés, de Cartland, pour rester dans le médium Bande Dessinée. Le dessin de Derib est très bon, pour tous les animaux, et est raccord avec l’ambiance développée.

Série intéressante, mais qui souffre de quelques défauts. Je trouve que parfois Derib retombe dans certaines facilités, mièvreries, qui affleurent dans « Yakari », avec certains passages un peu édifiants (surtout lorsque Buddy raconte des histoires à ses enfants, autour d’animaux et de chasse). Chinook se convertit aussi trop vite en bonne ménagère paysanne…

Pour le reste, pour peu qu’on ne recherche pas uniquement de l’action et qu’on ne jure pas que par le western spaghetti, voilà une série western très recommandable.

A noter le clin d’œil hommage de Derib au grand maître du dessin de western et dessinateur de Blueberry, puisque dans l’album « L’eau de feu », un fermier du fort (qui réapparaitra ultérieurement) lui ressemble furieusement, et s’appelle… Jean Giraud ! (et le dialogue suivant fait lui allusion à son double, Moebius : « Giraud est souvent dans les étoiles (…) »). Mac Clure en personne apparaît même quelques pages dans l’album « La vengeance ». Amusant, non ?

J’arrondis à quatre étoiles pour mes bons souvenirs de lectures d’enfant et d’ado, alors que je ne voyais pas forcément les quelques défauts de la série.
Note réelle 3,5/5.

Nom série  Village toxique  posté le 28/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
C’est le dernier album de ce duo d’auteurs qu'il me restait à aviser, voilà qui est fait. Et c’est encore pour vous en recommander lecture et achat.

Même si j’ai vu qu’une nouvelle édition à l’italienne (comme leurs séries habituelles) existe, c’est dans le format originel que je la possède (petit, mais deux fois plus haut que leurs autres séries).

Pour le reste, pas trop de changement dans la forme pour qui les connaît. En effet, le texte de Grégory Jarry, mêlant sérieux et second degré, voire digressions farfelues, est accompagné en dessous par le dessin minimaliste d’Otto T., lui aussi jouant sur divers degrés : les deux sont encore parfaitement complémentaires.

Pour le fond, peu de changement là aussi. En effet, le texte de Jarry est très engagé, et ciblé ici sur un sujet précis : l’enfouissement des déchets nucléaires, pas très loin en fait de Poitiers, où sont sises les éditions Flblb. Réflexion salutaire, « citoyenne », bien menée, avec la dose d’humour qui chasse les risques du prêchi-prêcha.

A lire.
Note réelle 3,5/5.

Nom série  L'Amour est une haine comme les autres  posté le 28/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Bon, je me retrouve bien dans l'avis de Ro.

En effet, c'est un album qui traite d'un sujet intéressant (le racisme dans le Sud des Etats-Unis, dans la première moitié du XXème siècle), et qui l'aborde par le biais d'une amitié très forte et durable entre un Blanc (riche) et un Noir (pauvre) - même si ces inégalités, en allant de soi dans ce cadre, font ici un peu caricatural par rapport aux relations que ces deux personnages entretiennent.

Et c'est là que le bât blesse. Il y a trop de choses improbables, peu crédibles dans cette histoire pour que je puisse m'y accrocher.
L'amitié entre deux personnages que tout oppose (couleur de peau, statut social, "intelligence", débrouillardise) est amenée brutalement, sans trop d'explication (et quasi caricaturale), et le pacte entre les deux hommes m'est lui aussi apparu comme artificiel.

Comme Ro, j'ai trouvé totalement improbables les morts des deux mères: les circonstances bien sûr, mais aussi la similarité. C'en était presque ridicule pour la deuxième, trop forcée.

Quant à la chute, si relier tout ça par un saut de puce avec le combat quelques années plus tard de Martin Luther King est une bonne idée, c'est un peu téléphoné, brutal - et peu exploité du coup, et surtout cela s'accompagne de nouveaux détails improbables sur la vie des deux héros

Dans un cadre un peu similaire, on est très loin de "La poursuite impitoyable" d'Arthur Penn.

Nom série  Les Terres creuses (Nogegon)  posté le 27/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Comme son titre, cet album tire clairement vers le palindrome – même s'il est imparfait.

C'est déjà le cas pour l’histoire elle-même, dans laquelle le personnage de Nellen vit comme à rebours les aventures d’Olive. Mais c'est aussi sensible dans cette fascination/obsession des habitants de cette « Terre creuse » pour la symétrie, de laquelle rien ni personne ne doit dévier.

J’ai bien aimé cette histoire assez poétique, dans laquelle on n’échappe pas à son destin (beaucoup de tragédie grecque dans cette intrigue). La narration est posée, tranquille, ce n’est pas de la Science-Fiction pleine d’action !

Le dessin est bon – même si les personnages sont un peu statiques. En tout cas j’ai bien aimé l’univers des décors, et la colorisation.

Un chouette album dont je vous recommande la lecture. Note réelle 3,5/5.

Nom série  L'Ile aux Mille Mystères  posté le 26/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Dès la page de présentation du « casting » (les cinq personnages principaux), j’ai su que j’allai aimer cet album.

Ce casting (nom et « qualité » des personnages) annonce déjà les influences majeures qui vont irriguer cette histoire. Influences que l’on retrouve un peu partout ensuite, de manière plus ou moins affichées.

Les débuts du cinéma et ses prolongements d’une poésie noire dans l’expressionnisme allemand (avec les personnages de Méliès et Murnau, entre autres). Mais Picasso est aussi convoqué pour les décors (une pleine page est directement inspirée d’un de ses tableaux), comme Klimt pour Fu Jong-Chu. Un officier allemand, un chien au langage argotique et une pin-up asiatique toute droit sortie d’un film de série B complètent la fine équipe qui se retrouve prisonnière d’une « île mystérieuse ».

Vous l’aurez compris avec cette dernière expression, c’est avant tout sous les auspices de Jules Verne que cette aventure se présente (décor, noms, certains dialogues), Verne et ses continuateurs (l’éléphant mécanique du début ressemble à l’éléphant des Machines de l’île de Nantes, dans lequel j’ai fait une petite balade avec mes enfants il y a deux-trois ans). Mais sont aussi convoqués certains inventeurs de voyages dans le temps, comme H.G. Wells (certes on ne s’éloigne pas de Verne avec lui !), mais aussi Emmett Brown (le savant du film « Retour vers le futur » !, ici personnage truculent avec sa femme et son franglais de pacotille).

Ajoutez à ce casting improbable un savant asiatique, Fu Jong-Chu (démarque de Fu Manchu, qui incarnait le génie du mal asiatique dans des romans populaires de l’entre-deux guerres), qui n’est autre que Kim Jong-Il, le délirant dictateur nord-coréen. Vous comprendrez qu’on est là dans la farce autant que dans le récit d’aventure !

D’autant plus qu’est avancée ici une explication improbable aux disparitions mystérieuses dans le Triangle des Bermudes ! Mais l’histoire ne fait pas qu’empiler les références et les clins d’œil (auxquels certains lecteurs sont peut-être insensibles), elle se laisse lire agréablement, y compris par un lectorat plus jeune et vierge de toutes les références évoquées précédemment.

Le dessin est lui aussi original. Les cases brinquebalantes – voire totalement absentes, dans lesquelles la perspective est parfois refoulée, les personnages parfois en chute libre sur des à plats, tout ceci nourrit aussi l’impression à la fois enfantine (une colorisation qui « fait » parfois coloriage d’enfant ?, mais qui est en tout cas très chouette) et poétique du dessin. Cela ressemble souvent à une sorte de court métrage d’animation.

Lecture chaudement recommandée en tout cas !

Nom série  Rumeurs sur le Rouergue  posté le 25/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cet album est une curiosité. D’abord parce que c’est probablement l’une des premières – si ce n’est la première – productions de Tardi (la première publication dans Pilote date de 1971). Et ce d’autant plus que son trait diffère nettement de ce qu’il sera dans ses œuvres postérieures. Ensuite parce c’est un reflet assez net de certaines aspirations de l’époque.

En effet, l’album baigne dans l’atmosphère post-soixantuitarde, avec la mise en avant et la valorisation du retour à la campagne, de l’autogestion, et la critique du grand capital, des CRS et de la grande bourgeoisie.

Hélas, si cela ne manque pas d’intérêt en soi, c’est ici traité de manière assez naïve et très datée. C’est parfois assez proche de ce que Christin va publier au même moment avec Bilal, comme La Croisière des Oubliés et Le Vaisseau de Pierre : l’ensemble a très mal vieilli je trouve ! C’est trop manichéen, cela manque de coffre. De plus, l’apport du petit monde des lutins n’est ici pas vraiment bien exploité.

Une curiosité donc, mais qui, 45 ans après, peine à trouver une seconde jeunesse.
Note réelle 2,5/5.

Nom série  Photos-BD  posté le 25/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Quand il m’arrivait de lire plus régulièrement Fluide Glacial, il y a maintenant assez longtemps, les romans photos de Léandri m’attiraient toujours. Je trouvais généralement très réussis ces exercices de déconne.

Cet album en regroupe une dizaine. Pas tous réussis, et avec un intérêt inégal. Mais l’ensemble est tout de même très recommandable.

En effet, Léandri renouvelle ses histoires, avec des scénarios très divers, même si l’absurde et le loufoque dominent largement. J’ai en particulier bien aimée l’histoire sur les clients de taxis, très drôle, et avec une bonne chute. La première, sur Cyrano, est par contre celle à laquelle j’ai le moins accroché.

Voir certaines stars de Fluide et accessoirement copains de Léandri jouer au con dans ces histoires à deux balles est un plus, et j’imagine les tranches de rigolades qu’ils ont dû se payer en prenant la pose !

Album sympa, à (re)découvrir).

Nom série  La Caste des Méta-barons  posté le 24/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Mon avis recoupe en grande partie celui d’Agecanonix à propos de ce Space Opéra contant (ce sont deux robots qui se racontent l’histoire) le destin tragique de la dynastie des Castaka.
En effet, j’ai été lassé au bout d’un moment par cette histoire qui ne se renouvèle pas trop au fur et à mesure qu’apparaissent les derniers entrants de la généalogie.

C’est vraiment du rentre dedans, de la grosse artillerie (dans tous les sens du terme !) que nous sort là Jodorowsky. Et cela passe trop souvent par des raccourcis qui assèchent un peu le récit, et lui ôte une partie de sa portée épique.

Le récit est toutefois aéré par quelques touches d’humour. Essentiellement dans les dialogues entre les deux robots (même si ce sont un peu les mêmes vannes qui reviennent). Et peut-être aussi dans cette avalanche de termes techniques, cette logorrhée emphatique et survoltée, dont use Jodorowski dans les dialogues et dans les commentaires hors phylactères : je ne peux m’empêcher de penser qu’il y a là quelques second ou troisième degrés – même si Jodorowsky est coutumier d’une surenchère mystique, et qu’il ne connaît que rarement la demi-mesure.

Le dessin de Gimenez est globalement bon, voire très bon par endroits (superbes décors, jolis corps de femmes par exemple). Je mettrai juste un bémol pour sa propension à représenter les personnages la gueule ouverte, les dents en avant. Si ce n’est une publicité pour les dentifrices, on a l’impression que tout le monde crie tout le temps !
Et je trouve souvent la colorisation trop terne…

Note réelle 2,5/5.

Nom série  Salade tomate oignon  posté le 24/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Voilà un album sans prétention, mais qui est globalement sympa à lire.

C’est une suite de petites histoires au ton à chaque fois doux amer, flirtant parfois avec l’humour con et/ou noir. De l’humour qui ne déclenche pas forcément des éclats de rire, certes, mais qui réussit le pari de la déconnade, usant parfois d’un second degré un peu froid.

Sympathique à lire, donc, cet album bénéficie de l’aide de « copains » des auteurs, qui apparaissent par l’intermédiaire de certains de leurs personnages (Bouzard, Goossens, Fabcaro, Boris Mirroir, Erre…).

Petit moment de détente (vite lu quand même) recommandable.

Nom série  Les Mange-bitume  posté le 23/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Voilà un album que je recherchais depuis pas mal de temps, en ayant beaucoup entendu parler – et en bien.

Publié au début des années 1970, cet album est par certains côtés sacrement « daté ». Et en particulier par le dessin et surtout la colorisation, typiques de cette période.

Le sujet ensuite. Dès le prologue, on sent le contexte de la fin des Trente glorieuses et des années Pompidou, avec la modernisation du pays, et en particulier les infrastructures de transport (c’est le moment de la construction du périphérique de Paris par exemple).

Ce prologue nous lance peu à peu dans une sorte d’anticipation « modérée » des développements de la civilisation de l’automobile, pour en arriver à une situation où tout ce passe sur la route, chacun errant sans cesse sur les rubans d’autoroute, vivant dans des « cars » (un peu comme dans un sketch de Raymond Devos).

S’ensuivent plusieurs petites histoires, montrant l’absurdité, la froideur de ce monde dans lequel nul ne sort plus du rang – et de sa voiture.

Je regrette juste des commentaires off trop verbeux, un peu lourds.

Mais pour le reste, c’est vraiment un album intéressant. D’abord par sa dénonciation – par l’absurde (et parfois quelques moments de poésie et d’humour un peu noir) de la civilisation de l’automobile. Mais cela va aussi plus loin, en s’attaquant à la société de consommation, plus généralement, chaque automobiliste n’étant plus qu’un consommateur captif, voyageant et/ou achetant, consommant sans état d’âme ni volonté propre.
Enfin, l’une des histoires (la plus longue) est une critique très bien fait du fonctionnement de la démocratie, qui écarte les vrais débats au profit d’autres complètement annexes, et qui fait croire aux électeurs qu’ils décident vraiment de choses que d’autres (ici des machines) décident en fait pour eux.

La prise de pouvoir finale par les machines est un amusant pied de nez à cette civilisation du consommateur automobiliste, sensé acquérir sa liberté (de déplacement entre autres) grâce à l’outil qui pourtant l’asservit.
Après un prologue faisant l’apologie (ironique) du progrès, la chute est un amusant contrepied !
Pas facile à trouver –et pas toujours en bon état, comme souvent pour cette collection de Dargaud, très fragile – cet album est clairement à redécouvrir.
Note réelle 3,5/5.

Nom série  Shangri-La  posté le 22/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
C’est un album imposant, par le format relativement grand et la pagination (plus de 220 pages) que le label 619 des éditions Ankama (auquel Bablet fait un petit clin d’œil page 37…) nous sort ici.
Un album qui possède qualités et défauts.

Qualités et défauts se retrouvent d'ailleurs à la fois dans le scénario et la partie graphique.
En effet, on découvre de superbes planches, que ce soit des plans larges dans l’espace, certaines scènes sur des planètes ou les décors minutieux de la station spatiale, c’est souvent très chouette. La colorisation est elle aussi intéressante.
Par contre, le dessin des personnages m’a un peu gêné. Outre qu’il est parfois difficile de les différencier, je n’ai pas vraiment aimé les visages.

Pour ce qui est de l’histoire, elle est relativement bien fichue, influencée par « 1984 », « 2001 l’Odysée de l’espace » ou par l’univers de Philip K. Dick. On y retrouve aussi une critique de la société de consommation, et plus particulièrement de l’endoctrinement par la publicité (critique aussi de la démocratie et de sa « fabrication du consentement », pour citer Chomsky) par l’emprise tentaculaire des firmes transnationales. Les techniques de marketing des géants de l’immatériel (Google en tête), voire celles de firmes comme Apple (les campagnes de lancement des téléphones Tianzhu singent les arguments de « nouveauté permanente » des I-phones) sont ici clairement attaquées. Indirectement, mais aussi plus directement par la révolte de rebelles dans la dernière partie.

Intrigue intéressante donc, avec quelques faiblesses selon moi.
D’abord, le côté un peu facile et déjà vu de la critique sociale de Bablet – même si cela ne tombe pas dans le prêchi-prêcha.
Ensuite, j’ai trouvé certains passages confus. En particulier dans le dernier tiers.

Un album qui mérite le détour.
Note réelle 3,5/5.

Nom série  Murena  posté le 22/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Je n’ai pas toujours été convaincu par les productions de Dufaux – loin s’en faut ! –, mais là, je dois dire que c’est plutôt une réussite.

L’histoire romaine a déjà donné de l’inspiration à de nombreux scénaristes, qui se concentrent généralement sur le tournant entre la République et l’Empire. Si l’on met de côté Astérix, qui ne prétend pas à la crédibilité historique (en faisant par exemple de Jules César un empereur), la plupart des séries ont cherché à maintenir un verni historique pour enjoliver les libertés prises par les scénaristes avec la réalité. Bien souvent c’est bancal et la mayonnaise n’a pas pris.

Ici, bien au contraire, je trouve que le travail de Dufaux est équilibré. Il a cherché à « respecter » une trame historique, jusque dans certains détails (expressions, mœurs, personnages, événements), ce que confirme la courte bibliographie (allant du relativement érudit à la grande vulgarisation) qui clôt chacun des albums. C’est plutôt bien fait, mais en plus, cela ne nuit pas à la fluidité d’une intrigue vraiment bien fichue, centrée autour de Néron (il faut dire que les premiers empereurs romains, leur entourage et leurs mœurs offrent aux scénaristes un terrain de jeu fourmillant de possibilités).

La grande et les petites histoires sont ici habillement mêlées, avec le personnage de Lucius Murena comme fil rouge et catalyseur d’intrigues entremêlées. Du classique, mais bien fichu donc, une aventure que je vous recommande. Peut-être une légère baisse de régime dans le neuvième tome, mais je fais confiance à Dufaux pour relancer l’aventure après l’incendie de Rome et les persécutions contre les chrétiens.

Si la lecture est aussi plaisante, captivante, c’est aussi que le dessin de Delaby est vraiment très bon. Très réaliste, il réussit tous ses personnages, leurs expressions, voire leur évolution (Murena par exemple). Et il croque de belles femmes, Dufaux agrémentant les albums de quelques scènes érotiques – justifiées et non pas simples prétextes – qui font d’Eros un bon complément de Thanatos, très présent dans cette série.

Une série très recommandable donc, en tout cas une belle réussite du genre historique. J’espère que la suite se haussera au niveau des deux premiers cycles (même si je m’interroge sur le temps qui passe depuis le premier album du troisième cycle ?).

Nom série  Amours Volatiles  posté le 22/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Voilà sûrement l’œuvre la moins connue de Ptiluc, si j’en crois le peu d’avis qu’elle a suscités. Et j'ai rapidement compris pourquoi ! En effet, j’avoue m’être fait gravement ch… en lisant cet album, que j’ai découvert récemment, par hasard.

J’ai en effet trouvés très lourdingues les questionnements existentiels de cette oie, avec des textes souvent en voix off d’un intérêt assez limité. Ce n’est jamais drôle (était-ce le but ?), ni même intéressant. Les humains qui la côtoient manquent eux aussi d’intérêt, dialogues et personnalités étant plus que fadasses.

Si Ptiluc semble apprécier de faire philosopher des animaux (des rats, des cochons généralement dans d’autres séries), il ne réussit pas ici à captiver le lecteur, c’est le moins que je puisse dire. Voilà clairement un gros ratage, et un album plus que dispensable.

Surtout que le dessin n’est lui non plus pas extraordinaire. Idem pour la colorisation, terne, délavée et somme toute bâclée.

Bref, voilà un album qui je pense va retomber dans l’oubli, sans que l’on puisse vraiment le regretter.

Nom série  Les Cahiers d'Esther  posté le 22/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Un gros bof pour cet album, auquel je n’ai pas du tout accroché. Ce n’est pas nul, mais cela ne m’intéresse pas.

Et cela confirme mes réticences à propos des séries de Sattouf tournant autour des jeunes, de leurs relations aux autres, de leur scolarité (j’avais été déçu par la lecture de Retour au collège par exemple).

J’ai emprunté cet album en pensant y trouver ce qui m’avait plu chez L'Arabe du futur : le même éditeur, la même utilisation de la bichromie, j’en attendais le même plaisir de lecture. Hélas c’est une déception.

En effet, je n’ai pas réussi à m’intéresser à cette gamine et ses questionnements, dialogues et péripéties me laissant indifférent. Rien de drôle non plus, rien de l’autodérision présente dans L'Arabe du futur.

Je ne sais pas à quel public s’adresse ces « Cahiers d’Esther », mais je n’en fais visiblement pas partie.

Nom série  Poupée d'Ivoire  posté le 22/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Voilà une série qui ne manque pas de qualités, d’originalité, mais qui pêche aussi par certains défauts, qui m’empêchent d’aller au-delà des trois étoiles.

Le sujet d’abord, qui sort des sentiers battus de la bande dessinée franco-belge, puisque l’on va traverser une partie des steppes d’Asie centrale et de l’Est, faire quelques incursions en Asie du sud-est, tout en nous intéressant au monde chinois, qui tente de dominer tous ces peuples.

C’est un choix osé de Franz, qui cherche à ancrer son récit dans un cadre historique précis (grosso modo fin VIIIème, début IXème siècles), en plaçant à plusieurs reprises de petites planches faisant allusion aux Carolingiens, aux conquêtes arabes…

Nous suivons dans cette série les aventures de Timok, héritier déchu d’un roi barbare, et d’une prostituée, Yu Lien : leurs relations amoureuses – pas toujours faciles ! – servent de fil rouge à ces aventures asiatiques.

Le sujet est original, et Franz s’est semble-t-il bien documenté. De plus, son dessin, s’il fait un peu « daté » (surtout dans les premiers albums), est vraiment bon. Il croque vraiment très bien les personnages et les chevaux, là-dessus pas grand-chose à redire.

Mais, si l’histoire se laisse lire plutôt agréablement (il y a là un petit côté Thorgal en Asie chez Timok !), quelques bémols m’ont un peu gêné.

Timok est passé trop rapidement du barbare sanguinaire qu’il incarnait lors de sa première apparition à la personne plus « raffinée », calme (même si cela reste violent) du reste de la série. Cette métamorphose ne m’a pas paru très crédible, même si Franz l’explique par son amour pour Yu Lien. Toujours est-il que de brute hyper virile et dominatrice, il en est presque devenu le sbire domestiqué par sa douce et tendre (j’exagère, mais pas trop), perdant un peu trop de sa « sauvagerie ».

Yu Lien, donc, à qui Franz a donné une personnalité très affirmée (n’est-ce pas le personnage principal au final ?) qui peut se défendre. Mais je n’ai pas non plus trouvé crédible la rapidité avec laquelle elle est devenue une combattante et une tueuse experte (genre ninja) après sa rencontre avec Shu Weï. Yu Lien qui, en plus de sa personnalité affirmée, dispose d’un corps très beau, et exhale une forte sensualité : à plusieurs reprises, elle exprime sa bisexualité et, plus généralement, son très fort appétit sexuel (et sa pudeur très discrète !) : là aussi c’est elle qui domine Timok (mais plusieurs fois, l’acte sexuel, pratiqué en pleine bataille m’a paru plus qu’incongru !).
Enfin, autre improbabilité, la faculté qu’ont Shu Weï et Kaliber – tous deux très vieux et blessés – à traverser une partie de l’Asie et retrouver comme par hasard vers la fin de l’épopée nos deux tourtereaux !

Malgré ces remarques, je le répète, cette histoire est un bon récit d’aventure, souvent ponctué de scènes de sexe (images soft, mais bien développées par le trait de Franz). Je regrette juste que la fin soit un peu moins réussie, voire bâclée. Si la mort de Franz explique un dernier album clairement moins bon (le changement de dessinateur est très gênant et le texte de Corteggiani n’est pas folichon), je trouve que l’intérêt baissait un peu déjà, depuis l’album « La femme lynx ».

Au passage, la réapparition de la Scythe Gorytuse au début du tome 8, montrait que Franz souhaitait lui redonner un rôle (un peu à l’image de Kriss de Valnor, la jolie et immortelle « méchante » dans Thorgal je trouve, pour reprendre ma comparaison précédente, mais la mort de Franz nous prive de cet ultime rebondissement).

A découvrir, à l’occasion.

Nom série  Le Désespoir du Singe  posté le 22/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Voilà une série qui procure de chouettes moments de lecture, et que je ne peux que vous recommander.

D’abord parce que le dessin d’Alfred, très moderne, et bien accompagné par une colorisation elle aussi réussie, est tout à fait raccord avec cette histoire d’aventures (politiques et/ou amoureuses).

Ensuite parce que cette histoire justement, est rapidement captivante – même si la trame n’est pas toujours originale. On y retrouve (surtout dans les deux derniers tomes) un peu du roman de Pasternak « Le docteur Jivago » (les passages enneigés, l’histoire d’amour au milieu d’une révolution, et cet officier implacable circulant en train spécial et, plus généralement, ce beau et triste lyrisme).

L’histoire nous décrit une dictature aux prises avec une menace révolutionnaire. Rien n’est précisément situé, que ce soit au niveau chronologique (le XXème siècle ?) ou géographique : des noms à consonance magyare nous rattachent à l’Europe de l’est ou du centre ? Enfin, l’histoire de cette mer intérieure, asséchée par une dictature imbécile la sacrifiant aux productions agricoles n’est pas sans rappeler la mort de la mer d’Aral : là aussi on en revient à l’URSS ?

Une belle série d’aventure, des histoires d’amour (qui, comme on le sait, finissent mal, en général) : une belle réussite en tout cas !

Nom série  Hand  posté le 21/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
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J’ai laissé mon doigt appuyé sur la touche interrogation, et il m’a fallu du temps pour l’enlever ! En effet, je n’ai pas vraiment tout compris de ce scénario alambiqué, abscond, ce qui a rendu la lecture passablement pénible au bout d’un moment.

Pourtant, le début n’est pas désagréable, cela ressemble à de la bonne science-fiction assez classique, avec une société ultra contrôlée, policée, dirigée par une oligarchie en retrait. Et une chasse poursuite dirigée contre quelques déviants – plus ou moins malgré eux (quelques accointances ici avec « Blade Runner »). Pour le reste, ne m’en demandez pas plus, car ça m’est passé au-dessus de la tête…

En effet, rapidement, l’utilisation d’une flopée d’expressions, de termes technico-abstraits ralentit la lecture et l’intérêt : vers la fin du premier tome j’attendais que cela s’aère, mais en fait aucune amélioration n’est venue, bien au contraire, une sorte de bouillie, de charabia envahit les dialogues. Du coup le suspens instillé depuis le début peine à captiver le lecteur, qui se débat avec le texte, s’y noie.

Reste le dessin, qui n’est finalement pas trop mal – classique, même si un peu « vieillot » je trouve pour son âge (avec une colorisation hélas pas toujours réussie). C’est essentiellement le dessin qui me pousse vers la deuxième étoile, car c’est avec difficulté que je suis arrivé au bout de ces trois tomes.

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