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Nom série  Ceux qui me restent  posté le 02/01/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J’ai trouvé le début du récit très bien pensé. C’est la première fois qu’un auteur parvient aussi subtilement à me faire partager le sort de son personnage, surtout sur une thématique aussi sensible et impalpable que celle mise en avant ici.

Par la suite, j’ai été gêné par le côté très dilué tant de la narration que du dessin. Je trouve que ce dernier s’étale de trop et finit par diluer le propos. Ce choix est certainement volontaire et je peux comprendre les auteurs puisqu’il y a un rapport entre le fond et la forme… mais à force de tourner les pages sans rien en retirer sinon une ambiance générale, j’ai fini par m’ennuyer.

Le dessin en lui-même n’est vraiment pas ma tasse de thé. C’est trop laissé à l’état d’ébauche avec une volonté artistique qui, pour moi, n’est pas en pleine adéquation avec la lisibilité nécessaire à une bande dessinée. Le découpage est trop évasé, certaines cases n’apportent rien au récit, j’ai même trouvé certaines planches aussi vides que laides (mais comme, bien souvent, il n’y avait quasiment rien à lire, leur survol n’était pas vraiment pénible).

Enfin, si vous désirez tenter l’aventure, j’espère que vous pourrez découvrir cet album de la même manière que moi, à savoir en ignorant tout du thème même du récit. C’est, je pense, la meilleure manière pour apprécier pleinement l’idée de départ qui, à elle seule, justifie la lecture de l’album.

Nom série  Le Songe de Siwel  posté le 02/01/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Ce récit ne m’a convaincu qu’à moitié. L’idée majeure autour de laquelle il se construit n’était pas évidente à mettre en pratique et les auteurs, malgré tout leur savoir-faire, leur foisonnante imagination et toute leur bonne volonté, n’ont pas réussi à me la proposer d’une manière totalement convaincante (du moins, à mes yeux).

Par ailleurs, les références à l’Alice de Lewis, au Lapinot… de Lewis aussi, et à d’autres, m’ont intrigué et de ce fait m’ont poussé à voir plus loin mais sans jamais que je trouve cela passionnant. Amusant, certes, distrayant, ok, captivant, non !

Le dessin est épuré et sympathique, avec ses traits faussement enfantins et des couleurs choisies en fonction des ambiances souhaitées.

Ca reste donc original et intrigant mais la fin m’est apparue assez décevante, car je n’ai pas été pleinement convaincu par le concept même de l’album (très ambitieux, il est vrai).

Nom série  The Garden of Words  posté le 11/12/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Evanescent. C’est le premier mot qui me vient à l’esprit si je devais décrire cet album. Evanescent, aéré… au point de parfois me paraître vide. En effet, l’auteure prend tellement son temps pour nous décrire les sentiments de ses personnages que les réflexions de ceux-ci, qui tiennent bien souvent en une seule phrase, s’étalent sur 4 ou 5 pages, ce qui donne à l’album un côté contemplatif -pas désagréable- mais aussi un certain inconfort de lecture lorsqu’il s’agit de rattacher les wagons de ces bribes de phrase.

Ceci dit, l’histoire est touchante et le mystère est bien dosé. Le personnage principal, jeune étudiant japonais fasciné par la chaussure féminine au point d’en dessiner à chaque moment perdu, aurait pu n’être qu’une caricature. Pourtant, il m’est apparu assez réaliste. Idem pour « sa » mystérieuse inconnue, personnage énigmatique et romanesque à souhait.

Ce récit s’apparente donc à un pur roman graphique romantique et devrait séduire les amateurs (et -trices) du genre. A titre personnel, je regrette la scène larmoyante finale qui tranche fortement avec le reste du récit, bien plus en retenue et en non-dits. J’ai, par contre, apprécié cette petite incursion dans la littérature japonaise, avec ce poème énigmatique dont le sens ne se révèle qu’au fil des lectures.

Pas mal, donc. Pas un chef d’œuvre, trop lent et trop étiré par moments, mais bien raconté, plutôt bien illustré (si l’on oublie que le héros a une fâcheuse tendance à loucher sur certaines cases) et avec une intrigue bien menée.

Je ne regrette pas ma lecture et, si vous êtes fan du genre, je vous invite à y jeter un œil. Notez enfin que cette histoire bénéficie d'une sortie sur trois supports différents puisque, outre ce manga, vous pouvez également la découvrir sous forme de roman ou de dessin animé. A vous de choisir (ou pas).

Nom série  Maxence  posté le 11/12/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Une série historique de plus, serais-je tenté de dire. En tous les cas, elle ne m’a pas marqué plus que cela, malgré un dessin agréable et une narration assez fluide.

Le problème est qu’elle m’a été présentée comme conseillée par Historia (gage de rigueur historique, en principe). Alors, voir notre héros se balader avec un tigre laisse quand même quelque peu pantois. Un guépard, à la limite, j’aurais dit « oui ». Mais un tigre !! A ce train-là, Corentin sera vite lui aussi conseillé par Historia pour sa rigueur historique. Et c’est d’autant plus regrettable que l’univers byzantin mis ici à l’honneur me sortait de ma routine. Le cadre, en effet, est, je trouve, très intéressant, de prime abord.

Par ailleurs, il y a dans le récit quelques grosses facilités (notre héros parvient par exemple à neutraliser une bonne dizaine de personnes en deux cases : sur la première, il surgit devant eux en tuant un garde – sur la deuxième, il s’en va et tous ses ennemis sont attachés… Ahhhhhhhh, elle est belle, l’ellipse !!) J'ai également été surpris par la présentation des clans qui s'opposent. Cela se résume à deux couleurs : les Bleus d'un côté (proches de Justinien) et les Verts de l'autre. Cette présentation m'est apparue aussi schématique qu'étrange. Historiquement, elle est peut-être juste (sûrement, même) mais j'aurais aimé que les auteurs nous les présentent non comme deux clubs de supporters mais bien comme deux couches sociales (les Bleus étant les nantis proches du pouvoir et les Verts regroupant le petit peuple et les artisans).

Avec de telles incongruités, il m’est difficile de faire la part entre réalité historique et fiction. La série perd donc de sa crédibilité à mes yeux même si elle semble reposer sur des faits historiques réels. Le personnage central n’est plus qu’un héros de péplum basique et je tourne les pages avec une certaine déception. Je pense cependant qu’un autre lecteur, plus jeune et qui cherche avant tout le divertissement, trouvera au contraire la série bien foutue.

Erreur de casting donc pour ma pomme mais le soin accordé à l’album justifie quand même un (petit) 3/5.

Nom série  Prémolaire  posté le 11/12/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cette série humoristique développe un esprit cynique mais pas trop. L’humour dont fait montre Mouminoux est adapté à un large public et ne choquera pas les lecteurs. Il n’est pas enfantin pour la cause et plusieurs gags offrent différents niveaux de lecture, ce qui garantit finalement à chacun, quel que soit son âge, d'y trouver son plaisir (du moins, à l'occasion).

Le personnage principal n’a pas sa langue en poche, et les restaurateurs qu’il essaie d’arnaquer ne sont pas en reste. Cela donne parfois lieu à de beaux duels verbaux.

Reste que l’idée de départ est tout de même très réduite. Il est donc heureux que la série se soit arrêtée après 4 tomes car je pense que l’auteur avait fait le tour de la question.

Au point de vue du dessin, j’ai trouvé le trait de Mouminoux, dans ce style très caricatural, expressif et vivant. Il a un côté spontané et pris sur le vif qui convient bien à la série.

Pas révolutionnaire mais si vous les trouvez à bas prix, pourquoi pas ?

Nom série  Revoir Paris  posté le 11/12/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Un premier tome très introspectif dont je n’ai pu réellement deviner les intentions profondes. Le duo bien connu demeure cependant dans son domaine de prédilection avec cette esthétique urbaine rétro-futuriste (même si, ici, le futuriste prend le pas sur le rétro) et une thématique qui devrait tourner autour de la perte des illusions liée au retour aux origines.

Ce tome se concentre principalement sur l’héroïne, et la narration à la première personne accentue encore le sentiment pour le lecteur d’entrer dans l’intimité de Kârinh (l’héroïne en question). Son profil de rebelle fragile nous la rend attachante… mais il n’est guère original.

Jusqu’ici, j’ai trouvé ce récit spécial, déroutant mais bien mené, bien illustré. Par contre Paris n’est finalement que très peu visible jusqu’ici. De ce point de vue, cette première partie est donc quelque peu frustrante.

Je lirai certainement la suite mais je reste quand même quelque peu dans l’expectative. J’attends donc de lire la seconde partie avant de conseiller ou non l’achat (mais si vous êtes fans des auteurs, vous n’attendrez certainement pas mon jugement).

Nom série  La Fille de l'Eau  posté le 11/12/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Première incursion dans l’univers de Sacha Goerg… et premier échec.

Pourtant, d’un strict point de vue technique, cet album n’est pas mal réalisé du tout. Le découpage est bien pensé, le mystère est, dans la première partie du récit, bien distillé, le dessin très spontané a une personnalité propre à l’auteur tout en restant très lisible.

Malheureusement, l’histoire en elle-même ne m’a pas emballé. On se retrouve en plein secret de famille (qui ne semble finalement pas en être un pour beaucoup de monde) dans un milieu d’artistes excentriques. Il y a là un mélange des genres avec d’une part un drame intime très roman graphique et, d’autre part, une dimension beaucoup plus fantaisiste avec une sculpture absurde, des péripéties improbables, le tout saupoudré d’une réflexion sur l’art dont je pense n’avoir pas compris le quart de la moitié, un mélange des genres, donc, très déroutant.

Par conséquent, je ne suis jamais pleinement entré dans ce bouquin et même si je l’ai lu jusqu’à son terme, et si je pense que son auteur est un artiste à suivre, je ne vous recommanderai pas cet achat. La lecture ? Pourquoi pas ? Car Sacha Goerg a un style bien à lui, qui plaira ou ennuiera, et ce n’est pas parce que je crains de faire partie de la seconde catégorie que vous ne pourriez pas, vous, faire partie de la première.

Nom série  Le Sourire de Rose  posté le 11/12/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Personnellement, j’avoue ne pas avoir été ébahi par cette lecture. Certes, le rythme narratif et le découpage sont très agréables à la lecture. C’est aéré, aisé à lire, clair et avec un côté spontané qui font que je ne me suis pas forcé à finir ce bouquin, mais l’histoire en elle-même m’a déçu.

Je comprends bien l’intention de l’auteur de nous faire partager le sort de ces deux solitudes mal dans leur peau… mais je n’ai pas accroché. C’est sans doute dû au mélange des genres avec des éléments réalistes qui côtoient d’autres beaucoup plus farfelus.

Enfin, j’ai trouvé la fin d’une totale platitude. Tout ça pour ça ?

Cet album est donc, d’un point de vue technique, bien réalisé mais ses personnages ne m’ont pas spécialement intéressé, son intrigue m’est apparue trop absurde par plus d’un aspect et son final est quelconque à mes yeux.

Je pense que j’aurai très rapidement oublié l’album et son contenu.

Nom série  Héléna  posté le 28/11/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Bah voilà, c’est celle de trop… Vous savez, cette bière offerte alors que vous n’en aviez plus vraiment l’envie ni, et encore moins, le besoin, mais que vous buvez par politesse. Et, même si vous aviez oublié depuis longtemps qui donc allait bien pouvoir vous véhiculer ne fusse que jusqu’à votre propre véhicule, chaque gorgée sonne comme un reproche. Le parfum de houblon soudainement vous dégoûte (alors que les 45 précédents essais ne vous avaient apporté que joie et félicité). Le sol s’éloigne, les murs eux-mêmes prennent curieusement une courbure qui prêterait à rire si, dans le même temps et au travers de votre narine droite, un premier reflux surgissait de cette étrange éponge alien venue remplacer votre estomac.

Vous avez à peine le temps de vous promettre de mieux mâcher à l’avenir et à la vue de cette cacahuète encore entière rattrapée d’une main pourtant peu ferme à la sortie de votre orifice nasal qu’un deuxième jet fatidique vous prouve l’existence de Dieu et vous fait maudire l’éloignement des toilettes…

… Bon, d’accord, peut-être pas à ce point-là, mais ce nouvel album de Jim n’en est pas moins celui de trop pour moi. A l’image d’un Leo, Jim semble n’avoir qu’une et une seule histoire à raconter, qu’il assaisonne (ou du moins essaie d’assaisonner) différemment au fil des albums. Et j’en ai marre. Si c’est pour lire la même chose, je vois pas pourquoi je dois acheter un nouvel album. On retrouve en effet l’adulte qui se pose des questions au moment de s’engager, l’amour de jeunesse venu tout chambouler, les copains un peu lourds mais là quand le besoin s’en fait sentir, une narration à la première personne pour favoriser l’empathie, un dessin lisse et élégant… C’est bien fait et ce serait le premier album de Jim que je lirais, je serais certainement impatient d’en découvrir le second volet.

Mais là, j’ai l’impression de me retaper un vieux Starsky et Hutch et de me demander si je l’ai déjà vu ou pas… Je l’ai lu jusqu’au bout, mais très sincèrement, il serait temps pour moi que Jim me raconte autre chose, parce que là, la suite, j’ai déjà l’impression de l’avoir lue aussi.

Nom série  Nouvelles vies  posté le 24/11/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
J’ai trouvé cet album sympathique, touchant et même original.

Pourtant, nous raconter le quotidien d’une grossesse n’a rien d’original en soi, tant d’autres s’y étant essayé avant Stéphanie Delmas. Mais l’auteure se singularise par le fait qu’elle prend l’ensemble de la famille en considération et insiste sur les besoins de chacun de retrouver une place dans le nouvel arbre généalogique qui se dessine. Et les réactions les plus dérangeantes ne viennent pas forcément de là où on l’attendait (du moins, moi).

Il y a donc un vrai caractère informatif dans cette expérience de vie pourtant très banale. Mais ce récit dégage surtout beaucoup de simplicité, de naturel et est loin de manquer d’humour. L’auteure sait prendre du recul face à la situation. Cela donne lieu à quelques passages cocasses assez édifiants… qui permettront peut-être à de futurs parents lecteurs de relativiser leurs propres difficultés.

Au niveau du dessin le trait simple et rond de Stéphanie Delmas est des plus adéquats pour ce type de récit. J’ai, par contre, éprouvé quelques difficultés avec la calligraphie. C’est un petit détail, mais il a quand même gêné ma lecture tout du long (avec, en prime, un mot que je n’ai jamais su déchiffrer).

Le découpage, enfin, est bien pensé. Les chapitre ne sont ni trop courts ni trop longs et donnent toujours envie d’en lire un autre avant d’interrompre sa lecture. Résultat : on arrive à la fin de l’album sans s’en rendre compte.

Pas mal du tout. Je dirais même « franchement bien ! » car il est difficile d’apporter encore quelque chose de neuf dans cette thématique déjà si souvent exploitée.

Nom série  Le Temps perdu  posté le 24/11/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
J’ai trouvé à l’idée de départ un goût de déjà-vu des plus prononcés. Par la suite, les différents tableaux m’ont surtout donné l’impression d’avoir été choisis pour le plaisir du dessinateur plutôt que dans le but de créer un récit cohérent et passionnant… Et, à titre personnel, l’histoire m’est apparue très terne, peu passionnante.

Par contre, il me semble clair que Vink a pris énormément de plaisir à réaliser cet album. Il s’en donne à cœur joie et si vous aimez son style fin, élégant mais figé, vous allez vous régaler. La colorisation est elle aussi à la hauteur, et le grand format de l’objet permet d’encore mieux mettre en avant ses qualités esthétiques.

Pour ma part, même si l’album est soigné, le manque de surprise dans le scénario, le manque de tension dans le récit, le peu d’originalité dans l’univers créé ont fait que je n’ai pas été conquis par cette lecture. Ma cote peut paraître sévère mais j'attendais clairement plus de ce récit (et surtout de la part de Rodolphe).

Nom série  Down Under  posté le 12/07/2012 (dernière MAJ le 18/11/2014) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Excellente surprise que ce premier tome de Down Under.

L’originalité de la série est cependant bien plus à aller chercher dans sa localisation géographique que dans l’intrigue centrale. En effet, « Down Under » est à l’Australie ce que « Far West » est à l’Amérique. En clair, nous nous retrouvons au pays des kangourous à la fin du XIXème siècle. Des pionniers débarquent, d’autres sont déjà bien implantés, tous font montre d’opiniâtreté et de caractère. Les aborigènes remplacent les indiens mais sont toujours victimes de l’homme blanc.

Oui, mais voilà ! L’Australie n’est pas l’Amérique et Nathalie Sergeef (un nom à suivre si ses prochaines productions sont de la même trempe que ce premier tome) exploite parfaitement ses particularités. Faune et flore naturelles, culture du « rêve » chez les aborigènes, particularités des pionniers (dont beaucoup étaient des repris de justice), même ce fameux lapin introduit par les européens et qui ravagea le continent n’est pas oublié.

L’intrigue, elle, repose sur la rivalité entre un « pauvre » pionnier jeune et intrépide et une « riche » pionnière avide de richesses et sans scrupules. Ce n’est pas très original en soi mais toujours aussi efficace. D’autant plus que ces deux personnages ne manquent pas de charisme ! Mais autour de cette intrigue naissent diverses sous-intrigues. Les seconds rôles ne sont pas que des faire-valoir et déjà plus d’un se dessine comme un futur protagoniste d’importance. Comme ce jeune orphelin recueilli par une tribu aborigène…

Voilà donc un premier tome extrêmement riche et bien foutu, que j’ai lu avec d’autant plus de plaisir que le dessin de Fabio Pezzi est d’une indiscutable qualité. Dans un style réaliste bien lisible, l’artiste nous livre des planches soignées et maitrise parfaitement les deux éléments principaux du récit : les personnages et les décors. Le trait est sec et fin, la colorisation crée une atmosphère poussiéreuse totalement adéquate.

Un sans-faute et une suite que j’attends déjà avec impatience.



Si j’avais beaucoup aimé le début de ce récit, pour son ambiance de western et son cadre original, j’avoue avoir été un peu déçu par la suite. Non que ce récit soit mauvais… mais il ne décolle jamais véritablement.

Pourtant tout était en place pour créer une grande saga ! Le cadre grandiose du bush australien, l’importante place laissée judicieusement à la thématique du rêve chère aux aborigènes, de multiples foyers d’intérêt… Peut-être était-ce trop pour une série en trois tomes.

La fin, tout particulièrement m’a semblé précipitée. Elle a le mérite de ne laisser aucun acteur en plan mais elle laisse quand même un furieux goût de trop peu.

Le dessin lui, reste d’une égale qualité du début à la fin. Il est parfait pour ce type de récit et de cadre, avec des décors soignés et des personnages bien typés.

La série aurait sans doute mérité de pouvoir s’étaler sur un plus grand nombre de tomes, histoire de laisser aux auteurs la place nécessaire pour développer chaque thématique comme chaque personnage. C’est une des mauvaises conséquences de cette tendance des éditeurs à ne plus privilégier que des cycles courts (l’avantage, non négligeable, étant qu’on a plus de chance de voir la fin de la série arriver un jour).

Nom série  Blue note  posté le 13/10/2013 (dernière MAJ le 18/11/2014) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Et bien, pour ma part, j'ai franchement bien apprécié ce premier tome.

Je ne m'attendais pas à tomber sur ce type de récit, le titre me laissant penser que la musique allait y jouer un rôle plus important (ce qui sera certainement le cas dans le second tome). Mais force m'est de reconnaitre qu'avec Jack Doyle, les auteurs nous offrent une forte personnalité très attachante. Ce boxeur assoiffé d'honnêteté et pourtant manipulé du début à la fin de ce récit est des plus réussis. Tout aussi réussie, l'ambiance de cette fin de prohibition avec ces bars qui n'ont plus de clandestins que le nom, ces mafieux et autres magouilleurs influents, et ces ruelles humides et dégoulinantes de misère.

Le récit est copieux, tant en nombre de pages qu'en événements. On n'a pas le temps de s'ennuyer même si le souci d'installer l'ambiance est bien présent et si le rythme narratif est relativement lent.

Je me méfiais du dessin, qui me semblait bien plus brouillon que ce que la couverture laissait croire. A la lecture, j'ai finalement trouvé un style en accord total avec l'esprit de la bd mais aussi très riche dans ses détails. La colorisation limite volontairement la palette des couleurs et opte pour un style "passé". Ce n'est pas mon style préféré mais, dans le cas présent, cela marche plutôt bien.

Au final, et bien je me réjouis de lire le second tome pour découvrir l'autre face de cette pièce en deux actes. Ce premier récit, qui à la limite peut se lire comme un one-shot, m'a mis plus que l'eau à la bouche !!



Le deuxième tome nous offre l’autre face de la pièce, avec un autre personnage mis en avant pour la circonstance.

Il sera donc question de musique et non plus de boxe, même si les deux histoires sont étroitement liées (il y a unité de temps et souvent de lieux). J’ai trouvé cette partie un peu moins prenante. J’avais un peu le sentiment que les auteurs devaient tellement consacrer d’énergie à imbriquer les deux histoires sans laisser place à la moindre incohérence (et c’est, je pense, très réussi de ce point de vue) qu’ils n’ont plus su construire un récit aussi prenant pour R.J., guitariste talentueux et naïf, que pour Jack Doyle, le boxeur désabusé.

J’ai tout de même apprécié le fait que tout se tient et que chaque pan de ce diptyque nourrit finalement l’autre. Le scénario est bien pensé et bien construit et comme le premier tome m’avait vraiment bien plu, je conserve cette note de 4/5.

Nom série  Les Vieux Fourneaux  posté le 23/04/2014 (dernière MAJ le 18/11/2014) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Une fois de plus, Lupano me scotche ! Et pourtant son intrigue est toute simple…

Oui mais voilà, le gars a l’art du dialogue, la science du profil psychologique attachant, l’humour à fleur de peau, le don de glisser la petite anecdote mortelle au coin d’une case, là, comme ça, l’air de rien.

Résultat : un récit vif, alerte, drôle, surprenant, peuplé de personnages attachants. Le genre de récit où l’on se dit : « Qu’importe la fin, ce qui compte ici, c’est le voyage… ». Sauf que la fin, je suis tout de même très curieux de la découvrir. Avec cet auteur, la surprise est souvent au coin de la route, au détour d’un chemin de traverse aux parfums d’école buissonnière. Cette liberté de ton, cet art de toucher à plusieurs registres dans un seul et même album est une des marques de fabrique de l’auteur.

Et toujours ce talent de conteur qui nous offre des séquences magiques comme "le polichinelle dans le tiroir" ou "la sortie de route" (vous me comprenez si vous avez lu cet album ).

Et que dire du travail réalisé par Cauuet sinon qu’il est du même niveau que celui de son complice. Le trait est rond et nerveux à la fois, extrêmement expressif et vivant. Les personnages sont croqués avec talent, les cadrages font régulièrement montre d’originalité (ce plan en contre-plongée depuis l’intérieur d’une camionnette en est un bel exemple).

La colorisation est au diapason. C’est un sans faute ! J’attends déjà la suite avec impatience !!!

Reste le problème de la notation. D’ordinaire, je n’accorde la note maximale qu’à des œuvres qui me semblent avoir contribué à l’évolution de la bande dessinée ou, du moins, qui constituent des tournants décisifs dans la carrière d’auteurs majeurs…

A mes yeux, Lupano est devenu sinon majeur du moins incontournable. Et signer après l’excellent « Ma révérence » un album tel que celui-ci m’incite à penser qu’il a atteint un niveau digne du culte.




La série perd une étoile à mes yeux suite à la lecture du deuxième tome. J’ai en effet trouvé celui-ci plus confus, plus éparpillé et moins tranchant que le premier. Qu’on ne s’y trompe pas, j’ai bien aimé ce tome mais plus au point de lui attribuer la note maximale.

Par ailleurs, je regrette également certains choix scénaristiques qui nous montrent une nouvelle génération qui se plait à critiquer l’ancienne… mais qui adopte rapidement un profil bas, histoire de ne pas faire de vague, alors qu’elle a les armes pour (un peu) changer le monde. Ce manque d’ambition est peut-être volontaire de la part des auteurs mais il me déçoit, à l’heure actuelle.

Ceci dit, cette série figure parmi celles qui m’ont le mieux accroché depuis quelques années. La truculence des personnages est formidable, ce qui me les a rendus attachants en un temps record. J’attends donc la suite avec impatience.

Nom série  Mac Namara  posté le 17/11/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Il faut bien avouer une chose : les scénarios de ces deux enquêtes policières sont quand même très faibles ! Les incohérences et les facilités scénaristiques se multiplient tandis que les théâtres ne font pas montre d’une grande originalité (une secte pour la première, une course cycliste pour la seconde).

Si encore, il y avait un second degré assumé, la pilule aurait pu être digeste. Malheureusement, le ton employé se veut sérieux… sauf pour les noms des personnages secondaires, dignes de blagues de potaches (ou, dans le cas des cyclistes, se référant sans aucune subtilité à des cyclistes réels).

Les personnages sont caricaturaux au possible (le journaliste photographe cynique et tombeur, le flic gaffeur mais acharné, les personnages féminins au caractère affirmé mais qui ont bien besoin du héros pour s’en sortir). On a même droit au méchant récurrent agissant dans l’ombre (ceci dit, sur deux tomes, la récurrence est des plus sommaires), et, cerise sur le gâteau, au fou qui veut détruire la planète entière. Et, excusez-moi d’insister, tout cela sans réel second degré ! C’en est presque affligeant…

Reste l’agréable dessin en ligne claire d’André Taymans, toujours égal à lui-même. Qu’on aime ou qu’on n’aime pas, je pense que chaque lecteur reconnaîtra son savoir-faire. C’est clair, expressif, parfois un peu raide (comme toute ligne claire), les personnages sont bien typés, les décors ne sont pas oubliés même s’ils ne sont pas essentiels. Sa collaboration avec Bruno Wesel fonctionne bien même si l'on sent parfois une petite baisse de qualité (sans que je puisse l'incomber avec certitude à l'un ou à l'autre).

J’aurais pu dire « bof » mais l’extrême faiblesse des scénarios m’incite à la sévérité.

Nom série  Ce n'est pas toi que j'attendais  posté le 12/11/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
S’il y a une chose qui m’a marqué à la lecture de cet album, c’est la profonde sincérité dont fait montre son auteur. Loin de s’attribuer un beau rôle avec une une belle grandeur d’âme, il se livre sans artifice. Et l’album y gagne directement en intérêt.

Nous pouvons en effet assister aux différentes phases par lesquelles il passe face à cette situation difficile à vivre : le déni, le rejet, la colère, l’indifférence et enfin l’acceptation.

Le dessin, s’il est plutôt agréable, m’a quant à lui marqué… par le nez de certains personnages féminins. Cet espèce de « m » à l’envers en guise de pointe est pour le moins saugrenu et, disons-le clairement, obsédant dès que l’on y fait attention. A un tel point qu’il m’aura par moment fait sortir de ma lecture, ce qui est bien dommage.

Le message transmis est positif et d’une profonde humanité. Le livre peut servir d’aide à des parents devant affronter une situation similaire, ne fusse qu’en leur montrant que d’autres parents ont eu des réactions très dures, voire perturbantes.

Intéressant et sincère, donc. Parce que je travaille dans le milieu, je n’ai pas été surpris outre mesure et la fin me parait trop rose bonbon (mais tant mieux, quelque part). Très certainement à lire, et je ne déconseillerais pas l’achat (même si un emprunt suffira certainement à beaucoup d’entre vous) mais je reste sur un « simple » pas mal pour ma cote globale.

Nom série  Edwin (Le Voyage aux Origines)  posté le 12/11/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Surprenante œuvre que cet Edwin, qui nous propose un mélange des genres aussi étonnant que bien maîtrisé.

Tout débute comme une œuvre réaliste et historique avant de basculer dans le fantastique (jusque là, rien de réellement désarçonnant) pour ultérieurement nous offrir un final inattendu et subtil (mais je ne vous en dirai pas plus). Un peu comme si vous écoutiez un morceau musical qui débuterait sur une longue introduction de Bach, basculerait sur le Whiter Shade of Pale de Procol Harum (ce qui paraîtrait presque logique) pour finir sur un Tango Argentin bien plus déconcertant.

Le plus étonnant, c’est que tout cela est bel et bien logique ! Les origines de l’homme et la création du monde nous sont ainsi proposées sous un angle original et ludique (car Manon Textoris aime se jouer des mots et de ses lecteurs).

Au niveau du dessin, le style de Julien Lambert (dont il s’agit de la première œuvre publiée) m’a rappelé Cossu… mais sans parler de plagiat pour autant. L’artiste (car c’en est un) a un style bien personnel, singulier, avec une touche de naïveté qui convient parfaitement au scénario concocté par sa complice (et talentueuse coloriste).

Première œuvre oblige, tout n’est pas parfait et j’ai trouvé çà et là quelques passages un peu longuets, voire inutiles. Mais, dans l’ensemble, pour l’ambiance que les deux auteurs ont su instaurer, pour l’originalité de la construction de cette histoire, pour ce surprenant final et pour le soin apporté à l’ensemble de l’album (on sent qu’ils l’ont peaufiné, celui-là !) je ne peux dire que « Chapeau ! »

Cette œuvre est le premier fruit du prix Raymond Leblanc, qui offre à des auteurs n’ayant pas encore publié d’album de bande dessinée la possibilité de se consacrer pleinement à leur projet. Au vu du résultat, je ne peux qu’applaudir l’initiative et la pertinence du choix effectué.

Ma note oscille entre un « pas mal » enthousiaste et un « franchement bien » peut-être un peu flatteur. Mais il s’agit d’une première œuvre et elle me semble tellement prometteuse que je vais me montrer généreux.

Nom série  Yokozuna  posté le 10/11/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Deux auteurs français, ayant la particularité d’avoir vécu une période de leur vie en Amérique du Nord (Les Etats-Unis pour l’un, le Canada pour l’autre) nous proposent de suivre le parcours véridique d’un sumo… hawaïen : bienvenue sur la planète Terre !

C’est vrai que le projet peut paraître étrange mais les auteurs semblent maîtriser leur sujet et peuvent s’appuyer sur les propres souvenirs du Sumo en question, Akebono Taro, de son nom d’origine Chad Rowan. Ce manga s'inspire de son parcours et, s'il se permet quelques libertés (semble-t-il, mais je ne sais à quel niveau), il transpire de sincérité.

Comme tout un chacun, j’avais déjà entendu parler de ce sport et du statut de demi-Dieu de ses plus grands acteurs. Je savais également qu’un Hawaïen avait réussi un parcours digne d’intérêt au pays du soleil levant… Mais mes connaissances en la matière s’arrêtaient là. Et, très sincèrement, ce sport et ses principaux athlètes m’intriguaient (comment un gars de 250 kg peut-il faire du sport d’une part, et être une icône pour tout un peuple d’autre part ?)

Ce manga à la française (le format est celui du manga mais le dessin et le sens de lecture sont à l’européenne) était pour moi l’occasion d’en apprendre un peu plus. Et, d’un strict point de vue documentaire, il remplit parfaitement son office. Nous suivons la carrière d’Akebano Taro depuis le moment où il est repéré à Hawaï jusqu’à sa retraite sportive (ou, du moins vis-à-vis du sumo puisqu'il continuera à combattre dans d'autres sports, ayant du mal à passer à autre chose). Les auteurs passent ainsi en revue tous les aspects techniques de ce sport, mais aussi les problèmes d’intégration à une autre culture ou encore le côté très philosophique, voire religieux, de l’art du Sumo. Sans oublier sa dimension historique ou les rapports étroits qui le lient au milieu mafieux japonais. Le plus édifiant a été pour moi la formation du débutant, avec la saisie de son passeport et des punitions corporelles considérées comme logiques par tous les adeptes (débutants ou confirmés s'y plient sans discuter). J’imagine bien la chose en football, tiens ! Ribery qui se ferait battre à coup de pied ou de baguettes en bambou par tous ses partenaires pour avoir trop fêté une victoire ! J’ai également été surpris de constater que les sumos hawaïens n’étaient pas si rares que ça, entrainant de la part des Japonais des manœuvres protectionnistes afin que ce sport reste l’apanage de leurs propres athlètes.

Au niveau du dessin, je suis plus dubitatif. Le trait de Marc Van Straceele n’est pas désagréable dans son style "ébauche crayonnée" mais ses personnages sont très peu typés. Alors, lorsque, arrivé au deuxième tome, j’assiste à des combats de sumos dotés de la même coiffure et de la même corpulence, il me devient très difficile de distinguer un combattant de l’autre. Je ne sais plus alors avec certitude qui reporte le combat et la compréhension du récit en devient par moments problématique.

Cet écueil mis à part, la série m’a apporté ce que j’en espérais : un récit documenté et réaliste pour une incursion dans un autre univers, très éloigné du mien mais non dénué d’enseignements.

Pas mal du tout, en somme.

Nom série  Golias  posté le 26/09/2012 (dernière MAJ le 05/11/2014) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Même si elle n’offre rien de spécialement original, cette série est très bien fichue.

Le premier atout réside dans le trait de Lereculey. Fin, précis, dynamique, expressif, riche dans ses décors, soigné dans son bestiaire, ce trait me charme d’autant plus que la colorisation est elle aussi des plus soignées. Parfois lumineuse, parfois terne, cette colorisation parvient à créer des ambiances toujours bien à propos en fonction des planches.

Ensuite vient un scénario, classique comme je le disais. On se retrouve en plein drame antique avec un roi vieillissant, un frère du roi félon et prêt à tout pour conquérir le trône et des enfants dignes de leurs parents, avec Golias comme héros intrépide mais pas invincible. Ajoutez à cela une quête, des coups en traitre, des rencontres de voyage et vous réalisez qu’il n’y a là rien de neuf…mais que tout est bien présent pour nous faire passer un bon moment.

Autre point fort de la série : les multiples personnages, lieux et animaux. L’univers créé par les auteurs est riche à tous points de vue. Les personnages secondaires sont certainement pour beaucoup dans mon appréciation d’ensemble (à commencer par un « méchant » qu’il me plait de détester, essentiel dans ce genre de série).

Enfin, la série peut s’appuyer sur les connaissances des auteurs en matière de mythes grecs. Pour preuves, ces sirènes dont la représentation graphique risque d’en surprendre plus d’un… mais qui correspond pleinement à la représentation que s’en faisaient les Grecs de l’époque.

Je soulignerai encore l'équilibre existant entre la comédie et le drame. cela pourrait vite devenir grotesque ou mal à propos mais les auteurs parviennent toujours à garder l'église au milieu du village. Ils nous offrent un véritable drame antique (avec tous ses codes) mais glissent régulièrement des notes d'humour burlesque qui rafraichissent l'ambiance. Et à propos de cet exercice d’équilibriste, jetez donc un œil sur la couverture du premier tome ! En avant plan vous y verrez Golias, le héros de ce récit, le visage sombre, le regard dur et fermé. Mais en arrière-plan apparait un satyre coursant une déesse dans un style burlesque… Le ton est donné : le drame est à l’avant-plan mais l’humour, fin et discret, est bel et bien présent.

Notons enfin que le troisième tome marque une sorte de tournant dans la série. Ce tome peut en effet se lire d'une manière indépendante. Les personnages sont maintenant bien installés et les auteurs pourraient, si le cœur leur en dit, leur faire vivre des aventures dignes d'Ulysse.

Bien fichu, vraiment ! Agréable à lire et sans prise de tête. Pas très original. Mais bien fichu et soigné.

Nom série  Les Crocodiles  posté le 04/11/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
La lecture de cet album m’a choqué. Et c’est heureux, car c’est bien là un de ses objectifs : faire prendre conscience aux gens de l’ampleur du phénomène. De quel phénomène parle-t-on ? Du harcèlement au quotidien dont sont victimes les femmes. Un phénomène (ou est-ce la prise de conscience dudit phénomène) qui semble s’accentuer depuis quelques années.

L’auteur a eu envie de réaliser cet album après avoir visionné le reportage accablant de Sofie Peeters, « Femme de la rue » un film choc que j’ai vu également et qui, je pense, devrait être vu par tous. L’intention est louable, le livre est nécessaire (et j’invite vraiment tout le monde à le lire) mais certains partis-pris m’ont dérangé.

Le premier parti-pris est celui de représenter les hommes, tous les hommes, sous les traits de crocodiles. L’auteur se justifie en disant qu’il prend le point de vue féminin et que, pour une femme, tous les hommes sont des prédateurs sexuels en puissance. Je peux comprendre mais en procédant de la sorte, l’auteur se protège également. Le reportage de Sofie Peeters montrait que ces comportements étaient hélas souvent l’apanage de certaines cultures, la conséquence de certains modes éducatifs et la confrontation de deux visions des rapports homme-femme. Elle s’est fait traiter de raciste pour avoir osé montrer cette évidence (un raccourci qui m'énerve tant elle démontre par l'image et appuie par ses propos que le problème est avant tout culturel et éducatif et non lié à une race ou une couleur de peau). Ici, les allusions aux origines culturelles des agresseurs sont rares et leur identification est impossible puisque tous abordent les mêmes traits. C’est, je trouve, un peu facile et, d’une certaine manière, irrespectueux vis-à-vis des hommes et du mode d’éducation occidental et laïc.

Ensuite, cet album se centre uniquement sur les cas où la femme est la victime et l’homme le coupable. Jamais d’homme agressé, donc, ce que je trouve déjà réducteur. Mais aussi, il cherche à ôter à la femme tout sentiment de culpabilité de quelque manière que ce soit (par son comportement ou sa tenue, l’auteur insiste sur le fait qu’une femme a le droit de s’habiller ou de se comporter comme elle le désire). A nouveau, l’intention est louable et il serait vraiment stupide d’accabler une personne alors qu’elle vient d’être victime de harcèlement. Ceci dit, ma propre expérience m’incite à nuancer ce type de manichéisme (**voir en fin d’avis pour mes propres expériences en la matière, car ce type de livre-témoignage donne envie de partager à son tour).

Enfin, tous les types de harcèlement sont présentés comme identiques. Et, à nouveau, je pense qu’il n’est pas juste de considérer le malade mental (l’exhibitionniste qui se masturbe dans la rue) et le macho primaire (qui va caresser le cul d’une inconnue parce qu’il estime en avoir le droit) comme deux cas identiques. Il y a des cas où la castration chimique est la seule solution, et d’autres où le problème vient avant tout de l’éducation reçue. A nouveau, cet amalgame me dérange quelque peu.

Ceci dit, les histoires racontées ici (témoignages sincères d’anonymes) sont édifiantes et doivent donner à réfléchir. Il y a dans nos rues de vrais connards qui doivent être baffés plus souvent qu’à leur tour. Et enchainer ces scènes dresse un portrait peu glorieux de notre société et des hommes (ou du moins de son évolution (de sa dévolution ?)).

En fin d’album, des conseils sont donnés, tant pour la victime que pour les témoins ou même les coupables. Ces informations sont utiles et nécessaires, à nouveau. Mais, à nouveau, l’auteur ne cherche pas à remonter à l’origine du mal. Permettre aux femmes de se défendre, c’est très bien. Eduquer les gens (tous sexes confondus) pour que ce type de comportement disparaisse, c’est mieux ! Et pas utopique !!

Ce livre est donc à mes yeux une très bonne base de travail. Il choque, pousse à réfléchir et donne envie de partager ses expériences et son point de vue. Je pense cependant qu’il n’est qu’une porte d’entrée, une manière d’introduire un débat car, à force de ne se positionner que d’un côté et de simplifier les choses (les hommes, tous des porcs !), son intention et son intérêt risquent de ne pas être saisis de tous les lecteurs.

Le dessin est maladroit et approximatif mais, face à l'importance du sujet, je m'en fous royalement puisqu'il est suffisant pour illustrer le propos.

** Mes propres expériences en la matière :

Pourquoi parler de soi alors que l’on donne son avis sur un livre ? Tout simplement parce que nos propres expériences influencent notre manière de penser. Et face à ce sujet, la perception du lecteur dépendra beaucoup de son vécu. Un homme et une femme ne liront pas « Les Crocodiles » de la même manière… mais deux hommes auront eux aussi deux lectures différentes. C’est la raison pour laquelle il me semble logique de partager certaines expériences avec vous pour que vous puissiez peut-être mieux comprendre mon sentiment à cette lecture.

- A l’âge de 14 ans, j’ai été « victime » d’un détraqué sexuel. L’histoire n’a rien d’original ni même de dramatique, rassurez-vous. Durant des vacances à la mer, et alors que je m’étais isolé pour lire un bouquin, un gusse est venu s’installer en face de moi. Je l’ai ignoré mais il cherchait clairement à attirer mon attention. Et quand j’ai relevé les yeux, j’ai pu constater qu’il se masturbait toutes voiles dehors. Je me suis levé, l’ai regardé en prenant le plus possible l’air du type qui pense : « Mon pauvre vieux, qu’est-ce que tu es minable avec ta molle limace… » et je suis parti. Fin de l’histoire. Pourquoi je vous raconte ça ? Parce que, depuis lors, j’ai la conviction que personne n’est à l’abri de ce type de harcèlement (œuvre d’un malade mental et non d’un quidam dans la rue), que l’on soit une frêle jeune fille ou un grand dadais baraqué. Il me semble donc important de distinguer les deux cas.
- J’ai, durant toutes mes études primaires et secondaires, dû longer un internat pour jeunes filles. Et, à plus d’une reprise, je me suis fait interpeller par un troupeau de jeunes filles au comportement ressenti par moi comme agressif (je ne compte pas les « Hé, grand con, tu t’appelles comment, t’as pas une clope, mais arrêtes-toi… Fous le camp, t’es trop moche… »). J’ai, depuis lors, la conviction que ce qui rend les gens arrogants, agressifs n’est pas tant une question de sexe mais bien un sentiment de toute puissance. Une meute de femmes face à un homme seul se comportera souvent de manière aussi stupide et irrespectueuse qu’un homme face à une femme isolée. Restent les problèmes liés à l’éducation et à la perception que l'on a de l’égalité homme-femme dans notre société. Mais c’est un autre débat.
- Durant mes études supérieures, j’ai été témoin d’une tentative d’enlèvement. Un étudiant arrogant et friqué (le genre qui pense avoir tous les droits, pur belge et catho pour éviter tout amalgame, des cons il y en a partout) avait essayé de forcer une des filles de notre groupe, qu’il connaissait, à grimper dans sa voiture. Nous avons bloqué son véhicule illico, arraché la fille de ses bras et l’avons raccompagnée jusqu’à notre internat. Une heure après, le type se présente à l’internat pour « parler » à la fille en question. Je fais partie du comité d’accueil et il me semble totalement exclu qu’ils se rencontrent. Finalement, la fille descend et le gars s’excuse. Nous lui demandons fermement de dégager… mais (et je n’en reviens toujours pas à l’heure actuelle) la fille décide de l’accompagner. Nous essayons de l’en dissuader mais rien n’y fera. Depuis lors, je ne crois pas en l’innocence absolue des victimes. Je ne dis pas que c’est toujours le cas ou même la majorité des cas, peut-être est-ce même une exception, mais être témoin de ce type de comportement donne à réfléchir. Avons-nous bien fait d’intervenir ? La fille ne provoquait-elle pas volontairement le garçon ? Dans un cas de figure identique, est-ce que je réagirais à nouveau en cherchant à les séparer ? Honnêtement, je n’en sais rien… Le jour où le « Non » d’une femme signifiera vraiment non, les hommes auront bien plus de facilité à les comprendre…

Ces trois anecdotes n’ont bien sûr pas leur place dans cet album. Ce n’est pas son propos. Mais elles influencent ma manière de percevoir l’album, en nuancent certaines positions et permettront peut-être d’englober la réflexion dans un contexte plus global.

C’est le grand intérêt de ce livre : permettre d’aborder un débat d’idée. Mais sa stigmatisation peut être dangereuse. Je conseillerais cependant et chaudement cette lecture dans un cadre scolaire. Partager ses expériences, réfléchir à la société de demain, aux rapports homme-femme, ces sujets essentiels à mes yeux peuvent s’aborder grâce à ce livre. Et c’est son grand mérite.

Un coup de cœur, donc mais il faut prendre ce livre pour ce qu'il est, avec ses limites... et chercher à voir plus loin.

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