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Nom série  Un piano  posté le 08/09/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Le dessin au fusain offre de belles illustrations mais n'est pas vraiment adapté à la bande dessinée, selon moi. Cela manque de vie, d'expressivité et de précision.

Le scénario, lui, est assez étrange, versant par moment dans le symbolisme pour décrire l'influence d'un piano sur la vie d'un père et de son fils. Le problème est que ces personnages ne m'ont jamais touché et que l'importance du piano m'est apparue très secondaire (mais alors, pourquoi ce titre ?)

Au final, j'ai lu l'album mais je n'en ai rien retiré. Et cette absence d'empathie m'empêche d'accorder autre chose qu'un 2/5.

Nom série  L'Enfant maudit  posté le 08/09/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Oulalaaaah, que de facilités dans ce scénario !

C'est vrai que le dessin est agréable mais, franchement, les coups du sort, coups de chance et autres retournements de situation sont tellement énormes que c'en devient limite risible.

Alors, oui, ça se laisse lire, les personnages ne sont pas inintéressants à la base mais, à force, je ne lisais plus que pour voir quelle énormité le scénario allait me servir.

Une grosse déception.

Nom série  Comme en Quatorze  posté le 08/09/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Je suis triste de ne mettre qu'une note très moyenne pour cet album, mais ma déception est grande. Pourtant, j'aime le style de Georges Van Linthout et le fait que cet album parlait de la guerre de 14 en province de Liège n'était pas pour me déplaire (bien au contraire).

Malheureusement, j'ai un peu le sentiment que Philippe Brau a voulu trop bien faire. Beaucoup d'évènements historiques sont pris en compte sur lesquels l'aspect fictionnel vient se greffer. Et, à la longue, cela semble forcé. Si on ajoute à cela le fait que le scénariste se permet quelques libertés en inversant la chronologie d'évènements pour que sa fiction fonctionne, le point de rupture est atteint.

C'est dommage car la sincérité et la volonté de bien faire sont manifestes mais ce récit, s'il est instructif à plus d'un point de vue, ne m'a jamais touché. Je soulignerai toutefois le souci de l'auteur de prendre en compte l'époque dans sa globalité. La guerre occupe l'avant de la scène mais tout le contexte social de l'époque est pris en compte. Comme en 14 marque donc un changement d'époque et cette manière d'aborder le conflit m'est apparu très novateur (d'autant plus que l'horreur de la guerre n'est pas occultée).

Le trait de Georges Van Linthout, s'il est toujours très efficace, m'est apparu moins soigné que dans ses collaborations récentes (Celui qui n'existait plus, Mojo ou encore Braquages et Bras Cassés). Cela reste quand même agréable à lire.

Bof, donc, mais c'est surtout dû à une volonté de trop bien faire (et c'est encore plus râlant).

Nom série  Le Chant des Terres  posté le 08/09/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je ne serai pas aussi sévère que les précédents posteurs même si l'on est loin du chef d'œuvre. Ceci dit, le fait que la série ait été abandonnée suffit à déconseiller l'achat (les deux tomes ne peuvent se suffire à eux-mêmes).

Côté histoire, et même si cela ne vole pas très haut, j'ai tout de même bien ressenti que Wallace connaissait le sujet (aurait-il choisi pareil pseudo si ce n'était pas le cas ?) Mais la place laissée à l'aspect historique est très limitée. L'aventure prend donc largement le dessus, mais c'est sans réelle surprise. Les différents personnages sont cependant intéressants mais les dialogues sont rarement à la hauteur. C'est mou, gentil, consensuel, pas désagréable à lire mais jamais passionnant.

Au niveau du dessin, j'ai trouvé le premier tome faiblard mais TieKo maîtrise déjà bien mieux son sujet dans le second tome.

Une série qui manque de maturité mais qui n'était pas si nulle que ça à mes yeux.

Nom série  Madame Livingstone  posté le 20/08/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Mon avis rejoindra celui d'herve (sans qui j'aurais sans doute raté ce très bel album, je l'en remercie au passage).

Le scénario est intéressant d'un point de vue historique puisqu'il nous permet de découvrir une facette de la première guerre mondiale assez méconnue, à savoir les combats menés par les Belges contre les Allemands aux abords du lac Tanganyika... avec des Africains issus parfois de mêmes familles mais qui se retrouvent dans des camps adverses selon qu'ils habitent sur une rive ou sur l'autre. Une autre manière de montrer l'absurdité de la guerre, donc.

Par ailleurs, ce récit nous propose aussi de rencontrer deux personnages improbables (l'un belge et étonnamment progressiste pour l'époque, l'autre mi-congolais mi-écossais à l'ascendance prestigieuse). La gageure était de nous les rendre crédibles, et les auteurs y parviennent parfaitement ! Le mélange de données historiques vérifiables et de romance fonctionne on ne peut mieux et il est parfois difficile de déterminer la frontière entre les deux.

Enfin, le dessin est fin, soigné, et surtout très efficace quel que soit le contexte. il est, cerise sur le gâteau, très bien mis en valeur par une colorisation tout en nuances.

Un très bel album, donc. Instructif, prenant, amusant par moments, émouvant à d'autres, beau à regarder, agréable à suivre et dans lequel on sent toute l'implication des auteurs.

Je recommande vivement.

Nom série  Achille Talon (Les Impétueuses tribulations d')  posté le 06/08/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Non, NON, NOOOOOOOOOOOOONNNNNNNNNNNNN ! Tel Charlton Heston face à la statue de la liberté, je relève la tête et maudis le ciel, la terre et cette humanité irresponsable !!!! Oh my God, I damn You !!!

Pourquoi ? Pourquoi ???

Je voulais y croire, pourtant. J’aime Fabcaro, son second degré, son humilité et son humour décalé. Je le sais talentueux. Je l’eusse voulu miraculeux. Quant au choix de Serge Carrère, et bien là aussi, je me disais « mais pourquoi pas ? » Ce trait bonhomme (Hop !), cette maîtrise du nez (par ailleurs gros) ne le prédestinaient-ils pas à œuvrer à cette résurrection (Jésus, Jésus, Jésus, reviens ! J’ai les mêmes à la maison !!) ? Ne pouvait-il croquer pour le faire renaître ce chantre du beau verbe et de la formule alambiquée dont l’orifice nasal eut pu le précéder en tous lieus d’une heure si son ventre ne lui avait grillé la politesse ?

Hélas non… Et cet album de se transformer en plaidoyer contre l’acharnement thérapeutique. Il en est des héros de bande dessinée comme de nos grands-parents. Bien sûr, on voudrait toujours les garder à nos côtés mais les laisser partir est parfois le meilleur service à leur rendre…

Pourtant, l’espace de brefs instants, j’y ai cru. S’inspirant du docteur Frankenstein, Fabcaro parvenait à insuffler à ses dialogues l’opulence logorrhéique qui telle le silex ancestral créait l’étincelant miracle de la renaissance…. Et puis, pouf, plus rien… Digne d’un épisode du Docteur House dans lequel celui-ci aurait été remplacé au pied levé par Hélène Rolles.

Pourtant, ce premier gag en une planche suivi de gags en deux planches activait les glandes lacrymales du souvenir ému d’une époque que je croyais révolue. Oui ! La structure des grands anciens était respectée ! Ce principe clairement détaillé dans le premier gag de la série mère était bel et bien d’application : Alléluia ! Allez les verts !!!

Mais, bien vite, des gags en une demie-planche allaient surgir. L’apparition de ce format que Fabcaro maîtrise manifestement mieux que la double planche troublait ma vue tel un cri de détresse à l’odeur nauséeuse. N’était-ce point là aveu d’impuissance plus qu’un souci de modernisme ?

Je tournai les pages, de plus en plus ennuyé, avec cette désagréable impression de feuilleter un faire-part de décès plutôt qu’un avis de renaissance. Et cette question qui me taraude depuis, tel le vilebrequin rouillé la souche centenaire du jardin de mon enfance : cette tentative n’était-elle pas vouée à l’échec ? Achille Talon n’est-il pas un pur produit des années 60 et 70 ? Dalida aurait elle eu du succès à l’heure actuelle ? Les bidasses en folie auraient-ils encore fait 7.460.000 entrées en 2014 ?

Je voulais y croire. J’avais tort. Je remercie les auteurs pour cette tentative désespérée (je m’en voudrais d’écrire « désespérante »). Je relirai les anciens albums qui, telle la compulsion d'un vieil album photo, feront ressurgir les souvenirs de jours anciens et insouciants. Mais de nouvel album, fi. Achille Talon n’est plus.

Nom série  Patxi Babel  posté le 06/08/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Une série clairement destinée aux adolescents. Mon problème majeur à la lecture est venu du caractère du personnage principal. Un jeune adulte d’une vingtaine d’année tellement immature qu’il me semble ne pas avoir plus de 14 ans. Et les nombreux passages en voix off durant lesquels il s’exprime ont encore accentué ce sentiment. Il est pas méchant, il a même bon fond… mais, bordel ! Qu’est-ce qu’il est geignard !!!

Malheureusement, à partir du moment où j’ai plus eu envie de baffer ce sale gosse que de m’attendrir sur sa rebelattitude, et ben, c’était un peu loupé pour apprécier la bd.

Pour le reste, on a un concept classique de secret de famille avec une opposition père/fils marquée, un cadre original (le Pays Basque et ses luttes indépendantistes), une petite intrigue policière (qui prend de l’ampleur au fil des planches) et un sport tendance (le surf) auquel plus d’une planche est consacrée. Mais là aussi, j’y connais rien à ce sport mais toutes ces planches m’ont semblé pareilles. Pourtant, il s’agit de compétition et donc de figures différentes (du moins, je suppose) mais rien n’est clairement montré ou expliqué.

Enfin, je ne peux pas dire que j’ai été charmé par le dessin. Attention, il est soigné et très lisible et je ne voudrais vraiment pas laisser croire que Georges Abolin n’a pas de talent. Mais c’est un style et les silhouettes des personnages ne me plaisent pas à cause de tours de taille souvent minuscules. Et puis, il y a la colorisation qui laisse à penser que plus d’un personnage s’est chopé un fameux coup de soleil. Ce n’est pas irréaliste puisque nous sommes souvent sur la plage mais voir une fille à la peau rose bonbon côtoyer une autre bien bronzée accentue tellement le contraste que l’on a mal pour la première.

Reste à voir si les ados accrocheront, car cette série me semble mieux leur convenir qu’à moi. Personnellement, j’abandonne ici. D’autant plus facilement que l’intrigue me semble tellement cousue de fil blanc que le risque de ne pas être surpris dans le deuxième tome est grand.

Nom série  La Grande évasion - Diên Biên Phu  posté le 06/08/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je n’ai pas été spécialement emballé par cette histoire. J’ai un peu eu le sentiment que Thierry Gloris cherchait trop à coller au concept de La Grande Evasion en nous offrant une histoire à l’esprit proche du film du même nom. On se retrouve avec des personnages multiples, militaires pour la plupart, coincés à un endroit précis et donc l’action conjointe doit permettre à certains de s’échapper.

Mais les personnages m’ont semblé manquer de charisme. Par ailleurs, la mise en place prend du temps (en même temps, il était dur de faire plus court) et lorsque l’évasion a lieu, tout me semble précipité, peu développé, expédié.

C’est dommage car le contexte historique m’intéressait.

Enfin le dessin de Le Saec ne m’a pas subjugué. Je le trouve trop raide et la colorisation très sombre n’a pas été de nature à améliorer mon appréciation d’ensemble.

Au final, je vais quand même dire « pas mal » (il n’y a pas de gros trucs qui m’ont choqué) mais je déconseille l’achat. Un emprunt en bibliothèque me semblant largement suffisant.

Nom série  Le Silence de nos amis  posté le 06/08/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
J’ai trouvé ce récit intéressant à deux niveaux.

Tout d’abord, il y a le contexte politique de l’époque. Nous sommes dans une période charnière de l’histoire des USA et cette amitié qui va se lier entre un reporter/photographe blanc et un militant noir (alors que nous sommes en 1967) permet à Mark Long et à Jim Demonakos de nous détailler tout ce contexte pesant. L’histoire sent le vécu (elle est directement inspirée par la jeunesse d’un des auteurs) et la sincérité. La tension est souvent palpable tant on sent que plus d’un acteur a les nerfs à fleur de peau.

Ensuite, la structure du récit amène le lecteur à réfléchir. A ce titre, le titre de l’album est particulièrement bien trouvé, je pense. Le silence de nos amis, c’est le silence de ces personnes, pas spécialement d’accord avec la politique mise en place, mais qui se taisent par peur du qu’en-dira-t-ton ou de représailles. Se taire pour « être tranquille », est-ce un choix acceptable ?

Bien sûr, la réponse semble évidente mais le fait d’exposer la situation dans un contexte précis et d’en montrer les enjeux permet de bien stigmatiser la mécanique pernicieuse des majorités silencieuses.

Le dessin, lui, va à l’essentiel. Un noir et blanc net et sans bavure, pas spécialement beau, sans effets de style, mais qui convient bien au propos.

A découvrir.

Nom série  La Grande évasion - Fatman  posté le 06/08/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Rien à faire, j’adore quand Chauvel nous fait ce type de polar US bien stylé. C’est toujours très classique avec des personnages hauts en couleur (que ce soit le principal ou les secondaires) et l’auteur parvient toujours à glisser une petite note originale qui démarque son album des autres. Ici, l’originalité vient de l’origine du grain de sable qui va enrayer cette belle mécanique.

Maintenant, le concept de La Grande Evasion est ce qu’il est et on s’attend à lire ce type de récit. La plausibilité est aléatoire (notre Fatman est quand même franchement balèze et Chauvel use subtilement de l’ellipse pour éviter certaines explications qui pourraient devenir gênantes) mais le rythme soutenu, les flash-back distillés avec parcimonie et surtout le fait que l’on se demande longtemps comment le gars va s’y prendre, tiennent le lecteur en haleine.

Le dessin, lui, est efficace à défaut d’originalité. Il est agréable à l’œil, soigné mais ne sort pas du lot. Le genre de dessin au service du récit avant tout… mais comme il lui convient parfaitement, je suis preneur.

Et puis vient ce très beau et original final, comme une cerise sur une tarte au chocolat faite maison. C’est gourmand et quasi mystique.

Franchement bien donc. Reste à ne pas se laisser tenter par tous les albums de la collection, la qualité de ceux-ci étant par trop aléatoire. Mais pour celui-ci, vous pouvez l’acheter les yeux fermés, c’est du tout bon.

Nom série  Les Contes de l'ère du Cobra  posté le 06/08/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Le style graphique des couvertures me faisait un peu peur car il a un côté confus que je n’aime pas. Ceci dit, ces couvertures ont de la gueule et démontrent immédiatement que l’auteur en a dans le coffre ! Je me suis donc laissé tenter par un petit emprunt (on n’est jamais trop prudent) et ai découvert un récit bien plus abordable que ce à quoi je m’attendais.

L’histoire est plaisante et nous est présentée, comme le titre nous l’indique, sous forme d’un conte. Un conte plutôt noir et non dénué d’humour. C’est vivant, dynamique, avec quelques belles trouvailles et un dessin soigné. Les personnages ont tendance à se multiplier mais j'ai trouvé tout cela finalement bien structuré même si le centre du récit n'est pas vraiment bien défini (chaque personnage devenant le sujet central à l'un ou l'autre moment).

Le deuxième tome est malheureusement un peu plus confus et, par moments, se traine inutilement. Mais le final est là pour refaire monter mon appréciation. Plus qu’un bon emprunt de bibliothèque, ce diptyque ne ferait certainement pas tache dans ma bibliothèque personnelle. Quant à l'absence de véritable morale de ce conte, et bien cela ne me dérange pas (et s'il fallait en trouver une, c'est que chacun a en soi une part de noirceur qu'il se doit d'user à bon escient pour rester quelqu'un de bien).

Sans crier au génie, c’est quand même franchement pas mal du tout !!

Nom série  Le Feul  posté le 30/07/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Une trilogie qui ne mange pas de pain mais qui se lit avec plaisir. On navigue dans un univers qui rappelle la fantasy sans vraiment en être. La quête menée devient rapidement prétexte à la découverte de l’univers créé (chaque peuplade dispose de son mode de fonctionnement tandis que la faune et la flore surprennent par leur relative originalité – les amateurs des œuvres de Léo devraient apprécier) tandis que les péripéties semblent de prime abord très convenues. Ceci dit, le scénario n’épargne pas ses héros et cet aspect « réaliste » (si j’ose dire) m’a bien plu.

Enfin, le final est bien trouvé même si on le sent venir à partir du deuxième tiers du troisième tome (ce qui est tout de même relativement tard).

Seuls reproches :

- Certains passages sont dispensables et font un peu trainer en longueur cette quête. Mais comme le dessin est agréable, la balade l’est tout autant et je me suis plu à flâner sur certaines planches lorsque l’intérêt scénaristique était plus dispensable.

- Alors que la quête se traine par moments, l’évolution des personnages et des relations qu’ils tissent entre eux est au contraire très rapide. Les ennemis d’hier devenant complice d’aujourd’hui d’une manière trop abrupte à mon goût. Ce qui fait perdre une part de crédibilité à l’ensemble.


Ces deux considérations mises à part, c’est quand même pas mal !

Nom série  Kiki de Montparnasse  posté le 30/07/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Je m’attendais à trouver un récit austère et limite larmoyant avec ce sujet. J’ai trouvé tout le contraire. Les auteurs parviennent à rendre très vivante cette biographie d’une des plus grandes égéries de l’entre-deux-guerres. Le trait est alerte, vif, et les dialogues sont spontanés et sonnent juste.

Pourtant, de biographie il est bien question puisque l’on suivra Kiki de sa naissance jusqu’à sa mort. Mais le récit est très vivant, jamais lourd… parfois un peu longuet et répétitif mais ces deux petits reproches n’en sont pas vraiment puisqu’ils permettent au lecteur que je suis de mieux appréhender encore la trajectoire de cette sulfureuse personne.

Après La Casati - la Muse égoïste et Violette Nozière Vilaine chérie, c’est le troisième portrait de femme en quête d’admiration (et qui auraient pu se croiser dans la vie réelle puisque toutes trois furent actives dans l’entre-deux-guerres) que je lis. Les similitudes entre elles sont nombreuses (mœurs libérées, besoin de reconnaissance, destin tragique) mais Kiki est celle qui m’est apparue comme la plus sympathique, celle qui me semble s’être le mieux acceptée. Et le mérite en revient certainement aux auteurs.

Par ailleurs, cette biographie est un bon prétexte pour nous replonger dans les milieux artistiques de l’époque puisque le modèle croisera plus d’un artiste notoire.

Un chouette album, définitivement, pour un personnage que j’ai trouvé attachant et détestable à la fois, extrême dans ses choix de vie mais cohérente avec elle-même.

Nom série  Basil et Victoria  posté le 29/07/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cette série dispose de plusieurs atouts.

Tout d’abord, l’époque victorienne à laquelle elle se déroule et le cadre de Londres, qui s’élargit rapidement à l’ensemble du territoire de sa Grâcieuse Majesté, colonies comprises, dégage un charme particulier. Les personnages mythiques y foisonnent et l’on croisera avec plaisir Jack l’Eventreur ou Sherlock Holmes, entre autres.

Ensuite vient le dessin et la colorisation d’Edith. Ce trait rond et spontané nous offre des décors soignés et des personnages très expressifs. Il ressemble à un dessin pour enfants alors que le propos ne l’est pas vraiment. Ce trait apporte de la vie et du dynamisme et si le quatrième tome m’est apparu un brin en deçà (on perd un peu l’aspect crayonné et le charme qui s’en dégage), les autres tomes m’ont franchement bien plu. Le choix de se limiter quant aux teintes apporte un style à la série et cadre parfaitement avec l’univers brumeux dans lequel nos deux jeunes héros s’agitent.

Enfin, il y a le ton employé par Yann. Il parvient à faire dire à ses personnages des atrocités avec une telle candeur qu’ils n’y perdent jamais leur âme d’enfant. C’est particulier et ce style ne plaira pas à tout le monde (il risque même d’en choquer certains qui croyaient tomber sur une série pour enfants, même si le scénariste reste quand même très sage par rapport à « Les Innommables ») mais c’est le Yann que je préfère.

Les scénarios en eux-mêmes laissent parfois un peu à désirer. C’est « facile » dirais-je mais ça se lit tout seul et sans effort. Entre le simple « pas mal » et l’enthousiaste « franchement bien », j’opte pour le premier à cause de la petite chute de niveau ressentie dans les deux derniers tomes mais cette série est des plus recommandables.

Nom série  La Cuisine de Mamette  posté le 29/07/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
L’exercice ne me semblait pas évident de prime abord et le risque de tomber sur une œuvre finalement plus commerciale qu’artistique me semblait grand. Pourtant, Nob relève le défi avec une déconcertante facilité.

Les recettes s’intègrent avec naturel au cœur de petites scénettes au ton humoristique et bon enfant des plus sympathiques. Les inconditionnels de la série mère (dont je suis) retrouveront avec plaisir différents personnages au charisme indéniable.

Le dessin est toujours aussi rond et expressif.

Au final, et alors qu’il aurait pu ne s’agir que d’une manœuvre commerciale surfant sur la vague de la cuisine à toutes les sauces (uh uh, … désolé), cette cuisine de Mamette m’a offert un agréable moment de lecture, des recettes simples et bien expliquées (accessibles aux enfants) et un petit cours de cuisine régionale (à l’occasion).

Nom série  Le Muret  posté le 28/07/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J’ai aimé la sincérité qui émane de cette histoire. Je ne sais pas si elle est inspirée d’une histoire vraie mais elle a, à tout le moins, réussi à m’en donner l’impression. L’histoire de cette jeune adolescente, délaissée par ses parents et donc en manque de repères, est touchante et sombre. Elle interpelle quant au rôle des parents dans la construction de l’enfant, quant à nos sociétés où les parents démissionnaires sont de plus en plus fréquents, où l’individualisme permet à chacun de s’isoler sans que personne de son entourage ne s’inquiète outre-mesure.

Cet album parvient donc à toucher tout en donnant à réfléchir. Et le trait de l’auteur, torturé juste ce qu’il faut pour ne rien perdre de sa lisibilité, et la colorisation (ou plutôt l’absence de colorisation puisqu’il s’agit de noir et blanc) sont en parfaite adéquation avec le propos. La narration à la première personne accentue encore cette impression d'être face à un témoignage. Elle n'est pas enfantine mais parvient à rester crédible malgré le jeune âge de l'héroïne. Un bel exercice d'équilibriste, ici aussi.

Un album à découvrir, donc. Il dénonce une certaine dérive de notre société tout en nous offrant un portait réaliste et sensible d’une jeune adolescente d’aujourd’hui.

Nom série  Django Unchained  posté le 28/07/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cette adaptation m’est apparue très fidèle au film quant aux événements qui y sont décrits mais l’humour particulier de Quentin Tarantino n’est pas aussi présent. Pourtant cet humour est bien nécessaire pour vraiment apprécier cette histoire ultraviolente de vengeance exacerbée, hommage aux grands westerns du genre (tout en étant résolument moderne dans son traitement).

Le réalisateur assure que le comic est plus complet que le film. Hormis l’un ou l’autre détail de peu d’importance, je n’ai pas remarqué de différences notables.

Alors, voilà, j’ai adoré le film et le « revoir » via ce comic ne m’a pas déplu… mais il m’aura quand même manqué quelque chose. Il n’en demeure pas moins que l’histoire est prenante et bien menée.

Côté dessin, je suis plus mitigé. La succession de dessinateurs (quatre au total) nuit à l’homogénéité de l’ensemble et l’un d’entre eux a un style que j’ai trouvé très approximatif et en rupture totale avec les autres. Clairement, ce n’est pas pour sa beauté graphique que j’ai lu cet album.

Pas mal en définitive… mais je préfère quand même revoir le film que lire l’album.

Nom série  Lomax - Collecteurs de Folk Songs  posté le 28/07/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Lomax raconte le voyage effectué par les Lomax père et fils au travers de l’Amérique sudiste en 1933. Leur quête : collecter un maximum de chansons folks comme exercice de mémoire d’une Amérique en pleine construction.

Les textes de chansons populaires vus comme un témoignage de l’histoire d’un pays, voilà qui, à mon avis, est très intéressant. La bande dessinée nous explique la démarche au travers des rencontres effectuées par les deux parents. Elle permet aussi de dresser un portrait de ce Sud encore profondément ségrégationniste.

L’album est intéressant, facile à lire grâce à un dessin soigné dans ses décors et très spontané pour ses personnages (qui y gagnent en vitalité) et à une narration simple allant à l’essentiel. J’aurais même tendance à dire qu’il se lit trop vite et donne le sentiment de ne finalement que survoler l’histoire de ce périple.

En fait, il m'aurait fallu un peu plus d’émotion et de profondeur, mais c’est un très bon emprunt de bibliothèque, une lecture enrichissante et une source de questionnements (que pouvons-nous retenir de notre époque à l’écoute des textes des chansons actuelles ?)

Pas mal, en résumé.

Nom série  Violette Nozière Vilaine chérie  posté le 17/07/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Si le dessin est agréable à l'œil, cet album ne m'a tout de même pas vraiment convaincu. En causes, plusieurs petits détails mais aussi et surtout le sentiment que les auteurs sont passés à côté de leur sujet.

En effet, à la lecture, le profil de Violette Nozière se résume à celui d'une petite peste narcissique. Ni exceptionnelle, ni touchante, elle m'est surtout apparue comme une tête à claques. Pourtant, plusieurs traits de son caractère laissent entrevoir une personnalité plus complexe marquée par de profonds troubles mythomanes. Mais cette piste n'est pas explorée (alors qu'elle explique le comportement du personnage, son détachement, son besoin de plaire, d'être quelqu'un d'autre, et même sa ''rédemption'' ). On reste dans le superficiel, dans une énumération de faits sans jamais trouver l'âme des personnages.

Par ailleurs, je n'ai pas trouvé le découpage très fluide. On saute parfois dans le temps, Eddy Simon élude certains faits ou résume de manière trop concise certains passages (la manière et les raisons pour lesquelles Violette Nozière fut graciée, par exemple). Le récit se traine sur certains faits qui me semblent anodins et s'accélère là où j'aurais aimé plus de profondeur.

Au final, je n'ai pas compris ces personnages. Comment Violette Nozière pouvait-elle autant plaire ? Pourquoi ses parents furent-ils aussi indulgents, benêts, couillons ? Ces questions n'ont pas reçu de réponse à mes yeux.

Reste l'agréable dessin, quoique je pense que Camille Benyamina dispose encore d'une belle marge de progression (dans le dynamisme de ses personnages et la fluidité des mouvements), un dessin bien mis en avant puisque la narration est tout sauf envahissante. Mais c'est insuffisant à mes yeux.

Nom série  La Voie ferrée au-dessus des nuages  posté le 03/07/2014 (dernière MAJ le 11/07/2014) Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Le sujet de cet album, c’est de l’or en barre ! Une voie ferrée vieille de plus d’un siècle construite par des Français dans la région chinoise, très accidentée, du Yunnan. Ce thème, intriguant s’il en est, m’a motivé à lire l’album de bout en bout. Pourtant, le dessin n’est pas vraiment engageant et la narration est parfois maladroite (même si c’est rare, on ne sait pas toujours lequel des protagonistes parle et certaines phrases sont interrompues avant terme, comme si la bulle n’était pas suffisante pour contenir tout le texte dans sa version française).

Le fait que l’auteur, qui se présente d’entrée comme une sorte de vieux bourlingueur chinois, soit également le personnage central du récit permet de donner un côté reportage journalistique à celui-ci. L’auteur entend parler d’un cimetière des étrangers dans un bled perdu, cherche à se renseigner sur l’origine du nom et finit par découvrir toute cette entreprise de construction d’une voie ferrée vieille de plus de 100 ans. La relation de son enquête et de ses rencontres permet d’amener énormément de données historiques et techniques d’une manière logique.

L’album recèle également une dimension politique. Parler d’une voie ferrée construite par des occidentaux n’est pas anodin alors que la Chine s’ouvre de plus en plus vers les autres pays. Il y a des réflexions à ce sujet que j’ai trouvé intéressantes. On oscille souvent entre la tentation de louer les bienfaits de la technologie importée d’une part mais, d’autre part, celle de condamner les Français pour le sort réservé aux ouvriers chinois (beaucoup sont morts en construisant cette voie du fait de conditions de travail déshumanisées). Derrière ce jeu de balancier se cache la grosse question : s’ouvrir aux autres nations, est-ce un bien ou un mal ? Malheureusement, l’album souffre d’un manque d’approfondissement. Il soulève le voile, pose de bonnes questions… mais demeure tristement dans le superficiel, l’anecdotique. C’est instructif alors que ç’aurait pu être passionnant !

J’avoue par ailleurs avoir eu du mal avec l’humour chinois. Pour exemple, voici un court dialogue :
- Monsieur Li : J’ai retrouvé une seconde jeunesse ! Je suis plein d’énergie !
- Le guide : Ha ha, monsieur Li, vous êtes plein d’humour.

Euuuhhh, oui ?! Mais encore ???? Bon, bien indulgemment, je vais mettre ça sur le compte de la traduction qui n’a pas su saisir toutes les subtilités du texte original, mais il est clair que ce n’est pas pour l’humour ou le ton employé que j’ai lu cet album.

Pour en revenir au dessin, le travail réalisé à l’encre de chine n’est pas mauvais en soi. Certains décors sont même assez réussis (des ponts notamment) mais ce style assez brut, intuitif et épuré manque d’amplitude à mes yeux. Aucune case ne m’a donné le vertige alors que la situation s’y prêtait à maintes occasions. Et pour les personnages, ce dessin a un côté très intuitif qui le rend peu précis. On reconnait les personnages grâce à leurs vêtements plutôt que par leur physionomie. Ce n’est pas dramatique (parce que je pense que l’intérêt de l’album est ailleurs) mais pas génial non plus.

Bof, en définitive, alors que le sujet m'intéressait énormément. Mais celui-ci est trop peu approfondi. La réalisation technique de ce manhua, elle, ne m’a que très moyennement convaincu (même si l’auteur semble être très réputé et reconnu dans son pays d’origine).

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