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Nom série  Blue note  posté le 13/10/2013 (dernière MAJ le 18/11/2014) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Et bien, pour ma part, j'ai franchement bien apprécié ce premier tome.

Je ne m'attendais pas à tomber sur ce type de récit, le titre me laissant penser que la musique allait y jouer un rôle plus important (ce qui sera certainement le cas dans le second tome). Mais force m'est de reconnaitre qu'avec Jack Doyle, les auteurs nous offrent une forte personnalité très attachante. Ce boxeur assoiffé d'honnêteté et pourtant manipulé du début à la fin de ce récit est des plus réussis. Tout aussi réussie, l'ambiance de cette fin de prohibition avec ces bars qui n'ont plus de clandestins que le nom, ces mafieux et autres magouilleurs influents, et ces ruelles humides et dégoulinantes de misère.

Le récit est copieux, tant en nombre de pages qu'en événements. On n'a pas le temps de s'ennuyer même si le souci d'installer l'ambiance est bien présent et si le rythme narratif est relativement lent.

Je me méfiais du dessin, qui me semblait bien plus brouillon que ce que la couverture laissait croire. A la lecture, j'ai finalement trouvé un style en accord total avec l'esprit de la bd mais aussi très riche dans ses détails. La colorisation limite volontairement la palette des couleurs et opte pour un style "passé". Ce n'est pas mon style préféré mais, dans le cas présent, cela marche plutôt bien.

Au final, et bien je me réjouis de lire le second tome pour découvrir l'autre face de cette pièce en deux actes. Ce premier récit, qui à la limite peut se lire comme un one-shot, m'a mis plus que l'eau à la bouche !!



Le deuxième tome nous offre l’autre face de la pièce, avec un autre personnage mis en avant pour la circonstance.

Il sera donc question de musique et non plus de boxe, même si les deux histoires sont étroitement liées (il y a unité de temps et souvent de lieux). J’ai trouvé cette partie un peu moins prenante. J’avais un peu le sentiment que les auteurs devaient tellement consacrer d’énergie à imbriquer les deux histoires sans laisser place à la moindre incohérence (et c’est, je pense, très réussi de ce point de vue) qu’ils n’ont plus su construire un récit aussi prenant pour R.J., guitariste talentueux et naïf, que pour Jack Doyle, le boxeur désabusé.

J’ai tout de même apprécié le fait que tout se tient et que chaque pan de ce diptyque nourrit finalement l’autre. Le scénario est bien pensé et bien construit et comme le premier tome m’avait vraiment bien plu, je conserve cette note de 4/5.

Nom série  Les Vieux Fourneaux  posté le 23/04/2014 (dernière MAJ le 18/11/2014) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Une fois de plus, Lupano me scotche ! Et pourtant son intrigue est toute simple…

Oui mais voilà, le gars a l’art du dialogue, la science du profil psychologique attachant, l’humour à fleur de peau, le don de glisser la petite anecdote mortelle au coin d’une case, là, comme ça, l’air de rien.

Résultat : un récit vif, alerte, drôle, surprenant, peuplé de personnages attachants. Le genre de récit où l’on se dit : « Qu’importe la fin, ce qui compte ici, c’est le voyage… ». Sauf que la fin, je suis tout de même très curieux de la découvrir. Avec cet auteur, la surprise est souvent au coin de la route, au détour d’un chemin de traverse aux parfums d’école buissonnière. Cette liberté de ton, cet art de toucher à plusieurs registres dans un seul et même album est une des marques de fabrique de l’auteur.

Et toujours ce talent de conteur qui nous offre des séquences magiques comme "le polichinelle dans le tiroir" ou "la sortie de route" (vous me comprenez si vous avez lu cet album ).

Et que dire du travail réalisé par Cauuet sinon qu’il est du même niveau que celui de son complice. Le trait est rond et nerveux à la fois, extrêmement expressif et vivant. Les personnages sont croqués avec talent, les cadrages font régulièrement montre d’originalité (ce plan en contre-plongée depuis l’intérieur d’une camionnette en est un bel exemple).

La colorisation est au diapason. C’est un sans faute ! J’attends déjà la suite avec impatience !!!

Reste le problème de la notation. D’ordinaire, je n’accorde la note maximale qu’à des œuvres qui me semblent avoir contribué à l’évolution de la bande dessinée ou, du moins, qui constituent des tournants décisifs dans la carrière d’auteurs majeurs…

A mes yeux, Lupano est devenu sinon majeur du moins incontournable. Et signer après l’excellent « Ma révérence » un album tel que celui-ci m’incite à penser qu’il a atteint un niveau digne du culte.




La série perd une étoile à mes yeux suite à la lecture du deuxième tome. J’ai en effet trouvé celui-ci plus confus, plus éparpillé et moins tranchant que le premier. Qu’on ne s’y trompe pas, j’ai bien aimé ce tome mais plus au point de lui attribuer la note maximale.

Par ailleurs, je regrette également certains choix scénaristiques qui nous montrent une nouvelle génération qui se plait à critiquer l’ancienne… mais qui adopte rapidement un profil bas, histoire de ne pas faire de vague, alors qu’elle a les armes pour (un peu) changer le monde. Ce manque d’ambition est peut-être volontaire de la part des auteurs mais il me déçoit, à l’heure actuelle.

Ceci dit, cette série figure parmi celles qui m’ont le mieux accroché depuis quelques années. La truculence des personnages est formidable, ce qui me les a rendus attachants en un temps record. J’attends donc la suite avec impatience.

Nom série  Mac Namara  posté le 17/11/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Il faut bien avouer une chose : les scénarios de ces deux enquêtes policières sont quand même très faibles ! Les incohérences et les facilités scénaristiques se multiplient tandis que les théâtres ne font pas montre d’une grande originalité (une secte pour la première, une course cycliste pour la seconde).

Si encore, il y avait un second degré assumé, la pilule aurait pu être digeste. Malheureusement, le ton employé se veut sérieux… sauf pour les noms des personnages secondaires, dignes de blagues de potaches (ou, dans le cas des cyclistes, se référant sans aucune subtilité à des cyclistes réels).

Les personnages sont caricaturaux au possible (le journaliste photographe cynique et tombeur, le flic gaffeur mais acharné, les personnages féminins au caractère affirmé mais qui ont bien besoin du héros pour s’en sortir). On a même droit au méchant récurrent agissant dans l’ombre (ceci dit, sur deux tomes, la récurrence est des plus sommaires), et, cerise sur le gâteau, au fou qui veut détruire la planète entière. Et, excusez-moi d’insister, tout cela sans réel second degré ! C’en est presque affligeant…

Reste l’agréable dessin en ligne claire d’André Taymans, toujours égal à lui-même. Qu’on aime ou qu’on n’aime pas, je pense que chaque lecteur reconnaîtra son savoir-faire. C’est clair, expressif, parfois un peu raide (comme toute ligne claire), les personnages sont bien typés, les décors ne sont pas oubliés même s’ils ne sont pas essentiels. Sa collaboration avec Bruno Wesel fonctionne bien même si l'on sent parfois une petite baisse de qualité (sans que je puisse l'incomber avec certitude à l'un ou à l'autre).

J’aurais pu dire « bof » mais l’extrême faiblesse des scénarios m’incite à la sévérité.

Nom série  Ce n'est pas toi que j'attendais  posté le 12/11/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
S’il y a une chose qui m’a marqué à la lecture de cet album, c’est la profonde sincérité dont fait montre son auteur. Loin de s’attribuer un beau rôle avec une une belle grandeur d’âme, il se livre sans artifice. Et l’album y gagne directement en intérêt.

Nous pouvons en effet assister aux différentes phases par lesquelles il passe face à cette situation difficile à vivre : le déni, le rejet, la colère, l’indifférence et enfin l’acceptation.

Le dessin, s’il est plutôt agréable, m’a quant à lui marqué… par le nez de certains personnages féminins. Cet espèce de « m » à l’envers en guise de pointe est pour le moins saugrenu et, disons-le clairement, obsédant dès que l’on y fait attention. A un tel point qu’il m’aura par moment fait sortir de ma lecture, ce qui est bien dommage.

Le message transmis est positif et d’une profonde humanité. Le livre peut servir d’aide à des parents devant affronter une situation similaire, ne fusse qu’en leur montrant que d’autres parents ont eu des réactions très dures, voire perturbantes.

Intéressant et sincère, donc. Parce que je travaille dans le milieu, je n’ai pas été surpris outre mesure et la fin me parait trop rose bonbon (mais tant mieux, quelque part). Très certainement à lire, et je ne déconseillerais pas l’achat (même si un emprunt suffira certainement à beaucoup d’entre vous) mais je reste sur un « simple » pas mal pour ma cote globale.

Nom série  Edwin (Le Voyage aux Origines)  posté le 12/11/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Surprenante œuvre que cet Edwin, qui nous propose un mélange des genres aussi étonnant que bien maîtrisé.

Tout débute comme une œuvre réaliste et historique avant de basculer dans le fantastique (jusque là, rien de réellement désarçonnant) pour ultérieurement nous offrir un final inattendu et subtil (mais je ne vous en dirai pas plus). Un peu comme si vous écoutiez un morceau musical qui débuterait sur une longue introduction de Bach, basculerait sur le Whiter Shade of Pale de Procol Harum (ce qui paraîtrait presque logique) pour finir sur un Tango Argentin bien plus déconcertant.

Le plus étonnant, c’est que tout cela est bel et bien logique ! Les origines de l’homme et la création du monde nous sont ainsi proposées sous un angle original et ludique (car Manon Textoris aime se jouer des mots et de ses lecteurs).

Au niveau du dessin, le style de Julien Lambert (dont il s’agit de la première œuvre publiée) m’a rappelé Cossu… mais sans parler de plagiat pour autant. L’artiste (car c’en est un) a un style bien personnel, singulier, avec une touche de naïveté qui convient parfaitement au scénario concocté par sa complice (et talentueuse coloriste).

Première œuvre oblige, tout n’est pas parfait et j’ai trouvé çà et là quelques passages un peu longuets, voire inutiles. Mais, dans l’ensemble, pour l’ambiance que les deux auteurs ont su instaurer, pour l’originalité de la construction de cette histoire, pour ce surprenant final et pour le soin apporté à l’ensemble de l’album (on sent qu’ils l’ont peaufiné, celui-là !) je ne peux dire que « Chapeau ! »

Cette œuvre est le premier fruit du prix Raymond Leblanc, qui offre à des auteurs n’ayant pas encore publié d’album de bande dessinée la possibilité de se consacrer pleinement à leur projet. Au vu du résultat, je ne peux qu’applaudir l’initiative et la pertinence du choix effectué.

Ma note oscille entre un « pas mal » enthousiaste et un « franchement bien » peut-être un peu flatteur. Mais il s’agit d’une première œuvre et elle me semble tellement prometteuse que je vais me montrer généreux.

Nom série  Yokozuna  posté le 10/11/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Deux auteurs français, ayant la particularité d’avoir vécu une période de leur vie en Amérique du Nord (Les Etats-Unis pour l’un, le Canada pour l’autre) nous proposent de suivre le parcours véridique d’un sumo… hawaïen : bienvenue sur la planète Terre !

C’est vrai que le projet peut paraître étrange mais les auteurs semblent maîtriser leur sujet et peuvent s’appuyer sur les propres souvenirs du Sumo en question, Akebono Taro, de son nom d’origine Chad Rowan. Ce manga s'inspire de son parcours et, s'il se permet quelques libertés (semble-t-il, mais je ne sais à quel niveau), il transpire de sincérité.

Comme tout un chacun, j’avais déjà entendu parler de ce sport et du statut de demi-Dieu de ses plus grands acteurs. Je savais également qu’un Hawaïen avait réussi un parcours digne d’intérêt au pays du soleil levant… Mais mes connaissances en la matière s’arrêtaient là. Et, très sincèrement, ce sport et ses principaux athlètes m’intriguaient (comment un gars de 250 kg peut-il faire du sport d’une part, et être une icône pour tout un peuple d’autre part ?)

Ce manga à la française (le format est celui du manga mais le dessin et le sens de lecture sont à l’européenne) était pour moi l’occasion d’en apprendre un peu plus. Et, d’un strict point de vue documentaire, il remplit parfaitement son office. Nous suivons la carrière d’Akebano Taro depuis le moment où il est repéré à Hawaï jusqu’à sa retraite sportive (ou, du moins vis-à-vis du sumo puisqu'il continuera à combattre dans d'autres sports, ayant du mal à passer à autre chose). Les auteurs passent ainsi en revue tous les aspects techniques de ce sport, mais aussi les problèmes d’intégration à une autre culture ou encore le côté très philosophique, voire religieux, de l’art du Sumo. Sans oublier sa dimension historique ou les rapports étroits qui le lient au milieu mafieux japonais. Le plus édifiant a été pour moi la formation du débutant, avec la saisie de son passeport et des punitions corporelles considérées comme logiques par tous les adeptes (débutants ou confirmés s'y plient sans discuter). J’imagine bien la chose en football, tiens ! Ribery qui se ferait battre à coup de pied ou de baguettes en bambou par tous ses partenaires pour avoir trop fêté une victoire ! J’ai également été surpris de constater que les sumos hawaïens n’étaient pas si rares que ça, entrainant de la part des Japonais des manœuvres protectionnistes afin que ce sport reste l’apanage de leurs propres athlètes.

Au niveau du dessin, je suis plus dubitatif. Le trait de Marc Van Straceele n’est pas désagréable dans son style "ébauche crayonnée" mais ses personnages sont très peu typés. Alors, lorsque, arrivé au deuxième tome, j’assiste à des combats de sumos dotés de la même coiffure et de la même corpulence, il me devient très difficile de distinguer un combattant de l’autre. Je ne sais plus alors avec certitude qui reporte le combat et la compréhension du récit en devient par moments problématique.

Cet écueil mis à part, la série m’a apporté ce que j’en espérais : un récit documenté et réaliste pour une incursion dans un autre univers, très éloigné du mien mais non dénué d’enseignements.

Pas mal du tout, en somme.

Nom série  Golias  posté le 26/09/2012 (dernière MAJ le 05/11/2014) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Même si elle n’offre rien de spécialement original, cette série est très bien fichue.

Le premier atout réside dans le trait de Lereculey. Fin, précis, dynamique, expressif, riche dans ses décors, soigné dans son bestiaire, ce trait me charme d’autant plus que la colorisation est elle aussi des plus soignées. Parfois lumineuse, parfois terne, cette colorisation parvient à créer des ambiances toujours bien à propos en fonction des planches.

Ensuite vient un scénario, classique comme je le disais. On se retrouve en plein drame antique avec un roi vieillissant, un frère du roi félon et prêt à tout pour conquérir le trône et des enfants dignes de leurs parents, avec Golias comme héros intrépide mais pas invincible. Ajoutez à cela une quête, des coups en traitre, des rencontres de voyage et vous réalisez qu’il n’y a là rien de neuf…mais que tout est bien présent pour nous faire passer un bon moment.

Autre point fort de la série : les multiples personnages, lieux et animaux. L’univers créé par les auteurs est riche à tous points de vue. Les personnages secondaires sont certainement pour beaucoup dans mon appréciation d’ensemble (à commencer par un « méchant » qu’il me plait de détester, essentiel dans ce genre de série).

Enfin, la série peut s’appuyer sur les connaissances des auteurs en matière de mythes grecs. Pour preuves, ces sirènes dont la représentation graphique risque d’en surprendre plus d’un… mais qui correspond pleinement à la représentation que s’en faisaient les Grecs de l’époque.

Je soulignerai encore l'équilibre existant entre la comédie et le drame. cela pourrait vite devenir grotesque ou mal à propos mais les auteurs parviennent toujours à garder l'église au milieu du village. Ils nous offrent un véritable drame antique (avec tous ses codes) mais glissent régulièrement des notes d'humour burlesque qui rafraichissent l'ambiance. Et à propos de cet exercice d’équilibriste, jetez donc un œil sur la couverture du premier tome ! En avant plan vous y verrez Golias, le héros de ce récit, le visage sombre, le regard dur et fermé. Mais en arrière-plan apparait un satyre coursant une déesse dans un style burlesque… Le ton est donné : le drame est à l’avant-plan mais l’humour, fin et discret, est bel et bien présent.

Notons enfin que le troisième tome marque une sorte de tournant dans la série. Ce tome peut en effet se lire d'une manière indépendante. Les personnages sont maintenant bien installés et les auteurs pourraient, si le cœur leur en dit, leur faire vivre des aventures dignes d'Ulysse.

Bien fichu, vraiment ! Agréable à lire et sans prise de tête. Pas très original. Mais bien fichu et soigné.

Nom série  Les Crocodiles  posté le 04/11/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
La lecture de cet album m’a choqué. Et c’est heureux, car c’est bien là un de ses objectifs : faire prendre conscience aux gens de l’ampleur du phénomène. De quel phénomène parle-t-on ? Du harcèlement au quotidien dont sont victimes les femmes. Un phénomène (ou est-ce la prise de conscience dudit phénomène) qui semble s’accentuer depuis quelques années.

L’auteur a eu envie de réaliser cet album après avoir visionné le reportage accablant de Sofie Peeters, « Femme de la rue » un film choc que j’ai vu également et qui, je pense, devrait être vu par tous. L’intention est louable, le livre est nécessaire (et j’invite vraiment tout le monde à le lire) mais certains partis-pris m’ont dérangé.

Le premier parti-pris est celui de représenter les hommes, tous les hommes, sous les traits de crocodiles. L’auteur se justifie en disant qu’il prend le point de vue féminin et que, pour une femme, tous les hommes sont des prédateurs sexuels en puissance. Je peux comprendre mais en procédant de la sorte, l’auteur se protège également. Le reportage de Sofie Peeters montrait que ces comportements étaient hélas souvent l’apanage de certaines cultures, la conséquence de certains modes éducatifs et la confrontation de deux visions des rapports homme-femme. Elle s’est fait traiter de raciste pour avoir osé montrer cette évidence (un raccourci qui m'énerve tant elle démontre par l'image et appuie par ses propos que le problème est avant tout culturel et éducatif et non lié à une race ou une couleur de peau). Ici, les allusions aux origines culturelles des agresseurs sont rares et leur identification est impossible puisque tous abordent les mêmes traits. C’est, je trouve, un peu facile et, d’une certaine manière, irrespectueux vis-à-vis des hommes et du mode d’éducation occidental et laïc.

Ensuite, cet album se centre uniquement sur les cas où la femme est la victime et l’homme le coupable. Jamais d’homme agressé, donc, ce que je trouve déjà réducteur. Mais aussi, il cherche à ôter à la femme tout sentiment de culpabilité de quelque manière que ce soit (par son comportement ou sa tenue, l’auteur insiste sur le fait qu’une femme a le droit de s’habiller ou de se comporter comme elle le désire). A nouveau, l’intention est louable et il serait vraiment stupide d’accabler une personne alors qu’elle vient d’être victime de harcèlement. Ceci dit, ma propre expérience m’incite à nuancer ce type de manichéisme (**voir en fin d’avis pour mes propres expériences en la matière, car ce type de livre-témoignage donne envie de partager à son tour).

Enfin, tous les types de harcèlement sont présentés comme identiques. Et, à nouveau, je pense qu’il n’est pas juste de considérer le malade mental (l’exhibitionniste qui se masturbe dans la rue) et le macho primaire (qui va caresser le cul d’une inconnue parce qu’il estime en avoir le droit) comme deux cas identiques. Il y a des cas où la castration chimique est la seule solution, et d’autres où le problème vient avant tout de l’éducation reçue. A nouveau, cet amalgame me dérange quelque peu.

Ceci dit, les histoires racontées ici (témoignages sincères d’anonymes) sont édifiantes et doivent donner à réfléchir. Il y a dans nos rues de vrais connards qui doivent être baffés plus souvent qu’à leur tour. Et enchainer ces scènes dresse un portrait peu glorieux de notre société et des hommes (ou du moins de son évolution (de sa dévolution ?)).

En fin d’album, des conseils sont donnés, tant pour la victime que pour les témoins ou même les coupables. Ces informations sont utiles et nécessaires, à nouveau. Mais, à nouveau, l’auteur ne cherche pas à remonter à l’origine du mal. Permettre aux femmes de se défendre, c’est très bien. Eduquer les gens (tous sexes confondus) pour que ce type de comportement disparaisse, c’est mieux ! Et pas utopique !!

Ce livre est donc à mes yeux une très bonne base de travail. Il choque, pousse à réfléchir et donne envie de partager ses expériences et son point de vue. Je pense cependant qu’il n’est qu’une porte d’entrée, une manière d’introduire un débat car, à force de ne se positionner que d’un côté et de simplifier les choses (les hommes, tous des porcs !), son intention et son intérêt risquent de ne pas être saisis de tous les lecteurs.

Le dessin est maladroit et approximatif mais, face à l'importance du sujet, je m'en fous royalement puisqu'il est suffisant pour illustrer le propos.

** Mes propres expériences en la matière :

Pourquoi parler de soi alors que l’on donne son avis sur un livre ? Tout simplement parce que nos propres expériences influencent notre manière de penser. Et face à ce sujet, la perception du lecteur dépendra beaucoup de son vécu. Un homme et une femme ne liront pas « Les Crocodiles » de la même manière… mais deux hommes auront eux aussi deux lectures différentes. C’est la raison pour laquelle il me semble logique de partager certaines expériences avec vous pour que vous puissiez peut-être mieux comprendre mon sentiment à cette lecture.

- A l’âge de 14 ans, j’ai été « victime » d’un détraqué sexuel. L’histoire n’a rien d’original ni même de dramatique, rassurez-vous. Durant des vacances à la mer, et alors que je m’étais isolé pour lire un bouquin, un gusse est venu s’installer en face de moi. Je l’ai ignoré mais il cherchait clairement à attirer mon attention. Et quand j’ai relevé les yeux, j’ai pu constater qu’il se masturbait toutes voiles dehors. Je me suis levé, l’ai regardé en prenant le plus possible l’air du type qui pense : « Mon pauvre vieux, qu’est-ce que tu es minable avec ta molle limace… » et je suis parti. Fin de l’histoire. Pourquoi je vous raconte ça ? Parce que, depuis lors, j’ai la conviction que personne n’est à l’abri de ce type de harcèlement (œuvre d’un malade mental et non d’un quidam dans la rue), que l’on soit une frêle jeune fille ou un grand dadais baraqué. Il me semble donc important de distinguer les deux cas.
- J’ai, durant toutes mes études primaires et secondaires, dû longer un internat pour jeunes filles. Et, à plus d’une reprise, je me suis fait interpeller par un troupeau de jeunes filles au comportement ressenti par moi comme agressif (je ne compte pas les « Hé, grand con, tu t’appelles comment, t’as pas une clope, mais arrêtes-toi… Fous le camp, t’es trop moche… »). J’ai, depuis lors, la conviction que ce qui rend les gens arrogants, agressifs n’est pas tant une question de sexe mais bien un sentiment de toute puissance. Une meute de femmes face à un homme seul se comportera souvent de manière aussi stupide et irrespectueuse qu’un homme face à une femme isolée. Restent les problèmes liés à l’éducation et à la perception que l'on a de l’égalité homme-femme dans notre société. Mais c’est un autre débat.
- Durant mes études supérieures, j’ai été témoin d’une tentative d’enlèvement. Un étudiant arrogant et friqué (le genre qui pense avoir tous les droits, pur belge et catho pour éviter tout amalgame, des cons il y en a partout) avait essayé de forcer une des filles de notre groupe, qu’il connaissait, à grimper dans sa voiture. Nous avons bloqué son véhicule illico, arraché la fille de ses bras et l’avons raccompagnée jusqu’à notre internat. Une heure après, le type se présente à l’internat pour « parler » à la fille en question. Je fais partie du comité d’accueil et il me semble totalement exclu qu’ils se rencontrent. Finalement, la fille descend et le gars s’excuse. Nous lui demandons fermement de dégager… mais (et je n’en reviens toujours pas à l’heure actuelle) la fille décide de l’accompagner. Nous essayons de l’en dissuader mais rien n’y fera. Depuis lors, je ne crois pas en l’innocence absolue des victimes. Je ne dis pas que c’est toujours le cas ou même la majorité des cas, peut-être est-ce même une exception, mais être témoin de ce type de comportement donne à réfléchir. Avons-nous bien fait d’intervenir ? La fille ne provoquait-elle pas volontairement le garçon ? Dans un cas de figure identique, est-ce que je réagirais à nouveau en cherchant à les séparer ? Honnêtement, je n’en sais rien… Le jour où le « Non » d’une femme signifiera vraiment non, les hommes auront bien plus de facilité à les comprendre…

Ces trois anecdotes n’ont bien sûr pas leur place dans cet album. Ce n’est pas son propos. Mais elles influencent ma manière de percevoir l’album, en nuancent certaines positions et permettront peut-être d’englober la réflexion dans un contexte plus global.

C’est le grand intérêt de ce livre : permettre d’aborder un débat d’idée. Mais sa stigmatisation peut être dangereuse. Je conseillerais cependant et chaudement cette lecture dans un cadre scolaire. Partager ses expériences, réfléchir à la société de demain, aux rapports homme-femme, ces sujets essentiels à mes yeux peuvent s’aborder grâce à ce livre. Et c’est son grand mérite.

Un coup de cœur, donc mais il faut prendre ce livre pour ce qu'il est, avec ses limites... et chercher à voir plus loin.

Nom série  Jimmy Laventure (Une aventure de)  posté le 03/11/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Une série destinée à un jeune public et qui n’aura connu que deux tomes (ce qui est déjà deux fois plus que beaucoup d’autres séries).

Il faut bien avouer que s’il se dégage une certaine bonhomie de ces albums, si certaines idées sont originales, l’humour tombe quand même fort à plat. Il y a bien quelques références à la belgitude des auteurs (et plus particulièrement à Bruxelles), mais rien de véritablement marquant. Les enquêtes de Jimmy ont beau être hors du commun, elles ne sont pas non plus des plus passionnantes.

Le dessin de Jannin est ce qu’il est. J’aime bien les bouilles de ses personnages et l’expressivité de son trait. Par contre, côté dynamisme, c’est encore maladroit (et ça le restera toujours, je le crains).

En résumé, même si ça se laisse lire, la série ne marquera pas assez les esprits pour en justifier l’achat.

Nom série  Wallman  posté le 03/11/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
En fait, il y a tellement trop de tout dans ce manga qu’il en deviendrait presque jouissif !

Ultra-violent, racoleur, à l’humour pré-pubère et au scénario aussi épais qu’un timbre-poste, ce manga n’en est pas moins très prenant.

Pourquoi ?
Parce que je me demande jusqu’où l’auteur va aller.
Mais aussi parce qu’il a réussi à créer des personnages ultra-stéréotypés auxquels je me suis étrangement attaché.
Mais encore parce que l’héroïne, aux poses sexy des plus improbables, fait gaiement frétiller le caleçon.
De plus, il y a un certain sens moral dans cette série.
Enfin, la mise en page est on ne peut plus dynamique ! Le dessinateur se fait plaisir et cela se ressent. Le séquençage en devient parfois incohérent mais ça en jette !

L’alternance entre scènes ultra-violentes, passages emphatiques pseudo-dramatiques et séquences humoristico-érotiques déconcerte quelque peu, mais je m’y suis habitué. Après, bon, c’est clairement destiné aux adolescents ou aux attardés dans mon genre. C’est pas moins crédible qu’un comics de super-héros, pas moins superficiel qu’une émission de téléréalité, le suspense est des plus relatifs… mais, dans la catégorie vide-cerveau, c’est fichtrement efficace. Primaire, mais efficace.

Pour public averti, tant au niveau de la violence que de l’érotisme vulgaire (et on ne pourra pas dire que je ne vous ai pas prévenu).

Nom série  Dear Brother!  posté le 22/10/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
A la lecture du premier chapitre, je me suis dit que ce manga pourrait me plaire. La manière dont les frères de l’héroïne s’insinuent dans sa vie privée me semblait prometteuse et je pensais ainsi trouver une série amusante et décalée.

Malheureusement, j’ai vite déchanté. Car après ce bon début, la série va rapidement tourner en rond. L’humour va devenir de moins en moins présent, laissant la place aux interrogations très litaniques de Momo. Les sentiments qu’elle éprouve pour son frère préféré et l’attitude de celui-ci (et il ne faut pas être très futé pour comprendre que ces sentiments sont partagés) deviennent le sujet central du récit… mais sans aucune évolution au fil des chapitres.

J’ai fini le deuxième tome avec difficulté et je ne poursuivrai pas l’aventure, même si le dessin est assez sympathique et soigné.

A voir avec un public plus jeune et féminin si ce questionnement en boucle peut soulever l’intérêt d’un lecteur. Mais pour un vieux mâle dans mon genre, je ne peux que conseiller de passer son chemin.

Nom série  Mini'Olmes  posté le 21/10/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cette série s’adresse aux enfants et propose des énigmes qu’il leur faudra résoudre, en compagnie d’un mini-enquêteur qui, lui, bien entendu, aura rapidement trouvé la solution. Ces enquêtes, souvent de type policier, sont assez faciles à résoudre mais demandent quand même un certain sens de l’observation. Je pense qu’elles sont bien adaptées au public visé (le personnage semble d'ailleurs sévir depuis plus de 5 ans dans le magazine Science et Vie Junior).

Le dessin est plutôt sympathique dans son style cartoon à la Hanna-Barbera. Les personnages sont souriants, jamais effrayants. Le trait est frais et pétillant.

Je regrette un petit manque d’humour dans ces intrigues. Il y a bien des personnages un peu saugrenus (cela va du comte Dracula au père Noël) mais le développement même de l’intrigue est très basique et ne laisse finalement que peu de place à la fantaisie.

Dans l’ensemble, je pense que l’album plaira aux jeunes lecteurs amateurs du genre. Par contre, je ne pense pas que l’achat se justifie. En effet, une fois la solution de l’intrigue trouvée, où se trouve l’intérêt d’une relecture (hormis pour les amnésiques) ?

Pas mal. Un album de vacances type, à mes yeux. A lire avec parcimonie et dont la relecture risque d'être très vite ennuyeuse.

Nom série  All You Need is Kill  posté le 11/10/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Au début de ma lecture, je me disais que j'allais encore tomber sur un scénario classique de combat contre un implacable envahisseur extraterrestre, et puis...

Tout bascule vers la 40ème page. Et là, je me suis dit : "Waw, mais c'est quoi, ce brol ?" Rencontre improbable entre "Groundhog Day" et "Starship Troopers", All You Need is Kill se révèle alors bien plus original qu'espéré... et par voie de conséquence, bien plus prenant.

La suite de ce premier tome offre cependant quelques longueurs (justifiées par l'idée même du scénario) et, déjà, quelques incohérences. Ces incohérences ne gêneront pas certains lecteurs, elles risquent d'en heurter d'autres. A titre personnel, je me situe entre les deux : j'ai trouvé certaines explications foireuses et certains développements illogiques, mais la curiosité suscitée suffisait amplement à me maintenir dans le récit.

Enfin, ce premier tome se termine sur un tel cliffhanger qu'il m'était impossible de ne pas lire le second ! Vraiment excellente, cette séquence finale !!

Le deuxième tome permet d'en apprendre plus sur le second personnage essentiel du récit puis, à nouveau, s'étiole dans une certaine routine... avant le grand final. Un grand final dramatique mais, à nouveau, à mes yeux, incohérent à plusieurs points de vue. Toujours ce sentiment mi-figue mi-raisin qui m'empêche de donner dans l'enthousiasme débridé.

Je pense qu'il faut prendre ce récit pour ce qu'il est : un grand divertissement bâti sur une bonne idée de départ, avec de multiples scènes d'action... mais pas toujours très cohérent dans son développement. Pas mal du tout, un achat que je conseille aux fans du genre (surtout si, comme moi, ils n'ont pas vu le film, les effets de surprises constituant un élément essentiel dans mon appréciation).

Avis aux amateurs.

Nom série  Alisik  posté le 12/10/2013 (dernière MAJ le 11/10/2014) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Alisik est une série de type gothic girly due au talent de deux auteurs allemands et…

Mais…

Où ils sont partis ?

Non, sérieusement ! Revenez !!! Je sais que dit comme ça, ça peut faire peur. Pourtant, après avoir lu les trois premiers tomes, et en tenant compte de l’excellent Gung Ho, lui aussi dû aux talents conjugués de deux auteurs allemands, j’en suis arrivé à me demander si l’avenir de la bande dessinée ne se trouvait pas outre-Rhin. Ces deux séries se distinguent en effet par une approche graphique que je trouve révolutionnaire tant la palette graphique y est parfaitement maîtrisée au service de l'histoire et non pour "en mettre plein la vue" (tout en en mettant quand même plein la vue). Pourtant, de prime abord, Alisik n’avait rien pour me plaire. Comme je le dit, c’est gothique, girly et plutôt destiné aux adolescentes. Mais cette série est truffée de qualités qui en font un de mes coups de cœur actuels.

Tout d’abord vient le dessin. Les couvertures vous donnent le ton. On est proche de l’art-book et je pense que plus d’un lecteur passera devant elles sans se douter qu’il s’agit d’une bande dessinée. Pourtant, quand on l’ouvre, on tombe sur une présentation traditionnelle… ou presque, parce qu’il y a quand même cette peluche de lapin qui surgit par ci par là on ne sait d’où sinon de l’envie du dessinateur d’en rajouter une couche. Et il a bien raison, car lorsque ce lapin n’apparait plus, il me manque (à l’image de la coccinelle chère à Gotlib).

Mais, bon, ce détail mis à part, la mise en page est traditionnelle… sauf qu’il y a ce découpage en chapitres qui s’ouvrent sur des articles de loi s’adressant aux post-mortems. Et puis des phrases venues d’ailleurs aussi, des poèmes, des sonnets, quelques lignes du journal intime de l’héroïne…

Ceci mis à part, DONC, on est dans une bande dessinée classique, sauf que le dessin, très informatisé, use d’effets de flou très bien maîtrisés et judicieusement employés, d’effets de relief tout aussi bien maîtrisé mais parfois moins heureux. L’artiste n’hésite pas à nous balancer de grandes illustrations (enfin, grandes comme le format du livre… qui est petit) très girly qui rythment vraiment la lecture.

Toutes ces qualités donnent aux albums un aspect assez unique, structuré et bordélique, sympathique et gothique, avec une grande richesse dans les détails tout en étant immédiat.

Vient ensuite le scénario. Là, de prime abord, on se dit qu’on va avoir du classique. Une adolescente qui vient de mourir est accueillie par une poignée de sympathiques fantômes dont le cimetière, on l’apprend rapidement, risque d’être rasé pour donner naissance à un centre commercial. Sauf que, grâce au découpage réalisé, l’intrigue ne cesse de s’enrichir.

On en apprend donc plus :
- Sur le pourquoi de ces post-mortem et de leur présence dans ce cimetière ;
- Sur le passé des différents personnages et les causes de leur mort ;
- Sur Alisik, bien sûr, sur son état et ses nouvelles capacités.

Ce serait déjà pas mal mais, par ailleurs, vient se greffer là-dessus :
- Une histoire d’amour entre Alisik et un jeune aveugle capable d’entendre les morts ;
- Une intrigue sur la cause de l’infirmité du jeune homme (due à un accident de voiture) ;
- Une intrigue autour de l’entrepreneur désireux de construire son centre commercial.

Et au milieu coule une rivière… celle de la mémoire d’Alisik, effacée par sa mort et qui lui revient petit à petit (il faudra attendre le troisième tome pour qu'elle la retrouve).

C’est riche, ça part dans beaucoup de directions et il est finalement difficile de déterminer quel est l’élément central du récit car même Alisik devient à l’occasion le simple témoin de chapitres mettant en scène l’un ou l’autre personnage, par ailleurs secondaire. C’est original, c’est différent. Pourtant, cela demeure facile à lire et ne donne pas du tout l'impression d'être expérimental tant tous les aspect sont maîtrisés.

C’est Alisik et c’est vachement bien !!! (Et je n'en reviens pas d'être toujours le seul à avoir posté mon avis sur cette excellente série).

Nom série  Brigade fantôme  posté le 11/10/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Sympathique petite série destinée aux jeunes lecteurs, la Brigade fantôme fait peur "pour du rire". C'est vif, enjoué, espiègle, les personnages sont assez sympathiques, les histoires (trois dans le premier tome, une seule dans le deuxième) font montre d'originalité à plusieurs reprises...

Mais il m'aura manqué ce petit truc en plus. Les chutes sont trop plates à mon goût, le deuxième tome (qui n'offre qu'une seule histoire) connait des moments creux, des longueurs. Ca reste toujours sympathique... mais voilà, ça en reste là.

Le dessin de Pedrosa est très bon (comme d'hab', ai-je envie de dire) et contribue beaucoup à mon appréciation de la série. C'est rond, vif, expressif : tout ce qu'il faut pour une série jeunesse.

Je ne déconseille pas l'achat mais je pense qu'un emprunt peut s'avérer suffisant.

Nom série  Une après-midi d'été  posté le 11/10/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
C'est beau mais c'est triste...

En fait de one-shot, cet album est la suite directe de Trois éclats blancs. Et si avoir lu Trois éclats blancs n'est pas indispensable, c'est quand même un plus pour apprécier ce récit !

Coup de bol pour moi, c'est mon cas.

J'ai donc retrouvé avec plaisir trois des personnages principaux dans une histoire qui, cette fois, n'a rien de maritime, voire même de côtier (la couverture est trompeuse de ce point de vue). Ce récit est un récit de guerre, qui nous montre toutes les conséquences humaines que peuvent engendrer ces périodes sombres. Trois personnages, trois victimes... trois destinées liées et poignantes.

Le découpage est une fois de plus bien pensé et la progression du scénario est magistrale. D'abord léger, voire même innocent dans son introduction, le récit sombre (c'est le mot) dans l'horreur au fil des planches, par un cheminement aussi inéluctable que logique.

Que dire du dessin ? Bruno Le Floc'h n'était pas l'auteur qui brillait le plus par ses arrière-plans (régulièrement absents de ses cases) mais son trait nerveux et vif a une telle expressivité et sa lisibilité est telle que j'ai vraiment été immergé dans l'album. Bon ! C'est un fait, c'aurait certainement été moins le cas avec un scénario plus faible...

Mais ici, c'est beau... mais c'est triste...

Nom série  Miyo  posté le 02/10/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Miyo sera pour la génération actuelle le pendant d’Hélène et les garçons, avec pour différence notoire qu'ici on se limitera à un épisode. On y retrouve tous les stéréotypes avec comme fil conducteur le fait que « … c’est vraiment dur de dire ‘je t’aime’ à la personne que l’on aime ». Le scénario est incroyablement cliché (on a même droit à la scène où la jeune héroïne est invitée à chanter par le beau ténébreux de service lors d'un concert public) mais la narration est fluide, le dessin correct et, fondamentalement, j’ai presqu’envie de dire : pourquoi pas ?

Ce n’est pas mauvais, à mes yeux, c’est seulement insignifiant… mais un jeune lectorat féminin y trouvera peut-être son bonheur. Le manque d’originalité du scénario et le manque de caractère des personnages m’incite quand même à la sévérité. Bof, donc.

Nom série  Les Contes de Brocéliande  posté le 01/10/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Honnêtement, je ne vois pas trop l’intérêt d’avoir décliné ces contes bretons en plusieurs séries alors que toutes auraient pu trouver leur place dans une seule (« Les Contes du Korrigan » étant un terme général qui aurait pu s’adapter à l’ensemble).

Ces 4 volumes nous offrent donc un structure devenue classique avec une historiette qui s’étend sur tout l’album et sur lequel viennent se greffer 2 ou 3 contes racontés et dessinés par des auteurs différents.

A titre personnel, je suis resté sur ma faim, trouvant ces contes soit très fades soit très convenus. Quant au dessin, j’ai trouvé les deux premiers volumes souvent proches de l’amateurisme. Ce n’est pas laid mais j’ai quand même eu le sentiment que certains dessinateurs sortaient à peine de l’école et fourbissaient ici leurs premières armes (avec les inévitables petites maladresses d’usage).

Le quatrième tome découle d’une bonne intention mais n’est pas plus passionnant pour la cause.

Franchement dispensable, selon moi.

Nom série  Cours, Bong-Gu!  posté le 30/09/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Cet album fourmille de bonnes intentions et présente quelques idées intéressantes… mais qu’est-ce que cette histoire est fade…

Je pense que le thème même du récit mérite l’intérêt du lecteur. L’auteur nous présente en effet l’un des possibles dégâts causés par la migration des campagnes vers les villes en Asie (la ville étant Séoul dans le cas présent), avec toute la précarité qui en résulte. On suivra donc les pas d’une maman et de son fils à la recherche de leur mari ou père, selon le point de vue sous lequel on se place. Pas besoin de trop forcer pour deviner l’évolution du récit, d’autant plus que le hasard mettra directement en contact cette jeune mère avec la personne de la situation. C’est vraiment trop fade, trop gentil, trop prévisible pour vraiment me convaincre.

Côté dessin, l’auteur à un joli coup de plume et utilise la couleur avec intelligence. En effet, cette colorisation vient accentuer la chaleur des contacts humains. Et si le récit débute en noir et blanc, il finit en couleur. Ce n’est pas ce qu’il y a de plus subtil mais je pense qu’un jeune lecteur appréciera grandement le procédé. Je me demande d’ailleurs dans quelle mesure cet album n’est pas mieux taillé pour un jeune lecteur (10-12 ans) que pour un adulte. La simplicité de l’histoire, la vitesse à laquelle l’album se lit, la douceur du trait, tout cela m’inclinerait en tous les cas à conseiller l’album à de jeunes adolescents ou à de grands enfants plutôt qu’à des adultes.

Je vais me joindre aux autres lecteurs en disant finalement « bof » mais je m’en voudrais de passer sous silence l’évidente bonne volonté de l’auteur et son agréable coup de plume. Un récit plus dense, plus nuancé, plus riche aurait été nécessaire, cependant, pour que je m’enthousiasme réellement. Mais qui sait, peut-être qu’un jeune lecteur y trouvera son compte.

Nom série  Duelliste  posté le 27/09/2012 (dernière MAJ le 29/09/2014) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Avis aux amateurs de récits de cape et d’épée, Duelliste est une série qui n’aurait pas dépareillé dans la collection Vécu.

Au scénario, Emmanuel Herzet, ancien professeur d’histoire, peut s’appuyer sur ses connaissances pour nous livrer un récit romanesque bien soutenu par des références historiques tangibles. Et si l’aventure prédomine, si des personnages de fictions apparaissent de ci, de là, la base historique du récit est des plus intéressantes, terreau fertile s’il en est pour une histoire de ce genre.

Seul reproche, le scénariste a parfois tendance à s’attarder sur ses explications, alourdissant alors la lecture plus qu’il n’aurait fallu. Certaines explications sont nécessaires mais, parfois, plus de simplicité et de concision auraient été bienvenus (notamment sur certains parcours d’alchimistes).

Ceci dit, je ne vais pas bouder mon plaisir. Dans sa majeure partie, le récit est agréable à suivre et riche en rebondissements ! Chaque tome est richement fourni et assure au lecteur d'en avoir pour son argent. On est loin de l'album lu en deux temps trois mouvements, et c'est quelque chose que j'apprécie beaucoup. Mais nous ne sommes pas non plus devant une œuvre hermétique. Elle est compréhensible de tous, jeunes lecteurs compris.

Côté dessin, Alessio Coppola nous livre un travail soigné dans un style réaliste très académique. Je regrette certaines petites erreurs (dont des scènes marines où étrangement, rien ne bouge en cabine alors qu’une tempête sévit dehors) mais je suis admiratif de la netteté, de la précision, du dynamisme et de la beauté de ce trait !

Je suis surpris d’être seul à ce jour à avoir donné mon avis sur cette série car je la crois taillée pour un large public. C’est, fondamentalement, très classique mais plutôt bien foutu et avec quelques notes originales issues de seconds rôles étonnants (dont un mentor japonais) ou de données historiques surprenantes (provenant du milieu alchimiste).

A découvrir.

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