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... a posté 3948 avis et 612 séries (Note moyenne: 2.85)

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Nom série  L'Arabe du futur  posté le 20/02/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
J’ai découvert cet auteur véritablement qu’assez récemment avec « Retour au collège » bien que j’avais lu auparavant Petit Verglas ou le fameux Pascal Brutal. En l’occurrence, il s’attaque à un récit autobiographique assez ambitieux. C’est un témoignage assez intéressant de ce qui se passait en Lybie et en Syrie à la fin des années 70 et au début des années 80. Cet ouvrage vient d’être primé du fauve d’or lors du festival d’Angoulême de 2015 non sans raison.

Sur le fond et la forme, je n’ai rien à dire de particulier. J’aime ce genre de roman graphique où l’auteur se dévoile sans complaisance et nous dresse le portrait de sa famille. C’est une démarche tout à fait honnête. L’itinéraire est en tout cas assez passionnant à suivre.

Je sais que nos sociétés occidentales ne sont pas exemptes de tous vices et sont souvent des donneurs de leçons. Cependant, j’aime y vivre car je me sens en liberté même si elle est relative par certains côtés (avoir de l’argent procure encore plus de libertés). Dans les pays où l’islam occupe une large part, les minorités que ce soit des chrétiens, des gays ou surtout des femmes sont persécutés. Les Etats sont souvent sur un mode autoritaire avec peine de mort ou châtiment corporel. Je ne partage pas du tout l’idéal ou la vision du père de notre auteur qui est mis en avant dans cet ouvrage. C’est pourtant un intellectuel au début laïc et qui va tomber progressivement dans le piège de la religion. Bon, j’emploie le mot intellectuel mais c’est déjà exagéré que de le dire surtout quand on voit ses réactions et son attitude. Con et antipathique en réalité doublé par un antisémitisme pourrait penser de nombreux lecteurs alimentant des pensées extrémistes.

Oui, il faut en vouloir pour justifier la vie sous un régime dictatorial de Kadhafi ou d’Hafez el-Assad. Ainsi, lorsque son épouse d’origine française s’émeut en voyant des pendus dans la rue, il justifie par le fait que c’est nécessaire pour gouverner les masses arabes. Il est vrai qu’à la révolution française, nous avons fait pareil. C’était il y a trois siècles. Bref, on éprouve un certain malaise car certains événements font froid dans le dos. Heureusement qu’il y a l’humour mais on n’a pas franchement envie de rire quand on découvre cette société.

On s’aperçoit également que les dictatures permettent de conférer une stabilité à un pouvoir politique. Les successions de coup d’état et la guerre civile ne sont pas propices à conférer la prospérité au peuple. Il faut parfois sortir de la vision occidentale pour comprendre les choses en profondeur. Cependant, cela reste condamnable sur la forme (culte de la personnalité, répression politique…).

Je ne sais pas où l’auteur veut en venir et s’il dénonce véritablement cette vision des choses. L’œil est pour l’instant candide et naïf : celui d’un enfant de deux ans qui se rappelle de tout. A voir dans les deux autres tomes qui suivront. Gageons que l’arabe du futur soit un homme éclairé vivant dans une société pacifique, démocratique et prospère. Oui, à condition de sortir de l’obscurantisme religieux.

Nom série  Tony Corso  posté le 16/02/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Tony Corso serait le genre de frimeur et de tête à claque avec ce look. Malgré cette apparence, il sait tout sur toute la jet-set et arrive parfaitement à deviner les tenants et les aboutissants par son intelligence au-dessus de la moyenne. On a du mal à y croire à ce personnage ! Du coup, les enquêtes de ce détective privé seront à chaque fois assez bien ficelées.

Dans le genre, je préfère nettement un « Wayne Shelton ». Pourtant, je dois admettre que l’efficacité sera de mise dans la mise en œuvre du scénario. On passe un agréable moment de lecture même si le dénouement est toujours prévisible. Bref, nonchalance et efficacité comme à l’image du personnage. Un gin tonic sans glaçons mais bien frais s’il vous plaît !

Nom série  14-18  posté le 16/02/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Encore un récit sur la Première Guerre Mondiale et encore une série à concept ! Je ne suis pas très preneur pour cause de saturation.

L’idée en l’occurrence est de suivre le destin d’un groupe de huit soldats engagés dans le conflit dès les premières heures. Il y a trop de personnages et ils sont difficilement reconnaissables avec leurs moustaches d’époque. Parallèlement, on va suivre également la vie de leur compagne resté au bercail. Aucun d’eux n’est véritablement charismatique. Je ne me rappelle déjà plus de leur prénom.

A la fin du premier tome, les soldats vont vite déchantés et s’apercevoir qu’ils auront deux adversaires : les allemands mais également le pire des ennemis à savoir leur propre hiérarchie militaire. Ces officiers et autres généraux ont tous leur statut de pierre sur les places publiques alors qu’ils auraient dû comparaitre pour crime contre l’humanité. Et que dire encore des politiques qui ont cautionné cette folie ? Cette société n’était pas prête à remettre en cause le système. Ils ont alors payé le prix fort par des millions de morts.

Le dessin est très agréable avec un réel souci du détail et des couleurs chatoyantes. Cependant, le début de cette saga est assez ennuyeux comme pour démontrer l’insouciance de la Belle Epoque. Par la suite, l’intérêt grandit un peu mais ce n’est pas la joie. On sait que la plupart d’entre eux vont mourir. A quoi bon ? 5 ans à tenir pour eux et huit albums pour nous !

Nom série  Le Chant du Cygne  posté le 15/02/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Encore un récit sur la Première Guerre Mondiale avec toutes ses atrocités. Normal car ce fut l'année du centenaire de ce tragique conflit ayant endeuillé tant de familles. Le sujet ne semble pas tarit puisqu'on suit les aventures d'une patrouille voulant remettre une pétition afin de faire tomber le gouvernement et changer peut-être le cours de la guerre.

Le colonel d'Anjou est méprisable comme tout ces militaires qui ont envoyé volontairement ces soldats à l'abattoir sans la moindre considération d'humanité. C'est un véritable scandale qui nous pousse à comprendre les exactions de ce groupe de soldat obligé de déserter. Cela nous touche et nous interpelle quelque part.

Le scénariste Xavier Dorison s'exerce à un genre plus réaliste après ses récits fantastiques. Je n'ai pas trop aimé ce graphisme d'un premier abord puis je me suis progressivement habitué pour l'accepter. Je note néanmoins une très bonne utilisation des couleurs. L'effet d'encrage est très réussi.

Au final, ce chant du cygne ne sera pas aussi mélodieux qu'on l'entendrait.

Nom série  Rédemption (Soleil)  posté le 15/02/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Ma foi que j'ai perdu, rédemption semble être une bd sur les croisades qui sort du lot. Pourtant, elle ne payait pas de mine avec une couverture archi-conventionnelle. On apprend bien des choses pas très catholiques sur les croisés et leurs méfaits non seulement auprès des troupes du mahométans pais également de leur propres gueux restés au pays.

Le thème sera celui de la rédemption à travers un croisé tourmenté par son glorieux et sanglant passé. La première croisade a été un échec retentissant. Voilà que se prépare la seconde. Or, il s'agit de motiver les troupes ou plutôt de trouver les gueux pour les envoyer à une mort certaine au nom de la religion au risque d'être puni comme un hérétique.

Cela sera un diptyque et non une interminable série. Or, cette première partie est intelligente dans les dialogues et les situations exposés. Cela donne envie de connaître la suite et la fin même si on devine déjà comment tout cela va se terminer. La rédemption a toujours un prix.

Nom série  Le Dixième Peuple  posté le 15/02/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
En ce qui me concerne, AHA est un groupe mythique pop norvégien des années 80 avec son célèbre "Take on me". Ici, cela sera non pas un beau Morten Harket mais un petit nain jovial et lubrique façon Game of thrones qui doit sauver le monde. Aha !

L'aventure se situe dans un monde imaginaire dominé par neuf peuples dont huit ont des apparences zoomorphiques issues de bêtes sauvages (crocodile, hippopotame, bélier, antilope, lézard...).

Par ailleurs, j'avais une appréhension face à l'assimilation d'information aussi complexe. Il y a une géographie des lieux assez détaillée un peu à la manière d'un Arleston pour la saga Lanfeust dont on sent quelques inspirations notamment pour la magie. Pour autant, cela s'est bien passé à la lecture. Cependant, c'est dommage de terminer sur un diptyque avec un univers aussi foisonnant. Est-ce pour une question de moyens ?

J'avoue avoir beaucoup aimé ce graphisme semi-réaliste assez détaillé. Les décors sont pro-orientaux. La narration est très fluide. On ne s'ennuie pas une seule seconde. Bref, une bd qui offre de belle potentialité mais qui ne seront pas toutes exploitées faute de temps. C'est franchement dommage.

Nom série  Sargasses  posté le 15/02/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
La préface est signée d'Albert Uderzo. C'est un violent pamphlet contre la bd moderne que j'aime et une ode au style vieillot et démodé de façon revendicative. Les vieux et les jeunes vieux seront aux anges. Il y a bien longtemps que je suis passé à autre chose qu'Astérix. Il est vrai que quand on dit dans son milieu professionnel qu'on est amateur de bd, automatiquement cela se ramène qu'à ce gaulois fier de l'être. C'est typiquement assez réducteur de ce qu'est la bande dessinée. Mais passons !

Rodolphe arrive encore à ressusciter le mythe de la mer des Sargasses. C'est une aventure maritime comme on n'en fait plus dans la droite lignée de celle des romans de Jules Verne. Bien entendu, on aura droit à des dialogues insipides tenus par des personnages sans charisme ou psychologie propre. Pire encore, notre héros sait danser sur la passerelle du bateau avec une charmante demoiselle puis à la fin de l'album, il demande à Queen de lui apprendre à danser en ayant d'ailleurs très vite oublié que sa dulcinée s'est noyée. Heu, excusez-moi; vous vous êtes relu ? Vous avez fait attention à ce genre de détail ? Mais bon, passons encore l'éponge !

Alors, oui, il y a de bonnes idées comme le cimetière de navires. A vrai dire, les auteurs avaient déjà imaginé cette bd en 1984 mais en un seul tome. C'était paru dans un magazine intitulé Charlie Mensuel pour les connaisseurs. Les auteurs ont refait une nouvelle version en 2014 soit 30 ans plus tard. Bref, on retrouve le souffle des aventures à l'ancienne avec ce crabe géant qui apparaît seulement à la fin.

Ce n'est pas foncièrement de la mauvaise bd car c'est à l'ancienne. Cela plaira sans nul doute à un certain public nostalgique d'une certaine époque de la bande dessinée. Ceux qui apprécie une bd plus moderne pourront toutefois essayer d'apprécier certaines idées.

Nom série  Fables amères de tout petits riens  posté le 15/02/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cela faisait un certain moment que je n'avais plus lu un Chabouté. C'est un auteur que j'aime bien pour avoir par exemple la plupart de ces oeuvres dans ma collection. On se souvient encore du magnifique Tout seul ou encore dans un autre genre sa version du Henri Désiré Landru. Alors que valent ces fables amères ?

Sur la forme, c'est toujours un excellent dessin en noir et blanc avec une patte assez caractéristiques qui fait qu'on reconnait son style. C'est un dessinateur hors-pair qui a une réelle maîtrise du noir et blanc. Peu de gens dans cette noble profession égalent son niveau.

Cependant, je n'ai pas aimé le format trop petit par rapport à l'édition ce qui nous change des grands formats auquel l'auteur nous avait habitué. Par ailleurs, je n'avais pas compris qu'on passait d'une nouvelle à l'autre. pas de sous-titre et pas d'introduction. Une première nouvelle assez difficile à comprendre. Bref, la confusion.

Bon, au bout d'un moment , on se rend compte qu'il s'agit d'une petite compilation de récit, de tranche de vie qui ont toute un sens. La plus marquante reste pour moi celle de la reconduite à la frontière. L'auteur parvient à nous faire susciter des émotions de façon assez magistrale en quelques cases.

En conclusion, une oeuvre qui ne sera pas la meilleure de l'auteur mais qui a le mérite d'être efficace.

Nom série  Les Mondes de Thorgal - Louve  posté le 11/11/2011 (dernière MAJ le 13/02/2015) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Il aura fallu attendre près de 30 années pour voir se créer le concept de série parallèle sur la série des Thorgal. Cela fait quand même un peu étrange sur une aussi vieille série. L'année dernière, c'était la mythique Kriss de Valnor qui était à l'honneur. Elle laisse la place à la mystérieuse fille de Thorgal : celle qui parle aux animaux alors que le premier diptyque sur Kriss n'est pas encore terminé. On remarquera d'ailleurs que ce nouvel album sort en même temps que "le bateau-sabre", l'album officiel de Thorgal, et qu'on retrouvera d'ailleurs une tout petite scène commune pour un judicieux croisement d'intrigue.

Le dessin est très proche de celui de Rosinski dans son expressivité. Les auteurs ont fait de réels efforts pour coller à la magie et l'atmosphère particulières d'un Thorgal. Au niveau du scénario, cela pêche un peu car l'album est vraiment découpé en deux parties qui paraissent tellement différentes. Je n'ai pas trop aimé les réflexions que se font Louve et Aaricia à chaque fois qu'elle sont confrontées à des évènements particuliers : "ah, si Thorgal était là !". Ne sont-elles pas des battantes qui ne peuvent compter que sur elles-mêmes pour se sortir des mauvais pas ? Ne l'ont-elles pas suffisamment prouvé par le passé ? C'est quelquefois pathétique.

En conclusion, le cahier des charges semble rempli afin qu'on puisse passer un agréable moment de lecture. Ce sont les fans de la saga originale qui vont être les plus comblés. Comme j'en fais allègrement partie, mon avis ne pourrait être que subjectif. Objectivement, on pourra reprocher au scénariste d'avoir emprunté une voie résolument trop naïve. Fan oui, mais pas idiot !

A la lecture du second tome, l'histoire prend en effet une tournure des plus intéressantes en s'inscrivant un peu mieux dans l'univers de Thorgal. On se rend compte qu'il y a une relative complexité et une certaine profondeur qu'on n'avait pas le loisir de déceler dans le tome introductif qui avait multiplié il est vrai certaines fautes grossières. Moralité: il ne faut pas juger trop hâtivement et il faut savoir pardonner. On percevra également un côté plus mâture dans l'écriture. J'ai bien aimé par exemple le passage assez comique mettant en scène la fameuse gardienne des clés. On attendra la suite avec un certain plaisir.

Les troisième et quatrième tomes sont d'un bon niveau. La série semble prendre son envol. Cela reste du Thorgal dans la plus pure tradition. Il est vrai que l'héroïne semble bien jeune et manque singulièrement de charisme malgré son côté rebelle. Bref, un gros manque d'épaisseur et d'originalité sur cette série-parallèle. C'est sans doute celle de trop. Pour autant, on reste dans l'univers de Thorgal. L'interconnection est plus que jamais d'actualité notamment dans le 5 ème tome.

Note Dessin : 4/5 –Note Scénario : 3.25/5 – Note Globale :3.5/5

Nom série  Walking Dead  posté le 24/08/2011 (dernière MAJ le 13/02/2015) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
J’ai enfin pris connaissance de l’œuvre qui révolutionne actuellement le genre des histoires de zombies. Cela faisait un bon petit moment que je voulais mettre la main dessus. C’était pour moi la dernière série d’importance que je n’avais pas encore lue à ce jour. Je dois avouer que j’ai adoré littéralement. Le scénario est terriblement efficace. Je comprends que le cinéma ait également des visées…

Il y a un côté terriblement humain qui n’est pas habituel au genre. On découvre tout une galerie de personnages avec leur psychologie propre ainsi que leurs réactions face aux difficultés rencontrées. Par ailleurs, le danger semble émaner de partout. Il y a un côté imprévisible qui fait frissonner. Le tome 8 marque d'ailleurs un sommet inégalé. On se rend compte que tout est malheureusement possible dans l'horreur. Le tome 14 nous rappelle également qu'aucun personnage principal n'est à l'abri. Le tome 22 marque une rupture également temporelle qui relance tout l'intérêt.

L’action ne sera pas pour autant omniprésente. L’auteur laisse le temps au récit de s’installer sur une ambiance de fin du monde. J’ai juste déploré que le début commence sur une idée déjà exploitée par le film 28 jours plus tard de Danny Boyle. Fort heureusement, le reste va se démarquer assez rapidement. On dévore littéralement chaque tome. Je constate également que cela reste bon même sur la durée. Il y a une virtuosité dans l’écriture de chaque scène qu’on ne peut qu’admirer. Le travail est remarquable également d’un point de vue graphique.

J’aimerais pouvoir encore découvrir des séries de cette intensité et de cette qualité. Je sais que cela va devenir de plus en plus rare… J'ai acheté toute la série d'un seul coup : c'est dire que je n'avais pas eu un tel coup de coeur depuis fort longtemps. C'est une série que je qualifie de culte car elle va révolutionner le genre.

Note Dessin: 4.25/5 - Note scénario: 4.75/5 - Note Globale: 4,5/5



Nom série  La Machine à influencer  posté le 12/02/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Les médias et la presse représentent le quatrième pouvoir car ils peuvent servir de contre-pouvoir aux trois autres (exécutif, législatif et judiciaire). On a déjà vu dans l’histoire un ou plusieurs journalistes qui ont fait tomber des gouvernements, voir l’homme le plus puissant au monde à savoir Nixon en 1974 par la célèbre affaire du Watergate. Autre exemple célèbre : les journaux de Randolph Hearst ont contribué, par des articles allant au-delà du simple rapport de la politique étrangère de Washington, à la déclaration de guerre des Etats-Unis contre l’Espagne qui mena à la prise de contrôle de l’île de Cuba en 1898.

L’auteur Brooke Gladstone qui a travaillé pour de nombreux médias (journaux, radios et TV) a mené une redoutable enquête sur les médias à travers l’histoire de son pays les USA. Il en ressort une analyse à la fois passionnante mais également très effrayante. On a tous à l’esprit le rôle joué par les médias dans ce qui a conduit à la guerre contre l’Irak en 2003. Cependant, il n’y a pas qu’aux Etats-Unis que les médias exercent une influence importante. Ils peuvent mettre l’accent sur des faits divers conduisant à un sentiment général d’insécurité visant à faire tomber un premier ministre voulant devenir président. Ils peuvent nous présenter une blanche colombe à la présidence de la République ou faire qu’un Monsieur 3% le devienne. Oui, leur influence est plus que déterminante.

Au nom de la démocratie et de la liberté de la presse (nous sommes tous Charlie), ils peuvent nous conduire à faire des choses insensées. J’ai rarement vu un reportage d’une telle charge bien constructive et assez argumentée. Mon reproche sera que c’est extrêmement bavard et que les démonstrations sont plutôt destinées à des élèves de dernière année de journalisme. Ce n’est pas réellement accessible même si l’auteur tente de l’être.

J’ai bien aimé les exemples pris comme la guerre de Sécession ou du Viêt-Nam. Là encore, c’est assez tourné vers les USA comme s’il n’y avait qu’eux. Il y a également une réflexion sur une projection dans l’avenir avec le numérique. On sait par exemple que les forums sur Internet ont été bloqués sur les sites d’actualité au moment des attentats de janvier 2015 en France afin de contenir le flot de haine.

Cependant, il est également montré que le pouvoir politique a longtemps combattu (la censure) ou essayer de manipuler les médias (voir guerre d’Irak et les fameuses armes de destruction massive de Saddam Hussein). Par ailleurs, l’opinion publique peut s’affranchir des médias.

Sélection Prix France Info de la Bande dessinée d’actualité et de reportage 2015, ce documentaire est à découvrir pour se faire une véritable idée des mécanismes complexes qui influencent. C’est certes une critique des médias mais également de ceux qui les suivent ! En effet, nous avons soif de sensationnalisme et nous sommes des voyeurs surtout quand il se passe quelque chose de terrifiant dans le pays.

Nom série  Les 7 Merveilles  posté le 26/10/2014 (dernière MAJ le 11/02/2015) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
C'est réellement une bonne idée que de proposer une histoire sur chacune des sept merveilles du monde antique. Il faut dire qu'on ne les connait pas toutes par coeur et qu'elles ont toutes disparu à ce jour à l'exception des pyramides d'Egypte. C'est certes une série concept d'un style moderne mais c'est plutôt efficace à la lecture.

Le premier tome sur la statue de Zeus à Olympie réalise une bonne entrée en la matière. La suite ne sera pas décevante. Cela mêle les intrigues politiques avec une histoire personnelle qu'elle soit sentimentale ou à la recherche de ses origines. Nous avons à chaque fois un scénario qui tient la route. Sur la forme, rien à redire car c'est réalisé avec un grand professionnalisme.

J'ai eu la chance de visiter il y a quelques années les vestiges du temple d'Artémis à Ephèse. On imagine mal de nos jours la richesse et la beauté d'un tel lieu. Cette bd fait revivre ces monuments qui appartiennent au passé antique mais également à notre histoire.

Pour autant, malgré mon optimisme, je dois reconnaître que les différents tomes sont de qualité assez inégale après un véritable démarrage en fanfare. Ainsi, celui consacré à la pyramide de Khéops se révèle assez décevant non pas au niveau du graphisme mais sur le scénario. On n'apprendra finalement pas grand chose. Bref, une saga prometteuse mais qui pêche cruellement par la suite faute à un scénario stérile.

Si on prend l'ensemble, cela reste satisfaisant.

Nom série  Metropolis (Delcourt)  posté le 11/02/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J’ai l’impression que les auteurs ont privilégié l’ambiance sur tout le reste. Du coup, la part belle est faite à la ville de Métropolis imaginée jadis par un certain Fritz Lang en 1927.

L’uchronie part d’une très bonne idée, à savoir l’absence d’une Première Guerre Mondiale et de la naissance de l’Europe avant l’heure bercée par une entité franco-allemande. Pour une fois que nous n’avons pas des idées du style tel ennemi a gagné la guerre (je pense au Keiser ou aux nazis).

Le premier tome ne fait qu’installer une certaine atmosphère avec des personnages plutôt ternes. Mis à part un attentat terroriste, il ne se passe rien. L’enquête policière avancera que très doucement dans le second tome. Bref, l’ennui n’est pas très loin et on l'évite de justesse grâce aux nombreuses références et clins d'oeil qui forment une compilation.

Pour autant, on se laisse bercer par cette ville qui a les allures de New-York. Le dessin reste classique et réaliste. Le scénario n’est pas vilain. Je pense que les auteurs jouent sur une certaine progressivité. J’aurais aimé certainement plus de rythme.

Nom série  Perico  posté le 10/02/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
J’avoue ne pas vraiment aimer ce graphisme ligne claire qui fait vieux jeu. Cependant, je lui ai trouvé beaucoup de charme et d’exotisme. C’est comme si le dessinateur avait pu vaincre mes réticences en offrant une palette graphique assez agréable à regarder. Les personnages sont beaux et facilement reconnaissables. Le récit est très fluide : on comprend vite les enjeux.

J’ai bien aimé le cadre et l'ambiance de ce Cuba avant la révolution castriste. La guérilla a déjà commencé par l’envoi de 10000 soldats pour les mâter mais on sait que l’histoire en décidera autrement. Les capitalistes ont peur de cette atmosphère de fin de règne. C’est surtout la mafia et la pègre qui tirent les ficelles dans une société totalement corrompue. Et vu le contexte, la mafia préfère retirer ses billes. Les rats quittent toujours le navire.

Dans ce tumulte, nous suivons le parcours d’un jeune serveur qui va rencontrer une femme assez venimeuse qui rêve d’être actrice à Hollywood. Il aurait dû se méfier. Cependant, la beauté peut empoisonner les existences. S’en suivra une folle course-poursuite à travers les USA de Miami à Los Angeles.

Au final, le scénario colle à merveille au dessin. C’est un diptyque sur un mode road-movie très réussi.

Nom série  Match  posté le 10/02/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Que le match commence ! L’adversité est une chose que l’on rencontre beaucoup dans la vie aussi bien professionnelle, sportive ou bédéphile. On nous dit que cela est nécessaire pour progresser. Tous les coups sont-ils pour autant permis ? Non, il y a des règles à respecter. Il ne faut pas tricher sur ce qu’on n’accomplit pas. Mais pour certains, seul le résultat compte c’est-à-dire le classement. ATP sous-entendu.

En l’occurrence, on va assister à un match de tennis entre deux joueurs qui semblent être opposés jusque dans leur allure physique. On dirait Gérard Depardieu dans le rôle de Marcel Coste contre un jeune tennisman expérimenté, Rod Jones. Le ressort comique provient du niveau plus que déplorable de ce Lacoste qui se prend pour un champion. Il n’y a rien de pire que ceux qui envoient de la poudre aux yeux ou qui se dopent pour réussir. Bref, c’est le winner contre le looser.

Il est dommage que le format soit de poche pour une bd qui accumule les strips sur plus d’une centaine de pages (280 pour être précis). Certes, cela se lit assez rapidement grâce à une fluidité parfaite. L’auteur a réussi son pari que de mettre en page une partie de tennis. Il est à suivre ! J'aimerais bien découvrir son travail sur Un ocean d'amour.

Bref, on passe un agréable moment. Les amateurs de tennis apprécieront sans aucun doute. Jeu, set et match…

Nom série  Paradoxes  posté le 05/05/2014 (dernière MAJ le 09/02/2015) Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Cette bd porte sur un sujet intéressant à savoir l’existence des univers parallèles. Ce n’est passteph une première dans la mesure où Corbeyran a exploité cette idée dans « Uchronies » ou Bajram dans « Universal War ». J’ai lu dernièrement que le grand astrophysicien Stephen Hawking déclarait que les trous noirs ne détruisent pas la matière mais sont en quelque sorte une porte de sortie qui mène vers d’autres univers. Une récente étude publiée par la revue Nature montre que le big bang qui a marqué la naissance de notre univers pourrait être né de l’explosion de la matière provenant d’un trou noir et entrant dans un autre univers. Bref, la théorie du big bang risque bien de tomber d’ici une cinquantaine d’années. Cela offre de nouvelles perspectives.

La bd est bien dessinée avec un trait réaliste. Nous avons un personnage principal qui se décline en clone dans le temps ce qui est difficile à suivre surtout avec les flash-back qu’on a du mal à identifier. J’ai trouvé dommage que ce personnage tente de retourner dans le passé pour éviter à son épouse de se faire massacrer. Il y aurait tant à faire pour l’humanité si on pouvait retourner dans le passé. La motivation reste louable mais c’est du déjà vu (notamment la machine à explorer le temps de H.G. Wells). Bref, il faudra s’accrocher pour suivre les évolutions possibles d’une même personne.

Si le voyage dans le temps, sans aucune limitation, était possible, cela remettrait en cause beaucoup de théories. C’est l’expérimentation de cette bd qui est intéressante à suivre plus que le destin des personnages. La question est de savoir si corriger le détail de l’histoire peut mettre en cause la réalité d’un monde ?

Tout cela comporte d’immenses dangers... ” avertit cependant le célèbre physicien Stephen Hawking “ ...car en modifiant le passé, on peut mettre en cause les conditions de notre époque. Ainsi, si je me rends trois minutes dans le passé et que je débranche la machine à remonter le temps ou que je me fais un croche-patte juste avant d’y entrer, je serai à l’origine d’un paradoxe temporel qui viole toutes les lois de l’univers et peut provoquer un effondrement de la réalité, soit brutal, soit par petits à-coups brusques et extrêmement pénibles.

Cette série « paradoxes » va justement confronter cette théorie. Espérons que nous aurons une réponse claire. La mécanique quantique n’est pas chose aisée à comprendre.

Malheureusement, le second tome de cette série ambitieuse ne m'a guère convaincu. Le récit devient très alambiqué. On n'arrive plus à comprendre le scénario dans ses méandres. Je n'ai pas passé un agréable moment de lecture. J'ai même souffert. Or, on ne devrait jamais à souffrir d'une bd. La note traduira mon sentiment de grosse déception sur un sujet pourtant passionnant.

Nom série  Station 16  posté le 09/02/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
L’idée de parler de ce territoire comme centre d’essai nucléaire était très intéressante. Il est vrai qu’on a beaucoup parlé des essais nucléaires américains ou français dans le Sahara puis le Pacifique. Par contre, block-out sur la Russie. Et pourtant, ils ont largué les bombes les plus puissantes de toute l’histoire des essais. C’est fou comme l’attention peut être portée sur une paille sans voir le foin tout autour.

J’ai bien aimé également ce concept de faille temporelle. On est plongé dans un véritable voyage dans le temps qui garde un petit côté assez crédible. Pour le reste, les hommes sans yeux, cela fait un peu zombie. Est-ce pour donner un côté effrayant à ce récit ?

Que dire du dessin ? Les visages sont toujours aussi ramassés. Cependant, je dois constater que la plupart des lecteurs aiment ce graphisme si caractéristique.

Bon, on est quand même frappé par le côté assez naïf de cette mise en scène et par la fin digne de figurer dans un épisode de la quatrième dimension ou plutôt une série B. Ce type d’histoire aurait fait fureur dans les années 80 mais pas de nos jours.

Au final, la lecture n’aura pas été désagréable mais on oubliera assez vite. Ce n’est pas ce qui se fait de mieux.

Nom série  Pax Romana  posté le 08/02/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Le pitch uchronique avait tout pour plaire. Nous sommes en 2045 alors que l'Islam est devenue la religion dominante en Europe. Le CERN a découvert que les voyages dans le temps sont possibles. Le pape ordonne une espèce de croisade à des voyageurs temporels qu'il envoie en 312 après JC au temps du règne du premier empereur chrétien Constantin. Il s'agit de changer le passé pour sauver le futur. Bref, l'ennemi c'est l'Islam.

Inutile de dire que je n'adhère pas du tout à cette guerre des religions ou plutôt ce fantasme répandu chez les auteurs de provoquer la peur panique d'une islamisation totale de notre société. C'est à la mode actuellement chez les littéraires (mais pas que) et cela fait monter les extrêmes.

Sur la forme, c'est véritablement hideux. Les dessins ne ressemblent à rien que des formes géométriques sans aucune saveur. Les dialogues sont véritablement assommants dans un genre porté sur le bavardage incessant. On dirait un ouvrage composé sur un ordinateur. Oui, le rendu visuel est franchement hideux. Il n'y a pas d'autres mots pour décrire cela. Le problème est que le lecteur ne rentre pas dans l'histoire fort complexe car il est bloqué par cette confusion graphique.

Certes, l'auteur a ses fans avec les fameux Avengers. Cependant, je n'aime pas cette licence et encore moins le film à succès et à effets spéciaux. Pax Romana est un ratage complet. C'était prometteur mais c'est bâclé.



Nom série  Le Ventre de la Hyène  posté le 08/02/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
J'ai rarement lu une bd avec des qualités intrinsèques aussi éclatantes sur ce sujet. C'est une Afrique noire bien sombre que l'on découvre au travers de ces soldats enfants mercenaires. Faut-il être une espèce de non-voyant ou un jeune-vieux provenant d'une autre planète pour ne pas le voir ? Chacun ses goûts dirait l'autre. Ames sensibles s'abstenir.

Le ventre de la hyène nous prend aux tripes avec des personnages charismatiques qui crèvent l'écran. On ne demande pas de les aimer. Le propos se situe ailleurs. Cela sera sans aucune concession jusqu'au final émouvant ou éprouvant. La violence sera omniprésente mais sans tomber dans le spectaculaire. On est pris par le récit sans jamais le lâcher.

La hyène n'est pas un animal sympathique. Ce qui ressort de son ventre ne peut pas être divin, on l'aura compris. La haine est comme une maladie qui ravage le coeur des hommes. Ce parcours initiatique de ces deux frères méritent le détour car c'est réellement impressionnant de réalisme. J'aime cette forme de maturité dans la bd moderne.

Nom série  Lakota  posté le 08/02/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je termine la trilogie des histoires courtes consacrés aux indiens par Serpieri et publié par l'éditeur Mosquito après Chaman et Peaux rouges. Il s'agissait de rendre hommage à un peuple totalement sacrifié.

Toujours rien à redire au niveau du graphisme en noir et blanc. Serpieri est de toute façon un dessinateur hors-pair. Les fans de l'auteur seront ravis.

En l'espèce, on va s'intéresser surtout à la célèbre bataille de Little Big Horn en 1876 et à son chef de guerre à savoir Crazy Horse (et sa fameuse devise: c'est un beau jour pour mourir).

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