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Nom série  Giant  posté le 23/03/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
A titre personnel, et contrairement à la majorité des lecteurs précédents, j’ai beaucoup aimé ce diptyque.

Tout d’abord, je trouve que les couvertures en jettent ! Ce jeu d’ombres et de lumières, cette complémentarité entre la plongée du premier tome et la contre-plongée du second, c’est vraiment un appel du pied au candidat lecteur. De plus, après lecture, la symbolique de ces deux couvertures s’éclaire au regard du parcours des personnages (l’un regardant vers le bas/son passé, l’autre tournée vers le haut/son avenir). Ces couvertures figurent clairement parmi les plus intelligentes et les plus belles que j’ai vues.

A la lecture, j’ai trouvé que le dessin n’était pas aussi fort que ce que les couvertures promettaient… mais il est loin d’être mauvais ! Les personnages sont bien typés, les faciès masculins assez caricaturaux permettent de faire passer un large panel d’émotion. Quant aux décors, ils sont très bien rendus, nous plongeant dans un New-York ouvrier, sale et triste comme un coron un jour de coup de grisou. La construction des gratte-ciels donne lieu à quelques cases dans lesquelles on sent le travail d’équilibriste des acteurs. La colorisation volontairement terne ne fait qu’accentuer cette sensation de tristesse et de désolation tout en dotant l’esthétique globale d’un cachet un peu passé.

Car oui, l’histoire n’est pas des plus joyeuses, construite autour de l’étrange relation épistolaire qu’un ouvrier va lier avec la veuve d’un de ses anciens collègues. L’humour est rare et passe clairement au second plan face au romantisme brut de ce Giant maladroit, bourru, silencieux et en quête sinon de rédemption du moins d’un sens à sa vie.

J’ai beaucoup aimé ce personnage. Grand, large, taciturne voire impossible d’accès… et sensible derrière sa carapace. Euhhhh, comment dire ? Il me rappelle vaguement quelqu’un… Cette identification au personnage aura très certainement joué dans mon appréciation de l’album. Mais plus encore, la qualité d’écriture m’a vraiment séduit. Ce diptyque a été très agréable à lire. Pas seulement à regarder.

Enfin, derrière l’histoire se loge une réflexion plus globale, plus intemporelle. La grandeur de l’Amérique, sa splendeur, sa richesse, dues au travail d’immigrés rejetés, dénigrés, exploités… Je me dis que, dans ce bas monde, rien ne change finalement… L'ouvrier soudanais d'aujourd'hui a remplacé le travailleur irlandais d'hier, mais qu'est-ce qui les différencie vraiment ?

Seul petit reproche : le deuxième tome aurait pu être raboté de quelques pages un peu inutiles (dans le dernier tiers). Sinon, on était proche de la perfection à mes yeux.

Nom série  Paul dans le Nord  posté le 22/03/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Paul dans le Nord traite de l’adolescence avec beaucoup de justesse et de décontraction. Bon, décontraction n’est peut-être pas le mot adéquat mais je n’en trouve pas d’autres pour exprimer mon ressenti. En fait, à la lecture de cet album, j’ai trouvé le ton d’une extrême justesse. L’adolescence nous est montrée sans dramatisation, avec une gentille dérision. Paul, ado fondamentalement gentil cherchant à se rebeller mollement devant son père, se liant d’amitié avec un boulet 'tellement génial', éprouvant ses premiers émois et son corollaire dramatique (un chagrin d’amour déchirant à s’en arracher les veines à coup de stabylo). C’est tellement juste, tendre, parfois drôle, parfois touchant…

Et puis, qu’est-ce que Michel Rabagliati a fait comme progrès dans sa mise en page ! Ses albums ne sont plus seulement sympathiques à lire. Ils sont aussi beaux à regarder, avec ici quelques très belles compositions en pleine page. Son trait épuré atteint parfois un esthétisme étonnant qui le lierait presque au style « atome ».

Si vous ne connaissez pas ce personnage de Paul, cet album est une excellente entrée en matière. J’avais déjà beaucoup aimé Paul à Québec. Je pense que je préfère encore Paul dans le Nord.

Franchement bien, simple, juste… décontracté.

Nom série  Et si l'amour c'était aimer ?  posté le 22/03/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Pute borgne, qu’ai-je ri devant ces inepties facétieuses emplies d’une sage folie sauvage aux suaves effluves d’un matin embrumé de café et de macédoine.

Bon ! Plus sérieusement, Fabcaro nous sert là encore un grand, un très grand cru. Peut-être même l’album de lui que je préfère. Le décalage entre un dessin figé de visages inexpressifs et les propos absurdes et décalés juste ce qu’il faut est irrésistiblement hilarant. C’est vraiment génialement con, avec des passages d’anthologie (dont une discussion téléphonique, mon dieu, j’en pisse de rire rien que d’y repenser).

En fait, je ne sais pas quoi dire sinon : lisez le, lisez le, lisez le. C’est absurde, c’est con mais c’est tellement jouissif. Et si je vous dis que la seconde partie de l’album est un peu moins drôle que la première, cela signifie que je n’ai plus ri qu’une à deux fois par page, contrairement au début de l’album où quasiment chaque case me faisait pouffer.

Ceux qui connaissent Fabcaro : pas besoin d’essayer de vous convaincre.
Les autres : si l’aspect de l’album peut rebuter (couverture moche, album peu épais, dessin peu avenant), ne vous arrêtez pas à cette impression. Ce n’est pas de l’underground obscur compréhensible que d’initié. L’humour de Fabcaro est accessible à tous… pourvu que l’absurde ne vous effraie pas et que vous n’ayez pas peur de rire comme une baleine en lisant une bande dessinée.

Nom série  Saga  posté le 15/04/2015 (dernière MAJ le 22/03/2018) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
8 tomes déjà…

Enfin, déjà… Entendons-nous ! Parce qu’en 8 tomes, cette série nous a fameusement fait voyager. Et pas spécialement là où on l’attendait, l’imagination sans limites de Brian K. Vaughan ne cessant de surprendre le lecteur que je suis. Et pour le dire platement, cette saga me botte vachement !

Pourtant, les couvertures ne me tentaient pas plus que ça au début, et je craignais d’encore tomber dans un récit de guerre sidérale avec super-héros zarbi et guerriers magistraux. Mais, voilà : rien de tout ça et en lieu et place, j’ai découvert un univers zarbi peuplé de guerriers magistraux évoluant au cœur d'une guerre sidérale…

… Non, c’est pas pareil !!

Ce n’est pas pareil parce que l’accent est avant tout mis sur les relations familiales des différents personnages (dont trois groupes se dégagent avec force et charisme avant de se croiser, de se regrouper, de se séparer ou de chercher à s'exterminer). Que ceux-ci s’expriment comme le commun des mortels (quoique je doute que beaucoup de gentes dames parlent de leur plaisir intime en des termes tels que : « j’ai joui comme un camion-benne »). Et qu’il est très agréable de bondir ainsi d’une intrigue à l’autre même si tout s’intègre dans une seule et même histoire. L’intérêt est constamment relancé grâce à un découpage dynamique et nerveux.

Ce n’est pas pareil parce que l’univers étrange est vraiment très original et aussi bien imaginé que dessiné. Un personnage à tête d’écran de télévision, ça peut paraître très con, bancal et sans émotion sans un grande maîtrise tant narrative qu’esthétique. Ici, le gars devient vite touchant même si on a envie de lui faire la tête au carré (ce qu’il a déjà, ceci dit en passant). Une femme qui ressemble à un vieux barbu parce qu’elle a la tête à l’envers, décrit comme ça, c’est pas parlant alors qu’un petit dessin bien amené, ça fait son effet !

Ce n’est pas pareil parce que la guerre, on s’en fiche royalement. Il n’y a pas de grande scène de combat, pas de stratégie. La galaxie est immense et si le conflit semble concerner beaucoup de monde, les champs de bataille ne sont que très rarement piétinés. Et puis, du space-opera qui n’hésite pas à s’aventurer dans l’univers du soap-opera, c’est quand même vachement culotté !

Les auteurs ont donc réussi à revisiter un thème ultra-classique (le couple issu de deux races ennemies qui doit s’enfuir pour sauver le fruit de ses entrailles) en dotant ses personnages d’un langage vif et souvent drôle, son univers de créatures improbables et cohérentes et son découpage d’un éternel goût de trop peu qui incite le lecteur à continuer sa lecture. L'humour est bien présent, mais la tension l'est également et, après huit tomes, on en vient à ne plus savoir qui survivra à cette aventure (dans laquelle même les morts risquent leur vie !)

Points forts : les dialogues et l’univers.
Point faible : une intrigue qui n’avance pas… mais tant que je m’amuse, je m’en tamponne.

Nom série  Journal d'un Enfant de Lune  posté le 22/03/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Pour un album au but avant tout didactique, je trouve qu’il est très bien fait.

Tout d’abord, il y a un dessin très accessible à un jeune public. Clair et net, il fait bien ressortir les personnages et la colorisation agréablement nuancée estompe la simplicité du trait. Pour un album destiné à un large public, c’est parfait !

Puis vient la manière dont la maladie est abordée. Les auteurs usent d’une idée certes déjà souvent vue par ailleurs mais que plus d’une jeune lectrice trouvera romantique en diable. Ce journal intime retrouvé par hasard est une belle porte d’entrée pour pénétrer le quotidien d’une personne atteinte de Xeroderma Pigmentosum. Et le fait d’utiliser comme personnage porteur une jeune adolescente ne fera qu’accentuer le processus d’identification et de compassion des jeunes lectrices et -dans une moindre mesure- lecteurs.

Par-delà l’intrigue sentimentale, le contenu de l’album se veut didactique. J’ai trouvé le résultat très instructif avec ce qu’il fallait de petites anecdotes du quotidien pour dédramatiser la maladie sans pour autant en occulter les aspects les plus durs.

Franchement, dans le genre, j’ai trouvé l’album très bien fait. Mais il ne faut pas inverser les priorités : cet album permet avant tout de parler de la maladie des Enfants de Lune. L’intrigue sentimentale n’est qu’un moyen d’y parvenir au travers d’une fiction qui parlera beaucoup aux jeunes lectrices et lecteurs. Et son côté trop propre sur lui (tout le monde il est beau, tout le monde, il est gentil) irritera très certainement l’un ou l’autre d’entre eux.

Nom série  Le Souffle court  posté le 21/03/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
L’intérêt principal de cet album réside dans sa structure. Le récit est scindé en deux parties, la première raconte l’histoire selon le point de vue de Maëlle. La seconde raconte la même rencontre selon le point de vue d’Olivier. Tout le mystère du récit passe donc par les non-dits de l’un qui s’éclairent seulement lors de la seconde partie.

Ce n’est pas désagréable à lire mais la présentation de l’album par l’éditeur en dit déjà beaucoup trop avec pour résultat un effet de surprise quasiment réduit à néant. Sinon, le texte est peu abondant et l’album se lit très rapidement et sans déplaisir.

Le trait fort sombre est agréable mais dote l’album d’un climat pesant, pas toujours justifié.

Au final, si je ne regrette pas ma lecture, je suis heureux d’être passé par un emprunt en bibliothèque. Les deux protagonistes ne m’ont pas spécialement touché et si l’histoire est racontée d’une manière (un peu) originale, une fois lue, son ‘mystère’ disparait complètement.

A emprunter plutôt qu’à acheter mais c’est loin d’être un album sans intérêt.

Nom série  Edelweiss  posté le 21/03/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
C’est une belle et triste histoire d’amour qui nous est contée là.

Le dessin est très agréable, tout comme la colorisation. Le découpage est soigné et il n’y a pas de réel moment creux à la lecture. Tout s’enchaine avec fluidité. Du coup, c’est le genre de récit qui se lit facilement, sans forcer… et la faible abondance de texte ne fait qu’accroître encore cette facilité de lecture.

Le seul reproche que je ferai à cet album, c’est la manière parfois peu subtile avec laquelle les auteurs appuient sur le pathos, multipliant les tragédies auxquelles vont être confrontés nos deux tourtereaux pour toucher le plus possible nos cœurs d’artichaut lecteur. A un moment, j’ai frôlé l’overdose, me demandant si la chute d’un escabeau n’allait pas provoquer une amputation de la colonne vertébrale chez un des personnages.

Et puis, il y a le côté caricatural du couple au départ : une riche bourgeoise, un pauvre ouvrier. Mais où ont-ils garé le Titanic ? Voilà le problème : tout est fait pour émouvoir. Avec certains, ça marchera à fond (et c’est tant mieux), avec d’autres à un moment, ça fait too much et le lien est rompu.

A titre personnel, à certains moments, j’ai été limite mais, dans l’ensemble j’ai été plutôt séduit.

Franchement pas mal du tout. Très certainement à essayer… et à posséder si vous aimez les belles et dramatiques histoires d’amour.

Nom série  Les Petites contemplations  posté le 16/03/2017 (dernière MAJ le 21/03/2018) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
C’est étrange, l’effet que le temps peut avoir sur le souvenir que l’on a d’une lecture.

Lorsque j’ai lu le premier tome de ces petites contemplations, je n’avais pas été spécialement marqué. Certes, j’avais trouvé l’album sympathique mais sans plus.

Et puis…

Et puis le temps est passé et, progressivement, le souvenir que j’avais de l’album s’est transformé. D’un récit anecdotique, ce recueil de nouvelles s’est transformé en une sympathique vision de la Chine d’aujourd’hui. J’oubliai progressivement les moments creux pour ne plus me remémorer que quelques passages touchants, parfois drôle, parfois étonnants. Tant et si bien que lorsque le deuxième tome est sorti, je n’ai pas pu longtemps résister.

Et ce deuxième tome, je l’ai dévoré avec avidité ! Pourtant, à nouveau, tout n’est pas mémorable. Il y a notamment quelques pages consacrées à des recettes de cuisine pour Chinois célibataire (Chinois parce qu’on ne trouve pas spécialement tous les produits décrits en Europe – célibataire parce qu’il s’agit bien souvent de recettes prévues pour une personne à partir de reste de précédents repas) dont l’intérêt m’est apparu fort discutable.

Mais à côté de ces moments creux figurent des passages beaucoup plus touchants. Yao Ren a l’art de saisir les bribes de son quotidien qui, sans rien avoir de spectaculaire, font le plaisir d’un instant : le réconfort simple d’un bon repas pris dans une petite gargote qui ne paie pas de mine, le charme intrigant d’un chat croisé dans la rue, la floraison d’un cactus que l’on croyait mort, une ballade au parc un matin pluvieux… Vous le voyez, il n’y a vraiment rien de spectaculaire à attendre de ces thèmes mais le ton est juste et l’humanité y apparaît dans sa pure simplicité. On retrouve finalement un peu la même démarche que celle de Jiro Tanigushi pour « L'Homme qui marche ». Cela donne un sentiment de zenitude, d’un bonheur qui nous est accessible à condition d’adopter le même regard que l’auteur… et ça fait du bien.

Du coup, si vous cherchez du sensationnel, de l’extravagant, de l’aventure, passez votre chemin. Mais si les récits intimistes qui s’attachent aux plaisirs simples de la vie vous attirent, je vous invite franchement à jeter un œil sur cet album.

Nom série  San-Antonio chez les gones  posté le 21/03/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Oui, bon, ben on ne peut pas dire que j’ai été spécialement charmé par cette reprise du personnage cher à Frédéric Dard par un encore jeune auteur.

Déjà le dessin n’est pas de ceux qui me font craquer. Les visages des personnages semblent figés malgré le caractère dynamique du dessin. Et puis, la colorisation très tranchées aux tons roses dominant rend les décors artificiels. J’aurais été curieux de voir ces planches sans colorisation, je pense qu’elles m’auraient déjà plus plu. Car Michaël Sanlaville a du talent, on ne peut pas dire le contraire. Je trouve juste que, dans le cas présent, le résultat est trop caricatural et sonne d’une manière trop artificielle pour que j’adhère pleinement au visuel.

L’intrigue, elle, est directement adaptée d’un roman de San-Antonio. Une histoire de meurtres et de disparition dans la France rurale, avec du cul et de la castagne, on n’est pas trompé sur la marchandise. Maintenant, ce n’est pas l’intrigue la plus folle que j’ai lue et ce n’est sans doute pas par ce San-Antonio-là que j’aurais commencé. Mais rien que pour Bérurier en maître d’école, le roman valait le coup d’œil. Et puis, le découpage est loin d’être mauvais. L’album se lit bien et on ne ressent pas spécialement qu’il s’agit d’une adaptation. Des coupes sombres ont dû être faites, certes, mais le résultat reste cohérent et n’emprunte pas trop de raccourcis faciles.

Alors, en dehors du dessin, pourquoi n’ai-je pas été vraiment séduit par cet album ? Sans doute à cause du vocabulaire imagé de Frédéric Dard. Non pas qu’il me choque. Non, en fait c’est tout le contraire ! J’adore cette écriture très imagée et lorsque je lis un roman de San-Antonio, immanquablement, je vois les personnages, les décors, l’action. L’écriture de Frédéric Dard est telle qu’elle n’a pas besoin d’un support visuel. Du coup, cette bande dessinée (mais c’est aussi vrai pour les films que j’ai vus ou les autres bandes dessinées que j’ai lues) ne me semble pas traduire pleinement la richesse linguistique de San Antonio, ce qui, pourtant, en fait tout le charme. Dépourvue de ce charme singulier, unique et profondément littéraire, une adaptation basée sur le visuel ne peut que me décevoir.

C’est encore le cas ici, mais ce n’est ni la faute du roman choisi ni la faute de Michaël Sanlaville. C’est simplement dû au fait que Frédéric Dard avait un talent littéraire tel qu’essayer d’illustrer un texte déjà aussi imagé ne fait qu’atténuer la force du texte sans parvenir à recréer les images que chaque lecteur s’est lui-même forgées.

Je suis donc déçu… mais c’était une belle tentative et elle pourrait plaire aux lecteurs qui découvriraient le personnage au travers de cet album.

Nom série  Mon petit Ponant  posté le 21/03/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J’aime beaucoup le titre. C’est très con à dire mais ce titre est certainement une des raisons qui m’ont poussé à l’achat de l’album.
Le titre et la couverture, ses lapins et son phare…
Le titre, la couverture, ses lapins et son phare, et le nom de Nicoby…
Le titre, la couverture, ses lapins et son phare, le nom de Nicoby et le thème des îles bretonnes…

Oui, bon, finalement il y avait beaucoup de raisons pour que je cède. Pourtant je n’en attendais pas monts et merveilles, juste une évocation sympathique de type carnet de voyage de l’auteur sur ces îles au charme certain.

Et je ressors de ma lecture quelque peu déçu.

Pourtant, la narration est sympathique. Nicoby se met en scène et, une fois de plus, je me dis que ce doit être un chouette gars à côtoyer, le genre de type avec lequel tu partagerais une bière avec plaisir. Mais là où j’attendais un portrait un peu décalé des îles de Sein et de Ouessant, vues au travers du regard de l’auteur, je n’ai eu droit qu’à un récit fade dans lequel l’auteur parle finalement plus de lui (et de sa volonté de perdre du poids durant son séjour) que des îles.

Le résultat est fort anecdotique, à mes yeux. Pas spécialement drôle, pas spécialement pertinent. Gentil, certes mais vite oublié.

Et puis les trois chapitres se terminent en queue de poisson (ou en eau de boudin, en fonction de votre goût personnel). Comme si, même pour l’auteur, ces voyages n’avaient finalement pas étés spécialement marquants.

J’ajouterai à ce fade constat le fait que Nicoby a déjà dessiné avec plus de finesse que sur les planches qu’il nous propose ici. Son style demeure certes lisible mais donne l’impression d’un travail moins fignolé… un peu comme si lui-même y accordait moins d’importance qu’à d’autres de ses travaux.

Un très petit « pas mal » (pour les lapins) mais je ne vous en conseille pas l’achat.

Enfin, pour les grands fans de l’auteur, je précise que le premier chapitre de cet album (et le plus important) est déjà paru (mais pas dans cette version colorisée) aux éditions 6 pieds sous terre sous le titre de « A Ouessant dans les choux ».

Nom série  Banale à tout prix  posté le 21/03/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Banale à tout prix est un pur shojo. On y retrouve les personnages très classiques du genre, à commencer par le couple central constitué d’une lycéenne on ne peut plus… banale et d’un beau jeune homme au physique de prince charmant et au charme redoutable.

Je l’avoue, au début de ma lecture, j’ai vraiment craint le pire. Je me suis demandé durant les premiers chapitres si l’auteure allait parvenir à apporter quelque chose de différent à son histoire d’amour adolescente.

Après deux tomes, j’ai envie de lire la suite. Nagamu Nanaji est donc arrivée à ses fins. Mais comment s’y est-elle prise alors que la structure de son récit est d’apparence ultra-passe-partout ?

Tout d’abord, en jouant à fond la carte de l’indentification du lecteur au personnage. Je pense que plus d’une lectrice, en effet, se retrouvera dans le personnage de Koiko, et que plus d’un lecteur sera touché par la simplicité de celle-ci. Banale à tout prix, c’est le titre de la série et le crédo de cette adolescente. Passer inaperçue, être dans la moyenne, ne pas se singulariser. Et, pour y parvenir, ne pas prendre de risques.

Toute la psychologie du personnage est construite sur ce postulat, et l’histoire d’amour qui va naître entre elle et Tsuguri va avoir pour principal obstacle… elle-même et sa volonté de ne pas se démarquer. Or, Tsuguri est la coqueluche des filles de son école. Il plait, il est beau, grand, intelligent, raffiné, propre sur lui, élégant, sportif. Une image somme toute classique du shojo… mais qu’à nouveau Nagamu Nanaji détourne avec finesse, se plaisant à montrer les failles, les maladresses du personnage, qui ne font (bien entendu) que le rendre plus craquant aux yeux de la tendre Koiko.

La narration est agréable même si les pensées de Koiko sont souvent répétitives. L’humour est présent mais ne domine pas, au contraire d’un romantisme peu original mais tout à fait adapté à un jeune lectorat de préférence féminin (mais pas que... j'ai près de 50 ans, du poil au menton et j'ai fini par accrocher).

Un bon shojo, en somme, qui parvient à se démarquer par l’approche du sentiment amoureux et en nous montrant que nos imperfections peuvent devenir sources de charme. Passer inaperçu.e aux yeux de tous sauf de la personne aimée, est-ce là le secret du bonheur ?

Nom série  Nuts  posté le 19/03/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Abandon à la reprise du troisième round. C’est con, il n’y avait que quatre rounds de prévu. Oui, mais voilà, le découpage est tellement brouillon que cette histoire devient franchement trop pénible à lire !

Avec un synopsis pareil, je savais bien dans quelle contrée je m’aventurais. Je n’en attendais pas l’intrigue du siècle, juste un truc sympa monopolisant un nombre restreint de neurones, avec de l’humour à deux balles, des personnages caricaturaux, des rebondissements certes répétitifs mais, en quatre tomes, ça devait pouvoir passer.

Et, effectivement, le scénario est assez débile (une jeune adolescente devient adulte lorsqu’elle mange une noisette) et bourré d’incohérences (par exemple, les vêtements de la fille changent en même temps que son âge, le pantalon informe quand elle est jeune devient mini-jupe sexy dès qu'elle vieillit) mais c’est pas grave, c’était prévu.

Et, effectivement, les personnages sont caricaturaux au possible. Mais, et c’est déjà un peu plus grave, ils ne sont absolument pas attachants. Tous sont surexcités. Aucun n’apporte quelque chose de différent. Quel que soit le personnage qui parle, tu as l’impression qu’il s’agit du même tant le ton est identique…

Et, effectivement, comme le veut le genre, on a droit aux interventions de la mangaka qui nous raconte sa vie dans des cases où c’est écrit tellement petit que si tu n’as pas la vue d’un pilote de chasse de l’armée russe tu es bon pour un éclatement de la rétine à vouloir déchiffrer des propos qui, au final, n’ont strictement aucun intérêt. Et là, subrepticement, ça commence à saouler grave.

Et, enfin, il y a la mise en page. C’est quoi ce foutoir ? Rapidement, on ne sait plus quel dessin est à lire avant l’autre ! Et les dialogues et monologues se chevauchent pour achever le lecteur désireux de comprendre un peu de quoi il retourne. Cela vous donne des enchaînements de texte du type :
- Je suis surprise
- Mais tu manges
- qu'il mange des frites
- des frites
- avec de la mayonnaise
- devant moi
- Mais oui, j'aime bien !
- sans m'en proposer !

Le but du jeu étant alors de raccrocher chaque bribe de phrase pour en faire une phrase cohérente avant de relier le tout au protagoniste qui parle ou pense (ou pète ?)

Des personnages arrivent sans que l’on comprenne de qui il s’agit, pourquoi ils sont là. Et comme les morphologies et visages sont typiquement mangas, à plus d’une reprise, je me suis demandé qui parlait de quoi et pourquoi… Et bonjour pour deviner le sexe de certains de ces personnages ! Heureusement que certains portent une mini-jupe car, en général, le doute diminue à la vue de la petite culotte.

Tout ça dans une série que j’espérais pouvoir lire d’un œil distrait, en souriant comme un trépané devant une émission de télé-réalité ! Ben, c’est loupé !

Non, franchement, je vous le déconseille. J’aurais pu dire « bof » mais, en vérité, le « bof » je préfère le garder pour des séries dont j’arrive au terme, même si je dois parfois un peu me forcer pour ce faire. Ici, c’est pire que « bof ».

Nom série  Buzz-moi  posté le 19/03/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Dans la foulé de ma lecture de Fraise et Chocolat, j’ai enchainé avec Buzz-moi, dans laquelle l’auteure relate son quotidien suite au succès rencontré par, justement, Fraise et Chocolat (une sorte d’autobiographie sexuellement explicite).

Quelque part, le sujet de cet album m’intéressait plus que celui de Fraise et Chocolat mais cela m’aurait paru bizarre de le lire sans connaître l’origine et la nature du buzz et de ses conséquences décrits ici. Et c’est un fait que j’ai trouvé l’album plutôt intéressant mais, comme pour Fraise et Chocolat, non dépourvu de certaines longueurs et redites.

Aurélia Aurita fait à nouveau montre d’un réel savoir-faire pour nous décrire son quotidien avec légèreté et joie de vivre. Son style caricatural et dépouillé fonctionne bien tandis que sa narration sonne d’une manière très naturelle. Dans la manière dont elle se met en scène dans ses bd, l’auteure parait être quelqu’un de simple, d’accessible. C’est, je pense, une des grandes raisons de son succès auprès de certains lecteurs.

Le livre s’attarde surtout sur sa relation avec les médias de presse. Les questions inintéressantes de journalistes ne s’étant même pas donné la peine de lire le livre, la répétition des mêmes interrogations, le déplaisir à devoir se dévoiler face à un(e) inconnu(e) alors que « Fraise et Chocolat » lui avait justement permis de parler de son intimité tout en gardant une distance avec son public : tout cela est abordé avec naturel et humour.

J’ai trouvé amusante sa description des séances de dédicaces lors de divers festivals (files interminables, nombreuses sollicitations) alors qu’elle et Benoit Peeters étaient plus souvent qu’à leur tour laissés pour compte lors du festival d’Angoulême 2018. Il y avait là vraiment une image forte du phénomène de buzz, qui fait qu’un jour vous êtes au centre de l’intérêt général et, le lendemain, vous retrouvez une totale intimité qui ressemble à l’oubli.

Un album plaisant à lire, donc, mais qui, une fois encore, est plus un témoignage qu’une analyse. Aurélia Aurita ne semble pas tirer de leçons de ses expériences et nous en donne encore moins. Le résultat est que les albums que j’ai lus d’elle en tant que scénariste me semblent un peu léger, fugaces, anodins. Pas déplaisant mais vite oubliés.

Nom série  Fraise et Chocolat  posté le 19/03/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Suite à ma lecture de Comme un chef, j’ai voulu me lancer dans cette série qui, à sa sortie, a fait l’effet d’une bombe.

Aurélia Aurita, en effet, y parle sans langue de bois de sa relation amoureuse et sexuelle avec Frédéric Boilet. Une bande dessinée d’abord réalisée comme un cadeau fait à son compagnon -et destiné à son unique regard- mais que ce dernier a rapidement voulu voir être édité -et donc exposé à un public large et hétéroclite.

Pourquoi a-t-elle accepté ? Par amour, je suppose.

Pourquoi le livre a-t-il eu un tel succès ? Parce qu’il est rare d’entendre une femme parler ouvertement de sa sexualité.

Est-ce que cela m’a paru intéressant ? Oui et non. Oui parce qu'il est rare qu'une femme parle ouvertement de sa sexualité, avec naturel et sans honte. Mais d'un point de vue purement "pratiques sexuelles qui nous sortent de nos habitudes", non. Parce qu'Aurélia Aurita a une sexualité relativement normale (à quelques détails près). Elle ne décrit dans ce livre que sa relation avec son compagnon, une relation de couple (pas 3, pas 15, pas 12.548 partenaires, juste deux êtres qui s’aiment) hétérosexuelle, à laquelle ils se livrent dans l’intimité (pas de baise sauvage sur une table lors d’un salon bd, pas d’exhibition en rue, pas de culbutage dans un parking d’autoroute), sans chercher à reproduire les positions les plus extravagantes du kamasutra. En gros, on a droit à des coïts, des fellations et des sodomies dans des positions praticables par la majorité d'entre nous : honnêtement, pas de quoi effaroucher une nonne. Seul l’usage de jouets (et encore) et une expérience plus extrême de fist peuvent choquer un public informé que les relations sexuelles entre mammifères, c’est un peu différent de l’abeille qui vient butiner la fleur.

Est-ce plaisant à lire ? Oui ! Aurélia Aurita livre un récit très vivant, parfois drôle et toujours sincère. Il y a bien quelques longueurs, des répétitions (je ne saurais dire combien de fellations elle prodigue dans ces deux recueils mais, à force, ça lasse) et des passages moins intéressants mais, dans l’ensemble, j’ai lu ces deux tomes sans avoir le temps de m’ennuyer. Pas vraiment excité (ce n’est pas le but de l’album) mais heureux de voir une jeune femme heureuse de sa sexualité et pas honteuse d’en parler.

A lire si l’évocation d’une sexualité sans tabou (mais tout de même relativement dans la norme) ne vous choque pas. Maintenant, si évoquer la fellation vous gène, si la sodomie vous répugne et si l’usage de sex-toys heurte votre sensibilité, je me demande vraiment pourquoi vous avez perdu votre temps à lire cet avis sur une série dont le sujet est justement de parler de sexualité sans langue de bois.

Nom série  Le Vendangeur de Paname  posté le 14/03/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Album acheté parce que j’aime beaucoup le trait, le style, la patte, la touche de David François. La singularité de son dessin est telle que j’identifie directement son auteur quand bien même celui-ci n’a pas édité pléthore d’albums. Son côté faussement brouillon mais incontestablement expressif me plait à chaque production. Lisible et riche, expressif (je l'ai déjà dit mais je m'en fous), dynamique, joyeusement caricatural, que voilà un agréable trait pour illustrer le Paris du début du XXème siècle et les enquêtes d’un duo de policiers presqu’aussi cons que maladroits.

Côté scénario, je pense que c’est la première œuvre que je lis de Frédéric Bagères. Le résultat est plaisant. L’intrigue policière tient la route si l’on admet le côté burlesque de cette enquête. L’humour est omniprésent avec un gros travail réalisé sur le vocabulaire (beaucoup d’allusions à la nourriture et au vin sont disséminées dans les dialogues). C’est parfois un peu lourd à lire (or, pour moi la littérature, c’est comme la nourriture : trop légère, je grogne, trop riche, je m’endors) mais rien que pour la manière dont Frédéric Bagères amène un jeu de mot on ne peut plus pourri au sujet d’une balle perdue, je suis prêt à beaucoup lui pardonner (oui, j’ai adoré, consacrer une demi-planche pour ça, c’est magnifique… et je le dis sans aucune moquerie).

Au final, voilà une enquête bien sympathique, qui pourrait tout à fait être suivie d’autres. A classer dans les séries policières humoristiques. Plaisant, vraiment ! Et con juste ce qu’il faut.

Et coup de coeur pour le nom de la balle perdue.

Nom série  Crystal sky of yesterday  posté le 09/03/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Oulah, je crois qu’il y a encore un peu de miel qui me sort des oreilles. J’éponge et je suis à vous.

Donc, on disait :

Crystal Sky of Yesterday est un récit très joliment mis en couleur et plutôt bien dessiné. Son scénario, écrit à la première personne, nous narre une histoire d’amour adolescent. En gros, notre gentil narrateur aime une fille qui en aime un autre, que du coup lui déteste, avant de l’apprécier suite à un concours de circonstance, réalisant ainsi que la fille aime le gars sur une fausse idée qu’elle se fait de celui-ci mais comme elle a une fausse idée d’elle-même, forcément elle ne réalise pas que lui –le narrateur- l’aime puisqu’il ne le lui dit pas vu qu’il n’a ni estime de lui ni confiance en lui, les deux allant de paires mais c’était pour meubler sinon l’intrigue aurait tenu en un chapitre et il y a quand même deux tomes à ce manhua bourré de bons sentiments.

Ce n’est certainement pas mauvais dans le genre… mais quand même super sirupeux, bourré de clichés, extrêmement prévisible et traduit sans finesse (surtout les premiers chapitres).

A réserver aux fans du genre shojo avec de beaux garçons, de jolies jeunes filles, des bons sentiments (même quand un garçon est ténébreux) et des looooonnnngues phrases pleines de certitudes comme en sortent tous les ados du monde au moment de leurs premiers émois.

Mais les couleurs sont quand même vachement réussies !!!

Nom série  Klimt  posté le 09/03/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
De Gustave Klimt je ne connaissais pour ainsi dire rien. Oui, bon, d’accord, j’étais capable de reconnaître certaines de ses peintures (le gars a quand même un style très personnel) mais j’aurais été totalement incapable de le situer sur une échelle du temps.

Et soyons honnêtes, si je me suis penché sur cet album, c’est parce qu’il est dessiné par Marc Renier, un artiste dont j’aime la finesse de trait mais aussi un gars que j’ai eu l’occasion de croiser à de multiples reprises. Et connaissant son goût pour l’art, je me doutais que s’il se lançait dans ce projet, c’est qu’il avait un faible pour le peintre et qu’il allait de ce fait soigner ses planches encore plus que d’ordinaire, histoire de rendre pleinement hommage à Klimt.

Et c’est un fait que, visuellement, certaines planches en jettent !

En ce qui concerne le scénario, je suis un peu plus circonspect. Non qu’il soit désagréable… mais je le qualifierai quand même d’étrange. Je m’attendais à lire une biographie, je suis tombé sur une évocation du personnage au travers d’une fiction le mettant en scène, fiction recoupant la réalité par bien des aspects cependant. C’est donc à une plongée dans l’état d’esprit de Klimt, dans ses obsessions, dans ses cauchemars que me convient les auteurs de cet album. Et si le résultat n’est pas déplaisant à lire, je finis ma lecture en me disant… que je n’ai finalement pas appris grand chose sur Gustave Klimt. Bon, d’accord, je sais maintenant le situer sur une échelle du temps, je peux le localiser géographiquement mais de sa démarche artistique, finalement, je ne sais rien. Ses obsessions me paraissent tellement identiques à celles d’autres peintres célèbres, sa quête de reconnaissance, sa recherche d’un regard parfait… Rien ne le distingue des autres. Du coup, à la question « Qui est Gustave Klimt ? » je ne saurais toujours pas répondre aujourd’hui, sinon en débitant quelques banalités.

Mais cette lecture ne m’a pas déplu. Je n’y reviendrai sans doute pas mais j’ai terminé cet album sans ennui. Pas mal, donc… mais sans le petit plus en plus.

Nom série  Le Coeur des Amazones  posté le 09/03/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Nouvelle œuvre de Christian Rossi et retour pour ce dernier à ces anciennes amours. De fait, l’auteur de (entre autres) « La Gloire d'Héra » et de « Tirésias » continue son exploration de la Grèce antique avec « Le Cœur des Amazones ».

Le scénario, signé Géraldine Bindi, nous entraine dans la forêt des Amazones, proche d’une Troie alors en guerre. Si les références à la mythologie sont nombreuses, ce récit peut séduire n’importe quel lecteur, féru ou non de la Grèce antique. Pourvu qu’il connaisse un tant soit peu le mythe des farouches guerrières amazones, pourvu que les noms d’Achille et d’Hélène de Troie ne lui soient pas totalement inconnus, il s’en sortira sans trop de dommages. Bon, certes, il passera à côté de l’une ou l’autre référence mais l’intrigue centrale, elle, lui sera totalement accessible.

Et quid donc de cette intrigue ? Et bien, c’est à une plongée dans la société des Amazones et au mode de fonctionnement de celle-ci que nous convient les artistes. Violence, spiritualité et sensualité sont au rendez-vous. Et nous sommes conviés à assister à un tournant majeur de leur histoire. Le début du récit est un peu lent, je ne savais pas exactement vers quoi les auteurs voulaient m’amener mais le dessin de Christian Rossi suffisait alors à garder mon attention en éveil. Puis les enjeux apparaissent de plus en plus clairement et la seconde partie du récit donne toute sa raison d’être à cet album, s’éloignant d’une simple évocation mythologique pour développer des propos plus intemporels.

Comme il se doit lorsque l’on traite de manière classique de la mythologie grecque, le ton est dramatique, les phrases sonnent comme des couperets. Clairement, rapidement, on comprend qu’on n’est pas là pour rigoler. Ne craignez cependant pas de tomber sur une narration lourde ou absconse. Si les passages légers sont rares, l’album se lit sans peine.

Et puis, il y a le dessin de Christian Rossi. Son trait explose de finesse lorsqu’il est traité en noir et blanc tandis que la colorisation adoucit les formes et apporte de la profondeur aux cases. Bien souvent, ces cases combinent donc des parties en noir et blanc et des parties colorisées dans des teintes monochromes. La combinaison des deux est parfaite et dote les planches d’un visuel sans égal. C’est fin, beau, sensuel, dynamique, expressif, original et accessible à un large public (je parle ici de la lisibilité du trait).

A titre personnel, je ne suis pas un grand admirateur de la Grèce antique et de sa mythologie. Pourtant, j’ai beaucoup aimé ce récit. Sans doute parce que, outre la beauté du dessin (feuilletez ce livre ne fusse que pour voir la case illustrant le Cœur des Amazones), ses auteurs ont eu l’intelligence de lui donner un sens plus intemporel, qui s’inscrit dans cette grande mouvance actuelle pour une égalité des sexes, mais aussi pour un respect de l’autre, pour la reconnaissance de ce que chaque sexe peut apporter à l’autre.

Un bel album, dans tous les sens du terme.

Nom série  Ekhö, monde miroir  posté le 10/06/2013 (dernière MAJ le 08/03/2018) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Alors oui, certes, Arleston fait du Arleston. Du coup, l'originalité n'est pas spécialement au rendez-vous mais c'est agréable à lire. Le coup des mondes parallèles est un classique chez l'auteur, le couple de héros est lui aussi déjà-vu, l’univers qui-ressemble-au-nôtre-mais-avec-plein-de-bestioles-rigolotes me rappelle également vaguement quelque chose.

Le dessin est sympathique et bien dans la lignée des autres œuvres humoristico-fantaisistes du scénariste, ce qui n’arrange en rien ce sentiment de déjà-vu. Mais, bon, c’est plutôt agréable, frais et peuplé d'originales petites et grosses bebêtes. Ce dessin est vraiment un des points les plus positifs de la série !

Chaque tome nous présente l’univers mais propose également une intrigue policière. Et si l’univers proposé, tout convenu qu’il soit, est plutôt plaisant à découvrir, les intrigues policières proposées dans les deux premiers tomes étaient à mes yeux à la limite de l'insuffisant. Depuis le tome 3, depuis que l'univers est bien installé en fait, ces intrigues -sans atteindre des sommets de finesse et d'originalité- gagnent en mystère et en rythme. Je peux donc dire après lecture du tome 4 que je suis en train de devenir accro à la série.

S les changements de personnalité de l'héroïne ne me convainquent pas toujours, le comportement des Preshauns intrigue furieusement. C'est là l'aspect le plus original du scénario.

Du coup, alors que je n'était pas très chaud au début de la série, j'en viens à attendre aujourd'hui la sortie du prochain tome avec un certain enthousiasme. Du pur divertissement, bien dans la lignée des autres oeuvres d'Arleson. Certainement pas ce qu'il a fait de plus original mais suffisamment bien foutu pour que je vous en conseille la lecture, voire même l'achat si vous êtes fan du scénariste.

Nom série  Petit traité d'écologie sauvage  posté le 08/03/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
A titre personnel, j’ai bien aimé cet album. J’ai cependant conscience qu’il ne plaira pas à tout le monde et que cette forme d’humour passera au-dessus de la tête de bien des lecteurs. Trop intellectuel ? Oui, peut-être. En tous les cas, le lecteur doit déjà un peu connaître (et partager ?) certains principes de l’animisme pour saisir la démarche de l’auteur. Et si vous n’êtes ni intrigué, ni amusé par les deux cases présentées au dos de l’album, je pense sincèrement que vous feriez mieux de passer votre chemin.

Pour ceux qui restent, les différentes histoires choquent, intriguent, amusent. Elles suscitent la réflexion du lecteur et forcent ce dernier à faire preuve d’une certaine forme d’humilité et d’autodérision.

Le fait que l’auteur emploie régulièrement un même dessin pour illustrer une scène entière pourra déplaire à certains. Mais comme l’humour passe ici beaucoup plus par le décalage des dialogues et des propos tenus, à titre personnel, ce procédé ne m’a absolument pas dérangé.

Au final, globalement, j’ai bien aimé. Il y a certaines scènes que je ne pense pas avoir pleinement saisies, mais elles sont rares. A contrario, certains dialogues m’ont vraiment bien fait marrer. C’est absurde et intelligent (parfois un peu trop pour moi, je le concède). En tous les cas à essayer.

Franchement pas mal, quoi… et surtout différent de ce que l’on me propose d’ordinaire en matière d’humour.

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