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Nom série  Plus belle la série  posté le 11/04/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Bienvenue dans l’univers étrange de la sitcom la plus populaire de France !

Honte sur moi, j’avoue humblement ne jamais avoir regardé un épisode de « Plus belle la vie », mais j’en connais un peu le principe : une sitcom qui se veut reflet de notre époque et qui cherche à coller au mieux avec l’actualité. Pour le reste (et le peu qu’en j’en ai aperçu lors de mes zappages de sauvage), des décors de carton pâtes et des rôles surjoués semblent être de rigueur.

Quoiqu’il en soit, je pense que j’aurais autant apprécié cet album que je fus fan de la série ou totalement inculte comme c’est le cas. Car cet album est avant tout instructif. Il ne critique pas la série mais l’analyse au travers d’un récit fictif aussi amusant qu’instructif (à l’image des autres albums de cette décidément très bonne collection). J’ai souvent souri mais aussi ouvert des yeux grands comme ça devant la machinerie qui gère la création d’un épisode. De la succession de différentes équipes de scénaristes (chacune ayant sa spécialité) à l’adaptation du script aux impondérables financiers, logistiques ou autres, chaque page m’aura apporté son lot de révélations (parfois absurdes comme cette histoire de carafe en sucre).

Le dessin d’Emile Harel est bien dans la lignée de celui des autres dessinateurs de la collection. Ce n’est pas ce qu’il y a de plus élégant, on peut même dire que le trait est fort raide, mais ce style immédiat et lisible convient parfaitement à l’esprit de l’album. Les personnages sont faciles à différencier, l’expressivité est bien présente et les décors sont suffisamment soignés pour que l’on comprenne de quoi il s’agit.

Si vous voulez découvrir les dessous d’une machinerie de l’audiovisuel, je ne peux que vous inviter à vous ruer sur cet album, que vous aimiez ou non la série dont il est question. Une belle réussite.

Nom série  Cherub  posté le 11/04/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Cherub est, à l’origine, une série de romans pour adolescents. L’accent est mis sur l’action et les relations entre de très jeunes agents très spéciaux. Le ton se veut réaliste mais il faut encore disposer d’une fameuse dose de naïveté pour croire à ces aventures.

A titre personnel, je n’ai pas spécialement été séduit par ces aventures dans lesquelles se croisent l’esprit du Club des 5 et la violence de films américains d’action. Certains passages, à force de vouloir conserver une morale irréprochable, deviennent franchement ubuesques.

Par contre, au niveau de l’adaptation, je trouve le travail réussi. On ne sent pas spécialement de coupures dans le rythme narratif. Le dessin est agréable (petit bémol sur la colorisation et un travail sur les ombres au rendu souvent artificiel) et très lisible. Les personnages sont bien typés et c’est heureux car il y a une multitude d’intervenants dans ces aventures et les risques de confusions sont réels.

Au final, je n’ai pas été convaincu par ces aventures. Le manque de crédibilité du synopsis couplé à des rebondissements souvent prévisibles limite la capacité de séduction de la série à un public très ciblé (les 10-13 ans, selon moi), et encore faut-il qu’ils apprécient le côté boy-scout de certains comportements…

Honnêtement, je ne suis pas convaincu.

Nom série  Ralentir  posté le 11/04/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Ralentir est un récit dans l’air du temps. On y retrouve quelques préoccupations de gens normaux : le besoin de prendre du temps pour soi, la recherche d’un mieux vivre en accord avec ses convictions, l’envie de changer le monde en commençant par ce qui nous est accessible.

Par conséquent, si vous êtes en quête d’un récit d’aventure, je vous invite chaleureusement à fuir cet album. Il ne pourra pas vous satisfaire. Par contre, si vous aimez les récits de rencontres, lents, introspectifs, simples, Ralentir pourrait bien vous apporter ce que vous recherchez.

A titre personnel, j’ai bien aimé le personnage principal du récit mais j’ai eu un gros problème avec son auto-stoppeuse, réellement trop chiante pour provoquer chez moi une quelconque empathie. Soyons clairs : si je devais un jour embarquer un tel spécimen, je vous la débarquerai à coup de pieds au cul sur la bande d’arrêt d’urgence illico presto. Ce manque d’empathie pour un des personnages clés du récit aura constitué un réel obstacle dans mon appréciation de l’album.

Pour le reste, bin, il ne se passe pas grand-chose. L’histoire coule telle un long fleuve tranquille et son plus grand mérite à mes yeux est de permettre au lecteur de lui-même ralentir.

A lire à l’occasion mais je n’en ferais pas une priorité d’achat. Un emprunt en bibliothèque me semble suffisant.

Nom série  Face au mur  posté le 29/03/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Voilà un polar qui sent l’authenticité. Et pour cause puisque l’un de ses auteurs est un ancien truand et que ce récit s’inspire grandement de ses expériences passées.

Mais ce qui marque en premier, c’est ce découpage en chapitres non chronologiques. Un découpage qui égare le lecteur pour faire germer en son cerveau une étrange idée de répétition de lieux et d’état d’esprit. Entre périodes d’emprisonnement et périodes de cavale, le personnage principal semble n’en être réduit qu’à la fuite. Emprisonné, il cherche à s’évader. En cavale, il met tout en œuvre pour ne pas retourner en prison. Dans cette fuite constante, il n’y a pas de place pour la reconstruction. Le personnage agit toujours dans l’urgence, vit constamment sous tension… et tourne en rond… face au mur comme l’indique le titre de cet album.

J’ai aimé ce climat, cette ambiance très noire que le format de l’album et sa conception graphique ne font que renforcer. Nous sommes réellement face à une œuvre noire avec des planches imprimées sur fond noir, un format identique à celui des comics et une colorisation en teintes souvent monochromes. Tout est là pour nous donner l’illusion d’un polar à l’Américaine, même si les auteurs sont tous deux Français.

En ce qui concerne l’histoire proprement dite, c’est plutôt bien foutu. Le rythme est bien présent, les profils des personnages secondaires (que l’on retrouve à des époques différentes mais comme l’ordre chronologique n’est pas respecté, le lien ne se fait pas toujours immédiatement) s’étoffent au fil du récit et la narration à la première personne nous rendrait presque sympathique ce truand. Une fois plongé dans le livre, il est difficile de s’arrêter en route. Le découpage en chapitres est bien dosé, chacun bénéficiant de l’espace nécessaire tout en nous donnant l’envie « d’en lire encore un avant d’arrêter »… et du coup de terminer l’album d’une traite.

Reste un petit bémol au niveau de la victimisation du personnage central. Ecrit par un criminel, ce récit tend légèrement à ôter une grosse partie des responsabilités de ceux-ci dans leur mode de vie. C’est « la vie », « le milieu social », « des parents violents » qui ont fait d’eux ce qu’ils sont devenus. Certes, ces critères interviennent mais je trouve que le personnage principal se déculpabilise bien facilement face à son parcours et à ses choix.

Quoiqu’il en soit, si vous aimez les polars noirs, si le milieu carcéral vous fascine, si les héros burnés vous attirent, je ne peux que vous conseiller ce récit. Dans le genre, c’est très bien fait, avec ce parfum de véracité que seul un gars du milieu pouvait apporter.

Nom série  Dickens & Dickens  posté le 22/03/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Sur base d’une idée rarement exploitée en bande dessinée, le duo de routiniers que forment Rodolphe et Griffo explore l’univers et la vie de Charles Dickens sous la forme d’une fable étonnante.

Le dessin est accrocheur en diable et les vues de Londres, les expressions de visage des personnages, les décors, les bâtiments, tout est là pour que j’aie envie de me plonger dans cette histoire. Le caractère semi-caricatural du trait accentue encore cette impression de se retrouver devant une œuvre de fiction, un conte, une fable et non une biographie roborative (ce que cet album n’est d’ailleurs absolument pas).

Le scénario s’articule sur l’idée que le destin de Charles Dickens aurait pu basculer à une époque de sa vie. Les auteurs nous proposent dès lors de rencontrer deux Charles Dickens, celui que nous connaissons mais aussi celui qui aurait mal tourné. Et non contents de nous proposer de les suivre, ils les font se rencontrer ! Cette structure permet de découvrir des éléments de la vie de Dickens et du Londres de l’époque tout en restant un récit d’aventure étrange. C’est bien vu mais une fois la surprise passée, j’ai trouvé que l’aspect « aventure » du récit avait du mal à décoller.

Au final, ce premier tome n’est pas déplaisant à lire mais il m’a peu marqué malgré son intrigante idée de départ. Je ne vous en déconseille certainement pas la lecture mais je pense qu’un emprunt en bibliothèque peut suffire pour le moment.

Nom série  Shangri-La  posté le 22/03/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Le début du récit est extrêmement prenant, avec ce flash-forward intrigant. Et si l’on comprend rapidement comment tout cela va se terminer et qu’il sera question de voyage dans le temps et l’espace,… la vérité est qu’on ne sait encore rien.

La découverte du monde clos dans lequel va se dérouler la majeure partie de ce récit nous plonge dans ce que j’appelle de la science-fiction prophétique. Comprenez par là que l’auteur crée un futur et se plait à l’approfondir sur base de notre situation actuelle. L’omniprésence de la publicité, la manipulation des masses, le racisme, le terrorisme, la radicalisation, l’écologie, tous ces sujets sont le terreau même du récit. Cet écho à notre propre quotidien transforme ce récit en parabole, ce qui ne fait que nous le rendre encore plus prenant.

Mais après la découverte de cet univers, je dois bien avouer que je n’ai plus ressenti le même engouement pour la partie plus centrée sur l’action. Non que ce soit mal fait ou inintéressant mais je me sentais moins concerné, plus spectateur du récit. Ceci dit, l’intrigue est prenante et le fait d’avoir placé ce flash-forward en début d’album avait tellement intensément titillé mon cortex qu’il m’aurait été impossible d’abandonner la lecture en cours de route.

En plus il y a le dessin ! Exceptionnel, ce dessin ! Avec des angles de vue qui donnent le tournis, des créations graphiques originales et cohérentes, un trait fin et incisif, de la vivacité et une méticulosité qui frise l’obsession. Vraiment du très grand art qui vient renforcer l’aspect technique et froid du récit.

Le final, enfin, est conforme aux attentes. Et si, au début de ma lecture je me croyais parti pour accorder un 5/5 à l’album, la dernière page tournée, je demeure avec un sentiment plus que positif. Ce récit est vraiment à lire, que vous aimiez ou non la science-fiction.

Nom série  Rhapsody  posté le 21/03/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
J’ai eu du mal à entrer dans l’univers qui nous est proposé. Un univers truffé de références diverses et romantiques ainsi que de clins d’œil appuyés. Tellement appuyés, en fait, qu’ils ont la subtilité d’une batte de baseball entre les mains d’un chasseur d’escargots.

Le scénario fait également montre de peu de finesse avec une héroïne qui cache sa féminité sous un look gothique romantique et androgyne… et pour laquelle on en vient rapidement à se demander pour quelle obscure raison elle devait cacher son genre. Mal dans sa peau, elle aimerait plaire à son grand-père. La mort de sa mère alimentant l'intrigue d'une aura de mystère à trois francs six sous. Et puis… et puis les personnages se multiplient, l’intrigue prend forme. Pas de gros suspense mais on finit par s’attacher un peu aux destins de ces différentes images d’Epinal du genre romantique (l’orpheline de mère, l’amoureux transi et homosexuel, la pauvre petite fille riche, le veuf rendu fou par la mort de sa bien-aimée).

Le dessin est bien dans l’esprit de la série. C’est très voyant, en quête d’un aspect lisse et léché avec un soin particulier accordé aux vêtements des différents protagonistes. Dans le genre, c’est pas mal foutu du tout, mais sans aspérité.

Après deux tomes, je ne pourrais conseiller cette lecture à d’autres lecteurs qu’aux jeunes lectrices avides d’histoires fleur bleue, un tant soit peu cultivées pour profiter des références subtilement gravées au marteau-piqueur, et pas trop regardante sur la cohérence de l’intrigue.

Nom série  Tin Lizzie  posté le 20/03/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Ce diptyque mérite mieux que l’anonymat dans lequel il semble être tombé. Non que ce récit soit d’une exceptionnelle qualité mais il dispose de suffisamment d’atouts pour intégrer la bédétheque de plus d’un lecteur.

Premier atout, et non des moindres : un dessin expressif, soigné et dynamique. A titre personnel, je l’ai vraiment trouvé très agréable, ce trait rond et caricatural à l’influence dysnéenne marquée. De plus, la colorisation est réalisée elle aussi avec un grand soin. Dominique Monféry et Julia Weber nous offrent des planches dans lesquelles il est bien agréable de se plonger.

Viennent ensuite les personnages. Un petit gamin espiègle et débrouillard, un amoureux maladroit, un grand-père bienveillant, une chanteuse bourrée de charme, et bien d’autres encore. Le casting a beau être classique, il n’en demeure pas moins efficace.

Parlons à présent du lieu et de l’époque. Nous nous retrouvons dans le sud des Etats-Unis alors que l’automobile n’en est qu’à ses premiers balbutiements. Oh, la belle image d’Epinal que voilà car il s’agit bien là d’un environnement propice à la fascination.

Enfin, l’histoire, classique mais propice aux rebondissements. Pas de grosse surprise de ce point de vue mais cette histoire cadre bien avec l’esprit de la bande dessinée. Elle recèle de bons sentiments, permet de développer quelques séquences humoristiques et offre de bons moments d’action automobile (collection Calandre oblige).

Une bonne bande dessinée qu’il serait malheureux de snober.

Nom série  Légendes de Parva Terra  posté le 20/03/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Destiné aux jeunes lecteurs entre 8 et 13 ans, je pense que cette série séduira le public visé, surtout si ce public commence cette lecture à 8 ans pour la finir à 13 ans…

A titre personnel, il m’a fallu deux tomes pour commencer à vraiment apprécier cette histoire. La narration est au début du récit trop présente et parfois confuse mais les bonnes idées sont là, ce qui m’a incité à passer outre ce détail pour poursuivre l’aventure.

A partir de la fin du deuxième tome, le récit se fait plus dynamique, plus efficace. La grande aventure peut commencer. Nous sommes devant de la fantasy assez classique mais bien réalisée. L’opposition classique entre le bien et le mal plaira aux jeunes lecteurs par sa simplicité. Les univers visités sont variés et les créatures fabuleuses ne sont pas rares. Le dépaysement est donc au rendez-vous.

Les différents personnages sont bien construits et leur psychologie est cohérente.

Au fil des tomes, le ton est de plus en plus sombre (et le final n’est pas spécialement joyeux même si une entourloupe permet un happy-end). Les plus jeunes lecteurs risquent donc de décrocher mais les 12/14 ans, eux, devraient adorer.

En conclusion, même si le début est un peu laborieux selon moi, la série mérite plus qu’un coup d’œil distrait de la part du public visé mais aussi des lecteurs plus âgés amateurs de ce genre d’univers fantastique formaté mais bien construit.

Nom série  Les Petites contemplations  posté le 16/03/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Ce récit regroupe 5 nouvelles tirées du quotidien. Par les sujets abordés, la démarche de Yao Ren m’a fait penser à celle de Jiro Taniguchi sur plusieurs de ses albums, et sur « L'Homme qui marche » en particulier.

Si vous cherchez du sensationnel, de l’extravagant, de l’aventure, passez votre chemin. Si, par contre, les récits qui s’attachent aux plaisirs simples de la vie vous attirent, je vous invite franchement à jeter un œil sur cet album. Personnellement, j’ai beaucoup aimé l’approche bienveillante de l’auteur, qui cherche à exprimer ce qui le touche dans son quotidien : le plaisir simple d’un bon repas pris dans une petite gargote qui ne paie pas de mine, le charme intrigant d’un chat croisé dans la rue, la floraison d’un cactus que l’on croyait mort… Vous le voyez, il n’y a vraiment rien de spectaculaire à attendre de ces thèmes mais le ton est juste et l’humanité y apparaît dans sa pure simplicité.

Le dessin de Yao Ren est agréable mais perfectible. Les planches ne sont pas fignolées jusque dans les moindres détails tandis que les émotions des personnages nous sont parfois (et heureusement pour moi, seulement parfois) suggérées au travers d’un style manhua caricatural… dont je ne suis pas fan. J’ai ressenti à travers ce trait le plaisir pris par l’auteur à décrire son environnement et j’ai apprécié son sens de l’observation, mais je ne me suis jamais arrêté sur une case en me disant « waouw, que c’est beau ! »

A découvrir si vous êtes amateur de ce genre de récit.

Nom série  Comment aborder les filles en soirées  posté le 16/03/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Ce récit m’a énormément plu, pour de multiples raisons.

Avant tout, il y a le titre. Un titre qui sent bon les boums des années ’80, l’autodérision, l’humour. Un titre qui prend encore plus de sens après lecture du récit.

Puis vient le nom des deux auteurs. Je suis rapidement devenu un grand amateur des œuvres du duo. Et une fois de plus, je suis abasourdi par leur maîtrise graphique et leur art de choisir un style en fonction du sujet du récit. « L'Aliéniste », « Daytripper (au jour le jour) » ou « Deux Frères » ont chacun eu droit à un traitement graphique différent et approprié, et c’est encore le cas avec l’adaptation de cette nouvelle. Et une fois de plus la lisibilité est parfaite, le dynamisme est présent, le charme opère. On pourrait juste reprocher le visage d’un des deux principaux protagonistes, qui fait plus que ses 15 ans supposés. Mais à côté de ça, l’étrange pouvoir de séduction qui se dégage des personnages féminins est juste parfait.

Parlons ensuite de l’auteur de cette nouvelle (puisqu’il s’agit à nouveau d’une adaptation). Neil Gaiman n’est pas un inconnu dans le monde de la bande dessinée et sa réputation n’est plus à faire. Le récit qu’il nous offre ici propose différents niveaux de lecture. Il y a bien sûr des aspects de roman graphique (avec un côté « souvenirs de jeunesse » qui sent le vécu) mais pas que ! J’ai adoré cette approche du « comment aborder les filles quand on a 15 ans » mais surtout comment rester les pieds sur terre lorsque le contact a l’air de se faire, comment décoder leur langage, et d’ailleurs faut-il le décoder ? Le personnage principal du récit m’a beaucoup parlé tant je me suis retrouvé en lui.

Pour cet ensemble de raisons, et grâce à certains passages que j’ai trouvés hilarants dans le style décalé et très britannique qui est celui de l’album, je ne peux que vous conseiller de vous ruer chez votre libraire. Et ne vous arrêtez pas au titre, cet album a bien plus à vous offrir que ça !

Nom série  Duke  posté le 09/03/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
L’originalité de ce western réside dans sa localisation, à mes yeux, car il n’est pas courant de se retrouver dans un univers enneigé. Pas courant… ce n’est pas non plus vraiment novateur mais je ne vais pas bouder mon plaisir de voir un western se dérouler dans la neige.

Côté scénario, ce premier tome est ultra-classique et on y retrouve tous les éléments du western de base. Je ne peux donc pas dire avoir été surpris à un moment ou à un autre par le fil du récit. Celui-ci a glissé tout seul sans me marquer. Il n’y a rien de mal fait mais aucun personnage ne m’a montré qu’il était digne d’intérêt. par contre, qu'est-ce que c'est lent...

Côté dessin, ben avec Hermann, j’ai toujours le même problème. Je trouve ses paysages splendides, son bestiaire formidable, ses personnages masculins très burinés et ses personnages féminins moches et à nez de cochon. Donc tant qu’on reste dans les vues d’ensemble, les paysages ou les poses de dos, j’adore ! Mais une fois que les planches offrent des plans rapprochés avec des personnages féminins, le charme n’opère plus… Et ici, un personnage féminin est affublé d’un rôle important. Je ne peux donc pas dire avoir pris mon pied en regardant ces planches.

Certainement pas un mauvais album mais peu marquant à mes yeux… et absolument pas novateur (mais je ne crois pas que c’était le but).

Nom série  Faida  posté le 09/03/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J’ai plaisir à retrouver le scénariste de « Braquages et Bras Cassés » car cet album m’avait beaucoup plu par sa construction originale et son implantation régionale. Deux qualités que je retrouve partiellement dans cette nouvelle série.

Implantation régionale puisque l’album a pour personnages principaux une famille d’origine Italienne dont certains membres sont venus s’installer en Belgique du temps des charbonnages. Voilà qui parle au Liégeois que je suis.

Construction originale puisque le récit oscille entre roman graphique, road-movie et drame familiale… Bon, d’accord, c’est moins original que « Braquages et Bras Cassés » mais c’est quand même plaisant à suivre, et le suspense est même mieux dosé, je trouve. La narration est vive, les personnages sont bien typés et à la fin de ce premier tome les zones d’ombre sont nombreuses.

Côté dessin, ce n’est plus le père de Benjamin Fischer qui s’y colle mais son oncle. J’avoue ne pas spécialement aimer ce trait que je trouve peu fin (je pense qu’il y gagnerait à être réduit). Ce n’est en tous les cas pas pour lui que je me suis plongé dans cette lecture. Mais une fois dans le récit, je n’ai plus spécialement fait gaffe au dessin. C’est la preuve qu’il apporte le nécessaire. Par ailleurs, je pense que les fans de Walthéry et de son "école" devraient apprécier.

Au final, j’ai plutôt bien aimé cette entrée en matière. Le retour aux sources de la petite mama acariâtre est amusant et le personnage d’Anna ne demande qu’à grandir en découvrant les mystères de famille dans lesquels ont poussé ses racines.

Nom série  Rose  posté le 09/03/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
La force de cette nouvelle série réside à mes yeux dans son mystère. Un mystère qui se développe sur plusieurs axes et qui tient donc le lecteur en haleine. Nous avons en effet, d’une part, une héroïne qui dispose de la capacité de sortir de son corps (à la manière d’un voyage astral), ce qui est bien utile lorsqu’on se retrouve au cœur d’une intrigue policière, d’autre part un bâtiment touché par une étrange malédiction et dans lequel sont coincés trois fantômes, ailleurs encore, des meurtres liés entre eux par des tableaux et enfin une mère dont l’absence semble être à l’origine du (ou des) problème(s).

Le récit ne cesse donc de rebondir. Ce premier tome se lit vite et les surprises foisonnent. Chaque élément pris séparément n’est pas très original mais l’ensemble est bien foutu et intrigant. La gageure va être de parvenir à harmoniser cet ensemble afin que le lecteur n’ait pas le sentiment d’une certaine forme d’inutilité pour certains des aspects du récit.

Côté dessin, je trouve que ce trait manque de netteté, de tranchant. Il n’est pas désagréable pour autant et son aspect un peu flou convient bien à cet univers de mystère et de fantômes. Disons que je ne me serais pas arrêté sur l’album pour son dessin mais que celui-ci est tout sauf un frein à la lecture.

Je suis curieux de lire la suite.

Nom série  Happy Project  posté le 08/03/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Sans être aussi enthousiaste que Gaston, j’ai un grand plaisir à reconnaître que cette série est fichtrement efficace.

L’histoire se construit avant tout autour des relations entre les personnages, du coup l’absence de décors dans le dessin ne se fait pas spécialement ressentir. Les différents physiques ont beau être proches, l’auteur parvient à bien singulariser les faciès de telle sorte que les confusions sont rares. Voici déjà deux écueils propres aux mangas évités. Pour le reste, le trait est soigné et typiquement manga. J’ai déjà vu mieux mais aussi souvent plus brouillon, Hirokazu Ochiai se classe donc dans la bonne moyenne.

Mais revenons au scénario. Si l’idée de départ n’est pas mauvaise quoique peu réaliste, le point fort de la série réside bien plus dans la manière dont l’auteur parvient à faire évoluer et interagir ses personnages. J’ai vite été pris par ces jeux d’influence, on s’attend à quelque chose de très prévisible… et puis on s’en éloigne, pour y revenir et s’en éloigner encore et y revenir. Comme la série est courte, la lassitude n’a pas le temps de s’installer.

Petite remarque : la série se compose en fait de deux histoires. La première couvre les trois premiers tomes et le premier chapitre du quatrième tome. La deuxième histoire, qui n’a pas de rapport direct avec la première même si elle a le même cadre du Happy Project (une réunion de jeunes de 18 ans organisée par l’état afin de favoriser les mariages), compose la majeure partie du quatrième tome. Les deux histoires sont agréables à suivre, on n’a donc pas le sentiment que ce quatrième tome soit un bouche-trou.

Plaisant.

Nom série  Motorcity  posté le 08/03/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Pour parvenir à nous offrir un cadre original dans cette collection dédiée à l’iconographie de l’Amérique des années ’50, Sylvain Runberg a recours à une astuce bien agréable. Du coup, nous nous retrouvons en Suède pour un polar à la fois étonnant et classique.

L’univers, pour peu que l’on soit habitué aux récits policiers scandinaves, est assez prévisible. Le petit bled paumé, le secret de famille, les barjots du coin, la flic qui revient sur les lieux de son enfance : cela ressemble de plus en plus à un cahier des charges inévitable dès que l’on s’attaque au genre. Reste que l’on s’attendait à se retrouver en Amérique durant les années ’50 et que ce n’est donc pas le cas. L’intrigue, elle, se construit sur deux axes. C’est bien fait et Sylvain Runberg sait maintenir l’attention de ses lecteurs… mais c’est sans réelle surprise.

Le dessin de Philippe Berthet reste égal à lui-même et convient parfaitement à cette collection. Je pense que l’artiste a pris son pied avec toutes ces carrosseries américaines à reproduire, ces personnages féminins séduisants et ces gueules masculines bien torchées. Son style en ligne claire est une garantie de lisibilité et Berthet parvient toujours à insuffler le dynamisme nécessaire à ce type de trait qui peut faussement paraître figé au départ.

Au final, Motorcity n’est certainement pas un mauvais album et il ravira à coup sûr les lecteurs peu habitués à la trame des polars nordiques. Pour les autres, je crains que la résolution de l’enquête soit sans surprise, ce qui gâche quelque peu le plaisir de lecture.

Je ne déconseille pas l'achat mais ne considère pas non plus qu'il s'agit là d'une priorité.

Nom série  Jolly Jumper ne répond plus  posté le 08/03/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J’ai beaucoup aimé cette vision très personnelle de Lucky Luke, de son univers et de ses principes fondamentaux. Bouzard parvient à la fois à nous faire rire du personnage et à nous faire ressentir toute l’affection qu’il éprouve pour ce dernier.

Contrairement à l’album signé par Matthieu Bonhomme (« L'Homme qui tua Lucky Luke »), Bouzard ne cherche pas à produire un nouvel album de l’homme qui tire plus vite que son ombre mais nous offre sa vision du personnage (requalifié de l’homme qui a eu l’idée de tirer sur son ombre pour la circonstance). Lucky Luke y apparait naïf voire profondément neuneu. Le point de départ du récit démontre de l’impertinence du propos : Jolly Jumper ne répond plus quand Lucky Luke lui parle… Fondamentalement, vous avez déjà vu un cheval répondre, vous ? Voilà ! Le ton est donné.

Ici, l’humour passe avant tout par des dialogues souvent absurdes qui jouent avec les tics de la série (Jack Dalton, c’est le moyen petit ou le moyen grand ?) mais le scénario n’est pas en reste et nous permet de retrouver une bonne partie des personnages qui ont fait la série. L’histoire tient la route même si elle n’est que prétexte à une revisite très libre de l’univers du héros.

J’ai éclaté de rire sur certains dialogues (« je vais l’emmener en vacances à Arcachon ! »), apprécié la manière dont l’auteur glisse plus d’un titre mythique de la série dans ceux-ci, je me suis amusé de voir Lucky Luke chercher à renouveler sa garde-robe. Le dessin épuré et expressif nous éloigne, lui aussi, de la série d’origine, ce que certains puristes risquent de ne pas du tout apprécier. Surtout n’espérez pas trouver ici un nouvel album de Lucky Luke mais bien un hommage parodique à ce dernier.

Je ne regrette en tous les cas pas mon achat mais si je devais émettre une critique, ce serait que la fin du récit tombe un peu à plat. J’ai fini ma lecture sur une note moyenne alors que dans son ensemble l’album m’a offert ce que j’espérais.

Nom série  I hate fairyland  posté le 03/03/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Jouissive ! Voilà sans doute le terme qui caractérise le mieux cette nouvelle série, profondément décalée et excessive en tout (mais vachement bien maîtrisée, mine de rien, dans le développement de son scénario). L’idée de départ est amusante et très bien exploitée dans ce premier tome. La folie furieuse de notre héroïne anime on ne peut mieux ce monde merveilleux et les oppositions de caractère offrent matière à de nombreux gags.

Se dégagent rapidement quatre personnages :

- tout d’abord Gertrude, idiote enfant gâtée devenue adulte aigrie, violente et extrême ;
- son guide, ensuite, luciole flegmatique, peu motivé mais qui essaie tout de même de contenir les excès de sa protégée ;
- la reine, on ne peut plus exaspérée par Gertrude, et qui cherche une solution pour débarrasser le Pays Merveilleux de cette horreur de la nature humaine ;
- Happy, tendre enfant émerveillée par cet univers qu’elle découvre avec ses grands yeux emplis d’étoiles (mais qui ne s’en laisse pas compter pour autant).

Les interactions entre ces différents personnages nourrissent le récit pour le relancer sans cesse. Voici le premier ressort comique.

Deuxième ressort : l’univers même dans lequel se déroule cette histoire. Un monde merveilleux, un univers de conte de fée d’apparence classique mais traité avec le plus grand irrespect par Skottie Young. Le trait cartoonesque de l’auteur joue en plein pour rendre cet univers totalement parodique. Les poétiques petites étoiles qui se font dégommer, les soldats champignons réduits à des « têtes de gland », l’ensemble de cet univers est altéré par la trublion démente incarnée par Gertrude.

Troisième ressort comique : le langage fleuri de l’héroïne, dont les jurons sont autocensurés au travers d’expressions en rapport avec la nourriture (je vous laisse deviner ce qui se cache derrière un « sucreur de frites » pour exemple).

A la longue, ce type de concept risque de s’épuiser mais dans le cas présent, ce premier tome tient largement la distance. Je suis on ne peut plus partant pour en reprendre un second mais j’espère que Skottie Young aura l’intelligence de s’arrêter à temps. Quoiqu’il en soit, si vous êtes à la recherche d’un récit humoristique décalé qui taille à la hache mal aiguisée l’univers kawaï des contes de fées, je vous suggère furieusement de faire une halte par ici.

Nom série  Moi, jardinier citadin  posté le 28/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Il me parait assez clair que ces deux albums s’adressent à un lectorat intéressé de prime abord par le jardinage. Si vous n’en avez rien à battre des légumes qui poussent au rythme des saisons, passez votre chemin, il n’y a rien à voir.

Maintenant qu’un premier tri est fait, je vous dirai que cette lecture ne m’a pas déplu mais qu’elle ne me sera pas utile. J’ai aimé plusieurs aspects du récit, comme la découverte du milieu du jardinage par un novice enthousiaste ou le parallèle dressé entre l’évolution du jardin et l’état de la compagne du héros (elle est enceinte). Cela donne un récit sincère et agréable à lire.

Du point de vue technique (parce que je pense que la personne qui lit ce genre de récit espère collecter quelques tuyaux de jardinerie au passage), je suis un peu resté sur ma faim. Logiquement, je m’empresse de le dire. La situation d’un jardin coréen n’est pas vraiment comparable à celle d’un jardin ardennais. Les plantes cultivées ne sont pas les mêmes. Seule la passion et le plaisir de transmettre un savoir sont identiques.

Au niveau du dessin, autant les aquarelles du jardin sont belles, autant le style caricatural utilisé pour dessiner les personnages ne les met pas en valeur. Entre la petite vieille qui a la morve qui lui coule constamment du nez et le petit gros qui pète à chaque fois qu’il doit faire un effort, les personnages sont gratinés. L’humour scato n’étant pas spécialement ma tasse de thé, je dois bien avouer que ces passages moqueurs ne sont pas mes préférés.

Il reste cet enthousiasme et cette vision réaliste de la culture potagère réalisée par des amateurs. Plaisant.

Nom série  Héritages  posté le 28/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
J’ai trouvé cette histoire peu convaincante.

Déjà, je trouve le dessin peu engageant. Ce n’est pas mauvais mais ça m’a donné une impression de flou, le sentiment que tout cela manquait de précision.

Ensuite, au niveau du scénario proprement dit, je trouve que c’est une bonne idée de parler de sorcières à notre époque mais on tombe ici dans des lieux communs avec des personnages passe-partout.

Et puis, il y a ces dialogues. Mous et qui semblent souvent s’égarer sur l’accessoire plutôt que de parler de l’essentiel. Je pense que l’on peut ne lire qu’une phrase sur cinq et ne rien rater de vital dans ce récit. Dans pareil cas de figure, il faut pour me séduire une qualité de plume très élevée. Je veux bien que l’on soit bavard, mais alors, si c’est pour ne rien dire, il faut me le dire avec style ! Et ici, c’est loin d’être le cas.

Et puis, il y a ces fautes grossières qui me laissent à penser que le livre n’a pas fait l’objet de l’attention à laquelle on est en droit de s’attendre de la part d’un éditeur comme Dupuis. Ce genre de scorie laissée derrière soi me laisse toujours penser que même l’éditeur ne croyait pas trop en son produit.

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