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Nom série  Momo  posté le 22/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Si j’ai un reproche à faire à ce premier tome, c’est l’extrême lenteur de son début. Momo raconte le quotidien d’une gamine de 5 ans hébergée chez sa grand-mère tandis que son père est parti travailler en mer. Avec ce genre de thématique, on se doute bien que l’aventure ne va pas être trépidante mais le moins que l’on puisse écrire, c’est que les auteurs ont plaisir à prendre leur temps. Pour exemple, nous avons droit à une scène avec un poissonnier qui s’étale sur un grand nombre de pages avec un séquençage extrêmement découpé (on ne rate rien des actions et réactions des deux personnages). Là, j’ai vraiment craint de m’ennuyer.

Et puis… et puis, au fil des rencontres, la petite Momo et son caractère de cochon (il faut bien l’avouer) parvient à m’intriguer. Mais surtout, le récit se décentre, donnant de plus en plus d’importance à des personnages d’abord juste entrecroisés. Le poissonnier et le sans-abri, la bande de jeunes enfants, les relations entre Momo et une adolescente un peu rebelle, les jeunes glandeurs du village.

Tous ces personnages sont fondamentalement gentils. Il y a bien des problèmes relationnels entre eux mais ceux-ci résultent le plus souvent d’un manque de communication. Tout ça pour dire que Momo s’adresse avant tout aux jeunes lecteurs. En cela, le dessin très épuré de Rony Hotin (au passage, chapeau pour la couverture de ce premier tome que je trouve superbe de simplicité et d’expressivité) aide à la fluidité de la lecture. Des grandes cases très aérées, un trait rond et simple, des couleurs franches, voilà qui devrait séduire le public ciblé.

La série devrait se développer sous forme de diptyques et ce premier tome se termine sur une note dramatique qui donne envie de lire la suite.

A titre personnel, le personnage de Momo m’énerve un peu, je dois l’avouer (mais son profil est assez réaliste même si la gamine fait montre d’un sacré bagout et de beaucoup d’imagination), et je me suis beaucoup plus attaché aux personnages qui l’entourent qu’à elle-même. Mais pour ces derniers, j’ai bien envie de lire la suite de ces aventures.

Enfin, au terme de l’album les auteurs nous offrent quelques pages d’un journal intime. J’ai trouvé ce passage totalement réussi car intrigant. En effet, les auteurs ne donnent pas la parole à l’un des personnages les plus mis en avant dans ce premier tome mais, au contraire, à un adolescent a priori totalement effacé. Le découvrir sous un autre angle et découvrir sa propre vision de l’histoire et de son quotidien enrichit le récit. C’est une manière intelligente de faire sentir aux lecteurs que tous les personnages sont importants, que tous ressentent des émotions, que chacun voit un événement au travers de son propre regard, qui sera différent de celui de son voisin mais pas faussé pour la cause.

Franchement, autant j’ai eu du mal à rentrer dans le récit, autant j’en suis sorti sur un sentiment positif. Je lirai le deuxième tome avec grand plaisir et vous invite à découvrir ce récit certes peu original mais bien mené et peut-être bien plus riche qu’il ne le laisse paraître.

Nom série  Hypnos  posté le 22/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Avant toutes autres considérations, je trouve agréable de retrouver cette structure d’une histoire complète par tome, structure qui offre le double avantage de ne pas frustrer le lecteur acheteur en cas d’abandon de la série tout en lui permettant de s’arrêter en cours de route si l’évolution de celle-ci ne devait plus le convaincre, et de donner la possibilité aux auteurs de développer leurs personnages au fil des tomes.

Les inconvénients de cette structure, car il y en a, sont souvent des premiers tomes soit trop riches, soit aux développements trop rapides. Il n’est en effet pas évident de faire tenir une histoire complète, de présenter des personnages, de développer une enquête policière et de laisser entrevoir des possibilités futures en un nombre restreint de pages. Et ce premier tome souffre un peu de ces maux… mais un peu seulement.

Le rythme élevé du récit nous permet de découvrir Camille et son passé. En quelques pages, elle va perdre son emploi, sombrer dans le banditisme, s’évader d’un asile, intégrer une … Non, je n’en dirai pas plus mais c’est un fait que les péripéties ne manquent pas et que l’usage d’ellipses est fréquent. Cela ne m’a pas dérangé car, si facilités scénaristiques il y a, l’ensemble tient bien la route pourvu que l’on ne cherche rien d’autre qu’un récit d’aventure divertissant s’appuyant sur un personnage central attachant et intéressant.

Le dessin de Futaki est assez sombre et on ne peut pas dire que le visage de Camille soit d’une grande finesse (j’aurais apprécié un peu plus de charme de ce point de vue). Ceci dit, le trait est dynamique et expressif et les décors sont soignés. Les cadrages très cinématographiques (sans tomber dans le spectaculaire inutile) accentuent encore ce sentiment de se trouver devant un bon petit film d’action.

Enfin, il y a l’époque et le cadre historique, plutôt bien employé dans ce premier tome et qui offre encore pas mal de possibilités pour les suivants. Les années 20, l’émancipation féminine (ou du moins les revendications de celles-ci et le statut des femmes de l’époque), Clémenceau, les mouvements anarchistes : voici quelques thèmes et quelques figures rencontrés dans « L’Apprentie ». Quant aux facultés d’hypnotiseuse de Camille, si elles sont déjà mises à contribution dans ce premier tome, elles méritent d’être exploitées d’une manière moins « banale » dans les prochains tomes. Et c’est là tout l’avantage d’avoir une série car Camille ne demande qu’à grandir (elle n’est qu’une novice en matière d’hypnotisme, il est donc plus que probable que son don va évoluer au fil des tomes).

Même si elle mérite d’encore grandir, je trouve cette série prometteuse et je me réjouis déjà de lire la suite. Pas mal du tout, en somme.

Nom série  Un bruit étrange et beau  posté le 20/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
A titre personnel, je n’ai pas été emballé par ce scénario. Pourtant, ça démarre plutôt bien avec ce personnage de moine qui a fait vœu de silence (en plus de tous les vœux habituels de sa secte, chasteté, pauvreté, vétusté, etc…) et se retrouve balancé dans le monde réel suite à une succession à laquelle il ne peut se dérober. Bon, certes c’est peu crédible (il pouvait renoncer à cette succession ou donner procuration à quelqu’un pour le représenter auprès du notaire) mais cela donne un bon point de départ.

Et puis, l’histoire suit son petit bonhomme de chemin… et je me suis ennuyé ferme. Notre bon moine retrouve des membres de sa famille, assez pittoresques mais pas inoubliables, touche son héritage, croise une jeune et jolie femme qui va lui faire comprendre que le voeu de chasteté, ce n'est pas un bon plan (elle aurait été sympa mais moche que c'eut sans doute été plus facile), renonce à quelques un de ses vœux au passage et rentre bien sagement au bercail. J’ai franchement eu du mal à croire au personnage, à la facilité avec laquelle il s’octroie finalement une parenthèse dans ce qui semblait être le sens profond de sa vie. Qu’il change de vie, je veux bien, qu’il se comporte comme un gamin qui remarque que les surveillants sont trop loin pour le voir… ben, pour un moine, je trouve que ça manque vachement de maturité. Surtout qu'il est censé être convaincu que tous ses faits et gestes sont observés et jugés par son dieu.

Le découpage est aussi minimaliste que le scénario. Pas mauvais en soi mais ces grandes cases fort dépouillées et aux teintes monochromes sont très vite parcourues même si le trait de Zep y est souvent très agréable.

Lu une fois et très certainement oublié d’ici peu. Entre le « pas mal » pour le côté zen et serein du scénario et le « bof » qui reflète mon empathie pour des personnages auxquels je ne me suis absolument pas attaché (je ne peux même pas dire que je les déteste, non. Je les trouve juste sans intérêt).

Nom série  Valérian  posté le 14/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Valérian, à mes yeux, c’est la preuve même que donner du temps à une série est parfois nécessaire si l’on veut obtenir une œuvre résolument novatrice.

Car il ne faut pas se leurrer, les deux premiers tomes sont plus que moyens. Construits sur le principe du voyage dans le temps (sans quitter notre bonne vieille terre), dessinés avec un enthousiasme maladroit (mais communicatif), ces deux albums ne laissent en rien présager ce qui va suivre. Ce n’est qu’au fil des tomes que la série va développer des thèmes qui la différencieront de toutes les séries de science-fiction de l’époque. Il ne faut pas oublier que nous sommes alors à la fin des années ’60. Le héros de science-fiction de l’époque, c’est un grand castard qui maîtrise une technologie futuriste de pointe. Ses rencontres avec d’autres civilisations se résument à des bourres pifs face aux représentants de civilisations perfides barbares et/ou primitives.

Valérian va balayer tout ça, avec un personnage principal à l’opposé du héros traditionnel, un agent spatio-temporel touchant de maladresse, un charmeur parfois suffisant qui ne serait rien sans sa compagne d’aventure, la troublante Laureline. Les civilisations qu’ils vont croiser ne sont pas primaires ni construites sur un modèle unique. La nature même des formes de vie est diversifiée et démontre d’une véritable quête de fantaisie, d’une réelle volonté de sortir des lieux communs.

Grâce à ces aventures, Christin ne va pas seulement renouveler le style en divertissant ses lecteurs. Il va leur permettre de réfléchir à la société dans laquelle ils vivent. Je demeure convaincu à ce jour que Valérian a été une des étincelles qui, chez les jeunes lecteurs de l’époque, a éveillé leur conscience politique. Mais sans faire montre de démagogie ! Simplement, insidieusement serais-je tenté de dire, en montrant différentes formes de société, en parlant sans avoir l’air d’y toucher de féminisme, de racisme, de la société des loisirs, de vie en communauté. Et cela sans jamais oublier le caractère distrayant de la bande dessinée ! Car Valérian, ça reste avant toutes choses, des albums amusants, prenants, vivants !

Le dessin de Mezières va, à l’image de la série, suivre une courbe ascendante. Son découpage audacieux n’est pas toujours logique (le nombre de fois où j’ai lu certaines cases dans le désordre !!!) mais permet de composer des planches très visuelles, très immersives. Le trait, lui, va s’affiner au fil des planches. La grande force de l’artiste restera cependant dans sa facilité à enrichir son univers grâce à des personnages et à des décors originaux, différents, intrigants.

La série est actuellement rééditée sous forme d’intégrale en surfant sur la vague de curiosité suscitée par l’adaptation que veut en faire Luc Besson. Je ne suis pas convaincu qu’un jeune lecteur y trouvera son compte, l’époque n’est plus la même, et je dois bien avouer craindre un peu ce film, mais cette intégrale, soignée et enrichie d’entretiens avec les auteurs (et avec Luc Besson), est une belle occasion d’acquérir la série complète à moindre frais. Et relire ces albums permet de constater combien cette série a influencé les auteurs de sf d’aujourd’hui (« Orbital » et « Le Cycle de Cyann » sont pour moi deux exemples de séries où l’influence de Valérian est manifeste).

Nom série  Blueberry  posté le 12/08/2010 (dernière MAJ le 14/02/2017) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Culte ! Ni plus ni moins. Et ce même si les derniers tomes n’offrent plus la même consistance.

Avec Blueberry, Jean-Michel Charlier signe peut-être ses meilleurs scénarios. La série, qui se divise en multiples cycles plus ou moins courts, offre des histoires mouvementées, riches en rebondissements et au suspense très classique. La série a fixé une série de règles qui pourraient la rendre stéréotypée pour un nouveau lecteur. Ce serait oublier la date à laquelle Blueberry est apparu.

Charlier parvient à trouver un style à mi-chemin entre le western américain et le western italien. Il parvient à conserver un souffle épique, un style empli de panache tout en offrant des personnages loin d’être parfaits, une vision du far-west plus proche de la réalité mais sans détruire le mythe.

Le dessin de Giraud est excellent et étonnamment précis pour l’époque. Les planches sont soignées, riches en détails et pourtant toujours lisibles.

Chaque tome offre sa dose de matière. Lire un Blueberry ne se fait pas en 15 secondes, mais cette lecture me passionne tellement que, et d’une je ne vois pas le temps passer, et de deux je ne peux m’arrêter avant d’avoir fini le cycle entier (quitte à récupérer en lieu et place de spaghetti al dente une masse informe au fond d’une casserole dont la moitié de l’eau s’est évaporée).

Le seul reproche que je fais à la série, c’est qu’elle est responsable de ma confusion entre Joseph Gillain et Jean Giraud. Longtemps, j’ai cru que ces deux auteurs n’étaient qu’une et même personne. En effet, Jijé signe la première couverture, ainsi que plusieurs planches dans les premiers tomes, le reste est souvent signé Gir. Hors, Jijé = JG, soit les initiales de … Jean Giraud. Les styles des deux auteurs étant proches l’un de l’autre, la confusion était totale dans mon esprit et il me faudra des années pour enfin parvenir à différencier ces deux géants de la bande dessinée.

Cela n’enlève cependant rien à la qualité de cet immense classique de la bande dessinée, dont plus d’une série s’inspirera par la suite (Comanche en tête).

Et comme la série bénéficie actuellement d'une nouvelle édition en intégrale, je vous invite chaleureusement à y jeter un oeil très attentif ! Cette intégrale est, en effet, extrêmement bien foutue et apporte un réel plus aux lecteurs. On y retrouve, pèle-mêle, des planches de présentation parues dans le journal Pilote à l'époque, des interviews des auteurs, des anecdotes sur l'élaboration de certains scénarios, des comparaisons de découpages entre les planches parues dans le journal et celles de l'édition en album. L'amateur que je suis se régale !

Nom série  Escobar - El Patron  posté le 14/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Bien que certains faits d’arme antérieurs soient évoqués, cet album se concentre sur les deux dernières années de la vie de Pablo Escobar, celles qui l’ont vu tenter d’échapper à l’extradition et à la mort depuis sa prison dorée, un véritable hôtel de luxe.

D’un point de vue historique, l’album est très instructif mais aucunement didactique. Les auteurs ont réussi à construire un récit vif et tendu sur base de faits réels, s’éloignant ainsi des classiques biographies pour nous offrir un thriller efficace (même si on en connait la fin dès le début, réalité historique oblige).

Le dessin est un peu étrange au premier regard. Il peut sembler maladroit car son auteur déforme souvent les perspectives mais ce style lui donne une identité propre. Très lisible, il ne constitue en aucun cas un frein à la lecture mais risque de rebuter certains du fait de son apparent manque de rigueur.

Le résultat, c’est à mes yeux un bon album de bande dessinée. Si les sujets historiques du XXème siècle vous intéressent ou si les criminels d’envergure vous fascinent, je vous en conseille la lecture. Dans le cas contraire, je pense que l’album, bien que de qualité, ne vous convaincra que moyennement tant nous sommes là dans de la pure évocation historique.

Je ne conseille pas l'achat au lecteur lambda mais l'album mérite un regard attentif de la part des amateurs du genre.

Nom série  Star Fuckers  posté le 14/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Depuis quelques temps, je porte une attention certaine aux nouvelles sorties de l’éditeur Kennes. Non que celles-ci soient toujours des chefs-d’œuvre mais, en peu de temps, cet éditeur a réussi à se constituer un catalogue de qualité avec des albums accessibles à un large public, qu’il soit jeune (« Ninn », « La Vie compliquée de Léa Olivier ») ou moins jeune (« The Long and Winding Road », « Greenwich Village »).

Et voilà qu’ils se lancent dans l’aventure du polar coquin. « Oui, bon, pourquoi pas ? » me dis-je, même si j’ai rarement déniché des récits totalement convaincants à mes yeux dans cette catégorie. Par ailleurs, le nom du duo de scénaristes avait de quoi rassurer (et étonner, aussi). Gihef et Alcante ne sont pas des inconnus et s’ils se lancent dans cette aventure, c’est qu’ils sont sûrs de leur coup.

Et bien j’ai fameusement déchanté. Précédée d’élogieuses références à des séries télé telles que Nip Tuck ou Californication, cette nouvelle série s’est avérée être d’une fadeur ennuyante. Le gros frein, pour le lecteur que je suis, s’est situé au niveau de l’humour. En fait, je n’ai trouvé aucune séquence amusante. Soit trop prévisible, soit bêtement vulgaire, parfois les deux, l’humour déployé dans ce premier tome rate constamment sa cible (si, du moins, j’étais la cible en question). Par ailleurs, l’enquête policière, si elle est construite avec un certain savoir-faire et s’appuie sur de vieux échos people (Hugh Grant et ses petits problèmes d’image égratignée par son attrait pour les prostituées semble être à la base de l’idée de départ), n’est quand même pas des plus passionnantes. Jamais on ne craint pour la vie de notre héroïne, jamais on ne doute du happy end final. « Et les scènes de cul ? » me direz-vous (à juste titre). Et bien il sera plus souvent question de nichons que de croupion et tout cela nous est proposé avec parcimonie et légèreté. Bon ! Pour le coup, je préfère cette approche à du sexe trivial et sans justification… sauf que même en restant soft, c’est souvent gratuit et forcé.

Reste le dessin. Passé cette couverture racoleuse, le contenu est agréable à l’œil. Dylan Teague, un dessinateur anglais doté d’un talent certain, s’emploie à arrondir les angles (principalement au niveau de la poitrine et du fessier de ces dames). Son trait semi-réaliste est expressif mais un peu figé à mon goût. Le résultat est agréable à l’œil mais ne justifie pas à lui seul l’achat de l’album.

Résultat : un album à réserver aux 16 ans et plus mais qui rate son objectif par manque de tension et du fait d’un humour trop prévisible, trop facile. Pas assez décalé, surtout, selon moi.

Nom série  Tu sais ce qu'on raconte...  posté le 08/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Tu sais ce qu’on raconte …

C’est ça, le charme d’Angoulême, cette possibilité offerte de dénicher un album auquel je n’aurai pas même jeté un regard s’il n’avait été mis en avant par un petit éditeur sur son stand. Bon ! Le petit éditeur en question n’en est pas à son coup d’essai et j’ai déjà pu vérifier par ailleurs que Warum avait une ligne éditoriale apte à me séduire.

Donc, voilà, Warum, Casanave (dont j’aime le trait frais, dépouillé et expressif), un titre en forme d’invitation (de quoi titiller ma curiosité), la possibilité de faire dédicacer l’album par les deux auteurs : tout était réuni pour que je me saisisse dudit objet.

Il m’aura fallu 4 cases pour être totalement convaincu. 4 cases, pas une de plus et peut-être bien une de moins après réflexion ! 4 cases et je ne savais plus abandonner ma lecture ! Car la force de cet album réside dans sa construction narrative. Pensez ! Un secret de village dont on ne verra JAMAIS le principal protagoniste, à se demander s’il était bien là ! Un secret partagé par tous, chacun ayant sa propre vision des choses. Une narration qui ne cesse de rebondir d’un endroit à un autre sans jamais perdre son fil conducteur. Le résultat est extrêmement prenant, garde sa cohérence tout en m’offrant un récit raconté d’une manière totalement novatrice à mes yeux. Ce n’est absolument pas prise de tête, au contraire, c’est d’une simplicité enfantine… mais proche du génie ! De lecteur, je deviens voyeur, me délectant des bribes des secrets qui s’échappent de conversations de village. Qui croire, que prendre pour argent comptant, que remettre en doute ? Gilles Rochier réussit le tour de force de créer un récit inattendu en partant d’un fait divers quelconque.

A force, le procédé aurait pu lasser mais ce récit a juste la bonne longueur et les cases épurées de Daniel Casanave (tout comme sa colorisation monochrome) aident au rythme de lecture en aérant le récit, en le centrant sur la narration tout en occupant l’espace.

Une très belle surprise. Un objet de curiosité qui prouve qu’il y a encore moyen de faire preuve d’originalité dans le monde de la bande dessinée tout en restant accessible au plus grand nombre. Je recommande vivement ! Lisez-le, c’est le minimum.

Nom série  The Long and Winding Road  posté le 06/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Sur une idée assez classique, Christopher et Ruben Pellejero construisent un récit drôle et touchant.

Il n'y a pourtant rien de réellement original. Le fils qui, suite à la mort de son père, part en pèlerinage forcé (il doit verser les cendres de son père sur l'île de Wight) me semble être une histoire que j'ai lue par ailleurs. La bande de vieux potes rebelles et rock'n'roll, c'est le genre de seconds rôles qui marche toujours... mais est-ce vraiment novateur ? Le road-movie en vieux minibus vw me semble là aussi classique jusque dans le choix du véhicule.

Oui mais voilà ! Ce récit est parfaitement maîtrisé. Le rythme est là. Le personnage central, en pleine crise de la quarantaine, évolue au fil des pages. Et là, petite originalité, plutôt que de se rapprocher de sa famille, il va au contraire redéfinir ses priorités. Les seconds rôles sont excellents et apportent beaucoup d'humour dans ce récit. Les rencontres sont nombreuses et souvent intéressantes.

Le dessin en a-plats de Ruben Pellejero, j'en suis fan. Ce style dépouillé a une indéniable personnalité, reste toujours lisible et expressif et fait constamment ressortir l'élément principal de chaque case.

La bande son est elle aussi à mon goût, ce qui ne gâche rien. Et le choix des titres (qui ouvrent chaque chapitre) s'avère souvent judicieux et toujours en accord avec le récit.

En définitive, ce récit m'a apporté ce que j'en attendais. C'est un vrai road-movie, peut-être pas le plus original que j'aie lu mais redoutablement efficace. Le genre de récit que j'ai plaisir à lire, à relire, à regarder et à "écouter". Franchement bien, donc !

Nom série  Bob Morane Renaissance  posté le 03/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Le duo Brunschwig - Ducoudray revisite le mythe de Bob Morane et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'ils ne font pas les choses à moitié ! D'intrépide héros, fin stratège, athlète accompli, Bob Morane ne garde que les qualités du coeur et du corps. Profondément naïf, il va en effet être manipulé tout au long de ce diptyque, au point d'apparaître comme le grand perdant de ce premier cycle.

Je peux parfaitement comprendre que cette revisite ait déplu aux fans de la première heure. A titre personnel, c'est tout le contraire. Les scénaristes gardent l'univers teinté d'une anticipation qui flirte avec la science-fiction mais si le héros reste très boy-scout, le happy end n'est plus assuré et les ennemis ne se trouvent plus spécialement là où on le pensait. Et oui, il ne suffit plus de porter un nom chinois pour être le méchant de l'histoire !

En deux tomes, les auteurs ont donc réussi à faire table rase d'une bonne part du passé. Tout peut donc être reconstruit avec un Bob Morane en pleine maturation et un Bill Ballantine dont le rôle ne peut que grandir.

Reste à voir si le changement de scénariste(s) ne va pas marquer un retour en arrière (ce qui semble être le souhait d'Henri Vernes). Ce serait dommage car les nouvelles bases posées ici offrent des possibilités intéressantes, avec un discours moins convenu et des personnages moins parfaits.

Le dessin, lui, ne m'a pas subjugué mais il convient bien à ce type de bande dessinée. Très grand public, il ne déroutera pas les anciens lecteurs sans rebuter les nouveaux.

Jusqu'à présent, le travail accompli me plait bien. Je ne déconseillerai donc certainement pas l'achat de ces deux tomes, ne fusse que pour montrer à Henri Vernes que certains lecteurs sont demandeurs de changement... mais j'ai une petite appréhension pour la suite.

Wait and see...

Nom série  La Tristesse de l'éléphant  posté le 03/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
La Tristesse de l'éléphant est un bel album.

Cette love story d'une gentillesse extrême touchera certainement les jeunes lecteurs. Les anciens, eux, risquent de trouver ici un goût de déjà-lu assez prononcé mais la simplicité et la douceur qui s'en dégagent ne peuvent laisser totalement indifférent.

A titre personnel, ce qui m'aura le plus plu dans cet album, c'est le trait de Nina Jacqmin et le choix aussi audacieux que judicieux qu'elle fait de la couleur. Le trait d'abord, rond et riche, soigné, dont semble se dégager une âme d'enfant, m'a séduit par son caractère atypique. On le croirait sorti d'un livre illustré destiné aux plus jeunes mais il dispose du dynamisme nécessaire à la bande dessinée, souvent grâce à des cadrages bien pensés et à des compositions de planches harmonieuses. L'usage de la couleur, ensuite, avec cette dominance de gris dans lequel viennent s'inviter comme autant d'éclairs de bonheur des couleurs primaires. Rouges et bleus éclatent comme des bulles d'oxygène, les planches s'illuminent alors en parfait harmonie avec cet univers du cirque.

Un bel album, donc. A titre personnel, j'aurais apprécié un peu plus d'originalité au niveau du scénario mais je ne regrette certainement pas mon achat. Je relirai encore souvent cette histoire et ouvrirai encore plus souvent ce livre pour admirer le doux trait de Nina Jacqmin.

Nom série  La Femme aux cartes postales  posté le 03/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Le charme de cet album réside en de multiples petites attentions qui, en définitive, parviennent à lui donner une dimension supérieure à la seule qualité de son pitch de départ, assez classique.

Tout d'abord, il y a le trait de Jean-Paul Eid. Un simple coup d'oeil à la couverture permet d'en cerner les principales qualités : une parfaite lisibilité, une agréable rondeur, un sens certain de la composition et du découpage. Vraiment très agréable à regarder, ce genre de trait est pour moi une véritable invitation à la lecture.

Le cadre et l'époque sont les deux sources suivantes de mon enthousiasme. Sans être un expert, j'aime le jazz et les auteurs ont le mérite de me le présenter dans un autre contexte que celui dans lequel on me le montre d'ordinaire puisque nous sommes à Montréal et non aux USA. La fin des années 50 marque, quant à elle, un tournant dans l'histoire de la musique et nous assisterons à l'émergence de nouveaux courants tandis que le jazz, qui vient seulement d'atteindre son apogée, entame déjà son lent déclin. Nostalgie et dépaysement sont donc au rendez-vous, et j'ai aimé cette ambiance.

Vient ensuite la structure du récit. Un récit qui va se développer sur deux époques et qui recèle d'un vrai mystère pour sa période moderne. cet événement intrigant est un réel moteur pour la lecture.

Viennent s'ajouter au tableau ces cartes postales. Cela n'a l'air de rien mais ce simple petit élément apporte une certaine originalité à la narration. C'est... charmant. Naïf et charmant, et, du coup, je suis charmé.

Et puis, il y a le langage. Les expressions québécoises fusent sans que les dialogues en souffrent. Tout reste constamment compréhensible et délicieusement exotique. C'est à mes yeux un pur régal, à l'image d'un filet de sirop d'érable sur une crêpe maison (avec une boule de glace à la vanille en prime).

Et comme si tout cela ne suffisait pas, les auteurs ont poussé le souci du détail jusqu'à nous donner la possibilité, à nous lecteur, d'entendre deux morceaux de jazz (à l'origine totalement imaginaires) via un lien internet. Ces morceaux, qui se trouvent au coeur même du récit, puisqu'il y est à un moment question de l'enregistrement d'un 45T, prennent vie ! Une manière agréable de donner de la matière à une illusion, un souci du détail qui a le don de finir de me convaincre.

Alors oui, le triangle amoureux n'est pas ce qu'il y a de plus original et certains rebondissements sont difficilement crédibles (mais pas trop farfelus non plus), il n'empêche que, grâce au soin accordé en profondeur à cet album, celui-ci est devenu une des petites perles de ma bibliothèque qu'il me plaira d'exhiber à mes amis.

Vivement conseillé pour les amateurs de jazz, des années 50 et d'albums peaufinés jusque dans les moindres détails.

Nom série  Frnck  posté le 02/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Avec Frnck, les éditions Dupuis renouent avec le genre de série qui a marqué toute une génération de lecteurs.

Le héros, jeune adolescent ultra-dynamique et gaffeur, possède un charisme certain et plaira à un large public. Les jeunes s'y identifieront sans problème tandis que les anciens retrouveront en lui le charme d'un Spirou au meilleur de sa forme.

Le récit est extrêmement bien rythmé. Le scénario est certes classique (le jeune orphelin qui découvre que ses parents ne sont peut-être pas morts et qui, par un concours de circonstances, se retrouve plongé dans un monde étrange, ici la préhistoire, ce n'est pas une réelle nouveauté en matière de point de départ) mais bien fichu et rapidement prenant.

L'humour est omniprésent et fait souvent mouche. Le caractère gaffeur de Franck, le langage à décoder des hommes préhistoriques, les rebondissements originaux, tout est conçu pour faire sourire, voire rire.

Et enfin, il y a le dessin de Brice Cossu, bien dans la lignée des grands de la maison d'édition. C'est clair, net, dynamique et expressif. En regardant la couverture, en feuilletant l'album, on sait qui l'a publié. C'est du Spirou, et du bon !

Cela faisait longtemps que je n'avais pas croisé un nouveau héros aussi charismatique, aussi classique et aussi dynamique chez Dupuis. Son arrivée comble un vide sans sentir le réchauffé. Je suis enthousiaste, content, joyeux comme le gamin que j'étais lorsqu'il recevait un gros recueil des magazines de Spirou pour ses vacances d'été.

Une bouffée d'air frais qu'il est bon de se prendre dans les naseaux. J'en redemande !!!!

Nom série  Les Nouvelles de la jungle (de Calais)  posté le 01/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Mention "Franchement bien" pour cet album car je trouve que c'est une grande preuve de talent de réussir un album aussi instructif et amusant sur un sujet autant matraqué par les médias et aussi déprimant !

Pourtant tout n'est pas parfait et le début du récit, directement adapté d'un blog, souffre un peu de son manque de structure. Des recoupements seront nécessaires pour enfin obtenir une idée d'ensemble et cela ne viendra qu'au fil de la lecture mais, a contrario, l'avantage de cette structure est qu'elle nous permet de pénétrer la jungle de Calais avec le même regard que les auteures.

Au fil des planches, ce sont autant d'instantanés qui nous exposent le quotidien de la jungle. Un quotidien sinistre, déprimant, effrayant parfois, absurde souvent mais qui, grâce au trait caricatural de Lisa Mandel et à l'humour des deux auteures, nous est asséné d'une manière telle qu'il est difficile d'abandonner notre lecture en cours de route.

En définitive, j'ai appris beaucoup de choses que j'ignorais, j'ai souvent souri, parfois ri, j'ai apprécié le fait que les auteures donnent la parole à tous les acteurs présents sur le terrain et si je ne vois pas de solution à terme (on ne fait que déplacer le problème d'un lieu à un autre), j'ai maintenant une vision plus complète du problème.

A lire ! Vraiment ! Ne fusse que pour l'humanité qui se dégage de ces planches.

Nom série  Le Règne  posté le 01/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Mon gros problème avec ce premier tome, c'est son pitch de base : un univers post-apocalyptique a priori intéressant (il prend en compte des dérèglements climatiques engendrés par les activités humaines) mais qui use ensuite de raccourcis à mes yeux faciles. Je m'explique : les hommes semblent avoir disparu de la surface de la terre, laissant ainsi la place à d'autres races animales qui ont à leur tour évolué. Et c'est là que ça coince chez moi car cette évolution est identique pour un grand nombre de ces races et toutes se retrouvent grosso modo avec un corps humanisé (position de type "erectus", membres postérieurs qui s'allongent, mamelles qui remontent sur la poitrine pour ressembler comme deux gouttes d'eau aux seins humains, pouces opposables). Une explication qui se résume à la simple évolution naturelle ne tient pas la route. Et si vous ajoutez à cela que tous ces animaux ont acquis en un temps somme toute réduit (des vues des ruines de la tour Eiffel nous sont offertes, preuve que ces dérèglements climatiques ne datent pas de milliers d'années) un langage commun, vous comprendrez peut-être un peu mieux mon ressenti.

Mais voilà, une fois passé ce gros écueil (qui ne gênera sans doute pas d'autres lecteurs), je ne peux que m'incliner devant le talent de Sylvain Runberg et d'Olivier Boiscommun (talent que je n'ai jamais contesté, ces deux auteurs ayant déjà produit bien des oeuvres dont je suis fan) : Le Règne nous offre un récit rythmé, superbement illustré (la colorisation, en particulier, est splendide), qui évite le piège du manichéisme tout en reposant sur des bases classiques (le trio de héros, qui m'a étrangement fait penser au trio formé par Buck Danny -le leader fin stratège-, Tumbler -le second sérieux et efficace- et Sonny Tuckson -l'élément comique et décalé-, en est un bon exemple).

Ce premier tome est donc agréable à lire et visuellement séduisant. Mon esprit critique, mon côté chichiteux m'empêche cependant d'y voir une oeuvre majeure voire novatrice mais juste un bon divertissement destiné à un public ayant gardé une certaine naïveté.

Nom série  Le Jour où le bus est reparti sans elle  posté le 16/01/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Raaaaaaaaaaaaaahh, ce scénario fait vraiment trop catalogue publicitaire pour bobo en quête existentielle à deux francs six sous. De jolies phrases pompées à gauche ou à droite, de ces phrases que l’on retrouve souvent sur Facebook ou sur une carte Primark, nous incitent à croire en nous et en l’humanité, à prendre le temps de vivre, à profiter de l’ombre jetée sur notre rétine humide par le gai vol de la coccinelle. De petites histoires en forme de paraboles nous incitent à réfléchir sur notre perception du monde… à l’image d’un épisode de « la petite maison dans la prairie ». Le tout est, joliment (et je le dis sans moquerie aucune), relié dans un récit léger et zen.

Sur le principe, j’ai rien contre. Et ça fait clairement du bien d’avoir devant soi un récit positif empli d’espérance en soi et en l’humanité. De plus, le dessin est sympa et contribue à ce sentiment de légèreté par sa simplicité et son expressivité. D’ailleurs, j’ai lu l’album jusqu’à son terme en un temps des plus réduits.

Mais voilà, essayer de faire passer comme message qu’il faut savoir prendre le temps de vivre, qu’il faut croire en soi, que le monde est un cadeau qui s’offre à nous, en s’appuyant sur des personnages qui semblent avoir les couilles cousues d’or fin, c’est très délicat quand le lecteur est naturellement cynique… ce qui est mon cas.

Notre héroïne va croiser quelques personnages bien dans leur peau. Le premier tient une épicerie perdue en pleine campagne. En deux jours, il aura en tout et pour tout deux clients… dont une ne lui achètera rien. On pourrait donc penser qu’il vit chichement. Que nenni mes amis, le gars possède une villa gigantesque avec au moins trois chambres d’amis et une piscine bien carrée, bien chlorée. De suite, je pense que, effectivement, si je vivais dans un lieu reposant en exerçant un boulot reposant, sans avoir de soucis quant à des horaires à respecter tout en profitant d’un confort matériel bien au-dessus de la moyenne européenne, j’aurais de plus grandes facilités à être zen.

Les autres personnages croisés, qui serviront de modèles à notre jeune héroïne, sont du même acabit. Une écrivain à succès, un chef d’entreprise fortuné qui décide de tout lâcher pour aller marcher, les personnages évoqueront même le destin d’un ancien trader devenu berger. On ne m’enlèvera pas de l’idée que, primo, c’est plus facile de trouver la sérénité quand on vit dans un confort matériel que rien ne semble pouvoir mettre en danger, et secundo, que le destin des personnages présentés n'est pas vraiment semblable à celui de la majorité des vivants de ma génération.

Non ! Sérieusement, pour me faire croire en la beauté de la vie, faut pas me présenter des personnages à qui tout réussit.

Nom série  Le Reste du Monde  posté le 16/01/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Chauzy nous livre sa vision du monde post-apocalyptique tel que souvent exploré dans les récits de genre. Et si sa vision n’a rien de révolutionnaire, il n’empêche que son diptyque m’aura fait passer un agréable moment de lecture.

Tout d’abord, il y a l’aspect visuel du récit. Et là, clairement, certaines planches fichent le tournis tant elles ont une gueule infernale ! Notamment la scène du déluge orageux en pleine montagne. La composition et les couleurs choisies m’ont immergé dans cette nature fascinante et effrayante à la fois. Mais si ces scènes grandioses existent, elles ne composent pas la majeure partie de l’album, l’accent étant souvent mis sur les relations entre les personnages. Là aussi, Chauzy livre un beau travail même si moins spectaculaire. Les personnages sont bien typés, expressifs, vivants. Les compositions sont bien pensées, toujours lisibles, bien équilibrées. Le découpage ne casse jamais le rythme du récit. Du point de vue visuel, je pense que nous sommes face à une très grande bande dessinée.

Du point de vue du scénario, je trouve que cet album est un peu en-deçà du niveau que son aspect visuel laissait espérer. Non que ce soit mauvais, loin de là même, mais ce scénario n’offre pas grand-chose d’original à mes yeux. Le destin de cette mère de famille et de ses enfants est prenant mais pas poignant. On s’attache aux personnages sans qu’ils ne nous deviennent proches. Pourtant, les rebondissements ne manquent pas et le travail sur la psychologie de certains personnages est très intéressant. En conséquence, le scénario tient la route, la progression narrative est bien maîtrisée mais il manque ce choc qui fait basculer le lecteur de son statut de lecteur à celui de témoin complice.

En résumé, voici un très beau diptyque, avec un dessin parfois tout simplement grandiose et un scénario certes classique mais qui, dans le genre post-apocalyptique, fait mieux que simplement tenir la route.

Mieux que « pas mal » mais « franchement bien » est peut-être un peu excessif. Bien, tout simplement bien. A lire et à posséder.

Nom série  Red Angels  posté le 13/01/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Sans le trouver excessivement original, j’ai bien aimé ce récit traitant du quotidien de trois prostituées dans la Chine des années 80.

L’auteur nous décrit trois parcours marqués par la drogue, la violence, la perte des illusions, le sida, la mafia. Ce n’est donc pas particulièrement joyeux… mais la manière dont tout cela nous est raconté ne rend pas ce récit déprimant pour autant. C’est une réalité certes cruelle qui nous est décrite mais dans laquelle crépite encore une étincelle d’humanité. Et c’est cette étincelle qui fait toute la différence.

La narration est agréable avec en voix off le propriétaire du bâtiment dans lequel professent nos trois héroïnes. Grace à l’annonce faite a priori, un petit suspense est créé puisque nous savons dès le début que l’histoire va mal se terminer pour l’une des trois, et plutôt bien pour une autre, mais sans savoir de qui il va s’agir. Le découpage est bon et si le dessin peut surprendre de prime abord, je l’ai bien apprécié sur la longueur. Il est singulier mais possède un charme esthétique difficile à définir. Je pense même que beaucoup ne l’aimeront pas.

La dimension érotique du récit est totalement mise de côté. Si vous pensiez vous rincer l’œil, c’est loupé : cet album est, de ce point de vue, extrêmement pudique.

Finalement, le fait que ce récit se déroule en Chine n’a que peu d’intérêt puisque le quotidien d’une prostituée chinoise ressemble furieusement au quotidien d’une prostituée occidentale (du moins, à ce que j’en imagine du peu que ce que j’en sais). Il n’empêche que, par son humanité, sa structure et son rythme, cet album m’a bien plu. Pas mal du tout, en somme.

Nom série  Rebels  posté le 13/01/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Rebels est à mes yeux une œuvre avant tout politique et je pense que le lecteur qui ne voudrait y voir que le récit d’aventures de jeunes fermiers dans l’Amérique naissante passerait totalement à côté de la volonté de l’auteur, et risquerait même de trouver l’ensemble plat et peu intéressant.

A titre personnel, et sous cet éclairage (à ce propos, la préface de l’auteur est des plus judicieuses), j’ai bien aimé cet album. Un album qui dénonce finalement les USA d’aujourd’hui (ou du moins certains aspects de sa politique extérieure) tout en glorifiant les héros anonymes qui lui ont permis de naître autrefois. Un album patriotique mais pas complaisant, voilà qui est rare, ambigu et par conséquent intéressant.

L’album n’est pas parfait à mes yeux pour autant. J’aurais aimé avoir une meilleure vue d’ensemble sur l’aspect historique, par exemple. Par ailleurs, les derniers récits sont plus décousus puisque nous quittons le personnage central qui nous occupe sur la majeure partie de l’album pour nous intéresser à quelques autres personnages. C’est regrettable car, a contrario, les récits qui se concentrent sur le rôle des femmes durant ce conflit, et leur reconnaissance, m’ont beaucoup plu sur leur fond. Mais ces chapitres sont trop peu développés et donnent à la fin de l’album un côté « fourre-tout » que je n’apprécie pas. Si Brian Wood avait réussi à intégrer tous ces personnages dans une seule fresque historique, je pense que Rebels aurait pu devenir un très grand album.

Au niveau du dessin, rien à dire. Le découpage est bon, le style est lisible et efficace. C’est du bel ouvrage pourvu que le lecteur ne cherche pas les petits détails, le fignolage en profondeur mais préfère se concentrer sur la dynamique du récit.

Pas mal, donc. Certainement intéressant à lire si l’on prend conscience de sa dimension politique mais peut-être décevant par son côté inabouti. J’aurais aimé que Brian Woods fasse montre de plus d’ambition et ne se contente pas de ces quelques courts récits pour nous offrir une fresque globale d’une autre ampleur. Je ne déconseille cependant pas l’achat car l’album a suffisamment de qualité pour séduire un large public.

Nom série  Puzzle (Thilliez)  posté le 13/01/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je n’ai pas lu le roman et ne sais donc pas si le début de celui-ci est identique à celui de la bande dessinée. Quoiqu’il en soit, ce début –tel que présenté dans la bande dessinée- a constitué un très gros problème pour moi parce qu’il me donne directement toutes les clés pour comprendre et, plus grave encore, prévoir la suite du récit.

C’est peut-être moi qui ai l’esprit tordu mais, alors que j’ai lu l’album d’une traite (preuve que ce récit est plutôt prenant) chaque révélation me semblait tellement évidente que j’en suis finalement sorti avec un sentiment de manque, d’inabouti, de morosité. Le gros clash final (qui m’a fortement rappelé « Shutter Island ») est tellement balisé dès les premières pages que je suis finalement déçu.

Mais déçu par l’intrigue, pas par le cheminement emprunté par le personnage central de ce récit, qui fondamentalement réalise une auto-psychanalyse étonnante. Il est amusant de retrouver en cours de récit tous les indices jetés sur les quelques premières planches. A ce titre, puzzle porte bien le sien (de titre) puisque nous démarrons avec la plupart des pièces de celui-ci mais qu’il nous faut encore les assembler. Je regrette vraiment d’avoir trop rapidement eu une vision d’ensemble qui corresponde de très près aux conclusions de l’album.

Côté dessin, ce style est efficace parce que facilement lisible et direct. Il ne s’encombre pas de détails, accentue les expressions des personnages et caractérise bien chacun d’entre eux (ce qui est toujours important dans un récit aux personnages multiples). C’est typiquement le style de dessin qui se met au service d’un scénario et l’amateur de planches léchées et fignolées ne trouvera sans doute pas son compte ici.

Donc voilà, pas mal mais je pense que le roman peut apporter plus… s’il n’en dit pas autant dès le début.

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