Accueil de BD-theque : bande dessinée, comics, manga, forum BD, actualité BD...   Coproduisez le docu Transperceneige
Accueil de BD-theque : bande dessinée, comics, manga, forum BD, actualité BD...
Accueil de BD-theque : bande dessinée, comics, manga, forum BD, actualité BD... Actualité BD, manga, comics, dates de sortie, rumeurs... Les immanquables BD, manga et comics Les thèmes BD Les interviews BD, comics et manga Les forums BD, comics, manga, loisir hors BD...   Ajouter une série !
0 A B C D E F G H I J K L M
N O P Q R S T U V W X Y Z
Cliquez pour rechercher une série
Recherche avancée
A propos du site :
Message de bienvenue
L'aide en ligne
Les stats du site
Le blog
Le groupe Facebook
 
A voir aussi :
Les liens BD
Le dictionnaire BD
BD-Theque de poche
La boutique en ligne
L'annuaire comics
Les trophées BD




... a posté 52 avis et 1 série (Note moyenne: 3.19)

Voir mes avis Voir mes avis
Voir graphs Voir mes graphs
Voir mes coups de coeur Voir mes coups de coeur
Comparez vos goûts! Comparez vos goûts !
Mes nouveautés Mes nouveautés
Mes trophées Mes trophées

Afficher ces séries dans la liste du menu Afficher ces séries dans la liste du menu
Tri : Afficher :

Nom série  La Bête  posté le 14/05/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Sans doute l’album où le dessin de Chabouté m’a le plus fait penser à Comès. Il faut dire que l’histoire s’y prête ! Rien que sa façon de dessiner les loups, quel bonheur !

Un seul petit reproche : la fin est un peu rapide et, peut-être pour cette raison, elle perd en crédibilité. Le fait que l’argument soit intrinsèquement crédible ou pas n’est pas la question : l’important, c’est si l’auteur parvient à nous y faire croire ; et là, je trouve que c'est un poil (de bête) insuffisant.

Une petite remarque au passage : par certains côté, l'argument m’a rappelé Silence mais surtout Eva de Comès… mais ce n’est pas un reproche, loin de là !

Malgré ce petit bémol, le trait est tellement extraordinaire, l’ambiance réussie, le rythme de la narration bien maîtrisé, que je n’hésite pas une seconde à vous conseiller cette BD.

Nom série  Pleine lune  posté le 14/05/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Excellent... À mon avis un des meilleurs albums de Chabouté. Le dessin en noir et blanc, comme toujours, est superbe. L'histoire est bien pensée, l'anti-héros est détestable à souhait... Que demander de plus ?

Alors oui, c'est peut-être un plaisir un peu sadique... Mais c'est un personnage de papier, alors il n'y a pas de mal à avoir à se faire de bien, n'est-ce pas ?

Nom série  Un îlot de bonheur  posté le 14/05/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Tout comme Quelques Jours d'été, il s’agit d’une histoire finalement assez simple mais si bien racontée ! J’adore le rythme de narration lent, les moments sans paroles, la justesse du propos. Par exemple, la fin du chapitre 5 est cruelle mais tellement réaliste… Le dessin en noir et blanc est très expressif. Bref une très bonne BD, n’hésitez pas !

Tout comme Ro, je comprends l’avis très négatif de Cassidy et je ne peux même pas dire que je suis totalement en désaccord avec les critiques de celui-ci. Chabouté a simplement ce talent, marque des plus grands : d’une histoire vue mille fois, la raconter d’une façon tellement élégante que certains, comme moi, oublieront ses airs de déjà-vu.

Nom série  Quelques Jours d'été  posté le 14/05/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Il est souvent plus difficile de parler d’une œuvre qu’on a aimée que de celles qu’on a détestées. Surtout quand, comme « Quelques jours d’été », elle se passe de commentaires et distille une ambiance feutrée au moins autant par ses silences que par ses paroles.

Le trait, beaucoup l’ont remarqué, est du noir et blanc digne de Comès. C’est sobre, élégant tout en ayant du caractère. Bravo ! Certes je l’avoue, il y a eu encore mieux depuis… notamment un certain Chabouté qui a encore peaufiné son art graphique ensuite, dans La Bête et d’autres albums.

L’histoire est simple, touchante et laisse pensif. Saluons l’auteur qui n’a pas jugé utile de rallonger la sauce inutilement : le récit est venu en 30 planches, il reste en 30 planches, point final. On en est presque frustré mais c’est toujours mieux que le contraire ! Et à ceux qui auraient hésité à bourse délier pour un récit court, la réédition dans le même album qu’Un îlot de bonheur pourra enlever toute hésitation !

Nom série  Julia & Roem  posté le 08/05/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
On dit qu'un auteur écrit toujours la même œuvre et que, sous le couvert d'habillages multiples, c'est toujours le même projet artistique qu'il tente de mener à la perfection, perpétuel insatisfait, afin d'extérioriser la vision et les passions qui lui sont propres.

Ceci est sans doute particulièrement vrai dans le cas de Bilal. Dès la couverture, comment ne pas remarquer l'air de famille avec celle du Sommeil du Monstre ? À l'intérieur, l'univers post-apocalyptique a un furieux air de famille avec Animal'z. L'importance du milan rappelle immanquablement la Foire aux Immortels. Et Bilal qui se cite lui-même au début de la deuxième partie, c'est le comble !

Premier agacement du pinailleur que je suis : planches 4 et 5 par exemple, la taille du texte varie entre les bulles parce que celles-ci sont mal dimensionnées. Stupéfiant de la part d'un maître de la BD.

Ensuite le scénario. Certes, on est pris par l'atmosphère, très bien rendue, de ce no man's land et no man's time. Mais quant au pitch littéraire (chut-euh, je ne dévoile rien), j'avoue qu'il ne m'a pas emballé.

Le dessin enfin. Certes, le dessin de Bilal est génial ; ça, c'est un fait acquis depuis un moment. Mais serait-il moins génial s'il utilisait d'autres teintes que des nuances de gris sur 99% de la surface de chaque case ? Le défi graphique est audacieux et il y a sans nul doute peu de dessinateurs qui auraient été capables de le relever avec autant de brio. Mais la performance, ici, va parfois à l'encontre du plaisir de lecture. Ayez une bonne source de lumière pour lire cette BD !

Une bonne BD tout de même mais dont la lecture n'est pas indispensable. L'achat est recommandé uniquement si comme moi vous êtes fan de Bilal (eh oui). Dans le cas contraire, foncez acheter la trilogie Nikopol ou Le Sommeil du Monstre et on en discutera après.

Nom série  Alamo  posté le 08/05/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
(Après lecture du tome 1)

Je me suis laissé tenter par la couverture plutôt jolie et les dessins à l'intérieur qui, au premier coup d'œil, rendent assez bien. Mais au cours de la lecture, je n'ai pas accroché tant que ça au dessin, tout en ayant du mal à déterminer pourquoi. Pas mal, mais manque de personnalité ? Pas vraiment : des images comme la dernière case de la planche 1 ou la première case de la planche 4 sont de très bonne facture et non dénuées de classe. Seconds plans un peu légers ? Sur quelques cases, oui, comme planche 27 dernière case ou les nuages franchement moches des planches 26-27 ; mais il y a sans doute certaines BDs que j'aime bien et qui ne fignolent pas davantage les seconds plans, même en dessin réaliste.

Je me souviens tout à coup qu'il y a deux dessinateurs. Ceci expliquerait-il cela ? Peut-être. En tout cas, la dernière image pleine page, qui devrait être particulièrement soignée pour laisser une bonne impression, est un peu faible pour du dessin réaliste. J'en sors avec une impression mitigée, celle que les dessinateurs ne sont pas dépourvus de talent mais devraient sur le métier remettre leur ouvrage.

Niveau scénario, je ne vends pas la mèche en disant qu'un politicard pousse gentiment ses rivaux potentiels à aller se faire tuer à la guerre. Alors oui, bon, pourquoi pas, ça ne coûte pas bien cher mais ça ne pèse pas non plus très lourd. Enfin, ça pourrait le faire avec une narration enlevée.

Mais voilà, il y a pas mal de "voix off", ce qui ne favorise pas l'immersion, surtout dans ce genre qui demanderait un peu de peps. Le découpage est également discutable voire un peu ennuyeux. La mise en page est parfois gratuite : pourquoi est-ce qu'à certaines planches, les bandes de case ont toutes la même largeur alors qu'à d'autres, non ? Et combien de fois devra-t-on dire que quand on fait une case en L, il faudrait que ce soit esthétiquement lié au contenu de la case et pas seulement à la volonté de créer de la variété - avec une disposition qui n'est d'ailleurs plus originale depuis au moins Ric Hochet ?

Enfin, un gros carton rouge. Planche 26, comme Ro et Pasukare l'ont remarqué : "Au premier regard, nous furent"... d'accord pour prendre des cours de français ? Comme j'étais d'humeur primesautière, j'avoue que ça m'a fait marrer cinq bonnes minutes. Je refermais la BD, je la rouvrais, ça me faisait toujours autant rire. (Les docteurs disent qu'il ne faut pas me contrarier.) Ceci dit, c'est un manque de professionnalisme de la part de l'éditeur qui discrédite complètement l'ouvrage et le ramène au rang de BD de supermarché.

Au final, le dessin n'est pas scandaleux mais 'presque' bien, le scénario n'est pas inepte mais 'presque' captivant et j'ai 'presque' aimé cette BD.

Nom série  Rani  posté le 21/04/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Honnêtement, de qui se moque-t-on ?

Pour commencer, je ne sais pas si les scénaristes l'ont remarqué, mais ils ont 25 ans de retard sur Les 7 vies de l'épervier ; sauf que dans cette série-ci, il y avait tout de même un effort de crédibilité. Je vous raconte un peu, vous allez voir...

On nous fait le coup du scénario 12 bis, la fille bâtarde gentille qui est victime d'une machination ourdie par son diabolique demi-frère lâche, vil, dépensier et éjaculateur précoce (je n'invente rien, cf. tome 2 !). Bon, admettons. En 1743, ladite jeune fille porte pantalons, monte à califourchon sans se soucier de son hymen, manie une épée... allez, pourquoi pas ? Bon public, nous nous disons que c'est un être d'exception et que c'est précisément pour cette raison qu'on prend la peine de nous narrer son histoire. Mais au tome 2, voici qu'arrive, dans le même rayon de 10 mètres, une deuxième femme sévèrement burnée, portant pantalon également, se battant comme un homme et prenant, en l'absence de son compagnon, le commandement de sa bande de brigands, sans que cela surprenne personne le moins du monde ! Et là, quand même, on commence à avoir du mal...

Autre truc agaçant : dès la planche 6, une page entière est consacrée à une scène d'amours lesbiennes totalement inutile pour l'intrigue, histoire de titiller les 99% de mâles hétérosexuels que ce genre de scène fait rêver, voire plus si affinité (dans un couvent en plus, histoire de pimenter le tr... pardon, le tout). Quoique concerné, avec un conformisme qu'on ne pourra que déplorer, par le fantasme susdit, je me permettrais de faire remarquer que sur cette thématique, il existe une littérature spécialisée bien plus développée que cette simple planche et qui a généralement l'honnêteté de ne pas prétendre avoir un scénario.

De manière générale, c'est très creux, la quantité d'information par page est comparable à celle d'un texte écrit en police 124 sur du A5 et on ressort d'un tome avec l'impression que, malgré les galipettes guerrières ou amoureuses, il ne s'est pas passé grand-chose.

Dommage pour Vallès, dont les dessins restent agréables. J'ai juste été un peu gêné par le ciel sur plusieurs cases : quoique beau (merci Monsieur l'ordinateur), il ne s'accorde par bien avec le reste du dessin.

Quand on sait que les auteurs sont capables de pondre une série de la qualité de Les Maîtres de l'Orge, quelle conclusion en tirer ? Rien de très positif.

Nom série  Polina  posté le 17/04/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je n'ai rien contre le noir et blanc, bien au contraire, mais le noir et gris, c'est un peu hardos pour mes petits nyeux... Surtout qu'ici il n'y a pas de nuances de gris mais seulement trois teintes : noir, blanc et gris, et toujours le même gris. En plus, celui-ci occupe en général 80% des cases. Je veux bien que ça se déroule dans l'ex-bloc de l'Est, mais tout de même... À la limite, ça aurait pu avoir cette symbolique pas très fine, mais même quand Polina change de pays, on s'en tient à cette même charte graphique ; donc même pas.

Le dessin n'est pas mal et les personnages sont plutôt expressifs, mais dans le genre sans couleur et épuré, je trouve que ça ne rivalise pas avec un maître comme Comès. Et puis, j'avoue que je suis de plus en plus agacé par les styles de dessin faussement ou vraiment désinvoltes, avec un trait plus ou moins incertain. Là, même le bord des cases y passe : or, qu'ils soient faits à main levée, je n'ai rien contre ; mais qu'un dessinateur ne fasse pas des traits plus réguliers à main levée, je m'inquiète pour ses facultés psychomotrices...

Pour finir avec les coups de gueule, quatre affreuses fautes d'orthographe m'ont sauté aux yeux (p. 164 case 1, p. 168 case 6, p. 185 case 4) et, en les recherchant pour rédiger le présent commentaire, j'en ai encore trouvé une autre (p. 183 case 6). Désolé d'être un peu vieux jeu mais ce n'est pas digne d'un travail d'édition professionnel et ça casse immédiatement l'immersion du lecteur dans le récit.

Heureusement (on y arrive !), j'ai bien aimé l'histoire. Cette BD fait partie de ces romans graphiques "modernes" où il semble ne pas y avoir vraiment de message, pas non plus de structure classique, par exemple avec un élément perturbant un ordre initial qui justifierait le développement et une résolution finale. Bien au contraire, le temps suit son cours, sans but ou avec plusieurs buts, ou des buts croisés, ou contradictoires ; avec des petits hasards aussi, et des choses qui n'ont pas un sens très évident... comme dans la vraie vie !

P.S. : Après avoir écrit ce commentaire, j'ai lu les autres et, une fois de plus, je m'aperçois que je suis d'accord à 99% avec Mac Arthur. :-)

Nom série  Canardo  posté le 01/04/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Existe-t-il beaucoup de séries plus inégales que Canardo ? Les meilleurs Canardo, c'est noir, drôle, romantique, grinçant, poétique, fangeux, brutal, mis en abîme, cynique, amoral, tendre, philosophique, social, politique, etc. etc. Les Canardo que j'aime moins, ce sont des polars qui ne se lisent pas trop mal mais qui sont frustrants quand on est un grand fan des meilleurs moments de la série !

Le tome 0, "Premières enquêtes", est un peu à part. Le dessin en noir et blanc, très nerveux et caricatural, est à mettre dans le même coffre aux trésors que les Idées Noires de Franquin. Les histoires courtes sont variées, absurdes, grotesques, rêveuses ou noires.

Ensuite, on a les Canardo "première génération", au moins jusqu'au tome 5, "L'Amerzone". Malgré l'intervalle temporel de 4 ans, on pourrait éventuellement y rattacher le tome 6, "La cadillac blanche". Il s'agit rarement de polars classiques. Canardo est généralement embarqué, tant bien que mal, dans une aventure qui le dépasse plus ou moins, sans toutefois qu'il soit présenté comme un anti-héros incapable : anti-héros oui, incapable pas vraiment ! Mais le pouvoir de la tragédie est souvent trop fort pour qu'un simple canard, même héros de bandes dessinées, puisse l'empêcher... Quand il y a une énigme policière, sa résolution passe presque au second plan, l'intérêt principale résidant dans les personnages, l'ambiance, les dialogues, bref tout l'univers mis en place par Sokal. Si message il y a, c'est souvent volontairement brouillé, le modèle absolu du genre étant "L'Amerzone", où le délire écologico-mystique du professeur Valembois est tout aussi convaincant que le monologue de Canardo qui s'y oppose, tout comme le sont également les songes de Carmen à la fin de l'album. Loin de discréditer l'univers, les saillies d'humour noires en renforcent au contraire l'accroche, la noire absurdité, bref une forme de réalisme outrancier.

Le virage amorcé avec "La cadillac blanche" (ah ah ah) se poursuit avec le tome 7, "L'île noyée", et continue sa lancée jusqu'au tome 9, "Le caniveau sans lune", après lequel il y a de nouveau un trou de 4 ans. Les scénarios sont plus conformes au schéma type du polar : un meurtre, une disparition ou autre événement répréhensible, puis une enquête et sa résolution. La plus-value de cette "deuxième génération" reste l'univers de Sokal : un traitement très personnel de l'absurdité de la guerre dans "La cadillac blanche", de la fin d'un microcosme dans "L'île noyée", des dérives de l'industrie pharmaceutique dans "Le canal de l'angoisse", des rapports entre classes sociales dans "Le caniveau sans lune".

Le tome 10, "La fille qui rêvait d'horizon", amorce la "troisième génération". La série s'ancre plus explicitement dans notre monde actuel, par exemple avec les références à peine voilées à "Alerte à Malibu" et sa Pamela Anderson. Dans le tome 11, "Un misérable petit tas de secrets", et pour la première fois dans la série *, le nom d'un pays réel est cité, l'Allemagne, et il est manifeste que l'histoire se passe en France ; de plus, et pour la première fois également, la série est explicitement située dans le temps, dans les années 1990-2000. Par la suite, les références à notre monde se multiplient.

Je regrette l'évolution de cette série. Au départ, les statuts existentiels de Canardo, des autres animaux et de l'homme n'étaient pas très clairs, et tant mieux ! Le monde des bêtes mélangeait des caractéristiques animales (les références au poulailler, aux chats d'agrément du tsar, etc.) et beaucoup d'aspects bien humains. L'homme, plus ou moins présent, était à mi-chemin entre une allégorie divine ("La Mort Douce") et un simple bougre ("Noces de brume"). Et c'était très bien d'avoir toutes ces ambiguïtés ! Au contraire, dans les tomes récents, il n'y a plus d'humains du tout et les personnages sont juste des humains avec des têtes d'animaux. Quel dommage !

Au passage, en se rapprochant de la réalité, la satire sociale est peut-être devenue plus pertinente, je ne sais pas ; mais en tout cas, je trouve qu'éclate moins la capacité de l'auteur à transfigurer le monde réel pour en créer un nouveau, plus distant, plus caricatural peut-être, et cependant - ou précisément pour ces raisons - plus apte à servir d'illustrations à ses rêves, ses blessures, ses espoirs et ses dégoûts...

Au final, une fois n'est pas coutume, voici ma note pour chacun des albums.

"Première génération" : 1979-1986

0 : ****
1 : ***
2 : *****
3 : ****** (oups pardon)
4 : *****
5 : ****** (zut, flûte et saperlotte, décidément mon clavier est enrayé)

"Deuxième génération" : 1990-1995

6 : ****
7 : ****
8 : ****
9 : ****

"Troisième génération" : 1999-présent

10 : **
11 : **
12 : ***
13 : ***
14 : ***
15 : **
16 : **
17 : ***
18 : ***
19 : ***

Au vu de ces notes, vous vous demanderez peut-être pourquoi j'attribue 5 étoiles à la série. Eh bien, tout simplement parce que "La Mort Douce" est dans le peloton de têtes des œuvres qui m'ont le plus marqué, parce que je continue à chialer comme une fontaine en lisant "L'Amerzone", parce que Raspoutine est un des gros vilains les plus réussis du monde de la BD, parce que, parce que, parce que... Donc cela ne s'applique pas à la moyenne mais aux meilleurs moments. De même, mon conseil d'achat est à nuancer : il me semble que les tomes 0 à 5 devraient figurer dans toute bd-thèque digne de ce nom ; les tomes 6 à 9 sont recommandés ; et les tomes 10 à 19, uniquement si comme moi vous avez un attachement particulier pour le plus cynique des canards.

* P.S. : C'est inexact. En réalité, la Russie est citée dans "La Marque de Raspoutine" et "Noces de Brume". Mais je me rattraperais aux branches en disant que dans ces tomes-ci, il s'agit d'une Sibérie imaginaire et même érigée en mythe, alors que dans "Un misérable petit tas de secrets", il s'agit d'une France et d'une Allemagne bien réelles.

Nom série  Les Fleury Nadal  posté le 01/04/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
(Après lecture des 4 premiers tomes : Ninon, Benjamin 1 et 2, Anahide)

Comme pour toute suite de série à succès, j'avais très peur en ouvrant la première page des Fleury-Nadal... Dans la BD historique, d'autres auteurs s'étaient essayés à développer des destins croisés autour d'une série initiale : ainsi Les 7 vies de l'épervier, dont la plupart des suites étaient aux deux frontières de la crédibilité historique et de la truanderie éditoriale, mais pas du même côté. Cependant, j'avais trouvé Le Légataire sympathique ; allait-il en être de même ? Eh bien non, mais en mieux !

Dans Ninon, on illustre un fait bien connu mais souvent absent dans les cours d'Histoire : dans toute époque troublée (Révolution, Terreur, Libération, j'en passe et des meilleures), il en est toujours qui profitent de la confusion pour régler des petits comptes personnels... Le trait de Rollin manque un peu d'élégance mais il suffit pour servir l'intrigue.

Benjamin est un très beau voyage dans l'espace et le temps, le mythe et la folie. Je suis partagé sur les dessins de Hulet : d'un côté, ses cases possèdent souvent un grand pouvoir d'immersion, à commencer par la toute première de l'album et en passant par des décors somptueux comme la planche 19 de Benjamin 1. D'un autre côté, je trouve certains visages moches (planche 2 case 3...). Et comme chez trop d'auteurs hélas, j'ai quelquefois des réserves sur le découpage. Par exemple planche 25, les cases 4 et 5 sont proportionnées raisonnablement, pas de problème ; en revanche, pour la grande case 6, le seul motif pour la faire en L (inversé) est... de faire tenir dans la page les cases 4 et 5. Mais ça n'a aucun sens par rapport au contenu de la case 6 elle-même et ça la rend même un peu disgracieuse ! Même type de remarque, par exemple, pour la dernière case de la planche 27.

Je ne trouve pas la couverture d'Anahide très jolie mais les dessins de Courtois à l'intérieur sont assez réussis, dans un genre semi-réaliste un peu plus stylisé que Hulet, avec des couleurs en demi-teintes de brun qui créent une ambiance intéressante. Je ne veux rien révéler sur le scénario mais... je trouve que l'idée est excellente, pertinente et bien menée.

Comme dans Le Décalogue, je salue le courage de Giroud et son respect de nous autres lecteurs : là où il aurait pu recycler des vagues déchets scénaristiques de-ci et de-là pour bricoler une vague série tout juste bonne à faire sonner le tiroir-caisse, il est aller chercher des intrigues totalement nouvelles, là encore bien documentées et bien menées, tout en s'intégrant très bien dans la trame de la série originale. Je ne me suis pas amusé à faire toutes les vérifications croisées sur la cohérence de la chronologie, mais rien d'absurde ne m'a sauté aux yeux et au contraire, tout semble très bien tenir debout !

D'autres lecteurs reprocheraient lui sans doute que cette série apporte peu à l'intrigue principale du Décalogue et à ses histoires de Nahik et d'omoplate de chameau. En ce qui me concerne, au contraire, je lui sais gré d'avoir plutôt développé des thèmes qui ne sont que transversaux dans la série mère en axant chaque tome sur les antécédents de tel personnage principal ou l'itinéraire de tel personnage secondaire. Ainsi, loin de délayer, de décevoir et de lasser, les Fleury-Nadal, au contraire, renforcent la profondeur et la crédibilité de la fresque tissée par l'auteur. Merci !

Nom série  Le Légataire  posté le 29/03/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
(Après lecture des 5 tomes)

Comme pour toute suite de série à succès, j'avais très peur en ouvrant la première page du Légataire... Eh bien, il me semble que j'avais plutôt tort.

Ayant vu le nom de Béhé sur la couverture, je m'attendais à la griffe que j'avais appréciée dans Double JE, Péché mortel et bien sûr le premier tome du Décalogue. Aux premières pages, j'ai été un peu déçu car on est à mi-chemin entre le style flamboyant de Béhé et quelque chose de plus "classique". Et puis, au fil des tomes, il semblerait que Meyer s'émancipe un peu de Béhé et, finalement, cela vaut peut-être mieux ainsi : c'est plus personnel et ça évite de faire du "sous-Béhé".

Le scénario est moins dense que dans Le Décalogue, il y a un peu plus d'action, mais il mêle astucieusement le passé et le présent pour ressusciter quelques personnages clés de la série principale et on se laisse prendre au jeu. Mon principal regret, c'est le postulat de base de cette série (avec les scarabées, tout ça, je ne détaille pas pour ne rien dévoiler) : il revient sur les pas de la pirouette finale du Décalogue que j'avais particulièrement appréciée. Ainsi, je finis par me demander si celle-ci était un vrai choix astucieux de scénario ou simplement un moyen de laisser une porte ouverte à une suite. Dommage...

Globalement, voici tout de même une série qui se laisse bien lire. Giroud aurait pu céder à la tentation de ronronner tranquillement en reprenant les idées de la série principale mais visiblement, il a préféré écrire une vraie histoire et conserver l'adhésion de ses ouailles que nous sommes. Merci à lui !

Nom série  Le Décalogue  posté le 26/03/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
(Après lecture des 11 tomes)

Le fait que ce soit une série-qui-n'en-est-pas-une-mais-si-un-peu-quand-même ne m'a pas dérangé et même au contraire : la semi-indépendance des tomes impose de trouver des idées nouvelles pour chacun d'entre eux, tout en respectant une certaine cohérence. Cette terre peu explorée, à mi chemin entre la série pure et dure et la succession de one-shots, m'a bien plu et m'a semblé un beau défi d'écriture que Frank Giroud a relevé avec une grande maîtrise.

Certes, comme d'autres posteurs l'ont relevé, les scénarios de certains tomes sont un peu en-dessous des autres, mais c'est le prix à payer pour avoir eu le courage de choisir ce format de pseudo-série, où il faut produire de nouvelles idées et relancer l'attention du lecteur à chaque tome. Donc je n'en tiens pas rigueur et je salue le fait d'avoir évité les sentiers battus de la série-qui-roule-toute-seule !

J'ai également apprécié que l'argument de chaque tome ne soit pas trop prisonnier du commandement qu'il porte en exergue. En particulier, l'auteur a bien heureusement évité que chaque tome soit une "fable" ou un "conte moralisateur" (ou "anti-moralisateur") sur le thème du commandement. Il illustre plus qu'il ne prêche, même si dans l'ensemble, la série est largement porteuse d'un idéal de paix entre les tenants de croyances différentes, ce que je ne saurais guère lui reprocher !

Les scénarios me semble très sérieusement documentés, aussi bien sur les périodes historiques couvertes que sur la foi et la culture musulmanes. Divers détails sont judicieusement introduits pour recréer une ambiance crédible, attachante : le spectacle de danse au début du tome 2, les allusions à l'actualité artistique de l'époque dans le tome 5, etc. Tout cela avec suffisamment de naturel pour que ça ne paraisse pas pédant.

L'équilibre entre Histoire et fiction est très bien dosé ! Enfin, la pirouette finale du dernier tome (planche 41) est un véritable pied-de-nez au lecteur dont j'ai adoré l'audace !

La succession de dessinateurs ne m'a pas trop dérangé. Certes au début de certains tomes, il m'a fallu un peu de temps pour m'habituer, mais ce n'est pas illogique pour cette série-qui-n'en-est-pas-une. Bien sûr, j'accroche davantage avec certains dessinateurs et particulièrement ceux des deux premiers tomes, Béhé et De Vita. Ceci dit... juste après le Décalogue, j'ai relu et fini Murena, et j'y ai repensé... Le fait de changer de dessinateur rend difficile, à l'instar de cette dernière, de trouver "l'instant magique" où la collaboration entre scénariste et dessinateur paraît quasiment fusionnelle : donc je dirais que c'est un procédé plus "facile", plus "rapide", mais pas plus puissant...

Au final, même si j'ai évoqué quelques petits bémols sur cette série, j'ai pris un très grand plaisir à la lire, y compris le onzième tome qui est très sérieusement réalisé. De plus, son originalité et son succès éditorial ont marqué le paysage de la BD et il me semble clair qu'elle restera comme une des séries incontournables des années 2000.

P.S. :je recommande également la lecture du "Légataire" et des "Fleury-Nadal", qui continuent d'étoffer l'univers du "Décalogue". Contrairement à d'autres cas similaires (les suites des "7 vies de l'Épervier", grr !), ces séries dérivées sont effectivement valables !

Nom série  Murena  posté le 24/03/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
(Après lecture du tome 1 à sa sortie, relecture du tome 1 et lecture du tome 2 à la sortie de celui-ci, relecture des tomes 1 et 2 et lecture du tome 3, etc., bref, lecture des 8 premiers tomes)

C'est extrêmement bien documenté, le scénario est rondement mené, j'ai été happé par quelque chose que je ne peux appeler autrement que suspense, ce qui est un tour de force pour une série relatant des événements historiques bien connus ! Les dialogues sont très fluides : ça parle pas mal mais on dévore les pages sans s'en rendre compte ! Quelques répliques renferment des pointes d'humour noir ou de cynisme assez bien senti. Venant de Dufaux, on n'est guère surpris par toutes ces qualités mais le bougre est ici au sommet de son art.

Malgré l'excellence du dessin, dans le plus pur style classique réaliste, j'ai mis un petit moment à m'y faire car je le trouvais un peu "froid" au départ... Mais là, je crois que j'étais plus royaliste que le roi (pour ne pas dire carrément casse-c...). En tout cas, je suis rentré dedans de plus en plus et il me semble que Delaby prend de plus en plus possession de son univers, du cadrage, des personnages. J'ai eu la sensation que ce qui, au départ, n'était "que" l'un des meilleurs dessins réalistes actuels (excusez du peu !) devient peu à peu "magique", "habité" !

Il faut dire également que si les couleurs du premier cycle sont très belles, celles du second cycle, par Petiqueux, sont franchement exceptionnelles ! Cas rare dans le monde de la BD, il est impossible de parler de Murena sans évoquer sa mise en couleur...

Sur les trois aspects, les tomes 7 et 8 sont une véritable apothéose. Quand certaines séries vendent du vent et s'essoufflent vite ainsi, dans Murena, au contraire, on a l'impression qu'au fil des tomes, une parfaite symbiose se met en place pour notre plus grand bonheur !

Seul tout petit bémol, les mises en scène autour du personnage d'Evix, en me rappelant Les 7 vies de l'épervier et Masquerouge, ont fait un peu bugger mes systèmes de navigation spatio-temporelle, mais bon.

Vite, le troisième cycle !

Nom série  Rock Mastard  posté le 20/03/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
(Après lecture des tomes 1 et 2)

Niveau dessin, s'il y avait un autre nom écrit sur la jaquette, on trouverait peut-être ça correct (tout juste), mais si on a choisi la BD sur le nom de Boucq, comme votre serviteur, on est franchement déçus ! D'ailleurs l'ensemble est un peu brouillon et même le lettrage est parfois discutable. Ainsi, la taille des lettres varie sans raison : tome 1 pl. 12-13, les lettres sont nettement plus grosses que pl. 8-9. Et par exemple, tome 1 planche 4, la dernière phrase est écrite plus bas que la limite normale de la planche d'à-côté. Je pinaille peut-être, mais cela donne un rendu un peu "amateur".

Côté scénario, pour faire une BD parodique sur un tome complet, il me semble qu'il faut deux choses :
- Des bons ressorts comiques,
- Un bon scénario quand même !
Ici, c'est un peu faible sur les deux plans. Ça tente l'humour potache vaguement gotlibesque, mais ça manque de souffle pour cela. Relisez plutôt Cinémastock...

Le bonus "making-of" du tome 1 version "collector" est le seul moment où on retrouve avec bonheur un trait plus caractéristique de Boucq et une concentration de détails marrants supérieure à la moyenne.

Au final, cependant, je me suis un peu ennuyé, ce qui est un comble avec une BD d'humour.

Nom série  Jérôme Moucherot  posté le 20/03/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
(Après lecture des 4 premiers tomes)

Pour commencer par le plus évident, le dessin de Boucq est tout simplement une merveille et il n'est pas pour rien dans l'ambiance déjantée qui règne ici !

L'auteur nous concocte un univers où il mélange tout et n'importe quoi avec un grand bonheur, le tout dans un cadre de "jungle urbaine", expression à prendre au sens littéral ! Nombre d'idées sont vraiment croustillantes : les schtroumpfs du tome 1, le manga-jutsu du tome 2, le voyage loufoque entre les pylônes électriques du tome 3, pour n'en citer que quelques unes. La ronde du requin, t. 1 pl. 16-17, est un grand moment, aussi bien narrativement que graphiquement !

Le seul petit bémol, c'est le risque que tout cela se systématise, autant dans les idées que dans l'usage des mots. Par exemple, t. 3, pl. 27 : "Malheur de malheur ! Nous allons avoir droit aux échappements toxiques du dioxyde de stress et des dérivés azotés de l'apologie de l'effort ! - Sans compter les déchets industriels des idéologies trompeuses !". On perçoit l'utilisation d'un procédé qui ne devrait surtout pas devenir une norme.

Les tomes 2 et 4, contenant des histoires courtes, sont parfois un peu inégaux, et le tome 4 me semble un peu plus faible que les trois autres. Mais Boucq a sans doute encore plus d'une corde dans son sac (à moins que ce ne soit le contraire) !

Au final, voilà un bel imaginaire complètement barré qui rappelle souvent Fred (comme l'a remarqué Ro), mais du Fred "réaliste" en quelque sorte, aussi bien au niveau du dessin que du contenu. D'ailleurs, il peut y avoir du sang, des allusions sexuelles, etc.

Je ne résiste pas à donner quelques exemples...
- Les galères avec Leonardo pour "passer de l'autre côté" (tome 1, planches 28-35) rappellent les épisodes similaires avec Félicien dans presque tous les tomes de Philémon ;
- "L'ombre d'un doute" (t.2), c'est complètement "fredesque" ! Voir par exemple "Philémon et le piano sauvage", deuxième partie ; mais il me semble que Fred a utilisé ce thème plusieurs fois ;
- "La feuille morte se ramasse une pelle" (t.2) me rappelle "Philémon, le secret de Félicien" ;
- Le pêcheur de reflets (tome 1 pl. 63-65) me rappelle Cythère l'apprentie sorcière, pl. 25-28.
Et j'en oublie sans doute...

En tout cas, si vous aimez l'absurde, il serait dommage de passer à côté de cette série... Un bon "4-étoiles" et j'en mettrais quasiment 5 au premier volume.

Nom série  Les Compagnons du Crépuscule  posté le 20/03/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
(Après lecture des 3 tomes)

Dans les deux premiers tomes, le format (A4 environ), qui était la norme à l'époque, est un peu frustrant pour une BD "d'auteur" et il me semble que les couleurs ont un peu vieilli. Heureusement, ces deux points ont été rectifiés dans le troisième (et aussi dans la réédition des deux premiers, je suppose).

Les personnages utilisent un parler moyenâgeux, ce qui peut sembler logique, mais... quand je lis un roman qui se passe au Japon, il est généralement traduit en français, n'est-ce pas ? Par conséquent, j'oscille en permanence entre trouver ça intéressant et amusant, et être un brin agacé par "l'exotisme" (temporel) que ça ajoute artificiellement au récit. De même, pour le langage en rimes parlé par les lutins, ce type de ficelle vue et revue me lasse rapidement. Et qu'est-ce que c'est bavard : dans certaines cases, le texte va même jusqu'à occuper plus de la moitié de l'espace, c'est trop ! Il faudrait soit réduire le texte soit découper en davantage de cases, mais l'équilibre n'y est pas.

Je ne vois pas bien l'utilité du personnage d'Anicet. Au bout du premier tome, on a bien compris que c'est un lâche, un vil, un pauvre couillon quoi. Mais sa personnalité n'évolue pas au fil des tomes et à aucun moment il n'influe sur le cours des événements ; alors à quoi bon ? Ah si, j'oubliais, il empire légèrement la situation du groupe dans le tome 1 (planches 29-30) mais celle-ci n'aurait pas été franchement différente sans ça. Et c'est peu pour justifier un poids mort pendant trois tomes.

J'ai suivi les deux premiers volumes sans frénésie mais avec une certaine fluidité. Quant au dernier volume, cependant, j'avoue que par moments, j'ai décroché. Je ne comprenais pas toujours de quoi les personnages parlaient et, dans les vues à grand angle, je ne comprenais même pas toujours qui parlait...

Alors certes, qu'on aime ou pas le dessin de Bourgeon, force est de reconnaître qu'il est magistral ; certes, il semblerait que cela fasse partie des œuvres de fiction les mieux documentées sur le Moyen-Âge ; et je ne descendrai pas en-dessous de la moyenne pour ces raisons. Mais, quitte à avouer être un béotien tout juste bon à manger des popcorns en relisant une BD de supermarché, il est temps de faire mon comic-out en n'attribuant qu'un 3-étoiles un peu forcé aux "Compagnons du Crépuscule".

Nom série  Cassio  posté le 27/02/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
(Après lecture du premier cycle = tomes 1 à 4)

L'histoire n'est pas mal, dans le genre polar historico-fantastique. Alors voilà, il ne faut pas le prendre trop au sérieux non plus... Ainsi, les découvertes de l'archéologue sont assez incroyables : avec trois péquins, elle trouve un monument funéraire avec des chambres intactes, des peintures (au style pas très crédible), des poudres médicinales d'époque, des papyrus (qu'elle lit à la volée dans le texte) ; et tout ce qu'elle trouve à faire, c'est jouer à l'apprentie policière sur le meurtre d'un type mort il y a deux mille ans ! Mais bon, bref, une fois endossé le costume du bon public, ce n'est pas désagréable à lire. Après tout, c'est du Desberg, il connaît son métier...

Le dessin, en revanche, je n'aime pas du tout et ça m'a tarabusté dès les premières planches. Le coup de crayon n'est pas mauvais mais, pour tout dire, j'ai quasiment l'impression d'être abusé sur la marchandise. Par exemple, sur la majorité des cases, le dessinateur évite soigneusement de réaliser des arrière-plans ; les deux compères, le coloriste et l'ordinateur, mettront un petit degradé pour que ça ne fasse pas trop vide... Je n'ai rien contre le dessin minimaliste, mais là ce n'est pas ça : le parti-pris est plutôt semi-réaliste. Et dans ce cas, je préfèrerais avoir un peu plus de matière à me mettre sous les yeux.

Au début du quatrième tome, un mauvais pressentiment à commencé à se faire sentir : attention, il y a encore pas mal de questions ouvertes, ça me paraît un peu chaud pour tout résoudre... Et effectivement, à la fin du tome 4, si l'on connaît les 4 assassins, des questions restent cependant sans réponse dans le passé (notamment : que s'est-il passé après la mort de Cassio ?) et presque toutes les questions restent sans réponse dans le présent. Ça m'a un peu agacé, et il me semblerait de très bon goût que le second cycle se boucle en maximum 2 tomes et de préférence en un seul...

Bilan : 2,5 étoiles, arrondies à 3 parce que pour ce genre de BD, j'accroche d'abord sur le scénario ; et sous réserve que ça ne traîne pas trop en longueur à l'avenir.

P.S., en clin d'oeil au post d'Herve ci-dessous : pour ceux qui apprécient les bandes dessinées du genre Murena, mon conseil... relisez Murena !

Nom série  Les Derniers jours d'un immortel  posté le 26/02/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
J'avais déjà adoré Les Cinq Conteurs de Bagdad, je n'ai pas du tout été déçu par cette nouvelle histoire de Fabien Vehlmann ; bien au contraire !

Niveau dessin, je ne sais pas trop quoi en penser. Ni vraiment du bien, ni vraiment du mal. Je me suis laissé porter en tout cas...

... Car la grande performance ici, c'est l'histoire. Ce récit brasse pas mal de thématiques différentes tout en gardant une unité, une logique et une parfaite fluidité dans la narration. À chaque page on se sent concerné. Même si les idées, chacune prise séparément, ne sont pas toutes inédites en science fiction, elles sont ici traitées avec beaucoup de personnalité et s'unissent pour former un ensemble nouveau et unique. Je n'ose pas en dire plus pour ne pas gâcher le plaisir... en tout cas, merci et bravo !

Nom série  Blacksad  posté le 26/02/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
(Après lecture des tomes 1 à 4.)

La première arme de cette série, tout le monde l'a dit, c'est son dessin... C'est vraiment magnifique.

Ensuite, les histoires, dans la grande tradition du roman noir, nous présentent un détective désabusé et cynique, quoiqu'on le sente encore un peu idéaliste dans des moments de distraction... Comme souvent dans le genre, même si on suit l'enquête avec intérêt, ce n'est pas l'énigme qui est la clef de voûte de l'ensemble, mais l'ambiance de monde pourri et corrompu qui s'en dégage.

Les ambiances des différents tomes sont assez différentes, aussi bien au niveau de l'histoire que des dessins. On évite de sombrer dans la routine... Le premier tome était déjà assez prometteur. Et dès le second, on passe au braquet supérieur : thématiques plus dures (les mouvements d'extrême-droite, entre autres) et apparition de l'acolyte dénommé Weekly. Ensuite, l'univers continue de se construire... Tome 4, alors qu'on pourrait croire que le côté "roman noir" va commencer à ronronner (c'est le cas de le dire), on est pris à contre-pied par une petite pointe d'auto-dérision bienvenue (planche 7). Bref, c'est très plaisant et mon intérêt, déjà accroché au début, s'est accru au fil des tomes.

Mon petit vœu pour Papa Noël : que le prochain album soit un album double ! Il me semble qu'une enquête de Blacksad pourrait encore mieux s'y épanouir.

Nom série  Point de fuite pour les braves  posté le 25/02/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Niveau dessin, rien à dire, Boucq est vraiment très fort... Dans le genre ultra-réalisto-caricatural, ça se pose là et on reconnaît son coup de crayon entre mille.

Au risque de répéter mon commentaire de La Dérisoire effervescence des comprimés, un des bons points des œuvres de Boucq de cette époque, c'est qu'il s'agit de petites histoires indépendantes, chacune partant d'une bonne idée, menant cette idée où elle doit aller et pas plus loin. Du coup c'est dense et très inventif.

Là encore, l'univers me rappelle à certains moments Avatars et coquecigrues d'Alexis ou le gag "Voyage au fond de l'effroi", de Gotlib et Gir, dans "la Rubrique-à-brac" numéro 5. Cependant, l'œuvre de Boucq reste incontestablement personnelle !

Quelques idées sont très sympas, comme "Les Coulisses du Paradis", "Le retour de 007", "Une prise fabuleuse", "Apprentissage", "Trou de mémoire" (mort de rire), "Kiki", "Au paradis du collectionneur", "Une histoire vraie"... Je n'en dirai pas plus. Rien que le titre de l'album... j'adore.

Il y a plusieurs hommages aussi : à Hergé dans "Apprentissage" et surtout "Mémoires d'un reporter", à Flemming et Connery dans "Le retour de 007", à Lennon dans "Post Mortem".

En revanche, les histoires "Frankie Strike" et, dans une moindre mesure, "221 rue des Lilas" m'ont semblé longuettes et m'ont un peu ennuyé.

Enfin, la perle de ce recueil reste tout de même "Sacré Antoine", grotesque, tendre et mélancolique, un cocktail (c'est le cas de le dire) inhabituel et que seul un grand auteur peut maîtriser ainsi.

Au final, il y a un peu du tout et du n'importe quoi, du bon et du moins bon, ça foisonne ! Tout comme les autres posteurs, je trouve que ce n'est pas la meilleure BD de Boucq. Mais il serait tout de même dommage de s'en priver !

Et puis, quand je vois toutes les séries humoristiques où on fait du pseudo-gag à la pelle, toujours avec les mêmes ingrédients (y compris "Les Aventures de la Mort et Lao-Tseu", désolé M. Boucq), ça me fait plaisir de lire un album qui, certes, manque d'unité et part un peu en quenouille, mais où l'auteur se cherche, expérimente des choses diverses, quitte à ce qu'il y ait des hauts et des bas.

Page précédente Page Précédente   1 2 3 Page Suivante Page suivante 

www.bdtheque.com - Contact - Ce site nécessite l'utilisation de cookies - Flux RSS
Lien destiné au référencement du site : Liste des séries BD de BD-Theque