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Nom série  Bob Morane Renaissance  posté le 10/04/2016 (dernière MAJ le 23/10/2017) Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Au départ, je n'avais pas spécialement envie de lire cette nouvelle version, n'ayant jamais été un lecteur assidu du Bob Morane originel ; j'en ai lu pas mal en version Forton et surtout en version Vance, mais ce n'était pas un de mes héros préférés. Et puis, devant les avis positifs de ci, de là, je me suis décidé.

C'est un vrai reboot, à savoir que les auteurs ont recyclé ce vieux héros et son univers ancien en respectant ses codes et ses personnages emblématiques (comme miss Ylang Ylang) avec des codes de narration actualisés dans un contexte géopolitique africain brûlant, entre guerre civile sanglante et trafics douteux de minerais. Morane en ressort très actuel, très contemporain, véritable acteur de son temps ; c'est pourquoi je ne trouve pas très juste le qualificatif employé par Spooky sur la fiche, de "héros plus subtil". Il a toujours été subtil, son créateur Henri Vernes l'avait conçu ainsi, et dans les Bd de Vance, il était justement très subtil ; il est simplement adapté au monde moderne d'aujourd'hui, c'est pas parce qu'il vient d'un univers sixties qu'il est automatiquement crétin ou ringard.

D'ailleurs, je me suis demandé pourquoi on avait choisi de faire revivre ce personnage pour l'adapter à notre époque ; il appartient aux années 60, aussi n'aurait-il pas été plus intéressant ou plus pratique de créer carrément un nouveau personnage ?
Ces points étant éclaircis, en l'état, Morane est plus rugueux, moins mécanique et plus humain, à défaut d'être très charismatique, je l'ai même trouvé un peu éteint ou en retrait, sans doute faut-il attendre la suite pour qu'il prenne plus d'importance. Son univers est certes plus violent, le langage est plus libre, tout a évolué, c'est donc un bon album introductif et de mise en place d'un univers cohérent, avec des personnages plus torturés. Et surtout, le ton n'est plus au fantastique comme ça l'était dans les Bd de Vance, tout est très actuel, en phase avec l'actu, et les attentats qu'on y voit prennent évidemment une résonance particulière dans notre environnement rongé par le terrorisme.

Dimitri Armand enchaîne les succès après Sykes ; j'avais apprécié son travail sur Angor, et ici il livre un dessin de bon niveau, tel qu'on en voit sur les Bd modernes abordant ce genre de sujets. Il respecte le physique de Morane qui est à peu près conforme à ce qu'on a connu, seul Bill Ballantine a un look moins clean, mais actualisé lui aussi, un peu comme ces braves brutes bourrues qu'on voit dans certains films d'action, j'espère seulement que son rôle sera plus conséquent dans la suite.

TOME 2 : comme je le prévoyais, la suite de cette aventure montre un Bob Morane complètement déboussolé ; dans le tome 1, je le trouvais éteint, là il est carrément manipulé, ballotté et ne contrôle plus rien. Déjà que je n'étais pas fan du personnage, je reconnais cependant qu'il avait un sacré charisme à l'époque Vance, mais en l'état, l'évolution opérée par Brunschwig me laisse froid, je maintiens ce que j'ai dit, à savoir qu'on aurait dû laisser ce héros à sa retraite méritée et repartir avec un héros nouveau et un nom nouveau.
J'ai trouvé cet affrontement avec Ming totalement plat et sans intérêt, avec une narration peu excitante qui mélange présent et des flashbacks incessants. Autant le tome 1 m'avait semblé satisfaisant et réaliste, autant ce tome 2 est très inégal et pas passionnant. Le dessin reste bon. Au final, je me désintéresse de ce diptyque et ne conseille plus l'achat. Je ne lirai donc pas d'éventuelles suites.

Nom série  Messalina  posté le 11/10/2013 (dernière MAJ le 23/10/2017) Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cette série prévue en 6 tomes permet à Mitton d'aborder un sujet propice à la luxure et au sexe exacerbé qu'il a déjà illustré dans toutes ses grandes séries avec plus de retenue. Mais ici, il peut aller très loin, et il se défoule en donnant libre cours à sa folie priapique, car c'est carrément du X pur jus avec des scènes très hard à chaque page. Il n'existe en effet que peu de pages sans cul, ce ne sont que fellations goulues, sodomies frénétiques et torrents de sperme qui s'alignent sous les les yeux du lecteur, faisant ainsi de Rome un gigantesque baisodrome.

Lire 4 albums (puis 6) à ce rythme regorgeant de sexe, même bien dessiné, finit par être répétitif et lassant. 3 ça m'a suffi. Le dialogue parfois abondant, est souvent aussi cru que le dessin de Mitton qui est toujours aussi séduisant, exagérant comme beaucoup de dessinateurs de Bd X les braquemards des mecs. Mais j'avoue que si le dessin n'était pas à la hauteur, ça serait vite ennuyeux.

D'autre part, pour cautionner la série dans une optique disons, acceptable, Mitton respecte un fond historique relativement bien documenté sur la fin de règne de Caligula et l'avènement de Claude (quelques pages politiques s'intercalent entre 2 orgies), exagérant à outrance le rôle de Messaline qui, bien que notoirement reconnue comme une des plus grandes putains romaines pour ses débauches effrénées par bon nombre d'historiens, a beaucoup manipulé son faible époux, qui finira par la faire exécuter sommairement, avant de se remarier avec Agrippine, mais ça, c'est une autre histoire.

Mitton ayant enfin terminé cette Bd, je prend mon courage à 2 mains et replonge 4 ans après dans le stupre et la fornication façon Mitton pour voir comment il conclut cette série.
Au niveau de la forme, rien n'a changé, ça baise et ça rebaise toujours autant, des personnages sont tués, le sang coule, le sperme aussi, et Mitton détourne l'Histoire officielle en l'ajustant à sa façon. Le fond reste correct, même si certaines situations sont surprenantes et parfois grotesques par leur côté excessif. Le dessin est toujours aussi propre, bref du Mitton quoi. Au final, c'est une saga hard de qualité malgré ses excès, on peut la voir comme une Bd historique enrobée dans un écrin porno. Note inchangée.

Nom série  Mousquetaire  posté le 03/02/2016 (dernière MAJ le 23/10/2017) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
C'est une sorte de Bd d'espionnage sous Louis XIV, une histoire de complots royaux et de politique secrète à la sauce cape et d'épée, ancrée dans un décor historique crédible et bien agencé, quoiqu'un peu embrouillé ; ce premier tome oblige donc le lecteur passionné à être concentré et attentif, car il y a de nombreux personnages, et ça va assez vite. Parallèlement à la mission de D'Artagnan et à celles de ses mousquetaires, on suit Madame de Locuste, une intrigante, empoisonneuse et espionne qui tient sous sa coupe la jeune Eloïse de Grainville, s'occupe de son éducation afin d'être destinée à une fonction de demoiselle de compagnie et de cour.

Duval autant passionné d'Histoire que de science-fiction, s'inspire d'Alexandre Dumas et de ses célèbres mousquetaires pour échafauder un scénario qui démarre avec l'arrestation de Fouquet en début d'album, seul événement réel ; tout le reste est brodé en faisant en sorte que ça paraisse crédible, et ça l'est, car ça aurait pu très bien se produire. Cependant, les historiens considèrent que Fouquet (si toutefois la thèse de ses malversations est avérée) aurait agi seul. Il ne fut pas le premier et n'a pas été le dernier des grands argentiers, conseillers ou surintendants à puiser dans le trésor royal pour alimenter son train de vie dispendieux, ils l'ont tous fait, mais Louis XIV était un roi très imbu de sa personne, et n'admettait pas d'avoir à vendre sa vaisselle d'or pour payer les dégâts causés par la Fronde, tandis qu'un de ses sujets (fut-il le plus important après lui) baignait dans les fastes de ses nombreuses demeures luxueuses.

Le dessin est la petite faiblesse de cette Bd, je le trouve un peu moins appliqué que dans L'Homme de l'Année - 1894, ou est-ce une impression ? D'autre part, Calvez reproduit de nombreux décors réels, surtout des châteaux, dont celui des Ducs à Nantes qui fera sans doute plaisir à quelques lecteurs de la région que je connais... hélas, il fait quelques erreurs : je ne crois pas que l'entrée principale soit tout à fait conforme à ce qu'elle était en 1661, mais surtout, l'image aérienne que l'on voit au tout début comporte un bâtiment qui ne fut construit qu'en 1784 lorsque le château fut récupéré honteusement par l'administration militaire, il ne devrait donc pas figurer ici ; sinon pour le reste, le Grand Logis construit par le duc François II et sa fille Anne de Bretagne sont conformes, de même que la cathédrale et la Porte Saint-Pierre. Les autres décors comme les châteaux de Largoët, Valençay, Angers (où fut ensuite détenu Fouquet) et Grignan sont bien dessinés, ainsi que les visages de Condé, Fouquet ou D'Artagnan d'après les gravures connues...

Je crois que ce tome sert à planter les personnages, certains joueront sans doute un rôle plus conséquent dans la suite, telle Eloïse dont le tome 2 portera son nom, l'intrigue a donc le temps d'évoluer.
Et pas manqué, avec ce tome 2, c'est reparti dans les complots et les secrets d'Etat, avec un côté politique encore plus accentué. Ce tome offre de ce fait peu d'action et une intrigue qui ne renouvelle pas ce type de Bd historique. Duval souhaitant revisiter le genre très souvent exploré, ne produit que du déjà vu, en plus l'intrigue n'avance pas tellement, on y retrouve les mêmes personnages avec 5 ans de plus, mais elle n'est pas directement rattachée à celle du tome 1.
Malgré ces réserves, je ne peux pas dire que la lecture est ennuyeuse, je la trouve juste assez banale et mille fois vue dans des films de cape & d'épée.
Le dessin n'a pas varié, il est peut-être un peu plus maîtrisé, Calvez reproduit l'incendie de Londres en 1666, quelques monuments célèbres de Rouen, le manoir d'Ango près de Dieppe, le château de Saint-Germain-en-Laye, et le paysage d'Etretat avec précision. Il faut donc encore attendre une suite.

Nom série  Choc  posté le 03/02/2016 (dernière MAJ le 23/10/2017) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Ancien fan de Tif et Tondu, je crois que je me devais de lire cette Bd même si j'en retardais l'échéance par peur ou par prudence, je ne sais trop, trouvant d'abord que c'était une drôle d'idée, et puis en entendant à droite à gauche qu'on m'incitait à la lire, je me suis dit " pourquoi pas?" J'avais quand même une petite appréhension car Monsieur Choc fut une telle figure de grand méchant impérial que j'avais un peu peur qu'on galvaude son image. En effet, il est apparu en 1955 dans "Tif & Tondu contre la Main blanche" grâce à Maurice Rosy qui l'oppose au duo de détectives, mais même si la période Rosy est l'une des bonnes périodes de la série, les scénarios étaient farfelus et d'un ton gentiment naïf, c'est pourquoi j'ai toujours préféré la période Tillieux, plus axée sur le mystère et parfois le fantastique, et avec plus de maturité de la part des héros.

Je respectais la figure de Choc, mais en même temps en devenant adulte, je me rendis compte qu'il me faisait sourire avec cette image de grand seigneur en smoking , fume-cigarette et surtout heaume sur la tête... quelle tenue grotesque ! mais à cette époque, les méchants des Bd franco-belges humoristiques étaient comme ça, grandiloquents, théâtraux et un peu ridicules, donc on l'acceptait.

En 2014, Colman et le fils de Will redonne vie à cet adversaire puissant, énigmatique et charismatique, sorte de Fantomas casqué, dont les origines ont conditionné sa stature de criminel. La vision donnée par les auteurs est très bonne, on comprend pourquoi Choc est devenu ce qu'il est, ayant vécu une enfance chaotique remplie d'injustice et de douleur, il ne pouvait que vivre pour exercer une vengeance terrible contre la société qui a broyé ses jeunes années. Néanmoins, le portrait est atténué par une sorte de sentiments humains qu'on ne soupçonne pas chez un grand méchant, c'est perceptible lorsque Choc se promène dans le manoir et où affluent ses souvenirs d'une enfance difficile ; ce passé a de quoi étonner de vieux fans comme moi, et ces souffrances forgeront la personnalité d'un futur maître du mal. D'ailleurs, ce prequel propose une image beaucoup plus dure que celle plus naïve qu'on a pu connaître dans Tif et Tondu, les actes violents qu'on y voit détonent un peu avec le futur univers mis en place par Rosy, mais ça n'est pas incongru.

L'intérêt de cette Bd est aussi de rendre hommage à Will et à Rosy en ayant creusé une telle personnalité à travers ce passé réinventé ici, et pour cela, Eric Maltaite s'y prend aussi bien que Colman en affinant son dessin, il est plus épais, plus dur, plus sombre, avec une mise en page plus moderne que dans ses autres créations, le tout est beaucoup moins lisse. Le seul truc qui m'a dérangé à cette lecture, c'est les flash-backs dans le désordre le plus complet, je trouve cette narration gênante, je l'aurais préférée plus linéaire, mais dans l'ensemble, le résultat est satisfaisant.

Après avoir lu le tome 2, je trouve que le récit est moins prenant, l'action n'avance pas beaucoup, tout reste en suspens et fait du sur place, et la narration est toujours aussi bordélique. Ce procédé de changements de lieux incessants finit sérieusement par m'agacer. Aussi, devant tous ces paramètres, et malgré la bonne impression ressentie avec le tome 1, je n'ai pas tellement envie de continuer. Note inchangée, et je laisse l'achat pour les amateurs éventuels, mais pas pour moi...

Nom série  Un loup est un loup  posté le 11/10/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Dès la première page, on nous plonge dans ces contrées sauvages du Rouergue et dans le monde du loup au XVIIIème siècle. Serait-ce encore une version aux faux airs de Bête du Gévaudan ? Non, mais ça y fait penser et c'est assez fascinant.
Ce prologue est suivi par une description pittoresque et très juste d'un petit village rural du nom de Racleterre, qui à ma connaissance est fictif, au milieu d'autres lieux qui eux sont réels. Il est question d'une intrigue qui tourne autour d'un sabotier qui vient d'avoir des quintuplés.

Ce récit adapté d'un roman que je ne connais pas, peut sembler banal et ennuyeux à première vue, on se dit "mais qu'est-ce que les auteurs vont bien pouvoir trouver d'étrange et de singulier pour intéresser le lecteur ?". Mais le scénario est bien plus subtil qu'il n'en a l'air, il ne s'y passe apparemment pas grand chose, c'est la chronique d'un village, d'une famille dont on suit le destin un peu chaotique des 5 rejetons du sabotier Tricotin, on y apprend plein de choses sur un univers rural peuplé de légendes, et d'un patois savoureux du XVIIIème. Les auteurs ont insufflé une rusticité qui donne un ton très réaliste à ce monde villageois ancien, un réalisme cru propre à ce passé rude en ces contrées loin des grandes villes.

Les caractères se dessinent, on apprend à connaître ces quintuplés qui grandissent doucement ; dans le tome 2, leur itinéraire connait un destin contrarié, et la narration s'attache au dernier, Charlemagne qui semble être le plus éveillé et le plus malin. Ce qui est novateur dans cette Bd, c'est que les différentes péripéties de ce récit sont telles qu'il sort vraiment de l'ordinaire en BD, car c'est vu sous l'angle du peuple et non sous celui des nobles ou des rois comme on l'a vu dans beaucoup de bandes historiques.

Tout ceci est soutenu par un dessin de grande qualité, j'adore ce type de graphisme, puissant et soigné, aussi bien sur les décors de vieilles maisons que sur les personnages aux gueules représentatives de ce temps, ça donne de la force à cette histoire car ça crée une certaine ambiance aux limites du fantastique. Nardo réalise de très belles pages, quels progrès en 3 ans depuis Le Vent des Khazars. Une Bd au charme envoûtant !

Nom série  Reign  posté le 10/10/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Le dessin a attiré mon attention et je suis tombé sur une histoire très actuelle, très technologique et très remuante avec la dose de violence qui va avec. Visiblement, je m'attend à un truc hyper compliqué, un peu comme dans les Jason Bourne, mais en fait, rien n'est vraiment creusé. Certes, c'est ancré dans une géopolitique très moderne, mais on ne nous explique pas grand chose, d'autant plus que ça a un fort goût de déjà vu, ça ressemble à beaucoup de TV-films de série B qu'on voit sur 13ème Rue ou NRJ12 qui traitent du terrorisme.

J'ai aussi l'impression d'avoir vu tout ceci dans une Bd de la collection Bulle Noire chez Glénat, Celadon run, en moins burné. D'autant plus que le terrorisme, ça me saoule un peu, on le vit tellement de près depuis quelques temps, que je n'ai pas trop envie de le lire en BD, ça suffit déjà au cinéma.

L'intérêt de cette série c'est son côté action à profusion, les scènes s'enchaînent parfaitement sans trop de cohésion, avec des facilités et des trucs peu crédibles, ça m'a fait l'effet d'une Bd au ton bourrin, avec beaucoup de crash et d'explosions, ça va bien un moment, ce n'est guère passionnant quand c'est répété à foison. C'est donc l'avantage de cette série, mais aussi sa faiblesse, car trop d'action tue l'action.

Comme dit au début, le dessin est bon, dans un style qui lorgne vers celui de Philippe Francq en moins esthétique, c'est plus musclé et sans trop de personnalité, assez proche d'un style comics moderne même, avec une mise en page très dynamique et des enchaînements de cases très speed qui renforcent le côté ultra spectaculaire... Pour moi, ça suffit, j'ai feuilleté par acquis de conscience les autres albums, mais je m'arrête après ce tome 1.

Nom série  Spoogue  posté le 10/10/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Ayant entendu parler de cette série et vu plusieurs fois en bibli les couvertures d'albums sans trop percuter, je me suis enfin lancé dans cette lecture. Je suis toujours un peu méfiant au départ, vu que je suis souvent à contre-courant des avis (positifs ou négatifs) quand des Bd ont une grosse moyenne et une flopée de 4 et 5 étoiles, ce qui est le cas ici. Mais rapidement, mes craintes furent dissipées. En plus, l'auteur ne tire pas sur la corde comme le font beaucoup de ses confrères, la série se décline en trilogie, 3 albums c'est parfait !

C'est une sorte d'heroic fantasy pas sérieuse et même franchement humoristique, à l'aspect complètement délirant, accentué par le dessin très chargé qui souligne le grotesque de certains personnages et créatures, le tout aidé par des cases bien remplies et bourrées de détails.
Ce qui est drôle, ce sont les gueules incroyablement moches de certains personnages, on dirait un concours de laideur, auxquelles s'ajoute un côté gore rigolo avec la cruauté de hordes sanguinaires. Parfois, l'univers trop déjanté peut lasser ou agacer, mais je crois que l'auteur a dû bien s'amuser avec cette création, il a inventé un monde dramatico-burlesque très décalé, mais bien élaboré, un peu à la manière de Turf sur La Nef des fous, un monde étonnant et bien à lui, très imaginatif, qu'on ne rencontre pas dans d'autres Bd du même genre.

Mais comme pour La Nef des fous, tout ceci va bien un moment, il y a beaucoup de bonnes idées, un humour décapant, des personnages marrants, de la magie noire, des noms fantaisistes et de l'épopée drolatique, mais au final, je n'ai pas trouvé tout ceci vraiment exceptionnel, et le scénario reste très léger, voire faible, c'est un vrai foutoir, comme si Milhet avançait au coup par coup sans trop savoir dans quelle direction aller et comment tout ce délire va se terminer. J'ai l'impression que c'est encore une série un peu surcotée, c'est sympathique et agréable à lire mais sans plus quoi...

C'est déjà pas mal, d'autant plus que le dessin est excellent, j'aime bien ce style, les personnages ont des bouilles incroyables, la mise en page est très dynamique et constituée d'images aux cadrages différents, avec des pleine-pages, pas mal de longues cases en vertical qui donnent un bel effet, et quelques vues saisissantes comme celle de Castel Krüt qui ouvre le tome 1.
Bref, une dinguerie à consommer sans ennui et à mettre dans un petit coin de sa mémoire. Je met l'achat car 3 albums, c'est pas ruineux, contrairement à plein de séries à rallonge.

Nom série  Mémoires d'un aventurier  posté le 09/10/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J'ai eu ces 3 albums à un prix modique au festival Rochefort en Bulles, une série du magazine Vécu diffusée entre 1989 et 1991 passée assez inaperçue et que je n'avais pas lue.
C'est dans la veine de certaines séries de cette époque, avec des ficelles éprouvées de ce type de récit, dans un ton romanesque avec coups de théâtre, rebondissements, action, aventure sur fond historique etc... en l'occurrence le fond est celui de l'expansion coloniale française en Cochinchine, et au Tonkin à la fin du XIXème siècle, politique gouvernementale menée par Jules Ferry il me semble, je suis très mal renseigné sur cette page d'Histoire car elle me passionne peu.

Ce fond historique ne sert que de fond en vérité puisqu'il est question surtout de suivre le destin de Pierre de Saint-Fiacre, jeune dandy oisif de la grande bourgeoisie parisienne qui tourmente son père député par ses frasques. Il est victime d'une machination, un coup monté par sa demi-soeur pour couler la réputation des Saint-Fiacre et mettre la main sur un trésor. Il s'en suit donc pas mal de rebondissements intéressants (le héros est même secouru par Jules Verne) qui m'ont fait une très bonne impression, c'est digne d'un roman d'Alexandre Dumas ou d'un roman de Jules Verne qui dit s'inspirer de la mésaventure du héros (on pense à " Michel Strogoff " ou aux "500 millions de la Begum"), le tout dans un contexte houleux où la politique de la France envers les populations tonkinoises (aujourd'hui c'est le Vietnam) est comme dans toute colonisation, très discutable.

Le récit est malheureusement handicapé par des invraisemblances et des incohérences notables qui gâchent un peu l'ensemble (le coup des masques pour se faire passer pour un autre, c'est très limite, surtout avec une telle facilité), ainsi que quelques petits détails qui sont des facilités scénaristiques mais moins gênantes. Sinon la narration est soutenue dans les 2 premiers tomes qui se suivent, et le côté documenté donne une crédibilité au contexte, c'est une simple histoire de vengeance qui est englobée dans des circonvolutions assez palpitantes qui se terminent à la fin du tome 2. Seul le troisième album qui garde une continuité avec le personnage principal, est indépendant, mais il est inintéressant, en reprenant des recettes identiques et moins habiles dans un scénario tout à fait improbable et aux situations grotesques. A noter enfin que c'est une des très rares séries Vécu sans érotisme (seul le tome 3 contient un peu de fesse, mais c'est très furtif).

Le dessin de Hé est très plaisant, je sais qu'il fera grincer des dents certains lecteurs plus jeunes, peu habitués à ce type de graphisme et de mise en page, mais moi je suis rôdé à ce style et j'aime malgré une petite rigidité qui est la marque habituelle de ce dessinateur, encore que ça soit meilleur que dans Marc Mathieu. Hé livre un dessin très soigné, avec des arrière-fonds bien fournis, de belles scènes d'ambiance et de foule ou de combats, il est très appliqué dans ses décors, d'abord parisiens (les tours de Notre-Dame, l'Opéra, la statue de la Liberté en construction etc...) puis tonkinois, où il soigne les décors naturels de la baie d'Along, des bateaux de guerre français très détaillés, des palais exotiques et des sampans et jonques nombreux sur la mer de Chine...

Au final, une série abandonnée par manque de succès, qui tient en haleine dans ses 2 premiers tomes bien calibrés et qu'on peut acheter, mais dont on peut largement éviter le tome 3. Je précise aussi que le récit est entièrement fictif, malgré le fait que les auteurs aient l'air de faire croire qu'il est réel, cet aventurier n'a pas existé. Dommage quand même qu'une série sur cet épisode historique jamais abordé en BD n'ait pas eu une suite mieux élaborée.

Nom série  Empire Céleste  posté le 08/10/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Voici une série méconnue qui mérite l'arrêt. Elle se décline sous forme de récits indépendants à chaque album, ils ne se suivent pas mais on dirait que ça n'ira pas plus loin car depuis 2012, il n'y a rien en vue. Je le regrette car j'ai trouvé ces 2 albums vraiment sympathiques.

Ce n'est pas une histoire entièrement sérieuse, car elle comporte une bonne dose d'humour dans les dialogues et les situations sans virer au gag à proprement parler et sans la placer ouvertement dans la BD humoristique, c'est une Bd d'aventure avant tout. Masbou est rôdé dans ce domaine, il a su trouver un bon équilibre entre récit humoristique et récit aventureux peuplé d'éléments constituant la Chine ancienne, et émaillé de citations de Confucius ou de Lao-Tseu.

Les 3 personnages de moines du temple de Shaolin sont attachants et drôles, ils sont bien dans la tradition de ces moines guerriers sachant combattre pour se défendre. Dans le premier album, leur présentation, les épreuves et le choix de leur maître jusqu'à l'arrivée chez l'empereur, constitue un passage sans trop d'attraits mais nécessaire. Mais sitôt lancés dans leur mission, l'aventure devient amusante et plaisante à lire.

Le dessinateur vietnamien livre un dessin très agréable et joli, à l'aspect un peu naïf sur les personnages, mais aux décors soignés, avec quelques belles images et de bonnes scènes de combat dynamiques. Le second album est moins intéressant, ça fait d'autant plus regretter l'abandon très probable de cette Bd.

Nom série  Zone mortelle  posté le 08/10/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J'ai déjà lu quelques séries de cette collection Insomnie qui ne m'ont pas tellement convaincu, j'attaquais donc cette lecture un peu méfiant. J'avais raison.
Ce polar fantastique est très fantasque et insiste un peu plus sur l'aspect policier, j'ai trouvé le scénario plutôt embrouillé au final (sur 4 tomes), et ça ne me donne pas envie d'aller plus loin.

Pourtant ça démarre fort avec des meurtres et du mystère, mais l'action se situe dans plusieurs lieux différents qui changent trop vite (dont certains lieux en France que je connais bien), c'est bourré de facilités et d'invraisemblances, certaines situations sont grotesques, c'est une action beaucoup trop téléphonée, avec des détails qui mâchent le travail de découverte du lecteur, comme si on était des assistés ; j'aurais aimé avoir un peu plus de grain à moudre.
De plus, on a à peine le temps de respirer que plein d'actions s'enchaînent les unes après les autres, et ça devient de plus en plus compliqué, sans compter les super-pouvoirs d'un personnage qui sont beaucoup trop fantoches.

Bref, je ne peux pas dire que je me suis ennuyé à cette lecture, mais c'est trop incohérent par endroits, et il y a un trop plein de tout, comme si les auteurs avaient eu envie de balancer un maximum d'éléments de peur qu'on s'ennuie. C'est dommage parce que j'aime beaucoup ce genre de dessin, ça ressemble à du Stalner, en moins précis et moins travaillé, mais le trait est fluide et joli, avec une bonne restitution des lieux connus. Vraie note : 2,5/5

Nom série  Les Lutins  posté le 07/10/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je précise que j'ai lu l'intégrale du premier cycle de 2 tomes rebaptisé "Bonnie Tom".
Le dessin de Duval, faut s'y faire, j'avais eu quelques petites réticences sur Chevalier Malheur et Red caps, mais si on l'accepte, ce n'est pas disgracieux, il n'y a que les têtes d'hommes qui ne sont pas terribles.

Ce récit est plein de rêves mêlés de légendes et de magie dans un contexte de brigand bien-aimé des landes écossaises ; l'histoire de Bonnie Tom rappelle celle de Robin des Bois et d'autres bandits d'honneur vus dans des romans populaires. Ce qui est intéressant, c'est le long passage dans la sinistre prison de Dartmoor, régie par les codes de la truanderie, l'ambiance est sombre et reflète bien cet univers impitoyable et crade. Un univers qui détruira l'esprit de Bonnie Tom et changera sa personnalité puisqu'il échouera après son évasion au milieu d'une bande de naufrageurs, et connaitra un destin dramatique en croyant retrouver sa bien-aimée. Une fin que j'ai trouvée déprimante et pessimiste.

La partie magique vaut par l'intrusion des Pixies, ces lutins des landes et des forêts, mais qui n'ont qu'un rôle relativement secondaire. Les auteurs y exaltent le côté sauvage et rude de ces contrées britanniques.

Comme je l'ai dit, le dessin de Duval est particulier, peu joli sur les têtes de personnages, mais très réussi sur les décors, les cases sont d'ailleurs bien remplies et bourrées de détails. Un truc positif qui m'a plu aussi : le texte en off et les dialogues sont d'une grande richesse.

Nom série  Eva Medusa  posté le 03/10/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cette histoire fantastique mêlée d'érotisme avait sans doute pas mal d'atouts pour séduire, il y avait une matière très propice : le décor exotique du Brésil à l'aube du 20ème siècle, l'intensité d'un suspense, certaines trouvailles scénaristiques, un dessin sympathique et des ambiances pleines de torpeur fièvreuse et de rituels de magie noire, des ambiances nocturnes par endroits envoûtantes où le dessin d'Ana Miralès resplendit. Dommage que la mise en couleurs ne soit pas au top.

Mais surtout, ce qui plombe un peu ce récit, c'est son scénario aux circonvolutions floues et guère passionnantes, ça s'enfonce de plus en plus dans l'approximatif et la complication. L'ensemble n'est pas véritablement érotique, il l'est sans que les scènes de sexe ne monopolisent trop l'attention, mais il est clair qu'il y a une indéniable sensualité et un érotisme à fleur de peau.
C'est l'une des premières Bd d'Ana Miralès son dessin n'est pas encore affirmé et souffre de quelques maladresses, mais on sent son style pointer doucement, j'aime bien.
Une Bd pas si mal, mais si elle avait eu un scénario moins fantoche, ça aurait pu atteindre un haut niveau.

Nom série  Histoires inavouables  posté le 03/10/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Dans ce petit album, chacun de ces récits courts évoque des plaisirs de couple ou de solitaire, des expériences fortuites et coquines, des envies et pulsions qui font preuve d'une liberté sexuelle assumée et qui s'apparentent à des fantasmes qu'on a tous plus ou moins eus, des trucs dont on a rêvé en secret et qui lorsque l'occasion se présentait, devaient être saisie. Mais ça restait notre petit secret. Ces récits sont bien trouvés, même si j'ai vu des situations du même genre dans d'autres lectures plus hard (le coup dans le train, c'est assez classique, je crois que j'ai vu ça dans Les Voluptés de l'Orient-Express).

Ceci dit, ces récits sont de bonne qualité et se valent ; même si Ovidie n'a pas vécu toutes ces situations, elle parvient à le faire croire, je veux dire par là que ces récits sont dignes de son passé d'ancienne star du X, mais elle les raconte avec une certaine délicatesse. Certes, ils sont évoqués et représentés de façon très explicite, mais c'est un point de vue très féminin, et non celui d'un homme habituellement plus rude ou moins léger.

Le dessin s'accorde bien au ton de ces fantasmes, même s'il évite de justesse la vulgarité, après tout on n'est pas dans une Bd de Jacobsen ou de Mancini... c'est un trait joli et simple, malgré des décors minimalistes. Il fallait justement pour ce genre de récits un dessin qui n'attire pas tout sur lui.
Une Bd érotique qui peut s'adresser aussi bien aux hommes qu'aux femmes, c'est plutôt rare.

Nom série  La Belle Image  posté le 01/10/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Ce conte fantastique est très saugrenu et part d'un postulat incroyable. On choisit de rentrer dedans ou pas. Moi je ne savais pas trop quoi faire, je me suis laissé ballotter à vrai dire par ce récit, je n'ai pas lu le roman de Marcel Aymé, je ne pouvais donc avoir un point de repère, et je ne sais pas si cette adaptation y est fidèle.

Mais en l'état, la question qui se pose est la suivante : cette aventure singulière vécue par Raoul Cérusier permet-elle de se rendre compte de ce que pensent les gens sur sa personne ? On y voit l'hypocrisie, la méfiance, la bêtise, l'ignorance, l'étonnement, bref une gamme de sentiments humains qu'on retrouve dans les autres oeuvres de Marcel Aymé comme la Traversée de Paris, Uranus ou Clérambard... D'un autre côté, je ne trouve pas ce récit très moral, car voir un type qui tente de séduire sa propre femme, c'est un peu tordu comme idée.

En même temps, dès les premières pages, je me suis demandé comment cela allait bien pouvoir finir, et de ce fait, je trouve la chute non seulement soudaine mais surtout bien trop conventionnelle. En attendant, c'est un récit qui n'est pas désagréable à lire, il est juste un peu vain, de même qu'il est un peu statique, avec un faux rythme. Le ton rétro des années 30-40 est bien restitué, et en même temps la mentalité d'époque qui semble aujourd'hui bien obsolète, elle peut surprendre le lecteur d'aujourd'hui dans la façon dont la hiérarchie sociale fonctionne et dans le rôle des femmes, mais c'était comme ça.

Le dessin de Bonin est correct, il s'est amélioré depuis Quand souffle le vent, même si les décors de fond sont souvent approximatifs, et certains personnages ont des physiques quelconques et peu jolis, avec des cous de girafe, c'est très surprenant.

Nom série  Elisabeth Ire  posté le 28/09/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je me réjouis de voir dans cette collection "Ils ont fait l'Histoire" qui s'agrandit de façon conséquente, une bio sur ce personnage majeur de l'Histoire britannique, figure majeure de l'histoire de l'Europe en ces temps qui marquent la transition entre la fin du Moyen Age et l'époque dite moderne, que je préfère appeler Renaissance. Fille du roi Henry VIII et d'Anne Boleyn, Elisabeth a régné sur l'Angleterre de 1558 à 1603, soit un règne long de 45 ans qui lui a permis d'accomplir un certain nombre de réformes que les auteurs de cet album montrent ça et là. Le personnage et son règne "elisabéthain" occupent une place centrale dans l'historiographie du XVIème siècle, et nous sommes bien renseignés sur son règne, mais ça n'empêche pas certaines zones d'ombre, notamment le fait qu'elle soit restée cette "Virgin Queen", véritable anomalie de son temps, qui demeura aussi problématique que célèbre. Les témoignages de ses contemporains et les contradictions qu'ils ont entrainés, appelait de faire des choix pour les auteurs, en mettant en exergue certains traits et en laissant de côté d'autres traits plus incertains.

De ce fait, il semble qu'ils aient insisté sur 4 points :
- son célibat et le fait que pour pérenniser son trône, il lui fallait un hériter
- sa rivalité avec sa cousine Marie Stuart
- son ambiguïté vis à vis de la religion, car même l'anglicanisme n'est pas officiellement nommé
- la rupture diplomatique avec l'Espagne et la guerre qui amène la destruction de l'Invincible Armada.
Le premier thème sert un peu de fil rouge, la question du mariage revenant souvent au coeur de l'album. Au milieu de tout ceci, apparaissent quelques autres événements intéressants tel la mort de Amy Rosbart en 1560 (épouse de Dudley), qui chute dans un escalier (accident ou assassinat), mais on sent que les auteurs ont envie de balancer un maximum de faits et d'informations, ce qui est peut-être un tort car ils ont opté pour une approche entière du règne elisabéthain, contrairement aux autres personnages traités dans cette collection qui faisaient l'objet d'une période précise dans leur biographie (seul l'album Saint Louis passait aussi au crible le règne en entier).

Tous ces événements sont bien contés, le ton est didactique sans trop l'être, mais ils sont automatiquement résumés et raccourcis car il est quasiment impossible d'évoquer une telle souveraine et un règne aussi riche en 46 planches, il aurait fallu y consacrer 2 tomes comme pour Louis XIV. Il en résulte une narration peu palpitante qui n'intéressera que les passionnés d'Histoire comme moi qui en plus connaissent bien ce règne, car j'ai beaucoup lu sur cette reine, de même que j'ai vu beaucoup de docus sur la chaine Histoire, j'en connais donc tous les rouages, et je suis à même de critiquer ce qui ne va pas dans cet album.

On y voit certes tous les grands personnages, Robert Dudley, premier grand favori d'Elisabeth, ami d'enfance et plus fine lame du royaume, Norfolfk, William Cecil le grand conseiller à qui succèdera son fils Robert Cecil, celui là même qui dira un jour à propos de "la reine vierge" : "Elle était plus qu'un homme et parfois moins qu'une femme". Seul le passage sur Essex reste flou et trop rapide, il fut pourtant le dernier grand favori de la reine, il se permettait même des familiarités souvent inconvenantes ; je regrette que ce passage ne soit pas plus mis en avant, il a fait l'objet d'un superbe film hollywoodien avec la grande Bette Davis et Errol Flynn : "La Vie privée d'Elisabeth d'Angleterre". Je pense qu'elle a aimée avec sincérité Essex, sans doute autant que Dudley, et il lui en coûta de signer son acte de condamnation. Ceci ranime le vieux débat sur les prétendus amants ; elle en a eu c'est certain et elle aimait les jeux amoureux, mais elle se devait de se consacrer avant tout à son royaume, et n'avait pas le temps pour enfanter. Ne disait-elle pas : "Je suis un roi et non une femme".

Bref, tout ça pour dire que cet album peut n'intéresser que moyennement le grand public ou le lecteur moyen, la cible est celle des passionnés comme je l'ai dit, car le travail fait est quand même très louable et sérieux.
Le dessin m'a semblé meilleur que sur Mao Zedong et même Jaurès, les premières planches sont plus réussies que celles de la fin d'album, c'est un dessin sans génie mais correct qui souligne bien les années qui passent sur le visage d'Elisabeth, je regrette qu'il n'y ait pas plus de vues d'ensemble, comme celles du couronnement à Westminster, de la déroute de l'Invincible Armada, ou la dernière image qui semble mélancolique avant la mort.
Un bon album, digne de cette collection, mais qui manque de souffle.

Nom série  Talisman  posté le 27/09/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Dès le tome 1, on est attiré par cette histoire qui se révèle mystérieuse et pleine d'interrogations. A priori, c'est un récit d'enfance qui s'adresse à un public d'ados rêveurs et mélancoliques, d'ailleurs j'ai trouvé cette série au rayon jeunesse de ma médiathèque.

Tout est mis en oeuvre pour que les jeunes lecteurs puissent s'identifier aux petits héros de cette aventure fantastique. Un fantastique onirique qui explore un monde imaginaire et magique, rempli de sorcières et de créatures chimériques. Mais le degré de maléfices n'est pas trop poussé pour ne pas effrayer ou dégoûter son lectorat, il reste toujours dans un créneau de merveilleux où le mal est en surface.

Le personnage principal de Tara, la fillette qui veut sauver son père d'un coma suite à un mauvais sort, est bien cerné, de même que son petit copain Tom, et les adultes également. On les voit même plus jeunes à l'âge adolescent. A cet aspect fantastique s'ajoutent d'autres thèmes comme l'amitié, la rivalité amoureuse, l'aventure mystérieuse, la comédie, les chamailleries entre ados, les énigmes à résoudre...
Le côté rapide et bien mené domine, il n'y a pas de temps morts, d'atermoiements ou de creux dans ce récit, et je trouve même que tout se succède à une cadence plutôt accélérée vers la fin, avec un peu trop de rebondissements. Mais on peut oublier ces détails devant cette lecture sans ennui qui reste très plaisante, c'est le principal.

Ce qui m'a conforté dans l'intérêt de cette série, c'est aussi le dessin, j'ai beaucoup apprécié ce côté lisse et fluide, très soigné que j'avais déjà relevé sur Curiosity Shop, série qui ne m'avait pas plu, mais ici, le dessin se marie très bien à cette ambiance fantastique qui peut plaire aussi à un public adulte, en dépit d'un sujet peu original au départ.

Nom série  Sales mioches !  posté le 25/09/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Voici une série très sympathique que j'ai trouvée dans la partie jeunesse de ma médiathèque, mais qui peut plaire à un adulte, la preuve. Je l'ai trouvée très rafraîchissante et très agréable à lire, bien élaborée dans son environnement, par ses personnages typés et son décor lyonnais des années 60 avant la disparition des terrains vagues.
Né à Lyon, Berlion a eu plus de facilités pour reproduire le décor des quartiers de sa ville natale, et dans l'approche des mentalités et de son folklore populaire.

Ses 4 gones constituant la petite bande de chapardeurs et de galopins sont très attachants et forment une intéressante association avec le vieux brocanteur surnommé L'Elégant, philosophe et généreux, qui est aussi un peu receleur et qui achète le produit de leurs rapines.
Pour une fois, Corbeyran ne dérape pas et tisse des histoires bien troussées, palpitantes et originales, toujours liées à quelques sombres affaires lyonnaises, où ses gosses des rues sont confrontés à des individus bien plus dangereux qu'eux.

La narration est le plus souvent rapide et bien rythmée, j'aime ce style et j'aime ce côté nostalgique plein de tendresse donné à la série, sur un mode de vie et de fonctionnement révolus. On peut voir "Sales mioches" comme la version urbaine de la précédente série du duo d'auteurs, Le Cadet des Soupetard qui elle, se déroulait en milieu rural, mais je trouve "Sales mioches" plus réussie par son approche plus humaine, et mieux pensée, Corbeyran ayant su trouver des détails plus typés et une ambiance pleins de générosité, notamment les traboules (un truc typique de la ville) et le parler populaire lyonnais.

Berlion dessine de belle façon sa ville de Lyon, avec justement ses traboules, et ses personnages ; je préfère nettement ce type de graphisme à celui qu'il adoptera plus tard sur Tony Corso et d'autres Bd que j'ai lues de lui comme Garrigue, où son dessin est plus approximatif, moins appliqué, c'est une chose qui m'étonnera toujours chez certains dessinateurs, un peu comme une régression, alors qu'en principe, lorsqu'un dessinateur débute, son dessin est plus fébrile et il s'améliore en suivant pour atteindre parfois des sommets, il suffit de voir Marini, Delaby ou même des anciens comme Franquin et Uderzo...

Je n'ai lu que les 5 albums dessinés par Berlion, je ne pense pas lire les autres, mais c'est une bonne série divertissante à fond social.

Nom série  La Règle du jeu  posté le 23/09/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Que dire encore sur ces reprises par Mosquito sur ces histoires de Serpieri que je n'ai pas dit dans mes autres avis sur les précédents albums ? Des histoires qui ne peuvent évidemment que me ravir, étant passionné de western et par le monde indien. Tout comme Serpieri et Derib qui restent des auteurs ayant consacré leurs Bd à ces peuples ; on sent que Serpieri les aime.

2 récits seulement ici, donc plus étoffés, parus en Italie dans Lancio Story en 1978 et 80, mais que j'ai déjà lus car ils figurent dans d'autres albums publiés chez d'autres éditeurs.
Le premier titré "Porter le coup" s'attache à une coutume indienne qui symbolise la bravoure d'un guerrier ; c'était très important un premier coup sur un ennemi, ça valorisait un jeune guerrier auprès de ses aînés, et ça se traduisait souvent selon les tribus par le langage des plumes. Ce récit est une histoire de vengeance au dénouement tragique entre tuniques bleues et Cheyennes, j'ai adoré.

Le second qui donne son titre à l'album, est une histoire sur le Pony Express, avec une ironie du sort implacable et une chute qui vous cloue au sol. J'ai lu ce récit ailleurs il n'y a pas très longtemps, ça m'a énormément marqué par sa fin.

Je reste émerveillé comme toujours par le visuel, le dessin de Serpieri est d'une force incroyable avec son crayonné magique à l'encrage épais, qui compose des images chargées et foisonnantes où il excelle dans les gros plans de visages burinés. Comme chez Derib, on sent une vraie passion pour le monde indien chez Serpieri, bref, c'est vraiment splendide !

Nom série  Geronimo (Matz/Jef)  posté le 23/09/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Figure emblématique de la race indienne en général, et de la tribu Apache, symbole de la lutte contre les Blancs, défenseur acharné de la liberté pour son peuple, Geronimo méritait bien un bel album en BD, en l'occurrence un album de moyen format dont l'épaisseur compense ce format un peu hybride.

Je dois dire que je n'ai rien appris de nouveau sur ce personnage puisque j'ai lu plusieurs biographies, et même les "Mémoires de Geronimo", petit ouvrage réédité en 1977 chez Maspero, écrit au seuil de sa vieillesse alors qu'il avait cessé tout combat. Inutile de dire que je conseille cet ouvrage à tous les passionnés comme moi du monde indien. Il y raconte toute sa vie, son combat perpétuel et même l'origine de la nation Apache. J'ignore si les auteurs se sont inspirés de ce livre, mais dans cet album, le récit prend à la source quand Geronimo n'était encore que Goyatleh (ici, nommé Goyahkla) auprès du vieux chef Mangas Coloradas (ainsi nommé parce que sa tunique avait des manches rouges).

Toute sa vie sera celle d'un révolté, sa lutte continuera auprès de Cochise, et tout commence par le massacre de sa famille par les Mexicains, peuple que Geronimo va combattre farouchement et souvent de façon sanglante, sa vengeance sera continuelle, la plaie trop béante. Il se trouve ensuite un nouvel ennemi avec le gouvernement américain (qu'il nomme "les yeux clairs" pour les différencier des Mexicains). Washington ne peut en effet tolérer un tel débordement et une telle insoumission. C'est alors l'épisode de la trahison ignoble de Bascom sur Cochise, qui servit en passant à Charlier de point de départ à la saga Blueberry en 1963.

Les auteurs ont le temps d'explorer d'autres épisodes comme celui de la réserve, où affamés par les soldats, les Apaches s'évadent et reprennent la lutte. Le piège d'Apache Pass est évoqué de façon plus succincte, je le regrette car c'est l'un des massacres les plus effroyables des guerres indiennes. Puis c'est la reddition finale au général Miles, et l'épilogue dans le train pour la Floride, qui est plein d'amertume en même temps qu'il reflète la fourberie de l'homme blanc, et les promesses non tenues ayant accablé la nation indienne qu'il n'a jamais respectée.

Tout ceci est bien conté, sur un plan historique instructif pour les néophytes, car à travers la destinée de Geronimo, ça raconte le mensonge pratiqué par les Blancs envers ces peuples, et une partie du génocide indien en général.
Le dessin est très bon, il y a de belles images, le visage de Geronimo est respecté et conforme aux photos que l'on connait de lui, de même que la mise en page est dynamique, notamment lors des scènes de massacre, et j'ai bien aimé les différents formats de cadrages ; d'ailleurs l'album s'ouvre par une très belle pleine-page. Seule la couverture me semble moyenne.

Nom série  Androïdes  posté le 18/09/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Le premier truc qui me dérange c'est les lettrages vraiment trop petits et incommodes, mais passé ce détail, l'univers m'a bien plu malgré mon peu d'intérêt pour la SF en général. Je précise cependant que je n'ai pu lire que les 2 premiers tomes, ma médiathèque n'ayant pas les autres, et je n'ai plus le temps d'aller voir dans les autres que je fréquentais avant. Mais c'est pas grave puisque cette série concept aligne des albums totalement indépendants les uns des autres.

Bon, la SF reste la SF, c'est un univers où je navigue moins à l'aise que dans l'historique ou le western, mais ici, l'expérience s'avère intéressante. Le mot d'ordre concerne la robotique et s'appuie sur l'oeuvre d'Asimov qui est cité dans les pages de garde, avec les 3 lois sur les robots. Je n'ai pas une grande expérience du genre et de cet auteur, mais j'avais lu étant ado quelques-uns de ses ouvrages, je suis donc capable de voir l'influence.

J'ai trouvé les scénarios de ces 2 tomes bien élaborés et plutôt captivants à lire, un polar futuriste au sein d'un environnement très technologique pour le tome 1, un long voyage odysséen pour le tome 2, qui garde en plus une petite touche d'émotion, c'est assez rare en science-fiction. J'ai préféré cet album qui se termine sur une Terre post-apo et qui possède un scénario plus linéaire qui me convient mieux en tant que lecteur peu familier de science-fiction et d'anticipation ; je trouve que la réflexion s'impose au détriment de l'action, j'ai aimé cette approche.

Voici donc 2 bons albums, au visuel et à l'environnement intéressants, et si l'opportunité m'est donnée de lire les albums suivants, ce sera avec plaisir.

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