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... a posté 1480 avis et 325 séries (Note moyenne: 2.97)

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Nom série  Hors-d'oeuvre  posté le 03/06/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Ce hors-d’œuvre m’a rapidement mis l’eau à la bouche. La lecture de quelques strips à chaud (et au hasard) m’a rapidement convaincu de la nécessité et du bien-fondé de son acquisition par acte d’achat compulsif.

Bon, à froid, et après lecture de l’ensemble, le soufflé est quelque peu retombé. Je m’attendais à un petit délire autour des icônes de notre jeunesse. Mais c’est finalement assez fourre-tout et pas très structuré. Alors oui, il y a des situations bien senties, de l’humour décapant, voire cynique mais c’est très inconstant et inconsistant. Le dessin, par contre, est sympa … j’aime. Le prix ? bah celui qui achète ce genre d’album n’y est pas trop regardant …

Ma côte réelle : 2,5 (la moyenne, pas plus).

Nom série  La Proie (Glénat)  posté le 03/06/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Voici un album digne de figurer parmi les œuvres oubapiennes.

La contrainte ? Réaliser un récit s’étalant sur 1000 pages et 10.000 cases, histoire de fêter les 5 ans de la collection 1000 feuilles.

Le récit ? Un naufragé (topuf) échoue sur une ile peuplée d’êtres bizarres (infectes, caveroles, etc). On voit en lui l’élu pour la réalisation d’une prophétie. S’en suit un long chemin pour Topuf comme pour le lecteur.

Mon avis ? Pas mal, mais dire qu’il n’y a pas de longueurs serait mentir. C’est digeste à petite dose. J’ai mis un mois pour le finir (c’est pas avec cet album que je vais booster mes stats). J’ai apprécié l’inventivité de l’auteur, notamment avec cette myriade de peuplades pas foncièrement méchantes mais craintives et curieuses. Le chemin vers la Pire-Ainée est long … mais on y arrive enfin. La construction du récit en soi est très (trop) classique avec son petit lot de révélations sur la fin. Mais il vaut davantage le détour pour la performance que pour son originalité. Il y a quand même des touches d’humour, un peu de philosophie et énormément d’humanité, raisons pour lesquelles j’ai fini par y avoir un certain attachement. Le trait est typique de l’auteur, simple, sans fioritures, direct. A noter une édition soignée avec couverture toilée. Reste une question en suspens : le choix du titre. J’aurais plutôt vu « l’élu » que « la proie ». Mais ça aurait fait sans doute moins vendeur.

A réserver aux curieux fortunés ou aux indécrottables comme moi. Mais 49 euros, ça reste un prix. Plutôt à découvrir en bibli …

Nom série  P38 et bas nylon  posté le 06/07/2005 (dernière MAJ le 30/05/2014) Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Après les très décevants Château Montrachet et "Miracle de la vie", voici enfin un album en solo qui me réconcilie avec l’auteur. C’est pas si mal en fin de compte, voire même à la limite du recommandable. Cette parodie des "drôles de dames" est plutôt sympathique dans le genre. Ces minis enquêtes sont surtout prétexte à tourner en dérision Mister Sherlock et ses filles dans une atmosphère complètement burlesque. De plus, les dessins de Clarke sont vraiment chouettes, comme toujours, ce qui ne gâche rien! A lire donc . . .

MAJ
... et après relecture, je revois ma note à la baisse. Il y a quelques situations amusantes mais cela reste très anecdotique (trop sans doute) et l'ensemble se révèle assez moyen. La limite du recommandable n'est finalement pas atteinte ...

Nom série  Pendant que le roi de Prusse faisait la guerre, qui donc lui reprisait...  posté le 01/05/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Pour qui connaît l’univers de Zidrou, il ne sera pas dépaysé. Il ne sera pas blasé non plus.

Tout le talent de l’auteur se résume en une phrase : arriver à jouer sur les sentiments en évitant de tomber dans le pathétique. Tout est donc une question de dosage des plus subtiles. Et cette tranche de vie racontée en toute simplicité est des plus touchantes. On suit le quotidien d’une maman (qui à l’âge d’une mamy) qui se dévoue corps et âme pour son fils handicapé. Le récit est une succession de scènes anodines qui fait la part belle à l’expression de sentiments contrastés mais si vrais. A noter que le trait de Roger accompagne à merveille ce récit. Bref, sensibilité et tendresse au rendez-vous.

Laissez-vous aussi porter cette histoire … A déguster par exemple avec un Whisky Glenrothes select reserve (simple mais attachant).

Nom série  Boskovich  posté le 01/05/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Après avoir replongé dans ses Histoires alarmantes, je me suis laissé tenter par une autre lecture de Cossu. Je précise que je n’ai lu que le premier opus Boskovich et la Porte du Grand Mhoï qui est constitué de 3 histoires complètes dont la première (et la plus conséquente) a donné le titre à l’album.

J’ai bien apprécié l’univers de l’auteur mais j’avoue que le sens de l’histoire m’a complètement échappé. Bref, j’ai pas tout compris, ‘faudra qu’on m’explique. Par contre, les deux autres courts récits, dans la lignée des Histoires alarmantes, m’ont davantage parlé. Le trait de cossu a quelque chose de plaisant à l’œil mais les couleurs sont passées.

Bref, un premier tome qui ne me donne pas envie de lire le second, ce qui est aussi un signe …

Nom série  Soufflevent  posté le 08/04/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Ce premier opus pose les jalons d’un récit prometteur.

Toutefois, je garde une certaine réserve quant au scénario qui ne m’a pas totalement porté. Il n’y a rien de bien original à se mettre sous la dent pour le moment. Mais gageons que la scénariste en garde sous le coude pour sortir des sentiers battus. Pour cela, je fais confiance au crédit accordé par David Chauvel et au flair de Spooky. Concernant les dessins, soyons clair, c’est ce qui m’a poussé à cet achat compulsif. La galerie parle d’elle-même. Ca se passe de commentaires.

Une série à suivre et qui, je l’espère, ne décevra pas …

Nom série  Zéro pour l'éternité  posté le 01/04/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Zéro pour l’éternité est un manga qu'il me tardait de lire.

La guerre du pacifique est surtout documentée du côté allié avec, bien souvent, une caricature grossière réduisant l’aviateur japonais à un kamikaze illuminé. Cette série se propose de faire écho d’un autre son de cloche en nuançant cette caricature. Certes, ce suicide programmé à grande échelle ne se retrouve pas, à ma connaissance, dans les autres factions belligérantes, mais les kamikazes n’avaient pas tous envie de mourir. L’envie de vivre était aussi très présente. Alors, comment expliquer ces sentiments contradictoires ? C’est ce que tente de faire ce manga en retraçant le parcours de Miabe, aviateur de la marine impériale, mort en kamikaze les derniers jours du conflit.

Miabe est le grand-père de Kentaro, jeune Japonais lymphatique que rien n’intéresse. C’est suite à la demande rémunérée de sa sœur qu’il va commencer son enquête sur ce grand-père qu’il n’a forcément pas connu. A travers diverses rencontres avec des hommes ayant côtoyé Miabe, Kentaro va petit à petit se réveiller et s’impliquer personnellement pour mieux connaître le vrai visage de son grand-père. On découvre donc des bribes de l’histoire de ce héros atypique au gré des rencontres. Le premier écho est celui d’un pleutre qui se débine à la première escarmouche et qui tient davantage à sa vie qu’à sa patrie. Ce cliché sera, vous vous en doutez, nuancé au fil des tomes. Ce manga est aussi l’occasion de découvrir les grandes batailles du pacifique (Pearl Harbor, Midway, etc.) et le déterminisme des Japonais endoctrinés par un Japon impérial qui n’avait jusqu’alors jamais connu la défaite dans les conflits auxquels il avait participé. Pearl Harbor a été le seul succès de l’aviation impériale, bien qu’il ait davantage touché le moral des Américains plutôt que leur flotte navale. On y apprend aussi quelques tactiques de formation pour le combat aérien mais, finalement, ce manga se révèle peu technique en la matière et c’est tant mieux. Car le dessein de cette série, c’est de voir qui se cache derrière Miabe et non les entrailles de son coucou.

D’emblée ma lecture laissait présager d’une série en deçà de mes attentes, tant le personnage de Kentaro m’insupportait. J’avais davantage envie de lui flanquer des baffes (à la Obélix) et des coups de pieds à son postérieur que de le suivre dans ses recherches, les pieds trainant au sol. Certaines redondances ont aussi eu le don de m’agacer. Bref, j’ai failli en rester là mais comme j’avais les 5 opus … j’ai continué. Heureusement, la suite s’est révélée être bien plus prenante (en même temps l’envie de lui botter les fesses diminuait au fur et à mesure que Kentaro se réveillait). Ce récit s’est révélé à la fois intéressant et instructif. Le visage de Miabe, tel une couverture mystère de BDThèque, finit par se dévoiler totalement (quitte à attendre le lendemain). Et le final réserve encore son lot de surprises. Bref, la lecture est chaudement recommandée mais il faut passer le cap du premier opus.

A noter que plusieurs réflexions très intéressantes sont menées autour de sujets annexes dont (1) le rôle de la presse japonaise dans l’endoctrinement de masse pour l’éveil à un patriotisme fanatique (je trouve le propos juste et de portée universelle) et (2) le lien entre kamikaze et terroriste (avec en toile de fond le 11 septembre).

Côté dessin, c’est de la bombe ! Tel un kamikaze se jetant à corps perdu sur un porte-avion, ça déchire. Plus sérieusement, je trouve le trait de grande qualité. Le dessin des batailles aériennes est à couper le souffle. Un bémol toutefois, la présence (heureusement peu nombreuse) d’expressions faciales exagérées avec des lignes d’effroi qui dénotent avec le sérieux du manga. Un peu comme si un Bisounours surgissait d’une case de Buddy Longway. Ca l’fait pas trop.

Autre bémol, mais à l’encontre de l’éditeur cette fois. J’ai constaté à plusieurs reprises des mots oubliés dans les dialogues ainsi que des mots collés entre eux. Ca n’entrave pas la lecture mais ça fait tache. On voit que la crise est partout et, manifestement, l’éditeur n’a pas jugé utile de faire les frais d’un relecteur. Je ne félicite donc pas Delcourt pour le coup.

A noter aussi un bref rappel historique à la fin du premier opus. C’est instructif mais on en apprend tout autant avec wikipedia. Enfin, la pub pour des mangas, qui n’ont rien à voir avec le sujet en fin de chaque album, m’a passablement énervé. Je ne suis décidément pas habitué à ce genre de pratique.

Une série à lire, voire à acquérir pour qui le sujet intéresse, mais qui n’a malheureusement pas bénéficié du sérieux auquel il aurait pu prétendre de la part de l’éditeur. Les défauts précités m’empêchent donc de mettre plus de 3 étoiles. Mais avec un coup de cœur quand même …

Série à feuilleter avec un whisky Nikka ou mieux : un Ichiro’s Malt. ^^

Nom série  Terra Australis  posté le 07/03/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
C’est un pavé.
Non pas un pavé dans la mare (quoique, dans l’océan peut être) mais un pavé tout court.
Enfin, de 500 pages quand même …

Cet album est le fruit d’un travail de longue haleine et de minutie pour retracer la petite histoire qui fit entrer la colonisation de l’Australie par les anglais dans la grande histoire. C’est un pari fou relevé de main de maître par Bollée et Nicloux. La narration et le découpage bénéficient d’une attention particulière. Bollée soigne son récit pour le placer au plus près de la réalité tout en maintenant l’intérêt du lecteur sans cesse en éveil. On ne suit pas l’aventure de ces hommes, on la vit. Le découpage est également à l’avenant en incluant des cases plus aérées permettant de profiter pleinement du talent graphique de Nicloux. Garder une telle constance sur 500 pages ne peut qu’être saluée. Quant au récit, si l’origine de la nation australienne moderne m’était connue, les motivations profondes et la manière dont cela s’est passé l’étaient beaucoup moins. C’est prenant, enrichissant, captivant … De la grande aventure, et du grand art offert par les auteurs. Cette aventure humaine hors norme n’avait encore jamais eu les honneurs d’un pareil ouvrage. C’est maintenant chose faite.

Une lecture à savourer lentement avec un whisky « Hellyers Road » pour se mettre dans l’ambiance.

Nom série  Les Naufragés d'Ythaq  posté le 02/03/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J’ai acheté la série depuis ses débuts et je viens de lire dans la foulée les 9 premiers opus constituant le 1er cycle.

Si j’ai investi dans cette série, c’est davantage en raison de Floch que d’Arleston. J’ai beaucoup apprécié ce qu’il a fait sur Slhoka. Sans trop en dévoiler, je dirais même que la trame de ces deux séries présente bien des similitudes. Après des débuts prometteurs, la série montre un essoufflement tangible et persistant avant que le final vienne mettre un terme à cette longue agonie en rattrapant partiellement le coup. En fait, le cœur du récit tient en 3, voire 4 tomes. La série aurait donc gagné en intensité et homogénéité si elle eut été raccourcie. Une série honnête donc, qui pêche par son manque d’originalité et sa longueur. Côté dessin, le trait de Floch me parait de moins en moins séduisant au fil des tomes. Dommage qu’il ait abandonné "Slhoka" pour "Ythaq".

Pas un flop (quoique) mais pas un top non plus. Un emprunt en bibli suffit amplement, sauf si vous avez des sous à jeter par la fenêtre …

Nom série  Deadline  posté le 12/02/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Ce one shot est difficile à noter.

J’ai globalement apprécié ma lecture mais je bute sur un je-ne-sais-quoi. Il y a comme une incohérence, quelque chose qui sonne faux et qui, du coup, fait perdre de la crédibilité au récit. Difficile d’en dire davantage sans spoiler. Ceux qui ont lu la bd me comprendront peut être … Reste que, hormis cette anicroche, l’histoire se suit avec intérêt car elle imbrique l’histoire dans l’Histoire sous un angle osé et neuf. C’est finalement une histoire de vengeance inédite pour un western. Côté dessin, on ne présente plus Rossi. Son trait était le moteur de mon achat.

Un récit culotté donc, et quelque part salvateur, mais pas totalement convaincant.

Nom série  La Guerre du Professeur Bertenev  posté le 12/02/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
C’est marrant mais j’avais lu cette bd il y a un temps et je n’en avais plus de souvenirs précis. Une relecture salvatrice m’amène donc à rédiger ce présent avis.

Le trait fin et faussement hésitant, associé à des aplats de couleurs chatoyants, ferait presque oublier qu’il y est question de guerre. Oh, pas la grande guerre mais la guerre de Crimée opposant une coalition franco-anglo-ottomane contre la Russie. Il y est peu question de bataille finalement (hormis au début), l’auteur préférant se focaliser sur le traitement particulier réservé au soldat russe Bertenev durant sa captivité. Capturé par les Britanniques alors qu’il désertait son poste, Bertenev est interné dans un camp où il subit l’ire de ses camarades pour désertion. Son érudition et sa connaissance de l’anglais vont lui permettre d’avoir un traitement de faveur. Paradoxalement, ce qu’il redoute le plus, ce n’est pas la guerre en soi mais plutôt le moment où elle se terminera. Car peu importe le vainqueur, ses camarades ne manqueront pas de lui faire sa peau pour désertion et trahison. Il règne donc une atmosphère particulière, faite de petits moments que le professeur vit de manière épicurienne afin de ne pas penser au lendemain. La relation qui s’instaure avec le gradé anglais va évoluer du simple respect à une amitié franche et sincère.

C’est très agréable à suivre. Plus qu’un récit de guerre, nous nous trouvons face à une aventure humaine de très belle facture.

Nom série  Animal lecteur  posté le 10/05/2010 (dernière MAJ le 12/01/2014) Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Je me délecte d’animal lecteur à raison d’un strip par semaine depuis qu’il a fait son apparition dans les pages de Spirou.

Libon est un auteur complet que j’apprécie autant pour son humour que pour son dessin. Ici, il s’est associé à Sergio Salma pour fournir de la matière à ses crobars. Les strips, mettant en scène les aléas de la vie d’un libraire, font mouche quasi coup sur coup. Il y a de temps à autre un strip moins percutant mais l’ensemble se révèle d’un niveau très très bon (surtout pour les zygomatiques !). A mon avis, l’art du strip est un art des plus difficiles car tout doit tenir en quelques cases. Pari réussi pour Salma et Libon !

Bref, je suis agréablement surpris de voir une parution en album de ces strips destinés initialement à égayer les pages d’un magasine bd ... si seulement le prix eu été en adéquation avec le format.

Chaudement recommandé donc, mais seulement à la lecture car achat dispensable en raison de son prix prohibitif ! 14.50€ pour un format qui en vaut 8 ou 10 tout au plus, c'est du foutage de G. ...

Nom série  Colt Bingers l'insoumis  posté le 06/01/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Ouch … c’est du lourd. Mais du bon, du désopilant, de l’excellent même !

Colt Bingers, c’est un pastiche tellement énorme de l’américain type que ça le rend encore plus crédible. Sous forme de courts chapitres, on suit Colt Bingers, ancien flic ayant remis son étoile, dans sa traque sans pitié du meurtrier de sa femme … un borgne unijambiste. Et sa traque en Harley va faire du grabuge. Après tout, on ne fait pas d’omelettes sans casser des œufs. Le ton feuilletonnesque de cette fresque folle, alliant parodie de séries télés et situations absurdes, est bien décortiqué par Jetjet. Bref, voici une caricature des déviances d’une nation qui est bigrement bien foutue.

C’est énorme mais tellement vrai … Très très réussi !

Nom série  Clara (Le Lombard)  posté le 06/01/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Il existe quelques bds sur la même thématique. Mais Clara s’en distingue je trouve par son côté car abordé sous l’angle du ressenti de l’enfant.

La perte d’un être proche est toujours une épreuve, qui plus est lorsque c’est son papa ou sa maman et qu’on est enfant. Car plus que la douleur, c’est l’incompréhension qui envahit l’enfant face à la mort qui reste pour lui une notion abstraite. La grande force des auteurs est de nous montrer ce pénible moment sous le regard de l’enfant, en l’occurrence de celui de Clara qui vient de perdre sa maman. Le ton est juste, pas forcément sombre ou mélancolique. Clara cherche à savoir où est sa maman, ce qui lui est arrivé et elle finira par trouver des réponses grâce à sa famille et surtout grâce à son imaginaire.

Bref, un album destiné à tous et idéal pour aborder un tel sujet. A figurer en bonne place dans toutes les bibliothèques.

Nom série  Christ  posté le 06/01/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cette bd m’a fait de l’œil. Il faut dire que le trait de Pascal Croci a quelque chose de fascinant, presque hypnotique. Passé à côté lors de sa sortie, je rattrape le coup en le dénichant par hasard dans un bac à occaz.

Le titre donne le ton. Il y est en effet question de Jésus, ou plutôt d’une parabole le concernant (celle de la prostituée) dont un parallèle est réalisé avec un épisode plus contemporain. Au départ, je me demandais où l’auteur voulait en venir. Le final, fort heureusement, rassemble les morceaux même si ça reste un peu bateau. La lecture se révèle déroutante et je peux comprendre que certains soient déçus (voire davantage), surtout si la religion leur donne de l’urticaire. Bref, voici un récit contemporain sur la rédemption s’appuyant sur un relationnel "père-fille" des plus explosifs qui ne laissera pas indifférent. Côté dessin, Croci assure même si un petit bémol peut être exprimé par rapport à la morphologie masculine trop féminisée.

Une lecture qui nécessite de laisser ses aprioris de côté.

Nom série  Lueur de nuit  posté le 31/12/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Des bruits ont couru que OG boiscommun déposait ses crayons après La Cité de l'Arche. Puis, Ô surprise, on le retrouve avec un nouveau one shot …

Mais que vaut-il ? Objectivement, en mettant de côté mon admiration pour le travail de cet auteur, la réponse est : pas grand-chose. C’est en effet une réelle déception tant au niveau graphique que narratif. Dans l’absolu, les planches sont belles mais OG Boiscommun est un ton en dessous de ce qu’il est capable de faire. Certaines cases sont loupées et le travail sur la couleur méritait, par moment, davantage d’application. On sent qu’il ne force pas sont talent. Au regard de ce qu’il nous a déjà montré, on ne peut être que déçu. OG Boiscommun a de bonnes idées mais il a du mal à les mettre en musique. Il lui manque un chef d’orchestre pour transcender son récit qui démarre de manière archi-convenue, se développe poussivement et nous laisse sur notre faim car le cœur de l’histoire n’est qu’esquissé. Bref, voici un récit faible qui n’aurait certainement pas été publié s’il avait été écrit par un auteur débutant. Un nom fait vendre, c’est une évidence.

J’ai l’impression de me trouver face à un travail de commande. A réserver pour les fans absolus de l’auteur.

Nom série  Charly 9  posté le 30/11/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Bravo !

Guérineau, connu pour ses stryges, signe ici un album en solo en adaptant un récit de Jean Teulé. Découpage, narration, dialogues, dessins, colorisation … et un seul homme pour tout faire. Chapeau !

La première chose qui frappe, c’est le dessin. L’auteur personnalise son trait en lui donnant une âme, une profondeur qui lui faisait défaut précédemment, et cela, au service d’une histoire sombre et cynique à souhaits. Il adapte les tonalités de ses planches aux passages contés. Il y a une réelle alchimie entre texte et dessins qui ne peut exister que dans la main d’un seul homme. Grâce à ce one shot, je découvre la vie de Charles IX, qui s’est fait tristement connaître par le massacre de la St Barthélémy dans un contexte de guerre des religions (protestants vs catholiques). C’est un réel tour de force que de proposer de suivre la décadence d’un homme important pour son époque sans hachures ni heurts dans les séquences. La lecture reste fluide (comme le sang) et prenante de bout en bout. A noter quelques clins d’œil et un final sur mesure.

La dimension psychologique du personnage, ses tourments, ses doutes, sa folie, ses moments de lucidité sont admirablement rendus. Du beau travail … du grand art ! Et, curieusement, c’est sans ses créatures ailées, que Guérineau prend son envol comme auteur complet (et avec brio !). Une réelle découverte !!

Une œuvre culte, tout simplement.

Nom série  Camus (Entre Justice et Mère)  posté le 28/11/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
De Camus, je connaissais vaguement ses œuvres, pas l’auteur. Cet album comble cette lacune en retraçant, non pas son parcours littéraire, mais l’homme, sa vie, ses combats, ses racines.

Et le moins qu’on puisse dire, c’est que c’est fort enrichissant. Camus a vécu une enfance difficile dans les quartiers pauvres d’Alger où sa grand-mère le destinait à travailler tôt pour palier à l’absence de son père tombé dans les bourbiers de 14-18. Il doit son salut à un professeur qui a cru en lui. La dernière guerre mondiale et le conflit algérien d’indépendance continueront de forger son militantisme. Finalement, on se rend compte que Camus est bien davantage qu’un écrivain : c’est un touche à tout visionnaire (journalisme, politique, …) qui est resté fidèle à sa terre natale. Bref, son ascension sociale et sa renommée ne l’ont jamais éloigné de ses origines modestes. Le découpage et la narration sont exemplaires. Il faut souligner que José Lenzini est, parait-il, un camusien renommé qui a déjà écrit plusieurs livres sur le sujet. Le récit est charpenté autour du discours de Camus, donné à l’occasion du prix Nobel de littérature reçu en 1957, et entrecoupé par des séquences de sa vie (de sa naissance à sa mort accidentelle) racontés par sa mère. Côté dessins, Laurent Gnoni, que je découvre, propose des planches très lumineuses de qualité. Son trait délié, qui s’efface par moment au profit d’aplats colorés, n’est pas sans rappeler celui de Pellejero.

Bref, un bel hommage pour le centenaire de la naissance de ce grand personnage !

Nom série  Les Ombres  posté le 25/11/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Cette œuvre bénéficie d’une identité graphique forte. Elle en impose aussi par son format hors norme.

L’univers créé par Vincent Zabus est à la croisée des chemins : mi-onirique, mi-réaliste. Le récit relate un sujet malheureusement intemporel : l’exil. Déchirures familiales, traversée du désert, compagnons d’infortune accompagneront un jeune homme et sa petite sœur dans la recherche vaine d’un monde meilleur. La touche onirique omniprésente permet de matérialiser les angoisses et peurs de ces indésirables. C’est un récit intense, rude, sans concession qui décrit le vécu de ces exilés. En faisant évoluer les protagonistes dans un monde vierge de tout repère, les auteurs évitent de se rattacher à une époque ou à un événement historique particulier. Cette universalité est accentuée graphiquement au niveau du frère et de la sœur par le port d’un masque. Ils restent ainsi des anonymes, des porte-drapeaux des exclus et apatrides.

Très très bel ouvrage !

Nom série  L'Amour ferme les yeux  posté le 25/11/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
C’est le traitement graphique type "carte à gratter" qui a retenu mon attention. Le synopsis a achevé de me convaincre. Et pourtant …

L’auteure dévoile un récit personnel en mettant en images la rencontre improbable de ses parents, l’un d’origine allemande, l’autre américaine, quelques années après la dernière guerre mondiale. Il me semblait donc tenir là un album particulièrement intéressant qui soulève plusieurs questions : est-il possible de réconcilier des ennemis d’hier ? Est-ce que les enfants doivent endosser une quelconque responsabilité des actes de leurs parents ? Malheureusement, ces questions ne sont qu’effleurées. La narration est originale car elle suit celle d’un album photo qu’on ouvre, qu’on feuillette, puis qu’on referme. Mais cette originalité est aussi sa faiblesse car j’ai l’impression d’avoir entre les mains un album photo familial avec des annotations et non une bd.

Bref, si l’idée était intéressante, la concrétisation laisse à désirer.

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