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Nom série  Un tout petit bout d'elles  posté le 17/10/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Le sujet de l'excision est fort, sensible, c'est un véritable fléau qui ravage l'Afrique, mais pas seulement. Zidrou s'en est emparé, avec des personnages assez touchants, des situations fortes et une trame de fond plutôt bien menée.

Mais c'est un peu dommage que l'image donnée soit aussi tranchée, que les personnages secondaires ou tertiaires soient aussi caricaturaux. Vraiment dommage.

Raphael Beuchot semble étendre sa gamme stylistique sur cet album, d'un style semi-réaliste un peu maladroit à d'autre séquences franchement élégantes. c'est un peu déstabilisant, on a l'impression que deux auteurs se sont relayés sur le dessin.

Pour le reste, c'est un album franchement pas inintéressant, qui permet d'approcher ce thème difficile qu'est l'excision.

Nom série  Beyond Evil  posté le 12/08/2016 (dernière MAJ le 16/10/2016) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Petit coup de coeur avec cette série courte publiée chez Kazé.

Nous sommes avec un lycéen qui est déjà un dur, et qui va se retrouver lié à un homme, ou plutôt une créature ressemblant à un homme, qui va lui ouvrir les portes de la perception, et utiliser son potentiel de façon explosive. Mais rien ne va se faire facilement, et le scénariste place sur la route des deux partenaires différents adversaires. On est dans une ambiance étrange, où rien n'est vraiment clair, ni sur la nature de ces créatures, ni sur ce qu'attend Viktor du lycéen... C'est intriguant, et la fin prochaine du manga risque de laisser une certaine frustration quant aux explications au compte-gouttes, d'autant plus que le tome 3 introduit une nouvelle dimension au personnage principal...

Le tome 4, conclusif, ne ferme pas tout à fait la porte à une suite. Il reste en effet plusieurs personnages principaux, et tous les enjeux ne me semblent pas résolus. Les démons n'ont qu'à bien se tenir...

Le dessin d'Ogino est quant à lui assez dynamique, on le sent motivé par cette histoire pas comme les autres...

Plutôt prenant, donc.

Nom série  Black Clover  posté le 19/08/2016 (dernière MAJ le 15/10/2016) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
C'est une histoire d'apprentissage dans un environnement fantasy comme il en existe plein, avec un petit gars qui part avec moins d'atouts que d'autres, mais qui va réussir à faire son trou...

Malgré cet empilement de clichés, j'ai bien aimé ma lecture. Difficile de dire pourquoi, mais les personnages très marqués, l'humour souvent présent et les situations plus ou moins originales ont dû aider... Bien sûr, la fin du premier tome laisse nos héros dans une situation délicate, la suite promet d'être intéressante.

Dans le second tome nos héros partent explorer un donjon à la demande de l'Empereur-Mage, mais ils se rendent vite compte qu'ils ne sont pas seuls, et le récit prend un nouveau tournant, assez inattendu.

Le trait de Yuki Tabata ne sort pas du lot, mais il a l'avantage d'être relativement mature, avec des personnages plutôt matures et bien différenciés. Les scènes d'action sont plutôt plaisantes. Je lirai la suite avec plaisir.

Nom série  Last Hero Inuyashiki  posté le 09/09/2015 (dernière MAJ le 14/10/2016) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Une nouvelle série intrigante, mais qui démarre bien. Imaginez un homme de 58 ans, loser de compétition, détesté par ses enfants, et qui vient d'apprendre qu'il a un cancer en phase terminale, qui fait une rencontre du troisième type qui le transforme à jamais...

La première partie est un peu lente, nous faisant suivre M. Inuyashiki dans son quotidien blême ; et bien sûr c'est tout autre chose après le "contact"... Il devient une sorte de super-héros, mettant ses pouvoirs au service de la veuve et de l'orphelin. Mais il n'est pas seul... Le deuxième tome continue sur la lancée, avec ces deux personnages aux pouvoirs comparables, mais aux comportements très différents, voire opposés. Dans le troisième M. Inuyashiki est le centre de l'attention, puisqu'il décide de poursuivre des yakuzas qui ont le mauvais goût de vouloir poursuivre une jeune femme sans histoires de leur assiduité. Un épisode extrêmement dynamique, avec une séquence au découpage cinématographique, impressionnante.

Dans le quatrième on revient un peu sur Hiro, qui essaie de changer de comportement mais... trop tard. M. Inuyashiki, lui, se découvre de nouveaux alliés. Ces évolutions devraient amener la série vers de nouvelles situations étranges, je suis curieux de lire ça. Dans les cinquièmes et sixièmes tomes, Hiro se met dans une situation inextricable, dont la seule issue semble l'éradication de l'espèce humaine. Mais je n'ai pas l'impression de voir l'intrigue évoluer grandement, gare au surplace.

Intrigant, je l'ai déjà dit. Je veux lire la suite de cette nouvelle série de l'auteur de Gantz.

Nom série  Confessions d'un enragé  posté le 10/10/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Après Le Roman de Boddah, cet album est le deuxième réalisé en solo par Nicolas Otéro (même si le premier est librement adapté d'un roman). Et encore une fois, c'est un album fait avec les tripes. Partant d'une anecdote d'enfance -une morsure par un chat enragé au Maroc- Nicolas Otéro part sur un récit initiatique qui oscille constamment entre réalisme et fantastique.

Il prouve une nouvelle fois qu'il va falloir compter avec lui en tant que scénariste ou auteur complet dans les années à venir, car c'est un récit de colère, de peur, de souffrance. Cette puissance évocatrice est particulièrement présente lorsque le chat prend possession de Liam pour lui faire péter un câble ou pour le faire "mourir". On ne peut pas lâcher l'album, c'est très prenant.

Graphiquement Otéro a encore évolué par rapport à son album sur Kurt Cobain. Il a adouci son trait, l'a rendu moins torturé. On sent l'auteur peut-être en cours d'apaisement, même si la rage qui l'anime s'exprime dans ses histoires. Le travail sur les couleurs, réalisé par son épouse Vérane, est remarquable, car il se montre tout aussi percutant et nuancé que l'histoire.

Un album fort.

Nom série  Amélia, première dame du ciel  posté le 10/10/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
On a une certaine image d'Amélia Earhart, première femme à traverser l'Atlantique en avion, figure féministe, mais guère plus...

Cet album d'Arnü West permet de remettre un peu les choses à leur place. Ils 'agissait d'une jeune femme aventureuse, pleine d'allant et de volonté, qui a repoussé les limites. Une figure féministe, certes, mais aussi un exemple pour chacun(e) d'entre nous. On peut vivre nos rêves, il faut faire preuve de volonté. Bon, dit comme ça, on se croirait dans un film américain, mais Amélia Earhart vivait dans une époque où les possibilités étaient différentes, où il restait encore des territoires à conquérir, notamment le ciel... C'est ce message qu'a voulu faire passer l'auteur, au travers de cette BD très agréable à lire et sans concession.

Graphiquement je trouve les visages des personnages un peu... effacés, mais l'effort a été porté sur Amélia. Les ambiances en dégradés de sepia (brou de noix ?) sont très agréables, cela aide à se sentir à l'aise dans un tel récit. Et quelle superbe couverture...

Un bel album.

Nom série  Mbote Kinshasa - Article 15  posté le 10/10/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Inspiré d'un film dont le réalisateur est aussi le scénariste de la BD, cet album nous raconte la petite aventure de Samuel, un gamin débrouillard qui cherche seulement à aller à l'école. L'accès de celle-ci lui ayant été refusé, il va devoir faire appel à toutes les ressources de l'article 15 pour résoudre le problème. S'ensuit donc une sorte de course-poursuite dans Kinshasa, ses rues colorées, ses habitants gouailleurs, ses combines aussi. Le récit est linéaire, très facile à suivre, et ma foi, assez drôle dans l'ensemble.

On apprend pas mal de choses sur le Congo. l'éditeur, en collaboration avec la société de production du film, a bien fait les choses, puisque l'album se conclue sur des images de tournage, les portraits de quelques petits métiers typiques, ainsi que quelques photos de l'équipe technique du film et de la BD.

Le dessin de Kash est de la pure ligne claire, très fine et colorée, ce qui permet à tous les publics de lire l'album.

Très sympathique cet album. Loin des clichés relatifs à l'Afrique noire, mais pas excessivement rose non plus, il constitue une sorte de bulle de bonheur communicatif.

Nom série  Les Verts !  posté le 28/06/2015 (dernière MAJ le 09/10/2016) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J'avais un peu peur en voyant ce nouvel album, d'avoir droit à une nouvelle série aseptisée, totalement à la gloire d'un club.

Ici le patronage de l'AS Saint-Etienne n'est qu'un prétexte. L'histoire pourrait avoir lieu dans tous les clubs, amateurs et obscurs comme prestigieux. De plus, avec un scénariste comme Frédéric Brémaud on peut s'attendre à quelque chose de différent. C'est le cas ici, la rivalité entre les deux joueurs est traitée avec pas mal de réalisme, il y a quelques petites surprises au niveau du récit.

Dans le tome 2 l'ASSE s'apprête à affronter l'OL, dans un derby bouillonnant. Et bien sûr, le président lyonnais cherche à déstabiliser l'adversaire en essayant de lui piquer son meilleur joueur... Encore une fois le scénario estd ense, assez réaliste, sauf quand les eptites frappes décident d'agir au grand jour.

L'italien Armentaro est un nouveau venu dans la paysage de la BD francophone. Son boulot est très propre, un peu trop même, ça manque de chaleur et de décors parfois.

A réserver aux ados qui s'intéressent au foot, cependant.

Nom série  Mort aux Vaches  posté le 06/10/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Je suis pleinement en accord avec ce qu'a écrit Eric2Vzoul.

Aurélien Ducoudray prouve, au fil de ses albums, qu'il est dans le top 5 des scénaristes de BD actuels. Chacun de ses albums est un plaisir coupable, et il sait diablement bien s'entourer de la jeune vague de dessinateurs parmi les plus talentueux.

Cette fois-ci c'est François Ravard, avec lequel il a déjà collaboré, qui met ses pinceaux au service d'une histoire à la fois drôle et cruelle, une sorte de comédie noire qui rappelle en effet quelque peu des films des années 70, malgré son cadre historique qui se place en plein milieu des 90's... C'est plein de dialogues truculents, de situations bien trouvées, de personnages bien campés, qui se dévoilent petit à petit... Et comme souvent chez le scénariste, la fin n'est pas celle à laquelle on s'attendait.

Côté graphique François Ravard fait des merveilles, il semble totalement dans son élément avec ces atmosphères en niveaux de gris et sa mise en scène au cordeau. Du grand art.

Nom série  Outlaw Players  posté le 09/08/2016 (dernière MAJ le 01/10/2016) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Le pitch de départ n'est pas très original, mais cette nouvelle série, réalisée par le français Shonen, se montre assez vite originale, avec ce personnage principal qui découvre le jeu au fur et à mesure de ses rencontres.

Par contre c'est un peu étrange qu'il sache se servir très vite de sa nouvelle armure, ou ne semble pas étonné de porter certains coups pour la première fois. Des petits défauts qui seront sans doute corrigés par la suite.

A côté de ça, c'est assez prenant, il change souvent de partenaires (comme dans un "vrai" MMORPG), et sa progression y ressemble. On sent que l'auteur a passé du temps à jouer en ligne... Son dessin, lui, est impeccable, par contre ses cadrages sont parfois exagérés.

Dans le tome 2 on continue à suivre Sakuu et ses partenaires, qui semblent former un vrai groupe, tandis que certaines forces semblent vouloir peu à peu prendre le contrôle du jeu par ailleurs. J'imagine que cela va être développé dans la suite. Il était temps, car je ne voyais jusque-là pas vraiment d'intention autre que de suivre un newbie dans un MMORPG.

Bien sûr, morphologiquement, ses personnages répondent à de nombreux canons du manga, mais comme on est dans un jeu video, cela n'est pas gênant. Pas de fan-service cependant, Shonen se veut "sérieux" dans son approche.

Une série sympathique pour l'heure.

Nom série  Bride Stories  posté le 14/08/2011 (dernière MAJ le 28/09/2016) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Qui aurait cru qu'un manga sur les traditions nuptiales de l'Asie centrale au XIXème siècle m'intéresserait ? Pas moi au premier chef.

C'est le dessin qui m'a attiré dans cette nouveauté des éditions Ki-oon. Elégant, fin, il me semble reproduire à merveille la finesse des vêtements et du travail sur bois du grand-père de la famille. Dans le second nous découvrons de très belles broderies, et le troisième propose quelques passages sur la gastronomie d'Asie centrale. Les deux premiers tiers du premier tome se dirigeaient gentiment vers une chronique conjugale certes sympathique (d'autres seront moins cléments que moi et utiliseront l'adjectif "mièvre"), mais qui peut se révéler un peu ennuyeuse, malgré de jolies scènes où la jeune Amir chasse des lièvres.

Simplement l'auteur nous propose un petit rebondissement avec la délégation de la famille de la jeune épouse, venue la reprendre ; l'occasion pour sa nouvelle famille de faire valoir ses droits, mais aussi pour l'aïeule, passée inaperçue jusque-là, de se montrer pleine de ressources. Pas mal, et la série évolue dans les tomes suivants ; Kaoru Mori déplace le centre de gravité vers Smith, le jeune érudit venu étudier les moeurs locales. J'aime bien Amir et son jeune mari, mais l'auteure a fait le choix -malin, a priori- d'en faire des "invités", en particulier sur le troisième tome. Avec toujours cette idée de nous faire découvrir une culture exotique et ancienne. Il y a un peu d'action, surtout dans le second tome, mais l'ensemble de la série (du moins sur les trois premiers tomes) reste assez calme. Dans le troisième tome les différents fils narratifs se croisent, et l'auteure joue à merveille de l'interaction entre les personnages, dont la vie va être chamboulée...

Le tome 5 me semble assez typique du travail de Kaoru Mori. On assiste à un évènement sérieux (en l'occurrence le mariage de deux jumelles... avec deux frères), mais pour ne pas ennuyer le lecteur avec les festivités (chants, danses, processions, et cérémonie religieuse), elle préfère en faire une suite de saynètes cocasses qui désacralisent mais ne dévalorisent pas le processus. Chapeau bas. Et encore une fois les cases sont somptueuses... Dans le tome 6 l'action s'accélère, les tensions latentes entre deux clans éclatent au grand jour, et il me semble que le récit prend une tournure un peu inattendue ; mais encore une fois Kaoru Mori se montre très à l'aise, et même ses chevaux sont réussis...

Le tome 7 constitue une respiration, une parenthèse dans l'intrigue principale ; sur les pas de M. Smith, nous arrivons dans une demeure richement dotée, où vit un couple heureux et aisé. Cependant l'épouse subit une certaine mélancolie, du fait de sa solitude... Elle se rend au hammam, où elle rencontre une autre jeune maman, issue d'un milieu plus modeste, avec laquelle elle se lie d'amitié, et même plus. l'occasion pour Kaoru Mori de parler d'une pratique relativement courante en perse jusqu'au XIXème siècle, celui des soeurs conjointes, mais aussi de nous faire profiter de son trait de çon plus sensuelle, avec des femmes dévêtues. Ce n'est pas gratuit, rarement avec cette auteure, même si on sent son plaisir de dénuder les courbes de ses héroïnes. Une belle image de la femme est alors donnée, généreuse, désintéressée, naturelle...

Le tome 8 survient un an après le 7, j'ai l'impression que Ki-oon a rattrapé la publication au Japon. On ne perd pas trop de vue les personnages, cependant, et Kaoru Mori en installe de nouveaux à chaque fois. Cette fois-ci c'est Pariya, l'adolescente frondeuse et timide qui est le sujet du tome, c'est marrant de voir comment elle interagit avec des personnages plus posés, plus matures et plus gentils qu'elle. C'est toujours un régal pour les yeux, avec les broderies et les habits des femmes...

Après s'être intéressée aux soubrettes anglaises, Kaoru Mori change de décor -mais pas forcément d'époque- pour nous livrer une chronique caucasienne pas mal foutue, diversifiant ses points de vue et même certains de ses points d'intérêt, pour nous faire voyager.

Nom série  Springald  posté le 27/09/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Assez surprenante cette mini-série reprise en un seul volume chez nous. Elle se déroule pendant la période victorienne à Londres, sur les pas d'un inspecteur de Scotland Yard qui pourchasse un criminel facétieux, Jack-Talon-à-ressorts. C'est un récit qui s'insère totalement dans la culture populaire de l'époque. Le personnage est une figure "réelle", dont les apparitions ont été largement décrites des années 1830 à 1900.

Fujita lui rend donc hommage dans ce récit spectaculaire et dynamique, en évoquant un retour du criminel aux talons surcompensés. C'est à la fois drôle et intéressant, puisque les intermèdes écrits par un universitaire parle du personnage "historique" et du contexte historique. Fujita imagine d'ailleurs une sorte de spin-off (long du tiers du récit principal), assez sympathique, où Jack fait un énième retour.

Graphiquement le style de Fujita est assez adapté à l'époque victorienne, les décors et les costumes ont une certaine classe, et ce côté un peu "élégant mais élimé" qui fait le charme de l'époque. Je trouve par contre que les visages de ses personnages masculins sont moins convaincants.

Un one shot plutôt sympathique, consacré à une figure intrigante de l'époque victorienne. Curieux de lire les futurs tomes qui vont composer cette collection "Black Museum"...

Nom série  Grand Est  posté le 26/09/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Je ne savais presque rien sur cet album avant de l'ouvrir. Je pensais naïvement qu'il s'agissait d'un polar qui prenait pied dans la région que l'on appelle maintenant Grand Est.

Que nenni, puisqu'il s'agit en fait d'un documentaire maquillé en roman graphique, au long de la balade d'un journaliste et de son fils dans la région lorraine. Procédé qui, s'il n'est ni nouveau ni original, permet de confronter celui qui est avide d'informations à ceux qui la détiennent, accompagné par le candide, incarné par Woody. Le journaliste Denis Robert met donc un peu d'autobiographie dans son récit, destiné à donner plus de chair à cette région qui l'a vu naître et qu'il affectionne tant. Il est donc fort malheureux de la voir mourir à petit feu, dans le sillage de la fermeture des mines et des usines sidérurgiques.

Cet amour pour sa région transpire presque dans chaque page, il se met presque à poil pour nous conter cette fin, ce pourrissement. Il évoque assez peu la dérive extrême-droitiste de la région, s'attache plutôt à son histoire, à son patrimoine.


Et on apprend beaucoup de choses, aidé par le graphisme sensible et sobre de Franck Biancarelli, qui réalise lui-même ses couleurs, elles aussi sans esbroufe. je ne suis pas toujours convaincu par les visages de ses personnages, mais globalement c'est du beau boulot.

Un bel album.

Nom série  Une mystérieuse mélodie ou comment Mickey rencontra Minnie  posté le 25/09/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Au tour de Cosey, donc, de proposer son petit récit dans l'univers de Mickey.

Il replonge aux origines du personnage, au moins sur le plan graphique, en proposant un dessin assez proche de ce que faisait Walt Disney à l'origine, presque à l'époque de Steamboat Willie. C'est un style complètement suranné, cela semble être la ligne de cette collection. Sur le plan de l'histoire, oui, c'est cucul, oui, c'est naïf, mais là encore, j'ai trouvé ça assez sympa, un peu hors du temps, ça ressemble pas mal, de mon point de vue, aux récits disneyiens que je lisais dans les années 80 dans ou Mickey parade.

Sympathique.

Nom série  Je suis un chat  posté le 14/09/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Au vu du titre et du résumé de ce manga, j'avais un peu peur de me retrouver devant une histoire un peu cucul, où l'on se trouve soi-disant dans l'esprit d'un petit chat style Chi - Une vie de chat ou Yanaka - Histoires de chats.

Il n'en est rien, puisque nous avons droit à une entrée dans la société japonaise du début du siècle, Le chat -qui n'a pas de nom- est un alibi, une sorte de regard candide sur l'étrange ballet qui se déroule chez le professeur qui le recueille, une comédie de moeurs qui confine au théâtre molérien.

Le boulot de Tirol Cobato est plutôt sympathique, même si je trouve qu'il (ou elle ?) aurait pu travailler davantage sur les visages de ses protagonistes humains.

Sympathique.

Nom série  A coucher dehors  posté le 14/09/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Je suis de près la carrière d'Aurélien Ducoudray, scénariste qui met souvent un vernis, voire plus, de social dans ses récits. Ici le social sert de toile de fond à cette histoire d'héritage, de famille reconstituée et de nouveaux départs.

Enfin de nouveau départ il n'y en a pas le temps, l'intrigue se déroule sur seulement quelques jours, tout va très vite pour Amédée et ses amis. Ce qui est sûr c'est que le récit est vraiment prenant, on a envie de savoir ce qu'il va arriver à ces trois SDF qui se retrouvent avec Nicolas, pas forcément facile à gérer. Pas de misérabilisme chez Ducoudray, les personnages sont handicapés, sans le sou, sans éducation parfois, mais les plus à plaindre ne sont pas forcément ceux que l'on croit.

En plus il y a une surprise, un retournement vers la fin du récit (oui, avant la dernière séquence) qui me fait penser penser que Ducoudray n'a pas tout dit, qu'il aurait besoin d'un tome 2, ou alors qu'il faut que je relise l'album... J'ai l'impression qu'il y a anguille sous roche, à la manière de'Amère Russie... Mais après vérification, c'est bien le premier volet d'un diptyque, et la lecture du tome devient tout de suite indispensable et pressée.

Côté graphisme, Anlor est une jeune dessinatrice que j'apprécie beaucoup depuis ses débuts sur Les Innocents coupables. Elle semble franchir encore un palier dans ce nouveau projet, accroissant sa maîtrise des expressions, sa mise en scène est quant à elle impeccable.

A suivre.

Nom série  L'Incroyable histoire du Canard Enchaîné  posté le 14/09/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
On a beaucoup parlé -et à raison- de Charlie Hebdo ces derniers temps, mais il existe en France un autre journal, tout aussi dérangeant, qui est né dans les tranchées de la première guerre mondiale, ou presque. Il s'agit du Canard Enchaîné, qui paraît tous les mercredis, presque sans interruption depuis cent ans. C'est son histoire mouvementée qu'entreprend de raconter Didier Convard, de ses débuts dans un appartement au coeur de paris, jusqu'aux années 1970, avec la succession des équipes, la censure, les tensions à l'intérieur et en -dehors.

C'est très instructif sur l'air du temps du XXème siècle, puis à partir des années 70, nous avons une succession la liste des affaires -certaines complètement oubliées- qui ont secoué la Vème République. Argent, sexe, pouvoir, société, c'est une litanie sans fin, qui se termine sur les attentats contre Charlie Hebdo et à Paris en 2015.

Une histoire tourmentée, difficile, qui permet de ses remettre dans l'ambiance des financiers qui se sucrent, des politiques qui palpent, des barbouzes qui règlent les comptes... Bien sûr, il s'agit d'une sorte de florilège de l'histoire du journal d'opinion devenu journal d'investigation et polémique, mais cela donne une certaine idée d'une société gangrenée par différents fléaux.

Au dessin, Pascal Magnat, qui récidive dans le genre après L'Empire : Une histoire politique..., dont le trait satirique convient tout à fait au genre, sans s'attarder sur la ressemblance ou la véracité des décors ou des personnages.

Très intéressant.

Nom série  Anna Politkovskaïa, journaliste dissidente  posté le 14/09/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Après deux documentaires et différents ouvrages, le scénariste Francesco Matteuzzi décide de parler d'une figure du journalisme international, la Russe Anna PolitkovskaÏa, qui travaillait pour un journal qui ne se considérait pas comme étaint d'opposition, mais plutôt du parti de la vérité, laquelle ne fait pas bon ménage avec la Russie de Poutine.

L'album ne s'intéresse qu'à quelques tranches de vie et de carrière d'Anna, qui montrent à quel point elle "gênait" : les affaires de Doubrovka, de Beslan... Les deux tentatives de meurtre sur sa personne, jusqu'à son assassinat dans des circonstances qui ne seront sans doute jamais élucidées...

Ce livre-hommage est plutôt rondement mené, très efficace pour montrer ce que pouvait être la vie de la journaliste. En bonus, un tableau retraçant sa vie, ainsi que plusieurs témoignages de personnes l'ayant rencontrée. C'est plutôt très éclairant sur la situation sociale et politique de la Russie d'aujourd'hui, même si la journaliste a été abattue il y a déjà 10 ans...

Nom série  La Forêt des renards pendus  posté le 14/09/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Ahahahahahah... Je ne connais pas l'oeuvre d'Arto paasilinna, mais cette entrée en matière donne vraiment envie de lire ses bouquins. Nicolas Dumontheuil est l'auteur idéal pour adapter son oeuvre, si je me fie à cette histoire à la fois loufoque et un peu noire.

c'est l'histoire de deux paumés, des mecs qui veulent juste se faire oublier quelques temps et qui ont trouvé le moyen idéal : disparaître dans la solitude lapone. Mais c'est sans compter avec une vieille dame à la vie chevillée au corps, un personnage formidable qui apporte pas mal d'émotion dans ce récit un brin fantasque. Sans compter également avec le garde-chasse, qui se demande ce que ces branleurs fabriquent dans une cabane au fond des bois... Et il y a aussi Cinq Cent Balles, un compagnon inattendu et discret... On se marre bien à la lecture de cette histoire, et même si une menace plane au-dessus de la tête de nos deux joyeux compères, on ne tremble pas vraiment pour eux. Il y a un petit côté vaudeville, avec des chaises musicales, c'est sympathique.

Nicolas Dumontheuil insuffle sa belle énergie à cette histoire, on ne peut s'empêcher de tourner vite les pages pour savoir ce qui va arriver à nos exilés volontaires dans cette fameuse forêt des renards pendus.

Une vraie réussite, loufoque et pleine de rebondissements.

Nom série  Forçats  posté le 14/09/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Après L'Homme qui s'évada, c'est la deuxième fois que le livre-reportage d'Albert Londres sur le bagne guyanais est adapté en BD. Pat Perna semble avoir intégré un peu plus Londres à son récit, ses sources semblent être plus diverses que celles de Laurent Maffre, comme la biographie de Londres et l'ouvrage d'Eugène Dieudonné. Cela donne un récit très vivant, avec un point de vue peut-être plus extérieur. Un reportage qui se transforme peu à peu en récit d'aventure, rythmé par les tentatives d'évasion de Dieudonné. J'aime beaucoup le ton de ce premier tome (d"une série de deux ? trois ?), j'ai hâte de lire la suite.

Le dessin de Fabien Bedouel est puissant, presque mégalithique, il s emontre à l'aise dans les extérieurs autant qu'avec des décors froids de prison. L'apport aux couleurs de Florence Fantini est essentiel, elle confère des ambiances presque inoubliables à ce récit rondement mené.

Hâte de lire la suite.

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