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Nom série  Falaises  posté le 21/07/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Loïc Dauvillier adapte un roman d'Olivier Adam, peut-être autobiographique, où le personnage principal est entouré de malheurs et de morts. Il est du coup évident qu'il pense lui-même à la mort...

Si le sujet de l'histoire est morbide, l'adaptateur évite cet écueil en proposant un découpage assez vivant, avec quelques dialogues au milieu d'une grande place laissée aux silences. Il a aussi choisi un dessinateur -débutant, a priori- Thibault Balahy dont le style diaphane convient bien au récit, qui parle de fragilité, d'une vie qui ne tient qu'à un fil...

Ce n'est pas désagréable à lire, mais ce genre d'histoire n'est pas trop mon truc, ce qui explique ma note assez neutre.

Nom série  Tenzing  posté le 21/07/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
L'histoire de la première ascension de l'Everest commence à être vraiment connue, en partie à cause de la polémique qui l'a suivie, et qui la suit encore.

Comme l'indique Christian Clot, le scénariste, il ne s'agit pas là de la vérité absolue, mais d'une visiond 'auteur qui s'est basé sur les témoignages ecxistants, dont ceux des principaux protagonistes. Le récit est plutôt bien construit, sans trou d'air ni temps morts. On comprend bien les différentes phases de l'ascension, même si certains termes techniques auraient eu besoin d'être explicités.

Côté graphique, comme l'a souligné Agecanonix, les personnages manquent d'épaisseur et de maîtrise, tandis que les paysages sont plutôt réussis. Jean-Baptiste Hostache n'a pas encore atteint sa maturité graphique, mais cela va venir, j'en suis convaincu.

Le dossier historique en annexe est très intéressant.

Nom série  Ice Age Chronicle of the Earth  posté le 20/07/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Taniguchi dans un genre où on ne l'attendait pas, à savoir la science-fiction, je suis curieux...

Après la lecture du premier volet du diptyque, je reste curieux. On a un monde post-apocalyptique, plongé dans une ère glaciaire, une peuplade primitive qui vénère d'anciens dieux célestes qui ne sont pas repartis, ou pas tous... L'auteur brasse un peu tous les éléments du genre, c'est relativement cohérent, du coup la suite devient attendue.

Graphiquement on voit que Taniguchi a envie d'explorer d'autres voies, même si les déserts glacés et la montagne (enfin le gouffre, en l'occurrence) sont encore là. Il s'essaye notamment au design mécanique, mais aussi aux animaux géants, sans toutefois trop en dévoiler. Espérons qu'il lâchera plus les chevaux dans la suite et fin...

Nom série  Les Contrées sauvages  posté le 19/07/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Ah c'est intéressant de voir les débuts de Taniguchi en tant qu'auteur complet ou presque. Voici donc en deux volumes une vingtaine d'histoires courtes, ayant toutes pour point commun les grands espaces et le respect de la nature dans ce qu'elle a de plus sauvage, déjà une obsession. Celles-ci se passent au nord du Japon, où l'hiver est rude, dans les grandes plaines américaines ou même l'océan, avec cette histoire d'un harponneur.

Taniguchi y révèle certaines de ses influences, comme Jean Giraud, avec des personnages qui ressemblent à s'y méprendre à Blueberry ou son récit sur Cochise avec une belle illustration directement empruntée au maître français. La qualité graphique est presque toujours au rendez-vous, sauf dans les récits les plus précoces, où le dessinateur se cherche et apprend, par exemple, à croquer des morphologies animales. Quant aux histoires, elles vont du médiocre au très bon, comme celle qui raconte l'histoire de ces Japonais montés en troupe et qui sillonnent les Etats-Unis dans les années 1870 comme des bêtes de foire, avant que le promoteur ne disparaisse avec la caisse...

Bref, très intéressant pour les fans de l'auteur, et par ailleurs aussi, car il révèle certaines choses sur le Japon rural.

Nom série  Amère Russie  posté le 11/07/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
J'attendais la sortie du tome 2, sortie un peu rapprochée, pour m'attacher à la lecture de ce diptyque.

Contrairement à ce que laisse entendre le titre, le récit ne se déroule pas en Rusie, mais en Tchétchénie, où une mère se rend pour retrouver son fils prisonnier de guerre. Bien évidemment tout ne va pas se passer comme elle l'espère, et la Tchétchénie est un pays troublé.

Avec Aurélien Ducoudray il ne fallait pas s'attendre à un récit classique. Son passé d'ancien grand reporter lui permet d'écrire ses histoires comme des reportages, et même si cette fois-ci il s'est appuyé sur un reportage vu à la télévision, la rigueur historique semble présente, même si on voit l'Histoire par le petit bout de la lorgnette. Et comme souvent avec ce scénariste, l'humour est plutôt présent, discret, permettant de souffler un peu dans une histoire quand même pas simple à gérer.

A ses côtés Anlor prouve qu'elle fait partie de ces dessinatrices solides, à l'aise dans toutes les situations ou presque, son dessin très expressif se mariant à merveille avec le ton grave teinté d'humour du récit.

Une belle réussite, dévorée en peu de temps.

Nom série  Une Autre histoire de l'Amérique  posté le 10/07/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Voilà un drôle de bouquin, fruit du travail ambitieux et fou d'un mec un peu en-dehors des sentiers habituels des comics. On le considère d'ailleurs un peu comme un pionnier de l'underground.

Jack Jackson nous propose donc une version longue et détaillée de ces décennies qui ont décidé de la destinée du Texas, entre Mexique et Etats-Unis, au cours du XIXème siècle. On y croise quelques figures connues, comme Wild Bill Hickock ou Santa Anna, qui prit le fort Alamo d'assaut, mais aussi des anonymes dont l'action fut toute aussi cruciale.

Beaucoup d'anonymes.

Beaucoup beaucoup. A tel point qu'on s'y perd très vite, au milieu des différentes factions, des changements d'appartenance, etc. Heureusement que la plupart des cases sont soutenues par une voix off ou un commentaire, sinon on perdrait encore plus vite le fil. L'album comporte près de 300 pages et regroupe plusieurs longs récits parlant des différentes phases qui ont secoué le Texas. Intéressant, dans l'absolu, mais complètement dilué par une narration confuse et trop massive.

Le dessin de Jack Jackson est superbe et rappelle à la fois Crumb et Serpieri dans son style à l'encre noire et son souci du détail.

Beau, mais imbitable.

Nom série  La Princesse des Glaces  posté le 09/07/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Glaçant.

Je ne suis pas allé vers cet album par hasard. En effet je lis depuis trois ans un certain nombre de polars scandinaves, et en éprouve un grand plaisir, tant ces récits sont tendus, efficaces, nerveux.

Je n'ai jamais lu -pour l'heure- de roman de Camilla Läckberg, mais cette introduction donne franchement envie. Car elle réunit une nouvelle fois tous les ingrédients que j'affectionne. Un drame passionnel qui trouve ses racines dans une tragédie du passé. Un flic au caractère fort sans être une caricature. Et aussi une partenaire dont la curiosité permet de dénouer le noeud de l'affaire.

J'ai dévoré l'album. Pourtant je trouve que le dessin de Léonie Bischoff est maladroit, qu'il manque de constance. Une fragilité qui apporte au récit une dimension particulière, et ne fait que le renforcer, curieusement. Il a fallu le concours de trois coloristes pour décliner les différentes atmosphères, mais le résultat est remarquable.

J'ai vu que les adaptateurs ont travaillé sur un autre bouquin de Läckberg, Le Prédicateur. Je pense que je vais le lire au plus vite.

Nom série  L'Encyclopédie des débuts de la Terre  posté le 05/07/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Mon avis sera peut-être moins enthousiaste que ceux de mes camarades...

En effet j'ai abordé ce one-shot sans aucun a priori, simplement attiré par sa couverture et son titre intrigant, bien qu'un peu prétentieux. J'ai ensuite vu se dérouler un conte, basé sur les récits d'un Conteur, lequel recueille d'autres récits au cours de ses voyages, qui eux-mêmes encapsulent d'autres récits.

Si le résultat final est assez sympathique et intéressant, ce système de popupées gigognes m'a un peu déboussolé, cela me semble assez peu clair, scénaristiquement parlant. L'idée d'enchâsser des légendes de toutes origines dans ces récits m'a semblé intéressante, mais pas toujours réalisée de façon heureuse.

Il reste tout de même le desin, naïf mais inventif, qui permet de passer un agréable et long moment de lecture.

Nom série  Secret  posté le 05/07/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Revoilà Yoshiki Tonogai, dans son exercice préféré : les histoires tordues à base de secrets. Un principe directeur qui a fait sa renommée et son succès avec Judge et Doubt.

La posture est un peu différente cette fois-ci. Le "massacre" a commencé avant l'histoire, et le nombre de victimes potentielles restantes est a priori plus restreint. Chacun des survivants à l'accident de bus semble en effet cacher un secret, qui nous seront dévoilés au fur et à mesure de l'histoire, dans un jeu de dupes dont l'issue risque d'être encore une fois dramatique. L'un des meurtriers se dévoile dès ce premier tome, ce qui augure d'une série courte, mais ne vendons pas la peau de l'ours...

Je pensais qu'on aurait une histoire bien détachée des séries sus-nommées, sauf qu'à un moment apparaît ce satané masque de lapin...

Le style graphique est constant, très efficace et très lisible.

Je suis donc curieux de lire la suite.

Nom série  Darwin's Game  posté le 27/09/2014 (dernière MAJ le 04/07/2015) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Tout comme Pasukare, je rapproche ce manga de King's Game, paru chez le même éditeur. Il s'agit d'un pervers jeu de massacre (oui bon, ok, tous les jeux de massacre sont pervers), avec les nouvelles technologies, un sous-genre qui commence à pulluler.

A l'issue de ce premier tome on sent bien que les auteurs en gardent sous la semelle, qu'ils ne dévoilent pas tout. De plus ils lancent tout de suite plusieurs intrigues, qui ne semblent pour l'heure pas liées. Beaucoup de questions restent en suspens, de quoi allécher le lecteur avide de sensations fortes et de manipulations obscures. C'est donc plutôt bien vu, même si j'espère que le serpent ne va pas se mordre la queue en nous proposant une série à rallonge.

Dans le tome 2, Kaname va trouver des alliés et se retrouver confronté à une nouvelle situation du jeu, qui va forcément réduire le nombre de joueurs, de nouveaux paramètres qui vont permettre au récit d'entrer dans une autre dimension. Le tome 3 va permettre à deux personnages importants de sortir de l'ombre, pour une confrontation qui s'annonce très intéressante... Dans le tome 4 les alliances se font, One devient de plus en plus menaçant... Avec le tome 5 la confrontation est proche, il va faloir songer à la faire arriver. La tension monte, mais espérons que l'auteur ne va pas étirer le concept à l'infini, ce que permettrait le principe du jeu...

Justement ce tome 6 voit arriver une certaine conclusion, mais pas la fin de la série. Les personnnages sont dans une logique de clans, logique qui va très vite être cassée par des nouveaux arrivants... On repart donc sur une sorte de second cycle, dont je ne vois pas vraiment l'utilité ni la finalité. Le prochain tome aura intérêt à être intéressant...

Côté dessin, c'est plutôt classique, assez agréable à l'oeil, même si des personnages peu importants me semblent rapidement dessinés.

Curieux de lire la suite.

Nom série  Dimension W  posté le 18/02/2014 (dernière MAJ le 04/07/2015) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
On est dans de l'anticipation relativement classique, avec ces bobines Tesla qui sont des conducteurs d'énergie presque universels, cette chasse aux androïdes illégaux que ne renierait pas Philip K. Dick et ce petit côté Arsène Lupin en fin de tome.

Un mélange des genres qui pour l'heure intrigue plus qu'il ne convainc, mais j'imagine que les choses vont se mettre en place par la suite. Dès le premier tome j'ai eu l'impression que ça partait dans tous les sens. Le deuxième tome confirme cette impression, l'intrigue partant dans une autre direction, ma foi inattendue avec l'histoire autour des enfants qui traînent autour de chez le ferrailleur... Et la fin est plus qu'intrigante...
Avec le tome 3 s'opère un virage dans la série, avec une histoire de meurtres qui rappelle un peu des Agatha Christie ou les Sherlock Holmes. Un virage qui permet à l'auteur d'explorer de nouvelles voies dans l'univers qu'il a créé. Intrigant.

Le tome 4 permet d'en savoir un peu plus sur la Dimension W, mais surtout de refermer le récit au sujet de Yasogami, une résolution ma foi assez bien vue, même si au début du tome j'étais un peu dans le brouillard.

Dans le tome 5 nous avons une période de transition, avec pas mal de nouveaux personnages, ainsi qu'une plongée dans le passé de Kyoma, permettant d'éclairer un peu plus son histoire et son comportement. C'est loin d'être inintéressant, même si un gros chapitre à la Battle Royale se profile... Ça reste surprenant.

Sauf que ça n'y ressemble pas dans le tome 6. Certes, les personnages sont nombreux, et même si le récit continue dans une certaine direction très différente des premiers tomes, je la trouve toujours assez surprenante et originale, suffisamment en tous les cas pour avoir envie de poursuivre. Le tome 7 est plutôt un segment de transition, où l'on plonge dans les souvenirs de Kyoma, mais aussi dans l'histoire du prince Salva. Les deux fils se croisent brièvement, avant de s'éloigner à nouveau. Il va falloir résoudre tout cela bientôt, sous peine de lasser le lecteur...

L'auteur, qui nous a livré par le passé Le Roi des Ronces, prouve qu'il a une belle vitalité dans le trait, un grand sens de la mise en scène avec des cadrages variés (mais sans en faire trop), et un dosage de l'intrigue assez consommé. C'est vraiment très agréable. Les Editions Ki-oon sont au diapason, nous offrant quelques jolies pages colorisées et des couvertures au vernis sélectif phosphorescent (oui, ça brille dans le noir, j'ai testé).

A suivre donc.

Nom série  Dessus-Dessous (Editions de la Gouttière)  posté le 04/07/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Un nouvel album fort sympathique chez la Gouttière.

Cette fois-ci le récit se déroule selon trois points de vue, ceux de tous les intervenants dans l'histoire : la taupe qui n'arrête pas de creuser des tunnels et tente de survivre aux attaques de celui-ci ; le père, en colère, qui tente de tuer l'animal avec les moyens du bord, et les enfants, qui essaient de déjouer les stratagèmes du père. Cela donne un récit aux multiples rebondissements, avec une lecture souvent sur deux plans (dessus et dessous), très facile à suivre pour les plus jeunes.

Encore une fois Delphine Cuveele s'est adjoint les services graphiques de Dawid, qui réalise un boulot très agréable à l'oeil, au trait rond et généreux, qu'il met lui-même en couleurs. Il a rajouté de nombreux détails et clins d'oeil dans ses décors, les rendant fort agréables.

A lire, ou plutôt à regarder, le récit étant muet.

Nom série  A Silent voice  posté le 22/01/2015 (dernière MAJ le 04/07/2015) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Voici un véritable OVNI, un manga qui va au fond des choses sur un sujet particulièrement délicat, celui de l'ijime au Japon, c'est à dire les brimades entre élèves. Un phénomène plutôt silencieux, mais bien réel. L'auteure a gagné un concours il y a quelques années avec une première version de cette histoire, et en a fait une version longue, visiblement de toute qualité.

Car ce qui frappe dans l'histoire à sa lecture, c'est l'absence de manichéisme. Shoya n'est pas fondamentalement un mauvais garçon, disons plutôt qu'il s'ennuie, et qu'il est un peu idiot. Et dans sa classe apparaît quelqu'un de différent, une fillette malentendante, qui l'intrigue d'abord, puis l'agace par son besoin d'aide. Les petites niches, au départ pas bien méchantes, vont suivre, et devenir de plus en plus osées, d'autant plus que ses camarades vont être derrière lui. Jusqu'au jour où...

Cette montée en puissance, si je puis l'exprimer ainsi, est diablement bien montrée, il se passe beaucoup de choses dès ce premier tome, et le personnage de Shoya, l'emmerdeur, est bien rendu ; il vaut mieux car le récit est à la première personne, comme si nous étions dans son esprit. Une idée de génie : rendre "anonymes" les personnes que Shoya n'apprécie pas, oui qui l'indiffèrent, en mettant des croix dessus... Original et tellement clair...

Dans le deuxième tome le récit temporise un peu. Et continue dans le véridique, car bien sûr, les deux adolescents ne peuvent pas devenir les meilleurs amis du monde, voire plus, du jour au lendemain. D'autant plus que les personnages secondaires prennent un peu d'ampleur, comme Yuzuru et Tomohiro, qui échappent à des stéréotypes et sont eux-mêmes assez intéressants, surtout Yuzuru. Je n'ai pas pu décoller de ma lecture tant que je ne l'ai pas terminée, tellement j'étais dedans. Dans le tome 3, alors que Shoya se rapproche encore un peu de Shoko, voit l'apparition d'une ancienne connaissance, qui va faire surgir des nouveaux questionnements. Le tome se termine sur une chouette scène, qui montre toute la difficulté de la relation entre les deux adolescents.

Le tome 4 constitue une étape importante dans l'histoire, puisqu'un évènement inattendu dans la famille de Shoko va mettre en lumière le personnage de Yuzuru, la petite soeur. On en apprend un peu plus, d'ailleurs, sur l'histoire de cette famille. J'avoue, j'ai été fortement ému à la fin de ce tome.

Le dessin de Yoshitoki Oima, sans être exceptionnel, est très expressif, sans verser dans la caricature non plus.

Du très, très beau boulot, mon manga préféré du moment depuis l'achèvement de certaines séries historiques chez Ki-oon.

Nom série  Fatherland  posté le 03/07/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Etonnant cet album. C'est l'histoire d'une famille originaire de Serbie qui a émigré -par deux fois- au Canada, qui a explosé à cause de l'activisme du père contre le régime de Tito. Racontée par sa fille, quis 'est surtout basée sur les témoignages de sa mère.

Très vite le récit s'embrouille dans les strates familiales, on passe du père à la grand-mère, à l'arrière-grand-père, pour revenir au père... Il y a les amis aussi, et même une séquence entièrement répétée. Pas facile, heureusement que le sujet est intéressant, puisque Nina Bunjevac introduit une dimensiion historique à l'ensemble, son père ayant un peu influencé le sort des ressortissants serbes en Amérique du Nord...

Le dessin de Bunjevac est fait en carte à gratter, il est d'une grande finesse bien que souvent figé. C'est plutôt agréable à l'oeil, et je lirai ses bouquins ultérieurs, s'ils sont mieux construits.

Nom série  Trouble is my business  posté le 02/07/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Jirô Taniguchi est un auteur que j'apprécie beaucoup, et lorsque je peux mettre la main sur un "nouvel" album réalisé par ses soins, je n'y manque pas.

Le cas est différent ici, puisqu'il s'agit d'une oeuvre de jeunesse (la première ?), réalisée dans les années 80 et forte d'un classicisme forcené.

Ayant lu les 4 premiers tomes j'ai en effe tpu voir l'influence de grands auteurs de polars noirs américains des années 50. Le héros est un privé désabusé, pas forcément courageux et pas franchement doué non plus. L'intérêt se situe dans ses relations avec les yakuza et les flics, ripoux la plupart du temps, mais aussi dans la relation qu'il entretient à distance avec son ex-femme et leur fille, pas toujours simple.

Au pinceau c'est taniguchi donc, dans un registre plus noir, plus nerveux que celui qu'on lui connaît, à l'époque où son style et sa mise en scène s'apparentaient à celle d'Otomo. Le résultat est loin d'être déplaisant, même si on a du mal à différencier les personnages, habillés et coiffés de façons très proches (c'étaient les années 70...).

Une petite curiosité, pour les fans des deux auteurs.

Nom série  Les Verts !  posté le 28/06/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J'avais un peu peur en voyant ce nouvel album, d'avoir droit à une nouvelle série aseptisée, totalement à la gloire d'un club.

Ici le patronage de l'AS Saint-Etienne n'est qu'un prétexte. L'histoire pourrait avoir lieu dans tous les clubs, amateurs et obscurs comme prestigieux. de plus, avec uns cénariste comme frédéric Brémaud on peut s'attendre à quelque chose de différent. C'est le cas ici, la rivalité entre les deux joueurs est traitée avec pas mal de réalisme, il y a quelques petites surprises au niveau du récit.

L'italien Armentari est unnouveau venu dans la paysage de la BD francophone. Son boulot est très propre, un peu trop même, ça manque de chaleur et de décors parfois.

A réserver aux ados qui s'intéressent au foot, cependant.

Nom série  Petit manuel du parfait réfugié politique  posté le 27/06/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Mana Neyestani creuse le sillon de son statut de réfugié politique.

Après sond épart d'Iran, il a été confronté à l'absurdité de l'administration française. Dans ce récit il met donc en scène les différentes étapes, faites d'aller-retours, de petites magouilles et démarches diverses autant qu'idiotes.

Il rajoute de l'humour à son histoire. Et heureusement, car sinon ce serait un peu difficile à digérer, tant le système est ubuesque et kafkaïen... Son dessin est toujours aussi efficace, et rend la lecture vraiment aisée.

Nom série  Shôchû on the Rocks  posté le 23/06/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Ankama, après les succès remarquables de City Hall et Radiant, continue à produire des "mangas français", cette fois-ci dans de la fantasy relativement classique.

En effet on a un jeune homme qui se retrouve embarqué dans un monde et une histoire qui lui échappent complètement. Il peut cependant compter sur sa magie d'apprenti médecin, qui s'exprime par le biais de bandages qui l'enveloppent. Pour l'heure le récit est assez linéaire, pas désagréable, même si on ne voit pas trop où le récit nous mène.

Côté dessin c'est Saïd Sassine, qui a déjà oeuvré dans la sphère mangaïsante française, qui s'y colle. Son boulot est assez agréable à l'oeil, même si je trouve qu'il est trop épais, et qu'il pourrait gagner en lisibilité.

A suivre.

Nom série  City Hall  posté le 15/06/2012 (dernière MAJ le 22/06/2015) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cette série est bien dans l'air du temps.

Elle mêle en effet plusieurs genres, du fantastique essentiellement dans un decorum steampunk. On y retrouve des personnages typiques de l'époque victorienne (qui ne feraient pas tache dans la collection 1800 de chez Soleil), avec des biographies fantaisistes (Verne serait ainsi bien plus âgé en 1902, date de l'intrigue). En fait, si on regarde bien, le steampunk le dispute à la dystopie, presque plus rien n'est logique en termes de placement chronologique, mais c'est assumé, donc ce n'est pas un problème . Le principe de la création par l'écriture est intéressant, mais je trouve qu'il n'est pas encore très bien utilisé, ou pas assez. Dans le second tome non plus, du reste, cela n'est utilisé qu'à la fin. A noter que cela place "City Hall" dans une parenté avec Death Note.

Dans le second tome de nouveaux personnages célèbres font leur apparition, sans toutefois apparemment rester dans l'entourage de nos trois jeunes enquêteurs... Tout ceci dans le but, j'imagine, de brouiller les pistes concernant la véritable identité de Lord Black Fowl. La révélation survient dans le tome 3, et ma foi c'est pas mal amené, et une dimension supplémentaire s'ouvre, légitimant un second cycle dont le début nous est donné en bonus à la fin de ce tome. Les deux auteurs sont désormais attendus au tournant.

Devant la demande pressante des fans, un deuxième cycle a été initié. Et il s'avère au moins aussi punchy que le premier. Rémi Guérin emmène ses héros sur d'autres terres, leur faisant rencontrer d'autres figures de l'époque victorienne, tout cela dans une intrigue bien liée à la première. Il y a en plus l'aspect compte à rebours qui amène une nouvelle dimension. De plus les auteurs ont encore de la ressource en termes de clins d'oeil aux univers geek, puisqu'on va croiser Le Visiteur du Futur, le Dernier Bar avant la fin du monde (lieu hype et geek sur Paris)... Ça rigole bien

Le tome 5, le second du deuxième cycle, me semble être un tome de transition, il ne s'y passe pas grand-chose ; par contre plusieurs personnages au potentiel fort intéressant font leur apparition, tandis que le pauvre Harry se trouve dans une situation de plus en plus difficile... Dans le tome 6, certains masques tombent, et d'autres personnages -encore- apparaissent. La sauce est donc rallongée, même si je ne comprends pas trop pourquoi ces robots interviennent...

Le tome 7, conclusif, permet un final de grande envergure, avec une révélation en toute fin d'histoire qui m'a un poil déçu, je l'ai sentie assez vite à vrai dire... Mais les pages et le récit restent denses, on n'a pas le temps de souffler, une qualité qui court tout le long de ces 7 tomes.

Ainsi Rémi Guérin a-t-il vous lu faire un "manga", et cette série y ressemble fortement, du fait de la pagination élevée, du style de dessin (Guillaume Lapeyre étant l'un des plus dignes représentants de cette mouvance -mais je vais y revenir), de ce côté un peu foutraque dans les éléments historiques. Par contre c'est publié (et probablement réalisé) dans le sens "occidental" de lecture.

Guillaume Lapeyre donc, en plus d'être beau (private joke), prouve ici qu'il est arrivé presque à maturité dans son style shônen, je trouve même qu'il a plus de maîtrise que nombre d'auteurs japonais qui émargent dans le genre. En tous les cas il me semble avoir plus de caractère ; c'est peut-être dû au métissage, car outre une mise en scène qui revient de temps en temps à la franco-belge, j'ai aussi discerné un poil de comics. Vous me direz qu'il y a plus de poils dans le comics que dans le manga, mais c'est un autre débat.

Un vrai plaisir de lire ce "manga à la française".

Nom série  Le Requiem du Roi des Roses  posté le 06/04/2015 (dernière MAJ le 20/06/2015) Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Ça partait un peu mal, de mon point de vue : des personnages étranges, une ambiance onirique, des scènes sans queue ni tête... On reconnaît bien sûr le style un peu elliptique de Shakespeare, mais j'ai failli décrocher dès les premières pages.

Et puis Aya Kanno reprend la main de façon un peu plus classique, et j'ai commencé à m'intéresser à l'histoire de ce fils de noble britannique qui tente de reprendre la couronne aux trois lions à la famille Lancaster ; c'est la période dite de la guerre des Roses. Un adolescent, tourmenté par ce destin hors du commun, mais aussi et surtout par sa propre histoire : il est né hermaphrodite, et subit depuis les foudres de sa mère. Seuls l'amour inconditionnel de son père et l'affection de ses frères le sauvent de la folie.

Le récit se focalise donc sur les tourments intimes du futur Richard III, fils de Richard Plantagenêt. Le contexte historique reste en arrière-plan, et c'est peut-être bien mieux, même s'il me semble que l'auteure a simplifié pas mal de choses, du texte original de Shakespeare en passant par les faits historiques, du moins ce que l'on en sait.

Dès ce premier tome de nombreux personnages secondaires apparaissent, entre l'ancien roi, la fille du Comte de Warwick ou même... un petit cochon que Richard recueille (!). L'intrigue se montre d'emblée assez riche, et les enjeux semblent assez vite posés. Dès le tome 2, le récit prend un nouveau tournant, et le futur Richard III va devoir trouver sa place dans ce nouveau contexte, tout en essayant de gérer sa condition physique si particulière...

Graphiquement on est dans du seinen, même si on sent que l'auteure est tentée par le shônen, avec des scènes surexposées ou des poses dignes de certaines séries romantiques. Je ne suis pas super enthousiaste pour l'heure justement à cause de ce traitement si particulier, mais il faut reconnaître que cela va de pair avec l'ambigüité sexuelle de Richard.

Curieux de lire la suite cependant.

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