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Nom série  Outlaw Players  posté le 09/08/2016 (dernière MAJ le 22/03/2017) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Le pitch de départ n'est pas très original, mais cette nouvelle série, réalisée par le français Shônen, se montre assez vite originale, avec ce personnage principal qui découvre le jeu au fur et à mesure de ses rencontres.

Par contre c'est un peu étrange qu'il sache se servir très vite de sa nouvelle armure, ou ne semble pas étonné de porter certains coups pour la première fois. Des petits défauts qui seront sans doute corrigés par la suite.

A côté de ça, c'est assez prenant, il change souvent de partenaires (comme dans un "vrai" MMORPG), et sa progression y ressemble. On sent que l'auteur a passé du temps à jouer en ligne... Son dessin, lui, est impeccable, par contre ses cadrages sont parfois exagérés.

Dans le tome 2 on continue à suivre Sakuu et ses partenaires, qui semblent former un vrai groupe, tandis que certaines forces semblent vouloir peu à peu prendre le contrôle du jeu par ailleurs. J'imagine que cela va être développé dans la suite. Il était temps, car je ne voyais jusque-là pas vraiment d'intention autre que de suivre un newbie dans un MMORPG.

Dans le tome 3 le récit continue à se développer, se densifier ; on multiplie également les points de vue, on ne suit plus seulement Sakuu. Le tome 4, par contre, me semble partir dans plusieurs directions. Je pense qu'il faudrait relire l'ensemble pour suivre correctement l'intrigue, ce que je n'ai malheureusement pas le temps de faire.

Bien sûr, morphologiquement, ces personnages répondent à de nombreux canons du manga, mais comme on est dans un jeu video, cela n'est pas gênant. Pas de fan-service cependant, Shônen se veut "sérieux" dans son approche.

Une série sympathique, qui s'est densifiée à partir du tome 3. La qualité graphique et la densité de l'intrigue permettront sûrement à Shônen de rencontrer son public.

Nom série  Your lie in April  posté le 19/04/2015 (dernière MAJ le 22/03/2017) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Voilà une nouvelle série enthousiasmante.

Elle prend pied dans le monde de la musique, et plus particulièrement celui de son apprentissage, puisque les deux protagonistes principaux sont de jeunes prodiges que le hasard -ou plutôt des amis communs- a réunis. Alors, comme indiqué, ils ont une approche différente de la musique, entre respect total, presque religieux, et goût de la transgression, de l'interdit.

C'est bien sûr ce contraste, mais aussi le traumatisme d'enfance de Kôsei qui vont servir de moteur au récit. Au bout de deux tomes, cela fonctionne plutôt pas mal, on est pris dans cette histoire pas bien spectaculaire, mais avec des personnages au caractère bien trempé. C'est assez prenant.

Le troisième tome est un tome de transition, il ne se passe pas grand-chose, on a droit à des saynètes à l'intérêt mitigé. La fin est plus intéressante avec le début des auditions du concours Maiho, et l'apparition de deux personnages secondaires qui vont venir chambouler le train-train des héros...

Dans les tomes 4 et 5 l'action avance lentement, le long de ce même concours, et on a des redites sur l'enfance de Kôsei. L'émotion relative à la musique est quant à elle toujours présente et bien représentée. Une pause dans le récit.

La fin du tome 6 semble marquer une rupture, un changement de rythme, avec la prise de conscience de Kôsei d'un certain nombre de choses. Plus rien ne sera peut-être comme avant...

Avec le tome 8 nous avons une sorte de respiration dans le récit, avec l'arrivée d'un personnage secondaire, la jeune élève, qui va servir d'exutoire à Kosei. Et le tome s'achève sur un mini-cliffhanger concernant Kaori, qu'a-t-elle voulu dire en parlant du fait que Kosei croit avoir tout son temps ?

Dans le tome 9 nous assistons à une très belle séquence avec Kosei et Nagi, jouant de concert un morceau de Tchaikovski. Les émotions sont très bien retranscrites, et cet évènement va provoquer un certain basculement dans le récit. Lequel se prolonge dans le tome 10, au cours duquel il ne se passe pas grand-chose, même si la fin nous laisse avec un gros questionnement en suspens. Un ultime tome, le 12, propose des histoires courtes autour des différents personnages ; l'intérêt est limité, mais cet opus ravira les amateurs de la série.

Sur le plan graphique c'est très agréable, Arakawa a un trait gracieux et dynamique, même si j'ai un peu de mal avec les triangles qui figurent les nez des personnages. Un tic graphique qui s'estompe un peu au fil des tomes.

A noter, parmi les bonus des tomes, des petites notes sur les morceaux "joués" dans le manga, ainsi que la possibilité, via des QR Code, d'écouter et regarder des videos musicales correspondantes... sympa.

C'est frais, c'est printanier, c'est touchant.

Nom série  Reine d'Egypte  posté le 17/03/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Voici donc la nouvelle série "historique" de Ki-oon, qui a fait fort avec les séries de Kaoru Mori.

Le premier sentiment, s'il n'est pas teinté d'enthousiasme délirant, est empreint de curiosité et d'intérêt. Chie Inudoh est visiblement passionnée d'Egypte antique, et semble s'approcher de la réalité historique (enfin, celle qui nous est parvenue), et comble les trous avec son appréciation des choses. Ainsi l'inceste -qui n'était pas considéré comme tel chez les souverains antiques, rappelons-le- n'est pas consommé, Hatchepsout refusant l'accès de sa couche à son frère. Pas sûr que ce fût réel, mais finalement peu importe, cela permet à l'auteure de renforcer le caractère rebelle et unique de la Reine.

Un manga qui ma foi permet d'en apprendr eun peu plus sur un personnage dont j'avais seulement entendu parler. Chie Inudoh navigue entre le présent -l'arrivée au pouvoir de son frère et leurs épousailles- et le passé, pour bien saisir leur relation, pourtant pas ambiguë au départ...

Le trait de Chie Inudoh est plutôt agréable à l'oeil, assez maîtrisé et régulier. On reconnaît bien les personnages, même s'ils ne sont pas tout à fait réalistes en termes d'anatomie. Les décors et les vêtements sont dessinés avec soin, ce qui ajoute pour le plaisir de l'oeil.

Je lirai la suite avec curiosité, intérêt et plaisir. Ma note est dans l'attente de cette suite.

Nom série  Kuroko's Basket Replace Plus  posté le 17/03/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Je ne connaissais pas la série originale, "Kuroko's Basket", mais par curiosité j'ai attaqué ce spin-off. Il manque quelques éléments pour comprendre pleinement l'intrigue, et surtout certains personnages, mais dans l'ensemble ça peut se lire sans connaître les antécédents.

Il s'agit d'une histoire assez classique, à propos de la reformation d 'une équipe apparemment légendaire de lycéens, dotés de facultés -pour ne pas dire de pouvoirs- qui les placent bien au-dessus des joueurs de basket "ordinaires". Mais la venue d'une équipe de street basket américaine va faire vaciller leurs certitudes.

C'est un peu manichéen comme histoire. Les Américains sont arrogants et violents, sans-gêne et racistes. Les Japonais sont quant à eux gentils et animés de bonnes intentions. Plusieurs allusions laissent présager de nouveaux développements vers un autre genre, mais je ne suis pas sûr de vouloir poursuivre...

D'autant plus que le dessin n'est pas mature. Il y a de sérieux problèmes d'anatomie, ce qui dans un manga sur le sport, ne pardonne pas...

Nom série  Les Amies de papier  posté le 10/03/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J'allais un peu à reculons vers cette nouvelle série, de peur de tomber sur une énième histoire un peu gnangnan sur des adolescentes complètement idiotes. Ce qu'elles ne sont pas, bien sûr. Je pense que la bonne idée de départ est la collaboration entre deux scénaristes. Leur différence sexuelle ne compte pas, Cazenove ayant semble-t-il réussi à se mettre dans la peau d'une jeune fille de 11 ans. un âge où on bascule de l'enfance à l'adolescence, où on connaît ses premiers émois, où on s'ennuie facilement aussi...

Cette relation à distance, entretenue d'une façon presque inconcevable en nos années 2010, se révèle plutôt plaisante, les co-scénaristes évitant les écueils du cucul la praline, révélant des caractères subtils et nuancés. Le rythme choisi, des histoires courtes entrecoupées de lettres, permet de prendre son temps. Et les arrière-plans sociétaux ne sont pas en reste non plus, comme dans le cas de la situation des parents de Meï.

Le dessin de Cécile, accompagné des couleurs lumineuses de Sandrine Cordurié, est très plaisant, il est semi-réaliste et expressif. J'aime beaucoup.

Une vraie bonne BD qui parlera sans doute aux préadolescentes.

Nom série  Les Fables de La Fontaine (Bamboo)  posté le 10/03/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Jean de la Fontaine a donc mis en scène le renard à de nombreuses reprises dans ses Fables. Waltch et Bamboo ont décidé d'en regrouper quatre, parmi les plus significatives, pour ce premier tome.

Mis en scène dans différentes situations, il est tour à tour manipulateur et manipulé, voyou ou victime. Comme d'habitude chaque histoire est accompagnée de son texte original, et de croquis permettant de dessiner chaque personnage, pas seulement le renard. Il y a aussi une page replaçant les Fables dans leur contexte, un contexte qu'on a un peu oublié.

Le dessin de Waltch, habitué des BD dont vous êtes le héros chez Makaka, est fort agréable à l'œil, et s'accorde bien à l'exigence de mutisme de la collection.

Très sympa.

Nom série  Père et Fils - Vater und Sohn - les Saisons  posté le 10/03/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Peu de temps avant la publication en quasi-intégrale (dans une somptueuse édition, selon les mots de la Gouttière) chez Warum des strips originaux d'Erich Ohser (alias e. o. Plauen), Marc Lizano, après avoir été approché par Panini Allemagne, se lance dans une version moderne de cette série culte. Peut-être pour retrouver un esprit germanique, il s'associe avec Ulf K., dont le style cubique et simple pourrait être à la hauteur. Plus de deux ans plus tard (le premier strip date de fin 2014), le premier recueil sort.

C'est de l'excellent boulot. L'esprit original de la série est respecté au plus près. Pétri de poésie, d'amour et d'humour, il mêle prise de becs, discussions intimes, jeux d'enfants. J'en avais presque les larmes aux yeux tant Lizano a su transposer l'universalité du propos d'Ohser dans notre époque. Réalisés en bichromie, muet, les gags, le plus souvent réalisés en une page en gaufrier, sont la plupart du temps imparables. Les "faibles" sont largement minoritaires. Cerise sur le gâteau, l'absence de la maman est évoquée l'espace de trois gags pleins de pudeur.

Et comme je l'indiquais, le boulot d'Ulf K. est simple mais efficace. Un seul (petit) regret, le rouge est un poil trop pétant. Pour le reste, c'est impeccable.

Nom série  La Pension Moreau  posté le 10/03/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Marc Lizano a construit sa carrière d'auteur sur des titres jeunesse comme La Petite Famille, avec souvent du bonheur. Il y a souvent de la profondeur dans ses albums, une réflexion au-delà du trait rond et des jolies couleurs.

C'est encore une fois le cas avec cette trilogie qui commence, et qui plongeant ses sources pour partie dans un fait divers : en 1934, à Belle-Ile-en-Mer, des enfants se sont échappés d’un bagne et ont ensuite été pourchassés contre une prime par les habitants de l’île. Jacques Prévert, révolté, en avait fait un poème, Chasse à l’enfant.

Lizano est reconnaissable à ses personnages avec des grosses têtes, mais c'est une particularité qui ne gêne pas du tout la lecture, tant cela s'intègre à son style. On peut remarquer également que les adultes qui tiennent la pension du titre ont des têtes d'animaux, en rapport avec leurs fonctions ou leur personnalité. Mais très vite on rentre dans cette histoire angoissante, avec cet enfant mutique qui est interné dans ce qu'on appelait à une époque un pensionnat, c'est à dire un établissement fermé, consacré à l'éducation mais surtout à la discipline.

On est d'emblée pris par l'ambiance oppressante, lugubre, de l'institution. Très peu de moments d'espoir ou d'humour, hormis lorsque la camaraderie des enfants s'exprime. L'appétence au dessin d'Emile est également un élément narratif important, j'imagine qu'il va servir de moteur par la suite.

Une suite que je suis curieux de découvrir.

Nom série  Monster X Monster  posté le 10/03/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Revoilà un manga de fantasy, avec des monstres et... un anti-héros. Celui-ci semble être un vrai de vrai, du genre à rester chez sa mère à se curer le nez et jouer à des jeux video. Ce qui est sympa, c'est que lorsqu'il semble prendre conscience du côté minable de sa vie, il ne se prend pas en main, et continue à glander. Mais bien sûr il va révéler des ressources insoupçonnées... Le suspense est encore intact à la fin de ce premier tome, mais les manœuvres dans l'ombre laissent entendre une deuxième tome assez denses, sachant qu'il s'agit d'une trilogie.

Nikiichi Tobita a un trait vraiment intéressant, très précis, surtout sur les monstres, ce qui rend la lecture assez agréable, surtout quand on aime le genre.

Curieux de lire la suite.

Nom série  Chroniques de Claudette  posté le 08/03/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Voilà une nouvelle héroïne fort sympathique.

Claudette est la fille du forgeron du village, lequel a été amputé de trois membres sur quatre lors d'un lointain combat contre un dragon. C'est une fillette qui n'a peur de rien, et n'hésite pas à entraîner son petit frère et sa meilleure amie dans son expédition pour abattre un géant.

A partir de là, nous suivons les aventures échevelées du petit groupe, au travers de personnages légendaires, tous plus ou moins sortis de contes classiques. c'est fort plaisant, les personnages sont bien campés, on ne s'ennuie presque jamais.

Le dessin de Rafael Rosado, dessinateur portoricain, est assez rond, même si je trouve qu'il ne l'est pas assez pour une série jeunesse. C'est bien mis en scène, bien découpé, du bon travail pour les jeunes lecteurs

Nom série  Coeur de Hérisson  posté le 07/03/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Bon, il me semble que je me sois fourvoyé...

Car très vite je me suis senti perdu dans ce shôjo tout dégoulinant. Il y a des petites fleurs dans les cases, des fleurs dans les yeux de la collégienne, et que dire du soi-disant bad boy, qui n'a de bad que son éventuel mutisme. Ok, le mec est un peu sociopathe, ça fait de lui un super méchant... Mais bon, ça dure deux pages, hein, très vite il se montre très affectueux envers sa camarade, dont il ignorait jusqu'à l'existence deux jours plus tôt...

La crédibilité est à son niveau le plus bas, et même en réveillant la part de féminbité qui est en moi (car elle existe), je n'ai pas réussi à me mettre dans la peau de Kii. non, n'insistez pas, je ne suis pas n'importe Kii, je suis Spooky.

Bref, même si le dessin n'est pas désagréable, il ne présente aucun trait particulier, et les cadrages partent dans tous les sens.

Pas pour moi, je lâche l'affaire.

Nom série  Blanche neige (Delcourt)  posté le 02/03/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Voici donc une nouvelle version de l'un des plus célèbres contres des frères Grimm. Lylian s'est basé sur l'une des versions les plus adultes, et peut-être l'une des plus riches. On est en tous les cas très loin de la version édulcorée de Disney, plus proche sans doute de l'esprit original du conte. Les auteurs ont mis l'accent sur le parcours simultanée de Blanche et de sa belle-mère, dont les trajectoires ne cessent de se croiser au fil des envies de meurtre de la plus âgée après les révélations de son fameux miroir. Au passage, je trouve que Blanche et sa belle-mère ne sont pas très malines, l'une ne vérifiant pas que sa bête noire est morte, et l'autre pour apprendre à se méfier de la bienveillance des étrangers malgré les avertissements de ses amis nains. Il faudra la troisième tentative pour qu'un tournant décisif soit apporté à l'histoire.

Fin de l'aparté, et retour au conte, avec ses licences narratives et poétiques.

Les deux femmes vivent toutes les deux un parcours initiatique, et en ce sens la psychologie des personnages est vraiment fouillée (hormis le souci que je viens de pointer, mais l'œuvre originale est ainsi faite), et Lylian a injecté dans son récit plein de détails, des passerelles entre les personnages, qui ne sont pas forcément dans le conte ou qui n'y sont pas explicités. Il réussit à nuancer, enrichir et moderniser le propos sans le dénaturer. Il y a une dimension naturaliste dans l'histoire, avec BN qui figure la renaissance de la nature, et la Reine qui est en train, doucement, de mourir, dévorée par son matérialisme, ses doutes... Un vrai bon travail d'adaptation, en somme.


Je découvre pour l'occasion le travail de Nathalie Vessillier, et c'est une belle découverte. Ses crayons proposent une ambiance envoûtante et très nuancée. Il y a une vraie symbolique dans le fait que son premier album soit une histoire d'initiation d'une jeune fille.

La dernière page, constituée d'une seule case, est vraiment magnifique, et constitue une belle conclusion, à la fois narrative et graphique, pleine d'espoir sans oublier l'expérience de Blanche-Neige.

Espérons qu'à l'instar des sept nains, Lylian saura accompagner Nathalie Vessillier quelques temps et l'aidera à produire de belles choses.

Un petit mot du travail de l'éditeur, qui propose en couverture une titraille et une enluminure dorées en relief, et une maquette inspirée.

Du beau, du très beau boulot de bout en bout.

Nom série  Bride Stories  posté le 14/08/2011 (dernière MAJ le 02/03/2017) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Qui aurait cru qu'un manga sur les traditions nuptiales de l'Asie centrale au XIXème siècle m'intéresserait ? Pas moi au premier chef.

C'est le dessin qui m'a attiré dans cette nouveauté des éditions Ki-oon. Elégant, fin, il me semble reproduire à merveille la finesse des vêtements et du travail sur bois du grand-père de la famille. Dans le second nous découvrons de très belles broderies, et le troisième propose quelques passages sur la gastronomie d'Asie centrale. Les deux premiers tiers du premier tome se dirigeaient gentiment vers une chronique conjugale certes sympathique (d'autres seront moins cléments que moi et utiliseront l'adjectif "mièvre"), mais qui peut se révéler un peu ennuyeuse, malgré de jolies scènes où la jeune Amir chasse des lièvres.

Simplement l'auteur nous propose un petit rebondissement avec la délégation de la famille de la jeune épouse, venue la reprendre ; l'occasion pour sa nouvelle famille de faire valoir ses droits, mais aussi pour l'aïeule, passée inaperçue jusque-là, de se montrer pleine de ressources. Pas mal, et la série évolue dans les tomes suivants ; Kaoru Mori déplace le centre de gravité vers Smith, le jeune érudit venu étudier les moeurs locales. J'aime bien Amir et son jeune mari, mais l'auteure a fait le choix -malin, a priori- d'en faire des "invités", en particulier sur le troisième tome. Avec toujours cette idée de nous faire découvrir une culture exotique et ancienne. Il y a un peu d'action, surtout dans le second tome, mais l'ensemble de la série (du moins sur les trois premiers tomes) reste assez calme. Dans le troisième tome les différents fils narratifs se croisent, et l'auteure joue à merveille de l'interaction entre les personnages, dont la vie va être chamboulée...

Le tome 5 me semble assez typique du travail de Kaoru Mori. On assiste à un évènement sérieux (en l'occurrence le mariage de deux jumelles... avec deux frères), mais pour ne pas ennuyer le lecteur avec les festivités (chants, danses, processions, et cérémonie religieuse), elle préfère en faire une suite de saynètes cocasses qui désacralisent mais ne dévalorisent pas le processus. Chapeau bas. Et encore une fois les cases sont somptueuses... Dans le tome 6 l'action s'accélère, les tensions latentes entre deux clans éclatent au grand jour, et il me semble que le récit prend une tournure un peu inattendue ; mais encore une fois Kaoru Mori se montre très à l'aise, et même ses chevaux sont réussis...

Le tome 7 constitue une respiration, une parenthèse dans l'intrigue principale ; sur les pas de M. Smith, nous arrivons dans une demeure richement dotée, où vit un couple heureux et aisé. Cependant l'épouse subit une certaine mélancolie, du fait de sa solitude... Elle se rend au hammam, où elle rencontre une autre jeune maman, issue d'un milieu plus modeste, avec laquelle elle se lie d'amitié, et même plus. l'occasion pour Kaoru Mori de parler d'une pratique relativement courante en perse jusqu'au XIXème siècle, celui des soeurs conjointes, mais aussi de nous faire profiter de son trait de çon plus sensuelle, avec des femmes dévêtues. Ce n'est pas gratuit, rarement avec cette auteure, même si on sent son plaisir de dénuder les courbes de ses héroïnes. Une belle image de la femme est alors donnée, généreuse, désintéressée, naturelle...

Le tome 8 survient un an après le 7, j'ai l'impression que Ki-oon a rattrapé la publication au Japon. On ne perd pas trop de vue les personnages, cependant, et Kaoru Mori en installe de nouveaux à chaque fois. Cette fois-ci c'est Pariya, l'adolescente frondeuse et timide qui est le sujet du tome, c'est marrant de voir comment elle interagit avec des personnages plus posés, plus matures et plus gentils qu'elle. Au tome 9 l'auteure enfonce le clou avec Pariya et ses fiançailles, en jouant sur son contraste avec les autres personnages. Toujours aussi sympa, même s'il va falloir qu'elle trouve d'autres ressorts.

C'est toujours un régal pour les yeux, avec les broderies et les habits des femmes...

Après s'être intéressée aux soubrettes anglaises, Kaoru Mori change de décor -mais pas forcément d'époque- pour nous livrer une chronique caucasienne pas mal foutue, diversifiant ses points de vue et même certains de ses points d'intérêt, pour nous faire voyager.

Nom série  Monstress  posté le 02/03/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Je suis moins enthousiaste que Paco sur cet album.

Certes, il propose un univers visuel riche, qui permet au lecteur de passer de longs moments à contempler le superbe travail graphique de Sana Takeda, bel exemple de l'école du comic américain.

Mais sur le plan de l'histoire je me suis senti noyé. Noyé sous les informations, par la multiplicité des points de vue, des personnages, des éléments à ingurgiter. L'album est dense, long, mais je trouve que cela manque de fluidité. Je ne l'ai peut-être pas lu dans les meilleures conditions, peut-être aurait-il besoin d'une seconde lecture pour être mieux digéré, mais je ne me suis pas senti à mon aise.

Pas sûr que je poursuive au-delà de ce premier tome.

Nom série  Heart Beat  posté le 20/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Maria Llovet, dont j'avais découvert le boulot avec Eros/Ppsyché, propose dans ce nouvel album une variation sur le thème de l'adolescence : identité sexuelle, harcèlement scolaire, absence parentale, amours contrariées... Tout le récit est en faux-semblants, en ambigüité ; même les personnages sont leurrés. Mais l'auteure va plus loin dans la noirceur de l'âme humaine, avec ces ados fascinés par le sang, le sexe et le meurtre. Les scènes sont sinon crues, plutôt explicites. Et la morale... On s'en fout, ce qui compte, c'est que le récit soit bien mené, et c'est le cas. Ces adolescents font un peu froid dans le dos...

Graphiquement Maria Llovet évolue dans ce registre inspiré du shôjo qui l'a fait connaître, avec des apports du comics et de la BD franco-belge qui donnent un résultat assez agréable, même si l'expression des personnages est à travailler. Sa propension à faire sauter les cadrages est un peu déroutante parfois, mais elle continue à expérimenter.

Un album pas inintéressant constituant une belle parabole sur l'adolescence.

Nom série  Enormous  posté le 20/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Le choc est d'abord graphique : Mehdi Cheggour, dessinateur et illustrateur marocain, a un trait ultra-réaliste qui donne un relief tout particulier à cette histoire d'invasion de monstres. Un style minimaliste aussi, ou plutôt pointilleux, qui oblige le lecteur à passer de longues minutes sur certaines cases pour bien en saisir chaque détail. Hélas, ceux-ci ne sont pas forcément utiles. Et puis cette propension à balancer le cadrage dans tous les sens me laisse sceptique. Il n'empêche que c'est un travail dantesque.

Sur le plan du scénario, il s'agit d'un survival horror assez classique, avec des personnages d'horizons divers qui se regroupent pour essayer de trouver un abri. Une recette qui fait toujours recette, mais qui aurait peut-être gagné à être plus linéaire. En effet on ne comprend pas trop quand tel ou tel groupe a rejoint le principal, celui qui est dirigé par la militaire Sélène. De même, on ne sait pas quelle est sa composition, on ne voit que deux ou trois personnages maximum à la fois.

C'est tout de même suffisamment prenant pour que l'on aie envie de lire la suite.

Nom série  L'Atelier Détectives  posté le 17/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Bamboo se lance dans les séries jeunesse qui exaltent l'imagination.

Après Pilo, voici donc l'Atelier Détectives, du nom de ce club scolaire composé de trois enfants aux caractères complémentaires, entre l'intuitive, le scientifique et le costaud. A l'affût de la moindre rumeur ou plainte, ils dégainent leur loupe et activent leurs neurones pour résoudre de menues énigmes. Ce premier tome en comporte quatre, avec un canevas narratif assez semblable, mais qui a le mérite d'être facile à suivre.

Vraiment sympas pour les jeunes lecteurs, d'autant plus que c'est Sandrine Goalec, qui est aux pinceaux. Son trait est assez élégant, aéré, mais elle ne néglige pas les décors. Les couleurs de Maëla Cosson sont bien choisies et rendent bien les différentes ambiances.

Nom série  Les Misérables : une libre adaptation à Besançon  posté le 17/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Voici donc une nouvelle adaptation du monument de Victor Hugo ; l'originalité est cette fois dans le lieu de l'action, la ville de Besançon qui a vu naître l'écrivain. Pourquoi pas, même si la dimension historique de l'histoire s'en trouve un peu émoussée.

De la fuite de Jean Valjean à son décès après avoir enfin parlé à Cosette, Christian Maucler respecte grosso modo la trame originale, on ne se sent pas perdu. Pourquoi pas, mais tant qu'à changer le cadre, peut-être que le scénariste aurait pu prendre plus de libertés... Seul défaut dans ce point de vue : contraint par le format d'un one shot de 46 pages, l'album est en fait une suite de scènes qui s'enchaînent sans transition. Un rythme un peu haché, du coup.

Côté dessin c'est yann Chavarot qui s'y colle, il a un style réaliste assez classique relativement lisible. la mise en couleurs est passable, et se montre un peu insuffisante pour les scènes sombres. Dommage.

Une adaptation pas désagréable, mais qui aurait peut-être gagné en étant plus audacieuse.

Nom série  La Bête de Jumièges  posté le 17/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Il s'agit d'un polar médiéval, avec en guise d'enquêteurs un jeune aventurier et un prêtre. Un homme d'action et un "cerveau", puisque l'érudition de Théodémar complète la fougue de Davian. Seule étrangeté : les meurtres atroces commis par la "Bête" semblent les suivre à la trace. Je dois dire que j'ai été surpris par le pot-aux-roses, même si à la réflexion, cela coule de source. Pour le reste je trouve que le récit manquait d'un peu de liant, peut-être aurait-il fallu en faire une version plus fluide.

Graphiquement c'est Mor qui officie. Je n'ai pas été convaincu par un grand nombre de ses pages, avec des anatomies un peu étranges, des perspectives faussées. La mise en couleurs est quant à elle à améliorer, utilisant trop les différentes teintes de brun, donnant un cachet assez triste à l'ensemble.

Je pensais, à la fin de ma lecture, qu'il s'agissait d'une histoire vraie, mais après quelques recherches, j'ai l'impression qu'il n'en est rien, à moins que l'anecdote soit trop confidentielle pour avoir eu des échos sur le web. Il reste une BD pas désagréable, qui aurait cependant eu besoin d'un graphisme mieux maîtrisé pour être vraiment agréable.

Nom série  Le Retour  posté le 17/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Voici un album très difficile à analyser. Il est le fruit de la réflexion de son auteur, Bruno Duhamel, qui a voulu rendre un hommage tout particulier de Cesar Manrique sur l'île de Lanzarote. Il a voulu faire sienne l'histoire de cet artiste qui a intégré son île natale dans son oeuvre, une sorte de prospective à l'envers, tout en intégrant ses propres réflexions sur l'acte de création.

C'est donc un alter ego de Duhamel, de Manrique et d'autres artistes qui est le héros de ce Retour, un homme a l'ego démesuré, qui veut faire corps avec son île, jusqu'à renier sa famille, voire défigurer ladite île. La construction lente d'une folie, aux sens propre et figuré. Et puisque l'album s'ouvre sur sa mort, violente, nous avons en filigrane le processus ayant amené cette mort, intrinsèquement lié à l'ambition démesurée de Cristobal.

Très difficile donc de donner une lecture un tant soit peu éclairée, mais ce n'est pas un jugement négatif, tant l'oeuvre de Duhamel réclame d'attention. A ce titre, une deuxième, voire une troisième lecture peuvent être salvatrices.

Graphiquement l'auteur continue à creuser son sillon, avec cette précision impressionnante dans le trait, qui s'intègre de façon inattendu et lumineuse dans des décors grandioses, semi-désertiques et souvent contemplatifs. Le découpage est diversifié, entre gaufrier aux cases fusionnées, pleines pages (voire doubles pleines pages), tout en restant dans un classicisme réconfortant.

La couleur est utilisée avec beaucoup de tact, dans des ambiances marquant le passé, des monochromes sur les "figurants", c'est un vrai régal pour les yeux.

Une beauté formelle au servie d'une réflexion sur l'acte créateur. Une BD forte, complexe, belle.

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