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Nom série  Kasane, La Voleuse de Visage  posté le 10/02/2016 (dernière MAJ le 11/02/2018) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Le pitch de départ a de quoi allécher. A l'aide d'un rouge à lèvres légué par sa mère, une collégienne laide parvient à voler le visage de celle qu'elle envie. Je voyais déjà tout le potentiel malsain et torturé de l'histoire.

Mais au bout de la moitié du premier tome, le récit prend une autre voie, Kasane commence à douter des effets de cet étrange pouvoir, et elle vire un peu trop à la gentille à mon goût. Alors bien sûr, l'auteure a souhaité éviter le cliché fille "moche=fille méchante", mais quand même, cela m'a déçu. Et puis dès ce premier tome, nous faisons un saut dans le temps, sans qu'apparemment Kasane ne se serve beaucoup du rouge à lèvres. Et en fin de tome, badaboum, le renversement est proche.

Le récit se densifie dans le tome 2, l'auteur me semble mieux tenir ses personnages et ses enjeux, on se resserre sur la dualité Kasane/Nina. Et à la fin, nouveau bond dans le temps. Et Kasane, forcée par les évènements, va devoir se confronter à un "oublic" bien plus difficile que d'autres acteurs ou des metteurs en scène. Dans le 4, nouveau coup de théâtre, sans mauvais jeu de mots. Notre actrice à l'ascension fulgurante va se retrouver face à son destin, même si la révélation n'a pas encore eu lieu. Cela donne une nouvelle dimension à l'histoire, je suis curieux de voir comment Matsura va gérer cela... Au-delà de la densification de l'intrigue l'auteure montre aussi sa passion pour le théâtre, avec des extraits des pièces jouées par Kasane, dans un parallèle symbolique également intéressant.

Dans le tome 5 le récit fait une pause, avec cette enquête menée par l'amant de la soeur de... mais je n'en dis pas plus, car j'espère que le récit ne va pas trop se prolonger... Au moment d'aborder le tome 6 je me suis demandé si j'allais continuer, avec la crainte que le récit pioche sans cesse dans les mêmes situations. Mais celui-ci contient un évènement crucial, sinon définitif, qui m'a permis de lire jusqu'à la fin, et d'espérer que le suite sera du même tonneau.

Le tome 7 entame donc un nouveau cycle dans l'histoire, et les choses semblent -doucement mais sûrement- se mettre en place dans le 8. L'issue est-elle proche pour Kasane et Saki ? L'écriture est toujours aussi sensible, et le dessin aussi sensuel.

Au tome 9 on nous révèle les origines de la malédiction du rouge à lèvres, avec l'histoire d'Azano. Pas inintéressant, même si on se rend compte que l'histoire n'est qu'un perpétuel recommencement, et qu'elle se poursuit à travers les générations. Gaffe pourtant à ne pas aller trop loin ou trop étirer le sujet...

Les tomes 10 et 11, justement, étirent les révélations, mélangeant les époques et les personnages, sans faire avancer l'intrigue d'un iota, si l'on excepte l'adjonction d'un personnage surgi du passé de Kasane... Je pense que cela suffit, et arrête là ma lecture de la série.

Nom série  Le Réseau Papillon  posté le 05/02/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Voilà une nouvelle série destinée à expliquer la Résistance aux plus jeunes des lecteurs. Le scénario, écrit par Franck Dumanche, joue sur des ressorts qui ont fait leurs preuves depuis le Club des 5 et probablement plus tôt encore, en convoquant une bande de gamins aux caractères bien différenciés, avec une romance latente entre deux d'entre eux, et un esprit d'intrépidité indispensable à tout récit de ce genre. Pas de réelle surprise, mais le plaisir de lire un vrai récit d'aventure, avec des rebondissements relativement crédibles.


Nicolas Otéro aborde là pour la première fois, à ma connaissance, le secteur jeunesse. C'est intéressant, car son trait nerveux a dû s'adapter, un peu "s'adoucir" pour devenir un peu plus lisible par le jeune public. C'est assez réussi, même si parfois j'ai trouvé qu'on perdait un peu ses caractéristiques (par exemple ave le personnage de Bouboule). Il semble toutefois vraiment s'amuser et faire vite, puisque le tome 2 (conclusif ?) est annoncé pour le mois d'avril de cette année 2018.


Je le lirai, sans faute.

Nom série  Bots  posté le 25/05/2016 (dernière MAJ le 03/02/2018) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
J'ai un peu suivi via le compte facebook de Steve Baker la progression de cet album, et j'attendais sa sortie avec une certaine impatience.

Il faut dire que lorsque le nom d'Aurélien Ducoudray apparaît, mes oreilles se dressent et je pars dans tous les sens en reniflant le sol. Jusqu'à présent peu de ses albums m'ont déçu, et celui-ci ne déroge pas. Dans un contexte inattendu -une terre du futur, dominée par les robots-, il place un récit où un élément inattendu, un bébé humain, va venir perturber l'ordre établi... Le deuxième tome, qui se concentre sur l'univers carcéral, est très intéressant n; outre les nombreux jeux de mots que se permet le scénariste, il dépeint un univers aux règles très perturbantes... Même si le sujet paraît un peu léger, il met quelques couches de social dans son histoire, et suffisamment de suspense pour qu'on ait envie de lire la suite et fin.

Côté dessin c'est donc Steve Baker qui fait feu de tout bois dans un style semi-réaliste aux bases solides, et une mise en scène assez dynamique.

Bon ben... la suite, c'est pour quand, Messieurs ?

Nom série  Dans la combi de Thomas Pesquet  posté le 02/02/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
L'aventure spatiale de Thomas Pesquet a tenu en haleine des millions de personnes, d'autant plus que, bénéficiant des nouvelles technologies, l'astronaute a pu en faire bénéficier le reste de l'humanité presque en temps réel. Au cours de son année dans l'espace, il est simplement devenu l'une des personnalités préférées des français.

Le voir associé à Marion Montaigne sonne comme une évidence. Passionnée de science, excellente dans la vulgarisation de celle-ci en bandes dessinées, j'imagine qu'avec quelqu'un comme Pesquet cela a vite fonctionné. Je pense que seul Boulet, hormis Montaigne, aurait pu faire cette BD. Sauf qu'il l'aurait faite tout seul.

Ici on sent bien que la collaboration entre les deux personnalités a été fructueuse, et a priori plutôt harmonieuse. Montaigne a ce don de rendre passionnant le truc le plus trivial (comme de savoir comment on fait caca dans l'espace, LA question que tout le monde se pose sans parfois l'avouer), et à nous montrer que malgré leurs aptitudes supérieures à la moyenne, les astronautes sont des hommes comme vous et moi. Enfin comme vous, moi j'ai la crève, là. C'est pas à Thomas Pesquet qu'un truc aussi con arriverait dans l'espace, hein !

Plus sérieusement (hihi !), c'est drôle, c'est passionnant, c'est indispensable, bref, c'est un must !

Une excellente BD, qui doit être dans les 3 meilleures de 2017.

Nom série  Une histoire de cancer qui finit bien  posté le 02/02/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Comme l'indique le résumé de l'éditeur (repris ici), le récit est parti de la demande d'une adolescente souffrant de leucémie.

Mais, loin de considérer cela comme un "exercice", la romancière et scénariste québécoise India Desjardins a su s'en emparer, pour y mettre une énorme sensibilité, et tenter de nous livrer un récit intimiste, poignant, mais aussi sachant éviter les écueils du pathos et du pitoyable (au sens premier du terme). Tout n'est pas rose dans la vie de la jeune héroïne, bien sûr, mais elle arrive, avec l'aide de la science et l'amour de sa famille et bientôt d'un jeune homme, à surmonter ses difficultés, puis sa maladie, pour être heureuse. Pas de spoiler là-dedans, puisque le titre de la BDle revendique.

Côté graphique, c'est Marianne Ferrer, illustratrice pour la jeunesse au style délicat, qui s'y colle, et glisse de la retenue, de la grâce et de la finesse dans ce monde dur, très dur.

Vraiment sympa.

Nom série  Voyage au centre de la Terre (La Pastèque)  posté le 02/02/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je suis étonné que le classique de Jules Verne ne soit pas plus adapté que cela en BD. Certes, il en a inspiré beaucoup, mais il garde une grande qualité, celle de l'aventure, qui devrait permettre à nombre d'auteurs de pouvoir s'en emparer et en livre leur version

C'est ce qu'a fait l'Italien Matteo Berton, qui a travaillé trois ans dessus, après une longue carrière en tant qu'illustrateur. Cette caractéristique se resent dans sa technique, qui en dit beaucoup dans chaque case, au détriment parfois du récit, qui continue à se dérouler en-dehors. C'est parfois un peu scolaire, également, dans la construction...

Il n'en reste pas moins que son travail mérite le respect, ne serait-ce que parce qu'il semble avoir tout récupéré, ou presque, dans le roman de Verne (la BD fait au final 110 pages), et parce qu'il y déploie des trésors de créativité, des explosions de couleurs pastel, et une mise en scène relativement inventive.

Une vraie curiosité, à réserver peut-être aux amateurs de Verne.

Nom série  Le Voyageur  posté le 02/02/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Ce voyageur n'est vraiment pas comme les autres. Il erre, sans but visible, semble intervenir de façon hermétique. Son existence même est une énigme.

Mais petit à petit on va en apprendre plus sur cet homme, ses origines, ses motivations. C'est très intrigant, jusqu'à la fin, difficile, peut-être, à interpréter. Je n'ai pas pu me décoller de ce bouquin avant la fin, et la qalité du dessin, qui lorgne un peu du côté de celui de Moebius par moments, n'y est pas étranger. C'est vraiment très agréable à l'oeil.

Un album... franchement bien, en effet.

Nom série  Sir Arthur Benton  posté le 02/01/2010 (dernière MAJ le 22/12/2017) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Sir Arthur Benton fait partie, à coup sûr, des classiques du genre en bande dessinée. C'est le récit d'un combat de l'intérieur, d'une traque, d'une chasse à l'homme très bien menés. Mes camarades ont bien su en parler en détail. Mais dans ce cas, pourquoi ne pas mettre une note plus positive ? Eh bien parce que malgré son ambition louable et son sujet plutôt bien traité (mention spéciale aux dossiers de fin d'albums), cette série souffre de menus défauts. Une narration un peu chaotique sur le premier et le troisième tome, un dessin un peu difficile dans la première moitié du tome 1... C'est dommage, parce que j'ai globalement bien apprécié cette série. En effet elle montre, au travers d'un personnage fictif, les à-côtés de la guerre, et certains de ses rouages.

La lecture du second cycle n'est intervenue que 7 ans plus tard, ayant eu personnellement du mal à réunir les trois tomes du second cycle.

Les recettes sont les mêmes, on nous montre l'arrière-cuisine de le guerre froide, au travers des opérations d'une organisation ultra-secrète dirigé par le Benton du titre. Mais... Le récit est difficile à suivre, on a une suite d'anecdotes très rapides, dont la continuité et la cohérence sont mis à mal par ce choix de narration, un Benton qui disparaît presque totalement de l'histoire, sa plus grande scène est à la toute fin, alors qu'on se penche sur ses collaborateurs et les grands acteurs de l'Histoire.
Le dessinateur a changé, Vincent Pompetti a succédé à Stéphane Perger ; une eprte de qualité à mon avis, les personnages de Pompetti étant étrangement déformés, les ambiances et les cadrages partant dans tous les sens. Le dessinateur se cherchait alors encore, mais les difficultés de lecture ne sont pas de son dû.

Dommage que la série se termine ainsi...

Nom série  Je ne suis pas d'ici  posté le 08/12/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cet album est à lire en miroir, ou en parallèle avec Je suis encore là-bas, de Samir Dahmani, chez Steinkis.

Nous trouvons cette fois-ci une jeune Coréenne qui débarque à Angoulême pour y finir ses études graphiques, et qui se heurte à la culture occidentale, tellement différente de la coréenne. Cette impression d'ostracisme est personnifiée par la transformation de sa tête en celle d'un chien, ce qui ajoute des cènes un peu cocasses à l'atmosphère de sidération que peut ressentir la jeune femme. Ajoutez à cela une petite histoire d'amour pas simple, et vous obtiendrez la formule d'un roman graphique plutôt réussi. Sur le plan de l'histoire, je l'ai trouvé cepandant un peu moins intéressant que l'ouvrage de Samir Dahmani, car un peu moins inattendu.

Sur le plan graphique j'ai rpéféré celui-ci, les influences franco-belges de Yunbo ayant pris l'ascendant sur ses racines coréennes et nous proposer un dessin d'une grande clarté, avec un trait plus encrée que celui de son compère. J'aime bien.

Une lecture franchement sympathique.

Nom série  Je suis encore là-bas  posté le 08/12/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Vaste sujet que celui des personnes à cheval sur deux cultures, et qui doivent se réapproprier celle d'origine après avoir passé beaucoup de temps au sein de celle d'adoption...

Samir Dahmani nous propose donc sa version, avec l'histoire de cette guide-interprète coréenne qui doit driver un Français à Séoul, et se retrouve en butte avec ces deux influences culturelles. C'est délicatement mené, le cheminement de pensée de Sujin est facile à suivre et à comprendre, et l'auteur réussit à éviter l'écueil de la romance facile. Les protagonistes sont crédibles, avec leurs travers, et on se sent bien pris dans l'histoire. Il y a également un jeu sur les visages, les masques, qui complète bien les passages introspectifs.

Le style de Dahmani semble parfois plus proche de l'esquisse à cheval entre le manga et la franco-belge, mais cela lui confère une liberté graphique sans doute inégalable.

Très bonne lecture.

Nom série  Le Guide de Paris en bandes dessinées  posté le 08/12/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Sacré pari éditorial que celui d'Olivier Petit : réaliser des guides historiques sur beaucoup de capitales et de grandes villes. Et pour bien lancer la collection, il s'est attelé à la capitale française.

Le résultat est à la hauteur de l'enjeu : superbe et quasi indispensable. En effet, après avoir pointé 30 lieux emblématiques de Paris, une pléiade d'auteurs venus de tous horizons (oui, de France, mais aussi d'Espagne, d'Algérie, de Corée, de Grèce...) se sont attelés à raconter en quelques pages des anecdotes surpenantes, cruelles ou drôles rattachées à ces lieux. On y apprend par exemple le lien incroyable entre l'Exposition universelle de 1900 et la création de la baguette de pain... C'est foisonnant, passionnant, ébouriffant !

Chaque récit en BD est doublé de pages documentaires, qui viennent donner de nombreuses infos pratiques (stations de métro correspondantes, produits spéciaux, lieux à proximité...). C'est très très riche, on est là devant un must !

Nom série  Isabella Bird, femme exploratrice  posté le 11/10/2017 (dernière MAJ le 07/12/2017) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Isabella Bird est donc une exploratrice célèbre, qui à la fin du XIXème siècle, a sillonné différentes régions du globe, et en a fait des récits détaillés, lesquels ont constitué et constituent encore des documents précieux, voire uniques pour les historiens.

Taiga Sassa a choisi de se baser sur les récits de Bird relatant son voyage au Japon en 1878, au début de l'ère Meiji. Une époque où le pays du Soleil levant s'ouvrait tout juste à l'étranger. Il est intéressant de noter qu'au début du moins, l'exploratrice n'a pas rencontré beaucoup de difficultés administratives pour commencer son périple vers le nord, à la rencontre, entre autres, des Aïnous. Par contre, en sortant des sentiers battus, elle va découvrir ce que l'extrême dénuement veut dire. Les Aïnous n'apparaissent pas encore dans les deux premiers tomes, mais j'avoue que je suis curieux de lire ce que réservent les suivants. On a aussi le choc entre deux mondes, avec l'Anglaise un rien pudibonde, et les Japonais qui partagent les bains à poil entre les deux sexes.

Le voyage est agréable, en bonne compagnie, Isabelle et son guide-interprète, Itô, formant un duo à la fois drôle, surprenant et touchant.

Le dessin de Sassa est assez classique, il lorgne un peu trop vers le shônen ou le shôjô à mon goût par moments, mais il a le mérite d'être minutieux et bien posé.

A suivre.

Nom série  Fire Punch  posté le 03/08/2017 (dernière MAJ le 06/12/2017) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Un manga qui commence très très bien.

Le début est un peu difficile à supporter si l'on se met dans la peau du héros, lequel doit subir des souffrances inimaginables, mais aussi voir mourir ses proches. C'est noir, très noir, et violent. Et bien sûr, on enchaîne sur une histoire de vengeance relativement classique, mais l'auteur ne s'appesantit pas dessus, et le manga prend, dès ce premier tome, un virage narratif inattendu.

Et même plusieurs, si l'on tient compte de la rencontre avec celui qui est à l'origine de ses malheurs et de son tourment. Et encore plus avec les deux séquences et images finales...

Le tome 2 développe les suites de la rencontre de la fin du tome 1. Agni, en plus de subir des souffrances physiques inimaginables, va devoir faire avec la folie de celle qui l'oblige, quelque part, à collaborer avec elle. A côté de ça, on ne perd pas de vue Sun, qui s'était un temps accroché à notre (anti-)héros. Surprenant en permanence, ou presque.

Le tome 3 prends une autre direction, alors qu'Agni sort du scénario échafaudé par Togata, et semble marquer une sorte de fin de cycle, même s'il se termine sur un énorme cliffhanger, totalement inattendu. La suite va être intéressante...

Le dessin est assez dynamique, même s'il a ce goût d'inachevé sur les visages qui ne me le rend pas super agréable.

Intrigant, très. A suivre, donc.

Nom série  Golden Kamui  posté le 14/09/2016 (dernière MAJ le 05/12/2017) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Voilà un manga plutôt atypique : en sus de l'espèce de chasse au trésor, dont la motivation est elle aussi surprenante, nous avons une sorte de guide de voyage dans l'espace et dans le temps, à la rencontre des Aïnous, cette peuplade ayant habité l'île d'Hokkaïdo et les autres îles septentrionales avant les Japonais...

La transmission de leurs traditions étant orale, on a peu de témoignages de leur histoire, tandis que les personnages en faisant partie sont difficilement comptabilisables. Une entrée en douceur dans cette culture animiste très particulière, plus ou moins oubliée au Japon et remise au goût du jour -ou simplement reconnue après des décennies d'étouffement culturel- depuis seulement quelques années. L'auteur se montre assez didactique et pédagogique, mais sait aussi faire respirer ses personnages et ses lecteurs, avec un peu d'humour (comme lors du recueil de l'ourson), finement dosé, tout cela...

Lors du tome 3 de nouveaux personnages prennent de l'importance, pas inintéressants, même si un peu caricaturaux. L'intérêt se prolonge, même si le 4 me semble marquer une certaine respiration. L'intrigue semble se resserrer autour d'un trio atypique, qui prend du plaisir ensemble. L'occasion d'avoir des passages frappés du sceau de l'humour, mais j'espère qu'on va revenir plus longuement au thème principal, cette chasse au trésor pas comme les autres...

Au cours du tome 5 on y revient petit à petit, même si la "respiration" continue, et qu'on en apprend encore un peu sur les moeurs et coutumes des Aïnous et que la nature est mise en avant dans son ingéniosité et sa dangerosité.

Le tome 6 est encore très différent, avec deux sous-intrigues distinctes ; d'abord notre trio d'aventuriers devient quatuor, avec l'ajout de Kiroranke, dont on ne sait pas grand-chose. Le petit groupe arrive dans un hôtel particulier, et le récit bascule dans un mélange de L'Auberge rouge et du Silence des Agneaux. Par la suite on reste dans la "galaxie" des tatouages, avec les deux papys flingueurs qui se retrouvent en plein règlement de comptes à OK Corral dans un port de pêche d'Hokkaido... Surprenant, presque déroutant...

Et le tome 7 est encore différent, avec une ambiance un peu dans le style d'Assault on precinct 13, ou d'autres films de zombies, par exemple. Vous l'aurez compris, nos héros se retrouvent piégés dans une maison, avec des assaillants quelque peu inattendus...

Dans le tome 8 on s'approche d'un élément de l'intrigue du Silence des Agneaux, avec ce détraqué qui... Mais je n'en dirai pas plus, sachez que cela fait avancer un peu l'intrigue principale, que l'on avait plus ou moins perdue de vue dans les descriptions de plats aïnous... Avec le 9 on avance encore un petit peu, malgré une large digression, ou plutôt plusieurs. Le tome s'achève sur un bon cliffhanger, qui relance quelque peu l'intérêt pour la suite.

Le manga de Noda est très prenant, avec la rencontre entre ce soldat japonais et cette préadolescente aïnoue. Au-delà de cette introduction à la civilisation indigène, nous avons aussi une aventure avec un grand A, avec des intrigues et des circonstances très différentes dans les immensités désertiques d'Hokkaïdo.

Le dessin est nerveux, dynamique et très agréable à l'oeil.

A suivre, même si l'intrigue de base se dilue au fil de digressions plus ou moins intéressantes...

Nom série  Hanada le garnement  posté le 24/08/2017 (dernière MAJ le 02/12/2017) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Ichiro est donc un gamin comme on n'en rêve pas tous, la pire des crapules en culotte courte. Un sacré numéro, dont la roublardise confine parfois au génie (j'avoue, j'ai hurlé de rire sur le gag du dentier et du chiot...). Mais l'auteur a eu la bonne idée de ne pas en faire un surdoué, juste un gamin qui passe son temps à faire chier les autres, qui a des réactions de son âge, et qui est encore à la période anale.

Mais Ichiro a un petit souci : il voit des gens morts, qui lui demandent de l'aide... Ce qui occasionne des situations parfois très loufoques, et surtout, comme Hanada refuse systématiquement, des mimiques effrayantes des revenants...

On se marre, mais on pleure aussi, j'avoue que le passage sur la mère qui a perdu son enfant en bas âge m'a pas mal touché... Dans le tome 2 on a droit, en toile de fond, à un mariage de famille recomposée, sans forcer le trait la plongée dans le Japon contemporain. Il y a encore de la comédie, voire du burlesque, mais la lecture tord le cou à cette impression.

Côté dessin, Isshiki est clairement dans la caricature, avec ses personnages au visage exagéré, et même si j'ai eu un peu de mal au début avec cette famille où ils sont tous laids, je m'y suis habitué.

Sympathique. A suivre, la série fait 5 tomes.

Nom série  Reine d'Egypte  posté le 17/03/2017 (dernière MAJ le 25/11/2017) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Voici donc la nouvelle série "historique" de Ki-oon, qui a fait fort avec les séries de Kaoru Mori.

Le premier sentiment, s'il n'est pas teinté d'enthousiasme délirant, est empreint de curiosité et d'intérêt. Chie Inudoh est visiblement passionnée d'Egypte antique, et semble s'approcher de la réalité historique (enfin, celle qui nous est parvenue), et comble les trous avec son appréciation des choses. Ainsi l'inceste -qui n'était pas considéré comme tel chez les souverains antiques, rappelons-le- n'est pas consommé, Hatchepsout refusant l'accès de sa couche à son frère. Pas sûr que ce fût réel, mais finalement peu importe, cela permet à l'auteure de renforcer le caractère rebelle et unique de la Reine.

Le tome 2 voit Chepsout prendre conscience de certaines choses qui entourent sa condition de reine : les ouvriers qui se tuent à la tâche, certains volontairement, pour sa grandeur et sa postérité. Parallèlement se nouent dans l'ombre de multiples manipulations et complots pour la chasser du pouvoir... Ou pour, au contraire, l'y pousser.

Avec le tome 3 Chepsout change -bizarrement- de posture par rapport à Thoutmosis, avant que l'histoire de celui-ci prenne un détour décisif. J'avoue qu'on ne s'ennuie pas, et qu'on a envie de savoir la suite, même s'il suffit d'ouvrir un livre d'Histoire pour le savoir.

Un manga qui ma foi permet d'en apprendre un peu plus sur un personnage dont j'avais seulement entendu parler. Chie Inudoh navigue entre le présent -l'arrivée au pouvoir de son frère et leurs épousailles- et le passé, pour bien saisir leur relation, pourtant pas ambiguë au départ... On apprend pas mal de choses sur l'Egypte antique, et en particulier sur l'exercice du pouvoir.

Le trait de Chie Inudoh est plutôt agréable à l'oeil, assez maîtrisé et régulier. On reconnaît bien les personnages, même s'ils ne sont pas tout à fait réalistes en termes d'anatomie. Les décors et les vêtements sont dessinés avec soin, ce qui ajoute pour le plaisir de l'oeil.

Je lirai la suite avec curiosité, intérêt et plaisir. Ma note est dans l'attente de cette suite.

Nom série  Jeanne Hébuterne  posté le 23/11/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
J'avoue, le nom de Jeanne Hébuterne ne m'évoquait pas grand-chose, pour ne pas dire rien du tout. En faire le titre d'une BD était un pari risqué, mais les Editions Tartamudo ont eu l'audace de le faire. Du coup j'ai tenté la lecture, et ce fut une bonne découverte.

Jeanne Hébuterne, elle-même élève en peinture, fut l'un de smodèles, mais surtout la muse et la compagne d'Amedeo Modigliani, pendant les années qu'il passa en France à la suite de la première guerre mondiale. Une époque où les arts explosèrent à Paris, autour de Modigliani et quelques autres. Une période aussi où la folie prit certains de ces artistes, dans des voyages sans retour. Jeanne et Amedeo se sont retrouvés en plein dans cette tourmente, lui aux prises avec les démons de l'alcool, elle en plein questionnement artistique et existentiel.

Nadine Van Der Straeten, qui a dû travailler plusieurs années sur ce projet, a parfaitement retranscrit cette ambiance, ces alternances de fulgurances artistiques, d'amour inconditionnel, de violence domestique et de delirium tremens. Elle illustre son récit par son trait élégant, raffiné, bien qu'il y ait quelques pétouilles anatomiques parfois. C'est du noir et blanc profond, doté d'une belle puissance, d'expressions très travaillées, ce qui rend le récit encore plus dense. A la sortie, on ne sait pas si on doit avoir pitié de ces deux artistes maudits, ou les détester, malgré leur fin tragique.

A noter en fin d'album une note de l'auteure sur son travail, ainsi qu'une abontante bibliographie qui lui a permis de restituer avec rigueur cette histoire si particulière.

Anecdote drôle, mais pour moi seulement : le couple maudit a vécu à quelques mètres de mon premier appartement parisien.

Nom série  U-B-R : le nouveau voisin  posté le 23/11/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Voilà une jolie petite découverte, dans le rayon jeunesse de nos librairies BD.

Venu d'Allemagne, cet album nous propose un récit loufoique mettant un petit garçon rêveur venu d'ailleurs et son compagnon protéiforme et muet, aux prises avec le pragmatisme et l'absurdité de notre monde. C'est frais, surprenant, enlevé, rigolo, bref, très agréable.

D'autant plus que le trait de Ferdinand Lutz, assez gras, relève de la ligne claire, réhaussée par de chouettes couleurs. La plupart de splanches se présentent en gaufrier 3x2 cases ou en illustrations pleine page.

Très facile à lire malgré les dialogues abondants, c'est un album fort sympathique.

Nom série  Petit robot  posté le 13/11/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Formidable petit album jeunesse que nous avons là !

En effet Ben Hatke, auteur américain, propose une sorte de conte à destination des plus jeunes lecteurs, une amitié improbable et pourtant terriblement crédible entre une eptite fille espiègle et un robot qui semble avoir un coeur...
C'ets frais, inattendu, c'est même un peu échevelé avec l'histoire de ce récupérateur robotique qui tente de récupérer par tous les moyens la petite casserole...

Le dessin de Hatke est rond, dynamique, puissant. J'aime beaucoup.

Belle découverte.

Nom série  Constellation (Pompetti)  posté le 13/11/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cet album fait suite à Les Anciens astronautes, du même Vincent Pompetti, chez le même éditeur. Certains personnages sont communs, et nous suivons à nouveau Onys dans une mission d'infiltration auprès d'une multinationale qui a dérobé une pierre stellaire permettant de soumettre des peuplades entières à sa volonté.

On retrouve les mêmes ambiances, rétrofuturistes, avec des influences précolombiennes et des véhicules qui rappellent un peu ceux de Blade Runner ou les voitures des 24h du Mans. Pompetti développe petit à petit son univers original (ou multi-référencé) dans cette aventure assez relevée et loin d'être désagréable. Son trait s'est affirmé depuis Les Anciens astronautes, ses personnages sont désormais plus reconnaissables, sa mise en scène plus dynamique. On a plaisir à retrouver Onys, Yulunga, Mark et quelques autres.

La liberté de Pompetti, et les bornes très floues de son univers vont lui permettre d'inscrire d'autres aventures d'Onys dans ce cadre. Je suis prêt à l'y accompagner.

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