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Nom série  La Cavale de Lézard  posté le 22/08/2006 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je ne suis pas très amateur de thrillers et d'histoires basées uniquement sur une grosse cavale avec des méchants qui poursuivent un... heu... gentil, mais je dois dire que cette Bd n'est pas désagréable.

Déjà, le dessin me plait bien. C'est un pur noir et blanc, dans un style qui me rappelle un peu Comes, un peu Pratt et, oserais-je dire, presque un aussi bon N&B que Miller par moments. L'encrage est très fin, usant de grandes plages de noir pour le contraste, le trait est rond, la technique me semble très maîtrisée sans être époustouflante.

Lézard, le héros, a tout d'un John Difool (l'Incal), aussi bien physiquement que psychologiquement, un minable egoïste accro à l'alcool et au drogues douces mais assez attachant. Dès le début du récit, il se retrouve impliqué sans ménagement dans une grosse combine impliquant des hauts-placés et même l'armée. Et tout le récit raconte sa fuite pour retrouver un peu de calme tandis que des gens autour de lui réfléchissent à sa place à démêler l'enquête. Ce n'est pas un scénario très original mais sa narration est plaisante et on suit avec le sourire la cavale du pauvre lézard.

Nom série  Nemo  posté le 22/08/2006 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Note approximative : 3.5/5

Je ne pensais pas que le scénario de cette série était aussi inspiré de Vingt mille lieues sous les mers. En fait la première moitié de l'histoire est strictement identique au roman de Jules Verne à quelques détails près. A ma connaissance, ce n'est qu'à partir du tome 3 que le récit s'écarte du livre, y apportant quelques nouveautés qui rendent l'histoire un peu plus dure mais aussi un peu plus intéressante.

Malgré la très bonne narration, je n'ai pas tout de suite été captivé par cette BD puisque je connaissais déjà l'histoire. Mais le tout est raconté de manière tellement agréable que j'ai fini par être plongé dedans.

Le dessin lui aussi est très plaisant. Là aussi, j'ai eu un peu de mal à m'habituer au visage aux expressions assez figées mais au fil des tomes, les faciés se font plus expressifs. Et les décors, l'encrage gras, les couleurs, tout le reste me plait vraiment bien. C'est le genre de dessin juste joli comme il faut mais surtout fluide et agréable.

Une belle adaptation du roman de Verne, jolie et plaisante à lire tout en apportant quelques nouveautés permettant à ceux qui connaissent déjà le livre d'être un peu surpris par le récit.

Nom série  Petits contes noirs  posté le 22/08/2006 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Des BDs assez originales composées principalement d'histoires en une planche au dessin tout en silhouettes noires.
Le dessin parait assez simple, silhouettes obligent, mais il est bien agréable et pas moche du tout.

Les histoires sont assez spéciales, jouant en une case sur des touches d'absurde, parfois d'humour noir (mais nettement moins que le titre me le laissait penser), et plus globalement sur un imaginaire assez débridé, objectivement original et très différent de pages en pages. Honnêtement, j'ai souri uniquement à certaines de ces planches mais j'ai été plus ou moins charmé par l'imagination des auteurs.

Le premier tome est à savourer avec une certaine modération car il est légèrement indigeste par son nombre de planches, la densité de chacune et le manque de suivi de ses histoires. Cependant, c'est avec interêt et amusement qu'on découvre au fur et à mesure des liens entre certaines histoires et certains personnages, même si ce lien reste assez superficiel et qu'il ne faut pas s'attendre à une grande histoire liant le tout en fin d'album.

Le second tome, lui, est bâti un peu différemment. Il offre, parmi un certain nombre de planches indépendantes, des histoires plus suivies dont les planches sont disséminées au fil des pages pour garder une structure identique aux autres récits. Moins d'originalité à mes yeux dans ce second tome (ou moins d'effet de surprise) mais le meilleur suivi des histoires permet de se lasser un peu moins vite.

Nom série  Le Sang des Valentines  posté le 21/08/2006 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Un bon récit sur la première guerre mondiale et ses conséquences sentimentales, servi par des planches peintes de belle manière.

Le style pictural est parfois presque photo-réaliste, d'autres fois plus impressionniste. S'y ajoute par moment un dessin plus épuré, "à la Matisse", qui m'est également très agréable. Bref, c'est une belle BD.

L'histoire est assez forte et touchante sur la quasi-totalité des planches. La représentation du soutien psychologique de lettres d'une femme aimante à un soldat désabusé est très bien rendue. L'horreur de la guerre et l'amour romantique se mêlent de belle manière. Je suis hélas un peu déçu par la fin de ce récit qui est franchement abrupte et... m'a laissé sur un sentiment d'inachevé. Il n'y a pas cette conclusion qui aurait pu élever l'âme de cette BD et me la rendre très appréciable.

Elle reste juste bonne, touchante et dotée d'un beau dessin, mais ne marquera hélas pas suffisamment mon esprit, je le crains.

Nom série  Sir Arthur Benton  posté le 21/08/2006 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Un récit historique d'espionnage très bien documenté et particulièrement intéressant pour l'amateur des incroyables complots politiques et stratégiques qui ont précédé la seconde guerre mondiale.

Le dessin est bon. J'aime cependant assez peu la colorisation dont la peinture donne des teintes vertes et torturées aux visages.

Quant au récit, comme dit plus haut, il est bien mené et intéressant. Hélas, comme beaucoup de récits d'espionnage à mes yeux de lecteur moyennement amateur, les dialogues et situations sont parfois ardus à suivre. Une documentation bienvenue nous est heureusement offerte en fin d'album, permettant d'appréhender le contexte politique globale (assez connu du tout commun ceci dit) mais aussi et surtout les identités et origines de chacun des protagonistes qui semblent quasiment tous avoir véritablement existé.
Les amateurs d'Histoire et d'espionnage de haut niveau seront ravis. Les autres seront intéressés mais peut-être pas captivés.

Nom série  Broderies  posté le 21/08/2006 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
130 pages de commérages, de bavardages de femmes devant le thé à l'heure où les hommes font la sieste, voilà qui a de quoi faire peur au lecteur mâle que je suis, non ?
Eh bien non. Déjà parce que l'homme curieux que je suis est avide de commérages, un peu comme un voyeur qui écoute les affaires des autres. Ensuite parce que ces commérages sont une des facettes du récit de Satrapi nous permettant de découvrir la vie de tous les jours dans cet Iran qui parait à la fois mystérieux puisqu'on n'en sait bien peu de choses de nos jours, et tellement proche tant ces discussions paraissent semblables à celles de femmes occidentales. Et enfin, il faut bien avouer que Satrapi a un très bon sens de la narration et du dialogue qui rend cette lecture très agréable et sans ennui aucun.
Seul reproche à mes yeux, c'est que ce n'est pas vraiment le genre de BD que je relirais personnellement, même si le tout ne manque pas d'interêt.

Nom série  Il était une fois dans le futur (Les Bourreaux)  posté le 21/08/2006 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Il était une fois dans le futur recueille quatre nouvelles adaptées en BD : trois de Jack London, récits parlant de navires et de missionnaires transposés dans l'espace pour les rendre plus actuels dans leur narration, et un chapitre d'un roman de Stanislaw Lem (auteur de Solaris) qui devait déjà avoir pour décor une planète extra-terrestre.
Le dessin de Gimenez y est excellent, dans sa veine semi-réaliste habituelle qui colle aussi bien à l'autobiographie qu'à la science-fiction comme ici. Certaines planches sont de toute beauté même si leur narration graphique est un petit peu lourde.
Les récits sont sans grande surprise mais plutôt bons et plaisants à lire. Ils sont assez durs pour la plupart, à la limite de l'humour noir ou du cynisme. Sympathique.

Nom série  Le croquemitaine  posté le 21/08/2006 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
C'est avec plaisir que j'ai retrouvé le dessinateur de Horologiom que j'ai beaucoup aimé, mais ce fut presque un soucis pour moi car je n'ai pas pu m'empêcher de faire le rapprochement entre ces deux séries. Ce rapprochement, je le fais d'une part au niveau du dessin, dans le trait de Lebeault, bien sûr, mais aussi dans les décors architecturaux de la ville et des détails comme les agents de police aux airs de carabiniers. Ca n'en reste pas moins un dessin et une colorisation que j'aime bien.
Je fais aussi le rapprochement dans l'introduction du récit, de jeunes vagabonds qui pénètrent dans une ville où ils sont traités en étranger et poursuivis avant de comprendre les rouages de ce qu'il s'y passe. Et puis il y a aussi l'aspect mécanique de ce croquemitaine...
Mais passés ces ressemblances, le récit n'en est pas moins sympathique et assez prenant. Hormis le décor que j'apprécie, il manque un peu d'originalité mais se lit agréablement.

Nom série  La Sirène de la Mer Rouge  posté le 21/08/2006 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Note approximative : 2.5/5

La sirène de la mer rouge commence sur un décor de première guerre mondiale décrite sur un ton narratif au second degré, avec une touche de politiquement incorrect qui m'a permis d'entrer avec le sourire dans le récit. Le dessin est un peu brouillon, notamment du fait de son encrage gras et de ses personnages volontairement moches, mais il n'est pas désagréable et bénéficie de couleurs assez bonnes.
Hélas, très vite, le scénario abandonne la touche d'humour pour se lancer dans l'aventure façon expédition exotique, à la recherche du cimetière des éléphants, mais se focalisant en fait sur des décors orientaux un peu glauques, avec pirates de l'océan indien et autres bordels puant la sueur. Le scénario apporte une petite foule de références plus ou moins discrètes mais aussi plus ou moins sans interêt, Adèle Blanc-Sec, Arthur Rimbaud, Corto Maltese, etc. Et on suit bientôt le récit sans trop s'y intéresser, sautant de personnages sordides à d'autres encore plus glauques sans réel suivi, oubliant bien vite la trame de départ pour s'intéresser à des aventures sans grand interêt même si on ne s'ennuie pas véritablement à la lecture.
Une série B de la BD d'aventure exotique sans grande surprise.

Nom série  Ugaki  posté le 21/08/2006 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Un ronin solitaire qui erre dans le but de venger un jour son seigneur disparu, ce n'est pas très original, mais pourquoi pas. D'autant que le dessin de cette BD n'est pas mauvais, dans un style réaliste qui me fait penser à celui de Franz (Jugurtha). Bien sûr, assez vite, les connaisseurs du Japon médiéval que sont devenus les lecteurs de BDs et de mangas modernes repèreront quelques défauts dans cette représentation qui se veut réaliste du Japon du XVIIe siècle : un héros au faciès un peu trop européen, des combats au sabre qui ressemblent trop à des combats à l'épée de chevalier, le vampire de la première histoire et les balladins de la seconde qui sont bien plus proches d'un décor moyen-âgeux européen que du folklore japonais (rien à voir avec les vampires d'Okko par exemple), etc.
Mais les courtes aventures que vit le ronin Ugaki en début d'album, sans être originales pour un sou, sont assez sympathiques.

L'ennui vient quand le récit croise la route de la révolte des paysans et des chrétiens qui forment le thème principal de la BD. On réalise alors les gros problèmes de rythme de la narration : à des scénettes d'aventure classiques succèdent de longues planches de dialogues où l'auteur semble prendre plaisir à accumuler les termes japonais (et leurs traductions bien que le lecteur moderne les connaissent déjà quasiment tous) et les explications géopolitiques confuses, puis le rythme change encore pour faire évoluer les choses très rapidement, puis retour à l'action aventuresque, puis une petite conclusion montrant ce qu'il s'est passé au niveau historique pendant ce temps-là, et voilà, ça se finit sur un banal "I'm a poor lonesome ronin, and a long long way from vengeance". Cette inégalité du rythme narratif rend la moitié de la BD assez ennuyeuse quand on s'est habitué à l'action du début, et malgré l'aspect historiquement intéressant du sujet abordé, on en vient facilement à vouloir sauter les cases et feuilleter pour aller plus vite tant cela devient peu passionnant.

Bref, une BD sur les samourais qui aurait pu être pas mal mais qui souffre de faiblesses narratives réduisant nettement son interêt. Sur le même thème, je préfère nettement Kogaratsu.

Nom série  Borgia  posté le 20/08/2006 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Enfin un scénario qui mette vraiment en valeur avec intelligence le superbe dessin de Manara trop souvent cantonné à de l'érotisme idiot. Et avec surprise, le scénario vient de Jodorowsky dont j'ai pourtant appris à énormément me méfier depuis ses nomreux scénarios récents que je trouve très médiocres.

Oui, le dessin est bon. Manara présente à la perfection hommes et femmes (surtout femmes bien sûr : comme à son habitude, il n'est pas de femme qui ne soit pas physiquement superbe dans cette BD). Les décors aussi sont très bons. Seules les couleurs... m'ont véritablement été difficiles à accepter, même si j'ai fini par un peu m'y habituer en cours de lecture.

Quant au scénario, il présente avec un véritable interêt la vie politique de la Rome des Borgia, les complots autour de la papauté, la quête du pouvoir et les assassinats et atrocités qu'elle implique. Le tout est raconté de manière à la fois réaliste et prenante. Seul défaut, l'abondance de violence et d'horreurs humaines, la touche de Jodorowsky je pense, dont je n'arrive pas à déterminer si elle montre avec justesse les abominations de l'époque ou si elles sont exagérées. De même, Jodo et Manara ajoutent un petit peu trop de cul, et là non plus je n'arrive pas à déterminer s'il reflète vraiment les moeurs de l'époque ou s'il s'agit de faire plus... vendeur.

Quoiqu'il en soit, c'est un récit fort, excellemment dessiné, et intéressant tant au niveau historique que par son scénario.

Nom série  Mort à Outrance  posté le 20/08/2006 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Sincèrement, cette BD vaut mieux par son dessin que par les scénarios de ses histoires courtes.

Le dessin est en effet du pur Sorel, le Sorel en teintes de marrons de l'époque de Mother et du début de L'ile des morts. Bon, quand on sait ce dont il est capable en matière de couleurs dans ses séries actuelles comme Algernon Woodcock, on préfèrerait que cette BD ait droit au même traitement, mais le monocromatisme de ces planches colle quand même assez bien à l'ambiance sombre. Dans tous les cas, le trait du dessin, lui, est excellent et nous avons droit à quelques très belles omages, notamment les grandes images en une planche.

Les histoires sont des adaptations libres de textes et nouvelles d'un auteur à l'imaginaire lugubre et macabre. Histoires à base de meurtres, tortures et cadavres. La majorité des histoires ou mises en images en une ou deux planches sont pas mal sans être très originales. Par contre, deux histoires m'ont moins plu, l'inquisiteur dont je n'ai guère compris la fin, et le naufrageur que je n'ai quasiment pas compris du tout.

Bref, ça se laisse lire, mais j'ai nettement plus profité du dessin que des scénarios.

Nom série  La théorie des gens seuls  posté le 20/08/2006 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Je dois dire que je me suis ennuyé en lisant cette BD. Je n'étais déjà pas trop accroc à la série de base, Monsieur Jean, de même qu'aux autres séries du même genre qui parle du quotidien de trentenaires "comme vous et moi". Je lis ces séries sans déplaisir mais, à moins qu'elles contiennent beaucoup d'humour comme Les formidables aventures de Lapinot par exemple, ça ne me passionne pas. C'est plus une sorte de sentiment de voyeurisme qui me pousse à la lecture de ce genre de série, l'envie de voir comment vivent les autres, de voir s'ils vivent des choses semblables à ce que j'ai vécu, ou s'ils ont vécu des moments particulièrement anecdotiques. Mais rien de tout ça n'est vraiment présent à mes yeux dans la théorie des gens seuls.

Les premières histoires traitent de discussions entre trentenaires célibataires et parisiens, discussions dans lesquelles je ne me retrouve absolument pas. Le copain turbulent de Jean n'a rien du charme et de l'humour du même copain de Lapinot de Trondheim.
La seconde moitié de l'album porte plutôt sur des anecdotes et les petites misères du début de la vie de couple de Jean et sa fiancée. Et... Ben, c'est pas passionnant, quoi.

Les vrais amateurs de Monsieur Jean ne seront pas vraiment déçus par cet album "bonus" par rapport à la série de base, mais ceux qui n'apprécient pas trop ce type de récit du quotidien ne seront pas convaincus, je pense.

Nom série  Flip (Dargaud)  posté le 20/08/2006 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Note approximative : 1.5/5

Une BD d'humour jeunesse qui surfe sur la vague roller, gamins cools et rebelles et humour politiquement incorrect pour jeunes ados genre j'écrase le chien de mémère et je jette le chat du toit de l'immeuble. Le dessin est correct, la narration idem.
L'ennui, c'est que les personnages sont plus détestables qu'attachants à mon goût. Et surtout... à part quelques rares gags qui m'ont fait sourire, la majorité de l'humour de cette BD est... nul. Disons que je n'y suis clairement pas réceptif en tout cas : la plupart des gags m'ont plus agacé que fait rire, sans compter les reprises de blagues connues et le politiquement incorrect facile.
Bref, à réserver au public vraiment concerné et amateur de ce type d'humour.

Nom série  L'Hiver d'un monde  posté le 20/08/2006 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Une série difficile à cerner au premier abord mais qui révèle son charme et sa force au fil des 3 tomes qui la composent.
Elle est difficile à cerner pour différentes raisons. Quand on la découvre, on a en effet l'impression que le premier tome n'a rien à voir avec le suivant : l'ambiance, les personnages, le dessin, les couleurs, tout change. Et déjà, le premier tome à lui seul était difficilement cernable car nous y suivons 2 personnages dans ce qui ressemble à trois histoires courtes différentes, difficiles à situer les unes par rapport aux autres.
Ce n'est qu'au bout de la fin du 2e tome que les choses se mettent en place. C'est alors qu'on découvre que nous suivons, dans chaque tome, une intrigue et des personnages différents qui ont pour rapport de vivre dans le même monde, une sorte d'Europe imaginaire du début du 20e siècle, et qui se retrouveront tous en fin d'albums dans la même petite ville côtière.

Le premier tome est bien dessiné, même si j'apprécie moyennement sa colorisation qui manque de contraste et de chaleur. Dans cet album, nous suivons deux prisonniers dans une plateforme pénitentiaire puis leur évasion, leur participation ensuite à un étrange chantier minier puis leur retour vers la ville côtière qui a accueilli leur évasion. C'est l'album le plus difficile à cerner car les trois tranches de son récit manquent un peu de liant et la narration n'y est pas des plus réussies. En outre, cet album lance des pistes mystérieuses, comme la maladie du Grand Mal, les algues rousses, les Aériens, autant de sujets qui seront quasiment inexistants par la suite, comme si l'auteur avait changé d'idée de scénario entre le premier tome et les suivants.

Le dessin du deuxième tome devient très bon, et les couleurs aussi s'améliorent grandement. Nous quittons ici le décor des prisons et chantiers miniers pour un décor beaucoup plus proche de la France de la première guerre mondiale. Car c'est la guerre qui est le thème de cet album, la stupidité d'une guerre entre deux nations qui, hormis sur le champ de bataille, s'entendent très bien dans la vie civile, le conflit entre les pacifistes et les réactionnaires belliqueux, l'utilisation de la guerre comme outil de propagande, etc. Les héros sont les trois membres d'une famille de province, un père veuf, sa fille amoureuse d'un cinéaste célèbre et son frère à l'esprit rebelle. Cet album est bien plus facile à lire que le premier tome même si la narration n'y est pas toujours des plus évidentes. Le récit est en tout cas plus prenant à mes yeux.

Le troisième tome est également excellent au niveau du dessin et des couleurs, avec un style plus proche des albums récents de Mazan. Le décor est cette fois l'une des villes visitées dans le tome 2, permettant au lecteur de s'y retrouver plus rapidement. Les héros sont un champion automobile et une jolie fille noire. Le thème est celui du racisme et de la ségrégation entre riches et pauvres. Et c'est aussi le thème de l'amour. Un récit plus linéaire et plus facile à suivre que les précédents, un récit agréable à lire et bon.

Et toujours la fin de ces histoires a lieu dans la même petite ville côtière, permettant ainsi, dans la version intégrale, l'ajout d'un épilogue de quelques pages faisant le lien entre L'Hiver d'un Monde et Les aventures de Philibert. Cet épiloque permet au passage de cristalliser un peu l'ensemble de la série, donnant une vraie consistance globale aux 3 tomes pour former un bon ressenti de la série aux yeux du lecteur que je suis.

Nom série  Les Passagers de la Dernière Vague  posté le 20/08/2006 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Note approximative : 2.5/5

Avec un titre de série aussi attractif, je ne m'attendais pas à un scénario aussi manifestement dédié à la jeunesse. L'intrigue et le déroulement de l'histoire sont en effet traités de manière bien naïve. Les raccourcis scénaristiques sont nombreux et les personnages... gentillets. Ca ne serait pas bien grave si c'était vraiment une BD jeunesse qui s'assume, mais j'y trouve une petite tentative de faire au passage de la fantasy un peu sérieuse, avec tyran, peuple affamé et frère qu'il faut sauver d'un sort bien étrange. Ce n'est pas quelque chose de vraiment visible, plus un sentiment diffus, mais j'ai l'impression que cette série oscille entre deux tons, enfantin rigolo d'un côté, fantasy sérieuse de l'autre, sans que le cocktail fonctionne vraiment.

Pourtant, il y a des choses qui me plaisent assez dans ce monde fantasy. La "forme" du monde lui-même m'a surpris et grandement plu malgré son évidente invraisemblance. D'autres idées sont assez sympas aussi, comme les peccatores et les liens entre les différents peuples.

Au niveau du dessin, je trouve le trait plutôt bon, même si à nouveau il mélange de manière assez bizarre visages sérieux et créatures cartoonesques. Je n'aime pas trop non plus le look de la race des personnages principaux. Et j'ai eu également beaucoup de mal avec les couleurs trop informatiques des premières planches, mais ça passe mieux quand l'histoire quitte le monde aquatique.

Bref, une série dont je n'aime pas la narration et l'intrigue en demi teintes mais qui a pourtant quelques qualités si on considère bien que son public doit être assez jeune pour ne pas être bloqué par des incohérences et facilités scénaristique flagrantes.

Nom série  Poupée d'Ivoire  posté le 20/08/2006 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Cette série a deux vraies qualités. La première est le dessin de Franz : il est vraiment bon et maîtrisé dans son genre. Le deuxième est le décor historique et géographique original. Poupée d'ivoire nous permet en effet de découvrir une Asie assez méconnue, des mongols aux scythes, Asie orientale et Asie Centrale. Le tout est bien documenté et réaliste. C'est donc une BD intéressante sur la plan historique.

L'ennui, par contre, c'est que je trouve la narration mauvaise. Les récits sont difficiles à suivre, on saute de lieux en lieux et de personnages en personnages trop facilement, le rythme change trop souvent, la lecture en est alors confuse même si on comprend l'ensemble après coup, mais ça n'aide pas à la fluidité de la BD.

A cause de cela, je n'ai pas réussi à entrer correctement dans les intrigues de chaque tome, je n'ai pas réussi à m'attacher aux personnages dont je comprenais parfois peu les motivations et actes. Je n'ai donc pas accroché.

Nom série  Bunker baby doll  posté le 20/08/2006 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Cette BD date de 1997 : je ne crois pas que c'était les tous débuts de Morvan, mais ça y ressemble pourtant. Cette BD est assez... nulle.
Déjà, je n'aime pas, mais vraiment pas les gueules des personnages. Pas un pour rattraper l'autre. De vraies gueules de c... dessinés façon graf' punk, rictus permanents, langues de shootés à l'air. Le reste du dessin est correct mais pas terrible quand même.
Ensuite, le scénario est assez indigent. Plein de gens à la poursuite d'une gamine, on sait même pas pourquoi, tous les partis les uns contre les autres, la gamine qui, elle, se fait capturer et s'enfuit comme si de rien était, rien d'original et rien d'intéressant à part une suite d'actions violentes mal racontées. Car la narration aussi est mauvaise : des bouts d'actions qui s'entament puis s'arrêtent brusquement pour que leur fin soit racontée quelques pages plus tard façon flash-backs, une explication et une description de ce monde futuriste une douzaine de pages après le début seulement, arrivant comme un cheveu sur la soupe, un mauvais rythme, de mauvaises transitions et j'en passe.
Bref, je n'ai pas aimé.

Nom série  Jonas Fink  posté le 30/07/2006 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Sincèrement, j'ai mis du temps avant de lire cette BD car généralement, ce n'est guère le genre de sujet qui me passionne. Mais je constate après lecture que c'est véritablement une BD de grande qualité et, sur une thèmatique assez proche, j'ai pris autant de plaisir et d'interêt à la lire qu'à lire le premier tome d'Amours fragiles.

Le dessin n'a rien d'impressionnant mais il est de très bon niveau. Et quand on voit l'excellence des couleurs et de certaines scènes de Prague dans la brume, on se dit que l'encrage est presque superflu.

Le premier tome, un peu court, sert essentiellement d'introduction à mes yeux, nous plongeant dans l'injustice flagrante de la Tchécoslovaquie communiste des années 50. On y suit la difficile jeunesse de Jonas et de sa mère rejetés par leur entourage car leur père a été, sans raison apparente, emprisonné pour activités contre-révolutionnaires simplement car il est d'origine bourgeoise.
Le deuxième tome, plus long, m'a davantage touché. Jonas a grandi, aligne les différents emplois qu'on veut bien lui donner, et surtout il se fait des amis et rencontre l'amour. On s'attache à lui et à ses proches. Et au passage, on découvre véritablement ce qu'était la vie de tous les jours derrière le Rideau de Fer.

Témoignage historique, récit d'amour et d'amitié, BD très bien réalisée tant au niveau du scénario que du dessin.
La série est encore à suivre mais les deux premiers tomes peuvent se suffire à eux-mêmes.

Nom série  Jean-Polpol  posté le 29/07/2006 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Que voilà une BD difficile à appréhender...

Les planches sont mises en image de manière simple et sympathique, quoique j'apprécie moyennement les couleurs. C'est presque avec surprise que je réalise que le dessinateur est le même Warnauts qui a dessiné les pages nettement plus réalistes de BDs telles que Lettres d'outremer et autres Suites Vénitiennes : son style est ici vraiment différent, plus dépouillé, plus... moderne oserais-je dire. Dans tous les cas, c'est toujours un bon coup de crayon.

Jean-Polpol commence comme le récit d'un souvenir de jeunesse autobiographique comme beaucoup d'autres BDs peuvent en offrir. Mais rapidement, on ne sait plus trop sur quel pied jongler entre le sérieux, la symbolique et l'humour.

Dès le début, la narration joue la carte de la confusion volontaire. "Cela se déroula dans les années cinquante ou septante. Je ne sais plus exactement. On habitait dans le Michigan ou dans le Brabant Wallon. Je n'ai jamais eu une bonne mémoire.". Ce genre de phrase se répête en permanence, allant même jusqu'à des incongruités telles que "Mais le déroulement précis des faits reste flou. J'en arrive même à me demander si ce n'est pas moi qui suis mort. Oui, c'est moi qui suis mort !"

Outre la narration, le scénario des histoires courtes est aussi surprenant. La première raconte, avec les yeux d'un enfant, une histoire plutôt dramatique quand une vie de famille se voit troublée par des malfrats associés au père. La seconde part une fois de plus sur la piste légèrement policière au début, puis tourne au fantastique absurde, avec le jeune héros qui meurt et devient l'âme d'un immeuble avant de... Bon, j'en raconte trop.

Les quatre histoires de cette BD sont toutes sur le même ton étrange, jonglant entre drame sérieux, traumatisme enfantin et absurde délirant et humoristique. Véritablement difficile à appréhender, même si on ne peut pas en réfuter l'originalité. Mais c'est clairement difficile à résumer et les sentiments au cours de ma lecture furent assez mitigés tant les thèmes abordés semblent multiples et en même temps absurdement normaux.

J'en retire une impression de lecture assez plaisante mais dont j'ai bien du mal à faire ressortir un avis bien défini.
La seule chose objective à mes yeux, c'est le prix de l'album que je trouve trop cher pour en conseiller l'achat, mais je n'en déconseille pas la lecture si vous en avez l'occasion.

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