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... a posté 2510 avis et 132 séries (Note moyenne: 2.86)

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Nom série  Vuzz  posté le 05/06/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Vuzz, c'est l'antithèse de Lone Sloane et des autres oeuvres de Druillet. Le style est volontairement dépouillé, en noir et blanc, Vuzz est un anti-héros grotesque et dégénéré qui ne pense qu'au pillage et au sexe, il erre dans un monde de cauchemar, rencontrant des créatures aussi laides et viles que lui, et subira des brimades et échecs qui seront pour lui des épreuves.

J'avoue que je n'aime vraiment pas cet univers et ce qu'il dégage, mais ma note reste semi-positive, car c'est quand même une oeuvre de Druillet qui malgré son aspect graphique épuré, reste intéressante; dommage qu'il n'exploite pas mieux le sujet.
A signaler que Dargaud a publié une réédition en couleurs dans les années 80.

Nom série  Manos Kelly  posté le 05/06/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Cette création en 1971 dans le magazine espagnol Trinca est traduite en France par Aventures et Voyages puis les Humanos, mais elle ne connaitra que 3 épisodes, car son auteur, Antonio Hernandez Palacios installé en France, se consacrera à sa série la plus connue, Mac Coy.

Western violent et brutal inspiré par les westerns ''spaghetti'' de l'époque, marqué par un certain sadisme, cette bande conte les aventures d'un métis déraciné, un anti-héros meurtri par les épreuves, qui erre entre le Mexique et le Texas.
Le trait nerveux et le style heurté de Palacios (qui venait de se faire connaitre dans son pays avec Le Cid) sont déja affirmés, dans une débauche de couleurs qui privilégie les orangés et les rouges, bref, un style quasi hyperréaliste qui n'a pas permis à cette série de connaitre le succès qu'elle méritait, trop éclipsée par Mac Coy. On pourrait presque dire que Manos Kelly préfigure des bandes comme Durango ou Wanted.
En tout cas, elle mérite d'être redécouverte.

Nom série  Den  posté le 05/06/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Cette bande d'une sensualité inouïe et d'une audace incroyable dans cette Amérique du début des années 70, fut commencée en 1973 par Richard Corben, plusieurs fois abandonnée, puis reprise et terminée en 1978.

Ce chef-d'oeuvre vaut par la vigueur du dessin qui tient dans un réalisme photographique unique dû à la technique de l'aérographe. Corben fut l'un des premiers dessinateurs à employer cet appareil qui lui permet d'obtenir des effets remarquables ; son dessin est très caractéristique et très reconnaissable avec ses personnages aux corps disproportionnés, massifs, lourds et super musclés, aux mâchoires très carrées, aux sexes énormes, et ses héroïnes aux seins et aux fesses presque hypertrophiés, mais qui sont cependant de beaux spécimens anatomiques qui alimentaient les fantasmes des étudiants américains de l'époque, car l'érotisme souvent sulfureux et idéalisé joue un grand rôle ici.

Corben cherche à restituer la nudité primitive de l'homme à travers ces récits de SF et de fantastique à l'influence lovecraftienne, où ses univers de mondes hallucinants remplis de fureur, de violence et de sang, au sein desquels s'invite l'érotisme, sont servis par la force d'un dessin aux couleurs vives et éclatantes, ou froides. Cet univers séduit d'abord les amateurs de BD underground, puis finit par toucher un public de plus en plus large attiré par l'aspect graphique.

Le plus étonnant, c'est que cette BD n'a pas pris une ride, elle fait toujours son effet aujourd'hui...ces personnages projetés nus dans un monde de cauchemar, confrontés à des monstres redoutables ou à des reines nymphomanes et maléfiques, plaisent encore et interpellent les ados des années 2000, comme ils ont interpellé l'ado que j'étais dans les 70's. Corben mélange habilement la SF à une forme de fantasy où s'ajoute un érotisme parfois torride, les scènes de combat sont violentes, le sang gicle, les corps sont distendus par l'effort, créant ainsi une étonnante beauté plastique.
Une oeuvre à part dans la BD, bref, c'est du Corben...

Nom série  Champakou  posté le 05/06/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Jeronaton est le pseudo de Jean Torton qui s'est toujours passionné pour l'Amérique précolombienne (et moi aussi d'ailleurs) ; il a livré de nombreux récits complets dans le journal Tintin sur les Incas et les Aztèques, puis la splendide fresque les conquérants du mexique en 1971 sur scénario de Jean-Luc Vernal.

En 1978, il s'oriente vers la BD adulte et adopte le nom de Jeronaton sous lequel il élabore "Champakou" dans Métal Hurlant. Il choisit encore le domaine précolombien qu'il affectionne, auquel il mêle la science-fiction, mais fait une large place à un érotisme sublimé par sa recherche des couleurs et son dessin hyperréaliste travaillé à la gouache, en dépit d'un scénario pas franchement passionnant. Le résultat est cependant superbe et vaut la peine d'être découvert par les nouvelles générations.

Nom série  Tony Laflamme  posté le 05/06/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Cette création en 1963 dans Pilote est le second personnage le plus connu de Martial, après Sylvie, family strip un peu vieillot mais rigolo. "Tony Laflamme" connut cependant une carrière relativement brève (seulement 10 récits de 28 planches le plus souvent, et quelques gags en 2 planches jusqu'en 1971).

Tony est l'unique soldat de l'armée daltonienne, c'est un garçon gaffeur mais intelligent qui vit dans la minuscule principauté de Daltonie en Europe centrale, capitale Daltonia, centre touristique florissant dont le chef du gouvernement est le prince Gustave, assisté du général Klatboum, ministre de la guerre et chef de l'armée daltonienne, dissoute par manque de crédits.
Comme on le voit, Martial se moque gentiment du pouvoir à travers ce petit pays imaginaire, et mêle le gag visuel à l'absurde.

Une bande aux indéniables qualités, à la lecture plaisante, mais qui ne fera toutefois pas grimper aux rideaux certains lecteurs qui la découvrent aujourd'hui ; pour moi, c'est différent, je garde une tendresse pour cette bande et le dessin de son auteur, aussi je conçois que ma note est sans doute trop généreuse, mais c'est ainsi. La bande réapparaît en 1974 dans Tintin le temps de 2 aventures : "le Monstre du Volapük" (déja parue dans Pilote en 1965) et "Casque Bleu", récit inédit. Comme dans les autres créations de Martial, telle La Famille Bottafoin, Pilule ou Tutti Frutti, son graphisme toujours très reconnaissable, est pour beaucoup dans la drôlerie de ses personnages.

Nom série  Norbert et Kari  posté le 05/06/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Norbert, citadin grincheux qui se retrouve sur l'atoll de Taratatah, rencontre Kari, jeune polynésien paisible et tolérant, son parfait contraire. Le concept s'appuie sur la complémentarité des personnages principaux, comme Astérix et Obélix ou Tintin et Haddock, il n'était pas encore trop rebattu en 1963, date de la création de cette bande dans Pilote, sous le crayon de Christian Godard, qui se fera mieux connaître un peu plus tard avec Martin Milan.

Cette création au ton joyeux et insouciant, connut son petit succès à l'époque, non seulement en jouant sur l'opposition de caractère entre les deux héros, mais aussi grâce aux nombreux personnages secondaires qui cohabitent sur l'atoll, parmi lesquels on trouve Gradubah le chef du village, Rahmou le vieux sorcier, Hanipepe Anna la belle polynésienne, et surtout le Chinois, boutiquier farfelu au bazar hétéroclite.

Cette bande très sous-estimée dont l'épisode "L'Election" permet à Godard de brosser une satire fort drôle d'un système politique et social, quitte en 1969 Pilote qui change de formule; on la retrouve en 1982 dans Gomme, mensuel des éditions Glénat, avec un dessin plus affûté. Elle mérite d'être redécouverte.

Nom série  Jacques Le Gall  posté le 05/06/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Déja connu pour ses histoires de scouts avec La Patrouille des Castors dans Spirou, sur textes de J.M. Charlier, Michel Tacq dit Mitacq lance dans le n°1 de Pilote en 1959 (aux côtés d'Astérix, Tanguy et Laverdure et Barbe-Rouge) le jeune Jacques Le Gall, scout solitaire, dans des aventures passionnantes encore dues à l'incontournable Charlier, mais qui seront de courte durée; arrêtée en 1967 pour d'obscures raisons éditoriales, plus sûrement parce que Charlier était débordé, cette bande captivante n'a connu que 6 épisodes, dont le meilleur est sans doute "le Secret des Templiers". C'est avec cet épisode que j'ai découvert la bande qui m'a immédiatement plu, ce qui m'incita une fois devenu adulte à aller découvrir ce château de Gisors et ses souterrains.

Ma note est donc partagée, car elle s'appuie sur la nostalgie; nostalgie d'une époque où la BD était aventureuse et très "chouette", car il faut bien reconnaître que la série a peut-être un peu vieilli surtout par son graphisme, un dessin classique typique d'une époque qui donne cependant un charme rétro. Enfin, je garde une certaine affection pour cette bande qui a enchanté mon adolescence avec ses scénarios aux trames angoissantes, exotiques et parfois fantastiques, et son personnage attachant; j'en conseille même l'achat.

Nom série  La Famille Bottafoin  posté le 05/06/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Non loin du paisible bourg de Saint-Bled, dans une région française indéterminée, se trouve la ferme de Pascal Bottafoin et de sa jolie femme Catherine, accompagnés du grand-père. Jeune couple d'agriculteurs aux antipodes du bouseux bêta, les Bottafoin utilisent la modernité de certaines machines mais restent parfois étrangement ignorants des coutumes citadines.

La charge est cependant légère, car à l'époque de la création de cette bande en 1967, on se moquait encore facilement des "péquenots" ; d'ailleurs, la revue d'agriculture qui accueillit "La Famille Bottafoin" ne supporta guère l'esprit trop frondeur à son goût de Martial son auteur, connu pour sa série Tony Laflamme et surtout Sylvie. La bande trouva refuge chez Pilote, où le père Goscinny accueillait toute forme d'humour ; c'est là que j'ai découvert entre 1968 et 1970, ce family strip original et totalement novateur à l'époque, car c'est probablement la seule Bd se déroulant entièrement en milieu rural. Plus que les chutes, c'est l'ensemble qui était drôle, les personnages ayant souvent des têtes d'ahuris.

C'est un petit régal hélas très méconnu du grand public, dont le dessin de Martial très expressif, est pour beaucoup dans la qualité de cette bande qui se déclinait en planche-gag. Sourire garanti.

Nom série  Largo Winch  posté le 04/06/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Dès son premier album, cette série phénomène lancée par Jean Van Hamme et Philippe Francq, devient un best-seller. C'est comme au cinéma, tout film commercial qui fait un carton n'est pas souvent jugé sérieux par la critique qui fait tout pour en détourner le public; ici, c'est pareil. Certes, c'est archi conventionnel, le héros s'en tire toujours, les femmes sont toujours trop belles, les méchants sont vils, l'action est prévisible... mais n'est-ce pas là ce qui fait le succès de la série dont Van Hamme est bien incapable d'en expliquer le succès.

Le lecteur est confronté à des intrigues politico-financières dans un cocktail d'aventures bondesques souvent jouissives qui font passer un excellent moment, et c'est bien tout ce qu'on demande: se distraire, mais grâce à Van Hamme et à son bagage universitaire (agrégation en économie politique, licence en droit des assurances), la complexité et le côté rébarbatif du jargon financier constituent finalement un bon suspense au récit en connexion avec l'actualité. Chaque histoire ressemble un peu à la précédente, les rebondissements sont multiples, certains personnages vraiment troubles, l'humour est au second degré, et le tout est suffisamment compliqué pour obliger le lecteur à s'attarder sur le dessin fluide et soigné de Francq.

La qualité de la documentation étayant des scénarios bien torchés, le dynamisme de l'action agrémenté d'un érotisme sage font de la série une véritable réussite, le seul bémol étant l'anticonformisme de son héros où Van Hamme tombe parfois dans le piège de la vulgarité, mais ce défaut est rattrapé par les astuces de scénario, la fiabilité du milieu d'affaires et les rouages d'une mécanique parfaitement maîtrisée.

Nom série  Les 7 vies de l'épervier  posté le 04/06/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Après le coup d'éclat des Passagers du vent, la revue Circus publie en 1982 ce qui va devenir une BD culte, d'une incontestable qualité, un véritable sommet du genre historique, une série-phare chez Glénat. Le récit présente de nombreux personnages, dont le pilier est Ariane de Troïl, elle admire les exploits d'un mystérieux justicier baptisé l'Epervier. Autour de cette trame simple, les auteurs Cothias et Juillard font progresser leur histoire en brassant plusieurs thèmes: défense de la cause paysanne, aspect ridicule de la fatuité des nobles, fin de règne d'un roi jouisseur et inconstant aussi bien en amour qu'en politique (Henri IV), ton érotique latent où ce roi se montre goguenard dans des scènes paillardes bien illustrées par le trait limpide et souple de Juillard qui réussit ainsi à créer une atmosphère, aidé bien-sûr par son scénariste Cothias qui brosse un tableau cruel et coloré de cette époque agitée de l'Histoire; il travaille en profondeur les psychologies de plusieurs personnages, qu'ils soient authentiques ou fictifs, et transforme le tout en une véritable tragédie shakespearienne dont les pions sont savamment mis en place. A cela s'ajoute la richesse du dialogue qui conforte l'esprit de cette époque justement restitué.

Certes, de grands évènements historiques sont montrés, tel l'assassinat du roi par Ravaillac, mais les auteurs ne se complaisent pas dans une Histoire boursouflée de détails et insufflent une bonne dose de romanesque, malgré une narration complexe voire confuse qui peut surprendre au premier abord. On assiste à des scènes violentes ou horribles qui donnent une force peu commune et une authenticité à cette Bd, et auxquelles le lecteur que j'étais à l'époque n'était pas encore habitué ; j'en étais resté aux bandes académiques du journal Tintin.

Le prequel Masquerouge crée avant "Les 7 vies de l'épervier" pour un public plus jeune (publié entre 1980 et 1982 dans Pif-Gadget), pourra aider à éclaircir certains épisodes restés dans l'ombre. En revanche, des nombreuses séries dérivées, seule Plume aux vents qui est la suite directe, en 4 albums, sera très attendue par les fans.
Malgré un dessin et une colorisation très années 80 que certains lecteurs plus jeunes critiqueront, il faut avouer que même 30 ans après, cette formidable saga tient encore la route, parce qu'elle est d'une étoffe des grandes séries, et qu'elle ne pouvait que séduire un vieil amateur d'Histoire de France comme moi. La souplesse du trait de Juillard est remarquable notamment dans les beaux décors architecturaux, et les anatomies féminines aux formes toujours opulentes.

Bref, Les 7 vies de l'épervier reste un must absolu pour tous les amateurs d'aventures historiques, et j'en redemande tellement que j'ai lu en suivant toutes les séries dérivées (même si elles ne sont pas toutes de qualité), et surtout la suite directe "Plume au vent", à laquelle succédera bientôt une 3ème époque. Une série exceptionnelle et incontournable.

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