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... a posté 2510 avis et 132 séries (Note moyenne: 2.86)

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Nom série  Dampierre  posté le 22/06/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Cette création d'Y. Swolfs en 1987 sur les guerres de Vendée, suit le destin de Julien Dampierre, jeune palefrenier mêlé malgré lui à ce conflit sanglant.
Ayant un oncle vendéen (très impliqué dans les reconstitutions historiques qui ont lieu dans sa région), j'ai arpenté souvent ces lieux chargés d'Histoire, et j'ai fait lire la série à cet oncle (qui n'est pourtant pas familiarisé avec la bande dessinée), son verdict fut bon. C'est dire si Swolfs a dû se documenter sérieusement pour passer du western Durango à cette période particulièrement complexe de l'Histoire de France, nourrie de nombreux événements. Swolfs étant Belge, n'adopte aucun parti pris et surmonte ce handicap grâce à une grande rigueur historique, le texte est abondant et verse dans une authenticité qui devient vite passionnante, en dépit de la brutalité du récit. C'est pourquoi je n'aime pas trop cette période de Révolution et d'après-Révolution.

En tout cas, les lieux comme Bressuire ou Thouars, je les connais bien, ils sont vrais, les noms des chefs vendéens aussi (Bonchamps, La Rochejacquelein...) sont authentiques. En perfectionniste du décor, Swolfs peaufine ses dessins grâce à l'élégance vigoureuse de son trait qui restitue à merveille de beaux décors poitevins de maisons, de villages et de lieux bien réels (la vue de Thouars avec son pont sur le Thouët, et son château est bien reconstituée).

Beaucoup de lecteurs apprendront des épisodes peu connus de cette sombre période, et les raisons de ces guerres de Vendée qui vont pendant 3 ans ravager ces contrées du Poitou et laisser ce pays exsangue. Le conflit a été d'abord politique: les Républicains bafouent les coutumes religieuses, pratiquent la conscription forcée et sont adeptes d'une justice sectaire et expéditives; de leur côté, les nobles veulent maintenir dans les campagnes un semblant d'ordre féodal obsolète, il était donc fatal que ces deux camps s'affrontent.

Tout ceci donne une série de grande qualité, que j'ai bien failli lacher en 1991, car après 2 albums, Swolfs continue à scénariser mais en laissant le dessin à Eric, qui saborde la série par son trait horrible, jusqu'à la reprise par Legein; son dessin est moins beau que celui de Swolfs, mais il s'en tire pas trop mal. Pour découvrir cette série, acheter d'abord les 2 premiers albums de Swolfs, et après à vous de voir.

Nom série  Bruno Brazil  posté le 22/06/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Avec ce héros prodigieux crée dans le journal Tintin en 1967, Vance et Greg (qui signe Louis Albert) surfent sur la vague de bondomania qui soufflait alors à l'écran, à la TV et en BD où nombre de personnages vont s'engouffrer. Au début , les aventures de Bruno Brazil sont traditionnelles, de plus il évolue seul, dans une succession de récits complets ainsi que dans son premier récit long : Le Requin qui mourut deux fois, en 1968, qui s'ouvre par un crash tonitruant digne des James Bond. Durant cette période, Brazil est un agent secret très bondien (coupe clean, costume bien coupé, toujours élégant) qui évolue dans un contexte policier-espionnage.

Dès le second épisode, Commando Caïman, c'est le grand démarrage de la série, le ton va changer, et la série va prendre un aspect Mission impossible, grâce aux agents qu'il recrute pour composer son groupe d'élite, chacun a sa spécialité : Brazil, véritable playboy qui prépare tout au millimètre ; Gaucho Moralès, un Mexicain exubérant qui est le plus redoutable des Caïmans ; Texas Bronco, au look cowboy, casse-cou superbe et chimiste doué pour la fabrication de gadgets ; Billy Brazil, jeune frère de Bruno, le plus influençable mais as du sabotage ; la sublime Whip Rafale, une véritable Lara Croft avant l'heure qui manie le fouet avec dextérité ; et enfin Big Boy Lafayette, ancien jockey adroit par sa petite taille, spécialisé dans la pose des micros et manieur d'un yoyo en acier redoutable. Il sera le premier à être tué au cours d'une mission. Car c'est là le détail qui tranche résolument avec toutes les séries réalistes de la même époque, ce qui est aussi la patte de Greg : briser le cliché des héros immaculés à qui il n'arrive jamais rien. On verra qu'à la même époque, Greg malmenait aussi durement Bernard Prince et ses amis.

La série se transforme au fil des épisodes, Greg et Vance se complètent parfaitement, faisant de cette bande l'une des grandes séries du journal Tintin ; Vance atteint une qualité graphique, notamment sur l'épisode Sarabande à Sacramento, à l'aide d'un crayon aiguisé surtout sur les visages très carrés, en éclatant ses cases et en apportant un soin dans les décors (qui seront confiés à son beau-frère Coria), de même qu'il dessine toujours de très belles femmes. A la même époque, il a repris Bob Morane, et on se demande comment il pouvait alimenter avec autant de talent 2 séries importantes. De son côté, Greg laisse s'épanouir la personnalité de chacun des Caïmans, en insufflant toujours son ton ironique et son humour cynique, perceptible dans les répliques de Brazil, c'est sa marque de fabrique qu'on retrouve dans Bernard Prince et Comanche. Mais sans doute lassé ou occupé par ses autres activités, il décime durement l'équipe, Brazil vieillit, il est moralement brisé et se marie avec Gina Loudéac, une jolie Française, mais les missions sont terminées, l'embourgeoisement seyant mal avec les services secrets.

La série s'arrête en 1983 au grand désespoir des fans dont j'étais ; le choc des morts dans une série était totalement inhabituel à l'époque, contrairement à aujourd'hui, et je connais des gars qui ne s'en sont pas remis ; déja le premier, celui de Big Boy m'avait déconcerté. Mais tout ça reste une belle aventure, une très bonne série dont on peut acheter les albums car ils ne sont pas nombreux.

Nom série  Iznogoud  posté le 22/06/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
J'ai toujours adoré le graphisme de Tabary que ce soit dans Totoche ou Valentin le vagabond, et ici, c'est l'explosion, il se lache totalement dans la démesure des gags, de l'inventivité et du décor exotique, avec bien évidemment le délire verbal, les jeux de mots et les calembours de Goscinny ; tous deux ont dû beaucoup s'amuser, et moi aussi, je sautais sur cette bande à chaque parution du journal Pilote où je l'ai découverte dès 1968.

Ce grand Vizir qui tente par tous les moyens, y compris les plus tordus, de se débarrasser du calife Haroun el-Poussah, sorte de gros potentat fainéant et candide, perpétuellement somnolent sur les coussins profonds de son palais, est le letmotiv le plus simple qui existe, mais sur ce faible écheveau, les auteurs vont bâtir une succession de gags (répétitifs d'après certains avis), mais c'est justement cette exagération dans la répétition qui en devient drôle.

Malgré les tentatives multiples qui échouent toujours (objets enchantés, magiciens, potions, sortilèges, mouche tsé-tsé...), Iznogoud capte étrangement la sympathie du lecteur ; son dessein de "devenir calife à la place du calife" est tellement associé à cette Bd, que ça fait partie du langage courant. Les personnages aux trognes savoureuses, la vision loufoque de l'univers des Mille et une nuits, le dessin très expressif de Tabary dont les couleurs vives accentuent le côté somptueux d'un Orient de fantaisie, la perpétuelle agitation, les personnages secondaires tordants (comme ce magicien couvert de bosses qui n'arrive pas à traverser les murs) et les trouvailles de Goscinny sont parmi les nombreuses raisons du succès de cette bande qui pour moi est l'une des plus drôles dans le domaine humoristique.

Je trouve que les récits courts de 8 planches étaient les meilleurs, même si après la mort de Goscinny, Tabary a su conserver un bon niveau ; pour cela, il a sacrifié plus ou moins ses autres créations. J'étais à deux doigts de mettre 5 étoiles, mais cette note est réservée selon moi à des Bd vraiment exceptionnelles ; disons qu' "Iznogoud" n'en est pas loin.

Nom série  Eric Castel  posté le 22/06/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cette bande sportive évolue dans le monde du football comme le faisait déja Vincent Larcher du même R. Reding. Mais à la différence de celle-ci qui dérivait vers le fantastique en plaçant le foot en retrait, "Eric Castel" est pleinement consacrée à ce sport, et le héros sympathique qui est un footballer de renom, se concentre sur son jeu, son club, ses équipiers, son coach; les séquences de matches sont nombreuses et rendues vivantes par le trait efficace et moins rigide ici de Reding. De plus, à l'instar de Jean Graton qui envoie Michel Vaillant côtoyer de vrais pilotes de course, Reding place son héros auprès des grands champions internationaux de l'époque.

Mais il n'y a pas que le foot, Eric connaît des aventures annexes, et s'intéresse aux jeunes garçons des quartiers pauvres de Barcelone, qui n'ont que le foot pour exister; la série soulève donc quelques points délicats et aborde des faits de société.

Je découvre cette bande en 1979 à sa création pour le nouvel hebdo Super As, version française du magazine allemand Zack, et je m'y intéresse tout de suite; le choix d'un sujet universellement compris par plusieurs pays (d'où sa diffusion dans d'autres périodiques en Europe), l'aspect sympathique des personnages, les phases de jeu bien dessinées, le réalisme des décors, et surtout le fait d'offrir une image plus humaine d'un sport déja gangrené par l'argent.... tout ça me plaît bien, même si j'ai délaissé cette bande ensuite pour d'autres.
Je recommande l'achat, mais les albums en occase sont rares, je ratisse les marchés d'occasion et les bouquineries, et j'en ai peu vu.

Nom série  Cubitus  posté le 22/06/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Ce gros toutou paresseux et casanier apparaît dans le journal Tintin en 1968 dont il va devenir un héros apprécié et un gros succès. J'avoue que je n'ai jamais trop adhéré à ces gags en 1 planche, certains étaient mal foutus, je les trouvais moyens, d'autres étaient pas mal, bref, c'était très inégal. Au début, c'est un chien conventionnel à 4 pattes, assumant vraiment sa condition de chien, dont le jeune maître est Marcellin, il n'y avait pas encore Sémaphore, ni Sénéchal, rien qu'une petite voisine du nom de Dorothée; les gags étaient assez plats et sans saveur.

L'apparition de Sémaphore coïncide avec celle de Sénéchal, une saloperie de chat dont Cubitus saura parfois contrer la stupidité; à partir de là, la série change, devient plus mature, Cubitus s'humanise et se tient sur 2 pattes, et tout en illustrant la rivalité chien-chat, il se met à beaucoup parler comme Achille Talon, dont Dupa qui fut l'assistant de Greg, a dessiné des planches; il reprend donc des éléments communs: la pavillon propret où vit Cubitus, Sémaphore qui remplace Papa-Talon, Sénéchal qui rappelle Lefuneste, un humour parfois cynique, et la propension aux dialogues amphigouriques. De même que Cubitus peut devenir très égoïste et très imbu de sa petite personne, comme Achille, tout en gardant parfois des réactions de chien.

Malgré ça, je trouve la série toujours peu attirante quoique sympathique; mais là où Dupa a mieux réussi, c'est dans les délirantes parodies historiques ou télévisées (en récits complets), où le gros chien malmène souvent le matou sournois qui y joue les méchants de service, alors que Cubitus sera tour à tour D'Artagnan, Napoléon, Du Guesclin, Eliott Ness....
L'achat n'est pas indispensable, on peut lire les albums en biblio.

Nom série  Popol et Virginie  posté le 21/06/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cette unique aventure initialement intitulée Popol et Virginie au Far West, fut publiée en 1934 dans Le Petit Vingtième qui avait déjà vu naître Tintin 5 ans plus tôt. Elle fut rebaptisée en 1948 Popol et Virginie chez les Lapinos dans le journal Tintin, en version couleur, avant d'être finalement éditée en album par Casterman en 1968; on m'a offert cet album à cette occasion, maintenant, il est quasiment introuvable, je suis donc conscient de posséder une rareté.

Mais cette bande fait surtout figure de curiosité à cause de son auteur; il s'agit d'un travail de commande, une oeuvre de jeunesse d'Hergé qui ne donnera pas suite et préférera se consacrer à Tintin. De facture naïve et très enfantine, elle conte l'histoire de 2 oursons malins et espiègles qui bravent les dangers du Far West pour vendre des chapeaux aux Indiens Lapinos, puis affronter le bandit Bully Bull.

Le dessin est simple mais agréable, il s'est bien amélioré depuis les premières bandes d'Hergé, telle Totor, C.P. des hannetons; à la même époque, il envoyait Tintin en Inde dans les Cigares du Pharaon.

Nom série  Courtisanes  posté le 21/06/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Nous sommes en 1847, un peu avant la fin du règne de Louis-Philippe. C'est l'âge d'or des grisettes et des courtisanes, où les amours feutrées de salon divertissent les grands de ce monde.

Cette très belle série qui débute en 1996 s'inscrit parmi la riche collection Vécu, en décrivant fort bien le temps des salons parisiens cossus qui n'étaient ni plus ni moins que des sortes de bordels de luxe entretenant des putains de haut vol se vautrant dans la soie, au sein de cette période louis-philipparde où la grande bourgeoisie (et même la noblesse) hypocrite et raffinée régnait en maître. C'était aussi l'époque du courant romantique.

On suit le destin d'Eva, belle héroïne de ce récit, protégée par Marie Duplessis, la fameuse Dame aux camélias; elle va côtoyer le crime et rencontrer tous les personnages importants de ce temps, tels Alexandre Dumas (connu pour fréquenter les fameux salons), Vidocq, Balzac, Berlioz, Delacroix.... Le récit conté brillamment par R. Maric qui mêle personnages réels et fictifs, est mis en valeur par le dessin de P. Frisano, longtemps cantonné dans des tâches sans trop d'éclat, forçat des couvertures ou soumis à des travaux de commande, et quelques récits indépendants. Il trouve ici une série digne de son talent, mais hélas trop courte, puisqu'elle ne compte que 4 albums. Une série peu connue à découvrir.

Nom série  Max et Nina  posté le 21/06/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J'ai lu cette bande dans L'Echo des Savanes, et je l'ai relue un peu en biblio, c'est assez réussi dans la description d'une catégorie d'individus. J'avais bien aimé les précédentes Bd du couple Dodo et Ben Radis, comme Les Closh et surtout Gomina.

Comme toujours dans leur univers, ils créent un anthropomorphisme animal des plus séduisant. Dans Les Closh, le trait était encore disneyen, ici, Ben Radis a atteint une maturité qui lui fait mettre toute son efficacité graphique au service d'une chronique du quotidien, où un peu comme dans Goudard de Gibrat et Berroyer, les personnages sont confrontés aux tracas de la vie quotidienne, dans un environnement urbain (qui semble être parisien): Max est un nouveau beauf, un peu glandeur, à l'image d'une certaine jeunesse d'aujourd'hui, il aime le rap, les virées entre copains, les soirées teuf et les jolies filles; lorsqu'il rencontre Nina, finis les plans galère, les petites combines, les picolades et la survie d'une petite vie quotidienne assez banale, il devient amoureux, se marie et fait un gosse, les responsabilités parentales remplacent l'insouciance.

Bref, de l'amour, des embrouilles, des prises de tête, et surtout beaucoup d'humour avec une liberté totale du récit, un langage très djeune, un style graphique Ligne Claire agréable et des couleurs. C'est sympathique, tendre et très représentatif d'une génération.

Nom série  Agence Hardy  posté le 21/06/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je n'ai pu lire en bibliothèque que les 5 premiers albums, et j'avoue que ça m'a plu. Edith Hardy est une jolie veuve devenue détective privée, spécialisée dans la recherche des personnes disparues, qui fait équipe avec un jeune associé facétieux, Victor Maziero, dont la mère est concierge en face de l'agence.

Ce qui est intéressant dans ce polar, n'est pas tant les enquêtes plutôt banales, où se mêlent espionnage industriel ou secrets d'usine au sein de la Régie Renault à Billancourt, mais bien plutôt la reconstitution d'une époque chère au coeur des 2 auteurs Christin et Goetzinger, celle du Paris des années 50, où le progrès prend doucement son essor et où le pro-américanisme commence à gagner du terrain, la guerre étant encore proche dans les esprits. Au sein de cette époque revisitée de façon virtuose par l'écriture bien documentée de Christin et par le dessin élégant de Goetzinger (imité des vieilles bandes en bichromie) qui fait fi du style Art Nouveau de ses débuts, les milieux sociaux ouvriers et bourgeois se renvoient dos à dos, en évoquant une atmosphère très fifties. C'est flagrant dans le Paris du XIIème arrondissement, où siège l'agence Hardy, située à Picpus, entre la Nation et Bercy où s'étalaient des entrepôts gigantesques, aujourd'hui remplacés par le Palais Omnisport et le Ministère des Finances.

Cette vie paisible de quartier à jamais disparue, où se côtoient petits commerçants, une ferme avec des vaches, des petits métiers et des manufactures le long de la Seine, est fort bien rendue par les auteurs, sans compter les voitures, la mode vestimentaire, les coiffures et certains dialogues datant cette époque nostalgique pour certains.

Un bon petit polar à essayer, même si Christin a un peu moins soigné ses scénarios.

Nom série  Colt Walker  posté le 21/06/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
J'ai lu les 2 albums en bibliothèque et je n'ai que moyennement apprécié. C'est un western violent très inspiré par Sergio Leone pour des plans légendaires entièrement pompés (les gros plans, les plongées et contre-plongées) et surtout le personnage de Clint Eastwood dont le héros adopte le physique, l'allure et les accessoires (cigarillo, poncho). D'autres détails tournent autour de Clint, puisqu'un personnage s'appelle Rowdy Yates (rôle tenu dans la série TV Rawhide où Leone le remarqua en 1964). Même les dialogues et les cadrages sont influencés par les westerns italiens, où s'incrustent de beaux paysages.

Le héros veille précieusement sur son Colt dont il use avec une adresse redoutable. Le ton ironique et la violence sont bien rendus par le dessin extrêmement vigoureux et robuste de Fabrice Lamy, il n'est pas si laid, juste un peu forcé. Ce qui m'a le plus gêné dans ce western, c'est bien plutôt l'absence de scénario cohérent de la part de Yann, qui nous a habitué à mieux; il y a du vide que Lamy meuble par des scènes violentes un peu gratuites ou des scènes érotiques qui ne se justifient pas. Dommage, il y avait du potentiel.

Nom série  Rocketeer  posté le 21/06/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J'avais vu le film en 1990 tiré de cette Bd (avec Bill Campbell, Jennifer Connelly et Timothy Dalton, réalisé par Joe Johnston, futur réal de Captain America); j'avais trouvé ça très bon, et un jour à Paris en glanant dans les boutiques BD, je vois l'édition Albin Michel de 1985 à bon prix. La lecture s'est faite très rapidement, car vraiment c'est distrayant et fort bien dessiné.

Créée en 1982, cette bande de Dave Stevens verse plutôt dans la parodie des super-héros, sans en approcher trop l'univers. Son succès tient au dessin soigné et fluide de Stevens qui rappelle les grandes bandes américaines des années 40 au ton glamour, ainsi qu'au mélange de personnages réels et fictifs (Howard Hughes, Betty Page) et à la re-création d'une époque où abondent les clins d'oeil, car l'action se déroule en 1938, soit juste avant la guerre et mélange les genres avec astuce (action, espionnage, policier, humour, soupçon d'érotisme). Aux péripéties drôlatiques de Cliff Secord et de sa fusée dorsale, s'ajoutent les déboires sentimentaux avec sa fiancée qui n'est autre que Betty Page, célèbre pin-up de l'époque qui pose pour des revues coquines.

Les situations tordues liées à l'engin volant de Cliff, sont remplies de rebondissements dignes des pulps, et typiques des sérials des années 30 (héroïnes ligotées, poursuites effrénées, voitures fonçant dans des précipices, brutes épaisses, bagarres en plein ciel...). Friand de ces sujets remuants dans le Los Angeles d'avant-guerre où rodent de perfides nazis, Hollywood a vite repéré ce potentiel pour produire le film très réussi de 1990.

Nom série  Requiem, Chevalier Vampire  posté le 21/06/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Après les Chroniques de la lune noire, l'ami fan de Ledroit me prête "Requiem" ; je m'attends au pire, et j'ai raison ; c'est le genre de Bd que je n'aime pas du tout. Bon, à la rigueur le tome 1 est acceptable pour l'univers qui se met en place, mais après, ça part en live, c'est du grand délire. J'ai plutôt regardé les albums suivants au lieu de les lire, car dans ce récit gothico-fantastique, plus encore que dans les Chroniques.., Ledroit a forcé sur l'aspect visuel, le dessin explose littéralement dans des compositions graphiques époustouflantes, liées à l'univers cauchemardesque du récit et à la cruauté des personnages. Il y a trop de rouge, trop de sang, les cases sont trop éclatées, et les dessins toujours autant surchargés.

Côté histoire, d'après ce que j'ai compris, il est question du destin satanique d'un soldat allemand mort sur le front russe, ressuscité et précipité sur une planète où le temps s'écoule à reculons. C'est sanglant et dantesque, ça s'adresse à un public très averti, et c'est certainement l'oeuvre la plus ambitieuse de Ledroit, mais ce n'est pas pour moi.

Nom série  Sambre  posté le 21/06/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Histoire d'un amour intense et fulgurant qui va être ballotté par une suite d'événements tragiques, de jalousies et de haines. Jusqu'ici, l'argument est classique, mais la série se révèle bien différente d'un récit historique traditionnel.

Il est vrai que ce récit qui explore les tréfonds du Romantisme en utilisant un drame passionnel aux accents déchirants et mélodramatiques sur fond de Révolution de 1848, peut dérouter au premier abord par son traitement anticonventionnel. L'ambiance sombre, mélancolique et ténébreuse, accentuée par les couleurs aux tons gris et délavés, est probablement l'un des atouts essentiels de la série. L'univers bouillonnant et charnel de cet amour impossible, teinté de fantastique, est bien servi par le trait sensuel d' Yslaire, et la description du Paris de cette époque est bien rendue.

Mais je n'ai pas aimé cette histoire trop complexe et torturée, j'ai lu en bibliothèque le premier cycle, et je ne suis absolument pas rentré dedans, les personnages sont trop tourmentés, les couleurs sont trop blafardes pour moi, l'ambiance graphique n'est pas belle, les revirements de situations trop nombreux, c'est vraiment trop mélo, et malgré un clin d'oeil évident aux Misérables du père Hugo, roman que j'aime bien, je me suis profondément ennuyé à cette lecture; à la fin, j'étais même déprimé. C'est une Bd considérée comme majeure d'après les critiques, mais je trouve qu'elle est trop surestimée, et je passe mon chemin.

Nom série  Tranches de vie  posté le 21/06/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
A contre-courant de la tendance de l'époque qui voit un vent de gauche souffler sur la BD adulte, Lauzier règle des comptes avec cette série parue dans Pilote dès 1974. Il épingle avec une ironie mordante une faune hétéroclite, très parisienne, qui fréquente les boîtes à la mode ou les bars de nuit, les salons parisiens du XVIème arrondissement, les bureaux des grandes entreprises, les milieux bourgeois aisés.

L'humour est grinçant, parfois au vitriol, mais toujours lucide, le trait incisif mais net. Personne n'y échappe : cadres aux dents longues ou anxieux, gros pdg impitoyables, jeunes gauchistes en mal de vivre, phallocrates blasés, femmes du monde sans scrupules, filles vénales et nymphomanes, fétards désabusés, vieux cochons en mal d'amour, grands bourgeois fiers et dédaigneux, parvenus pathétiques, jeunes loups cyniques, employés complexés, petits bourgeois égoïstes, ados à problèmes, marginaux victimes de la société décadente.....il y en a pour tous les goûts dans toutes les classes sociales, dont Lauzier se moque avec le sens de l'observation poussé à l'extrême. Chaque court récit est construit en forme de sketch, les dialogues reflétant souvent le côté prétentieux des personnages. Une vraie satire de la société parisienne où tout sonne juste.

L'inconvénient, c'est que la bande est beaucoup trop ancrée dans son époque 70's, les nouvelles générations auront du mal à comprendre certains comportements et certaines idéologies; de plus, les dialogues sont envahissants, même moi, j'ai du mal à supporter cette narration, et les chutes ne sont pas toujours excellentes. Tout ceci suffit aujourd'hui pour dire que ces fables modernes sont un document d'une époque qui fut exaltante, mais dont l'achat n'est plus indispensable.

Nom série  Liz et Beth  posté le 21/06/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
C'est un érotisme à la française, très différent de celui vu dans les pockets italiens, plein de raffinements, parfois sophistiqué, et de volupté charnelle, qui ne verse jamais dans l'outrance ou la vulgarité malgré l'audace des jeux saphiques et autres plaisirs de la chair pratiqués par ces deux capiteuses héroïnes à l'imagination débordante.

Le trait fin et délicat de G. Levis accentue cette forte puissance subjective et esthétique. A cela s'ajoute une note d'humour bienvenu, de même que les scénarios ne sont pas inconsistants et ne servent pas systématiquement d'alibis aux scènes déshabillées. "Liz et Beth" est une série devenue au fil des années un grand classique de la BD érotique, d'abord diffusée sous le manteau en 1978, à une époque où on ne pouvait pas tout montrer comme c'est le cas de nos jours, puis publiée dans le magazine Bédé Adult.

En 1987, Glénat a proposé une intégrale dans sa collection Le Marquis; je l'ai trouvée à un très bon prix et état correct lors d'un vide-grenier. Car cette Bd mérite qu'on s'y arrête.
A noter que le pseudo en forme de jeu de mot G. Levis, est celui de Jean Sidobre, et qu'il fut excellent illustrateur et auteur de bandes enfantines, dont la plus célèbre fut "Caroline"; le changement d'univers est donc total ici.

Nom série  Rolf  posté le 21/06/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
J'ai depuis très longtemps l'album édité par les Humanos en 79, retitré "Rolf", et je l'ai relu il y a peu. Oeuvre mythique de Richard Corben, "Rowlf" est un conte futuriste considéré comme l'un des chefs-d'oeuvre de son auteur, paru aux Etats-Unis en 1971, donc avant Den. C'est un récit court de 32 planches qui débute au pays de Canis, un petit royaume paisible où règne un vieux souverain aimé de son peuple, et dont la fille, Maryara, va se retrouver au centre d'une aventure cauchemardesque.

L'époque n'est pas précisée, mais semble adopter un contexte médiéval ou de fantasy, bientôt troublé par des démons féroces et cruels. Rowlf, le chien-loup de Maryara qui la quitte rarement, est transformé en homme-loup velu et musclé par la magie de Sortrum, le sorcier du comté, et s'en va délivrer sa maîtresse.

Cet ouvrage réunit tout ce qui fera le style de Corben : force du dessin, réalisme photographique, contraste des couleurs, avec les éléments qu'on retrouvera dans ses autres oeuvres, à savoir le mélange d'époques (les démons sont coiffés de casques allemands, se déplacent en blindés et anéantissent le petit royaume), des scènes violentes et sanglantes, des corps musculeux, et surtout une héroïne plantureuse aux seins lourds qui confère à ce monde soudain ravagé par des brutes sanguinaires, un érotisme encore discret. En filigrane, Corben livre une histoire d'amour impossible, sorte de Belle et la Bête revisité.

Du fait que c'est une des premières grandes Bd de Corben, le dessin est par endroit maladroit, mais il va très vite s'affirmer. Un album que je recommande (l'édition de 1979 a été spécialement mise en couleurs et augmenté de pages inédites).

Nom série  Casino  posté le 21/06/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Leone Frollo est probablement la plus grande pointure en matière de BD érotique diffusée en petits formats, il est à l'origine de 2 séries parmi les plus importantes des pockets italiens édités par Edifumetto, qui prennent le Moyen Age pour décor : en 1971 "Lucifera" qu'il abandonne ensuite pour "Biancaneve", et dans lesquelles il fera connaître son style graphique. On lui doit aussi "Yra", "Contes Féerotiques", "Shatane", Mona Street qui seront toutes traduites en France par l'éditeur spécialisé dans les pockets érotiques, Elvifrance.

Dans "Casino" qu'il dessine en 1985, sur des textes de Rubino Ventura, il y est question de la vie quotidienne d'un bordel parisien à la fin du 19ème, tenu par Mme Georgette (casino signifie bordel en italien). Frollo y dessine des filles aux rondeurs délicieuses grâce à son trait plus soigné et plus affiné que dans ses autres productions.

Les ébats sexuels, spécialités, fantaisies et exigences des clients y sont décrits sans tabou, mais ça n'est pas pour autant pornographique. Un grand classique du maître italien, que Delcourt a eu la bonne idée de ressortir des placards.

Nom série  Les Confidences de Nado  posté le 21/06/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Prostituée de luxe aux énormes seins, Nado bénéficie d'une clientèle aisée, souvent constituée de vieux messieurs encore pleins de vigueur et aux fantaisies très spéciales. Elle prend sous sa protection Anne-Laure, une débutante de 16 ans qu'elle initie aux plaisirs lesbiens.

Cette bande signée W.G. Colber sous le nom de Silber, atteint un degré de perversion qui dépasse celui de ses autres créations et qui plaît aux lecteurs de Bédé Adult, magazine de BD érotiques très en vogue dans les années 80; on y trouvait quelques Bd intéressantes.
Ici, les coîts sont assez hard, dans des positions souvent variées et peu ordinaires, et les filles sont vraiment bandantes, mais certaines dépravations peuvent ennuyer; et pourtant il y a pire dans d'autres bandes de l'éditeur Cap. Ce type de Bd est joli à regarder pour se rincer l'oeil, mais l'achat n'est pas indispensable.

A noter que W.G. Colber, Trebor et Mancini sont une seule et même personne, Robert Hugues qui utilise ces 3 pseudos pour de nombreuses bandes érotiques : "Yolanda", "Célia 15 ans", "Lydia", "Vihila planète des perversions", Ninon, L'Institution Marie-Madeleine, Cléo..... Ces bandes sont souvent de qualité avec un dessin agréable et anatomiquement parfait.

Nom série  Judith et Holopherne  posté le 21/06/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Les Bd de Riverstone se situent souvent dans l'Antiquité ou la Mythologie, où se mêlent des éléments fantastiques et une certaine cruauté. C'est le cas avec cet album qui s'appuie sur le Livre de Judith, ouvrage de l'Ancien Testament.

Le trait hyperréaliste de Riverstone m'a toujours étrangement interpellé par sa façon de sublimer les corps aux formes sculpturales de ses héroïnes, en un rendu particulièrement efficace. Ses couleurs chaudes accentuent aussi l'érotisme brûlant de ses images d'une qualité exceptionnelle, dont cette bande est probablement la plus torride des Bd d'un dessinateur hors normes, qui livre à peu près toujours les mêmes recettes : d'un côté, les hommes musclés aux braquemarts toujours en érection, de l'autre, des filles à tomber par terre, aux seins énormes, aux sexes ouverts et aux visages innocents. Sans compter certaines positions qui doivent être vraiment inconfortables ou difficilement réalisables.

Tout ça est bien joli, mais ici, il y a tellement d'outrance dans le dessin que ça n'est pas très excitant, et surtout, le scénario tient sur un confetti, alors qu'il y avait un beau potentiel avec la légende de cette héroïne juive . Ceci dit, pour ceux qui ne connaissent pas Riverstone, c'est à découvrir, avec aussi Nagarya et Thamara & Juda.

Nom série  L'Amour Propre (Ne le reste ...)  posté le 20/06/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cette recherche du fameux point G (G comme Graffenberg "qui a mis le doigt dessus") a eu beaucoup de succès à sa sortie en 1983. Cette fable sexuelle tourne bien évidemment autour du sexe, Veyron y abordait le sujet à une époque où tout le monde se taisait encore, mais n'en pensait pas moins. Le héros est un clone de Bernard Lermite, héros vedette de Veyron , qui cherche désespérément cette petite zone érogène réceptive aux doigtés habiles, et source de jouissance extrême chez les femmes; sauf que les femmes amoureuses sont nombreuses et que les vraies graffenbergiennes sont rares.

Il y a donc beaucoup de sexe ici, mais ça n'est jamais cochon, car surtout ça n'oublie pas d'être drôle, et à la limite, le sexe serait plutôt secondaire, on se régale plus à voir une mise en boîte de la société branchée des années 80. Le récit adopte un ton macho tout en étant féministe, où l'homme et la femme sont traités sur le même plan.

Toutefois, cette Bd a hyper mal vieilli, c'est le reflet d'une certaine faune, surtout parisienne, issue de la branchitude du début des années 80, les générations d'aujourd'hui n'accrocheront sûrement pas; moi, j'ai connu cette époque, il y a du vrai, mais j'y attache aujourd'hui peu d'importance car je ne m'y reconnais pas vraiment, cet album a surtout valeur de document; pour l'achat, c'est à voir.

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