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Nom série  Babel (Soleil)  posté le 28/11/2007 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Pas mal, oui. Cette BD est sans prétention et représente un bon moment de divertissement pour les amateurs de Space-Opera et de SF d'action à grand spectacle.

Le dessin est classique mais bon. Personnages et décors sont de bonne qualité. Je ne reprocherai que le visage des deux méchants de l'histoire, tous deux étant étrangement enfantins ou simplifiés dans leurs traits et expressions, ce qui tranche bizarrement avec les visages un peu plus réalistes des autres personnages. De même, les couleurs, même si elles ne sont pas mauvaises, ne m'ont pas particulièrement enchanté par leur choix et leur harmonie.

Le récit emprunte à énormément de classiques de la SF. Les amateurs du genre y reconnaîtront des influences directes voire des clins d'oeil purs à Star Wars, Men In Black et beaucoup d'autres oeuvres cinématographiques ou littéraires. Difficile de ne pas assimiler les Maîtres Danseurs à des Jedi. Et n'y aurait-il pas aussi un peu de Starfighter dans ce personnage humain classique qui se retrouve enrôlé sans trop savoir comment dans un escadron d'élite d'une alliance interstellaire ? Et les références directes à l'univers Marvel sont également très nombreuses, allant du père du héros nommé Jack Kirby jusqu'à l'utilisation pure et simple de Célestes en fin de récit. De même, nombreux sont les clins d'oeil aux BDs de SF de chez Soleil, notamment Universal War One.
Bref beaucoup de références, d'influences et de clins d'oeil.
Mais le cocktail prend plutôt bien. Le récit est efficace et bien mené. On le suit avec plaisir, sans se prendre la tête. Il a en outre l'avantage de tenir en 2 tomes seulement. Seule la fin m'a un peu embrouillé, ayant dû m'y prendre à deux fois pour comprendre l'avantage de choisir de détruire la planète d'une certaine façon plutôt que... de laisser la planète être détruite d'une autre façon. Mais pour le reste, j'ai été plutôt captivé par ma lecture.
Si vous avez aimé Sillage ou encore Orbital, cette BD est un peu dans le même genre, avec un esprit juste un peu plus léger et un peu plus de fantaisie SF.

Nom série  Necromancer  posté le 27/11/2007 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Note approximative : 2.5/5

Voilà clairement du comics pour ados modernes. Amateurs de Buffy contre les Vampires et autres Fathom apprécieront sûrement les aventures d'Abigail Van Helsi... Van Alstine.

Le dessin est dans la veine initiée par Michael Turner : comics d'action, personnages aux corps de mannequins, trait lisse et formaté, virtuosité graphique mais manque flagrant d'âme et d'intérêt visuel.

Ici, point de chasseuses de vampires, mais plutôt des druides-mages chasseurs de démons. Ambiance de high school américaine mâtinée de sectes satanistes et de pouvoirs magiques. C'est l'histoire d'une jeune fille qui se découvre de très puissants pouvoirs qui vont la projeter dans une guerre entre les gentils et les méchants.
Le ton est cependant plus noir que dans les séries télé bêtasses : les démons ne font pas dans la demi-mesure, massacrant leurs proies ou les torturant mentalement. Cela reste cependant assez immature et les lecteurs adultes se lasseront vite de ces intrigues assez clichés où l'action ne laisse pas la place à la profondeur et la cohérence du scénario.

Relativement efficace et plutôt bien dessiné mais sans surprise et sans maturité.

Nom série  Anaelle Et Myrios  posté le 26/11/2007 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Cette BD est parue à l'époque dans le journal Okapi. Les quelques BD issues de ce dernier que j'ai lues ne m'ont jamais vraiment enthousiasmé mais globalement je les trouvais sympathiques et porteuses d'une ambiance assez désuète de nos jours, un peu nostalgique. Hélas, celle-ci est particulièrement mauvaise, ou du moins ratée.

C'est avec surprise que j'ai vu que le dessinateur de cette BD était Frédéric Boilet. C'est vrai qu'Okapi a eu pour habitude de publier des auteurs amenés ensuite à devenir célèbres, tels Gibrat, Sternis et autres Cothias. Alors pourquoi pas Boilet ? Sauf qu'il s'agit là d'un véritable pêché de jeunesse, du genre qu'on souhaite sûrement oublier.

Le dessin n'est vraiment pas terrible pour commencer. Plein de défauts techniques, de compositions peu judicieuses, de personnages manquant de naturel, il est en outre très médiocrement colorisé. Ce n'est pas beau.
A cela s'ajoute une narration graphique ratée, des enchaînements abruptes et parfois incompréhensibles, un récit décousu au rythme saccadé et déplaisant, et une intrigue assez mauvaise autant qu'emplie de clichés.
Il y a quelques bons points dans ce scénario. Notamment, j'ai bien aimé la petite histoire dans l'histoire, imaginant le mythe de l'Atlantide comme étant le précurseur des dieux d'Egypte. Mais à part cela, tout ce qui est construit autour est franchement bancal et surtout très mal raconté. La construction en épisodes tels que parus dans Okapi a dû franchement handicaper le scénariste qui n'a pas du tout su la gérer, usant en permanence d'ellipses et d'enchaînements douteux pour condenser son récit et en faire une bouillie pénible à lire. Surtout qu'avec du recul, l'intrigue n'est franchement pas terrible et tellement convenue.

Bref, une BD qui sent beaucoup trop l'amateurisme pour un scénariste qui a, semble-t-il, arrêté là sa carrière dans le domaine de la BD, et pour un dessinateur qui a fait vraiment mieux par la suite.

Nom série  Triple galop  posté le 26/11/2007 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je dois l'avouer tout de suite, je n'aime pas vraiment l'équitation et pas tellement plus les chevaux en eux-mêmes. Mais j'ai été séduit par le graphisme de cette BD d'humour. Le trait de Du Peloux n'est vraiment pas mauvais du tout, avec juste ce qu'il faut de personnalité. Ses personnages et ses chevaux sont très réussis et pleins de vie. Et, une fois n'est pas coutume dans une telle BD d'"humour thématique" façon éditions Bamboo, le dessinateur ne se moque pas des lecteurs et leur offre des planches bien travaillées, efficaces et jolies à regarder.
Et la série semble avoir tellement plu au dessinateur qu'à partir du tome 2, il continue seul, assurant aussi le scénario, et le résultat est tout aussi probant.

Autre bon point de cette BD, on sent que les auteurs aiment les chevaux et qu'ils connaissent le milieu dont ils parlent (ou alors ils m'ont bien bluffé). Ce n'est pas une vue de l'extérieur avec des gags bateaux recyclés dans un domaine interchangeable : ici, on est vraiment dans l'univers des canass... de la noble équitation et des sympathiques bourri... chevaux. Les amateurs du milieu devraient s'y retrouver avec plaisir, et moi-même qui en ait fait un tout petit peu, je m'y suis assez bien retrouvé.

Bon, maintenant, le souci, c'est que malgré la bonne volonté et l'ambiance sympathique, ben... c'est quand même rarement drôle. Les gags sont assez basiques et tombent souvent... pas vraiment à plat mais... ce n'est pas hilarant, quoi. Pourtant, malgré quelques thématiques récurrentes comme le saut d'obstacles et la reproduction (eh ouais !), les gags sont assez variés et plutôt imaginatifs. Mais non, l'humour manque quand même de finesse et est trop souvent prévisible. En fait, les seules fois où j'ai rigolé, c'était surtout grâce à l'aide du dessin et notamment des bouilles très réussies de certains chevaux telles que Du Peloux arrive à leur donner.

Bref, ce n'est pas, comme je le craignais avec cette maison d'édition, une BD "d'humour commerciale sans âme et interchangeable" : cette BD est pleine de bonne volonté et d'un vrai travail de la part du ou des auteurs, et cela se voit au niveau du graphisme très plaisant, mais... ça manque quand même d'un bon humour, hélas.

Nom série  Digitaline  posté le 26/11/2007 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Premier essai de BD européenne entièrement réalisée sur ordinateur à une époque où cet outil n'était vraiment pas encore probant en la matière. Résultat : des planches qui, vues de loin, ressemblent à une BD assez classique mais qui, vues de près, font preuve d'énormément de défauts du graphisme assisté à l'ordinateur de l'époque. Trait pixellisé, aplats de couleurs froides, décors tracés à l'équerre, utilisation des prémisses des effets infographiques (dégradés, airbrush, copiés-collés, etc...), c'est laid et ça a plus que mal vieilli.
Pourtant on sent que l'homme qui est derrière ces planches est un vrai dessinateur. Le trait des personnages et des visages n'est pas mauvais du tout. La même BD dessinée à la main plutôt qu'à l'ordinateur aurait pu donner quelque chose de tout à fait convenable graphiquement parlant.

Parce que scénaristiquement parlant, ce n'est pas terrible. L'intrigue est terriblement cliché, avec la belle journaliste qui débarque dans un pays dangereux et ne tarde pas à se faire enlever, et son courageux ami arrive à sa rescousse, le tout dans le cadre d'une guérilla entre rebelles locaux et multinationale véreuse. Et surtout, l'élément crucial du récit, la carte postale trouvée par l'héroïne, n'est franchement pas crédible : utiliser ce "stratagème" pour faire passer ses messages à ses complices quand on est une multinationale qui monopolise toutes les télécommunications, c'est assez ridicule.

D'ailleurs, cette aventure restera sans suite car la série s'arrête dès le premier tome alors même qu'elle s'engage à peine dans les choses sérieuses. Un arrêt net et donc une BD à ne surtout pas acheter à moins d'être vraiment curieux de voir le (médiocre) résultat d'un graphisme informatique à une époque où les outils ne s'y adaptaient pas du tout.

Nom série  L'Aigle sans orteils  posté le 25/11/2007 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Ca faisait un moment que je tournais autour de cet album sans avoir eu l'occasion de le lire. Je craignais que son sujet ne me captive pas, le cyclisme étant un sport qui ne me passionne franchement guère. Mais les très nombreux bons avis m'ont motivé à le lire. Et maintenant que j'en ai eu l'occasion, je ne le regrette pas : c'est une bonne BD. Voilà un bel hommage et une jolie tranche d'histoire du cyclisme au début de son époque la plus glorieuse, une époque où le Tour de France était encore plus qu'une immense gageure physique mais un défi titanesque que seuls esprits forts pouvaient envisager et endurer sur la longueur. Et surtout les passionnés non sponsorisés et sans équipe comme le héros de cette histoire.

Le dessin de Lax est excellent. Je regrette juste son choix d'utiliser des teintes assez monochromes pour ses planches. Les quelques cases où les couleurs sont plus variées montrent que cela aurait pu être graphiquement grandiose sur tout l'album.

Quant au récit, il est beau et fort. Un vrai hymne à la persévérance et à l'ambition sportive dans ce qu'elle a de plus pur. La fin en est d'autant plus cruelle et par là même d'autant plus juste et parlante.
Joli !

Nom série  Château l'Attente  posté le 25/11/2007 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Note approximative : 3.5/5

L'édition de cet album est formidable et c'est elle qui m'a amené à acheter sans hésiter cette BD dont j'avais à peine entendu parler auparavant. Qu'avons-nous là ? Un véritable livre en simili-cuir, des pages épaisses à la reliure cousue, un beau marque page en tissu rouge, une superbe couverture aux couleurs désaturées... C'est un superbe objet de 464 pages au prix presque dérisoire en comparaison de sa qualité et du plaisir et du temps de lecture qu'il procure. Mes plus grandes félicitations aux éditeurs, notamment à Cà et Là qui n'a pas hésité à reproduire le format de l'édition originale de luxe américaine.

Bref, l'album en lui-même est un petit bijou mais qu'en est-il du contenu ?
Eh bien, il est tout ce qu'il y a de plus sympathique !

Il commence comme une revisite légèrement modernisée de la Belle au Bois Dormant. Et puis voilà, la jolie princesse est réveillée, elle part avec son prince charmant et logiquement, quelque part derrière le soleil couchant, ils se marieront et auront beaucoup d'enfants. Oui mais que reste-t-il du château, de ses habitants et des proches de la princesse ainsi lâchement abandonnés comme de vieilles chaussettes ? Eh bien, ils vont continuer à vivre, sans grandes aventures ni péripéties, mais juste une vie tranquille, de tous les jours, telle qu'on peut la vivre dans un univers de contes de fées où les personnages à tête d'animaux côtoient les sorcières et les simples paysans.
Et autour de ce qui est devenu le Château l'Attente vont se regrouper, se réfugier, un groupe hétéroclite de personnages variés et attachants. Et nous allons suivre leur vie commune, le récit de leurs aventures passées, leurs menus soucis et leurs amicales relations.

Le dessin est dans une belle ligne claire, noire et blanche, simple et élégante. Il ne brille pas particulièrement par sa technique mais il est joli et plaisant à lire et à regarder. Seul reproche que je lui ferais, le manque de féminité visuelle de la majorité de ses personnages féminins, ce qui les rend d'autant plus difficiles à appréhender quand celles-ci se révèlent être des femmes à barbes.

Le récit, quant à lui, est doux, agréable et original. Il ne manque pas d'humour même si celui-ci n'est pas vraiment des plus hilarants. Le ton est toujours bon enfant, cherchant davantage le sourire et la tendresse que les moments sombres ou inquiétants. Les clins d'oeil et références aux contes de fées sont innombrables mais sobrement insérés dans un récit équilibré et naturel.
Le rythme est lent. Et c'est peut-être là le principal reproche que je lui ferais : au bout de 467 pages de ce qui se révèle n'être qu'un premier volume, aucune intrigue principale ne s'est vraiment formée, juste des sous-intrigues légères, de nombreux mystères qu'on voudrait résoudre avec un peu de curiosité. Et au final, l'intérêt de cette BD se révèle être simplement le plaisir de suivre la petite vie et les histoires passées de ces personnages originaux et pleins de vie. En cela, il est possible que cette BD rebute certains lecteurs avides d'intrigues solides et uniques du début à la fin d'un album. Ici, tout est digressions et petites anecdotes.

Un très bel objet pour un joli récit, doux et original, qui ne captivera peut-être pas tous les lecteurs mais en ravira sûrement beaucoup par son ton très personnel et ses personnages attachants.

Nom série  Je suis pas petite !!!  posté le 21/11/2007 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Excellent ! Voilà véritablement un album qui s'adresse à la fois à un public jeunesse et à un lectorat adulte.

Le dessin de Bruno Duhamel est bon et vivant. Son trait est dynamique, ses planches soignées et travaillées, ses décors variés et jolis. Bref, c'est un joli album.

Et en plus, les histoires courtes qu'il contient sont bien. J'ai été assez éclaté de rire à la lecture de la première : il y a là un véritable humour qui, à mes yeux, saura toucher à différents niveaux les lecteurs, qu'ils soient adultes ou enfants. C'est à la fois mignon et décapant.
Les récits sont variés, emmenant l'héroïne aux quatre coins du monde dans des histoires très différentes les unes des autres mais reliées par un même état d'esprit gentiment incorrect par moments. Il y a un peu de poésie, d'enfantin et de léger sadisme dans ces pages. Un cocktail amusant et original. Et même si tous les récits ne sont pas égaux, même si c'est surtout sur la première que j'ai ri et que, sur celle du Village par exemple, j'ai été un peu circonspect, j'ai passé une lecture très agréable.
Et j'ai hâte de pouvoir lire cet album à ma fille pour voir de quelle manière, sûrement très différente, elle saura être touchée par lui.

Nom série  Le Sens de la Vis  posté le 21/11/2007 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Décidément, j'adore les associations entre Ferri et Larcenet. J'aime bien les oeuvres de chacun séparément, mais quand ils sont réunis, ils ont le chic pour se sublimer l'un l'autre. Larcenet apporte la vie de ses dessins et Ferri l'excellence de son humour, et les deux se marient à la perfection.

Je ne savais pas du tout à quoi m'attendre avec cet album. Sur le blog de Larcenet, où il publie déjà régulièrement des dessins diversifiés, l'auteur expliquait que Le Sens de la Vis avait été conçu en sens inverse des BDs traditionnelles. Larcenet avait tout d'abord présenté à Ferri une suite de dessins variés et sans liens. Ferri avait alors écrit des dialogues en rapport avec ces dessins, puis inventé une histoire les liant et enfin dégager une thématique au tout.
Mais alors, me disais-je ? Est-ce que ça veut dire que cet album est un recueil de dessins amalgamés en une histoire à peu près potable ? Eh bien... A la fois oui et non, car l'histoire que l'on y lit est une vraie histoire, une bonne histoire, et elle inclut de manière extrêmement réussie cette suite de dessins indépendants.

C'est l'histoire d'un jeune dessinateur qu'on imagine bien être Larcenet qui vient rendre visite à son gourou, un vieux sage oriental dans son temple zen, vieux sage en qui j'aime à reconnaitre le vénérable Ferri, gloire soit rendue à sa moustache. S'échappant de la folie médiocre du monde moderne, le jeune apprenti vient méditer avec le sage et lui présenter les dessins qu'il a réalisés récemment. Et le sage commente ces dessins, avec humour et pertinence. Enfin, pertinence...
Dès les premières pages, j'ai été séduit par le dessin. C'est le trait lâché et vif que Larcenet a su se créer ces derniers temps et je trouve qu'il passe vraiment bien ici et sait donner une vraie vie et esthétique à l'album.
Et lors de la présentation des premiers dessins et croquis du jeune apprenti, j'ai été carrément éclaté de rire à la lecture des dialogues. Ils sont bons, percutants, hilarants. Gros coup de coeur à ce moment là.
Au fil des pages, mon hilarité s'est un peu réduite car les pages s'accumulant, le concept perd un peu de sa force. Mais j'ai continué à trouver ça drôle et donnant un véritable intérêt aux tentatives graphiques de Larcenet que, prises seules et sans contexte ou humour, j'apprécie généralement moyennement sur son blog.

Très bonne lecture, des dessins graphiquement intéressants et vivants, et surtout beaucoup, beaucoup d'humour.

Nom série  Les Sentiers de la Perdition  posté le 20/11/2007 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Je n'avais pas vu le film et je n'avais même aucune idée de quoi parlait cette BD avant de l'entamer. Autant dire que je partais sans a priori ni éléments de comparaison, et j'ai beaucoup apprécié ma lecture.

Le dessin a été la première chose que j'ai remarquée.
Je me suis dit à quelques moments que j'appréciais moyennement certaines cases sur lesquelles il me fallait rester une ou deux secondes pour bien déchiffrer le contenu. Et de même, j'ai constaté avec un peu de regret le caractère changeant de certains visages, notamment celui de Michael O'Sullivan qui ressemble tour à tour à plusieurs acteurs de cinéma à mes yeux.
Mais de nombreuses fois, je me suis dit que j'aimais ce trait auquel je trouvais une certaine classe. Je lui trouve un vrai charme de même qu'une jolie esthétique grâce à sa technique changeante.
J'ai donc un avis mitigé sur le graphisme, mais globalement je le trouve pas mal.

Mais c'est surtout le scénario qui m'a captivé, et cela d'autant plus que je réalisais au fur et à mesure qu'il s'agissait d'une histoire basée sur des faits et personnages réels. Je l'ai trouvé assez fort, prenant et intéressant. J'avais vraiment envie de suivre cet irlandais, d'un côté tueur froid et extrêmement efficace, et d'un autre côté père attentif et affectueux. J'avais vraiment envie de le voir gagner sa "guerre" et mener à bien sa vengeance, la sienne ainsi que celle de son fils. Tant et si bien qu'alors que, fatigué, je comptais n'en lire que le premier chapitre hier soir, je n'ai pas pu lâcher l'album avant la fin.
Et même si les prouesses assassines de O'Sullivan me semblent fortement exagérées, j'ai été fasciné par l'aspect réaliste et crédible de tous les évènements, de cette plongée dans le monde de la maffia par un point de vue assez différent de ce qu'il se fait d'habitude.
Très bonne lecture.

Nom série  War and dreams  posté le 19/11/2007 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Pour le moment, j'ai davantage été envouté par India Dreams que par cette nouvelle série mais c'est une bonne lecture tout de même. J'attends de voir la suite.

J'attends de voir la suite car je me demande quel est l'objectif de cette BD. Le premier tome, seul paru actuellement, donne l'impression de suivre le fil rouge de retrouvailles entre anciens combattants et les plages de la Côte d'Opale mais il porte finalement davantage sur des récits de la seconde guerre mondiale. Ce sont des récits originaux et variés, qui plongent joliment dans l'ambiance de l'époque, sous un aspect légèrement romantique d'ailleurs, mais je ne vois pas trop le rapport avec ces gens qui se retrouvent dans le Nord de la France de nos jours. Sans doute le récit éclairera-t-il cela au fil des tomes.

Pour le moment, j'ai lu avec cet album des témoignages intéressants sur des morceaux choisis de la seconde guerre mondiale, j'ai vu de belles images même si je trouve que J-F Charles réussit mieux ses décors africains que français et même si j'avais davantage apprécié l'esthétique globale d'India Dreams, j'ai passé un agréable moment de lecture, mais je n'ai pas vraiment été captivé et je reste un peu dans l'expectative.

Nom série  Crying freeman  posté le 27/12/2005 (dernière MAJ le 18/11/2007) Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Je n'ai pas vu le film et le manga ne m'attirait pas : je ne l'ai lu que pour satisfaire ma culture personnelle et je pense que j'aurais facilement pu m'en passer.

Le dessin manga réaliste y est vieillot, à l'encrage un peu sale et gras. Les personnages ont des physiques de vieux films policiers de série B des années 70. Bof.
Ceci dit, j'étais plié de rire au la lecture de la double page où Emu se souvient avec nostalgie du beau corps nu et tatoué de Freeman, où on le voit courir nu, sauter nu, faire trois petits pas et tourner sur lui-même.

Quant à l'histoire, ça transpire le cliché. Freeman est un beau tueur ténébreux mais sensible (oh, il pleure à chaque fois qu'il tue quelqu'un ). Emu Hino (qu'est-ce que c'est que cette traduction Française en Emu O'hara (qui habiterait à Vancouver ?? Vancouver, ville emplie de Yakuzas comme chacun sait ! )), Emu Hino donc est une superbe jeune femme riche mais vierge (à 22 ans, la hoooonte ! ). Et bien sûr, en midinette romantique, elle va tomber folle amoureuse du beau gars qui vient de faire exploser la tête d'un homme devant elle (mais elle ne retiendra que son beau visage qui pleure). Et en bonne Japonaise soumise, elle va attendre sagement la venue de cet homme pour se livrer corps et âme à lui. Et naîtra alors un amour puissant et beau (eh oui, Freeman est lui aussi puceau, la hooooonte ! ) qui forcera les deux jeunes et beaux amants à fuir ensemble les représailles du méchant monde de la police et de la mafia qui veulent les empêcher de s'aimer et si possible les buter avec beaucoup de souffrance. Romantique à souhait, non ?

Malgré ces gros clichés bidons pour amateur d'émotion facile, la narration n'est pas trop mauvaise et le déroulement de l'histoire reste assez réaliste et pas désagréable à lire.
C'est juste très moyen, quoi.

Nom série  Zappa & Tika  posté le 17/11/2007 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Un sujet simple mais efficace, à même de séduire les jeunes lecteurs amateurs de SF humoristique et d'aventure débridée. Un dessin soigné, moderne et très dynamique. Voilà un cocktail qui aurait pu donner de grandes choses mais qui peine un peu à décoller.

Thierry Robin maîtrise son graphisme. Ce dernier a l'efficacité et le style de certains dessins animés récents. Rien de tel pour donner de la pêche et de la vie au récit.
Seul reproche, la composition et la mise en page manquent un peu de force évocatrice, donnant parfois des impressions de confusion là où il ne devrait pas y en avoir. Un tel dessin aurait mérité à mes yeux une composition plus riche, plus pensée, offrant plus d'espace pour mieux apprécier le talent de dessinateur de l'auteur.

Quant aux scénarios, ils sont plaisants sans être marquants. Les personnages sont sympathiques mais manquent de personnalité. Les intrigues sont divertissantes sans captiver pour de bon les lecteurs. Et l'humour apporte rarement davantage que quelques sourires.
C'est bien dommage car tout est de qualité mais la sauce n'arrive pas vraiment à prendre. Il manque le petit quelque chose qui va rendre les personnages attachants, le scénario captivant et l'humour hilarant. J'ai un peu eu le sentiment que l'auteur visait un peu trop un public jeunesse avec certains passages "faciles", des intrigues "gentilles" et personnages trop caricaturaux.
Pourtant certains sujets intelligents sont abordés, comme la réflexion dans le tome 2 sur le fait qu'il faille ou non sauver un terrible dictateur quand on est mis face à ses exactions alors même qu'on a pour mission d'empêcher sa mort. Et l'auteur s'offre même l'audace de faire mourir un personnage du groupe des gentils dans ce même tome. Mais l'émotion n'arrive hélas pas vraiment à passer et on regarde avec trop de distance le personnage mourir et les autres le pleurer.
Dommage donc même si cette BD reste plaisante, jolie et divertissante.

Nom série  Piero  posté le 15/11/2007 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Enfin une BD de Baudoin qui a su me plaire, me captiver du début à la fin et me toucher.
Cet album aborde deux sujets : la jeunesse de Baudoin et l'amour qu'il porte à son frère d'une part, et d'autre part leur passion commune pour le dessin et comment celui-ci s'est développé pour Baudoin au fil du temps.

Avec ce récit, Baudoin m'a offert les clés de la compréhension d'une partie de son art, les clés pour comprendre son dessin, pourquoi il a fait le choix de cette esthétique qui, jusqu'à présent, me rebutait car je la trouvais trop brouillonne, avec un trait trop charbonneux. Et effectivement, en expliquant en quelques pages le schéma de pensée qui l'a amené à aborder son dessin de cette manière, j'ai pu suivre cette évolution et l'apprécier à sa juste valeur. Sans pour autant que cela soit vraiment mon goût personnel, je le comprends mieux et verrais probablement les planches de Baudoin sous un nouveau regard.

Mais ce n'est pas tout car l'essentiel du récit porte tout de même sur la relation entre Momon et Piero, les deux frères Baudoin. Cette relation fusionnelle est touchante, faites de rêves, d'imagination et de vie de tous les jours. On suit son évolution et ses changements avec intérêt et affection. Le récit est fluide et plaisant, sans fioritures et digression malheureuse. Il a su m'intéresser de bout en bout et me toucher à certains moments cruciaux.

Le dessin est dans le style de Baudoin mais son trait est ici plus fin, plus net que dans la majorité de ses autres oeuvres : je le préfère comme ça. Si bien que sans être totalement amateur de cette esthétique, j'ai trouvé cet album plutôt joli.

Bref, je suis heureux d'avoir eu l'occasion de lire cette BD au petit format de Baudoin et peut-être que, grâce à elle, je vais enfin voir mes futures lectures de cet auteur sous un oeil plus favorable que celui que je lui portais jusqu'à présent.

Nom série  Le Manoir des Murmures  posté le 15/11/2007 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Voilà un début de série bien engageant !
Sur un thème qui, finalement, se révèle relativement classique, une histoire d'humains se transformant en monstres mi-garous mi-vampires et de conflits secrets par-delà les siècles, les auteurs arrivent à nous construire une histoire qui sort plutôt des sentiers battus et qui captive le lecteur dès le départ.

Le graphisme de Tirso est bon et intéressant. Son style est fluide et se prête bien à l'ambiance mystérieuse mais dynamique du récit.
Les couleurs informatiques ne sont pas mal du tout, créant une belle atmosphère. Seul soucis, elles aplatissent un peu les contrastes et, avec le papier légèrement brillant de cette édition, de nombreuses scènes sombres subissent des reflets parfois gênants quand on lit avec une lumière venant de derrière soi.

A lire le résumé, le récit me paraissait relativement cliché et prévisible : une grosse bâtisse mystérieuse, des orphelins à qui on cache une horrible vérité, et à la fin tout se bousculerait et peut-être la maison finirait dans les flammes. Mais le scénario se révèle nettement plus dense et novateur.
Je vous ferais sans doute une révélation en vous disant qu'il nous place dans le cadre d'un conflit séculaire entre deux entités immortelles qui n'est pas sans rappeler l'intrigue de Je suis légion dont le dernier tome est paru il y a quelques jours à peine. Mais il aborde ce type de récit devenu classique d'une manière originale. Le fait de choisir pour héros des enfants est une des premières originalités car ils abordent ce contexte dangereux et adulte avec leurs jeunes yeux et se défendent avec leurs moyens. Mais leurs moyens ne sont pas moindres car ils vont révéler d'étranges et puissants pouvoirs aussi variés que difficiles à maîtriser semble-t-il.

Les personnages sont bons. Leurs personnalités sont crédibles et diversifiées. Aucun manichéisme et d'ailleurs en fin de premier tome, on s'interroge vraiment pour savoir s'il y a des bons et des méchants et si oui, qui est qui ? Les dialogues sont réussis. La narration est fluide et très prenante. On pardonnera quelques petites facilités scénaristiques (une petite fille qui grimpe bien vite aux arbres pour mieux en tomber, des personnages qui apparaissent quand il faut où il faut, etc...) par le fait qu'on est ici dans un récit fantastique de divertissement, pas besoin de trop de réalisme. Et j'ai surtout apprécié la densité de ce premier tome que je craignais d'être trop léger à la lecture du résumé. Il y a une vraie bonne intrigue qui se forme et qui donne envie de savoir la suite.

A suivre de près, donc.

Nom série  Moto râleuses  posté le 14/11/2007 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Voilà une BD auto-éditée que je n'aurais sûrement jamais lue si je n'en avais pas entendu parler ici. Et franchement, je ne suis pas convaincu, et pas seulement parce que je ne suis pas motard et qu'à part quelques rares exceptions, je ne suis pas fan des BDs sur ce thème.

L'aspect d'ensemble est franchement trop amateur à mon goût. Je trouve le dessin quelconque et cherchant trop souvent la facilité : visages remplacés par de simples yeux cachés sous un casque, décors vides, un maximum de détails et d'éléments difficiles à dessiner évités pour pure omission. Les couleurs non plus ne sont pas terribles. Et le pire pour moi est le lettrage, informatique, moche et qui donne vraiment l'impression d'être étranger à l'ambiance visuelle du reste des planches.

Quant aux histoires, le bon point est qu'elles présentent la vision féminine du monde des motards. L'auteur est une femme et ça se ressent dans des histoires assez originales et qui sentent le vécu.
Le souci, c'est que j'ai franchement rarement trouvé ça drôle. J'irais même jusqu'à dire que j'ai souvent trouvé les gags mauvais. La narration souffre une fois de plus de l'amateurisme, le rythme est médiocre, les chutes des gags trop souvent présentés à la façon tarte à la crème (dans le sens où je m'attendais parfois presque à entendre les roulements de tambour de gags de cirque pour bien annoncer que c'est là qu'il faut rire), les dialogues sont assez intrusifs et un peu lourds (dans le sens où il y a certaines planches avec profusion de bulles de dialogues plus inutiles qu'amusantes). Bref, je n'ai pas ri et ça ne m'a pas plu.

A réserver à un public vraiment amateur de genre et probablement eux-mêmes motards et motardes.

Nom série  Même pas peeur...  posté le 14/11/2007 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Note approximative : 2.5/5

Difficile de ne pas faire immédiatement le rapprochement entre cette BD et Joe Bar Team : même thématique évidemment mais aussi même ambiance visuelle (couleurs) et contexte similaire de groupes d'amis motards qui aiment se tirer des bourres alors que les flics les attendent au coin du buisson. Et souvent dans ce genre de BD sur les motards, la copie n'atteint pas la cheville de l'original. Mais là, je dois dire qu'il y a quand même du bon dans cette série et quelques gags m'ont vraiment fait rigoler.

Le dessin me plait moyennement. Traits et couleurs sont classiques mais ne sont pas mauvais, ce n'est donc pas vraiment sur la technique que je puisse faire des reproches. Ce sont juste des personnages que je trouve trop fades et des angles de vue manquant singulièrement de diversité (toujours le même type de cadrage) qui m'ont ennuyé, graphiquement parlant. Par contre, je reconnais avec joie que le dessinateur n'est pas un paresseux : alors que dans beaucoup de BDs d'humour à la chaine, les traits sont bâclés et les décors inexistants, ici tout est bien travaillé et les décors ne sont pas oubliés. Une bonne volonté de l'auteur que je félicite.

Côté gags, comme dit plus haut, il y en a quelques-uns que j'ai trouvés assez originaux et drôles, ce qui est rare dans le domaine des BDs sur les motards après le passage de Joe Bar Team qui a raflé presque tous les gags.
Je déplore cependant la vulgarité qui se dégage de beaucoup de planches et d'une grosse partie des dialogues. C'est peut-être un état d'esprit "motard" que je ne partage pas, pas plus que je n'ai compris certaines private jokes et beaucoup de mots dans un argot qui m'était inconnu. Si bien qu'une bonne partie des gags m'ont quand même laissé franchement froid.

Une BD d'humour sur les motards, une de plus peut-être mais celle-ci est meilleure à mes yeux que beaucoup d'ersatz de Joe Bar Team. Elle s'adresse cependant peut-être à un public de motards trop ciblé si bien que j'ai été mis un peu sur la touche pour en apprécier la totalité. D'où un avis mitigé...

Nom série  L'Escouade des Ombres  posté le 13/11/2007 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
L'Escouade des Ombres fait penser à pas mal d'autres récits de guerres interstellaires, majoritairement Starship Troopers, mais aussi un peu Universal War One ou certains jeux Games Workshop. Au-delà de ces réminiscences, il faut admettre que la narration est bonne et que j'ai été facilement embarqué dans le récit. Sans surprise, certes, mais prenant.

Le dessin, lui, est moyen. Les personnages sont plutôt réussis même si, à partir du moment où les personnages mettent leurs casques au combat et où l'on ne voit plus leurs cheveux, il devient très difficile de les différencier. Les décors, par contre, sont très inégaux. Les vaisseaux spatiaux, quoique simples, sont plutôt réussis, mais d'autres décors plus urbains, eux, ne sont vraiment pas terribles.
Par contre, la narration graphique m'a semblé tout à fait bonne et fluide.

Un récit de guerre dans l'espace avec un parti politique humain raciste qui joue les dictateurs, des ennemis qui sont des mutants dont on apprendra probablement qu'ils sont loin de jouer le rôle des vrais méchants d'entre les deux camps, une intrigue sans grande nouveauté ni surprise mais un récit prenant et plaisant. Je ne conseillerais pas personnellement son achat mais sa lecture fait passer un moment assez sympathique pour ceux qui aiment ce genre d'histoire.

Nom série  Ushijima, l'usurier de l'ombre  posté le 11/11/2007 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Attention, voilà un manga à ne pas mettre entre toutes les mains !
C'est un seinen résolument adulte, sombre, très sombre, et aussi traumatisant qu'il est réaliste.

Son sujet ressemblerait presque à un reportage dans les bas-fonds de Tokyo. Nous parlons ici du domaine des yamikins, des prêteurs-sur-gages qui sont prêts à prêter de l'argent à des taux effarants à des personnes qui en ont absolument besoin. Ces yamikins sont surtout bien déterminés à récupérer, quoiqu'il en coûte pour l'emprunteur, leur argent, les intérêts et tous les à-côtés qu'ils peuvent y ajouter. Leurs cibles, les personnes fragiles qui sont trop insouciantes ou qui sont prêts à mettre leur vie en danger pour des sommes d'argent que souvent, eux seuls, jugent indispensables au maintien du semblant de vie qu'ils se sont construits. Accros aux jeux, aux drogues, à une vie sociale superficielle, acheteurs compulsifs, etc, quand ils mettent le doigt dans l'engrenage des emprunts aux yamikins, ces derniers ne les lâchent plus jusqu'à ce qu'ils remboursent des sommes folles ou détruisent leurs vies pour à peine rembourser les intérêts.

Le dessin est assez particulier. Dans le style manga réaliste, il affiche des personnages aux visages assez étranges, enlaidis et souvent déformés. Sincèrement, je doute que ce dessin plaise à tout le monde mais je lui pardonne ses défauts car il donne une vraie atmosphère au récit et que la laideur de ses personnages réflète bien souvent la laideur de leurs âmes.

Le ton est véritablement noir, presque choquant malgré la retenue dont il fait preuve.
Le personnage principal, Ushijima, est sans pitié. Les gens qui lui empruntent de l'argent, ses "esclaves", deviennent aussitôt pour lui des objets utilitaires qu'il presse jusqu'à l'âme, réduisant leurs vies en charpies, vendant leurs corps et détruisant leurs familles dans le seul but de les dépouiller de tout l'argent qu'il peut en soutirer. Mères de famille qu'il force à se prostituer dans des bouges glauques, jeunes employées de bureau modernes qu'il pousse à la déchéance totale sur tous les plans, des familles entières qu'il détruit et amène à payer pour les dettes de leur fils inconscient.
Pire, on a vraiment du mal à avoir de la pitié pour les victimes de ce prêteur-sur-gages. En effet, alors qu'elles affichent des positions sociales banales, elles révèlent des faiblesses psychologiques méprisables, incapables de se retenir de dépenser à tout va, accros à différentes activités couteuses, elles ont beau promettre à leurs familles et enfants qu'elles vont arrêter, elles se jettent à chaque fois encore plus dans la répétition de leurs erreurs. Tant et si bien qu'on en verrait presque avec horreur le travail d'Ushijima comme une sorte de sélection naturelle qui va détruire les vies des plus idiots de la société.

Les scènes sinistres et dérangeantes s'accumulent et déplairont sans doute aux lecteurs allergiques à tant de noirceur. Mais en même temps, on sent l'aspect réaliste, on devine que de telles horreurs ont sûrement véritablement lieu dans certaines extrémités et que des prêteurs sur gages comme Ushijima doivent probablement exister au Japon ou ailleurs (le sujet n'est d'ailleurs pas sans rappeler un peu le système des sub-primes américains dans son principe). En cela, j'ai été intéressé par ce récit car je l'ai trouvé instructif et parce que, de fait, sa violence physique et morale ne m'a pas paru gratuite. J'ai vraiment eu l'impression que ce manga fonctionnerait comme un reportage romancé dont Takada, le jeune qui débute avec Ushijima et qui apprend les ficelles du métier, serait le journaliste.

Même si chacune des histoires courtes du premier tome de cet album m'a intéressé et captivé, je me demande tout de même où nous mènera la série à la longue car 9 tomes sont déjà parus au Japon. Avec un peu de chances, cela pourrait impliquer qu'une histoire plus conséquente prendra forme au fur et à mesure. Si c'est le cas et vu le domaine très particulier et très dur de sa thématique, ce devrait être une intrigue assez originale.
A lire mais à réserver à un public averti.

Nom série  Je suis légion  posté le 21/08/2006 (dernière MAJ le 09/11/2007) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cette BD me fait penser à certains comics fantastiques actuels.
Ce n'est qu'après lecture que j'en ai eu confirmation au niveau du dessin puisque John Cassaday est aussi dessinateur de Planetary. Il nous offre donc ici un dessin réaliste, aux décors assez épurés, dans un style efficace et plutôt bon même si je ne suis pas 100% fan. Je n'apprécie notamment pas l'aspect figé des personnages, personnages qui se révèlent d'ailleurs parfois moches. Et même si les couleurs sont maîtrisées et masquent une partie des défauts du dessin, leur aspect informatique se révèlent tout de même régulièrement assez froid.

Le scénario est dans une trame assez classique de thriller fantastique moderne avec pour décor la seconde guerre mondiale en Europe, décor qui n'a rien d'original mais qui fonctionne souvent très bien. De même, voir des immortels s'opposer par nations interposées, scientifiques nazis contre espions alliés, ce n'est pas très original mais ça fonctionne bien. Mélanger espionnage et créatures fantastiques vampiriques, c'est un cocktail assez bon.
Seul véritable défaut à mes yeux, je trouve la mise en place de l'intrigue assez longue et manquant un peu de rythme. L'ensemble du tome 1 n'est qu'une longue introduction mettant en scène un petit peu trop de personnages, chose qui fonctionne mieux dans un roman que dans une BD, et ce n'est qu'au début du second tome qu'on rentre enfin vraiment dans le coeur du récit. Et jusqu'à la moitié du troisième et dernier tome, l'intrigue continue à être embrouillée, sautant d'un cadre à un autre au risque de perdre le lecteur et à devenir inutilement compliquée. Une narration un peu confuse donc, qui m'a empêché d'être vraiment scotché au récit.
Ca n'en reste pas moins une BD de bon niveau.

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