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... a posté 2259 avis et 526 séries (Note moyenne: 2.96)

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Nom série  La Guerre Eternelle  posté le 02/03/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Adaptation d’un roman de science-fiction inspiré à son auteur par son expérience de la guerre du Vietnam, « La guerre éternelle » est un des rares récits du genre que j’ai vraiment adoré.
Pourtant, le dessin de Marvano n’avait rien pour me plaire. Je le trouve trop brut, pas assez soigné, ni dans ses décors ni (surtout) au niveau des personnages.

Par conséquent, la force de ce récit ne pouvait forcément que reposer sur un scénario en béton !
Et bien, non… non plus. Le scénario est bon mais pas exceptionnel. Il est surtout représentatif d’un état d’esprit dans l’air du temps au début des années ’70. Fortement antimilitariste, convaincu que la conquête spatiale allait tout révolutionner, confiant en les progrès de la technologie mais ne se faisant plus aucune illusion sur les comportements humains, le roman de Haldeman est un concentré des convictions d’une certaine jeunesse américaine au sortir d’une guerre traumatisante.

Là se cache peut-être la plus grande force du récit. Et la narration à la première personne l’accentue encore. Le héros est incroyablement crédible et attachant. Il paraît authentique, ce qui n’est pas un moindre exploit dans un roman de science-fiction. Il nous permet de nous immerger dans cet univers. Ce personnage principal, c’est Haldeman, et son ressenti est réel, sa volonté de bien faire, ses désillusions, sa lassitude ou son courage ne sont pas feints.
L’ancrage de ce roman d’anticipation dans une réalité émotionnelle apporte à l’ensemble une crédibilité qui fait souvent défaut dans ce type d’œuvre. C’est LA grande force d’un récit par ailleurs assez conventionnel quoique de très bonne qualité.
Et c'est la raison pour laquelle j'ai adoré une bd qui, de prime abord, n'était pas faite pour me plaire.

Nom série  A la recherche de Peter Pan  posté le 02/03/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Œuvre mythique d’un auteur inspiré, « A la recherche de Peter Pan » ne peut que séduire les amoureux de roman(ce) d’aventure aux accents contemplatifs.

L’auteur, Cosey, est un spécialiste du faux rythme. Avec lui, la lenteur est de mise, même quand ses personnages s’engagent dans une folle poursuite. Et la façon dont un village perdu dans la montagne et menacé par un glacier se vide de ses occupants est un autre exemple de cette capacité à exprimer la précipitation avec lenteur.

Et j’apprécie grandement ce faux rythme. Le lecteur a le temps de s’immerger dans cette histoire et finit par ne plus en décoller. Oui, pour moi, « A la recherche de Peter Pan », c’est de la super glue !!!

Le scénario est suffisamment riche pour nous tenir en haleine du début à la fin. Les personnages sont charismatiques et le cadre est rendu avec énormément d’authenticité. Seule la dernière page est de trop à mes yeux, mais sans altérer l’ensemble de ma lecture.

Quant au dessin, ben … c’est du Cosey, mais dans un univers qu’il maîtrise à la perfection puisqu’il joue ici à domicile, l’histoire se déroulant dans le Valais suisse. Et comme déjà en temps normal, j’aime son trait, je trouve le tout tout simplement …
Parfait.

Nom série  Là où vont nos pères  posté le 02/03/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Voici une lecture à laquelle je ne me serais pas risqué si l’on ne m’avait pas offert l’objet. Et j’aurais réellement manqué quelque chose.
Œuvre bizarre, car bd sans paroles, sans même le moindre petit texte, « Là où vont nos Pères » traite d’un sujet international (l’émigration et la difficulté d’insertion) avec énormément d’intelligence.
Postulat de départ : comment se faire comprendre de personnes totalement étrangères à notre langue et à nos coutumes ?
Réponse évidente : en dessinant.
Par conséquent : comment faire comprendre le désarroi d’un immigrant dans cette situation ?
Réponse tout aussi évidente : en dessinant.
Le résultat final est extrêmement troublant car nous sommes confrontés aux mêmes difficultés que le héros de ce récit. Certaines visions nous enchantent, d’autres nous effrayent, toutes nous intriguent. Et parfois, il nous faut l’avouer, nous ne sommes pas sûr d’avoir bien compris le message délivré malgré tout les talents d’illustrateur de l’auteur. Cette dernière situation est toutefois très rare car Shaun Tan maîtrise très bien son récit.
Au niveau graphique, nous avons droit à du haut de gamme à mi-chemin entre les gravures de la fin du XIXème siècle et les tableaux de Paul Delvaux, le tout en couleurs sépia du plus bel effet. L’auteur a opté pour des « arrêts sur image ». Le dessin semble donc figé, ce qui n’en favorise pas le dynamisme mais nous incite à nous y attarder.
En résumé : une œuvre atypique, intelligente et courageuse qui mérite d’être lue, mais pas vraiment le genre de récit divertissant, amusant ou dynamique dans lequel je me replongerai à la première occasion, histoire de me changer les idées, car cet objet nécessite de la part du lecteur une démarche profondément impliquante.
Je n'en conseillerais donc pas l'achat, mais bien la location (et plus si affinité).

Nom série  Le tempérament de Marilou  posté le 27/02/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Comme il en a l’habitude, Servais nous peint le portrait d’une belle, jeune et libre femme menant au milieu de la campagne une complexe histoire d’amour. La collection « La mémoire des Arbres » traite de fait divers campagnards et, hormis La Tchalette et Isabelle qui ont été réédités pour l’occasion mais sont des anciennes œuvres de l’auteur, toutes partent de faits divers réels. C’est à la fois une qualité et le défaut majeur de cette série.

Une qualité car l’ancrage dans la réalité est manifeste et les portraits dressés y gagnent en authenticité. Un défaut car on ne sort pas de l’anecdotique. Ces portraits campagnards risquent de ne pas toujours être très passionnants.

Dans le cas présent, le tempérament de Marilou m’a bien plu. Une femme au caractère très proche de la Tendre Violette, une intrigue policière au suspense, certes relatif, mais bien mené et (comme d’habitude) un théâtre champêtre aux bonnes odeurs de sous-bois.

Le dessin de Servais reste égal à lui-même : académique, d’une grande lisibilité et d’un réalisme incroyable lorsqu’il s’agit des décors.

Peut-être pas le meilleur récit de cette collection mais un bon cru pour un agréable moment de lecture et une héroïne belle à croquer.

Nom série  La Belle Coquetière  posté le 27/02/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Une fois de plus Servais, une fois de plus une belle héroïne, une fois de plus une aventure mêlant amour, trahison, anecdote et vie rurale. Rien de surprenant donc.
Vous l’ai-je déjà dit : Servais est un illustrateur que j’apprécie. Son trait académique et réaliste m’a séduit depuis longtemps et «La belle coquetière» ne déroge pas à cette règle.
Sinon, son scénario présente toujours les mêmes lacunes, à savoir un cruel manque d’originalité dans sa construction et de surprises dans la narration.
C’est du Servais, quoi …

Anecdote : je possède la version qui comprenait plusieurs ex-libris de l’auteur et, comme j’aime beaucoup son trait (vous l’ai-je déjà dit ?), ceux-ci justifièrent à eux-seuls un achat que j’aurais sans doute dans d’autre circonstances considéré comme dispensable.

Nom série  Les Seins de Café  posté le 27/02/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Les seins de café est un des beaux récits de Servais.
Partant d’une pratique ayant réellement existé (le passage en fraude de café et de cigarettes entre la France et la Belgique), l’auteur tisse, comme à son habitude, une histoire dans laquelle se mélangent amour, trahison et aventure.

Ici encore, le dessin est très soigné. Vous l’ai-je déjà dit : Servais est un illustrateur que j’apprécie. Son trait académique et réaliste m’a séduit depuis longtemps et « Les seins de café » ne dérogent pas à cette règle.

Le scénario est lui aussi dans la lignée de l’auteur. Plutôt conventionnel et sans réelle surprise narrative, il m’a bien plu dans le cas présent (ce qui sous-entend que ce n’est pas toujours le cas).

Avec Servais, je pourrais franchement faire un copier-coller de mes différents avis avec, pour seule nuance, « l’histoire m’a touché » ou l’inverse. Et les raisons sont bien plus à chercher dans mon vécu que dans une construction narrative différente chez l’auteur.

Une chose est sure à mes yeux : si vous n’aimez pas son trait, ne vous risquez pas à l’achat, car les scénarios de Servais sont, selon moi, son gros point faible.

Nom série  Garulfo  posté le 27/02/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Ahhh, Garulfo. Cette géniale petite grenouille pour conte de fée délirant est mon amie des jours tristes. Il me suffit de relire ses histoires pour oublier l’espace d’un instant mon quotidien et ses emm…nuis.
Que dire de cette série qui n’aurait pas été dit ?
Pas grand-chose.

C’est une parodie des contes de fée mais fidèle à l’esprit des contes de fée.
Le scénario est d’une grande qualité et les dialogues sont tout simplement fabuleux.
Le dessin est assez « carré » et il m’a fallu passer outre ce détail pour apprécier l’ensemble. Ce trait a cependant ses qualités, notamment pour les expressions de visages et le rendu dans les scènes dynamiques. Il convient donc finalement très bien pour cette série, mais sans égaler D, pour ceux qui auraient commencé cette dernière sans avoir lu au préalable ce prodigieux « Garulfo ».

Pour les hésitants, un premier cycle de 2 tomes se suffit à lui-même. Vous pouvez donc vous lancer dans la lecture sans crainte d’être embarqués dans une longue galère, et envisager la suite en toute connaissance de cause.
Dans tous les cas, Garulfo est une œuvre à essayer.
Génial, vraiment.

Nom série  Cuervos  posté le 27/02/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Violente révélation que cette bd. Le parcours de cet enfant des favelas repéré et récupéré par la pègre locale est saisissant et effrayant. L’entrée en matière est un véritable coup de poing en plein foie. Le premier tome est aussi le meilleur. Le héros apparaît alors encore attachant et « récupérable ». Les autres tomes reprennent le même personnage au fur et à mesure de son ascension dans ce cartel de la drogue et sa déchéance mentale. C’est tellement désespérant que l’on perd toute pitié pour le « salopard » qu’il devient.

Le dessin est assez bien réussi. Je lui ai trouvé un petit côté « Béhé », en plus soigné.
Comme beaucoup, j’ai été séduit par les couleurs employées dans le premier tome (ce qui a d’ailleurs finalement décidé mon achat après maintes hésitations) et les surprenants cadrages disséminés dans l’ensemble de la série. Ne vous étonnez pas de voir un personnage la tête en bas, c’est volontaire, spécial mais efficace pour nous donner le tournis. Et employé avec suffisamment de parcimonie pour ne pas être déstabilisant lors d’une lecture d’ensemble.

Quelques tics dans la construction m’ont par contre déçu. Plus particulièrement, les « Medellin, aujourd’hui » destinés à donner un ancrage hyper réaliste à la série et qui finalement ont obtenus chez moi l’effet contraire. Sentiment intensifié lorsqu’un gosse pas plus haut que trois pommes se trimballe avec un lance-missiles. A force de trop vouloir en faire, l’auteur me semble exagérer le trait et perd à mes yeux en crédibilité. Je ne suis pourtant pas naïf et je sais que des enfants se promènent armés, mais un lance-roquettes, c’est quand même un peu « too much ».

La série reste cependant prenante jusqu’à la fin et se laisse lire avec plaisir. Je ne suis cependant pas convaincu de m’y replonger dans un futur immédiat, raison de ma cote mi-figue mi-raisin.
Mais si vous êtes amateurs du genre, c’est certainement à essayer.

Nom série  Et si...  posté le 24/02/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Pour quelqu’un qui aime les produits du terroir, cette collection a de quoi allécher. Par conséquent, je n’ai pu m’empêcher de goûter.

Première grosse qualité : le dessin. Très doux, très rond et faussement enfantin, il est servi par une mise en couleurs que l’on croirait sorti d’une boîte à crayons de ma jeunesse. Superbe… à un détail près : pour Marie Jaffredo, tout homme de plus de 40 ans porte moustache et couvre-chef ou est curé. C’est quand même un peu répétitif, mais facilement pardonné car le dessin est vraiment beau.

Deuxième qualité : la narration. L’écriture est très agréable, le récit se dévore, les personnages sont attachants. Très bien… à un détail près : pour Marie Jaffredo, les hommes sont en général de têtus imbéciles tandis que les femmes sont intelligentes et souffrent en silence. Bon, je caricature un peu, mais on n’en est pas loin. Ce n’est cependant pas trop grave et ma galanterie masculine m’oblige à accepter ce parti pris sexiste.

En ce qui concerne le scénario, force est d’avouer que ce n’est pas l’intrigue la plus passionnante qu’il m’ait été donné de lire. On est assez proche du niveau de « Louis le Brocanteur », série télévisée sympathique au demeurant mais qui ne sera jamais primée pour l’originalité de ses scénarios. C’est donc du très prévisible, cousu de fil blanc.
Au final, une petite bd qui se laisse lire sans déplaisir, mais pas indispensable. Un petit 3/5, grâce à sa merveilleuse colorisation.

Nom série  Léonard  posté le 24/02/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Léonard est un génie. Et son disciple en fait les frais.

Cette série humoristique inspirée par Léonard de Vinci donne la part belle à l’humour absurde jouant avec divers anachronismes. Le trait à gros nez et en ligne claire de De Groot convient particulièrement à ce type de série. Il est dynamique, très lisible et inspiré par les dessins de Tex Avery. Les scénarios ne sont qu’une suite de gags en quelques planches composés dans un canevas bien rigide.
1- Léonard a une idée
2- Son disciple en fait les frais
C’est simple, efficace parfois, répétitif à terme. Heureusement, le domaine des inventions est suffisamment riche pour permettre une grande diversité sur les sujets traités. Mais bon, la série ne casse quand même pas les briques. Des mêmes auteurs j’ai toujours préféré Robin Dubois, collection pour laquelle le principe du gag en une planche nécessite plus d’efficacité.

Une série moyenne qui méritait un 3/5 à ses débuts et qui, à force d’user la même corde, oscille entre 1/5 et 2/5 actuellement. Allez, soyons généreux : 2/5 pour l’ensemble.

Nom série  Tendre Violette  posté le 24/02/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
L’héroïne fétiche de Servais est une jeune femme belle et libre à une époque où cela ne se faisait pas. Elle se retrouve donc qualifiée de tous les défauts de la terre (sorcière et putain) et attire tous les hommes de la région. A partir de ce créneau, Servais fera vivre à Violette diverses aventures, courtes et en noir et blanc à ses débuts pour devenir de plus en plus longues et colorisées à l’heure actuelle. A noter que les premiers tomes ont depuis été réédités en couleur.

A nouveau, on retrouve les principales qualités et les défauts récurrents de l’auteur dans cette collection.

Au niveau des qualités, un trait fin, académique, que je trouve personnellement superbe. Le passage du noir et blanc à la couleur s’est fait en douceur mais je préfère la version noir et blanc des premiers tomes à sa version colorisée. La nostalgie, sans doute. Autre qualité, la faculté de Servais à recréer l’esprit des campagnes de nos grands-mères. La vie décrite est très crédible et cette authenticité est, à mes yeux, le principal atout de la série. Dernier gros atout de Violette : elle-même. Le personnage est aussi charmeur qu’attachant.

Malheureusement, la série a également ses défauts. Et principalement, un manque de qualité au niveau des scénarios. On oscille entre nouvelles champêtres, légendes locales et « fantastique campagnard » (sorcières, diable et fantômes). Et si les premières sont assez plaisantes quoi que conventionnelles, les autres ne me convainquent pas vraiment. J’aurais préféré que Violette reste un être humain « normal » mal vu par ses contemporaines car trop libre et indépendante plutôt que cette espèce de femme-sorcière assise entre deux chaises. C’est une opinion personnelle mais comme je l’ai dit, c’est l’aspect «campagne authentique de nos grand-mères » qui me séduit le plus dans cette collection et la série perd de sa crédibilité dès qu’elle donne foi aux légendes de l’époque.

Un avis partagé donc, et une fois de plus un Servais qui ne me convainc pas totalement malgré de grandes qualités. Je reste donc dans les eaux tièdes d’un 3/5.

Une série à n'acheter qu'après un essai préalable.

Nom série  Tintin (Les aventures de)  posté le 24/02/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Tintin est un mythe. Ce jeune et courageux reporter aura révolutionné la bande dessinée européenne et son auteur sera le fondateur d’une nouvelle école graphique : la ligne claire. Ce style, dynamique, épuré, simplifié (il n’y a pas d’ombres, par exemple) est d’une efficacité monstrueuse dans le domaine de la bd. Sa lisibilité est phénoménale et elle permet d’aborder les sujets les plus divers. Tant des œuvres pour la jeunesse que des ouvrages plus adultes peuvent être illustrés par ce procédé. Maintenant, l’évolution entre les premiers pas de « Tintin chez les Soviets » et la totale maîtrise du graphisme de « Tintin et les Picaros » (qu’Hergé dessinera finalement très peu) est telle que les comparer s’avère délicat. Raison pour laquelle je clos le chapitre « graphisme » sur ces quelques mots : clair, lisible, immédiat, efficace, visionnaire.

En matière de scénario, Hergé avait l’art de créer des histoires très mouvementées, truffées de péripéties, de rebondissements mais qui, dans l’ensemble, ont quand même mal vieilli. Les premiers tomes sont d’ailleurs d’une telle naïveté qu’une relecture à l’heure actuelle s’avère plutôt pénible. Certains album restent toutefois au-dessus du lot et un diptyque tel que « Le Secret de la Licorne »/« Le Trésor de Rakham le Rouge » demeure encore très bon à l’heure actuelle.

En matière de personnages, Hergé comprendra vite que Tintin est finalement un héros trop « propre sur lui » pour que le lecteur s’y identifie totalement. Il lui adjoindra donc une galerie de personnages secondaires absolument irrésistibles. Milou, Le capitaine Haddock, les Dupondt, le professeur Tournesol et la Castafiore sont les plus connus et l’on constatera que chacun d’entre eux a des défauts très prononcé qui le rendent si attachants.

Passons au point qui fâche : les sujets abordés. J’ai toujours trouvé Tintin très politique. Hergé a ses convictions et se plait à hurler avec les loups, et Tintin en est le reflet. Au Congo, les missionnaires sont les seules personnes compétentes. Les autochtones sont de fainéants imbéciles et les colons des crapules. L’Amérique est peuplée de sauvages et de bandits. Tandis que durant la guerre 40-45 (l’étoile mystérieuse), les gentils européens (de l’époque, c’est-à-dire les occupants allemands) doivent se défendre face aux agressions de fourbes américains (encore eux). Ce ne sont que quelques exemples. Hergé suivait toujours le courant et si l’on prend la date de parution originale de chaque tome, on se rend compte que l’option choisie est tout simplement celle soutenue par les personnes les plus influentes de l’époque : l’église ou le parti politique au pouvoir en Europe. Tintin est donc l’inverse d’un contestataire et, à ce titre, m’a toujours déçu. Il faudra attendre « Les bijoux de la Castafiore » pour que Tintin défende des coupables tout désigné.

Et, à ce niveau, Tintin ne fera jamais de l’ombre à l’audacieux Spirou dans ma galerie de personnages fétiches. Remember « Il y a un sorcier à Champignac » dans lequel déjà Spirou disculpait des Romanichels, ou le parti pris écologique de « Les voleurs du Marsupilami ».

En résumé, Tintin est pour moi une série qui n’a pas très bien vieilli, aux scénarios inégaux mais toujours rythmés, peuplée de seconds rôles savoureux, et défendant des thèses discutables. Reste un dessin visionnaire, un merchandising efficace et les somptueuses insultes du capitaine Haddock.

Dispensable, à notre époque.

Nom série  Olivier Rameau  posté le 24/02/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Je l’avoue : j’ai un faible pour cette série. Farfelue, engendrée sous la génération hippie, peuplée de personnages insolites, au dessin inventif et fourmillant de détails, à la morale simpliste, « la merveilleuse odyssée d’Olivier Rameau » fut un événement iconoclaste à l’époque et demeure hors catégorie à ce jour. Pourtant, elle fut éditée par une grande maison et connut son petit succès à sa sortie.

Au scénario : Greg. Une pointure, un monument capable d’œuvrer dans le policier, l’aventure ou l’humour. Son mode d’écriture fut un tel modèle pour toute une génération qu’à l’heure actuelle, on a l’impression d’un trop grand classicisme. C’est un peu reprocher à monsieur Draisine la forme de son invention, quand même très proche d’un vélo. Les histoires qu’il nous propose ici sont assez originales mais (donc) construites sur un canevas très classique. La galerie de personnages est gratinée, riche, étonnante. La morale est gentillette et bien pensante : Grosso modo « faites l’amour, pas la guerre » (version soft).

Au dessin : Dany. Il travaille ici dans un style humoristique garanti d’époque. Gros nez, couleurs vives, expressions marquées. Il présentait déjà cette faculté à dessiner de très jolis personnages féminins et se plaisait alors à enrichir ses planches de multiples détails qui, dans un pays tel que Rêverose, ne pouvaient qu’être abracadabrants.

Une bien belle équipe donc au service d’histoires farfelues servies sous une forme conventionnelle. Ce n’est certainement pas un chef d’œuvre mais, à l’heure actuelle, j’aime relire ces histoires dont, c’est vrai, les scénarios se ressemblent finalement assez fort de par leur construction. Restent des idées plutôt poétiques comme l’oiseau de-ci de-là, le tramway et son parcours délirant ou les K.O. de Kid, et le style bavard de Greg dont le vocabulaire varié et les expressions imagées m’ont toujours bien plu.
En tout état de cause, à essayer avant d’acheter, car ceci ne peut pas plaire à tout le monde, et en exaspèrera certains. Raison pour laquelle je ne conseille pas l'achat.
Mais, je l’avoue (pour ceux qui auraient zappé le début), j’ai un faible pour cette série.

Nom série  Le Sursis  posté le 24/02/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Pièce maîtresse de l’œuvre de Gibrat, le sursis séduit à plus d’un point.
D’abord, un dessin réaliste, doux, chaleureux, aux couleurs envoutantes.
Ensuite, un personnage féminin empli de charme. Une des plus belles héroïnes de la bd de ces 20 dernières années, qui figure parmi mon top 5 personnel.
De plus, un scénario riche à la structure intéressante et au sujet original.
Enfin, la fin (et je n’en dirai pas plus pour ceux qui n’auraient pas encore lu ce petit bijou).
On peut reprocher à Gibrat de dessiner toujours les même femmes, mais, à l’époque, cet auteur était encore peu connu, et par conséquent ses tics également. Je me vois dès lors mal reprocher à Gibrat le fait que son héroïne ressemble comme deux gouttes d’eau à celle du vol du corbeau ou, de façon plus éloignée, à la sirène ou à la Mort de « Marée Basse ».
Ce diptyque fut un choc et une révélation à l’époque, et demeure encore à ce jour une perle à lire et à relire.
Plus que bien. Marquant.

Nom série  La Nef des fous  posté le 23/02/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
17 ans durant, la nef des fous nous aura surpris, amusés, faits rêver.

Une histoire étrange, loufoque, peuplée de personnages improbables nous a été contée par un artiste inspiré et créatif. Un dessin clair, rond, aux couleurs chaleureuses, offrant la part belle aux détails et, de plus, capable de se renouveler pour illustrer les rêves du petit roi, le monde extérieur à la nef ou d’autres choses encore. Des personnages attachants issus du casting classique d’un conte de fées traditionnel : le bon roi, la vilaine reine, la pure princesse, le gentil fou, le méchant conseiller du roi. Des personnages étonnants sortis d’on ne sait où : les robots, le prince putatif, le sergent et son adjoint, le chien du roi, les schloumpfs (enfin ! Ceux-là, on sait d’où ils viennent). Quelle richesse !

Certes, les tomes 5 et 6 sont un peu moins prenants mais, pour le reste, il n’y a rien à jeter. Et si la conclusion est conventionnelle, elle cadre cependant pleinement avec l’état d’esprit de la série. La nef des fous est cohérente ! Et ce n’est pas la moindre de ses qualités.

Que dire de plus ? Si vous hésitez car l’œuvre vous paraît trop farfelue, je ne peux que vous inciter à essayer quand même car vous ne pourrez qu’être envoutés par cette histoire d’une grande richesse, par ces personnages si attachants et drôles, par ces trouvailles délirantes, tant graphiques que scénaristiques, par ces décors de conte de fée.

J’aime (au cas où vous n’auriez pas compris).

Nom série  MangeCoeur  posté le 23/02/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
MangeCoeur est le plus beau conte pour ados et adultes qu’il m’ait été donné de découvrir. Et je parle bien de conte et non d’une parodie ou d’un hommage comme peuvent l’être Garulfo ou Les trois cheveux blancs.

En partant d’un vieux joueur de marionnettes, de son petit-fils et de sa marionnette fétiche, Gallié parvient à créer une histoire merveilleuse, par moment terrifiante, par moment symbolique, parfois d’une grande tristesse, parfois légère. Et le dessin d’Andreae est tout simplement parfait pour illustrer ce type d’histoire. Riche et clair, sombre et … lumineux, il magnifie ce récit.

Cerise sur le gâteau, le scénario offre une histoire parallèle au graphisme différent qui recèle des clés pour la compréhension de l’ensemble. Et ce qui peut se révéler anachronique au début prend alors un tout autre éclairage à la fin.

Une œuvre audacieuse, inventive, touchante au dessin envoutant, aux couleurs chatoyantes. Pour rêver, tout simplement.

Nom série  Des maux pour le dire  posté le 10/02/2009 (dernière MAJ le 23/02/2009) Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Voici une oeuvre de jeunesse de Christian Lax sur un scénario de son frère, Yves. Celui-ci y mèle éléments romancés et éléments de sa vie quotidienne.
Yves est polyhandicapé, dépend totalement des autres (et de Mehdi en particulier) pour tous les actes de la vie quotidienne, il éprouve du mal à être compris, à s'exprimer, à se déplacer. Pourtant, il tentera tout pour retrouver son meilleur ami lorsque celui-ci disparaîtra. S'en suivra un périple désespéré que Yves ne pourra mener qu'à force de courage et de ténacité, obligé de faire fi de son orgueil ou de sa pudeur.

J'ai malheureusement trouvé le récit confus, au même titre que le dessin d'ailleurs (mais la version en noir et blanc était peut-être de meilleure qualité). La fin du récit se révèle également décevante, mais peut-être n'est-ce que la retranscription d'une réalité. Reste une oeuvre sincère et un bel hommage d'un artiste à son frère. Et rien que pour cela, Christian Lax mérite le respect.

Une bd à emprunter dans une bibliothèque, certainement, par toute personne concernée par le handicap ou curieuse de mieux connaître un auteur sensible.

Nom série  Le Troisième Testament  posté le 23/02/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Je viens de relire « Le Troisième Testament », et de lui trouver les mêmes défauts qu’à ma première lecture. D’abord, et contrairement à beaucoup d’avis, je ne trouve pas le dessin si exceptionnel que ça. Certes, les décors (et plus particulièrement les bâtiments) sont splendides mais on ne peut pas en dire autant des personnages. Ou plus exactement, on ne peut pas dire que le soin apporté aux personnages est identique sur toutes les planches. Et rien ne m’énerve plus que de voir un artiste précipiter son travail (je n’ai pas dit bâcler, et je ne le pense pas) alors que, lorsqu’il s’applique, sa qualité est indéniable. Attendez-vous donc à voir 5 premières planches superbes puis une série réalisée sans le même soin avant de retomber sur une page de toute beauté et ainsi de suite. Et cela a le don de m’énerver, car autant je peux comprendre qu’un dessin progresse au fil d’une série, autant je n’admets pas une qualité « en montagne russe » pour l’ensemble d’une œuvre.

Ensuite le scénario est une sorte de synthèse entre « Le nom de la rose » et sa quête de connaissance et le « Da Vinci code » et sa vision de la famille de Jésus de Nazareth. Ce n’est pas mauvais, mais quand même plutôt prévisible. Et j’ai personnellement trouvé la fin à la limite du ridicule dans la forme et dans le fond.

Je dois reconnaître que je ne suis pas un grand fan de ce type d’histoire et que, pourtant, je suis arrivé au terme de la lecture. Pourquoi ? Je me le demande. Sans doute pour le plaisir de voir quelques planches de toute beauté, et pour la qualité d’écriture, qui nous incite quand même à tourner la page pour suivre ces aventures pourtant trop prévisibles.

Nom série  Les Lettres de Krivstov  posté le 23/02/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Avec les lettres de Kristov, Youri Jigounov nous plonge dans une amusante chasse au trésor dans la Russie du début des années '90.

Ce One-Shot bénéficie de beaucoup d'atouts.
Tout d'abord, le dessin de Jigounov est déjà d'une qualité indéniable. Si vous connaissez la série Alpha, du même auteur, vous voyez ce que je veux dire. Sinon, je pourrais qualifier son trait de réaliste, clair, précis, élégant. Seul bémol ici : les couleurs. Et plus particulièrement celles des intérieurs. Si elles sont une fidèle retranscription d'une réalité, jamais je ne ferais appel à un décorateur russe. Mais même pour le reste de l’oeuvre, les couleurs employées sont quelque peu criardes.

Deuxième atout : le contexte. Une bd écrite par un russe et qui se passe en Russie ne peut que donner une image assez réaliste de l'état de ce pays et de l'état d'esprit de ses habitants à cette époque. Une époque plutôt délicate à vivre car ce grand écart a laissé place à pas mal d'abus (délinquance, mafia, alcoolisme) en laissant une grosse partie de la population sur le carreau. Sans en faire le sujet central du récit, Jigounov parvient cependant à nous faire ressentir la situation précaire et le dépit des autochtones.

Troisième atout : le ton employé. Quelque peu naïf (œuvre de jeunesse oblige) mais sympathique, Jigounov donne la part belle à l’humour. Pas un humour franc mais une ambiance bon-enfant semblable à celle qui anime une série comme Jérome K Jérome Bloche. A ce titre la ressemblance entre Anton et Jérôme est assez saisissante et me donne presque envie de dire que les lettres de Kristov est une des meilleures enquêtes du sympathique héros d’Alain Dodier.

Ce qui me mène au quatrième atout. Les principaux personnages sont franchement attachants. Le couple Anton – Lida fonctionne à merveille et les seconds rôles apportent leur part à la réussite de cette bd.

Cinquième atout : le scénario est très bien ficelé. L’enquête est prenante, les rebondissements nombreux jusqu’à une conclusion certes conventionnelle mais pas trop, et de qualité.

Dernier atout : la traduction (toujours délicate car elle dénature souvent le texte original) est d’une grande justesse. Elle fut assurée par Pascal Renard, avec qui Jigounov allait ensuite collaborer sur Alpha.

En résumé, beaucoup de qualités pour une première œuvre certes un peu naïve mais qui m’a fait passer un très agréable moment de lecture.

Je la recommande vivement.

Nom série  L'héritage d'Emilie  posté le 20/02/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Je trouve le dessin de Magnin magnifique. Et « le destin d’Emilie » ne faillit pas à la tradition. Tant le trait que la couleur sont d’une grande élégance. Les éléments baroques sont somptueux, les décors envoutants, tout est parfait.

Voilà ! Ca, c’est dit. Passons au scénario.

Kén brol, mes p’tits fi (ndt : quelle affaire, mes amis). Cela démarre par un héritage dans le Paris des années ’20, vire rapidement à l’étrange, au fantastique (c’est ma partie préférée) avant de multiplier les styles. Onirique, sciencefictionnesque, fantastique, historique (?), légende locale. C’est du tout et du n’importe quoi. Pourtant, chaque élément pris séparément est une bonne idée en soi. Mais le tout mis ensemble ressemble aux tiroirs de la commode de mon fils 5 minutes après que je lui ai demandé de ranger sa chambre. Tout y est mais pas sûr que je puisse m’y retrouver. Comme Gaston, j’ai eu du mal avec le côté « science-fiction » de la série et mon intérêt a chuté après le troisième tome. Une série à rallonge, nourrie de trop d’éléments disparates qui, après un très bon départ, m’a finalement fort déçu. Reste le dessin, magnifique et envoutant. Mais, est-ce suffisant ?

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