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... a posté 2247 avis et 516 séries (Note moyenne: 2.96)

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Nom série  Olivier Rameau  posté le 24/02/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Je l’avoue : j’ai un faible pour cette série. Farfelue, engendrée sous la génération hippie, peuplée de personnages insolites, au dessin inventif et fourmillant de détails, à la morale simpliste, « la merveilleuse odyssée d’Olivier Rameau » fut un événement iconoclaste à l’époque et demeure hors catégorie à ce jour. Pourtant, elle fut éditée par une grande maison et connut son petit succès à sa sortie.

Au scénario : Greg. Une pointure, un monument capable d’œuvrer dans le policier, l’aventure ou l’humour. Son mode d’écriture fut un tel modèle pour toute une génération qu’à l’heure actuelle, on a l’impression d’un trop grand classicisme. C’est un peu reprocher à monsieur Draisine la forme de son invention, quand même très proche d’un vélo. Les histoires qu’il nous propose ici sont assez originales mais (donc) construites sur un canevas très classique. La galerie de personnages est gratinée, riche, étonnante. La morale est gentillette et bien pensante : Grosso modo « faites l’amour, pas la guerre » (version soft).

Au dessin : Dany. Il travaille ici dans un style humoristique garanti d’époque. Gros nez, couleurs vives, expressions marquées. Il présentait déjà cette faculté à dessiner de très jolis personnages féminins et se plaisait alors à enrichir ses planches de multiples détails qui, dans un pays tel que Rêverose, ne pouvaient qu’être abracadabrants.

Une bien belle équipe donc au service d’histoires farfelues servies sous une forme conventionnelle. Ce n’est certainement pas un chef d’œuvre mais, à l’heure actuelle, j’aime relire ces histoires dont, c’est vrai, les scénarios se ressemblent finalement assez fort de par leur construction. Restent des idées plutôt poétiques comme l’oiseau de-ci de-là, le tramway et son parcours délirant ou les K.O. de Kid, et le style bavard de Greg dont le vocabulaire varié et les expressions imagées m’ont toujours bien plu.
En tout état de cause, à essayer avant d’acheter, car ceci ne peut pas plaire à tout le monde, et en exaspèrera certains. Raison pour laquelle je ne conseille pas l'achat.
Mais, je l’avoue (pour ceux qui auraient zappé le début), j’ai un faible pour cette série.

Nom série  Le Sursis  posté le 24/02/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Pièce maîtresse de l’œuvre de Gibrat, le sursis séduit à plus d’un point.
D’abord, un dessin réaliste, doux, chaleureux, aux couleurs envoutantes.
Ensuite, un personnage féminin empli de charme. Une des plus belles héroïnes de la bd de ces 20 dernières années, qui figure parmi mon top 5 personnel.
De plus, un scénario riche à la structure intéressante et au sujet original.
Enfin, la fin (et je n’en dirai pas plus pour ceux qui n’auraient pas encore lu ce petit bijou).
On peut reprocher à Gibrat de dessiner toujours les même femmes, mais, à l’époque, cet auteur était encore peu connu, et par conséquent ses tics également. Je me vois dès lors mal reprocher à Gibrat le fait que son héroïne ressemble comme deux gouttes d’eau à celle du vol du corbeau ou, de façon plus éloignée, à la sirène ou à la Mort de « Marée Basse ».
Ce diptyque fut un choc et une révélation à l’époque, et demeure encore à ce jour une perle à lire et à relire.
Plus que bien. Marquant.

Nom série  La Nef des fous  posté le 23/02/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
17 ans durant, la nef des fous nous aura surpris, amusés, faits rêver.

Une histoire étrange, loufoque, peuplée de personnages improbables nous a été contée par un artiste inspiré et créatif. Un dessin clair, rond, aux couleurs chaleureuses, offrant la part belle aux détails et, de plus, capable de se renouveler pour illustrer les rêves du petit roi, le monde extérieur à la nef ou d’autres choses encore. Des personnages attachants issus du casting classique d’un conte de fées traditionnel : le bon roi, la vilaine reine, la pure princesse, le gentil fou, le méchant conseiller du roi. Des personnages étonnants sortis d’on ne sait où : les robots, le prince putatif, le sergent et son adjoint, le chien du roi, les schloumpfs (enfin ! Ceux-là, on sait d’où ils viennent). Quelle richesse !

Certes, les tomes 5 et 6 sont un peu moins prenants mais, pour le reste, il n’y a rien à jeter. Et si la conclusion est conventionnelle, elle cadre cependant pleinement avec l’état d’esprit de la série. La nef des fous est cohérente ! Et ce n’est pas la moindre de ses qualités.

Que dire de plus ? Si vous hésitez car l’œuvre vous paraît trop farfelue, je ne peux que vous inciter à essayer quand même car vous ne pourrez qu’être envoutés par cette histoire d’une grande richesse, par ces personnages si attachants et drôles, par ces trouvailles délirantes, tant graphiques que scénaristiques, par ces décors de conte de fée.

J’aime (au cas où vous n’auriez pas compris).

Nom série  MangeCoeur  posté le 23/02/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
MangeCoeur est le plus beau conte pour ados et adultes qu’il m’ait été donné de découvrir. Et je parle bien de conte et non d’une parodie ou d’un hommage comme peuvent l’être Garulfo ou Les trois cheveux blancs.

En partant d’un vieux joueur de marionnettes, de son petit-fils et de sa marionnette fétiche, Gallié parvient à créer une histoire merveilleuse, par moment terrifiante, par moment symbolique, parfois d’une grande tristesse, parfois légère. Et le dessin d’Andreae est tout simplement parfait pour illustrer ce type d’histoire. Riche et clair, sombre et … lumineux, il magnifie ce récit.

Cerise sur le gâteau, le scénario offre une histoire parallèle au graphisme différent qui recèle des clés pour la compréhension de l’ensemble. Et ce qui peut se révéler anachronique au début prend alors un tout autre éclairage à la fin.

Une œuvre audacieuse, inventive, touchante au dessin envoutant, aux couleurs chatoyantes. Pour rêver, tout simplement.

Nom série  Des maux pour le dire  posté le 10/02/2009 (dernière MAJ le 23/02/2009) Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Voici une oeuvre de jeunesse de Christian Lax sur un scénario de son frère, Yves. Celui-ci y mèle éléments romancés et éléments de sa vie quotidienne.
Yves est polyhandicapé, dépend totalement des autres (et de Mehdi en particulier) pour tous les actes de la vie quotidienne, il éprouve du mal à être compris, à s'exprimer, à se déplacer. Pourtant, il tentera tout pour retrouver son meilleur ami lorsque celui-ci disparaîtra. S'en suivra un périple désespéré que Yves ne pourra mener qu'à force de courage et de ténacité, obligé de faire fi de son orgueil ou de sa pudeur.

J'ai malheureusement trouvé le récit confus, au même titre que le dessin d'ailleurs (mais la version en noir et blanc était peut-être de meilleure qualité). La fin du récit se révèle également décevante, mais peut-être n'est-ce que la retranscription d'une réalité. Reste une oeuvre sincère et un bel hommage d'un artiste à son frère. Et rien que pour cela, Christian Lax mérite le respect.

Une bd à emprunter dans une bibliothèque, certainement, par toute personne concernée par le handicap ou curieuse de mieux connaître un auteur sensible.

Nom série  Le Troisième Testament  posté le 23/02/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Je viens de relire « Le Troisième Testament », et de lui trouver les mêmes défauts qu’à ma première lecture. D’abord, et contrairement à beaucoup d’avis, je ne trouve pas le dessin si exceptionnel que ça. Certes, les décors (et plus particulièrement les bâtiments) sont splendides mais on ne peut pas en dire autant des personnages. Ou plus exactement, on ne peut pas dire que le soin apporté aux personnages est identique sur toutes les planches. Et rien ne m’énerve plus que de voir un artiste précipiter son travail (je n’ai pas dit bâcler, et je ne le pense pas) alors que, lorsqu’il s’applique, sa qualité est indéniable. Attendez-vous donc à voir 5 premières planches superbes puis une série réalisée sans le même soin avant de retomber sur une page de toute beauté et ainsi de suite. Et cela a le don de m’énerver, car autant je peux comprendre qu’un dessin progresse au fil d’une série, autant je n’admets pas une qualité « en montagne russe » pour l’ensemble d’une œuvre.

Ensuite le scénario est une sorte de synthèse entre « Le nom de la rose » et sa quête de connaissance et le « Da Vinci code » et sa vision de la famille de Jésus de Nazareth. Ce n’est pas mauvais, mais quand même plutôt prévisible. Et j’ai personnellement trouvé la fin à la limite du ridicule dans la forme et dans le fond.

Je dois reconnaître que je ne suis pas un grand fan de ce type d’histoire et que, pourtant, je suis arrivé au terme de la lecture. Pourquoi ? Je me le demande. Sans doute pour le plaisir de voir quelques planches de toute beauté, et pour la qualité d’écriture, qui nous incite quand même à tourner la page pour suivre ces aventures pourtant trop prévisibles.

Nom série  Les Lettres de Krivstov  posté le 23/02/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Avec les lettres de Kristov, Youri Jigounov nous plonge dans une amusante chasse au trésor dans la Russie du début des années '90.

Ce One-Shot bénéficie de beaucoup d'atouts.
Tout d'abord, le dessin de Jigounov est déjà d'une qualité indéniable. Si vous connaissez la série Alpha, du même auteur, vous voyez ce que je veux dire. Sinon, je pourrais qualifier son trait de réaliste, clair, précis, élégant. Seul bémol ici : les couleurs. Et plus particulièrement celles des intérieurs. Si elles sont une fidèle retranscription d'une réalité, jamais je ne ferais appel à un décorateur russe. Mais même pour le reste de l’oeuvre, les couleurs employées sont quelque peu criardes.

Deuxième atout : le contexte. Une bd écrite par un russe et qui se passe en Russie ne peut que donner une image assez réaliste de l'état de ce pays et de l'état d'esprit de ses habitants à cette époque. Une époque plutôt délicate à vivre car ce grand écart a laissé place à pas mal d'abus (délinquance, mafia, alcoolisme) en laissant une grosse partie de la population sur le carreau. Sans en faire le sujet central du récit, Jigounov parvient cependant à nous faire ressentir la situation précaire et le dépit des autochtones.

Troisième atout : le ton employé. Quelque peu naïf (œuvre de jeunesse oblige) mais sympathique, Jigounov donne la part belle à l’humour. Pas un humour franc mais une ambiance bon-enfant semblable à celle qui anime une série comme Jérome K Jérome Bloche. A ce titre la ressemblance entre Anton et Jérôme est assez saisissante et me donne presque envie de dire que les lettres de Kristov est une des meilleures enquêtes du sympathique héros d’Alain Dodier.

Ce qui me mène au quatrième atout. Les principaux personnages sont franchement attachants. Le couple Anton – Lida fonctionne à merveille et les seconds rôles apportent leur part à la réussite de cette bd.

Cinquième atout : le scénario est très bien ficelé. L’enquête est prenante, les rebondissements nombreux jusqu’à une conclusion certes conventionnelle mais pas trop, et de qualité.

Dernier atout : la traduction (toujours délicate car elle dénature souvent le texte original) est d’une grande justesse. Elle fut assurée par Pascal Renard, avec qui Jigounov allait ensuite collaborer sur Alpha.

En résumé, beaucoup de qualités pour une première œuvre certes un peu naïve mais qui m’a fait passer un très agréable moment de lecture.

Je la recommande vivement.

Nom série  L'héritage d'Emilie  posté le 20/02/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Je trouve le dessin de Magnin magnifique. Et « le destin d’Emilie » ne faillit pas à la tradition. Tant le trait que la couleur sont d’une grande élégance. Les éléments baroques sont somptueux, les décors envoutants, tout est parfait.

Voilà ! Ca, c’est dit. Passons au scénario.

Kén brol, mes p’tits fi (ndt : quelle affaire, mes amis). Cela démarre par un héritage dans le Paris des années ’20, vire rapidement à l’étrange, au fantastique (c’est ma partie préférée) avant de multiplier les styles. Onirique, sciencefictionnesque, fantastique, historique (?), légende locale. C’est du tout et du n’importe quoi. Pourtant, chaque élément pris séparément est une bonne idée en soi. Mais le tout mis ensemble ressemble aux tiroirs de la commode de mon fils 5 minutes après que je lui ai demandé de ranger sa chambre. Tout y est mais pas sûr que je puisse m’y retrouver. Comme Gaston, j’ai eu du mal avec le côté « science-fiction » de la série et mon intérêt a chuté après le troisième tome. Une série à rallonge, nourrie de trop d’éléments disparates qui, après un très bon départ, m’a finalement fort déçu. Reste le dessin, magnifique et envoutant. Mais, est-ce suffisant ?

Nom série  Les Tourbières de la peur  posté le 20/02/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Voici une bd que je ne peux coter objectivement. « Les Tourbières de la peur » se passent chez moi, c’est-à-dire dans cette région de Belgique appelée les Hautes-Fagnes. Une zone restée sauvage car inexploitable (et maintenant préservée car d’un grand intérêt écologique). La région fourmille de légendes et Humblet s’en inspire pour écrire quelques courtes nouvelles. Le dessin n’est pas des plus aboutis. Les visages, en particulier, ont tendance à changer d’une case à l’autre. Pas de la grosse chirurgie esthétique, mais quand même des petites retouches de botox. Il n’est toutefois pas désagréable, et la souplesse avec laquelle les personnages se déplacent est assez amusante (on dirait du Savard qui aurait fumé un joint). Les paysages sont très reconnaissables et, pour un habitant de la région (je vous avais prévenus), il est plaisant de reconnaître certains endroits (le château de Reinhardstein, les hautes haies du village de Xhoffrai, les croix, et ces merveilleux paysages des Hautes-Fagnes).

Au niveau des scenarii, Humblet a l’intelligence de se servir du matériel local pour recréer de nouvelles histoires fantastiques. Le ton employé est humoristique mais les sujets proviennent bien du patrimoine « effrayant » de la région. Croix des morts, pierres de sacrifice, abbayes abandonnées, apparition de soucoupes volantes ne sont pas de prime abord des sujets de plaisanterie.

De l’épouvante pour (sou)rire, donc. Le personnage principal, nouvel arrivant dans la région, a l’art de mettre les pieds dans le plat et se retrouvera confronté, entre autres, au fantôme d’un moine, au bouc noir (incarnation du Diable), à une Hamadryade (une fée qui ne trouve refuge que dans de vieux chênes), et à des entités venues d’ailleurs. Plaisante sans être révolutionnaire, cette petite bd m’a permis de passer un agréable moment de lecture.

J'hésitais à encourager l'achat mais le fait que deux lecteurs étrangers à cette région aient apprécié cette lecture au point d'en conseiller l'achat m'incite à faire de même.

Nom série  Robin Dubois  posté le 19/02/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Robin Dubois, Fritz Alwill, Cunégonde (la (euh) tendre moitié du sheriff), les chevaliers teutoniques, le coiffeur et tous les autres personnages de cette série ont accompagné mon enfance pour mon plus grand plaisir. Un dessin « à gros nez » simple, clair, dynamique et sympathique (regardez ces belles têtes de bœufs), un humour absurde, des situations exploitées jusqu’à plus soif (la chaumière du sheriff, la solution pour lui d’atteindre le bistrot, les « j’ai plus rien à me mettre » de sa (euh) tendre moitié, son fidèle rouleau à pâtisserie, les restaurants, les colporteurs et bien d’autres…), tout cela ne pouvait que me plaire, et me plait toujours à l’heure actuelle d’ailleurs (nostalgie, quand tu nous tiens…).

Dans cette série, texte et dessin sont d’égale importance, ce qui est assez rare pour être souligné. De plus, l’arrière-plan fournit lui-même son lot d’humour (depuis le nom des magasins « Quincailler Finzerb » par exemple, jusqu’à certaines scènes de café)

La plupart des titres sont constitués de gags en une planche. Rarement, l’histoire prend plus d’ampleur pour constituer l’intégralité de l’album. Hormis « La promenade des Anglais », je trouve d’ailleurs ces tomes plus que moyens. « Histoires sans histoires » est, quant à lui, composé d’histoires en quelques planches parues au préalable dans des numéros spéciaux du magasine « Tintin ».

Comme bien souvent (toujours ?), la qualité d’ensemble chute après un certain temps. Les huit premiers albums demeurent pour moi des références dans la catégorie « humour absurde, anachronique, redondant et bon enfant », le reste est très moyen et même proche du zéro absolu pour les derniers. Dommage…

Restent ces premiers albums, d’une grande qualité, qui m’auront appris que dans la phrase « Tu es belle aujourd’hui », le mot en trop n’est pas « belle » (à l’heure actuelle, et même si c'est très con, j’en ris encore).

Une bande dessinée à réserver (vous l’aurez compris) à un jeune public ou à un public resté (très) jeune.

Et voilà que se repose le problème de la cote. Si je devais faire la moyenne, je me retrouverais avec un bon 2/5. Mais les premiers valent à mes yeux un 4/5 alors que les derniers ont du mal à atteindre le 1/5. Alors, bon, je lui attribue un 3/5 pour susciter votre curiosité, et plus si affinité.

Nom série  Le Petit Spirou  posté le 19/02/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Le petit Spirou, c’est d’abord une bouille bien sympathique, un uniforme trop court, un joli nombril et un cartable que l’on traîne derrière soi. Et là, déjà, le mythe en prend un coup. C’est ensuite un enfant curieux, inventif mais pas très sage. Et le mythe en reprend une couche. La trouvaille est de taille ! Car personnellement, je n’aurais pas imaginé que Spirou eut pu être un enfant aussi turbulent et indiscipliné.

Le dessin est une réussite. Du franco-belge rond et très dynamique. Les visages sont expressifs, les « tronches » sont gratinées (ahhh, ce merveilleux prof de gym …), les jolies filles sont … jolies.

Le public ciblé n’est pas celui que l’on aurait pu croire. En effet, le petit Spirou s’adresse bien plus à de jeunes adolescents, à leurs grands frères et à leurs parents qu’à un public « prime jeunesse », car Tome et Janry se complaisent à ne rien respecter. De la voisine au surplus pondéral manifeste au curé de mauvaise foi, tous passent à la moulinette pour notre plus grand plaisir. Et les centres d’intérêt du petit Spirou sont influencés par sa curiosité pour ces étranges passions d’adultes (dans l’ordre, ce qu’il y a sous les jupes des filles, ce qui saoule, ce qui se fume). Subtil, car en vérité, quoi de plus attirant que l’interdit, pour un jeune enfant ? Je ne suivrai donc pas les lecteurs qui reprochent à la série son ton résolument irrévérencieux (même si toujours dans des limites très correctes). Tome et Janry ne prennent personne en traître et la couverture du premier tome était assez claire pour que chacun sache à quoi s’attendre.

Chaque album débute par une histoire en plusieurs planches, pour se poursuivre par une série de gags en une planche. Les thèmes abordés sont récurrents : l’école, la petite copine, les profs, le grand-père. Nous sommes donc très proches de l’univers de Cédric, mais le ton employé est résolument moins « politiquement correct ».

La série a malheureusement tendance à s’essouffler. De plus, le ton devient justement de plus en plus correct et la série perd par la même occasion toute sa spécificité. Les premiers tomes sont cependant d’une grande qualité et une histoire courte comme « Ma nuit chez Zoé » est à mes yeux tout simplement parfaite.

Donc, comme d’habitude et pour ne pas changer, je conseille l’achat des premiers tomes et la location des suivants (dès que la qualité vous semble chuter).

Nom série  Idées Noires  posté le 19/02/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Dépressif chronique, Franquin s’attaque dans ses Idées Noires à tout ce qui le rebute : la sur-industrialisation, la chasse, le clergé, la pollution, la peine de mort et, avant toute chose, la bêtise humaine. Cet album a dû en surprendre plus d’un lors de sa parution tant on est éloigné de la gentillesse de ses héros précédents. A ce titre, Idées Noires peut être considéré comme culte, car un tel changement de style venant d’un auteur n’ayant plus rien à prouver aboutit souvent à l’échec. Hors, ici, Franquin fait souvent mouche. Certaines histoires, certaines trouvailles sont tout simplement géniales (la planète labyrinthe, par exemple). Son style graphique (un noir et blanc tortueux, parfois fouillé, parfois dépouillé au contraire) est un exemple de maîtrise. Si on reconnaît la « patte » de Franquin, on ne peut comparer à Gaston Lagaffe ni (encore moins) à Spirou et Fantasio. C’est noir, c’est tordu, à l’image du contenu de ces courtes histoires.

Les histoires, comme je l’ai dit, sont souvent très drôles. On peut cependant reprocher à Franquin une surexploitation de certaines idées. Et bien souvent, les gags exploitant la même idée de départ sont décevants, voire dispensables. Heureusement, ceux-ci ne constituent pas la majorité de l’album, et la qualité de l’ensemble demeure exceptionnelle. Notons que cette série a dû servir de réel défouloir à Franquin et à ses amis proches. Et Roba, le gentil créateur de Boule et Bill n’est pas en reste quand il s’agit d’écrire un scénario à l’humour « limite » (et les taureaux l’en remercient).

Nom série  Les Bidochon  posté le 18/02/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Robert et Raymonde, les beaufs catégorie poids lourd, furent, à leur début, tout simplement géniaux. Malheureusement, je dois bien constater (comme tout le monde) que la qualité a une franche tendance à chuter librement (et on ne doit plus être très éloigné du plancher des vaches, là). Demeurent les premiers albums, odes à l’amour, à la compréhension entre voisins, aux relations mères-fils épanouissantes, aux voyages organisés, aux architectes et autres entrepreneurs. A l’époque, ce couple parfait me faisait beaucoup rire.

Avec son dessin minimaliste et son analyse pertinente de nos défauts les plus mesquins, Binet avait alors réussi des albums prodigieux de gentille méchanceté. Les Bidochons étaient bêtes, mesquins, râleurs, … et très attachants. L’humour n’était pas des plus subtils, mais faisait mouche au grand bonheur de mes zygomatiques. Ahhh, l’époque bénie…

Si vous voulez vous y essayer, commencez par le début, et arrêtez dès que cela ne vous fait plus rire. Ce qui vient après sera de toute façon encore moins bon.

Je décernerais encore la palme du plus beau titre à « Matin, midi et soir, suivi de matin, midi et soir ». N’est-ce pas parfait pour qualifier notre quotidien ?

Nom série  SOS Bonheur  posté le 18/02/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Deux recueils d’histoires courtes pour déboucher sur une conclusion en un tome. Van Hamme analyse notre société pour en extraire les possibles disfonctionnements futurs. C’est donc dans un avenir proche et très crédible que se déroulent ces événements. Chaque histoire présente un aspect du disfonctionnement de la société décrite. Chacune est donc indépendante et se suffit à elle-même. C’est souvent très bien tapé, on ne peut qu’être interpellé par la C.U. lorsqu’on analyse la situation des sans papiers à l’heure actuelle. C’est également très bien construit. Il y a du rythme, de la profondeur, et les personnages sont très vite attachants alors qu’ils ont peu d’espace pour s’exprimer. Au troisième tome, nous avons droit à Lino Ventura (si, si, …) pour une enquête sur la disparition des précédents protagonistes (car les histoires courtes se terminent toujours par la disparition ou le décès de l’acteur principal, et par l’effacement même de toute trace de son existence). Un beau jeu de piste pour un final tordu et dérangeant. C’est très interpellant et, plus étonnant encore, cela a bien vieilli, du moins au niveau du scénario, car …

Seul petit bémol : le dessin. Pas franchement exceptionnel mais très lisible, il n’est certainement pas le point fort de l’œuvre. De plus il était trop typé années ’80 et la mise en couleur est plutôt criarde. Griffo travaillait hors de son style et cela se ressent. Heureusement, la qualité du scénario gomme totalement cet aspect.

Nom série  La Tchalette  posté le 18/02/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Un recueil de contes et légendes ardennaises déjà très bien illustré par un Servais encore jeune mais pas inexpérimenté. Bien entendu, qui dit contes et légendes dit déjà-vu. Effectivement la plupart des histoires fait partie de notre mémoire collective. Il n’y a donc pas lieu de chercher l’originalité dans cette bd. L’intérêt doit donc se situer ailleurs.
- dans le dessin, déjà très précis même si moins abouti qu’à ce jour. Les femmes sont belles, les loups attirants, les décors réalistes ;
- Dans la narration. Celle-ci est malheureusement très classique et ne laisse guère de place à la personnalité de l’auteur ;
- Dans le « contexte historique ». Et Servais réussit ici à nous immerger dans une époque passée. Son académisme le sert ici et donne à l’ensemble de cette bd une réelle odeur de sous-bois.

Une œuvre imparfaite donc mais non dénuée de qualité, même si l’auteur manquait déjà cruellement d’originalité. A réserver aux fans de légendes rurales.

Nom série  L'Assassin qui parle aux oiseaux  posté le 18/02/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Servais, c’est l’esprit de village avec ses bons et ses mauvais côtés. C’est également un magnifique illustrateur. Hyper classique, extrêmement précis dès qu’il s’agit de dessiner la place d’un village, un clocher, un arbre ou un oiseau, Servais est également un scénariste qui ne brille pas par son originalité. Ses histoires sont trop souvent convenues et manquent d’une réelle personnalité. Heureusement, le dessin compense souvent ce défaut.

Dans « L’assassin qui parle aux oiseaux », nous avons droit au retour au village d’un marginal. Sorti de prison après avoir été condamné pour un meurtre qu’il n’a pas commis, Blaise s’installe dans une cabane au milieu des bois. Les habitants du village, excités par certains, n’apprécient pas le retour de ce « criminel » à proximité de leurs habitations. C’est bien construit, c’est classique, …c’est convenu. Une œuvre moyenne pour un artiste que j’apprécie avant tout pour son dessin et sa source d’inspiration : la Gaume.

Si vous aimez le trait de Servais, n’hésitez pas. Si vous recherchez une histoire originale, passez votre chemin.

Nom série  Wendigo  posté le 18/02/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Après le merveilleux MangeCoeur, Andreae et Gallié se retrouvaient réunis pour un nouvel opus. Wendigo traite d’une légende indienne dont j’ignorais tout. Un mangeur d’âmes, ami des loups, rôde dans la plaine du Yukon à la recherche de nouvelles proies.

Le premier tome présente les différents protagonistes en s’attardant principalement sur les origines de la légende. Nous accompagnons donc deux trappeurs et un chien-loup qu’ils ont élevé. Ils recueillent un indien plus que frigorifié après un bain forcé dans les eaux glacées. Le rythme est assez lent, le dessin d’Andreae toujours aussi magnifique amplifie l’impression de froid et d’isolement auxquels sont confrontés les héros.

Avec le second tome, on rentre définitivement dans le mythe du Wendigo. L’histoire devient nettement plus fantastique et perd en lisibilité car trop d’informations arrivent en même temps. Le rythme narratif explose. A se demander si ce récit n’était pas prévu à l’origine en trois tomes mais que, par manque de succès, les éditeurs ont décidé d’en réduire la longueur.

J’avais été extrêmement déçu à ma première lecture, car j’attendais beaucoup d’Andreae et Gallié après Mangecoeur. Après relecture, mon jugement est moins sévère. L’œuvre reste cependant inaboutie à mon goût, malgré un dessin de toute beauté. A emprunter dans une bibliothèque, mais sans doute pas à acheter.

J'hésite vraiment entre le 2 et le 3. Mais, bon, parce qu'ils sont capables de beaucoup mieux, je serai sévère. Na !

Nom série  Les Enragés  posté le 18/02/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Voici une bd culte dans sa catégorie. Ce road-movie au rythme effréné est un chef d’œuvre du genre. Il repose sur des bases et des personnages très classiques : un tueur à gages, piégé par ses employeurs malgré son expérience, et obligé de démêler les fils du complot pour espérer en sortir vivant, un jeune délinquant aux dents longues débarqué par erreur et admiratif devant cet ancien si talentueux, un témoin prêt à tout pour préserver son intégrité physique, et une tueuse, froide et déterminée.

Des personnages classiques et attachants, une course poursuite à 300 à l’heure, une intrigue qui s’éclaircit au fil du récit, nourrie par de multiples seconds couteaux, un graphisme maîtrisé comme une lame de rasoir, des couleurs froides comme la mort, des cadrages très cinématographiques. Nous avons même droit, au milieu du cycle, à une respiration avec un tome qui ne fait pas beaucoup progresser l’enquête mais, au contraire, offre la vedette à des seconds rôles. Ce tome permet de reprendre son souffle avant de repartir de plus belle vers l’inéluctable. Une fin très classique, et de grande qualité.

Dans le genre, c’est tout simplement parfait.

Nom série  Aldébaran  posté le 18/02/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
On ne peut qu’être admiratif devant les talents de créateur de Leo. Aldébaran est une planète merveilleuse : une faune et une flore très diversifiées, un système politique crédible et révoltant, une adaptation technique logique et subtile (car s’y entremêlent technologie de pointe et moyens du bord). J’ai eu plus de mal avec les principaux protagonistes : un nigaud amoureux transi et une petite peste imbue de sa personne, voilà qui n’est pas courant. D’autant plus que cette bd ne pratique absolument pas le second degré. Tout le monde est très sérieux sur Aldébaran. Bien entendu, les deux personnages évolueront au fil du récit pour devenir de plus en plus attachants mais si j’ai accroché à « Aldébaran », ce n’est certainement pas grâce à eux. Les autres personnages sont heureusement souvent plus intéressants même si certaines niaiseries ne nous sont pas épargnées (les personnages de Pad ou de Li, par exemple). Je trouve d’ailleurs en règle générale les rapports humains peu crédibles ou au contraire trop prévisibles. Par moment, j’en arrive même à me demander si certaines situations ne sont pas créées artificiellement pour permettre à Léo de dessiner un (beau) corps féminin.

Reste que, pour son univers et ses aventures, Aldébaran demeure une référence en matière de science-écolo-fiction. Une agréable lecture malheureusement partiellement gâchée par des rapports humains artificiels.

Et ces qualités transparaissent également dans le dessin de Leo. Les paysages, animaux, plantes, véhicules sont très convaincants tandis que les humains paraissent artificiels tant ils sont morphologiquement parfaits (jamais vu de seins aussi beaux, …mais je ne connais évidemment pas tout le monde).

Un avis partagé donc. Pour son Univers, Aldébaran vaut un bon 4/5. Pour les rapports humains, j’ai du mal à atteindre un 2/5. En coupant la poire en deux, je dirais donc 3/5.
Certainement à emprunter dans une bibliothèque, mais peut-être pas à acheter au vu de la qualité d’autres productions actuelles.

Nom série  Romain Bataille  posté le 18/02/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Romain Bataille est un nigaud maladroit embarqué contre son gré, sa volonté et toutes attentes dans des aventures d’espions dont il se sort finalement avec tous les honneurs.

Un dessin classique, un peu raide pour les personnages mais plutôt précis et agréable pour les décors (c’est du Warnauts, et même si ce n’est pas le même, les points de comparaison ne manquent pas), agrémente des histoires originales parsemées d’un humour vieillot … qui a plutôt bien vieilli. Ne vous attendez pas à un chef d’œuvre, il s’agit ici d’une petite bd bien sympathique n’ayant d’autre but que de nous distraire. Romain Bataille, maladroit, colérique, râleur était finalement un antihéros plutôt bien réussi.

Avec un peu de chance vous devriez les trouver à prix réduit dans une solderie, l’achat se révélerait alors peut-être judicieux.

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