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Nom série  Jerry Spring  posté le 01/08/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Voici le western fondateur de la BD réaliste franco-belge, à une époque où le genre n'était guère exploité dans la BD européenne. Seul Tex Willer en Italie était un rival sérieux. Jijé, grand pionnier du 9ème art s'est inspiré directement de l'Américain Fred Harman et son cowboy Red Ryder. Sans Jijé, ni Giraud, ni Hermann, ni Derib, ni même Swolfs ne seraient ce qu'ils sont, car il va influencer toute une génération de dessinateurs avec ses recherches graphiques (cadrages, ligne d'ombre, scène d'ambiance, décors) dans "Jerry Spring" où le jeune Giraud qui a encré en 1961 l'épisode La Route de Coronado, a été indiscutablement marqué graphiquement et thématiquement pour créer ensuite Blueberry.

L'utilisation du noir et blanc était magistrale, la couleur ne venant que plus tard et n'étant pas toujours au point dans certaines pages. Paradoxalement, cette bande, malgré le talent précurseur de Jijé, sera toujours peu reconnue du grand public, peut-être en raison de ses scénarios un peu trop conventionnels et de son héros trop formaté, mais aujourd'hui, elle est considérée comme un must, ne serait-ce que sur le plan graphique.

Le western en BD a pour moi toujours une résonance cinématographique, c'est obligé, c'est un genre trop typé par l'image cinématographique, et chaque western BD est associé à une décennie ou un style; Durango c'est la période spaghetti, Buddy Longway, c'est le western psychologique des années 70, Comanche c'est un peu l'univers de John Ford, et Blueberry évolue tellement qu'il est associé à plusieurs styles. "Jerry Spring" me fait aussitôt penser au western des années 50 du genre 3h10 pour Yuma, la Flèche brisée ou Winchester 73, c'est perceptible pour le côté pro-indien puisque Spring se pose en défenseur de ce peuple, fissurant le vieux cliché manichéen selon lequel "un bon Indien est un Indien mort".

J'ai découvert Jerry Spring assez tard, je le place bien en-dessous de Blueberry, Buddy Longway et Comanche qui restent pour moi un tiercé d'une évidente profondeur et d'une maestria certaine, mais je reconnais les grandes qualités de cette bande et j'ai un grand respect pour un auteur qui a su toujours faire preuve d'un grand soin dans toutes ses séries. Et de toute façon, la lecture de quelques albums reste toujours agréable, jamais ennuyeuse.

Nom série  Prince Valiant  posté le 01/08/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Faisant partie du raz de marée de Bd réalistes américaines qui voient le jour de 1929 à 1937 (Mandrake le magicien, Agent secret X-9, Le Fantôme, Tarzan, Luc Bradefer - Brick Bradford, Flash Gordon....), "Prince Valiant" est officiellement la première Bd historique. Elle est créée en 1937 par Harold Foster en planche dominicale, distribuée par le KFS.

C'est la fresque de chevalerie dans toute sa splendeur, traversée par le souffle des romans de chevalerie arthurienne, pleine de fougue et de noblesse à laquelle le dessin racé, minutieux, élégant et finement travaillé de Foster apporte beaucoup. Son scénario, basé sur une documentation abondante, construit sur une longue période, n'emploie jamais la bulle, préférant le texte dans l'image, mais ne fait pas pour autant dans l'illustration; il s'agit bien d'une bande dessinée, mais si on se réfère aux codes d'aujourd'hui, elle paraît évidemment atypique dans sa forme, c'est ce qui en fait son charme.

Sa mise en page qui emprunte au langage du cinéma (plongées, contre-plongées, panoramiques...) et son graphisme qui imposent un style nouveau, influenceront les dessinateurs des années 30 et 40. Foster qui avait laissé Tarzan à Burne Hogarth en 1937, a pu se consacrer pleinement à "Prince Valiant", son oeuvre la plus personnelle, dont il réalisera seul ses planches durant plus de 20 ans; il s'est ensuite entouré d'assistants, dont le plus connu est John Cullen Murphy.

Les exploits du héros, le grand souffle de l'aventure de la Table Ronde, les nombreux personnages qui apparaissent au fil des années, donneront à cette bande une vraie dimension, et elle reste aujourd'hui considérée comme un des chefs d'oeuvre de la BD, rassemblant des collectionneurs du monde entier. En France, on l'a découverte avant la guerre dans Hop-là ! sous le nom de Prince Vaillant, puis dans le Journal de Mickey; pour ma part, j'en ai peu lu, seulement un vieil album Hachette ou Slatkine que j'avais trouvé chez des amis de mes parents, et ça m'a tout de suite ébloui, malgré la technique narrative; aussi, attention aux jeunes générations qui voudraient essayer cette superbe bande, c'est une pionnière avec des caractéristiques totalement différentes des Bd d'aujourd'hui ou même des années 60 et 70, mais ça ne fait pas de mal entre 2 bandes de fantasy ou comics ou manga de changer un peu d'univers pour voir comment c'était avant, car ce sont des Bd comme Prince Valiant et d'autres pionnières qui ont jalonné le parcours de la bande dessinée pour en arriver à ce qu'elle est de nos jours.
A noter en 1953 une adaptation hollywoodienne flamboyante et très soignée, au casting éblouissant (Robert Wagner, James Mason, Janet Leigh, Sterling Hayden, Debra Paget) et au combat final féroce entre le félon et Vaillant qui brisent littéralement la Table Ronde au nez du roi Arthur; un beau DVD à visionner.

Nom série  Hulk - L'intégrale  posté le 01/08/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cette intégrale reprend tous les épisodes d'origine crées par Stan Lee et dessinés par Kirby, c'est donc celle qu'il faut lire en premier , c'est la génèse d'un personnage que personnellement je n'appréciais que modérément dans les années 70 quand je lisais ses aventures dans son pocket Arédit, et aussi dans Eclipso et certains numéros de Strange en tant qu'invité des autres super-héros Marvel qu'il affrontait ou côtoyait. Il emmerdait assez souvent Spiderman, s'alliait aux Vengeurs, à Thor ou La Chose puis repartait foutre la merde ailleurs. Je trouvais ce héros un peu trop bourrin, mais j'en lisais quand même un peu.

Il est certain que c'est l'archétype graphique des super-héros dessinés par Jack Kirby puisqu'il est perpétuellement en mouvement, agressif, violent, les muscles toujours bandés et le visage plein de rage; Kirby se régalait à dessiner cette boule de nerfs. Il ne connaît pas le succès immédiat en raison justement de la violence inhabituelle des dessins qui surprennent les lecteurs, mais quelques mois après, la bande rencontre un énorme succès qui sera décuplé surtout lorsque le Titan vert se frottera aux grands super-héros de chez Marvel.

La métamorphose de Banner en Hulk reste toujours spectaculaire; cette rage et cette puissance animale sont rendues plus effrayantes par le dessin de Kirby, très agressif. Ses successeurs feront de même, soignant l'aspect bestial et lourdaud du géant vert qui symbolise toute la colère et la rancoeur refoulée au fond de chaque être humain; et plus il s'énerve, plus sa force grandit, réduisant en bouillie tout ce qui se dresse sur son passage. Stan Lee joue sur le côté Jekyll et Hyde de l'être humain avec ce personnage qui n'est pas le super-héros classique protégeant la société, mais sa double identité est commune aux autres personnages du duo de créateurs. D'ailleurs, cette dualité ronge Banner qui une fois redevenu normal, désire être débarrassé de Hulk, d'autant plus que son secret est vite éventé, il devient alors un fugitif effrayé et incompris, traqué par les autorités et surtout le général Ross dont la fille, Betty est amoureuse de Banner.

Après Stan Lee, vont officier au scénario Roy Thomas, Archie Goodwin, Len Wein, Gerry Conway, Chris Claremont, Bill Mantlo ou John Byrne entre autres, tandis que les successeurs de Kirby seront nombreux : Gil Kane, John Buscema, Steve Ditko, Bill Everett, John Romita, Gene Colan, John Severin...bref, toutes les pointures de l'époque. Il y aura aussi en 1980 une Miss Hulk, cousine de Banner, qui intégrera l'équipe des Vengeurs. On se souvient de la série TV Universal en 1978 avec Bill Bixby et Lou Ferrigno (aujourd'hui complètement tartignolle mais qu'à l'époque étant gamin, on suivait anxieux), jusqu'à l'adaptation ciné plus sérieuse d'Ang Lee en 2003, avec un bon Eric Bana, et Jennifer Connelly, mais elle reste peu convaincante; la version du Français Louis Leterrier en 2008, avec Edward Norton est plus aboutie, même si elle comporte aussi quelques défauts. Plus élaborée est la version entrevue dans Avengers en 2012, où le personnage de Banner est finement campé par Mark Ruffalo.

Nom série  Haggarth  posté le 31/07/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Parmi les dessinateurs espagnols des années 70, j'ai toujours bien aimé Victor de La Fuente pour son graphisme réaliste et puissant. Comme beaucoup de ses compatriotes (Palacios, Brocal Remohi, Carlos Gimenez, Jesus Blasco, Bernet, Ortiz...) à cette époque, il travaillera pour l'étranger ( tantôt aux Etats-Unis car leur graphisme était proche des auteurs de comic books, tantôt en France ), notamment chez nous où il fera partie de l'équipe Larousse pour Histoire de France en Bandes Dessinées, et publiera plusieurs bandes de bonne qualité comme le western Sunday (le plus connu), Les Anges d'acier, série d'aventure aérienne pour Pilote, et 2 autres westerns, le sympathique Amargo et surtout Les Gringos (sur scénario de Charlier).

Malheureusement, la plupart de ses bandes ne connaissent que de courtes carrières, ce qui explique un peu pourquoi De La Fuente n'est pas mieux connu du grand public. "Haggarth" ne fait pas exception à la règle, elle reste très confidentielle, pourtant, c'est de la pure fantasy comme je l'aime, c'est à dire dans le style "sword and sorcery" à la Conan.

Haggarth est un guerrier pillard au destin tourmenté, tué au cours d'un combat, et ramené à la vie par le pouvoir d'une sorcière. Cet univers trouble est très proche d'une bande précédente de l'auteur espagnol, Haxtur ; on y croise des démons, on s'y bat férocement, le décor est désolé, et l'errance du héros est un peu semblable à celle de Conan.

De La Fuente utilise l'atmosphère ombrée qui renforce l'angoisse de certaines scènes, et fait preuve d'une virtuosité graphique remarquable dans le noir et blanc, qui me font regretter qu'il n'ait pu poursuivre cette bande envoûtante et épique, que j'avais découvert en 1978 dans le mensuel A Suivre. L'édition de cette intégrale avec en plus des récits inédits (parus seulement en Espagne) est donc une aubaine pour s'immerger dans ce monde chaotique.

Nom série  Udolfo  posté le 31/07/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Encore une éphémère série écrite par A.P. Duchâteau pour Eddy Paape, qui imagine un scénario basé sur le fantastique dans le Paris de la fin du XVIIIème siècle. A l'époque de son apparition en 1977 dans Tintin Sélection, je n'avais guère prêté attention à ce personnage qui évoluait alors dans de courts récits, avant d'entamer un unique récit long l'année suivante dans le journal Tintin.

Et puis au cours d'une foire aux livres, je trouve l'album à très bas prix et décide de m'y intéresser. Je fus à demi conquis, ce maître Udolfo confronté à des cas mystérieux n'est pas vraiment convainquant, le personnage reste fade, c'est dommage, car le dessin y est soigné, réalisé avec le concours d'Andréas alors assistant de Paape, (peu avant qu'il ne crée sa propre bande, Rork), et malheureusement, sans doute par manque de temps, Paape ne reviendra pas sur cette série avortée qui aurait sûrement gagné à être développée, car le potentiel d'un Paris mystérieux fourmillant d'étrangeté, était attirant.
Ceci dit, l'album peut s'acheter malgré son air imparfait, car ce qu'on y entrevoit reste intéressant.

Nom série  Les Bidochon  posté le 31/07/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Ce couple de Français moyens qui se fourvoie dans les tracas de la vie quotidienne apparaît d'abord en tant que personnages secondaires des aventures de Kador, leur chien philosophe et cultivé, dès 1977. C'est l'année suivante, que Robert et Raymonde Bidochon accèdent au statut de héros de leur propre bande, où progressivement, Kador disparaît à leur profit.

D'un trait simple, proche de Loup, Binet fustige toutes les petites tares et les défauts qu'on voit chez les autres, tous les soucis et les bévues du blaireau ordinaire, avec un humour féroce et parfois cruel, en abordant des thèmes bien franchouillards : joies des H.L.M. et du voisinage, les vacances, les relations administratives avec la sécu et autres organismes, les voyages à l'étranger avec tous les à-priori que cela comporte, la télé, l'érotisme conjugal, la vie de famille et son côté pantouflard, l'informatique.....tout est passé à la moulinette avec une dextérité et une justesse sans égale, à travers ce couple drôlatique qui reflète d'une façon placide et exemplaire le parangon de la bêtise, en qui personne ne veut évidemment se reconnaître.

Binet va même parfois un peu loin dans ses descriptions, mais il est finalement si proche de la vérité que la série reste un grand succès de l'humour, véritable vedette de Fluide Glacial, à tel point que le nom propre des Bidochon en devient commun pour désigner un individu médiocre, abêti et très beauf, caractéristique d'une certaine France profonde. Car le pire, c'est qu'on rit des turpitudes laborieuses de ces pauvres crétins, heureux dans leur petit univers étriqué, mais aussi bien attachants.

Je place cette série à peu près à égalité avec les gags d'Edika et la Soeur anti-conformiste de Maëster pour la force de l'humour et surtout la qualité depuis tant d'année (malgré quelques faiblesses); c'est pourquoi tous les tomes n'étant pas absolument indispensables, il faut en posséder quelques-uns, et je recommande surtout En Vacances, et En H.L.M. qui ont su capter tous les déboires et situations auxquels on a tous été un jour ou l'autre confrontés.
Une Bd d'humour de haut niveau.

Nom série  Le Grand Duduche  posté le 31/07/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Une chevelure hirsute, de petites lunettes rondes, un accoutrement qui doit plus à la fantaisie qu'au laisser-aller, ce grand échalas candide et naïf représente à sa création en 1962 le prototype d'un certain style de potache, peu assuré et mal dans sa peau.
Au départ, Duduche apparaît épisodiquement dans une rubrique du journal Pilote titrée Carnets de croquis, puis l'année suivante, il possède sa propre page, d'abord en noir et blanc, puis en couleurs. Je m'en souviens très bien vers 1968, cette page était en général située en dos de couverture du journal, c'était donc la première que je lisais avant d'ouvrir mon Pilote.

Avec cet adolescent non violent, solitaire, un peu marginal, parfois victime, et amoureux de la fille du proviseur, Cabu se met en scène, il a prêté son physique à son héros, et propose une Bd originale où il conte ses souvenirs scolaires et exprime son désaccord avec une certaine société, le pouvoir et la force. Cette chronique de la vie lycéenne des années 60 semée de gags, permet à son auteur de placer Duduche en contact avec cette société qui est tour à tour bête, hypocrite, impitoyable... à travers une galerie de personnages rigolos comme son proviseur, ses profs, ses camarades, sa concierge...

Le dessin est caricatural et plus proche du dessin d'humour que la bande dessinée, le format des cases est d'ailleurs éclaté, mais la bande est très réaliste dans son esprit. J'aimais bien ces chroniques, même si les gags ne faisaient pas mouche à tous les coups, et lues maintenant, ça me replonge dans une scolarité obsolète que j'ai un peu connue, bien plus sympa que celle que connaissent les jeunes aujourd'hui. L'ennui, c'est qu'elle est justement trop typée sixties, et peut ne pas plaire au jeune des années 2000 qui n'aura que peu de repères sur cette époque, à moins d'être bien informé.

En 1972, Duduche quitte Pilote pour Charlie Hebdo, cette fois, la chronique des lycées est celle des années 70, visant l'engagement politique et annonçant "Mon Beauf'" ou d'autres bandes de Cabu; Duduche devient alors plus adulte et perd sa fausse naïveté qui faisait son charme. Il apparaît ensuite dans d'autres oeuvres de Cabu au milieu des années 80, et reste non seulement comme son seul personnage sympathique, mais en ayant contribué au succès de Pilote auprès de la jeunesse étudiante, il est devenu le précurseur du mouvement soixante-huitard. Duduche, c'est le reflet d'une époque.

Nom série  Ray Banana  posté le 31/07/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Le début des années 80 est propice à une quantité de nouveaux héros policiers, c'est le cas de Freddy Lombard, Phil Perfect, Raffini, Torpedo, et Ray Banana, privé U.S. évoluant dans l'Amérique insouciante qui à première vue est celle des fifties, avec ses grosses bagnoles aux chromes agressifs, son mobilier design clinquant, mais en fait, l'architecture est plutôt moderne, si bien que le décor est quasi intemporel, nourri de références et de clichés sur l'idée que se font les Européens d'une Amérique idéalisée, propagée par de nombreux films.

D'ailleurs, l'inspiration ici est très cinématographique. Le personnage, au physique de Clark Gable, avec sa mèche en bataille, son air blasé qui traîne son blues et la fatigue de ses nuits blanches derrière des lunettes noires, est comme une icône de cinéma. Ray est souvent aux prises avec des femmes fatales et des tueurs redoutables, au sein d'enquêtes assez compliquées, mais il parvient toujours à se sortir des pires situations.

L'essentiel ici n'est pas l'histoire, ni les personnages, mais bien plutôt le décor, destiné à éblouir et à régaler la vue, ce qui donne à cette bande un petit côté maniériste. Je la déconseille aux adeptes des scénarios linéaires, car c'est un festival de situations s'accumulant sans trop de rationalité.

Dessinée à partir de 1980 dans le mensuel A Suivre par un Ted Benoit en grande forme, qui ne résiste pas aux clins d'oeil à Hergé (dans Berceuse électrique, son héros bouscule Tintin), elle adopte un graphisme très esthétique de style Ligne Claire d'une pureté très hergéenne, mais aussi inspirée par Joost Swarte. La série connaît le succès en surfant sur ce style très en vogue au tout début des années 80, et ce malgré 3 longs récits seulement.
La série peut dérouter, aussi vaut-il mieux tester en biblio avant achat.

Nom série  Stan Caïman  posté le 30/07/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Crée par François Thomas dans Pilote en 1984, ce personnage de playboy animalier passe ensuite dans Charlie Mensuel, c'est là que je l'ai véritablement découvert. C'est un crocodile aventurier qui évolue au milieu des humains comme le faisait Prémolaire de Mouminoux, mais à la différence de cette bande à l'humour gentillet, "Stan Caïman" est une Bd à l'humour adulte typiquement représentative des bandes des années 80 comme Lucien ou certaines bandes humoristiques diffusées dans l'Echo des Savanes.

Stan n'est pas une victime comme Prémolaire, c'est un séducteur cynique et jouisseur qui mène une vie de luxe dans des palaces et les endroits à la mode, tombant à tour de bras de pulpeuses pin-up à très fortes poitrines, très attirées par ses performances sexuelles. Pourtant, il traite les femmes avec mépris, c'est un pur macho.

Autre différence avec Prémolaire : celui-ci exhibait sa peau verte, alors que Stan est vêtu à la dernière mode, avec des costumes aux épaules très carrées, très représentatifs de la mode branchée des années 80, qu'on retrouve un peu dans la série policière Phil Perfect de Serge Clerc.

Le trait moderne agaçait le lecteur que j'étais, habitué aux jolis contours et à la lisibilité, mais il avait son charme et se voulait assez proche de la caricature, l'essentiel étant ici surtout le fond, où l'auteur se moque dans un ton satirique d'une certaine société. Cette société étant celle parfois superficielle des années 80, la bande peut avoir mal vieillie et rebuter les générations actuelles, au mieux, elle fait figure de document. A tester avant achat.

Nom série  Soeur Marie-Thérèse  posté le 30/07/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Avec sa silhouette bien enveloppée et son visage poupin, voici une religieuse peu fréquentable, aux manières rudes, aux penchants qui frisent le péché (picoler au bistrot, fumer des joints, gueuler après les chieurs), et au langage d'une verdeur joviale. Mais la brave soeur des Batignolles qui se moque du ciel et de l'enfer, cache pourtant un coeur gros comme ça et aide bien souvent des malheureux.

Fustigée par sa Mère-sup, elle est en réalité allergique aux bondieuseries ridicules et à la bigoterie exacerbée. Maëster se moque de la religion chrétienne (et de son hypocrisie) sous le couvert de l'humour, et montre que c'est finalement la charité, la générosité, les bonnes actions et l'amour du prochain qui comptent. Il y a dans ma famille des grenouilles de bénitier qui s'arracheraient les cheveux de la tête s'ils lisaient ces courts récits qui ont d'ailleurs valu à son auteur quelques petits ennuis avec l'Eglise.

Mais le véritable atout de la bande, c'est bien le dessin de Maëster : avec un crayon à l'expressivité caricaturale fort habile et très soignée, un trait vigoureux, inspiré de Gotlib et de Coyote, il donne dans l'humour extrêmement vachard envers la religion, et manie la provoc avec brio. A cette qualité graphique rare dans les Bd humoristiques modernes, s'ajoutent une foule de détails, des fonds de cases qu'il faut bien regarder parfois, des têtes connues....bref, sa soeur anti-conformiste reste pour moi une des bandes les plus drôles de Fluide Glacial, et tout à fait dans l'esprit de ce journal.
Il n'est pas nécessaire d'acheter toute la série (à moins d'être totalement fan), mais 1 ou 2 albums suffisent pour capter toute l'irrévérence subtile de cette bande.

Nom série  Hans  posté le 30/07/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
On se demande comment Rosinski a pu trouver le temps de créer cette série entre 2 Thorgal, qui débute en 1980 dans le journal Tintin et se poursuit dans Hello Bédé! Mais la véritable surprise, c'est Duchâteau qui est bien connu comme spécialiste de scénarios policiers, et qui ici, ajoute une corde à son arc avec ce mélange de SF et d'heroïc fantasy.

Le trait de Rosinski qui s'est sans cesse amélioré sur Thorgal, atteint ici une sorte de perfection qui sied bien à ces décors et à ces créatures étranges, mais tout cela ne me passionne guère; ces univers d'apocalypse peuplés de tyrans et de peuples à écailles comme les Xanaïens, malgré des détails insolites et imaginatifs, n'ont pas retenu mon attention, j'ai l'impression d'avoir vu ça plein de fois en BD et à l'écran. Pourtant, le changement de dessinateur n'est pas perturbant, Kas étant l'assistant de Rosinski, il est fidèle à son graphisme.

Je n'ai pas pu lire la totalité des albums en bibliothèque, mais ce que j'en ai vu m'a suffi, c'est des mondes trop abstraits pour moi, qui ne me parlent pas et ne m'attirent pas; je pense néanmoins que ça doit passionner les fans du genre car la bande possède des qualités graphiques incontestables et même narratives. En cas d'achat, à tester avant pour éviter une déception.

Nom série  Yann le Migrateur  posté le 30/07/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Ce personnage de pacificateur de l'espace n'a pas eu le succès qu'il méritait. La série était pourtant ambitieuse et reposait sur un concept déja utilisé ailleurs : celui de l'être humain condamné à errer à travers l'espace. Ici, Yann est chargé d'une mission, celle de repérer des planètes où règnent le désordre, les conflits ou le danger, et d'y ramener le calme, avec diplomatie et sans violence.

C'est donc un conciliateur qui veille à maintenir la paix dans le cosmos, à travers cette odyssée sans fin qui l'amène à vivre des aventures parfois mouvementées et à combattre l'oppression de tyrans mégalos, de savants fous ou de robots. Son vaisseau spacio-temporel, ses téléportations et son petit robot sphérique l'aident habilement dans sa tâche.

Tout cela est traité avec une certaine fantaisie et une naïveté charmante qui amènent une certaine poésie à cette série dessinée finement par Lacroix, qui dans le premier récit, s'inspire graphiquement de Moebius avec son trait hachuré; ensuite, Lacroix trouve son style et imprime un visuel non désagréable. La bande qui avait démarré dans Formule 1 en 1975, a trouvé une sorte de second souffle en 1981 lorsqu'elle est diffusée dans le mensuel Gomme, mais elle reste finalement peu connue du grand public. 5 albums, c'est pas ruineux en occase, ça mérite la redécouverte.

Nom série  Les Tours de Bois-Maury  posté le 30/07/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
En 1984, Hermann abandonne toutes ses séries vedettes qui avaient fait sa gloire pour se consacrer à ce qu'il considère comme son oeuvre la plus forte. Pour moi, elle est même bien supérieure à Jeremiah. En effet, sa vision rude et fruste du Moyen Age est à l'opposée d'un Moyen Age étincelant et glorieux, elle met en pièces les règles de l'amour courtois et de la chevalerie flamboyante qu'on nous a servi dans des bandes pourtant excellentes comme Vasco, Les Aigles décapitées ou Jhen (Xan).

Comme Hollywood a su montrer le visage authentique d'un Ouest pouilleux et sordide dans certains westerns des années 90, Hermann de la même façon, décrit un Moyen Age sale, répugnant et brutal, où la souffrance, la mort et la pestilence accompagnent les hommes. Surtout qu'on est au Haut Moyen Age, une période à l'âpreté certaine encore peu traitée dans la BD historique des années 80, mais pas celui des Mérovingiens qui nous est assez connu, non, mais celui du début du second millénaire (on est en 1060), une période mal connue, pleine d'obscurantisme, et dont Hermann a dû se faire bien suer pour amasser une doc aussi fournie, car tout y est vrai, dans le moindre détail, surtout que l'auteur s'attache à la vie quotidienne des plus démunis face à la volonté des puissants et à la cruauté des pillards. La quête de son châtelain sans terre, Aymar, n'est qu'un prétexte pour décrire tout ça.

Ici, Hermann est débarrassé de Greg et du journal Tintin, il campe ses personnages avec une précision et un soin qui révèlent son grand talent de conteur. Ses couleurs, son texte s' ajoutent à l'éclat de cette fresque au souffle puissant qui s'achève logiquement par la mort de son héros. Une véritable chanson de geste baroque dont j'invite à la découverte, surtout le premier cycle. N'ayant pas lu la suite intitulée "Bois-Maury", je trouve cependant qu'elle ne se justifie pas vraiment.

Nom série  Black Hills  posté le 19/07/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Souhaitant décrire et photographier les derniers Indiens dans les réserves, le Français Armand Lebon suit le guide Lewis Kayne, vieux routier désabusé des contrées sauvages, sans savoir qu'ils vont être les témoins du dernier sursaut d'orgueil de la nation indienne, en l'ocurence le peuple Sioux, et de l'écrasement tragique de cette riche civilisation par celle des Blancs, brutes au coeur froid et foncièrement racistes.

Après Durango, western épique rendant hommage aux films de Sergio Leone, Swolfs revient à ce genre encore très prisé, et se fait scénariste pour un western beaucoup plus grave, qui sous de faux airs de western classique, aborde la culture indienne et aussi ce qui ronge encore les Etats-Unis : le génocide organisé d'un peuple magnifique que cette jeune nation n'a pas su comprendre. Une sorte de western ethnique en quelque sorte, qui s'attache à montrer Indiens et pionniers tels qu'ils furent réellement, mais aussi de tragiques événements auxquels le personnage du Français qui est un témoin extérieur d'un monde inconnu pour un Européen à cette époque, apporte un éclairage nouveau, parce que d'une vision qu'il avait des Indiens plutôt exotique et romantique, il découvre leur extermination par ses propres congénères blancs.

On pense souvent au film de Costner Danse avec les loups, pour le côté propre et pur des Sioux décrits ici par Swolfs, et cette vision ne pouvait que satisfaire mon intérêt pour le monde indien, avec le même bonheur éprouvé pour d'autres Bd traitant de ces races avec honneur comme Buddy Longway ou L'Indien Français. La bande m'a aussi rappelé certains westerns des années 70 comme Soldat Bleu ou Little Big Man, à une époque où Hollywood commençait à prendre conscience du mal qu'elle avait fait au peuple indien.

Swolfs décrit donc tout cela avec sensibilité et intelligence, aidé dans ce souci du détail par le dessin précis et documenté de Marc-Rénier. Une très belle histoire, sombre, tragique, triste mais édifiante, à lire absolument.

Nom série  Claire de nuit  posté le 19/07/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cette petite bande de gags sexy parue en 1992 dans l'hebdo espagnol El Jueves sous le titre "Clara de noche", présente les frasques d'une jolie prostituée au corps de rêve qui exerce son métier avec détachement et humour pour élever son jeune fils.

Avec son amie et consoeur Vivi, elle observe ce monde de la nuit dur et impitoyable, mais qui a aussi de bons côtés. Certes, les gags ne font pas toujours mouche, l'ensemble est inégal, mais Bernet qui ici, adopte un style plus caricatural que dans Torpedo ou Kraken (où il dénudait déja de belles pépées), dessine une belle de nuit aux tenues sexy et agréable à regarder.
On peut lire cette Bd pour passer un bon moment, mais l'achat n'est pas obligatoire.

Nom série  Phil Perfect  posté le 19/07/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
C'est un pur produit des années 80, son auteur ayant contribué à créer un courant typique de cette époque : la BD rock. Avec des gens comme le rock critique Philippe Manoeuvre, ou J.P. Dionnet, co-fondateur de la revue Métal Hurlant, et des dessinateurs comme Margerin, Ben Radis, Alain Voss ou Denis Sire (tous de Métal Hurlant), Serge Clerc va installer un style qui englobe les éléments suivants : recherche dans le costume, la déco, le mobilier, l'architecture, les voitures, le tout emballé dans un paquet sexy, aidé par un graphisme résolument moderne, qui tranche avec les Bd classiques de l'époque, un graphisme dépouillé, anguleux, géométrique, d'une élégante agressivité, extrêmement reconnaissable avec ses personnages aux épaules carrées, et qui sera difficilement imitable.

Son privé playboy Phil Perfect se situe dans la lignée des héros U.S. que Clerc admire, vêtu d'amples costumes et pardessus à la mode américaine des années 40, ses enquêtes sont plutôt embrouillées à la manière de Raymond Chandler, elles sont peuplées de cadavres mais aussi de filles qui ressemblent à des gravures de mode. Oui bien-sûr, c'était assez innovant et provocateur au début des années 80 de lancer un personnage de ce type, j'ai aimé très peu de temps parce que ces années-là, je les ai vécues pleinement et je croyais me reconnaître un peu dans le défilé de cette faune hétéroclite et nocturne qui parsème les histoires du héros, mais au bout d'un moment, ce milieu très parisien et les boîtes à la mode constituant l'ambiance perpétuellement branchée de cette bande, ont fini par me lasser.

D'autant plus que le style graphique peut-être un peu trop marqué par son époque, est difficilement supportable avec le recul. Mais chaque époque a son style, et je la respecte en tant que telle, la bande a participé à un courant, une culture, c'est ce qui est à retenir.

Nom série  Alack Sinner  posté le 19/07/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Ce personnage atypique qui promène son blues dans les bas-fonds newyorkais, au sein d'un univers glauque peuplé de marginaux, de flic véreux, d'avocats marrons, de maquereaux sadiques, de junkies et de raclures en tous genres, m'a rappelé les personnages souvent déglingués des romans noirs de David Goodis, aussi lorsque je m'attaque à ses aventures en 1976 dans Charlie Mensuel, je pense trouver une certaine satisfaction, ayant toujours été fan des romans noirs U.S., mais j'ai ensuite déchanté.

Au début, ça allait, le personnage de Sinner, ami des laissés pour compte, se situait dans la lignée des grands héros américains des romans noirs de ma jeunesse, tout en étant différent des privés hollywoodiens, il va à l'encontre des héros monolithiques, c'est un véritable anti-héros que je trouvais intéressant par son passé douloureux, plus que pour ses enquêtes; c'est un héros torturé d'une grande richesse, un apôtre de la dérive, à la recherche de lui-même, un homme brisé mais doté d'une forte volonté qui l'aide à surmonter la crasse qui l'entoure. La psychologie des personnages est donc plus importante dans cette bande que l'histoire elle-même.

Mais ce ton mélancolique, voire morbide a fini par m'ennuyer, par son aspect déprimant, renforcé par la technique graphique de Munoz un peu heurtée qui n'en fait pas une Bd facile d'accès; pourtant au début, le dessin utilisait un savant noir et blanc et des clairs-obscurs remarquables pour créer une atmosphère de cauchemar réaliste, influencé par Hugo Pratt (dont Munoz avait suivi les cours), mais au fil du temps, le dessin devenait de plus en plus épuré, parfois difforme et donnant une impression de bâclé qui a fini par me détourner de cette série. Et ce n'est pas les prix d'Angoulême qui m'impressionnent, ces récompenses étant comparables aux prix du Festival de Cannes, des prix décernés par une élite intellectuelle qui ne reflète pas forcément les goûts du grand public, et qui ne garantissent pas forcément une oeuvre de qualité.

Nom série  Nestor Burma  posté le 19/07/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J'ai mis longtemps à me décider pour aborder Tardi et son graphisme, et puis j'étais content finalement de trouver une Bd qui ne ramène pas tout à la guerre de 14 comme il le fait dans beaucoup de ses oeuvres. Auteur incontournable, il est passé maître dans l'exercice difficile de l'adaptation. Avec Burma, il ne fait pas exception à la règle.

Initialement né en 1943 sous la plume de Léo Malet, le fameux "détective de choc" va devenir une des figures emblématiques du genre, avec ses enquêtes menées à chaque fois dans un arrondissement différent de la capitale. Apparu dans 120 rue de la Gare, Burma fait une entrée fracassante dans le monde de la littérature policière, car le principal mérite de ce livre fut sa modernité, comparé aux ouvrages du même type qui paraissaient à l'époque; le style a surpris car il annonçait celui des auteurs de la Série Noire. C'est pourquoi, j'ai toujours aimé lire Léo Malet, considéré comme un des maîtres du roman policier français; ces romans populaires avec leur sens de l'intrigue et du rebondissement les rendaient très plaisants à lire, aussi je restais méfiant en abordant la version BD. Car adapter Burma sous cette forme paraissait ardu.

Rappelons en plus que le personnage n'avait guère été gâté par ses adaptations cinématographiques, et même télévisées (la série avec Guy Marchand étant bien loin du vrai style Burma). Aussi faut-il saluer Tardi lorsqu'en 1981, il décide de donner une apparence graphique à l'univers de Malet et à son détective vedette. Avec l'approbation de l'auteur, il adapte donc Brouillard au pont de Tolbiac (mon préféré en roman, et reconnu par plusieurs experts comme le meilleur de la collection, écrit en 1956).

De l'intrigue assez simple, Tardi conserve le noeud central et s'attache essentiellement à recréer le climat broussailleux du XIIIème arrondissement aujourd'hui disloqué, à l'aide d'un sublime noir et blanc rehaussé de gris. Cette recréation du Paris des années 50 est un coup de maître, car elle retrouve la trace de ceux qui ont constitué la matière vivante du quartier (ouvriers, artisans, petites gens, demi-sels et petites putains sympas...des gens pas très futés mais profondément humains). Cette réussite est suivie de 120 rue de la Gare, récit sombre se déroulant durant l'Occupation. Bref, Tardi se réapproprie totalement à sa façon l'univers de Malet en recréant une véritable atmosphère disparue d'un Paris ancien.

Cynique et désinvolte, non-conformiste et individualiste forcené, dur au coeur tendre, avec sa mèche grasse, ses oreilles en feuilles de chou, sa pipe et son imper mité, c'est ainsi que j'ai découvert le portrait du héros dans A Suivre (que j'ai relu en albums), à peu près étrangement conforme à l'image que je m'en faisais, et dont Malet s'est déclaré satisfait du résultat.
Ma note ne concerne que les tomes dessinés par Tardi, n'ayant pas vu les travaux de Moynot; Tous les albums sont bons, avec une préférence pour le 1, le 2 et le 4.

Nom série  Dracurella  posté le 19/07/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je n'ai pas découvert Dracurella dans Pilote, car en 1973, je ne lisais plus cette nouvelle formule mensuelle. J'ai acheté le 1er album qui m'avait paru intéressant par sa couverture semblant parodier Dracula. Et j'eus raison. Car cette création de Julio Ribera se révèle être un excellent pastiche des films d'épouvante.

Dracurella est la fille adoptive du Maître des Ténèbres, le comte Dracula en personne, qui vit dans son château poussiéreux en compagnie de la maléfique reine du conte Blanche-Neige, du docteur Frankenstein et de Basile, intendant bossu et difforme qui rappelle le Igor des vieux films Universal. Jusqu'ici, rien d'anormal, mais Dracurella s'avère être en réalité une jolie fille naïve au coeur de midinette qui refuse de vivre auprès de son père, en s'adonnant au métier de vampire; elle préfère habiter une grotte encombrée de gadgets ménagers, en ne ratant aucun des feuilletons sentimentaux que diffuse sa télé et qu'elle regarde assidûment en soupirant, auprès de son dragon Gri-Grill.

Ribera se livre donc dans son style réaliste à une amusante parodie des mythes fantastiques, et multiplie les gags clins-d'oeil, tel celui de la marâtre excessivement jalouse de Dracurella, qui interroge sans cesse son miroir magique. Hélas, cette attachante bande ne connaîtra qu'une demi-douzaine de courts récits entre 1973 et 1979 dans Pilote, trop vite sacrifiée au profit de Le Vagabond des Limbes. Elle aurait mérité à coup sûr une prolongation, car elle possédait un potentiel qui n'a été exploité qu'à moitié.
Le peu d'albums permet leur achat si on est fan de fantastique à l'ancienne.

Nom série  Robinsonne  posté le 19/07/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Les adaptations détournées d'oeuvres littéraires ou cinématographiques sont nombreuses en BD, et ici, Eric Maltaite offre une version coquine du Robinson Crusoë de Daniel Defoe en 1999 dans l'Echo des Savanes. Ce qui m'avait surpris, c'est son évolution graphique flagrante, assez loin de 421; son trait est devenu plus sensuel et donne beaucoup de piquant à sa belle héroïne rousse qui se retrouve sur une île après un naufrage.

Elle se passe assez vite de vêtements et décide de vivre nue, puis découvre la ravissante indigène Friday qui est nue aussi; côté sexe, ces deux-là s'entendent bien, mais la vie serait plus agréable avec un homme. Finalement, Robinsonne y découvrira le futur écrivain Defoe, le vrai qui se servira de cette mésaventure pour rédiger son célèbre roman; on y découvre aussi le capitaine Bligh qui récupère son vaisseau le Bounty.

Comme on le voit, Maltaite utilise des épisodes du roman (Friday, les cannibales, la vie solitaire sur l'île...) et se livre à un astucieux mélange de fiction et de réalité. Il prend plaisir à régaler ses lecteurs en dessinant les formes de rêve de ses héroïnes dans un décor exotique, grâce à la fraîcheur de son trait embelli par de belles couleurs. Le ton est léger, le dessin agréable, le sexe y est encore relativement soft, car Maltaite fera preuve de plus d'audace ailleurs, bref, c'est une aventure érotique qui fait passer un bon moment de lecture sans plus.

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