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... a posté 2518 avis et 132 séries (Note moyenne: 2.86)

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Nom série  Sophie  posté le 05/08/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Sophie Karamazout est une gamine espiègle et intrépide qui s'engage dans des aventures souvent palpitantes au sourire garanti. Comme toutes les petites filles de son âge, elle est très curieuse, et surtout, elle adore son papa, mêlé bien malgré lui à ses aventures, car cet inventeur génial dont les découvertes sont assez stupéfiantes, intéresse gangsters, crapules et filous en tous genres, qui sans l'intervention de Sophie, pourraient utiliser ces inventions à des fins malhonnêtes.

Pour cela, elle se sert de son astuce, aidée par la crétinerie de ces méchants grotesques. Je me souviens bien de cette petite série très sympa lorsque je lisais parfois le journal Spirou, ça me semblait un peu cucul, et puis, j'ai changé d'avis quand je m'y suis intéressé de plus près, et j'appris à apprécier la drôlerie des situations, la bonhommie des personnages, la précision des décors (après tout Jidéhem avait tant aidé d'autres confrères à dessiner leurs décors), et surtout la loufoquerie des inventions de monsieur Karamazout, dont Zoé la voiture intelligente, la bulle du silence qui supprime les bruits, la tiare qui permet de passer à travers les murs, l'oeuf transparent à déplacements multiples.... tout cela était très amusant.

Cette série humoristique qui reste un pur produit Spirou, marque l'ascension de Jidéhem, ancien complice de Franquin sur Gaston Lagaffe pour qui il dessinait les décors; il en restera d'ailleurs marqué par son graphisme, et Franquin conservera son véritable nom pour monsieur De Mesmaeker (Jidéhem s'appelle en réalité Jean de Maesmaker).

Au début, les scénarios sont de Vicq, puis Jidéhem réalise sa bande tout seul, s'adressant plutôt à un jeune public, mêlant humour bon enfant, aventures policières et un brin de poésie, ajoutés à un dessin vif et pétillant, et on se surprend une fois adulte à y prendre encore un peu goût. Je la conseille à l'achat, surtout les 10 premiers albums.

Nom série  Jari  posté le 05/08/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cette bande sportive créée par R. Reding en 1957 dans le journal Tintin, n'évolue pas que dans les coulisses du tennis, au risque de lasser le lecteur; Reding envoie ses héros pratiquer d'autres disciplines, et il imbrique dans ses récits de l'action, et bien souvent une véritable enquête policière au savant suspense, dont le personnage central est presque toujours Jimmy Torrent, Jari servant le plus souvent de faire-valoir actif.

Un autre faire-valoir , plus passif mais important pour son aspect comique, est le personnage de Monsieur Berthault, vieil industriel bougon mais généreux, qui aide par sa fortune et ses relations les deux héros. Une des originalités des séries de Reding est de faire se côtoyer les personnages de ses autres créations Vincent Larcher, Section R... ainsi verra-t-on Larcher évoluer auprès de Jari, et ensuite Jari retrouver Larcher dans sa série.

J'ai découvert "Jari" avec l'épisode Le Diable Rouge, et je ne m'y intéressais guère; ce n'est que plus tard que j'ai trouvé des qualités à cette série, que je ne retrouve plus guère aujourd'hui pour son aspect trop daté. En effet, si dans les années 60, elle était passionnante et véhiculait des idées bien propres, cette morale est devenue hélas trop marquée par son époque, et je doute fort qu'un jeune puisse y souscrire (ce qui ne veut pas dire que la morale actuelle soit mieux, tant de valeurs ont été perdues), mais c'est ainsi, c'est trop démodé; la lecture peut plaire à des nostalgiques, mais même moi, si j'arrive à en lire, je ne peux m'empêcher de sourire. Ceci dit, cette bande fut respectable, et ma note tient compte de ses qualités graphiques et narratives.

Nom série  Alix  posté le 03/08/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
C'est pas évident de noter cette Bd qui a sûrement forgé en moi l'amour de l'Histoire et m'a fait passer des heures merveilleuses, sans occulter aujourd'hui les défauts qu'elle comporte et qu'à l'époque, je ne voyais pas. Il est certain qu'aujourd'hui, je ne supporte plus les 3 premiers épisodes au graphisme hérité de Jacobs et aux petits lettrages; la bande commence vraiment à s' épanouir à partir de l'épisode 6 les Légions perdues, où Martin trouve enfin son style graphique.

Sinon, lorsque le 16 septembre 1948, un dessin mal assuré marquait la première apparition de ce personnage, c'était la première pierre d'un futur monument de la BD. Cette bande qui symbolise presque à elle seule le genre historique, et qui plus est l'Histoire antique, verra Martin peaufiner son dessin tout en gardant cette pose hiératique des personnages qui handicape un peu la série, et qui donne l'impression d'un immense décor antique où sont posés des acteurs figés ou des statues.

Tout simplement parce que son auteur met l'accent sur les décors; à l'aide d'une documentation extrêmement poussée, il emmène le lecteur dans des lieux magnifiques où tout y est reproduit avec une grande précision, culminant ainsi dans de superbes tableaux-paysages.

De plus, le texte soigné et littéraire, est abondant, trop même, commentant parfois inutilement l'image, surtout dans les premiers récits; c'est le grand défaut de cette bande qui pourtant n'en compte pas tant que ça, même si le style de Martin a ses détracteurs. Avec le temps, la bande s'est aérée d'un texte trop fourni, adoptant un meilleur dynamisme. Cette authenticité dans le dessin et cette érudition dans les dialogues étaient assez inhabituels dans la bande dessinée à l'époque, n'oublions pas qu'on est au début des années 50. C'est pourquoi quand je lis certains avis précédents qui critiquent vertement la bande pour ses défauts (dessin figé, cadrages trop formatés, découpage obsolète, texte verbeux...), je ne peux m'empêcher de penser que ces posteurs ne tiennent pas compte de son contexte d'époque, et que la BD en ce temps-là, c'était comme ça, c'était un art naissant qui n'était pas encore reconnu en tant que tel, et surtout qu'il fallait faire accepter aux parents et aux éducateurs qui vilipendaient "les illustrés". Alors il faut replacer tout ça et nuancer ses propos.

Moi, je trouve qu'il y a un autre défaut qui me gêne bien plus, c'est le manque d'évolution du héros, son côté trop lisse, Martin n'ayant pas su étoffer son personnage; de même que le personnage d'Enak peut parfois être horripilant. Mais encore une fois, c'est le reflet d'une époque, le héros se devait d'être exemplaire pour influencer la jeunesse, c'était comme ça.

Au niveau des erreurs historiques, elles sont très rares, il y a seulement l'attitude ambiguë d'Alix envers César qu'il fléchit au sujet de Vercingétorix durant le siège d'Alésia, au début du Sphinx d'or, ça me gène un peu, car ce que peu de gens savent, c'est que César et Vercingétorix se connaissaient très bien, ce dernier s'étant enrôlé très jeune dans les troupes auxiliaires avant de trahir César quand il vit qu'il voulait conquérir la Gaule; ces révélations sont récentes, mais fiables, parce qu'elles auraient fait tâche dans l'aura du chef gaulois qui fut longtemps vénéré comme le premier héros national.

Ceci dit, malgré ses défauts, une série comme "Alix" ne peut être ignorée et traînée autant dans la boue comme c'est souvent le cas, elle apporte encore un plaisir de lecture (peut-être plus pour les gens de ma génération) et reste une grande pionnière d'un genre qui a participé à la fondation solide du 9ème art, les bandes modernes lui sont redevables, chaque époque a son style.
Pour l'achat, n'ayant lu que les albums Martin, et feuilleté les autres dessinés par d'excellents continuateurs comme Moralès, Simon ou Venanzi, je ne conseille pas toute la collection, certains albums sont inégaux en qualité, mais éviter les 3 premiers.

Nom série  Horace Cheval de l'Ouest  posté le 02/08/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cette bande très drôle apparaît en 1970 dans Pif-Gadget, et cesse en 1978 avec la mort de son créateur, Jean-Claude Poirier. Elle reste très méconnue du grand public, en dépit de sa réussite et de son succès dans le journal.

Cette réussite est due au fait que Poirier se livre à une parodie intéressante de western, en inversant les rôles : Horace est un cheval à demi humanisé, puisqu'il sert de monture à son cowboy de maître, mais adopte des postures suggestives, et surtout parle et raisonne avec une grande intelligence et une érudition surprenante, un peu comme Jolly Jumper auquel il fait évidemment penser. Son maître est un brave type, tout le contraire de Lucky Luke, puisque pas très futé, assez malchanceux, dont on ignore le nom.

Tous deux croisent les personnages classiques de western, aux nez souvent énormes, et évoluent dans un Far West de fantaisie, au décor volontairement dépouillé, vivement coloré, et aux gags qui oscillent entre l'absurde, les clins d'oeil à la conquête de l'Ouest et un humour un peu fou à la Tex Avery. Le graphisme me fait penser un peu au style de Benito Jacovitti.
Un grand éclat de rire dont l'achat s'impose.

Nom série  Boule et Bill  posté le 02/08/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
C'est certainement un des monuments de la Bd d'humour enfantine que Roba lance dans le journal Spirou en 1959, en contant les aventures d'un garçonnet et de son chien visiblement inspirées par son propre fils et son cocker. Je n'en raffolais pas au début, puis peu à peu, j'ai aimé ce petit univers de family strip fort drôle et réussi qui m'a bien souvent fait sourire.

Tout tourne autour d'une famille de Français (ou Belges) moyens, où le père farfelu est mêlé malgré lui aux jeux quotidiens de son fils Boule et de son cocker Bill, le tout sous l'oeil inquiet de la mère qui voit son intérieur ou son jardin perturbés d'ébats intempestifs et parfois dévastateurs. Malgré quelques personnages secondaires, comme le copain de Boule, gosse chevelu et casquettu, très vite, Bill devient la vraie vedette de la série, il est une source inépuisable d'effets comiques, mais il n'est pas un chien humanisé comme Cubitus, c'est un brave animal qui vit son existence de meilleur ami de l'homme et assume sa condition de chien au sein d'une famille adorable. Ses préoccupations sont celles que peut avoir un chien de compagnie.

On pourrait comparer cette bande à Blondie ou Sylvie, autres formes de family strip traditionnel, mais ici, tout est axé sur le chien intelligent et le garçonnet plutôt que sur les problèmes conjugaux. Alors oui, c'est très typé sixties, c'est conventionnel et ça renvoie l'image d'une famille modèle bien clean, tout est très sage, bon enfant, mais qu'importe, c'est une excellente Bd de départ pour un enfant; le dessin souple de Roba et son sens aigu de l'observation, l'ironie et la tendresse de cette bande contribuent à lui donner un air sympathique avec laquelle on peut passer un bon moment, et c'est ce qui compte avant tout.
Inutile d'acheter tous les albums, 2 ou 3 suffisent pour une approche.

Nom série  Quick et Flupke  posté le 01/08/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Ces 2 gamins bruxellois naissent en 1930 dans le Petit Vingtième sous forme de gags, un an après Tintin dans ce même journal, et son abandonnés par Hergé en 1940. A travers ces 2 "ketjes" du quartier populaire des Marolles à Bruxelles, Hergé se souvient de son enfance avec nostalgie, une époque à jamais révolue où il met beaucoup de lui-même et porte un regard sur le monde adulte tel qu'il est perçu par les enfants.

Ces gags sont constitués par les facéties de ces 2 galopins bien sympathiques et farceurs, mais jamais méchants. En cela, ils sont loin de l'humour cruel des garnements de Pim Pam Poum. Leur champ d'action se limite à leur quartier où ils sont souvent confrontés à l'agent 15 dont le physique est proche de celui des Dupondt. Hergé se sent plus libre que dans Tintin, le trait est Ligne Claire, plaisant à regarder mais moins travaillé, et l'humour plus enfantin aussi.

L'ennui, c'est que c'est un humour terriblement daté aujourd'hui ; de plus, les exploits de ces gamins très bricoleurs se situent dans un contexte typiquement belge, avec des allusions qui échappent parfois aux Français, d'où l'audience moyenne qu'ils ont eu en France après la guerre, et même en 1955 dans le journal Tintin lors de reprises. C'est pourquoi avec pourtant tout le respect et l'intérêt que je porte à l'oeuvre d'Hergé, je ne peux pas mettre une note plus favorable à cette bande qui reste cependant une de ses meilleures créations.

Nom série  Barbe-Rouge  posté le 01/08/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Voici exactement le genre de Bd d'aventures historiques que j'aime; Charlier et Hubinon emmènent le lecteur au temps de la flibuste au XVIIème siècle avec cette saga dans la grande tradition des films de pirates hollywoodiens, où bondissait Errol Flynn. Il faut dire qu'en 1959, le sujet était encore assez neuf en BD, il n'y avait guère que Brik en petit format qui abordait le genre, seul le cinéma l'avait exploré.

Au départ, la bande s'intitule Le Démon des Caraïbes, du surnom donné au personnage principal dès sa première apparition dans le n°1 de Pilote du 29 octobre 1959; par la suite, ce surnom sera donné comme titre du premier album. C'est donc l'un des héros fondateurs du journal qui avec Tanguy et Laverdure, Jacques Le Gall et bien-sûr Astérix, essuient les plâtres de ce nouvel hebdo promis à un bel avenir. Barbe Rouge gagne ensuite un autre surnom, celui de Tigre des 7 mers.

Inépuisable scénariste doué d'un talent fabuleux de feuilletoniste, Charlier qui retrouvait ici son complice Hubinon (depuis Buck Danny et Tiger Joe), livre des scénarios passionnants, pleins de péripéties telles qu'on peut en voir dans ce genre d'aventures (voyez Pirates des Caraïbes au ciné, encore que ces films m'ennuient un peu). Elles sont brillamment illustrées par Hubinon au trait habile et léché, typique d'une époque à la papa, qui s'appuie sur une solide documentation pour reconstituer de splendides dessins de vaisseaux, qui n'ont rien à envier à ceux de Bourgeon.

Barbe Rouge est un pirate pur jus, bien dans la tradition, rude, taciturne, craint et respecté, le bandeau sur l'oeil et le pistolet rivé à la ceinture. Eric, jeune garçon qu'il adopte fera inconsciemment évoluer le personnage, en tentant de persuader son père de mettre sa science du combat pour une cause plus juste, notamment en servant le roi de France pour combattre Anglais et Espagnols. Eric prendra étrangement la vedette parfois, Barbe Rouge n'apparaissant pas dans certains épisodes.

Avec le géant noir Baba et le vieux sage Triple Patte, le quatuor sera parodié de façon récurrente et fort drôle par Uderzo dans Astérix. Mais la série aurait pu sombrer suite à une accumulation d'infortunes : en 1979, après le décès d'Hubinon, elle est reprise assez bien par Jijé et son fils Lorg, puis c'est Gaty qui remplace Jijé en 1982, avant que Charlier ne trouve en Pellerin un dessinateur extrêmement doué qui redonne un coup de fouet à cette vieille saga, mais après la mort de Charlier, Pellerin abandonne pour créer sa propre série L'Epervier, tandis que Gaty continue avec Ollivier au scénario de 1994 à 1997 (cette période n'est pas terrible); en 1999, Bourgne reprend la série brièvement avant de se consacrer à Frank Lincoln, et de toute façon, il n' en respecte pas le ton imprimé par les créateurs d'origine.

Il semble que cette Bd qui sentait bon le vent du large ait bien jeté l'ancre aujourd'hui, mais quel bonheur elle a apporté à des gars comme moi, malgré les défauts de Charlier qui sont les mêmes que dans Blueberry, à savoir un texte ampoulé et trop abondant qui alourdit la narration. C'est pourquoi, je recommande aux jeunes générations cette série très classique, à condition d'accepter ceci et les dessins parfois un peu figés d'Hubinon. Ma note ne concerne d'ailleurs que les épisodes Hubinon/Charlier, n'ayant que modérément apprécié les suivants, ça reste quand même une série légendaire de la Bd d'aventure.

Nom série  Les Mystères de l'Ouest  posté le 01/08/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Ah les Mystères de l'Ouest, quelle série mythique! qu'est-ce que j'aimais Jim et Artie dans leurs exploits délirants et parfois tellement abracadabrants que ça en devenait drôle ; c'était et ça reste une de mes séries TV fétiches, représentative d'une décennie sixties bien révolue où personne ne se prenait au sérieux comme dans les séries actuelles.

Aussi, quand Pif-Gadget s'est lancé dans l'adaptation dessinée de séries TV, je m'y suis intéressé, mais je fus parfois déçu, ce fut le cas avec les Mystères...adaptation moyennement réussie, aux scénarios trop souvent de qualité inégale ; je n'y retrouvais pas toujours le même ton qu'en vrai, et de plus, Forton (qui délaissait un peu Teddy Ted) ne parvenait pas toujours à bien reproduire le visage des 2 acteurs Robert Conrad et Ross Martin ; je crois que ce fut pour lui une oeuvre de commande, surtout quand la série s'est poursuivie dans Télé-Junior entre 1978 et 1982.

Pourtant, ce n'était pas la première adaptation de feuilleton TV en BD, on se souvient de "Bonanza", de "Rin-Tin-Tin", de "la Grande vallée", du "Cheval de fer" ou de "Chaparral", et l'éditeur de petits formats Sagédition s'était même spécialisé dans ce créneau. Pif a voulu surfer là-dessus et n'a réussi qu'à moitié avec "les Mystères de l'Ouest" (17 récits complets entre 1975 et 1976) puis "Mannix" et enfin "Amicalement Vôtre" de loin la plus réussie (oui, mais il y avait Marcello au dessin). C'est pourquoi j'ai toujours trouvé ridicule ces adaptations, même les modernes, car on ne peut jamais totalement restituer ce qui a plu à la TV.

Nom série  Jerry Spring  posté le 01/08/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Voici le western fondateur de la BD réaliste franco-belge, à une époque où le genre n'était guère exploité dans la BD européenne. Seul Tex Willer en Italie était un rival sérieux. Jijé, grand pionnier du 9ème art s'est inspiré directement de l'Américain Fred Harman et son cowboy Red Ryder. Sans Jijé, ni Giraud, ni Hermann, ni Derib, ni même Swolfs ne seraient ce qu'ils sont, car il va influencer toute une génération de dessinateurs avec ses recherches graphiques (cadrages, ligne d'ombre, scène d'ambiance, décors) dans "Jerry Spring" où le jeune Giraud qui a encré en 1961 l'épisode La Route de Coronado, a été indiscutablement marqué graphiquement et thématiquement pour créer ensuite Blueberry.

L'utilisation du noir et blanc était magistrale, la couleur ne venant que plus tard et n'étant pas toujours au point dans certaines pages. Paradoxalement, cette bande, malgré le talent précurseur de Jijé, sera toujours peu reconnue du grand public, peut-être en raison de ses scénarios un peu trop conventionnels et de son héros trop formaté, mais aujourd'hui, elle est considérée comme un must, ne serait-ce que sur le plan graphique.

Le western en BD a pour moi toujours une résonance cinématographique, c'est obligé, c'est un genre trop typé par l'image cinématographique, et chaque western BD est associé à une décennie ou un style; Durango c'est la période spaghetti, Buddy Longway, c'est le western psychologique des années 70, Comanche c'est un peu l'univers de John Ford, et Blueberry évolue tellement qu'il est associé à plusieurs styles. "Jerry Spring" me fait aussitôt penser au western des années 50 du genre 3h10 pour Yuma, la Flèche brisée ou Winchester 73, c'est perceptible pour le côté pro-indien puisque Spring se pose en défenseur de ce peuple, fissurant le vieux cliché manichéen selon lequel "un bon Indien est un Indien mort".

J'ai découvert Jerry Spring assez tard, je le place bien en-dessous de Blueberry, Buddy Longway et Comanche qui restent pour moi un tiercé d'une évidente profondeur et d'une maestria certaine, mais je reconnais les grandes qualités de cette bande et j'ai un grand respect pour un auteur qui a su toujours faire preuve d'un grand soin dans toutes ses séries. Et de toute façon, la lecture de quelques albums reste toujours agréable, jamais ennuyeuse.

Nom série  Prince Valiant  posté le 01/08/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Faisant partie du raz de marée de Bd réalistes américaines qui voient le jour de 1929 à 1937 (Mandrake le magicien, Agent secret X-9, Le Fantôme, Tarzan, Luc Bradefer - Brick Bradford, Flash Gordon....), "Prince Valiant" est officiellement la première Bd historique. Elle est créée en 1937 par Harold Foster en planche dominicale, distribuée par le KFS.

C'est la fresque de chevalerie dans toute sa splendeur, traversée par le souffle des romans de chevalerie arthurienne, pleine de fougue et de noblesse à laquelle le dessin racé, minutieux, élégant et finement travaillé de Foster apporte beaucoup. Son scénario, basé sur une documentation abondante, construit sur une longue période, n'emploie jamais la bulle, préférant le texte dans l'image, mais ne fait pas pour autant dans l'illustration; il s'agit bien d'une bande dessinée, mais si on se réfère aux codes d'aujourd'hui, elle paraît évidemment atypique dans sa forme, c'est ce qui en fait son charme.

Sa mise en page qui emprunte au langage du cinéma (plongées, contre-plongées, panoramiques...) et son graphisme qui imposent un style nouveau, influenceront les dessinateurs des années 30 et 40. Foster qui avait laissé Tarzan à Burne Hogarth en 1937, a pu se consacrer pleinement à "Prince Valiant", son oeuvre la plus personnelle, dont il réalisera seul ses planches durant plus de 20 ans; il s'est ensuite entouré d'assistants, dont le plus connu est John Cullen Murphy.

Les exploits du héros, le grand souffle de l'aventure de la Table Ronde, les nombreux personnages qui apparaissent au fil des années, donneront à cette bande une vraie dimension, et elle reste aujourd'hui considérée comme un des chefs d'oeuvre de la BD, rassemblant des collectionneurs du monde entier. En France, on l'a découverte avant la guerre dans Hop-là ! sous le nom de Prince Vaillant, puis dans le Journal de Mickey; pour ma part, j'en ai peu lu, seulement un vieil album Hachette ou Slatkine que j'avais trouvé chez des amis de mes parents, et ça m'a tout de suite ébloui, malgré la technique narrative; aussi, attention aux jeunes générations qui voudraient essayer cette superbe bande, c'est une pionnière avec des caractéristiques totalement différentes des Bd d'aujourd'hui ou même des années 60 et 70, mais ça ne fait pas de mal entre 2 bandes de fantasy ou comics ou manga de changer un peu d'univers pour voir comment c'était avant, car ce sont des Bd comme Prince Valiant et d'autres pionnières qui ont jalonné le parcours de la bande dessinée pour en arriver à ce qu'elle est de nos jours.
A noter en 1953 une adaptation hollywoodienne flamboyante et très soignée, au casting éblouissant (Robert Wagner, James Mason, Janet Leigh, Sterling Hayden, Debra Paget) et au combat final féroce entre le félon et Vaillant qui brisent littéralement la Table Ronde au nez du roi Arthur; un beau DVD à visionner.

Nom série  Hulk - L'intégrale  posté le 01/08/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cette intégrale reprend tous les épisodes d'origine crées par Stan Lee et dessinés par Kirby, c'est donc celle qu'il faut lire en premier , c'est la génèse d'un personnage que personnellement je n'appréciais que modérément dans les années 70 quand je lisais ses aventures dans son pocket Arédit, et aussi dans Eclipso et certains numéros de Strange en tant qu'invité des autres super-héros Marvel qu'il affrontait ou côtoyait. Il emmerdait assez souvent Spiderman, s'alliait aux Vengeurs, à Thor ou La Chose puis repartait foutre la merde ailleurs. Je trouvais ce héros un peu trop bourrin, mais j'en lisais quand même un peu.

Il est certain que c'est l'archétype graphique des super-héros dessinés par Jack Kirby puisqu'il est perpétuellement en mouvement, agressif, violent, les muscles toujours bandés et le visage plein de rage; Kirby se régalait à dessiner cette boule de nerfs. Il ne connaît pas le succès immédiat en raison justement de la violence inhabituelle des dessins qui surprennent les lecteurs, mais quelques mois après, la bande rencontre un énorme succès qui sera décuplé surtout lorsque le Titan vert se frottera aux grands super-héros de chez Marvel.

La métamorphose de Banner en Hulk reste toujours spectaculaire; cette rage et cette puissance animale sont rendues plus effrayantes par le dessin de Kirby, très agressif. Ses successeurs feront de même, soignant l'aspect bestial et lourdaud du géant vert qui symbolise toute la colère et la rancoeur refoulée au fond de chaque être humain; et plus il s'énerve, plus sa force grandit, réduisant en bouillie tout ce qui se dresse sur son passage. Stan Lee joue sur le côté Jekyll et Hyde de l'être humain avec ce personnage qui n'est pas le super-héros classique protégeant la société, mais sa double identité est commune aux autres personnages du duo de créateurs. D'ailleurs, cette dualité ronge Banner qui une fois redevenu normal, désire être débarrassé de Hulk, d'autant plus que son secret est vite éventé, il devient alors un fugitif effrayé et incompris, traqué par les autorités et surtout le général Ross dont la fille, Betty est amoureuse de Banner.

Après Stan Lee, vont officier au scénario Roy Thomas, Archie Goodwin, Len Wein, Gerry Conway, Chris Claremont, Bill Mantlo ou John Byrne entre autres, tandis que les successeurs de Kirby seront nombreux : Gil Kane, John Buscema, Steve Ditko, Bill Everett, John Romita, Gene Colan, John Severin...bref, toutes les pointures de l'époque. Il y aura aussi en 1980 une Miss Hulk, cousine de Banner, qui intégrera l'équipe des Vengeurs. On se souvient de la série TV Universal en 1978 avec Bill Bixby et Lou Ferrigno (aujourd'hui complètement tartignolle mais qu'à l'époque étant gamin, on suivait anxieux), jusqu'à l'adaptation ciné plus sérieuse d'Ang Lee en 2003, avec un bon Eric Bana, et Jennifer Connelly, mais elle reste peu convaincante; la version du Français Louis Leterrier en 2008, avec Edward Norton est plus aboutie, même si elle comporte aussi quelques défauts. Plus élaborée est la version entrevue dans Avengers en 2012, où le personnage de Banner est finement campé par Mark Ruffalo.

Nom série  Haggarth  posté le 31/07/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Parmi les dessinateurs espagnols des années 70, j'ai toujours bien aimé Victor de La Fuente pour son graphisme réaliste et puissant. Comme beaucoup de ses compatriotes (Palacios, Brocal Remohi, Carlos Gimenez, Jesus Blasco, Bernet, Ortiz...) à cette époque, il travaillera pour l'étranger ( tantôt aux Etats-Unis car leur graphisme était proche des auteurs de comic books, tantôt en France ), notamment chez nous où il fera partie de l'équipe Larousse pour Histoire de France en Bandes Dessinées, et publiera plusieurs bandes de bonne qualité comme le western Sunday (le plus connu), Les Anges d'acier, série d'aventure aérienne pour Pilote, et 2 autres westerns, le sympathique Amargo et surtout Les Gringos (sur scénario de Charlier).

Malheureusement, la plupart de ses bandes ne connaissent que de courtes carrières, ce qui explique un peu pourquoi De La Fuente n'est pas mieux connu du grand public. "Haggarth" ne fait pas exception à la règle, elle reste très confidentielle, pourtant, c'est de la pure fantasy comme je l'aime, c'est à dire dans le style "sword and sorcery" à la Conan.

Haggarth est un guerrier pillard au destin tourmenté, tué au cours d'un combat, et ramené à la vie par le pouvoir d'une sorcière. Cet univers trouble est très proche d'une bande précédente de l'auteur espagnol, Haxtur ; on y croise des démons, on s'y bat férocement, le décor est désolé, et l'errance du héros est un peu semblable à celle de Conan.

De La Fuente utilise l'atmosphère ombrée qui renforce l'angoisse de certaines scènes, et fait preuve d'une virtuosité graphique remarquable dans le noir et blanc, qui me font regretter qu'il n'ait pu poursuivre cette bande envoûtante et épique, que j'avais découvert en 1978 dans le mensuel A Suivre. L'édition de cette intégrale avec en plus des récits inédits (parus seulement en Espagne) est donc une aubaine pour s'immerger dans ce monde chaotique.

Nom série  Udolfo  posté le 31/07/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Encore une éphémère série écrite par A.P. Duchâteau pour Eddy Paape, qui imagine un scénario basé sur le fantastique dans le Paris de la fin du XVIIIème siècle. A l'époque de son apparition en 1977 dans Tintin Sélection, je n'avais guère prêté attention à ce personnage qui évoluait alors dans de courts récits, avant d'entamer un unique récit long l'année suivante dans le journal Tintin.

Et puis au cours d'une foire aux livres, je trouve l'album à très bas prix et décide de m'y intéresser. Je fus à demi conquis, ce maître Udolfo confronté à des cas mystérieux n'est pas vraiment convainquant, le personnage reste fade, c'est dommage, car le dessin y est soigné, réalisé avec le concours d'Andréas alors assistant de Paape, (peu avant qu'il ne crée sa propre bande, Rork), et malheureusement, sans doute par manque de temps, Paape ne reviendra pas sur cette série avortée qui aurait sûrement gagné à être développée, car le potentiel d'un Paris mystérieux fourmillant d'étrangeté, était attirant.
Ceci dit, l'album peut s'acheter malgré son air imparfait, car ce qu'on y entrevoit reste intéressant.

Nom série  Les Bidochon  posté le 31/07/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Ce couple de Français moyens qui se fourvoie dans les tracas de la vie quotidienne apparaît d'abord en tant que personnages secondaires des aventures de Kador, leur chien philosophe et cultivé, dès 1977. C'est l'année suivante, que Robert et Raymonde Bidochon accèdent au statut de héros de leur propre bande, où progressivement, Kador disparaît à leur profit.

D'un trait simple, proche de Loup, Binet fustige toutes les petites tares et les défauts qu'on voit chez les autres, tous les soucis et les bévues du blaireau ordinaire, avec un humour féroce et parfois cruel, en abordant des thèmes bien franchouillards : joies des H.L.M. et du voisinage, les vacances, les relations administratives avec la sécu et autres organismes, les voyages à l'étranger avec tous les à-priori que cela comporte, la télé, l'érotisme conjugal, la vie de famille et son côté pantouflard, l'informatique.....tout est passé à la moulinette avec une dextérité et une justesse sans égale, à travers ce couple drôlatique qui reflète d'une façon placide et exemplaire le parangon de la bêtise, en qui personne ne veut évidemment se reconnaître.

Binet va même parfois un peu loin dans ses descriptions, mais il est finalement si proche de la vérité que la série reste un grand succès de l'humour, véritable vedette de Fluide Glacial, à tel point que le nom propre des Bidochon en devient commun pour désigner un individu médiocre, abêti et très beauf, caractéristique d'une certaine France profonde. Car le pire, c'est qu'on rit des turpitudes laborieuses de ces pauvres crétins, heureux dans leur petit univers étriqué, mais aussi bien attachants.

Je place cette série à peu près à égalité avec les gags d'Edika et la Soeur anti-conformiste de Maëster pour la force de l'humour et surtout la qualité depuis tant d'année (malgré quelques faiblesses); c'est pourquoi tous les tomes n'étant pas absolument indispensables, il faut en posséder quelques-uns, et je recommande surtout En Vacances, et En H.L.M. qui ont su capter tous les déboires et situations auxquels on a tous été un jour ou l'autre confrontés.
Une Bd d'humour de haut niveau.

Nom série  Le Grand Duduche  posté le 31/07/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Une chevelure hirsute, de petites lunettes rondes, un accoutrement qui doit plus à la fantaisie qu'au laisser-aller, ce grand échalas candide et naïf représente à sa création en 1962 le prototype d'un certain style de potache, peu assuré et mal dans sa peau.
Au départ, Duduche apparaît épisodiquement dans une rubrique du journal Pilote titrée Carnets de croquis, puis l'année suivante, il possède sa propre page, d'abord en noir et blanc, puis en couleurs. Je m'en souviens très bien vers 1968, cette page était en général située en dos de couverture du journal, c'était donc la première que je lisais avant d'ouvrir mon Pilote.

Avec cet adolescent non violent, solitaire, un peu marginal, parfois victime, et amoureux de la fille du proviseur, Cabu se met en scène, il a prêté son physique à son héros, et propose une Bd originale où il conte ses souvenirs scolaires et exprime son désaccord avec une certaine société, le pouvoir et la force. Cette chronique de la vie lycéenne des années 60 semée de gags, permet à son auteur de placer Duduche en contact avec cette société qui est tour à tour bête, hypocrite, impitoyable... à travers une galerie de personnages rigolos comme son proviseur, ses profs, ses camarades, sa concierge...

Le dessin est caricatural et plus proche du dessin d'humour que la bande dessinée, le format des cases est d'ailleurs éclaté, mais la bande est très réaliste dans son esprit. J'aimais bien ces chroniques, même si les gags ne faisaient pas mouche à tous les coups, et lues maintenant, ça me replonge dans une scolarité obsolète que j'ai un peu connue, bien plus sympa que celle que connaissent les jeunes aujourd'hui. L'ennui, c'est qu'elle est justement trop typée sixties, et peut ne pas plaire au jeune des années 2000 qui n'aura que peu de repères sur cette époque, à moins d'être bien informé.

En 1972, Duduche quitte Pilote pour Charlie Hebdo, cette fois, la chronique des lycées est celle des années 70, visant l'engagement politique et annonçant "Mon Beauf'" ou d'autres bandes de Cabu; Duduche devient alors plus adulte et perd sa fausse naïveté qui faisait son charme. Il apparaît ensuite dans d'autres oeuvres de Cabu au milieu des années 80, et reste non seulement comme son seul personnage sympathique, mais en ayant contribué au succès de Pilote auprès de la jeunesse étudiante, il est devenu le précurseur du mouvement soixante-huitard. Duduche, c'est le reflet d'une époque.

Nom série  Ray Banana  posté le 31/07/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Le début des années 80 est propice à une quantité de nouveaux héros policiers, c'est le cas de Freddy Lombard, Phil Perfect, Raffini, Torpedo, et Ray Banana, privé U.S. évoluant dans l'Amérique insouciante qui à première vue est celle des fifties, avec ses grosses bagnoles aux chromes agressifs, son mobilier design clinquant, mais en fait, l'architecture est plutôt moderne, si bien que le décor est quasi intemporel, nourri de références et de clichés sur l'idée que se font les Européens d'une Amérique idéalisée, propagée par de nombreux films.

D'ailleurs, l'inspiration ici est très cinématographique. Le personnage, au physique de Clark Gable, avec sa mèche en bataille, son air blasé qui traîne son blues et la fatigue de ses nuits blanches derrière des lunettes noires, est comme une icône de cinéma. Ray est souvent aux prises avec des femmes fatales et des tueurs redoutables, au sein d'enquêtes assez compliquées, mais il parvient toujours à se sortir des pires situations.

L'essentiel ici n'est pas l'histoire, ni les personnages, mais bien plutôt le décor, destiné à éblouir et à régaler la vue, ce qui donne à cette bande un petit côté maniériste. Je la déconseille aux adeptes des scénarios linéaires, car c'est un festival de situations s'accumulant sans trop de rationalité.

Dessinée à partir de 1980 dans le mensuel A Suivre par un Ted Benoit en grande forme, qui ne résiste pas aux clins d'oeil à Hergé (dans Berceuse électrique, son héros bouscule Tintin), elle adopte un graphisme très esthétique de style Ligne Claire d'une pureté très hergéenne, mais aussi inspirée par Joost Swarte. La série connaît le succès en surfant sur ce style très en vogue au tout début des années 80, et ce malgré 3 longs récits seulement.
La série peut dérouter, aussi vaut-il mieux tester en biblio avant achat.

Nom série  Stan Caïman  posté le 30/07/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Crée par François Thomas dans Pilote en 1984, ce personnage de playboy animalier passe ensuite dans Charlie Mensuel, c'est là que je l'ai véritablement découvert. C'est un crocodile aventurier qui évolue au milieu des humains comme le faisait Prémolaire de Mouminoux, mais à la différence de cette bande à l'humour gentillet, "Stan Caïman" est une Bd à l'humour adulte typiquement représentative des bandes des années 80 comme Lucien ou certaines bandes humoristiques diffusées dans l'Echo des Savanes.

Stan n'est pas une victime comme Prémolaire, c'est un séducteur cynique et jouisseur qui mène une vie de luxe dans des palaces et les endroits à la mode, tombant à tour de bras de pulpeuses pin-up à très fortes poitrines, très attirées par ses performances sexuelles. Pourtant, il traite les femmes avec mépris, c'est un pur macho.

Autre différence avec Prémolaire : celui-ci exhibait sa peau verte, alors que Stan est vêtu à la dernière mode, avec des costumes aux épaules très carrées, très représentatifs de la mode branchée des années 80, qu'on retrouve un peu dans la série policière Phil Perfect de Serge Clerc.

Le trait moderne agaçait le lecteur que j'étais, habitué aux jolis contours et à la lisibilité, mais il avait son charme et se voulait assez proche de la caricature, l'essentiel étant ici surtout le fond, où l'auteur se moque dans un ton satirique d'une certaine société. Cette société étant celle parfois superficielle des années 80, la bande peut avoir mal vieillie et rebuter les générations actuelles, au mieux, elle fait figure de document. A tester avant achat.

Nom série  Soeur Marie-Thérèse  posté le 30/07/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Avec sa silhouette bien enveloppée et son visage poupin, voici une religieuse peu fréquentable, aux manières rudes, aux penchants qui frisent le péché (picoler au bistrot, fumer des joints, gueuler après les chieurs), et au langage d'une verdeur joviale. Mais la brave soeur des Batignolles qui se moque du ciel et de l'enfer, cache pourtant un coeur gros comme ça et aide bien souvent des malheureux.

Fustigée par sa Mère-sup, elle est en réalité allergique aux bondieuseries ridicules et à la bigoterie exacerbée. Maëster se moque de la religion chrétienne (et de son hypocrisie) sous le couvert de l'humour, et montre que c'est finalement la charité, la générosité, les bonnes actions et l'amour du prochain qui comptent. Il y a dans ma famille des grenouilles de bénitier qui s'arracheraient les cheveux de la tête s'ils lisaient ces courts récits qui ont d'ailleurs valu à son auteur quelques petits ennuis avec l'Eglise.

Mais le véritable atout de la bande, c'est bien le dessin de Maëster : avec un crayon à l'expressivité caricaturale fort habile et très soignée, un trait vigoureux, inspiré de Gotlib et de Coyote, il donne dans l'humour extrêmement vachard envers la religion, et manie la provoc avec brio. A cette qualité graphique rare dans les Bd humoristiques modernes, s'ajoutent une foule de détails, des fonds de cases qu'il faut bien regarder parfois, des têtes connues....bref, sa soeur anti-conformiste reste pour moi une des bandes les plus drôles de Fluide Glacial, et tout à fait dans l'esprit de ce journal.
Il n'est pas nécessaire d'acheter toute la série (à moins d'être totalement fan), mais 1 ou 2 albums suffisent pour capter toute l'irrévérence subtile de cette bande.

Nom série  Hans  posté le 30/07/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
On se demande comment Rosinski a pu trouver le temps de créer cette série entre 2 Thorgal, qui débute en 1980 dans le journal Tintin et se poursuit dans Hello Bédé! Mais la véritable surprise, c'est Duchâteau qui est bien connu comme spécialiste de scénarios policiers, et qui ici, ajoute une corde à son arc avec ce mélange de SF et d'heroïc fantasy.

Le trait de Rosinski qui s'est sans cesse amélioré sur Thorgal, atteint ici une sorte de perfection qui sied bien à ces décors et à ces créatures étranges, mais tout cela ne me passionne guère; ces univers d'apocalypse peuplés de tyrans et de peuples à écailles comme les Xanaïens, malgré des détails insolites et imaginatifs, n'ont pas retenu mon attention, j'ai l'impression d'avoir vu ça plein de fois en BD et à l'écran. Pourtant, le changement de dessinateur n'est pas perturbant, Kas étant l'assistant de Rosinski, il est fidèle à son graphisme.

Je n'ai pas pu lire la totalité des albums en bibliothèque, mais ce que j'en ai vu m'a suffi, c'est des mondes trop abstraits pour moi, qui ne me parlent pas et ne m'attirent pas; je pense néanmoins que ça doit passionner les fans du genre car la bande possède des qualités graphiques incontestables et même narratives. En cas d'achat, à tester avant pour éviter une déception.

Nom série  Yann le Migrateur  posté le 30/07/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Ce personnage de pacificateur de l'espace n'a pas eu le succès qu'il méritait. La série était pourtant ambitieuse et reposait sur un concept déja utilisé ailleurs : celui de l'être humain condamné à errer à travers l'espace. Ici, Yann est chargé d'une mission, celle de repérer des planètes où règnent le désordre, les conflits ou le danger, et d'y ramener le calme, avec diplomatie et sans violence.

C'est donc un conciliateur qui veille à maintenir la paix dans le cosmos, à travers cette odyssée sans fin qui l'amène à vivre des aventures parfois mouvementées et à combattre l'oppression de tyrans mégalos, de savants fous ou de robots. Son vaisseau spacio-temporel, ses téléportations et son petit robot sphérique l'aident habilement dans sa tâche.

Tout cela est traité avec une certaine fantaisie et une naïveté charmante qui amènent une certaine poésie à cette série dessinée finement par Lacroix, qui dans le premier récit, s'inspire graphiquement de Moebius avec son trait hachuré; ensuite, Lacroix trouve son style et imprime un visuel non désagréable. La bande qui avait démarré dans Formule 1 en 1975, a trouvé une sorte de second souffle en 1981 lorsqu'elle est diffusée dans le mensuel Gomme, mais elle reste finalement peu connue du grand public. 5 albums, c'est pas ruineux en occase, ça mérite la redécouverte.

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