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Nom série  Plume aux vents (Les 7 vies de l'épervier - 2ème époque)  posté le 09/05/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Suite plausible de Les 7 vies de l'épervier, « Plume aux vents » m'aura bien plu malgré quelques longueurs en fin de récit.
Je pense qu'André Juillard est un des rares dessinateurs à avoir réellement réussi à s'adapter aux scripts de Patrick Cothias. En effet, avec cet artiste aux pinceaux, je ne retrouve plus dans ces récits la lourdeur narrative, l'aspect prétentieux et le style pompeux de bien d'autres productions du scénariste. Et « Plume aux vents »reste à mes yeux, à égalité avec les premiers épisodes de Coeur brûlé, la meilleure suite de la série mère et oeuvre maîtresse de l'artiste : Les 7 vies de l'épervier.

Premier point fort : la localisation géographique et historique de cette saga.
Deuxième point fort : les personnages bien connus et charismatiques de la série mère.
Troisième point fort : de nouveaux personnages touchants, qui apportent leur pierre à l'édifice.
Quatrième point fort : le rythme soutenu des premiers épisodes. La saga retrouve le style endiablé de l'épervier.

Mais gros point faible : une fin à rallonge, qui casse le dynamisme du récit et qui clôt de manière bien trop poussive le sort d'un des personnages principaux de cette très belle saga.

A mes yeux, la plus grande force de ce récit demeure dans le dessin de Juillard, qui combine élégance, dépouillement et sens du détail. Ces qualités pourraient paraître contradictoires, mais l'artiste parvient à les combiner sous mes yeux ébahis. Du grand Art.

Franchement bien.

Nom série  Les Mauvaises Gens  posté le 09/05/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Avec "Les Mauvaises Gens", Étienne Davodeau illustrait un sujet qui lui tenait fort à cœur.

Malheureusement, ce ne fut pas mon cas. L'émergence d'une conscience ouvrière dans une région bien circonscrite de la France n'est pas à mes yeux un thème passionnant. Il me faudra donc bien des tentatives pour finalement réussir à rentrer dans ce bouquin.

Cependant, une fois le bon état d'esprit trouvé, j'ai bien aimé cette évocation d'une page d'histoire au travers du parcours de gens simples et sincères dans leurs convictions. Étienne Davodeau est toujours aussi doué lorsqu'il s'agit de retrouver l'humain derrière des actes et dans l'évocation d'anecdotes drôles et/ou émouvantes. Le cheminement est bien détaillé, trop même, au risque de parfois me lasser. Le côté positif est que je comprends mieux l'état d'esprit des habitants de cette région. Le côté négatif est que ce livre demeure du domaine de l'anecdote. En effet, il est géographiquement trop localisé pour réellement intéresser le lecteur que je suis. Je n'ai ressenti aucun écho dans mon vécu personnel, n'ai donc pas réussi à me sentir concerné par le sort des personnages principaux, et ceci explique sans doute mon détachement. De plus j'ai toujours trouvé qu'il y avait une énorme différence entre un homme politique à l'échelle locale, plus enclin à agir de manière concrète et un politicien national, bien souvent plus concerné par le fait d'acquérir et de conserver un pouvoir sur les gens que du sort de ceux-ci. Par conséquent, la conclusion de ce livre, si enthousiasmante pour ses personnages principaux, m'aura laissé complètement de marbre.

Au niveau du dessin (en noir et blanc), l'artiste officie dans son style traditionnel, qui (comme il le dit lui-même dans cette bd) sert principalement de support à l'histoire. Étienne Davodeau ne cherche pas à reproduire avec précision un personnage ou un paysage mais parvient souvent à nous en faire ressentir l'âme, et c'est là tout le talent de l'artiste.

Une cote assez sévère donc, du fait de mon peu d'intérêt pour le sujet de ce livre. Je suis cependant convaincu que toute personne concernée par ce thème central trouvera "Les Mauvaises Gens" tout simplement passionnant.

Nom série  Là-bas  posté le 05/05/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Sans crier au génie, j’ai bien aimé ce récit.

Anne Sibran parvient à me faire partager son ressenti vis-à-vis d’un père distant, enfermé dans ses souvenirs et aigri par ce terrible sentiment d’incompréhension. Ce témoignage est à la fois sensible et dense. Le passage du marché, qui explique bien des choses sur les sentiments contradictoires du personnage central (mélange de culpabilité, d’apitoiement sur lui-même et de rejet d’un monde auquel il ne se sent pas appartenir) est une grande réussite et constitue le réel chapitre charnière du récit.

Je suis moins convaincu par le dessin de Didier Tronchet. Non qu’il soit de mauvaise qualité, mais je ne le trouve pas adapté à l’ensemble de la bd. Ce trait épais et caricatural convient bien pour les passages les plus expressifs (dans la tristesse comme dans l’humour) mais demeure moyen dans l’évocation de la nostalgie des « déportés ». Le dessin de Tronchet manque de nuances à mes yeux et exacerbe certains passages qui, à mon avis, auraient mérité un traitement plus pudique, un traitement qu’il parvient toutefois à donner par moment (l’évocation de la maladie de la sœur). Il s’agit donc plus d’une gêne occasionnelle que d’un sentiment généralisé.

En tous les cas, cet album est à essayer par toute personne intéressée par un récit intimiste et humain.

Nom série  Sur la route encore  posté le 05/05/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
La narration à la première personne est assez particulière. En effet, Baru nous met totalement à la place de ses héros et nous donne l’impression de voir à travers leurs yeux. Cette méthode n’a pas que des bons côtés et jette parfois la confusion sur la personne même du narrateur, lorsque celui-ci (ou celle-ci) apparaît dans une case.

Le découpage en plusieurs chapitres, qui nous font passer d’André à Edith, ne favorise pas la cohésion de l’ensemble. En effet, il me faudra attendre la dernière histoire pour enfin pouvoir relier ces deux destins.

Mais chaque chapitre peut être lu séparément. Le point commun ? Tous se résument à la rencontre du narrateur ou de la narratrice avec de fameux cas sociaux dans des lieux habituels pour les voyageurs du bitume (café, restoroute, hôtel de la gare, ou autostop). Le sexe est omniprésent sans être envahissant. Les cas sociaux ont beau être aussi caricaturaux que lourdingues, ils demeurent étrangement touchants (la pitié, sans doute). Je pense que le mérite en revient à Baru, dont la narration douce-amère, cynique et désinvolte est très agréable à suivre. Le ton employé est en effet à mon avis le point fort de l’artiste.

Au niveau du dessin : sans être exceptionnel, il sert bien le propos tant il paraît mal dégrossi (à l’image de ces personnages). Il est toutefois très lisible et bien expressif. En résumé : ce dessin est au service de l’histoire, et non l’inverse.

Un agréable moment de lecture mais un album trop décousu pour que j’en conseille l’achat.

Pas mal, sans plus.

Nom série  La 27ème lettre  posté le 05/05/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Un trait qui ne peut que rappeler les séries de Tif et Tondu ou d'Isabelle, mais une histoire bien plus dramatique : voici en résumé ce qu’est « la 27ème lettre ».

Deux enfants marginalisés (l’un, orphelin, est éduqué par des prostituées, l’autre, Romanichelle, vit dans la roulotte de ses parents) sont confrontés à l’horreur de l’Allemagne nazie. Tous deux sont en quête d’un bonheur simple mais inaccessible, tous deux souffriront d’un destin tragique.

Si le synopsis peut sembler banal, tant le découpage que la narration font de cette œuvre une belle réussite. C’est agréable à lire, en constante progression, vivant et mouvementé. Certes, certains passages m’ont paru maladroits tant ils étaient naïfs, mais dans l’ensemble, « la 27ème lettre » reste à un bon niveau, qu’une fin réussie rehausse encore un peu.

Mais la plus grande qualité de cette bande dessinée réside à mes yeux dans son accessibilité. Sans être enfantine ni démagogique, elle me paraît adaptée à un large public et devrait plaire au plus grand nombre tout en traitant d’un sujet grave avec justesse et profondeur.

C’est franchement pas mal bien (3,5/5 en résumé).

Nom série  Le Coeur en Islande  posté le 04/05/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J’attendais énormément de ce récit. En effet, je partage avec son auteur une filiation avec ces pêcheurs d’Islande, mon arrière-grand-père en ayant fait partie. Les nombreuses anecdotes que m’ont contées mes grands-parents au sujet de ces folles et dangereuses campagnes ont alimentées mon imaginaire d’enfant rêveur durant bien des années. Et aujourd’hui encore, je demeure fasciné par ces aventuriers du quotidien, partant au bout du monde sur de bien frêles esquifs non par goût de l’aventure mais bien pour nourrir leur famille.

Par expérience, je sais que la déception est souvent à la taille de nos espérances. Mais Makyo s’en sort finalement fort bien avec ce récit aux relents biographiques.

On sent dans celui-ci tout le respect qu’éprouve l’auteur pour ces pêcheurs d’Islande, dont ses aïeux firent partie. De ce cadre historique propice au drame, Makyo fait naître une aventure finalement fort basique : un armateur voit dans un enfant trouvé son fils caché, dont il veut faire son héritier, au grand déplaisir de sa sœur, mais il n’est pas seul dans le cas et l’enfant se retrouve bien vite avec trois pères potentiels. Basique donc, mais de qualité. Il est vrai que l’artiste maîtrise aisément ce type de récit (voir Grimion gant de cuir) ainsi que cet univers marin qui lui est familier (familial ?). De plus, l’histoire de son propre père permet à Makyo de nourrir son récit d’une belle tranche d’authenticité. Celle-ci, au travers de la vie quotidienne sur un bateau de pêche, donne une plus-value incontestable à ce « cœur en Islande », qui, sans cette dimension, aurait été somme toute moyen.

Le trait de Makyo reste égal à lui-même : un style réaliste « tordu » aux visages étrangement proportionnés (notamment au niveau des yeux) et cependant séduisant et personnel.

Un bel album que j’aurai finalement plus apprécié par son contexte historique et ses personnages secondaires authentiques que par son intrigue centrale trop classique à mon goût.

A lire. Et achat conseillé à tous ceux que cette tranche d’histoire concerne de près ou de loin.

Nom série  Rails  posté le 04/05/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Un futur hypothétique, qui mêle agréablement diverses époques.
Des convois ferroviaires comme seuls moyens de transport sur longue distance.
Des représentants de l’ordre détestables.
Des gangs rebelles cruels mais finalement humains et accueillants.
Un flic métis, partagé entre ces deux clans, qui optera bien vite pour le plus séduisant.
Du rythme, … beaucoup de rythme.
De l’emphase, … beaucoup d’emphase.
Un dessin en noir et blanc (j’ai lu la version intégrale de la collection Encrages) très lisible mais impersonnel.

Au total, cela donne une série d’anticipation classique, sans beaucoup d’originalité mais d’une grande efficacité. Un très agréable moment de lecture sans prise de tête, et certainement une série à emprunter à l’occasion (et plus si affinité).

Nom série  Nombre  posté le 30/04/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Nombre ou la plus limpide des démonstrations du théorème de Pythagore qu’il m’ait été donné de lire !
Oui, c’est bizarre … mais au final, c’est ce que je retiens le mieux de ce diptyque, par ailleurs assez moyen.
Pourtant, le premier tome était prometteur. Les personnages avaient de la profondeur et l’idée de ce génie difforme et fils de criminel était attirante. Comme d’autres posteurs, j’eus préféré que la série se centre sur lui plutôt que sur la fille du professeur, ou qu’à tout le moins un parallélisme entre leurs parcours respectifs soit illustré.
Le second tome manque de rythme et les personnages adoptent des comportements parfois excessifs qui brisent la magie que « Nombre » parvenait fugacement à faire naître.
Le dessin plutôt quelconque de Egger n’arrange pas mon appréciation d’ensemble. Cependant, c’est ce dessin qui m’avait attiré vers cette série, mais via ces couvertures, que je trouvais bien séduisantes. Le ramage ne vaut malheureusement pas le plumage.
Une œuvre qui aurait pu devenir franchement bien, car tous les ingrédients nécessaires y étaient, mais qui reste moyenne du fait de son développement plutôt médiocre.

Nom série  Broussaille  posté le 29/04/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Cette série eut été culte si elle s’était arrêtée à la fin de ce merveilleux troisième tome.

Les trois premiers tomes sont en effet excellents.
Les deux premiers offrent un dessin franco-belge très doux, assez rond et aux couleurs pastel. Même les maladresses du premier (comme ces poissons pas toujours bien dessinés) me charment. Le troisième (comme les suivants) se modernise, gagne en dynamisme mais devient également plus anguleux. Il est certes plus actuel, mais pas plus charmant pour la cause.
Le héros principal, Broussaille, est très attachant. Poète, rêveur, distrait et disponible (il a toujours une minute à consacrer aux autres), il incarne l’adolescent idéal de bien des mamans. Son évolution au travers des trois premiers tomes est cependant intéressante. Jeune ado peu mature au début, il apprendra à affronter les réalités de la vie au fil des albums pour s’assumer totalement à la fin du triptyque, sans jamais perdre ce regard amusé qui fait tout son charme.
Les histoires offrent souvent un lien avec la nature (la baleine dans le premier, la préservation de la nature dans le deuxième, les chats du troisième), habitude qui perdurera au-delà de ces trois premiers albums. Elles distillent également une poésie étrange teintée de mystère (mysticisme ?), et pourtant accessible à tous, et plus particulièrement aux jeunes ados.
Je trouve que les trois premiers tomes doivent être lus dans l’ordre afin de bien suivre la progression du personnage.
Les tomes suivants se composent d’histoires plus courtes et bien moins intéressantes. Elles retiennent surtout l’attention du lecteur grâce au souvenir des précédents épisodes, mais cette brume charmeuse a tendance à rapidement s’évaporer pour ne laisser que de brèves histoires anodines.

Culte, pour les trois premiers, et (objectivement) bof pour les suivants …

Paradoxe : je râlais que la série semblait avoir pris fin au terme du troisième tome, je râle maintenant qu’elle ait continué. Suis-je un éternel insatisfait ?

Nom série  Chute de Vélo  posté le 29/04/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Avec « Chute de Vélo », j’avais eu l’impression que, pour la première fois, Etienne Davodeau s’était réellement appliqué à rendre son dessin plus présent. Dans ses œuvres antérieures, en effet, ce dessin sert bien plus de support à l’histoire que de séduction graphique. Le style reste identique mais l’effort est à souligner : « Chute de Vélo » n’est pas seulement agréable à lire, il est également agréable à regarder.

Ceci dit, la force de cet auteur demeure dans son art de l’anecdote. Etienne Davodeau a ce don particulier d’aller chercher ce petit quelque chose qui rend ses personnages si humains. Par moment amusante (le récit de l’accident d’un des frères pas ses propres soins), grave (la révélation tout en pudeur du maçon), ou émouvante, la narration est le point fort de cet artiste. L’histoire souffre bien de deux ou trois faiblesses et d’un patos parfois excessif (les révélations de l’ami de la famille par exemple), mais ces personnages sont si attachants qu’on pardonne facilement à Etienne Davodeau ces petites facilités scénaristiques.

Cet album se révèle être un très agréable moment de lecture dès l’instant où l’on ne recherche pas la petite bête.

Vraiment bien.

Nom série  Pourquoi j'ai tué Pierre  posté le 29/04/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
En règle générale, je n’aime pas le style d’Alfred. Je le trouve trop sommaire, trop brut et manquant cruellement d’élégance. Mais ce style s’accorde parfaitement avec la retranscription de faits, qui semblent alors pris sur le vif. Résultat : le dessin devient très parlant et illustre à merveille les propos d’Olivier Ka. En résumé, même si ce style ne me plait guère, je le trouve tout à fait adéquat dans le cas présent.

Je soulignerais également le passage composé de photographies, qui rattache cette histoire à sa réalité matérielle (les auteurs semblent nous dire : « ces lieux existent : en voici la preuve ! »)

Au travers de ce récit, Olivier Ka avoue avoir eu pour objectif d’effectuer une psychanalyse à bas prix. En effet, pourquoi payer un professionnel de l’écoute lorsque les lecteurs sont eux-mêmes ravis d’ouvrir leurs portes-monnaies pour se substituer à ce dernier. Si le principe peut sembler discutable, il n’est cependant pas nouveau et bien des autobiographies sont curatives pour leur auteur. Olivier Ka a seulement la maladresse (l’honnêteté ?) de l’inscrire en toutes lettres.

Reste que pour nous intéresser, l’histoire doit être intéressante et bien racontée.
C’est le cas présentement !

Olivier Ka déstructure adroitement l’enchaînement des événements qui l’entraîneront dans cette spirale autodestructrice. Malheureusement, à force de centrer le récit sur sa seule personne et son ressenti, il m’aura frustré de certaines réponses (Fut-il la seule victime de Pierre, par exemple) et apparaîtra sans doute à certains lecteurs comme fortement égocentrique. C’est le seul reproche que je ferais à ce récit autobiographique par ailleurs émouvant et finement structuré.

Achat conseillé aux amateurs du genre.

Ah oui, j'oubliais : la couverture est magnifique, avec ces deux visages confondus.

Nom série  Révélations posthumes  posté le 29/04/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Acquise à une époque où je vénérais Andreas, cette bande dessinée me parait aujourd’hui sans grand intérêt.

Le dessin semble être le travail de fin d’étude d’un élève très doué. Proche de la lithographie et des gravures du XIXème, le trait en noir et blanc surexploite les hachures mais apparaît bien souvent trop sombre et parfois confus. On jurerait qu’Andreas a reproduit une série de photographies via cette singulière technique. Guère convaincante au début, Andreas la maîtrise de mieux en mieux au fil de ces courtes nouvelles pour finalement approcher le style qu’il utilisera par la suite (mais sans jamais atteindre le niveau d’un Cromwell Stone). Les visages, par exemple, au départ forts réalistes, deviennent de plus en plus caricaturaux (et intéressants).

Les textes de Rivière servent de support à ce dessin, qui demeure le but véritable de l’album. En effet, les histoires manquent cruellement d’originalité et de passion pour que l’on s’y attache réellement. Utiliser des personnages célèbres et illustrer un passage prétendument étrange de leur existence n’était pas une mauvaise idée. Malheureusement, on oscille entre la biographie sans intérêt, l’anecdote anodine et le conte fantastique de série Z. La narration est poussive et, par moment, vraiment pénible, sentiment accentué du fait d’une mauvaise impression (les lettres paraissent par moment à moitié effacées).

Restent les illustrations d’Andreas. Mais (comme je l’ai déjà dit) il a fait bien mieux depuis.

Pour fans exclusivement (et encore …)

Nom série  La Ville qui n'existait pas  posté le 28/04/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Un critique social encore incroyablement actuelle supporte un scénario finalement fort basique de Christin. Les personnages sont caricaturaux, les situations sont convenues et le dénouement est prévisible.
Le dessin de Bilal est égal à lui-même (pour les œuvres de cette époque) : énormément de hachures, un style assez carré mais un charme étrange et indéfinissable.
L’ensemble se lit sans ennui et plaira sans aucun doute aux soixante-huitards, qui retrouveront au travers de cette lecture leurs doutes et leurs espérances de l’époque.

Une œuvre de musée … d’actualité, car finalement rien ne change en ce bas monde.

Nom série  Rester jeune à tout prix  posté le 28/04/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Un thème porteur, quelques bonnes idées, un dessin dynamique, des couleurs tape-à-l’œil, des dialogues vifs et (parfois) accrocheurs : une bd de Jim et Fredman, quoi …

Se farcir l’entièreté de l’album d’une traite risque de vous faire piquer du nez tant certaines situations sont répétitives, mais c’est le genre de truc que vous lirez sans peine dans une grande surface tandis que madame s’occupe des provisions de bouche.

Jim manque trop souvent de pertinence pour que nous nous reconnaissions dans ses personnages, même si certaines idées auront fait mouche chez moi (et notamment le gag illustré dans la galerie).

Pas mauvais à faible dose.
Indigeste en cas d’excès.

2,5/5.

Nom série  Solo (Dargaud)  posté le 28/04/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Alors, là je râle …

J’avais grandement apprécié ce premier tome d’une série prometteuse. C’était il y a … 15 ans. Depuis, la série a été abandonné, un sentiment d’abandon que je partage (Ouiiiinnn !!!)

Solo, c’est l’histoire d’un français moyen qui, suite à une rencontre, décide de tout lâcher pour partir en pèlerinage.
Vers où ?
Pour quelle raison ?
Dans quel but ?
Quelles nouvelles rencontres fera-t’il ?
Quel(s) secret(s) cache-t’il ?
Qui est-il réellement ?
Je ne le saurai sans doute jamais, et je le regrette.

Car ce premier tome était prometteur.

Aux commandes :
- un scénariste de talent, qui parvenait ici à créer une histoire originale peuplée de personnages attachants qui, bien souvent, cachaient sous des traits fort simples des caractères plutôt complexes. Ce Solo était une très belle introduction à une aventure du quotidien. En cela, je le rapprocherais d’un Lulu Femme Nue. Les dialogues et réflexions sonnaient souvent justes et rendaient cette série très humaine.
- un dessinateur de talent, qui illustrait d’une manière simple et dépouillée cette histoire de rencontre. Sternis a un style frais et lumineux qui dotait cette série d’un charme réel. Pas de grande démonstration mais une ligne soignée et lisible.
Les deux nous offraient alors une introduction prometteuse à une série originale.

Et puis, plus rien …

Rien de rien …

Sniff, ...

Nom série  La Hache et le fusil  posté le 28/04/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Première histoire de la collection « La Mémoire des Arbres » de Servais, La Hache et le Fusil en déterminait la ligne de conduite, le ton et la forme. Un fait divers réel, un village gaumais, une histoire où s’entremêlent amour, vengeance et ruralité.

Il faut avouer que le cas proposé ici est bien gratiné : un drame véridique issu d’une étrange histoire d’amour (de pouvoir ?) entre un loqueteux inculte et une intrigante à la cuisse légère.

Au niveau du scénario, Servais est assisté de deux auteurs. Je ne sais si c’est dû à leurs apports mais j’ai trouvé l’histoire à la fois bien contée, bien documentée et bien rythmée. En règle générale, je trouve les scénarios de l’auteur un cran en dessous de son dessin, mais, dans le cas présent, ce serait plutôt l’inverse.

En effet, le dessin de Servais n’est pas d’égale valeur avec d’autres de ses œuvres. Je crains que l’histoire ne comporte trop de passages en intérieur (maisons, prisons, églises, palais de Justice) pour me séduire. Car si j’admire le trait de cet auteur, ce sont souvent les passages dans lesquels il illustre un arbre, une forêt, un oiseau, un paysage gaumais ou un frais visage féminin qui m’enchantent le plus. Ceux-ci sont malheureusement trop peu fréquents dans le cas présent pour provoquer mon contentement. De plus la colorisation est assez terne.

Une œuvre moyenne donc (une fois de plus) mais qui (une fois n’est pas coutume) m’aura plu séduit par son histoire que par son dessin.

Un bon 2/5 ou un petit 3/5, j'hésite...

Nom série  Janet Jones  posté le 28/04/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
C’est avec plaisir que j’ai retrouvé Duval (Les Lutins) au dessin : un trait semi-réaliste assez rond, très détaillé mais jamais confus, à l’aise dans tous les domaines, du visage aux paysages en passant par les scènes peu éclairées.

L’artiste illustre ici un scénario de Dieter, un auteur sensible qui aime laisser le premier rôle à ses personnages plutôt qu’à l’intrigue.

Trois tomes durant, nous accompagnerons donc Janet Jones, photographe de son état et femme de caractère, partie à la recherche d’un ouest américain authentique (nous sommes encore à l’époque du Far-West, des pionniers, des chercheurs d’or, de hors-la-loi sans scrupules et d’indiens belliqueux).

La narration à la première personne n’est pas très originale, pas plus d’ailleurs que les intrigues développées. Le ton est généralement doux-amer et l’action plutôt lente laisse le champ libre à l’ambiance. Mais les personnages ont des caractères souvent intéressants, qui expliquent parfois des comportements extrêmes (Empereur Jack, par exemple). De petites trouvailles scénaristiques permettent également de tenir le lecteur en haleine, sans pour autant le laisser sans voix.

Trois tomes, donc, pour trois histoires au décor classique. Jugez plutôt :
- un convoi de pionniers dans le premier tome ;
- un village minier et son despote dans le deuxième ;
- une bande de hors-la-loi traqués par de sordides gardiens de l’ordre dans le troisième.

Une série qui n’aura sans doute rien apporté de plus à la littérature du genre, mais qui m’aura bien plu par son humanité et ses intrigues très classiques mais bien ficelées.
A lire, à l’occasion.

Nom série  Lloyd Singer (Makabi)  posté le 24/04/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Surprenante, très surprenante série que ce Lloyd Singer, alias Makabi !!!

Dans le premier cycle, Luc Brunschwig nous présente une sorte de super justicier. Lloyd Singer, en effet, sous ses dehors des plus quelconques, cache un double des plus redoutables. Mais sa personnalité serait bien pauvre s’il ne s’agissait que de cela. Car notre gaillard, outre le fait d’être juif américain, grand frère responsable d’une famille de névrosés (une de ses sœurs est anorexique mais les deux autres membres de la fratrie ne valent guère mieux), sait parler et surtout écouter les femmes.

Ça n’a l’air de rien, comme ça, mais ce genre de profil permet de faire se rencontrer deux types de bande dessinée : d’une part, la bande dessinée d’action classique, du type Largo Winch, avec un héros solide, des méchants immondes, des courses poursuites et bien entendu, de l’action, beaucoup d’action, mais d’autre part, la bande dessinée psychologique qui s’inquiète de la personnalité de ses acteurs, en nuance les profils est très présente également. On s’inquiète de la manière de penser de tous les personnages, on remarque leur fragilité, leurs failles, on partage leur passé pour comprendre leur réalité présente. Oui, les « vilains » peuvent être d’immondes crapules, ils peuvent aussi ne pas répondre à cet archétype. Oui Makabi peut sembler sûr de lui… il peut ne pas l’être pour autant. C’est d’ailleurs de ce genre de profil paradoxal que se nourrit un deuxième cycle encore supérieur au premier.

Je craignais pourtant une chute d’intérêt dès que le héros allait tomber le masque. Il n’en est rien puisque l’histoire rebondit sur les difficultés pour celui-ci de faire coexister ses deux personnalités. Lloyd Singer en devient encore plus touchant et plus fragile.

Ajoutons à cela que les intrigues sont bien menées et très différentes d’un cycle à l’autre. Si, dans le premier, la trame de fond est très classique et sans réelle surprise, dans le deuxième, cette intrigue ne cesse de changer de centre d’intérêt. En trois tomes, ce centre d’intérêt se déplace de la victime d’un tueur en série à Lloyd Singer pour aboutir enfin à la personnalité du tueur en série lui-même. Ce deuxième cycle est donc beaucoup plus psychologique et l’action n’y est plus aussi présente que dans le premier. Mais quelle richesse dans ce développement psychologique, justement !

Le dessin d’Olivier Neuray est d’une agréable qualité. Dérivé de la ligne claire, il est très lisible, type bien les personnages et fait montre d’efficacité dans les scènes d’action. Les expressions du visage sont également bien reproduites, ce qui est important dans le cas présent. Seul reproche : un certain vide dans les décors, un sentiment encore accentué par le passage à un plus grand format. Le changement d’éditeur a également entrainé une modification de la colorisation, me semble t’il et je préférais le style plus nuancé de chez « Dupuis » mais je me suis vite fait au style « Grand Angle » et la qualité du scénario a totalement occulté les petites faiblesses du graphisme.

J’attends maintenant avec impatience la suite de ces aventures. Makabi est devenu un de mes personnages de papier préférés, à l’instar d’un Joshua Logan (« Le Pouvoir des innocents ») grâce à ses failles, sa conscience morale et ses conflits de personnalité. J’avoue avoir vraiment hâte de recevoir de ses nouvelles !

A ne pas manquer, selon moi !

Nom série  Jules Verne - Voyage au Centre de la Terre  posté le 22/04/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Mwouaips, bof...
Adapter un roman de Jules Verne n’est pas une entreprise évidente. Réduire Voyage au centre de la terre à deux tomes de 40 planches chacun est une entreprise suicidaire.
Les auteurs se sont donc retrouvés dans l’obligation d’élaguer au maximum l’œuvre pour n’en garder que la quintessence. Ils s’en sortent honorablement et la formule proposée aura le mérite d’être accessible au plus grand nombre. Facile à lire, privilégiant l’action et l’humour au détriment de la réflexion scientifique et du suspense, cette bande dessinée plaira sans doute aux plus jeunes.
Le dessin de Laverdure est une ligne claire simple mais de qualité. Il est très lisible mais maladroit dans les moments les plus dynamiques.
Je ne peux malheureusement m’empêcher de comparer le présent objet avec l’œuvre mère, cause de ma déception profonde.
Digne de certaines adaptations cinématographiques américaines (les plus maladroites), sans plus.

Nom série  Halona  posté le 22/04/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Un secret de famille, des métis indiens, un tueur en série et les grands espaces made in USA : de bons ingrédients pour ce classique cocktail. L’intrigue est plaisante et joue sur une gamme bien connue : les jumeaux qui s’ignorent.
La conclusion est par contre complètement ratée à mes yeux et fait cruellement chuter mon appréciation d’ensemble. C’est regrettable, car l’ambiance créée, sans être très originale, m’avait séduit.
Au niveau graphique, le trait de Berthet est très ligne claire, bien lisible mais manque (un peu) de profondeur. Le travail est très propre et soigné mais ce n’est pas mon style préféré.
Du même dessinateur et dans la même collection, je lui préfère Sur la route de Selma, au scénario autrement solide et à la conclusion... convaincante (ce qui n’est pas le cas du présent opus).
Pas mal, sans plus.

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