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Nom série  Simon Nian (Les aventures de)  posté le 11/06/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J’ai senti tout le respect que les deux auteurs éprouvent envers le génial et regretté Tillieux. Simon Nian est empli de références au grand maître et le soin apporté à cet hommage est à souligner (style narratif, galerie des personnages, graphisme, lettrage, humour, rien n’a été laissé au hasard).

Malheureusement, dans mon chef, la sauce n’a pas pris. L’album n’est pas mauvais, loin de là, mais je me suis retrouvé en décalage avec ces étranges et peu crédibles intrigues.

Premier décalage : les auteurs ont eu le souci d’actualiser la série, et son vocabulaire s’en ressent.

Deuxième décalage : les intrigues policières partent de postulats proches du ridicule. C’est trop peu crédible pour m’accrocher.

Troisième décalage : l’humour est plus gras et moins naïf que dans les séries de Tillieux.

Mais si cette série m’a déçu, c’est parce que je suis un grand fan de Tillieux et de ses personnages, Gil Jourdan et Félix en tête. Par conséquent, la comparaison avait peu de chance de tourner à l’avantage de cette talentueuse équipe (car, j’insiste, ils ont beaucoup de talent).

Subjectivement, ma cote serait de 2/5, mais, objectivement, je vais lui mettre un 3/5, car le soin apporté à cet hommage le mérite. Et si cette cote contribue à inciter de jeunes lecteurs à découvrir cette série, ainsi que celles qui l’ont inspirée, je serai le plus heureux des hommes.

Nom série  Miss Pas Touche  posté le 11/06/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Je ne suis pas très sensible au style graphique de l’école Sfar/Trondheim, école à laquelle je raccrocherais Kerascoët. Toutefois, j’avais bien aimé le soin apporté au premier tome de cette série. Ce trait faussement naïf, mais fignolé, m’avait en tous les cas suffisamment séduit pour que je tente l’achat d’un album dont on me disait le plus grand bien.

Et il faut avouer que ce premier tome est vraiment très prenant ! Si l’idée de départ est assez classique (un tueur en série sévit dans le Paris des années ’30, et la sœur d’une des victimes décide de mener l’enquête), son traitement, très original, nous sort des sentiers battus pour nous conduire au bordel (dans le sens premier du terme, et en tout bien tout honneur, car c’est une vierge qui entend bien le rester qui nous sert de guide).

L’intrigue est rondement menée, les indices sont distillés avec soin, favorisant fausses pistes et supputations. Résultat : au terme de ce premier tome, je n’attendais qu’une seule chose : la suite !

Et là, bardaf, c’est l’embardée …

Déjà, la couverture m’avait fait tiquer. Et dès ouverture du présent objet, je ne peux que constater : Kerascoët n’apporte plus le même soin à ses planches. L’ensemble manque de finition, et ce trait qui avait fini par me séduire au terme du premier tome me rebute dès le début du deuxième.

Toutefois, la qualité du scénario suffit à maintenir mon attention. Je ne délaisserai l’objet qu’au terme de ce deuxième (et excellent) opus. Et (joie profonde), celui-ci se clôt sur une véritable fin. La série est à son terme, et je n’aurai donc pas à craindre un troisième tome au graphisme décevant …

… Un troisième tome est paru. Malgré tout le bien que je pense des deux premiers (au niveau du scénario, en tous les cas), j’ai préféré m’abstenir. La peur d’être déçu l’a emporté sur l’affection que je finis par éprouver pour cette charmante héroïne.

Je préfère donc rester sur une (très) bonne impression. 4/5 pour le premier cycle, malgré un dessin trop peu soigné à mon goût dans sa deuxième partie.

(achat conseillé pour les deux premiers tomes).

Nom série  Passe-moi l'ciel  posté le 10/06/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Voici une petite série qui n’avait, à la base, pas d’autre vocation que de remplir le journal de Spirou mais qui, succès aidant, est sorti du journal pour paraître sous la forme d’albums.

Alors, autant ces gags me faisaient rire à faible dose, autant, s’enfiler un ou deux albums d’affilée me parait indigeste.

J’aime pourtant l’humour de Janry (Le Petit Spirou), qui sévit ici sans son complice Tome, et ce même si son style est très caricatural et ses personnages convenus. De plus, le trait de Stuf (extrêmement expressif) convient bien à cette série qui, faute de décors, centre sa force humoristique et graphique sur l’expressivité des visages (et il faut avouer que Saint-Pierre a une tronche très réussie).

Une série à emprunter en bibliothèque, et à feuilleter avec parcimonie. Sous cette condition, elle est franchement pas mal.

Nom série  Les Paparazzi  posté le 10/06/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Série humoristique à la sauce Cauvin, ces paparazzi ne m’auront pas vraiment convaincu.

Ce duo de photographe à la recherche du scoop bien juteux n’est pas antipathique en soi, mais les histoires qu’ils vivent sont trop prévisibles et (surtout) trop répétitives pour me faire rire.

Par contre, cela m’a fait plaisir de retrouver Mazel aux crayons. J’aime son trait clair, rond et énergique, un style qui convient parfaitement à cette série qui multiplie les scènes de courses poursuites (les photographes devant bien souvent fuir leurs victimes afin de garder leurs précieuses pellicules).

Ce séduisant trait est toutefois insuffisant pour que j’attribue une autre cote qu’un 2/5 à cette prévisible et répétitive série (un conseil : si vous aimez le style de Mazel, privilégiez Les Mousquetaires (Caline et Calebasse) à ces insipides paparazzi).

Nom série  La Nuit des Clandestins  posté le 10/06/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Fable alter-mondialiste, cette Nuit des Clandestins m’aura bien plu. Mais si elle m’a séduit, c’est bien plus grâce à l’ambiance sereine qui s’en dégage qu’à la solidité d’un scénario hautement improbable.

Ambiance sereine donc. Et c’est paradoxal puisque les auteurs imaginent une invasion (pacifique, certes) des pays occidentaux par les laissés pour compte (ressortissant des quart et tiers-monde en tête). Une invasion qui parait si cool, si facile, si évidente qu’elle perd toute crédibilité du point de vue du réalisme. Mais puisqu’il s’agit d’une fable, je pardonne aisément cette faiblesse, comme je l’avais pardonnée à une autre œuvre du scénariste, à savoir Le Vaisseau de Pierre.

Il y a d’ailleurs plusieurs similitudes entre ces deux albums (lutte pacifiste des exploités contre les puissants, action d’envergure merveilleusement coordonnée et rondement menée, climat serein accentué par de discrètes notes d’humour, …) et je pense que le lecteur qui aura apprécié le premier devrait également aimer celui-ci.

Au niveau graphique, le style de Ceppi est typique des années ’80. Personnellement, je le trouve trop froid quoique non dénué de qualités. Il est, en effet, élégant, soigné, très lisible et d’une belle expressivité au niveau des regards.

Une fable « façon Christin » pas mal du tout, en somme. 3/5 et un achat conseillé pour les fans du scénariste.

Nom série  Rosangella  posté le 09/06/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Portrait d’une foraine qui tente de mener une vie digne, acceptable, vaille que vaille, embarquée avec ses deux enfants dans une existence sans perspectives, Rosangella est, après Lie-de-vin la deuxième collaboration entre Corbeyran et Berlion que je lis.

A nouveau, nous avons droit à un récit sensible mettant en scène des existences brisées. Ici, c’est le retour du mari prodigue qui sert de ressort scénaristique à l’album. Toutefois, la sauce prend moins bien, et le personnage principal me laissera finalement assez indifférent. Pourtant la structure du récit est bonne et la narration (très classique) frise parfois l’excellence, mais les caractères sont quand même stéréotypés et l’absence de suspense et d’humour font que je suis resté « à l’extérieur » de ma lecture.

Le dessin de Berlion vaut une fois de plus le coup d’œil, principalement pour sa merveilleuse colorisation. Ses visages sont cependant moins réussis qu’à l’ordinaire.

C’est … pas mal … mais (vraiment) sans plus. 3/5 pour la narration, que j'ai fort appréciée.

Nom série  Oscar  posté le 09/06/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Voici une très chouette série pour les jeunes.

Oscar est un petit héros bien sympathique auquel les enfants n’auront aucune difficulté à s’identifier. Les scénarios de Lapière, s’ils nous livrent des histoires sommes toutes très prévisibles, sont cependant très intéressants du fait que l’auteur n’hésite pas à aborder des thèmes d’actualité, dont, principalement celui de l’immigration. Baigné dans la tolérance et l’humour, cette série, j’en suis sûr, accrochera le jeune lecteur aux baskets de ce petit héros aussi débrouillard que menteur.

Le dessin de Christian Durieux se prête bien à la collection. Très lisible et assez rond (surtout dans les premiers tomes), il est facile d’accès et ne devrait rebuter aucun jeune lecteur. La colorisation, sans faire preuve d’originalité, séduira les plus jeunes par sa luminosité.

En définitive, si la série peut paraître très naïve à un lecteur expérimenté, elle séduira à coup sûr le lectorat visé. Dans sa catégorie, Oscar, c’est franchement bien !

A offrir à vos enfants.

Nom série  Les Psy  posté le 09/06/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Une série d’humour qui n’a vraiment rien d’exceptionnel. Les scénarios de Cauvin exploitent jusqu’à plus soif les cas cliniques relevant de la psychiatrie, en n’hésitant pas à tomber dans le gag bateau. Le dessin de Bedu est seulement passable. L’artiste ne peut exploiter son talent dans l’illustration de plaisants paysages (Hugo, Clifton) et se retrouve limité à croquer des personnages aux expressions du visage excessives. Les décors sont la plupart du temps minimalistes et la série a tendance à tomber dans la redondance.

Franchement bof …

Nom série  Bouncer  posté le 09/06/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Voici un excellent western dans la lignée des spaghettis (l’humour en moins).

Avec Bouncer, Jodorowski donne naissance à un personnage charismatique pourvu d’une famille effroyable et déambulant dans un univers sordide. Le far-west de l’artiste est en effet truffé de prostituées, de criminels sans pitié, de sheriffs minables, de brutes avinées, d’étrangers exploités. Après avoir lu d’autres œuvres de l’auteur (Le Lama blanc, Juan Solo), je ne suis qu’à moitié surpris de retrouver certains thèmes qui lui sont chers, comme le passage initiatique ou le principe du repentir du héros et de la rédemption de ses pêchés.

La série se présente sous forme de courts cycles. Un premier de deux tomes qui, au travers d’une histoire de vengeance (le coup classique de l’enfant témoin du massacre de ses parents et qui cherche à se venger) permet au lecteur de faire connaissance avec une partie de la famille du Bouncer (sa mère, ses deux frères, un neveu et une nièce). Un deuxième s’étalant sur trois tomes et qui, … au travers d’une histoire de vengeance (et oui, encore !) nous permet de rencontrer le père du Bouncer. Raconter de la sorte, la série pourrait paraître monotone, mais il n’en est rien. Les aventures sont très prenantes, quand bien même elles reposent sur un canevas extrêmement classique. La narration est d’une efficacité à toute épreuve, dans l’esprit des films de Sergio Leone. L’emphase est donc au rendez-vous et les phrases sentencieuses foisonnent. Mais la série est remarquable autant par l’univers, sordide, glauque et poussiéreux mis en scène que par les très classiques intrigues.

Au dessin, Boucq fait parler son talent. Beaucoup de planches laissent l’espace nécessaire à … l’espace. La sensation de vide est alors tout à fait palpable. D’autres séquences, au contraire, nous rendraient claustrophobes tant la sensation d’étouffement est bien rendue. Les personnages sont très bien typés. Le tout est simplement excellent. Seule petite réserve : les chevaux ne sont pas ce que l’artiste réussit le mieux.

Quoiqu’il en soit, cette série est à découvrir, absolument.

Nom série  Sexual Killer  posté le 09/06/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
A quoi vous attendez-vous avec un titre pareil ? Du sexe et des meurtres ? Bravo ! Vous avez gagné. Peut-être irez-vous jusqu’à penser à un tueur en série, et vous gagneriez une fois encore.

De fait, le scénario de ce polar vaguement érotique tient dans son titre. La surprise n’est jamais au rendez-vous (sauf, peut-être, à la fin, … et encore). C’est assez frustrant dans le cadre d’une histoire policière. Tout le monde n’a pas le charisme d’un inspecteur Colombo, et il est donc toujours délicat de faire reposer la réussite d’un polar sur les seuls personnages. L’héroïne, si elle a de très belles fesses (mais je parlerai du graphisme plus loin), n’est pas très intéressante pour la cause. Elle cache un lourd secret tellement prévisible que la plupart d’entre vous l’auront deviné avant même d’ouvrir l’album.

La narration n’est pas désagréable. Une écriture réfléchie mais insuffisante pour combler les lacunes de ce rachitique scénario.

Reste le graphisme. C’est la partie que j’aurai préférée dans ce Sexual Killer. Le trait de Eberoni est assez troublant. Il s’agit d’un crayonné soigné mis en couleur dans des teintes peu nuancées dont l’audace m’aura souvent conquis. Les décors sont riches et l’héroïne croquée par le talentueux dessinateur est plutôt bien foutue. Par conséquent, les passages érotiques sont les plus séduisants. Ils sont malheureusement frustrants du fait d’un manque de développement.

Bof …

Mais un dessinateur à revoir sur un scénario plus dense.

Nom série  Histoires d'en ville  posté le 09/06/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Voici un bon petit polar bien illustré par un talentueux Berlion (Lie-de-vin, Garrigue).

L’univers des froids et pitoyables faubourgs d’une grande ville (Lyon, pour être précis) sert de théâtre à cette histoire de vengeance, de corruption et de prostitution. Les acteurs n’ont pas été gâtés par dame nature, puisque nous retrouvons dans les rôles principaux un ex-policier devenu alcoolique, un ex-éducateur devenu … alcoolique, un jeune glandeur un peu con (il faut l’avouer), un autre, frimeur et couillon, une bande d’affreux pas très inspirés, un patron de bar plutôt sanguin, un flic bâcleur d’enquêtes et un mafieux local bien plus terrifiant du fait de son instabilité psychiatrique que via ses talents de caïd. Dans ce monde, seules les femmes semblent pouvoir tirer leur épingle du jeu, à commencer par la séduisante et très sensée Karima.

L’histoire est un classique du genre, et ne révolutionnera certainement pas le monde de la bande dessinée policière. Toutefois, certains éléments du scénario m’ont bien plu, à commencer par cette manie d’enterrer tous les macchabés au même endroit. Je fus, par contre déçu par la facilité avec laquelle les principaux « gentils » se sortent de ce sac de nœuds. Autre élément de déception pour moi : l’absence totale d’humour, alors qu’un peu de cynisme ou d’ironie se serait merveilleusement marié avec cet univers.

Comme dans ses autres œuvres, Berlion fait montre d’un savoir-faire graphique réellement impressionnant. Dans un style réaliste mis en valeur par une coloration nuancée très soignée, il parvient à typer les nombreux acteurs de ce polar sans qu’aucune confusion ne soit possible. Ses décors sont également de belle qualité, et participent à la création d’une ambiance miteuse tout à fait adéquate.

Au final, j’aurai passé un agréable moment de détente avec cette petite trilogie noire sans prétention.

Un petit 4/5.

Nom série  Mélusine  posté le 09/06/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
A mes yeux, la réussite de cette série dépend principalement du graphisme de Clarke. En effet, j’avoue un faible pour ce trait simple, efficace et dynamique, … et si naturel. Je n’ai pas le sentiment que ce dessinateur doit forcer son talent pour parvenir à une telle qualité et, les choses simples étant bien souvent les meilleures, c’est sa force.

L’univers des apprenties sorcières n’est toutefois pas mon préféré. Il permet cependant une agréable variation dans ses développements, et l’adjonction de bon nombre de seconds couteaux permettra à la série de garder une certaine fraicheur durant de nombreux tomes.

A l’heure actuelle, le manque de renouvellement se fait malheureusement trop ressentir, et je n’ai fait que parcourir les derniers tomes (depuis le douzième, environ) d’un œil distrait.

Pas mal, à ses débuts, mais maintenant … bof … Mélusine décroche un 3/5 avant tout grâce à son dessinateur, mais aussi à quelques gags vraiment excellents dispersés au cœur des premiers tomes.

Nom série  Garage Isidore  posté le 09/06/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Dans cette si délicate catégorie des séries d’humour à l’univers limité, le Garage Isidore est, pour moi, une très belle réussite.

Gilson fait montre d’un indéniable savoir-faire dans l’élaboration de gags en une planche efficaces et (parfois) originaux. La galerie de personnages (Isidore en tête) est assez savoureuse, quand bien même elle serait stéréotypée. Il ne saurait d’ailleurs pas en être autrement puisque la série fonctionne sur le principe de la caricature. Imaginez donc l’archétype du garagiste, et Isidore y répondra sans peine, salopette bleue, mauvaise foi et cambouis en tête.

Le trait de Olis, tout comme celui de son successeur (Stedo) est classique du style franco-belge à gros nez. Net et dynamique, il convient à merveille à la série. Et si Olis manquait de maturité à ses débuts, il ne faudra pas trois tomes pour qu’il acquière toute la maîtrise indispensable à ce type d’univers. Stedo sera, quant à lui, encore plus rapidement efficace. Mais il est vrai qu’il bénéficiait de l’indéniable avantage de pouvoir décalquer le graphisme de son prédécesseur.

Il faut toutefois reconnaître qu’à l’instar d’un Cauvin, Gilson souffre de l’épuisement de son sujet, et sombre alors dans la redite. Au fil des albums, les gags sentent de plus en plus le réchauffé et je ne peux conseiller l’achat que des trois ou quatre premiers tomes. Les autres sont encore agréables à lire, certes, mais un emprunt via la bibliothèque me parait plus adéquat.

Achat conseillé donc, mais pour les premiers tomes.

Nom série  Pierre Tombal  posté le 09/06/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Peut-on rire de tout, même de la mort ?

Sans aucun doute ! Surtout si l’approche choisie est aussi simple que celle du duo Hardy-Cauvin. Rien de réellement scabreux ici. Le ton choisi correspond à la ligne éditoriale de la maison Dupuis. C’est gentil et, si l‘ironie apparaît, ce n’est qu’à faible dose. On est ici bien plus proche d’une série comme Les Femmes en blanc que des Idées Noires de Franquin.

Pierre Tombal, fossoyeur de son état, a bien du mal à garder l’église au milieu de son cimetière. Ses clients sont aussi indisciplinés qu’imaginatifs. Le thème, en lui-même, permettait une grande variation dans ses développements, une liberté bien exploitée par ses auteurs. Mais toute chose a ses limites, et la production de gags à la chaine nuit à la qualité d’ensemble. Bien des situations sentent le déjà-vu et, sans parvenir à le prouver, j’ai le furieux sentiment que certaines de ces historiettes apparaissent à plusieurs reprises, disséminées au cœur de ces trop nombreux tomes.

Le trait de Hardy n’est pas mon préféré. Si je lui reconnais un grand dynamisme, je regrette son manque de netteté. Il plaira toutefois à tous les amateurs de franco-belge à gros nez. Un trait efficace, adapté à la série, mais pas révolutionnaire (loin s’en faut).

En conclusion : si vous aimez les séries humoristiques comme Les Femmes en blanc ou Cactus Club, ce sympathique mais râleur fossoyeur pourrait bien vous procurer une bonne dose de plaisir. A emprunter (de préférence dans l’ordre de leur parution, car la qualité décroit au fil des productions), mais sans doute pas à acheter.

Nom série  L'Agent 212  posté le 09/06/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Avant toute chose, l’Agent 212, c’est un physique et une bouille qui prêtent à sourire. En effet, cet agent rondouillard, joufflu et doté d’une moustache envahissante attire directement la sympathie.

Mais la force visuelle de la série ne s’arrête pas à la physionomie de son héros. Le trait de Kox est en effet pour beaucoup dans la réussite de la collection. Dans un style franco-belge à gros nez, il fait montre d’un incroyable dynamisme et d’une lisibilité à toutes épreuves. Typique de la maison d’édition Dupuis, ce style graphique est ici totalement maîtrisé. Seuls les deux premiers tomes n’offrent pas la même qualité. Mais, paradoxalement, ce sont peut-être bien mes préférés.

En effet, comme tant d’autres séries de Cauvin, l’Agent 212 a tendance à tourner en rond au terme de quatre, cinq albums. Les histoires ont beau être libres d’un format prédéfini (elles varient entre une et huit planches, à l’image d’une série comme Cédric), cette liberté n’empêche pas un sentiment de déjà-vu désagréable à terme.

A emprunter à l’occasion dans une bibliothèque, mais à consommer à faible dose si l’on souhaite éviter l’indigestion. Toutefois, je conseille l’achat du premier tome !

Nom série  Cactus Club  posté le 09/06/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Le trait de Bercovici est un de mes préférés dans cette veine humoristique à gros nez si chère à la maison Dupuis. J’apprécie tout particulièrement la spontanéité et le dynamisme qui se dégagent d’un graphisme que l’on sent si naturel.

Dans Cactus Club, l’artiste met ses pinceaux au service du nouveau Cauvin, à savoir Gilson. Je trouve en effet beaucoup de similitudes entre ces deux prolifiques scénaristes. Pour commencer, leurs gags sont bon enfants, bien construits et agréables à lire. Ensuite, les deux ont tendance à rapidement tourner en rond, et leurs gags perdent en efficacité au fur et à mesure que les tomes de leurs séries s’empilent.

Cactus Club ne fait pas exception à la règle, et si les premiers albums apportaient un agréable petit vent de fraîcheur, il faut bien avouer qu’à l’heure actuelle la série ne fait plus grand montre d’originalité.

L’univers du club de vacances façon Club Med permet toutefois une agréable variation des thèmes proposés, et (je me répète) les premiers tomes sont de ce fait vraiment chouettes. J’en recommande donc chaudement l’emprunt en bibliothèque. Mais je recommanderais également de laisser tomber la série après les trois, quatre premiers tomes.

Une cote de 3/5 en moyenne, principalement due au trait de Bercovici.

PS : j’allais oublier de mentionner l’originalité des couvertures. C’est suffisamment rare pour être souligné.

Nom série  Scrooge, Un chant de Noël  posté le 09/06/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
La force de cet extrêmement classique conte de Noël réside avant tout dans son incroyable dessin. Je suis en effet tombé sous le charme de ce trait faussement naïf et de cette colorisation toute en contrastes (sombre ou lumineuse en fonction des circonstances).

Le récit, en lui-même, n’aura pas déclenché de véritable passion dans mon chef, tant l’histoire ici développée est conventionnelle. Il faut dire que la version originelle date de plus de 160 ans. Par conséquent, ce conte de Noël qui fait la part belle à la rédemption des pêchés peut, à ce jour, sembler très désuet.

La narration est cependant agréable à lire, et le récit demeure intéressant. Les rebondissements sont certes très classiques, mais s’ils sont devenus classiques, c’est justement dû à leur pertinence, à leur évidence. Cette histoire coule de source, mais d’une source si limpide qu’il est encore agréable de s’y rafraichir de nos jours.

Une belle œuvre pour la jeunesse, à lire à l’approche de Noël, un enfant sur vos genoux.

Franchement bien.

Nom série  Gil Jourdan  posté le 08/06/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Voici, à mes yeux, la meilleure série humoristico-policière illustrée en bande dessinée.

Gil Jourdan est devenu une référence en la matière. Son auteur (Tillieux) combinait deux qualités rares et précieuses pour un scénariste. En effet, il parvenait à écrire des scénarios solides, riches en rebondissements, en suspense et à basculer en mode "dialogues délirants" dès que l’occasion se présentait.

La série offrira des scénarios extrêmement variés, n’hésitant pas à lorgner du côté du fantastique à l’occasion.

La galerie des personnages est d’une complémentarité inattaquable. Et le trio composé par Jourdan, Libellule et Queue de Cerise basculera rapidement vers un quatuor avec l’adjonction d’un indispensable Crouton. En effet, le duo composé de Libellule et de Crouton est un classique des clowns de cirque et l’élément indispensable à la dimension humoristique de la série. Malheureusement, au plus Crouton sera présent, au moins Queue de Cerise interviendra, et je regrette ces merveilleux duels verbaux qui l’opposaient à Libellule.

Le graphisme de Tillieux est symptomatique de l’école franco-belge. Je soulignerai toutefois son incroyable dynamisme (notamment dans les courses poursuites en voitures) et la pureté de sa ligne. Avec un tel dessinateur, tout parait simple ! Seuls, les derniers épisodes montreront quelques signes de faiblesse, tout en restant d’un très bon niveau. Mais sans doute le changement de dessinateur y est-il pour quelque chose. En effet, Gos officie en tant que dessinateur sur les quatre derniers tomes de la série.

Vous l’aurez compris, Gil Jourdan est, pour moi, une série majeure qui aura inspiré bien des héros actuels, à commencer par Léo Loden (dont les auteurs n’hésitent pas à revendiquer cette filiation au travers de nombreux clins d’œil).

A lire, absolument.

Nom série  Histoires à lunettes (Durant les travaux, l'exposition continue...)  posté le 08/06/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Une série de gags en une planche dont la force comique réside avant tout dans l’aspect impassible de ses acteurs. En effet, à la manière d’un Buster Keaton, tous ces personnages à lunettes demeurent stoïques face aux événements auxquels ils sont confrontés.

Les auteurs ont des thèmes de prédilection, qu’ils malaxent en tous sens jusqu’à plus soif. Personnellement, j’avoue un faible pour les histoires mettant en scène un(e) amnésique à son réveil, et qui écoute le message préenregistré qui le (la) renseigne sur son état.

Les tomes 1, 2 et 5 varient les sujets, tandis que les tomes 3 et 4 traitent d’un thème central (le paranormal pour le tome 3 et l’enfantement pour le tome 4). Personnellement, je préfère les albums les plus variés, et tout particulièrement les deux premiers tomes.

La série est très inégale, et si certains gags sont vraiment excellents, d’autres sont tout simplement nuls. Mais, en moyenne, la collection atteint un niveau tout à fait acceptable, qui en fait un judicieux emprunt de bibliothèque.

Au niveau graphique, le trait de Clarke (Mélusine) est typique des séries humoristiques à gros nez. Ses visages sont variés et son trait est dynamique. C’est classique, mais efficace.

Pour résumer, une bonne série à emprunter.

Nom série  Tatayet  posté le 08/06/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Tatayet a, durant les années ’80 et jusqu’au milieu des années ’90, connu un énorme succès en Belgique (il a même eu droit à sa propre émission de divertissement). Et pour exploiter le filon jusqu’au trognon, une déclinaison sous forme de bande dessinée a été créée.

Aux scénarios de ces courts gags : ni plus ni moins que Raoul Cauvin. Son humour bien pensant, gentillet et bon enfant convient tout à fait à la série. De plus, en se limitant à deux tomes, la série évite le sentiment de redondance, si coutumier des innombrables productions de ce prolifique auteur.

Maintenant, le thème en lui-même montre vite ses limites, et les gags sont souvent très moyennement drôles. Les situations sentent le réchauffé et l’originalité est quand même très rarement au rendez-vous.

Le graphisme de Olivier Saive est, pour sa part, peu convaincant. Certes les caricatures de Tatayet et de son animateur, Michel Dejeneffe, sont bien réussies, mais le trait de l’artiste demeure malheureusement très raide et manque cruellement de dynamisme.

Au final, cette série est tout à fait dispensable. Son sujet a beau sortir de l’ordinaire, je ne parviens pas à y voir autre chose qu’une manœuvre mercantile dont la capacité de séduction repose sur le charisme de Tatayet, dont la version en chair et en peluche, elle, était vraiment convaincante !

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