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Nom série  Quand souffle le vent  posté le 12/05/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Point fort de ce récit : son univers. Mêler le monde de la mine et celui des Romanichels était une idée à la fois originale et susceptible de fournir une intrigue riche et aventureuse.

Malheureusement, je me suis retrouvé face à une histoire classique de patron arriviste, de secret de famille et de revenants. Une déception donc, malgré la jolie mise en place des auteurs.

Les différents protagonistes ne manquent cependant pas de caractère et nourrissent ce récit d’un charme réel mais insuffisant à satisfaire le difficile client que je suis.

Le dessin ne m’a pas totalement convaincu, lui non plus. Il peut se révéler excellent sur certains décors puis fort brouillon pour des visages en gros plans, à force de multiplier des traits quelques peu inutiles.

Une déception, en somme …

Nom série  Berceuse assassine  posté le 12/05/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Les deux premiers tomes sont tout simplement formidables. Tome nous sert un polar noir de chez noir, animé par des personnages détestables d’aigreur, de rancœur et de lâcheté. Le pire (et c’est tout le talent du scénariste), c’est que ces ignobles individus parviennent à m’émouvoir, et Télenko en particulier. Cet aspect n’est rendu possible que grâce à cette merveilleuse narration, qui nous permet de partager les pensées des différents protagonistes en fonction du tome lu (Télenko dans le premier, son épouse dans le deuxième).

La structure du récit s’assimile à du travail d’orfèvre. En effet, chaque tome débute au même moment et nous retrace donc la même histoire, mais vu sous un autre angle. Seules, les dernières pages du tome 2 dévoilent quelques minutes du dénouement final (mais il n’y a pas de redondance, car toutes les pages nourrissent l’aspect psychologique de l’intrigue).

Le troisième tome utilise le même procédé, jusqu’au dénouement final (qui demeure un point d’interrogation) mais se présente sous un aspect moins déprimant, moins pessimiste. Il fait appel aux bons sentiments du lecteur et se teinte de chamanisme indien. Cet aspect m’a quelque peu dérangé lors de ma première lecture, tant je me délectais du côté sombre de l’histoire. Je dois cependant avouer qu’en relecture, la dimension philosophique de ce dernier opus ne me dérange plus. Je dirais même plus : elle est justifiée et clôt d’une manière étonnante mais adéquate cette berceuse assassine.

Au niveau graphique, le style de Ralph Meyer est agréable et en symbiose avec le récit. Je le situerais entre Will Eisner et … Dany (dans le style le plus réaliste de ce dernier). La colorisation en noir et blanc rehaussée de jaune « taxi newyorkais» apporte un style à l’ensemble et le singularise de la production habituelle. C’est une réussite totale, à mon goût.

Au final : une grande réussite, malgré ce troisième tome déroutant.

Nom série  Terre mécanique  posté le 12/05/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Œuvre d’Andreae, "Terre mécanique" est une fable d’anticipation dans laquelle l’artiste fait toujours montre d’une énorme maîtrise graphique. Je regrette d’avoir acquis l’objet en petit format tant la perte en qualité est manifeste. D’ailleurs, ce dessin est si envoutant qu’un format d’1,20 mètre sur 80 cm me paraîtrait tout à fait adéquat (mais n’arrangerait pas mes problèmes de stockage).

Comment qualifier ce dessin ? Lumineux, limpide, riche, poétique, créatif seront les premiers mots qui me viendraient à l’esprit. Mais cela me parait encore réducteur. La colorisation ne manque pas de subtilité et apporte une dimension de tendresse de bon aloi. La mise en page est par contre assez classique, mais de qualité.

Au niveau du scénario, je serai plus nuancé. Certes, l’histoire est agréable à lire et riche en rebondissements. Toutefois, le script m’a semblé cousu de fil blanc et je n’ai jamais réellement été surpris par ces multiples péripéties. L’univers mis en place ne manque toutefois pas de charme et m’aura rappelé La Nef des fous ou, mieux encore, Eden (Paquet).

Cette série se lit donc avec plaisir mais m’aura bien plus charmé par son dessin et son univers que par l’intrigue cousue de fil blanc qui lui sert de fil conducteur. Une belle aventure, dans le sens premier du terme, pour un petit 4/5.

Nom série  Le Camp-Volant  posté le 12/05/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
« le Camp-Volant » regroupe les petites légendes que la grand-mère de l’artiste lui racontait dans sa jeunesse. Hausman a eu l’intelligence (et le talent) de les relier en une seule et unique histoire dont le personnage central fait à la fois office de sujet et de verbe.
De sujet, car toute l’intrigue du présent récit tourne autour de sa personnalité.
De verbe, car il n’est pas en reste pour raconter lui-même histoires et légendes.

J’ai retrouvé avec grand plaisir énormément de mon patrimoine imaginaire dans ces multiples scénettes. Celles-ci débordent de fantaisie tout en faisant partie de notre mémoire collective.

On peut certes reprocher l’aspect somme toute assez décousu du script mais je trouve que René Hausman s’en sort plutôt bien, lui qui d’habitude n’excelle pas dans l’art du scénario. L’album se lit d’une traite sans qu’une transition trop abrupte ne nous coupe de ce récit. Cependant, il n’y a pas de réelle intrigue et cela pourra déstabiliser certains lecteurs.

Au niveau graphique, et bien … on est proche du chef-d’œuvre, à condition d’aimer ce trait si singulier (ce qui est mon cas). Entre dessin d’illustration pour enfant et bande dessinée adulte, René Hausman s’est inventé un style qui n’appartient qu’à lui, et que je trouve magnifique tant je peux longuement m’attarder sur ses planches. La mise en forme est réfléchie et un simple repas de famille donne lieu à une image d’Epinal au graphisme caricatural et sans concession. Un phénomène que je n’arrive pas à m’expliquer est que les personnages féminins de l’artiste ont beau souvent être potelés et posséder un appendice nasal proche du groin, elles n’en possèdent pas moins un certain charme (singulier, cela va sans dire).

Au final, René Hausman a réussi un album qui transpire de la magie des histoires d’autrefois. C’est là le plus bel hommage qu’il pouvait rendre à la merveilleuse conteuse que dut être sa grand-mère, la joliment prénommée Philomène.

Peut-être trop local pour plaire à tous, cet album peut cependant compter sur ma personne pour le défendre avec acharnement.

Nom série  A.D.N  posté le 12/05/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Il manque à cette série plusieurs ingrédients pour totalement me convaincre.

Tout d’abord, elle manque cruellement de personnages charismatiques. C’est malheureux à dire, mais au final je me f… royalement de ce qui pourrait arriver aux principaux acteurs.

Ensuite, cette série aurait bien eu besoin d’un script limpide. L’histoire ne manque pas de rebondissements, mais j’ai tendance à me perdre entre les différents personnages et plus d’un comportement m’aura paru incongru, voire illogique. Certaines planches ressemblent à du remplissage (notamment les scènes de castagne et celles de sexe (deux planches fades et inutiles)) et m’auront plus distrait de ma lecture qu’autre chose.

Enfin, un dessin accrocheur aurait pu gommer certaines imperfections, mais …

Le style de Rocco n’est pas mauvais en soi, mais je n’y suis pas sensible. Je le trouve froid et manquant de finesse dans la retranscription des émotions. Ses personnages se confondent et augmentent encore mon sentiment de confusion lors de cette lecture. De plus, la terne colorisation n’aura pas amélioré mon appréciation d’ensemble.

Pour clôturer le tableau, bien des questions demeurent en suspend à la fin de ce premier cycle, tandis que certaines réponses ne me satisfont que très partiellement. Je ne poursuivrai donc pas l’aventure et abandonne cet A.D.N. à la fin du troisième tome.

Dispensable.

Nom série  Quelques Jours d'été  posté le 10/05/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Court, beaucoup trop court pour que j'en recommande l'achat.

Cependant, cet album est loin d'être dénué de qualité, bien au contraire. Contemplatif, tendre, sensible, ce récit simple et dépouillé m'aura touché par sa justesse de ton et son rythme lent. Son scénario a beau se résumer à peu de chose, cela ne l'empêche pas de sonner juste et d'émouvoir mon cœur d'artichaut.

Le trait de Chabouté est très efficace pour l'illustration de ce type de récit intimiste. Son noir et blanc tout en contraste et sa composition des planches transpirent l'équilibre. J'ai, au passage, admiré l'effet miroir de la première et de la dernière planche.

Mais, comme je l'ai déjà dit, ces quelques jours d'été passent beaucoup trop vite, à l'image de mes propres vacances, d'ailleurs. Le temps d'une respiration, le temps d'un soupir, ...

Une très belle nouvelle, ... mais qui est bien trop courte pour composer un album à elle toute seule. Les éditions Vent d'ouest s'en sont rendues compte car elles l'ont associée avec un autre court récit de l'artiste, « un ilot de bonheur », pour constituer un nouvel album au format réduit mais au contenu satisfaisant. Sous cette forme, l'achat se justifie, ... du moins si vous êtes sensibles à ce genre de guimauve. C'est sous cette forme que je l'ai acquis, et je ne regrette absolument pas mon achat.

Nom série  Problèmes de connexion  posté le 09/05/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Après Malaise vagal, le duo Jannin-Dal se sert de la même recette pour nous servir une nouvelle volée de gags. Le thème est, cette fois, dédié à la communication via internet.

Le dessin de Jannin est bien plus proche du dessin de presse que dans ses séries précédentes (Germain et nous, Que du bonheur !). Un style donc encore plus brut et spontané mais qui ne constitue pas à mes yeux le meilleurs de l'artiste. Je reconnais toutefois que cette spontanéité apporte une grande vivacité et un effet garanti immédiat aux gags illustrés. Les décors sont réduits au strict minimum et l'attention du lecteur se centre donc naturellement sur le sujet central.
Les gags ne débordent pas d'originalité, mais sont d'un très honnête niveau. Cet album m'aura donc souvent fait sourire mais ne m'aura arraché un rire qu'à de rares exceptions. Comme d'autres (les oeuvres de Quino, par exemple), il suscite d'une manière humoristique notre réflexion sur l'évolution de notre société.

Pour les belges amateurs du duo, il est intéressant de savoir que celui-ci sévit régulièrement dans «la semaine infernale», émission de radio à succès de la première chaine belge.

Un bon album, en résumé ... mais rien de révolutionnaire.

Nom série  Plume aux vents (Les 7 vies de l'épervier - 2ème époque)  posté le 09/05/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Suite plausible de Les 7 vies de l'épervier, « Plume aux vents » m'aura bien plu malgré quelques longueurs en fin de récit.
Je pense qu'André Juillard est un des rares dessinateurs à avoir réellement réussi à s'adapter aux scripts de Patrick Cothias. En effet, avec cet artiste aux pinceaux, je ne retrouve plus dans ces récits la lourdeur narrative, l'aspect prétentieux et le style pompeux de bien d'autres productions du scénariste. Et « Plume aux vents »reste à mes yeux, à égalité avec les premiers épisodes de Coeur brûlé, la meilleure suite de la série mère et oeuvre maîtresse de l'artiste : Les 7 vies de l'épervier.

Premier point fort : la localisation géographique et historique de cette saga.
Deuxième point fort : les personnages bien connus et charismatiques de la série mère.
Troisième point fort : de nouveaux personnages touchants, qui apportent leur pierre à l'édifice.
Quatrième point fort : le rythme soutenu des premiers épisodes. La saga retrouve le style endiablé de l'épervier.

Mais gros point faible : une fin à rallonge, qui casse le dynamisme du récit et qui clôt de manière bien trop poussive le sort d'un des personnages principaux de cette très belle saga.

A mes yeux, la plus grande force de ce récit demeure dans le dessin de Juillard, qui combine élégance, dépouillement et sens du détail. Ces qualités pourraient paraître contradictoires, mais l'artiste parvient à les combiner sous mes yeux ébahis. Du grand Art.

Franchement bien.

Nom série  Les Mauvaises Gens  posté le 09/05/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Avec "Les Mauvaises Gens", Étienne Davodeau illustrait un sujet qui lui tenait fort à cœur.

Malheureusement, ce ne fut pas mon cas. L'émergence d'une conscience ouvrière dans une région bien circonscrite de la France n'est pas à mes yeux un thème passionnant. Il me faudra donc bien des tentatives pour finalement réussir à rentrer dans ce bouquin.

Cependant, une fois le bon état d'esprit trouvé, j'ai bien aimé cette évocation d'une page d'histoire au travers du parcours de gens simples et sincères dans leurs convictions. Étienne Davodeau est toujours aussi doué lorsqu'il s'agit de retrouver l'humain derrière des actes et dans l'évocation d'anecdotes drôles et/ou émouvantes. Le cheminement est bien détaillé, trop même, au risque de parfois me lasser. Le côté positif est que je comprends mieux l'état d'esprit des habitants de cette région. Le côté négatif est que ce livre demeure du domaine de l'anecdote. En effet, il est géographiquement trop localisé pour réellement intéresser le lecteur que je suis. Je n'ai ressenti aucun écho dans mon vécu personnel, n'ai donc pas réussi à me sentir concerné par le sort des personnages principaux, et ceci explique sans doute mon détachement. De plus j'ai toujours trouvé qu'il y avait une énorme différence entre un homme politique à l'échelle locale, plus enclin à agir de manière concrète et un politicien national, bien souvent plus concerné par le fait d'acquérir et de conserver un pouvoir sur les gens que du sort de ceux-ci. Par conséquent, la conclusion de ce livre, si enthousiasmante pour ses personnages principaux, m'aura laissé complètement de marbre.

Au niveau du dessin (en noir et blanc), l'artiste officie dans son style traditionnel, qui (comme il le dit lui-même dans cette bd) sert principalement de support à l'histoire. Étienne Davodeau ne cherche pas à reproduire avec précision un personnage ou un paysage mais parvient souvent à nous en faire ressentir l'âme, et c'est là tout le talent de l'artiste.

Une cote assez sévère donc, du fait de mon peu d'intérêt pour le sujet de ce livre. Je suis cependant convaincu que toute personne concernée par ce thème central trouvera "Les Mauvaises Gens" tout simplement passionnant.

Nom série  Là-bas  posté le 05/05/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Sans crier au génie, j’ai bien aimé ce récit.

Anne Sibran parvient à me faire partager son ressenti vis-à-vis d’un père distant, enfermé dans ses souvenirs et aigri par ce terrible sentiment d’incompréhension. Ce témoignage est à la fois sensible et dense. Le passage du marché, qui explique bien des choses sur les sentiments contradictoires du personnage central (mélange de culpabilité, d’apitoiement sur lui-même et de rejet d’un monde auquel il ne se sent pas appartenir) est une grande réussite et constitue le réel chapitre charnière du récit.

Je suis moins convaincu par le dessin de Didier Tronchet. Non qu’il soit de mauvaise qualité, mais je ne le trouve pas adapté à l’ensemble de la bd. Ce trait épais et caricatural convient bien pour les passages les plus expressifs (dans la tristesse comme dans l’humour) mais demeure moyen dans l’évocation de la nostalgie des « déportés ». Le dessin de Tronchet manque de nuances à mes yeux et exacerbe certains passages qui, à mon avis, auraient mérité un traitement plus pudique, un traitement qu’il parvient toutefois à donner par moment (l’évocation de la maladie de la sœur). Il s’agit donc plus d’une gêne occasionnelle que d’un sentiment généralisé.

En tous les cas, cet album est à essayer par toute personne intéressée par un récit intimiste et humain.

Nom série  Sur la route encore  posté le 05/05/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
La narration à la première personne est assez particulière. En effet, Baru nous met totalement à la place de ses héros et nous donne l’impression de voir à travers leurs yeux. Cette méthode n’a pas que des bons côtés et jette parfois la confusion sur la personne même du narrateur, lorsque celui-ci (ou celle-ci) apparaît dans une case.

Le découpage en plusieurs chapitres, qui nous font passer d’André à Edith, ne favorise pas la cohésion de l’ensemble. En effet, il me faudra attendre la dernière histoire pour enfin pouvoir relier ces deux destins.

Mais chaque chapitre peut être lu séparément. Le point commun ? Tous se résument à la rencontre du narrateur ou de la narratrice avec de fameux cas sociaux dans des lieux habituels pour les voyageurs du bitume (café, restoroute, hôtel de la gare, ou autostop). Le sexe est omniprésent sans être envahissant. Les cas sociaux ont beau être aussi caricaturaux que lourdingues, ils demeurent étrangement touchants (la pitié, sans doute). Je pense que le mérite en revient à Baru, dont la narration douce-amère, cynique et désinvolte est très agréable à suivre. Le ton employé est en effet à mon avis le point fort de l’artiste.

Au niveau du dessin : sans être exceptionnel, il sert bien le propos tant il paraît mal dégrossi (à l’image de ces personnages). Il est toutefois très lisible et bien expressif. En résumé : ce dessin est au service de l’histoire, et non l’inverse.

Un agréable moment de lecture mais un album trop décousu pour que j’en conseille l’achat.

Pas mal, sans plus.

Nom série  La 27ème lettre  posté le 05/05/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Un trait qui ne peut que rappeler les séries de Tif et Tondu ou d'Isabelle, mais une histoire bien plus dramatique : voici en résumé ce qu’est « la 27ème lettre ».

Deux enfants marginalisés (l’un, orphelin, est éduqué par des prostituées, l’autre, Romanichelle, vit dans la roulotte de ses parents) sont confrontés à l’horreur de l’Allemagne nazie. Tous deux sont en quête d’un bonheur simple mais inaccessible, tous deux souffriront d’un destin tragique.

Si le synopsis peut sembler banal, tant le découpage que la narration font de cette œuvre une belle réussite. C’est agréable à lire, en constante progression, vivant et mouvementé. Certes, certains passages m’ont paru maladroits tant ils étaient naïfs, mais dans l’ensemble, « la 27ème lettre » reste à un bon niveau, qu’une fin réussie rehausse encore un peu.

Mais la plus grande qualité de cette bande dessinée réside à mes yeux dans son accessibilité. Sans être enfantine ni démagogique, elle me paraît adaptée à un large public et devrait plaire au plus grand nombre tout en traitant d’un sujet grave avec justesse et profondeur.

C’est franchement pas mal bien (3,5/5 en résumé).

Nom série  Le Coeur en Islande  posté le 04/05/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J’attendais énormément de ce récit. En effet, je partage avec son auteur une filiation avec ces pêcheurs d’Islande, mon arrière-grand-père en ayant fait partie. Les nombreuses anecdotes que m’ont contées mes grands-parents au sujet de ces folles et dangereuses campagnes ont alimentées mon imaginaire d’enfant rêveur durant bien des années. Et aujourd’hui encore, je demeure fasciné par ces aventuriers du quotidien, partant au bout du monde sur de bien frêles esquifs non par goût de l’aventure mais bien pour nourrir leur famille.

Par expérience, je sais que la déception est souvent à la taille de nos espérances. Mais Makyo s’en sort finalement fort bien avec ce récit aux relents biographiques.

On sent dans celui-ci tout le respect qu’éprouve l’auteur pour ces pêcheurs d’Islande, dont ses aïeux firent partie. De ce cadre historique propice au drame, Makyo fait naître une aventure finalement fort basique : un armateur voit dans un enfant trouvé son fils caché, dont il veut faire son héritier, au grand déplaisir de sa sœur, mais il n’est pas seul dans le cas et l’enfant se retrouve bien vite avec trois pères potentiels. Basique donc, mais de qualité. Il est vrai que l’artiste maîtrise aisément ce type de récit (voir Grimion gant de cuir) ainsi que cet univers marin qui lui est familier (familial ?). De plus, l’histoire de son propre père permet à Makyo de nourrir son récit d’une belle tranche d’authenticité. Celle-ci, au travers de la vie quotidienne sur un bateau de pêche, donne une plus-value incontestable à ce « cœur en Islande », qui, sans cette dimension, aurait été somme toute moyen.

Le trait de Makyo reste égal à lui-même : un style réaliste « tordu » aux visages étrangement proportionnés (notamment au niveau des yeux) et cependant séduisant et personnel.

Un bel album que j’aurai finalement plus apprécié par son contexte historique et ses personnages secondaires authentiques que par son intrigue centrale trop classique à mon goût.

A lire. Et achat conseillé à tous ceux que cette tranche d’histoire concerne de près ou de loin.

Nom série  Rails  posté le 04/05/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Un futur hypothétique, qui mêle agréablement diverses époques.
Des convois ferroviaires comme seuls moyens de transport sur longue distance.
Des représentants de l’ordre détestables.
Des gangs rebelles cruels mais finalement humains et accueillants.
Un flic métis, partagé entre ces deux clans, qui optera bien vite pour le plus séduisant.
Du rythme, … beaucoup de rythme.
De l’emphase, … beaucoup d’emphase.
Un dessin en noir et blanc (j’ai lu la version intégrale de la collection Encrages) très lisible mais impersonnel.

Au total, cela donne une série d’anticipation classique, sans beaucoup d’originalité mais d’une grande efficacité. Un très agréable moment de lecture sans prise de tête, et certainement une série à emprunter à l’occasion (et plus si affinité).

Nom série  Nombre  posté le 30/04/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Nombre ou la plus limpide des démonstrations du théorème de Pythagore qu’il m’ait été donné de lire !
Oui, c’est bizarre … mais au final, c’est ce que je retiens le mieux de ce diptyque, par ailleurs assez moyen.
Pourtant, le premier tome était prometteur. Les personnages avaient de la profondeur et l’idée de ce génie difforme et fils de criminel était attirante. Comme d’autres posteurs, j’eus préféré que la série se centre sur lui plutôt que sur la fille du professeur, ou qu’à tout le moins un parallélisme entre leurs parcours respectifs soit illustré.
Le second tome manque de rythme et les personnages adoptent des comportements parfois excessifs qui brisent la magie que « Nombre » parvenait fugacement à faire naître.
Le dessin plutôt quelconque de Egger n’arrange pas mon appréciation d’ensemble. Cependant, c’est ce dessin qui m’avait attiré vers cette série, mais via ces couvertures, que je trouvais bien séduisantes. Le ramage ne vaut malheureusement pas le plumage.
Une œuvre qui aurait pu devenir franchement bien, car tous les ingrédients nécessaires y étaient, mais qui reste moyenne du fait de son développement plutôt médiocre.

Nom série  Broussaille  posté le 29/04/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Cette série eut été culte si elle s’était arrêtée à la fin de ce merveilleux troisième tome.

Les trois premiers tomes sont en effet excellents.
Les deux premiers offrent un dessin franco-belge très doux, assez rond et aux couleurs pastel. Même les maladresses du premier (comme ces poissons pas toujours bien dessinés) me charment. Le troisième (comme les suivants) se modernise, gagne en dynamisme mais devient également plus anguleux. Il est certes plus actuel, mais pas plus charmant pour la cause.
Le héros principal, Broussaille, est très attachant. Poète, rêveur, distrait et disponible (il a toujours une minute à consacrer aux autres), il incarne l’adolescent idéal de bien des mamans. Son évolution au travers des trois premiers tomes est cependant intéressante. Jeune ado peu mature au début, il apprendra à affronter les réalités de la vie au fil des albums pour s’assumer totalement à la fin du triptyque, sans jamais perdre ce regard amusé qui fait tout son charme.
Les histoires offrent souvent un lien avec la nature (la baleine dans le premier, la préservation de la nature dans le deuxième, les chats du troisième), habitude qui perdurera au-delà de ces trois premiers albums. Elles distillent également une poésie étrange teintée de mystère (mysticisme ?), et pourtant accessible à tous, et plus particulièrement aux jeunes ados.
Je trouve que les trois premiers tomes doivent être lus dans l’ordre afin de bien suivre la progression du personnage.
Les tomes suivants se composent d’histoires plus courtes et bien moins intéressantes. Elles retiennent surtout l’attention du lecteur grâce au souvenir des précédents épisodes, mais cette brume charmeuse a tendance à rapidement s’évaporer pour ne laisser que de brèves histoires anodines.

Culte, pour les trois premiers, et (objectivement) bof pour les suivants …

Paradoxe : je râlais que la série semblait avoir pris fin au terme du troisième tome, je râle maintenant qu’elle ait continué. Suis-je un éternel insatisfait ?

Nom série  Chute de Vélo  posté le 29/04/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Avec « Chute de Vélo », j’avais eu l’impression que, pour la première fois, Etienne Davodeau s’était réellement appliqué à rendre son dessin plus présent. Dans ses œuvres antérieures, en effet, ce dessin sert bien plus de support à l’histoire que de séduction graphique. Le style reste identique mais l’effort est à souligner : « Chute de Vélo » n’est pas seulement agréable à lire, il est également agréable à regarder.

Ceci dit, la force de cet auteur demeure dans son art de l’anecdote. Etienne Davodeau a ce don particulier d’aller chercher ce petit quelque chose qui rend ses personnages si humains. Par moment amusante (le récit de l’accident d’un des frères pas ses propres soins), grave (la révélation tout en pudeur du maçon), ou émouvante, la narration est le point fort de cet artiste. L’histoire souffre bien de deux ou trois faiblesses et d’un patos parfois excessif (les révélations de l’ami de la famille par exemple), mais ces personnages sont si attachants qu’on pardonne facilement à Etienne Davodeau ces petites facilités scénaristiques.

Cet album se révèle être un très agréable moment de lecture dès l’instant où l’on ne recherche pas la petite bête.

Vraiment bien.

Nom série  Pourquoi j'ai tué Pierre  posté le 29/04/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
En règle générale, je n’aime pas le style d’Alfred. Je le trouve trop sommaire, trop brut et manquant cruellement d’élégance. Mais ce style s’accorde parfaitement avec la retranscription de faits, qui semblent alors pris sur le vif. Résultat : le dessin devient très parlant et illustre à merveille les propos d’Olivier Ka. En résumé, même si ce style ne me plait guère, je le trouve tout à fait adéquat dans le cas présent.

Je soulignerais également le passage composé de photographies, qui rattache cette histoire à sa réalité matérielle (les auteurs semblent nous dire : « ces lieux existent : en voici la preuve ! »)

Au travers de ce récit, Olivier Ka avoue avoir eu pour objectif d’effectuer une psychanalyse à bas prix. En effet, pourquoi payer un professionnel de l’écoute lorsque les lecteurs sont eux-mêmes ravis d’ouvrir leurs portes-monnaies pour se substituer à ce dernier. Si le principe peut sembler discutable, il n’est cependant pas nouveau et bien des autobiographies sont curatives pour leur auteur. Olivier Ka a seulement la maladresse (l’honnêteté ?) de l’inscrire en toutes lettres.

Reste que pour nous intéresser, l’histoire doit être intéressante et bien racontée.
C’est le cas présentement !

Olivier Ka déstructure adroitement l’enchaînement des événements qui l’entraîneront dans cette spirale autodestructrice. Malheureusement, à force de centrer le récit sur sa seule personne et son ressenti, il m’aura frustré de certaines réponses (Fut-il la seule victime de Pierre, par exemple) et apparaîtra sans doute à certains lecteurs comme fortement égocentrique. C’est le seul reproche que je ferais à ce récit autobiographique par ailleurs émouvant et finement structuré.

Achat conseillé aux amateurs du genre.

Ah oui, j'oubliais : la couverture est magnifique, avec ces deux visages confondus.

Nom série  Révélations posthumes  posté le 29/04/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Acquise à une époque où je vénérais Andreas, cette bande dessinée me parait aujourd’hui sans grand intérêt.

Le dessin semble être le travail de fin d’étude d’un élève très doué. Proche de la lithographie et des gravures du XIXème, le trait en noir et blanc surexploite les hachures mais apparaît bien souvent trop sombre et parfois confus. On jurerait qu’Andreas a reproduit une série de photographies via cette singulière technique. Guère convaincante au début, Andreas la maîtrise de mieux en mieux au fil de ces courtes nouvelles pour finalement approcher le style qu’il utilisera par la suite (mais sans jamais atteindre le niveau d’un Cromwell Stone). Les visages, par exemple, au départ forts réalistes, deviennent de plus en plus caricaturaux (et intéressants).

Les textes de Rivière servent de support à ce dessin, qui demeure le but véritable de l’album. En effet, les histoires manquent cruellement d’originalité et de passion pour que l’on s’y attache réellement. Utiliser des personnages célèbres et illustrer un passage prétendument étrange de leur existence n’était pas une mauvaise idée. Malheureusement, on oscille entre la biographie sans intérêt, l’anecdote anodine et le conte fantastique de série Z. La narration est poussive et, par moment, vraiment pénible, sentiment accentué du fait d’une mauvaise impression (les lettres paraissent par moment à moitié effacées).

Restent les illustrations d’Andreas. Mais (comme je l’ai déjà dit) il a fait bien mieux depuis.

Pour fans exclusivement (et encore …)

Nom série  La Ville qui n'existait pas  posté le 28/04/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Un critique social encore incroyablement actuelle supporte un scénario finalement fort basique de Christin. Les personnages sont caricaturaux, les situations sont convenues et le dénouement est prévisible.
Le dessin de Bilal est égal à lui-même (pour les œuvres de cette époque) : énormément de hachures, un style assez carré mais un charme étrange et indéfinissable.
L’ensemble se lit sans ennui et plaira sans aucun doute aux soixante-huitards, qui retrouveront au travers de cette lecture leurs doutes et leurs espérances de l’époque.

Une œuvre de musée … d’actualité, car finalement rien ne change en ce bas monde.

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