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Nom série  Les Films de Justine  posté le 05/01/2013 (dernière MAJ le 07/01/2013) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Tome 1: Vidéos privées

Ardem, qui, pour moi demeure un des maîtres de la bd pour adultes, nous retrace dans cet opus, l’initiation de Justine, homonyme d’une héroïne de Sade, au film porno amateur . Mariée à Roger, elle subit tout d’un coup le nouveau jeu de son époux, celui de s’exhiber devant la caméra « familiale ».
Evidemment, avec Ardem, cette situation va dépasser le cadre strictement conjugal, avec notamment l’arrivée du beau-frère, André, qui n’hésitera pas à faire profiter des charmes de Justine à quelques camarades.
Avec un dessin très réaliste, Ardem, qui nous offre des bd plus conventionnelles sous un autre nom, décrit avec brio le piège dans lequel est pris Justine. L’ensemble des codes de la pornographie sont présents dans ce premier volume : sodomies, fellations, gang bang.
On peut tout simplement regretter que le scénario souligne un peu trop la soumission d’une femme aux désirs des hommes, ce qui nuit à la crédibilité de l’histoire. Sinon, Ardem sait vraiment dessiner des filles somptueuses.
Moins cruelles que les bd de Bruce Morgan, celles d’Ardem se lisent avec plaisir.


Tome 2 : Tournage amateur

Deuxième volume consacré aux films de Justine. Cette fois, Justine est moins farouche que dans « Vidéos privées » puisqu’elle saute le pas, sans jeu de mots, pour se lancer dans le tournage amateur pornographique, sur une île paradisiaque, avec un autre couple, et d’autres figurants dont Maurice, un gringalet monté comme un âne !
Comme à son habitude, Ardem demeure très explicite dans les scènes de sexe (les 90 premières pages consacrées au tournage sont vraiment hot !), et aime dessiner les femmes à la poitrine opulente.
Mais certaines pages sont plus axées sur les états d’âme d’Aurélie, quasi jeune vierge effarouchée, parmi des acteurs d’un jour, avides de sexe. D’ailleurs cet album offre beaucoup plus de textes qu’à l’accoutumée dans ce genre d’ouvrage (on a même droit à des pages entière de texte, si !si !)
Le livre tout entier est raconté par Justine, qui dans un gang bang endiablé, nous fait profiter de ses commentaires osés.
Cette bd se concentre beaucoup plus sur l'initiation d’Aurélie aux perversions sexuelles plutôt que sur le personnage de Justine, à présent véritable pro du X amateur !
Même si cette bd n’est pas forcement très morale (la femme toujours soumise aux désirs masculins, et y prenant du plaisir à la longue), elle demeure néanmoins une très bonne bd pour adultes, avec ici un scénario qui tient la route sur plus de 200 pages, ce qui est rare dans le genre. J’ai nettement préféré cet opus au précédent « vidéos privées ».
Pour adultes, only !!

Nom série  Cézembre  posté le 05/01/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
La lecture de ce premier volume, dernière création de Malfin, est parfois longue et surtout instructive.
Près de 70 pages denses en dialogues et pas mal de personnages qui gravitent autour du jeune Ewan.
Mais avant tout le principal protagoniste de cet album, c'est bien sûr la ville de Saint Malo pendant les dernières heures de l'occupation allemande (l'histoire se situant en août 1944). Malfin reconstitue avec minutie toute l'histoire de cette ville, qui sera d'ailleurs détruite à plus de 80% par les bombardements, à travers les aventures d'Ewan et de ses amis, de la résistance et de la milice.
Pourtant, comme Ro, je pense qu'il manque quelque chose pour en faire un très bon album. Le dessin de Malfin, si reconnaissable entre tous, est-il peut-être trop "propre", les couleurs trop éclatantes, et les personnages trop soignés pour rendre compte d'une période aussi tourmentée et obscure (pourtant les morts tragiques sont nombreuses dans cet opus). Mais cet opus ravira certainement les amateurs d'Histoire.
Malgré ces légères réticenses, je ne manquerai pas de poursuivre ma lecture dès que le second (et dernier) volume de cette histoire sortira.

Nom série  Le Révérend  posté le 05/01/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Très bonne surprise que ce premier volume qui certes ne renouvelle pas le genre en western mais qui apporte un vent de fraicheur avec ce mystérieux révérend (qui, si mes souvenirs sont exacts, ne va pas sans rappeler un autre révérend dans la série Comanche d'Herman).
Tous les codes du genre sont présents dans cet opus : le saloon, le shériff, les filles, les duels et une série de meurtres dans une bourgade pas si tranquille que cela.
Bref un scénario inventif et une fin de premier tome qui me donne furieusement envie de connaître la suite.
Quant au dessin, il faut tout simplement saluer la performance d'Augustin Lebon qui signe là son premier album avec une parfaite maîtrise.
Histoire prévue en seulement deux volumes, il faut souhaiter que la suite soit aussi réussie.

Nom série  Ruse  posté le 03/01/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
L'histoire de ce Simon Archard, sorte de Sherlock Holmes, accompagné d'un assistante ravissante à souhait, Emma Bishop, est vraiment prenante.

Et que dire des dessins, sinon qu'ils sont sompteux : décors, personnages, vêtements (ah! la scène de bal !).

Avec comme fil rouge, les agissements d'une certaine Miranda Cross, véritable Moriarty locale en jupon, nous suivons nos deux détectives aux prises avec des naufrageurs, des vampires ou encore avec des forces occultes. Mélant fantastique et enquêtes policières, ces aventures méritent une lecture soutenue tout de même. Le format éditorial choisi (format à l'italienne) et le découpage des pages souvent hasardeux (ou alors trop osé) ne nous permet pas d'avoir une lecture très fluide du récit.

Dommage que cette série soit stoppée depuis des années car les derniers dialogues entre Simon et Emma promettaient de belles cases en perspective: "enlevez votre robe !" et hop clap de fin pour nos deux héros !

Nom série  Le Troisième Testament : Julius  posté le 01/10/2010 (dernière MAJ le 17/12/2012) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Tome 1

Grandiose ce nouveau cycle du troisième testament.

Pourtant, j'ai eu peur en débutant la lecture : cela commencait comme "Quo Vadis", le roman de Henryk Sienkiewicz (le triomphe d'un général à Rome, l'idée de brûler la Rome éternelle , faire porter la responsabilité aux chrétiens....) puis se transformait en "Ben-Hur" avec la déchéance de Julius, le tout sur un fond de naissance du christianisme, sans oublier la fille naïve... bref que du déjà vu.

Mais le scénario de Dorison et d'Alex Alice vient tellement apporter de méandres dans ce récit qu'on en oublie les références à ces péplums pour évoluer plus vers une histoire mystérieuse que vers une aventure classique.

Et que dire des dessins de Robin Recht à la fois si proche de l'ambiance défini par Alex Alice dans le précédent cycle mais aussi très personnel. Quelques scènes font d'ailleurs écho à certaines situations du livre IV du Troisième Testament : le combat sur le pic de Nigmigiv et celui de Julius avec l'énigmatique et imperturbable chrétien. Le dessin de Recht est beaucoup moins sombre que dans Totendom, avec des décors et personnages beaucoup plus travaillés.

Je vous invite à dévorer ces 80 premières pages d'une saga qui, avec ce premier volume, sera aussi fascinante que le précédent cycle.

Tome 2

Je suis un inconditionnel du « Troisième testament », que je relis régulièrement depuis des années. Aussi, je me suis précipité vers le pré quel dès sa parution.
J’avoue que j’ai eu du mal à m’habituer au dessin de Thimothée Montaigne, après celui de Robin Recht , dessinateur du premier volume: un encrage plus épais, un dessin moins fouillé mais au fil des pages, j’ai oublié ces petites imperfections et la comparaison avec le trait de Recht, pour me concentrer sur l’histoire. En effet, grâce aux couleurs de François Lapierre, les différences finissent par s’estomper.
En outre, des mises en pages originales et soignées (l’entrée dans Babylone, par exemple) rappellent les mises en scène osées de « Julius #1 »
Avec ce second volume, intitulé bizarrement « la révélation 1/2 », nous suivons la quête de Sar Ha Sarim à travers le désert. Certes, nous n’avançons pas beaucoup dans cette recherche du « Troisième testament » mais cette errance dans le désert nous permet de faire le parallèle entre la vie de Jésus et de ce (nouveau ?) Prophète. Le scénario est assez intrigant pour nous donner envie de connaitre la suite.
Pour autant, il a fallu que les éditions Glénat lancent un coffret réunissant l’album et le making-of de 108 pages pour me convaincre d’acheter cette deuxième partie (le changement de dessinateur, le changement de pagination, et sans doute un nombre d’albums encore non définis pour clore cette série m’ayant à première vue refroidit), grand collectionneur devant l’éternel et admirateur de crayonnés en noir et blanc que je suis !
Car c’est un supplément de grande qualité édité par Glénat, avec page de gauche le storyboard d’Alex Alice, et page de droite, les recherches et crayonnés de Thimothée Montaigne.
Un régal pour les yeux , un must pour les collectionneurs

Nom série  Les Archives secrètes de Sherlock Holmes  posté le 16/12/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Volume 1

Cela faisait longtemps que je ne m'étais pas plongé dans un album de Marniquet.
Avec ce premier volume des "Archives secrètes de Sherlock Holmes : Retour à Baskerville Hall", j'avoue avoir été gaté.
En respectant parfairement le canon holmésien, Chanoinat et Marniquet nous offrent une suite très plausible au célébre roman de Conan Doyle, "Le chien des Baskerville". Tout y est : du Professeur Mortimer à Sir Henry, en passant par les Stapleton, bref nous retrouvons toute la galerie des fameux personnages présents dans le roman.
Avec beaucoup de rappels au canon, comme les aventures de "La maison vide" ou "Le dernier problème", ou encore les personnages récurrents comme Lestrade, Cartwright, Mycroft Holmes, il faut tout de même bien connaitre l'univers de Sherlock Holmes pour apprécier l'ensemble des références.
Pourtant, comme dans la plupart des bandes dessinées de Marniquet, les mêmes imperfections subsistent : un dessin figé, des personnages difficilement reconnaissables d'une page à l'autre, et des erreurs dans le texte : par exemple, page 1 : "Août 1897..." et page 2: "trois mois plus tard, le 12 novembre 1894..." Il faut rajouter à cela des tailles de police très différentes d'une case à l'autre dans le lettrage", qui nuisent à la lecture.
Un album riche en dialogues, qui se lit néanmoins avec plaisir.

Nom série  Loup de pluie  posté le 08/12/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Petite séance de lecture en retard, avec ce premier volume de Loup de Pluie, qui traînait dans ma bibliothèque depuis plus de 3 mois.
Tout d'abord, je l'ai acheté au vu du dessin de Pellejero que j'avais surtout apprécié dans le superbe Tour de Valse .
Ensuite, le western est un genre que j'apprécie particulièrement en bande dessinée.
Je dois dire que j'ai été séduit à la fois par le trait magnifique de Ruben Pellejero (en plus les couleurs sont superbes) et le scénario original de Dufaux, qui signe là une superbe tragédie.
Car même si nous retrouvons les canons classiques du western (les indiens, le saloon, les cowboys, le shérif et les duels) l'essentiel n'est pas là ; non il réside dans cette lutte fratricide entre deux familles, sur laquelle se greffe un début d'histoire d'amour entre Jack Mc Dell et Petite Lune.
On oscille sans cesse , à travers les personnages principaux, entre Roméo et Juliette et la tragédie grecque antique, bref du grand art.
En outre la page d'ouverture, en voix off, est superbe.

Un album réussi qui mérite toute votre attention.

Nom série  La marque Jacobs, une vie en bande dessinée  posté le 20/11/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Admirateur depuis toujours d'Edgar P. Jacobs, je ne pouvais que succomber à l'achat de cette biographie en bd du créateur de Blake et Mortimer. Je possède par ailleurs un grand nombre d'ouvrages sur le maître du "Bois aux pauvres", comme "Un opéra de papier", "Le monde d'Edgar P.Jacobs" de Claude Le Gallo, "La damnation d'Edgar P. Jacobs" de B. Mouchart & F. Rivière, ou encore "A l'ombre de la ligne claire" de Benoit Mouchart, et "le manuscrit d'E.P. Jacobs", et aussi la dernière biographie en date, celle de Viviane Quittelier.

C'est pour dire la passion que j'ai pour cet auteur (je passe sous silence d'autres livres plus polémiques sur Jacobs).

Pour revenir à ce biopic façon bd, je voudrais dire que le travail documentaire effectué par Rodolphe est parfait (de l'accident du puits à sa modeste carrière à l'Opéra ou à ses collaborations avec Hergé, tout est exact).
C'est vrai qu'il manque le poids de sa série phare, voire unique, dans cet album, je veux évidemment parler de Blake et Mortimer, référence simplement survolée dans cet opus. La vie personnelle de Jacobs y est privilégiée par rapport à son activité professionnelle.

J'ai beaucoup apprécié l'approche de Rodolphe avec l'ami Jacques, mis au rebut de la société après la Libération, mais aussi sa fidélité à Georges Rémi au sortir de la guerre.
Que dire du dessin de Louis Alloing qui, certes, ne relève pas de la ligne claire comme je m'y attendais, mais s'y approche tout de même. C'est vrai que la superbe couverture ne reflète pas pour autant le dessin des planches (c'est le seul bémol que je peux reprocher à cette bd).
Je regrette également que les dernières années de la vie de Jacobs soient vite expédiées dans l'album, alors que ces années, paradoxalement, seront les plus riches sur le plan éditorial de Jacobs, malgré les embûches rencontrées.

Malgré toutes ces imperfections, j'ai été ravi de revivre à travers ce one-shot (peut-être que deux volumes auraient été plus judicieux pour retracer la vie d'un des maîtres de la bd franco-belge) l'ambiance, fort bien dessinée, de cette première moitié du XXième siècle.
Bref, malgré cela, je vous invite à découvrir cet album.

Nom série  Songes  posté le 29/01/2007 (dernière MAJ le 21/10/2012) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Alice aux pays des merveilles a bien grandi et elle s'appelle désormais Coraline.
Et ses rêves sont devenus plus osés. Filippi nous offre là un véritable conte pour adultes magnifiquement mis en relief par Terry Dodson, dessinateur plus habitué aux comics, qui flirte ici avec un érotisme assez léger, il faut l'avouer.

Coraline, aux formes bien généreuses, évolue dans un monde souvent proche de l'univers de Jules Verne (avec un soupçon d'érotisme en plus), ou des contes pour enfants

Un scénario qui oscille sans cesse entre rêve et réalité, entre mystères et inventions insolites, entre paysages champêtres et monde barbare; scénario que j'ai suivi avec plaisir dans le premier volume, la beauté du personnage féminin aidant.
C'est drôle, léger, et superbement dessiné et après 6 ans d'attente, je me suis rué chez mon libraire pour découvrir Célia, second tome de la série Songes.
Après moultes aventures éditoriales, voilà donc enfin la conclusion de cette aventure assez étrange vécue par Coraline.
On traverse, dans ce second volume, en quelques pages, le monde des "milles et une nuits", celui de "la belle aux bois dormant" ou encore celui du roi Arthur ou d'un Japon médiéval.
Graphiquement, l'album est assez réussi et Terry Dodson sait donner forme à ses personnages féminins (un simple regard sur la couverture va vous convaincre)
Par contre, au niveau du scénario, c'est un plus fouilli (une soeur apparait comme par enchantement) et sans le dessin de Terry Dodson, j'avoue que je naurais peut-être pas été au bout de l'album.
Même au niveau graphique, le second opus accuse quelques faiblesses : moins de précisions dans le trait et de nombreuses vignettes assez pauvres au niveau du décor.
Filippi semble avoir baclé la conclusion, hâtive et vite expédiée.
Bref, je suis assez partagé sur cette série à qui il manque quelque chose pour en faire une lecture indispensable.

Dommage car le premier volume était très prometteur.

Nom série  La Page blanche  posté le 20/10/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Malgré le sticker "Coup de coeur des lecteurs" de ma médiathèque, j'ai été très peu convaincu par cette histoire de "La Page Blanche" de Boulet & Pénélope Bagieu
Sans doute que le dessin de Pénélope Bagieu, assez simpliste (une vignette, un unique personnage présent dans 80 % des planches) n'est pas pour attirer mon attention. En feuilletant cette épaisse bd (près de 200 pages), on pourrait la croire tournée vers un public plûtot féminin, et plutôt jeune alors que cette quête d'identité intéresse plus un lectorat plus âgé.
Dommage que le dessin ne donne pas cette impression de maturité.
En conclusion, un album que j'ai lu assez rapidement et qui n'a guère bouleversé (sauf vers la fin, avec la recherche des origines de l'héroïne)

Nom série  Pyongyang  posté le 11/10/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Après Chroniques de Jérusalem ; Chroniques Birmanes , je continue ma lecture des pérégrinations de Guy Delisle avec Pyongyang , petit chef d'oeuvre d'humour et d'esprit subversif.
La lecture de cette chronique est à la fois drôle (ah! les pages dédiées à "chercher l'erreur !" à l'ascenceur, au guide, aux "volontaires"...), inquiétante (avec l'omniprésence militaire), voire paranoïaque (avec l'omniscience de Kim Il Sung et de son rejeton de dictateur dans la société coréenne.), le tout avec le fil rouge constitué par la lecture du roman "1984", qui m'a fait hurler de rire.
Malgré un dessin très simpliste, Guy Delisle arrive à nous communiquer l'oppression du régime militaire , et surtout l'absurdité de ce régime.
Pourtant antérieur aux Chroniques Birmanes, j'ai trouvé cet opus beaucoup plus percutant, et incisif.
Rarement un carnet de voyage m'avait autant diverti et surtout instruit sur un pays qui, je l'avoue, ne m'attire vraiment pas, et surtout que je ne connaissais guère.

Avec Chroniques de Jérusalem, que j'ai relu trois fois, Pyongyang constitue pour moi un des meilleurs livres de Guy Delisle, voire le meilleur, car il est complétement deconnecté des préoccupations familiales qui seront les siennes dans ses prochains livres.

A lire absolument

Nom série  Un printemps à Tchernobyl  posté le 06/10/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Depuis des années, je suis un inconditionnel d'Emmanuel Lepage, et le tournant qu'il a pris dans sa carrière avec Voyage aux îles de la Désolation, qui fut pour moi la bd de l'année 2011, m'enchante.

Avec ce nouveau carnet de voyage, ou encore ce deuxième documentaire en bande dessinée, Emmanuel Lepage nous offre un formidable livre.

Graphiquement, c'est grandiose, on prend une claque quasiment à chaque page, avec des doubles pages à vous couper le souffle.
L'univers post apocalyptique de Tchernobyl est fort bien décrit avec des images que nous avons tous vues à la télévision, comme cette grande roue abandonnée dans Pripiat, ville, censée être le fleuron du communisme.

Lepage nous confie ses doutes sur la façon de témoigner d'une catastrophe alors que les habitants revenus sur place semblent heureux et que la nature luxuriante reprend sa place sur le béton :"Aurais-je pu imaginer de tels moments à Tchernobyl, au coeur d'un désastre dont j'étais venu dessiner l'horreur".
En effet, aux dessins de décors désolés, gris, de villes fantômes, succèdent parfois des scènes plus bucoliques, et de joie comme ces enfants qui jouent, tout près de la zone interdite.

Un témoignage fort, parfois émouvant mais surtout admirablement construit et dessiné. Tout comme Voyage aux îles de la Désolation, cette bande dessinée fait partie des livres que l'on relit avec plaisir.

Un incontournable de cette année 2012

Nom série  Nico  posté le 09/03/2010 (dernière MAJ le 04/10/2012) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Tome 1:

Retour gagnant pour Berthet qui après s'être associé à Yann pour Yoni, série interrompue et assez décevante, nous revient en force avec ce nouvel opus, avec Fred Duval au scénario, à qui l'on doit déjà le désormais classique Carmen Mc Callum et le très remarqué et remarquable Code Mc Callum.

Un dessin parfait, qui arrive à nous faire oublier les mythiques "Pin Up", servi sur un scénario impeccable de Duval, bref une série qui débute bien et qui me donne envie de lire la suite.
Même si j'apporterai certains bémols.
En effet, l'histoire part sur les chapeaux de roues avec un début d'uchronie assez originale mais qui se transforme assez vite en une histoire classique d'espionnage qui s'éparpille un peu entre la trame personnelle (recherche de ses parents par Nico) et les missions de la parfaite espionne.

Pour ma part, j'ai passé un très agréable moment de lecture, que demander de plus à une bande dessinée ? Et les petits défauts du premier opus sont vite effacés par un dessin et un sens du rythme efficaces.

J'ajoute que j'ai choisi d'acheter la version dite "collector" même si l'édition commerciale présente une qualité égale de papier. La couverture, le carnet de croquis et mon éternel esprit de collectionneur m'a irrésistiblement poussé vers l'achat de cette version, somme toute très abordable.

A savourer évidemment.

Tome 2:

Nous avions laissé Nico dans une mauvaise posture dans le précédent album, et bien avec ce second opus intitulé "Opération Caraïbes" nous retrouvons notre espionne encore plus James Bond que jamais.
En effet, outre le titre, les références au héros de Ian Fleming sont légions dans cet album: que ce soit la base sous-marine ou encore la référence au Spectre (avec le fameux chat) ou les costumes et les décors, tout fait songer aux films avec Sean Connery.
Mais cet opus croule sous les références et allusions, parfois inutiles si bien que le lecteur finit par en avoir le tournis. Je cite pèle mèle: apparition de Truffault s'entretenant avec Alfred Hitchcock, d'un Bob Dylan ahuri,d'un personnage issu de la série "Thundebirds" qui a bercé mon enfance et j'en passe.
Par contre quelque jeux de mots plutôt faciles m'ont gaché quelque peu ma lecture, du genre : "Cuba! non coup bas!" ou encore en parlant de Dallas, partenaire de Nico: "Dallas et Kennedy n'ont jamais fait bon ménage..."
Les ficelles du scénario sont si grosses qu'elles ressemblent à des cordes et pourtant....ça marche.
Le dessin de Berthet y est sans doute pour beaucoup et cette uchronie est assez réussie dans l'ensemble.
Malgré les facilité scénaristiques, on ne s'ennuie pas une seconde dans les aventures de Nico.
Une histoire rafraichissante, hautement improbable donc à lire.
J'ajoute que, comme pour le premier album, les éditions Dargaud ont eu la bonne idée d'éditer un tirage spécial avec dos toilé, qui ajoute au côté rétro de cette bd.

La fin,volontairement ouverte, peut laisser songer,je l'espère à un nouveau cycle.

Tome 3 : Femmes Fatales

Soyons honnête, ce n'est certes pas la bande dessinée de l'année mais ,en tout cas, ce troisième opus est fort divertissant.
Mais ce qui prime dans cette série, c'est le dessin de Berthet, dessin reconnaissable entre tous. Hommage aux séries des années 50 et 60, cette uchronie(bien que ce caractère s'estompe avec le temps) fait une part belle aux références: à l'âge d'or de la bd avec d'entrée, une reprise de la marque jaune, et plus loin on aperçoit le professeur Philip Mortimer parmi les savants exfiltrés; aux séries TV avec des vaisseaux sortis tout droit des "Thunderbirds" ; ou encore aux James Bond de la période Sean Connery.
Même si les ficelles scénaristiques sont un peu grosses, (l'histoire des parents de Nico, par exemple), j'ai été séduit par l'ambiance générale de cet album, qui constitue une seule histoire.
Je vous conseille de découvrir cette aventure avec l'édition "tirage limité" dos toilé,(avec suppléments de croquis)qui rappelle les albums d'antan et qui y ajoute, s'il le fallait encore, un côté rétro

Nom série  Chroniques Birmanes  posté le 01/10/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Longtemps, je suis passé à côté des livres de Guy Delisle. Il a fallu l’éclairage du festival d’Angoulême pour que cet auteur me soit révélé. Avec ses Chroniques de Jérusalem, j’ai reçu une véritable claque, et encore le mot est faible. Véritable huron du monde moderne, Guy Delisle nous offre une vision assez juste des pays qu’il traverse.
Avec "Chroniques Birmanes", antérieures à son périple palestinien (ou Israélien, cela dépend de quel côté du mur on se situe), Guy Delisle nous présente des épisodes de sa vie asiatique. Certes, chaque chapitre est assez, voire trop court, mais c’est très pertinent voire abracadabrantesque, comme le disait Rimbaud ou Chirac, je ne sais plus, comme ce déménagement soudain de la capitale.
Ce périple, c’est un mélange de Mister Bean et d’Ubu ou encore cela relève d’un monde à la Kafka.
Même si le dessin de Delisle est assez simpliste, il suffit à relater l’univers de MSF, ses difficultés d’actions sur le terrain, ses contradictions, mais son dessin souligne surtout, l’absurdité d’un régime militaire.
Malgré les 260 pages de l’album, cela se lit d’une traite. J’ai même eu un pincement au cœur à la fin, en quittant les personnages attachants de cet opus. Certes, cet album est un cran en dessous des incontournables Chroniques de Jérusalem mais il se lit avec plaisir.
Instructif, drôle, et émouvant vers la fin, je recommande la lecture de cet opus……à tel point que j’entame avec impatience Pyongyang du même auteur, ouvrage qui parait-il reste son meilleur.
A suivre donc…

Nom série  Alix Senator  posté le 29/09/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je ne suis guère un adepte de la série mèreAlix de Jacques Martin. J’en ai lu pas mal mais les seuls souvenirs qui m’en restent sont "la griffe noire" ou encore "les légions perdues " .
En outre, les autres bandes dessinées signées Valérie Mangin ne m’avaient guère convaincues. Mais là, j’ai adhéré pleinement à ce projet, très médiatisé et attendu pour cette rentrée 2012 .
Loin de décrier, comme certains l’idée d’un Alix plus vieux, je trouve l’idée excellente. (A une époque avec "le Dernier chapitre" Didier Convard et André Juillard avaient déjà vieillis certains héros de bd).
Thierry Démarez nous présente une vision de la Rome Antique assez éloignée de celle des"Aigles de Rome" ou encore de Murena, une vision certes plus aseptisée, mais en tout cas bien dessinée, avec une très belle mise en couleur.
Le scénario de Valérie Mangin s’inscrit parfaitement dans l’histoire d’Alix, avec des recoupements avec " le tombeau étrusque ", par exemple. Il faut lire cette aventure comme un polar, une enquête policière au temps de l’Empereur Auguste.
En plus, pour ne pas gâcher son plaisir, cette histoire peut être lue comme un one shot, même si un « fil rouge » va parcourir les trois premiers volumes.
Une bd classique, qui pour ma part de m’a pas du tout déçue.
Je recommande la lecture dans la version « tirage de luxe » , qui possède un cahier historique de quelques pages tout à fait éclairant sur cette période.

Nom série  Chère Patagonie  posté le 17/09/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Avouons-le tout de suite, je ne connais pas l’histoire de la Patagonie, l’auteur, Jorge Gonzales est un parfait inconnu pour moi, et enfin, le style proche de Blutch ou encore de De Crécy n’est pas celui que je préfère. Et pourtant ! J’ai lu ce récit d’une traite, sans faire de pause, tournant les pages avec impatience.

L’impatience n’est pourtant pas le fort de ce pavé de plus de 300 pages où il faut deviner les personnages, savourer les paysages déserts et suivre sur plus d’un siècle l’histoire de ces colons ou de ces Yamanas ou Onas, premiers habitants de cette terre aride. Car le style de Jorge Gonzales est particulier. Mélangeant la mise en page dite du « gaufrier » avec des pleines pages d’une beauté à couper le souffle, son style éclate dans le dernier chapitre qui retrace l’histoire de ce livre : croquis, crayonnés, pleines pages en couleurs, du texte à foison, bref un véritable feu d’artifice qui vient clore cette saga presque familiale.

Un véritable Ovni que cette bande dessinée qui revisite sans concession l’histoire de l’Argentine (on y croise le génocide des « indigènes », le mouvement anarchiste ou encore le régime dictatorial des années 70) à travers la destinées de deux familles, l’une venant d’Allemagne, l’autre étant le fruit d’un métissage.

Jorge Gonzales retrace avec immense talent l’histoire d’un peuple, l’histoire d’un pays mais surtout l’histoire méconnue de la Patagonie. On y sent la solitude des habitants, le vent, la pluie, et surtout le poids du silence, bref une atmosphère particulière, celle que veut vivre l’énigmatique Roth, une atmosphère pesante, étouffante, mais aussi où la liberté souffle sur cette terre, cette liberté que vient retrouver l’un des personnages principaux de cette histoire, après moult aventures, Julian Blumer.

Comme un lointain écho au superbe « Portugal », publié chez le même éditeur l’an passé, je ne peux que vous recommander la lecture de, ce qui reste pour moi, la découverte de cette rentrée 2012.

Nom série  La Belle Éplorée et autres histoires  posté le 07/09/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Les éditions Delcourt continuent leur présentation d’œuvres érotiques, à travers cette collection « Erotix », collection de grande qualité avec notamment des ouvrages publiés comme « les 110 pilules » , « Casino » ou encore « Mona Street ».
A travers douze histoires, le plus souvent muettes, Leone Frollo nous livre ici tout son art. Certaines de ses histoires sont magnifiquement dessinées, je pense notamment à « en pensant à Loulou », qui est remarquable au niveau de l’encrage et du dessin. D’ailleurs, le côté cinématographique de cette intégrale n’est pas en reste : outre, cette aventure de « Loulou » qui rend hommage à Louise Brooks, Betty Page n’est pas oubliée avec « Bettie ‘s secret photos », tout comme les nanars des années soixante-dix avec les six pages consacrées à « Ilsa, the Legendary Mistress » , véritable déclaration d’amour lancée à Dyane Thorne, égérie des films militaro-érotiques de l’époque.
La science-fiction n’est pas oubliée non plus, avec deux histoires courtes assez décalées et surprenantes.
Pour les amateurs du genre, je ne peux que recommander l’achat de ce livre, plus proche de l’érotisme des années 80 que de la pornographie éditées par la Musardine, à travers « Dynamique » (je pense notamment aux albums d’Ardem ou encore de Morgan Bruce). Je rapproche cet album des histoires illustrées par G. Levis (« Liz et Beth »), un des maitres de la bande dessinée érotique des années 80 .
Içi, le dessin de Leone Frollo est toujours aussi bon et réussi.
Même si, par rapport à sa série « Mona Street », j’ai trouvé cette intégrale un cran en dessous, (« Mona Street » nous offrait en effet un scénario construit mais aussi des dessins et esquisses d’une grande qualité), « la belle éplorée » reste un album de qualité que tout un chacun doit posséder dans sa bibliothèque… rose. Certes, je suis resté parfois sur ma faim avec certaines histoires, mais dans l’ensemble l’album est d’une grande qualité.

Nom série  Mahârâja  posté le 01/07/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Très belle surprise que ce titre érotique.
Outre une couverture très suggestive, il faut l'avouer que, pour une bande dessinée dite "pour adultes", elle sort vraiment du lot.
Pour une fois il y a un scénario solide pour cette aventure, bien que la fin soit effectivement assez expéditive, mais surtout le dessin d'Artoupan est superbe. Loin du style réaliste qui inonde le genre érotique dans le monde de la bd, Artoupa, signe là un dessin très personnel, entre caricature et réalisme, et où chaque personnage me fait songer à des protagonistes de pièces de théâtre de boulevard : de la prude soubrette, à la directrice de palace faussement effarouchée, en passant par l'espionne allemande fort bien charpentée et, mention spéciale, à la tenancière de l'hôtel "Gato Néro" qui ne manque pas d'atouts, toutes sont fort bien dessinées. En outre, pas un bouton ne manque (enfin, si!) aux bustiers et autres chemisiers, bref Artoupa, qui signe également les couleurs, soigne particulièrement les tenues vestimentaires de l'époque.
Les hommes ne sont pas en reste dans cette histoire d'espionnage, où agents de l'Axe et agent de sa majesté rivalisent d'ingéniosité pour arriver à leurs fins.

Un album réussi, un peu trop vite lu à mon goût mais surtout drôle et qui ravira les amateurs du genre.

Nom série  Habibi  posté le 07/06/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Ce pavé, car il n'y a pas d'autre mot pour nommer ce livre, m'attendait dans ma bibliothèque depuis plus de 6 mois. Il faut, un , du courage pour s'y attaquer, et deux, du temps , beaucoup de temps pour venir à bout de ses 670 pages !
Alors je me suis lancé et puis je n'ai pas laché ce livre, hop ! une lecture presque d'une traite.
Pff! tout d'abord il faut souligner le travail d'orfèvre de Graig Thompson. Le dessin est magnifique, les calligraphies superbes; cela ne m'étonne pas qu'il ait mis 6 ans je crois, à batir cette oeuvre, pour ne pas dire ce chef d'oeuvre.
Enfin, le scénario est habile, fin et surtout très bien construit, très bien huilé derrière un désordre apparent.
En mélant le Coran, l'Ancien testament, et les époques (sommes nous à l'époque des milles et une nuit ou alors à l'ére industrielle?), Graigh Thompson nous fait voyager dans le temps, dans l'espace mais essentiellement nous fait voyager tout court avec le destin de ces 2 enfants,Dodola et Zam.
Certes, le récit est dur (les sévices imposés à Dodola), parfois drôle (le changement d'eau en or) mais surtout prenant.
A lire d'urgence.

Nom série  L'Invitation  posté le 19/05/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Après avoir dévoré Une nuit à Rome, et relu dernièrement Petites éclipses, c'est tout naturellement que je me suis procuré "l'invitation" de Jim (au scénario) & Mermoux (pour le dessin), livre paru en 2010, et que je n'avais pas vu passer.
A l'image de ses précédents opus, Jim met en avant içi l'amitié,les bandes de potes, les amours et les désillusions.
Nous suivons la vie de Raphaël sur quelques jours (deux, trois?),(rien à voir avec le Raphaël d'Une nuit à Rome), un trentenaire, en couple avec Helen.
Les trois quart de l'album sont construits comme une pièce de théatre, un huis clos à l'air libre entre deux amis, Léo et Raphaël, avec l'intrusion de quelques personnages.
Le titre "l'invitation" ne trouve paradoxalement son sens que dans la dernière partie du livre, le chapitre 6, sorte d'apothéose d'une oeuvre qui a débuté comme une farce.
Malgré ses 155 pages, cela se lit vite et le dessin de Mermoux colle parfaitement à l'intrigue.
Très plaisant à lire, "l'invitation" n'arrive tout de même pas au niveau de Petites éclipses ou encore de son plus récent ouvrage, Une nuit à Rome

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