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Nom série  Carnets de thèse  posté le 03/12/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J’ai trouvé cet album amusant et effrayant à la fois. Ce parcours du combattant, ce chemin de croix sur lequel l’héroïne perd illusion, santé, emploi, temps et argent nous est raconté avec beaucoup de dérision, ce qui allège la note. Il n’empêche qu’à y réfléchir à deux fois, le constat est dramatique.

Cet album parvient donc à concilier un aspect documentaire avec une dimension divertissante (oui, je me suis beaucoup amusé en lisant l’album). Il alarme sur un phénomène qui a de quoi déranger sans sombrer dans la déprime totale.

Coté dessin, Tiphaine Rivière va à l’essentiel. On ne peut pas dire que ce soit mal dessiné mais le trait est quand même assez raide, les expressions de visages sont peu soignées, les décors sont des plus secondaires (même si, de ce point de vue, j'ai déjà vu bien pire). Ce style convient cependant très bien au ton donné à l’album. Nous sommes dans un roman graphique documentaire, le but est de transmettre un message sans nous saouler (mais bien en nous divertissant), pas de nous faire rêver.

A lire, très certainement. Je ne dirais pas que j’en ferais une priorité d’achat mais j’aurais mauvaise grâce de vous en dissuader l’acquisition.

Nom série  Les Chemins de Compostelle  posté le 12/03/2015 (dernière MAJ le 02/12/2015) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Pas facile…

Pas facile de traduire en quelques mots les sentiments particuliers que cet album a fait naître en moi. Des sentiments étranges et parfois contradictoires qui rendent totalement subjective mon opinion quant à ce premier tome.

Tout d’abord, il y a l’auteur. Jean-Claude Servais fait partie de ceux qui m’ont ouvert à la bande dessinée réaliste. Je l’ai découvert avec « La Tchalette » il y a bien longtemps, il me parlait d’un monde qui m’est proche puisque nous sommes tous deux voisins et attachés à « notre » terre d’Ardennes, terre de légendes, terre de culture… Je suis donc toujours resté attentif à la sortie de ses albums mais ses dernières productions m’ont déçu. Je pense devoir remonter à « L'Assassin qui parle aux oiseaux » pour retrouver une œuvre de l’auteur dont le scénario me semblait réellement prenant. De ses talents d’illustrateur, par contre, je n’ai jamais douté et chacune de ses productions m’a toujours séduit de ce point de vue.

Et pourtant, avec ce premier tome, Jean-Claude Servais m’a touché avant tout par ses propos. Non que le scénario soit d’une grande originalité, et il demeure dans un univers proche de celui de ses autres œuvres, mais il y a dans toute la construction de cette œuvre une volonté de parler de transmission. Transmission de savoir entre un grand-père brasseur autant qu’alchimiste et sa petite-fille, surtout. Transmission de relai entre cette même jeune femme et Tendre Violette, l’œuvre phare de l’auteur, dont elle suit le chemin.

Ce récit cherche donc à relier le passé et le présent. Même la visite de la Grand’Place de Bruxelles est l’occasion pour l’auteur de nous montrer combien le passé de la ville marque encore ses bâtiments d’un empreinte matérielle mais aussi, et surtout (pour certains initiés) spirituelle.

Spirituel, le mot est lâché. Et il fait peur tant il est aujourd’hui rattaché à la religion. Et de religion, il en sera question via cette pèlerine débutant son voyage depuis le Mont Saint-Michel ! Mais par-delà un attachement à l’une ou l’autre église, la spiritualité qui se dégage de l’album tient plus de l’attachement à la terre, du devoir d’humilité de l’homme face à celle-ci. Le discours se veut écologique et moral, il peut irriter par son côté académique. Il m’a plu par sa sincérité, par cette volonté profonde de l’auteur de nous transmettre un savoir, une vision, par cette envie de nous faire partager ce qui, à ses yeux, constitue le sens profond de la vie. De notre propre vie mais aussi et surtout de la Vie en général.

La volonté de transmettre du grand-père à sa fille devient alors écho de cette même volonté de l’auteur envers ses lecteurs. Et les interventions de Violette provoquent une mise en abyme propice au questionnement. Et si cette série était la dernière œuvre de l’auteur ? Et s’il s’agissait pour lui de nous léguer un peu de sa sagesse ? Un peu de son amour pour la terre et les gens simples ?

Beaucoup de promesses donc, avec ce premier tome. J’espère vraiment que la suite du récit continuera dans cette lignée, avec une recherche introspective de l’auteur mais aussi une volonté de plonger le lecteur dans une démarche similaire, par-delà les péripéties du voyage. Surtout, je serais déçu si ce récit devait basculer dans une intrigue policière digne d’un fait divers. Jean-Claude Servais m’a ici fait entrevoir un fil narratif bien plus philosophique et personnel, et le fait que la série soit prévue en 7 tomes ne fait qu’accentuer mon sentiment qu’il s’agit d’une quête spirituelle de sa part.

J’attends la suite avec autant d’appréhension que d’impatience.


PS : côté dessin, c’est toujours aussi académiquement bon. Les représentations de la Grand’Place de Bruxelles sont superbes, tout comme celles du Mont Saint-Michel. Et le début de pèlerinage depuis la Gaume donne une fois de plus l’occasion à l’auteur d’illustrer sa région tel un immense jardin ouvert sur le monde.


Petite mise à jour après la lecture du deuxième tome :

Jean-Claude Servais conserve une certaine cohérence dans sa démarche et cet album est en lien direct avec l'oeuvre au noir (première phase de la transmutation alchimique). La notion de mort est très présente au travers du destin des personnages les plus présents et on sent chez chacun d'eux une évolution, une transmutation en devenir.

Par contre, l'auteur apporte au récit un aspect fantastique qui ne m'a pas spécialement convaincu. Je trouve que là, par rapport à ce que je pensais être sa démarche initiale, il s'égare et ne peut empêcher son amour des légendes et des univers fantasmagoriques de prendre le dessus.

Un petit bémol, donc, pour ce deuxième tome. Mais le récit me plait toujours et l'accent mis ici sur l'étrange lien qui unit Bretagne et Ardennes m'a beaucoup plu. A suivre...

Nom série  Alpha - Premières armes  posté le 25/08/2010 (dernière MAJ le 02/12/2015) Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Après lecture des deux premiers tomes, je reste un fidèle lecteur de ce prequel, même si j’en regrette le rythme de parution très lent (plus de cinq ans se sont écoulé entre ces deux tomes).

Ce détail mis à part, le lecteur retrouvera dans cette série tout ce qui fait le succès d’Alpha, voire même de la plupart des séries de la collection 3ème vague du Lombard :
- un héros charismatique, charmeur, extrêmement doué et cachant une faille ;
- une intrigue sous forme de thriller mêlant géopolitique, coups tordus et action ;
- des personnages féminins séduisants ;
- des décors variés de préférence paradisiaques.

Il s’agit donc de divertissement « sérieux » dans l’esprit de bien des blockbusters du cinéma américain (de « Jason Bourne » à « Taken » pour n’en citer que deux parmi tant d’autres).

Pas besoin de connaître la série mère pour se lancer dans cet Alpha-premières armes puisqu’il s’agit d’un prequel. Par contre, un goût prononcé pour les intrigues tordues et complots complexes avec de multiples intervenants est un atout non négligeable.

En effet, l’intrigue imaginée par Emmanuel Herzet est tout sauf simpliste. Crédible à plus d’un titre dans son pitch de départ, elle multiplie les rebondissements au risque d’égarer le lecteur. A titre personnel, je me demande toujours à l’heure actuelle quel était l’intérêt d’un des personnages à agir de la manière décrite. C’est à mes yeux le point faible du récit : ce manque occasionnel de clarté. Il n’empêche que, dans l’ensemble et pour peur peu que l’on soit attentif durant la lecture, ce récit s’avère assez prenant. Une relecture ne fait d’ailleurs pas de tort et permet par endroits de mieux comprendre certains rebondissements.

Au niveau du dessin, Loutte réalise (une fois de plus) un travail remarquable de précision, de réalisme et de lisibilité. Ce style froid et tranchant convient bien à ce genre de série. Le fait que l’artiste offre un style similaire à celui de Youri Jigounov permet à l’amateur d’Alpha de ne pas être déboussolé.

Je demeure convaincu que les amateurs du genre apprécieront beaucoup cette intrigue. Les autres ne devraient pas être séduits…

Nom série  Hit  posté le 02/12/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Polar noir que n’auraient pas renié Raymond Chandler ou James Ellroy, Hit revisite quelques classiques du genre pour notre plus grand plaisir.

Jouant du principe très américain que la meilleure justice est celle que l’on rend soi-même, les auteurs nous offrent en guise de héros un flic cynique engagé pour « faire le ménage » dans la pègre de Los Angeles. Entouré de sa fine équipe, il ne fait pas dans la dentelle, convaincu d’agir pour le bien de tous… jusqu’au retour de la pin-up de service, fille du supérieur hiérarchique de notre flingueur et junkie à ses heures.

Quand je vous parlais de classique du polar noir !

Outre le personnage de Harvey Slater (le fameux lieutenant de police cynique et implacable), le deuxième personnage d’importance de ce récit est… la ville de Los Angeles, dans laquelle les auteurs nous baladent au fil d’un récit bien découpé. Les ambiances changent en fonction des quartiers (même si l’on reste dans le sombre du début à la fin) et la ville devient un théâtre riche en diversité.

Le dessin de Vanesa R. Del Rey (dont cela semble être la première œuvre) est d’une belle qualité. Son trait apporte au récit un côté brut et sombre tout à fait adéquat. Ses personnages sont bien typés, ce qui permet aisément de les différencier malgré les nombreuses ombres du dessin.

Le dernier chapitre, qui se présente sous la forme d’une nouvelle littéraire, apporte une petite note d’originalité bien agréable. Avis aux lecteurs : prenez la peine de lire ces quelques pages. Elle éclairent joyeusement le destin de notre pin-up.

Le résultat ? Un polar classique, bien foutu mais sans grandes surprises, qui ravira les amateurs du genre mais ne convaincra sans doute pas pleinement les autres.

Nom série  Kaboul Disco  posté le 26/11/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Si j’ai fort apprécié cette lecture, j’ai plus de mal à accepter l’image qu’elle véhicule inconsciemment, à savoir : la guerre, ce n’est finalement pas si dramatique que ça. Non que Nicolas Wild tienne pareil propos mais sa façon très sympathique de raconter son périple nous en ferait oublier la toile de fond.

En effet, au fil des pages, à l’évocation des événements vécus par l’auteur, le lecteur en viendrait à trouver que tout cela est finalement plus amusant qu’autre chose. Nicolas Wild, de fait, nous présente ses aventures en Afghanistan avec un tel humour, une telle distanciation qu’il en occulte souvent les aspects dramatiques (ou les tourne en dérision). Il ne masque pourtant rien mais, voilà, ce graphisme rond et dépouillé, ces dialogues bon enfants sont des boucliers devant l’atrocité d’une guerre. Je ne lui en veux pas, je ne le condamne pas. Je comprends même que quelqu’un qui a vécu ces événements cherche à s’en détacher et à relativiser. Je trouve juste que l’image ainsi reproduite est tronquée, très rassurante pour le lecteur européen que je suis (même si consternante au niveau de l’efficacité voire même de l’opportunité de l’intervention tant militaire que des ONG de culture européenne dans des pays du Moyen-Orient).

Et, comme je le disais, la lecture des deux tomes est très agréable, instructive autant que distrayante. Le dessin, simple rond et dépourvu de couleur (ici, une tâche de sang sera propre), les décors simplifiés (une maison détruite ne « sent » ni la poussière ni les égouts), les visages bon-enfant font de ce trait quelque chose de simple, d’immédiat, d’apaisant. Un contraste avec la situation décrite qui crée une distanciation chez le lecteur. Et puis derrière l’ironie et l’autodérision se cache un constat consternant. Je sors de cette lecture avec le sentiment que rien de ce qui est fait, sera fait, pourrait être fait par des pays occidentaux ne sera utile ou opportun. Comment imposer un gouvernement central dans un pays naturellement divisé ? Comment espérer dissuader ce pays de produire de la drogue lorsqu’il s’agit là de leur principale source de revenus (drogue achetée par des ressortissants de ces même pays occidentaux qui en condamnent la production) ?

Donc voilà un avis très paradoxal. Je trouve ces deux tomes très chouettes à lire mais « avec des pincettes », en gardant dans le coin de la tête qu’un pays en guerre ou en reconstruction d’après-guerre n’épargne pas les populations y vivant.

Nom série  Porcelaine  posté le 26/11/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Personnellement, j’ai trouvé le pitch très classique. Prenez une pauvre petite orpheline, faite lui pénétrer une propriété privée sur laquelle circulent d’étranges rumeurs. Mettez-la face à un vieux savant solitaire. Imaginez ensuite que le génie de ce savant s’exerce dans un domaine naturellement fascinant pour un enfant (genre le monde des marionnettes, des pantins ou des robots, par exemple). Enfin, condamnez UNE pièce de l’étrange demeure à la petite orpheline, juste histoire d’être sûr qu’elle ira y faire un tour… Objectivement, Cela me semble avoir déjà été exploité plus d’une fois.

Ceci dit, l’histoire est bien tournée et la psychologie des personnages est, je trouve, travaillée d’une manière intéressante. Ce qui n’empêche pas quelques longueurs au milieu du récit, malheureusement. A contrario, l’originalité de certaines séquences (surtout dans ses créations graphiques) m’ont accroché et je n’ai pas trouvé là lecture ennuyeuse. Juste un peu poussive par moment, mais prenante à d’autres.

Côté dessin, par contre, rien à dire : j’ai beaucoup aimé. Le trait est clair et expressif. Le découpage est bien pensé. Les créations sont belles à voir, avec juste ce qu’il faut d’étrangeté pour créer un malaise auprès d’un jeune public.

Donc, voilà, je vais pas crier au génie et, à titre personnel je n’achèterai pas la série, préférant l’emprunter à la bibliothèque, mais je n’en déconseille tout de même pas l’achat car l’œuvre a ses qualités.

Nom série  Olympia  posté le 24/11/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Œuvre de jeunesse de Philippe Bertrand, Olympia est paru dans le journal « A Suivre » au cœur des années ’80. Les éditions Dargaud ont l’idée saugrenue de l’éditer en album 30 ans plus tard.

A titre personnel et malgré tout le talent du véritable artiste qu’est Philippe Bertrand, je pense qu’ils auraient pu s’abstenir.

Ce récit est, en effet, incroyablement daté, fondamentalement inintéressant (sauf pour qui voudrait analyser le dessin de Philippe Bertrand à ses débuts), extrêmement décousu.

Philippe Bertrand nous offre cependant des planches marquées par son style esthétique et racé, mais ici avec une parenté avec Jacques Tardi. Son attirance vers un érotisme guindé est déjà flagrante même si l’album est encore relativement soft de ce point de vue.

Le scénario, son découpage et ses dialogues, sont, comme je le disais, les points les plus négatifs du présent album. Sans intérêt et décousu, le récit qui nous est offert nous entraîne pourtant dans une époque et des lieux historiquement intéressants (l’Allemagne et l’Autriche des années ’20) mais au travers de péripéties répétitives. Les personnages nous apparaissent distants, froids, quasi désintéressés face aux événements : un jeu d’acteur à la Eugène Ionesco, pour prendre une comparaison théâtrale.

A réserver aux grands fans de l’artiste et aux nostalgiques de ce type de bd typée esthétisme des années ’80.

Enfin, devoir afficher sur la couverture que la préface est signée Enki Bilal n'est pas un signe de sérénité de la part de l'éditeur. S'il était convaincu de la qualité de l'album, je pense qu'il n'aurait pas eu la tentation de mettre autant en avant ce fait des plus anecdotiques.

Nom série  Ninn  posté le 24/11/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Dans la lignée des « Carnets de Cerise », voici Ninn : jeune orpheline retrouvée dans le métro parisien et à qui vont arriver des aventures peu ordinaires. Moins littéraire et plus orientée vers le fantastique, cette nouvelle série signée Johan Pilet et Jean-Michel Darlot s’adresse aux jeunes adolescents mais plaira à un bien plus large public (dont je fais partie, c’est tout dire).

La trame générale est classique. Prenez une jeune orpheline, aventurière et bornée, qui ignore tout de ses parents, une zone emplie de mystères et de légendes (une rame de métro dans le cas présent), un ange-gardien animalier franchement féérique (je ne vous en dis pas plus, c’est une des très bonnes idées de cet album) et vous obtenez un récit dans la lignée d’un Harry Potter ou du Monde de Narnia (pour prendre deux références ultra-connues).

Pour que la sauce prenne, ce type d’univers doit receler de suffisamment d’originalité et de dynamisme pour occulter l’aspect convenu de la trame générale. Et c’est bien le cas présentement. Honnêtement, je ne me suis pas ennuyé une seconde. La petite Ninn est attachante, les adultes qui l’entourent ne sont pas étouffants, le métro –théâtre de ce premier tome- apporte sa part d’originalité tout en nous en apprenant un peu plus sur ce singulier univers. Jean-Michel Darlot semble réellement passionné par le métro parisien et sa connaissance des lieux nous permet d'en apprendre beaucoup tout en nous amusant.

Il est également notable que l'aspect fantastique du récit n'est amené que très progressivement, nous permettant ainsi de réellement entrer dans un nouvel univers.

Le dessin de Johan Pilet est excellent ! Dynamique, expressif, très lisible, rond, c’est tout simplement parfait pour ce type d’aventure. De plus les décors ne sont pas oubliés, et c’est heureux tant le métro parisien est un acteur essentiel dans ce premier tome.

Une série jeunesse à suivre de très près ! Et si vous cherchez quoi offrir à un(e) jeune adolescent(e) pour les fêtes de fin d’année, voici peut-être de quoi la satisfaire.

Nom série  Isabelle la Louve de France  posté le 16/11/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Je l’avoue : je n’ai pas été séduit outre mesure par le destin de cette reine de France.

Je ne saurais trop dire pourquoi car le dessin est de qualité, la narration est fluide et l’aspect historique est bien présent (et ce sont là de prime abord les trois qualités principales que j’étais en droit d’attendre de ce type de récit). Seulement, voilà, le destin de cette reine m’a tout sauf passionné. Je la trouve dépourvue de charisme (ou est-ce moi qui n’ai pas été sensible à son charme), insignifiante, manipulée du début à la fin, marionnette grotesque protégeant son enfant outre raison (à l’instar de la grande majorité des mères, je pense), victime de la crise de la quarantaine avant l'heure en se réfugiant dans les bras d'un amant plus jeune qu'elle mais beau comme un camion. Pour le dire platement : elle me gave.

Le récit en lui-même, à l'image de toute biographie à faible pagination, passe rapidement sur certains événements (et comme l'aspect romanesque du destin d'Isabelle est mis en avant, ceci se fait au détriment du contexte historique global). Résultat : à l'image du précédent posteur (le Grand A), je n'ai pas tout capté des intérêts des uns et des autres dans ces multiples sous-intrigues de palais... et comme cette période de l'histoire de France ne m'a jamais passionné outre-mesure, je n'avais pas les bases nécessaires pour m'en sortir sans un plus grand nombre d'explications.

Du coup, difficile de se passionner pour un récit dont l’héroïne est la principale source d’ennui…

Nom série  Les Epées de verre  posté le 16/11/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Le dessin est de très grande qualité, tant au niveau des personnages (même si voir Mel Gibson à longueur de pages décontenance quand même quelque peu) que des décors. Les costumes et coiffures des protagonistes, la faune et la flore, l’architecture même des différents bâtiments : tout est d’une qualité indéniable et contribue à nous immerger dans un autre univers, ce qui devrait être le cas de toute bonne série d’heroic fantasy.

Au niveau du scénario, je suis un peu plus mitigé. Tout d’abord, le point de départ du récit est très classique (la jeune fille qui veut venger ses parents et qui tombe, comme par hasard, sur un ermite ex-valeureux guerrier, l’épée dotée de pouvoirs magiques, l’univers à la fois proche et différent du nôtre). De plus, j’ai eu le sentiment que les auteures avaient repensé leur scénario après deux tomes, histoire de le rendre finalement plus cohérent vis-à-vis des deux quêtes (d’une part, une quête de vengeance et, d’autre part, une quête de savoir autour de quatre épées et d’une vieille prophétie). Le « redressement » est réussi mais laisse des traces chez moi.

Au final, j’ai passé un agréable moment de lecture mais j’éprouve tout de même un sentiment d’inachevé, comme si ce récit aurait pu être mieux équilibré, mieux pensé. En définitive, je ne pense pas que ce récit me marquera mais la qualité de son dessin, une intrigue et des personnages classiques et efficaces font de ces épées de verre un bon achat.

Nom série  DesSeins  posté le 16/11/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Que voilà un joli recueil de nouvelles !

DesSeins, dont le titre est tout sauf anodin et la majuscule du deuxième S encore moins nous propose sept portraits de femme signés… par un homme. Olivier Pont, puisque c’est de lui qu’il s’agit, n’est pas un inconnu dans le monde de la bande dessinée même si on ne le connait que très peu dans ce registre. Personnellement, je trouve qu’il signe là un bel album, sensible, touchant, dans la lignée de ce que peut faire Zidrou, par exemple.

De seins, il sera donc question tout au long de ces sept portraits, des seins symboles de féminité, parfois trop lourds à porter, parfois trop stigmatisés. Olivier Pont joue joliment du silence pour nous surprendre et nous entrainer là où l’on ne s’y attendait pas toujours. A une occasion, j’ai trouvé qu’il versait dans la facilité, dans la caricature. Pour le reste, l’auteur signe un sans-faute à mes yeux.

Au niveau du dessin comme du découpage, il s’agit là aussi d’un travail frôlant la perfection. Les histoires disposent de l’espace nécessaire pour se développer tout en restant très concentrées (format de la nouvelle oblige). Le dessin est clair, immédiat et séduisant. Le travail sur les regards est soigné et permet de faire passer beaucoup d’informations sans commentaires inutiles.

Un album que je ne peux que vous recommander.

Nom série  Top 15  posté le 05/11/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Je pense que pour réussir ce genre de série humoristique très segmentée, il faut être passionné par le domaine exploré. C’est la condition sine qua non pour parvenir à caricaturer avec justesse, pour équilibrer tendresse et dérision, pour accrocher un lectorat naturellement attiré (voire passionné) par le domaine exploré.

Je pense que Gürsel ne connaissait pas grand-chose, sinon rien au rugby lorsqu’il a commencé cette série. Et cela se ressent douloureusement. Oubliez les essais, ici, on marque des buts. Oubliez le légendaire respect des joueurs vis-à-vis du corps arbitral, ici ils se comportent comme les plus atteints des joueurs de football. Oubliez tout ce que vous savez sur le rugby, l’auteur réinvente ce sport au travers de planches humoristiques.

Si encore, c’était drôle…

Mais dès la première page, le ton est donné. La plupart des gags auraient pu fonctionner dans n’importe quel univers. L’auteur abuse de vieilles recettes et les exploite au-delà du raisonnable. Il a recours au besoin à la vulgarité pour nous offrir des dialogues pourtant on ne peut plus plats.

Bon, j’arrête là. Vous l’aurez compris : je n’ai absolument pas accroché à cette série, je ne l’ai trouvée ni drôle ni pertinente ni même bien dessinée.

Nom série  Le Circuit Mandelberg  posté le 05/11/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Après un tome prometteur, Dunk, adaptation d’un roman de Denis Robert, n’a pas connu de suite… La faute à des ventes insuffisantes, je suppose.

Qu’à cela ne tienne ! Le travail effectué n’a pas été perdu puisque les éditions Dargaud n’ont pas totalement laissé tomber le projet et l’ont repris sous la forme d’une intégrale et sous un autre titre : Le Circuit Mandelberg.

La grosse différence par rapport au premier projet est que le découpage a été pensé pour être plus nerveux. De multiples courts chapitres sont introduits par un extrait du roman original. Si ce procédé permet de mieux clarifier l’intrigue, je trouve qu’il apporte une certaine redondance au récit, l’extrait du roman expliquant bien souvent ce que les pages suivantes nous montrent, images à l’appui. Je ne suis donc que moyennement convaincu par cette astuce mais je reconnais qu’elle permet de découper le récit d’une manière plus directe.

Ceci dit, ce récit est quand même plutôt prenant (et c’est d’ailleurs surprenant que sa première mouture n’ait pas réussi à plus faire parler d’elle). Nous avons droit à un récit d’anticipation bien pensé qui peut s’appuyer sur de solides connaissances médicales, sur des personnages intéressants et sur une vision crédible –et peu réjouissante- de notre société future.

Le dessin de Franck Biancarelli fait très « comics », avec beaucoup de zones d’ombre et un trait souvent brut. Ce style convient bien au récit et lui apporte une noirceur de bon aloi.

L’abondance de texte pourra effrayer certains lecteurs, et l’introduction de chaque chapitre via un extrait du roman original n’est pas de nature à simplifier les choses. Il n’empêche que cette abondance n’est pas gratuite. Le récit est dense et mérite souvent quelques explications ou quelques approfondissements. Par ailleurs, s'il y a abondance de texte, on ne peut pas dire que les auteurs nous noient dans ceux-ci. Le récit reste très fluide et on n'a pas le sentiment de lire un roman (mais bien un récit dense).

Au final, le Circuit Mandelberg est un solide récit d’anticipation. Pas un chef d’œuvre et sans doute pas au niveau du roman mais je le considère tout de même comme supérieur à la moyenne, ne fusse que par son approche originale –et scientifiquement crédible- du très classique « transfert de cerveau ». Très certainement à emprunter si vous êtes amateur du genre. Et plus si affinité.

Je ne déconseille donc pas l’achat même si je n’en fais pas une priorité.

Nom série  Dunk  posté le 10/06/2013 (dernière MAJ le 05/11/2015) Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Dunk est un thriller d’anticipation à la trame classique mais à l’univers original. Si le titre vous dit quelque chose, c’est normal puisque nous parlons ici de l’adaptation d’un roman paru il y a quelques années sous la plume de Denis Robert, scénariste de la présente série.

Thriller classique puisque nous allons suivre les aventures d’un quidam, basketteur de renom au talent immense, pris dans un engrenage infernal à son corps défendant. Poursuivi par la mafia locale suite à une affaire de match truqué, il cherchera refuge auprès de l’ex-employeur de son père… mais risque bien de tomber de Charybde et Scylla. C’est donc à une chasse à l’homme somme toute très classique à laquelle nous convient les auteurs. Un héros charismatique, sportif et résistant, deux clans qui le poursuivent dans des buts différents, du mystère, de l’action… Un thriller classique, quoi… sauf que…

Anticipation et originalité vont de pair. En effet, l’originalité de la série vient de son univers. Nous nous situons dans un avenir proche (ou, du moins, pas trop éloigné) dans lequel les différences de classe sociales sont encore plus marquées, le sport est profondément gangrené par des magouilles mafieuses, les manipulations génétiques ont encore progressé et la neurobiologie offre aux scientifiques de nouvelles plaines de jeu. Cet aspect de l’histoire est aussi original que bien foutu. L’ensemble m’est apparu cohérent et réaliste (non que j’imagine l’avenir de cette manière mais la vision de Denis Robert ne m’est pas apparue farfelue ou aberrante).

Le dessin lui, et même si je ne suis pas un spécialiste en la matière, m’est apparu fort influencé par les comics. L’encrage est prononcé et donne à cet univers un aspect visuel très sombre. Sans être ma tasse de thé, ce trait m’est apparu totalement adapté au ton de la série.

Un premier tome prometteur mais une série finalement remaniée sous le titre de Circuit Mandelberg. par conséquent, plutôt que d'acheter ce tome, je vous conseille vivement de directement vous rabattre sur l'intégrale précitée.

Nom série  Greenwich Village  posté le 04/11/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Dieu ! Que cette série fleure bon les comédies romantiques américaines des années ’50 ! On s’y croirait, nonobstant la couleur (absente des films de l’époque mais bien présente dans l’album ci-devant).

Franchement, on s’attendrait presque à croiser au détour d’une page Gregory Peck, Audrey Hepburn ou Spencer Tracy tant le ton employé rappelle les comédies légères de cette époque, fraîches et sans prétention autre que de nous divertir.

Et le style atome de Lapone convient on ne peut mieux au genre exploré. Ses gaufriers usent de la symétrie et des rondeurs pour apporter légèreté et clarté à ce récit. Son dessin, on ne peut plus ligne claire, offre élégance et lisibilité. Ses planches sont cependant moins époustouflantes que celles qu’il nous a proposées sur Adam Clarks, mais il n’empêche qu’Antonio Lapone est un grand artiste au style reconnaissable entre mille !

Côté scénario, si ce premier tome nous offre une histoire (complète, elle peut se lire comme un one-shot) agréable à suivre, il faut bien reconnaître qu’elle n’est guère originale. Deux personnes que tout oppose doivent cohabiter suite à un quiproquo digne de la comédie de boulevard et… adviendra ce que tout le monde soupçonnait avant même d’avoir tourné la première page de l’album. C’est cousu de fil blanc mais rythmé et sympathique, à l’image d’une comédie romantique. Parce que, soyons honnête, si un couple a tout pour s’aimer et être heureux au début d’une histoire et finit l’histoire séparé et déchiré, c’est que vous regardez un film des frères Dardenne et non une comédie romantique américaine.

Donc voilà : prévisible mais rythmé et très joliment mis en image, cet album rend un bel hommage aux comédies du genre sans apporter quoi que ce soit de neuf. Mais était-ce le but ? Si vous cherchez quelque chose de léger, de frais, d’amusant, ne boudez pas votre plaisir. Sinon, passez votre chemin.

Nom série  Complainte des landes perdues - Les Sorcières  posté le 30/10/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Déjà complices sur Le Bois des Vierges, Béatrice Tillier et Jean Dufaux s’associent à nouveau pour ce troisième cycle de la Complainte des Landes Perdues.

Et il fallait bien tout le talent de Béatrice Tillier pour succéder ainsi aux deux monstres sacrés que sont Rosinski et Delaby ! Et de ce point de vue, comment vous dire ? Je pense qu’elle surpasse encore ses devanciers !

Cet album est en effet superbe visuellement parlant. Tant au niveau de la finesse du trait que du choix des couleurs, chaque planche se révèle être un sans-faute. C’est fin, c’est soigné. Les personnages sont parfaitement typés, avec la tête de l’emploi ad hoc. Les décors sont élaborés. Rien n‘est gratuit dans ces constructions. Vraiment un travail léché d’une très grande qualité (en espérant que ce niveau d’excellence demeurera le long des 4 tomes, contrairement au Bois de Vierges dont le dernier tome était clairement en deçà).

Ceci dit, si je vous parle autant du dessin, vous devez vous demander s’il n’y a pas anguille sous roche au niveau du scénario (je vous connais). Et bien… en fait, non. Mais ce premier tome est surtout un tome introductif. Plaisant à suivre, rythmé malgré le grand nombre de personnages à présenter, il s’éloigne de l’esprit celte pour plus lorgner vers un romantisme à la Française teinté du voile noir d’un Game of Thrones. Difficile de voir déjà clair dans le jeu du scénariste même si des bases d’apparence très manichéennes sont déjà jetées. En tous les cas, les auteurs ont réussi à suffisamment capter mon attention pour me décider à poursuivre l’aventure.

Pas de réelle surprise avec ce duo d’auteurs mais ils nous livrent un album grand public d’une belle qualité.

Nom série  Les Diables Rouges  posté le 27/10/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Oui, bof mais achat conseillé. Parce que si la série vous tente, je pense sincèrement que vous aurez plus de plaisir à la relire dans 10 ans qu’à l’heure actuelle et donc que vous avez tout intérêt à l’acheter dès aujourd’hui si vous voulez vous éviter de courir les brocanteurs dans une décennie.

Mais pourquoi voudrait-on acheter cette série humoristique et opportuniste alors qu’elle n’est ni drôle ni spécialement originale ni réellement bien dessinée ? Tout simplement parce qu’elle permet de nous remémorer le parcours des Diables Rouges depuis la campagne de qualification pour le mondial 2014 jusqu’à nos jours. Et de me rappeler un album hors-série d’Eric Castel, consacré lui aussi aux Diables Rouges et qui revenait sur la campagne mondiale de 1982 (ahhh, ce but d’Erwin Vandenberg face à l’Argentine de Maradona). Un album ni spécialement original ni bien dessiné (je me souviens d’un Alex Czerniatinski à la tronche franchement de traviole) mais que j’ai lu et relu à l’époque et que je regrette aujourd’hui de ne plus posséder tant il s’agissait là d’une belle pièce de musée.

Donc voilà, cette série, c’est un peu pareil mais 30 ans plus tard. Les auteurs passent en revue les différents matches qui ont émaillé le parcours des Diables, reviennent sur l’originale initiative du « Défi des Diables » (l’équipe belge de football mettait au défi ses supporters de, par exemple, venir tout de rouge vêtus au stade et, si le défi était relevé -ce qui était toujours le cas- les récompensait via une vidéo originale, humoristique voire même en se rendant au domicile de l’un ou l’autre supporter anonyme), et cela par le biais de gags en deux pages… pas très drôles, je le concède mais dégageant quand même une certaine sympathie.

On navigue entre histoires de supporters (et de bistrot) et gags mettant en scène les joueurs eux-mêmes (ou le coach), et là heureusement que les prénoms sont souvent cités pour savoir de qui il s’agit car les caricatures sont rarement des réussites.

Mais bon, achat conseillé… pour les jeunes Belges entre 8 et 12 ans et grands amateurs de football. Les autres, circulez, y a rien à voir !

Nom série  Michel Vaillant - Nouvelle saison  posté le 14/11/2013 (dernière MAJ le 26/10/2015) Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Après 4 tomes, je reste dubitatif…

A mes yeux, Michel Vaillant – première époque a souffert de deux maux incurables : le désintérêt croissant de Jean Graton pour l’évolution de la compétition automobile (il avoue lui-même que le monde de la Formule 1 a fini par l’ennuyer profondément) et la longueur de la série, avec des héros qui vieillissent très lentement dans un univers où l’évolution technologique est ahurissante. Michel Vaillant a définitivement perdu toute sa crédibilité au cœur des années 80 et, selon moi, aurait mieux fait de prendre sa retraite à l’époque.

Seulement, voilà, 35 ans plus tard, une nouvelle saison débute… et le scénariste désigné afin de relancer la série est un auteur que j’apprécie d’ordinaire. J’ai donc eu envie de tenter le coup (d’autant plus que j’avais l’opportunité de m'en faire dédicacer le premier tome).

Premier constat : la course automobile est bien moins présente que dans la série originale. Ici, l’accent est surtout mis sur les relations entre les différents membres de la famille Vaillant et j’ai retrouvé là un des aspects que j’apprécie chez Denis Lapière, à savoir le soin qu’il accorde aux profils psychologiques de ses personnages. Directement, les personnages me sont apparus moins manichéens qu’auparavant tout en restant proches de l’ « ancienne version ».

Par ailleurs, le suspense tient plus de l'ordre du thriller financier que de la compétition automobile. Seulement, voilà ! Quand je lis un Michel Vaillant, j’attends aussi de trouver des pages consacrées à la celle-ci, aux techniques de conduite, aux stratégies de course, et de ce point de vue la nouvelle saison est frustrante.

Deuxième constat : la longévité de Michel Vaillant continue à me poser problème. On ne se débarrasse pas ainsi d’un passé de plus de 50 ans de compétitions automobiles diverses. A titre personnel, j’aurais plus facilement accepté de retrouver ces personnages s’ils m’avaient été présentés vieillis (exit la compétition pour Michel Vaillant, sauf pour quelques courses d’ancêtres… cet album aurait même pu commencer sur l’enterrement du père Vaillant. Là je me serais vraiment dit : on part sur de nouvelles bases). Ce n’est pas le cas et voir Michel Vaillant toujours actif me pose problème. C’est un frein psychologique que je n’arrive pas à desserrer.

Pourtant, les albums se lisent sans déplaisir. Les auteurs prennent la réalité économique en compte pour construire une histoire plausible. Ceci dit, le thirller financier proposé est tout de même un peu « facile » et je redoute quelque peu une suite qui pourrait bien être cousue de fil blanc (même si le tome 4 se termine sur une grosse surprise).

Côté dessin, j’ai trouvé des décors corrects et des voitures bien reproduites. Malheureusement, l’uniformisation des modèles fait que toutes les voitures finissent par se ressembler et les rares scènes de course ne font que confirmer cette réalité. Au niveau des personnages, on reconnait aisément les différents membres de la famille. Les traits sont toutefois plus typés qu’à l’époque de Jean Graton (ce qui n’est pas plus mal) et Michel Vaillant prend un petit air… d’Eddy Merckx (son regard, notamment). Etrange mais pas déplaisant.

Je continuerai à suivre la série mais j’attends de voir ce que celui-ci m’offrira avant de conseiller l’achat. Surtout, j'espère qu'un premier pas sera vraiment franchi avec la conclusion de ce quatrième tome et une issue miraculeuse me chagrinerait énormément.

Enfin, gros coup de gueule sur la bande publicitaire fièrement affichée sur ce tome 4 et qui annonce une fin de cycle : je la cherche toujours, cette fin de cycle !!! C'est vraiment prendre les lecteurs pour des cons et ce genre de procédé me gave !

Nom série  Bodegas  posté le 20/10/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Ni mieux ni pire…

Cette nouvelle déclinaison de Corbeyran sur le monde du vin remplit son cahier des charges. Elle nous propose un nouveau lieu viticole, situé en Espagne cette fois, une nouvelle héroïne séduisante et déterminée, une nouvelle intrigue nourrie par un douloureux secret de famille.

Pour respecter le cahier des charges, les auteurs nous parlerons un peu de vin, mettrons une femme nue aux deux-tiers de chaque tome (histoire de nous réveiller d’une somnolence coupable) et clôtureront leur récit sur un happy-end de bon aloi.

Pourquoi faire une nouvelle série si c’est pour raconter finalement la même chose ? Parce que ça se vend et qu’il y a un public fidèle, tout simplement.

A titre personnel, je ne fais pas partie du nombre. Un emprunt en bibliothèque suffit amplement à mon bonheur et il faut bien reconnaître de Corbeyran sait capter l’attention de ses lecteurs quand bien même il n’aurait pas grand-chose à raconter. Et puis le dessin de Francisco Ruizge est des plus agréables à l’œil, très lisible, net, soigné.

Nom série  Bagdad Inc.  posté le 20/10/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Honnêtement, mon ressenti après lecture de l’album a été que Stephan Desberg a fait d’un sujet très intéressant une intrigue banale. Je sors donc de cette lecture avec le sentiment qu’il est passé à côté du sujet.

Le sujet en question : l’emploi de milices privées et de mercenaires par les pays occidentaux dans la seconde guerre du Golfe. Un thème très intéressant et dont j’ignorais tout. Et pour exploiter ce terreau, pour explorer les relents nauséeux de cette sale guerre, le scénariste nous sert un… classique récit de tueur en série.

Si, encore, ce tueur l’était devenu suite à un choc post-traumatique… Mais non, même pas. Ajoutez à cela que le premier rôle est dédié à une jolie investigatrice à forte poitrine (qui sera secondée comme faire se doit par un baroudeur mystérieux et implacable), que l’enquête multiplie heureux hasards et gentilles incohérences et vous obtiendrez un thriller des plus dispensables dans un cadre des plus passionnants.

Côté dessin, rien à redire : c’est du 3ème vague. Un trait réaliste et froid qui convient bien à ce genre de récit.

Bon, moi, je passe mon tour mais il est vrai que j’ai un peu le sentiment d’avoir fait le tour de la question avec Stephan Desberg : un grand professionnel qui sait raconter une histoire… mais qui me semble toujours raconter la même. Et c’est d’autant plus désolant qu’ici le sujet d’actualité qui servait de cadre promettait un récit d’une autre envergure.

Un petit 3/5 obtenu de justesse car le cadre est des plus intéressants, mais un achat tout à fait dispensable à mes yeux.

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