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Nom série  Bérézina - D'après « Il Neigeait » de Patrick Rambaud  posté le 13/03/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
La Campagne de Russie est un triste événement à mes yeux. Non pas que je sois un fervent adorateur de Napoléon mais parce que j'y vois un immense gâchis. Un gâchis humain avec la quantité de morts qu'elle a engendrée. Un gâchis matériel et culturel avec une grande partie de la Russie et surtout la superbe ville de Moscou dévastées. Et le gâchis de voir la fin pitoyable d'un Empire européen qui avait suscité l'espoir du Peuple et aurait pu mieux tourner.

Voir cet événement adapté en bande dessinée n'attisait donc pas forcément mon envie à la base. Mais les auteurs de cette série ont su la rendre aussi attrayante qu'intéressante.

L'angle narratif du récit est de multiplier les points de vue, même si tous du côté français. Nous y suivons en effet une poignée de personnages très différents allant du capitaine de cavalerie au secrétaire particulier en passant par une troupe de comédiens et l'Empereur lui-même.
Le récit est très fluide, très aéré, sans les lourdeurs d'un récit historique trop détaillé. Et pourtant il est parfaitement clair car il va à l'essentiel. Nous sommes dans l'action et la réaction, pas dans la contemplation avec l’œil extérieur d'un historien.
Les protagonistes sont sympathiques et très humains. Ils apportent en outre régulièrement la petite touche de légèreté, d'humour voire de romantisme qui manque aux événements.
Le dessin est lui aussi largement à la hauteur. Soigné et détaillé, il offre à la fois de très beaux décors et des personnages vivants et dynamiques.

Bref, c'est un ouvrage capable de réunir dans le même plaisir de lecture les amateurs de la grande Histoire et ceux des récits d'aventure prenant.

Nom série  Mickey's Craziest Adventures  posté le 11/03/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J'attendais un peu mieux de cet album. Il comporte des choses que j'ai beaucoup aimées mais j'en ressors quand même légèrement déçu.

D'emblée, j'ai apprécié cette idée de faire croire au recueil de planches antiques retrouvées par hasard par les auteurs. Le travail éditorial et visuel pour donner un aspect vieilli et abîmé aux pages est très beau et fonctionne parfaitement avec le graphisme de Keramidas qui pourtant contraste avec son trait plus moderne et plus fantaisie. Et l'idée que toutes les planches n'ont pas été retrouvées et qu'il en manque dans l'album permet des ellipses bienvenues, autorisant les auteurs à se focaliser sur les moments d'action et d'humour principaux sans s'embarrasser de transitions parfois compliquées. J'ai retrouvé au passage les émotions que je pouvais ressentir quand je lisais des séries à suivre dans des journaux comme Mickey, Spirou ou Tintin sans avoir tous les épisodes et que j'imaginais les événements intermédiaires.

L'intrigue en elle-même n'est pas intéressante. C'est une grosse course-poursuite où, à la manière des vieux récits d'aventure du début du 20e siècle, les héros parcourent le monde vers des lieux parfois complètement exotiques ou imaginaires.
Mais c'est avant tout un prétexte à aligner des gags en une planche, se suivant plus ou moins, exercice dont Trondheim est un grand adepte. Ces gags, s'ils ne m'ont pas trop plu pour les premières planches, m'ont vraiment fait rire à d'autres moments. C'est un peu inégal mais parfois très bon.

En définitive, Mickey's Craziest Adventures est un bel album, tant physiquement avec son papier épais et sa couverture toilée, que graphiquement avec le dessin de Keramidas et le travail de vieillissement des planches. C'est aussi un bel album dans l'idée de faire revivre l'ambiance des récits d'aventure du début 20e siècle et de l'univers de Walt Disney tout en leur donnant une touche indéniablement moderne et second degré. Mais le rendu final est un peu trop inégal en terme d'humour et trop peu marquant en terme d'intrigue elle-même pour que je sois complètement tombé sous le charme.

Nom série  Monsieur Mardi-Gras Descendres  posté le 26/08/2004 (dernière MAJ le 11/03/2016) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Avec la sortie de l'album prologue à cette série, le Facteur Cratophane, j'en ai profité pour relire l'intégrale de Monsieur Mardi-Gras Descendres avec un oeil éclairé par ce que j'avais appris dans le prologue.
J'en garde une impression mitigée.

L'esthétisme de cette série est très marqué. Les décors vides et désolés, ou les grandes constructions et autres spectacles irréels sont souvent superbes. De même, tous ces personnages squelettiques sont très réussis, à l'exception peut-être de leurs mains qui ressemblent plus à des gants, défaut que l'auteur corrigera par la suite dans son prologue. Les enchevêtrement fréquents de leurs corps, malgré une certaine confusion visuelle qui oblige à parfois y regarder à deux fois pour bien comprendre quel os appartient à qui, font preuve d'une réussite et d'un travail certains. Je dois avouer avoir parfois eu quelques difficultés à déchiffrer une image (notamment les décors spatiaux) : l'image reste très belle mais mon cerveau n'arrivait pas vraiment à décrypter ce qui était représenté dans ces décors. En outre, au fil des tomes, l'auteur se met à abuser un peu trop des effets de flou et de lumière qui donnent un aspect un peu trop onirique à certaines scènes. Mais tout cela tient pour moi du mystère de ce monde post-mortem qui nous est présenté là.

L'ennui cependant, c'est qu'au niveau de l'histoire et de la narration, j'ai ressenti cette confusion de manière encore plus vive. J'ai suivi sans trop de difficultés le tome 1, sans toutefois ressentir de véritable passion à la lecture. Mais arrivé aux tomes 2 et 3, j'avoue avoir eu un mal fou à suivre l'action et les péripéties. Le découpage m'a semblé fouillis, les dialogues ardus à comprendre, les situations difficiles à cerner. Les lieux et personnages s'enchevêtrent de manière confuse. Les motivations des uns et des autres semblent changeants et impossibles à cerner. Et quand vient le dernier tome, plus long, qui clôt la plupart des intrigues, j'en ressors avec l'impression d'une porte qui se ferme sur une intrigue floue et trop échevelée.
En outre, les clarifications qu'apportent la lecture préalable de l'album prologue soulignent les multiples incohérences et confusions du récit de cette série là.

En résumé, je trouve Monsieur Mardi Gras Descendres beau visuellement, original dans son scénario et son ambiance, mais trop embrouillé et j'ai du mal à accrocher à son message tant mystique que poétique.

Nom série  Le Facteur Cratophane - Prologue à Monsieur Mardi-Gras Descendres  posté le 11/03/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cratophanie est un mot signifiant la "manifestation" du pouvoir, le contact entre le domaine du sacré et le domaine de l'humain. Et en effet, ce fameux personnage de Facteur Cratophane est le lien entre les origines magiques ou divines des sombres limbes du purgatoire et les pauvres âmes en vide et en os qui y errent.

Avec ce gros double album en one-shot, Eric Liberge nous offre un prologue à sa série Monsieur Mardi-Gras Descendres. Il nous décrit la création de ce purgatoire étrange entre Saturne et Pluton où des personnages n'ayant plus conservé que leurs squelettes rafistolés ont fondé une drôle de société entre mysticisme et hédonisme. C'est toute la structure de ce qui va former l'intrigue de la série originelle qui est mise en place, presque expliquée même si elle garde de grandes parts de mystère. On y découvre l'élément déclencheur de la création de ce monde, les responsables de cet événement, ce qui a amené au schisme entre différentes factions tels que les psychopompes, la Salamandre et la Corniche, et les origines des protagonistes de la série que sont le facteur, le Grand Nocher, l'alchimiste Ieronimus et Pétronille. Tout ce qui va se mettre en place jusqu'à l'arrivée de Victor Tourterelle et donc au début de Monsieur Mardi-Gras Descendres.

Plus de 10 ans après le dernier tome de la série originelle, Eric Liberge a eu l'occasion d'affiner et de perfectionner son trait. Monsieur Mardi-Gras Descendres était très esthétique, Le Facteur Cratophane est encore plus beau et plus soigné. Moins de flous, moins d'effets de lumière, l'auteur travaille dans le détail tous ses décors en personnages. Un élément notable par exemple est la disparition de ces mains bizarres, presque des gants, qu'avaient les squelettes de la série initiale au profit de véritables phalanges plus réalistes. Il se permet en outre de grandes mises en page et compositions théâtrales dramatiques à la manière de l'un de ses maîtres à penser en matière de graphisme, à savoir Druillet. C'est graphiquement impressionnant.

L'histoire pour sa part est intéressante car non seulement elle est bien menée mais surtout elle clarifie grandement l'univers de Monsieur Mardi-Gras Descendres. On comprend mieux des rouages qui paraissaient trop abscons dans la série initiale. Ceci dit, elle soulève également en même temps quelques incohérences dans cette dernière. Et malgré ces clarifications, on continue à s'y perdre un peu dans les différentes factions et surtout dans les motivations des personnages, notamment celles du fameux facteur qui semblent chercher son chemin et agir parfois de manière contradictoire ici mais aussi dans la série initiale.
Et à titre personnel, je continue à ne pas être complètement transporté par le charme de cet étrange purgatoire ni à m'attacher à ses protagonistes et à leurs réactions. J'y reste un peu hermétique, probablement en partie à cause de ces légères incohérences et de la nébulosité du scénario et de certains dialogues.

Le Facteur Cratophane est un bel album, tant physiquement que graphiquement, qui apporte beaucoup à la série Monsieur Mardi-Gras Descendres. Cependant, si vous n'êtes pas déjà un grand fan de cette dernière, il est possible que vous ne soyez que moyennement enthousiasmé par ce prologue.

Nom série  La Brigade du rail  posté le 29/02/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Note : 3,5/5

D'ordinaire, je n'aime pas trop les polars, encore moins les polars français, mais cela ne m'a pas empêché de trouver que cette série frôlait le franchement bien.

Il y a d'abord son originalité de prendre pour héros la police du rail, même si le héros principal vient de la criminelle en ce qui le concerne. On sent un véritable intérêt pour le monde ferroviaire et une envie de parler aux passionnés du thème. L'abondance de détails techniques, de noms de trains, de locomotives et d'anecdotes précises est presque surprenante mais on s'y fait et, moi qui ne m'intéresse pas du tout au monde du rail, je trouve ça assez amusant au final.
Il y a ensuite cette mise en scène réussie de l'ambiance des années 50 et 60 en France. Sans être vieillot, on se sent bien transporté à l'époque. C'est à la fois vivant et intéressant.
Tout cela est mis en image de belle manière, dans un trait réaliste mais fluide et à la narration claire.
Et puis, selon les albums, les auteurs nous permettent de visiter de manière plutôt agréable les différentes régions de France où se déroulent les enquêtes.
En ce qui concerne ces dernières, elles sont intéressantes et bien menées. Les personnages sont assez sympathiques, avec un héros principal moderne pour l'époque avec son air débraillé, son t-shirt et son blouson noir contrastant avec le côté moustachu à la Hercule Poirot de son collègue.
Là où le bât blesse, c'est que le rythme de ces investigations est un peu inégal. Parfois on est complètement pris dans l'histoire, d'autres fois ça stagne un peu et on ne s'attache que moyennement aux agissements du héros.

Bref, il en faudrait peu pour que je trouve cette série franchement bien mais je n'arrive pas à y accrocher totalement.

Nom série  Les Fondus de la glisse  posté le 29/02/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Je suis actuellement dans un chalet loué et que vois-je qui traîne dans la petite bibliothèque : une unique BD, les Fondus de la Glisse, laissée sans doute là parce que "c'est bien approprié au contexte" et "ce n'est pas forcément le genre de BD qu'on garde précieusement chez soi".
On est clairement dans la BD d'humour à thème, créée pour remplir un créneau commercial.

Le dessin est correct mais formaté humour gros-nez et sans saveur. On ne reconnaîtra rien du style plus sérieux d'Eric Maltaïte que j'aime beaucoup par ailleurs.
L'humour est convenu, sans surprise et plutôt répétitif. Et comme c'est ma première BD des "Fondus de la..." que je lis, je ne connaissais pas les personnages et ne les ai pas trouvés attachants.
Bref, c'est une lecture que j'ai survolée sans la trouver drôle et que j'estime parfaitement dispensable.

Nom série  Cairo blues  posté le 26/02/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cairo blues, c'est un aperçu de la situation sociale et politique au Caire entre la fin du règne de Moubarak, les premiers mois après la révolution de la place Tahrir et le début de la présidence de Morsi, donc globalement de 2009 à 2013. Avec lui, on découvre différents aspects de la société Caïrote, ses différentes communautés, ses quartiers, et surtout les germes et conséquences de son soulèvement populaire.

L'album se présente sous la forme de chapitres dessinés au fur et à mesure des voyages de l'auteur en Egypte et abordant des sujets parfois très différents. Du coup, le rendu est décousu et la lecture un peu hachée.
Sur la forme, hormis une poignée de pages présentant sous une véritable forme d'art séquentielle le témoignage de certaines personnages, ce sont des dessins d'illustrations accompagnés de textes narratifs et parfois, très rarement, de bulles de dialogues sans suivi. Nous sommes donc complètement dans le documentaire et pas dans une histoire racontée en bande dessinée. En outre, beaucoup de dessins, même s'ils sont jolis, sont réalisés en prenant pour base de photos. Du coup, plutôt qu'une BD, je me disais qu'un véritable libre documentaire avec photos à l'appui aurait probablement été plus approprié.

C'est une lecture intéressante, instructive, mais pas très prenante et sans émotion. Il me manque une histoire ou une narration plus sensible pour vraiment apprécier.

Nom série  Aslak  posté le 26/02/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Aslak est une série divertissante dans un monde fantasy plus ou moins basé sur la mythologie viking.
Ce n'est pas une série prise de tête, loin de là, c'est même parfois un peu couillon. Ce n'est pas non plus une série qui marque les esprits car, à part ses différents mondes les uns au-dessus des autres, elle n'apporte pas beaucoup d'originalité et aurait pu faire partie des nombreuses séries heroïc-fantasy de chez Soleil. Mais c'est une lecture sympathique qu'on suit avec le sourire.

Le dessin est agréable et assez soigné. Son côté parfois légèrement caricatural me fait penser au style d'Eric Herenguel et sa série Krän.
Le ton est moins à la déconne mais il y a quand même une part d'humour qui se mêle à de la vraie aventure mêlée de magie et de créatures fantastiques.
Je n'ai qu'un regret, c'est que les personnages ne soient pas davantage attachants. Pour commencer, je n'aime pas les deux frères rivaux, que je trouve agaçants, et leur plus petit frère plus intelligent n'est pas très original. La jolie capitaine aurait pu être un bon personnage avec son sale caractère mais là non plus je n'accroche pas vraiment. Seul le brave Almarik, costaud couillon, est assez sympa mais là encore ce n'est pas un type de personnage très novateur.

C'est donc une série sympathique, qu'on lit sans déplaisir et dont je lirai sans hésiter la fin si elle me passe entre les mains, mais je ne la trouve pas indispensable.

Nom série  Seul survivant  posté le 26/02/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cette série m'a fait penser à un téléfilm américain à suspense, avec pour cadre pour le premier tome un vol d'avion où l'on sent dès la première page que les choses vont mal se passer.
A bord, le seul survivant traumatisé d'un accident de car qui a tué entre autres la femme qu'il aimait. Avec lui à bord, quelques amis plus ou moins proches, des fêtards, un meurtrier captif sous la garde d'un policier, un copilote tout proche de la retraite et un pilote... qui s’avérera être la même personne qui a causé l'accident de bus du personnage principal.

La narration est celle des classiques du film catastrophe, avec une longue mise en place présentant les personnages et alignant les mauvais présages. Beaucoup de coïncidences et de surenchères rendent l'ensemble assez artificiel et sans grande surprise.
Le dessin par contre est bon. Réaliste et maîtrisé, il est agréable et efficace au niveau de la mise en scène.
Heureusement l'intrigue ne traîne pas en longueur car je craignais d'être sur la même histoire de catastrophe aérienne sur les trois tomes de la série. Au lieu de ça, on assiste à la mise en place d'un schéma répétitif, comme une sorte de malédiction se transmettant de personne à personne. Et du coup, cela laisse la possibilité d'une suite qui, tout en tournant autour des mêmes thèmes, va peut-être réussir à sortir des sentiers battus du genre.

Nom série  Tony Chu Détective Cannibale  posté le 25/02/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Les couvertures et l'idée de base de ce comics me laissait croire à une série assez noire, avec un héros désabusé et des situations glauques. Mais nous sommes ici plutôt dans un mélange de déconne, de fantastique et de polar. Et le ton est léger même si un peu grinçant quand même.

C'est une lecture plaisante, souvent drôle, qui met en scène des personnages assez originaux et des idées qui sortent des sentiers battus. J'aime bien ces différentes capacités faisant le lien entre les pouvoirs psychiques et la bouffe. Et je trouve amusant ce cadre d'Etats-Unis où la volaille est prohibée comme peuvent l'être la drogue ou l'alcool avant elle.
Sur la base de chapitres en histoires presque indépendantes se met en place une intrigue divertissante et agréable. Le dessin est lui aussi du même acabit, plein de personnalité et sympathique.

Le seul reproche que je pourrais faire tient dans la longueur de la série car les idées originales du départ s'épuisent au fil des tomes et je pense que j'aurais préféré une série plus courte.

Nom série  Kasane  posté le 25/02/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Kasane est un récit d'horreur fantastique asiatique à l'ancienne, inspiré d'une légende japonaise. On est dans une histoire de fantômes, de possession et de vengeance post-mortem, un peu déjà-vue mais assez bien menée.

Ce manga date des années 2000 mais son ton et son graphisme donnent l'impression d'un ouvrage plus ancien. Son style parait en effet désuet, peu moderne et rappelant certains Gekiga des années 70. Le graphisme est soigné et les planches assez jolies mais austères, presque académiques.

La narration est lente, cherchant à laisser l'ambiance s'installer. Elle devient légèrement confuse dans les moments clés car, pour insister sur certains passages qui doivent être surprenants ou angoissants, elle m'a donné l'impression de traîner en longueur, voire d'effectuer des petits retours en arrière pour représenter plusieurs fois la même scènes sous des angles différents. Quand à cela s'ajoutent des hallucinations, j'étais parfois légèrement perdu entre le vrai et le faux, le passé et le présent.

J'ai apprécié la plongée dans le Japon de l'ère Edo et la retranscription de l'atmosphère et du déroulé de cette légende effrayante japonaise à l'ancienne. Les personnages sonnent plutôt justes et réalistes même si on voudrait parfois les voir réagir plus vivement. J'ai par contre été assez déçu par la toute fin de l'histoire qui est trop convenue, trop prévisible. J'aurais aimé que l'auteur prenne un peu plus de liberté par rapport à une légende qui ressemble à ce stade à beaucoup d'autres récits d'horreur folklorique asiatique.

Nom série  Assassin's Creed  posté le 24/02/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Même si je n'ai pas joué à tous les jeux, je commence à assez bien connaître la saga ludique Assassin's Creed et son univers sous le charme duquel je finis par tomber peu à peu. Fort de ces connaissances et de cet intérêt, je pensais pouvoir apprécier une adaptation de cet univers en BD. Mais cette série de Corberyan et Defali est tout simplement médiocre. Elle surfe sur l'univers du jeu sans jamais s'en imprégner et offre une intrigue plate et bancale. J'y vois l'exemple notable d'une oeuvre commerciale de commande.

Le dessin de Defali ne présente un aspect correct que de loin. Quand on s'y attarde, on constate le manque de soin qui y est apporté, comme un concours de vitesse pour produire de la planche aussi vite que possible. Les visages sont moches, changeants et souvent peu différentiables. Les décors sont régulièrement vides ou juste laids, seules quelques rares cases ayant les honneurs d'un paysage plus travaillé. La colorisation, les effets et les incrustations informatiques ainsi que les ombrages semblent nettement avoir pour but de masquer les faiblesses du trait.

L'intrigue se scinde pour le moment en deux cycles de trois tomes ayant pour protagoniste principal un personnage différent mais ils sont à peu près interchangeables tant ils manquent de personnalité et d'intérêt. Le scénario est une suite de péripéties confuses et répétitives, trahisons, courses poursuites et autres bagarres meurtrières, avec pour fil rouge la recherche d'un artefact peu passionnant. Outre plusieurs aperçus superficiels et clins d'oeil à des personnages et moments des premiers jeux Assassin's Creed, l'Animus de la série nous emmène dans le passé à l'époque romaine puis musulmane mais là encore c'est le même schéma de trahisons, courses poursuites et autres bagarres meurtrières comme dit plus haut.
Le scénario n'est absolument pas prenant, pas bien mené et n'emporte jamais le lecteur dans une envie de savoir la suite. Il déborde en outre de clichés, facilités et autres coïncidences. Et j'imagine d'ailleurs qu'il serait en grande partie incompréhensible pour quelqu'un ne connaissant pas auparavant l'univers d'Assassin's Creed.
C'est juste du divertissement à la chaîne pour un produit dérivé commercial.

Nom série  A Silent voice  posté le 24/02/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Avant de lire cette série, j'avais survolé quelques avis préliminaires et j'avais retenu à tort qu'il s'agissait d'un récit sur le harcèlement à l'école. Ce sujet, s'il est bien abordé, n'est qu'une étape initiale de l'intrigue qui va au final aborder une grande palette de thématiques intelligentes et intéressantes. Handicap, intégration, jugement des autres, psychologie, comportements sociaux, relations amicales, repentir et finalement romance. Dit ainsi, on dirait une série sérieuse et ennuyeuse mais ce serait mal exprimé sa justesse et comment on s'attache et s'intéresse aux personnages.

J'ai avant tout apprécié la maturité et la justesse du récit et des relations entre protagonistes. Ni mièvrerie ni pathos, nous sommes dans un réalisme très agréable et on a une véritable envie de suivre ces personnages et d'espérer le meilleur pour eux. Je salue également le côté imprévisible du récit avec de vrais développements, de nouveaux éléments qui changent la donne et ajoutent complexité et intérêt.
Il y a aussi le dessin qui est excellent. Dans un style indéniablement manga, il dispose de sa propre personnalité et se révèle soigné et très maîtrisé.

C'est indubitablement un très bon manga plein d'intelligence, d'émotion et de sensibilité.

Nom série  Old Pa Anderson  posté le 23/02/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Old Pa Anderson, c'est une histoire assez classique, celle d'un vieux noir dans le Mississipi raciste des années 60 qui décide un jour de venger la mort de sa fille quand il a enfin la possibilité de découvrir qui en est responsable. Et c'est bien sûr aussi le récit de la chasse au nègre implacable que les locaux blancs vont lancer à son encontre.

Le graphisme d'Hermann y est plaisant mais pas à son meilleur niveau. L'ambiance graphique et les couleurs directes rappelleront beaucoup d'autres de ses œuvres des quinze dernières années. Et comme à son habitude, on retrouve des bouilles un peu caricaturales et des femmes très peu féminines.
Le scénario ne brille pas par son originalité mais il est plutôt bien mené, réaliste et assez prenant. Les personnages sont bien campés et pas manichéens, à part les blancs racistes cons et méchants. C'est du déjà-vu, un peu trop rabattu même, mais je trouve plutôt agréable de voir le personnage principal ne pas être exempt de défauts mais être touchant quand même.
Les pages de texte en fin d'album accompagnées de photos et de témoignages sur le racisme et les lynchages de l'époque sont également assez édifiantes et amplifient l'impact du récit.

Ce n'est pas une BD qui marquera les mémoires mais il fait ressentir avec force l’écœurement qu'on peut éprouver à penser au racisme et à la ségrégation qui régnaient dans le sud des Etats-Unis jusqu'aux années 1960.

Nom série  Liselotte et la forêt des sorcières  posté le 23/02/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Je me suis forcé à aller jusqu'à la fin du tome 2 mais je ne peux pas aller au-delà : les défauts inhérents au style shojo sont trop présents dans cette série et m'ennuient fortement.

Ce manga s'inspire des légendes occidentales et se donne une ambiance assez germanique. L'héroïne est une jeune fille d'origine noble, exilée de sa demeure familiale et ayant choisi de vivre seule avec deux jeunes domestiques dans une petite maison éloignée de toute civilisation et voisine d'une forêt qu'on dit peuplée de sorcières. Et effectivement, très vite, les sorcières, leurs familiers et les réminiscences du trouble passé de la jeune fille vont se mêler à sa vie et y apporter action, humour et romance.

Sauf que tout cela est raconté sur un ton très fleur bleue, assez niais, avec une narration très délayée, confuse et ennuyeuse. Ça tire en longueur, c'est très artificiel et convenu, dès qu'il y a un peu d'action on n'y comprend pas grand chose et pour couronner le tout, il n'y a quasiment aucune originalité dans ce scénario empli de déjà-vus dans de nombreux autres shojos. Par chance, les personnages sont plutôt sympathiques et pas trop cruches ce qui fait qu'on peut quand même apprécier un peu sa lecture, mais ce n'est vraiment pas ma tasse de thé.

A noter en outre que la publication originale est arrêtée au tome 5 depuis quelques ans suite à des problèmes de santé de son auteur (auteur par ailleurs de la série Fruits Basket) : je ne sais donc pas s'il y aura une suite.

Nom série  Soliman le Magnifique  posté le 22/02/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Alors que le dessin de cette BD est plutôt bon, j'ai été déçu par sa narration.
J'étais pourtant intéressé car je connaissais très mal le personnage de Soliman le Magnifique et en apprendre davantage sur lui par le biais d'une BD historique au ton et au graphisme moderne avait tout pour me plaire. Mais j'ai été très vite noyé dans un récit confus et trop haché.

Les auteurs ont fait le choix de ne pas inclure de texte narratif ni d'introduction. Seules les pages d'accompagnement, en texte et illustrations, expliquent en détail la situation historique et la complexe biographie de Soliman. Mais la BD elle-même, qui se lit avant ce texte, n'apporte aucune description du contexte, des lieux et des personnages. Il faut tout deviner, essayer de comprendre.
Et même si le dessin rend très bien, il n'aide pas à s'y retrouver avec des personnages visuellement proches, en turbans, barbes et moustaches, qu'on en vient rapidement à confondre.

Au final, j'ai eu l'impression d'observer une succession hachée de passages de la dernière partie du règne de Soliman, déchiffrant par-ci par-là des bribes de ce qu'il se passe et de l'état d'esprit du protagonistes, mais à aucun moment je n'ai été plongé dans l'histoire de Soliman. Et je crois bien que je ne retiendrai pas grand chose de cette lecture qui m'a été parfois légèrement pénible quand j'en avais marre de sauter d'une époque à une autre sans transition.

Nom série  Gengis Khan  posté le 15/02/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
En s'attachant à raconter la biographie du futur Gengis Khan, de sa jeunesse au moment où il finit par gagner ce fameux titre de "souverain universel" après avoir réunifié toute la Mongolie sous ses ordres, cette BD m'a permis d'en apprendre beaucoup sur un personnage et un contexte historique complexes.

J'avais déjà lu la série Cinjis Qan abordant le même sujet, et il existe aussi au moins une autre série sur ce personnage, Le Khan, mais cet album là a l'avantage d'être clair et concis. En 56 pages seulement, il nous raconte de manière très compréhensive, à quelques noms difficiles à retenir près, tous les événements qui ont forgé non seulement la grandeur politique et militaire du Khan mais aussi sa manière de penser et son caractère. C'est une narration bien menée, rendant compréhensible des situations compliquées, et qui sait raconter beaucoup de choses sans trop les survoler ni se faire trop dense et indigeste.

Le dessin m'a moyennement convaincu. Son apparence globale est plutôt belle et moderne. Les couleurs sont sobres et réussies. Par contre, le dessin lui-même n'est pas à mon goût. Il n'est pas assez détaillé et soigné. Les visages sont esquissés seulement, changeants, usant souvent d'artifices comme des ombres pour qu'on en voit le moins possible. J'y ressens un manque de maîtrise. Disons que c'est un type de dessin qui donne bien vu de loin mais sur lequel il ne faut pas trop s'attarder. Mais son aspect assez moderne permet de ne pas donner à cet album une allure de vieux documentaire historique et au contraire de lui donner une ambiance assez aventureuse et exotique qui rend sa lecture agréable.

Nom série  L'Etranger  posté le 11/02/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
La lecture du roman de Camus quand j'étais jeune ne m'avait pas enthousiasmé. J'avais juste retenu son intéressante représentation de la vie en Algérie Française dans les années 30. J'étais tout de même curieux de voir son adaptation en bande dessinée par Ferrandez car lui aussi excelle dans la représentation de l'Algérie de l'époque coloniale, notamment dans sa série Carnets d'Orient.

L'adaptation du roman est réussie. Le texte y est et il est dense, mais la mise en scène et la taille de l'album permet de ne pas rendre la lecture trop lourde.
Les décors et les personnages de cette Algérie française sont superbes. Le trait de Ferrandez est vraiment bon dans cet exercice et on sent qu'il a acquis une vraie connaissance de ces lieux et de cette époque. Il n'y a que la chaleur, chose qui m'avait marqué au moment de la scène cruciale sur la plage, que je n'ai pas ressentie autant à la vue des images qu'à la lecture du roman. Et puis la seconde moitié de l'histoire se déroulant en prison et au tribunal, c'est tout de suite nettement moins intéressant sur le plan graphique.
Un peu plus que quand j'avais lu le roman, j'ai pu constater l'état d'esprit si spécial du héros de l'histoire. Etranger oui, indifférent au monde qui l'entoure, on observe bien son décalage avec la société dans laquelle il vit et comment son procès à la fin est celui de sa façon de vivre et de penser, la dénonciation du fait qu'il est trop différent et que la société ne peut pas l'accepter ainsi. C'est intéressant sur le plan social et philosophique.
Je n'arrive cependant toujours pas à cerner ce personnage et le comprendre. Quand il s'exprime pour de bon en fin de récit, je n'arrive pas à saisir où se situe sa colère et ce qu'il veut vraiment dire. Du coup, le message de cet album, comme celui du roman, n'arrive pas à me toucher et du coup je dois dire que la seconde partie de la BD m'a légèrement ennuyé.

Nom série  Violette autour du Monde  posté le 11/02/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Violette autour du Monde s'appelle Viola Giramondo en version originale. Cette série, créée en 2013, est l'oeuvre de deux auteurs italiens issus de l'école Disney. Si elle garde la tendresse et l'optimisme forcené des œuvres du fameux studio, elle possède son âme et sa personnalité propres. Elle a su en tout cas séduire Frédéric Brrémaud qui a assuré sa traduction et son adaptation en français pour les éditions Dargaud.
Et elle m'a fortement séduit également.

Se déroulant à la fin du XIXe siècle, elle met en scène une jeune fille de bientôt douze ans, membre d'un cirque regroupant comme une grande et belle famille des individus de toutes origines. Avec eux, elle voyage partout dans le monde et fait des rencontres et des découvertes pleines d'humour et de poésie. C'est ainsi qu'elle croisera notamment la route du peintre Toulouse-Lautrec à Paris, du compositeur Dvořák en Amérique ou encore qu'elle parcourra les étendues enneigées d'Asie Centrale. A chaque fois, ce seront des occasions de partager avec des cultures différentes, des points de vue philosophiques empreints d'ouverture au monde et de poésie.

Le dessin de Stefano Turconi est très beau. Coloré, rond et orienté vers la jeunesse, son style est très maîtrisé, agréable et charmant. Il ajoute à l'âme du récit et en accentue l'attrait par une esthétique chaude et douce. J'apprécie notamment beaucoup son travail sur la couleur.

Officiellement, les histoires s'adressent à des enfants de 8 à 12 ans. Je dirais qu'elles conviennent peut-être plus à des lecteurs un peu plus âgés ou adultes car l'action y laisse souvent la place à la discussion et à la contemplation. Il y a beaucoup de dialogues qui tiennent de la philosophie ou de la poésie. C'est beau, c'est très juste, mais cela pourrait ne plaire qu'aux jeunes lecteurs les plus romantiques. A l'inverse, cela parlera beaucoup à des lecteurs adultes à condition qu'ils puissent passer outre un léger côté édulcoré.
En effet, dans cette série, outre les sourires permanents de la majorité des personnages, il y a un aspect "tout le monde est beau, tout le monde est gentil" qui pourrait rebuter certains lecteurs. Mais cela contribue à une ambiance qui finalement sait se rendre charmante. La série aborde des sujets parfois graves mais en ressort toujours avec une vision positive. C'est une fenêtre ouverte vers l'optimisme et la découverte de la beauté du monde et des êtres humains.

Une belle bouffée de fraîcheur colorée et de tendresse intelligente.

Nom série  L'Autoroute sauvage  posté le 09/02/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
L'Autoroute sauvage est un récit post-apocalyptique assez classique dans son genre. France dévastée par une catastrophe mondiale, des petits groupes qui essaient de faire survivre un semblant de civilisation, des bandes de pillards sauvages sans scrupules, cannibales et violeurs, et des solitaires aguerris qui parcourent les routes. Depuis Mad Max, Jeremiah, Simon du fleuve, la Route et plein d'autres récits du genre, on a vu ça en long en large et en travers.
Mais si elle ne brille pas par son originalité, cette BD là est quand même bien foutue et se lit agréablement.

Le dessin de Xiaoyu Zhang est d'un très bon niveau technique. Réaliste, son style donne une ambiance un peu trop éloignée des classiques européens pour ce récit se passant entre la Provence et Paris. Avec son trait et ses personnages, on a plus l'impression d'être dans un manga tel que Mother Sarah que dans un cadre bien français. J'ai eu un petit peu de mal à m'y faire mais au bout du deuxième tome, cela passe bien et on profite des planches soigneusement travaillées.

L'histoire est bien construite et sa fluidité permet de retenir le lecteur malgré le peu d'originalité. Ce n'est qu'à partir de la fin du deuxième tome que quelques surprises attisent la curiosité pour savoir ce qu'il y a vraiment à Paris, ville objectif des protagonistes. Je lirai donc la suite et fin quand j'en aurai l'occasion.

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