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Nom série  Western Valley  posté le 30/11/2012 (dernière MAJ le 15/09/2016) Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Je vois dans cette bande dessinée une tentative de faire un western moderne et plus ou moins adapté à un lectorat d'adolescent et de jeunes adultes. Mais c'est vulgaire, stéréotypé et complètement raté.

Il y a tout d'abord un dessin que je trouve agaçant, avec de belles erreurs de perspective, une héroïne au physique racoleur sans aucune crédibilité et beaucoup de personnages qui se ressemblent trop pour ne pas être mélangés dans l'esprit du lecteur. Le découpage est également mauvais et rend confus les scènes d'action ou simplement la façon dont l'histoire est racontée.

La narration joue sur le mystère mais accumule les scènes embrouillées et régulièrement dispensables. Cela manque terriblement de maturité dans le ton et surtout de technique dans la manière de raconter. A cela s'ajoute quelques incohérences étranges que j'assimile à des facilités, des personnages qui sortent d'on ne sait où, une scène de jour qui devient crépusculaire immédiatement après juste parce qu'on se déplace de quelques centaines de mètres, des scènes d'action qui manquent fortement de clarté, une impossibilité de s'y retrouver dans le temps et l'espace tant tous les lieux ont l'air d'être juste les uns à côtés des autres, et bien sûr une héroïne super belle qui est un as du pistolet mais "qui a un passé sombre et douloureux trop trop triste" qui restera mystérieux jusqu'au bout...
Et surtout l'intrigue ne tient pas du tout la route. Outre son côté embrouillé, elle ne fait preuve d'aucune crédibilité. Les réactions des personnages sont idiotes et artificielles, les comportements des protagonistes sont souvent incohérents, certains passages sont franchement vulgaires. Et quand on a arrive à la fin de l'histoire avec son lot de révélations, on constate que les protagonistes ont agi et continuent à agir n'importe comment, comme si leurs motivations n'avaient plus rien à voir entre le début et la fin de l'histoire.

Clichés, facilités et narration embrouillée s'accumulent pour me rendre la lecture tout simplement pénible.

Nom série  Frapper le sol - Tatsumi Hijikata sur la voie du butô  posté le 15/09/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Connaissiez-vous Tatsumi Hijikata ? Moi pas. Il s'agit d'un Japonais, créateur dans la seconde moitié du 20e siècle du mouvement de danse avant-gardiste butō. Cette danse, proche de la performance artistique, explore les spécificités du corps japonais en évoquant une imagerie grotesque, des sujets tabous, des environnements extrêmes et absurdes, avec des danseurs presque nus.

Si je ne mets pas la note minimale à cet album c'est pour deux raisons. La première est de m'avoir appris l'existence de cet artiste, de sa danse si particulière mais aussi parce qu'elle m'a fait apercevoir le contexte et l'état d'esprit japonais ayant amené à sa création. La seconde c'est parce que le graphisme est assez beau, de belles peintures en couleurs directes où la représentation du corps humain est assez essentielle. C'est joli et ça donne envie de lire d'autres histoires bénéficiant d'un tel dessin.
Mais pas cette histoire là...

Car j'ai trouvé cet album complètement hermétique.
Pour commencer, la danse et l'avant-gardisme ne me touchent et ne m'intéressent absolument pas. Et la voir en images figées n'arrange pas grand chose.
Ensuite, il faut s'accrocher pour comprendre ce qui est raconté. En vérité, j'ai l'impression qu'il faut connaitre déjà très bien l'artiste et son sujet pour apprécier cet hommage. Car la narration est lourde et pénible, très verbeuse, très lyrique, essayant de retranscrire l'esprit et l'art du butō.
Je me suis rapidement ennuyé et je n'ai pas réussi à terminer l'album sans me contenter, à partir d'un certain moment, de feuilleter les pages pour juste regarder les dessins.

Nom série  Golias  posté le 14/09/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Par le scénariste de La Quête de l'Oiseau du Temps et le dessinateur d'Arthur !
Ah oui, présenté comme ça, ça me donne vraiment envie de lire la série. Car voilà deux auteurs dont j'aime vraiment le travail.

Golias est un pur récit d'aventure mythologique. Le fils d'un roi qui part en quête d'une fleur magique puis de vengeance accompagné d'un ami guerrier, d'un vieux mage nubien et de sa jolie sœur musicienne et un peu magicienne. En chemin, confronté aux machinations du rival du roi, ils affronteront nombre de créatures mythologiques et d'épreuves magiques.

Même s'il se déroule dans une île imaginaire, le premier tome reste assez proche de la réalité historique de la Grèce Antique. C'est une introduction à l'aventure assez classique avec le complot d'un rival jaloux qui va forcer le héros à quitter son pays natal et entamer sa quête.

C'est surtout à partir du second tome qu'on va plonger pour de bon dans la fantasy mythologique avec un récit qui va prendre des allures d'Odyssée d'Ulysse. Je dois dire que ce tome là m'a un peu refroidi. Il s'y passe beaucoup de choses et cela se passe un peu trop vite. Déjà, avec ce qu'on apprend en fin de premier tome, on se dit que la quête du héros est inutile et c'est difficile de se motiver à le suivre du coup. Heureusement la fin de l'album contourne le souci et donne quand même un résultat concret à sa mission. Il n'empêche que la succession de dangers et de créatures affrontées est trop rapide, allant jusqu'à une par case à un moment donné et ça donne l'impression de survoler l'aventure sans se sentir captivé.

Le troisième tome revient sur un récit d'aventure fantasy un peu plus classique dans sa narration. Une terre inconnue, un contexte empli de magie divine et une épreuve à surmonter. On dirait plus un album à la Thorgal avec une histoire indépendante en un tome.

Puis vient le quatrième et dernier (?) tome qui conclut le récit de la vengeance du héros, avec cette fois encore une forte implication de la mythologie par le biais d'un conflit avec des centaures. Conclusion satisfaisante même si elle ne m'a pas particulièrement surpris.

C'est une série qui m'a plu et diverti mais sous le charme de laquelle je ne suis pas vraiment tombé.
Le dessin y est excellent quoique à titre personnel je préférais l'encrage un peu plus épais de Lereculey sur la série Arthur.
L'histoire d'aventure est pleine d'envergure et d'exotisme, parfois même un peu trop quand les événements accélèrent un peu trop vite comme dit ci-dessus.
Mais je n'ai pas réussi à vraiment m'attacher aux personnages. Golias est trop lisse, Konios trop gentiment brave, Aeréna trop distante, les méchants trop manichéens... Seul le vieux Sarhan me plait bien mais je trouve son potentiel trop peu exploité au profit des seules bravoures guerrières des deux jeunes héros.
Au final, je n'ai pas passé un moment désagréable. C'est une bonne série d'aventure fantasy dans un cadre de mythologie grecque mais elle présente peu de vraies surprises et de personnages mémorables.

Nom série  Tungstène  posté le 14/09/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cet album est assez surprenant tant par son contenu que par sa narration.

Son contenu, d'abord, c'est le récit d'événements s'étalant sur une demi-journée dans une ville balnéaire brésilienne. Nous y suivons une poignée de protagonistes avec des thématiques sociales, policières et amoureuses. Il y a l'ancien combattant un peu dérangé et psychorigide, le dealer looser et magouilleur, le policier toujours prompt à l'action de choc et la femme de ce dernier qui prévoit de le quitter. Et plus qu'une ou plusieurs histoires, c'est davantage un assemblage de tranches de vie, un moment où la situation va faire en sorte que leurs chemins vont se croiser.

La mise en scène, ensuite, est spéciale car les événements de ce récit se passent de manière simultanée. Régulièrement on saute d'un personnage à un autre pour montrer ce que chacun fait au même moment. L'action est en outre très découpée, avec de nombreux changements de rythme, comme si les scènes étaient parfois racontées au ralenti et d'autres fois en accéléré. C'est très cinématographique tout ça. Et cela demande un petit temps d'adaptation au lecteur en début d'album pour s'y habituer.

L'histoire globale est entre deux eaux, à la fois anecdotique et aventureuse. Le fait d'avoir l'impression de n'assister qu'à quelques heures de la vie des protagonistes peut être un peu frustrant ou peu captivant. Sur le même plan, la fin de l'album est un tout petit peu en queue de poisson. En même temps, il y a quand même de vraies scènes d'action et quelque chose qui se construit et impacte au final tous les personnages.

Bref, mon avis est légèrement mitigé mais j'ai quand même apprécié cet album pour son originalité, son dessin de qualité et la structure étonnante de sa narration.

Nom série  Section infini  posté le 13/09/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Essayant de me renseigner sur la suite de cette série qui devait se terminer en 4 tomes, je vois que le tome 2 était prévu pour mi 2014 mais qu'il n'est jamais sorti. Je pense qu'on peut en déduire sans beaucoup de doutes que cela signifie que la série a été abandonnée : faute de succès commercial ou autre raison obscure ? Je n'en sais rien.

Graphiquement, la série n'était pas évidente à aborder. Le style est moderne et dynamique, proche du comics, certes mais il s'approche grandement d'un story-board dans la forme et son apparente rapidité d'exécution. Il en ressort une imprécision et un manque de clarté du trait. Et celle-ci est accentuée par une colorisation qui semble souvent ne pas s'embarrasser de trop de soin et d'éviter de dépasser les limites des encrages. Un graphisme pas évident donc même si on finit par s'y faire.

L'histoire, quant à elle, est assez intrigante au départ même si elle rassemble les éléments de trames déjà connues.
Une société secrète enquêtant sur des phénomènes surnaturels, société composée de brillants éléments tous plus doués les uns que les autres. Un héros jeune, beau, sportif et ultra-intelligent, visiblement doté de tous les dons intellectuels possibles. De jolies femmes pleines de personnalité. Tout cela est bien cliché et facile. D'ailleurs j'ai bien du mal à trouver crédible ou compréhensible qu'en essayant de se connecter à une base de données gouvernementale de reconnaissance faciale, le héros se fasse justement attaquer informatiquement par le groupe secret et que grâce à ça et depuis un autre ordinateur il arrive comme ça à rentrer dans les fichiers privés de ces derniers.
A l'inverse, le concept de ces pirates, êtres venus d'ailleurs capables de voyager dans le temps et les dimensions, est plus original et c'est surtout ça qui a attisé ma curiosité.

Sur cette base et parce que le déroulement de l'intrigue est plutôt bon et rythmé, j'étais curieux de lire la suite après un premier tome introductif. Mais comme j'ai de gros doutes sur le fait qu'elle paraisse un jour, je ne peux pas en conseiller l'achat.

Nom série  Chroniques d'un Mangaka  posté le 13/09/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Au titre et aux couvertures, je pensais que cette série allait nous présenter sous le thème de l'humour le parcours d'un jeune mangaka débutant, une version française d'un Bakuman mais en plus délirant. Et on dirait que c'était effectivement le but visé pour le premier tome, puis en partie pour le second tome... mais l'idée se délite dans une caricature de manga, une avalanche de postures choc et de points d'exclamations, d'incessantes tentatives d'humour niveau tarte à la crème, et la mise en scène de la vie débridée d'un adolescent à l'immaturité simplement pénible.

Le dessin, c'est du mauvais manga mal digéré : expressions faciales outrées, personnages qui gueulent tout le temps, tics graphiques agaçants, super deformed en permanence et décors bâclés. Pour ne rien arranger, les couleurs font mal aux yeux tant elles sont pétantes et sans harmonie.

Même si, de nos jours, les BD ou manga racontant le parcours de jeunes auteurs débutants sont nombreuses, l'idée de celle-ci, qui date d'il y a 5 ans, aurait pu être intéressante ou instructive. Mais les thèmes abordés sont parfaitement basiques et n'apprennent rien. Le récit est bien plus orienté vers l'humour et le délire. Mais les personnages n'ont aucun charisme, l'humour est immature, très lourd et prévisible et surtout la mise en scène tout en éclats de voix, en exagérations, en effets visuels et en gags qui se veulent percutants est pénible à lire.
J'ai tenu jusqu'au début du troisième tome mais n'ai pas pu m'empêcher de seulement feuilleter ce dernier car j'avais dépassé ma capacité à encaisser l'ennui et le mauvais humour.
Un 4e tome était prévu pour 2014 mais il semble avoir été reporté à au moins fin 2016. De toute manière, je ne le lirai pas.

Nom série  L'Obéissance  posté le 13/09/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
L'Obéissance raconte une histoire authentique étonnante, absurde et montrant l'incongruité de décisions administratives et diplomatiques en pleine première guerre mondiale. Car pour satisfaire le gouvernement belge, les états français et allemands, pourtant résolument opposés, s'entendent pour accorder le passage en territoire occupé à un convoi transportant un bourreau parisien et sa guillotine pour exécuter un condamné à mort belge. C'est ainsi qu'un petit groupe composé d'une poignée de soldats, d'un lieutenant légionnaire manchot, d'un ancien capitaine d'aviation, d'un bourreau déboussolé et de son aide vont traverser les zones en guerre, sous les bombardements, dans le but ubuesque d'aller couper la tête d'un homme.

Quoique le sujet soit original et presque drôle tellement il est absurde, et quoique la situation politique et historique de l'époque soit intéressante, je me suis un peu ennuyé à la lecture de cet adaptation d'un roman. Pour commencer, la narration est assez bavarde et le texte prend le pas sur l'action. Ensuite le narrateur change régulièrement, passant d'un protagoniste à un autre sans crier gare et on met parfois du temps à bien saisir qui parle. Enfin le récit manque de rythme, de quelque chose à même de captiver le lecteur. Je ne me suis attaché à aucun personnage et j'ai trouvé cette lecture très morne.

Nom série  Hell School  posté le 13/09/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J'ai l'impression que Vincent Dugommier et Benoit Ers se sont un petit peu spécialisés dans les récits polars ou thrillers pour la jeunesse. Sous l'apparence graphique de classiques du journal Spirou, ils nous ont produit en effet plusieurs BD au ton mi-léger mi-sérieux faisant penser à une version destinée à des lecteurs adolescents de films à suspense américain. Dans ces histoires, ils n'hésitent pas à aborder des sujets graves et à mettre leurs personnages et leur entourage en vrai danger de mort. C'est un type de BD assez rare, et je me souviens notamment de ma surprise à la lecture de "tueurs de maman" que je trouvais très dur alors que le public visé était incontestablement la jeunesse.
Et cela marche bien car ma fille y a vraiment accroché.

Avec Hell School, nous sommes précisément dans ce domaine. Les héros sont des lycéens sympathiques, un peu rebelles ou bon gros costaud. On s'y attache vite et on se dit qu'avec ce dessin tout en rondeurs et ces couleurs ensoleillées, il y a de quoi raconter un agréable récit adolescent. Mais dès les premières pages, on constate qu'ils vont être plongés dans un milieu dangereux et psychologiquement éprouvant : un lycée privé isolé sur une petite île où règne une loi clanique stricte et xénophobe. Et qui ne s'y plie pas, en commençant par accepter le bizutage rituel, sera rejeté, brimé si ce n'est pas nettement pire...
Nos héros vont subir les tourments orchestrés par les autres lycéens et la direction de l'établissement, y résistant comme ils le peuvent tout en se serrant les coudes, et peu à peu ils vont tenter de démêler le nœud du mystère expliquant les raisons de ce rituel malsain et les probables meurtres d'anciens élèves.

L'histoire est assez prenante. Le dessin est plaisant. Parfaitement intégré dans l'école du journal Spirou, il me rappelle un mélange entre les styles d'Eric Maltaïte et de Bruno Gazotti. Ca tombe bien, je les aime bien tous les deux. Et la narration fluide, impeccable.
On est vite plongé dans l'ambiance et la curiosité est immédiatement titillée. La lecture est vraiment accrocheuse... jusqu'à la fin et la révélation de l'énigme. Et là, je dois dire que je n'ai pas été totalement convaincu. L'explication m'a semblé un peu bancale, et j'ai eu un peu de mal à trouver crédible une telle organisation pour accomplir un objectif aussi... étrange. Et surtout à comprendre comment elle a fait pour fonctionner pour de bon et pour motiver les actes extrêmes de certains protagonistes sans que ça parte davantage en quenouille.

Ceci étant dit, même si je ne trouve pas la fin à la hauteur du reste, c'est quand même une série que j'ai lue avec plaisir et qui m'a bien tenu en haleine.

Nom série  Le grand A  posté le 12/09/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Les auteurs sont allés enquêter sur l'hypermarché Auchan de la région de Noyelles-Godault, à côté de Hénin-Beaumont dans le Pas-de-Calais. Plus grand hypermarché de France à sa création en 1972 et jusqu'à il y a encore peu de temps, il a marqué sa région et s'est révélé le symbole de l'implantation de ces gigantesques surfaces commerciales excentrées qui ont tué les commerces de nos centre-villes de nos jours. C'est donc la manière dont ce symbole a impacté la population locale et la façon dont il fonctionne encore de nos jours que les auteurs abordent par le biais d'interviews de locaux, de clients, de fournisseurs, du directeur et des employés.

Concrètement, c'est intéressant, mais je n'ai pas été très enthousiasmé par la manière dont c'est raconté. Ça ressemble à une suite de points de vue, d'anecdotes, et à charge ensuite du lecteur de les mettre bout à bout pour se faire sa propre idée.
Le dessin ne me plait pas trop même s'il n'a pas une importance crucial pour un tel récit documentaire. Je trouve les expressions des personnages trop simplistes et limités dans leur diversité.
A lire cet album, la population aux alentours de Hénin-Beaumont apparaît également comme strictement populaire, dans le sens populo. On a l'impression de voir un gros troupeau de moutons cornaqué à coups de promotions bidons par des managers d'hypermarché sans scrupule pour qui seule la marge financière compte. L'ambiance est un peu plombante même si les auteurs font l'effort de montrer que les responsables de l'hypermarché ne sont pas foncièrement mauvais et que certains de leurs fournisseurs ne se plaignent pas vraiment d'eux. Ils essaient d'éviter le manichéisme mais de manière générale mon ressenti de tout ça est assez glauque.
Il y a quand même de quoi apprendre dans cet album même si c'était un sujet que je connaissais déjà un peu. Mais dans le domaine de la BD reportage ou du documentaire fouillé sur un sujet bien précis, il y a d'autres albums que je préfère.

Nom série  Elle s'appelait Tomoji  posté le 12/09/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Ce n'est qu'en toute fin de cet album, sur la dernière page de la BD et sur l'interview de Taniguchi qui la suit, que l'on apprend la nature de ce récit et qui était la fameuse Tomoji en titre. Car il s'agit en fait de la biographie d'une femme qui n'aura marqué guère plus qu'une petite ville japonaise en étant à l'origine de la construction d'un temple local. L'auteur s'était engagé auprès des autorités municipales à dessiner une BD sur sa vie.
Concrètement, le lecteur européen s'en fiche. Si on ne connait pas ce temple et encore moins sa créatrice, on se moque de savoir comment a vécu cette femme en particulier.
Mais ce qu'apporte cet album, c'est de découvrir quelle jeunesse pouvait avoir une fille japonaise vivant à la campagne dans les années 1920, et quel était l'état d'esprit du pays à cette époque.

Une lecture instructive donc, mais guère passionnante. Même si le ton est assez juste, l'histoire et les efforts de Taniguchi ne permettent pas trop à l'émotion de se dégager. On suit les étapes de la vie d'une jeune femme, de sa naissance à l'installation avec son mari, de manière un peu superficielle, sans trop s'engager. Le dessin est bon mais sans surprise.
Bref, c'est un album qui se lit et s'oublie assez vite.

Nom série  La Ballade de Sean Hopper  posté le 10/09/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
La Ballade de Sean Hopper est à la base un roman de Martine Pouchain, un roman se déroulant dans la campagne américaine et mettant en scène d'un côté un jeune garçon amérindien vivant seul avec sa vieille grand-mère et de l'autre son voisin brutal et antipathique. Sauf que ce dernier voit sa vie bouleversée le jour où il frôle la mort.

On pourrait imaginer l'histoire d'une rédemption, celle d'un méchant qui devient gentil. Ce ne serait pas tout à fait exact, ou du moins pas aussi simple que cela. Car le fameux homme reste particulièrement revêche et violent tandis qu'il essaie d'assimiler ou d'échapper à la manière dont son expérience de mort imminente l'a affecté. Et si l'on suit un peu en parallèle les pensées du petit garçon qui a appris à vivre en solitaire, celui-ci parait assez annexe et ne croise que bien peu le parcours de l'homme avant d'arriver à la fin de l'histoire.

Le dessin est un peu étrange. Je le trouve inégal. Les décors et véhicules ne sont pas mauvais. Les personnages sont parfois changeants mais ça va. C'est sur le jeune garçon que mon regard a tiqué plusieurs fois car je le trouve étrangement représenté. Yeux trop grands, bouche trop large, on dirait qu'il est fait différemment des autres personnages, moins bien dessiné.

Quant à l'histoire, difficile de s'attacher à ce personnage de Sean Hopper. Même si sur la fin on comprend pourquoi il est devenu comme ça, il est quand même franchement antipathique. Du coup, le suivre, même quand il doit surmonter la tourmente qu'il subit, n'est pas très agréable quoique la narration soit plutôt réaliste. Et puis j'ai trouvé son changement de comportement en toute fin d'album assez abrupte. On voit quel a été l'élément déclencheur de ce revirement, mais le changement est un peu trop surprenant, presque pas crédible.
En définitive, si l'histoire et le duo de personnages est assez intéressante et originale, je n'y ai pas vraiment accroché.

Nom série  Crève saucisse  posté le 09/09/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
L'histoire est plutôt bonne et bien construite. J'aime bien cette idée d'un boucher cocu qui va se venger en reprenant l'astuce du scénario d'une BD. Cela parle évidemment aux lecteurs de BD que nous sommes. D'autant plus moi qui apprécie beaucoup Gil Jourdan et ce récit inspiré du Passage du Goix à Noirmoutier.
Et j'apprécie aussi que ce soit Simon Hureau qui mette ça en image. Non seulement j'aime son trait que je trouve clair et agréable mais il est aussi doué pour mettre en scène des personnages et des décors de terroir, de la France populaire. Il n'y a que le visage d'un des enfants des deux couples que je trouve raté, le reste est très sympa.

Donc ça aurait pu être une très bonne BD mais je n'ai pas aimé la toute fin. Il faut dire que l'histoire m'avait rendu la femme du boucher antipathique, et je ne parle évidemment pas de son amant qui méritait bien tous les maux. Hypocrite et égoïste, j'ai franchement du mal à m'imaginer que le héros veuille rester avec elle. Mais évidemment je ne me mets pas dans la peau du personnage et je suppose qu'il y a des raisons derrière tout cela. Du coup, comme je n'aime pas du tout cette femme, je n'apprécie pas de voir comment sur une simple supposition qui pourrait être une pure coïncidence, et sans aucune preuve, elle retourne soudainement la situation et comment le boucher se laisse aussi facilement bouleverser. Cette fin m'a déçu ou alors elle m'a paru trop abrupte.
Hormis ce reproche, c'est quand même une lecture sympathique et une histoire plutôt bien faite.

Nom série  Un Eté en apnée  posté le 08/09/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J'avais bien apprécié 520 km et, quand j'ai appris qu'il y avait un autre album qui racontait ce que faisait la copine du héros pendant que celui-ci partait à l'aventure pour essayer de la retrouver, j'ai eu tout de suite envie de le lire. Ce n'est que quelques mois plus tard que j'en ai finalement eu l'occasion mais ce n'est pas grave car les deux histoires se lisent bien de manière indépendante.

C'est un pur récit de vacances adolescentes. Au soleil, loin de chez elle, l'héroïne se pose des questions sur ses sentiments, ne sait pas trop où elle en est et si vraiment elle a envie de sortir avec ces garçons vers qui sa cousine turbulente la pousse.

Le ton est relativement juste et malgré ses hésitations, l'héroïne se révèle assez sympathique et pas bête. Le dessin est agréable, bien pour un récit estival et léger. Et puis c'est pas mal de mettre ce récit en contre-point avec celui de 520 km et de voir comment les choses sont interprétées chacun de leur côté par les deux jeunes protagonistes.

Nom série  La Maison  posté le 08/09/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Deux frères et une soeur, adultes, reviennent dans la maison de vacances de leur père un an après sa mort pour la restaurer un peu avant de la vendre. Là, ils retrouvent les lieux et objets qui ont forgé leur jeunesse et les souvenirs affluent, faisant un peu revivre l'esprit de leur père.

Ce n'est pas un sujet foncièrement original. Il y a déjà eu quelques BD sur le thème d'enfants ou d'amis qui se retrouvent pour parler et se souvenir d'un proche disparu. Mais il est abordé avec justesse et réalisme.
La narration est un peu originale puisqu'elle se centre sur le lieu plutôt que sur les personnages, comme si on voyait le tout par les yeux d'un fantôme resté sur place, et on voit ainsi passer les frères l'un après l'autre avant qu'ils se retrouvent ensemble un peu plus tard.
Le dessin de Paco Roca est agréable et ses couleurs chaudes, quoiqu'un peu désaturées, donnent une bonne atmosphère au récit.
L'histoire est un peu touchante mais pas très marquante quand même. Il n'y a pas de surprises, juste des sentiments assez prévisibles, petites brouilles entre frangins et nostalgie du passé.
Une bonne lecture mais pas un indispensable à mes yeux.

Nom série  Salam toubib  posté le 07/09/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Encore une BD témoignage sur un séjour en Algérie durant la guerre d'indépendance et encore une fois c'est un appelé que l'on suit donc quelqu'un qui ne verra les vrais combats que de loin ou de l'extérieur. Je me lasse un peu de ces récits répétitifs où on commence par nous montrer la préparation en France puis l'arrivée par bateau à Alger puis de longues pages d'attente, d'ennui et d'absurdité militaire.
Sauf que cette fois, il y a quand même une originalité puisque le héros est médecin. Non seulement cela lui donne le grade de lieutenant et donc plus d'autonomie et de liberté qu'un appelé classique du contingent, mais en plus il aura l'occasion de côtoyer des locaux puisqu'il aura aussi pour charge de soigner les civils.
Et même si lui ne combattra pas, il lui arrivera quand même de se retrouver proche et témoin de véritables opérations militaires.

L'histoire est présentée comme le récit fait dans les années 80 par un père austère et inabordable à sa fille adolescente un peu rebelle et curieuse. Et tout au long du récit, la fille est surprise de retrouver la même froideur et comme une absence d'émotions dans le témoignage qui lui est fait. Est-ce que son père a toujours été ainsi, psychorigide et insensible ? Ce n'est qu'en toute fin d'album qu'on aura une réponse mais rien de très bouleversant pour autant.
Pour le reste, c'est un récit relativement instructif mais un peu ennuyeux à la longue, surtout si vous avez déjà lu plusieurs récits du même type sur les appelés de la Guerre d'Algérie. La partie médicale et comment elle s'applique dans le cadre militaire et dans la situation politique complexe de l'époque est la partie la plus intéressante. Mais à l'image du narrateur, le ton reste très froid et l'émotion n'en se dégage guère.
Instructif mais un peu longuet et pas toujours passionnant.

Nom série  Vater und Sohn (Père et fils)  posté le 07/09/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Même si j'avais vu que l'intégrale éditée chez Warum en 2015 avait obtenu un prix à Angoulême, j'avais une légère appréhension avant de lire cet album. Je craignais en effet plusieurs choses. D'abord que ça ait beaucoup vieilli puisque ces strips datent des années 30. Et dans le même domaine, je n'aime pas du tout les Katzenjammer Kids (Pim Pam Poum) par exemple. Ensuite j'avais peur que l'humour allemand ne m'atteigne pas et soit trop spécifique à son époque et à son cadre. Et enfin j'avais une crainte globale d'austérité dans le thème de mettre en scène un père que j'imaginais un peu autoritaire envers son fils.
J'avais tort.
Ça a très bien vieilli, c'est sympa, souvent drôle et régulièrement touchant.

Dès la première page on tombe sous le charme de cette relation père-fils très complice. J'ai été surpris de la modernité et ouverture d'esprit de ce père dont la moustache à l'ancienne cache une très grande tendresse. Même s'il essaie autant que possible de faire preuve d'une éducation stricte et classique, il succombe quasiment toujours à l'amour qu'il porte à son fils pour finir par jouer avec lui, l'aider en toute circonstance voire même se ridiculiser si ça peut être bon pour son fils et pour leur relation. Et de son côté, le jeune garçon, quoiqu'un peu turbulent, se révèle souvent plein d'esprit et d'initiative, lui aussi prêt à voler au secours de son père s'il le faut.
C'est mignon et attendrissant.

J'ai aussi trouvé l'humour très bon... en tout cas sur les premiers strips. Certains gags étaient si bien trouvés que j'ai été surpris qu'ils n'aient pas été repris depuis. Par exemple, pour celui du clou planté sur un arbre pour mesurer la taille du gamin sauf que l'arbre grandit finalement plus vite que lui, le mélange entre l'idée humoristique et les visages des personnages pleins d'émotion simple m'a beaucoup touché et fait rire.
Cependant, j'ai trouvé que l'humour et les idées s'épuisaient un peu vite. Si les premières pages m'ont beaucoup plu, je me suis un peu lassé à la longue et j'ai trouvé que ça devenait légèrement laborieux, avec même des tentatives de lancer un peu les deux héros dans de petites aventures sur la fin, qu'il s'agisse d'un héritage soudain ou d'un naufrage sur une île déserte. Régulièrement l'émotion pointait de nouveau ainsi que quelques bonnes touches d'humour, mais j'ai moins été convaincu.

Quant à l'aspect censure par le gouvernement nazi de l'époque et tentative discrète de critiquer dans les strips cette société que rejetait l'auteur, j'avoue que même quand le texte éditorial m'indique les pages concernées, je n'ai jamais vraiment vu le message qui aurait voulu être passé. Peut-être était-ce vraiment trop discret pour moi.

C'est un bon strip, surtout pour son époque troublée, et je comprends qu'il vaille la peine d'être rééditée de belle manière par les éditions Warum. Il met en scène une très belle relation père-fils pleine de tendresse et d'humour.

Nom série  Karma City  posté le 06/09/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Un excellent cocktail d'enquête policière et de récit futuriste dans une société utopique plutôt originale.

Karma City, c'est une société humaine apparue après l'apocalypse. Toute une ville moderne et sa région fonctionnent sur un concept moral nouveau : les lois du karma. Chaque habitant est doté d'une montre qui mesure sa part de bonnes et de mauvaises actions, opposant les actes et pensées égoïstes et altruistes, et seuls ceux dont le karma est positif peuvent vivre au cœur de la capitale. Cela crée ainsi une société stable et civilisée où les plus méritants ont accès aux meilleurs postes et conditions de vie.
Evidemment, tout n'est pas parfait et, comme dans toute ville, on y trouve des policiers. Parmi ceux-ci, une jeune femme officier, sortie major de sa promotion, prend la tête d'une petite équipe d'inspecteurs composée d'un sympathique amateur de nouvelles technologies et d'un vieux briscard au sale caractère et aux méthodes contestables. On s'en doute, il va y avoir des étincelles entre eux. Mais cela ne les empêchera pas de mener avec intelligence une enquête sur des morts à priori naturelles qui finalement vont dévoiler quelque chose de nettement plus complexe impliquant la société de Karma City toute entière.

C'est le côté polar qui prend le dessus pour le premier des deux albums de cette série. Ce dernier est épais, en format moyen et doté de plus de 170 pages. Sa lecture est dense et particulièrement prenante car la narration y est excellente.
On suit avec intérêt l'investigation de nos trois inspecteurs et leurs relations compliquées les uns avec les autres. C'est ainsi que peu à peu se dévoilent à la fois les éléments mystérieux de cette enquête mais aussi la manière dont cette surprenante société fonctionne.
Initialement, le côté science-fiction sert seulement de discrète trame de fond avant de peu à peu prendre de l'importance. Et à voir la tournure des événements, il semble que la science-fiction prendra davantage d'ampleur dans le second tome.

Le dessin de Pierre-Yves Gabrion y est de belle qualité. Étrangement, il m'a paru légèrement rétro, me faisant penser à un cocktail de styles de plusieurs bons auteurs des années 80-90. Parfois je pensais au style de Cosey, parfois à celui de Marvano, les décors futuristes me faisaient un peu penser à Mézières et il y a ces mouettes qui me font toujours instinctivement penser à Hugo Pratt. J'aime le résultat et ce graphisme réaliste qui en découle.

Le récit est intelligemment mené et j'ai été pris dans le récit dès les premières pages, sans jamais ressentir le moindre ennui. J'apprécie l'originalité de son thème et du monde imaginé, la personnalité de ses protagonistes, la crédibilité de leur enquête, et j'ai vraiment envie de lire la suite.

Nom série  Superman / Supergirl - Maelstrom  posté le 06/09/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Cette histoire est assez insignifiante et ne mérite pas l'intérêt d'être publiée en album. Il s'agit de mettre en scène Supergirl et Superman dans une histoire sans originalité et qui n'apporte pas grand chose.

Cela commence avec Supergirl qui fait ce qui ressemble à une crise d'adolescence, perdant confiance en elle et réagissant de manière agressive aux conseils de Superman. Ce dernier décide alors de l'emmener sur une planète hostile (située à "des milliards d'années lumière de la Terre", comme quoi les transports en commun sont vraiment rapides chez DC) où leurs pouvoirs ne fonctionnent pas pour y vivre un petit séjour initiatique en famille, comme un dangereux camping où des créatures mortelles vous tombent dessus toutes les cinq minutes. Et pendant ce temps là, Maelstrom, une puissante guerrière d'Apokolips sortie du chapeau et totalement amoureuse de Darkseid, finit enfin par convaincre ce dernier de l'envoyer sur Terre avec une poignée d'autres guerrières pour ramener en trophée la tête de Superman. Et à la fin tout le monde se bagarre, les gentils gagnent et Supergirl se sent mieux car elle a l'impression d'avoir appris quelque chose de neuf sur la vie.
Voilà, je vous ai résumé quasiment l'intégralité du scénario de cet album. Il n'y a vraiment rien de plus intéressant à en extraire.

Le dessin des personnages n'est pas désagréable. Il me fait penser à celui de Frank Quitely, un style assez moderne et épuré. Les décors sont par contre nettement moins enthousiasmants, surtout les perspectives qui sont souvent ratées. Les scènes d'action non plus ne sont pas très convaincantes.
La narration d'ensemble est assez niaise. C'est bourré de facilités, de clichés, d'incohérences et de passages convenus et prévisibles.
Ce fut donc pour moi une lecture assez ennuyeuse et qui n'apporte rien ni au personnage de Superman ni à celui de Supergirl.

Nom série  Magic 7  posté le 27/03/2016 (dernière MAJ le 05/09/2016) Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
L'introduction : un puissant mage est mort en léguant ses pouvoirs à ses disciples. Chacun d'entre eux récupérera l'une de ses 7 compétences : enchantement, alchimie, spiritisme, télépathie, divination, shamanisme et démonisme. Et de nos jours, ces pouvoirs se retrouvent entre les mains de 7 collégiens qui vont se rencontrer, découvrir les capacités de chacun d'entre eux et les unir contre l'adversité.
Le héros principal est Léo, celui doué de spiritisme, c'est-à-dire qu'il est capable de parler aux esprits. Dans le cas présent, cela veut dire qu'il partage sa vie en secret avec les fantômes d'innombrables personnages célèbres, allant d'Errol Flynn à Shakespeare en passant par Diogène et Houdini, avec qui il discute comme une grande famille et qui peuvent lui prêter leurs pouvoirs quand il le désire. L'idée est sympathique et permet l'introduction de quelques bons personnages et dialogues.

Dans cette BD, l’œil du lecteur adulte et méticuleux verra un certain nombre de défauts ou de faiblesses. L'intrigue générale pour commencer est assez convenue dans le domaine des jeunes qui se découvrent dotés de pouvoirs ou de capacités super-héroïques. Déménagement dans un nouveau lycée bien américain, mère célibataire qui travaille trop, brimades des brutes du coin, rencontre avec Monsieur Miyagi... heu non... rencontre avec un garçon pauvre et une fille pimbêche eux aussi dotés de pouvoirs, discussions avec Dumbledore... ou le professeur Charles Xavier ?... heu non là aussi je confonds... Non, les enfants restent entre eux, enquêtent sur des vols étranges, utilisent leurs pouvoirs à bon escient et finissent par rencontrer encore d'autres jeunes avec des pouvoirs similaires jusqu'à former ce fameux groupe de 7 auquel on s'attend. Peu de surprise pour le moment, il faut l'avouer.
Quant au dessin, hormis la sympathique première planche dessinée par Denis Bodart, son style est essentiellement celui de Rosa La Barbera, jeune graphiste italienne très influencée par l'animation Disney et le dessin sur ordinateur/tablette. Mais elle ne maîtrise pas encore son art. Cela se ressent dans des visages avec de gros yeux et des expressions faciales assez limitées, pas toujours en accord avec la situation, quelques décors trop rectilignes, des copiés-collés et beaucoup de dégradés de couleurs pour remplir les espaces vides. Entre cela et une narration graphique pas toujours impeccable, le graphisme n'est pas le point fort de cette série même s'il ne rend pas mal en vue d'ensemble.

Maintenant qu'en est-il pour des lecteurs adolescents, ou plutôt une lectrice en la qualité de ma fille de 13 ans ?
Eh bien, après un premier tome qui laissait la place à l'espoir, le second tome déçoit.
Initialement, le concept du groupe de jeunes dotés de pouvoirs tous différents semblait pouvoir marcher. D'autant qu'ils sont assez originaux, surtout le héros avec ses différents fantômes mais aussi le shaman qui comprend n'importe quels animaux tandis que eux ont parfois du mal à le comprendre, la façon dont le démonisme est traité pour la fille un peu rebelle, la manière dont l'alchimiste utilise ses pouvoirs, etc...
Tout cela est parfois un peu facile mais c'est une BD de divertissement, rien de sérieux. L'humour ne manque d'ailleurs pas même s'il n'est pas toujours très fin. Et, à la manière des séries Marvel, les auteurs ont aussi choisi d'ajouter d'autres sous-intrigues en rapport avec la vie privée des jeunes et leurs différents soucis qu'ils doivent aussi affronter en parallèle d'adversaires plus extraordinaires.
Sauf que la mayonnaise retombe complètement avec le second tome. Celui-ci est très embrouillé, très artificiel et son intrigue peine franchement à convaincre. Il aurait même tendance à tourner au ridicule par moment tant il accumule les facilités et le mélange de n'importe quoi. Ça ressemble au mauvais scénario d'une série d'animation télé pour la jeunesse où tout est permis pour produire de l'action sans tenir compte du respect du rythme et de la crédibilité.

En définitive, à moins que les tomes suivants redressent la barre, ce n'est pas une série que je conseillerais. Avec des enfants dotés de pouvoirs différents mais sur un ton un peu plus mature, ma fille a largement préféré la série Harmony qui parait en même temps que Magic 7.

Nom série  Harmony  posté le 25/01/2016 (dernière MAJ le 05/09/2016) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Deux tomes sont parus sur les trois que comprendra cette série et ils confirment qu'elle contient tous les ingrédients d'une très bonne histoire.

C'est un récit à base de fantastique, de super pouvoirs et d'expériences para-militaires. Et peut-être aussi d'un conflit millénaire entre des membres d'un peuple qui semble s'apparenter aux Olympiens même si cette part là reste encore totalement mystérieuse pour le moment.
Nous sommes mis en présence d'une jeune adolescente amnésique, recueillie ou peut-être emprisonnée par un vieux barbu qui vit au fond d'une forêt. Tandis qu'elle lutte pour retrouver ses souvenirs, elle se découvre des pouvoirs de télékinésie et entend des voies lui parler dans la tête.
Qui est-elle ? D'où viennent ses pouvoirs ? Qui sont les autres jeunes qui semblent dotés de pouvoirs similaires ? Pourquoi est-elle amnésique ? Quelle est son lien avec le gros barbu ? Qui sont ces personnages qu'on imagine immortels ?
Après un premier tome qui se contentait de poser les questions et distiller de rares indices sans y répondre, le deuxième nous en apprend beaucoup. Et arrivé à sa fin, tout est en place pour voir l'action commencer pour de bon.

Le dessin est d'excellente facture. Moderne dans son trait et dans sa colorisation, il attire l’œil dès la couverture et garantit une excellente narration, assez cinématographique et un peu à l'américaine.
L'histoire est prenante et intrigante. Malgré quelques légers clichés, il y a tous les ingrédients d'un excellent scénario qui ne demande qu'à prendre son envol et montrer son envergure.
J'espère que la conclusion sera à la hauteur de l'attente engendrée car cela peut être du tout bon.

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