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... a posté 4883 avis et 1889 séries (Note moyenne: 2.86)

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Nom série  Silas Corey  posté le 17/11/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Silas Corey, ce sont des enquêtes d'espionnage et d'aventure dans le cadre de la France de la Première Guerre Mondiale. Cela ne se passe pas sur le front mais à Paris pendant que les soldats se battent au loin.

Je ne suis pas très amateur d'histoires d'espionnage. J'ai tendance à m'y perdre dans leurs circonvolutions et dans les motivations de chacun des protagonistes, et du coup je décroche en général assez facilement de l'intrigue. Or, même si on retrouve dans Silas Corey un scénario complexe de ce type, la narration a réussi à me faire suivre les tenants et aboutissants, à quelques légers écueils près car il faut quand même avoir l'esprit aux aguets pour bien tout suivre.

La part action/aventure et surtout les personnages ont su m'accrocher et me rendre la lecture agréable.
Silas Corey lui-même est relativement original par son comportement assez arrogant, un peu mystérieux et un peu profiteur. Mais il y a aussi son acolyte et serviteur asiatique qui est très sympa. Leur paire me fait un peu penser au Green Hornet et son valet Kato, eux aussi doués pour la bagarre même si Silas et Nam sont un peu plus orientés vers l'enquête et la discussion. Et les autres protagonistes, quelque soit leur camp, sont également assez originaux et réalistes.
A côté de cela, il y a le décor et le contexte de Paris et des Français durant la Première Guerre Mondiale qui est très bien rendu.
Il y a aussi une petite touche d'humour, notamment via le personnage de Nam. "Puis-je suggérer à monsieur une petite pipe ?"
Et pour finir, le dessin est très agréable. Il est maîtrisé, frais et dynamique, donnant une touche moderne au récit.

Bref tout cela pour dire qu'en se basant sur un genre qui n'aurait pas dû tellement me plaire, les auteurs ont su réaliser une oeuvre très sympathique et qui tient la route de bout en bout, accumulant les qualités. J'en conseille donc sans hésiter lecture et achat.

Nom série  L'Entrevue  posté le 16/11/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Décidément je n'accroche à l'univers des œuvres de Manuel Fior. Ce que j'ai lu de lui partageait une même ambiance de roman graphique au rythme lent, avec beaucoup de non-dits et de situations émotionnelles spéciales. Ils partagent aussi des personnages très humains, insistant sur leur réalisme tant physique (ils sont souvent laids) que moral (ils sont souvent torturés, ou du moins très pensifs).

J'ai un peu plus accroché à cet album qu'à Cinq mille kilomètres par seconde car la touche de science-fiction qui l'imprègne est plus proche de mes goûts personnels. Mais j'y suis quand même resté bien hermétique. Je n'aime pas son graphisme et notamment la représentation des personnages. Je n'ai éprouvé aucune empathie envers ces mêmes personnages dont les préoccupations étaient très éloignées des miennes. Quant à l'intrigue en elle-même, elle a un peu titillé ma curiosité mais j'y suis resté assez indifférent et elle m'a même légèrement ennuyé. Et surtout la fin m'a laissé complètement sur ma faim.

Bref, une note très moyenne car la lecture n'est pas si désagréable mais je n'en conseille pas l'achat et la lecture seulement si par curiosité.

Nom série  Sai: Taker  posté le 15/11/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Sai: Taker est un spin-off de la série Re:Birth - The Lunatic Taker. Mais elle peut se lire indépendamment, se contenant de se situer dans le même univers.
Heureusement d'ailleurs puisque je n'ai pas lu la série de base. Mais son contexte est expliqué dans les toutes premières pages du manga. Ce contexte est un petit peu indigeste sur le moment mais il se révèle relativement simple pour la façon dont il est utilisé dans la suite des événements.

Là où Re:Birth - The Lunatic Taker est à priori un shonen d'action et de fantastique assez sérieux, Sai: Taker est toujours un shonen (reconnaissable à ses très nombreux fan services lourdement appuyés) mais nettement plus léger et axé sur l'humour. Son décor est très classique puisque très vite on se retrouve dans le cadre d'un lycée un peu particulier avec ses classiques clubs et tentatives du petit nouveau de s'intégrer.
Sauf que le nouveau en question est plus ou moins une nouvelle. Plus ou moins car théoriquement c'est un garçon, mais sa synchronisation avec un artefact magique le transforme en fille quand il est à son contact. Le souci étant que s'il n'est plus à son contact, il perd sa vie très rapidement et pourrait en mourir en quelques instants. Il lui faut donc vivre sa nouvelle vie de fille en patientant jusqu'à ce qu'une solution soit trouvée à sa situation.
Autre particularité, le lycée où il/elle arrive accueille les élèves Sai: Takers, des jeunes surdoués disposant d'un outil magique qui leur permet d'aller "récolter des vies" dans un monde parallèle et d'invoquer des créatures fantastiques quand il s'agit de combattre. Invocation de créatures pour des combats ? Oui, il y a bien un petit Pokemon et autres mangas du même genre.

Intrigues lycéennes, confrontations entre clubs, changements de sexe, combats façon Pokemon, univers parallèle magique, fan service, tout cela forme un gros melting-pot avec pas mal de stéréotypes de l'univers du manga. Néanmoins l'ensemble est plutôt agréable à lire, avec parfois un humour qui frappe assez juste. Les personnages sont assez caricaturaux mais ils sont plutôt attachants et parfois assez originaux. Le graphisme pour sa part est impeccable. Et le rythme de lecture est tel qu'on ne s'ennuie pas.
Bref, c'est un divertissement sympathique, pas quelque chose qui marquera par son originalité et sa force narrative mais un manga plaisant à lire.

Nom série  Jade  posté le 13/11/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Jade est un petit cocktail d'aventure et de spiritualité que j'ai trouvé relativement mal équilibré.

Son décor est original. Il s'agit du Tibet de 1959 en pleine invasion Chinoise. Il y a deux héros. Tom Harry, jeune aventurier Britannique, en quête d'une femme aux pouvoirs magiques, la fameuse Jade. Et Pema, prisonnier Tibétain que Tom va libérer et emmener de gré ou de force dans sa quête. Le premier est fougueux et violent, ultra déterminé. L'autre est plus fin et sensible, presque plus éduqué.
Par le biais de cette aventure mouvementée, on va découvrir une petite partie du Tibet et de sa spiritualité bouddhique grâce aux tentatives un peu vaines de Pema de les faire comprendre à Tom.

Cela aurait pu être sympathique mais je n'ai pas réussi à entrer dans le récit. Le dessin oscille entre deux chaises, entre des visages presque enfantins et caricaturaux, et des scènes d'action souvent sanglantes et morbides. Les personnages sont peu attachants, entre l'occidental borné et brutal et le Tibétain dont on a du mal à croire à son esprit aussi moderne et à son anglais aussi parfait. A l'écouter, on dirait plutôt que c'est l'auteur qui parle par sa bouche, s'offusque de l'ignorance des Européens de l'époque et nous présente le Tibet et le bouddhisme comme un jeune français bien éduqué pourrait le faire de nos jours. Ça sonne artificiel.
En un peu plus de 80 pages, l'intrigue se développe relativement peu et se termine un peu trop vite. Au final, ce n'est pas beaucoup plus qu'une grosse course-poursuite avec beaucoup de coups de fusils et un peu de visite touristique et historique. Et même si la narration est fluide et la lecture plutôt plaisante, c'est un récit qui file entre les doigts de la mémoire et s'oublie relativement vite à mes yeux.

Heureusement, le dossier de quelques pages en fin d'album, qui présente le Tibet de l'époque en textes et en sympathiques illustrations redonne un peu plus d'intérêt et de profondeur à l'ensemble. Mais pour le reste, cela manque d'émotion et de force narrative. Peut-être un manque de maturité à vrai dire, en tout cas à mes yeux...

Nom série  Nanja Monja  posté le 27/10/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Nanja Monja est un seinen au ton doux et poétique. On nage en pleine ambiance Miyazaki, rappelant parfois Totoro, Chihiro ou encore Arrietty, malgré une intrigue légèrement plus adulte.

Le décor est celui d'une petite île japonaise dominée par un arbre géant et un peu magique. A ses pieds, un village très agréable où les habitants vivent paisiblement en bonne entente, quelque soit la génération, malgré les étranges disparitions de personnes s'étant déroulées aux alentours du fameux arbre. Le héros principal, un adolescent un peu mélancolique qui vit seul dans l'épicerie de son grand-père récemment disparu. Les autres protagonistes sont ses amis du village, les adultes qui veillent affectueusement sur eux, mais aussi cette jeune fille venue d'ailleurs... étrangement réduite à la taille d'un petit lutin depuis qu'elle est tombée de l'arbre magique. Mais est-elle la seule à qui cette mésaventure est arrivée ?

Nanja Monja est une lecture douce, entrecoupée d'un petit peu d'action, un zeste de romance et de beaucoup de mystère. L'ambiance est très agréable et les personnages attachants. J'ai été un petit peu gêné par l'absence de réponse du début. En effet, ce n'est qu'au fil des tomes qu'on comprend le contexte, les lieux et les motivations des personnages. Et on se demande souvent au cours du premier tome pourquoi le héros n'interroge pas tout de suite Sora, la fille réduite, sur ses origines, pourquoi elle était là et ce qu'elle sait de l'arbre et de son pendentif. Il y a aussi un petit passage du tome 1 qui reste inexpliqué à mes yeux : l'histoire de l'accident de minibus de l'épicière blonde...

Avec le bouleversement de la fin du tome 4 et la nouvelle donne du tome 5, je pensais que la série allait continuer sur la longueur. Aussi la fin dès le tome 6 (à priori due à une baisse de succès de la série au Japon) parait-elle un peu abrupte et un peu moins poétique qu'espérée. Mais ce n'est pas très grave.
C'est une lecture agréable et un manga plutôt original.

Nom série  La Terre des vampires  posté le 24/10/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Un récit post-apocalyptique où les vampires chassent les rares humains survivants sur une Terre plongée dans une nuit éternelle. Au milieu de cela un petit groupe de rescapés, en majorité des enfants, tentent d'atteindre un abri et ont bientôt l'aide d'un allié inattendu.
Voilà une trame relativement peu originale.

L'ambiance est bien posée et la lecture est fluide, mais on navigue plus ou moins en terrain connu, même si quelques légers mystères agrémentent le récit. Le dessin est réaliste et bien foutu. La narration est agréable, le rythme juste bon comme il faut.
Bref, cela se lit bien, mais c'est un récit qui ne marque pas vraiment car il est un peu trop convenu et brasse des thématiques un peu stéréotypées.

La série est prévue en 3 tomes (en espérant qu'elle ne soit pas abandonnée avant cela), cela promet donc un ensemble divertissant et pas désagréable, mais de là à en conseiller l'achat... j'ai besoin de davantage d'originalité, personnellement.

Nom série  La Somnambule  posté le 20/10/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
L'histoire d'une femme qui a plus ou moins perdu la mémoire 2 ans auparavant et qui souffre depuis de somnambulisme, comme si elle devenait une autre personne au cours de la nuit. Le tout dans un décor des années 70, dans une colocation aux personnages troubles et peut-être dangereux.

L'idée de départ de ce polar n'est pas mauvaise mais je n'ai pas aimé sa narration. Le récit est confus, avec un rythme décousu, des personnages auxquels il est presque impossible de s'attacher, et au final un scénario dans lequel je n'ai pas réussi du tout à rentrer. On sent que l'adaptation du roman originel passe mal, que l'auteur a eu beaucoup de difficulté à faire rentrer son contenu dans un album de bande dessinée.
Le graphisme non plus ne m'a pas plu. Il est sombre, peu agréable, et il utilise des trames qui rendent l'ensemble encore moins lisible à mon goût. Le style semble faire écho au côté embrouillé de l'intrigue.
Puis vient la révélation finale de toute l'histoire, comme une explication de texte à la fin d'un Ric Hochet ou d'un Agatha Christie qui révèle au lecteur toutes les clés du récit. Elle tient moyennement la route à mes yeux, mais surtout comme je n'étais pas du tout entré dans l'histoire avant d'y arriver, elle m'a laissé complètement de marbre.

Bref, un polar très moyen à mon goût et surtout assez mal raconté.

Nom série  Echo  posté le 20/10/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Echo est un comics d'action thriller/fantastique/science-fiction à l'américaine avec comme originalité la petite touche féminine et émotionnelle de l'auteur de Strangers in Paradise. C'est un récit tout en rythme, fait pour tenir en haleine, avec de multiples rebondissements, beaucoup de personnages, des gentils et des méchants, des courses poursuites, des complots gouvernementaux et une super arme futuriste entre les mains d'une jeune femme qui n'avait rien demandé.

Ce n'est pas très original comme concept mais le tout est bien mené et agréable à lire. Les personnages sont assez attachants, avec, je le souligne encore, une forte sensibilité féminine les concernant (ça discute souvent soutien-gorges et envies de faire pipi notamment...).
Le graphisme est celui de Terry Moore. C'est-à-dire qu'il est doué pour représenter les visages, féminins et masculins, même si certaines de leurs caractéristiques sont assez récurrentes (plusieurs personnages se ressemblent pas mal). Par contre, certains décors et certaines scènes d'action sont simplement ratés. On voit que ce n'est pas du tout son domaine d'expérience (je pense en particulier à l'attaque à l'hélicoptère à la fin du tome 3).

Ce qui refroidit un peu mon appréciation sur cette série, c'est la somme de facilités scénaristiques dont elle fait preuve. Alors certes c'est un simple divertissement mais c'est parfois vraiment trop convenu, trop facile. Et il y a certains personnages que je n'ai pas aimé, notamment Hong Liu et tout ce qui tourne autour de lui. C'était aussi le cas du méchant Caïn mais je l'ai trouvé un peu plus intéressant vers la fin.

C'est donc une lecture sympathique, pas prise de tête et divertissante, même s'il ne faut pas en attendre des miracles.

Nom série  Le Fils de la Perdition  posté le 17/10/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
A la vue du titre et des premières pages, je craignais de retrouver dans cette bande dessinée ce que je n'aime pas dans la majorité des dernières œuvres de Christophe Bec : du sensationnalisme à grand spectacle avec une surabondance de références ésotériques et présages d'apocalypse qui me lasse très vite. Et dans les faits, elle n'en manque effectivement pas.
Mais le scénario évite cette fois l'action Hollywoodienne à gros budget pour se focaliser sur un cadre nettement plus humain, à la manière d'un thriller psychologique noir mettant en scène un héros tourmenté par la mort d'une femme sous les roues du métro qu'il conduisait. Cet événement et les hallucinations dont fait ensuite preuve le héros font écho aux innombrables catastrophes qui frappent le monde au même moment : tout cela annonce-t-il la venue de l'Antéchrist ? La profusion de présages et de citations prémonitoires qui émaille cet album le laisse en effet croire. A moins qu'il ne s'agisse que du stress post-traumatique subi par le héros ?...

Ce récit n'a pas su m'absorber. Le graphisme réaliste et sombre n'est vraiment pas ma tasse de thé. Outre ses ficelles narratives un peu trop grosses et convenues, son rythme est lent et répétitif. Arrivé vers la fin de l'album, j'avais eu le sentiment qu'il ne s'était quasiment rien passé, rien que de très ennuyeux en tout cas. Et j'ai été surpris de découvrir alors un fin abrupte, presque en queue de poisson, sans comprendre où l'auteur avait voulu en venir avec toutes les tergiversations des pages précédentes.
Même si je ne suis pas mécontent qu'il ne s'agisse pas d'une série à rallonge, je reste sur une grosse impression de "tout ça pour ça".

Nom série  Aux heures impaires  posté le 15/10/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Je n'ai pas réussi à accrocher à cette bande dessinée. Et pourtant elle joue sur l'ambiance étonnante et assez magique d'un musée la nuit, entouré d’œuvres silencieuses aussi majestueuses que celles du Louvre. Cela aurait pu me plaire.

Mais je ne suis pas tombé sous le charme.
La faute d'abord à un personnage principal que j'ai trouvé assez antipathique, physiquement (sa tête d’œuf m'agaçait) autant que dans son comportement. Ensuite au rythme du récit qui m'a un peu ennuyé et à sa confusion volontaire entre réel et imaginaire qui m'a été un peu pénible. Enfin, cette vision des œuvres d'art et de leur "âme" ne touche pas ma sensibilité, je ressens ces œuvres là de manière différente, avec une personnification moins... animale. Quant au graphisme, ce n'est pas ma tasse de thé.

Bref, j'ai lu cette BD avec un peu de curiosité mais aussi un léger ennui, ne réussissant à m'attacher ni à son héros ni à son contenu, et sa fin m'a laissé de marbre.

Nom série  Terra Australis  posté le 15/10/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J'hésite un peu sur ma note. J'aurais aimé mettre davantage car j'ai trouvé cette lecture très intéressante. Mais je trouve aussi qu'il lui manque une accroche émotionnelle. Je l'ai particulièrement ressenti à la lecture de l'épilogue où l'on apprend le parcours ultérieur de la plupart des protagonistes, assez dramatiques pour certains, et que j'ai constaté que cela ne me touchait vraiment pas plus que ça.

Mais passons sur cela. Ce qui fait la force de cette BD, c'est de nous apprendre, en détail et en nous plongeant au cœur des événements, la façon dont s'est déroulé l'établissement de la première colonie anglaise en Australie, plus précisément dans ce qui allait plus tard devenir Sydney.
Le récit est très bien mené. Il prend son temps et un bon tiers de l'album pour présenter la situation en Angleterre à l'époque, fin des années 1780, et à mettre en scène une petite galerie de personnages allant de l'ancien esclave noir venu d'Amérique jusqu'au capitaine-gouverneur de la future colonie en passant par des petits voleurs condamnés à la déportation et par de simples soldats chargés de les escorter. Les faits sont présentés de l'intérieur, nous les faisant vivre avec ceux qui les ont vécus. On découvre ainsi la mise en place de ce projet de colonie, le très long et éprouvant voyage de la flotte de déportés, les premiers pas en Australie, les relations difficiles avec les aborigènes et les pénibles débuts de la colonie elle-même. C'est instructif et parfois assez édifiant. Difficile d'imaginer que l'on assiste là aux débuts d'un futur pays développé, alors que cela ne s'est passé qu'il y a à peine plus de 200 ans et que cela semble si mal parti.

Bref, c'est très bien fait, avec un dessin agréable même si j'avoue qu'il ne m'a pas toujours aidé à différencier certains personnages. A partir du moment où ils sont en costumes ou en uniformes, ils se ressemblent un peu tous. Et je me souviens m'être aussi fait la réflexion sur les toutes premières pages que c'était dommage que le dessin soit en noir et blanc quand il s'agit de représenter l'Australie aux couleurs si particulières. Mais j'imagine que pour un ouvrage de plus de 500 pages, ça aurait été beaucoup trop de travail et de temps perdu.

Donc c'est un bon, voire très bon ouvrage historique. Mais j'aurais aimé être un petit peu plus transporté par l'émotion qu'il cherche visiblement parfois à dégager. Ma note hésite donc entre le bien et le franchement bien.

Nom série  Le Droit Chemin  posté le 13/10/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Les couvertures de cette série ne m'avaient pas attiré car elles ne me disaient pas grand chose sur son contenu. Avec les tenues des gars et l'ambiance coucher de soleil, je m'étais mis en tête que c'était une énième revisite de Tom Sawyer ou de récits dans les états du sud des USA.

Aussi est-ce avec une surprise pas désagréable que j'ai découvert son décor original, le récit se déroulant dans le Sud-Ouest de la France, plus précisément dans un lycée agricole, à la fin des années 20. Sur cette base là, qui ne paie pas de mine à première vue, les auteurs mettent en place un récit complexe et prenant autour d'une bande d'amis, de la fille artiste et très moderne du châtelain voisin, d'une aviatrice féministe et d'un surveillant de pensionnat dévisagé durant la première guerre mondiale.

C'est un scénario dense, très bien mené et qui, je l'avoue, ne s'est presque jamais révélé prévisible. J'ai été véritablement pris par l'histoire et ses personnages attachants. Et j'ai trouvé intéressante et inattendue la révélation finale du second tome.

Par contre, le scénario prenant fin à ce tome là, j'étais assez perplexe de voir les dernières pages se terminer, presque en queue de poisson, avec un sentiment que les protagonistes étaient abandonnés à leurs différents sorts qui appelaient sans conteste une suite pour plus tard. Heureusement, à priori, cette suite est bien prévue. J'espère que l'éditeur permettra bien sa parution.

Nom série  Stevenson, le pirate intérieur  posté le 08/10/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cette bande dessinée adresse la biographie d'un auteur tel que R.L. Stevenson par probablement le meilleur angle possible.
Non seulement elle insiste sur les aspects presque aventureux de sa vie (ce qui est conforme à l'existence mouvementée du personnage) et ne sombre donc jamais dans l'ennui.
Mais elle inclut aussi subtilement dans son récit de courts et marquants extraits dessinés de ses plus grandes œuvres, comme autant de bandes annonces qui donnent envie de découvrir ou redécouvrir ces romans.
Et pour ne rien gâcher le tout est très joliment mis en image par le dessin, ou devrais-je dire la peinture, de René Follet. Son style réaliste et légèrement désuet s'adapte parfaitement à l'ambiance de romans d'aventure classique des ouvrages et de la vie de Stevenson.

C'est donc là une très bonne bande dessinée si vous cherchez à lire une biographie et si vous aimez ou souhaitez découvrir l'auteur de l'Île au Trésor, de Docteur Jekyll & Mr Hyde mais aussi de David Balfour ou encore du Maître de Ballantraë (que j'avais découvert par sa belle adaptation en BD).
Maintenant, si les biographies vous ennuient un peu et si vous trouvez le style graphique de René Follet un peu trop vieillot, ce n'est pas sûr que vous tombiez sous le charme de cette lecture qui reste tout de même conventionnelle dans sa forme et peut ne pas captiver tous les lecteurs.

Nom série  Moi René Tardi prisonnier de guerre au stalag IIb  posté le 08/10/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cet album est un ouvrage historique pur et dur, le genre où le texte prend le dessus sur le dessin. Il raconte la Seconde Guerre Mondiale telle que l'a vécue le père de l'auteur, depuis les années 30 et son engagement dans l'armée jusqu'à 1945, du moins pour ce qui concerne ce seul premier tome. J'ai d'ailleurs été très surpris de voir un "fin de la première partie" en fin d'album alors que le récit a déjà été aussi long et qu'on en est déjà arrivé à la fin de la guerre : je ne sais pas ce dont parlera le suivant. Sans doute la véritable libération et le retour à la vie civile d'après-guerre...

Bref, c'est un ouvrage historique soutenu par le dessin de Tardi qui était déjà si adapté à ses récits sur la Première Guerre Mondiale. Je n'ai que moyennement apprécié ce dessin ici. Il y fait preuve de relativement peu d'esthétisme, le trait apparaît très épais avec le grand format de l'album, et les visages de ses personnages se ressemblent un peu tous, avec son trait si spécifique et ses petits tics graphiques.

Le récit, pour sa part, est instructif, mais je l'ai aussi trouvé assez indigeste. Pour faire une comparaison avec une oeuvre à la thématique proche, je ne suis pas un grand fan de Maus, mais j'ai trouvé l'oeuvre de Spiegelman nettement plus fluide et agréable à la lecture. J'ai eu aussi un petit peu de mal à me faire à la narration particulière de l'auteur qui se met en scène en spectateur de la vie de son père et qui dialogue avec lui en cours de route, même si je trouve le procédé assez original.
Par contre, quand on prend la peine de rentrer dans le récit et qu'on le lit tranquillement (en plusieurs fois peut-être car il est plutôt long), on apprend beaucoup de choses sur les conditions de la drôle de guerre puis de l'emprisonnement dans les camps allemands, la situation des prisonniers de guerre français et leur différence avec celles des autres nationalités, et comment ce petit monde va survivre durant les 5 années de la guerre.

Sur le plan historique, c'est une bande dessinée qui vaut vraiment la peine.
Maintenant, il ne faut pas s'attendre à une lecture qui coule toute seule et qui fait passer un moment agréable. C'est dense et parfois un peu indigeste à la longue.

Nom série  Coeurs à coeurs  posté le 03/10/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Coeurs à coeurs, comme son nom l'indique, est un manga romantique. Il met en scène les premières amours d'un groupe de lycéens. Il a la particularité de ne pas suivre un personnage ou un couple en particulier mais de sauter d'un personnage à un autre d'un chapitre au suivant, de manière assez cohérente puisqu'il s'agit toujours de suivre un personnage croisé dans le chapitre précédent et d'approfondir ses états d'âme, ses sentiments et la relation amoureuse qu'il ou elle peut éprouver.

Les histoires d'amour qui se suivent ainsi sont assez variées et plutôt bien menées. Elles sont crédibles et intéressantes, mettant en scène aussi bien des amours compliquées, que des amours impossibles ou des romances imprévues qui finissent bien. Les sentiments y sont bien mis en valeur et il y a de quoi être touché en tant que lecteur. Le ton est juste et assez subtil, contre toute attente, et il offre également une petite part d'humour. Les personnages ne manquent pas de personnalité et sont rapidement attachants.

Le graphisme lui aussi est très appréciable. Les garçons y sont sympas et les filles très mignonnes sans être trop sexy. A noter que, même si l'auteur est une femme, le manga semble davantage destiné aux lecteurs masculins car les fan services y sont nombreux, à base de petites culottes et jolies filles. Cela passe relativement discrètement, heureusement.

C'est une lecture romantique que j'ai trouvé agréable et assez attendrissante même si toutes ces petites histoires ne m'ont pas touché autant les unes que les autres.
La série se termine en 8 tomes. A raison de 4 histoires d'amour par tome, je suis un peu curieux et perplexe sur comment remplir autant d'albums. J'imagine et j'espère que l'auteure va probablement devoir arrêter de changer de personnages et faire évoluer ces différentes romances toutes ensemble pour maintenir l'intérêt. Je suis curieux de lire la suite en tout cas.

Nom série  Playlist  posté le 03/10/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Playlist est une série sur la musique destinée aux ados et pré-ados. Elle met en scène une poignée de lycéens qui décident de monter un groupe à priori mi-rock mi-rap. Autour de ce groupe et de son succès croissant mais compliqué, ce sont aussi les aventures amoureuses et sociales de ces jeunes que nous suivons.

Il y a Lucille, dont la mère est morte il y a à peine un an. Chloé, la copine pianiste en fauteuil roulant. Marc, le joueur de djembé et parolier, aux mauvaises fréquentations. Bilal, le guitariste et joueur d'Oud, dont les parents sont en situation irrégulière. Et Sophie, la batteuse un peu goth.
Black, blanc, beur, handicapé, famille monoparentale... où est l'asiatique ? Ce côté un peu politiquement correct (il s'agit après tout d'une série pré-publiée dans le magazine Okapi) se retrouve aussi dans les intrigues parfois un peu trop bien-pensantes (par exemple, j'ai tiqué sur la décision peu réaliste du ministre en fin de second tome, pour que tout soit bien qui finit bien...). On sent un fond de bonne morale et quelques facilités et stéréotypes qui pourront rebuter un lecteur un peu trop âgé.

Malgré ces réticences, ce n'est pas une mauvaise lecture.
Le dessin est assez raide, fortement influencé par le manga, mais il n'est pas désagréable.
Les intrigues sont un peu convenues mais se lisent bien et la narration est bonne.
Les personnages, malgré leurs stéréotypes, ne manquent pas de personnalité et sont relativement attachants.
Et l'histoire autour de ce groupe qui se monte et de ses difficultés est assez crédible et n'est pas inintéressante.

En outre, mes réticences viennent aussi de mon regard d'adulte alors que je ne suis pas le public cible. Ma fille, pré-adolescente et elle-même amatrice de musique avec comme rêve de monter un petit groupe avec ses copines, a trouvé cette série "trop bien !". Je ne peux donc pas décemment en déconseiller l'achat pour un enfant ou jeune adolescent qui se sentirait concerné.

Nom série  Brögunn  posté le 25/02/2012 (dernière MAJ le 01/10/2013) Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Note : 3.5/5

Brogünn... Avec un tel nom, une telle couverture et un tel éditeur, je me suis immédiatement imaginé une nouvelle série heroic-fantasy de plus, avec son lot de noms inventés, de dangers fantastiques qui menacent le monde et de héros plus ou moins élus...

Pourtant, d'emblée, le graphisme m'a enchanté. Net, précis et lumineux, il fait preuve dès le premier coup d'oeil d'une indéniable maîtrise amplifiée par une très bonne colorisation. Son trait légèrement gai contraste en outre de manière originale avec le ton plutôt Dark Fantasy du récit.

Et puis dès les premières pages, on constate que s'il s'agit bien d'heroic-fantasy, celle-ci sort des sentiers battus. Le héros, très maussade, inhumain dans la façon dont il ne se considère plus comme mortel ni ne se soucie de la mort d'innocents, est loin de ce à quoi une production de BD pléthorique nous avait habitués.
La narration est excellente et distille doucement les éléments permettant de comprendre ce monde que l'on découvre et les noirs malheurs qui l'assaillent. Ce n'est pas gai, c'est même assez violent. De la Dark Fantasy donc.

Cette série présente pas mal de potentiel en tout cas. Hélas le seul premier tome actuellement paru est un peu trop introductif et ne permet pas vraiment de se faire une idée de la suite. J'espère ne pas y retrouver une simple errance du héros dans un monde noir avec une éventuelle quête de vengeance, ce serait trop banal. Alors j'attends de voir ce que vont donner les tomes suivants, en espérant que Soleil n'abandonne pas la série comme ils savent si bien le faire.

Addendum en Octobre 2013 :

Et hop, Soleil a encore frappé, la série est abandonnée. Je baisse un peu ma note et déconseille désormais l'achat. Heureusement l'album peut à peu près se lire comme une histoire complète mais qui laisse quand même fortement sur sa faim...

Nom série  Gewalt  posté le 01/10/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Gewalt en Allemand signifie violence mais aussi contrôle ou pouvoir autoritaire. C'est bien là le thème de ce manga assez brutal : le pouvoir de la violence, son pouvoir social mais aussi son pouvoir libérateur.
Ce n'est donc pas une série à mettre entre toutes les mains et son contenu est pour le moins assez rugueux. Nous ne sommes pas dans le domaine traumatisant et ultra-violent du début d'une série comme Coq de combat mais nous sommes bien dans un déchaînement instinctif relativement peu pacifiste. Le message est clair : ne vous laissez pas écraser, n'ayez pas peur, lâchez-vous, foncez dans le tas et imposez-vous !

Même si cette brutalité régulièrement sanglante pourra en rebuter beaucoup, il faut avouer que les émotions sont bien retranscrites et avec une certaine intelligence. On ressent en effet très fort la frustration intense et la peur du héros quand il est brimé et n'ose pas riposter. Et on ressent tout autant la libération quand il se défoule enfin, même s'il s'en prend plein la tronche au passage.

A côté de cela, le récit est bien construit. Et le fait qu'il se termine en 3 tomes est aussi une bonne nouvelle car je voyais mal le thème s'étaler sur trop de tomes. Le dessin est plutôt bien foutu même si la tête parfois déformée du héros n'est pas toujours des plus attrayantes.
Je déplore cependant un peu le manque de crédibilité des fameux membres du Gewalt 5 et de leurs capacités de combat exagérées. J'aurais préféré que l'ensemble reste sur un plan strictement réaliste pour rester aussi intense que possible.

Une lecture assez défoulante et qui ne manque pas d'un fond d'intelligence, quoique sa violence et son manque d'humour ne plairont pas à tout le monde.

Nom série  L'Homme qui n'aimait pas les armes à feu  posté le 27/09/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Un western moderne original, un graphisme très sympathique, des personnages charismatiques qui sortent des sentiers battus, une intrigue complexe et sans stéréotype, de l'humour, des mystères et des rebondissements imprévus... que demander de plus ?
Cette série est un vrai plaisir, simple et rafraîchissant. Il se lit comme un bon divertissement, amusant, bien mené et surprenant. La construction est impeccable, tant dans le déroulement de l'intrigue et la façon dont elle dévoile peu à peu ses cartes, que dans le graphisme qui est maîtrisé et colle très bien au genre.
Une bonne lecture que je conseillerais sans hésiter !

Nom série  Gisèle et Béatrice  posté le 20/09/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Voilà un ouvrage bien étonnant !
Prenant la forme d'un album souple de format moyen dissimulé dans un petit coffret léger, il se cache comme un ouvrage coquin réservé à un public averti. On imagine alors un récit du style de Happy Sex de Zep qui mêlerait un érotisme adulte, un dessin mignon et rondouillard et probablement un peu d'humour.
Il s'agit en réalité d'une sorte de fable moderne, un récit certes érotique mais aussi un conte magique et une satire sociale avec un récit déstabilisant et une morale bien étrange.

L'ayant lu sans rien en savoir, j'ai été très surpris par le virage fantastique et assez incongru que prend l'histoire dès la vingtième page à peu près (sur 128 ). Je ne m'attendais pas à ça. Du coup, s'il y a bien de l'érotisme, il prend une forme assez particulière à laquelle il n'est pas aisé de s'identifier à moins d'avoir des fantasmes bien précis. De son côté, le côté fable morale et sociale est assez appuyé, pas inintéressant mais abordé par un angle assez curieux.
Le tout est mis en scène par le biais d'un dessin agréable, en partie le même que pour l'autre série du même auteur, Le Royaume, mais avec une surprenante adaptation aux scènes érotiques qui sont très bien rendues.

Malheureusement, je n'ai pas su accrocher au récit même si je reconnais une vraie originalité dans l'idée et dans l'évolution de la psychologie des personnages. Peut-être ai-je été trop déstabilisé mais je crois simplement ne pas être suffisamment rentré dans le trip de l'auteur. Toujours est-il que je n'ai pas su sur quel pied danser.
Je n'ai été que peu émoustillé par les scènes érotiques. J'ai eu un peu de mal à saisir les motivations des personnages, notamment celles de Béatrice que je trouvais un peu fausses, comme s'attacher aussi vite à un personnage, certes transformé, qu'elle détestait juste auparavant. J'ai trouvé la critique sociale pertinente mais abordée par un angle trop outré pour lui permettre d'être fine. Et pour finir, même si l'ensemble n'est pas désagréable, je n'ai pas tellement été séduit par son humour.
Ah, j'oubliais aussi la façon de parler de Gisèle qui est très rapidement agaçante, j'aurais aimé que cela ne dure pas sur tout l'album.

Il s'agit là d'un OVNI, un cocktail de genres, une oeuvre où l'érotisme s'intègre au scénario et non pas l'inverse, avec un dessin plaisant et bien adapté, mais aussi une fable sociale, humoristique et fantastique surprenante et un peu perturbante qui ne plaira peut-être pas à tout le monde.

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