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Nom série  Batman - La Nouvelle Aube  posté le 19/09/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
La Nouvelle Aube s'entame comme un récit de Batman assez standard dans le style de ce qui est paru depuis la Renaissance DC de New 52, à partir de 2011. C'est un style sombre, au dessin réaliste, où Batman est souvent confronté à plus fort que lui et à la difficulté du terrain et de l'environnement de Gotham. Cette fois-ci, Bruce Wayne, reprenant depuis peu son costume de Batman après que Dick Grayson l'ait temporairement remplacé, est obsédé par l'idée de retrouver une jeune femme, Golden Dawn, qu'il a connu étant enfant et qui a mystérieusement disparu.

Même si on ne sait rien de cette femme sortie d'on ne sait où et que ça surprend de voir soudain Batman tellement intéressé par elle, la première moitié de l'histoire n'est pas mal et plutôt bien menée. Le dessin est soigné et de belle qualité.
Puis ça commence à tourner un peu en eau de boudin quand des forces démoniaques font leur apparition, avec l'implication notamment d'un vieux personnage de l'univers DC, le démon Etrigan. Mais pour le moment, l'intrigue restait intéressante même si pas des plus captivantes.

Par contre, tout l'intérêt du récit est détruit par une fin complètement bidon. En 4 pages, on passe d'une situation complexe et quasi inextricable pour Batman, à une victoire complètement sortie du chapeau, où l'un des gros problèmes est réglé par une ellipse sans même qu'on sache comment exactement, et l'autre problème est réglé d'un claquement de doigt sans aucune crédibilité. C'est simple, c'est comme si le scénariste avait une assez bonne histoire mais aucune idée de comment la terminer, ou alors qu'on lui a dit "coco, on n'a plus de budget, tu vas me terminer ton histoire en 5 pages et on passe à autre chose !".
Ça gâche complètement cette lecture que, du coup, je déconseille.

Nom série  Le Crochet à Nuages  posté le 19/09/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Je connais très bien l'Afrique et pourtant je ne connaissais les Dogons que de réputation et de nom. J'étais curieux de les découvrir par le biais de cette BD mais aussi un peu méfiant, craignant un récit jeunesse naïf, bien pensant et trop didactique. Aussi ai-je été très agréablement surpris car ce fut là une chouette lecture.

C'est bien un récit jeunesse, un récit aux allures de conte initiatique où tout est bien qui finit bien même s'il est ancré dans notre époque contemporaine et s'attache à rester aussi réaliste que possible. On y suit le jeune Amakala et son ami Iéména qui décident d'emprunter un objet sacré, le crochet à nuages placé sur un petit temple de leur village Dogon, pour essayer de faire pleuvoir sur leur village.
Par le biais de ce récit simple mais très bien construit, on va vivre une sympathique histoire d'aventure tout en découvrant une part de la culture Dogon. Et présentée ainsi, j'ai trouvé cette dernière fascinante. Ses traditions sont belles et emplies de sagesse, je comprends que ce soit un peuple dont le nom soit si connu.
Mais ce n'est pas un récit éducatif, c'est bien un récit d'aventure et celle-ci est très agréable à suivre. Les personnages sont sympathiques, le rythme bien mené, le dessin simple mais efficace.
C'est une chouette lecture pour tous publics.

Nom série  Des-Agréments d'un Voyage d'Agrément  posté le 19/09/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Après Histoire pittoresque, dramatique et caricaturale de la Sainte Russie, c'est le deuxième ouvrage de Gustave Doré que je lis et je dois dire que j'ai davantage accroché à celui-ci. Il faut dire qu'il se rapproche beaucoup plus d'une vraie bande dessinée au sens moderne du terme, que sa narration est plus fluide et que son texte est moins fastidieux à lire.

Gustave Doré fait partie des pionniers de la bande dessinée du milieu du XIXe siècle, quelques années après Töpffer. Avant d'être un raconteur d'histoire, c'est surtout un grand illustrateur et dessinateur. Même s'il était tout jeune au moment de la parution de cette BD (il avait 19 ans), c'est la beauté de son trait qui ressort de ses planches. Il se rapproche des gravures caricaturales de Daumier qui lui était contemporain. C'est vraiment très beau.

L'ouvrage en lui-même est une parodie de carnet de voyage. Il se présente comme celui d'un personnage imaginaire, M. Plumet, petit bourgeois parisien qui, pris d'une lubie soudaine, décide de partir avec sa femme en vacances dans les Alpes et peut-être d'escalader le Mont Blanc. Dans ce carnet, M. Plumet raconte ce qu'il a fait et vécu, se mettant en scène le plus souvent en véritable narration séquentielle de bande dessinée et quelques fois aussi par des illustrations et croquis.

Gustave Doré joue sur le média de la bande dessinée. Pour commencer, il y a une mise en abîme puisqu'il apparaît lui-même en tant que personnage dans ce carnet fictif discutant avec M. Plumet et lui précisant même qu'un si joli carnet mériterait d'être publié chez Aubert, son véritable éditeur. Ensuite, il joue sur l'objet lui-même. Une grosse empreinte de pas traverse une planche où M. Plumet raconte que quelqu'un a marché sur son carnet. Une grosse langue de vache en traverse une autre quand M. Plumet raconte qu'une vache vient de lécher son précieux ouvrage et de manger les fleurs qu'il y a collées.

Seul regret, la mise en page des cases (sans bordure soit dit en passant) n'est pas toujours claire, on hésite parfois sur l'ordre dans lequel les lire (gauche à droite ou bien haut en bas ?). Certaines cases du début de l'album donnent l'impression d'être dans le désordre. Et je crois bien que les pages 2 et 3 ont été inversées dans l'édition 2024, même si ce n'est pas évident. Bref, le début d'album est légèrement laborieux à lire.

Mais par la suite, l'auteur (ou le lecteur ?) semble trouver ses marques et la lecture devient plus fluide. L'humour peut alors ressortir, et s'il n'est pas toujours hilarant, il est sympathique surtout quand on sait de quand date l'ouvrage (quoique Monsieur Jabot et autres histoires, pourtant paru presque 20 ans auparavant, m'avait paru plus drôle encore). Il y a un passage, celui où Mme Plumet suit l’ascension de son mari à la longue vue, que j'ai trouvé excellent, tant dans la narration que dans l'humour. L'escalade où ils doivent s'aider de la tête tant ils sont tombés m'a franchement fait rire.

Bref, c'est un ouvrage de grande valeur sur le plan de l'Histoire de la BD, car c'en est une au sens moderne du terme et qu'elle date de 1851. Son graphisme très classique est de toute beauté et son humour parfois très bon. Sa réédition aux éditions 2024 est en outre de superbe qualité. Seule une narration un peu laborieuse et un style qui a parfois un peu mal vieilli m'empêchent de la conseiller vivement.

Nom série  Ara  posté le 19/09/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Ara est une belle BD d'action et d'heroic-fantasy mais elle ressemble un peu trop à une jolie coquille vide, d'autant plus maintenant que son premier tome, qui reste assez introductif, n'aura pas de suite.

Nous sommes placés dans un univers de fantasy un peu mystérieux, qui ne nous est pas présenté et dont il faut deviner peu à peu le fonctionnement. On comprend qu'une ligue de sorcières s'oppose à des adversaires non identifiés et que les sorcières en question gèrent leurs pions à distance depuis leur repaire où elles ont une vue magique sur les événements. Parmi les pions en question se trouve l'héroïne du récit, une super guerrière dont on ne sait pas exactement comment elle a acquis de tels pouvoirs de combat et de vitesse. Elle et deux autres serviteurs des sorcières sont envoyés dans une sombre forêt où les sorcières ont bien l'intention de les faire affronter quelque chose qui pourrait changer le destin de l'héroïne. Pourquoi ? Comment ? Dans quel but ? On ne peut que le deviner et ce n'est pas très clair en fin d'album.

L'ouvrage vaut avant tout par sa beauté graphique. L'auteur a visiblement travaillé dans l'animation et son dessin, tout informatisé, est très beau et très dynamique tant dans le trait que dans ses couleurs. Le récit étant orienté vers l'action, il s'en donne à cœur joie pour mettre en scène les combats et les péripéties mouvementées, en découpant l'action comme un manga plutôt qu'en le condensant par le biais d'ellipses. C'est beau, c'est fluide, c'est de la belle ouvrage.

Malheureusement, le récit, s'il se lit bien, ne reste qu'introductif et n'est pas des plus passionnant ni original. Ça ressemble à une longue mise en place mais on attend qu'il se passe quelque chose d'un peu plus profond, un peu plus prenant. Et comme ça n'arrivera pas, maintenant que la série est abandonnée, je n'en conseille pas l'achat.

Nom série  Marcas, maître Franc-Maçon  posté le 18/09/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Francs-maçons Vs. secte néonazie : Fight !
Le cliché est tel que ça pourrait être drôle, mais cette série se prend malheureusement beaucoup trop au sérieux.

Je ne l'ai découvert qu'en fin de premier tome, mais les scénaristes sont à l'origine de nombreux romans à suspense sur le thème de la franc-maçonnerie et de complots type templiers. On peut donc en déduire qu'ils sont bien documentés, et cela leur permet en effet d'éviter certains stéréotypes sur les loges maçonniques et aussi de m'apprendre quelques trucs à moi qui n'y connais pas grand chose.

Mais à côté de cela, le scénario du premier cycle de cette série (y en aura-t-il un autre ?) est assez déplorable tant il aligne les clichés du thriller grand public et du récit d'action ésotérique à deux sous.
Il commence mal avec une narration qui manque fortement de clarté sur la première moitié du premier tome. On passe d'un lieu à l'autre et de personnages en personnages en captant péniblement ce qu'il se passe. La transition entre le passage à l'ambassade puis l'enquête de la belle militaire notamment est franchement mal foutu à mes yeux.
Ensuite les personnages sont médiocres. Le héros est trop lisse et ses inintéressantes difficultés de couple tombent comme un cheveu sur la soupe pour essayer de le rendre plus humain. Sa partenaire est ridicule avec ses sarcasmes permanents envers les francs-maçons. Et le pire, ce sont leurs adversaires, entre les maîtres de la société de Thulé qui se réunissent en secret en haut d'une falaise avec trônes en pierre et flambeaux, leur grand maître complètement fou ou encore leur tueuse-jardinière qui est caricaturale au point d'en être risible.
Les passages convenus et faciles s'accumulent aussi dans les péripéties racontées, entre les méthodes idiotes utilisées par les méchants pour éliminer ou tenter d'éliminer leurs ennemis, ce commando facho en uniforme qui fait un massacre à l'arme de guerre en plein cœur de Paris sans être inquiété le moins du monde, ou encore le final façon Da Vinci Code dans la vieille église paumée pour un résultat dont on réalise qu'il n'a finalement aucun intérêt...

Bref, on pourrait en rire au second ou troisième degré, mais en attendant c'est un récit stéréotypé et très médiocre, qui permet juste de passer le temps si on n'a rien d'autre sous la main.

Nom série  Aspic Détectives de l'étrange  posté le 18/09/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Des enquêtes policières et fantastiques dans le Paris ésotérique et étrange de la fin 19e siècle, avec pour protagonistes un duo improbable et assez amusant ainsi qu'un vieil enquêteur bougon mais brillant, le fameux Auguste Dupin d'Edgar Poe.

J'apprécie ce genre de cadre et de scénario qui n'hésite pas à jouer à la fois la carte de l'humour, de l'enquête réaliste et du fantastique débridé. C'est un beau mélange, même si j'ai mis du temps à me faire au fait que ça se passait à Paris tant cela ressemble à des histoires similaires se déroulant dans le Londres de l'époque victorienne. Mais les auteurs en profitent justement pour mettre en scène des lieux et événements typiquement parisiens de l'époque, ce qui est assez sympathique.

Les personnages sont originaux. Il y a donc le vieux Auguste Dupin et ses capacités de déduction et d'enquête, ainsi que le jeune et fougueux inspecteur de police qui lui demande régulièrement son aide. Mais ces deux-là sont secondaires car les deux vrais héros sont un certain Gavroche devenu immortel et une jeune et belle enquêtrice débutante, cousine d'un très célèbre détective londonien et à priori presque aussi douée que lui. Face à eux des malandrins et des sorciers dont certains sont des personnages fictifs célèbres. Car les clins d’œil et références, humoristiques ou non, sont nombreux et plutôt bien insérés dans le récit.

Le graphisme, quant à lui, est soigné et détaillé. Il fourmille de petits détails et contribue à l'ambiance et à la mise en valeur du Paris de l'époque. Je dois par contre dire que je ne suis pas très amateur de la colorisation que je trouve trop informatique et froide. Trop de dégradés à mon goût. Et je ne suis pas non plus particulièrement fan des visages un peu trop caricaturaux que prennent parfois les deux héros.

J'aurais pu trouver cette série très bien si le rythme était mieux géré. Les intrigues sont denses mais aussi un peu confuses. Il se passe beaucoup de choses mais on les suit parfois sans totalement être pris dans le récit, les enquêteurs passant régulièrement d'un lieu à l'autre sans qu'on comprenne immédiatement ce qui les a amenés là. Je déplore aussi un nombre un peu trop grand de coïncidences faciles et de protagonistes qui se retrouvent réunis au bon endroit au bon moment.
Il y a dans tout cela quelque chose qui fait que je ne suis pas complètement tombé sous le charme de cette série qui ne manque pourtant pas de qualités. Il en résulte une série divertissante mais pas captivante à mes yeux.

Nom série  1066  posté le 17/09/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
1066 est une intéressante lecture historique. Elle raconte la conquête de l'Angleterre par Guillaume le Conquérant d'une manière à la fois très stricte et originale. En effet, les auteurs de cette BD ont fait le choix de suivre précisément le déroulement du récit tel qu'il est fait dans la fameuse tapisserie de Bayeux, en respectant autant que possible les faits historiques tels qu'agréés par la majorité des historiens.
Et sans avoir à romancer quoi que ce soit, il faut avouer que l'histoire du vieux roi Edouard d'Angleterre, de son beau-frère le Comte Harold et de son neveu le Duc Guillaume de Normandie est complexe et prenante. Manipulations politiques, trahisons, manœuvres militaires, il y a tous les ingrédients d'un récit captivant, tout en respectant la réalité des faits.
J'apprécie au passage les extraits de la tapisserie de Bayeux elle-même intégrés ça et là au fil des pages et montrant comment y sont représentés les faits qu'on vient de suivre en bande dessinée.

Par contre, deux choses m'ont déçu.
Tout d'abord il y a le dessin. Il se présente sous une forme que j'estime inaboutie, avec des traits de constructions et des crayonnés volontairement laissés en place. Ce choix graphique donne parfois plus de vie et de force au dessin, mais il n'a aucun effet ici si ce n'est enlaidir les planches. Et le comble, c'est qu'au contraire, j'ai trouvé les personnages particulièrement raides et figés. Et j'ai surtout trouvé leurs visages beaucoup trop ressemblant. Traits similaires, coiffures similaires, couleurs similaires, il est très difficile de ne pas les confondre et de ne pas devoir sans arrêt vérifier qui est sensé être représenté devant nos yeux.
Ensuite, autant j'ai beaucoup aimé le rythme narratif et la clarté du récit sur les deux premiers tiers de l'album. Autant je trouve que les choses s'accélèrent trop et deviennent un peu confuse une fois le débarquement lui-même réalisé et durant la bataille de Hastings. On y perd toute la saveur des manœuvres stratégiques et on ne peut que constater l'issue du combat sans avoir pu apprécier son déroulement et ses rebondissements.

Bref, il n'y aurait pas eu cette fin trop rapide et brouillonne à mon goût, j'aurais volontiers conseillé cette BD à tous les amateurs de récits historiques sérieux et bien menés, et ce malgré un dessin qui m'a plutôt déplu.

Nom série  Délices - Ma vie en cuisine  posté le 17/09/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J'ai l'impression de lire beaucoup d'albums de ce type en ce moment, mélange de bande dessinée et de recettes de cuisine. Le Viandier de Polpette, A boire et à manger, La Cuisine de Mamette...

Celui-ci se distingue par deux aspects.
Tout d'abord l'auteur est américaine donc les plats présentés ne sont pas nos classiques européens.
Ensuite, elle présente le rapport à la cuisine à la manière d'une autobiographie. Car chaque plat, chaque goût réveille ses souvenirs. C'est ainsi qu'on suit sa jeunesse New Yorkaise puis campagnarde puis à Chicago ainsi que sa vie familiale avec une mère passionnée de cuisine et un père fin gourmet. On y découvre aussi par le biais de son récit ce qu'elle décrit comme étant une sorte de révolution gastronomique américaine entamée dans les années 80 alors que de plus en plus d'amateurs de vraie bonne cuisine apparaissaient aux USA, rejetant la malbouffe. Bon, ces gastronomes ont de fortes allures de bobos tels que présentés ici mais leur présentation est quand même intéressante car il s'agit d'un mouvement (d'une mode ?) dont je n'avais pas entendu parler.

Au début, je pensais ne pas apprécier cette lecture car le dessin est très quelconque, les couleurs un peu moches et les plats, ingrédients et références étaient très américaines donc ne parlaient que peu à ma propre mémoire gustative et nostalgique.
Et puis finalement, non seulement mon appétit a été aiguisé par certaines recettes et récits culinaires alléchants, mais j'ai été aussi intéressé par la découverte du milieu gastronomique américain et la partie autobiographique qui, comme dit plus haut, est assez intéressante sans être follement captivante ou émouvante.

En définitive, j'ai passé un agréable moment de lecture et je retiens deux-trois recettes de cuisine ou plats étrangers à goûter.

Nom série  La Ballade de Magdalena  posté le 16/09/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
La Ballade de Magdalena est une série d'aventure exotique plutôt belle et originale mais qui ne m'a qu'à moitié convaincu.

J'apprécie l'originalité de son cadre et de ses personnages. D'un côté une jeune française qui arrive en Nouvelle-Guinée en 1914 sur la trace d'un père à qui elle doit absolument parler. De l'autre un détestable patron d'exploitation et marin allemand qui peut la renseigner et sa nièce au caractère très renfermé. Entre eux, la guerre qui vient de se déclencher et l'obligation de fuir en bateau.
Le graphisme est intéressant et esthétique. Avec ces décors marins exotiques, ses vieilles voiles, ses protagonistes féminines, son encrage fin et sa colorisation à l'aquarelle, je n'ai pas pu m'empêcher de penser au style de Bourgeon (Les Passagers du vent) que j'aime beaucoup. Mais le style de Christophe Dubois me plait moins et me parait plus raide, moins envoûtant. Certaines planches sont néanmoins de toute beauté.
J'aime aussi ce type de récit d'aventure et d'exotisme dans un cadre réaliste et dépaysant. C'est une invitation au voyage et à la découverte de lieux tels que les mers d'Asie du Sud-Est, Singapour, Djibouti ou la Mer Rouge.
J'apprécie en outre la rigueur avec laquelle sont représentés les bateaux et notamment les voiliers. L'auteur est visiblement un vrai amateur de voile (ou alors il s'est bien documenté) car il n'y a pas de faute dans les allures, les termes et l'agencement des voiles. D'un autre côté, certains passages resteront peut-être hermétiques aux néophytes. Quelle proportion de lecteurs comprendront ce que Magdalena va faire quand on lui demande de mettre la bosse de ris au bout de la bôme ?

A côté de cela, je ne suis pas véritablement tombé sous le charme de ce récit.
D'abord, je n'ai pas tellement apprécié les personnages. Le côté extrêmement détestable de Lukian me rebute et ne me donne pas tellement envie de lire une histoire le mettant en scène. D'autant que je ne me suis pas particulièrement attaché aux autres et notamment aux deux femmes, l'une étant trop lisse à mon goût, et l'autre agaçante par son mutisme et son côté rebelle.
Les protagonistes ont également quelques réactions étranges auxquelles j'ai du mal à adhérer. Bon, d'abord, j'ai du mal à comprendre qu'on puisse suivre, obéir et ne pas jeter à l'eau ou ne serait-ce qu'assommer Lukian. Ensuite, je n'ai pas compris pourquoi Léonie choisit de risquer sa vie et sa liberté pour libérer ce dernier au début du premier tome, comme s'il n'y avait pas bien d'autres moyens d'obtenir les informations qu'elle cherchait ? Et globalement, je ne me sens pas très proche des choix et façons de se comporter des protagonistes.
Enfin il y a le côté décousu de l'intrigue. Le scénario est dense et varié mais son rythme irrégulier et ses changements de bord ont un peu peiné à m'emporter. On a parfois de l'aventure sous les tropiques, parfois des scènes de guerre, parfois une enquête à la poursuite du père, parfois des engueulades entre femmes, parfois une chasse aux esclavagistes, etc. Il y a un peu de tout et ça pourrait faire un agréable cocktail, mais l'ensemble se mêle parfois difficilement et on se demande un peu où on va en venir.

Le charme n'a donc que moyennement agi en ce qui me concerne. Mais c'est quand même une courte série d'aventure de bonne qualité.

Nom série  Le Gros Lot  posté le 16/09/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Une histoire assez délirante et un peu trash mettant en scène un gars qui gagne sans arrêt aux jeux de hasard et qui se retrouve dans une aventure maritime avec naufragés, etc... Pourquoi pas ?
Sauf que je n'ai pas trouvé ça drôle et que le scénario est trop décousu pour me captiver.
Le dessin est simple mais sans charme et moyennement efficace sur le plan narratif.
Les personnages ne sont pas attachants.
L'histoire manque de rythme et part un peu trop dans tous les sens sans réussir à emmener correctement le lecteur avec elle.
Et je ne suis pas amateur de ce genre d'humour trash et grosse déconne, que je trouve trop facile et tout simplement pas drôle.
Bof, quoi. Je suis allé jusqu'au bout essentiellement parce que j'étais curieux de voir où l'auteur allait nous emmener, mais je n'en retiens pas grand chose.

Nom série  Bichon  posté le 16/09/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il y a réelle originalité dans le personnage central de cette série jeunesse, surtout dans la collection Tchô où il croise des garçons nettement plus... virils ou alors des filles nettement plus garçons manqués. Car en effet, Bichon est tout l'inverse : c'est un garçon... qui est une fille dans l'âme. Il ne se contente pas d'être sensible et doux, il aime aussi les poupées, les jeux de filles ou encore s'habiller en princesse.

Je salue l'audace de mettre en scène dans une série d'humour spécifiquement à la jeunesse un tel personnage qui prône le droit à la différence. J'apprécie que son style soit parfaitement accepté par ses proches, sa famille d'abord, ses amies féminines ensuite mais aussi quelques garçons même si ça ne passe pas bien avec tout le monde.
Le graphisme de la série est très agréable, rond et dynamique avec de sympathiques couleurs acidulées. Il n'y a que l'insistance à représenter le fameux "Jean-Marc du CM2" avec les yeux en permanence clos qui est un peu agaçante.

Maintenant je dois dire que tout ne m'a pas plu dans cette série.
D'abord, pour une série qui prône la différence, je tique un peu sur les clichés qui veulent qu'une "fille dans l'âme" aime les poupées, le rose et les robes de princesse. Quand je compare avec les goûts nettement plus éclectiques de ma fille, j'ai l'impression qu'on est ici dans un drôle de stéréotype que j'aurais plutôt imaginé être combattu par l'esprit de cette série.
Ensuite il y a l'aspect de l'homosexualité, car Bichon ne se contente pas d'avoir des goûts très féminins, il aime aussi véritablement les garçons. Et même si ça ne me choque pas, je trouve ça étrange de sexuer un enfant aussi jeune (il est en classe de CE2 dans le premier tome). Là encore je me base sur mes enfants mais aussi sur mes propres souvenirs d'enfance et je constate que durant toute l'école primaire, les enfants se fichent bien d'histoires d'amour et des gens de l'autre sexe. Alors de voir Bichon jouer les amoureux transis aussi souvent dans cette BD, je trouve ça un peu... bizarre... J'aurais préféré que l'auteur se contente de le présenter comme très féminin dans ses attitudes, mais que comme une fille de son âge, il se fiche un peu des garçons, quitte à le représenter parfois légèrement troublé sans plus. Mais bon, on parle d'une série dans la même collection qu'un Titeuf qui est amoureux de sa Nadia, alors OK, même si du coup ça perd un peu de son réalisme à mes yeux.

Pour finir, même si j'aime assez l'ambiance de cette série et son déroulé plutôt fin, je trouve l'humour répétitif et pas très drôle. C'est sympa mais sans plus. Seul le côté touchant et mignon de certains passages fait ressortir l'ensemble. Du coup, j'en conseille la lecture pour découvrir un récit jeunesse original, qui parlera d'ailleurs peut-être plus aux parents qu'aux enfants, mais pas vraiment l'achat.

Nom série  Le Banni  posté le 15/09/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Les amateurs de Médiéval Fantastique sombre et réaliste, voire presque de Dark Fantasy, apprécieront ce récit épique et sans concession.

C'est l'histoire d'un royaume dont le roi va mourir et qui rappelle à lui son ancien compagnon d'armes qu'il avait lui-même banni trente ans auparavant. C'est évidemment l'histoire aussi d'un complot pour s'emparer de la couronne, d'un héritier à protéger, mais aussi d'un royaume en guerre. Game of Thrones ? Non car les manipulations politiques et les conflits de pouvoirs sont plus restreints et qu'on est ici davantage sur le ton de l'action et de la quête épique et mouvementée.
Par contre, on y trouve le même réalisme. Et les morts y sont faciles. Et là aussi, on ne sait pas qui peut mourir d'une case à la suivante, cela peut être aussi bien un "gentil" qu'un "enfant" mais aussi un personnage qu'on pensait pouvoir être le "grand méchant" du récit.

Il en résulte donc un récit intéressant, prenant et bien mené.
Le graphisme est dans un style proche du photo-réalisme très soigné et bien foutu. Ce n'est pas exactement ma tasse de thé mais c'est du beau boulot.
L'histoire ne m'a pas foncièrement captivé, peut-être la faute à des personnages que je trouve peu charismatiques et à un ton trop sérieux et violent. Mais j'apprécie la densité de son intrigue et les aspects inattendus de ses rebondissements, ainsi que la beauté du dessin.

Nom série  Prévert, inventeur  posté le 15/09/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Les poésies apprises à l'école, les inventaires à la Prévert, sa participation au dessin animé le Roi et l'Oiseau... à part ces bribes que savais-je de Jacques Prévert ? Quasiment rien. C'est par le biais de cette biographie bien documentée en bande dessinée que j'ai pu découvrir le personnage, sa jeunesse débridée et les personnages qu'il a côtoyés dans les années 20 et 30.

Instructif, cet ouvrage l'est donc incontestablement. Jacques Prévert aura eu une vie plutôt hors norme, non pas qu'elle fut particulièrement aventureuse mais il n'a en tout cas pas suivi une vie classique faite de travail et de famille. Le personnage en lui-même est étonnant, vivant de bons mots, d'amitié et de relations plutôt que d'un quelconque salaire. La façon dont il s'intègre dans la vie et le développement du milieu artistique parisien des années 20 est également étonnante.

Les auteurs sont visiblement très documentés et on sent leur affection pour le personnage qu'ils mettent ainsi en scène. A la manière de la vie débridée et poétique de l'auteur, la narration est cependant parfois un peu embrouillée, avec des mises en page éclatées qui n'aident pas tellement à les rendre fluides. Quant au contenu du récit en lui-même, il est dense et parfois légèrement complexe pour qui ne connait pas les nombreux personnages artistiques de l'époque.
C'est néanmoins une biographie intéressante et sincère qui plaira aux amateurs de Prévert et de sa poésie des mots.

Nom série  Les Fléaux d'Enharma  posté le 14/09/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Eh m...ince ! Je me disais bien en voyant sur la dernière planche du tome 2 qu'elle datait de 2009 et en n'ayant pas connaissance d'un 3e tome sorti en 2014 qu'il y avait un fort risque que ce soit une série abandonnée. Je vois que c'est confirmé (Stéphane Créty ayant été démotivé par le faible succès des ventes des 2 premiers tomes) et c'est franchement dommage car j'aurais très volontiers lu la suite.

C'est le genre de récit qui me plait. De l'heroïc-fantasy un peu originale, avec de bons personnages, une part d'humour, une intrigue dense et où l'on ne sait pas où les auteurs vont nous mener, et également un très bon dessin.

Le style graphique est semi-réaliste, avec des visages un peu caricaturaux pour insister sur la légèreté du ton du récit et sa part humoristique. Tout y est très soigné, tant les personnages que les mises en scène, les décors et les couleurs. Il n'y a qu'une petite chose qui me déçoit : les yeux de la bande d'anti-héros qui louchent trop souvent et jouent donc une carte de l'humour un peu trop facile.

L'intrigue est amusante. Elle part sur un contexte un peu déjà-vu, une bande de magouilleurs qui se fait passer pour une autre bande cette fois de vrais experts (ici de dangereux mercenaires) pour se faire du fric sur leur dos. On sait dès le début comment ça va se passer : ils vont se retrouver malgré eux dans une histoire trop dure pour eux et évidemment les vrais méchants pour qui ils se sont faits passer vont leur tomber dessus un jour ou l'autre pour se venger.
Mais malgré cet aspect un peu cliché, le scénario est bon car il mélange beaucoup de choses et de bons personnages dans un récit légèrement alambiqué mais bien mené et où l'on ne s'ennuie pas. Une chose plaisante notamment, je ne savais jamais à l'avance comment les choses allaient se dérouler et les situations et leurs résultats m'ont plusieurs fois agréablement surpris.

Bref, ce n'est pas un indispensable chef-d'oeuvre mais c'est une bien chouette série que j'aurais volontiers continué à suivre. Son abandon est bien dommage à mes yeux.

Nom série  Les Enfants d'Evernight  posté le 12/09/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cette série est divertissante et plutôt jolie mais ce n'est pas trop ma tasse de thé. J'en conseille quand même l'achat car elle est de bonne qualité et ceux qui aiment ce type de récit y trouveront probablement du plaisir.

Graphiquement, les planches sont soignées, tant au niveau du dessin que de la colorisation. Il y a du boulot manifeste. Pour autant, ce n'est pas tellement à mon goût. Les couleurs et les effets de lumière sont très informatiques. Quant au dessin, l'influence asiatique de son style m'a dérangé. Dans certaines vues du visage de l'héroïne, ça m'a tellement sauté aux yeux que je me suis dit : c'est une chinoise ou une londonienne ? Par contre, les personnages animaliers sont plutôt bien réalisés.

Quant à l'histoire, elle est rendue un peu complexe par une accumulation de mystères sur l'organisation de ce monde parallèle mais l'intrigue en elle-même est assez banale Une jeune fille se retrouve dans un monde nouveau en plein cœur d'une intrigue entre plusieurs personnages importants dont elle va être le pion malgré elle. Ça ne me passionne pas tellement.
Je salue cependant la certaine originalité du monde en question et le côté intrigant du statut de chaque protagoniste et de leurs motivations. On se demande un peu où cela va nous mener.

Mais par goût personnel, je n'ai pas été suffisamment charmé ni captivé pour avoir de réelle envie d'aller beaucoup plus loin. J'ai l'impression que je suis probablement trop âgé pour ce type de récit.

Nom série  L'Expédition  posté le 10/09/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J'ai apprécié le cadre historico-géographique de cette série s'entamant dans la toute jeune province romaine qu'était devenue l'Egypte conquise suite à la mort de Cléopâtre. Les difficultés et le cadre particulier de l'occupation Romaine dans ce pays y sont représentés de manière intéressante.
Puis ensuite cette expédition secrète qui se met en place pour remonter jusqu'aux sources du Nil à la recherche d'une mystérieuse civilisation qu'on espère riche et avancée est également une bonne base de récit. J'ai bien aimé l'aspect aventure classique de cette aventure à l'ancienne. Le cadre africain du second tome y ajoute une dimension exotique originale, comme de voir des légionnaires romains dans un cadre de forêt vierge à la Tarzan ou à là Allan Quatermain et les mines du roi Salomon. C'est divertissant tout en gardant un aspect réaliste appréciable.

Par contre, je suis déçu par différents aspects qui m'empêchent de conseiller l'achat de cette BD.
D'abord, il y a quelques incohérences et invraisemblances qui m'ont gâché mon plaisir de lecture.
Au niveau du réalisme géographique notamment. Comment expliquer qu'une frêle embarcation puisse dériver toute seule sur la moitié de la longueur du Nil, des milliers de kilomètres donc, sans chavirer dans les chutes et cataractes ni s'échouer dans la végétation des marais ou être récupérée par les locaux ? Comment expliquer qu'en remontant le Nil, l'expédition se retrouve loin de toute eau et en plein désert ? Que font les colosses de Memnon si loin de Thèbes et si près d'Abou Simbel ? Et que fait justement Abou Simbel dans le désert et si loin des rives du Nil ? D'accord, ça fait de jolis décors exotiques et impressionnants, mais ça titille ma fibre pointilleuse qui aime que les récits historiques soient réalistes et instructifs.
Ensuite, au niveau du récit lui-même, difficile de comprendre la taille véritable de cette expédition, qu'on dirait le plus souvent composée d'une poignée d'hommes, mais dont on en voit parfois bien plus sans comprendre d'où sortent les autres.
Enfin il y a le graphisme qui n'est pas à mon goût. J'y ressens une utilisation trop présente de l'informatique, dans les couleurs d'une part, mais aussi dans l'encrage qui m’apparaît trop épais et disgracieux, avec trop d’aplats de noir qui assombrissent l'ensemble. Je n'aime pas l'esthétique de ce type de dessin. Et objectivement parlant, les personnages sont souvent bien difficiles à différencier ce qui ne facilite pas la lecture. Déjà que ces derniers ne sont pas particulièrement charismatiques dans le récit lui-même...

Bref, il y a de bons côtés dans cette série, qui tiennent avant tout au côté divertissant de son intrigue et à l'originalité de son cadre historico-géographique, mais il y a aussi des incohérences, des facilités et un graphisme qui réduisent la qualité de l'ensemble à mes yeux.

Nom série  Fraternités  posté le 09/09/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Un récit mêlant réalisme historique, manoeuvres politiques et aventure autour du thème des Francs-Maçons, voilà qui est intéressant, surtout venant d'auteurs visiblement bien informés sur leur sujet.

Nous allons ainsi suivre une famille liée aux francs-maçons depuis l'époque de la Révolution Française et voir comment la petite histoire s'intègre dans la grande.
Le premier tome, se déroulant à l'époque du procès de Louis XVI, est dense et bien mené. Son graphisme est soigné et agréable. Il est un peu compliqué de s'y retrouver au départ dans les nombreux personnages mis en scène, mais on finit par s'y retrouver et on suit une intéressante intrigue. Il y a un peu de facilité, comme les changements d'état d'esprit très rapides du fils du héros, qui déteste puis aime de nouveau bien rapidement, mais ce qu'on y apprend sur les manipulations des orléanistes et sur la franc-maçonnerie à l'époque est instructif et prenant. Pour une fois que les francs-maçons y sont représentés du côté des gentils voire presque des humbles, c'est original.

Je suis curieux de voir la suite et de voir si un fil rouge de plus grande envergure va se mettre en place ou s'il s'agira à chaque fois de récits indépendants, hormis le fait de mettre en scène les membres d'une même famille.

Nom série  Blanche Neige (Ankama)  posté le 09/09/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Blanche-Neige version heroic-fantasy, ça m'attirait relativement peu (je n'ai d'ailleurs pas souhaité voir le film Blanche-Neige et le Chasseur), mais si la réalisation est bonne et la vision revisitée du conte est originale, alors pourquoi pas ? Ankama est en effet un éditeur qui a réservé pas mal de bonnes surprises à ses lecteurs.
Malheureusement, non, je n'ai pas aimé cette bande dessinée.

Graphiquement, les pages complémentaires de fin d'album nous apprennent qu'ils étaient deux au travail, Looky assisté de Dem. L'un créait une version 3D informatique des personnages et l'autre utilisait les modèles ainsi obtenus pour dessiner la BD elle-même. Mais le résultat est très inégal, avec d'étonnantes différences d'une case à la suivante. L'encrage est parfois fin, parfois brouillon, parfois composé de lignes de traits superposées, d'autres fois plus charbonneux comme si on avait zoomé sur l'image. Je me suis demandé s'il n'y avait pas plusieurs dessinateurs à l'ouvrage. Le style est en majorité très réaliste, mais aussi quelques fois plus humoristique et ça ne s'insère pas bien dans l'ensemble à mes yeux. Certains visages sont étrangement déformés, comme aplatis, sans profondeur et d'autres fois c'est comme si l'image avait été déformée sur ordinateur, pour la rendre plus étroite pour s'insérer entre deux autres cases par exemple.
Quant à la colorisation, elle est dans un style classique pour les BDs d'Heroic-Fantasy grand spectacle. Elle est correcte dans son ensemble quoiqu'assez froide, mais je m'étonne encore des cheveux châtains de Blanche-Neige au moment même où le texte la décrit plusieurs fois comme ayant des cheveux couleur d'ébène.
Alors dans l'ensemble, le graphisme est appréciable et presque à la hauteur de la très esthétique couverture, mais il ne faut pas le regarder de trop près sous peine d'être déçu.

Mais de toute façon, c'est surtout le scénario et la narration qui m'ont déçu.
La narration est mal rythmée, souvent confuse et les scènes d'action manquent de clarté.
Le scénario diffère bien du conte original tout en en gardant les éléments clés, mais il le transforme en un banal récit d'heroic-fantasy sans saveur. Son déroulement est sans surprise, sans aucun rebondissement, bref il est ennuyeux.
Il est en outre teinté de trop de facilités, de clichés, d'incohérences et de passages ridicules : le barrage unique au pied du château de la reine qui assoiffe tous les royaumes alentour et peut inonder tous les pays si on le lâche, les royaumes qui ont besoin de s'allier avec 7 nains sans quoi ils ne seront jamais assez forts, les nains "cannibales mais en fait bien gentils", la petite troupe de Blanche-Neige qui pose pour la photo, la princesse qui retrouve son trône en un claquement de doigts, etc... Sans parler des quelques rares tentatives d'humour qui tombent complètement à plat.

Au final, c'est donc un récit médiocre servi par un dessin inégal et peu réjouissant. Je n'ai donc pas aimé.

Nom série  Le Temps des Mitaines  posté le 08/09/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Note : 3.5/5

En tant que lecteur adulte, j'ai trouvé cet album pas mal. Mais ma fille (de 11 ans) a beaucoup aimé. Ma note sera donc un juste milieu entre la sienne et la mienne.

Objectivement, c'est une bande dessinée bien sympathique.
Elle met en scène un petit monde d'animaux anthropomorphes, une ville où l'école a la forme d'une grande brique de lait, où la famille luciole vit dans une lanterne géante, la famille souris dans une souche d'arbre, etc., mais le tout humanisé et moderne. Hormis ce décor, le seul rappel de l'aspect animal des personnages tient dans la menace que représente le "prédateur", un loup peut-être, qui pourrait être à l'origine des disparitions d'élèves du collège que vient d'intégrer le jeune Arthur. Mais on peut très bien y voir la métaphore d'un prédateur bien plus contemporain et humain.

Les personnages sont un peu caricaturaux mais attachants. Il y a le nouveau, brave mais un peu naïf, l'intello à lunettes, la gentille copine un peu lunatique, le petit camarade un peu débrouillard, et enfin la mystérieuse fille rebelle mais sympa.

L'intrigue est bien menée, dense et agréable. Elle mélange histoires de pré-adolescents, enquête policière, mini-romances mais aussi un peu de sociologie avec la situation familiale parfois complexe de certains protagonistes. Il y a aussi l'intégration de super-pouvoirs, un différent pour chaque habitant de ce monde imaginaire, mais j'avoue ne pas trop en avoir vu l'utilité dans l'intrigue, d'autant qu'ils restent très discrets et quasiment pas utilisés.
Quant au graphisme, il est mignon et joliment colorisé à l'encre ou aquarelle.

Bref, c'est une bien sympathique bande dessinée certes dédiée à la jeunesse mais plaisante pour tous publics.

Nom série  Freaks' Squeele - Funérailles  posté le 05/09/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Je dois dire que je préfère la série mère, Freaks' Squeele que je trouve plus gaie et amusante, mais ce spin-off racontant les origines de Funérailles et de son frère Scipio est d'excellente qualité.

Le ton n'y est pas le même que dans la série originelle.
Déjà, l'ambiance est à l'épique et la tragédie et non plus à la déconne. Il y a quelques légères touches d'humour par-ci par-là mais elles sont rares. Ensuite le décor n'est pas une version urban-fantasy de notre monde mais un vrai monde d'heroic-fantasy, puisqu'il s'agit d'un univers parallèle avec lequel seul le souriant Cernunnos semble savoir faire le lien.
Nous nous y trouvons dans un royaume où la hiérarchie sociale est basée sur la perfection du corps, les handicapés étant rejetés au bas de l'échelle. L'intrigue prend place dans un cadre d'influence de pouvoirs, de manipulations politiques et de combats militaires. Pris au milieu de cela, les jeunes héros vont se retrouver et devoir survivre et se venger ensemble.

Comme pour la série mère, c'est Florent Maudoux qui est au dessin et son graphisme est toujours aussi excellent. La narration est impeccable. Le récit est dense, bien construit et prenant. L'intrigue est complexe et il n'est pas facile de cerner précisément les motivations de certains personnages, ce qui maintient un voile de mystère et d'originalité sur le scénario.
Et non seulement l'histoire est bonne mais en plus on est curieux de voir comment elle va finir et comment Funérailles et Scipio vont finir par arriver dans le monde de Freaks' Squeele.

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