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... a posté 5290 avis et 2031 séries (Note moyenne: 2.86)

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Nom série  Nils  posté le 29/08/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Un cocktail d'influences s'inspirant à la fois de la culture viking et des ouvres de Miyazaki : forcément, cela a tout pour être attirant même si on y retrouve une bonne dose de déjà-vus.

Nils est un jeune adolescent qui quitte son village pour partir en expédition avec son père afin de découvrir pourquoi plus rien ne pousse dans la région. Parcourant un pays où la mythologie scandinave se mêle à une ambiance plus proche du manga, ils vont découvrir le conflit qui oppose les forces magiques de la nature et un royaume technologiquement évolué.

Le graphisme d'Antoine Carrion est très joli. Il offre des décors en peinture informatique et des personnages semi-réalistes dans un style légèrement influencé par l'animation japonaise. Même s'il plane une sorte de brume sur la majorité des lieux, c'est un dessin très soigné et très esthétique. La narration graphique y est en outre impeccable pour une lecture fluide et plaisante.

L'histoire quant à elle rappelle ses nombreuses inspirations. Il y a clairement du Mononoke Hime et du Nausicaa dans plusieurs passages et dans l'esprit même du récit. L'intrigue à la Miyazaki se fond cependant très bien avec le cadre plus scandinave. Et même si les passages stéréotypés sont assez nombreux et qu'il règne une légère impression d'avoir déjà vu ou déjà lu de nombreuses fois ce type de récit, c'est une lecture tout à fait agréable et on se laisse facilement séduire par sa beauté et son déroulement prenant.
Espérons que la suite soit à la hauteur de ce premier tome.

Nom série  Le Destin des Algo-Berang  posté le 04/08/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Il a fallu que je me renseigne un peu pour réaliser que cette série n'avait pas pour cadre un Paris historiquement correct. En effet, l'action est sensée se dérouler dans les années 1830 dans une république française dont le président s'appellerait Léon Violet et où une société secrète chercherait à restaurer la monarchie. Sauf qu'à l'époque c'était encore le Roi Louis-Philippe 1er qui était au pouvoir et la monarchie n'allait disparaître que quinze ans plus tard. De même, il est fait référence à un scandale financier rappelant celui de Panama alors que ce dernier s'est déroulé dans les années 1890.
Du coup il parait un peu étrange que les auteurs aient choisi de présenter leur action dans un Paris imaginaire des années 1830 alors que rien ne paraissait empêcher de le situer sur la fin du 19e siècle.
Pourtant ce choix apporte un certain charme car ce Paris à demi-imaginaire est plein d'élégance et intéressant sur le plan des mœurs, de l'habillement, etc. Mélange de mode Restauration et des prémices de la révolution industrielle, il est intéressant et tout à fait crédible.

C'est donc dans ce cadre que nous allions suivre une famille de petits bourgeois prise à son insu dans la tourmente des discrètes manipulations d'une société secrète royaliste. Un père banquier obligé de faire un gros emprunt suite à un mauvais investissement, une gentille femme au foyer, un fils et une fille qui tiennent beaucoup l'un à l'autre même si la fille est tombée amoureuse du fils des nouveaux voisins. Et ce sont justement ces nouveaux voisins, à priori respectables et très vite grandement appréciés par cette bonne famille, qui seront au cœur des tourments qui vont les frapper.

Le dessin réaliste de Claude Pelet est de très bonne facture. C'est un travail soigné et détaillé.
Il est à l'image du scénario qui est réfléchi et réaliste. Outre la plongée réussie dans ce Paris faussement historique, on suit avec curiosité les intrigues de cette société secrète qui manipule le naïf banquier. Et on suit l'évolution des sentiments de la fille de ce dernier.
C'est intéressant et bien mené mais les choses prennent un peu trop de temps à se mettre en place. On en reste quand même à se demander où toutes ces manipulations veulent en venir. Pourquoi une telle infiltration qui s'étale sur des années ?
Et malheureusement, on ne le saura pas puisqu'il n'y aura pas de suite. Du coup, alors que je l'aurais lue avec curiosité, là je reste frustré et un peu déçu.

Nom série  Drones  posté le 03/08/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Au-delà du sujet des drones de combat dont la technologie perce de plus en plus de nos jours, cette série d'anticipation aborde de manière plus générale une vision sombre de la guerre moderne. Car même si le décor et la religion sont différentes, il s'agit bien évidemment d'une allégorie de la situation du monde actuel avec le conflit entre armées occidentales et fanatiques islamistes.

Pourtant, cela commence comme une série de SF d'action à l'américaine, avec des jeunes pilotes de drones souriants dotés d'une technologie impressionnante dans un environnement propre et ensoleillé. Mais c'est un engouement insouciant à la Starship Troopers qui sert à apporter un contraste presque ironique avec la réalité des faits. Et en parlant de réalité, on y trouve aussi une thématique proche du roman "la Paix Éternelle" de Joe Haldeman où des soldats mènent une guerre désincarnée en téléguidant des machines surpuissantes face à des adversaires incapables de les affecter physiquement.
Et tout cela sert à nous amener à réfléchir sur la forme que pourrait prendre une telle guerre dans pas si longtemps.

Les auteurs font ça plutôt bien en mettant en scène cet affrontement à distance entre deux guerrières : une pilote de drone européenne confortablement installée au Danemark avec sa famille qui vit la guerre qu'elle mène en faveur des profits économiques européens comme un travail d'équipe sportif et motivant, et la chef d'une faction indépendantiste catholique chinoise qui agit directement sur le terrain en compensant sa faiblesse économique et technologique avec des plans audacieux et de la politique.
Il n'y a pas de manichéisme. D'un manière ou d'une autre, on retrouve une même froideur de chaque côté, avec des raisons et des torts pour chaque partie, mais la guerre et la mort déshumanisée dans les deux cas. Terrorisme et plans complexes d'une part contre avancée technologique et attaques sans pitié d'une autre part.
Et rapidement on se rend compte du détachement irréaliste de ces pilotes de drones qui ne vivent la guerre que par procuration, comme un jeu vidéo, et ne subissent aucun traumatisme alors que les véhicules qu'ils pilotent font de vrais carnages humains.

Graphiquement parlant, le style de Stéphane Louis me plait bien. Il est moderne et dynamique quoique légèrement froid dans sa colorisation et le côté épuré de ses décors. Hormis une petite scène d'action que j'ai trouvé ratée (le presque-accident de voiture de l'héroïne dans le tome 1), j'aime bien son dessin, ses véhicules et ses personnages. Ceci dit, les anatomies de ses femmes sont un peu étranges car il fait le choix de donner une physionomie en forme de poire longiligne à chacune d'entre elles avec tout le poids placé dans le bas des fesses et les cuisses. Ça rend bizarre de voir toutes ses femmes ainsi.

Si le sujet de cette série est intéressant et sa réalisation bien menée, le scénario lui-même manque un petit peu d'envergure et d'emprise sur le lecteur. J'y suis resté légèrement détaché, pas impliqué, peut-être comme si la distanciation des pilotes avec les actions de leurs drones se reflétait aussi sur mon ressenti vis à vis de cette série. Je trouve quand même que c'est du bon boulot et je suis curieux de voir comment l'histoire va se terminer.

Nom série  Lady Liberty  posté le 02/08/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Au vu des couvertures et du graphisme très influencé par le manga, je pensais que ce serait une série d'aventure romantique pour jeunes adolescentes. Mais en réalité, malgré quelques facilités et quelques clichés, le ton de cette BD est plus mature que je l'imaginais.

C'est une histoire de cape et d'épée à l'époque de Louis XVI, mêlant espionnage et révolution américaine. Elle met en scène quelques personnages célèbres telles que le Chevalier d'Eon et Beaumarchais en se basant sur des faits historiques réels.
Et en même temps, c'est un vrai récit d'aventure et d'action avec son lot de péripéties et de libertés. Par bien des aspects, que ce soit sur tout le premier tome et sur le début du second, il m'a fait penser à des passages de différents épisodes des jeux Assassin's Creed.
Et même s'il met en scène des femmes toutes jeunes et belles et des hommes soit très mignons soit très caricaturaux, il réussit à rendre les personnages assez crédibles et pas trop stéréotypés.
Il y a des hauts et des bas, une part parfois un peu trop grande laissée à l'action, mais le récit est plutôt bien mené.

Quant au dessin, moi qui ne suis pas amateur de dessin trop influencé par le manga, je ne le trouve pas mauvais du tout. J'apprécie surtout ses décors soignés et sa colorisation. Les personnages, s'ils sont bien dessinés, sont malheureusement un peu trop similaires les uns des autres, et pas toujours faciles à différencier, surtout quand ils portent tous à peu près la même tenue comme durant une grosse partie du second tome où je m'y suis un peu perdu dans certains personnages.

Bref, ce n'est pas une mauvaise série du tout et je la trouve assez divertissante malgré le côté un peu trop romantique qui s'en dégage. Et j'apprécie surtout la façon dont elle s'inspire des faits historiques tout en s'autorisant de la vraie aventure débridée.

Nom série  Panthéon, Le Tombeau des dieux endormis  posté le 01/08/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Une BD rendant hommage au Panthéon comme celles rendant hommage au Musée du Louvre, je trouve que l'idée est louable. Et pourquoi pas, pour cela, placer l'histoire dans un futur assez lointain où le souvenir des grands hommes garanti par le Panthéon serait devenu une nécessité concrète.
Sauf que la réalisation de cette BD là laisse vraiment à désirer.

Pour commencer, je trouve le dessin purement médiocre. Si les toutes premières planches sont acceptables, le niveau technique s'appauvrit de page en page. Le trait est approximatif, cherchant à masquer les manques. Les personnages sont laids, raides, souvent méconnaissables. Et l'ensemble est sans aucune âme ou originalité.

Ensuite, l'histoire n'a aucune crédibilité.
L'humanité a fui la Terre parce que l'eau est montée d'environ 60 mètres (en dessous du niveau du fronton du Panthéon, en prenant en compte l'altitude de Paris) et a préféré s'installer sur la Lune plutôt que d'occuper les nombreuses terres émergées au dessus de 60 mètres que compte le monde ? Hum... Et elle a fait cela sans avoir gardé aucun souvenir de son passé ? Hum... Et le Panthéon, monument purement français se contentant d'être le tombeau des grands hommes de la Nation, détiendrait plus d'historique qu'une civilisation humaine moderne entière ? Hum... Et une telle civilisation, très avancée, n'a pas les moyens de voir depuis la Lune ce qu'il se passe sur la Terre pendant ce temps là ? Hum hum...
Sans parler ensuite de comment tourne le scénario avec des méchants façon Waterworld avec un argot des plus pénibles à lire, des Panthéistes ridicules avec leurs tenues et perruques du 18e siècle, une omni-musique magique façonnée par les esprits des anciens, une bombe atomique qui explose dans la banlieue proche de Paris sans affecter le centre de Paris, etc...

L'histoire est cousue de fil blanc et chaque péripétie est complètement prévisible. En plus d'être laide, donc, elle ne tient absolument pas la route. C'est pire qu'un mauvais film de série B.
Plutôt que de rendre hommage au Panthéon, je trouve que cela aurait au contraire tendance à le ridiculiser.

Nom série  Saria (Les Enfers)  posté le 29/07/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Saria, dont le tome 1 était anciennement appelé les Enfers avant changement d'éditeur, est une série d'aventure fantastique dans un décor original. Cela se passe à Venise, mais dans une Venise qui mélange l'ambiance de la Sérénissime des Doges, de l'Italie fasciste de Mussolini, du Steampunk, du post-apocalyptique, des décors organiques et avec l'implication du surnaturel par le biais d'anges déchus et de démons. Étrange cocktail mais cela fonctionne assez bien.

Le tome 1 est dessiné par Serpieri. C'est rare de le voir dans une série qui ne soit ni érotique ni western. Et le résultat est très beau. Décors détaillés et pleins d'ambiances, personnages très réussis. Et comme il sait si bien le faire, héroïne est absolument superbe surtout quand elle est nue.
Atteint par la maladie, Serpieri fut forcé de laisser la main à un autre italien, Federici pour la suite. Celui-ci nous offre un graphisme très différent mais très talentueux lui aussi. C'est une peinture réaliste, très adaptée à un récit de science-fiction ou de fantastique appuyé comme ici. Ses planches sont très belles aussi mais je leur trouve un peu moins d'âme que celles de Serpieri.

L'histoire n'est pas mauvaise du tout. C'est un récit de fantastique tournant autour d'une jeune femme qui a hérité de clés magiques permettant d'accéder au Paradis, aux Enfers ou au Néant si on trouve la porte adéquate pour les utiliser et si l'on sait deviner la bonne clé. Le Doge fait tout pour les récupérer ainsi qu'un dangereux ange déchu. De son côté, la jeune héroïne se rebelle contre l'ordre établi et cherche à découvrir le mystère des clés. Et le tout est agrémenté par l'originalité de ce monde où ils évoluent, mélange de nombreuses influences et où une délégation arabe viendra bientôt défier le pouvoir du Doge avec leur martyr doté de pouvoirs divins bien spéciaux.
L'intrigue joue cependant un peu vite la carte de l'action et de la course-poursuite. Elle manque un peu de profondeur et de réflexion, préférant s'axer sur le rythme et les péripéties, aussi impressionnantes et pleines de surnaturel qu'elles puissent être parfois.
C'est du bon divertissement dans un décor très original et avec un très bon dessin. Mais pas tout à fait le type de scénario qui fait des chefs-d'oeuvre à mon goût.

Nom série  Les Heures Noires  posté le 29/07/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Une aventure au coeur de l'Afrique, dans un pays imaginaire qui fait penser à un mélange entre un Nigéria francophone et le Tchad désertique. L'histoire d'une voiture de médecins bénévoles partis vacciner la population dans une zone menacée par une rébellion menée par un fanatique religieux. Rapidement on apprend qu'il y a probablement une magouille gouvernementale dans cette voiture destinée à contrer les rebelles mais on ne sait ni qui ni comment.

Le récit tourne essentiellement autour des deux médecins, de leur chauffeur et chasseur, puis de la journaliste qu'ils croisent en cours de route. Ensemble ils parlent sociologie, religion et se lamentent sur l'état du pays et du monde. Mais malgré leurs doutes, ils avancent quand même vers le danger.
L'ambiance africaine n'est pas trop mal rendue mais il s'agit là d'un pays vraiment pourri où les populations sont massacrées et le président, le classique dictateur africain bien corrompu, est assez caricatural. La vision est sombre et ce ne sont pas les quelques beaux décors de savane et de grands arbres qui compensent cela.
A ce sujet, le dessin ne m'a pas tellement plu. Il est trop approximatif, les personnages sont souvent laids et peu reconnaissables. Et même si les couleurs sont assez originales, elles sont trop peu harmonieuses à mon goût.
Quant à l'histoire, même si elle tient la route, elle m'a paru un peu longuette et n'a pas su me transporter en émotion ou en dépaysement. Et sa fin n'est pas des plus palpitantes non plus.
Bref, c'est une BD pas mal mais qui ne me marquera pas.

Nom série  Georges de La Tour  posté le 28/07/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cet album n'est pas une biographie de Georges de La Tour mais le récit d'un moment assez aventureux de sa vie. Cela se passe en 1638 quand le peintre et sa famille doivent fuir la ville de Lunéville et rejoindre Nancy alors que la région subit la guerre entre le Roi de France et le Duc de Lorraine. Alors qu'ils font escale dans un petit village, la rencontre avec des bohémiens va forcer De La Tour à partir à la recherche de son fils adolescent.

L'aspect artistique n'est ici pas véritablement abordé. On voit vaguement le peintre à l'ouvrage, on l'entend discuter de sa carrière, de ses couleurs, des œuvres qu'il a créées et vendues et de ses ambitions, mais le récit s'attarde davantage sur la situation politique et militaire et le danger qu'il court avec sa famille.
Sur ce point de vue, cet album a un véritable intérêt historique et le sujet est bien raconté et clair à la lecture. Mais il y a en plus une petite part d'aventure et de psychologie des personnages qui n'est pas mauvaise.
Et alors que le dessin de la couverture ne m'attirait pas du tout, j'ai trouvé au contraire les planches sympathiques, belles et dotée d'une assez bonne mise en scène.

Bref, c'est là une bonne BD d'aventure historique permettant d'en apprendre un peu sur un passage de la vie du peintre George de La Tour et sur la situation de la Lorraine à l'époque.

Nom série  La Cabane  posté le 27/07/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Un thriller mettant en scène trois anciens amis et construit sous la forme d'une suite de flash-back de l'époque où ils étaient adolescents et où une combine ratée a amené l'un d'entre eux à passer dix ans en prison. Presque jusqu'à la fin, le récit laisse planer le mystère sur comment les choses se sont vraiment passées, pourquoi ça a fini par merder et quelle va être la réaction de celui qui sort de prison quand il va revoir ses anciens amis. A-t-il des raisons de leur en vouloir . Cherche-t-il une éventuelle vengeance ?

C'est une lecture plutôt bien menée qui tient le lecteur par la curiosité. Le dessin est agréable avec de jolies couleurs. Les personnages ne sont pas très attachants mais plutôt crédibles dans le rôle d'adolescents qui se cherchent et dont l'un d'entre eux commence à tourner mal par la force des choses.
C'est une histoire sans véritable envergure ni grande force émotionnelle mais elle tient la route et se révèle satisfaisante. Plutôt pas mal donc.

Nom série  Chaperon Rouge  posté le 27/07/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Note : 2.5/5

Une nouvelle adaptation du conte du Chaperon Rouge dont l'objectif essentiel est de permettre à l'artiste de s'en donner à cœur joie en matière de graphisme.

Le dessin est en effet assez notable ici. En noir et blanc, il semble être un mélange de dessin direct et de pochoir. Les effets de lumière s'en trouvent réussis et l'ambiance visuelle est pleine de personnalité. Le ton est un peu sombre néanmoins, ce qui ne me plait pas forcément. La narration, pour sa part, est muette et fonctionne relativement bien, ce qui est assez appréciable, même si j'ai quand même du relire quelques planches pour m'assurer de bien tout comprendre, notamment la toute fin.

L'histoire revisite à peine le fameux conte, dans sa version où le chasseur tue le loup à la fin. Hormis un bref interlude par une étrange ancienne ruine où passe le Chaperon Rouge et les dessins de fleurs qu'elle y trouve, la seule originalité de ce scénario est de se focaliser en partie sur le chasseur et d'offrir une petite surprise sur la fin. Mais j'avoue que l'ensemble ne m'a pas passionné et que la surprise m'a laissé indifférent, du moins le temps que je vérifie que je l'avais bien comprise.

C'est une BD qui s'oriente un peu trop à mon goût vers le travail d'artiste graphiste. Je préfère celles dont le scénario est plus original et plus complexe.

Nom série  L'Homme de l'année - 1666  posté le 27/07/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Contrairement à la plupart des autres albums de cette collection L'Homme de l'Année qui abordent des événements bien précis de l'Histoire par des angles de vues surprenants, des personnages originaux et de nombreux détours n'aboutissant parfois qu'en toute fin au moment historique visé, ici nous avons un pur récit historique des faits : ceux du grand incendie qui ravagea Londres en 1666, de son déclenchement jusqu'à sa fin et sur le coupable qui fut désigné pour cette catastrophe. Du coup, ce n'est pas très original mais ça a quand même l'avantage d'être intéressant.

Nous y suivons une petite poignée de personnages. Le boulanger involontairement responsable du départ de feu et sa famille avec qui il fuit l'incendie. Un noble volontaire et ouvert d'esprit qui est témoin des faits et essaie d'agir pour le bien de la cité et de sa population. Le pitoyable Lord-maire qui aurait eu les moyens d'éviter le pire. Le roi et son frère dont on voit les tentatives un peu lointaines de sauver le ville. Et enfin celui qui va être désigné coupable de tout cela. Nous ne suivrons aucun d'entre eux de très près, les événements d'ensemble ayant plus d'importance que leurs actes et pensées. Du coup, l'aspect documentaire historique est assez présent, au détriment d'une intrigue prenante qui plonge vraiment le lecteur dans l'action pourtant omniprésente.

Même s'il reste suffisamment efficace pour bien rendre compte des événements, le dessin ne m'a pas plu. Les visages sont souvent laids, déformés, ou surchargés de traits et d'ombrages destinés à cacher ce que je pense être un manque d'aisance technique. Les dessins prennent parfois des tournures un peu impressionnistes où l'on devine plus ce que l'on voit qu'on n'en cerne les détails. Et certaines scènes de foule sont tellement déformées et bizarres qu'elles donnent l'impression de voir une horde de zombies déferler en hurlant.

Ce n'est donc pas le meilleur des albums de la collection L'Homme de l'Année. Mais sa lecture est instructive et parfois même édifiante sur comment les choses se sont déroulées à l'époque.

Nom série  John and Mary  posté le 27/07/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cet album contient trois histoires, elles-mêmes prétextes à plusieurs flash-back permettant à l'auteur de mettre en scène différentes visions du Far-West aventureux des pionniers et des indiens.

C'est le dessin qui vaut avant tout le coup d'oeil dans cet album. Serpieri a toujours été doué et apprécie de dessiner les décors et les personnages de l'Ouest Sauvage, et là encore il s'en donne à cœur joie. Des rives du Mississippi aux forêts enneigées, des petites villes minières aux grandes plaines, il nous fait voyager dans l'Amérique du début à la fin du 19e siècle. Et si certains passages ressemblent un petit peu plus à de la belle illustration qu'à de la BD, d'autres scènes d'action sont tout à fait réussies. Bref, c'est beau et dépaysant !

Les histoires sont un peu courtes, surtout prétexte à raconter brièvement des scènes de l'imaginaire collectif de la légende de l'ouest : relations entre trappeurs et indiens, combats contre un ours, convois de pionniers, conflits contre des notables sans scrupules, chasseur de primes et autres enlèvements de femmes blanches. Beaucoup de thèmes sont abordés, parfois de façon rapide et superficielle mais tout en restant crédible et divertissant. L'ensemble forme un joli canevas faisant revivre l'aventure western et l'esprit pionnier de l'Ouest Américain.

Nom série  L'Homme qui tua Lucky Luke  posté le 26/07/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Réaliser une BD hommage reprenant un personnage célèbre, c'est toujours un exercice casse-gueule. D'abord parce qu'il faut être au moins à la hauteur de l'oeuvre originale mais aussi parce qu'il faut éviter de le dénaturer, ou d'offrir un scénario frileux et sans intérêt, ou encore d’alourdir le tout avec trop de références et de clins d'oeil, ou tout simplement de fournir une mauvaise histoire ou un mauvais dessin. Et en même temps, il faut offrir quelque chose d'original car sinon quel intérêt de faire un hommage si c'est juste pour fournir un album de plus pour une série qui en comptait déjà suffisamment à elle seule ?
Eh bien, Mathieu Bonhomme a su éviter tous ces écueils et fournir un excellent album hommage à Lucky Luke.

Pour commencer, il y a son dessin qui est excellent. Plus réaliste que celui de Morris, il donne une très belle ambiance aux planches et met en scène un Lucky Luke crédible et plus mature. Les personnages sont dynamiques, les scènes d'action parfaitement rendues. Et en même temps les décors sont beaux et dépaysants.
Mais l'histoire n'est pas en reste. Dès les premières pages, on se doute plus ou moins de ce qu'il va se passer et ce que certains cherchent à nous cacher, mais la suite nous révèle pourtant son lot de surprises. Et c'est surtout la manière dont les choses se déroulent qui est plaisante car tout est raconté de manière réaliste et intelligente. Il règne dans le récit une vraie tension qui n'existe pas dans les albums de Morris et on craint pour de bon que Lucky Luke ne s'en sorte pas indemne pour une fois. Mathieu Bonhomme réussit en outre à éviter tout manichéisme et ça, ça me plait bien plus qu'un méchant trop basique à combattre à coups de revolvers.
En même temps, le ton réussit à rester suffisamment léger pour que cela reste du divertissement. Le gag récurrent d'un Lucky Luke en manque de tabac finit par être vraiment amusant et à avoir même son incidence sur le déroulement du scénario.

Du début à la fin, cet album ne m'aura pas déçu. Vraiment une excellent hommage qui vaut le coup à lui seul comme une bonne histoire à part entière.

Nom série  Lorsque nous vivions ensemble  posté le 25/07/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Encore une intégrale (3 très gros pavés) que j'avais depuis plusieurs années sans avoir eu le courage de la lire. La raison cette fois-ci ? Le style vieillot et réaliste façon Gekiga et un sujet très intimiste, la vie de couple de deux jeunes japonais dans les années 60 ou 70, qui ne m'attiraient pas trop.
Je me suis finalement lancé.

Dès les premiers chapitres, j'ai eu l'impression de lire un cocktail entre le cinéma de la Nouvelle Vague à la française et la culture japonaise du 20e siècle.
J'ai la conviction que Kazuo Kamimura était fasciné par des films comme A bout de souffle ou le Mépris, tous deux de Godard, et tentait d'en reproduire l'ambiance. J'imagine très bien son couple avec la femme allongée demander si son compagnon les aime, ses fesses, tandis que l'autre répond avec désinvolture en fumant sa cigarette.
A cette atmosphère Nouvelle Vague s'intègrent des obsessions nettement plus japonaises, des sujets et des situations plus morbides. Le sang, la violence et la mort jouent un rôle important dans cette suite de saynètes autour des circonvolutions amoureuses de ce couple qui se cherche.

De ce fait, j'aurais pu être intéressé par ce récit car il montrait une certain état d'esprit des japonais modernes de la seconde moitié du 20e siècle. Une vision à la fois historique et intime qui permettait d'en apprendre un peu plus sur ce peuple à cette époque et sur des jeunes hommes et femmes qui cherchaient à s'éloigner du cadre classique du couple marié traditionnel.
Mais j'ai très rapidement été lassé et agacé par le côté malsain, voire répugnant, de nombreuses scènes et le fait que les deux héros ne me plaisaient pas du tout. J'ai eu l'impression que l'auteur cherchait vraiment trop à la jouer artistique, copiant les artistes désabusés et se prenant la tête à la manière du cinéma d'auteur de l'époque, parsemant ses histoires de citations de poèmes sombres et mélancoliques. Et pendant ce temps là, l'histoire d'amour entre ces deux êtres ne progresse pas du tout, elle se contente de mouvements sinueux dans une ambiance souvent poisseuse où le sexe remplace l'amour et où la passion mène à des pulsions morbides.

J'ai ressenti un véritable rejet de ce manga dont j'ai abandonné la lecture au bout d'environ 500 pages pour ensuite aller feuilleter la suite et la toute fin pour voir où cela nous menait. Mais rien de ce que j'y ai vu ne m'a donné envie de poursuivre plus avant.

Nom série  Tensai Family Company  posté le 24/07/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J'ai acheté l'intégrale de Tensai Family Company il y a plusieurs années et je n'avais jamais trouvé le courage de la lire jusqu'à présent. Pourquoi ? Parce qu'à l'époque, quand j'ai entamé ses premiers chapitres, j'ai eu l'impression de tomber sur la trame trop classique d'un shojo comme j'en ai trop lu, avec l'arrivée d'une nouvelle belle-famille dans la vie quotidienne d'un adolescent et sa suite de conflits de personnalité, de quiproquos, etc...
Mais en fait, cette série se révèle nettement plus originale que je l'imaginais. Par certains aspects, elle me rappelle Asatte Dance par son côté à la fois léger mais plus mature que son apparence ne le laisse soupçonner mais aussi par un scénario imprévisible, varié et abordant plein de sujets à la fois.

L'histoire se déroule à une époque bien précise, le milieu des années 90 à Tokyo. Le contexte a son importance car le cadre de la crise financière qui se profile à l'époque influe sur le récit et l'auteure y apporte une part de réflexion.
Le sous-titre de la série est "génies en tous genres". Au départ, le génie, c'est le héros principal, génie des maths et du business malgré le fait qu'il soit encore seulement lycéen. Mais outre sa nouvelle belle-famille, les événements vont aussi l'amener à rencontrer d'autres personnes et autant les lecteurs que lui vont réaliser qu'il n'y a pas qu'un type de génie mais bien d'autres types d'intelligences et de talents : génie de la relation sociale, génie de la botanique, génie artistique, génie de l'informatique, etc...
Mais le scénario ne montre pas les choses de manière aussi simpliste, comme un manga facile où se formerait soudain une super équipe de génies qui travailleraient tous ensemble ou autres... Non, ici, le tout est présenté de manière assez subtile, avec des relations crédibles et réalistes entre les personnages, malgré le côté caricatural, excentrique ou humoristique de certaines personnes et certaines situations.
Et il m'est apparu impossible de deviner à l'avance le fil des événements car ils vont dans de très nombreuses directions et ne sont quasiment jamais prévisibles. Seule la romance entre le héros et son amie de lycée semble inéluctable dès le début de l'histoire mais même celle-là connait des méandres tels que, quasiment jusqu'à la fin, on ne sait toujours pas s'ils vont vraiment finir ensemble.
Alors que le début du manga laisse penser que la thématique va être la simple relation entre personnages aux caractères très différenciés, comme dans beaucoup de shojos, on aborde au fil des tomes des sujets très divers, s'approchant parfois du polar jusqu'à finir sur la création d'une grande entreprise, avec détails techniques à l'appui.

Lecture originale et intéressante donc. Pourtant je n'ai pas totalement accroché.
Il y a d'abord le dessin qui ne m'a pas trop plu. Si les décors et personnages sont corrects, je n'aime pas du tout la façon dont les bouches sont dessinées, trop souvent comme des ouvertures béantes mal collées sur un visage pourtant plutôt bien fait. Ensuite il y a le fait que plusieurs personnages se ressemblent trop et paraissent sans âge. Je les ai souvent confondus. Il y a le cas par exemple de la ressemblance entre la copine du héros, sa propre mère et plus tard l'ex-femme d'un adversaire, même si pour ces deux dernières cela finit par s'expliquer sur la fin. Il y a aussi le héros et son nouveau beau frère qui semblent être une version stricte et une version débraillée du même personnage. Du coup, quand le héros se retrouve décoiffé, j'ai du mal à les différencier.
Il y a ensuite et surtout une question de narration que je trouve souvent confuse. J'ai grandement l'impression que cela vient de la traduction qui transmet mal les intentions originales de l'auteure en Japonais. Beaucoup de dialogues apparaissent fortement décousus, parfois avec même la certitude que des bulles de dialogues ont été échangées par mégarde. J'ai aussi eu le sentiment qu'énormément de gags tombaient complètement à plat, soit parce que mal traduits, ou alors trop spécifiques à la culture japonaise. Bref, l'humour ne passait pas pour moi ici.
De même, le côté romantique transparaît mal. Cela semble dû au côté pragmatique et insensible du héros, mais les quelques moments qui auraient dû être emplis d'émotion amoureuse semblent expédiés et il est difficile de bien saisir où en est sa relation compliquée avec sa copine.
Et de manière générale, je n'ai pas su m'attacher complètement aux personnages. Sur l'épilogue du récit, il y a un moment qui cherche clairement à titiller la nostalgie du passé, montrant des moments forts des personnages et de leurs actions, le type de moment qui en général fonctionne bien avec moi quand je termine une longue histoire avec des personnages auxquels j'ai fini par m'attacher. Mais j'ai constaté que, à l'instar du héros toujours très terre à terre, je n'ai pas été vraiment touché par tout cela.

J'ai lu ce manga comme une histoire originale, sortant des sentiers battus, avec des personnages eux aussi originaux même si souvent caricaturaux, et abordant des sujets assez rares et intéressants. Pour autant, je n'ai été que moyennement captivé et amusé.

Nom série  My Hero Academia  posté le 22/07/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Ce shonen demande encore à faire pour de bon ses preuves avec un scénario et une intrigue à long terme qui doit encore gagner en envergure et en originalité, mais il part sur d'excellentes bases.
C'est un très bon cocktail entre manga et comics de super-héros. L'un comme l'autre de ces deux médias a été très bien digéré et l'auteur (et ses assistants) nous ont concocté un très bon résultat.

Nous sommes placés dans un monde où l'humanité a évolué et où la grande majorité de la population a acquis des super-pouvoirs divers, un différent par personne. Du coup, la fiction a rejoint la réalité et les villes sont emplies de super-héros combattant des super-vilains. Le thème a déjà été abordé dans de nombreux comics, notamment l'excellent Top 10, mais aussi dans des BDs franco-belges (après tout, n'est-ce pas la même idée transposée en heroïc-fantasy que nous offre Lanfeust De Troy ?). Et le thème a récemment gagné en popularité au Japon notamment avec la série One-Punch Man. Puis ensuite l'idée d'une académie de super-héros n'est pas une nouveauté non plus. Je pense notamment à la très bonne série Freaks' Squeele mais on peut aussi aller piocher dans une grande partie du thème des Ecoles très spéciales.
Tout ça pour dire que si l'idée est très sympathique, elle n'en est pas pour autant vraiment novatrice. D'autant que cette série commence comme un parfait nekketsu bien classique, avec un jeune adolescent tout nul mais très motivé qui va tout faire pour grimper en haut de l'échelle sociale des super-héros et s'entourer d'amis avec qui il va combattre l'adversité.

Du déjà vu, oui ? Mais du très bon déjà-vu.
D'abord parce que sur la forme, c'est impeccable. Le dessin est très bon et très maîtrisé. La narration est excellente, avec des explications concises mais très claires juste quand il faut, des scènes d'action parfaitement compréhensibles et ds dialogues souvent caricaturaux mais bien menés.
Ensuite parce que les personnages sont bons. Ils sont forcément assez artificiels, chacun doté de pouvoirs bien spécifiques et d'une personnalité bien marquée, mais ils sont originaux et intéressants. On a très vite envie de les voir interagir.
Enfin parce que même si le scénario rappelle jusqu'à présent celui de beaucoup d'autres nekketsu, avec leurs classiques épreuves d'intégration dans un cercle fermé de héros, ses amitiés, ses petites rivalités puis ses tournois amicaux qui sont la trame classique des Naruto et autres Hunter X Hunter, c'est une trame qui fonctionne toujours bien et rend la lecture prenante.

Alors je réserve un petit peu mon avis pour quelques raisons.
D'abord le côté incapable-mais-très-motivé du héros est assez frustrant au départ et un peu gnangnan. C'est agaçant et aussi très convenu de le voir jeter toute sa peine et son bon cœur pour finalement réussir à passer les épreuves affrontées mais sans jamais joliment briller. Surtout quand on voit le pouvoir qu'on lui a transmis et le peu qu'il arrive à en faire au début. Mais je suis persuadé que ça n'est que pour l'introduction et que le jeune héros gagnera en charisme au fil des tomes.
Ensuite et surtout, épreuves d'intégration et tournois ne suffisent pas à forger le scénario de toute une série. Il manque pour le moment un vrai fil rouge narratif qui pousse à aller plus loin et à ne pas lâcher la lecture. Celui-ci met un peu de temps à apparaître mais là aussi j'ai confiance pour l'avenir.
Je lirai en tout cas la suite avec grand intérêt.

Nom série  Hard Melody  posté le 22/07/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Il y a 10 ans, j'avais lu la précédente série de cet auteur chinois Mélodie d'enfer qui mettait également en scène des rockeurs. Elle m'avait épaté par la qualité de son dessin. Eh bien avec Hard Melody, Lu Ming fait encore mieux en matière de graphisme.
Les planches de cet album sont superbes. C'est un style proche du photo-réalisme mais avec une vraie composition des images, une superbe esthétique et un vrai dynamisme. C'est très beau et très classe, quoiqu'un peu triste du fait de tons sombres et des personnages désabusés.

Sombre et désabusé, le récit l'est également. Il nous permet de découvrir une vision de l'intérieur de la Chine du début 21 siècle, de ressentir le mal-être d'une partie de la population qui ne se sent plus à sa place et aussi sur la fin le drame des expropriations pour construire de grands immeubles.
Il y règne également un esprit rock avec ces trois héros au cœur rebelle qui ne veulent pas se laisser faire et sont prêts à se battre même en vain pour protéger leur vie et leurs proches.

L'ennui, c'est que la narration n'est pas du tout à la hauteur de la beauté du graphisme et de la profondeur du ton du récit. Les trente premières pages sont très dures à suivre, avec des sauts chronologiques peu compréhensibles et des bouts de dialogues qui fusent dans tous les sens. C'est sensé servir d'introduction aux personnages et de mise en place de l'ambiance, mais la manière de raconter rend le tout très confus et pénible à lire.
Par la suite, à quelques flash-back près, le récit devient plus linéaire et plus compréhensible. Cela rend la lecture plus agréable mais il y a toujours ce petit décalage entre la manière chinoise de raconter que j'ai retrouvé dans beaucoup de manhua et les habitudes d'un lecteur occidental qui font que ce n'est pas toujours très clair.
Et la fin, toujours dans un esprit rock, ni dieu ni maître, rebelle jusqu'à la mort, ne m'a que moyennement convaincu.

Donc c'est un album qui contient pas mal de défauts dans sa narration et je ne suis pas sûr que le déroulé de son scénario ne passionne beaucoup de monde. Par contre, son fond, qui permet de découvrir un certain état d'esprit dans la Chine moderne, est intéressant. Et surtout son graphisme est épatant et vaut la lecture à lui tout seul.

Nom série  La Vengeance de Masheng  posté le 22/07/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Après Le Temple flottant, c'est le deuxième ouvrage de Zhang Xiaoyu que je lis où il met en scène une forme de conte folklorique chinois. Comme cet autre album, c'est surtout son graphisme qui vaut le coup d'oeil.
Zhang Xiaoyu offre de très belles planches, grandes illustrations réalistes et détaillées, offrant souvent des angles de vue originaux, beaux et efficaces. Le style se rapproche de la peinture chinoise académique. C'est de la belle ouvrage.
A noter que, alors que le décor laisse penser durant la majorité de l'album que l'histoire se déroule dans la Chine médiévale, j'ai été un peu surpris d'apprendre vers la fin que cela se passe durant la présidence de Tchang Kaï-chek donc plutôt dans les années 1930. J'imagine que dans la Chine de l'époque, il y avait effectivement un tel contraste de modernité entre les petites villes de province et le monde plus ouvert à la technologie occidentale.

Le scénario pour sa part n'est cependant pas aussi emballant que le dessin. Son résumé pourrait tenir en moins de 2 lignes et ne tient pas trop la route. C'est plus un prétexte à mettre en image des visions de récits folkloriques et de formidables combattants des légendes chinoises. Il y règne du coup une ambiance entre fable et réalisme qui n'est pas désagréable.
Cependant, un scénario aussi succinct ne suffit pas à me permettre d'en conseiller l'achat.

Nom série  Amour à mort  posté le 20/07/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Jia-Wei Hung est douée. Son dessin est très beau, très stylé. D'une certaine manière, il rappelle le romantisme esthétique d'un Yoshitaka Amano avec ses costumes détaillés et superbes. Il s'en donne ici à coeur joie dans ce récit de fantasy.
Car J-D Morvan ne s'y est pas trompé et a su voir à quel point son style graphique conviendrait parfaitement à un récit d'heroïc-fantasy sombre et romantique.

C'est donc l'histoire d'une belle princesse guerrière qui doit fuir et venger la mort de son père et de son royaume. Et c'est l'histoire du prince adverse qui est tombé amoureux d'elle. Amour et mort, le titre est on ne peut plus explicite.
Le scénario n'est pas des plus originaux mais il tient bien la route et permet un récit beau et envoûtant.

Malheureusement, j'ai trouvé la conclusion trop convenue et décevante. C'est le genre de fin romantico-tragique que n'importe quel adolescent aurait pu imaginer et deviner. J'attendais sincèrement quelque chose de plus original, quelque chose qui ajoute de la profondeur à un récit autrement beau mais assez linéaire.
Déçu donc par la toute fin mais c'est quand même une belle BD.

Nom série  Le Temple flottant  posté le 20/07/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cet album vaut avant tout par son graphisme. C'est un dessin réaliste de type asiatique reflétant bien l'ambiance de la Chine médiévale. Toutes les planches sont très soignées avec de nombreuses très belles scènes détaillées et esthétiques. Les couleurs ne sont pas en reste. Bref, c'est beau.

L'histoire, pour sa part, est un conte chinois à l'ancienne, centré sur le thème du Bouddhisme et de la magie divine. L'histoire se lit très bien et est dotée d'une narration moderne malgré son sujet trés académique.
L'intrigue laisse cependant un peu sur sa faim car elle semble se terminer plus ou moins en queue de poisson. Alors que l'histoire commence en parlant d'un moine très particulier, d'abord saint puis criminel, elle prend un virage très différent en milieu d'album pour se centrer sur ce temple flottant. Le lien entre les deux parties de l'histoire n'est pas clair : je n'ai pas compris en quoi la mort du moine a enclenché ces événements. Nous sommes plus dans une explication de type "ta gueule, c'est magique !". Et de la même manière, la fin n'est pas bien claire : qu'arrive-t-il au vieux moine et au jeune garçon ? Le narrateur nous laisse en plan sur ce sujet, dommage.

Mais si on peut passer outre ces frustrations très terre à terre d'un esprit occidental cartésien, on peut savourer ces superbes images qui nous raconte une jolie fable emplie de magie.

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