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Nom série
Cesare
posté le
21/03/2013
(dernière MAJ le 25/05/2013)
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Achat conseillé ?
Oui
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Note
(Pas mal) |
Coup de coeur
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Ceux qui sont attentifs à l'évolution de l'édition manga en France ne laisseront sans doute pas passer ce qui est en cours chez Ki-oon ; au sein d'une production shôjô/shônen assez passe-partout au début, seules les productions de Tsutsui permettaient à cette petite maison d'édition de s'adresser à un lectorat plus mature. Puis vinrent Tonogai et Sanbe, avec des récits qui lorgnaient franchement vers l'horrifique. Puis vint l'OVNI Bride Stories, il y a près de deux ans, qui ouvrit une nouvelle brèche, des mangas plus "cérébraux", plus tournés vers le souci de véracité historique. Cesare est la dernière traduction dans cette mouvance.
Tout d'abord on remarque la maquette, très soignée, marquant ce souci de qualité vers lequel l'éditeur, peu à peu, tend.Ici le sujet est la vie d'un jeune représentant de cette famille de dignitaires italiens d'origine espagnole qui s'appelèrent les Borgia. En plein coeur de la Renaissance transalpine, cette dynastie oeuvra pour accéder aux plus hautes marches du pouvoir local, c'est à dire le pontificat. Mais plutôt que de nous parler de celui qui lorgne le Saint-Siège, l'auteure a choisi de nous en parler par le biais de son fils brillant étudiant de l'université de Pise. Ou plutôt -et c'est là une excellente idée, même si un peu éculée- au travers des yeux et de l'expérience d'un novice dans cette université, un jeune homme peu au fait des usages et des situations politiques, Angelo. Procédé malin, disais-je, car ainsi on découvre tous les rouages de ces intrigues de boudoirs, les conspirations diverses entre et contre les familles rivales.
C'est habilement mené, malgré le côté Dallas un peu trop présent, on ne s'ennuie quasiment pas, et on apprend beaucoup de choses. Il est intéressant de noter, par exemple, qu'en un peu plus de 500 ans, la Curie romaine n'a pas vraiment changé : corrompue, cupide, concupiscente et n'hésitant pas à se servir des services de spadassins, elle semble trouver d'étranges échos dans l'Eglise des années 2000... point positif, la période choisie est au coeur de pas mal de révolutions sur le plan artistique ou celui des voyages ; l'occasion pour nos protagonistes de rencontrer... mais chut, ne déflorons pas cette partie...
Sur le plan technique, Fuyumi Soryo semble combiner deux visages : celui, classieux, d'une admiratrice du decorum de la renaissance italienne : ses décors, les costumes sont somptueux, c'est un vrai plaisir de regarder certains plans larges ou des personnages en tenues ecclésiastiques. Par contre, sur le plan anatomique, c'est plus laborieux : certains visages manquent de rigueur, semblent un peu déformés. certes, esthétiquement parlant, ils ressemblent aux canons de l'époque ; mais un peu plus de réalisme n'eût pas nui. Elle a aussi des soucis avec les chevaux. Ils sont également vraiment difformes, et c'est bien dommage quand l'une des scènes tourne autour d'eux. Pour le coup, je pense que l'ajout d'un assistant spécialiste de l'élément équin n'aurait pas été du luxe.
Le tout est assez intéressant ; l'auteure (ou l'éditeur) a pensé à nous proposer une sorte de tableau synoptique des relations entre les personnages, car je dois avouer qu'entre les Medicis, les Borgia et les Della Rovere, il y a de quoi s'y perdre, même si chaque famille n'est représentée que par deux ou trois personnages. Dans le tome 3 de nombreuses notes permettent de replacer l'ensemble de l'histoire dans un contexte socio-politique précis. C'est très intéressant, et permet de comprendre pas mal de subtilités présentes dans le manga...
Le lectorat du manga traditionnel risque de ne pas adhérer, mais tant pis, j'encourage Ki-oon à persévérer dans cette voie, car c'est vraiment très intéressant. |
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Nom série
Gisèle Alain
posté le
29/01/2013
(dernière MAJ le 23/05/2013)
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Achat conseillé ?
Non
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Note
(Pas mal) |
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Personnage tout particulier que cette Gisèle Alain ; c'est une sorte d'Amélie Poulain, un personnage né avec une cuiller en argent dans la bouche, mais qui veut rendre le monde, en commençant par son entourage, meilleur et heureux.
Les histoires sont sympathiques, et pour la plupart assez naïves. Tout le monde il est gentil, et même le gars un peu louche se révèlera sans doute un vrai chic type.
Si cette série est "mignonne" et "gentillette", elle est aussi, quelque part, un peu bizarre. D'abord il est difficile de la placer précisément dans le temps, l'auteure évitant soigneusement les repères technologiques évidents tels que les voitures. Ensuite on est bien en peine de dire si cela se passe en France, en Angleterre ou en Tchécoslovaquie, même si la plupart des personnages ont des patronymes franchement français. Enfin, si les situations sont, somme toute, assez paisibles, il y a parfois des scènes ou des chutes en décalage, comme ce personnage de strip-teaseuse qui oublie régulièrement ses vêtements, une incongruité dans ce type d'histoire.
Dans le troisième tome cela évolue un peu. Gisèle est un peu plus livrée à elle-même, ses sentiments commencent à poindre et son entourage n'est plus tout à fait le même. J'imagine que la série va prendre un autre tournant...
Du coup, on est émoustillé, dans le sens le plus large du terme, et on a envie d'en (sa)voir un peu plus sur Gisèle... |
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Je suis sûr que les plus de 30 ans d'entre vous voient, en me lisant, le générique, les paroles qui défilent, puis les images de la série, avec le Condor, le Solaris, le perroquet Pichu, les 3 minutes post-générique racontées par Jean Topart, disparu il y a quelques mois...
La diffusion d'une nouvelle saison, d'une qualité dont je ne saurais juger ne l'ayant pas vue, a sans doute rallumé de la nostalgie chez beaucoup d'entre nous, qui ont ressorti les intégrales en VHS ou DVD pour les montrer à leurs enfants en leur disant, d'une voix chevrotante "Tiens, mon enfant, ça, c'est du dessin animé, prends-en de la graine...". Et si, à la fin du premier épisode, votre bambin se tourne vers vous pour vous demander la suite, vous vous dites "C'est dans la poche." Mais pour celles et ceux qui n'ont pas l'intégrale (c'est mal, elle est ressortie en blu-ray HD, ainsi que le roman ayant inspiré la série), comment allez-vous faire pour empêcher votre enfant de se tourner immanquablement vers wakfu ou pire, "Monster High" ?
Eh bien Kazé a pensé à vous, en allant chercher les créateurs historiques de la série, Jean Chalopin et Bernard Deyriès, pour leur demander d'en faire une adaptation graphique, une sorte de boucle artistique comme l'indique Deyriès en postface, puisqu'ayant été réalisée au Japon à l'époque, la série a précédé la vague historique d'OAVs nippons, et qu'aujourd'hui c'est dans un style manga qu'Esteban et consorts nous reviennent...
Un style nippon pratiqué par Thomas Bouveret, pas un débutant, mais qui s'est adjoint deux assistants pour la peine. Ensemble ils font du bon boulot, les personnages et les designs sont assez proches du DA d'origine, malgré leur propension à loucher, et les cadrages parfois complètement foutraques... de quoi avoir un peu le mal de mer, à l'instar de l'enfant du Soleil...
Sur le plan du scénario, cela me semble suivre presque à la ligne l'intrigue de la série animée d'origine : les souvenirs d'Esteban, la rencontre avec Mendoza, Zia puis Tao aux Galapagos.
Bien sûr cela ne remplace pas la série d'origine, mais cela plaira sans doute aux nouveaux lecteurs, et qui sait, leur donnera envie de découvrir cette série d'anthologie. |
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Mathieu Bablet entame son deuxième album en tant qu'auteur complet, avec ce récit prenant pied dans l'Antiquité grecque, avec ses dieux, ses créatures mi-hommes mi-animaux et ses héros plus grands que la vie.
Le sujet est en fait la rémanence du souvenir lorsque le temps s'étire et s'allonge jusqu'à devenir éternel. Notre héros est un personnage sans nom (ou bien il l'a lui-même oublié, mais en tous les cas tout le monde se demande comment il s'appelle) qui sécrète des petits cailloux à longueur de temps (non, ce ne sont pas des calculs rénaux). Mille ans après le début de son règne, il se réveille dans les ruines de son royaume, privé de son peuple, et avide de croiser la vie, des gens. mais au fil de son errance, et malgré son entêtement à se réciter des épisodes-clés de sa vie, ses souvenirs vont s'étioler, et le visage de celle qu'il a aimée va s'estomper...
C'est vraiment très intrigant, même si certaines mises en abyme ou passages sont un peu obscurs ; espérons que le deuxième volet du diptyque permettra d'éclaircir quelques zones d'ombres narratives.
c'est donc un récit sur le souvenir, la mort et le temps qui nous est proposé, dans une belle galerie reprenant une bonne partie du decorum, du bestiaire et du panthéon de la Grèce antique...
Si le style de Mathieu Bablet est un peu étrange, brut, un peu sketch-book sur les personnages, il en va tout autrement sur ses décors, auxquels il va comme un gant : vertigineux, monumentaux, audacieux, somptueux, le dessinateur ne s'interdit rien, d'autant plus qu'il choisit des ambiances bien différenciées suivant les lieux. Par contre la mise en couleurs privilégie par moment des teintes sombres qui écrasent un peu la foultitude de détails, c'est un peu dommage. Nul doute que ses planches en noir et blanc sont vraiment exceptionnelles.
A suivre donc. |
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Nom série
Mon ami Dahmer
posté le
20/05/2013
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Achat conseillé ?
Oui
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Note
(Pas mal) |
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Les bouquins et BD sur la vie et le subconscient des serial killers fourmillent. L'originalité de Fred... pardon, de Derf Backderf, c'est qu'il a connu l'un d'entre eux dans sa jeunesse.
En effet Dahmer et lui ont été dans la même classe au lycée. Du coup, lorsque Dahmer a été démasqué en tant qu'auteur d'une atroce série de meurtres ayant été perpétrée à Milwaukee, dans les années 1970 à 1990. Là où Backderf diffère des autres récits, c'est qu'il n'essaie pas de percer le subconscient du meurtrier grâce à ses connaissances cliniques en psychiatrie, ou à décortiquer le cheminement des meurtres, mais bel et bien à plonger dans les racines du mal, c'est à dire la jeunesse de Dahmer, qu'il a donc côtoyé. En nous livrant ses impressions d'adolescent, pas forcément intéressé par son prochain, mais tout de même marqué par cette personnalité dérangeante qu'était Dahmer, il propose un portrait sans concession, complaisance ou angélisme, probablement assez fidèle, et qui permet de "comprendre" ou du moins d'expliquer en partie pourquoi il est devenu un tueur en série...
Backderf ne juge pas, il essaie juste de comprendre en exposant les faits dont il a pu être le témoin... Unique. |
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James Joyce est considéré par ses concitoyens irlandais comme l'un de leurs auteurs majeurs, voire comme le plus grand. pourtant sa vie est loin d'être triste, comme le montre cette biographie dessinée.
Comme nombre d'artistes, il a mis du temps à rencontrer la célébrité et le succès. Comme nombre d'entre eux, son esprit bohême, un peu frondeur, s'est parfois heurté aux réalités matérielles de son temps. Ainsi, vivant à Trieste, il a ignoré pendant quelques temps qu'une guerre, qui deviendra la première mondiale, se déroulait à quelques kilomètres... Ainsi a-t-il vécu aux crochets de sa famille, de mécènes et d'amis, au risque de se brouiller définitivement avec eux. Sa vie fut longue, riche et complexe, mais il sut se montrer inflexible quant à son oeuvre.
Alfonso Zapico retranscrit bien tous ces éléments, malgré son dessin qui, je trouve, manque d'expressivité. Son style a beaucoup évolué depuis La Guerre du Professeur Bertenev, et le rapprochement d'une ligne claire un peu old school n'aide pas forcément. cependant cette lecture, un peu longue, est loin d'être inintéressante. J'imagine que les amateurs de Joyce y trouveront un bon moment. |
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Depuis quelques années la bande dessinée s'est ouvert à des sujets très sérieux, à ne pas prendre à la légère. Le procès Papon est de ceux-ci.
Visiblement la scénariste, spécialiste de la question, a retransposé son mémoire d'historienne, s'adjoignant les services d'un "débutant" ; le résultat est loin d'être convaincant.
le dessin, dans une certaine lignée du photoréalisme, révèle vite ses limites dans une raideur du trait difficile à surmonter. L'impression générale est celle d'une suite de clichés transposés en dessin, de façon assez maladroite. De plus on a du mal à différencier certains personnages, et le temps passé dans l'histoire (plus de 50 années...) ne fait rien à l'affaire.
Côté histoire, pour pallier à la sécheresse du sujet, Johanna Sebrien rajoute une romance qui n'a aucun intérêt. Pourquoi ne pas agrémenter le récit de quelques à-côtés, peut-être moins sentimentaux, mais probablement plus utiles ? de plus si le souci de factualité de la scénariste est louable, elle se perd parfois dans des aspects difficiles à saisir : que vient faire le procès d'Eichmann à Jérusalem là-dedans ?
Au final un album qui aurait pu être véritablement intéressant s'il n'avait souffert de l'amateurisme de ses auteurs... |
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Nom série
Le Sourire de Mao
posté le
13/05/2013
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Achat conseillé ?
Oui
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Note
(Franchement bien) |
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Je l'attendais de pied ferme, cette BD, même si je l'aurais plutôt vue chez Le Lombard ou Casterman, éditeurs belges historiques. même si celles-ci sont passées dans le giron de groupes éditoriaux français. Mais Futuropolis a souvent fait des BD de qualité, et celle-ci ne déroge pas à cet adage.
En effet ce one-shot nous propose un récit de politique-fiction sur l'après-Belgique, ce fantasme, cette tentation forte de scission de la Belgique. ici nous sommes en Wallonie, dont la capitale est Namur. Un récit très dense (70 planches) où complots, magouilles et faux-semblants tissent une trame complexe. Le scénariste Jean-Luc Cornette s'en tire très bien, nous livrant un récit qu'on ne peut lâcher, avec des personnages surprenants (des scouts, un gamin sans histoire, le président de la Wallonie...) dans un souci de modernisme affiché. Le récit n'est pas identifié temporellement, mais pourrait se passer en 2014, par exemple... En plus certains éléments, comme le mauvais état actuel des routes wallonnes, sont d'une actualité criante.
Le dessin de Michel Constant, que j'avais bien aimé sur Red River Hotel, Au centre du Nowhere ou encore Mauro Caldi, ne bouge pas d'un poil, un semi-réalisme touffu qui lui permet d'être à l'aise dans beaucoup de situations.
Surprenant, prenant tout court, un récit d'anticipation/politique fiction avec des morceaux de thriller qui vous fera passer un très bon moment de lecture. |
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Après avoir publié l'intégrale de l'adaptation du chef-d'oeuvre de Philip K. Dick, les Editions EP nous proposent le prequel en deux tomes, cette fois-ci entièrement écrit par le scénariste Chris Roberson.
Celui-ci revient donc sur les "origines" du monde qui a inspiré le film Blade Runner, pour vous replacer le contexte. Nous suivons trois fils narratifs principaux : l'un sur les pas d'un chasseur de primes, comme Deckard, chargé de retrouver un groupe de réplicants défectueux, lui-même étant un androïde ; un autre en compagnie d'une jeune biologiste qui mène des recherches sur l'extinction en cours des espèces animales suite à la dispersion d'un nuage de poussière dans l'atmosphère (et qui découvre en même temps le mercerisme, cette religion largement décrite dans le roman de Dick) ; et un dernier au sein du groupe d'androïdes que pourchasse Charlie Victor. Ces trois intrigues vont bien sûr s'entrecroiser dans une trame très claire, qui me semble bien poser les enjeux, et le premier tome sur un coup de théâtre qui promet. J'aime bien.
Côté dessin je ne suis pas très fan du style de Robert Adler, trop anguleux, trop... "esquissé" à mon goût. Le découpage quant à lui est très classique, avec une répartition en chapitres qui scande la progression du récit.
Espérons que la fin du diptyque tiendra ses promesses. |
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Comme nombre de personnes - trop sans doute - j'ai quasiment découvert l'oeuvre de Dick au travers du superbe film de Ridley Scott. Mais comme peu (je pense) j'ai essayé de découvrir l'oeuvre originale. Vingt ans après m'est donc offerte la possibilité de lire une nouvelle adaptation de la novella (et non roman) de cet auteur à part.
A l'époque de ma première lecture, je n'y ai pas compris grand chose, je dois bien l'avouer. La force de cette adaptation est d'avoir - à la demande des héritiers de PKD - conservé le texte intégral. La marge de manoeuvre de Tony Parker fut donc infime. Mais il s'en sort, je trouve, avec les honneurs. Au-delà de l'intertexte qui se dégage avec les lectures périphériques (dont je parlerai plus tard), son illustration me semble vraiment proche du texte. Bien sûr, celui-ci paraît un peu lourd, par exemple dans les descriptifs, mais c'est un écueil que Parker évite habilement, rendant la lecture assez aisée. L'utilisation du texte intégral permet d'intégrer les différentes strates du récit de Dick. Citons la trame principale, celle de Deckard traquant les androïdes - qui ne veulent rien d'autre que se fondre parmi les humains - ainsi que ses réflexions intérieures, dont tout un filigrane concernant la propriété d'un animal (et qui a donné à l'oeuvre son titre original). Il y a aussi la trame du demeuré avec Mercer, qui reflète les préoccupations philosophiques de Dick, mais donne surtout une toile de fond un rien métaphysique au récit. Le troisième tome donne lieu à une seule scène, un faux-semblant entre chasseurs de primes du plus bel effet. L'intrigue n'y avance pas beaucoup, mais il s'agit tout de même d'une transition palpitante à lire. Les différents témoignages présents en bonus permettent une lecture plus en profondeur. Le cinquième tome se résume quant à lui à une seule véritable scène ; je trouve que Tony Parker tire sur la corde, avant de conclure dans le sixième de fort belle façon, ma foi, l'ensemble des éléments de l'histoire se rejoignant de façon assez logique.
Une excellente idée donc de la part des Editions EP de nous proposer une adaptation (de haut niveau) et en quelque sorte une explication de texte. Bonne idée également d'avoir confié les illustrations de couverture à Stefan Thanneur, auteur rare mais très doué pour cet exercice. Il apporte un certain côté christique présent en filigrane dans l'oeuvre. Le boulot graphique de Tony Parker, assisté aux couleurs par Blond, est indéniablement de qualité, même si je trouve les personnages un poil inexpressifs par moments.
Ce bon moment de lecture initial a fait place à un brin d'ennui face à des scènes qui traînent en longueur, même si la fin reprend un rythme "classique". C'est l'adaptation d'un texte très connu d'un auteur majeur de la scène SF, mais on a presque l'impression de le redécouvrir à cette occasion. Beau boulot tout de même. |
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Nom série
Sälem la noire
posté le
02/05/2013
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Achat conseillé ?
Non
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Note
(Bof, sans plus) |
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Il s'agit là, je crois, de la première BD du trio Cordurié-Créty-Cordurié.
Une série de jeunesse, qui leur a permis de se mettre le pied à l'étrier, sans toutefois achever leurs intentions initiales. Qui à mon avis n'allaient pas au-delà de nous montrer les aventures d'un duo de crétins dans un décor de fantasy. Les tomes pouvant se lire presque indépendamment, ce n'est pas bien grave qu'elle soit abandonnée au tome 3. Cependant une impression domine pendant toute ma lecture, ou presque : la confusion. En effet j'ai vraiment eu du mal à m'attacher aux personnages, aux histoires, aux objets magiques...
A côté de ça le dessin de Stéphane Créty était un peu balbutiant, bien que déjà porté sur les simagrées et la profusion. C'était même un peu confus parfois. Heureusement le travail sur les couleurs de Sandrine Cordurié permettait d'éclaircir un peu ce chaos.
Hélas cette série n'est qu'anecdotique, même si sa lecture ne fut globalement pas désagréable. |
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Nom série
Juarez
posté le
02/05/2013
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Achat conseillé ?
Oui
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Note
(Pas mal) |
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On nous parle souvent de Chicago, de Washington, ou de Marseille comme de villes très dangereuses, moins de Ciudad Juarez.
Sous la forme d'un thriller relativement classique, la scénariste Nathalie Sergeef propose donc de nous révéler cette ville... L'ensemble est assez bien raconté, on sent l'envie de faire passer pas mal d'informations sous forme de fiction. Je pense qu'il aurait fallu faire un peu plus de passages d'ambiance, pour montrer ce que celle-ci a de menaçant, surtout pour la gente féminine.
Côté dessin je trouve le boulot de Corentin Rouge vraiment bon ; peu de déchets, peut-être encore un peu de boulot sur l'expression des personnages. On sent l'influence de Jean Giraud, et de son père Michel Rouge. Vraiment un plaisir pour les yeux.
Un bon thriller, dont le sujet est réel... |
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Nom série
Adolphe
posté le
02/05/2013
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Achat conseillé ?
Non
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Note
(Pas mal) |
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J'avais lu Adolphe à l'époque de mes humanités... Et le souvenir que j'en avais retiré était celui d'une lecture qui, sans être difficile, avait été ennuyeuse... J'étais tout de même curieux d'avoir le regard de Pascal Croci.
Celui-ci, très attiré par l'imagerie romantique et les figures féminines ayant un côté sombre, semble être dans son élément. Les réflexions d'Adolphe, entrecoupées de quelques bribes de dialogue, sont illustrées par des cases contemplatives, mettant en scène Ellénore dans la nature, française ou polonaise, ou dans des réceptions où l'ambiance napoléonienne est forte. Ses personnages aux membres graciles, qui se lancent des regards en coin, avec des alternances de gros plans et de visuels plus éloignés, démontrent son inspiration.
Attention, il ne se passe rien dans cette histoire, qui est celle d'une passion amoureuse qui s'étiole, mais le roman de Benjamin Constant est considéré comme un chef d'oeuvre de la période romantique. Bien adapté par Croci, qui en fait une illustration inspirée. A réserver aux amateurs cependant. |
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Nom série
Seuls
posté le
13/02/2006
(dernière MAJ le 01/05/2013)
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Achat conseillé ?
Oui
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Note
(Franchement bien) |
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Han han. Moi j'aime bien ce genre d'histoires, où des gens qui ont une vie banale se retrouvent dans une situation exceptionnelle. Il est alors très intéressant d'observer leur comportement. Vous vous retrouvez dans une position d'observateur tout à fait intéressante. Ce regard d'entomologiste, Fabien Vehlmann l'applique donc à 5 enfants, qui se retrouvent du jour au lendemain (c'est le cas de le dire) livrés à eux-mêmes.
Seuls... dans un monde hostile et pourtant pas inconnu. Le dessin de Gazzotti, typique de l'école Dupuis depuis les années 1990, est tout à fait adapté à ce regard de l'enfance et de l'adolescence qui se retrouve confronté à un monde d'adultes... sans adultes.
Vehlmann parvient, malgré les écueils, à mener sa barque de belle façon, nous présentant des personnages riches et variés, un récit avec beaucoup de surprises et un univers vraiment passionnant. La fin du cinquième tome avait ouvert de nouvelles pistes, et attisé grandement l'intérêt du lecteur. Le second cycle continue sur le même tempo, on n'arrive pas à décrocher...
Pour moi "Seuls" est un classique. |
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Nom série
Carthago
posté le
13/04/2007
(dernière MAJ le 30/04/2013)
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Achat conseillé ?
Oui
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Note
(Franchement bien) |
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J'avais raté Sanctuaire à l'époque, je ne passerai pas à côté de "Carthago" !
En gros amateur de fantastique et de thriller, j'ai été très émoustillé par les avis positifs relatifs à cette nouvelle série initiée par Christophe Bec.
Une nouvelle série qui s'annonce comme diablement excitante, tant elle est pétrie de qualités. Commençons par le plus facile, le dessin. Le trait d'Eric Henninot est impeccable, il n'y a aucune erreur de perspectives, de proportions ou de designs. Tout juste chipoterai-je en disant que certains visages manquent d'un peu de détails, de caractère. Les couleurs de Delphine Rieu nous permettent d'apprécier des ambiances, surtout aquatiques, de toute beauté. On se pâme d'admiration face aux abysses aveugles dans lesquels sont plongés nos héros et leurs proies. Dans le deuxième tome Henninot épure son trait, sans doute en prévision de son travail sur un XIII mystery, et même si je ne suis pas forcément preneur de tous ses choix graphiques, je dois avouer que cela reste remarquable. la double page avec un troupeau de mégalodons est tout bonnement exceptionnelle.
Au tome 3 c'est Milan Jovanovic qui reprend le pinceau, après des années de recherches par Christophe Bec. Je suis un peu moins enthousiaste, son trait étant un peu plus rond, moins rugueux que celui d'Henninot, mais il semble se libérer au fil des pages. Quoi qu'il en soit cela reste de la belle ouvrage.
Côté narratif, c'est du tout bon là encore. Le récit s'étale sur plusieurs époques, mais c'est pour mieux les lier dès la fin du premier tome. Par contre continuer ce genre de ficelle scénaristique me semble peu redondant. Alors bien sûr, les influences du scénario sont évidentes, des Dents de la Mer aux "Aventures de Gilles Roux et Marie Meuse" en passant par Sanctuaire, avec une grosse part de thriller techno-financier. Cela donne un cocktail explosif, tour à tour surprenant, excitant, passionnant et intrigant. Car Bec a bien ficelé son intrigue, et elle vous prend très vite, malgré des passages un brin bavards. A la fin du tome 3, qui boucle un premier cycle, rien, ou presque, n'est réglé. Je suis bien sûr curieux de voir ce que nous réserve la suite.
Un futur classique. |
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Insupportable.
Pourtant, ça avait l'air sympa cette BD espagnole dans un univers de fantasy joliment colorée, ces magiciens adolescents aux prises avec toutes sortes de créatures...
Mais impossible de tenir. Au bout d'une dizaine de page je me suis demandé si l'imprimeur n'avait pas oublié des pages, ou si leur ordre avait été respecté... Pas vraiment le moyen de vérifier, mais au fil de ma lecture les certitudes se sont installées : le scénario avait été fait à l'envers, les personnages arrivent comme de cheveux sur la soupe, les dialogues sont ineptes par moments et les personnages n'ont aucune épaisseur...
Bon, d'accord, le dessin est sympa, même si le traitement de la couleurs est étrange, différencié d'une page à l'autre, à moins que l'imprimeur y soit pour quelque chose.
Mais rien à faire, j'ai même eu du mal à terminer ce one shot, composé de plusieurs chapitres sans séparation... |
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Nom série
Antimagia
posté le
29/04/2013
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Achat conseillé ?
Oui
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Note
(Pas mal) |
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Royaume en péril, personnages qui pratiquent la magie, créatures fantasmagoriques... On est en plein dans la fantasy, non ? Et pourtant. Pourtant les créatures en question sont en fait des animaux "classiques" (chat, cheval, pigeon...) transformés en leurs ancêtres préhistoriques, comme un T-Rex, un Deinonychus, un Smilodon...
Je dois dire que cette incursion de notre monde réel, même s'il a des dizaines de millions d'années, dans cet environnement typiquement fantasy, m'a un peu décontenancé. Ceci dit il pourrait s'agir de médiéval fantastique, sauf qu'aucun repère temporel, géographique ou technologique ne permet le placer. Peu importe finalement, car le récit est suffisamment bien construit pour qu'on ne s'y attarde pas trop, l'action étant quasi omniprésente. Et cela évolue très vite dès le premier tome, car la mini-série se clôt en deux opus, fait suffisamment rare pour être souligné.
Le dessin, le découpage et la mise en page sont de qualité, on sent que l'auteur -et ses assistants- ont déjà un bon niveau. Curieux de lire la suite. |
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Nom série
Cimoc
posté le
09/03/2013
(dernière MAJ le 29/04/2013)
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Achat conseillé ?
Oui
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Note
(Pas mal) |
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Voici un manga sur la vie d'un apprenti mangaka...
C'est assez drôle, et plutôt intéressant, cela montre un peu les rouages de l'industrie du manga au Japon (bien que les auteurs soient Coréens). Le deuxième tome propose d'y aller un peu plus franchement, et on se doute bien que ça va mal finir entre le jeune auteur et son éditrice... Il y a pas mal de fan service, le scénariste en fait même l'un des moteurs de son histoire.
Sur le plan graphique c'est très classique, très proche des mangas traditionnels.
Une série sympathique, on apprend quelques petits trucs sur l'édition des mangas... |
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Nom série
Les Innocents coupables
posté le
15/03/2011
(dernière MAJ le 28/04/2013)
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Achat conseillé ?
Oui
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Note
(Pas mal) |
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Avec cette nouvelle série en trois tomes, Galandon affirme une nouvelle fois son intérêt pour l'enfance, et la façon dont les enfants sont perçus à différentes époques.
Ici il nous emmène sur les pas de jeunes délinquants envoyés en colonies pénitentiaires agricoles, plus ou moins l'équivalent de ce qu'on appelle de nos jours les Centres éducatifs fermés... Un monde sans pitié, où les petits caïds font déjà leur loi, où les brimades succèdent aux punitions et aux sévices. Les quatre enfants que nous suivons ont chacun une blessure secrète, un mystère, une motivation cachée. Galandon construit bien sa mosaïque, permettant d'avoir de l'intérêt pour chacun des quatre. Le parallèle avec la série Prison Break n'échappera à personne, il est même assumé, mais amené de façon assez subtile.
Le second tome apporte une dimension de plus, entre des révélations sur le passé de certains des "colons", et des personnages secondaires de plus. La fin du triptyque propose un renversement des postures, et un dénouement plutôt bien amené, même si je le trouve un peu candide.
Le récit bénéficie du dessin d'Anlor, jeune dessinatrice qui livre ici ses premiers albums. Son trait presque réaliste est plus qu'intéressant, même s'il manque un peu de maturité par moments. J'ai par exemple du mal à distinguer deux des enfants qui se ressemblent beaucoup, sur le plan physique, sans que cela gêne véritablement ma lecture. Dans le second tome sa progression est déjà visible : il y a plus de profondeur dans le traitement des couleurs, et le dessin se durcit, il est moins rond. Le troisième tome confirme que la dessinatrice progresse très vite, même si j'aurais aimé un trait plus noir, un peu moins rond.
C'est un triptyque intéressant, sur un sujet de société qui revient à la mode, si j'ose dire, et traité avec beaucoup de pudeur et d'intelligence. A lire. |
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Nom série
Notre seul ami commun
posté le
09/03/2013
(dernière MAJ le 28/04/2013)
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Achat conseillé ?
Oui
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Note
(Franchement bien) |
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Boris Mirroir, alias la Tête X de chez Ottoprod ou encore Bengrrr (coloriste pour James) replonge dans plusieurs épisodes douloureux de sa jeunesse avec ce triptyque.
En partie romancé, animé par des personnages à têtes d'animaux, c'est une lecture symbolique et fantasmée de l'époque où le jeune homme perdit sa mère, victime d'une longue maladie, comme on dit. Boris sort de l'adolescence, boit des bières, joue aux jeux video, va vivre le stade terminal de la maladie de sa mère, essayer d'obtenir son diplôme des Beaux-Arts... Il va faire des rencontres, déterminantes ou pas... Bref, un parcours initiatique, avec ses moments heureux et ses moments tragiques.
Le récit est en partie muet, Boris traverse cet épisode dans un état second semble-t-il, et il y aurait sans doute beaucoup à dire sur l'aspect psychanalytique des images. La construction est elle aussi particulière, c'est un gaufrier en 3x2 cases, dont l'auteur sort parfois, et notablement à la fin du premier tome. Le style est assez simplifié, épuré, ce qui n'empêche pas Boris de mettre des détails un peu partout. Ses ambiances sont différenciées, apportant un support supplémentaire aux émotions.
Le récit est construit autour de trois personnages, dont deux se rencontrent dès ce premier tome, alors que le troisième apparaît de façon intermittente, avant de croiser la route des deux autres, séparément, dans le troisième. Dans le second tome il y a nettement plus d'émotion. En même temps que Boris essaie de construire sa vie de jeune homme, sa vie familiale bascule et son quotidien est immédiatement bouleversé. J'ai trouvé ce second tome plus prenant que le premier, et même si je l'ai lu plus vite, car imprégné de la technique de Boris Mirroir, je n'en ai pas moins apprécié sa lecture, qui me permet de réhausser ma note d'un cran. Le troisième est du même tonneau, là encore ça bascule, entre épisodes heureux et dramatiques. J'imagine que Boris a dû avoir beaucoup de mal à réaliser ces pages, même si cela a peut-être revêtu une forme de catharsis, près de 20 ans après les évènements. Et ce troisième tome se termine... d'une façon brute, si j'ose dire. De quoi finir sa lecture plutôt secoué...
On comprend dans le second tome (et encore plus dans le troisième) qui est ce seul ami commun dont parle le titre, ce personnage qui intervient de façon ponctuelle, rappelant à Boris l'ironie de la vie, les coïncidences malheureuses et sa propre mortalité.
C'est émouvant, l'auteur réussit à faire passer beaucoup d'émotion dans un récit presque muet. L'ensemble n'est franchement pas rigolo, ne lisez pas ça un jour de pluie. Mais la posture adoptée, une histoire en partie allusive et elliptique, permet à l'auteur, du moins on l'espère, d'évacuer ces traumatismes, et d'enfin entrer dans son âge d'homme.
Un petit mot sur les couvertures, qui ont leur importance. On y voit Boris dans la même attitude, dans l'attente -probablement entre anxiété et trouille mortelle-, tenant dans sa main une boisson, dont l'évolution n'est pas innocente : bière, whisky, café. Sur la troisième couverture, Boris n'a plus sa sempiternelle clope au bec. Les titres ne sont pas anodins non plus, ils indiquent, avec l'image symbolique d'un animal, le signe sous lequel est placée la période considérée. Gros travail sur le symbolisme donc.
Un triptyque que je n'oublierai pas de sitôt. |
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