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Nom série  L'Envers des rêves  posté le 17/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Comme son titre l'indique, Warnaut et Raives nous offrent ici une vision de l'envers du décor du cinéma hollywoodien des années 50 : productions complexes, conflits d'égo, luttes d'influence, magouilles et autres coucheries.

J'ai apprécié l'ambiance d'après-guerre sous le soleil californien, avec les premiers échos du Maccarthysme, les stars à l'ancienne, le strass et les producteurs tous puissants. Le graphisme clair, lumineux et réaliste de Guy Raives s'accorde très bien avec un tel cadre.
Sous le couvert d'une vraie intrigue, on a droit à une vision d'ensemble des différents métiers du cinéma de l'époque, du scénario au montage en passant par le script, les décors, l'habillement, etc...
L'histoire est un peu fouillis au départ car on découvre d'emblée toute un ensemble de personnages et on peut s'y perdre dans les noms, rôles et ambitions de chacun. Mais les choses s'éclaircissent au fil de la lecture pour devenir limpide en fin d'album. Et ce que je prenais pour une coïncidence un peu bête quelques pages avant la fin devient finalement juste après logique avec l'arrivée d'un retournement de situation assez bien vu et m'ayant convaincu que le reste de l'histoire, que je croyais un peu embrouillée, tenait en fait bien la route.

Une bonne lecture et une vision assez grinçante du Hollywood des années 50, qui ne pêche à mes yeux que par le temps qu'on met à s'y retrouver dans les nombreux personnages.

Nom série  Catherine de Médicis  posté le 14/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cette lecture fut pour moi frustrante. Car le personnage de Catherine de Médicis et la complexité de son règne en pleines guerres de religions en France sont intéressants. Et parce que le dessin de Paolo Martinello est de belle qualité, soigné, beau et doté de couleurs originales et élégantes. Mais pour quelqu'un comme moi qui connait très mal cette période de l'Histoire de France, j'ai trouvé cette lecture trop compliquée et pas assez claire.

J'ai l'impression qu'il faut connaitre à l'avance le détail de tous ces conflits de religions et ces luttes de pouvoirs pour s'y retrouver parmi tous ces événements et tous ces personnages. Les choses sont rarement expliquées dans cet album et on s'y perd souvent. Le récit est dense car il se passe énormément de choses entre la jeunesse et la fin de Catherine de Médicis mais du coup, le lecteur néophyte est noyé dans cette somme de faits, de noms et d'événements. Quand venaient des moments plus connus du grand public, je m'y retrouvais, comme dans les pages relatant de belle manière le massacre de la Saint-Barthélémy (raconté avec un point de vue bien distinct d'ailleurs de celui de la BD Charly 9 où les rôles de la reine régente et du jeune roi étaient très différents, je trouve). Mais trop souvent je me suis senti perdu à essayer de comprendre qui était qui, pourquoi les seigneurs et les peuples réagissaient ainsi, et pourquoi les choses étaient si compliquées à l'époque.

Ce que j'en retire, en tout cas, c'est une belle dénonciation, s'il en était encore besoin, de la stupidité et de la violence qu’entraînent les fanatismes religieux. Et le fait que pour avoir louvoyé comme elle le pouvait dans cette époque particulièrement retorse, le personnage de Catherine de Médicis est clairement digne d'intérêt et de complexité. Dommage du coup que la lecture de cette BD soit aussi difficile quand on ne connaît pas déjà bien cette période historique.

Nom série  L'Amour est une haine comme les autres  posté le 13/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cet album raconte l'histoire d'amitié, dans la Louisiane de la première moitié du XXe siècle entre un blanc, fils d'un riche entrepreneur, costaud mais un peu benêt, et un noir, malingre mais très intelligent. Après que le garçon blanc ait sauvé la vie du noir, les deux se lient d'une amitié sincère et décident de s'aider mutuellement. Le noir aidera le blanc à réussir ses études et à reprendre la société de son père, tandis que l'autre protégera son ami contre les exactions racistes de la population locale. Mais ils devront garder le secret sur leur amitié sous peine d'être punis tous les deux par la société ségrégationniste et haineuse dans laquelle ils vivent.

Sur le fond, ce scénario est intéressant et dispose d'un bon potentiel. La dénonciation du racisme dans le Sud des Etats-Unis n'est clairement pas un sujet neuf mais le traiter par le biais d'une telle amitié secrète entre un noir et un blanc apporte un peu d'originalité. On est curieux de voir comment ils vont se débrouiller l'un et l'autre et si leur amitié réussira à durer, même si les pages d'introduction de l'album semblent ne rien présager de bon pour leur avenir commun.

Le style de dessin de Lionel Marty est assez personnel. Je le trouve agréable, bien colorisé, et j'aime bien ses décors et l'aspect de ses personnages. J'ai un peu plus de mal par contre avec la façon dont il dessine les bouches qui ont régulièrement l'air d'être déformées ou déchirées.

Maintenant, le déroulement de l'histoire en elle-même ne m'a pas convaincu.
Déjà la narration est un peu confuse avec des flash back qui s'insèrent régulièrement sans prévenir dans le récit. J'aurais préféré un peu plus de linéarité dans ces circonstances.
Ensuite il y a quelques passages qui sonnent artificiels, notamment les morts similaires des mères des deux héros qui ne sont pas crédibles.
Et enfin et surtout, il y a un trop fort manichéisme dans cette histoire. On sent que les auteurs mettent bien d'un côté les deux gentils héros contre tous les méchants du monde, des méchants qui sont tous plus méchants, haineux et pourris les uns que les autres. Cette accentuation de la haine, même envers les membres de sa propre famille, s'apparente presque à de la caricature et réduit l'élégance et l'impact de cette dénonciation du racisme.

Dommage car le thème est bon et de mettre en comparaison, comme les auteurs le font ici, la situation intolérable en Louisiane dans les années 30-40 avec la bouffée d'espoir des années 60 de Martin Luther King était une initiative louable.

Nom série  Gilles Durance  posté le 13/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
A lire cette série, j'ai bien l'impression que l'auteur aime les avions, les belles mécaniques, l'aventure-action à l'ancienne et les jolies filles en jupes très courtes qui s'envolent au moindre courant d'air. Et si vous aimez ça aussi, cette série n'est pas mal dans le genre.

J'aime bien la façon dont elle nous plonge dans l'ambiance aventureuse des années 60. Nos trois héros sont des anciens de la Guerre d'Algérie mais ils n'aiment pas la politique et se passionnent avant tout pour l'aviation et l'action quand elle se présente. Cette série a énormément de points communs avec Tanguy et Laverdure, avec ces héros pilotes d'avions évidemment, pour le cadre historique, mais aussi pour les décors et contextes des histoires, qui rappellent différents albums comme Baroud sur le désert, Destination Pacifique, la Mystérieuse Escadre Delta ou encore l'Espion venu du ciel. Comme dans ces deux derniers tomes notamment, Gilles Durance et ses amis sont embarqués dans des opérations troubles de barbouzes français où leur sens de l'honneur et de la franchise est mis à rude épreuve face aux magouilles complexes des espions et autres trafiquants d'armes.

Le dessin de Calixte est une ligne claire nette et lumineuse. Ses personnages sont parfois un peu raides et leurs poses et expressions un peu artificielles mais ce style permet une lecture fluide et plaisante. Ses véhicules, avions et autres voitures, sont en outre dessinés de manière très maîtrisée.

Les histoires sont agréables et pleines d'exotisme. On est vraiment dans l'aventure "à papa", avec les bons héros aux idéaux justes et valeureux. J'ai bien apprécié cette plongée dans l'ambiance un peu désuète d'une époque où l'aventure ne se perdait pas en complexité et en noirceur. Néanmoins j'ai un peu tiqué à certains moments, notamment quand je vois nos héros pourtant civils partir bombarder un aéroport comme si c'était la bonne chose à faire de s'impliquer aussi vite dans un conflit dont ils ne connaissent quasiment rien. De même certaines péripéties sonnent un peu faux, comme cet espion ennemi qui se trouve pile dans le bar où nos héros débarquent par hasard après avoir atterri d'urgence avec leur avion. Ce type de situation et quelques raccourcis moraux favorisant de l'aventure un peu guerrière façon "ouais, on va gagner parce qu'on est du côté des bons" a un petit peu refroidi l'affection que j'avais pu ressentir pour le reste du récit.

Je vois donc avec cette série une bonne BD d'aventure-action à l'ancienne pour les amateurs d'avions, de belles mécaniques et d'exotisme, mais pas un indispensable pour autant.

Nom série  Sailor Twain ou La sirène dans l'Hudson  posté le 13/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J'ai beaucoup aimé l'originalité de ce récit. Quand on voit une série s’appeler Sailor Twain avec un bateau à roues à aubes sur la couverture, on s'imagine une histoire classique de navigation sur le Mississippi. Mais il s'agit en fait ici d'une histoire se déroulant sur la rivière Hudson, avec un bateau célèbre pour les fêtes de célébrités qu'il accueille, ayant pour propriétaire un excentrique français à la fois romantique et grand coureur de jupons, et le tout dans un récit clairement orienté vers le fantastique.
Cette histoire de sirène charmeuse et mystérieuse dans le folklore des USA de la fin XIXe siècle m'a bien plu. J'étais intrigué et je voulais voir où elle allait me mener.

Le dessin est un peu spécial. Les décors sont soignés et réalistes. Certaines illustrations pleine page sont même très belles. En contraste, les personnages aux visages bien plus simples et aux grands yeux sont assez étonnants. Je dois dire que je n'ai pas trop aimé, surtout le visage du héros, le capitaine Twain, avec ses yeux tous ronds, son nez en triangle et ses cheveux en pétard. J'ai trouvé la façon de le dessiner trop basique pour me plaire. Il ne cadre pas bien avec le reste du graphisme et du récit.

Mais ça ne m'a pas empêché de bien apprécier l'histoire... jusqu'à la toute fin qui m'a un petit peu déçu. Ironiquement, je trouve que ça se finit un peu trop en queue de poisson. J'espérais une conclusion plus concrète, moins fataliste et romantique.

Nom série  Le Feul  posté le 10/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Une série d'heroïc-fantasy bien classique sur la forme, avec ses guerriers et guerrières et ses différentes peuplades, mais qui m'a séduit par sa sobriété plutôt mature et la beauté de son dessin.

Le trait réaliste et très soigné de Frédéric Peynet m'a immédiatement plu et surpris. J'étais surpris d'être passé à côté d'une série aussi bien réalisée. Ses personnages et ses décors sont très chouettes, et les couleurs élégantes ne gâchent rien.

J'ai également été charmé par le récit qui évite toute esbroufe et tape-à-l'oeil immature. Si l'on excepte des caractéristiques physiques différentes pour les différentes peuplades et quelques rares créatures imaginaires, on pourrait presque croire à un simple récit médiéval sans fantastique. Et ce qui m'y a plu, ce sont les personnages et les relations entre les différents peuples, à la fois opposés par des coutumes différentes et des préjugés méfiants, et en même temps unis par un même objectif de combattre une maladie qui les frappe tous.
Le premier tome m'a vraiment plu mais j'attendais encore que l'aventure se lance pour de bon. Le second tome est resté dans la même lignée assez sobre et je l'ai trouvée du coup un peu longuet. D'aligner des rencontres de nouvelles peuplades, ça va un moment mais ça lasse à la longue. Puis vient le troisième tome où tout s'accélère, presque trop car en voyant les dernières pages venir je m'inquiétais à l'idée que l'histoire s'arrête en plan et que la série ait été abandonnée. Mais non, il y a une vraie fin même s'il ne clôt pas certains aspects et laisse un léger goût d'incomplet, de frustration. Et surtout, je dois admettre que le twist final était devenu prévisible depuis de longues pages en ce qui me concerne et qu'il m'a déçu par son côté anachronique qui rompt avec l'élégance de la fantasy du reste de l'histoire.
Un peu déçu par la fin donc, mais ça reste une bonne série de fantasy avec un très bon dessin.

Nom série  Le Piano Oriental  posté le 09/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cet album raconte deux récits en parallèle. D'un côté, il y a l'histoire du grand-père de la narratrice, musicien libanais joyeux et ouvert d'esprit ayant inventé un piano permettant de jouer les quarts de ton spécifiques de la musique orientale. Et il y a l'histoire de la narratrice qui, de nos jours, nous fait connaître son état d'esprit par rapport à sa culture à la fois française et libanaise et son amour pour les deux langues et les deux pays. Les deux récit ne sont liés que par le fait que la première fait partie de la légende historique de l'autre.

J'ai bien aimé l'aspect optimiste de cette vision d'un pays avant et après une guerre civile qui l'a pourtant ravagé et qui n'est ici que mentionnée de loin. Le dessin naïf en noir et blanc de l'auteure permet de bien appuyer sur ce côté joyeux et légèrement insouciant. S'il fait initialement penser au style de Marjane Satrapi (Persepolis), elle-même influencée par David B. (L'Ascension du Haut Mal), il se différencie parfois par un aspect assez proche de l'illustration en enluminures. C'est joli et agréable à lire, même si je dois dire que la tendance à l'esthétisme rend parfois la narration graphique un petit peu confuse.

Le récit en lui-même n'est pas exceptionnel. L'histoire du grand-père et de son piano est intéressante et plaisante mais sans plus. Celle de la narratrice et de son rapport à sa langue et son pays ne m'a pas tellement captivé. Je l'ai trouvé trop personnel même s'il est sincère et même si j'ai trouvé sa fin assez jolie. J'aime bien cette image des toits parisiens avec la mer libanaise à l'horizon.

Nom série  Suite Française  posté le 08/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
L'Exode de Juin 40 en BD mais avec comme intérêt notable qu'il s'agit de l'adaptation d'un récit écrit entre 1940 et 1942, donc clairement au cœur de l’événement. Nous y suivons une brochette de personnages variés, allant de la famille bourgeoise à de simples employés de banque en passant par un écrivain snob et la maîtresse débrouillarde d'un riche banquier. L'histoire se passe entre le moment où ils décident tous de quitter Paris dans l'urgence et celui où la plupart d'entre eux y reviennent quand finalement la France a signé l'Armistice.

J'ai bien aimé la crédibilité de cet ensemble de récits ainsi que la diversité de son panel de protagonistes. Cela permet d'avoir plusieurs points de vue et plusieurs types de déroulement de ce moment historique. Le dessin est également appréciable, dans ce style d'Emmanuel Moynot qui s'apparente à celui de Tardi.
Par contre, le fait que le récit alterne rapidement entre les situations de chaque groupe de personnages donne un sentiment de superficialité au récit. On ne s'attache à aucun d'entre eux. De même, le rythme est un peu rapide et empêche le lecteur de se sentir impliqué et de vraiment apprécier ce qui arrive à chacun.
En définitive, ce fut pour moi une lecture historiquement intéressante mais pas vraiment très prenante.

Nom série  Cendres  posté le 06/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J'ai eu un léger sentiment de déjà-vu avec cette histoire. On y retrouve en effet le thème de trois anciens amis qui se retrouvent à l'occasion de la mort du quatrième membre de la bande qu'ils formaient étant jeunes et qui partent pour un road-movie qui va leur permettre de se retrouver et de vivre ensemble des aventures qui vont les rapprocher.
Outre son graphisme assez personnel, l'album se différencie un peu quand même par l'originalité de ses personnages, aussi bien dans le background de ces fameux amis que dans celui des deux brutes qui les poursuivent. Car il y a en effet une petite touche de récit de gangsters avec deux gros bras au look de ZZ Top qui en veulent pour une raison au départ mystérieuse à l'un des trois amis. Or il s'avère au fil des tomes que la raison pour laquelle ils le poursuivent est plutôt amusante et que ces deux là se révèlent finalement assez attachants.
Ah ! Et il y a aussi un singe, adopté par l'un des trois amis.

Tout ça pour dire que cette histoire inclut des éléments assez originaux et amusants dans une intrigue plus classique. Associés à un graphisme clair et un peu naïf et à des couleurs doucement acidulées, cela donne une lecture légère et divertissante. Je n'ai pas toujours fortement accroché car je trouvais que les amis en question n'étaient pas des plus attachants, mais par contre j'ai plutôt bien aimé la toute fin et le fameux endroit où ils arrivent. C'est un rêve qui me parle bien.

Nom série  Douce France  posté le 03/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Un album qui aborde plusieurs thèmes à la fois mais sans véritablement se positionner à mes yeux.

Il y a ce jeune chef de projet immobilier qui se débat dans le panier de crabes de sa société où les connards prétentieux et ambitieux sont légion. Et il y a ce mémorial de la Résistance ayant pour figure de proue un ancien résistant devenu haut dignitaire et figure locale célèbre mais dont le passé durant la guerre est visiblement plus complexe qu'il n'y parait. Le jeune chef de projet se retrouve tiraillé entre de nombreux éléments contradictoires : ses ambitions professionnelles, sa femme bientôt enceinte qu'il délaisse, ses soucis de chantier et de rivalité interne, son admiration pour l'ancien résistant, les reproches à son père qui lui n'a pas fait partie de la Résistance, et finalement ses doutes sur des révélations volées et sur comment il doit se comporter face à tout ça.

Tous ces thèmes se mélangent et, même si l'ensemble reste réaliste, le déroulé de l'histoire se révèle un peu confus. On ne voit pas bien où l'auteur veut en venir si ce n'est à soulever des questions, souvent des questions d'éthique ou de sociologie, mais sans répondre à aucune.
La narration est un peu spéciale en outre car elle offre à plusieurs moments et sans crier gare de grosses ellipses de plusieurs mois qui obligent le lecteur à se replacer dans un contexte un peu différent à chaque fois.
Le personnage principal n'est en outre pas rendu attachant car il parait aussi renfermé et distant aux yeux du lecteur qu'il l'est aux yeux de ses proches. Ses réactions parfois brutales sont crédibles mais ne le rendent pas sympathique.

Pour ce qui concerne le graphisme, il est réalisé avec un trait épais de type crayon fusain qui rappelle le style de Jean-Claude Götting. S'il est élégant et plutôt esthétique, ce dessin a le défaut de ne pas permettre de bien reconnaître certains personnages, surtout quand ils sont vus d'un peu loin, et ne facilite pas la clarté de toutes les scènes. A noter que le dessinateur fait le choix d'une sorte de bichromie en bleu et rouge qui est assez originale et jolie mais dont je ne comprends pas bien la logique : pourquoi parfois rouge, pourquoi parfois bleu ? Juste pour le contraste et pour différencier certaines scènes ?

Douce France est un récit adulte abordant plusieurs sujets sérieux et intéressants, mais je trouve qu'il ne les approfondit pas de manière satisfaisante, que le personnage principal n'est pas attachant et que la narration n'est pas toujours très claire. Je suis moyennement convaincu.

Nom série  Le Sourire de Mao  posté le 02/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Les auteurs de cet album ont imaginé un futur proche ou une réalité alternative où une République Démocratique de Wallonie séparée de la Flandres est dirigée par un homme aux méthodes néo-nazies sous couvert de politiquement correct. Jeunesse embrigadée, médias diffusant un discours bien pensant, société favorable à la délation et à la dénonciation des opposants comme étant des terroristes.

Au départ, j'ai trouvé cette Wallonie dystopique assez stéréotypée et la transposition du nazisme trop facile et caricaturale. Les méthodes employées par le gouvernement y sont trop évidentes, notamment ces adolescents en uniformes façon chemises brunes. Ça donne l'impression que le peuple est rendu artificiellement naïf et que la dénonciation par les auteurs du risque de voir leur pays sombrer dans le fascisme est grossière et cousue de fil blanc.
Mais finalement, au fur et à mesure de ma lecture, je me suis dit que le scénario tenait quand même plus ou moins bien la route. Son rythme est rapide, peut-être un peu trop parfois, mais ça permet d'offrir un scénario assez dense avec l'avantage de tenir en un seul tome alors qu'il aurait pu être dilué sur plusieurs. Et là où l'intrigue paraissait convenue dans la première moitié de l'album, il finit par offrir des retournements de situation et surprises assez bien menées par la suite. Cela reste un peu convenu et pas très original sur le fond, mais j'ai relativement bien apprécié.
Et puis j'aime aussi le dessin que je trouve clair et agréable. C'est lui qui m'a permis de mieux apprécier le début moins captivant de cette histoire et ensuite de pouvoir profiter de la fin où le scénario décolle un peu plus.

Nom série  20 ans ferme  posté le 01/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Une dénonciation de l'impasse que représente l'univers carcéral en France par le biais de l'histoire d'un homme condamné à 20 ans ferme dans les années 80.

Le discours est plein de bon sens. Comment la société peut-elle espérer que les criminels en prison s'amendent ou ne récidivent pas en sortant alors que son fonctionnement pervers ne peut finir que par les déshumaniser ou les empêcher de s'en sortir par la rédemption, le travail ou les études ? La société crée ses propres monstres avec les prisons.
Mais le débat est là car quelle autre solution y a-t-il ? Va-t-on payer des thérapies, des soins ou de nouvelles études à ces criminels qui les ont rejetés durant toute leur jeunesse et qui sont allés sciemment à l'encontre des lois de la société ? Pourquoi changeraient-ils soudainement ? Va-t-on leur donner l'affection que le personnage réclame dans cet album ? Faut-il que ceux qui travaillent et sont intégrés dans la société assument et paient pour ceux qui ne l'ont pas fait et n'ont pas donné l'impression de vouloir le faire ? N'y aurait-il du coup plus de punition pour les criminels, rien qui puisse leur faire peur à l'idée de commettre un crime, mais au contraire de l'aide donnant l'impression qu'au pire ce n'est pas grave, commettons un crime comme ça je serai aidé après ?
Je ne suis absolument pas apte à débattre sur le sujet et ne vois aucune solution simple.

Sur le fond, le sujet est intéressant donc.
Sur la forme, j'ai moins été captivé.
Le dessin est correct et la narration fluide mais ce style graphique n'est pas trop ma tasse de thé.
Et surtout le personnage n'est pas rendu franchement attachant. A peine arrivé en prison, on le voit faire le dur, gueuler et se plaindre, classant le fait qu'il soit coupable de braquage comme étant négligeable et exigeant que la prison soit confortable et pas désagréable. Du coup il s'attire des emmerdes à vitesse grand V et après se plaint de plus en plus et entre en résistance.
Dans le cas d'un récit comme celui de Toi au moins tu es mort avant où l'on suit l'incarcération arbitraire d'un prisonnier politique grec et sa résistance passive aux maltraitances de ses geôliers, on peut comprendre son combat et les raisons de sa fierté tenant parfois même à l'obstination. Mais dans le cas d'un criminel qui, à peine arrivé en prison, commence à foutre le boxon parce qu'il veut baiser avec sa copine ou pouvoir se doucher tranquille, j'ai moins tendance à me sentir proche.
Ce n'est que par la suite, quand on voit qu'au-delà des soucis de confort, le récit dénonce toute une structure carcérale mal conçue qui fait qu'à l'emprisonnement physique s'ajoute un emprisonnement mental créé par l'humiliation et la perte d'espoir dans l'avenir, qu'on comprend mieux le besoin de se révolter du héros. Mais je n'ai pas l'impression que c'était ses réelles motivations en début d'album. Et d'ailleurs, il me semble que c'est justement quand il réalise vraiment ce contre quoi il est en droit de se rebeller qu'il devient au contraire plus sage et décide d'attendre tranquillement sa liberté conditionnelle.

Nom série  Arthus Trivium  posté le 01/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Avec cette bande dessinée, nous sommes dans de l'action fantastique à grand spectacle dans un cadre de cape et d'épée.
Comme Marini le rappelle lui-même en couverture du tome 2, cela rappelle une série à succès comme Le Scorpion : de beaux héros, un dessin soigné et esthétisant tout en affichant de l'action musclée, un cadre mêlant ésotérisme, combats et fantastique, et une série taillée sur mesure pour plaire au grand public. Pour aller dans ce sens, elle est d'ailleurs construite en diptyque pour faciliter l'achat et l'assimilation par les lecteurs.

De quoi s'agit-il donc ? De mettre en scène Nostradamus comme étant dépositaire d'un véritable pouvoir magique de divination et ayant éduqué trois disciples, deux hommes et une femme, pour devenir de vrais super-héros justiciers ne craignant ni sorciers ni démons. Mais le Mal est puissant et va s'en prendre au vieux mage pour tenter d'ouvrir la porte des enfers et permettre aux démons de venir sur Terre.
Après un premier tome où on se demande encore si on est à la limite du réel ou du surnaturel, le second nous plonge très vite dans de l'action fantastique à la façon de Hollywood, pas crédible du tout mais rythmée et prenante. C'est du pur divertissement.

Le dessin est bon et bien colorisé même si je n'aime pas trop tous ces personnages au physique de mannequins aux traits fins et aux corps parfaits. Ce style manque un peu d'âme mais on ne peut pas lui reprocher grand chose sur le plan technique.
L'histoire, quant à elle, fait un peu trop dans le grand spectacle facile à mon goût. Ça ressemble à un blockbuster de cinéma avec de gros moyens financiers mais très formaté au niveau du scénario. Ça marche pour se vider la tête avec une histoire mouvementée et divertissante mais il ne faut pas y chercher trop de profondeur.

Nom série  Fête des morts  posté le 31/01/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Un polar assez noir et glauque puisqu'il parle de pédophilie mais qui tient bien la route.
Le cadre Cambodgien est assez original. A vrai dire, au début, j'ai confondu et cru que ça se déroulait en Thaïlande, réputée pour son marché du sexe assez sordide. Je ne pensais pas que le Cambodge avait sombré lui aussi dans cette malheureuse dérive mais j'imagine que la misère, la corruption et l'exemple du pays voisin n'aident pas à y échapper. En tout cas, ça refroidit fortement les envies d'aller là-bas pour du tourisme traditionnel.

Le dessin est réalisé d'un trait souple et lâché qui fait penser à celui d'un José Muñoz (Alack Sinner). Il fonctionne bien pour donner l'ambiance d'un polar noir en pays exotique. Par contre, certains personnages sont trop faciles à confondre et globalement ce n'est pas trop un style graphique que j'apprécie énormément.

Les personnages, on en vient aussi assez facilement à les confondre au cours de l'enquête de ce policier dans cette ville balnéaire khmer. Beaucoup de noms de se ressemblent : Nara, Darat, Casta, Varanat, Yama... Il y avait une promotion sur les A à la distribution des noms ?
Déjà que de manière générale j'ai tendance à m'y perdre dans les enquêtes policières et dans les magouilles, ça n'aidait pas.
Le côté bourru du héros, vieux flic désabusé qui n'a plus rien à perdre, est assez cliché mais on a envie d'être à ses côtés pour faire dérouiller ces salauds qui exploite la jeunesse. Et l'ensemble de l'intrigue reste crédible, ce qui n'est pas un mal.

Un contexte et une histoire trop sombres pour mes goûts, moi qui ne suis pas amateur de polar noir, mais un scénario et une BD de plutôt bonne qualité.

Nom série  Etunwan - Celui-qui-regarde  posté le 31/01/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
C'est l'histoire d'un photographe participant à une expédition scientifique vers l'ouest sauvage dans les années 1860 et qui s'éprend de l'idée de photographier le peuple indien au naturel pour immortaliser les moments de vie et de culture d'un peuple en voie de disparition.
Je me suis demandé si c'était une histoire véridique mais à priori c'est une fiction même si elle est très réaliste. Tout est crédible et on est rapidement plongé dans l'ambiance d'une exploration de terres sauvages, de grands espaces fascinants et de rencontres avec des hommes d'une civilisation différente, fière et intéressante même si sans avenir.

Thierry Murat y utilise le même style graphique que dans Les Larmes de l'assassin, à savoir des dessins tous en ombrages noirs sur fond marron ou sépia, accompagnés de textes narratifs ou de dialogues sans bulles dans une police de caractère de type machine à écrire. Cela donne un aspect vieillot, voire vieilli, aux planches, que je n'aime pas trop car il est austère et sombre. Ce choix graphique me déçoit en outre car il ne rend vraiment pas hommage aux décors décrits comme exceptionnels que le héros peut admirer, ni aux personnages des peuplades indiennes qu'il croise. C'est frustrant.

Quant à l'histoire, je l'ai trouvée bonne, intéressante et dépaysante sur la majorité de l'album. Pourtant, vers la fin, quand le héros sombre soudain dans des tourments amoureux, j'ai un peu décroché. Et j'ai été déçu par la conclusion car je n'ai pas compris sa réaction destructrice. Pourquoi agit-il ainsi alors que, même si ça ne vient pas du gouvernement, on lui propose quand même les moyens financiers d'éditer ce fameux ouvrage qu'il voulait pouvoir immortaliser une part de l'âme du peuple indien ? Sa réaction ressemble à un caprice romantique et ça m'a agacé.

Bref il y a du bon et du moins bon dans cet album. J'ai aimé le voyage réaliste vers des terres exotiques et l'émotion de l'exploration loin de la civilisation. J"ai moins aimé le graphisme et la fin de l'histoire.

Nom série  Parallèle  posté le 30/01/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Il y a des choses que j'aime bien et d'autres moins dans ce début de série.

Ce que j'aime, c'est son côté science-fiction d'action sans scrupule. Un vaisseau, une planète étrange et dangereux où son équipage est naufragé, un monde parallèle, des communications avec la Terre et la découverte d'une catastrophe à venir, une double ligne temporelle qui se met en place... Ce sont des ingrédients populaires que j'aime bien et qui tiennent assez bien la route ici.

Le dessin n'est pas mauvais non plus mais un peu inégal. J'aime sa colorisation et son ambiance générale qui n'est pas sans rappeler celle de Juan Gimenez (La Caste des Méta-barons et ses autres récits de space-opera). Si le trait est globalement bon, il y a quand même certains cadrages pas toujours très déchiffrables et certaines scènes d'action dont la narration est un peu hésitante. En particulier, je n'ai pas compris l'histoire de la sortie des véhicules d'évacuation à un moment donné, et j'ai dû relire les cases pour comprendre que je voyais le déploiement de plusieurs d'entre eux et non pas la sortie puis la rentrée puis à nouveau la sortie du même. De même, les différences entre les deux lignes temporelles dans les dernières pages du premier tome ne sont pas très claires.

Ce que j'aime moins par contre, c'est cette histoire trop cliché d'attaque de zombies et de gars bien armés qui se font tuer si facilement. L'intrigue reprend trop de stéréotypes des scènes de films de ce genre, avec des facilités qui m'ennuient plus qu'elles me divertissent ou font naître le moindre suspens.
En outre, le premier tome ressemble beaucoup à une grosse introduction et je ne sais pas trop si la suite va me plaire. Je la lirais quand même par curiosité, si elle parait bien un jour.

Nom série  Alix & Arsénou  posté le 30/01/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Ces albums au format à l'italienne sont de petits documentaires touristiques à destination de la jeunesse. Y dédiant un album à chaque fois, Frédéric Brrémaud nous y fait découvrir des lieux aussi variés que Rome ou Noirmoutier.

Pour cela, il s'est associé à trois dessinatrices et dessinateurs italiens qui se partagent chacun un ou deux albums. Leurs styles sont différents mais relativement proches, tous plus ou moins influencés par l'école d'animation italienne de chez Disney. Là où leur graphisme forme un tout uni, c'est dans leur agréable colorisation, chaude et lumineuse. C'est plutôt sympa à regarder et à lire.

Le ton de la lecture est léger, adapté à un lectorat jeunesse, 10 à 13 ans je dirais, ou éventuellement tous publics. Avec ces albums, on fait le tour des informations et lieux les plus célèbres de chacun des endroits visités, comme un petit résumé de guide du routard pour les jeunes. C'est plaisant même si rien n'est abordé en profondeur ou avec vraiment d'originalité.
A noter que l'album sur Rome est bilingue, une page en français et puis son double en italien. L'initiative est louable pour mettre dans l'ambiance des lieux, mais du coup le contenu est deux fois moindre en terme de quantité pour le lecteur.

Je conseille l'achat si vous avez prévu de voyager avec vos enfants ou s'ils partent avec leur école à Noirmoutier. Ça leur permettra d'avoir un bon aperçu d'ensemble des lieux qu'ils vont visiter.

Nom série  Dian Fossey  posté le 28/01/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cet album est une biographie dans le sens le plus classique du terme. Il raconte par les faits la vie de Dian Fossey de sa jeunesse à sa mort. Seule légère spécificité, la narration est plus ou moins à la première personne, comme si c'était elle-même qui racontait sa vie aux lecteurs. Pour autant, cela reste purement factuel, comme un journal de bord qui éviterait de parler vraiment de sentiments.

Dian Fossey c'est donc une californienne qui a souffert dans sa jeunesse de la séparation de ses parents et de la frustration de ne pas pouvoir assouvir sa passion pour les animaux. Cette frustration va l'amener à vivre avec obstination ses envies de nature et de vie auprès de la faune et de participer à partir des années 60 à une expédition scientifique destinée à étudier les primates dans la forêt africaine. Elle y trouvera sa raison de vivre et ne quittera plus jamais ses gorilles à part pour quelques brefs retours en Amérique pour financer ses recherches et la protection de ses animaux. Toute sa vie, elle se battra pour la préservation des primates et de leur habitat naturel, quitte à s'attirer pas mal d'ennemis.

Sur la forme, je n'ai pas apprécié cet album. J'ai eu l'impression de lire une de ces vieilles BD réalistes parues dans Okapi dans les années 80, à l'époque où certains auteurs y débutaient leur carrière mais que beaucoup n'avaient pas encore vraiment la technique suffisante pour être édités. Le trait n'est pas maîtrisé, les décors sont croqués en de nombreuses courbes fouillis, les personnages sont globalement laids et les anatomies approximatives. Bref, même si le travail de la couleur est plutôt harmonieux, l'ensemble n'est pas agréable à l’œil.
Je n'ai pas apprécié non plus le côté purement factuel de la narration. Autant on peut un peu s'attacher au personnage dans les premières années du récit, notamment avec son émotion à son arrivée en Afrique, mais ensuite, quand elle est vraiment installée, le récit devient plus froid, presque ennuyeux et surtout très détaché du personnage.

Sur le fond, pourtant, c'est instructif. J'ai été surpris de voir une telle ténacité, proche de l'obstination pour cette femme qui donne ici clairement l'impression de préférer les animaux aux autres humains. Même si elle n'est pas rendue très sympathique par cette lecture, elle a vécu une vie originale et a réalisé un combat admirable pour la préservation des gorilles.

Nom série  Love story à l'iranienne  posté le 27/01/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je salue l'intérêt du reportage et des témoignages rapportés par le couple de scénaristes de cet album, des journalistes masquant leurs vrais noms derrière un pseudonyme car c'est de manière clandestine qu'ils sont rentrés en Iran et qu'ils y interrogent la population en se cachant des autorités.
C'est un travail journalistique et documentaire très louable. On y découvre ainsi la vie intime des iraniens et des iraniennes, comment ils endurent le régime et son totalitarisme religieux, le paradoxe de leur état d'esprit entre respect des traditions et de la famille, leur quête de liberté et une relation d'amour-haine avec leur pays et sa culture. Les témoignages sont orientés en priorité sur le sujet des relations amoureuses des jeunes couples iraniens et c'est un biais tout à fait valable pour donner un aperçu très instructif de la vie dans ce pays.

Le dessin de Deloupy est agréable et aéré.
La narration est légère, ne tombant pas dans le travers de dialogues longs et ennuyeux.
L'album se scinde en plusieurs chapitres qui sont autant de témoignages, entrecoupés de petits textes informatifs sur les faits politiques, sociaux et historiques du pays, et séparés chacun par quelques pages présentant des croquis, quelques mots à propos du voyage des auteurs ou encore des citations d'autres iraniens rencontrés sur place.
C'est un album très intéressant sur la vie privée et l'état d'esprit des jeunes iraniens dans les années 2010. Il ne lui manque qu'un peu plus d'émotion pour se différencier du simple recueil documentaire de témoignages.

Nom série  Courbet  posté le 26/01/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Une chose appréciable avec cette BD, c'est que ce n'est pas une biographie du peintre Gustave Courbet, chose qui m'aurait plutôt ennuyé. Le peintre et son oeuvre la plus connue, l'Origine du Monde, ne sont ici que le prétexte à une enquête policière et à une découverte du Paris artistique de 1866.

J'aime la façon dont les auteurs donnent vie à la ville lumière de l'époque. On sent vraiment qu'il s'agissait d'un âge d'or pour la France et pour les parisiens, du moins sur le plan urbain et artistique. On peine à imaginer qu'à peine cinq ans plus tard, la ville sera ravagée par la guerre contre la Prusse puis la Commune.
Nous suivons donc deux enquêteurs à la poursuite de ce qui ressemble à un tueur en série motivé par la peinture indécente de Courbet. Avec eux, nous allons croiser un florilège d'artistes en tous genres de l'époque. Même si les voir en rencontrer autant à chaque coin de rue sonne faux et artificiel, on ne peut qu'être admiratif du nombre d'artistes célèbres dans ces lieux et ces années là qui ont marqué l'histoire.

Le dessin est appréciable. J'aime son réalisme, ses couleurs et son souci du détail vestimentaire et architectural, même si je lui sens un manque d'aisance technique dans le trait.
La narration graphique n'est pas toujours impeccable. Les toutes premières pages de l'album notamment, se déroulant lors d'une représentation d'opéra, sont un peu embrouillées et il m'a fallu m'y reprendre à deux fois pour comprendre certains enchaînements.
Le scénario pêche par le côté inventaire artificiel des grands noms de l'époque et par une enquête parsemée de quelques facilités et coïncidences heureuses. Le tueur est un peu médiocre en terme de personnage, dans sa motivation et dans la façon dont il se jette stupidement dans la gueule du loup.
Mais ce n'est pas très gênant car c'est surtout la visite du Paris de 1866 et de son milieu artistique qui m'a plu dans cet album.

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