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Nom série  Betty Boop  posté le 06/07/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Note : 2.5/5

A vrai dire, avant de tomber sur l'intégrale de chez Vents d'Ouest, je ne savais même pas que Betty Boop avait eu droit à une version comics en plus de ses anciens dessins animés. En effet, ce comics est plus un produit dérivé suite au succès des dessins animés. Et si le nom de Max Fleischer, créateur du personnage et de son design, est marqué partout sur ces gags en une planche, c'est en réalité un certain Bud Counihan, autrement inconnu au bataillon, qui est en charge des scénarios et du dessin.
Alors que le personnage de Betty Boop est restée connue du grand public, cette série n'aura elle pas beaucoup d'impact sur les mémoires. Elle est apparue en effet à partir de 1935 mais son rythme de parution s'espacera assez rapidement pour disparaître dès 1936.

Ce sont des gags en une planche où Betty Boop joue le rôle d'une star de cinéma à qui on propose des tournages plein de charme et d'aventure. Son partenaire le plus récurrent n'est autre que le réalisateur de ses films qui joue aussi un peu le rôle de son agent et ami. On y retrouve aussi son petit chien, Billy, son petit frère, Buddy Boop, au caractère très trempé et brutal, et sa tante, elle aussi très portée sur la susceptibilité et les actions musclées.
Betty y joue les petites divas, très capricieuse et superficielle mais relativement attachante malgré tout. Les gags tournent d'abord autour des rôles parfois incongrus que Betty doit jouer et sur les extravagances de cette dernière. Puis son petit frère et ensuite sa tante prendront davantage de place et accapareront la thématique de beaucoup de planches.

La version intégrale de chez Vents d'Ouest est un très bel album, avec une belle couverture cartonnée et un peu matelassée, du papier épais et un bon travail éditorial. J'aime le côté désuet des planches qu'il contient et notamment des couleurs un peu délavées.
Par contre, force est de constater que le dessin est très moyen. Les décors sont simples et agréables. Mais les personnages, eux, sont très raides et dotés d'une palette d'expression trop réduite. Et surtout Betty Boop elle-même est un modèle de rigidité dans le trait : son visage est toujours strictement identique, toujours de face, avec juste les yeux qui se tournent dans des directions différents pour montrer qu'il est vivant. On dirait une poupée de cire.
Quant aux gags, même s'ils dégagent un côté assez attachant et agréablement rétro, ils ne sont pas drôles. Ils sont la plupart du temps convenus et prévisibles. Et surtout beaucoup de gags sont recyclés et réutilisés de planche en planche. Alors que la parution ne s'est finalement étendue que sur moins de deux années, cela démontre un singulier manque d'inspiration.

Bref, je trouve que l'intégrale Vents d'Ouest est appréciable pour la beauté de l'objet, le travail éditorial et l'aspect rétro et historique de ce comics des années 30, mais le contenu des planches en elles-mêmes ne vaut pas vraiment trop qu'on s'y attarde.

Nom série  Fairest  posté le 01/07/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je suis un grand fan de Fables et j'ai aussi beaucoup aimé son spin-off Jack of Fables même s'il est un cran en dessous. Et pourtant, j'ai mis un moment à me convaincre à acheter un tome de Fairest, pourtant lui aussi spin-off de Fables. La faute à des critiques acerbes et plutôt généralisées du premier tome. Puis le temps passant, les avis sur le Net étaient que le second tome était le meilleur des trois parus à ce jour, chacun étant composé d'une histoire en un tome indépendante. Je me suis donc lancé dans l’achat de ce tome là pour voir si effectivement il valait le coup et allait me donner envie de lire le reste de la série.

J'y ai découvert une histoire tout à fait imbriquée dans celles de Fables, se déroulant me semble-t-il entre les tomes 2 et 3 de la série mère en terme de chronologie. Elle met en scène Raiponce qui se rend au Japon pour régler une affaire ayant impacté son propre passé. Nous y découvrons ainsi un mélange entre les contes classiques Européens et le folklore japonais, ce qui détonne un peu dans le cadre habituel de Fables mais apporte une certaine nouveauté.
Le dessin est plutôt bon, même si j'apprécie moyennement les légères différences avec celui de la série mère, comme la représentation de Bigby qui est moins charismatique à mes yeux.
L'ennui, c'est que l'histoire n'a rien de palpitant. Elle est un peu embrouillée, joue beaucoup sur l'action et sur un mystère qui tombe à plat et fait la part belle au grand spectacle et à des personnages un peu poseurs auxquels je ne me suis pas du tout attaché.

Bref, j'y ai trouvé une lecture divertissante mais sans originalité, comme une production américaine de base avec beaucoup d'action et de spectacle mais qui s'oublie très vite.
Pas motivé du tout donc à acheter les autres tomes de la série.

Nom série  En chemin elle rencontre...  posté le 01/07/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je ne suis pas amateur d’œuvres collectives engagées sur des sujets de société, mais étant bien souvent plus féministe que ma femme (qui l'est pourtant déjà bien), le sujet de l'égalité homme-femme et plus encore de la violence faite aux femmes (comme à n'importe qui d'ailleurs) me tient à cœur. Et ce collectif là, avec 3 albums à son actif pour le moment, est de bon niveau.
Comme dans tous les collectifs, il y a des styles graphiques très différents, mais aucun que j'ai trouvés mauvais et certains très bons.
Les histoires sont le plus souvent parlantes et certaines assez fortes. Cela m'agace d'ailleurs parfois car les récits réalistes montrant de vraies injustices ont toujours tendance à me titiller les nerfs et à me rendre agressif.
Les textes intermédiaires présentant les situations réelles chiffres à l'appui sont aussi intéressants.
Je regrette seulement une part d'histoires un peu trop didactiques, façon "voilà c'est comme ça que ça se passe, c'est révoltant ou édifiant, pas vrai ?". Celles-ci manquent un peu de finesse et enfoncent un peu maladroitement un clou déjà bien enfoncé.
Un bon collectif sur un sujet qui le mérite.

Nom série  Des maux pour le dire  posté le 30/06/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Des maux pour le dire est l'un des premiers albums de Lax (auteur d'Azrayen', Le Choucas ou encore L'Aigle sans orteils). On y retrouve son trait maîtrisé et réaliste, peut-être même trop réaliste car son dessin est tellement soigné ici qu'il parait légèrement laborieux, au détriment d'une narration fluide et claire.

L'histoire aussi surprend par son réalisme et pour cause puisqu'elle met en scène le propre frère tétraplégique de l'auteur dans une histoire d'aventure qui, sauf erreur, tient par contre de la fiction.
Le quotidien d'une personne aussi lourdement handicapée est mis en scène avec sérieux et je ne peux que saluer le fait d'en faire le héros d'un vrai récit d'aventure. C'est un peu déstabilisant au départ, difficile en effet de se sentir motivé à l'idée d'un héros incapable de bouger autrement qu'une fois harnaché dans un gros fauteuil roulant et incapable de parler clairement, mais on s'y fait et l'intérêt de l'histoire et la motivation du héros prend le pas sur le malaise initial.

Malgré une légère curiosité initiale, c'est surtout à partir du moment où l'action se déplace au Maghreb que j'ai commencé à accrocher à l'intrigue. L'aspect aventure et exotisme contrastant avec l'incapacité physique du héros est intéressante. J'ai en outre apprécié le réalisme de la fin qui évite la facilité d'une conclusion heureuse.
Une lecture assez originale, même si on sent qu'elle commence à dater, l'ambiance années 80 étant très marquée.

Nom série  Basewood  posté le 30/06/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Basewood est une oeuvre qui tenait à cœur à son auteur, un album sur lequel il a travaillé 7 ans, qu'il a auto-publié et où il n'a pas compté sa peine comme sur les nombreuses planches enneigés où il s'est appliqué à dessiner chaque flocon.
C'est un pur récit d'aventure dans un décor légèrement fantasy non défini, dans une ambiance qui tient parfois du moyen-âge et parfois du 19e siècle américain. Il met en scène un jeune homme rendu amnésique suite à une chute et qui apprend à vivre dans une mystérieuse forêt avec un vieux solitaire qui s'y est installé depuis de nombreuses années. Ajoutez à cela une falaise gigantesque, un dangereux dragon et une femme amoureuse, et vous aurez les éléments de Basewood.

Le graphisme est simple et rond, proche de la Ligne Claire. Le rendu est esthétique mais je ne suis pas toujours totalement convaincu par la narration graphique, notamment des expressions des personnages qui ont tendance à passer sans transition de en colère à souriant puis renfrogné. Ce n'est pas toujours facile de capter pour de bon leur état d'esprit. Je dois dire aussi que je ne me suis pas tellement attaché à eux.
Quant à l'histoire, elle est sympathique et plutôt bien menée. Elle est dotée d'une certaine touche d'originalité dans le ton sciemment naïf ou du moins sincère et sans faux-semblant. Je ne l'ai cependant pas trouvé très enthousiasmante ni prenante, malgré un petit zeste de curiosité. Je me suis presque ennuyé par moment à vrai dire.
Et du coup, j'ai terminé l'album sans être emballé et il ne marquera pas tellement ma mémoire.

Nom série  Disquettes  posté le 28/06/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Il y aura deux types de lecteurs pour cet album : ceux qui connaissent les youtubers qui le composent, et ceux qui ne les connaissent pas.
Pour les premiers, c'est agréable de retrouver des humoristes croisés sur le Net mais aussi un peu à la télé, au détour d'un sketch de Golden Moustache ou simplement sur leurs chaines Youtube. Pour les autres, c'est un moyen de découvrir des noms souvent inconnus du public hors Internet et des atmosphères humoristiques souvent pleines de personnalité.

Dupuis leur a offert l'occasion de s'attaquer à la bande dessinée, avec un dessinateur chacun pour mettre en image leurs délires (sauf pour le cas de Vincent Tirel qui se débrouille seul et que je félicite pour son coup de crayon, je le verrais bien dans les marges de Fluide Glacial). Après une page d'introduction, chacun a ainsi droit à une poignée de pages qu'ils utilisent soit en une histoire courte, soit en gags en une planche ou en strips.
Le passage à la bande dessinée leur permet certaines libertés mais chacun essaie en général d'adapter son style d'humour à ce nouveau médium. Il faut avouer que ça ne marche pas toujours très bien, certains gags sentant un peu le forcé ou le réchauffé, où l'on sent que les auteurs ne sont pas encore très à l'aise avec la narration graphique. L'ambiance de ces planches est généralement bonne mais, à part quelques exceptions, j'ai eu un peu de mal à décrocher de véritables sourires.
On retrouve en outre la caractéristique classique des albums collectifs : le mélange de bon et de moins bon, tant au niveau graphique qu'humoristique, qui aplanit l'impression d'ensemble.

Une initiative sympathique permettant au monde de la BD de s'ouvrir un monde des vidéos Internet et à ses lecteurs de découvrir de jeunes artistes du Web ou de profiter de leur humour dans un nouveau domaine. Mais force m'est d'avouer qu'il s'agit justement d'un domaine qu'ils ne maîtrisent pas encore et du coup cela ne permet pas d'en faire une lecture très enthousiasmante.

Nom série  Nas, poids plume  posté le 23/06/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Pas mal du tout comme série.
Elle met en scène des enfants d'un quartier populaire de nos jours et notamment le petit Nassim, vivant avec la famille de son père, d'origine maghrébine, avec sa mère à priori veuve. Ce dernier est harcelé par un plus grand que lui à l'école et aimerait vraiment rejoindre ses amis à leur cours de boxe pour ne plus avoir peur. Mais sa mère ne veut pas.

J'ai eu un peu de mal avec le côté "utopie socialiste" représenté par ce quartier melting-pot où vivent en bonne entente des gens de toutes les origines. Ces sourires partout, ça crée une ambiance sympathique mais ça ressemble aussi un peu à un tract politique. Sans parler d'un certain manichéisme avec des méchants bien punis pour leurs méfaits ou alors qui finalement deviennent gentils.
Heureusement, l'auteur ne pousse pas trop loin la touche idéaliste et conserve un peu de réalisme avec des protagonistes qui ne réussissent pas forcément ce qu'ils entreprennent et des relations plutôt justes entre les personnages.

Le graphisme non plus ne m'a pas trop enthousiasmé. J'ai trouvé les traits d'expressions un peu trop vagues et épurés et on sent que l'auteur n'est pas encore parfaitement à l'aise sur le plan technique. Néanmoins, ces légers défauts n'ont rien de rédhibitoire et la narration graphique permet une lecture fluide et plutôt agréable. Et j'imagine que s'il y d'autres tomes à venir, l'auteur y gagnera en assurance.

L'histoire, pour sa part, est sympathique et bien menée. Elle présente quelques côtés un peu bien-pensants et politiquement corrects mais elle ne manque pas d'intelligence et présente des situations et personnages intéressants. Elle finit en outre par dégager un optimisme assez rafraîchissant. Je suis sorti satisfait de ma lecture.
Une bonne série jeunesse qui mérite d'avoir une suite.

Nom série  Les Enigmes de Tim  posté le 18/06/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Les Enigmes de Tim, je les lisais dans Pif Gadget et autres Hercule Magazine quand j'étais enfant. Comme d'autres énigmes du genre à l'époque, par exemple Les Enigmes de Ludo ou les Mickey Énigmes, il s'agissait d'histoires courtes en une page ou une demi-page présentant un contexte, offrant des indices et permettant aux lecteurs de deviner par eux-mêmes le coupable ou la solution d'une énigme policière.
C'est un concept sympa et j'avoue me prêter toujours au jeu de voir si je peux deviner sans retourner le livre ou le magazine pour trouver la solution.
Et cette édition en intégrale chez le Coffre à BD a en outre l'avantage de ne pas se contenter de publier pour la première fois en album les fameuses énigmes mais aussi d'offrir un entretien de l'auteur et de nombreuses illustrations rendant hommage au personnage et permettant de resituer la série dans son époque. C'est intéressant et cela réveille un peu la nostalgie.

L'ennui par contre, c'est que je ne suis pas un grand fan de Tim et de ses énigmes. Elles sont trop faciles à mon goût et un peu trop bancales ou manquant de crédibilité. Cela s'adresse à un lectorat jeune mais elles sonnent trop artificielles et convenues la plupart du temps. Quand on connait le concept de ce type d'énigme, la solution saute trop vite aux yeux. Du coup, comme je ne trouve pas Tim très charismatique et que je n'accroche pas à son univers et à son graphisme, je réserve cet album aux vrais fans de Pif Gadget et aux amateurs de nostalgie.

Nom série  Alice au pays des merveilles (Drugstore)  posté le 08/06/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
En fait, à part le dessin animé de Disney, différentes adaptations plus ou moins libres et autres inspirations, je ne connais pas le véritable contenu du livre de Lewis Carroll que je n'ai jamais lu. Et comme à priori cette BD en est une retranscription assez fidèle, je trouvais le projet louable. En effet, hormis les premières pages qui sont très similaires à celles du fameux dessin animé, le récit est ensuite très différent même si on retrouve quelques moments ou images clés.
C'est intéressant. D'autant que le graphisme est soigné et esthétique.

Pourtant, je n'ai pas été charmé.
D'abord ce fameux graphisme m'est apparu un peu trop sombre et froid à mon goût. Il ne permet pas à la folie du récit de se dégager.
Ensuite, l'histoire telle que racontée ici m'est apparue assez ennuyeuse et confuse. Folie et absurde ne fonctionnent pas quand leur mise en scène parait morne et mécanique. J'imagine que les textes sont bien ceux du livre, ou du moins de sa traduction puisqu'on reconnait quelques jeux de mots qui ne passent plus à la traduction (tale/tail par exemple), mais les dialogues sonnent assez creux présentés comme ils le sont ici.
Je n'ai pas été emporté par le récit et son déroulement.

Nom série  Angry Birds  posté le 05/06/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Note : 2.5/5

A vrai dire, je m'attendais à bien pire avec cette série. J'y voyais déjà un goody, une grosse bouse commerciale destinée aux rayons de supermarché pour que les enfants adeptes de jeux vidéos demandent à leur maman de leur acheter, quelque soit la qualité du contenu. Et en terme de contenu, j'imaginais du gros remplissage vide et moche, réalisé par un studio qui recycle des idées stupides juste pour faire de la page.

Mais finalement, ce n'est pas si mal, même si ce n'est pas destiné à un public autre que la jeunesse.
D'abord, le dessin est plutôt bon. Certes les décors sont assez vides, les couleurs informatiques sont froides et sans âme, mais le trait et l'encrage sont maîtrisés et les personnages sont expressifs. Ce n'est pas du copier-coller de gribouillages de dessinateurs de studio débutant.
Ensuite les histoires, même si elles ne volent pas haut, sont assez variées et font bien vivre les concepts d'Angry Birds, avec ses différents types d'oiseaux et ses cochons idiots. Pour un jeu qui consiste juste à lancer un oiseau pour qu'il aille percuter des décors et des cochons, on pouvait craindre pire. Mais les auteurs réussissent à donner une certaine personnalité à leurs personnages et les suivre n'est pas désagréable.

Bon, ça se lit très vite et ça ne marque pas du tout la mémoire, mais ça aurait pu être pire dans le genre BD publicitaire tiré d'un jeu à succès.

Nom série  La Mythologie en BD  posté le 05/06/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cette série se présente de la manière qu'une autre du même éditeur, L'Histoire de France en BD, qui vulgarise avec un dessin simple et clair des récits documentaires adaptés à tous publics. Nous aborderons donc ici la mythologie grecque mais pas seulement, puisque le 3e tome abordera le panthéon égyptien notamment.
Les scénaristes de ces adaptations sont spécialisées dans la vulgarisation historique puisqu'il s'agit de véritables historiennes auteures d'ouvrages pour la jeunesse.

J'apprécie la mythologie en général et les récit Homériques en particulier. L'Odyssée, notamment, est particulièrement dense et variée quand on l'aborde dans sa totalité. Je suis toujours en faveur de vulgarisations permettant au grand public d'en connaître le véritable déroulement, les péripéties et les personnages qui ont marqué l'imaginaire occidental. En beaucoup plus adulte et dense, je suis encore sous le charme de L'Âge de Bronze de Shanower notamment. Et pour tout public, Ulysse (Adam/Palluy) d'Adam et Palluy m'avait bien plu.

Pour ce qui concerne l'Odyssée, seul récit sur les 2 tomes parus à ce jour, l'adaptation en bande dessinée réalisée ici est correcte et assez complète sans rentrer dans les détails, mais elle m'a paru un peu terne et sans saveur. On suit les événements avec un certain détachement et aucune émotion ne se dégage. On dirait davantage un documentaire sur "voilà comment ça s'est passé" qu'un récit épique et fantastique.
Le dessin, très simple, est clair mais pas très enthousiasmant et pas toujours très joli.

Bref, j'ai lu cette bande dessinée sans ennui car le sujet est intéressant et maîtrisé, mais je n'ai pas été emballé et ce n'est pas une adaptation de la mythologie que je conseillerais forcément.

Nom série  Yékini, le roi des arènes  posté le 21/05/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je n'ai jamais vécu au Sénégal et je ne savais rien de l'existence d'un sport local de lutte traditionnelle ni rien de l'engouement des Sénégalais à son sujet. Et en entamant cet album, je ne savais pas non plus qu'il allait raconter, de manière un peu romancée, une histoire vraie s'étant déroulée dans les années 2000, jusqu'à 2012.
On y suit en effet le parcours de trois authentiques stars de lutte sénégalaise, Tyson, Yékini et Balla Gaye 2. Avec eux et grâce aux auteurs, nous allons découvrir ce sport mais aussi sa dimension culturelle et folklorique et le conflit entre les mentalités de ces trois lutteurs.

La mise en scène est originale car elle mélange les styles. Parfois de type documentaire avec une narration au présent qui m'a un peu étonné, elle suit le reste du temps les personnages de près comme un roman graphique classique. Et régulièrement, certaines pages présentent de véritables photos des protagonistes et des lieux sénégalais, pour donner à la fois une ambiance visuelle au récit mais aussi rappeler au lecteur qu'on parle là de véritables sportifs et d'événements ancrés dans l'histoire Sénégalaise, notamment lors du passage se déroulant durant les élections présidentielles de 2012.

Graphiquement, le dessin ne m'a pas tellement convaincu. Il est appréciable la plupart du temps et permet une lecture fluide, mais il n'est pas toujours facile de bien comprendre les scènes de lutte en elles-mêmes car les personnages se ressemblent trop et se mélangent dans l'action.

Ce fut pour moi une lecture instructive, mais je dois dire qu'elle ne m'a pas vraiment captivé. C'est intéressant mais pas palpitant. Je n'ai pas su m'attacher aux personnages et leur histoire ne m'a pas vraiment touché. J'ai appris des choses sur le Sénégal, sur la Lutte Sénégalaise et ses héros locaux, mais c'est un album que je ne conseillerai qu'aux lecteurs curieux et désireux de découvrir un sport et un pays dont on parle très peu en bande dessinée.

Nom série  Mots rumeurs, mots cutter  posté le 20/05/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Du même éditeur et des mêmes auteurs, j'avais lu il y a peu de temps Rouge Tagada que j'avais trouvé plutôt agréable mais un peu superficiel et abrupt. Avec Mots rumeurs, mots cutter, nous sommes sur le même créneau : un récit parlant d'adolescents, pour des adolescents, et abordant un sujet sérieux et un peu intime. Mais j'ai trouvé cet album là plus abouti et plus intéressant.

Au début, je n'avais pas trop compris quel était le thème visé. Cela commence comme une sympathique chronique adolescente avec une héroïne assez attachante et une romance qui se met en place. Le dessin est mignon, joliment colorisé et la lecture est plaisante.
Puis vient le moment clé de l'intrigue, un événement qui va plonger l'héroïne dans l'enfer du harcèlement et de la rumeur.

Le ton du récit est plutôt juste quoique j'ai eu un peu de mal à ne pas me révolter et à trouver tous les collégiens entourant l'héroïne particulièrement stupides et méchamment inconscients. Je croise les doigts pour que ce soit exagéré et que mes enfants n'aient jamais à subir de tels agissements. Penser que cela a pu arriver à certains adolescents est assez édifiant. Du coup, l'aspect pédagogique du récit est atteint à mes yeux.
La fin de l'album apporte une touche d'optimisme mais, comme pour Rouge Tagada, j'ai eu le sentiment d'une conclusion abrupte. Je me disais qu'arrivé là, il y avait encore beaucoup à raconter et l'envie de savoir ce qu'il se passe après.
L'ensemble tient cependant bien la route. C'est une BD jolie sur le plan graphique et intéressante et assez touchante au niveau du scénario.

Nom série  Le Monde des Images  posté le 19/05/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Ce livre est à mi-chemin entre le livre illustré et la bande dessinée. Pour ce qui est du livre illustré, les images prennent largement le pas sur le texte qui comporte rarement plus de deux lignes par page. Et en guise d'illustration, Cabu dessine souvent de véritables bandes dessinées pour bien appuyer les idées qu'il n'arrive pas à formuler en une ou deux images seulement.

Et le sujet de l'album, ce sont précisément les images, plus précisément celles des médias. L'objectif est éducatif puisqu'il s'agit d'apprendre ou de rappeler que les images peuvent être des outils de manipulation, que leur message peut être différent suivant la manière dont elles sont présentées, le cadre ou l'angle choisi, l'ordre de leur présentation, etc.
Le public visé est la jeunesse et le ton s'en révèle volontairement naïf et didactique, pas très appréciable pour un lecteur plus âgé. Pourtant certains sujets abordés sont plus adultes et intéresseront peu les enfants. Du coup, j'ai le sentiment que cet album vise un peu mal son public cible et se retrouve entre deux eaux.

J'ai trouvé cette lecture intéressante mais pas elle ne m'a pas appris grand chose. J'ai eu le sentiment que les auteurs survolaient trop le sujet. Le narrateur annonce qu'il va donner les recettes permettant de ne pas se laisser piéger par les images, décrit ensuite avec quelques exemples comment celles-ci peuvent être manipulées, puis annonce que voilà il a donné les recettes tant attendues et qu'il va falloir les utiliser soigneusement maintenant, les enfants. Sauf que je ne les ai pas vraiment vues ces fameuses recettes...
En comparaison, un album comme L'Art Invisible, qui abordant finalement des thématiques assez proches sur l'utilisation des images et leur perception par les lecteurs/spectateurs, m'a appris infiniment plus de choses et de manière plus satisfaisante.

Nom série  Monika  posté le 05/05/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cette série détonne un peu dans la parution habituelle des éditions Dupuis. Nous sommes en effet ici face à un récit très adulte, un thriller érotique et sombre, avec une ambiance graphique sensuelle et dure issue de l'école espagnole de bande dessinée pour adultes.

Corps nus et sculpturaux, ambiance interlope d'artistes et d'hommes puissants, de femmes séduisantes et de soirées libertines, et en toile de fond la menace d'un terrorisme violent et implacable.
Il m'a fallu passer outre un certain rejet de cette ambiance artificielle et de ces scènes qu'on peut facilement estimer racoleuses à première vue. La couverture donne le ton avec cette superbe héroïne quasiment nue, alanguie et arrogante. Les planches sont emplies de mises en scène esthétisantes de femmes et d'hommes aux corps parfaits et dénudés. Nous sommes clairement à la limite de l'érotisme dans une ambiance insidieusement sado-maso.

Et pourtant, c'est bien le récit policier qui prend le dessus et m'a fait apprécier ce récit qui tient la route. C'est l'histoire d'une femme qui cherche sa sœur disparue et qui, pour cela, va se rapprocher trop près d'un homme politique visé par de mystérieuses attaques terroristes. Romance compliquée, complot énigmatique, troubles relations fraternelles, secrets d'enfance enfouis et psychologies complexes. A cela s'ajoute la construction d'un androïde dont la présence parait un peu incongrue pour le moment, mais peut-être s'expliquera-t-elle mieux par la suite.
L'ensemble pêche par quelques facilités et clichés mais le scénario se révèle intéressant et assez prenant, d'autant qu'il possède indéniablement une atmosphère bien personnelle, qu'on l'apprécie ou non. Le graphisme soigné et esthétique de Guillem March la met bien en valeur même si on peut lui reprocher de s'attarder un peu trop sur les corps féminins offerts aux yeux des lecteurs.
La toute fin du premier tome apporte en outre un rebondissement assez inattendu qui bouleverse un peu la donne s'il se confirme dans le second et dernier tome. A suivre donc...

Nom série  Energies extrêmes  posté le 05/05/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cet album est un vrai documentaire-reportage très complet sur le sujet de l'exploitation du gaz de schiste. Réalisé par Sylvain Lapoix, journaliste politique engagé, sur la base de nombreuses interviews et voyages aux USA, il est mis en image avec sobriété par Daniel Blancou pour le rendre plus accessible au grand public.

L'album fait 128 pages et sa première partie est un historique retournant aux bases de la technique de la fracturation hydraulique, depuis son invention à la suite de la seconde guerre mondiale jusqu'aux circonstances politiques et financières de sa mise en place aux Etats-Unis, jusqu'à ce qu'elle se révèle véritablement rentable aux alentours des années 2000. C'est ainsi que les auteurs expliquent la technique utilisée et comment elle a évolué.
Puis nous est présentée la situation concrète de sa mise en place à grande échelle aux USA : la méthode pour récupérer les droits de concessions des habitants voisins de zones de prospection, la prospection elle-même et surtout son impact environnemental et social. Boom économique et financier, ruée vers l'or noir, mais aussi modification du paysage, pollution des nappes phréatiques, transports routiers excessifs et autres déchets.
Par la suite, les auteurs nous présentent la façon dont cette technique de prospection a failli s'imposer en France également et les magouilles politiques qui ont bien failli faire cela en douce, puis qui reviennent ensuite par la porte de derrière quand la porte de devant est officiellement fermée.
Enfin le documentaire s'achève sur le constat que malgré les discours des exploitants et de ceux qui en profitent, et malgré la méthode de propagande très organisée mise en place aux USA, cette exploitation semble ne pas être vraiment l'Eldorado énergétique et économique rêvé, mais davantage un miroir aux alouettes permettant à certains de s'enrichir aux dépends d'autres. La routine habituelle, quoi...

C'est une lecture très instructive. Je n'y connaissais pas grand chose et j'ai appris beaucoup, notamment sur la technique de prospection elle-même, son historique et la façon dont elle s'est mise en place et perdure aux USA et tente de s'imposer en France.
Pourtant, je dois dire que ce fut une lecture un peu rébarbative. Nous sommes dans le pur documentaire, et même si les auteurs font en sorte de rendre cela simple et compréhensible, c'est un sujet complexe et assez prise de tête.
Le graphisme, très sobre, épuré et réaliste, est efficace sur le plan narratif mais n'aide pas à rendre tellement plus agréable la lecture.
En outre, en terme de contenu, je trouve que les auteurs ne mettent pas suffisamment l'accent sur en quoi il faut absolument s'opposer aux exploitations de gaz de schiste. Ils montrent des exemples de pollutions et de désagréments, mettent la lumière sur les magouilles politiciennes et les gains financiers de certains, mais ne m'ont pas suffisamment expliqué pourquoi il n'y a rien à retirer d'une exploitation plus mesurée et surveillée. Y aura-t-il vraiment toujours de la pollution ? Les auteurs semblent dire que peut-être une technologie permettra un jour de ne pas en avoir mais qu'en attendant, mieux vaut s'opposer à tout test sur le principe de précaution. Du coup, sur la seconde moitié de l'album, on se retrouve un peu vite à raconter une autre forme du classique combat du peuple engagé contre les oppresseurs et les profiteurs qui jouent comme d'habitude sur les failles de notre système corrompu par le fric. Ce combat, je n'y suis bien sûr pas opposé, mais les auteurs n'ouvrent pas tellement le champ des possibles sur ce qu'il pourrait se passer si une solution raisonnée pouvait être trouvée.

Cet album est un documentaire très complet sur un sujet complexe et complètement d'actualité. Très bien renseigné, il n'est pas très facile d'accès et un peu rébarbatif à la lecture, mais il pourra vous en apprendre beaucoup.

Nom série  Le Merveilleux Spectacle de la Téléréalité  posté le 02/05/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je les dénonce : ma femme et mes enfants regardent Koh-Lanta. Du coup, même si je m'en fiche personnellement, je connais aussi des bouts de cette émission de télé-réalité et je sais comment elle se déroule.
Et c'est ainsi que j'ai été éclaté de rire en découvrant comment Benoît Feroumont (auteur du Royaume) la met en scène à la fois avec justesse et sincérité mais aussi avec un humour grinçant et en dénonçant parfaitement ses travers et ses moments caricaturaux.

Les planches de cet album sont en majorité issues du blog de l'auteur. C'est en 2011 qu'il a décidé sur un coup de tête de découvrir Koh-Lanta et de dessiner ce qu'il voyait et surtout ce qu'il ressentait. Ainsi, de manière plus ou moins régulière, il publiait sur son blog son compte-rendu très personnel de l'émission de chaque semaine. Puis il a remis ça les années suivantes, rencontrant au passage quelques candidats dans la vraie vie après qu'ils aient lu son blog.

D'emblée, j'ai trouvé ça vraiment bien vu et surtout drôle. Dès la première saison qu'il décrit, l'auteur fait mouche et voit très vite les vrais travers et passages risibles de l'émission. Et surtout il les met très bien en scène sous la forme de gags en une image ou en quelques cases qui m'ont vraiment fait rire.
Puis il faut dire qu'ensuite l'intérêt s'étiole un peu. Au fil des saisons décrites, comme l'auteur le dit lui-même, cela se répète trop et lui-même ne trouve plus trop de quoi en rire. Du coup, cela tourne au simple compte-rendu doucement sarcastique des faits, avec des commentaires de moins en moins acides d'ailleurs, comme si le fait de savoir que d'anciens candidats de Koh-Lanta lisaient son blog le bridait un peu. Alors l'auteur essaie de digresser en parlant un peu plus de lui, de ses états d'âme et d'événements pas directement liés à l'émission télé, mais ça ne m'a pas tellement passionné.

Bref, j'ai vraiment beaucoup aimé la première moitié de cet album et ceux qui connaissent Koh-Lanta, qu'ils apprécient ou non, rigoleront probablement autant que moi. Mais la seconde moitié est nettement moins amusante à mon goût et m'a un peu ennuyé. Dans l'ensemble, ça reste tout de même un bon album plaisant à lire.

Nom série  Dad  posté le 02/05/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Imaginez un intermédiaire entre Lou ! et Mamette : que trouve-t-on à mi-chemin entre une jeune pré-adolescente énergique et une grand-mère souriante ? Eh bien, un quadra élevant seul ses 4 filles, chacune de mère différente.
De Mamette, on retrouve le style graphique de Nob : un trait rond, dynamique et sympa, rehaussé par de très agréables couleurs. On retrouve aussi des personnages principaux doux et pas exempts de défauts mais originaux, amusants, attachants et très humains.
De Lou !, au-delà de quelques couleurs pastels, on retrouvera une structure un peu similaire : de chouettes double pages de garde en tableau de post-ils pour décrire en quelques images et photos amusantes les personnages principaux et leur évolution, mais aussi des albums en gags en une page qu'on préfère rapidement lire comme une longue histoire qui se suit, avec une ambiance qui se met en place et des protagonistes auxquels on s'attache peu à peu.

Quand j'ai découvert Dad dans le journal de Spirou, j'étais mi-figue mi-raisin. J'étais sous le charme du graphisme qui est vraiment de qualité mais les gags ne me faisaient pas tellement rire et j'étais un peu désarçonné de tomber sans explication dans cette famille mono-parentale où un père un peu paresseux et dragueur élevait seul 4 filles de mères différentes. Qui était-il ? Quelle vie amoureuse a-t-il eu pour se retrouver dans cette situation ? Une page ou deux par semaine ne me permettait pas de m'imprégner correctement de l'ambiance de la série.

C'est avec la publication en album que la série prend chair pour moi. Car les gags en une planche forment très vite une longue histoire ou du moins une atmosphère familiale attachante. Et tandis qu'on s'approprie de mieux en mieux les personnages et leurs caractères, l'humour devient plus efficace.
Mais c'est surtout le plaisir de suivre des personnages intéressants et amusants qui est agréable. On a envie d'en savoir plus sur eux. L'auteur joue probablement là-dessus en nous dévoilant peu à peu les origines de cette famille et le passé du père mais aussi en nous faisant doucement découvrir les mères des filles (en tout cas de l'une d'entre elles pour ce qui est du premier tome).

Une lecture agréable, douce et amusante avec une certaine dose d'originalité. Je la conseille.

Nom série  La Mondaine  posté le 17/04/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Le premier tome m'avait bien fait accrocher à cette série.
J'appréciais avant tout l'originalité du cadre de son récit, à savoir la brigade mondaine de la police dans le Paris des années 30 puis durant la guerre.
C'est une plongée historique assez déroutante et intéressante. On y découvrait des policiers assez sympathiques en soi mais pourtant loin d'être blancs comme neige. On y découvrait des mœurs, puisque c'est bien leur domaine, assez spéciales, où les braves familles bien pensantes parisiennes côtoyaient des maisons closes et autres filles de petite vertu, avec comme lien entre les deux des policiers qui n'hésitaient pas à serpenter d'un univers à l'autre.
Comme dans beaucoup de ses romans graphiques, Zidrou s'offre son plaisir habituel de mettre en scène une galerie de personnages originaux et variés.
Et à cela s'ajoute le dessin très sympathique de Jordi Lafebre, soigné, vivant et plein de personnalité.
Bref, du bon, avec l'envie de savoir où les auteurs veulent en venir.

Le second tome m'a hélas un peu refroidi.
Cela ne vient pas du cadre qui reste intéressant. Le décor est nettement plus orienté sur la situation de Paris sous l'Occupation mais le point de vue par lequel on le découvre et les personnages qui le composent sont toujours originaux.
Ce qui m'a déçu, c'est d'une part une intrigue que j'ai trouvé trop embrouillée et d'autre part un personnage principal qui m'est devenu peu à peu antipathique.
Le récit du premier tome était déjà dense, mais dans le second cela continue encore plus vite, avec beaucoup de sauts temporels, et je n'ai pas réussi à accrocher aux émotions et à comprendre les choix du héros.
Ce dernier tourne d'ailleurs au véritable salaud. Alors certes il s'en veut ensuite pour la crasse mortelle qu'il commet à un moment crucial du récit, mais il ne semble pas s'en vouloir plus que ça pour son autre crasse, pas mortelle mais émotionnelle, qu'il fait endurer à une pauvre femme à cause de son obnubilation pour sa "panthère". C'est cette passion que je n'arrive vraiment pas à ressentir et à apprécier dans le récit, ainsi que, en parallèle mais ce n'est pas lié, l'inhumanité ou l'aveuglement dont le héros fait preuve face aux événements historiques de l'époque. A l'inverse, je comprends nettement plus la réaction finale du chef de brigade qui du coup apparaît nettement plus humain et sympathique.

Bref, une bonne première impression en début de lecture un peu gâchée ensuite par un second tome un peu brouillon et un héros auquel je n'ai vraiment pas su m'attacher. J'apprécie quand même l'originalité du récit, son intérêt historique et social et la qualité du dessin.

Nom série  Les Pierres rouges  posté le 16/04/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Avec cette série, j'ai eu quelques sentiments de déjà-vu, comme si Makyo recyclait des vieux thèmes... Il y a du Grimion gant de cuir pour le décor rural, rustique et rude. Mais c'est à une autre oeuvre que j'ai pensé en priorité, non pas de Makyo mais d'un auteur avec qui il a travaillé, Laurent Vicomte. Car cette histoire, que je sens rôder autour de la thématique du voyage dans le temps à la sauce romantique, me fait penser à Sasmira. Ou alors peut-être ai-je été induit en erreur et peut-être qu'une explication rationnelle va finalement expliquer ces étranges coïncidences autour des deux protagonistes, Ismaël et Émeline...

La mise en scène du récit m'a un peu surpris. J'ai trouvé bien longue l'introduction de la jeunesse difficile du jeune héros et des traumatismes qui ont marqué sa jeunesse. Je n'y ai pas non plus vraiment adhéré. Je n'ai pas trop compris notamment ses différents changements de comportements: il est quasiment muet durant sa jeunesse, puis il se met à parler philosophie comme un adulte avec l'ami voyageur qui le recueille, puis il retourne ensuite à l'état sauvage en ne sachant plus que bafouiller. Certes, il a vécu beaucoup de moments difficiles, mais je trouve que sa personnalité manque de constance. Et le cœur du récit met trop longtemps à se mettre en place à mon goût.

Je n'ai pas aimé non plus le graphisme. J'avais de meilleurs souvenirs du dessin de Makyo dans ses œuvres plus anciennes. Ici j'ai trouvé les visages souvent laids et déformés, et l'encrage trop présent et parfois disgracieux. Les couleurs sont plutôt bonnes par contre.

En définitive, l'histoire n'est pas mauvaise, présente quelques originalités et attise la curiosité. Je n'ai pas pris tellement de plaisir à la lire, mais si la suite me tombe entre les mains, je serai intéressé à l'idée de savoir où l'auteur veut en venir avec son récit.

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