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Nom série  Le Destin des Algo-Berang  posté le 04/08/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Il a fallu que je me renseigne un peu pour réaliser que cette série n'avait pas pour cadre un Paris historiquement correct. En effet, l'action est sensée se dérouler dans les années 1830 dans une république française dont le président s'appellerait Léon Violet et où une société secrète chercherait à restaurer la monarchie. Sauf qu'à l'époque c'était encore le Roi Louis-Philippe 1er qui était au pouvoir et la monarchie n'allait disparaître que quinze ans plus tard. De même, il est fait référence à un scandale financier rappelant celui de Panama alors que ce dernier s'est déroulé dans les années 1890.
Du coup il parait un peu étrange que les auteurs aient choisi de présenter leur action dans un Paris imaginaire des années 1830 alors que rien ne paraissait empêcher de le situer sur la fin du 19e siècle.
Pourtant ce choix apporte un certain charme car ce Paris à demi-imaginaire est plein d'élégance et intéressant sur le plan des mœurs, de l'habillement, etc. Mélange de mode Restauration et des prémices de la révolution industrielle, il est intéressant et tout à fait crédible.

C'est donc dans ce cadre que nous allions suivre une famille de petits bourgeois prise à son insu dans la tourmente des discrètes manipulations d'une société secrète royaliste. Un père banquier obligé de faire un gros emprunt suite à un mauvais investissement, une gentille femme au foyer, un fils et une fille qui tiennent beaucoup l'un à l'autre même si la fille est tombée amoureuse du fils des nouveaux voisins. Et ce sont justement ces nouveaux voisins, à priori respectables et très vite grandement appréciés par cette bonne famille, qui seront au cœur des tourments qui vont les frapper.

Le dessin réaliste de Claude Pelet est de très bonne facture. C'est un travail soigné et détaillé.
Il est à l'image du scénario qui est réfléchi et réaliste. Outre la plongée réussie dans ce Paris faussement historique, on suit avec curiosité les intrigues de cette société secrète qui manipule le naïf banquier. Et on suit l'évolution des sentiments de la fille de ce dernier.
C'est intéressant et bien mené mais les choses prennent un peu trop de temps à se mettre en place. On en reste quand même à se demander où toutes ces manipulations veulent en venir. Pourquoi une telle infiltration qui s'étale sur des années ?
Et malheureusement, on ne le saura pas puisqu'il n'y aura pas de suite. Du coup, alors que je l'aurais lue avec curiosité, là je reste frustré et un peu déçu.

Nom série  Drones  posté le 03/08/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Au-delà du sujet des drones de combat dont la technologie perce de plus en plus de nos jours, cette série d'anticipation aborde de manière plus générale une vision sombre de la guerre moderne. Car même si le décor et la religion sont différentes, il s'agit bien évidemment d'une allégorie de la situation du monde actuel avec le conflit entre armées occidentales et fanatiques islamistes.

Pourtant, cela commence comme une série de SF d'action à l'américaine, avec des jeunes pilotes de drones souriants dotés d'une technologie impressionnante dans un environnement propre et ensoleillé. Mais c'est un engouement insouciant à la Starship Troopers qui sert à apporter un contraste presque ironique avec la réalité des faits. Et en parlant de réalité, on y trouve aussi une thématique proche du roman "la Paix Éternelle" de Joe Haldeman où des soldats mènent une guerre désincarnée en téléguidant des machines surpuissantes face à des adversaires incapables de les affecter physiquement.
Et tout cela sert à nous amener à réfléchir sur la forme que pourrait prendre une telle guerre dans pas si longtemps.

Les auteurs font ça plutôt bien en mettant en scène cet affrontement à distance entre deux guerrières : une pilote de drone européenne confortablement installée au Danemark avec sa famille qui vit la guerre qu'elle mène en faveur des profits économiques européens comme un travail d'équipe sportif et motivant, et la chef d'une faction indépendantiste catholique chinoise qui agit directement sur le terrain en compensant sa faiblesse économique et technologique avec des plans audacieux et de la politique.
Il n'y a pas de manichéisme. D'un manière ou d'une autre, on retrouve une même froideur de chaque côté, avec des raisons et des torts pour chaque partie, mais la guerre et la mort déshumanisée dans les deux cas. Terrorisme et plans complexes d'une part contre avancée technologique et attaques sans pitié d'une autre part.
Et rapidement on se rend compte du détachement irréaliste de ces pilotes de drones qui ne vivent la guerre que par procuration, comme un jeu vidéo, et ne subissent aucun traumatisme alors que les véhicules qu'ils pilotent font de vrais carnages humains.

Graphiquement parlant, le style de Stéphane Louis me plait bien. Il est moderne et dynamique quoique légèrement froid dans sa colorisation et le côté épuré de ses décors. Hormis une petite scène d'action que j'ai trouvé ratée (le presque-accident de voiture de l'héroïne dans le tome 1), j'aime bien son dessin, ses véhicules et ses personnages. Ceci dit, les anatomies de ses femmes sont un peu étranges car il fait le choix de donner une physionomie en forme de poire longiligne à chacune d'entre elles avec tout le poids placé dans le bas des fesses et les cuisses. Ça rend bizarre de voir toutes ses femmes ainsi.

Si le sujet de cette série est intéressant et sa réalisation bien menée, le scénario lui-même manque un petit peu d'envergure et d'emprise sur le lecteur. J'y suis resté légèrement détaché, pas impliqué, peut-être comme si la distanciation des pilotes avec les actions de leurs drones se reflétait aussi sur mon ressenti vis à vis de cette série. Je trouve quand même que c'est du bon boulot et je suis curieux de voir comment l'histoire va se terminer.

Nom série  Lady Liberty  posté le 02/08/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Au vu des couvertures et du graphisme très influencé par le manga, je pensais que ce serait une série d'aventure romantique pour jeunes adolescentes. Mais en réalité, malgré quelques facilités et quelques clichés, le ton de cette BD est plus mature que je l'imaginais.

C'est une histoire de cape et d'épée à l'époque de Louis XVI, mêlant espionnage et révolution américaine. Elle met en scène quelques personnages célèbres telles que le Chevalier d'Eon et Beaumarchais en se basant sur des faits historiques réels.
Et en même temps, c'est un vrai récit d'aventure et d'action avec son lot de péripéties et de libertés. Par bien des aspects, que ce soit sur tout le premier tome et sur le début du second, il m'a fait penser à des passages de différents épisodes des jeux Assassin's Creed.
Et même s'il met en scène des femmes toutes jeunes et belles et des hommes soit très mignons soit très caricaturaux, il réussit à rendre les personnages assez crédibles et pas trop stéréotypés.
Il y a des hauts et des bas, une part parfois un peu trop grande laissée à l'action, mais le récit est plutôt bien mené.

Quant au dessin, moi qui ne suis pas amateur de dessin trop influencé par le manga, je ne le trouve pas mauvais du tout. J'apprécie surtout ses décors soignés et sa colorisation. Les personnages, s'ils sont bien dessinés, sont malheureusement un peu trop similaires les uns des autres, et pas toujours faciles à différencier, surtout quand ils portent tous à peu près la même tenue comme durant une grosse partie du second tome où je m'y suis un peu perdu dans certains personnages.

Bref, ce n'est pas une mauvaise série du tout et je la trouve assez divertissante malgré le côté un peu trop romantique qui s'en dégage. Et j'apprécie surtout la façon dont elle s'inspire des faits historiques tout en s'autorisant de la vraie aventure débridée.

Nom série  Saria (Les Enfers)  posté le 29/07/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Saria, dont le tome 1 était anciennement appelé les Enfers avant changement d'éditeur, est une série d'aventure fantastique dans un décor original. Cela se passe à Venise, mais dans une Venise qui mélange l'ambiance de la Sérénissime des Doges, de l'Italie fasciste de Mussolini, du Steampunk, du post-apocalyptique, des décors organiques et avec l'implication du surnaturel par le biais d'anges déchus et de démons. Étrange cocktail mais cela fonctionne assez bien.

Le tome 1 est dessiné par Serpieri. C'est rare de le voir dans une série qui ne soit ni érotique ni western. Et le résultat est très beau. Décors détaillés et pleins d'ambiances, personnages très réussis. Et comme il sait si bien le faire, héroïne est absolument superbe surtout quand elle est nue.
Atteint par la maladie, Serpieri fut forcé de laisser la main à un autre italien, Federici pour la suite. Celui-ci nous offre un graphisme très différent mais très talentueux lui aussi. C'est une peinture réaliste, très adaptée à un récit de science-fiction ou de fantastique appuyé comme ici. Ses planches sont très belles aussi mais je leur trouve un peu moins d'âme que celles de Serpieri.

L'histoire n'est pas mauvaise du tout. C'est un récit de fantastique tournant autour d'une jeune femme qui a hérité de clés magiques permettant d'accéder au Paradis, aux Enfers ou au Néant si on trouve la porte adéquate pour les utiliser et si l'on sait deviner la bonne clé. Le Doge fait tout pour les récupérer ainsi qu'un dangereux ange déchu. De son côté, la jeune héroïne se rebelle contre l'ordre établi et cherche à découvrir le mystère des clés. Et le tout est agrémenté par l'originalité de ce monde où ils évoluent, mélange de nombreuses influences et où une délégation arabe viendra bientôt défier le pouvoir du Doge avec leur martyr doté de pouvoirs divins bien spéciaux.
L'intrigue joue cependant un peu vite la carte de l'action et de la course-poursuite. Elle manque un peu de profondeur et de réflexion, préférant s'axer sur le rythme et les péripéties, aussi impressionnantes et pleines de surnaturel qu'elles puissent être parfois.
C'est du bon divertissement dans un décor très original et avec un très bon dessin. Mais pas tout à fait le type de scénario qui fait des chefs-d'oeuvre à mon goût.

Nom série  Les Heures Noires  posté le 29/07/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Une aventure au coeur de l'Afrique, dans un pays imaginaire qui fait penser à un mélange entre un Nigéria francophone et le Tchad désertique. L'histoire d'une voiture de médecins bénévoles partis vacciner la population dans une zone menacée par une rébellion menée par un fanatique religieux. Rapidement on apprend qu'il y a probablement une magouille gouvernementale dans cette voiture destinée à contrer les rebelles mais on ne sait ni qui ni comment.

Le récit tourne essentiellement autour des deux médecins, de leur chauffeur et chasseur, puis de la journaliste qu'ils croisent en cours de route. Ensemble ils parlent sociologie, religion et se lamentent sur l'état du pays et du monde. Mais malgré leurs doutes, ils avancent quand même vers le danger.
L'ambiance africaine n'est pas trop mal rendue mais il s'agit là d'un pays vraiment pourri où les populations sont massacrées et le président, le classique dictateur africain bien corrompu, est assez caricatural. La vision est sombre et ce ne sont pas les quelques beaux décors de savane et de grands arbres qui compensent cela.
A ce sujet, le dessin ne m'a pas tellement plu. Il est trop approximatif, les personnages sont souvent laids et peu reconnaissables. Et même si les couleurs sont assez originales, elles sont trop peu harmonieuses à mon goût.
Quant à l'histoire, même si elle tient la route, elle m'a paru un peu longuette et n'a pas su me transporter en émotion ou en dépaysement. Et sa fin n'est pas des plus palpitantes non plus.
Bref, c'est une BD pas mal mais qui ne me marquera pas.

Nom série  Georges de La Tour  posté le 28/07/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cet album n'est pas une biographie de Georges de La Tour mais le récit d'un moment assez aventureux de sa vie. Cela se passe en 1638 quand le peintre et sa famille doivent fuir la ville de Lunéville et rejoindre Nancy alors que la région subit la guerre entre le Roi de France et le Duc de Lorraine. Alors qu'ils font escale dans un petit village, la rencontre avec des bohémiens va forcer De La Tour à partir à la recherche de son fils adolescent.

L'aspect artistique n'est ici pas véritablement abordé. On voit vaguement le peintre à l'ouvrage, on l'entend discuter de sa carrière, de ses couleurs, des œuvres qu'il a créées et vendues et de ses ambitions, mais le récit s'attarde davantage sur la situation politique et militaire et le danger qu'il court avec sa famille.
Sur ce point de vue, cet album a un véritable intérêt historique et le sujet est bien raconté et clair à la lecture. Mais il y a en plus une petite part d'aventure et de psychologie des personnages qui n'est pas mauvaise.
Et alors que le dessin de la couverture ne m'attirait pas du tout, j'ai trouvé au contraire les planches sympathiques, belles et dotée d'une assez bonne mise en scène.

Bref, c'est là une bonne BD d'aventure historique permettant d'en apprendre un peu sur un passage de la vie du peintre George de La Tour et sur la situation de la Lorraine à l'époque.

Nom série  La Cabane  posté le 27/07/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Un thriller mettant en scène trois anciens amis et construit sous la forme d'une suite de flash-back de l'époque où ils étaient adolescents et où une combine ratée a amené l'un d'entre eux à passer dix ans en prison. Presque jusqu'à la fin, le récit laisse planer le mystère sur comment les choses se sont vraiment passées, pourquoi ça a fini par merder et quelle va être la réaction de celui qui sort de prison quand il va revoir ses anciens amis. A-t-il des raisons de leur en vouloir . Cherche-t-il une éventuelle vengeance ?

C'est une lecture plutôt bien menée qui tient le lecteur par la curiosité. Le dessin est agréable avec de jolies couleurs. Les personnages ne sont pas très attachants mais plutôt crédibles dans le rôle d'adolescents qui se cherchent et dont l'un d'entre eux commence à tourner mal par la force des choses.
C'est une histoire sans véritable envergure ni grande force émotionnelle mais elle tient la route et se révèle satisfaisante. Plutôt pas mal donc.

Nom série  Chaperon Rouge  posté le 27/07/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Note : 2.5/5

Une nouvelle adaptation du conte du Chaperon Rouge dont l'objectif essentiel est de permettre à l'artiste de s'en donner à cœur joie en matière de graphisme.

Le dessin est en effet assez notable ici. En noir et blanc, il semble être un mélange de dessin direct et de pochoir. Les effets de lumière s'en trouvent réussis et l'ambiance visuelle est pleine de personnalité. Le ton est un peu sombre néanmoins, ce qui ne me plait pas forcément. La narration, pour sa part, est muette et fonctionne relativement bien, ce qui est assez appréciable, même si j'ai quand même du relire quelques planches pour m'assurer de bien tout comprendre, notamment la toute fin.

L'histoire revisite à peine le fameux conte, dans sa version où le chasseur tue le loup à la fin. Hormis un bref interlude par une étrange ancienne ruine où passe le Chaperon Rouge et les dessins de fleurs qu'elle y trouve, la seule originalité de ce scénario est de se focaliser en partie sur le chasseur et d'offrir une petite surprise sur la fin. Mais j'avoue que l'ensemble ne m'a pas passionné et que la surprise m'a laissé indifférent, du moins le temps que je vérifie que je l'avais bien comprise.

C'est une BD qui s'oriente un peu trop à mon goût vers le travail d'artiste graphiste. Je préfère celles dont le scénario est plus original et plus complexe.

Nom série  L'Homme de l'année - 1666  posté le 27/07/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Contrairement à la plupart des autres albums de cette collection L'Homme de l'Année qui abordent des événements bien précis de l'Histoire par des angles de vues surprenants, des personnages originaux et de nombreux détours n'aboutissant parfois qu'en toute fin au moment historique visé, ici nous avons un pur récit historique des faits : ceux du grand incendie qui ravagea Londres en 1666, de son déclenchement jusqu'à sa fin et sur le coupable qui fut désigné pour cette catastrophe. Du coup, ce n'est pas très original mais ça a quand même l'avantage d'être intéressant.

Nous y suivons une petite poignée de personnages. Le boulanger involontairement responsable du départ de feu et sa famille avec qui il fuit l'incendie. Un noble volontaire et ouvert d'esprit qui est témoin des faits et essaie d'agir pour le bien de la cité et de sa population. Le pitoyable Lord-maire qui aurait eu les moyens d'éviter le pire. Le roi et son frère dont on voit les tentatives un peu lointaines de sauver le ville. Et enfin celui qui va être désigné coupable de tout cela. Nous ne suivrons aucun d'entre eux de très près, les événements d'ensemble ayant plus d'importance que leurs actes et pensées. Du coup, l'aspect documentaire historique est assez présent, au détriment d'une intrigue prenante qui plonge vraiment le lecteur dans l'action pourtant omniprésente.

Même s'il reste suffisamment efficace pour bien rendre compte des événements, le dessin ne m'a pas plu. Les visages sont souvent laids, déformés, ou surchargés de traits et d'ombrages destinés à cacher ce que je pense être un manque d'aisance technique. Les dessins prennent parfois des tournures un peu impressionnistes où l'on devine plus ce que l'on voit qu'on n'en cerne les détails. Et certaines scènes de foule sont tellement déformées et bizarres qu'elles donnent l'impression de voir une horde de zombies déferler en hurlant.

Ce n'est donc pas le meilleur des albums de la collection L'Homme de l'Année. Mais sa lecture est instructive et parfois même édifiante sur comment les choses se sont déroulées à l'époque.

Nom série  John and Mary  posté le 27/07/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cet album contient trois histoires, elles-mêmes prétextes à plusieurs flash-back permettant à l'auteur de mettre en scène différentes visions du Far-West aventureux des pionniers et des indiens.

C'est le dessin qui vaut avant tout le coup d'oeil dans cet album. Serpieri a toujours été doué et apprécie de dessiner les décors et les personnages de l'Ouest Sauvage, et là encore il s'en donne à cœur joie. Des rives du Mississippi aux forêts enneigées, des petites villes minières aux grandes plaines, il nous fait voyager dans l'Amérique du début à la fin du 19e siècle. Et si certains passages ressemblent un petit peu plus à de la belle illustration qu'à de la BD, d'autres scènes d'action sont tout à fait réussies. Bref, c'est beau et dépaysant !

Les histoires sont un peu courtes, surtout prétexte à raconter brièvement des scènes de l'imaginaire collectif de la légende de l'ouest : relations entre trappeurs et indiens, combats contre un ours, convois de pionniers, conflits contre des notables sans scrupules, chasseur de primes et autres enlèvements de femmes blanches. Beaucoup de thèmes sont abordés, parfois de façon rapide et superficielle mais tout en restant crédible et divertissant. L'ensemble forme un joli canevas faisant revivre l'aventure western et l'esprit pionnier de l'Ouest Américain.

Nom série  Tensai Family Company  posté le 24/07/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J'ai acheté l'intégrale de Tensai Family Company il y a plusieurs années et je n'avais jamais trouvé le courage de la lire jusqu'à présent. Pourquoi ? Parce qu'à l'époque, quand j'ai entamé ses premiers chapitres, j'ai eu l'impression de tomber sur la trame trop classique d'un shojo comme j'en ai trop lu, avec l'arrivée d'une nouvelle belle-famille dans la vie quotidienne d'un adolescent et sa suite de conflits de personnalité, de quiproquos, etc...
Mais en fait, cette série se révèle nettement plus originale que je l'imaginais. Par certains aspects, elle me rappelle Asatte Dance par son côté à la fois léger mais plus mature que son apparence ne le laisse soupçonner mais aussi par un scénario imprévisible, varié et abordant plein de sujets à la fois.

L'histoire se déroule à une époque bien précise, le milieu des années 90 à Tokyo. Le contexte a son importance car le cadre de la crise financière qui se profile à l'époque influe sur le récit et l'auteure y apporte une part de réflexion.
Le sous-titre de la série est "génies en tous genres". Au départ, le génie, c'est le héros principal, génie des maths et du business malgré le fait qu'il soit encore seulement lycéen. Mais outre sa nouvelle belle-famille, les événements vont aussi l'amener à rencontrer d'autres personnes et autant les lecteurs que lui vont réaliser qu'il n'y a pas qu'un type de génie mais bien d'autres types d'intelligences et de talents : génie de la relation sociale, génie de la botanique, génie artistique, génie de l'informatique, etc...
Mais le scénario ne montre pas les choses de manière aussi simpliste, comme un manga facile où se formerait soudain une super équipe de génies qui travailleraient tous ensemble ou autres... Non, ici, le tout est présenté de manière assez subtile, avec des relations crédibles et réalistes entre les personnages, malgré le côté caricatural, excentrique ou humoristique de certaines personnes et certaines situations.
Et il m'est apparu impossible de deviner à l'avance le fil des événements car ils vont dans de très nombreuses directions et ne sont quasiment jamais prévisibles. Seule la romance entre le héros et son amie de lycée semble inéluctable dès le début de l'histoire mais même celle-là connait des méandres tels que, quasiment jusqu'à la fin, on ne sait toujours pas s'ils vont vraiment finir ensemble.
Alors que le début du manga laisse penser que la thématique va être la simple relation entre personnages aux caractères très différenciés, comme dans beaucoup de shojos, on aborde au fil des tomes des sujets très divers, s'approchant parfois du polar jusqu'à finir sur la création d'une grande entreprise, avec détails techniques à l'appui.

Lecture originale et intéressante donc. Pourtant je n'ai pas totalement accroché.
Il y a d'abord le dessin qui ne m'a pas trop plu. Si les décors et personnages sont corrects, je n'aime pas du tout la façon dont les bouches sont dessinées, trop souvent comme des ouvertures béantes mal collées sur un visage pourtant plutôt bien fait. Ensuite il y a le fait que plusieurs personnages se ressemblent trop et paraissent sans âge. Je les ai souvent confondus. Il y a le cas par exemple de la ressemblance entre la copine du héros, sa propre mère et plus tard l'ex-femme d'un adversaire, même si pour ces deux dernières cela finit par s'expliquer sur la fin. Il y a aussi le héros et son nouveau beau frère qui semblent être une version stricte et une version débraillée du même personnage. Du coup, quand le héros se retrouve décoiffé, j'ai du mal à les différencier.
Il y a ensuite et surtout une question de narration que je trouve souvent confuse. J'ai grandement l'impression que cela vient de la traduction qui transmet mal les intentions originales de l'auteure en Japonais. Beaucoup de dialogues apparaissent fortement décousus, parfois avec même la certitude que des bulles de dialogues ont été échangées par mégarde. J'ai aussi eu le sentiment qu'énormément de gags tombaient complètement à plat, soit parce que mal traduits, ou alors trop spécifiques à la culture japonaise. Bref, l'humour ne passait pas pour moi ici.
De même, le côté romantique transparaît mal. Cela semble dû au côté pragmatique et insensible du héros, mais les quelques moments qui auraient dû être emplis d'émotion amoureuse semblent expédiés et il est difficile de bien saisir où en est sa relation compliquée avec sa copine.
Et de manière générale, je n'ai pas su m'attacher complètement aux personnages. Sur l'épilogue du récit, il y a un moment qui cherche clairement à titiller la nostalgie du passé, montrant des moments forts des personnages et de leurs actions, le type de moment qui en général fonctionne bien avec moi quand je termine une longue histoire avec des personnages auxquels j'ai fini par m'attacher. Mais j'ai constaté que, à l'instar du héros toujours très terre à terre, je n'ai pas été vraiment touché par tout cela.

J'ai lu ce manga comme une histoire originale, sortant des sentiers battus, avec des personnages eux aussi originaux même si souvent caricaturaux, et abordant des sujets assez rares et intéressants. Pour autant, je n'ai été que moyennement captivé et amusé.

Nom série  Hard Melody  posté le 22/07/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Il y a 10 ans, j'avais lu la précédente série de cet auteur chinois Mélodie d'enfer qui mettait également en scène des rockeurs. Elle m'avait épaté par la qualité de son dessin. Eh bien avec Hard Melody, Lu Ming fait encore mieux en matière de graphisme.
Les planches de cet album sont superbes. C'est un style proche du photo-réalisme mais avec une vraie composition des images, une superbe esthétique et un vrai dynamisme. C'est très beau et très classe, quoiqu'un peu triste du fait de tons sombres et des personnages désabusés.

Sombre et désabusé, le récit l'est également. Il nous permet de découvrir une vision de l'intérieur de la Chine du début 21 siècle, de ressentir le mal-être d'une partie de la population qui ne se sent plus à sa place et aussi sur la fin le drame des expropriations pour construire de grands immeubles.
Il y règne également un esprit rock avec ces trois héros au cœur rebelle qui ne veulent pas se laisser faire et sont prêts à se battre même en vain pour protéger leur vie et leurs proches.

L'ennui, c'est que la narration n'est pas du tout à la hauteur de la beauté du graphisme et de la profondeur du ton du récit. Les trente premières pages sont très dures à suivre, avec des sauts chronologiques peu compréhensibles et des bouts de dialogues qui fusent dans tous les sens. C'est sensé servir d'introduction aux personnages et de mise en place de l'ambiance, mais la manière de raconter rend le tout très confus et pénible à lire.
Par la suite, à quelques flash-back près, le récit devient plus linéaire et plus compréhensible. Cela rend la lecture plus agréable mais il y a toujours ce petit décalage entre la manière chinoise de raconter que j'ai retrouvé dans beaucoup de manhua et les habitudes d'un lecteur occidental qui font que ce n'est pas toujours très clair.
Et la fin, toujours dans un esprit rock, ni dieu ni maître, rebelle jusqu'à la mort, ne m'a que moyennement convaincu.

Donc c'est un album qui contient pas mal de défauts dans sa narration et je ne suis pas sûr que le déroulé de son scénario ne passionne beaucoup de monde. Par contre, son fond, qui permet de découvrir un certain état d'esprit dans la Chine moderne, est intéressant. Et surtout son graphisme est épatant et vaut la lecture à lui tout seul.

Nom série  La Vengeance de Masheng  posté le 22/07/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Après Le Temple flottant, c'est le deuxième ouvrage de Zhang Xiaoyu que je lis où il met en scène une forme de conte folklorique chinois. Comme cet autre album, c'est surtout son graphisme qui vaut le coup d'oeil.
Zhang Xiaoyu offre de très belles planches, grandes illustrations réalistes et détaillées, offrant souvent des angles de vue originaux, beaux et efficaces. Le style se rapproche de la peinture chinoise académique. C'est de la belle ouvrage.
A noter que, alors que le décor laisse penser durant la majorité de l'album que l'histoire se déroule dans la Chine médiévale, j'ai été un peu surpris d'apprendre vers la fin que cela se passe durant la présidence de Tchang Kaï-chek donc plutôt dans les années 1930. J'imagine que dans la Chine de l'époque, il y avait effectivement un tel contraste de modernité entre les petites villes de province et le monde plus ouvert à la technologie occidentale.

Le scénario pour sa part n'est cependant pas aussi emballant que le dessin. Son résumé pourrait tenir en moins de 2 lignes et ne tient pas trop la route. C'est plus un prétexte à mettre en image des visions de récits folkloriques et de formidables combattants des légendes chinoises. Il y règne du coup une ambiance entre fable et réalisme qui n'est pas désagréable.
Cependant, un scénario aussi succinct ne suffit pas à me permettre d'en conseiller l'achat.

Nom série  Amour à mort  posté le 20/07/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Jia-Wei Hung est douée. Son dessin est très beau, très stylé. D'une certaine manière, il rappelle le romantisme esthétique d'un Yoshitaka Amano avec ses costumes détaillés et superbes. Il s'en donne ici à coeur joie dans ce récit de fantasy.
Car J-D Morvan ne s'y est pas trompé et a su voir à quel point son style graphique conviendrait parfaitement à un récit d'heroïc-fantasy sombre et romantique.

C'est donc l'histoire d'une belle princesse guerrière qui doit fuir et venger la mort de son père et de son royaume. Et c'est l'histoire du prince adverse qui est tombé amoureux d'elle. Amour et mort, le titre est on ne peut plus explicite.
Le scénario n'est pas des plus originaux mais il tient bien la route et permet un récit beau et envoûtant.

Malheureusement, j'ai trouvé la conclusion trop convenue et décevante. C'est le genre de fin romantico-tragique que n'importe quel adolescent aurait pu imaginer et deviner. J'attendais sincèrement quelque chose de plus original, quelque chose qui ajoute de la profondeur à un récit autrement beau mais assez linéaire.
Déçu donc par la toute fin mais c'est quand même une belle BD.

Nom série  Le Temple flottant  posté le 20/07/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cet album vaut avant tout par son graphisme. C'est un dessin réaliste de type asiatique reflétant bien l'ambiance de la Chine médiévale. Toutes les planches sont très soignées avec de nombreuses très belles scènes détaillées et esthétiques. Les couleurs ne sont pas en reste. Bref, c'est beau.

L'histoire, pour sa part, est un conte chinois à l'ancienne, centré sur le thème du Bouddhisme et de la magie divine. L'histoire se lit très bien et est dotée d'une narration moderne malgré son sujet trés académique.
L'intrigue laisse cependant un peu sur sa faim car elle semble se terminer plus ou moins en queue de poisson. Alors que l'histoire commence en parlant d'un moine très particulier, d'abord saint puis criminel, elle prend un virage très différent en milieu d'album pour se centrer sur ce temple flottant. Le lien entre les deux parties de l'histoire n'est pas clair : je n'ai pas compris en quoi la mort du moine a enclenché ces événements. Nous sommes plus dans une explication de type "ta gueule, c'est magique !". Et de la même manière, la fin n'est pas bien claire : qu'arrive-t-il au vieux moine et au jeune garçon ? Le narrateur nous laisse en plan sur ce sujet, dommage.

Mais si on peut passer outre ces frustrations très terre à terre d'un esprit occidental cartésien, on peut savourer ces superbes images qui nous raconte une jolie fable emplie de magie.

Nom série  Iron ou la guerre d'après  posté le 19/07/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Note : 2.5/5

Étonnante BD que celle-ci.
Son format m'a intéressé et plu d'entrée. On dirait un roman ancien à la belle couverture cartonnée. A l'intérieur, le papier est épais et agréable au toucher.
Et les planches sont comme de belles illustrations peintes et joliment mise en page.

Elles mettent en scène des personnages animaliers dans un contexte un peu mystérieux. On comprend peu à peu que nous sommes dans un pays fictif, qui sort d'une guerre gagnée par les autorités actuellement au pouvoir sur place, et où des rebelles essaient de fomenter quelque chose pour bouleverser l'ordre établi tout en essayant d'échapper à la police secrète. On pourrait penser à la Résistance durant la seconde guerre mondiale mais les autorités sont bien moins militaires, plus des policiers en costume cravate façon fin 19e siècle. Ils semblent en outre de la même nationalité que les rebelles sans être pour autant des collabos, sauf erreur.
Bref, le contexte n'est pas expliqué et on est obligé de se laisser porter par les événements sans chercher trop à comprendre tous les tenants et aboutissants.
C'est un peu déroutant et pas forcément très agréable. D'autant que même si le dessin est joli à l'oeil, les postures souvent raides et stoïques des personnages manquent de naturel, imposent un rythme très lent à l'action et ajoutent à l'ambiance un peu bizarre du récit.

Le scénario est en deux portions : les événements avant la réalisation d'un certain attentat, et ce qu'il se passe quelques temps après. Et si des adultes sont majoritairement les héros au départ, ce sont des enfants qui passent au premier plan ensuite.
Le ton du récit est assez contemplatif même si le scénario comporte sa part d'action. Le rythme lent et les dialogues parfois hermétiques pour un lecteur sans explication des relations entre chacun des protagonistes peuvent lasser le lecteur.
De même, arrivé en fin d'album, on en reste encore à se demander où l'auteur voulait en venir. La mayonnaise ne prend pas vraiment.

Je salue quand même l'originalité du récit et la beauté un peu froide de l'album, mais je ne suis pas sûr qu'il trouve facilement son public.

Nom série  Les Savants  posté le 19/07/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Des enquêtes menées par des scientifiques des temps jadis, voilà une idée plaisante. Ce n'est pas la première fois qu'une telle idée est utilisée, néanmoins j'ai apprécié de voir ici deux célèbres esprits historiques se mesurer l'un à l'autre et collaborer dans leurs recherches. Nous parlons dans le cas présent de Copernic d'un côté et de Paracelse de l'autre. Je ne sais pas si les tomes suivants auront toujours les mêmes personnages pour héros, le titre de la série laisserait croire que non, mais je serais ravi de voir d'autres rencontres du même acabit.

Car ici, l'intrigue tient bien la route.
Nous sommes placés dans le cadre de l'Italie de la Renaissance, à l'université de la ville de Ferrare, où les protagonistes vont enquêter sur deux morts mystérieuses qui vont les mener à la poursuite d'un trésor disparu.
La reconstitution historique est bien rendue. Le contexte y gagne en profondeur. On y découvre notamment un Copernic très pieux qui refuse de croire ses propres calculs prouvant que la Terre n'est pas le centre de l'univers et est terrifié à l'idée de voir une telle découverte divulguée. C'est assez intéressant ne serait-ce que de ce point de vue là.
Le dessin ne m'a pas forcément emballé, je le trouve un peu inégal et les couleurs ternes lui donnent une ambiance un peu morose. Mais il est réaliste et fonctionnel donc je ne me plains pas.
L'enquête quant à elle est assez bien menée. Il y a un tout petit peu de coïncidences faciles mais elles se laissent oublier au profit des autres déductions logiques qui permettent aux héros de progresser dans leurs recherches.

Si la trame et la résolution de l'enquête elle-même n'est pas forcément surprenante ou marquante, le cadre historique et la rencontre des deux esprits scientifiques que sont Copernic et le jeune Paracelse donnent du caractère et de l'intérêt à cette série. Curieux de voir ce que seront les autres tomes s'il y en a.

Nom série  Pieter Bruegel  posté le 18/07/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cet album n'a rien d'une biographie de Pieter Bruegel dit l'Ancien. Il se contente de se servir du personnage en trame de fond, usant de ses peintures comme éléments de l'intrigue et de son influence artistique sur certaines scènes et certaines péripéties (même si dans ce dernier cas, on a aussi une forte influence de Jérôme Bosch, lui-même inspirateur de Bruegel).

Bruegel l'Ancien nous avait permis d'obtenir un témoignage visuel de la Flandres de l'époque, c'est ce que j'aime chez lui, et c'est ce à quoi les auteurs de cette BD rendent hommage avec leurs décors enneigés et le cadre historique de leur récit.
Nous sommes placés en 1568, à l'époque où la population flamande se révolte contre les Espagnols qui règnent sur leurs terres et où elle subit la répression sanglante de ces derniers. C'est une intrigue de rébellion et de combats à laquelle nous avons droit, centrée autour de la poursuite d'un tableau permettant d'identifier les meneurs secrets de la révolte. S'y ajoute une touche de magie avec les interventions fantasmagoriques d'une sorcière liée à la cause des rebelles.

J'ai apprécié ce cadre original et le fait d'utiliser la peinture au cœur d'un récit d'aventure. Les brèves explications du contexte sont un peu compliquées au tout début mais par la suite, on est très vite porté par l'action et le rythme. L'utilisation initiale du fantastique m'a surpris mais pourquoi pas.
Le dessin est un peu raide et pas toujours très beau mais comme dit plus haut, j'ai bien aimé les moments où il s'inspire des tableaux de Bruegel. Et de manière générale, j'ai apprécié la mise en scène d'une part du folklore historique des Flandres.
Par contre, j'ai trouvé la fin assez confuse. Je n'ai pas compris la nouvelle utilisation du fantastique que je trouvais inutile et embrouillée. Et la conclusion du récit m'a laissé assez circonspect, avec une petite impression de tout ça pour ça, de bancal. Dommage car le reste de l'histoire tenait assez bien la route.

Nom série  Spider-Man - Retour au noir  posté le 17/07/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Quoiqu'en dise son titre, on se fiche bien dans ce recueil que Spider-man y porte de nouveau son costume noir (mais pas celui infecté par le symbiote). A part peut-être un tout petit peu dans la première histoire puisqu'on y voit également d'autres costumes de l'Araignée. Non, il s'agit en fait simplement d'un ensemble récits se déroulant juste après la Civil War, à une époque donc un peu spéciale où tout le monde connait l'identité secrète de Peter Parker et où Tante May est à l’hôpital après s'être pris une balle de sniper qui visait son neveu.

Malgré ce contexte, les aventures que vit Spider-Man dans cet album ne sortent pas tellement du lot par rapport à ses habitudes. C'est comme d'ordinaire une succession de nouveaux ennemis ou de retours d'anciens, entrecoupés de quelques toutes courtes séquences plus intimes. Seule une ambiance un peu plus sombre, moins amusante, se fait ressentir. Et cela ne m'arrange pas car quitte à suivre des histoires un peu basiques où l'Araignée se contente de chercher puis combattre des super-vilains, je préfère quand il le fait à grands coups de dialogues rigolos et de blagues potaches.
Une histoire sort quand même du lot, par son scénario mais aussi par son graphisme très différent d'un comics classique, une histoire où Peter Parker revoit sa vie et ce qu'il a accompli et où on a aussi une vision de ce que pourrait être son futur.
Pour le reste, ce sont des histoires bien rythmées, plutôt bien faites et assez bien dessinées dans la majorité, mais avec aucun scénario qui marque la mémoire par son originalité ou sa profondeur.

Nom série  La Petite Patrie  posté le 14/07/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Adaptation d'un roman, cette BD canadienne raconte la vie dans un quartier de Montréal durant la seconde guerre mondiale. Alors que l'on se bat en Europe, les bandes d'enfants québécois ne s'en soucient guère et vivent au jour le jour. Une vie composée de jeux dans la rue, de défis, de bonbons, de petites amourettes et de parents fervents catholiques. Mais une vie aussi parfois ponctuée de quelques moments plus sombres.

Le dessin de Julie Rocheleau est très sympathique. Elle provient du monde de l'animation mais cela ne se ressent pas particulièrement. Par contre, on sent une vraie aisance technique dans son trait. Ses mises en scène et ses couleurs sont en outre très originales, pleines de vie et de dynamisme. Sa narration graphique est un petit poil brouillonne mais on finit par s'y faire.

Pourtant elle empêche un petit peu au départ d'entrer pour de bon dans le récit. D'autant plus qu'on a vite l'impression que chaque page ou presque raconte une nouvelle petite, une nouvelle anecdote, comme si on sautait successivement d'un chapitre du roman au suivant comme autant de visions fugitives de moments de vie de ces petits québécois. J'ai trouvé néanmoins assez intéressant la manière de montrer à l'avant-plan les jeux insouciants des enfants tout en montrant avec finesse et discrétion en arrière-plan la situation un peu plus grave des adultes.
Mais ce n'est vraiment que vers la fin de l'album, quand la joyeuse monotonie du quotidien du jeune héros finit par être impactée par des événements plus graves, que j'ai fini par ressentir davantage d'émotion et à finalement m'attacher à ce qui faisait la joie de vivre de ce quartier à l'époque.

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