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Nom série  Carnet du Pérou  posté le 20/04/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J’ai envie de dire que cet album marque la fin d’un cycle chez Fabcaro.

S’il part d’une idée assez originale (écrire un road-trip à propos d’un pays dans lequel il n’a jamais mis les pieds), Fabcaro va vite revenir à son sujet de prédilection : lui-même et ses angoisses. Alors, certains passages sont certes hilarants mais très vite, j’ai eu le sentiment que l’auteur tournait en rond… et que, quelque part, il s’en rendait compte et jouait même avec cette idée qu’il ne parvenait pas à parler d’autre chose que de lui-même. Cela reste agréable à lire malgré quelques moments creux, mais ce n’est pas le meilleurs Fabcaro que j’ai lu.

Si maintenant, vous n’avez jamais rien lu de cet auteur, c’est peut-être une bonne manière de l’aborder.

Au final, voici un album humoristique correct, qui recèle d’excellents passages mais aussi des longueurs et dans lequel Fabcaro ne sort pas spécialement de sa zone de confort, usant de son personnage d’auteur de bd looser et névrosé. Le dernier tiers du récit, dans laquelle j’ai senti que Fabcaro ne savait plus trop comment clore le sujet, étant ce qu’il y a de moins réussi à mes yeux dans cet album.

Achat non déconseillé car il y a quand même quelques passages poilants (surtout au début de l'album).

Nom série  Les Petites Distances  posté le 20/04/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
J’avais été fort séduit par Betty Boop, le premier album scénarisé par Véro Cazot que j’ai eu l’occasion de lire. Du coup, lorsque j’ai entendu parler de ces petites distances, je n’ai pas réfléchi longtemps avant d’en faire une priorité d’achat.

En plus le synopsis est de ceux qui me parlent énormément avec ces deux personnages ayant du mal à trouver leur place dans un quotidien pourtant des plus banals.

Mais ce qui marque en premier, c’est le trait de Camille Benyamina. Spontané et expressif, il transmet bien les sentiments des personnages. Son côté faussement brouillon cadre bien avec le scénario tandis que la colorisation permet de créer un ‘fantôme’ des plus crédibles.

Au niveau de l’histoire, Véro Cazot explore deux mal-être très actuels. Mais plutôt que de se contenter d’un ‘bête’ roman graphique, elle choisit d’orienter son récit vers la fable fantastique. Le résultat est agréable à lire, parfois drôle, souvent touchant mais surtout très juste au niveau du ressenti des personnages. Utiliser ce subterfuge de la fable pour nous parler de problèmes bien réels de la vie en société permet à l’auteure de dédramatiser la situation mais l’analyse n’en devient finalement qu’encore plus pertinente.

Au final, Les petites distances est un récit amusant et touchant qui enchante dans un premier temps… mais pousse le lecteur à réfléchir dans un deuxième temps. Fin et intelligent, certains lecteurs n’y verront sans doute que banalités mais moi, j’ai bien aimé ce récit. Seul reproche : il y a parfois un peu trop d’eau de rose dans le bain.

Nom série  Sous un ciel nouveau  posté le 20/04/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Bien vendu par mon libraire, ce recueil de nouvelles ne m’a finalement pas autant séduit que je l’espérais. Il dispose toutefois de plusieurs atouts qui en font sinon un indispensable, du moins une lecture agréable.

Tout d’abord, et c’est le premier point marquant, le dessin nous éloigne des stéréotypes du manga actuel. L’approche est ici plus dans la veine d’un Tanigushi mais Cocoro Hirai dispose de sa propre identité, influencée par la bande dessinée européenne et enrichie de sa sensibilité asiatique. Le trait est riche et harmonieux, très lisible et expressif. Loin d’être simpliste et répétitif, il convient à merveille pour illustrer ces tranches de vie, en leur offrant un cadre réaliste doté d’une belle profondeur et des personnages vivants et réalistes.

Les histoires relèvent de l’ordre du roman graphique. La première, la plus longue et dont un ultime chapitre vient clore l’album, est aussi la plus élaborée. Elle nous laisse le temps de nous attacher aux personnages. Touchante par plusieurs aspects, elle m’est également et malheureusement apparue simpliste par certains côtés. Alors oui, c’est gentil, c’est sympa à lire, c’est empli de positivisme mais il m’a manqué une forme de tension pour être totalement captivé… tension partiellement apportée par le dernier chapitre, ce qui permet de refermer l’album avec un sentiment positif.

Les autres histoires sont souvent intéressantes par le point de vue choisi mais le format court ne permet pas aux auteurs de vraiment exploiter le potentiel de leurs personnages. Le lecteur que je suis a eu du plaisir à partager un moment avec eux mais cette rencontre éphémère risque, je le crains, de ne pas longtemps me rester en mémoire. Ce sera peut-être un ‘plus’ lors d’une relecture mais, là, maintenant, j’ai un peu un sentiment de futilité qui me dérange.

Si vous avez l’occasion de le lire (et si vous aimez les romans graphiques), n’hésitez pas. Pour l’achat, je suis plus réservé. Disons que je ne le déconseille pas mais que je n’en ferais pas une priorité.

Pas mal, quoi… et très certainement des auteurs à suivre.

Nom série  Belle-île en père  posté le 19/04/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
A l’image de Ouessantines, autre album réalisé par ce duo d’auteurs, Belle-île en père nous offre une intrigue dans une île bretonne. Le ton n’est pas spécialement dramatique même si le mystère est bien présent.

A la lecture, j’avoue avoir eu un peu de mal avec l’héroïne, pas spécialement attachante à mes yeux. Heureusement, quelques personnages secondaires m’ont plus intéressé. L’intrigue prend ici la forme d’un secret de famille… que je n’ai pas trouvé incroyablement dramatique.

A nouveau, à l’image d’Ouessantines, j’ai trouvé que l’album avait un problème de rythme. Le gros du récit se centre sur les personnages, à l’image d’un roman graphique. Il y a bien un mystère, mais celui-ci reste très en retrait. Et puis, POUF, comme si les auteurs se disaient qu’ils n’avaient plus grand-chose à nous raconter, les révélations nous sont données en deux temps, trois mouvements. Même pas besoin d’enquête dans le cas présent puisque c’est un personnage secondaire qui vient révéler le fond de l’histoire sans qu’on ait à le lui demander.

Il sera également beaucoup question de Sarah Bernhardt dans cet album… mais il n’y a pas de lien entre cette évocation historique et l’enquête principale. Du coup, après avoir dans un premier temps dérouté, cette évocation finit par sembler très artificielle, comme si, là aussi, les auteurs n’avaient pas su quoi raconter.

Pour le dessin de Nicoby et l’évocation de l’état d’esprit des îliens, je ne déconseillerai pas la lecture d’un album qui, il faut l’avouer, se lit facilement.

Pour le fond de l’histoire, je pense que l’achat est dispensable.

Nom série  A.D. After Death  posté le 19/04/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Voici un album on ne peut plus déroutant.

Sa forme, déjà, a de quoi surprendre puisque ce bouquin alterne des passages sous forme de romans illustrés et des passages de bande dessinée pure et dure, un peu à la manière de Tamara Drewe mais d’une manière plus systématique ici.

Ne vous attendez donc pas à avoir fini votre lecture en moins d’une heure, et ne croyez pas pouvoir zapper les passages romancés ; ceux-ci sont indispensables à la compréhension de l’histoire. D’ailleurs, à titre personnel, ce sont ces passages qui m’ont le plus convaincu lors de ma lecture. Ce texte à la première personne, écrit avec la spontanéité d’un journal intime, nous relate la vie du personnage central avant que celui-ci ne participe à une étrange expérience qui le rendra éternel (ou presque). Dans les parties dessinées, nous retrouvons le même personnage après cette expérience. La narration est volontairement vague et le lecteur devra patiemment emboîter les pièces du puzzle pour saisir la situation. Une seconde lecture est donc bienvenue puisque nous saisissons alors mieux certains agissements qui pouvaient sembler étranges (comme le kidnapping d’une vache) à la lumière du résultat final.

Au niveau du dessin, Jeff Lemire use de son style habituel. On aime ou on déteste, je pense, mais personne ne pourra nier que ce dessin d’aspect raide et maladroit est étonnamment efficace pour faire passer les émotions des personnages. La colorisation est à l’image du trait : elle nous sort de nos habitudes. A titre personnel, je trouve le résultat… d’une laideur charmante. Bien loin des stéréotypes du genre comics, le style faussement naïf de Jeff Lemire apporte un vent de fraicheur à la production US (enfin, canadienne, en l’occurrence).

Le récit s’articule donc sur deux époques que l’on découvre en alternance, et l’époque ‘moderne’ est extrêmement déroutante. Pour tout vous dire, en début de lecture, j’étais on ne peut plus paumé durant ces passages, en arrivant même à me demander si je comprendrai quelque chose à un moment ou un autre. Car tout ici est mystère, même le rôle d’un paillasson (dont on n’aura l’explication que plus tard dans notre lecture).

Au final, je peux dire que le mystère m’a happé… mais j’ai le sentiment de ne pas avoir tout saisi, notamment quant aux motivations profondes du personnage principal. Je ne regrette cependant pas d’avoir lu cet album. Je le relirai certainement au moins encore une fois pour voir si certains comportements s’éclairent grâce à une lecture globale préalable.

En tous les cas, cet étrange récit devrait plaire aux amateurs du genre (Alix, Jetjet, Paco, je pense entre autres à vous ). A essayer, et plus si affinité.

Nom série  Résilience  posté le 05/06/2017 (dernière MAJ le 19/04/2018) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Annoncée en deux tomes, la série ne fait finalement que commencer lorsque je tourne la dernière page du deuxième album. Il m’est même difficile de parler d’une fin de cycle et je serais bien en peine de vous dire combien de tomes la série pourrait compter au final. Et ça m’énerve car cette manière d’appâter le lecteur en lui promettant une série courte (et donc modérément onéreuse) avant de le coincer dans une série dont on ne peut deviner la longueur fait franchement publicité mensongère, un peu comme si on vous invitait à prendre une autoroute à péage sur quelques kilomètres… mais que l’on en fermait toutes les sorties, histoire de vous obliger à rester dessus le plus longtemps possible.

Au-delà de cet aspect mercantile, Résilience est une bande dessinée qui vaut plus qu’un coup d’œil distrait.

Tout d’abord, il y a le trait de l’auteur. Dynamique, expressif, épuré juste ce qu’il faut, il plaira à un vaste public tant il est facile à lire. Les planches sont bien découpées, les cases sont aérées, jamais surchargées mais sans donner une impression de vide, la narration est présente mais pas envahissante. La série est donc facile à lire et convient parfaitement à un lectorat de jeunes adolescents.

Un lectorat qui sera par ailleurs sensible à la thématique abordée : l’épuisement des terres dû à la surexploitation agricole. Profondément manichéen, le récit oppose deux modes d’exploitation « extrêmes ». D’une part le modèle ultra-industriel à la Monsanto, avec force usage de pesticides et d’engrais chimiques, modèle adopté par les « méchants » de l’histoire. D’autre part, la bioéthique pure et dure, avec des agriculteurs travaillant quasiment à mains nues une terre redevenue grasse grâce au respect qu’ils lui manifestent. Inutile de vous dire que c’est dans ce camp que se trouvent les « gentils » de l’histoire. Alors, par ci, par là on trouvera bien un gentil méchant ou un méchant gentil mais concernant les choix de société, l’auteur ne propose que deux voies opposées dont une est tellement absurde que le lecteur ne pourra qu’approuver l’autre. C’est simpliste mais tout à fait adapté à un jeune lectorat et finalement très efficace en termes d’intrigue : les deux camps sont facilement identifiables, à l’image d’un western, en somme. Mais un western de l’époque moderne, où ce sont depuis quelques temps les indiens qui portent les valeurs les plus nobles (telles le respect de la nature ou le rapport à la terre) face aux méchants cow-boys tout puissants qui ne visent qu’un enrichissement rapide aux dépends des générations futures.

Le récit contient ce qu’il faut d’action et de rebondissements pour là encore convaincre un jeune lectorat. L’identification aux personnages se fera naturellement puisque ceux-ci véhiculent des valeurs indémodables (courage, volonté de bien faire, désir de s’opposer à l’ordre établi) sans éviter l’un ou l’autre petit défaut qui les humanise. Le lecteur adulte regrettera la manque de crédibilité de certaines situations (la course poursuite en cuistax en est un bon exemple) et s’amusera de la vision parfois très manichéenne et insistante de l’auteur (qui n’est pas sans me rappeler certains aspects de Star Wars comme cette opposition entre une armée composée d’anonymes interchangeables et une résistance peuplée de races diverses vivant en harmonie par-delà leurs différences et leurs éventuels handicaps) mais je n’hésiterais pas à conseiller la série à un lecteur âgé entre 10 et 14 ans. Surtout s’il est sensible aux discours écologistes actuels.

Nom série  Ces jours qui disparaissent  posté le 19/04/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
J’ai beaucoup aimé cet album.

Je le trouve tout d’abord très original dans son intrigue, mais surtout j’ai beaucoup aimé la progression du récit. De fait, l’auteur ne se contente pas d’une bonne idée de départ. Il l’a fait évoluer au fur et à mesure des chapitres pour finalement inverser les pôles, si je puis m’exprimer ainsi. La forte pagination de l’album permet de bien décortiquer ce lent processus dans lequel le personnage central finit par se perdre, et par perdre ses proches. D’abord intrigante, cette histoire s’avère surtout touchante en définitive. Et ça, c’est dû autant au point de départ choisi qu’à la manière dont la vérité se dévoile progressivement.

Le dessin est très propre, très épuré. Il est agréable à l’œil mais sans esbroufe. C’est du très bon dessin de bande dessinée, pensé pour raconter une histoire, pas pour se suppléer à elle. Les personnages sont bien typés, les décors sont facilement identifiables et lorsqu’il s’agit de décrire notre futur (l’album débutant à notre époque et s’étalant sur un grand nombre d’années, il se termine fort logiquement dans un futur relativement proche mais dans lequel la réalité virtuelle a bien évolué), celui-ci tire un certain bénéfice de ce trait épuré et froid.

Un très bel album, selon moi, qui use du fantastique d’une manière intelligente et très cohérente. A la limite, on en oublierait presque le caractère fantastique du récit tant l’auteur a réussi à rendre ses personnages crédibles. Vraiment, j’aime beaucoup !

Nom série  Poète à Djibouti  posté le 30/03/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Comme l’indique le résumé, Nicoby, auteur de bandes dessinées à la renommée somme toute relative, s’est retrouvé invité à un festival… du conte et de la poésie à… Djibouti. Comme le dit sa compagne au début de l’album : on ne saurait dire ce qu’il y a de plus incohérent dans cette proposition.

Quoiqu’il en soit, l’auteur en profite pour nous offrir un petit carnet de voyage dans lequel il relate sa découverte de Djibouti avec humour et autodérision. Des doubles pages de photos permettent de scinder l’album en quelques courts chapitres tout en nous gratifiant d’images représentatives de son séjour.

L’album est agréable. Quelques observations et répliques m’ont fait sourire, voire rire. Dans l’ensemble, ce carnet de voyage ne fait cependant que confirmer des propos tenus par ailleurs : l’extrême pauvreté du pays qui n’a d’égal que la chaleur de l’accueil de ses habitants, les problèmes de délinquance ou de prostitution organisée qui sont bien réels dans un pays où les cailloux poussent plus facilement que les oliviers. Nicoby se positionne en observateur, ne jugeant pas. On a donc droit à une vision très ‘neutre’ de Djibouti. L’album est agréable à lire grâce à son ton léger mais ne reste finalement que fort peu en mémoire du fait, je pense, de ce manque d’investissement émotionnel de la part de l’auteur. Je ne saurais d’ailleurs dire à la fin de l’album s’il a noué un lien particulier avec ce pays ou si ce séjour s’est résumé pour lui à de chouettes vacances aux frais de la princesse. C’est un peu le reproche que je ferais à l’album.

Au niveau du dessin, le trait de Nicoby est agréable car spontané et expressif. Les émotions passent bien et la lisibilité des planches est parfaite.

Très certainement à lire. Si vous avez l’occasion de l’emprunter, ne vous en privez pas. Pour l’achat, je suis plus réservé mais, si vous êtes fans de l’auteur, je pense que vous trouverez dans cet album tout ce qui fait son charme.

Nom série  Filles des Oiseaux  posté le 28/09/2016 (dernière MAJ le 29/03/2018) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J’ai beaucoup aimé le premier tome qui évoque la jeunesse des deux personnages principaux dans un internat catholique d’avant mai ’68. C’est vivant, souvent drôle, parfois touchant. Florence Cestac fait vraiment bien revivre cette époque et les anecdotes qu’elle nous livre m’auront remis en mémoire les souvenirs de ma propre mère. Ses personnages sont attachants et très complémentaires. Avec ce tome, l’auteure illustre merveilleusement une époque avec ses travers mais aussi ce vent de nostalgie. La lecture finie, je ne me suis certainement pas dit « c’était mieux avant ! » (bien au contraire) mais je ne peux m’empêcher de penser que ces années ont laissé quelques bons souvenirs, quelques belles anecdotes à celles et ceux qui les ont vécues.

Le deuxième tome m’a par contre beaucoup déçu. Le principal reproche que je ferai à celui-ci est qu’il cherche à couvrir un bien trop grand espace temporel ! Du coup, les différentes époques traversées défilent sans nous laisser le temps de souffler. Tout est évoqué, rien n’est approfondi et la caricature se fait plus simpliste. Par conséquent, les personnages deviennent moins touchants, les seconds rôles deviennent franchement secondaires (à peine croisés et déjà derrière nous).
Je suis vraiment triste du résultat final car, je le répète, le premier tome était vraiment agréable à lire. Même les très gros nez de Florence Cestac ne me choquaient pas alors qu’ils finissent par me fatiguer dans le deuxième opus.

J’accorde une note globale de 3/5 mais le premier tome vaut franchement plus. A posséder… si vous savez vous arrêter à celui-ci (qui peut, à la limite, se lire comme un one-shot).

Nom série  Nous n'irons plus ensemble au canal Saint-Martin  posté le 26/03/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Et bien chez moi le charme n’a pas opéré. Peut-être n’étais-je pas dans le bon état d’esprit pour lire ces tristes nouvelles au caractère sombre très appuyé. J’ai cependant surtout le sentiment d’avoir lu des œuvres bien plus touchantes chez cet éditeur assez spécialisé dans ce genre de roman graphique d’un quotidien sordide.

Ici, l’émotion a du mal à passer. Les liens entre ces trois nouvelles sont plus anecdotiques qu’autre chose, sortes de clins d’œil aux collègues sans que cela n’apporte quoi que ce soit au récit. Les deux personnages principaux de la première histoire m’ont franchement énervé. La dernière histoire m’a semblé mal dessinée (morphologies étranges, pauses peu naturelles) mais c’est peut-être celle que j’ai trouvé la plus intéressante dans son exploration des relations humaines. Celle du milieu... deux jours après ma lecture, j'ai du mal à m'en souvenir.

Vraiment très anecdotique à mes yeux, ce n’est en tous les cas pas par cet album que je vous inviterais à découvrir l’univers de l’éditeur (les Enfants Rouges).

Nom série  Le Château ambulant  posté le 26/03/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Ce manga en quatre tomes est l’adaptation du dessin animé de Hayao Miyazaki, lui-même inspiré du roman de Diana Wyne Jones, « Howl's Moving Castle ». Il est donc à rapprocher de « Le Château dans le Ciel » puisque là aussi, le manga avait été adapté du dessin animé inspiré par un autre roman de Diana Wyne Jones («Castle in the Air »). Ces deux adaptations utilisent d’ailleurs la même technique de l’anime comics.

Je n’ai jamais lu le roman ni même vu le dessin animé. Ce manga a donc été ma seule approche de cette histoire originale portée par des personnages somme toute classiques des récits fantastiques destinés à la jeunesse. Le sentiment que j’ai après lecture est… que le roman devait être bien plus agréable à lire.

De fait, nous sommes ici face à un manga directement adapté du dessin animé, illustré à base d’images directement tirée du même dessin animé. Et c’est à ce niveau que le bât blesse furieusement ! Le découpage s’opère la plupart du temps sur base de courtes séquences de quelques cases extrêmement rapprochées en terme d’espace-temps. Cela donne un rythme narratif totalement syncopé avec énormément de cases qui ne servent en définitive à rien. Si cette manière de procéder permet une lecture rapide, il m’aura empêché de réellement plonger dans un univers qui, par ailleurs, me semblait plutôt intéressant.

La colorisation est, d’un point de vue esthétique, certainement ce qu’il y a de plus réussi. Le dessin animé devait être beau à voir, à ce niveau.

L’histoire, comme je le disais, aurait pu être intéressante (du moins pour un jeune lectorat). Mais ici, j’ai vraiment eu le sentiment de me trouver devant un résumé réalisé sans inventivité sur base d’images préexistantes, bourré de clichés et de raccourcis faciles. Il me reste de cette lecture le souvenir de quelques seconds rôles sympathiques, une histoire d’amour fort mièvre et prévisible et des scènes de combat manquant cruellement de dynamisme. L’émotion ne passe pas vraiment, et c’est très regrettable parce que ce récit avait un réel potentiel.

Bof, donc, pour cette adaptation. Son seul mérite aura été de me faire découvrir une partie de l’univers de Diana Wyne Jones, un imaginaire qui, très clairement, pourrait donner lieu à de belles adaptations sous format bd.

Nom série  Giant  posté le 23/03/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
A titre personnel, et contrairement à la majorité des lecteurs précédents, j’ai beaucoup aimé ce diptyque.

Tout d’abord, je trouve que les couvertures en jettent ! Ce jeu d’ombres et de lumières, cette complémentarité entre la plongée du premier tome et la contre-plongée du second, c’est vraiment un appel du pied au candidat lecteur. De plus, après lecture, la symbolique de ces deux couvertures s’éclaire au regard du parcours des personnages (l’un regardant vers le bas/son passé, l’autre tournée vers le haut/son avenir). Ces couvertures figurent clairement parmi les plus intelligentes et les plus belles que j’ai vues.

A la lecture, j’ai trouvé que le dessin n’était pas aussi fort que ce que les couvertures promettaient… mais il est loin d’être mauvais ! Les personnages sont bien typés, les faciès masculins assez caricaturaux permettent de faire passer un large panel d’émotion. Quant aux décors, ils sont très bien rendus, nous plongeant dans un New-York ouvrier, sale et triste comme un coron un jour de coup de grisou. La construction des gratte-ciels donne lieu à quelques cases dans lesquelles on sent le travail d’équilibriste des acteurs. La colorisation volontairement terne ne fait qu’accentuer cette sensation de tristesse et de désolation tout en dotant l’esthétique globale d’un cachet un peu passé.

Car oui, l’histoire n’est pas des plus joyeuses, construite autour de l’étrange relation épistolaire qu’un ouvrier va lier avec la veuve d’un de ses anciens collègues. L’humour est rare et passe clairement au second plan face au romantisme brut de ce Giant maladroit, bourru, silencieux et en quête sinon de rédemption du moins d’un sens à sa vie.

J’ai beaucoup aimé ce personnage. Grand, large, taciturne voire impossible d’accès… et sensible derrière sa carapace. Euhhhh, comment dire ? Il me rappelle vaguement quelqu’un… Cette identification au personnage aura très certainement joué dans mon appréciation de l’album. Mais plus encore, la qualité d’écriture m’a vraiment séduit. Ce diptyque a été très agréable à lire. Pas seulement à regarder.

Enfin, derrière l’histoire se loge une réflexion plus globale, plus intemporelle. La grandeur de l’Amérique, sa splendeur, sa richesse, dues au travail d’immigrés rejetés, dénigrés, exploités… Je me dis que, dans ce bas monde, rien ne change finalement… L'ouvrier soudanais d'aujourd'hui a remplacé le travailleur irlandais d'hier, mais qu'est-ce qui les différencie vraiment ?

Seul petit reproche : le deuxième tome aurait pu être raboté de quelques pages un peu inutiles (dans le dernier tiers). Sinon, on était proche de la perfection à mes yeux.

Nom série  Paul dans le Nord  posté le 22/03/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Paul dans le Nord traite de l’adolescence avec beaucoup de justesse et de décontraction. Bon, décontraction n’est peut-être pas le mot adéquat mais je n’en trouve pas d’autres pour exprimer mon ressenti. En fait, à la lecture de cet album, j’ai trouvé le ton d’une extrême justesse. L’adolescence nous est montrée sans dramatisation, avec une gentille dérision. Paul, ado fondamentalement gentil cherchant à se rebeller mollement devant son père, se liant d’amitié avec un boulet 'tellement génial', éprouvant ses premiers émois et son corollaire dramatique (un chagrin d’amour déchirant à s’en arracher les veines à coup de stabylo). C’est tellement juste, tendre, parfois drôle, parfois touchant…

Et puis, qu’est-ce que Michel Rabagliati a fait comme progrès dans sa mise en page ! Ses albums ne sont plus seulement sympathiques à lire. Ils sont aussi beaux à regarder, avec ici quelques très belles compositions en pleine page. Son trait épuré atteint parfois un esthétisme étonnant qui le lierait presque au style « atome ».

Si vous ne connaissez pas ce personnage de Paul, cet album est une excellente entrée en matière. J’avais déjà beaucoup aimé Paul à Québec. Je pense que je préfère encore Paul dans le Nord.

Franchement bien, simple, juste… décontracté.

Nom série  Et si l'amour c'était aimer ?  posté le 22/03/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Pute borgne, qu’ai-je ri devant ces inepties facétieuses emplies d’une sage folie sauvage aux suaves effluves d’un matin embrumé de café et de macédoine.

Bon ! Plus sérieusement, Fabcaro nous sert là encore un grand, un très grand cru. Peut-être même l’album de lui que je préfère. Le décalage entre un dessin figé de visages inexpressifs et les propos absurdes et décalés juste ce qu’il faut est irrésistiblement hilarant. C’est vraiment génialement con, avec des passages d’anthologie (dont une discussion téléphonique, mon dieu, j’en pisse de rire rien que d’y repenser).

En fait, je ne sais pas quoi dire sinon : lisez le, lisez le, lisez le. C’est absurde, c’est con mais c’est tellement jouissif. Et si je vous dis que la seconde partie de l’album est un peu moins drôle que la première, cela signifie que je n’ai plus ri qu’une à deux fois par page, contrairement au début de l’album où quasiment chaque case me faisait pouffer.

Ceux qui connaissent Fabcaro : pas besoin d’essayer de vous convaincre.
Les autres : si l’aspect de l’album peut rebuter (couverture moche, album peu épais, dessin peu avenant), ne vous arrêtez pas à cette impression. Ce n’est pas de l’underground obscur compréhensible que d’initié. L’humour de Fabcaro est accessible à tous… pourvu que l’absurde ne vous effraie pas et que vous n’ayez pas peur de rire comme une baleine en lisant une bande dessinée.

Nom série  Saga  posté le 15/04/2015 (dernière MAJ le 22/03/2018) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
8 tomes déjà…

Enfin, déjà… Entendons-nous ! Parce qu’en 8 tomes, cette série nous a fameusement fait voyager. Et pas spécialement là où on l’attendait, l’imagination sans limites de Brian K. Vaughan ne cessant de surprendre le lecteur que je suis. Et pour le dire platement, cette saga me botte vachement !

Pourtant, les couvertures ne me tentaient pas plus que ça au début, et je craignais d’encore tomber dans un récit de guerre sidérale avec super-héros zarbi et guerriers magistraux. Mais, voilà : rien de tout ça et en lieu et place, j’ai découvert un univers zarbi peuplé de guerriers magistraux évoluant au cœur d'une guerre sidérale…

… Non, c’est pas pareil !!

Ce n’est pas pareil parce que l’accent est avant tout mis sur les relations familiales des différents personnages (dont trois groupes se dégagent avec force et charisme avant de se croiser, de se regrouper, de se séparer ou de chercher à s'exterminer). Que ceux-ci s’expriment comme le commun des mortels (quoique je doute que beaucoup de gentes dames parlent de leur plaisir intime en des termes tels que : « j’ai joui comme un camion-benne »). Et qu’il est très agréable de bondir ainsi d’une intrigue à l’autre même si tout s’intègre dans une seule et même histoire. L’intérêt est constamment relancé grâce à un découpage dynamique et nerveux.

Ce n’est pas pareil parce que l’univers étrange est vraiment très original et aussi bien imaginé que dessiné. Un personnage à tête d’écran de télévision, ça peut paraître très con, bancal et sans émotion sans un grande maîtrise tant narrative qu’esthétique. Ici, le gars devient vite touchant même si on a envie de lui faire la tête au carré (ce qu’il a déjà, ceci dit en passant). Une femme qui ressemble à un vieux barbu parce qu’elle a la tête à l’envers, décrit comme ça, c’est pas parlant alors qu’un petit dessin bien amené, ça fait son effet !

Ce n’est pas pareil parce que la guerre, on s’en fiche royalement. Il n’y a pas de grande scène de combat, pas de stratégie. La galaxie est immense et si le conflit semble concerner beaucoup de monde, les champs de bataille ne sont que très rarement piétinés. Et puis, du space-opera qui n’hésite pas à s’aventurer dans l’univers du soap-opera, c’est quand même vachement culotté !

Les auteurs ont donc réussi à revisiter un thème ultra-classique (le couple issu de deux races ennemies qui doit s’enfuir pour sauver le fruit de ses entrailles) en dotant ses personnages d’un langage vif et souvent drôle, son univers de créatures improbables et cohérentes et son découpage d’un éternel goût de trop peu qui incite le lecteur à continuer sa lecture. L'humour est bien présent, mais la tension l'est également et, après huit tomes, on en vient à ne plus savoir qui survivra à cette aventure (dans laquelle même les morts risquent leur vie !)

Points forts : les dialogues et l’univers.
Point faible : une intrigue qui n’avance pas… mais tant que je m’amuse, je m’en tamponne.

Nom série  Journal d'un Enfant de Lune  posté le 22/03/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Pour un album au but avant tout didactique, je trouve qu’il est très bien fait.

Tout d’abord, il y a un dessin très accessible à un jeune public. Clair et net, il fait bien ressortir les personnages et la colorisation agréablement nuancée estompe la simplicité du trait. Pour un album destiné à un large public, c’est parfait !

Puis vient la manière dont la maladie est abordée. Les auteurs usent d’une idée certes déjà souvent vue par ailleurs mais que plus d’une jeune lectrice trouvera romantique en diable. Ce journal intime retrouvé par hasard est une belle porte d’entrée pour pénétrer le quotidien d’une personne atteinte de Xeroderma Pigmentosum. Et le fait d’utiliser comme personnage porteur une jeune adolescente ne fera qu’accentuer le processus d’identification et de compassion des jeunes lectrices et -dans une moindre mesure- lecteurs.

Par-delà l’intrigue sentimentale, le contenu de l’album se veut didactique. J’ai trouvé le résultat très instructif avec ce qu’il fallait de petites anecdotes du quotidien pour dédramatiser la maladie sans pour autant en occulter les aspects les plus durs.

Franchement, dans le genre, j’ai trouvé l’album très bien fait. Mais il ne faut pas inverser les priorités : cet album permet avant tout de parler de la maladie des Enfants de Lune. L’intrigue sentimentale n’est qu’un moyen d’y parvenir au travers d’une fiction qui parlera beaucoup aux jeunes lectrices et lecteurs. Et son côté trop propre sur lui (tout le monde il est beau, tout le monde, il est gentil) irritera très certainement l’un ou l’autre d’entre eux.

Nom série  Le Souffle court  posté le 21/03/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
L’intérêt principal de cet album réside dans sa structure. Le récit est scindé en deux parties, la première raconte l’histoire selon le point de vue de Maëlle. La seconde raconte la même rencontre selon le point de vue d’Olivier. Tout le mystère du récit passe donc par les non-dits de l’un qui s’éclairent seulement lors de la seconde partie.

Ce n’est pas désagréable à lire mais la présentation de l’album par l’éditeur en dit déjà beaucoup trop avec pour résultat un effet de surprise quasiment réduit à néant. Sinon, le texte est peu abondant et l’album se lit très rapidement et sans déplaisir.

Le trait fort sombre est agréable mais dote l’album d’un climat pesant, pas toujours justifié.

Au final, si je ne regrette pas ma lecture, je suis heureux d’être passé par un emprunt en bibliothèque. Les deux protagonistes ne m’ont pas spécialement touché et si l’histoire est racontée d’une manière (un peu) originale, une fois lue, son ‘mystère’ disparait complètement.

A emprunter plutôt qu’à acheter mais c’est loin d’être un album sans intérêt.

Nom série  Edelweiss  posté le 21/03/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
C’est une belle et triste histoire d’amour qui nous est contée là.

Le dessin est très agréable, tout comme la colorisation. Le découpage est soigné et il n’y a pas de réel moment creux à la lecture. Tout s’enchaine avec fluidité. Du coup, c’est le genre de récit qui se lit facilement, sans forcer… et la faible abondance de texte ne fait qu’accroître encore cette facilité de lecture.

Le seul reproche que je ferai à cet album, c’est la manière parfois peu subtile avec laquelle les auteurs appuient sur le pathos, multipliant les tragédies auxquelles vont être confrontés nos deux tourtereaux pour toucher le plus possible nos cœurs d’artichaut lecteur. A un moment, j’ai frôlé l’overdose, me demandant si la chute d’un escabeau n’allait pas provoquer une amputation de la colonne vertébrale chez un des personnages.

Et puis, il y a le côté caricatural du couple au départ : une riche bourgeoise, un pauvre ouvrier. Mais où ont-ils garé le Titanic ? Voilà le problème : tout est fait pour émouvoir. Avec certains, ça marchera à fond (et c’est tant mieux), avec d’autres à un moment, ça fait too much et le lien est rompu.

A titre personnel, à certains moments, j’ai été limite mais, dans l’ensemble j’ai été plutôt séduit.

Franchement pas mal du tout. Très certainement à essayer… et à posséder si vous aimez les belles et dramatiques histoires d’amour.

Nom série  Les Petites contemplations  posté le 16/03/2017 (dernière MAJ le 21/03/2018) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
C’est étrange, l’effet que le temps peut avoir sur le souvenir que l’on a d’une lecture.

Lorsque j’ai lu le premier tome de ces petites contemplations, je n’avais pas été spécialement marqué. Certes, j’avais trouvé l’album sympathique mais sans plus.

Et puis…

Et puis le temps est passé et, progressivement, le souvenir que j’avais de l’album s’est transformé. D’un récit anecdotique, ce recueil de nouvelles s’est transformé en une sympathique vision de la Chine d’aujourd’hui. J’oubliai progressivement les moments creux pour ne plus me remémorer que quelques passages touchants, parfois drôle, parfois étonnants. Tant et si bien que lorsque le deuxième tome est sorti, je n’ai pas pu longtemps résister.

Et ce deuxième tome, je l’ai dévoré avec avidité ! Pourtant, à nouveau, tout n’est pas mémorable. Il y a notamment quelques pages consacrées à des recettes de cuisine pour Chinois célibataire (Chinois parce qu’on ne trouve pas spécialement tous les produits décrits en Europe – célibataire parce qu’il s’agit bien souvent de recettes prévues pour une personne à partir de reste de précédents repas) dont l’intérêt m’est apparu fort discutable.

Mais à côté de ces moments creux figurent des passages beaucoup plus touchants. Yao Ren a l’art de saisir les bribes de son quotidien qui, sans rien avoir de spectaculaire, font le plaisir d’un instant : le réconfort simple d’un bon repas pris dans une petite gargote qui ne paie pas de mine, le charme intrigant d’un chat croisé dans la rue, la floraison d’un cactus que l’on croyait mort, une ballade au parc un matin pluvieux… Vous le voyez, il n’y a vraiment rien de spectaculaire à attendre de ces thèmes mais le ton est juste et l’humanité y apparaît dans sa pure simplicité. On retrouve finalement un peu la même démarche que celle de Jiro Tanigushi pour « L'Homme qui marche ». Cela donne un sentiment de zenitude, d’un bonheur qui nous est accessible à condition d’adopter le même regard que l’auteur… et ça fait du bien.

Du coup, si vous cherchez du sensationnel, de l’extravagant, de l’aventure, passez votre chemin. Mais si les récits intimistes qui s’attachent aux plaisirs simples de la vie vous attirent, je vous invite franchement à jeter un œil sur cet album.

Nom série  San-Antonio chez les gones  posté le 21/03/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Oui, bon, ben on ne peut pas dire que j’ai été spécialement charmé par cette reprise du personnage cher à Frédéric Dard par un encore jeune auteur.

Déjà le dessin n’est pas de ceux qui me font craquer. Les visages des personnages semblent figés malgré le caractère dynamique du dessin. Et puis, la colorisation très tranchées aux tons roses dominant rend les décors artificiels. J’aurais été curieux de voir ces planches sans colorisation, je pense qu’elles m’auraient déjà plus plu. Car Michaël Sanlaville a du talent, on ne peut pas dire le contraire. Je trouve juste que, dans le cas présent, le résultat est trop caricatural et sonne d’une manière trop artificielle pour que j’adhère pleinement au visuel.

L’intrigue, elle, est directement adaptée d’un roman de San-Antonio. Une histoire de meurtres et de disparition dans la France rurale, avec du cul et de la castagne, on n’est pas trompé sur la marchandise. Maintenant, ce n’est pas l’intrigue la plus folle que j’ai lue et ce n’est sans doute pas par ce San-Antonio-là que j’aurais commencé. Mais rien que pour Bérurier en maître d’école, le roman valait le coup d’œil. Et puis, le découpage est loin d’être mauvais. L’album se lit bien et on ne ressent pas spécialement qu’il s’agit d’une adaptation. Des coupes sombres ont dû être faites, certes, mais le résultat reste cohérent et n’emprunte pas trop de raccourcis faciles.

Alors, en dehors du dessin, pourquoi n’ai-je pas été vraiment séduit par cet album ? Sans doute à cause du vocabulaire imagé de Frédéric Dard. Non pas qu’il me choque. Non, en fait c’est tout le contraire ! J’adore cette écriture très imagée et lorsque je lis un roman de San-Antonio, immanquablement, je vois les personnages, les décors, l’action. L’écriture de Frédéric Dard est telle qu’elle n’a pas besoin d’un support visuel. Du coup, cette bande dessinée (mais c’est aussi vrai pour les films que j’ai vus ou les autres bandes dessinées que j’ai lues) ne me semble pas traduire pleinement la richesse linguistique de San Antonio, ce qui, pourtant, en fait tout le charme. Dépourvue de ce charme singulier, unique et profondément littéraire, une adaptation basée sur le visuel ne peut que me décevoir.

C’est encore le cas ici, mais ce n’est ni la faute du roman choisi ni la faute de Michaël Sanlaville. C’est simplement dû au fait que Frédéric Dard avait un talent littéraire tel qu’essayer d’illustrer un texte déjà aussi imagé ne fait qu’atténuer la force du texte sans parvenir à recréer les images que chaque lecteur s’est lui-même forgées.

Je suis donc déçu… mais c’était une belle tentative et elle pourrait plaire aux lecteurs qui découvriraient le personnage au travers de cet album.

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