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Nom série  L’Atelier des Sorciers  posté le 19/08/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien) Découvrez toutes les séries « coup de coeur du moment » de BDTheque! Coup de coeur
Une belle surprise et forcément un petit coup de cœur pour compenser mon manque de foi pour ce manga dont je n’attendais rien de spécial. Je l’avais noté dans un coin de ma tête lors de sa parution début 2018 mais sans trop y prêter attention car j’avais flairé l’aspect Harry Potter – like qui n’est pas ce que je préfère en Fantasy, pourtant mon genre de prédilection. Néanmoins, en vue de l’offrir à une de mes connaissances très fan du plus célèbre binoclard de Poudlard, je me suis dit que je pourrais le lire au passage. Et bien m’en a pris car sans révolutionner le genre, j’ai passé un super moment de détente, un plaisir un peu coupable comme sur les 3 – 4 premiers films d’Harry Potter où on ne se prenait pas la tête en se laissant porter la magie ambiante.

Déjà je ne pense pas que je l’aurai acheté si je n’avais pas été séduit par les graphismes de Kamome Shirahama au trait fin, très détaillé, découpé bien comme il faut. Il n’y a pas tous ses petits traits qui donnent un effet de vitesse, ou ces arrières plans bâclés qu’on retrouve dans pas mal de Shônen. Là c’est plutôt pausé, l’auteur prend le temps de construire son récit, du coup on a parfois de superbes planches, malgré le petit format des éditions Pika. Il existe pas mal de mangas de Fantasy, mais tomber sur une mangaka qui a suffisamment de talent pour être à la hauteur du genre (qui demande souvent une certaine maîtrise pour dessiner tout un tas de décors, créatures et costumes improbables), c’est assez rare pour être souligné.

Après au niveau de l’histoire, cela commence comme du très grand classique avec la quête de l’orpheline élue d’une prophétie, la fameuse quête du héros aux mille et un visages, le tout nappé à la sauce Harry Potter. Vite résumé cela donne : la jeune Coco rencontre un monsieur se disant sorcier et qui lui apprend qu’elle aussi est une sorcière, donc elle quitte sa famille pour entrer dans une école de... sorciers, où elle rencontre l’alter ego féminin de Ron Wesley, une clone de Luna Lovegood, et un mixe entre l'intello "mademoiselle je-sais-tout" Hermione Granger et la peste Drago Malefoy. Elle se rend même dans une ville spéciale pour y faire des achats, etc. Bref, vous avez vu les films vous aussi.

J’ai bien aimé le système de magie où les sorciers ne manipulent pas une baguette mais ont recours au pinceau, au dessin et des glyphes pour lancer des sorts. Une jolie mise en abîme car aux yeux de Shirahama le dessin représente une forme de magie. J'ai de même apprécié l'aspect Shônen au féminin dans la tonalité du récit. Ce n’est pas un Shojo, attention, mais bien une histoire qui reprend les codes du Shônen mais écrit et dessiné par une femme avec des personnages essentiellement féminins, sans être forcément pour autant destiné à un public exclusivement féminin. Il y a un humour où effectivement cela fait très fille, « girly », mais c’est plutôt un bon point, et cela permet de retrouver certains faciès humoristiques propres au style graphique japonais. J'ai trouvé qu’il y avait un bon compromis entre la légèreté du Shônen au féminin avec tous ses bons sentiments, la positivité qu’il se dégage de son héroïne, et un ton parfois plus sérieux, un fond d’intrigue dont on perçoit déjà la complexité et les futurs enjeux dramatique. Jamais on ne bascule dans la niaiserie cul-cul-la-praline.

Je ne m’y attendais vraiment pas et je me surprends à attendre impatiemment le troisième volume.

Nom série  The Kong Crew  posté le 19/08/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Encore une belle trouvaille du côté des éditions Caurette, petit éditeur aux trésors insoupçonnés, avec ce fameux The Kong Crew du désormais très connu Eric Hérenguel, déjà auteur du recueil Kiliwatch chez le même éditeur. Encore aussi une idée farfelue de base sortie d’un rêve du bonhomme, mais qui prend ensuite la forme d’un scénario intriguant et curieux.

The Kong Crew est une uchronie de fiction se basant sur le film culte King Kong de 1933 et partant du principe que Kong n’est pas mort dans sa chute de l’Empire State Building à la fin du film (spoiler ! Mais on me pardonnera 80 ans plus tard), mais qu’au contraire et mieux encore, il s’est accroché à la vie et a vaincu ses ennemis. Nous sommes en 1947, Manhattan est devenu une jungle hostile dont le maître et roi du domaine est le singe géant. D’autres créatures mystérieuses peuplent cette flore sauvage et préhistorique. Pourquoi, comment ? C’est ce que se demandent le biologiste Jonas Parker et le journaliste Irvin Stone qui bravent l’interdit et atterrissent incognito sur l’île qu’ils pensent alors inhabitée par l’homme. En parallèle nous suivons le jeune pilote américain Virgil, aux faux-air de Han Solo (la dégaine vestimentaire, « What’d ya do with my wings ? It’s a ruin ! », et membre du Kong Crew, équipe d’aviateurs casse-cou chargée de sécuriser le périmètre autour de l’île, en mission pour retrouver les 2 explorateurs. Mais aussi une belle infirmière blonde qui fait tourner la tête de ces messieurs, et Spit le teckel (qui a surement un très grand rôle à jouer ^^).

Ce dernier segment de l’intrigue ravira fortement les fans de Top Gun, de la team Maverick, Iceman, Goose, Viper et cie, et de la jolie Kelly McGillis (Charlie), tant on retrouve toutes les gimmicks et comportements de gros machos des mecs du film. Pour ceux plus intéressés par la grosse bête à poil, qu’ils se rassurent, elle fait son apparition, de façon brève mais c’est bien le but d’un premier volume de teaser le public. Le comics, parce que c’est bien d’un comics qu’il s’agit ici : petit format agrafé, 26 planches, langue en anglais ; est d’autant plus génial qu’il est dessiné par un Eric Hérenguel au sommet de son art. Que ce soit Manhattan façon I am a Legend ou les bestioles géantes préhistoriques, c’est juste un pur régal en noir et blanc.

Dommage qu’il n’existe pas de version en couleur pour ce format-là mais pour une fois j’ai pu admirer le travail de l’artiste dans sa version encrée. Cependant, c’est à charge de revanche ! Puisque la VF en couleur de 72 pages sortira début d’année prochaine !

We need you ! Now ! Join The Kong Crew !

Nom série  Kiliwatch  posté le 29/07/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Kiliwatch est un projet un peu dingo sorti de l’imaginaire d’Eric Hérenguel ("Légende de Troy - Nuit Safran", "Krän", Ulysse 1781, etc.) qui a brodé cette histoire au fil du temps et si l’idée de départ et les premiers dessins émanent de lui, petit à petit le projet ressemblent à celui d’une bande de potes qui se font plaisir en débridant leur imagination.

Les petites saynètes sont très simples à comprendre, les différents auteurs misent à 100% sur l’action et les dialogues fendards. L’histoire met en scène Kili, une héroïne héritière des Tank Girl et personnages féminins badass à la Sigourney Weaver, affublée de son acolyte droïde de guerre, Banjo. Un duo façon Riggs et Murtaugh, les Thelma et Louise de Paul Verhoeven, qui évoluent dans une sorte de western déjanté post-apo au XXIème siècle.

Franchement, je me suis bien marré, c’est cool, pas de prise de tête, pas de tromperie sur la marchandise. Bon après, la qualité fluctuant selon l’histoire abordée, le prix n’en vaut probablement pas la chandelle. En tout cas pas au prix neuf vendu en ligne, mais en occasion cela vaut le coup.

- La première histoire sert à planter les personnages, et encore… Une histoire de vidange d’huile avec Banjo qui a des petits soucis d’incontinence… Cela ne vole pas bien haut, on dirait une histoire écrite sur un coin de table. Passons.
- La seconde est sans doute ma favorite. Peut être inspirée par la première et dernière scène du film Pulp Fiction, un braquo dans un dinner américain qui tourne mal. Chez Tarantino ça s’arrange avec des palabres, chez Hérenguel ça s’arrange à coup de .45 Magnum. ^^
- La troisième très sympa parce que toujours écrite et dessinée par Hérenguel dont on perçoit l’évolution graphique. Certaines histoires sont totalement anecdotiques, d’autres retiendront l’attention avant tout pour leurs dessins (bien aimé Thim Montaigne et Jaek Wang Park). J’ai pris néanmoins plaisir à suivre ce duo de braqueurs qui vivent au jour le jour, les couilles en bandoulières.

PS : Quelle erreur ! Dans la nouvelle « Mariollo », Kili et Banjo ne peuvent pas jouer à Mario Kart sur Nintendo monsieur Lefévère, puisque le premier Super Mario Kart est sorti sur Super Nintendo. Ah la la… Faut connaître ses références !

Nom série  Questor  posté le 11/07/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Quand j’ai lu le quatrième de couverture, forcément je me suis dit qu’il y aurait de l’humour, mais j’étais loin de penser qu’on pencherait autant dans ce sens. Le récit s’ouvre sur le saccage de la mythique cité de Troie où deux grecs, le puissant héros Idoméneus Decalionide et son porte-bouclier Aeson, lassés du conflit et dégoûtés du massacre qui s’ensuit, décident de tourner le dos à la guerre et de poser les armes pour servir la justice et ainsi racheter leurs fautes passées. Curieux de se rendre compte que la guerre c’est mal tout ça après 10 ans de conflit, mais enfin passons…

Après cette introduction j’ai cependant été très vite décontenancé car on fait un saut dans le temps de 20 ans ! Nos deux questeurs (enquêteurs) sont déjà célèbres, fortunés et pensent déjà à une retraite bien méritée dans leur villa où tous les soirs c’est soirée bacchanales avec les filles de joie du coin. Jusqu’au soir où la farouche mais rondement jolie (quel cul ! ) étrangère Klytië ne leur propose un dernier contrat que les deux vétérans devenus bedonnant entre-temps, ne peuvent refuser.

Décontenancé je suis, car je m’attendais à lire une sorte de buddy movie où les histoires et enquêtes de nos deux larrons se dérouleraient juste après Troie. Ils parcourraient le monde Grec et au-delà à la recherche de fortune, gloire et justice, feraient des rencontres, affronteraient des créatures mythologiques, etc. Vous vous rappelez la série télé Hercule, avec Kevin Sorbo, affublé de son fidèle acolyte Iolas, ou encore Xéna la guerrière et Gabrielle ? Et ben je m’attendais un peu à lire ce genre d’histoire, avec en plus un humour made in Soleil.

Bon là on est juste 23 ans plus tard, ce qui fait que nos héros ont de la bedaine, se sont bien empâté, et leurs idéaux de justice se sont envolés depuis un bail, ce qui permet de bien joué sur le registre humoristique du coup. Humour qui ne plaira pas à tout le monde : énormément de calembour made in Soleil (du cul, jeux de mots un poil lourdingue parfois), mais j’ai plutôt apprécié. Jean-Luc Sala a de l’imagination, ne jouons pas les pisse-froid. J’ai plus été choqué par les anachronismes du type « civilisation grecque », « démocratie athénienne » (à l’époque de Troie?!), mais comme c’est de la Fantasy pour de rire ça ne sert à rien de juger cette série sur le registre du sérieux. Il faut prendre ce récit à la déconnade malgré l’once de drama et de violence bien dosée.

J’avais déjà découvert Nicola Saviori dans le, hélas, abandonné Akron le Guerrier, et déjà j’avais apprécié son trait tout en rondeur mais aussi riche visuellement, propre, sans bavure. Je trouve que son dessin est tout à fait approprié à la maison Soleil tant on sent le gars qui aime dessiner de grandes épopées fantastiques, et en même temps se faire plaisir avec de jolies pépés à poil ("A poil Kyltië ! À poil la reine Xanthe ! À poil la princesse !" ^^ Raaaaaaah Lovely ce tome 3 !…), ainsi que des trombines qui frisent la caricature.

Une suite et un tome 4 sont normalement prévus. Mais en lisant cette trilogie comme une intégrale, car il n’y a ici qu’une seule et même enquête (d’ailleurs, youhoooouu Soleil ! Ce serait cool une intégrale), j’ai passé un chouette moment. Cette série ne pète pas plus haut que son cul, l’humour est particulier, on adhère ou pas, mais ce n’est pas dénué de sentiments ou de moment épiques, et le duo Saviori-Bassini fait plus que le taf, ces deux-là possèdent une patte visuelle bien reconnaissable. Comme point faible je retiens l’intrigue en elle-même, cousue de fil blanc et sans suspens, on aurait aimé quelque chose de plus consistant (parce que là on a que le gras d'Idoméneus ^^).

On veut la suite ! Moïra ! Moïra ! Moïra !

Nom série  Le Château des étoiles  posté le 02/10/2014 (dernière MAJ le 04/07/2018) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
"Le Château des étoiles", voilà une histoire que Jules Verne aurait certainement très appréciée, lui qui a émerveillé bon nombre de petits et grands avec ses récits imaginaires décomplexés. Une sorte de Voyage au centre de la Terre inversée, direction la conquête de l’espace au moyen de cette substance qu’on appelle l’éther et dont serait composé le vide spatial et qu’une grande majorité de scientifiques du XIXème siècle croyaient réelle. Partir du principe que dans cette époque de révolution industrielle on découvre l’existence de l’éther et que des nations colonisatrices telles que la Prusse de Bismarck vont tenter de s'approprier cette découverte, c’est le parti pris de cette nouvelle grande aventure signée Alex Alice.

Une histoire qui n’est pas tout à fait ce qu’on peut nommer comme une uchronie car Alice s’amuse à incorporer à son récit fictif des éléments historiques véridiques ainsi que des personnages ayant bien existé. Ainsi on verra apparaître furtivement le compositeur Richard Wagner, l’architecte royal Christian Jank chargé de réaliser la structure de l’astronef, Élisabeth « Sissi » impératrice d’Autriche, et dans un rôle de premier plan le roi Ludwig de Bavière. La passion de ce dernier pour les contes et le mythe du Graal et des chevaliers de la table ronde sont tout à fait authentiques. De même que le château où se déroule la grande majorité de l’intrigue n’est ni plus ni moins que le château de Neuschwanstein qui est un des mes préférés dans le monde. Il est majestueusement dépeint ici aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur. Quel talent de la part de l’auteur ! Il sait comment vendre du rêve (plus que celui de Disneyland qui est lui aussi inspiré de Neuschwanstein pour la petite anecdote).

Pour en revenir à la BD, on peut dire que j’ai pris mon pied pour faire court. Pour la version longue, j’ai trouvé cette BD très intéressante également pour les lecteurs fans d’Alex Alice. On arrive à déceler des points communs dans chacune de ses œuvres. Je soupçonne Alice d’avoir un gros faible pour les jolies rousses, après Elisabeth d’Elsénor dans Le Troisième Testament et la Walkyrie dans Siegfried, c’est la ravissante Sophie qui reprend le flambeau. C’est même un combo de rouquine si on y ajoute Claire Dulac et Sissi impératrice. D’ailleurs en parlant de Sissi, la ressemblance physique du duo très proche Sissi-Ludwig est quasi similaire à celle du couple la Walkyrie et Siegfried, comme si ces derniers étaient de lointains ascendants aux deux autres. Je ne sais pas si c’est voulu ou non mais je suis très tenté de le croire, c’est très cool et ça apporte une certaine profondeur. C’est comme si les œuvres d’Alice étaient imprégnées d’une continuité, l’histoire comme un éternel recommencement. Même le cadre est identique, la mythologie germanique face à la romantique Bavière.

L’histoire de cet « intégrale 1 » se veut plus qu’introductive car elle fait aussi la part belle à l’action et les complots de couloirs. L’auteur fait monter la pression petit à petit et cela devrait atteindre son point culminant dans le deuxième intégrale. C’est un peu l’équivalent d’un Objectif Lune chez Tintin.

Le dessin est majestueux comme je l’ai dit plus haut, tout en esquisse, on peut utiliser n’importe quel superlatif juste pour dire que c’est du grand art. Alice s’essaye pour la première fois à la couleur directe et je pense qu’on peut dire que le pari est gagné, on en prend plein les mirettes.

Alors, y a-t-il tout de même quelques défauts ? Personnellement rien ne m’a dérangé, si, aller, quelques situations ne paraissent pas très crédibles mais à partir du moment où on envisage la théorie de l’éther comme crédible on fait un peu fi de la crédibilité, place à la magie (ce qui est paradoxal vu que le récit se repose beaucoup sur la science).
Le physique de Hans et son aspect « cartoonesque » peut décontenancer plus d’un lecteur car il apparaît en plus assez tardivement dans l’histoire mais cela ne m’a moi pas dérangé car il apporte une caution humoristique enfantine. Le Nibelung Mime avait déjà un peu le même rôle dans Siegfried avec un rôle plus sarcastique. J’y vois là une volonté de plaire aux enfants car cette série peut tout aussi bien s’adresser à un public adulte (le langage scientifique n’est pas à la porté de tout le monde), ou de grands enfants. L’esprit « julesvernien » est donc respecté.

En attendant les prochaines aventures de Séraphin et ses amis chevaliers de l’éther, je souhaite à ce premier volume de conquérir les étagères des bédéphiles.

Le Château des étoiles – 2ème diptyque – 3ème année Les Chevaliers de Mars !

Les plus impatients peuvent d’ores et déjà embarquer à bord de la suite. Deux mois avant la sortie de la gazette numéro 7, Rue de Sèvres sort un coffret comprenant ladite gazette plus un almanach calendrier de belle facture avec des hommages de grands artistes, plus la maquette du Cygne des étoiles à monter soi-même pour ceux qui ont gardé leur âme d’enfant.

La 2ème année mettait en scène l’alunissage de nos aventuriers, leur exploration et la révélation des mystères de l’astre. La tonalité enfantine du premier livre perdait peu à peu de son innocence pour rentrer davantage dans le mythe arthurien avec cet émouvant adieu du roi Ludwig à Séraphin qui lui fît promettre de partager la connaissance de l’éther pour le bien des peuples, tel le roi Arthur désignant Perceval comme son meilleur disciple et successeur, avant de partir pour Avalon d’où il ne revint jamais. Et ainsi une fois revenu sur Terre, ce deuxième chapitre se concluait sur un formidable message d’espoir, de tolérance et d’appel à la fraternité entre les peuples.

Si je lui trouvais des allures d’Objectif Lune au tout début de l'aventure, Les Chevaliers de Mars débute sous des auspices dignes de L’Île Noire. L'intrigue prend pour cadre celui d’une Bretagne idyllique et campagnarde avec beaucoup de dessins représentants Océan, phare, plage, village typique du coin… dans une ambiance inquiétante où les personnages cherchent à se faire peur. Il se murmure de sombres rumeurs dans les tavernes parmi les pedzouilles mal débourrés dont certains auraient aperçu un albatros monstrueusement géant (ces derniers n’ayant jamais entendu parler de l’éthernef). Et lorsque se ne sont pas ces béotiens, c’est cet indécrottable trouillard d’Hans qui s’y colle, croyant dur comme fer à ces légendes celtes.

Au premier plan, nos champions vont être forcés de sortir de leur retraite : le père de Séraphin a disparu, ses modèles paternels disparaissent les uns après les autres, et le doute commence à s’installer dans son esprit, d’autant plus que les relations avec ses frères chevaliers n’est pas au beau-fixe. Le temps joue contre eux car si la publication des plans de l’éthernef a permis dans un premier temps de couper l’herbe sous le pied de Bismark, ce vampire assoiffé de conquête et qui s’imagine bien tel le dieu de la guerre, n’a pas dit son dernier mot et Mars pourrait bien être la clé de voûte ouvrant la voie à la conquête de toute la galaxie !

Admiratif des graphismes des deux premiers tomes, la suite demeure du même tonneau. Alex Alice nous offre des compositions qui laissent d’abord médusé puis rêveur : il n’y a pas de mot pour décrire le fog londonien et ce plan sur Big Ben en contre-plongée, ou cette vision fantasmagorique de Mars la rouge surplombant cette petite île de Bretagne entourée d’une eau bleue sombre où nos héros se sont installés.

Grand enfant ou vieil amateur nostalgique d’Edgar Rice Burroughs, Les Chevaliers de Mars constitue un événement à suivre et à ne surtout pas manquer.

Mise à jour 04/07/2018
4ème année - Fin du deuxième diptyque

Le Château des étoiles, 2ème diptyque, gazette n°12, c'est déjà fini ! Que le temps passe... on ne voit pas nos héros Séraphin, Sophie et Hans grandirent et pourtant il y a de légères nuances dans les traits faciaux, un brin plus adolescent, moins enfantins qu'aux débuts... et que d'aventures parcourus, que de dangers mortels évités !
Ces Chevaliers de Mars a tenu toutes ses promesses, c'était digne du grand Edgar Rice Burroughs. Alex Alice délaisse dans sa deuxième partie l'action pour davantage d'exploration mais comme encore 12 gazettes sont prévus à la programmation, un petit temps peut faire du bien. Je retiens surtout l'aspect graphique parce que c'est... whoua, il n'y a juste pas de mot pour décrire ces visuels époustouflants en grand format. C'est du niveau Miyazaki quoi. Avec cette série Alice rentre dans la cour des grands, des très grands (il y était déjà selon moi mais là, il n'y a plus de doute possible).
Désormais, la guerre des mondes est déclarée. Vivement la suite !

Nom série  The Witcher  posté le 02/07/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Je n’ai jamais joué aux jeux vidéo The Witcher, ni même lu les romans de la saga Le Sorceleur d’Andrzej Sapkowski dont ils sont inspirés. Néanmoins, une histoire quand elle est bien racontée doit pouvoir se suffire à elle-même, sauf s’il est précisé qu’il s’agit d’un récit à lire en complément du jeu ou du roman. Ce n’est pas le cas ici. Nous avons dans un préambule un bref résumé des évènements survenus dans les jeux vidéos qui permettent grosso modo de planter le décor et de tout de suite enchaîner sur cette Malédiction des Corbeaux.

Sincèrement, je suis extrêmement déçu par ce que je viens de lire. Je ne vais pas m’attarder sur l’avant-propos qui pète plus haut que son cul, où en gros on compare Sapkowski à Tolkien et Howard et la trilogie du Sorceleur au Trône de Fer ou encore la Roue du Temps de Robert Jordan, en terme de renommée. J’en ai entendu parlé de ce Sorceleur, c’est plutôt connu dans le milieu des littéros Fantaisistes, mais tout de même, il y a des comparaisons à ne pas faire sous peine de passer pour un gros prétentieux. Mais passons…

Bon c’est… c’est mou quoi. Il n’y a absolument rien d’exaltant ou d’épique dans cette histoire, et je ne pense pas que les scénaristes aient été à la hauteur de ce qu’ils ont écrit pour les jeux vidéos. Cela ne vole pas plus haut qu’un Hansel & Gretel Witch Hunters. Plus de 120 pages de chasse à la Strige (et non, ce n’est pas au pluriel) d’une lenteur assommante. Le plus hallucinant c’est qu’il y a bien, aller, au moins une quarantaine de pages consacrées à la prise de bain. Oui oui, c’est dingues les mecs passent leur temps à prendre des put@!4 de cure thermales tout au long des cinq chapitres, c’est juste d’un ennui mortel.

Si les jeux vidéo sont pareils, ça ne donne pas du tout envie. Sinon à part des prises de bain, beaucoup de dialogues à base de sous-entendu de cul, des flash-back qui ralentissent le rythme, ainsi que de nombreuses mini-quêtes totalement superflues qui entrecoupent la quête principale (une chasse à la Strige). On se croirait dans un JDR romancé. Je reviens sur l’avant-propos, désolé, mais quand j’y lis que The Witcher peut prétendre figurer au panthéon de la Dark Fantasy, je me marre comme une baleine. Relisez Berserk les gars, ça vous fera dégonfler les chevilles. Je n’ai rien trouvé de particulièrement sombre, gore ou flippant dans la tonalité de cette histoire.

Je suis assez déçu également par les graphismes de Piotr Kowalski qui m’avait habitué à beaucoup mieux, notamment sur le western Badlands. Ici on dirait qu’il salope son trait que je sais pourtant capable d’être plus fin, plus précis ; pour que cela corresponde aux goûts américains et rentrer dans la norme du comics random. Des fois c’est plutôt sympa à regarder mais la plupart du temps le trait est pâteux et les visages grossiers. C’est pareil pour le traitement de la couleur : ça été fait sous Paint ou quoi ?!

Je réserve et conseille ce comics seulement aux fans de Geralt de Riv qui apprécieront peut-être ce Bonheur est dans le pré Fantasy. Pour les autres, il y a carrément mieux à lire.

Nom série  Le Château de ma Mère  posté le 25/06/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Pour Le Château de ma mère la critique sera courte car mon impression, très bonne, rejoint celles que j’ai déjà livrées sur La Gloire de mon Père et Le Temps des Secrets auxquelles je vous renvoie.

Morgann Tanco ainsi que Sandrine Cordurié gardent le cap et livrent une œuvre de toute beauté, très lumineuse et raccord avec le ton du récit. En attendant la conclusion du Temps des Amours, nous tenons là une série égale et constante, tirant vers le haut du panier du point de vue graphique.

Je ne sais pas quelle partie du cycle des Souvenirs d’Enfance de Pagnol je préfère, peut-être la première, mais ce Château... a une saveur particulière pour moi. La bande dessinée m’a fait la même impression que déjà le film d’Yves Robert vu étant petit : très prenant, plein de nostalgie, des senteurs, des paysages, etc. Mais un épilogue atroce, dur à encaisser quand on est jeune. Le décès d’Augustine, la mère de Marcel, survenu cinq ans après les évènements du Château, m’ont toujours fait froid dans le dos. De même que la mort annoncée de Lili, tué durant la 1ère guerre mondiale d’une balle en pleine tête. Le film si je me souviens bien ne disait pas quel Paul, le frère cadet des Pagnol, était décédé lui aussi très jeune, à 30 ans seulement. Tant de joies pour une conclusion si triste… Tout le monde meurt un jour mais il se dégage un tel bonheur, une telle joie de vivre de ces récits d’enfance, que parler d’un sujet comme la mort de façon aussi sec et brève, c’est dur.

Nom série  Harley Quinn Rebirth  posté le 24/06/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Harley Quinn Rebirth… Bon déjà il y a publicité mensongère sur le produit car le principe du Rebirth c’est bien celui de remettre les compteurs à zéro, de faire fi des évènements passées écrits par d’autres auteurs, de renouveler le mythe du personnage à travers un nouveau regard. Alors pourquoi dans ce put@!4 de comics les personnages ne cessent de faire des allusions à des péripéties s’étant déroulées dans des précédents numéros d’autres collections centrées sur la même Harley Quinn ?! Hein ? Donc déjà : foutage de gueule.

Je tiens à préciser au passage qu’on m’a offert le livre. J’adore tout ce qui tourne autour du Dark Knight mais je reste très sélectif concernant mes choix de lectures, histoire de ne pas être déçu. Ce livre comprend 3 mini-histoires où Harley Quinn incarne l’héroïne. J’aime bien l’ancienne girlfriend du Joker depuis sa première apparition dans l’animé des années 90, Batman the animated serie, mais passé le potentiel physique sexy du personnage je n’ai jamais trop compris ce qui pouvait attirer les fans chez elle au point qu’on lui consacre un film, Suicide Squad. Et qu’a-t-elle de beau à raconter cette jolie délurée qui lui vaille une série éponyme ? Bah, rien. Honnêtement je n’ai pas vu ou compris l’intérêt de ces récits : une attaque de zombies infestés par un parasite alien, une mission d’infiltration au sein d’un groupe punk-rock braqueur de fourgon postier, avant de terminer sur une vendetta en Inde où Harley en a gros contre un riche actionnaire d’une compagnie de télécom parce que… elle est folle-dingo, et au passage elle se bat contre un robot mécha géant piloter par un bébé indien. (…) Voilà voilà…

Les scénarii concoctés par Conner et Palmiotti ne possèdent aucune profondeur ni même de message ou de thématique intéressante, hormis peut-être un vague militantisme pour la cause vegan dans la première histoire de zombies, mais pour le reste c’est d’un vide abyssale. Harley Quinn est un personnage de l’univers Batman mais nous ne sommes clairement pas à Gotham City ici mais bien dans l’univers rose bonbon de l’ancienne psychiatre. Seuls demeurent à la surface des choses l’humour très américain bien gras, à base de caca, de « prout », d’allusions érotiques lourdingues. Je ne veux pas être méchant mais ça vole à peine plus haut qu’une histoire écrite au fur et à mesure par des adolescents boutonneux en pleine digestion de leur première cuite.

Les graphismes de Chad Hardin puis de John Timms n’ont pas réussi à relever mon intérêt pour cette série. C’est du comics random quoi, un trait sans personnalité, le truc bien mainstream quoi, je vous fais pas le dessin. Evidemment les couleurs pétaradantes à l’informatique suivent derrière. C’est hyper moche.

Je revends si quelqu’un est intéressé.

Nom série  Star Wars - Capitaine Phasma  posté le 22/06/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Notes introductives au comics : « (…) Il est particulièrement intéressant de voir comment Phasma, qui n’apparaît que peu à l’écran, a su conquérir le public, notamment grâce à son look si particulier (...) ».

Ha ! Haha ! Hahahahaha ! Ah putain, ils savent comment déconner chez Marvel ! ‘Z’ont pas peur du ridicule, eux. Non mais plus sérieusement, quel fan de Star Wars peut croire à cette propagande grossière ? Le capitaine Phasma est un des personnages les plus détesté de la saga, pas loin derrière Jar-Jar Binks, on n’en est pas encore là, mais pas loin… Le personnage est une erreur en lui-même, une aberration, une tentative maladroite de réintroduire un personnage taciturne et impitoyable calqué sur le modèle de Boba Fett. Un essai ratée de part son absence de charisme dans l’épisode VII, sa complète inutilité dans l’épisode VIII, et puis avouons-le, son design n’est pas d’une folle originalité. Mais bref, peut être que le comics réussira a redorer son blason ? Passons à la critique du bouquin donc :

L’intrigue n’est pas très folichonne mais a le mérite de planter la psychologie du personnage, ce qu’aucun des deux réalisateurs n’a réussi à faire en 2 films… Juste après les évènements survenus dans l’épisode VII et la destruction de la base Starkiller, Phasma traque un lieutenant du Premier Ordre ayant lui aussi échappé à sa destruction. Cet officier est en effet en possession d’information compromettantes pour Phasma : il sait que c’est elle qui a abaissé le levier du bouclier permettant aux vaisseaux de rebelles de s’infiltrer et ainsi porter une attaque fatal au Premier Ordre. Phasma révèle ainsi sa vraie nature : avant d’être un bon chien de garde du Premier Ordre, elle est avant tout une survivante qui œuvre pour sa propre pomme. Prête à partir à l’autre bout de la galaxie juste pour être certaine de ne laissant aucune trace compromettante. C’est ainsi qu’elle et une jeune femme pilote se retrouve sur une planète hostile où leur cible s’est réfugié.

C’est assez maigre d’un point de vue scénaristique mais au moins c’est honnête. On est là pour parler un peu de Phasma et on saisi déjà un peu mieux les traits de sa personnalité ainsi que son background. Si on est pas fan de la saga c’est clairement une lecture dispensable, et si on l’est, bon… ce n’est pas désagréable.

Heureusement j’ai envie de dire qu’il y a les graphismes photo-réaliste de l’italien Marco Checcetto, déjà aperçu dans d’autres comics de la collection 100 % Star Wars. Pour moi c’est l’artiste le plus plaisant à regarder des nouveaux titres Star Wars publiés par Marvel, avec John Cassaday. Le trait est propre, net et sans bavure. Cela manque un peu de personnalité c’est sûr, mais personnellement ça me change du comics random. Et puis il y a les illustrations très cool du français Paul Renaud aussi. Les couleurs sont à l’informatique « et ça se voit », comme d’hab’ quoi, dommage…

Lecture agréable qui se lit en complément des films. Pas le pire ni le meilleur.

Nom série  Le Château des Animaux  posté le 12/06/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Qui n’a toujours pas lu La ferme des animaux de George Orwell ? Court roman devenu un classique dénonçant le stalinisme et de façon plus générale les régimes totalitaires au travers d’une fable animalière où ces derniers après avoir renversé les humains qui les exploitaient, devenaient à leur tour les despotes de leurs congénères, l’oppressé d’hier devenant ironiquement l’oppresseur de demain.

Très clairement Le Château des animaux ne renient pas cette influence orwellienne et ce jusqu’à son introduction très similaire à quelques détails près : pour une raison inconnue les humains du château sont partis, laissant les animaux présents sur place à leur libre destinée, ceux-ci ayant très vite basculé dans un régime tyrannique qui ne dit pas son nom, à moins qu’il en est été ainsi depuis le début. Au sein de ce microcosme bestial, c’est la loi du plus fort qui règne en réalité : l’égalité n’est même plus une utopie, le partage des richesses n’est qu’un leurre, les valeurs d’entraide un mirage, tandis que la terreur règne au sein de la basse-cour. La masse composée des frêles lapins, canards, poules, moutons et autres vertébrés dociles, est dispersée. Faibles individuellement, ces derniers ne se rendent pas compte qu’ensemble en unissant leur volonté, ils peuvent déplacer des montagnes et pourquoi pas, renverser le joug implacable de celui qui incarne l’autorité, le « Duce », le taureau Silvio, entouré qu’il est de ses sbires, les chiens de garde du système, et du coq collabo figure du « vox princeps ». L’étincelle rallumant la flamme de l’indépendance viendra t-elle de l’oie Adélaïde, voix de la colère, d’Azelar le rat vagabond et séditieux, ou bien de Miss B la chatte mère-courage ?

Une histoire prenante, bien que n’ayant parcouru pour le moment que 24 pages du récit, pleine de passions et de dramaturgie. C’est peut être là que se joue la différence avec la fiction d’Orwell car là où La Ferme... se « limitait » un peu à l’allégorie politique, Xavier Dorison la poule aux œufs d’or de la bd franco-belge, romance tout cela en y injectant des personnages bien campés, classiques dans leur genre mais néanmoins efficaces et attachants, du drama, un bon sens du rythme, ainsi qu’une tonalité réaliste et violente à ne pas mettre entre toutes les pattes. Pour illustrer cette rébellion, c’est vers un jeune espoir que s’est tourné Dorison, en la personne de Félix Delep. Inconnu au bataillon, ce jeune artiste n’est pas pour autant un lapin de six semaines tant ses dessins impressionnent sur tous les aspects par leur maturité et la maîtrise qu’il s’en dégage. Un trait semi-réaliste absolument nickel, dans la lignée des maîtres de l’anthropomorphisme que sont Juanjo Guarnido (Blacksad) ou Willem (L'Épée d'Ardenois) à la différence que les animaux d’ici n’ont pas une morphologie humaine, se sont juste des animaux à 2 ou 4 pattes capables de communiquer entre eux et d’interagir avec les éléments du décor. Le travail à la couleur directe façon aquarelle, le soin apporté aux décors, des cadrages alternant les différentes prises de vue, sans oublier le format gazette en 29,7 x 41,8 cm qui en met plein les mirettes, viennent parachever la bonne impression d’ensemble. Une vraie réussite pour le peu qu’on puisse en juger.

« Vous ne pouvez pas avoir une révolution si vous ne la faites pas pour votre compte ; une dictature bienveillante, ça n’existe pas ».
George Orwell.

Nom série  Il faut flinguer Ramirez  posté le 07/06/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Musique : AC/DC - Back in Business

Dans les remerciements de fin d’album, Nicolas Pétrimaux rend hommage à quelques grands noms de la bd comme Lupano et Dorison, des auteurs qui ont déjà bourlingué dans le même registre que Il faut flinguer Ramirez. J’ai souvenir d’une bande-annonce déjantée so 70’s de Xavier Dorison pour la sortie du mitigé Red Skin ; l’histoire de Ramirez par Pétrimaux qui est ici auteur complet se situe un peu dans la même veine des récits hommages à une décennies et toute la culture populaire qui s’y rattache.

Ici on baigne en plein dans les folles années 80, beaucoup y ont vu une influence tarantinesque dû à la violence du récit avec des fusillades « en veux-tu en voilà » traitées avec une certaine légèreté et un humour de soudards qui ponctuent leurs phrases à coup de punch lines parodiques (MDR le flic qui se la joue Horacio Cane des Experts : Miami), mais personnellement j’y ai davantage perçu des accointances avec l’univers des frères Coen. Cela se déroule quelques part entre un Big Lebowski pour l’imbroglio autour de l’identité réelle de Jacques Ramirez qui est recherché par des mafieux chicanos dont la connerie frôle parfois celle des teubés de la salle de gym du film Burn after Reading, et le plus sérieux No Country for old men dans lequel on aurait introduit le nettoyeur (c’est le cas de le dire) ultra-efficace, Léon.

J’ai trouvé cela vraiment très cool, bourré de références et clins d’œil qui vont de Thelma et Louise à Magnum et bien d’autres trop longs a énumérer, et en même temps intelligemment écrit puisqu’on est capable d’allier l’agitation effrénée des action-movies des John McClane et Martin Riggs à la connerie ambiante des bureaux façon The Office et Caméra Café. De plus le discours n’est pas dénué de fond puisque l’auteur ne se gêne pas pour se foutre des masses qui cours après un consumérisme excessif déshumanisé (aujourd’hui Ramirez bosserait au S.A.V. de chez Apple), les grosses pointures de WallStreet qui se goinfre du système soutenu par des pantins médiatiques qui se prétendent journaliste (oui, oui, il y a aussi de tout ça dans Ramirez).

Graphiquement ce n’est pas spécialement ma came de premier choix mais la mise en page hyper cinématographique (rien que la couv’ on dirait une affiche de ciné) avec le nombre de pages nécessaires à ce genre de projet (plus de 120), les couleurs éclatantes ainsi que le découpage explosif, ont fini par emporter mon adhésion. Franchement on tient quand même entre les mains un livre-objet de qualité on ne va pas faire les fines gueules.

Le récit se conclue sur un twist des plus intriguant, c’est le moins qu’on puisse dire. Du suspens, de l’action, de jolies pépés, des courses-poursuites à la GTA, de la loufoquerie, une violence décomplexée, des questionnements et une suite d’ores-et-déjà très attendue…il y a même une histoire d’amour en filigrane quoi ! Please, ne flinguez pas le pauvre Ramirez, lisez-le plutôt.

Nom série  Star Wars - Han Solo  posté le 03/06/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Depuis la reprise de Lucasfilm par Disney et l’exploitation de la licence Star Wars en BD par la filiale Marvel, je trouve que celle-ci marque une certaine constance graphique avec des artistes arborant plus ou moins un même style réaliste très propre, bien carré. Le seul point avec lequel je ne serais probablement jamais en phase, c’est sur le choix de coloration « à l’informatique et ça se voit ». Pour les histoires écrites par les rédactions conjointes de Marvel-Lucasfilm, ce n’est pas si mal dans l’ensemble, avec du bon, du moins bon et du passable. J’en avais donc un peu ma claque du nouveau Star Wars made in Disney, pas très palpitant, jusqu’à ce que je tombe complètement par hasard sur une édition unique de Han Solo en noir et blanc, grand format. C’est apparemment une opération spéciale et un premier test, de proposer au lectorat de SW une édition prestige à un prix raisonnable, et comme l’éditeur semble satisfait du résultat, des ventes et de la critique, l’opération est amenée à être renouvelée sur d’autres numéros à venir de la saga.

Malgré une présence dans la collection 100 % Star Wars, ce Han Solo 23,7 x 35,7cm est davantage une histoire à réserver à un public connaisseur. Ce n’est pas un Star Wars classique avec son lot de fusillades au blaster, de combat au sabre laser avec la musique trépidante de John Williams en fond sonore. Cette histoire, bien qu’évidemment centrée sur le contrebandier le plus célèbre de la galaxie, n’est même pas une sorte d’anthologie sur le personnage résumant sa vie, ce qu’il est, à quoi il pense, etc. C’est plus une transition entre le Han Solo de l’épisode IV et celui du V, où Han s’interroge sur sa place dans le jeu d’échec galactique : doit-il rester neutre en suisse, continuer de se voiler la face en faisant comme si seul son intérêt personnel comptait, ou révéler sa vraie nature de good guy ? Une ch’tite histoire ma foi rondement bien menée par Marjorie Liu qui a le mérite de proposer quelque chose d’un peu plus profond dans cet univers où bien trop souvent on reste à la surface des choses et aux simples tirs de blasters « piou piou piou ! ». Mais aimer Han Solo et son comparse Chewbacca ne suffira pas : il faut avant tout être un inconditionnel du Faucon Millenium car on passe les 3/4 des 112 pages dans le cockpit du tas de ferraille le plus rapide de la galaxie.

Une autre grande Force du livre provient des graphismes de Mark Brooks assisté de Dexter Vines à l’encrage (saluons-le lui aussi). Je l’ai souvent dit ici et ailleurs, je trouve que de l’autre côté de l’Atlantique on pète souvent plus haut que son cul en pensant avoir la crème de la crème des artistes alors que dans la réalité, le 9ème art américain ne fait bien souvent malheureusement que proposer la même soupe fade et uniformisée : toujours les mêmes styles cartoonesques, les mêmes colorations dégueulasses à l’informatique, les mêmes histoires de super héros, et « merde » à Stan Lee. Mais pas Mark Brooks, non, ce gars-là est un orfèvre du style réaliste, un perfectionniste qui instille d’infimes détails dans chacune de ses planches, là où d’autres se contenteraient d’un fondu tout en noir. Vraiment « respect », même l’éditeur n’y va pas avec le dos de la cuillère en affirmant que c’est la plus belle BD Star Wars qu’il ait sorti depuis la reprise de la franchise. Il y a des planches en double-page fantastiques comme celle de la traversée du cimetière spatiale avec le défilement des 12 heures façon cadran horloger.

Je ne regrette assurément pas mon achat. Mais maintenant j’attends la série ou le one-shot Star Wars culte que tout fan est en droit d’attendre depuis le temps (j’ai un temps cru à Star Wars - Clone Wars mais… trop irrégulier).

May the Force be with you, Han Solo.

Nom série  Arale  posté le 17/05/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Arale, rien à voir avec le personnage créé par Akira Toriyama dans Dr Slump. Arale est une histoire d’uchronie de fiction fantastique imaginée par Tristan Roulot dans laquelle l’auteur se pose la question : et si la révolution bolchevique avait échoué en octobre 1917, que serait-il advenu de l’empire russe et de la guerre ? Mais le scénariste ne s’en tient pas à cette seule hypothèse. Il introduit dans son uchronie une grosse dose de fantastique et de science-fiction en faisant du conseiller Raspoutine un Gandalf « maléfique » manipulant son monde et suivant ses propres projets géopolitiques grâce à des pouvoirs, dirons-nous « magiques », accordés par une mystérieuse vieille femme.

Je vous sens un peu paumés, hein ? Ben dites-vous que ça ne va pas s’arranger par la suite parce que c’est là le gros point faible de cette histoire : son créateur veut raconter beaucoup de choses en seulement 62 pages, cependant de grosses zones d’ombre resteront en l’état puisque, apparemment, il s’agit d’un « stand alone », un et unique tome est prévu. Bon… ce n’est pas mal, il y a des idées. Cela pioche du côté d’Inception pour la descente du héros Kyril dans l’esprit nébuleux du tsar, du côté de Pacific Rim et de la « dérive » pour expliquer le processus neuronal reliant le tsar à Kyril, du côté de La Guerre Éternelle et du roman Fatherland pour l’aspect état de guerre perpétuel que vit la Russie, etc.

Si l’histoire se termine vraiment ainsi et qu’aucune suite n’est prévue au programme, on ne peut pas dire que ce soit très « jouasse » comme récit. C’est même carrément pessimiste tendance dystopie. Pas de problème avec cet aspect mais le plus gênant est qu’il demeure moult questions restées en suspens. On ne parle pas ici de petites zones d’ombre scénaristiques qui donnent du grain à moudre aux lecteurs qui peuvent ensuite de leur côté spéculer et s’amuser à imaginer le pourquoi du comment. Non là il y a carrément de gros segments de l’intrigue qui sont laissés dans le vague, sans qu’aucune esquisse de réponse ne soit abordée, ce qui est assez stupéfiant. On est là, on se dit « oui, et ? C’est tout ? Pourquoi ceci et pourquoi cela ? ». C’est frustrant.

Les dessins de Denis Rodier sont agréable avec ce trait presque crayonné mais en même temps appuyé par un encrage solide et profond. Je n’ai pas été enthousiasmé en revanche par les couleurs pâlottes de Bruno Tatti qui font franchement vieillot.

J’ai vraiment eu ce sentiment de « bof, sans plus ». À trop vouloir caser tel ou tel élément fantastique ou SF, et laisser en plan telle ou telle piste narrative, les auteurs ont fini par me perdre dans les limbes de leur imagination un poil trop intrigante pour un simple one shot.

PS: note et avis à réviser si suite il y a...

Nom série  Légendes de Troy - Nuit Safran  posté le 17/05/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Un cycle court de Fantasy assez plaisant à parcourir mais sans véritable point fort marquant les esprits. On reconnaît de suite l’atmosphère « arlestonienne » de part l’humour adolescent parsemant le récit de gags enfantins rigolos et de traits qui oscillent vers le graveleux et la braguette, typique d’une « lanfeusterie » je dirais.

Sachant que l’histoire se déroule dans le monde de Troy, qu’on ne présente plus aux lecteurs, avec la légèreté de ton que l’on sait, et qu’elle se tient sur 2 albums, il ne faudra pas s’attendre à quelque chose de bien fouillé niveau suspens. C’est un grand classique de la Fantasy ou même plus simplement du récit héroïque chevaleresque, condensé pour tenir dans un format court, avec ses avantages et ses inconvénients. L’intrigue est très simple / basique : une fraîche et sexy héroïne de sang noble aux caractéristiques de garçon manqué (genre Mérida dans le film d’animation Rebelle de Disney) tente de sauvegarder la paix entre sa baronnie et le duché voisin rival immémorial qui rêve de s’en emparer. Elle devra pour cela déjouer les plans d’un frère aîné qui l’a contrainte à l’exil. Celui-ci est traître, avide de pouvoir et d’argent, et « of course » méchant et immature. Évidemment elle se retrouve seule contre tous, ou à peine n’est-elle entourée que par une poignée d’amis utiles restés loyaux : un jeune frère doté d’un super pouvoir, d’un brave chevalier bodyguard de service, d’un fantôme bisaïeul invincible, et d’un ancien héros de guerre sur le retour. Il se passe quelques péripéties, des courses poursuites, une bataille finale, etc. et il arrive ce que tout le monde s’attend à ce qu’il arrive…

C’est simple, rapide et ma foi efficace. Une fantasy politique (un Trône de Fer simpliste en accéléré) avec ces mêmes histoires de gens de la Haute et leurs petites guéguerres intestines pour le pouvoir. Dommage que l’intrigue soit limitée à la sacro-sainte pagination à 48-50 planches qui empêche tout développement psychologique des personnages, élargissement des intrigues et montée en puissance du rythme. C’est de la série vite consommée comme on n’aimerait ne plus en lire de nos jours. J’ai vachement apprécié le pouvoir de Moustik d’être capable de ramener les morts dans le monde des vivants sous une forme spectrale, l’auteur comme souvent a le cul entre deux-chaises en tendant vers le sérieux et l’armée des Morts de la Montagne Hantée (Tolkien, Le Retour du Roi), ce qui donne lieu à une chouette bataille ; et penchant en même temps vers le burlesque type Casper le gentil fantôme. Car rien de tout cela n’est à prendre au sérieux avec la légèreté de ton de Christophe Arleston. Passé un certain âge on a du mal à se prendre au jeu.

Eric Hérenguel est un dessinateur dont j’admire le dessin et sa progression constante au fil des années. Entre ce qu’il pouvait faire à l’époque de Nuit Safran et ce qu’il fait de nos jours sur Ulysse 1781 par exemple, il y a comme un inter-monde d’écart. On reconnaît bien la griffe de l’auteur de "Krän", une autre série de Fantasy « pour de rire », capable d’offrir des cases profondes et riches en détails, tout en étant capable de donner l’impression sur une case suivante que le boulot n’a pas été fini. Je ne vais pas dire « bâclée » parce qu’après tout, qu’est-ce que j’y connais ? ; mais j’ai parfois eu l’impression que le dessin restait nébuleux au second et troisième plan, comme un voile qui rendrait flou décors et personnages. Encore aujourd’hui sur Ulysse 1781, Hérenguel laisse les dessins au troisième plan dans le vague, mais ici j’ai trouvé que c’était plus flagrant donc moins appréciable. Cela-dit globalement j’ai trouvé les dessins plutôt chouettes, on va pas chipoter. Je dresse le même constat concernant les couleurs de Lamirand, partenaire d’Hérenguel depuis…

À conseiller aux lecteurs de Fantasy profanes qui veulent se faire un p’tit fast-food.

Nom série  San-Antonio chez les gones  posté le 13/05/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
San-Antonio, je connais surtout de nom. Quand on est amoureux des films mis en dialogue par Michel Audiard, des poètes tripailleurs à la François Villon, de la plume stylée de Céline, ou bien encore des Pieds Nickelés, on a forcément entendu parler un moment ou un autre de la conséquente série littéraire écrite par Frédéric Dard, un autre prince de l’argot.

Je me suis bien marré et je pense avoir atteint là l’essentiel. Je ne sais plus qui disait que l’argot, c’est le latin de la racaille. Le langage métaphorique argotique est ici omniprésent et que ce soit au travers du flic San-Antonio ou de son acolyte, un vrai bœuf celui-là. L’intrigue en elle-même et divertissante, dans l’ambiance des polars à l’ancienne, assez éloignée des thrillers glauque d’aujourd’hui. C’est plutôt décontracté du gland pour dire les choses franchement. Elle est presque tellement second degré, qu’on se croirait dans un Scooby-Doo paillard. Le dessin de Michaël Sanlaville est très à propos avec la teneur du récit et il ne se gêne pas pour caricaturer des Eric Zemmour, Dominique Straus-Kahn ou Gérard Depardieu parmi les affreux.

Une enquête au langage "fleuri" super moment de détente.

Nom série  Fédération (Soleil)  posté le 10/05/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Ah ! Une enquête policière dans un décorum urbain futuriste cosmopolite, une ambiance noire cyberpunk, un imper long col relevé… l’ombre du Blade Runner plane au-dessus de Fédération, adaptation d’un polar SF des années 90, La Mâchoire du Dragon.

Le récit est plutôt divertissant, basique dans le fond puisqu’il s’agit d’un thriller économique comme on a pu en voir ou lire des dizaines de fois, mais étendu à l’échelle galactique. Imaginez que la Terre soit considérée comme un petit pays du tiers-monde, le trou du cul de la voie lactée (un peu comme dans la série télé Farscape), faisant la joie d’escrocs, requins et contrebandiers alien qui viennent profiter des lieux pour pas cher comme ces cochons de touristes qui vont foutre le boxon à Pattaya ou Cancun ; et un formidable terrain de chasse financier pour les entités politiques extraterrestres (la « Fédération ») soi-disant « évoluées » qui profiteraient des vides juridiques de cette zone spatiale pour se livrer à des trafics en tout genre.

L’enquête en elle-même est fort-sympathique avec pas mal de rebondissements plus ou moins prévisibles, ça grimpe crescendo, un scénario en compte-à-rebours bien rythmé, on ne s’ennuie pas. Entre les desiderata des humains cherchant à regagner la confiance Alien après avoir loupé leur entrée dans le bloc, et le jeu de dupe auquel ils se livrent avec les Hittites (qui me font penser aux Aschens dans Stargate SG-1), c’est un sac de nœud que l’on peut dénouer en partie sur ce seul album. D’autres sont à suivre mais celui-ci peut presque se lire seul. C’est de la nouvelle SF pulp du 21ème siècle avec des extraterrestres parlant notre langue, avec un niveau technologique supérieur au nôtre, et qui nous le font bien sentir, à la civilisation plus évoluée mais rendant toutefois les échanges économiques et culturels possibles. Une SF qui ne plaira pas à tout le monde mais qui personnellement me change du snobisme de certains auteurs Hard-Science.

Le dessin de Janolle est ma foi plutôt plaisant, tendance comics je trouve, dans la branche d’Olivier Vatine l’aspect gueule carré en moins. Les décors sont grandioses et font plus que le taf. Quant aux couleurs d’Elvire de Cock, toujours un peu dans une tendance comics à l'informatique, je les ai trouvé agréable.

Quality Control : Approved !

Nom série  Exilium  posté le 09/05/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Mmmmmmh… Intéressant, mais je pense avoir encore été victime de l’illustration de couverture qui déchire mais ne reflète pas la qualité d’ensemble. Je ne découvrais que maintenant le dessin d’Eric Stalner malgré une bibliographie en bande dessinée longue comme le bras. Je n’ai pas été déçu, c’est le type de dessin qui rentre tout à fait dans mes cordes avec un encrage soutenu, trait semi-réaliste, des trombines distinctives, une certaine richesse dans les décors et quelques plans qui claquent bien. La coloration maîtrisée de Florence Fantini participe à la grandeur du voyage spatial et apporte un vrai plus.

Non en fait ça pêche plutôt du côté scénario avec des personnages un brin stéréotypés à la psychologie très en surface des choses. Les dialogues constituent le gros bémol selon moi : ils ne sont pas très inspirés, rien d’exaltant, pas de punch lines. La construction du récit manque de liant, de montée en puissance avec une tension grimpante. Les choses ne sont pas très bien amenées, elles sont même carrément forcées (la scène de luc, gratuite, les pétages de plomb…), c’est assez linéaire et donc inéluctablement « plat ». L’histoire en elle-même est en revanche assez intrigante : qui, quoi, comment, pourquoi ? Beaucoup de questions demeurent en suspend et sachant que la trilogie complète est prévue pour l’année civile 2018, cela vaut le coup de patienter sans balancer de jugement définitif à l’emporte-pièce. Les influences SF sont cool mais faciles, où ça pioche vachement du côté du Cycle de Fondation d’Isaac Asimov et la quête du Mulet. Le Mulet étant affilié à Koïos, être cherchant à étendre son pouvoir sur l’ensemble des mondes connus. La planète où le vaisseau spatial s’est échoué est une sorte de Gaïa du même cycle (Fondation Foudroyée, Terre et Fondation), planète vue comme un super-organisme pensant, avec comme de par hasard une fille qui la comprend et s’en fait la défenseure : Joie chez Asimov, Luz chez Cédric Simon. Quant au voyage en hibernation de colons terriens vers un avenir plus prospère, c’est un grand classique de la SF (Alien Covenant etc.).

Ce fut un moment agréable mais je m’attendais à mieux je ne le cache pas. D’ailleurs je ne comprends pas l’accroche de l’éditeur, « Sur Terre, l’homme a réussi à dominer la nature. Ici, c’est plutôt l’inverse ». Rien à voir, le rapport hostile homme vs nature sauvage n'est pas aussi intense comme il pouvait l'être sur Six Saisons sur IlO dans Le Cycle de Cyann par exemple. Il n'est pas vraiment question de cela ici, ou si peu...

Nom série  Conan le Cimmérien  posté le 02/05/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
« Ses textes ont forgé les codes de la fantasy. Ses personnages (Conan, Kull, Solomon Kane, Red Sonja, Bran Mak Morn, El Borak, Agnès le noire...) ont marqué des générations de lecteurs. Depuis une quinzaine d’années, Robert E. Howard connaît une véritable résurrection littéraire. Débarrassée des interférences de ceux qui se l’ont appropriée après sa mort, son œuvre fondatrice est désormais accessible dans toute sa force grâce à des éditions respectueuses de son travail. » Patrice Louinet, éminent spécialiste de Robert E. Howard.

En 2007 la maison d’édition Bragelonne a entrepris la compilation sous la forme de 3 intégrales des nouvelles de l’écrivain texan sur le barbare le plus connu au monde. Patrice Louinet et d’autres ont effectué un véritable travail d’archéologie littéraire, retraduisant parfois à partir des tapuscrits originaux lorsque ces derniers étaient disponibles. Ayant pour ma part ingurgité les précédentes versions en Livre de Poche lorsque j’étais plus jeune, le héros cimmérien ne m’avait pas laissé une très forte impression, ni même la plume de son créateur, bien que reconnaissant l’immense héritage laissé par ce personnage phare d’un genre que l’on nommera plus tard Heroic Fantasy. Avec ces livres j’ai pu revoir mon jugement et découvrir par la même occasion la plume d’un écrivain à part entière, éloigné de l’image de tâcheron et de fou que les médisants lui ont forgé au fil des décennies.

Un bref rappel sur le sujet en question : Conan est né aux États-Unis en 1932, dans le magasine Weird Tales, sous la plume de Robert E. Howard, suicidé en 1936. Il faudra attendre 1968 et sa réédition en ouvrages de poches, aux couvertures signées Frank Frazetta, pour que le succès soit au rendez-vous. Adopté par le comics deux ans plus tard, puis par le cinéma, la télévision, les jeux de plateau…, « Conan » est devenu un mythe qui a rapidement franchit les frontières américaines. Né dans la légendaire Cimmérie, l’imposant guerrier parcourt des contrées sauvages - rencontre d’autres peuples, affronte des créatures maléfiques, lutte contre les tyrans, croise la route de jolies femmes – « pour fouler de ses sandales les trônes constellés de joyaux de la Terre »… ^^

Le projet ambitieux affiché par Glénat est ni plus ni moins que d’adapter sous papier glacé ces fameuses nouvelles originales respectueuses des écrits de leur concepteur. Adapter Conan, le vrai, pas celui qu’on a appelé Conan le Barbare, c’est un rêve de geek qui se réalise aujourd’hui, c’est noël avant l’heure ! Douze nouvelles sont annoncées au calendrier de l’éditeur. Douze dessinateurs accompagnés par un scénariste, ou en solo. Pour déclencher les hostilités l’éditeur cogne fort avec la parution de deux albums la même date, dont le premier est certainement une des histoires les plus connues et appréciées des fans :

La Reine de la côte noire
(scénario : Jean-David Morvan dessin : Pierre Alary couleur : Sergio Seydas)

Autant se l’avouer, dans le tas il y aura des albums que l’on appréciera plus ou moins selon les graphismes ou la teneur de l’histoire. Ici j’avais clairement plus d’appréhension sur le dessin cartoonesque d’Alary que sur le scénario de Morvan qui ne pouvait que difficilement se rater vu le potentiel de la nouvelle. Alors nos deux auteurs sont-ils parvenus à ménager le problème cimmérien de la chèvre, du chou et le loup ? Plusieurs bons points pour Alary : le chara-design de Conan passe, enfin nous nous éloignons de l’image « slip à fourrure » qui lui collait à la teub, le personnage apparaît dans toute sa splendeur. Une gueule quelconque mais un attirail témoignant de sa vie et ses aventures passées : casque du Nordheim, cape d’Ophir, épée d’Aquilonie, etc. En revanche pour Bêlit, ça passe moyen. Comme dans les meilleurs histoires de Conan, ce dernier n'est pas au centre des attentions mais n'est souvent que simple spectateur. Bêlit est ici l'égal du barbare, elle partage l'affiche à ses côtés. Il ne fallait donc pas se louper, à travers elle Howard a écrit le seul personnage féminin un tant soit peu badass de la série. L’écrivain imaginera d’autres héroïnes sexy, strong independant woman, par la suite mais avec Bêlit on peut dire qu’il nageait à contre-courant et qu’il fût un des seuls à mettre en avant une femme guerrière à l’époque. Pour le coup, je trouve qu’elle manque de prestance ici, elle ne parvient à soulever mon enthousiasme. Je me l’imaginais davantage sexy, la peau d’albâtre et touti quanti. Je préfère les versions de Xavier Colette ou Adrian Smith en comparaison. Elle a ici un côté reine de Saba qui pour le coup s’éloigne de l’esprit « 100 % Howard » que cherche pourtant à renvoyer l’éditeur. D'un autre côté, il s'agit aussi d'une adaptation, donc accepter le fait que chaque auteur vienne avec ses idées, son style. Pour le reste Alary compense avec un découpage dynamique et une mise en scène jalonnée d'idées ingénieuses. Certains arrières plans sont riches en détails et font leur effet. Sergio Seydas assure à son tour avec une coloration très chatoyante. Sinon, brillante idée que de commencer le cycle par cette nouvelle qui plante tout de suite le décor et qui permet au lecteur profane de saisir le caractère de Conan : l’histoire s’ouvre sur un meurtre commis par celui-ci qui est pourchassé par des gardes. Il parvient à s’enfuir en forçant le capitaine d’un navire commerçant à le prendre à son bord contre son gré. Les péripéties s’enchaînent entre course-poursuite, massacres, actes de pirateries, sexe, romance, chasse au trésor, terreur dans les bois, l’empreinte horrifique lovecraftienne y est même perceptible.

« La nuit dernière, dans une taverne, un capitaine de la garde royale a fait violence à la compagne d'un jeune soldat, et naturellement ce dernier a embroché le capitaine. Mais il semble qu'il existe une satanée loi interdisant de tuer des gardes, aussi le garçon et la fille ont-ils pris la fuite. Le bruit s'étant répandu que l'on m'avait vu en leur compagnie, on m'a donc traîné aujourd'hui devant un tribunal. Un juge m'a demandé où avait fui le garçon. J'ai répondu que, comme c'était un ami, il m'était impossible de le trahir. Le juge s'est mis en colère et m'a tenu un grand discours où il était question de mon devoir envers l'État, la société, et d'autres choses auxquelles je n'ai rien compris, et m'a prié de lui dire où mon ami s'était réfugié. À ce moment, je commençais moi aussi à être furieux, car j'avais clairement expliqué ma position. Mais j'ai ravalé ma colère et j'ai gardé mon calme. Le juge a repris de plus belle, braillant que j'avais fait offense à la cour et que je devais donc être jeté dans un cachot pour y moisir jusqu'à ce que je dénonce mon ami. Comprenant alors qu'ils étaient tous fous, j'ai sorti mon épée et j'ai fendu le crâne du juge en deux. » ^^

Nihiliste, épicurien, une philosophie de vie à la « carpe diem », telle est la conception du monde de cet aventurier à l’irrépressible bougeotte. C’est un condensé du meilleur de Conan qui est ici mis en image et qui constitue une formidable mise en bouche avant d’entamée les hors-d’œuvre.

Le Colosse noir
(scénario : Vincent Brugeas dessin et couleur : Ronan Toulhoat)

Autre temps, autre lieu, et nouvelle équipe donc avec un duo d’auteurs qui a fait ses preuves dans plusieurs genres en s’étant illustré dernièrement dans l’aventure historique de Ira Dei. Logique de penser que ces deux-là étaient programmés pour réaliser une histoire Hyborienne. D’ailleurs si on en juge par le physique du cimmérien, Ronan Toulhoat semble nostalgique de la coupe mulet (déjà avec Tancrède sur Ira Dei…), à moins qu’il ne soit tout simplement fana comme moi de Mel Gibson dans Braveheart ou des héros burnés comme Silvester Stallone dans Rambo III. De bonnes inspirations comme souvent avec cette artiste (La princesse Yasmela serait physiquement inspiré de Gemma Arterton dans Prince of Persia que cela ne m'étonnerai pas ^^. L’histoire n’est clairement pas la plus profonde du cycle, écrite davantage parce que « faut bien manger » on va dire. Néanmoins elle est idéalement destinée à un artiste généreux dans le dynamisme et les scènes d’action car c’est ce vers quoi l’histoire est principalement tournée : du divertissement pur. Malgré la mise en route sympathique, le cœur du récit se situe dans la bataille dont Conan est la clé de voûte qui en décidera l’issue. C’est une histoire que j’apprécie moins car elle fait doublon avec une autre nouvelle, La Citadelle écarlate, qui est autrement plus épique et fantastique à mon sens et dont l’adaptation est aussi à venir. Cependant si on est admirateur du duo Toulhoat / Brugeas, on est forcé d’apprécier cet album qui témoigne encore une fois de la montée en régime de ces deux compagnons de route. R. Toulhoat possède un encrage bien sombre dynamité par une mise en scène très cinématographique, sa mise en couleur est "spéciale", je l'aimais déjà bien sur Ira Dei, tandis que V.Brugeas fait parler sa magie arcanique des dialogues et a bien su poser le personnage (bien que ce ne soit pas son meilleur rôle. La fin est aussi branlante en BD qu'en nouvelle).

« Dans ce monde les hommes luttent et souffrent en vain, trouvant du plaisir seulement dans la folie ardente de la bataille; une fois morts, leurs âmes pénètrent dans un royaume gris, nuageux et parcouru de vents glacés, où ils errent sans joie, pour l'éternité. » Conan.

Mike Moorcock évoquait l’adaptation BD d’Elric, son cycle majeur par Glénat, comme de la meilleure jamais conçue, les auteurs français ayant parfaitement su capter la tonalité ambiante et la psychologie de l’anti-héros. Je pense, j’imagine, que si Howard était encore de ce monde, il aurait approuvé le bel hommage que lui rendent les auteurs de Glénat. Who knows ? Après tout, Crom s’en moque. Oubliez Schwarzenegger, oubliez Momoa (même s’il incarnait bien mieux le perso que le précédent bodybuildé), oubliez John Milius, oubliez John Buscema et Roy Thomas. Revenons aux fondamentaux, à Robert E. Howard, gardons en tête les illustrations évocatrices de Frank Frazetta et la musique emblématique de Basil Poledouris, et… To Be Continued…

https://www.youtube.com/watch?v=EAFtiUoq6TE

Nom série  Le Coeur des Amazones  posté le 26/04/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Malgré le fait que ce ne soit pas un coup de cœur ou même un super moment de lecture, comment mettre en-dessous de 4/5 ? Les dessins ou devrais-je dire peintures, de Christian Rossi sont évidemment magnifiques. En même temps, qui en aurait douté ? C’est surtout à mon sens le principal attrait de cet album qui permet de tenir durant ces 155 pages. D’ailleurs, respect et merci aux auteurs et éditeur de nous proposer un livre-objet avec un récit dense, bien éloigné de la sacro-sainte pagination à 48 planches.

Mais sinon je n’ai pas été emballé plus que cela par la teneur du propos qui ne m’inspire guère au moment d’écrire mon avis. Encore une histoire qui tourne autour du trou de balle, de la guerre des sexes tout ça… Cela dit, bon choix en forme de clin d’œil que le cadre de la mythique guerre de Troie pour illustrer une autre guerre immémoriale qu’est la guerre des sexes. Le message n’est pas inintéressant et j’y souscris. Il est d’autant plus d’actualité qu’en cette année 2018 le climat est des plus anxiogènes entre des soi-disant « féministes » des temps modernes et le reste du monde pour qui globalement ces questions passent un peu au-dessus de la tête. Mais bref, je digresse… L’aspect sociologique du récit est néanmoins intéressant à lire, cela m’a vaguement rappeler le 300 de Frank Miller, à cause du décorum surtout, bien que ce dernier parte sur quelque chose de complètement différent concernant les thématiques abordées. Ne sachant à quoi m’attendre, j’espérais un récit guerrier, avec un message en toile de fond bien sûr, mais avant tout une histoire orientée vers l’action. Bon de l’action il y en a, seulement ce dont parlent essentiellement les auteurs ici ne me touche pas plus que cela. Ce n’est pas un thème qui me branche.

Je l’ai lu, sans regret, je ne dis pas que je ne le feuilletterai pas à l’occasion pour ses dessins, encore une fois d’une beauté stupéfiante (bien que les jolies nanas, toutes sveltes, bien galbées et bien proportionnées là où il faut soit gratuit et pas hyper féministe pour le coup. C’est plus une vision fantasmée d’homme de la femme guerrière, mais ce n’est pas bien grave vu que j’en suis un ). Cependant une seule lecture m’a suffi pour ne pas passer par la case « achat ». Je flaire néanmoins que c'est une BD qui va concourir au best of de l'année civile.

Nom série  Gagner la Guerre  posté le 21/04/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Je ne suis pas trop adepte des tirages en noir et blanc à la base. Non pas que je n’apprécie pas la chose mais si la couleur est réalisée par un artiste sachant utiliser sa palette, j’ai tendance à me tourner vers une version normale. Toutefois, comme Benvenuto Gesufal le personnage principal et narrateur de cette série intitulée Gagner la Guerre, j’arrive à sentir le bon filon lorsque j’en flaire un. Si on me dit « Frédéric Genêt », « Tirage limité à 1000 exemplaires », « adaptation du cycle majeur de Jaworski, le best-seller de la fantasy française de ces dernières années », et « pour la modique somme de 17,95 euros », je ne vais pas gamberger des masses.

Alors pour les néophytes, de quoi que ça cause ? Le premier tome intitulé Ciudalia d’après la cité où se déroule les tribulations de notre anti-héros, est l’adaptation d’une nouvelle de l’écrivain Jean-Philippe Jaworski : Mauvaise Donne. Bien que ne figurant pas dans le roman Gagner la Guerre, elle peut néanmoins lui être rattachée car personnages et décor en constituent ce qu’on pourrait appeler couramment un préquel. On peut même y voir un prototype ou galop d’essai de ce qui deviendra Gagner la Guerre.

Il s’agit principalement d’une histoire de Fantasy « à canaille », avec cependant des aspects politiques et militaires très présents. Entendez par là que complots, coups tordus d’assassins en scred, appât du gain, entourloupes et retournements de veste constituent la sève du récit, mais pas que… Le tout bien entendu saupoudré d’une légère pointe de fantastique, bien que cet aspect pourtant fondamentale en Fantasy (bah ouais quand même…) constitue malheureusement un des points faibles de l’univers car trop peu présent à mon goût. Le décorum est disons inspiré par l’Italie époque du quattrocento, tandis que le système politique régissant Ciudalia ressemble grosso modo à celui de l’antique République romaine avec deux podestats gouvernants la cité.

Bon maintenant que le décor est planté, je vais enfin en venir à pourquoi je juge cette nouveauté comme une très bonne adaptation et même tout simplement comme une très bonne BD. Déjà j’ai été très emballé par le level graphique proposé par Frédéric Genêt. C’est assez fouillé, l’encrage est surtout appuyé sur Benvenuto, mais tout ce qui gravite autour est plutôt bien travaillé et mis à part quelques cases, il nous propose des planches assez riches en détails et un trait net sans bavure. Vraiment il m’a donné envie de me mettre au N&B et pourquoi pas, de redécouvrir certains de mes artistes favoris dans des éditions sans couleurs, juste histoire de voir la différence et d’admirer encore plus la virtuosité de leur dessin. Après, j’ai aperçu quelques planches en couleurs, elles sont aussi très belles, ce n’est pas un problème.

Après, que dire… Les Récits du Vieux Royaume (nom du cycle) sont un peu la grosse patate de forain dans le bide du paysage Fantasy sur la dernière décennie. J-P Jaworski avec sa plume hyper sophistiquée, sa quasi logorrhée inconsciente pourrait-on s’amuser à décrire le style, a créé un personnage devenu aujourd’hui iconique parmi les lecteurs de Fantasy : Benvenuto Gesufal, ou la rencontre improbable entre le poète-truand François Villon dont il est fortement inspiré (les lecteurs le découvriront dans la suite que notre tueur à gages Benvenuto a quelques talents artistiques picturales), et John MacLaine, le gars au mauvais endroit au mauvais moment qui se fourvoie dans les emmerdes.

Les amateurs pourront regretter de ne pas retrouver dans ce premier jet toute la gouaille et le langage argotique dont use le personnage, et qui en faisait justement une de ces grandes forces et un fort point d’attachement. Mais patience… le vocabulaire argotique médiéviste a, pour l’instant, volontairement été mis de côté pour j’imagine faciliter la fluidité de la narration et des dialogues. Cela-dit j’y ai retrouvé la tonalité sinistre, grim&gritty du roman, ce qui démontre une adaptation plutôt fidèle.

Même si c’est un cycle que j’ai adoré lire je le trouvais, notamment dans le roman, assez longuet et il m’était arrivé parfois de piqué du nez, et je m’attendais à retrouver cet aspect plus « jactance » que « action ». Je ne pouvais plus mal me tromper car comme je l’ai mentionner plus haut il y a à boire et à manger pour tout le monde. Entre deux phases de courses-poursuites et de tractations politiques, Genêt use du flash-back pour remonter dans le passé de Benvenuto à l’époque où il servait comme soldat dans l’armée ciudalienne, ce qui offre des moments épiques, guerriers, de l’action très musclée.

Franchement il faut rester, acheter cet album, faire vivre cette série, parce que oui il y aura quelques creux mais aussi des batailles navales, du cape et épée, des elfes tolkieniens, plus de magie, plus d’action par la suite, toujours autant de traits d’humour cynique, des dialogues de soudards, ainsi que des plans machiavéliques encore plus fourbes.

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