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... a posté 565 avis et 98 séries (Note moyenne: 3.3)

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Nom série  Comme une odeur de Diable  posté le 27/07/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Claude Seignolle qui vient de nous quitter récemment était un fabuleux conteur puisant son inspiration dans des croyances populaires bien de chez nous ce qui peut un peu changer des histoires fantastiques classiques de Edgar Allan Poe ou de Lovecraft.

L'idée d'en tirer donc une anthologie calquée sur le modèle des Creepy ou autres Contes de la Crypte est plutôt audacieuse et on peut même se demander pourquoi cela n'a jamais été fait auparavant, l'oeuvre de Seignolle étant à juste titre suffisamment riche pour en extraire de savoureuses histoires.

Laurent Lefeuvre délivre donc dans ce petit recueil 5 histoires choisies pour faire frissonner le lecteur avide de quelques terreurs du terroir.

Les dessins sont superbes. L'encrage et la mise en scène rendent hommage à Bernie Wrightson de la plus belle des manières et en évitant la simple copie, Lefeuvre ayant mis tout son talent par un noir et blanc puissant et inspiré.

Mais hélas, à l'exception de la toute première histoire "Celui qui avait toujours froid" réussie en tous points, l'ensemble des autres histoires tombe complètement à plat.

En incombe un texte difficile à lire et trop présent ainsi que des histoires bien trop classiques pour en devenir surprenantes. Les histoires sont de surcroit bien trop courtes et peinent à installer une ambiance malveillante, leur conclusion devenant précipitée ou téléphonée.

C'est d'autant plus dommage que le travail de 2 auteurs d'exception ne soit pas davantage récompensée dans cet album qui sera aussi vite lu qu'oublié en espérant qu'un second ouvrage verra le jour avec le même talent graphique mais des histoires bien mieux inspirées.

Nom série  Grand Est  posté le 09/07/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Adapté librement de son propre livre "Vue imprenable sur la folie du monde" qu'il scénarise sur des dessins de Franck Biancarelli, Grand Est porte un regard avisé sur une région française bien souvent écartée des projecteurs : la Lorraine et par extension le Grand Est comme il est de coutume de l'appeler depuis quelques années.

Nul n'est besoin de connaître le remarquable travail d'investigations de Denis Robert pour en savourer les contours, cette région pourrait tout aussi bien être une autre et servir de porte étendard aux maux économiques actuels de notre société.

Oui mais voilà, cette région c'est la mienne. Celle dans laquelle je vis depuis presque 50 ans et dans laquelle je finirais également probablement mes jours. Celle de mon quotidien, de mes espoirs et une région qui porte peu d'attractivité pour qui n'y serait pas né. Car la Lorraine ce n'est pas que de la grisaille mais surtout une formidable terre d'accueil et d'espoirs pour tous les horizons qui s'est rapidement ternie au cours des années 70 avec la fermeture de grands sites sidérurgiques.

Denis Robert ne porte pas d'orientation politique à ses souvenirs qu'il nous fait vivre sous la forme d'un Road Movie avec son plus jeune fils. L'occasion idéale pour emmener le lecteur d'Alsace en Moselle sans oublier les Vosges pour croiser des gens simples mais riches de souvenirs.

Le gosse constitue la part d'innocence, lui ne se préoccupe que de savoir si tel héros Marvel est plus fort que tel héros Marvel. Il représente le présent et le futur de la région dans toute l'insouciance innocente d'un gamin d'une dizaine d'années peut avoir. Denis Robert se joue de métaphores sur des lieux touristiques ou des faits divers et sociaux en rappelant à quel point le monde actuel est malade. Le tout pourrait paraitre rébarbatif à la longue mais la mise en scène de Biancarelli est juste et agréable à l'oeil, reproduisant l'environnement si caractéristique de cette région et par une colorisation bichromique toujours alerte.

Ce livre est immense, le récit est beau et passionnant. Revisiter tout un pan de ma vie en ces quelques pages est un exercice difficile et aurait pu rapidement basculer dans la facilité et le redondant. Il n'en est rien. Ceci est un simple constat de la vie qui passe dans une région qui a beaucoup morflé et cherche toujours à se relever.

Indispensable à mes yeux en espérant que Grand Est le soit également pour vous, lecteurs de tous horizons.

Nom série  Docteur Radar  posté le 09/07/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Par une amusante combinaison des récits de E.P. Jacobs et des romans de Gaston Leroux, Docteur Radar est un immense hommage aux vieilles séries radiophoniques dont Simsolo s'est fortement inspiré pour donner vie à cette course poursuite sans fin entre le machiavélique Docteur Radar et une équipe de dilettantes aventuriers.

Le principal intérêt tient en deux mots : le rythme soutenu de ces aventures essentiellement nocturnes d'une part et le dessin de Frédéric Bézian d'autre part. Qu'il s'agisse du choix de couleurs restreint mais de toute beauté ou des cadrages ambitieux, le lecteur peine à s'attarder sur le charme rétro des dessins ou l'envie de poursuivre et de tourner à vive allure les pages afin d'en connaître le prochain rebondissement.

Il s'agit donc d'une grande réussite à 4 mains pour un titre qui ne révolutionnera pas le monde de la Bande Dessinée mais dont il serait difficile de s'en passer tant le plaisir est instantané pour les yeux comme le dépaysement.

Nom série  Santiagolf du Morbihan  posté le 09/07/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Il était une fois dans l'Ouest de la France... Santiagolf du Morbihan, le lointain ancêtre breton de Santiago par le même B-Gnet.

Reparti pour des aventures loufoques à souhait lorgnant un peu trop fortement du côté du Seigneur des Anneaux en mode foutraque, Santiagolf a pour mission de ramener du pain elfique et de délivrer sa bienaimée.

Accompagné de Goudalfe le jaune, le bleu et autres couleurs de l'arc en ciel selon l'occasion et de son fidèle écuyer Pabloïn, cette joyeuse bande de bras cassés va traverser les régions de l'Armor et de Pan-Ham dans un style proche de Monty Python Sacré Graal pour le plus grand plaisir du lecteur.

Avec un dessin et un humour un cran au-dessous de Santiago, B-Gnet parvient doucement mais fermement à ses fins pour arracher rires et sourires en conjuguant situations absurdes et personnages cocasses.

Malgré une sortie confidentielle, ce petit album est à coup sur un incontournable de cet été.

Nom série  I kill giants (Je tue des géants)  posté le 22/06/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Voici un titre qui avait clairement attiré mon attention dès sa première édition par Soleil en deux tomes et n'avait trouvé grâce à mes yeux, l'éditeur ayant souhaité ne jamais publier la seconde partie le condamnant à la longue liste des séries abandonnées comme ce fut leur habitude.

Hicomics profite donc de la récente sortie de son adaptation sur le support vidéo pour corriger le tir et publier en un seul recueil l'intégralité de cette oeuvre culte outre-atlantique. Une bonne idée ?
Sur le papier uniquement car la déception est fortement de mise hélas.

On fait donc rapidement la connaissance de Barbara, une jeune ado au look immédiatement identifiable entre serre-tête oreilles de lapins, longs cheveux blonds et grosses lunettes constamment visées au caractère bien trempé.

Vivant sur une petite ville cotière américaine, Barbara est un personnage cynique limite antipathique, amatrice de jeux de rôle et n'ayant pas vraiment d'amis. Ah mais Barbara a un hobby bien particulier : elle tue des géants.

Entourée de gens bienveillants dont une jeune Britannique fraichement débarquée et une psychologue scolaire, Barbara n'a peur de rien et n'a besoin de personne. Elle échafaude un plan redoutable pour protéger sa ville d'une menace que elle seule perçoit : des colosses sur le point d'anéantir toute vie de la surface de son quotidien.

En dire davantage ne serait pas fair-play. Les dessins ne possèdent pas la patte "indépendante" souhaitée et ne dégagent que peu de charme... un peu à l'égal du personnage principal bien plus agaçant qu'attachant.

Les deux premiers tiers de l'histoire se déroulent sans grand enthousiasme pour mieux aboutir sur une conclusion qui se veut surprenante et émouvante mais n'a rien de bien bouleversante.

On pourrait même préciser que cette fameuse révélation a déjà été vue, lue ou relue de façon bien plus subtile dans beaucoup d'autres ouvrages impossibles à résumer ici sans dévoiler le "mécanisme".

Le petit bijou culte vendu ici et là s'est hélas bien vite transformé en vilaine fée Carabosse sans intérêt. Amère déception.

Nom série  Il faut flinguer Ramirez  posté le 01/06/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Résumer "Il faut flinguer Ramirez" à Tarantino, Peckinpah (dont le titre fait écho à Alfredo Garcia) ou Rodriguez comme l'annonce fièrement Glénat serait une erreur...

Résumer l'oeuvre de Nicolas Pétrimaux à un revival des eighties à la mode Néon Rétro en serait une également...

Car si Ramirez puise autant dans les références passées, c'est davantage dans l'humour nonsensique d'un Fabcaro qu'il faudrait regarder en y ajoutant un soupçon de Tom et Jerry pour les courses poursuites haletantes.

"Il faut flinguer Ramirez" n'est ni plus ni moins qu'un gros coup de coeur, précisément la pépite sortie de nulle part en cette fin de semestre 2018 tant elle cumule les références classiques des mondes évoqués plus haut pour s'achever (provisoirement) sur un ovni fun et rafraichissant tout à fait original.

Cette traque par la mafia mexicaine d'un réparateur d'aspirateur au visage "particulier" et aussi bavard que Bernardo dans Zorro n'est qu'un prétexte pour dessiner des ambiances veloutées à la Miami Vice pour les quadras ou GTA Vice City pour les trentenaires avec une mise en scène rythmée qui n'aurait rien à envier aux autres média du grand comme du petit écran.

S'appropriant les codes en rigueur de cette époque pour mieux se les réapproprier (Coucou la Renault 5), Pétrimaux ne livre ni plus ni moins qu'un divertissement intelligent en se jouant la plupart du temps des clichés même si on n'évite pas un cast féminin sexy et bad ass.

Non il ne faut pas flinguer Ramirez car ce petit bonhomme muet et doué possède de quoi divertir longtemps le lecteur en attente d'autres titres aussi funs et mis en scène.

L'objectif de satisfaction est coché à toutes les catégories, fun, dessin, scénario, action et humour sans céder aux facilités gore, cul, vulgarité.... Monsieur Pétrimaux nous vous tirons notre chapeau.

Nom série  Touche pas à mon poste  posté le 01/06/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Qu'il soit apprécié à sa juste valeur ou non, il est difficile d'échapper depuis quelques années au phénomène de foire Hanouna.
De figure discrète du PAF, l'animateur est passé à un statut de superstar autant adulé par les uns que méprisé par les autres pour les différentes polémiques de son émission phare "Touche pas à mon poste" qui consiste initialement à décrypter les programmes télés des autres chaines en mode putassier le plus souvent pour susciter clashs et buzz divers.

Si l'adaptation d'une émission ou d'une série TV en BD n'est pas chose nouvelle, elles n'ont souvent pas d'autre vocation que d'amener un public étranger à notre média préféré vers un produit dérivé quelconque souhaitant uniquement profiter des retombées du moment avant que le stock restant ne parte au pilon pour un recyclage que l'on espère meilleur.

"Touche pas à mon poste" n'échappe malheureusement pas à cette règle en proposant cet album largement médiatisé par la presse numérique et encensée par Hanouna lui-même et son équipe.

S'adressant exclusivement aux spectateurs de l'émission, Nemra dessine les différents intervenants en reprenant leurs codes de langage qui resteront cryptés pour la plupart des néophytes.

Malheureusement il ne suffit pas d'être adoubé par Hanouna pour réussir et il faut un minimum de talent. Retranscrire un humour de situation limité sur le clash et les rires pénibles et appuyés de son animateur n'est pas à la portée de Nemra.
Les dessins sont au mieux médiocres, au pire complètement loupés.
Les décors sont aux abonnés absents et il est même difficile de reconnaître les "stars" de l'émission, un comble.

Loupant complètement aussi bien la caricature que la mise en scène, Nemra aurait pu se rattraper par des gags inspirés et drôles.... Échec sur toute la ligne puisque les chutes sont loupées, répétitives et sans inspiration.
D'une rare lourdeur, les 48 pages seront longues à lire car il faudra un courage ou un esprit masochiste sans faille pour arriver au terme d'un album qui n'a de BD que le nom.

À l'heure où le monde de la Bande Dessinée Franco-Belge souffre d'une crise sans précédents sur la rémunération des auteurs et où certains peinent à éditer leurs oeuvres, il est pénible de retrouver dans les étals un tel ouvrage qui n'a d'autre vocation que de faire le plus de fric en un temps record.

Avec un sujet aussi abscons, la faute n'était pas permise sur la forme et Nemra échoue à tous les postes mais restera pour la postérité l'auteur de la bd la plus moche de tous les temps et cela pour longtemps.

NOTE REELLE : 0/5

Nom série  Donald's Happiest Adventures  posté le 24/05/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
La sauce Mickey par Keramidas et Trondheim n'ayant visiblement pas pris, les auteurs ne se sont pas découragés et offrent une suite ou relecture de leurs délires avec cette fois Donald en personnage principal.

Rappelons que la principale originalité de Mickey's Craziest Adventures subsistait en ce procédé génial de livrer une histoire incomplète volontairement et d'utiliser les ellipses dans un but hautement culotté mais humoristique réussi selon moi qui le considère encore 2 ans après comme un énorme coup de coeur.

On prend les mêmes et on recommence ? Pas exactement cette fois car l'histoire est "complète" et le trait de Keramidas semble plus bâclé et moins travaillé que sur le précèdent opus curieusement.

Les pages gardent un look délicieusement vintage et abimé avec moult tâches et/ou erreurs grossières et volontaires d'impression.

La recherche du Bonheur par Donald pour le compte de l'Oncle Picsou est une trouvaille toute Trondheimienne avec de jolis gags absurdes dans un pays despote à 1000 lieues des univers Disney classiques.

Livrant parfois une réflexion pertinente sur la valeur de la vie, Donald va ouvrir la Boite de Pandore tout en rencontrant les personnages habituels de la série.

Peut être moins inventif dans le concept beaucoup plus linéaire que pour Mickey Craziest Adventures mais toujours drôle et rythmé, cette aventure réjouira les fans du précèdent opus et donnera paradoxalement du grain à moudre à ses détracteurs en argumentant que Trondheim a fait le tour de sa vision de Mickey et Donald et en ce sens ils n'ont peut être pas forcément tort.

Au demeurant un très joli diptyque et malgré un dessin moins léché, un chouette coup de coeur amplement mérité pour les amateurs de l'humour subtil de Trondheim.

Nom série  Naragam  posté le 03/04/2015 (dernière MAJ le 17/05/2018) Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Naragam est un concept intriguant. Intriguant car comme sorti de nulle part dans une nouvelle collection Delcourt parrainée par David Chauvel (haut gage de qualité selon mes critères) au lettrage doré et à la couverture classieuse.

On pourrait vulgariser cette nouvelle œuvre comme un enfant de Donjon et du vieux film d’animation Dark Crystal mais ça ne serait pas lui rendre justice.
De Donjon, cette épopée d’héroic fantasy en conserve l’essence, l’humour noir et un nouvel univers, le monde de Naragam avec ses longs paysages arides. De Dark Crystal, on reconnait le style des créatures au bec recourbé comme Sajiral le Derkomaï.

Le tome introductif a autant de (grandes) qualités que de (moindres) défauts. En quelques pages, tout est mis en place et ce qui ne le sera pas va être expliqué par des flashbacks (avec gros clin d’œil à Highlander, vous verrez) ou dans la continuité de l’histoire. Mais dans le fond, ça parle de quoi Naragam ?

Naragam est un monde fictif, où « a priori » il n’y a pas d’espèce humaine mais des créatures comme les Twörb, peuple de petits bonhommes chauves aux grands yeux et aussi naïfs et chétifs (en apparence) que des Hobbits et un Derkomaï, guerrier sanguinaire au look de rapace.

Capturé par les Twörbs, le Derkomaï est promis à une mort sacrificielle mais promet à Geön le Twörb de le mener à la divine Cité des Primordiaux, dieux déchus et gigantesques peuplant également ce monde…

A l’issue d’une bataille notre infortuné duo s’échappe et commence son long périple au travers des vastes contrées sans vie de Naragam...

Rien de bien original mais Le Galli apprécie le monde de Naragam, lui fournit un bestiaire unique, des lois qui lui sont propres et également un humour plutôt « dark » et cruel par des actes fratricides, prophéties funestes et s’aide de Mike qui se surpasse dans des planches d’une page complète avec des plans de toute beauté. Le monde de Naragam semble vide de toute vie, ajoutant à l’isolement de ce « buddy movie » une certaine poésie mélancolique qui donne envie d’en savoir bien plus.

L’affaire est rondement menée avec l'apparition d'un nouveau compagnon d'infortune, le colosse et dévoué Bròg et cette envie irrésistible de braver les nombreux dangers pour parvenir à la cité de Drëk où échouent les Primordiaux, ces colosses antiques qui seraient à l'origine de toute vie et mort à Naragam

Le Galli a du piocher dans nombre de références pour constituer cet univers qui conservera bien des mystères à son issue. Qu'il s'agisse de classiques comme le merveilleux Légendes des Contrées Oubliées de Chevalier et Ségur à la série de jeux Dark Souls pour ses décors intérieurs pesants, Mike répond présent en alternant gros plans et scènes d’action bien rythmées par des plans silencieux écrasants.

Un régal de tous les instants pour les yeux entaché par une fin qui se prend les pieds dans le tapis : c'est bien simple, on ne sait plus à quel saint se vouer dans le tout dernier acte et le divertissement de qualité s'achève sur une note amère éludant bon nombre de questions légitimes.

Reste un travail formidable du dessinateur Mike qui aura su du début à la fin éclairer les ténèbres par la plus jolie des façons.

Nom série  Ryuko  posté le 17/05/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Eldo Yoshimizu, dont il s'agit du premier manga publié, n'est pourtant pas un débutant en la matière.
Peintre et sculpteur reconnu dans son pays d'origine du Soleil Levant, son désir de rendre hommage à la fois à l'oeuvre de Kazuo Koike (Lady Snowblood par exemple) et aux films de Yakuzas mélancoliques de Takeshi Kitano l'aurait naturellement amené à cette oeuvre complète en deux tomes dont il signe également le scénario.

Sur une histoire classique de revanche et de rédemption plus que de vengeance (la nuance est délicate mais est importante), Yoshimizu tisse une histoire au découpage et aux intrigues complexes en apparence mais finalement assez classique et linéaire.

Victime d'une coutume familiale ancestrale et cruelle, Ryuko et son équipe de bad guys vont tacher de retrouver la mère de cette dernière et de mettre fin à la convoitise d'un mystérieux bijou.

"Chaos Reigns" serait-on amené à murmurer dès les premières pages... Il y a en effet peu de temps pour la réflexion et les conversations, les nombreux protagonistes disposent de peu de place pour une narration posée et sont constamment pris entre deux feux inaugurant moult scènes d'action endiablées dont l'auteur se joue avec brio mélangeant furie et vitesse aux dépens parfois d'une lisibilité pour le lecteur.

Ce n'est qu'en de rares moments où la tension redescend d'un cran comme cet arc d'un assaut en Afghanistan rappelant certaines valeurs et choix moraux et paradoxalement également l'un des passages les plus réussis de Ryuko.

Car malgré une maitrise complète de son style entre véritables estampes japonaises ou pleines pages décrochant la machoire d'admiration, la multiplication de personnages secondaires pas forcément nécessaires à l'intrigue et de flashbacks disperse l'attention.

Se lisant rapidement et brouillant les repères il est difficile d'appréhender la lecture de Ryuko de manière totalement satisfaisante et il est appréciable d'accepter de s'y perdre pour mieux en savourer les vertus.

Nom série  De Cape et de Crocs  posté le 23/03/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Bien décidé à ne pas me faire enfler,
J'ai enfin terminé cette série depuis longtemps commencée.
Cette oeuvre créée par Masbou et Ayroles
Aurait-elle à son terme pris les lecteurs pour des guignols ?

Contre toute attente et après 12 chapitres,
Nous ne sommes vraiment pas volés par sa qualité.
Si l'aventure et les bons mots vous font rêver,
Vous serez ravis par le destin de ces pitres.

Car en mêlant romance, gags et animalerie,
Le pari était risqué mais le succès au rendez-vous.
Grâce au progrès constant au dessin de Masbou,
Et du rythme soutenu des rimes de Maupertuis.

En résumé, j'adresse un merci aux deux auteurs
Pour cette saga intense à nulle autre saveur.
Et pour ne rien gâcher, nous apprendrons enfin
Par la fin en deux tomes des galères du lapin !

Nom série  Snuff  posté le 30/11/2010 (dernière MAJ le 01/03/2018) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Je ne connaissais rien des auteurs de cette petite série assez estimée qu’est Commando Torquemada et qui a plutôt bonne réputation ici et là.

C’est simplement la promesse d’une histoire tarantinesque en 3 tomes ainsi que le dessin anguleux et aux couleurs dictées par les événements que cette œuvre m’a réellement attiré.

En effet le style si particulier de Lemmens reste avant tout autre argument le point fort. C’est à la fois dynamique, sanglant, coloré, bi-chromique et tout simplement beau. Les premières pages m’ont mis l’eau à la bouche avec la présentation en voix off d’un personnage atypique et pas forcément sympathique qui n’attend plus rien de la vie et déteste le golf et les oiseaux. Ses réflexions très cyniques sur son environnement ainsi que ses pulsions suicidaires changent amplement la donne que l’on peut se faire d’un héros classique de bande dessinée.

Rien que les deux premières pages d’exposition plantant le personnage donc d’Ethan Fargo dans le décor valent leur pesant de cacahouètes. Et il va devenir le spectateur involontaire d’une vidéo dite snuff dont on ne comprendra (pour le moment) strictement rien. Et c’est parti pour une aventure sanglante rythmée au gré des pages par des rencontres improbables avec au choix, truands à la petite semaine, tueur psychopathe et fonctionnaires de police véreux !

Bien sur tout se règlera à coups de flingue et de bons mots dont notre zéro se fera le partisan absolu. Bref tout serait parfait dans le plus improbable des mondes s’il n’y avait un sérieux manque de rythme car on a l’impression de lire une succession de petites saynètes dans une histoire qui n’avance guère et dont la fin du premier tome tombe comme un cheveu sur la soupe sans véritable grosse information sur la trame principale.

Gageons que l’histoire va prendre son envol dès le second tome et que les différentes mécaniques vont enfin s’emboiter car on ne sait pas où les auteurs veulent nous emmener… Et pourtant cette histoire ne manque pas d’intérêt. Le personnage du pasteur rappelle curieusement Samuel L. Jackson et ses tirades bibliques lors de ses mises à mort dans Pulp Fiction. Le dessin a des airs lointains de celui de Conrad pour Les Innommables et l’univers évoqué reste relativement intéressant, le caractère désinvolte du principal protagoniste n’y étant surement pas étranger.

A suivre donc et je l’espère bientôt recommandable car il serait dommage que de tels potentiels ne soient pas mieux exploités dans les suites attendues de ce premier volet mi figue-mi raisin.

Après relecture des 2 tomes :

Paradoxalement il m'arrive très rarement de relire des séries dites abandonnées dans un souci évident de ne pas en sortir frustré. C'est avec l'annonce de la réédition d'une intégrale comprenant le dernier tome (et dessiné par Bastoche remplaçant Lemmens) que la curiosité me piqua de nouveau...

Si les dessins de Xavier Lemmens semblent moins travaillés avec un encrage moins présent notamment, c'est surtout les dialogues de Philippe Nihoul qui s'envolent vers les cimes avec des joutes verbales de haute volée entre Ethan et la jolie révolutionnaire Ines.

Partis en pleine jungle inhospitalière dans l'objectif de trouver les clés de l'énigme suscitée par le fameux "Snuff" du premier tome, ce duo atypique ne cesse de se défier ou de se culbuter.

Cette curieuse odyssée ressemble finalement aux aventures de Tintin époque Oreille Cassée sous acides, le regard cynique et désabusé de Ethan offre un contrepoids d'humour noir bienvenu face à des personnages délirants.

Encore une belle réussite d'une oeuvre qui semble hermétique au premier abord mais qui se lit avec facilité dans une ligne claire dépouillée mais originale.

Je croise très fort les doigts pour connaître la conclusion (google est votre ami si vous tapez "Snuff Sandawe") mais si par malheur elle ne se ferait pas, je vous encourage à emprunter les 2 tomes existants pour vous faire votre propre opinion sur un titre maudit mais pas dénué d'intérêt.

Nom série  Dragon Ball  posté le 22/08/2007 (dernière MAJ le 22/02/2018) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Dragon Ball est devenu assez rapidement au fil des années un monument commercial. Qu'il s'agisse de la série d'animation ou des nombreux produits dérivés, retour sur ce que l'on peut raisonnablement appeler en 2018 le grand père du Shonen.

Dragon Ball, c'est l'histoire classique d'un petit garçon aussi mignon que naïf et doté d'une force considérable dans un monde parallèle ressemblant à notre planète mais dans une époque indéterminée où les technologies sont assez avancées mais où l'on peut également croiser dinosaures et influences japonaises médiévales.

Son Goku possède une boule de cristal (parmi 7 disponibles) héritée de son grand père adoptif et qui va attirer nombre de convoitises car selon une légende ancestrale, celui qui les réunit invoque Shenron un dragon capable de réaliser les voeux les plus fous.

Rapidement rejoint par Bulma qui recherche ces boules puis par une pléthore de personnages les plus dingues, le manga va s'attarder sur les aventures de tout ce petit groupe ainsi que l'évolution de Son Goku qui deviendra au fil des tomes un adulte de plus en plus puissant face à des adversaires coriaces.

Le mélange des genres, humour, aventures et bastons, ne sera pas toujours d'une grande finesse mais la capacité de Toriyama pour imaginer un univers simple mais cohérent et rebondir d'une situation à une autre sans se prendre les pieds dans le cordon va faire de ce récit une légende.

Car les dessins au style rond sont de toute beauté et les cadrages des nombreux combats sont d'une lisibilité sans égal. Bien sur, les ficelles sont grosses et nombreuses, les arc même parfois répétitifs mais il émane une telle originalité dans l'univers de Dragon Ball qu'il est franchement difficile de décrocher tant on s'attache à tous les personnages.

Si la première époque reste ma préférée pour l'humour grivois et rocambolesque, la seconde partie (ou Dragon Ball Z) captive tout autant par l'intensité de ses combats et de l'escalade des pouvoirs invoqués.

On y remarque aussi quelques allusions misogynes pas très futées et qui ne passeraient plus aujourd'hui (les premiers tomes datent quand même des années 80 à une époque où se moquer des homosexuels était encore toléré) et la gent féminine reste encore cantonnée à des rôles de potiches mais si on passe outre ces reproches et que la montée en puissance constante des différents protagonistes ne lasse pas, Dragon Ball reste encore aujourd'hui une lecture des plus recommandables avec un plaisir de lecture sans cesse renouvelé.

Nom série  Cosmik Roger  posté le 20/02/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Dans les années 80, nous avions comme "héros" X-Or, le Shérif de l'Espace. Depuis les années 2000, place à Cosmik Roger le Pochtron de l'Espaaaaaaaace !

Conçu à l'origine et en solo par Julien-CDM comme une parodie de Valerian (sans Laureline) puis rejoint au scénario dès le second tome par Mo-CDM jusqu'à l'ultime tome 7 de la série, Cosmik Roger fait partie des rares bds de Fluide Glacial trouvant grâce à mes yeux.

Roger est un looser incompétent envoyé dans les étoiles par le Président de la Terre, une planète au bord de l'asphyxie due à un énorme souci de surpopulation. Roger a pour mission de trouver une nouvelle planète dans la galaxie prête à accueillir tous les Terriens mais ses préoccupations sont toutes autres : il n'aspire qu'à tirer des gonzesses et se foutre minable au bar local tenu par son meilleur ami : l'alien barman Xub.

Constitué de petites histoires de 2 à 8 pages, Cosmik Roger aurait pu rapidement tourner en rond mais il n'en est rien grâce à la foisonnante imagination de leurs auteurs pour tourner en dérision ce pauvre Roger, un être frimeur, cupide et râleur dans des aventures riches en péripéties diverses, absurdes mais variées.

Le dessin de Julien-CDM déjà apprécié pour ma part dans Zumbies est juste superbe et fourmille de détails aussi bien mis en valeur par le noir et blanc du premier tome que les couleurs des suivants. Son bestiaire alien est impressionnant de variété et prête à la rigolade en permanence.

Les histoires sont dans l'ensemble toutes d'un très bon niveau de poilade. Il y a effectivement quelques gags qui tombent à plat notamment dans les chutes mais ils doivent se compter sur les doigts d'une main tant l'ensemble prête à rire et sourire tant dans la construction habile de récits (avec parfois même quelques twists ingénieux) que dans les dialogues savoureux.

Qu'il s'agisse de la vengeance du Général Gore dans le troisième tome, de son obsession pour s'accoupler avec toute créature possédant des gros seins ou de faire revivre Elvis Presley au travers d'un groupe rock intersidéral, les mésaventures de Cosmik Roger sont trash, inventives, drôles mais surtout divertissantes et le remède parfait à toute déprime.

Très peu connu du grand public visiblement, il est temps de profiter des belles intégrales pour découvrir ou redécouvrir ce loser magnifique !!!!!

Nom série  Fatale  posté le 19/02/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je ne sais pas vous mais il m'arrive d'avoir un amour et un respect total pour certains auteurs, c'est à dire d'acquérir naïvement sous prétexte presque chacun de leurs titres sans prêter un oeil aux différents retours et de s'imaginer avoir aveuglément encore un chef d'oeuvre de leur part.

Le duo Brubaker et Philips en fait assurément partie. Fatale étant présenté de surcroit comme un mélange de polar noir comme ils ont su si bien en concevoir depuis Criminal et un soupçon d'inspiration lovecraftienne et pourtant il s'agit ici d'une semi déception.

Tout n'est pas à rejeter dans cette histoire complète en 5 tomes et le pitch de départ reste super alléchant, pensez donc : utiliser une beauté fatale genre les actrices de l'âge d'or d'Hollywood comme Ava Gardner plongée dans un univers mystique et traversant les époques sans prendre une ride renvoit autant à la Féline de Jacques Tourneur qu'à Highlander pour le côté malédiction mais je m'égare un brin

Jo traverse les époques munie d'un drôle de pouvoir de séduction sur les hommes les poussant à lui obéir aveuglément pour les plaisirs charnels qu'elle leur procure. Elle est également la convoitise d'une secte maléfique qui tente de l'utiliser par un sacrifice pour amener chaos et destruction sur terre. Ah et j'oubliais une chose essentielle : Jo possède un pouvoir particulier : elle est immortelle et ne vieillit pas.

Chaque tome raconte peu ou prou la même chose : la rencontre de Jo avec un homme sur une époque bien précise, de l'après guerre WW2 à nos jours. Le hic c'est qu'on sent que Brubaker n'est pas pressé à faire évoluer l'intrigue qu'il étire un maximum par époque et que Sean Philips n'est pas toujours au maximum de son talent par certains dessins qu'on jurerait bâclés.

Le premier tome mélange d'ailleurs flashbacks et multiplie les personnages secondaires sans saveur ce qui rend la lecture parfois pénible et inintéressante.

Conscient de son introduction laborieuse, Brubaker rectifie néanmoins le tir dès le second tome en retrouvant sa verve habituelle et un rythme bien plus régulier. Fatale devient dès lors beaucoup plus agréable à lire même s'il n'a finalement pas grand chose à raconter.

Il s'agit donc d'une série presque générique dont l'intrusion du fantastique et de scènes gores arrive presque trop tard mais l'ensemble bien qu'indigeste retient beaucoup l'attention.

Je suis sorti de ma lecture presque satisfait en dépit d'une fin presque banale.

On a vraiment la sensation que Brubaker et Philips n'étaient pas au mieux de leur forme pour un récit bancal mais malgré tout accrocheur.

Fatale reste une bonne lecture satisfaisante mais qui manque finalement cruellement d'ambition.

Nom série  Blind Dog Rhapsody  posté le 07/04/2014 (dernière MAJ le 09/02/2018) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
2 pitchs, 2 accroches pour ce premier tome d’une trilogie annoncée : Hanna, le scénariste du délirant Bad Ass d’une part et secundo le récit classique d’un chambara tourné en dérision, vous savez ces histoires de vengeances sanglantes à l’ère du médiéval japonais entre samouraïs.

Premier constat et sévère celui-là : on ne retrouvera jamais la réussite complètement décalée des Bad Ass dont ce Blind Dog Rhapsody se veut le pendant asiatique. Secundo si le récit se veut référentiel en citant « Zatoichi » et autres « Sabreur Manchot » avec son héros aveugle, le récit est bien moins sanglant malgré une petite touche de gore dans le dernier acte.

Pour autant ce récit pop-corn à foison ne manque pas de qualités qui lui sont propres à savoir dessiner et définir un univers original à grosses lampées de grotesque (la voix off), grivoiserie (les gros seins de la belle serveuse) et de clarté (difficile d’être perdu dans le découpage clair et ordonné du prometteur Redec).

L’histoire parle d’une énième histoire de vengeance par un jeune disciple aveugle maitrisant un tas de combinaisons martiales aux noms complètements idiots. Chemin faisant il va croiser celui d’une jeune serveuse particulièrement bavarde mais possédant de sérieux arguments mammaires et capable de voir et d'entendre le fantôme d’un maître kung fu représenté sous forme de panda !

C’est complètement con ? Oui et encore vous allez être servis… Redec signe une première œuvre graphique joliment mise en scène et aux couleurs chatoyantes dans un style cartoonesque entre manga et école classique franco-belge. Si l’on peut déplorer l’absence de certains décors, nul doute est fait sur l’avenir prometteur de ce jeune dessinateur. Hanna se lâche à fond les rouleaux sur le thème de la gaudriole (les références sont discrètes et pas nécessairement stabylotées au jaune) mais n’évite pas certaines facilités malgré un rythme soutenu.

En résulte une lecture en accordéon alternant du fun et du moins fun car c’est parfois subtil comme lourdingue. Néanmoins il subsiste un véritable fil rouge scénaristique construit par flashbacks adroits et approfondissements de certains personnages croisés ici et là. Quelques touches de fantastique parsèment également l’univers et chaque chapitre est construit comme un jeu video avec ses protagonistes, monstres et combats.

Qu’il s’agisse de l’entrée en matière des 9 péchés capitaux, (l’équivalent des 7 samurais à la sauce Hanna), d’un monstre marin ou des états d’âme du grand méchant (mais petit par la taille), ce premier tome constitue un délire permanent, une succession de sketches mis bout à bout enveloppant une histoire dont on se demande bien à l’image de la dernière page où elle va nous amener !

Suffisamment en tous cas pour nous donner envie d’en lire davantage en espérant que les quelques erreurs de jeunesse seront rapidement corrigées mais au vu de l’énergie positive qui ressort de cette lecture, tout cela semble en bonne voie !

Tome 2 :

Le maillon faible de la série. Malgré un début prometteur avec une jolie baston et le développement d'un "grand" méchant qui sera présent jusqu'au bout et pas ou peu de surprises pour une histoire qui n'a finalement pas plus d'ambitions que de distraire le lecteur.

Tome 3 :

Après la semi-déception du second tome, les auteurs remettent les bouchées doubles pour un final qui se veut explosif. Les premières pages sont aussi nerveuses que drôles et les révélations sur le disciple et son maître mais également la serveuse "qui ne sert à rien sauf à montrer ses gros seins" sont plutôt réussies. Redec affine son style même si on déplore parfois des décors assez vides lorsque d'autres planches laissent ressortir beaucoup de détails.

En conclusion, voici une série fort divertissante même s'il est assez difficile de savoir quel public elle est censée toucher. Les amateurs de Shonen resteront sur leurs oeuvres japonaises et le public franco-belge préfèrera la rigueur et la poésie d'un Okko chez le même éditeur bien plus ambitieux mais cette agréable récréation ne mérite pourtant pas de rester dans l'oubli.

Nom série  Le Rayon U  posté le 06/02/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Considéré comme le Tome 0 de la série Blake & Mortimer, ce Rayon U n'en constitue que la préquelle, à savoir l'exercice de chauffe pour un Edgar P. Jacobs pas encore maître de ses dessins ni de son histoire.

En effet comme lu plus bas, la bd en était à ses balbutiements et Jacobs se contente surtout d’égrainer une page par semaine dans un périodique des années 1940 sans savoir où son imagination le conduirait ce qui produit un effet haché désagréable pour qui lit ceci aujourd'hui d'une traite.

Il faut surtout considérer cette histoire comme un péché de jeunesse ou un essai aux allures d'images d'Epinal avec nombre de personnages qui seront retravaillés par la suite pour devenir Blake, Mortimer et Olrik.

Pas réellement indispensable mais à posséder davantage que les inepties que sont devenues les aventures contemporaines de Blake & Mortimer.

Nom série  Blake et Mortimer  posté le 06/02/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Afin de ne pas s'épancher inutilement sur une œuvre que beaucoup connaissent pour l'avoir lue, aimée ou même détestée, je ne vais donc ici parler que des tomes d'origine de Edgar P. Jacobs, les autres tomes m'ayant tout au plus diverti mais pour la plupart saoulé par intérêt absent.

Car ce qui fait effectivement le charme de ces aventures, c'est ce côté kitsch mais divertissant, ces dialogues pompeux mais nécessaires et des histoires au charme incroyable tant d'années après leur première publication.

Mon premier Blake, je m'en souviens encore comme si c'était hier... SOS Météores m'avait été offert alors que je ne voulais rien savoir de cette série Sous-Tintin alors que j'étais ado et bien plus attiré par Batman ou l'héroic fantasy de Loisel.

Passé un petit temps d'adaptation, le bouquin fut dévoré avec l'envie irrésistible de tout lire depuis l'Espadon et la sensation d'être passé toutes ces années à côté d'un sacré monument.

Car oui, B&M reste encore de nos jours une de ces œuvres impérissables qui se suffit à elle-même avec un univers oscillant du fantastique au policier et vice-versa et soutenu par une ligne claire rigide mais riche de détails et superbe à l'oeil.

Effectivement la gent féminine n'est pas à l'honneur (mais c'est l'époque qui ne permettait pas le mélange des sexes) et Olrik reste invariablement le seul méchant disponible mais malgré tout cela, le charme du Professeur Mortimer et l'inventivité des histoires rendent des bds contemporaines encore bien obsolètes.

A lire et à relire sans déplaisir pour voyager dans le temps, les saisons et les continents.

Nom série  Madumo premier, seul & unique  posté le 05/02/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Marin, un quinquagénaire à l'apparence banale, revient dans son village natal où il n'a plus mis un pied depuis presque 30 ans.
C'est pour lui l'occasion idéale de retrouver ses parents, sa soeur ou la fille pour qui il en pinçait grave lorsqu'il n'était qu'un gamin.

C'est aussi surtout pour lui le moment idéal de leur expliquer en quoi il a réussi sa vie car Marin s'apprête à devenir Madumo, soit le MAître DU MOnde.

Malgré ses dessins rigolos, Fabrice Erre construit à l'instar de son collègue Fabcaro, une drôle de carrière avec un quasi sans fautes et développe un univers propre là où on ne l'attendait pas forcément.

Car si Madumo distille de pleines pages de fou rire surtout dans sa première partie, le récit n'oublie jamais de lever un voile sur la nostalgie, le temps qui passe, les regrets et la possibilité ou non de tirer un trait définitif sur le passé, qu'on le souhaite ou pas. C'est même en cela que le récit se pose sur une frontière aussi mince que fragile que l'auteur balayera d'une façon abrupte et surprenante dans une toute dernière partie qui donnera beaucoup à réfléchir à son lecteur.

Divertissement hors norme avec une bichromie rose et grise des plus agréables, ce petit bouquin à la couverture gaufrée et réussie permet donc de mélanger les genres et de surprendre constamment. Quels sont les différents espions poursuivant Marin comme son ombre et cette organisation cocasse préparant l'avènement du Maître pendant qu'un gugusse banal se promène dans les rues de son village et se souvient qu'avant de devenir l'être le plus redouté, il n'était qu'un gamin des plus ordinaires.

La suite est à découvrir dans ce conte inclassable, drôle et cruel et au final terriblement émouvant. Fabrice Erre se joue des conventions, se moque de lui-même (notamment sur les profs d'histoire, son job d'origine) et livre ni plus ni moins son oeuvre la plus personnelle et également la plus percutante.

Nom série  Bad Ass  posté le 28/01/2013 (dernière MAJ le 02/02/2018) Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Si on se souvient bien pour peu que cela ait un impact ou intéresse quelqu'un par ici, j'avais rédigé un avis portant sur une note maximale de 5/5 avec coup de coeur.

Il s'agissait vraisemblablement d'un coup de folie et d'un avis sincère sur le premier tome d'une série qui ne demandait alors que de s'épanouir, étant prévue à l'origine en 4 tomes.

Cette relecture un peu trash et vulgaire des mythes de superhéros à la française possédait un "je-ne-sais-quoi" d'irrévérencieux et de délicieusement référentiel des plus réjouissants.

Le tout porté par un scénario malin de Hanna et de jolis dessins du papa de Zorn et Dirna ne pouvait que donner une série des plus ambitieuses.

Oui mais voilà, mon intérêt n'a fait que de décroitre au fur et à mesure des tomes. Hanna a voulu donner de l'épaisseur à son récit en développant toute une panoplie de super héros à la française et en étendant l'histoire de Dead End, super villain sévèrement burné à toute une équipe de justiciers des plus improbables.

Se disperser c'est bien mais l'intérêt s'étiole au fur et à mesure au point de ne plus reconnaître l'intérêt d'origine de cette bonne lecture. Attention, ça reste drôle et parfois même culotté mais à trop vouloir en faire, Hanna a perdu le côté réjouissant du premier tome qui peut néanmoins se lire comme un One-shot sans aucun problème.

Ajoutez à cela une colorisation informatique aux couleurs vives et pas du tout naturelle qui enlaidit le pourtant très chouette travail de Bessaidi et on obtient un ensemble copieux mais finalement indigeste. Espérons donc que les one shot complémentaires à partir du tome 5 vont rattraper l'excellente introduction sans l'alourdir davantage....

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