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Nom série  San-Antonio chez les gones  posté le 27/03/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Dans les années 1970, le Studio Henri Desclez a publié sept albums transposant Les Aventures du commissaire San-Antonio, plutôt agréables au niveau du dessin, mais très moyens par leurs scénarios.
Les fans des romans attendaient cet album depuis 40 ans.

Tout l'intérêt de la série de Frédéric Dard réside dans sa langue si particulière, mélange d'argot et d'inventions sémantiques. Il ne se contente pas d'aligner des bons mots inspirés de l'argot à la façon d'Albert Simonin ou d'Auguste Le Breton. C'est un des rares auteurs qui juxtapose avec bonheur l'imparfait du subjonctif et les pires approximations grammaticales. Ce style lui sert aussi bien à décrire les situations loufoques auxquelles le commissaire San Antonio est confronté qu'à nous faire part des états d'âme de son héros, dont la voix intérieure est particulièrement prolixe.

De cette novlangue si littéraire, il ne reste ici que les dialogues, émaillés de quelques fulgurances, certes, mais qui ne rendent pas toute la richesse formelle de l'œuvre originale. Les rebondissements de l'enquête faites de coups de théâtre et de courses poursuites m'ont laissé perplexe. Car dans San Antonio, série-fleuve de 175 volumes dont la parution s'étale sur un demi-siècle, la plupart des intrigues policières sont loin d'être des modèles du genre, elles servent avant tout d'alibis à Frédéric Dard pour se livrer à la déconnade verbale la plus débridée.

Mickaël Sanlaville essaie de compenser par le dessin, en multipliant les morceaux de bravoure. Il maîtrise très bien son affaire et invente une galerie de personnages truculents. Son interprétation de l'incontournable Alexandre-Benoît Bérurier vaut le détour. Son trait dégage une énergie et une truculence bienvenues, et parfaitement en phase avec le sujet. Il semble d'ailleurs s'inspirer du travail de Pierre Guilmard, autre adepte des histoires policières où les personnages jactent l'argot de Ménilmuche, dont La Java des Gaspards ou la trilogie Pierre Guilmard présente ... constituent aussi des transpositions graphiques de l'univers à la San Antonio.
Mais je partage l'avis de Mac Arthur : tout le talent graphique de Sanlaville ne parvient pas à remplacer les mots perdus. Il s'y applique pourtant à l'aide de phylactères très envahissants et emplis de caractères énormes… C'est un album à conseiller aux presbytes, je soupçonne néanmoins l'auteur d'utiliser cet artifice pour s'épargner le dessin des décors, subterfuge de dessinateur autrefois raillé par Gotlib.

Finalement, c'est peut-être la vieille adaptation en BD de San-Antonio pour France-Soir, par Robert Mallat et Henry Blanc, avec ses longs textes redondants par rapport aux illustrations, qui traduit le mieux les histoires du fameux commissaire…
L'adaptation de San Antonio en BD est peut-être une fausse bonne idée.

Nom série  La Dame de Fer  posté le 15/02/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
« La salope a cané ! », c'est le cri du cœur de Donald, ce 8 avril 2013, lorsque la TV qui tourne en boucle dans son bar annonce que Margaret Thatcher s'est enfin décidée à mourir.
En tant que lecteur, j'admets que je partage sa joie ; c'est même un peu ce qui m'a poussé à faire l'acquisition de cet album. Il y a plein de gens très biens qui disparaissent quotidiennement dans l'indifférence, alors quand une saloperie débarrasse le monde de sa présence, il ne faut pas bouder son plaisir, même si l'héritage de la “Dame de Fer” est loin d'être éteint…

Dans ce coin du Kent, la politique néolibérale de Thatcher a fait de sérieux dégâts en son temps. La fermeture des mines, malgré les grèves et les manifestations violentes, a plongé nombre de travailleurs locaux dans le chômage et les a contraints au départ. La petite bourgade côtière de Kingsdown est moribonde et n'abrite plus que quelques rares autochtones déprimés.
Le décès de la responsable de cette catastrophe sociétale est pour Donald l'occasion de revenir sur ses années de jeunesse, lorsqu'ils étaient inséparables avec Abby et Owen. La vie les a séparés, mais Donald trouve l'occasion de faire revenir ses potes à Kingsdown…

À travers de nombreux flashbacks, ce récit est la chronique d'une époque révolue et morose, lorsque l'Angleterre s'enfonçait dans la crise, que la destruction de l'outil industriel et minier plongeait les provinces dans la crise, quand la jeunesse rurale n'avait plus d'autre espoir que l'exil vers la grande ville.
Mais c'est aussi l'histoire d'une jeunesse révoltée en jeans trop courts et Doc Martens, qui trompait son ennui en sifflant des bières, en écoutant les Clash et les Kinks, en essayant de maîtriser une vieille Norton Manx sur les routes sinueuses de la côte… Des jours qui furent heureux malgré le contexte dépressif instauré par “Miss Maggie”.

Le retour au pays n'est pas simple, mais il permet de renouer des liens et peut-être de recommencer une nouvelle vie.
La Dame de Fer est une jolie histoire d'amitié, avec des personnages attachants qui essaient de rattraper le temps perdu et de vivre – enfin – l'avenir dont le thatchérisme et les aléas de la vie les ont privés.

Michel Constant, que je connaissait surtout pour son Mauro Caldi, illustre très correctement l'histoire, dans son style très ligne claire. Il n'est pas très à l'aise avec les visages et peine particulièrement à traduire les effets du vieillissement : ses personnages se retrouvent au bout de trente ans et ils n'ont pas pris une ride. Il faut être attentif aux détails (vêtements, couleurs de cheveux d'Abby…) pour séparer les scènes présentes de celles qui se déroulent dans les années 1980. En revanche, les décors et les cadrages transcrivent bien l'ambiance des époques et du lieu.

Michel et Béa Constant bâtissent une comédie douce-amère sur le temps qui passe et sur l'éternelle jeunesse. Un récit finalement plus optimiste qu'il n'en a l'air, qui rappellerait presque Les Vieux Fourneaux, mais en plus sage, sans les envolées verbales et les délires comiques.
Voici donc un album sans prétention, mais qui raconte quelques tranches de vies touchantes et mérite d'être découvert.

Nom série  Spirou et Fantasio - Le Triomphe de Zorglub  posté le 13/02/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Je vais jouer les vieux conservateurs…

Voilà 50 ans que Franquin a passé la main… Je n'exige pas l'effacement du demi-siècle d'expérimentations diverses et parfois douteuses qu'ont subi les aventures de Spirou et Fantasio. Mais, même si je sais qu'il faut bien vivre avec son temps, je ne reconnais plus trop mes deux héros.

Cet album réussit le tour de force de faire la promotion du film sans en dévoiler l'intrigue. Je reconnais qu'à ce titre, le scénario fait preuve d'une certaine finesse, mais elle s'arrête là.
Imaginer Spirou, Fantasio, Spip, Zorglub et Champignac confrontés au monde réel peut certes donner lieu à quelques gags amusants (pas délirants pour autant…), mais éloigne irrémédiablement le lecteur de la dimension aventureuse de la série. Les personnages, réduits au rang de guignols ridicules et démodés, cavalent d'un lieu de tournage du film à l'autre. L'histoire est décousue et foutraque, mais sa conclusion est cousue de fil blanc.

Cet album me fait hélas penser aux plus mauvais opus de l'inégale série Une aventure de Spirou et Fantasio par..., ceux où les scénaristes s'échinent à mettre au goût du jour l'univers de la série-mère. Pour les citer clairement, il s'agit des numéros 6 (Panique en Atlantique), 8 (La grosse Tête) et 9 (Fantasio se marie). Trois albums dont le ton, le dessin et l'humour sont parfaitement hors-sujet à mon sens. Confiez des classiques à leurs auteurs et il gratifieront Tintin d'un tatouage maori et feront parler Mortimer en verlan…

Le problème est que Le Triomphe de Zorglub ne s'affiche nullement comme une parodie ; c'est une sorte de spin off. Les éditions Dupuis disposent des personnages et les exploitent commercialement ; c'est leur rôle. L'an dernier déjà, elles ont lancé la série Zorglub, plutôt bien réalisée, mais qui donnait déjà l'impression de vouloir rentabiliser la franchise. À quand Les aventures de Zantafio ou La jeunesse de Champignac ?
Sans vouloir statufier Spirou pour ses 80 ans, il me semble que cette “modernisation” contribue à l'affadissement de ce monument du 9ème Art.
Au final, les vieux lecteurs sont déçus et je ne suis pas certain que les plus jeunes adhèrent à ce remix qui lorgne un peu trop lourdement vers le manga et l'humour à la Kev Adams…

Pour être juste, je précise que cet album n'enlève rien au talent de Bocquet et Cossu, qui réalisent ensemble un Frnck parfaitement intégré à la ligne actuelle du magazine Spirou. Espérons que Le Triomphe de Zorglub restera une opération promotionnelle sans lendemain et qu'ils retourneront à des projets personnels et originaux.

Nom série  Lonesome  posté le 29/01/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Lonesome sonne un peu comme un “reboot” de Durango.

On y retrouve absolument tous les ingrédients que Swolfs mettait en scène en 1981 dans Les Chiens Meurent en Hiver. L'ambiance hivernale enneigée est toujours inspirée du Grand Silence (film de 1968, réalisé par Sergio Corbucci, avec un Jean-Louis Trintignant muet, une curiosité et un des rares bons western spaghettis qui ne soient pas de Sergio Leone). Le héros est le même as de la gâchette, mutique, blond aux yeux clairs, vaguement inspiré de Clint Eastwood, mais sans le Mauser 96. Le grand méchant est le même notable politico-mafieux bedonnant qui tient une petite cité sous sa coupe, aidé par la même bande de tueurs patibulaires, mais sans le clone de Klaus Kinski (ça manque un peu de sales gueules, d'ailleurs). Les salopards profitent de la lâcheté de la même clique de villageois timorés. Heureusement que notre héros sans nom peut compter sur l'inévitable pute-au-grand-cœur…

Bref, au niveau de l'histoire, rien de bien neuf sous le soleil, sinon une petite touche de fantastique, puisque le gars est doué du don de prescience, et une dimension politico-historique dans le scénario, qui s'évertue à démontrer que les banquiers et autres “barons voleurs” ont déclenché la Guerre de Sécession pour servir leurs intérêts financiers.
Le tout n'est pas spécialement subtil ; le récit ne réserve aucune surprise et s'avère en tous points prévisible et conforme aux canons du genre. J'ajoute que pour du western spaghetti, ça cause beaucoup, ça devient même franchement verbeux !

Au niveau du dessin, rien à dire, c'est du Swolfs. Son trait a un peu évolué depuis ses débuts, plus délié, avec des crayonnés moins gras. C'est un style de dessin qui colle toujours aussi bien au western, dans la ligne des Jijé, Giraud, Wilson…

Rien que du très classique donc, sans surprise, bien réalisé, mais déjà vu… Malgré cela, je sais que je suivrai la série parce que j'aime le travail de l'auteur et le western.
Néanmoins, je conseille à ceux qui découvriraient les westerns de Swolfs de lui préférer la lecture des premiers volumes de Durango. Disons les 6 premiers, parce qu'après ça devient un peu répétitif, à réserver aux fans de western spaghetti. Les scénarios étaient sans doute plus bruts de décoffrage, mais finalement plus aboutis car moins emberlificotés.

Nom série  Mondo Reverso  posté le 28/01/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Mondo Reverso s'annonce comme un « western transgenre », c'est même à ça qu'il doit son titre…

C'est un Far-West inversé, où les femmes se comportent comme des cow-boys brutaux, et les hommes comme des femelles frivoles.
On a donc droit à un festival de situations cocasses, avec des barbus enfroufroutés qui minaudent en gloussant et des bimbos qui peinent à retenir leur opulente poitrine dans des gilets cintrés pendant qu'elles s'enfilent de grand verres de gnôle en tirant sur de gros cigares. Le tout est émaillé de quelques bons mots. Une chasseuse de primes entre dans un bar en beuglant : « Dehors les oncles !! On voudrait boire des coups entre vraies meufs !!! » ou un bon frère qui se lamente : « C'est pourtant pas compliqué, douce Jésuse !! Une papa, un maman !!! »…

Mais assez vite, on intègre la situation, et l'humour devient répétitif. Je ne peux pas dire que j'ai hurlé de rire, une fois passée la surprise des premières planches.
L'album est organisé en chapitres courts, adaptés à la publication dans Fluide Glacial, qui forment au final une histoire complète. Les ressorts narratifs et les clichés du western sont soigneusement repris, et une fois habitué à l'inversion des sexes, j'ai finalement lu ce récit comme une variation du genre, c'est à dire davantage comme un western que comme un scénario d'humour. Et à ce titre, on reste dans une bonne approche classique, avec des desperadettes, des indiennes, des shérifes qui se poursuivent dans l'Ouest sauvage.

Pour moi, le point fort de Mondo Reverso ne tient pas dans la situation loufoque imaginée par le scénariste, ni dans les rebondissements du scénario finalement assez convenus, mais dans le dessin éblouissant de Dominique Bertail.
Son trait est d'une précision chirurgicale, très réaliste, avec une touche caricaturale pour certains personnages. Il fait aussi preuve d'un grand sens du détail dans les décors, que ce soit pour dépeindre un saloon enfumé ou les grands espaces parsemés de cactus et dominés par les mésas. La mise en couleur, tout en lavis sépia, ajoute au charme de cet album au graphisme remarquable.
Il me rappelle le travail de Jean Solé, auteur phare de Fluide Glacial, dont il aurait copié le style et sublimé le talent.

Je suis emballé par le dessin et je donne un bon à Mondo Reverso, mais j'attends de voir si le scénariste saura rebondir dans le prochain album pour monter la note.

Nom série  Hillbilly  posté le 27/01/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Hillbilly est la dernière création d'Eric Powell.

Au premier abord, le personnage de Rondel est un peu moins brutal que son cousin The Goon… jusqu'à ce qu'il sorte son hachoir.
C'est un genre de vagabond imposant et aveugle, fagoté comme un trappeur en retour d'hivernage et équipé d'un énorme hachoir, dont on apprend qu'il fut autrefois volé à Lucifer en personne. Son visage est marqué par les larmes noires qu'il pleura lorsqu'une sorcière ruina son enfance. Depuis, il parcourt le monde accompagné d'une ourse géante et caractérielle, en découpant les créatures maléfiques qui croisent sa route.
Et ça tombe bien, étant donné que l'univers de Powell grouille de sorcières, goules, trolls, violonistes vampires, chiens à dents de sabre, serpents volants et autres sangliers géants…

L'environnement du Hillbilly est conforme à ce qu'annonce le titre. Powell ancre son récit « dans le territoire d'antan situé dans les Appalaches ». On navigue chez les ploucs échappés de Délivrancedueling banjos, « fais l'cochon ! »… – Des gens fringués avec des salopettes crasseuses, avec leur esprit étroit, leur haine des étrangers, leur peur du diable, leurs cruchons d'alcool frelaté, leurs tourtes à la citrouille, leurs tronches d'abrutis consanguins… Powell s'en donne à cœur joie dans la peinture d'une humanité superstitieuse, mesquine et dégénérée.
Face à ces tristes spécimens, le bestiaire griffu et les sorcières ricanantes qui hantent collines et forêts passeraient presque des parangons d'humanité.
Rondel met un peu d'ordre dans ce merdier, avec son ustensile de tueur des abattoirs. Tourmenté, solitaire, il traîne une histoire complexe qu'il nous dévoile par bribes au fil des récits qui composent ce premier album.

Graphiquement, le style de Powell est immédiatement reconnaissable. Il excelle dans la représentation d'humains plus ou moins tarés, de démons émaciés, de sorcières tordues comme de vieux ceps de vigne et de fauves effrayants. Des décors, il ne livre que le minimum, mais l'ambiance morbide est rehaussée par sa mis en couleurs gris-pastel.

Ce premier volume inaugure donc une série plaisante et fort bien réalisée. Le fond des récits est peut-être un peu classique, mais leur mise en musique est remarquable.
Powell est bien l'un des meilleurs dans son genre. Si vous appréciez les univers fantastiques de Courtney Crumrin ou de L'Étrange Vie de Nobody Owens, vous devriez adorer Hillbilly.

Nom série  Mickey et l'océan perdu  posté le 17/01/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Tout à fait d'accord avec mes camarades !

C'est un très bel objet, avec une couverture agréable au toucher et du beau papier.
À l'intérieur, de magnifiques illustrations, fouillées, foisonnantes, soignées, imaginatives… dont on regretterait presque qu'elles ne soient pas imprimées en format géant. J'aime moins la mise en couleurs, qui estompe un peu le soin apporté au trait et serais curieux de voir ces planches en noir et blanc.
Voilà pour le positif…

L'intrigue pour sa part est parfaitement décevante. Après un premier chapitre très prometteur, les péripéties s'enchaînent à un rythme trépidant, privilégiant les courses poursuites endiablées mais sans souci de cohérence. Les difficultés rencontrées par les héros sont surmontées par des pirouettes scénaristiques si simplistes qu'elles en sont ridicules. Les personnages sont complètement superficiels, utilisés à contre-emploi (Pat Hibulaire en collaborateur, Dingo sérieux…). En plus, ce n'est même pas drôle…
Et, effectivement, les nombreuses fautes qui émaillent les dialogues ne relèvent pas de la coquille, mais de l'ignorance grammaticale. Je veux bien que leur auteur soit italien, mais il n'ont pas de relecteur chez Glénat ni chez Disney ?

Au final, il serait peut-être préférable d'acquérir cet album afin de le découper pour décorer les murs d'une chambre d'enfant.
Je ne comprends toujours pas les éloges enamourés de la presse à propos de cette collection Glénat/Disney… La nostalgie a ses limites.

Nom série  Les Danois  posté le 17/01/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Il y a quelque chose de pourri dans le royaume de Danemark…

Clarke se lance dans un récit d'anticipation en partant d'une anecdote presque anodine. Un beau jour, au Danemark, des enfants nés de parents arabes, africains, ou asiatiques commencent à venir au monde tous blonds, tous blancs, avec des yeux bleus. Passés les soupçons d'adultère, on comprend que leur aspect physique est dû à un virus. Et la panique gagne la société…
À travers le destin de quelques personnes, l'auteur imagine une situation étonnante qui dégénère en véritable problème social, générateur de violences, bousculant la démocratie et remettant même l'ordre mondial en cause. Le tout est plausible ; ce conte est une prétexte pour montrer la faiblesse du ciment qui lie les individus dans notre Europe pacifiée, attachée aux droits humains et aux valeurs démocratiques.
L'intrigue se déroule comme un bon thriller d'anticipation, avec ses journalistes enquêteurs, ses méchants prêts à tout pour profiter du chaos et ses héros qui essaient de survivre à la situation.

Après Dilemma (Clarke), l'auteur dévoile une nouvelle facette de son talent, bien éloignée des histoires humoristiques courtes qui ont marqué ses débuts. J'aimais bien ses Histoires à lunettes (Durant les travaux, l'exposition continue...) ou Mister President, mais je comprends qu'il ait voulu passer à un autre genre.
Quoi qu'il en soit, il a le sens du récit et livre un scénario au découpage rythmé, mêlant avec bonheur le récit intime et la chronique journalistique, au service d'une histoire sans artifice, mais qui porte un message salutaire.

Clarke illustre cet album de son trait reconnaissable, mais s'applique à le domestiquer. On sent qu'il tient à rester réaliste pour coller au ton de l'histoire.
J'aime bien son style de dessin, mais le préfère dans sa ligne plus caricaturale, où il est capable de développer une véritable force comique ; c'est un talent rare que l'on retrouve chez un Nicolas Barral, et dont je trouve qu'il toujours est un peu gâché lorsqu'il tempère sa verve comme ici. J'espère que Clarke reviendra un jour aux récits humoristiques.
Ce petit regret mis à part, l'histoire est bien illustrée, avec des personnages crédibles et soignés, et ce qu'il faut de décors pour bien planter l'intrigue.

Cet album est d'abord un bon récit d'anticipation, qui, partant d'un petit fait perturbateur, parvient efficacement à lancer le lecteur dans un thriller crédible, qui a la bonne idée de faire réfléchir sur les sujets ô combien actuels et explosifs de l'identité, de l'origine, de l'ethnie, de l'intégration, du vivre-ensemble…
Le procédé me rappelle L'Appel de l'Espace du grand Will Eisner. Et ça, c'est un compliment !

Nom série  Shelton et Felter  posté le 14/09/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J'aime bien le travail de Lamontagne. Dans cette nouvelle série, il nous offre une histoire d'un immense classicisme, mais que sa maîtrise du dessin et du découpage narratif rendent plutôt bien troussée.

Il inscrit son récit autour de la « grande inondation de mélasse de Boston », événement aussi absurde que tragique, déjà évoqué par Denis Lehane dans Un pays à l'aube . Mais ce n'est finalement qu'un contexte autour duquel il bâtit un récit policier en forme de whodunit que n'aurait pas renié Agatha Christie (d'ailleurs, la trame du récit rappelle furieusement une enquête d'Hercule Poirot). Lehane avait choisi de donner une dimension plus noire et sociale à l'ambiance du Boston des années 1920, je préférais…
Les deux personnages, aux caractères et aux physiques opposés, relèvent aussi du ressort scénaristique classique. Sympas mais ni très originaux, ni follement attachants…
Le dessin est propre, net, précis. Mais il ne rend guère compte de la crasse et de la misère qui caractérisent un port et une cité industrielle comme Boston au cours des années 1920…

En somme, c'est un album policier fort honnêtement construit. Il ne soulève pas chez moi un enthousiasme démesuré, mais je ne boude pas mon plaisir ; sa lecture m'a diverti. De là à attendre la prochaine enquête avec impatience…
Disons que je préfère les histoires fantastiques que Lamontagne illustre dans Aspic Détectives de l'étrange.

Nom série  Histoires de Bretagne  posté le 21/08/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J'ai lu l'intégrale en deux tomes des Histoires de Bretagne et j'en retire un sentiment mitigé…

L'ensemble, plus ou moins inspiré des récits du conteur folkloriste Anatole Le Braz, prend place dans la Bretagne de la fin du XIXe, bien avant le tourisme balnéaire, l'industrie porcine, les voies rapides et l'École publique. La Région est alors peuplée d'une multitude de ploucs confis de bondieuseries et de superstitions, passant le plus clair de leur existence à tirer leur pitance d'une terre ingrate ou d'une mer perfide…
C'est dans ce cadre éminemment pittoresque que les différents auteurs situent leurs histoires, en forme de faits divers, d’anecdotes villageoises et de contes morbides. Pas inintéressants, assez bien racontés, pas vraiment inoubliables non plus. Peut-être qu'un conteur habile, au coin du feu, par un soir de tempête, pourrait les rendre vivants. Mais on en est malheureusement rendus depuis fort longtemps à l'ère de la télévision et ces historiettes paraissent finalement bien fades, avec des personnages confondants de naïveté dans leurs rôles respectifs et désespérément dénués de charisme.

Quant aux dessins… rien à dire, les auteurs changent mais gardent une certaine unité de ton. On est un peu dans la carte postale : landes désertes, rivages venteux, mer démontée, jolies demeures… La mise en couleur utilise bien les palettes de Photoshop… Propre et net, mais sans âme.

Ces Histoires de Bretagne n'ont donc rien de rebutant, loin s'en faut, mais elles ne justifient pas non plus que l'on s'y arrête trop longtemps.
Les amoureux du folklore celtico-bretonnant y trouveront peut-être leur compte.

Nom série  Tueurs de mamans  posté le 02/07/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
C'est l'histoire du club des cinq pétasses qui grandissent trop vite, en conflit avec leurs profs et leurs mères respectives, lesquelles ont la lourde tâche de les élever sans père. Comme elles sont immatures, cruelles et un brin caractérielles (en résumé : des adolescentes), elles ont fondé une société secrète et en veulent au monde entier.
Quand un site internet se propose de venger leurs petites humiliations, elles n'hésitent pas longtemps… Elles ont tort et vont vite grandir en découvrant que certains désirs ne devraient jamais devenir des réalités.

On recycle Les Disparus de Saint-Agil, on remplace les garçons par des filles faussement délurées, on ajoute les réseaux sociaux et un psychopathe, on saupoudre de thématiques actuelles (les mères célibataires, le handicap, l'homosexualité, l'islamisme…) et voilà une histoire moderne digne de Plus Belle la Vie !
Mais, ô surprise, les auteurs prennent le lecteur dans leurs rets et l'entraînent inexorablement dans les péripéties d'un récit beaucoup moins stéréotypé qu'il n'y paraît.

Car la bonne surprise, c'est que l'univers un peu niais des ados cède la place à un ton un peu surréaliste (le méchant insaisissable bien qu'il agisse au grand jour dans un costume ridicule, l'improbable cachette secrète inconnue des adultes dans un collège privé…) et surtout que la violence, même suggérée, s'invite sans complaisance dans le récit gentillet.
Au final, derrière l'histoire pour pré-adolescents et le dessin tout rond, on se dirige vers une fin à la Seven, brutale et sans concession.

Les deux Benoît nous bluffent. Le talent de Zidrou en tant que scénariste n'est plus à démontrer ; même s'il s'adresse à un jeune public, il sait leur conter des histoires qui les font grandir. Quant à Benoît Ers, il a déjà commis, avec son compère Dugomier, plusieurs séries dont le propos évite intelligemment la mièvrerie : Les Démons d'Alexia, Hell School et Les Enfants de la Résistance ont ceci en commun qu'il ne prennent pas les plus jeunes pour de mignons bambins qui doivent être préservés de la sauvagerie du monde des adultes.
J'aime bien le travail de ces auteurs. La série n'est pas leur meilleur travail selon moi, mais elle mérite le détour. Elle semble en stand by, cependant, si Tueurs de mamans doit se poursuivre en tant que série (ce qui n'est pas indispensable, car la fin « ouverte » de ce diptyque ne me dérange pas), j'en lirai la suite avec plaisir.

Nom série  Zorglub  posté le 02/07/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
À l'origine, Zorglub était une caricature de savant fou, toujours en quête d'un plan absurde et farfelu pour flatter sa mégalomanie. Plus irresponsable que vraiment méchant, il incarnait la morgue des puissants de ce monde. Et c'est avec jubilation que l'on voyait ses desseins sombrer dans le ridicule et virer à la catastrophe.
Il permettait à Franquin d'exprimer avec humour sa haine des dictateurs, du militarisme et du totalitarisme. Pas si évident dans un magazine aussi bien pensant et respectueux de l'ordre établi que le Spirou de l'époque de Monsieur Dupuis.

En faire le héros d'une série à part entière répond à la mode actuelle du spin-off, qui conduit les auteurs à palier leur manque d'inspiration en brodant autour des personnages secondaires des séries à succès. Parfois, ça marche et l'on y gagne de grands albums, comme en témoignent certains épisodes de XIII mystery ou le génial Choc de Colman et Maltaite. Souvent, comme dans le cas présent, ça sent surtout l'opération commerciale.

Voici donc notre Zorglub affublé d'une adolescente en quête d'autonomie, obligé de jouer les papas inquiets et protecteurs… Je ne veux pas faire de l'anti-jeunisme, mais ce n'est pas sur ce registre que j'attendais le personnage.

Comme le soulignent mes camarades Ro et Spooky, la série s'adresse d'abord à des ados qui n'ont pas forcément grandi avec les vieux épisodes de Spirou et Fantasio.
Munuera travaille très bien dans son style. C'est bourré de décors futuristes, d'engins de science-fiction ; ça explose, ça virevolte, ça cavale en tout sens ; l'histoire est simple et linéaire, la psychologie des personnages peu fouillée… C'est sans surprise, ce n'est pas très drôle… Bref, je suppose que le cœur de cible devrait être comblé, mais pour moi, c'est un peu du manga de luxe.

En somme, même s'il est fabriqué avec une incontestable maîtrise, ce premier album ne me laissera pas un souvenir impérissable. On est très loin du rythme et de la loufoquerie de Z comme Zorglub et de L'Ombre du Z.
La période durant laquelle Munuera a sévi sur la série-mère n'est déjà pas la meilleure, et je pense qu'il a assez de talent pour vendre des albums sans chercher à recycler des personnages que d'autres ont porté à de tels sommets.
À mon sens, il ferait mieux de terminer Les Campbell

Nom série  The Shadow Hero  posté le 14/06/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
En 1944, en plein “âge d'or” des comics et durant la Seconde Guerre mondiale, un certain Chu Hing créa un éphémère personnage de super-héros appelé La Tortue Verte.
Ce héros ne vécut que le temps de cinq aventures avant de disparaître. Mais il présentait la double originalité d'agir aux côtés des Chinois en lutte contre l'envahisseur nippon, et aussi d'être (probablement) le premier super-héros chinois. Probablement, car l'auteur se garda soigneusement de dévoiler son visage et ses origines…
La première aventure de cette Tortue Verte de 1944 est reproduite en fin de l'album et on comprend un peu pourquoi la série est tombée dans l'oubli, tant elle aligne les poncifs et les facilités des comics de guerre, censés délivrer un message patriotique et dénigrer l'ennemi japonais : le héros et ses amis sont courageux et nobles, leurs ennemis fourbes et cruels, les rebondissements téléphonés…

Toujours est-il que 70 ans plus tard, Gene Yang, lui même descendant d'immigrés chinois, a redécouvert le personnage et a décidé de le faire revivre en lui donnant un visage, une identité et un passé.
Dans cette mini-série, nous assistons à la naissance du super héros connu sous le nom de « la Tortue Verte », sobriquet un peu ridicule et loin d'inspirer la terreur, reconnaissons-le. Ce détail donne le ton. Tout en restant fidèle aux éléments de la série d'origine, le scénariste instille une solide dose d'humour qui donne à son récit un ton léger et résolument moderne.
Comment un jeune homme normal (sauf que sa peau devient rose et fluorescente quand elle est mouillée) choisi-t-il de se promener dans Chinatown vêtu d'un slip et couvert d'un cape sur laquelle figure une tortue ? Dans les Watchmen, Alan Moore nous explique que les encapés en collants sont des individus frustrés, psychopathes, à l'égo surdimensionné… Yang a une réponse tout aussi freudienne : si le jeune Hank devient un super héros, c'est parce que sa mère a décidé qu'il en serait un et qu'elle est particulièrement têtue !
Ses débuts sont hésitants et il multiplie des déboires dignes d'un Kick-Ass, d'autant plus que le zèle maternel lui cause autant de torts que les méchants qu'il est censé combattre. C'est avec beaucoup de dérision que l'auteur transforme ce garçon falot en véritable héros. Certaines scènes sont très drôles, et je comprends pourquoi son récit lui a valu un Eisner Award en 2015.

Sonny Liew se charge du dessin. Lui aussi est d'origine asiatique, puisqu'il est né en Malaisie. Pour ce que je connais du genre, son style s'inspire de la tradition du manhua, que j'ai personnellement découvert avec la trilogie Une vie chinoise ; c'est un peu caricatural, avec des traits au pinceau qui donnent du volume aux personnages. Mais on sent aussi qu'il est tout imprégné de la culture des comics, et ses ambiances penchent aussi vers Le Spirit de la grande époque, celui d'Eisner himself.
C'est original, dynamique, souvent beau, dans un style qui réussi à se faire remarquer au milieu de la production pléthorique des récits de super héros.

Ce Shadow Hero est donc une belle découverte, qui m'a fait passer un bon moment de lecture, avec quelques tranches de franche rigolade.
Je ne pense pas qu'une suite soit prévue, mais je la suivrais volontiers.

Nom série  Duke  posté le 11/06/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Bon je mets parce que c'est tout de même du Hermann, et que dans ses albums, il y a toujours quelques planches avec des paysages époustouflants, magistralement colorisés.
Et puis je suis un fan, pas très objectif, qui achète tous les albums d'Hermann ; c'est un peu comme avec Astérix : on ne s'attend pas à un chef d'œuvre, mais on poursuit la collec', des fois que la flamme de génie des débuts rejaillisse un jour…
Dans le cas présent, je ne pousserai pas le vice jusqu'à conseiller l'achat de Duke à un novice. L'innocent qui voudrait comprendre pourquoi Hermann a été primé à Angoulême sera assurément moins déçu s'il se plonge dans ses séries d'avant comme Les Tours de Bois-Maury, Comanche ou les premiers Jeremiah.

En somme tout l'intérêt de l'album réside dans le graphisme. Mais je souscrits à vos avis, mes chers camarades : avec le temps, le dessin d'Hermann ne s'améliore pas et ses personnages ont des trognes de plus en plus anguleuses. Pour les cow boys mal dégrossis, passe encore, mais il est vrai que les femelles, systématiquement lippues et affectées d'un groin en trompette, deviennent carrément rebutantes. Ajoutons que les faciès changeants d'une case à l'autre ne facilitent pas le suivi de l'histoire…

En même temps (comme dirait le marcheur), l'histoire… c'est du Yves H., le fiston scénariste pas doué, alors…
Tout est téléphoné là-dedans. Ce scénario, j'ai l'impression de l'avoir lu et vu mille fois : un tyran local qui exploite une population de ploucs effrayés, des nervis sadiques, un héros écœuré par l'injustice… Les fondamentaux du western, en somme. Je n'ai rien contre, c'est un genre fait de clichés et c'est ce qui fait son charme.
Sauf qu'ici, ça ne marche pas : lent, superficiel, avec des personnages sans aucun charisme… Du western crépusculaire sans génie, dans le genre de la production cinématographie italienne de la fin des années 1970, quand tous les tâcherons de la Cinecittà essayaient de faire du Sergio Leone avec une poignée de lires. On est fort loin de l'ambiance d'Il était une fois dans l'Ouest ou d'Impitoyable.

J'ai lu ce premier album sans passion. Je ne sais pas très bien ou va Hermann avec cette série… Je l'achèterai, certes, mais je n'attends pas la suite avec impatience.

Nom série  Le Travailleur de la nuit  posté le 21/05/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Des mêmes auteurs, j'avais lu Julio Popper, le dernier roi de Terre de Feu, intéressant récit inspiré de la vie d'un authentique explorateur-aventurier-utopiste du XIXe siècle. Intéressant, mais un peu frustrant, comme tout biopic dont les auteurs hésitent entre souffle romanesque et respect de la vérité historique.

Pour Le Travailleur de la nuit, Matz s'inspire derechef d'un personnage réel, Alexandre Marius Jacob, anarchiste, cambrioleur, humaniste, survivant du bagne… Il a inspiré à Maurice Leblanc son Arsène Lupin, mais la vie de Jacob est en elle-même un roman.

J'ai trouvé ce personnage très attachant. Victime de la société injuste et corrompue de la Belle Époque, dans laquelle un individu de classe inférieure ne peut que se soumettre et supporter la morgue des puissants, il essaie dès son plus jeune âge de donner un sens à sa vie. Arrivé à l'âge adulte, il choisit la voie de la « reprise individuelle » pour vivre et corriger (un peu) les injustices sociales dont il est témoin.
Intelligent et non dénué d'humour, il fonde la bande des « Travailleurs de la Nuit », qui ne s'attaque qu'aux profiteurs, refuse la violence gratuite, signe ses forfaits de petits mots signés « Attila » et distribue le produit de ses larcins. Gentil, attentionné avec ses femmes, aimant sa mère, respectant les gens du commun, il passe plus de temps au bagne qu'à jouer les Robin-des-Bois, pour finir ses jours avec un grand panache.

Servi par le dessin subtil de Léonard Chemineau, ce nouveau récit d'une vie hors du commun fait mouche. Un témoignage de l'esprit d'une époque et une belle leçon de vie, que l'on partage ou non la vision de la société du héros…

Nom série  TER  posté le 21/05/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Visuellement, l'univers de TER est très réussi. J'aime bien les paysages parsemés de ruines et de statues étranges, les collines lunaires, l'île-village et le lagon. Christophe Dubois se montre très inspiré et les éditions Daniel Maghen nous livrent un album qui ne dépare pas dans leur catalogue.
De superbes images, servies par une mise en couleur flamboyante.

Le scénario de Rodolphe est accrocheur, sans aucun doute, mais pour l'heure, il se contente de mettre les éléments de l'intrigue en place. Un monde post-apocalyptique, une société écolo-religieuse, des rapports sociaux bien marqués, beaucoup d'interrogations sur le passé de ce restant d'humanité… C'est vrai que l'on se tient entre Aldébaran et Le Cycle de Cyann, mais – postériorité oblige – sans atteindre l'inventivité de ces deux modèles. Autant dire que ce premier album n'est pas trépidant, et j'espère que le cliffhanger qui le clôt annonce une accélération du récit.
Les éléments de l'histoire sont un peu téléphonés et les réactions des personnages assez niaises. Je sais bien qu'ils ont oublié beaucoup de leurs connaissances d’antan, mais certains sont marqués par une psychologie des plus sommaires, à l'image du géant pêcheur amoureux de la jolie pucelle qui lui préfère le bel inconnu…

En somme, j'attends la suite, en espérant qu'elle ne s'étalera pas sur 20 ans, comme Le Cycle de Cyan (1993-2014, tout de même) ou Les mondes d'Aldébaran (depuis 1994… et ce n'est pas fini). Les auteurs de TER n'ont semble-t-il pas annoncé le nombre d'albums prévus… J'admets que je supporte de plus en plus mal les séries à suivre. Pour l'œuvre de Léo, je n'achète plus que les intégrales, ce qui réduit ma frustration, mais m'oblige à une infinie patience.
Pour l'heure, je donne donc un 3,5/5, arrondi à à cette nouvelle série, en attendant de voir où elle va.

Nom série  Delilah Dirk  posté le 14/05/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Delilah Dirk nous entraîne dans une série d'aventures échevelées et trépidantes à l'aube du XIXe siècle.

Les scénarios des deux histoires, très classiques dans leur trame générale, réservent quelques belles surprises à la lecture. Sans trop en dévoiler les rebondissements, en voici la trame…
Dans Delilah Dirk et le lieutenant turc, Delilah, sorte d'Arsène Lupin international, s'évade d'Istanbul avec l'aide bien involontaire de Monsieur Selim, peu convaincant en janissaire, mais excellent maître de thé, qui devient son « compagnon de voyage ». Dans Delilah Dirk et le shilling du Roi, elle poursuit un traître du Portugal ensoleillé à l'Angleterre victorienne afin de laver son honneur.
Les histoires sont enlevées, pleines de surprises et de coups de théâtre. L'intrépide Delilah et l'affable Selim nous font voyager à travers l'Europe en de trépidants périples.

La confrontation entre la jeune femme libérée, intrépide, orgueilleuse et le brave garçon réservé, poli, rêvant de tranquillité, a déjà été exploitée, mais il faut reconnaître que l'auteur la renouvelle avec bonheur.
Delilah est une sorte d'Amazone aux exploits légendaires, maîtresse en arts martiaux et dans le combat à l'épée, qui parcourt le monde en cherchant les ennuis pour fuir l'ennui que lui imposerait sa condition d'héritière de la bonne société britannique. Monsieur Selim est gentil, poli, pacifique, et sa principale ambition est de consacrer sa vie à mélanger différentes essences de thé. Leur rencontre improbable entraîne Selim dans l'univers de Delilah, et il finit par y prendre goût, même s'il passe son temps à modérer les ardeurs guerrières et la propension à prendre de mauvais coups de sa partenaire. Les dialogues sont enjoués, les situations tantôt cocasses, tantôt émouvantes, donnent une vraie profondeur à leur relation ambigüe.
Les exploits de Delilah Dirk sont d'abord des récits d'aventures. Nos héros doivent régulièrement échapper à des hordes d'ennemis, généralement rendus agressifs par les agissements douteux de Delilah. Les scènes d'action sont mises en scène avec une précision toute cinématographique, ils se déroulent sur de nombreuses planches très dynamiques, qui mettent en valeur le talent virevoltant de notre bretteuse et la maladresse de son comparse. Le tout est saupoudré d'une solide dose d'humour, dans les dialogues, dans le détail des situations, dans les mimiques des personnages, ou dans le décalage entre la voix off et les scènes illustrées.

Ajoutons que Tony Cliff est un excellent illustrateur. Son style est semi-réaliste, soigné, au-dessus de la production anglo-saxonne habituelle. Il prend son temps pour réaliser ses albums, puisque cinq années séparent la publication de ses deux récits, à tel point que j'ai cru que le premier resterait un one-shot.
Ses personnages bougent de manière fluide, et leurs visages, parfois à la limite de la caricature, sont très expressifs. Il multiplie les cadres audacieux qui dynamisent la narration, surtout dans les longues scènes d'action, souvent muettes. Et surtout, il soigne ses décors, quitte à sublimer les paysages, ce qui les rend par moments peu réalistes sans doute, mais diablement exotiques.

Delilah Dirk est donc un ravissement pour les amateurs d'Aventure avec un grand A. Retrouvez votre âme d'enfant et plongez-vous dedans, vous ne serez pas déçus.
J'ajoute que la réédition du lieutenant turc en un gros album de format plus réduit que les deux volumes d'origine permet aux éditions Akileos de proposer la série à un prix très raisonnable, compte-tenu de la qualité de l'ensemble et des longs moments de belle lecture qu'elle promet.

Nom série  McQueen  posté le 26/04/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Je n'ai découvert cette série qu'à la parution du deuxième album, qui clôt le cycle des Trois petits singes.

Il faut reconnaître qu'au premier abord, elle m'avait semblé trop convenue. Une histoire de privé à la Bogart, un peu séducteur, un peu alcoolo… Un personnage zoomorphe comme dans Blacksad… Tous les poncifs du roman noir mis en scène dans le New York de la fin des années 1960… Bref, une grosse sensation de déjà vu.
Par ailleurs, le fait que l'album paraisse chez Paquet ne plaidait pas forcément en la faveur de McQueeen. Cet éditeur se complaît souvent dans la reproduction nostalgique des ambiances pré-soixante-huitardes, sans forcément que la qualité d'ensemble suscite un enthousiasme forcené (voyez par exemple Une Aventure de Jacques Gipar qui lorgne vers Gil Jourdan, et comparez les deux séries…). L'auteur, Emilio Van der Zuiden a déjà participé à la dispensable série Les Enquêtes Auto de Margot, dont le dessin efficace n'est guère mis en valeur à cause de scénarios médiocres.
Bref, si je me suis intéressé à McQueeen, c'est grâce à la couverture du second album, que je trouve particulièrement réussie. Et grand bien m'en fit…

Car cette série est réussie à plusieurs titres.
D'abord, l'ambiance de roman noir, avec son histoire classique de détective privé qui est manipulé par son client et par les femmes fatales qu'il croise, est fort bien et intelligemment mise en scène. L'auteur croise avec bonheur les codes du genre avec l'ambiance particulière de la blaxploitation, qui donne un dynamisme jazzy à ce récit. Le héros est une brute tourmentée, plus près d'un John Shaft que de la sophistication affectée d'Humphrey Bogart. Quant aux femmes, elles sont certes fatales comme on s'y attend dans cet univers très macho, mais sans les mimiques de bourgeoise hautaine de Lauren Bacall ; elles sont plutôt du genre baby dolls à (très) forte poitrine, ce qui ne les rend pas moins attachantes, d'autant plus qu'elles ont des personnalités explosives. En somme, Emilio Van der Zuiden joue habilement sa partition dans l'univers du polar, en restant très fidèle au genre, mais sans tomber dans le plagiat.
Et puis, il y a le dessin, surprenant. L'auteur manie un style précis, très net, dans la veine de la ligne claire. Les décors et les personnages sont soignés. Mais ce qui rend son travail intéressant, c'est qu'il se lâche dans le découpage des planches, donnant des effet particulièrement réussis, qui ne sont pas sans rappeler le travail de Will Eisner lorsqu'il réalisait ses fameuses planches d'ouverture pour Le Spirit, excusez du peu. Regardez les pages 35, ou 43 à 46 du tome 2 qui justifieraient presque à elles seules la lecture de cette série.

Le premier cycle est clôt, mais s'achève sur l'annonce d'une nouvelle aventure car McQueen a encore du pain sur la planche. J'attends donc avec impatience la suite de ses pérégrinations et j'invite vivement les amateurs de bonnes histoires policières à découvrir cette série.

Nom série  Buck / Tanguy - La rencontre  posté le 20/04/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Ce court fascicule de 12 planches en noir et blanc est offert pour l'achat du fourreau promotionnel contenant le troisième album de la série Les Aventures de Buck Danny (classic) et le premier opus d'Une aventure « classic » de Tanguy et Laverdure.

Buck Danny et Michel Tanguy sont deux personnages créés par jean-Michel Charlier, le premier pour le magazine Spirou en 1947 et le second pour Pilote en 1959.
Le scénariste a déjà imaginé leur rencontre à deux reprise, dans le tome 6 des aventures de Tanguy et Laverdure, Canon bleu ne répond plus en 1964, puis dans le dyptique Les anges bleus / Le pilote au masque de cuir, tomes 36 & 37 de Buck Dannyen 1969. Ces deux épisodes, assez brefs, constituent plutôt des clins d'œil que des aventures en commun. Ce ne furent en aucun cas des crossovers au sens moderne du terme. Je pense que la rivalité qui opposait les deux magazines (Spirou & Pilote) ainsi que leurs deux éditeurs (Dupuis & Dargaud) ne permettait pas davantage à l'époque.

Pour le lancement de la série « Classic » de Tanguy et Laverdure, les éditions Zéphyr réparent cette frustration en réunissant derechef les deux aviateurs les plus célèbres du neuvième art.

L'histoire est très « classique », il faut le reconnaître. Tout y est : les bourdes de Sonny Tuckson et d'Ernest Laverdure, prêts aux pires maladresses pour le premier jupon venu, les méchants espions venus de l'Est qui inventent d'invraisemblables stratagèmes pour discréditer l'US Air Force et l'Armée française, le courage et le talent de pilotes de Buck Danny et de Michel Tanguy qui sauvent la situation in extremis… Bref, c'est vraiment une aventure sans surprise qui s'inscrit parfaitement dans la veine des gros câbles scénaristiques à la Charlier.

Mais l'ensemble gagne en qualité pour plusieurs raisons. D'abord, le format en 12 planches densifie l'histoire et empêche longueurs, temps morts et faux suspenses de bas de page habituels chez Charlier. Ensuite, le récit joue le jeu de l'humour, avec l'intervention du cousin de Laverdure, gendarme tout droit échappé de Saint-Tropez (c'est le même acteur, Christian Marin, qui jouait les deux rôles), tout comme un certaine bonne sœur en 2 CV…
Et enfin, le dessin de Sébastien Philippe est excellent. Je trouve d'ailleurs que le format en noir et blanc le met particulièrement en valeur.

C'est donc un joli supplément qui mériterait d'être ultérieurement publié dans un vrai album. Pourquoi ne pas l'accompagner de quelques récits dans la même veine ?
Ce n'est pas de la BD moderne, j'en conviens, mais personnellement, je suis preneur.

Nom série  Ma guerre  posté le 19/04/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Tiburce Oger met tout son talent au service des mémoires de son grand père, résistant et déporté.

D'un point de vue formel, rien à dire, c'est de l'excellent travail : trait précis, couleurs remarquablement maîtrisées, découpage narratif au cordeau…
L'auteur, dont les qualités ne sont plus à démontrer, est un professionnel aguerri et il sait raconter et dessiner.

Je suis moins convaincu en revanche par son scénario.
Il tient visiblement à rester scrupuleusement fidèle aux souvenirs de son aïeul, héros de guerre rescapé des camps. Mais ça l'amène à livrer un récit haché, constitué d'une succession d'anecdotes et de petits faits assemblés dans l'ordre chronologique. Si l'ensemble est poignant et criant de vérité, aucun de ces épisodes n'est assez développé pour offrir une histoire prenante, ni suffisamment original pour réellement surprendre le lecteur. Toute la première partie, consacrée à l'action du personnage dans la résistance se résume à une suite d'événement datés et précis, mais sans cohérence d'ensemble. En somme, il manque à ce bel album un souffle romanesque.

Il s'agit donc d'un album-hommage, en forme de témoignage, brutal et réaliste, mais cela ne suffit pas à en faire un récit passionnant…

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