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Nom série  DirtyBiology - La grande aventure du sexe  posté le 11/11/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Plus connu comme youtubeur via sa chaîne à succès Dirtybiology, Léo Grasset, également écrivain, prof et conférencier, met cette fois un pied dans la bande dessinée en collaboration avec son frère Colas au dessin. Titulaire d’un master en biologie, Léo a fait de la vulgarisation scientifique son cheval de bataille, avec comme marque de fabrique un ton humoristique décalé, que l’on retrouve dans cette « grande aventure du sexe ».

Dans la droite ligne des productions de Marion Montaigne (Tu mourras moins bête), l’ouvrage énumère, de façon quelque peu foutraque mais néanmoins passionnante, les modes de reproduction des petites et grosses bestioles grouillant en ce bas monde. On y apprend que certaines espèces, dotées à la fois des organes mâles et femelles, peuvent se fertiliser elles-mêmes (les escargots notamment), que certains champignons ont la particularité d’avoir 28.000 sexes différents, ou encore que des mollusques pratiquent une sorte de « gang-bang » et peuvent changer de sexe ! Le ton oscille entre le factuel et la grivoiserie bon enfant, et s’il est question de vulgarisation, évite la vulgarité, un exercice toujours délicat quand il est question de sexe… Le dessin du frangin reste très schématique mais convient parfaitement au propos, se contentant modestement de souligner les informations délivrées à l’aide d’une mise en page punchy.

Le domaine est vaste et, l’auteur n’en fait pas mystère, il était difficile de faire quelque chose d’exhaustif en moins de 200 pages. C’est pourquoi une annexe bibliographique figure à la fin du livre. Espérons que DirtyBiology - la BD - marche aussi bien que les supports online, et puisse ainsi faire l’objet d’un deuxième volume.

Nom série  Les Nouvelles Aventures de Lapinot  posté le 30/10/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Le lapin mélancolique aux grandes oreilles et chaussant du 88 n’avait donc pas disparu. Il faisait juste le mort dans son terrier, convaincu au fond de lui-même que son géniteur, l’hyper-prolifique Lewis Trondheim, ne pouvait pas l’abandonner indéfiniment à son sort et déciderait un jour de le ressusciter. Mais en quinze ans, le monde a changé et n’est pas forcément devenu meilleur… La méfiance s’est installée et on ne parle plus aux inconnus dans la rue. En revanche, on fait confiance à des « applis » pour organiser chaque domaine de sa vie, éliminant tout risque lié au hasard… Quant à Lapinot, il n’a pas (encore) perdu ses amis en cours de route : Richard le boulet et ses blagues piteuses lui collent toujours aux basques, Titi n’a pas renoncé à la fête malgré sa chimio en cours, et Pierrot est revenu temporairement de son exil irlandais. Lapinot est toujours amoureux de Nadia, qui elle n’a plus qu’une obsession : réussir dans le journalisme sur une chaîne d’info en continu (et quand on sait que les journalistes sont la bête noire de Trondheim, on se doute que le portrait ne sera pas des plus tendres).

L’idée maîtresse d’ « Un monde un peu meilleur », épisode introductif des « Nouvelles Aventures de Lapinot », est assez excellente : et si la science parvenait à mettre au point une pilule permettant de visualiser l’aura de chaque être, positive ou négative ? Rêve ou cauchemar ? A travers le personnage de Gaspard, cobaye rémunéré par des laboratoires pour tester des médicaments, on comprend vite que ce don de double-vision est davantage voué à devenir un fardeau encombrant qu’un véritable atout, même si l’ambitieuse Nadia est bien décidée à faire la promotion, via la « télé-poubelle » où elle officie, de cette découverte involontaire. Et puis un scoop pareil, s’il ne sert pas le bien de l’humanité, pourrait au moins propulser sa carrière…

Si le pitch pourrait laisser croire à une histoire de science-fiction, il n’en est évidemment rien. On retrouve ici les nombreux questionnements de l’auteur, un rien désabusé face à la trivialité du quotidien, des questionnements très actuels portant notamment sur l’invasion du virtuel, l’obsession sécuritaire ou encore le déferlement de l’info-poubelle.

On ne peut fondamentalement pas dire du mal de tout ce qu’entreprend Lewis Trondheim, qui a su conquérir un large public avec sa galerie de personnages zoomorphes, son trait enfantin et caoutchouteux, en concevant des histoires alliant vécu, réflexions profondes sur l’existence et humour potache. Avec Trondheim, on peut à la fois conjuguer le plaisir régressif d’une BD en apparence destinée aux plus jeunes et se sentir intelligent en lisant les aventures de ce lapin pas crétin. Les fans de la première heure devraient être comblés à l’idée de retrouver un personnage qui tel un messie, est revenu d’entre les morts pour délivrer son message de révolte soft.

D’ailleurs, le plus heureux n’est-il pas son créateur, pour qui Lapinot semble faire office de bouée sur un océan d’incertitudes, de peluche symbolisant la part d’enfance à laquelle on s’agrippe pour se protéger d’un monde de plus en plus déshumanisé ? Pour cela, l’avenant léporidé méritait sans doute bien d’être réanimé...

Nom série  La Horde du contrevent  posté le 21/10/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Très attendue par de nombreux bédéphiles, cette adaptation de l’œuvre magistrale d’Alain Damasio, un des plus grands auteurs français de science-fiction, voit enfin le jour grâce à l’ambition acharnée d’Eric Henninot. Le projet fournit à ce dernier l’occasion d’accéder au statut de scénariste, lui qui s’était jusqu’alors contenté de manier les pinceaux. L’enthousiasme y a certainement été pour beaucoup, et après avoir convaincu Damasio de lâcher son bébé, non sans mal, l’auteur s’est lancé dans l’aventure, déterminé, comme les héros de l’histoire, à aller jusqu’au bout de sa mission et faire face aux vents contraires…

Ce premier tome est plutôt réussi si l’on considère l’ampleur de la tâche. En effet, le roman n’est pas forcément facile d’accès dans les premières pages en raison d’une écriture alternant les styles, et il comporte par ailleurs un grand nombre de personnages dont beaucoup sont narrateurs (réduits ici à un seul). Eric Henninot semble avoir mobilisé ici tout son esprit de synthèse pour une prise en main plus aisée vis-à-vis du lecteur de BD, généralement moins patient… à ce titre, il était très judicieux d’afficher au début un bref descriptif des principaux protagonistes, même si chacun d’entre eux possède une personnalité bien marquée.

Très efficace dans son cadrage, le dessin réaliste nous donne à voir un univers aride et déchiqueté, composé de paysages grandioses. Les teintes sombres à dominantes brunâtres sont bien adaptées à l’atmosphère anxiogène de cette quête, monotone dans son âpreté mais non exempte de rebondissements narratifs. Restait également la difficulté liée à la représentation graphique du vent omniprésent, que l’auteur a surmontée de façon équilibrée.

Cette introduction à « La Horde du Contrevent », nouvelle série phare de Delcourt prévue en cinq tomes, laisse donc augurer du meilleur. Avec ce premier volet, Eric Henninot s’est affranchi de la mission la plus ardue, celle de donner envie de connaître la suite, et ce n’est pas rien ! Il ne reste qu’à espérer que le résultat soit à la hauteur des attentes.

Nom série  Le Photographe de Mauthausen  posté le 16/10/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
En rendant hommage à ce photographe espagnol doublé d’un héros qu’était Francisco Boix, les auteurs ont tenté de décrire la réalité sordide d’un des pires camps de concentration de l'Allemagne nazie, où les prisonniers étaient éliminés par le travail… Boix eut une vie courte qui lui fit peu de cadeaux, mais il ne renonça jamais à ses idéaux politiques et put à sa manière se venger de ces fascistes qu’il abhorrait tant. Il agissait souvent comme bon lui semblait et détestait l’autorité. Son appareil photo il le brandissait tel un drapeau, celui de la liberté, et son expérience terrible à Mauthausen le conforta dans la voie qu’il avait choisie : le témoignage par la photo.

Cette bande dessinée vaut davantage pour ce qu’elle représente et sa valeur documentaire, que pour l’objet en lui-même. D’un point de vue narratif, Salva Rubio a opté pour le récit-témoignage dont le narrateur est évidemment Boix lui-même, tout en mettant un point d’honneur à restituer la vérité historique, concédant de rares changements mineurs par souci de cohérence (Dans l’histoire Albert Speer est remplacé par Enrst Kaltenbrunner). Preuve de son souci de ne pas travestir la réalité, un dossier historique d’une cinquantaine de pages, illustré en toute logique par de nombreuses photographies, vient compléter l’histoire.

Quant au dessin semi-réaliste de Pedro Colombo, même si on peut lui reprocher son aspect un rien académique et déjà vu, il reste plutôt expressif. Le choix de couleurs sombres permet de ressentir l’ambiance pesante qui enveloppait le quotidien des prisonniers.

Globalement, « Le Photographe de Mauthausen » s’avère un document édifiant sur un chapitre ignoré du génocide nazi : l’holocauste espagnol. L’ouvrage tente également d’honorer Francisco Boix en mettant en images son terrible témoignage, lui qui à l’époque s’était heurté au froid dédain du tribunal de Nuremberg.

Nom série  Quelques jours à vivre  posté le 08/10/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
De façon inattendue, cette BD-docu s’ouvre sur une tradition rurale indonésienne consistant à déterrer les morts tous les trois ans pour permettre à tout un village de les célébrer. On les lave, on les habille de leurs plus beaux vêtements, on les promène, puis on les remet dans leur cercueils jusqu’à la prochaine fois… Cette anecdote donne le ton de l’ouvrage qui aborde un sujet grave, sans tristesse ni larmoiements inutiles. Dans nos sociétés modernes occidentales où prédomine le culte de la jeunesse et de la vitalité à tout prix, la mort et la déchéance sont des thèmes que l’on préfère souvent éluder, même s'ils fascinent. Et pourtant, chacun y sera confronté tôt ou tard par la perte d’un parent ou d’un proche, et quand il s’agit d’une maladie incurable, les derniers jours sont toujours les plus durs à vivre, que ce soit pour le patient ou l’entourage.

Pour mieux illustrer leur sujet, les auteurs ont enquêté dans l’unité de soins palliatifs de Roubaix, ville ô combien symbolique où la pauvreté qui la touche, plus que partout ailleurs, conduit souvent les malades à négliger leur santé. Ils ont interrogé les médecins et les soignants sur leur quotidien et les raisons qui les ont poussés à s’engager dans cette branche particulière de la médecine. Bien souvent, c’est un choix mûri et motivé par une empathie certaine ou la blessure liée au décès d’un parent dans des conditions pénibles, même dans le cadre d’une hospitalisation traditionnelle. Car en France, l’administration rechigne la plupart du temps à intégrer des unités de soins palliatifs pour des raisons bassement financières. L’accompagnement du patient en fin de vie n’est qu’une option accessoire, et après tout, pourquoi faudrait-il engager des frais pour quelqu’un dont on ne peut attendre un quelconque retour sur investissement pour la société ? Par ailleurs, il faut savoir que la France a été très en retard dans le domaine, de quelque vingt années par rapport au Royaume-Uni, pionnier en la matière. En effet, la première unité de « soins pal » n’existe que depuis 1987 dans l’Hexagone.

Tout cela, on l’apprend grâce à de petits rappels historiques sur divers sujets en rapport, tels l’euthanasie, la douleur (longtemps considérée comme « salvatrice » par la tradition catholique), l’hypnose, et même le spiritisme (des témoignages font état d’événements troublants survenus dans ce service)… Xavier Bétaucourt semble n’avoir négligé aucun aspect de la discipline et nous livre ainsi un documentaire assez complet. Il montre aussi les malades, avec leurs angoisses mais aussi leur lucidité quant à leur fin imminente. C’est souvent touchant, mais jamais plombant. L’humour est bien présent, tant chez les patients que les soignants, un humour essentiel pour mettre à distance la tristesse liée au contexte et la faucheuse omniprésente.

Le trait d’Olivier Perret reste suffisamment schématique pour ne pas tomber dans un voyeurisme malsain, même si parfois on peine un peu à distinguer les personnages les plus récurrents. Sobre également avec le parti pris du noir et blanc qui évite de parasiter le propos.

« Quelques jours à vivre » est donc un ouvrage extrêmement humain et sincère, par ailleurs très bien documenté, où l’on découvre avec intérêt cet univers très méconnu que sont les soins palliatifs. En abordant la question de l’intérieur, Xavier Bétaucourt nous fait partager les états d’âme de ces professionnels dont la démarche se révèle quasi-militante, face à une administration rétive et déshumanisée. On en ressort avec la conviction que toute société civilisée digne de ce nom se devrait d’accompagner ses citoyens vers l’au-delà en lui évitant la souffrance.

Nom série  Epiphania  posté le 30/09/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Ce récit fantastique, dont c'est ici le premier volet, s’ouvre sur la vie ordinaire d’un couple qui cherche à retrouver l’amour au moyen d’une thérapie de groupe sur une île déserte, alors que leur premier enfant doit bientôt venir au monde. Mais un tsunami vient balayer subitement le havre de paix où ils séjournent, et l’homme perd sa femme dans la catastrophe. De retour chez lui, il découvre dans son jardin qu’un fœtus s’apprête à sortir de terre, alors que les chaînes d’information annoncent des cas similaires dans tout le pays. D’abord révulsé par la créature, il va décider de l’adopter et l’élever. Mais comme tous les mixbodies, l’enfant grandit très vite et possède des caractéristiques physiques qui vont l’exposer au rejet de ses camarades humains dès son entrée à l’école.

Si la thématique évoque incontestablement les X-Men (ces mutants aux pouvoirs extraordinaires qui doivent se cacher pour se protéger des hommes), celle-ci est traitée sur un mode beaucoup moins spectaculaire, davantage philosophique. La peur de la différence et le rejet de l’autre constituent un sujet on ne peut plus actuel. Avec « Epiphania », Ludovic Debeurme nous ramène à la crise actuelle des migrants qui fuient des pays ravagés par la guerre et la misère, menaçant l’équilibre de nos contrées « tranquilles et prospères » en faisant ressurgir des vieux démons qu’on croyait disparus. Mais ici, contrairement à la plupart des images diffusées par les grands médias, les parias ont un visage, ils ont des peurs, des doutes, savent aussi aimer et et ne demandent qu’à vivre en paix comme tout le monde… sauf si bien sûr ils se sentent menacés…

Pour ce qui est du dessin, Debeurme recourt à une ligne claire dépouillée, donnant corps à un univers qui rappelle immanquablement le Black Hole de Charles Burns, en plus lisse et dans des tons pastels un rien insipides. Mais la comparaison s’arrête là, car le scénario reste extrêmement fluide et accessible. L’auteur n’est pas vraiment un nouveau venu dans la bande dessinée, avec plusieurs publications à son actif depuis quinze ans, principalement chez Cornélius et Futuropolis. Déjà récompensé pour Lucille à Angoulême, il nous propose ici une fable très intrigante, à la fois fantastique et humaniste, qui réussit à donner au lecteur l’envie de connaître la suite.

Nom série  Artemisia  posté le 29/09/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
On peut parfois se demander si les choses ont vraiment changé depuis l’époque où cette femme dût se battre bec et ongles pour obtenir la reconnaissance de ses pairs mâles, pour qui le talent semblait intimement lié à la testostérone. Il suffit de voir comment aujourd’hui encore, la bande dessinée reste majoritairement un domaine réservé à la gente masculine dont l'attitude vis-à-vis des femmes oscillera le plus souvent entre le simple haussement d’épaules et une certaine condescendance… Pour cet album, le fait qu’il soit réalisé par deux femmes n’est pas tout à fait un hasard. Le scénario est signé par Nathalie Ferlut, également dessinatrice et active depuis une bonne décennie, à l’origine de l’excellente biographie « Andersen, les ombres d'un conteur », parue il y a un an chez Casterman. Aux pinceaux on retrouve une nouvelle venue, Tamia Baudoin, également connaisseuse dans le domaine de la mode, ce qui se ressent dans son dessin où elle porte un soin particulier aux vêtements. On pourra toujours lui reprocher un certain amateurisme sur le plan des visages ou des attitudes, mais globalement, son graphisme passe plutôt bien grâce à un traitement des couleurs harmonieux. Pour ce qui est du récit, on suit avec intérêt l’histoire de cette femme à la personnalité hors du commun, qui, tout en se hissant au niveau du Caravage par son talent, sut défier et surmonter l’arrogance des goujats qu’elle croisa sur son chemin, en particulier Agostino Tassi, peintre lui-même, ami de son père et violeur occasionnel…

Depuis quelques temps, les BD valorisant la place de la femme – on peut dire « féministe », ce n’est pas un gros mot, et les défenseurs de la cause ont quelque peu évolué par rapport à l’époque du MLF - semblent gagner du terrain. Est-ce juste une impression ou le fruit du hasard ? Ces derniers temps on peut noter quelques exemples : la série Culottées de Pénélope Bagieu, les biographies de Catel et Bocquet (Olympe de Gouges, Joséphine Baker…) ou encore Les Cent Nuits de Héro d’Isabel Greenberg. Faut-il y voir une volonté de la part des éditeurs de faire contrepoids à la polémique récente qui a perturbé le doux ronron du « festi-mâle » d’Angoulême ? On aimerait le croire…

Quoiqu’il en soit, « Artemisia », sans être le chef d’œuvre de l’année, demeure un ouvrage recélant un charme certain, d’un intérêt historique et artistique indéniable, ne serait-ce que pour vérifier que le féminisme a finalement toujours existé à travers des électrons libres, telle l’artiste décrite ici, avant de devenir le mouvement fédérateur qui naquit au XIXe siècle, pour ensuite gagner en notoriété dans les années soixante.

Nom série  Rentre dans le moule  posté le 26/08/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
« Rentre dans le moule » est une BD autobiographique qui n’est pas présentée comme telle. Pourtant, c’est bien de lui-même et de sa jeunesse dont parle cet auteur au pseudonyme étrange. Il décrit comment les structures éducatives, celle des grandes écoles en particulier, servent aussi à formater les esprits. Prenant l’exemple des Arts et métiers dont il est lui-même issu, il nous fait pénétrer un univers déroutant et extrêmement codifié avec un langage propre, à la fois détestable et fascinant, où tout est fait pour intimider le jeune élève, selon des rites relevant d’un bizutage « bon teint »… Et gare à celui qui ne jouera pas le jeu… Quelques années plus tard, l’élève en apparence docile a trouvé son âme sœur mais pas de travail… c’est en retrouvant son ancien camarade qu’il va être confronté à un choix cornélien : conserver sa liberté dans une certaine précarité ou s’investir corps et âme dans un job d’ingénieur pas forcément épanouissant… A vrai dire, le seul point gênant de l’histoire réside dans cette « liberté », qui ne permet pas d’affirmer qu’il s’agit d’une autobiographie, dans la mesure où on ne sait jamais quelle était la réelle activité du héros avant de trouver ce travail, ni quels étaient ses objectifs, même si on peut supposer qu’il dessinait et tentait d’en vivre…

Néanmoins, ce récit aux dehors humoristiques interpelle sans en avoir l’air chacun d’entre nous sur ses choix de vie, et souligne l’importance de ne pas se voir imposer par quiconque une voie ne correspondant pas à ses désirs propres. Le dessin simple et rond apporte ce qu’il faut de légèreté au propos. On ne se paye pas des barres de rire, mais ce n’est pas le but premier de l’auteur qui semble plutôt avoir opté pour un mode narratif s’apparentant au témoignage introspectif. Le tout est traité de façon originale à coup de flashbacks et de digressions métaphoriques.

« Rentre dans le moule » est la troisième bande dessinée du Cil vert, auteur sensibilisé à la cause écologique via notamment ses illustrations dans Kaizen, le magazine porté par l’association Colibris et son fondateur Pierre Rabhi. La lecture idéale pour la rentrée qui approche !

Nom série  Au musée  posté le 19/08/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Sur l’objet en lui-même, les premières impressions sont plutôt bonnes grâce à une présentation originale. Les lettres du titre sont découpées de sorte à faire apparaître la page de garde à travers l’épaisse couverture cartonnée. On y distingue des petites planètes, sous lesquelles s’affairent, outre les deux héros, diverses créatures incongrues (des lapins blancs costumés, des moaïs, un cafard géant, un pacman…), renforçant l’aspect fantaisiste de l’ouvrage. Et pour être fantaisiste, il l’est, c’est sûr...

Pendant les premières pages, le lecteur est bien disposé voire intrigué, tout à fait enclin à entamer ce voyage au sein du musée avec ces deux enfants. Le trait vaguement inspiré de Charlie Brown laisse supposer un humour pince-sans-rire dans l’esprit cartoon, mélange de gags et de réflexions philosophiques. La trame, quant à elle, semble vouloir se dérouler comme dans un jeu vidéo, où l’on passe constamment d’un univers à l’autre. On sent qu’on est dans l’absurde et que tous les délires sont permis. Jusqu’ici, tout va bien.

Pourtant, au bout de quelques pages, on se rend vite compte que ça ne décolle guère, constat qui ne cessera de se renforcer au fil de la lecture. A-t-on ri ou même souri ?… pas vraiment il faut bien le dire. Certes, les auteurs font preuve d’une imagination très débridée, ce qui est tout à leur honneur, mais les dialogues, abondants et sibyllins, viennent plomber l’ambiance. On se met alors à espérer une sortie rapide de ce musée qui ressemble décidément plus à un labyrinthe verbeux où la lecture est devenue mécanique, sans même l’envie de comprendre ce que Jan-Frederik Bandel a voulu exprimer, si tant est qu’il ait voulu le faire. La démarche est-elle surréaliste, psychédélique ou purement intello ? Un peu des trois peut-être, mais le lecteur, lui, semble avoir été totalement oublié. Au bout d’un moment, malgré tous ses efforts pour tenter de distinguer un semblant de sens au milieu de ce fatras indigeste où l’on passe sans arrêt du coq à l’âne en passant par la carpe et le lapin, son cerveau lâche et se cabre, sans pouvoir même se souvenir de ce qui a été vu à la page précédente.

« Au musée », signé de Jan-Frederik Bandel et Sascha Hommer, deux auteurs issus de la « nouvelle vague alternative allemande », était à l’origine publié dans un quotidien d’outre-Rhin. On peut concevoir que ces élucubrations pouvaient passer sous forme de strips dans un journal, mais réunies dans un pavé de 256 pages, elles se heurtent à une autre réalité formelle qui révèle les limites de l’œuvre. Sans intérêt aucun d'après moi. Je n'ai pas réussi à terminer, c'était tout simplement au-dessus de mes forces.

Nom série  La Saga de Grimr  posté le 11/08/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
De manière frappante, c’est la première scène qui va donner le ton de l’histoire, lorsque Grimr, encore tout jeune enfant, échappe miraculeusement à l’épais nuage de cendres provoqué par une éruption volcanique, tandis que ses parents trouvent la mort. C’est à ce moment précis que le lecteur entrevoit la capacité de résistance exceptionnelle du jeune héros. Pourtant, à peine tiré d’affaire, Grimr sera pris pour un démon sorti des enfers par des trafiquants d’enfants passant là par hasard. Les odieux personnages vont néanmoins le capturer, réalisant bien vite le prix qu’il pourrait en tirer…Un être maléfique doublé d’un paria, c’est ainsi qu’il sera considéré par les habitants de l’île, lui, le cœur pur et sensible enserré dans une enveloppe « monstrueuse ».

Si au premier abord le trait peu paraître assez grossier, force est d’admettre au fil des pages qu’il cadre parfaitement avec le contexte où la vie semble reposer sur le caractère indomptable de l’Islande, une île aride au climat peu hospitalier, cernée par l’océan et menacée par ses volcans, où la nature a pu demeurer sauvage et belle… Le personnage principal symbolise à lui seul cette géographie, imprévisible et colérique, mais doté d’une âme pure. Totalement lié au pays qui l’a vu naître, Grimr est l’Islande ! S’attardant peu sur les contours et les détails, Jérémie Moreau semble avoir laissé libre cours à son intuition, axant davantage son travail sur les couleurs (les paysages à l’aquarelle sont superbes) et le mouvement, comme la lave s’échapperait d’un volcan, sans avoir pour autant négligé l’expressivité des visages.

Quant à l’histoire, elle est bien construite et d’une légèreté très appropriée, permise par le retrait des textes (d’excellente qualité) derrière le dessin, comme pour laisser la nature, puissante et silencieuse, dominer l’ensemble. Une nature qui se révèle être un personnage à elle seule, en quelque sorte l’alter ego de Grimr.

Ainsi, cette « saga » extraordinaire rappelle en partie, à travers le personnage de Grimr, le mythe de Frankenstein. C’est un fait, l’être humain n’apprécie guère la différence, a fortiori quand elle est monstrueuse, mais il se moque bien de savoir si les apparences sont trompeuses, et demeure sans pitié pour quiconque s’écarte de la norme, préférant bien souvent hurler avec les loups… Le cinquième opus de Jérémie Moreau, jeune auteur déjà remarqué pour Le Singe de Hartlepool, s’impose comme une très belle œuvre pour un personnage maudit et attachant, qui connaîtra même une histoire d’amour déchirante…

Nom série  La Petite Bédéthèque des Savoirs  posté le 09/02/2017 (dernière MAJ le 29/07/2017) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Il y a des signes comme ça qui laissent à penser que la bande dessinée est en train d’acquérir un peu plus chaque année ses lettres de noblesse. A moins que ce ne soit la connaissance qui ait décidé de quitter les étagères poussiéreuses des universités pour se faire plus sexy, ne considérant plus déshonorant de s’acoquiner avec ce garnement parfois turbulent qu'est le neuvième art. C’est ainsi qu’en 2016, le Lombard inaugurait cette collection au slogan imparable : « Un spécialiste et un dessinateur s’unissent pour vous faire comprendre le monde en bande dessinée ».

Depuis, la collection a fait des petits et compte désormais seize ouvrages. Présentés dans un mini-format (13.9 x 19.6 cm) et comprenant entre 70 et 100 pages, chaque volume est réalisé par des auteurs différents (un expert de la question associé à un dessinateur). Les sujets couvrent des domaines extrêmement variés, de l’univers (avec en co-auteur Hubert Reeves, excusez du peu) au droit d’auteur, en passant par le heavy metal et les requins… Une ligne éditoriale en apparence disparate mais dont la folle ambition, à l’instar des fameux « Que sais-je ? », est d’aborder de façon ludique et sans restriction tous les thèmes de la connaissance humaine : histoire, pensée, science, culture, technique, nature, société…

On ne peut que se réjouir de l’apparition d’une telle collection et souhaiter bonne chance au Lombard. L’éditeur s’est donné les moyens de trouver son public avec non seulement un format peu encombrant mais également un tirage séduisant. Un beau mariage à célébrer entre la connaissance et la bande dessinée.

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12 - Le minimalisme
Une excellente entrée en matière sur un concept qui n’est pas vraiment nouveau et se retrouvait déjà dans l’art dès la Préhistoire. Si comme moi, vous vous êtes déjà retrouvé désorienté voire agacé devant une sculpture ou une peinture abstraite, ce petit ouvrage pourra vous fournir les codes d’accès pour tenter de comprendre, à défaut d’apprécier, ce que l’artiste a voulu exprimer. Pour les adeptes du minimaliste, « moins, c’est plus », car l’art ne sert pas qu’à faire joli mais aussi à faire réfléchir, en recourant parfois à la provocation. Une approche vulgarisatrice et ludique très appréciable.

17 - Internet
C’est une excellente idée que d’avoir créé deux mascottes dans le cadre d’une collection qui se veut à la fois didactique et distrayante. Pour ce faire, les auteurs se sont basés sur un fait réel qui s’est produit en 2011 en Géorgie, lorsqu’une vieille paysanne d’une région reculée priva tout le pays de l’accès à Internet en creusant un trou pour y chercher du cuivre, tranchant ainsi le seul câble optique qui reliait électroniquement la Géorgie au monde… démontrant toute la fragilité de ce moyen de communication. C’est ainsi qu’une discussion s’ensuit entre le bout de câble qui prend vie et la vieille femme, cette dernière étant là pour jouer le rôle de candide face au câble-boa qui va l’emmener en voyage à travers le cyberespace et son histoire.

Cela donne une narration très vivante, et le coup de crayon rond et vif de Mathieu Burniat, qui avait récemment mis en images Le Mystère du Monde Quantique, fait le reste. Le dessinateur s’en sort d’ailleurs beaucoup mieux ici, mais aussi sans doute en partie parce qu’Internet est un domaine qui recèle moins de nébulosités que la physique quantique pour le commun des mortels. Jean-Noël Lafargue développe le thème de façon assez exhaustive, des aspects techniques aux enjeux économiques, de ses bienfaits à ses dérives… Devenu en l’espace de vingt ans aussi vital que l’eau courante, Internet est finalement assez mal connu de par son histoire et son fonctionnement, et cet ouvrage vient judicieusement combler nos lacunes.

18 - Le conflit israélo-palestinien
Les récents événements viennent encore de le prouver, le conflit dans cette région du monde n’a pas fini d’empoisonner l’atmosphère… Tels deux frères ennemis, ces deux peuples semblent irréconciliables et leur querelles ne datent pas d’hier... Autant le sujet peut s’avérer rébarbatif et complexe, autant il fascine et reste le centre d’attention du monde entier de par ses répercussions délétères, inversement proportionnelles à la superficie géographique sur laquelle se déroulent les événements. De manière générale, la politique israélienne choque ceux que révoltent l’injustice et la violence, d’autant plus surprenantes de la part d’un peuple ayant subi lui-même la barbarie nazie.

L’ouvrage, par la voix de l’historien Vladimir Grigorieff, tente d’expliquer le conflit en remontant d’abord aux origines, nous livrant les clés factuelles nécessaires à une compréhension globale et raisonnée. D’une certaine façon, il fait appel à la capacité d’empathie de chacun en tentant lui-même de rester le plus objectif possible, se gardant bien de prendre parti pour l’un ou l’autre camp, tout en soulignant l’importance de parvenir à une cohabitation durable et respectueuse. Car, faut-il le préciser, Vladimir Grigorieff est aussi un pacifiste convaincu. Par son dessin minimaliste, Abdel de Bruxelles apporte un peu de légèreté dans la lourdeur de cette discorde, s’inspirant parfois de photos d’actualités et d’archives. Un outil synthétique et très utile pour appréhender un conflit millénaire aux ramifications multiples, dans un état d’esprit optimiste, si tant est que cela soit possible…

Nom série  Au pied de la falaise  posté le 11/07/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Avec cette bande dessinée, ce qui attire l’œil immédiatement, c’est ce graphisme très séduisant, tout en souplesse et en rondeur, étayé par une colorisation chaude aux tonalités tirant sur le marron. Le tout dégage une beauté à la fois sombre et lumineuse, reflétant parfaitement ce vaste continent (l'Afrique) qui fascine et fait peur en même temps, car profondément enraciné dans le culte des ancêtres et des croyances surnaturelles, où la vie est intimement liée à la mort.

Avant tout illustrateur, ByMöko, dont c’est la première bande dessinée, semble avoir mis tout son cœur dans cette œuvre, on le sent par le soin apporté au dessin et ce souci du détail dont chaque case est empreinte. A travers plusieurs récits courts, on suit ce garçonnet dénommé Akou depuis l’enfance, au moment où il vient de perdre son grand-père, jusqu’au début de l’âge adulte, tandis qu’il s’apprête à devenir le chef du village. Une succession d’anecdotes mêlant humour et poésie résume le parcours initiatique de l’enfant, qui se construit grâce aux diverses expériences vécues dans son village.

ByMöko dit avoir écrit ces petites histoires comme s’il avait composé des textes de chansons, car c’est une autre occupation de l’auteur, un peu musicien à ses heures. L’homme se révèle ainsi être un touche-à-tout, curieux de tout, mais surtout de ce continent sur lequel il n’a, chose étonnante, jamais mis les pieds. Car l’Afrique le passionne sincèrement mais il la connaît davantage à travers la communauté africaine de France.

Ce qui est mis en scène par le biais de ces mini-fables, c’est une Afrique idéalisée et intemporelle, peut-être pas forcément réaliste, mais l’auteur, un rien candide, le reconnaît volontiers, il a puisé son inspiration dans les livres qu’il a emmagasinés, fasciné depuis longtemps par ce continent. Pour ce qui est des personnages, il s’est inspiré des amitiés africaines qu’il a nouées au fil des années. Pourtant, si ces histoires se déroulent en Afrique, elles possèdent le caractère universel des fables. Des fables légères qui distillent leur petite musique vibrante d’amour et de bienveillance.

Humaniste et bâtisseur de passerelles, ByMöko, trouvant les arts « trop souvent cloisonnés », a fait de cette BD un projet choral et polyartistique, avec la participation de Abdou Diouri (photographe/webdesigner), de Semmy Demmou (photographe-vidéaste) et de Tismé (musicien/beatmaker) :
Le site : http://aupieddelafalaise.com/
Le clip : vimeo.com/user64652547
Le EP 7 titres : https://aupieddelafalaise.bandcamp.com/album/au-pied-de-la-falaise

Nom série  Les Petites Victoires  posté le 30/06/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Julie Dachez nous l’avait expliqué dans La Différence invisible, paru il y a un an chez Delcourt, l’autisme peut recouvrir plusieurs formes. Elle-même décrivait de façon « humoristique » le syndrome Asperger dont elle était atteinte. De la même façon, Yvon Roy a choisi de traiter ce récit autobiographique sur un mode léger et sans pathos, alors que contrairement à Julie Dachez, l’autisme de son fils était beaucoup plus aigu au départ, menaçant gravement son équilibre psychologique et par ricochet son adaptation sociale.

Avec sobriété et une certaine dose de poésie, l’auteur québécois nous narre son expérience en évitant l’auto-apitoiement, ce qui est déjà fort appréciable. En outre, son témoignage va à l’encontre de tous les clichés sur l’autisme, démystifiant gentiment les méthodes éducatives prétendument adaptées du milieu socio-médical.

A force d’abnégation et de courage – et il en fallait pour affronter les crises récurrentes de son fils -, le père, refusant de se résigner, réussit progressivement à briser, avec son intuition créative, la cage de verre dans laquelle la chair de sa chair semblait devoir être cloitrée à vie. Son récit pourrait fort bien faire référence et redonner espoir à tous les parents dans le même cas. C’est magnifiquement raconté, les personnages et les situations sont justes. Petit à petit, on voit Olivier prendre goût à la vie, et parallèlement le redonner à son père, plus vivant que jamais, ravi d’apprécier enfin une complicité inattendue avec ce fils différent et néanmoins attachant. Le dessin, sobre et délicat, traduit bien l’état d’esprit du narrateur.

« Les petites victoires » constituent un récit revigorant, une admirable leçon de vie qui prouve qu’il n’y jamais de fatalité face à ce type de situation, et par la même occasion, nous fait relativiser, nous les « bien-portants », nos petits tracas du quotidien.

Nom série  Ralentir  posté le 19/06/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Ralentir, dans un monde qui nous pousse à aller toujours plus vite, à être plus performant, à viser toujours plus haut, ça n’est pas si simple. La crainte d’être mis hors circuit est quelque chose de bien compris par la « matrice productiviste » conçue pour nous conduire par foules entières vers un monde aussi accueillant et lumineux qu’une publicité pour les assurances… Et gare à qui s’aviserait de quitter le troupeau ! Dans cette histoire, le VRP David, bien qu’épuisé par son métier, est prêt à se mettre « en marche » en acceptant une promotion de sa direction. Mais un enchaînement d’événements va concourir à provoquer un déclic chez ce dernier. Tout d’abord, la rencontre inopinée d’Emma qu’il va prendre à son bord, puis l’accident de voiture mortel sous leurs yeux d’un homme qui n’a pas pu « ralentir » à temps, et enfin un arrêt obligé d’une nuit (en raison des conditions météo) dans une communauté d’altermondialistes bons vivants… et quelque peu « déconnectés »… autant de hasards qui vont le conduire à s’interroger sur ses choix professionnels…

Après Plogoff et 100 Maisons - La Cité des Abeilles, Delphine Le Lay et Alexis Horellou creusent leur sillon social avec leurs histoires sans prétention, dans un esprit militant empreint de bienveillance, sans volonté de culpabiliser. Avec eux, un autre monde est possible, mais c’est par l’exemple et non les grands discours que le monde changera, et « Ralentir » en est la parfaite illustration. On pourra toujours arguer que la psychologie des personnages, si attachants soient-ils, reste schématique, mais Delphine Le Lay a choisi de privilégier l’axe politique plutôt qu’intimiste. Il n’en reste pas moins que ce récit dégage une grande humanité, que Horellou, avec son trait semi-réaliste, parvient à faire ressortir à travers les physionomies, les attitudes et les cadrages.

« Ralentir » aurait pu avoir comme sous-titre « Carpe Diem ». En effet, cette œuvre nous invite à suspendre le temps qui passe et à nous interroger sur notre mode de vie, nous, glorieux représentants de l’homo-technologicus, habitués de plus en plus à satisfaire nos désirs en un clic, et donc de moins en moins enclins à s’interroger voire à se remettre en question. Le progrès est une chose magnifique, mais qui a toujours exigé la monnaie de sa pièce. Quelle sera-t-elle dans les années qui viennent, étant donné que le progrès en question semble suivre une courbe exponentielle ? Ne faudrait-il pas ralentir, à défaut de s’arrêter, et réfléchir un instant ? Il va sans dire que dans une tendance globale à l’individualisme cynique et au « toujours plus », le récit du duo (et néanmoins couple) Le Lay/Horellou est rafraichissant dans sa simplicité et sa générosité d’âme.

Nom série  Le Fulgur  posté le 15/06/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Pour tout dire, l’histoire a un côté tellement désuet qu’il paraît difficile de croire que ce n’est pas un parti pris… on pense notamment à ces vieilles bandes dessinées d’aventures des années 50, d’une naïveté qui paraît presque amusante pour le lecteur de 2017. Le récit est balisé par la voix off de l’auteur d’un journal de bord dans un style factuel quelque peu compassé, mais qui correspond néanmoins parfaitement à l’époque où se situe l’action. Quant au Fulgur, le sous-marin dédié à l’expédition, il complète le contexte « dix-neuvième » de l’aventure avec son aspect très steampunk inspiré de l’univers de Jules Verne.

A défaut de fulgurances, Christophe Bec ne craint pas de livrer des extravagances scénaristiques – bien que justifiée par des explications pseudo-scientifiques - dans un cadre très académique, lesquelles peuvent parfois faire soit sourire, soit écarquiller les yeux de perplexité, soit les deux à la fois (la scène du requin pendu par la queue, celle-ci étant coincée dans les rochers…). Doit-on préciser que la psychologie des personnages est remisée au second plan, ceux-ci n’étant que les faire-valoir d’un récit pour le moins rocambolesque, où nos héros parviennent toujours comme par miracle à se sortir des plus mauvaises passes. Qui plus est, on ne verra aucune femme pour distraire notre escouade masculine de son objectif ! Clairement, on n’est pas dans « Alien »…

Pour ce qui est du dessin, Dejan Nenadov assure le job sans pour autant faire preuve d’un style très caractéristique, mais après tout ce n’est pas ce qu’on lui demande. Ici, il fallait juste du réalisme et le résultat reste professionnel. Le travail sur la couleur, dans des tons marron et bleuté, est soigné, ce qui contribue à s’immerger plus facilement dans cette aventure.

Malgré toutes les réserves énoncées plus haut, on peut néanmoins décider de ne pas se prendre la tête et considérer cette bande dessinée pour ce qu’elle est : du pur grand spectacle au charme suranné dont le seul but est distractif. Il faut noter par ailleurs la jolie couverture bénéficiant d’un tirage mat très plaisant.

Nom série  Perséphone  posté le 09/06/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Cette adaptation du mythe grec de Perséphone est plutôt une bonne surprise. Et si cet album est clairement destiné au public jeunesse, les adultes pourront également l’apprécier sans déplaisir aucun. Cette bande dessinée d’un auteur français est très influencée par le manga d’un point de vue graphique, ce qui peut s’expliquer par le fait que celui-ci réside au Japon. Loïc Locatelli-Kournwsky n’en est pas à sa première production, mais c’est la première fois qu’il s’inspire de manière si flagrante de la BD nipponne. Il opère ici un croisement étonnant, tout en s'inspirant des codes du manga, entre la mythologie grecque et les fifties américaines pour le décor. Sous des apparences sommaires, le trait est en fait assez détaillé quand il est question notamment de représenter un environnement urbain. L’imaginaire riche de l’auteur et le fond mythologique font le reste, et tout cela contribue à un univers foisonnant et attachant.

La narration est pour le moins enlevée, avec quelques scènes – heureusement non prédominantes - de combat à la sauce « ninja », un des aspects les plus agaçants du manga. Cela reste néanmoins supportable car dilué dans la narration en question et l’univers graphique évoqué plus haut. Quant aux personnages, ils sont plutôt bien campés malgré l’hyper-stylisation des visages. A travers la jeune héroïne Perséphone et sa quête vers elle-même est abordée en filigrane la question de la filiation, l’adolescente étant la fille adoptive de Déméter. Les autres thèmes abordés concernent la corruption du pouvoir et le partage des richesses, un sujet hautement actuel de notre monde réel. La Porte des Enfers, bloquant l’accès entre Eleusis et le monde souterrain, symbolise parfaitement les nouveaux « murs » se dressant entre un Occident riche et un « Sud » en proie à la misère et à la guerre. En avançant dans l’histoire, on réalise que les habitants de ces enfers n’ont rien de diabolique, bien au contraire…

« Perséphone » est donc un album à recommander à tous les lecteurs de « 7 à 77 ans », retenant l’attention par l’originalité du traitement et toutes les raisons évoquées plus haut. Si Loïc Locatelli-Kournwsky promeut l’échange entre les peuples par le biais de cette histoire, il le met en pratique intelligemment avec ce mariage intelligent entre la BD européenne et la BD japonaise, qui, n’étant pas du tout un copier-coller stupide de la seconde, pourrait ainsi séduire les plus rétifs vis-à-vis du manga.

Nom série  Les Cent Nuits de Héro  posté le 27/05/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Avec « Les Cent nuits de Héro », Isabel Greenberg renouvelle de façon originale le conte pour enfants. L’auteure anglaise a conservé les dieux et les châteaux, mais a confiné aux oubliettes les princes charmants… Fini les belles au bois dormant qui se morfondent dans leur baldaquin en serrant amoureusement le pendentif offert par leur tendre époux parti guerroyer… Désormais, les princesses prennent l’initiative en racontant elles-mêmes les histoires, tout en trompant leur mari avec leurs dames de compagnie. Cloîtrées peut-être, mais surtout caustiques, féministes, érudites, et toujours amoureuses, en un mot, modernes.

Et comme visiblement Isabel Greenberg raffole du genre, elle a opté pour des contes à tiroirs, faisant ainsi preuve de maîtrise narrative, signe distinctif de tout conteur digne de ce nom. Son trait révèle une certaine gaucherie, qui semble d’ailleurs assumée, laquelle est compensée par une esthétique et des couleurs cohérentes, mais surtout une touche poétique indéniable. Un style qu’on pourrait qualifier de primitivisme moderne, tout en angles, assez austère, accréditant l’idée qu’on n’est pas chez Disney. Définitivement, Greenberg n’a pas destiné ses histoires aux enfants mais plutôt pour un public adulte.

On pourrait y voir un pied de nez aux contes traditionnels où le rôle de la femme est réduit à la portion congrue. Tout au long de ces « Cent nuits », le mâle dominant en prend pour son grade et se voit moqué tel un pantin aussi odieux que risible. Certains pourront s’agacer de ce qui peut être vu comme un parti pris éhonté (certes, les hommes y sont rarement dépeints à leur avantage), mais ce serait oublier un peu vite le machisme persistant à l’encontre de la « moitié de l’humanité », ce machisme sédimentaire qui a imprégné depuis si longtemps les esprits et qui souvent est toléré par celles qui en sont les premières victimes, en particulier dans certains pays où un visage féminin non voilé est perçu comme une provocation… Car si heureusement le statut de la femme a évolué depuis plusieurs années en Occident, il a parfois tendance à régresser ailleurs, un constat qui nous rappelle que rien n’est jamais acquis…

Peu disposée à accepter cet état de fait, Isabelle Greenberg a choisi de réhabiliter le rôle de la femme. Elle en fait ici des conteuses unies par la même cause : la libération de la parole et la transmission de la mémoire, conditions nécessaires de leur liberté, tout en dénonçant le rôle que l’homme (avec un petit « h ») s’est octroyé abusivement, n’hésitant pas à interdire la lecture aux femmes sous le prétexte fallacieux de la religion. Ainsi, « Les Cent nuits de Héro » allient de belle manière la magie des contes d’antan et le combat féministe.

Nom série  La Terre des fils  posté le 27/05/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Même si on n’a pas lu le résumé avant, on se doute dès les premières pages que quelque chose ne tourne pas rond sur cette Terre des fils. Ces deux garçons sales et loqueteux, à l’air dégénéré, transportent trop de folie et de primitivité pour être de simples idiots d’un village bien de chez nous… et le malaise, déjà prégnant, ira croissant à partir du moment où l’un deux tue sauvagement un chien. S’ajoute à cela une atmosphère crasseuse et menaçante dans un cadre désolé, envahi par des eaux boueuses, où pullulent rapaces et mouches attirés par quelque cadavre pourrissant.

Et peu à peu le lecteur va devoir réunir lui-même les pièces du puzzle car Gipi ne dévoile rien du contexte, se contentant de livrer des éléments au compte-goutte. On devine qu’une grave catastrophe d’ampleur mondiale est survenue dans un futur très proche, mais sans jamais savoir quelle en est l’origine ou la conséquence, ni dans quel pays se situe l’action. Mais au final, ce n’est pas tant cela qui est important. Ce que l’auteur a voulu mettre en avant ici, c’est cette faible distance, bien plus faible qu’on ne le pense, séparant notre civilisation prétendument avancée de la barbarie la plus primitive. Désormais, les hommes sont livrés à eux-mêmes, affaiblis, sans repères. Les infrastructures du monde civilisé se sont effondrées, il n’y a plus d’électricité, plus d’agriculture, plus d’eau courante, plus rien… seules les ruines d’un passé industriel tiennent encore debout. Les livres semblent avoir été enfouis sous les décombres de l’ancien monde. Le langage est rudimentaire, mélange de français déstructuré et d’onomatopées. Les gourous belliqueux ont émergé sur les résidus encore fumants d’Internet, et le jargon utilisé fait écho de manière frappante à la vacuité de nos réseaux sociaux, où la réflexion philosophique cède trop souvent le terrain à l’égocentrisme et la médiocrité. Dans un tel contexte, le père a choisi d’élever ses enfants à la dure, dans le seul but de les protéger. Car tel est le constat : non seulement l’amour n’a pas sauvé le monde, mais c’est la haine bestiale qui l’a emporté, et pour longtemps semble-t-il...

Le cahier noir du père, dans lequel ce dernier semble confier ses états d’âme, est un élément central de l’histoire, dernier emblème de la Connaissance. Symbole fort d’un monde révolu, il apparaît comme une relique mystérieuse suscitant la fascination de ses enfants qui aimeraient bien se l’approprier, comme si la vérité, leur vérité peut-être, était contenue dans ce cahier.

Gipi a recouru ici au noir et blanc, un choix fort à propos pour décrire un univers de grisaille, dépourvue de joie. Son trait fluet et imprécis, tout en hachures fébriles, traduit bien la fragilité d’un monde en déshérence, tout en restituant parfaitement l’expressivité des personnages.

Comme dans un « Mad Max » où la testostérone aurait fait place à la dégénérescence, Gipi dépeint un monde au climat de plomb, bien plus terrifiant que le film précité, notamment par son absence d’humanité quasi-totale, imposant « La Terre des fils » comme une des bandes dessinées les plus puissantes et les plus perturbantes de ces derniers mois.

Nom série  La Malédiction de Gustave Babel  posté le 15/05/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Après avoir longtemps dessiné pour les autres, en particulier Serge Lehman avec qui il publia récemment L'Esprit du 11 janvier, Gess s’est investi dans un projet solo. Et le résultat est plutôt probant, même s’il faut bien l’admettre, on peut rencontrer quelque difficulté à rentrer dans l’histoire que l’on pourrait qualifier de thriller fantastico-surréaliste. Cette fameuse malédiction qui poursuit Gustave Babel, en pleine crise existentielle, c’est ce passé d’une vie qu’il n’a pas choisie qui le rattrape, celle d’un tueur à gages indifférent à son propre destin. Babel, poète érudit amateur d’art et dont le métier est à l’opposé total de ce qu’il est au fond de lui, va se trouver confronté, après une succession d’événements où les personnes qu’il doit tuer meurent peu avant son arrivée, à des visions cauchemardesques qui semblent faire référence à son passé occulté et à un mystérieux hypnotiseur affublé du masque de la mort.

Conçue comme une aventure, « La Malédiction de Gustave Babel » a pour cadre principal les bas-fonds d’un Paris ancien sous l’emprise de la pègre. Mais les visions récurrentes du héros en font un objet plus hybride où la poésie vient adoucir l’atmosphère violente liée aux fréquentations « professionnelles » de Babel. Pris dans les tentacules de la Pieuvre, ce dernier ressent un grand besoin de délivrance qui ira croissant dès les premières visions qui viennent l’assaillir. Dès qu’il se sent tourmenté, il lit Baudelaire, dont les poèmes agissent sur son âme tel un baume apaisant et l’élèvent vers des éthers de pureté.

Fidèle à son trait réaliste et nerveux, Gess nous offre de belles séquences oniriques. La mise en page reste efficace et la colorisation discrète, souvent aux limites de la monochromie. Le scénario est un brin touffu et tend parfois à perdre le lecteur, mais reste suffisamment captivant pour que celui-ci daigne s’y accrocher. Et pour les amateurs de beaux tirages, le travail d’édition est très soigné avec dos toilé et couverture en relief. Certaines pages comportent de fausses taches d’humidité, donnant l’impression que l’objet sort d’une épave de navire au fond des mers, accentuant la part de rêve…

Nom série  Les Solitaires  posté le 08/05/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Avec cette seconde publication d’un auteur quasi inconnu, tout s’annonçait très bien à en juger par l’ « emballage » : un gros pavé dodu comme on les aime, une couverture, très soyeuse au toucher, représentant un type au look de gangster à la fois cynique et mystérieux. En feuilletant l’ouvrage, on découvre un graphisme orienté « pop-culture » qui évoque d’emblée Charles Burns, un univers en noir et blanc violent, tourmenté, fascinant... MIAM, ça sent le chef d’œuvre ! se dit-on avec gourmandise. On soupèse de nouveau l’objet, on le caresse, ce qui a pour effet de libérer immédiatement dans notre cerveau des vagues de dopamine rien qu’à l’idée de s’y plonger…

C’est alors, qu’avec une fébrilité empreinte de solennité, on attaque les premières pages. Après une introduction en guise de mise en bouche, poème désabusé et envoûtant, invitation au voyage sur les chemins solitaires de la condition humaine, la deuxième histoire débute dans l’Amérique en crise des années 1920, où un gamin fugueur, embarquant clandestinement à bord d’un train de marchandises, va être confronté à la violence d’autres passagers, laissés-pour-compte d’un système implacable. Ce thème du « hobo ferroviaire » reviendra d’ailleurs tel un leitmotiv tout au long de l’ouvrage. Et c’est là que tout se complique. Le lecteur ayant eu à peine le temps de s’intéresser aux personnages qu’au bout de neuf pages, le récit s’achève de façon abrupte, enchaînant sur deux pastiches de vieilles réclames dont on saisit mal le message, puis un strip en micro-cases ironisant sur les valeurs familiales, un autre en lecture rotative à 90° juxtaposant la peur du vide et une icône de la culture populaire américaine. On arrive ensuite à une page qu’il faudra déplier (de nouveau en lecture rotative) pour accéder à une pseudo-fiche technique sur la Harley Davidson, autre emblème de la mythologie yankee, encombrée d’une pléthore de textes et de phylactères d’un intérêt douteux… En dehors de l’aspect extrêmement pratique (!), cet assemblage incohérent fait bien vite poindre une désillusion qui n’aura de cesse de s’amplifier au fil des pages.

Poèmes et récits (parfois) illustrés viendront également émailler cet objet polymorphe, qui, s’il doit être envisagé comme un recueil, se révèle au final un long pensum hybride et indigeste au lieu du chef d’œuvre attendu, risquant fort de tomber des mains de la plupart. Quand la déception est à ce point à la hauteur des espoirs, on a envie d’être encore plus sévère. Sous prétexte de poésie honorant le mythe du clochard céleste et par extension du looser kerouacien, peut-on s’autoriser à produire n’importe quoi ? La réponse est évidemment dans la question. Avec « Les Solitaires », Tim Lane semble n’avoir opté que pour la forme pour séduire, car il faut insister sur ce point, le dessin est de haute tenue dans sa tournure sombre et fiévreuse. Mais trop rarement la narration parvient à captiver, et lorsque c’est le cas, on est déjà passé à autre chose, de façon totalement incongrue. Gageons que l’auteur, dont le talent d’artiste du neuvième art est incontestable graphiquement parlant, nous propose la prochaine fois un vrai (et long) scénario de qualité.

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