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Un nouvel ennemi s'attaque à Batman, ennemi semblant être à la solde d'un groupe clandestin et secret nommé la Cour des Hiboux, mais Bruce Wayne ne croit pas une seconde à leur existence. Selon lui, c'est une légende de Gotham, une comptine, et il connaît si bien, si intimement sa ville que si ce groupe existait, il l'aurait trouvé. Ce qui ne l'empêchera pas de prendre cher.
La première partie (The Court of Owls) est efficace et intrigante. L'ennemi est insaisissable, ses attaques sont précises et pas loin d'être mortelles. Batman, la proie, est dépassé aussi bien physiquement que psychologiquement, et certaines trouvailles visuelles sont franchement pas mal, tout comme certains montages illustrent joliment le délabrement moral de notre héros.
On regrette quand même que dans une page, les blessures semblent profondes et graves, et que la page suivante Bruce Wayne soit à nouveau en pleine forme. On se dit que tout va un peu trop vite et que Batman récupère trop facilement.
Puis vient la deuxième partie (The City of Owls), beaucoup trop tournée vers l'action. Le mystère est mis de côté, l'ennemi terrible perd des plumes au profit d'un Batman normalement diminué, qui est en réalité plus fort que jamais. Tout s'inverse sans justification solide, juste parce que c'est maintenant au héros de gagner, alors que normalement la situation a empiré. Tout devient d'un coup trop facile. Ce n'est pas franchement crédible ni même intéressant, et les scènes d'action sont tellement poussives qu'on s'ennuie.
Là-dessus, le dessinateur change, et on passe régulièrement du trait virtuose de Capullo à un dessinateur quelconque, quand ce n'est pas un autre avec un style au trait gras pas laid du tout, mais pas raccord avec le reste.
Ça reste une lecture divertissante et agréable, bien que les réponses soient faibles. On apprendra finalement peu de choses sur cette hypothétique cour des hiboux et surtout, cette histoire avait en elle le potentiel d'une intrigue bien plus noire et bien plus psychologique. Bien que de prime abord cette nouvelle intrigue se présente comme un indispensable de l'univers Batman, son traitement manque de profondeur et de pertinence, ce qui au final la range dans le divertissement sympathique mais décevant. Il y avait mieux à faire, et c'est le principal reproche qu'on puisse lui faire. |
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Nom série
Walking Dead
posté le
08/03/2013
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Achat conseillé ?
Oui
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Note
(Pas mal) |
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Le genre zombie étant généralement associé à la série B voire la série Z, The Walking Dead a dû faire du bien en débarquant, transformant un plaisir coupable (les fans de zombies sont nombreux !) en un met relativement digeste en mettant l'humain au coeur du drame.
Je découvre le comics après tout le monde. J'avais bien aimé la saison 1 de la série télé, sans pour autant sauter sur la deuxième saison. La BD est généralement considérée bien meilleure.
Personnellement je ne trouve pas. La série télé a pour elle, au moins dans sa première saison, un rythme plus posé qui permet de s'attacher aux personnages. Dans le comics ce n'est pas le cas ; dès qu'un moment de repos pointe son nez à l'horizon, un drame affreux intervient ou se prépare. Il se passe toujours quelque chose de dramatique ou, s'il ne se passe rien, on sent le drame venir. Ainsi reste-t-on constamment en alerte.
Si bien que je lâche difficilement le comics, car c'est très divertissant, on ne s'ennuie jamais. Mais je ne m'attache à aucun personnage, personnages qui de toute façon peuvent mourir à tout moment, ce qui me laisse indifférent. Ça fonctionne comme une série télé moderne du type Alias, on utilise beaucoup d'ingrédients pour nous accrocher, et l'auteur a quand même des idées originales pour renouveler les enjeux et les situations ; mais ça reste superficiel, car régulièrement assez peu crédible.
Il y a trop de trop. C'est parfois écrit avec une belle finesse de sentiment, mais parfois ça devient caricatural. De plus on ne sait pas où veut nous emmener l'auteur, et il ne semble pas le savoir non plus. Ça donne un récit fleuve à la Stephen King, dans certains de ses gros romans où il écrit plus par habitude voire automatisme que parce qu'il a une idée solide. Mais là où chez Stephen King on s'ennuie gentiment, ici on se divertit.
Malgré une belle intention de mettre l'humain au coeur du récit, The Walking Dead ne sait pas vraiment où il se dirige, il manque de force et de maîtrise, et l'auteur, qui a commencé le comics à 23 ans si je ne me trompe pas, était peut-être trop jeune pour avoir une oeuvre mieux structurée à offrir, et plus subtile aussi.
Mais je ne crache pas dans la soupe pour autant. Il y a des zombies, des situations bien ragoûtantes, le tout enrobé dans une histoire qui se laisse lire, et avec des personnages sortant des clichés habituels. Si l'auteur n'est selon moi pas à la hauteur de ses intentions de départ, ces intentions ont le mérite de s'exprimer de manière sous-jacente à travers le récit.
The Walking Dead n'est peut-être pas la grande aventure humaine dont on nous fait les louanges, mais ça reste une excellente histoire d'horreur et de zombies pour ceux qui aiment le genre. |
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On a d'abord des difficultés à suivre l'intrigue tortueuse de base, et montée de façon à l'être davantage. Cette intrigue se déroule sur deux époques différentes, le montage tend parfois à rendre confus les événements (il m'est arrivé de suivre deux scènes entremêlées en pensant qu'il n'y en avait qu'une), et le physique à la superman à gros menton de plusieurs personnages nous mélange aussi les pinceaux.
Deathblow est un tueur des services secrets. Il a un pyromane comme adversaire. Ok. Que viennent faire Batman et Gotham là-dedans ? Pas grand-chose, on les croirait en guest stars, quand on pensait que l'invité était Deathblow.
La lecture est sympathique, le dessin agréable et dense, avec une belle élégance, mais cette histoire aurait gagné à se passer du Cape Crusader dont on ne reconnaît pas l'univers. |
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Nom série
Criminal
posté le
23/01/2013
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Achat conseillé ?
Oui
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Note
(Culte !) |
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Criminal raconte une histoire par volume (au nombre de six) avec à chaque fois un personnage principal différent, mais dans un monde interlope où parfois on recroise des têtes entrevues ailleurs. On peut lire ça dans le désordre, la cohérence étant avant tout thématique, et non scénaristique. Criminal, c'est un monde de gangsters à la Tarantino, la petite criminalité, mais débarrassé du superflu de ce réalisateur, et où plane la fatalité d'un Impitoyable de Clint Eastwood.
C'est beau, Criminal. Le premier volume m'a paru classique et réussi, une bonne histoire de gangsters, bien racontée, avec un auteur qui semble connaître son sujet. Je pourrais dire la même chose du deuxième volume, et du troisième... Seulement au fur et à mesure des volumes, la cohérence thématique fait que Criminal dépasse pour moi du cadre de la "bonne histoire bien racontée".
C'est difficile d'écrire de bonnes histoires de gangsters. Soit on édulcore et des pourritures passent pour des princes, soit on plonge un peu trop dedans et ça donne envie de vomir, comme le film Truands de Frederic Schoendoerffer particulièrement dégueulasse et glauque, que je ne recommande d'ailleurs pas malgré (et à cause de) son réalisme à la limite du reportage.
Dans Criminal il n'y a pas de héros, et les gangsters ne sont pas classes. Il y a des ordures, des pourritures, tandis que ce qui pourrait s'apparenter de très loin à des gens biens, ce sont des hommes violents et des salopes sur le retour. Il y a de la fatalité dans l'air, il y a comme une chape de plomb sur les héros qui les empêche de transcender leur condition, de devenir meilleur, de s'en sortir. Et ce qui est terrible, c'est qu'ils en sont conscients. Pour certains qui parviennent à s'extirper d'une vie misérable, il y a l'appel irrésistible du gouffre ; parce que dans le bonheur on se sent comme un pou, autant revenir à ce qu'on a connu toute sa vie.
Et le dessin est en harmonie avec le propos, un trait grossier, noir, précis, direct, avec parfois des visages en gros plan où une expression est pleinement saisie. La capacité du dessinateur a capturé l'essence d'une situation, d'une posture, d'un personnage au bon moment, dans la bonne case, fait en sorte qu'on lit le reste comme si tout était aussi soigné et aussi beau. Une case évocatrice, et ce psychopathe nous fera froid dans le dos à chaque apparition. Une case, et cette femme nous crèvera le coeur.
Comme dirait Dennis Lehane : Ténèbres, prenez-moi la main. |
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Nom série
Batman - Proie
posté le
10/09/2012
(dernière MAJ le 04/12/2012)
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Achat conseillé ?
Oui
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Note
(Franchement bien) |
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Héros ou criminel, ce Batman ? La question se pose en ville. Le docteur Hugo Strange admire en secret Batman, et le déteste à la fois. Conseiller psychologique pour la police, il va hypnotiser Cort, le chef de la brigade anti-Batman pour le pousser à devenir un justicier hors-la-loi encore plus expéditif afin de faire porter le chapeau à notre héros. Entre Strange le dérangé et un Batman pas toujours sûr de faire le bon choix, un combat psychologique s'annonce.
Pas de superméchant ridicule, une bonne intrigue bien solide, et même si le dessin n'est pas à mon goût ça fait le boulot. On retrouve l'univers poisseux et réaliste de Year One à connotation sexuelle, une Catwoman garçon manqué, un Batman pas encore surhumain auquel il est facile de s'attacher. Certaines scènes d'Hugo Strange sont fascinantes de perversité et de délabrement psychologique.
Ma première BD Batman, ma préférée avec Year One (qu'il vaut mieux lire avant car Proie lui fait suite !).
MàJ :
J'avais lu Proie en empruntant un exemplaire à la bibliothèque, probablement une ancienne édition car j'ai récemment acheté la BD qui contient elle une deuxième histoire.
Le dr Hugo Strange est de retour et veut se venger de Batman (étonnant !). Mais il ne veut pas simplement se venger, il veut le détruire symboliquement et psychologiquement. Afin d'accomplir cette tâche difficile, il décide de trouver de l'aide auprès d'un autre taré, à savoir Jonathan Crane, enfermé à l'asile, et spécialiste de la peur. Tout un programme !
L'histoire est moins bien menée que la première, le dessin pas toujours heureux (surtout concernant les courbes de Catwoman) ; ça sent parfois la grosse série B. Mais il y a de l'idée et de l'ambition. Même si les expressions grossières des visages font perdre du sel à leur relation ambiguë, le couple Batman/Catwoman avec sa dynamique traditionnelle attraction/répulsion fonctionne bien. L'intrigue centrée sur la peur est aussi une belle idée, touchant évidemment à un thème central du personnage Batman, mais également employée d'une manière intéressante, Jonathan Crane, ancien souffre-douleur, voulant redevenir le maître de la peur, titre que lui aurait volé Batman, ce bourreau des bourreaux lui rappelant de mauvais souvenirs d'enfance.
Après dans la BD ça ne se traduit pas toujours de manière très subtile. Une part de l'action se déroule dans une vieille maison abandonnée comme dans les films d'épouvante ; bonne idée selon moi. Seulement on retrouve aussi beaucoup de clichés de ce genre de cinéma, quand on ne tombe pas dans des facilités propres à la BD.
Ça reste une histoire tout à fait divertissante, et un complément à Proie, lui faisant suite, que pour ma part je suis satisfait de posséder. Ma note serait de 3/5. |
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Nom série
Spider-Man - Bleu
posté le
03/12/2012
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Achat conseillé ?
Non
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Note
(Vraiment pas aimé !) |
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La vie sentimentale de Peter Parker est une véritable tragédie ! Tel l'âne de Buridan, il se trouve devant le choix impossible qui suit ; va-t-il sortir avec la superbe blonde au regard qui tue et à la grosse poitrine, ou lui préférer la magnifique rouquine au sourire coquin et... à la grosse poitrine ? Comment trancher une question aussi difficile ? Là se trouve tout l'intérêt de cette histoire.
Cette intrigue d'un suspense insoutenable pourrait à elle seule faire l'objet de la BD, mais ce serait sans compter sur des méchants fluorescents qui débarquent de nulle part toutes les cinq pages en voulant tuer Spider-man, motivation d'autant plus terrible qu'on ne nous expliquera jamais pourquoi ! Heureusement, si trop d'émotions fortes auraient été difficile à prendre pour le coeur fragile du lecteur, nous pouvons compter sur Spidey pour nous épargner le pire ; chaque méchant est expédié en deux cases à l'aide d'un coup de poing et d'une douzaine de blagues pas drôles. Ouf... Nous respirons.
Je ne connaissais Spider-man qu'à travers les films de Sam Raimi inoffensifs et sympathiques. Le héros est assez différent, ce dont se plaignaient d'ailleurs certains fans. Comme je comprends le choix de Sam Raimi ! Si cette BD est représentative de tout l'univers de Spider-man, voilà bien un héros sans aucun intérêt, et très agaçant. De plus cette BD est une confirmation de tous les préjugés qu'on peut entretenir à tort ou à raison (ici à raison) sur les univers de super-héros ; des héroïnes fantasmées et aguicheuses comme seul un homme peut les imaginer, des méchants ridicules sans aucune motivation intelligente, une histoire aux abonnés absents, zéro enjeu dramatique. On sait dès le début qui va gagner, et cela même sans souffrir une seule seconde.
Ce n'est pas une mauvaise BD, mais une BD inutile. |
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Nom série
Gotham Central
posté le
26/10/2012
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Achat conseillé ?
Oui
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Note
(Culte !) |
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Gotham Central raconte une suite d'enquêtes classiques plus ou moins liées les unes aux autres dans l'univers de Batman, à la manière d'une série policière américaine qui, au fil des affaires, en profite pour approfondir discrètement ses personnages.
Avant de lire la BD j'avais quelques appréhensions face à ce mix de prime abord étrange entre The Wire et l'univers d'un gars déguisé en chauve-souris. Mais j'ai été conquis. Je pense que ce qui rend cette alchimie possible tient beaucoup au dessin à la Year One, très réaliste, peu fouillé, allant brutalement à l'essentiel. Dans "Un Long Halloween" j'ai vraiment eu du mal avec le contraste entre un graphisme plutôt réaliste du monde de la pègre, et celui complètement fantaisiste des super-vilains. Ici les super-vilains s'intègrent bien.
Gotham Central, c'est d'abord l'occasion de découvrir les méchants batmaniens sous un tout nouvel angle, plus humain d'une part et donc plus intéressant ; la police établit des profils de ces criminels d'exception, et Ed Brubaker parvient à les rendre très crédibles grâce à une plume sobre et sensible. C'est aussi l'occasion de voir un Batman différent.
Dans les BDs canoniques, Batman est un personnage principal, quand ce n'est pas LE personnage principal. Ici, évidemment sa présence surplombe toute la BD, mais il apparaît peu. Nous n'avons plus son point de vue à lui ; nous ne savons rien de ses motivations, de ses enjeux, ce n'est qu'un type laconique qui apparaît pour disparaître aussitôt.
Et on découvre que pour les policiers, il y a des raisons légitimes de détester cet homme qui fait le boulot à leur place, agit en toute impunité sans se soucier des lois, ce "freak" qui a transformé leur ville en Foire aux Monstres. La relation est ambiguë, car si effectivement la police a bien du mal à souffrir son soutien, elle en a aussi besoin quand la situation la dépasse.
Gotham Central, c'est le point de vue de gens ordinaires sur un monde qui ne l'est plus, qui ne leur appartient presque plus, et qui est pourtant le leur. C'est aussi une manière très habile de faire de la BD de super-héros "pour les grands", bien mieux que Nolan ne l'a fait pour le cinéma, et dans la continuité de Year One.
Bref, Gotham Central ; j'adore ! |
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J'aimerais lui mettre 4 mais j'ai deux soucis. D'abord je serais bien incapable de résumer l'histoire, compliquée et plutôt longuette par ailleurs, ensuite c'est parfois un album pour les vrais mordus de Batman ; les autres, comme moi, étant un peu perdus lors de certains passages ou à l'apparition d'un personnage obscur qu'on doit probablement mieux connaître si on a lu telle ou telle BD.
Première surprise ; Batman n'est plus incarné par Bruce Wayne, mais par Dick Grayson (si je ne m'abuse), un ancien Robin. Ça donnera d'ailleurs une jolie confrontation sur la fin lorsqu'il croisera un ennemi de l'ancien Batman. C'est intéressant dans la mesure où la relation avec le commissaire Gordon est différente, ce nouveau Batman étant plus proche de la fille de Gordon, de la même génération que lui.
En somme il y a des meurtres (évidemment !), une histoire de poison, plus le retour en ville du fils du commissaire Gordon, considéré comme un psychopathe et qui aurait plusieurs meurtres sur le dos, sans qu'on puisse les prouver. Mais James (le fils) dit qu'il va mieux, il prend des pilules lui permettant de ressentir de l'empathie. Aussi le père a envie d'y croire, tandis que la soeur, elle, pas du tout.
Ici, on baigne dans une atmosphère de film de tueur en série de série B de bonne facture. Les passages sur l'adolescence de James sont assez glaçants de perversité. Mais il y a aussi des faiblesses. C'est long, l'intrigue est complexe et je trouve qu'on a du mal à suivre sa logique. On se doute fort que James a un rôle à jouer, ainsi ses histoires de rédemption peinent à convaincre.
Ça reste un album tout à fait recommandable, avec un joli dessin, et de très belles idées dans l'ensemble. |
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Nom série
Paul à la pêche
posté le
26/09/2012
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Achat conseillé ?
Oui
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Note
(Pas mal) |
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Paul à la pêche est représentatif du principal souci que j'ai avec la série Paul ; il n'y a pas de ligne directrice. On part sur l'idée que Paul part à la pêche (assez léger comme prétexte) pour fourrer ici et là des anecdotes rattachées ou non à cette activité via des souvenirs. Le plaisir de lecture vient de la sensibilité et la douceur avec laquelle les personnages sont décrits, dans les petites inventions visuelles pour exprimer nos petits excès, la justesse de l'ensemble. C'est déjà beaucoup, mais ce n'est pas assez.
À vrai dire, pour avoir lu juste avant Paul au parc, qui mériterait le même genre de critique de ma part, j'ai tendance à mélanger les deux, certaines anecdotes pouvant aussi bien convenir à l'un qu'à l'autre dans le sens où elles ne conviennent véritablement à aucun des deux. Paul, ça parle de tout et de n'importe quoi, chaque situation est prétexte à donner un avis sur les choses les plus diverses. La justesse de ces avis n'est pas forcément à remettre en question car elle participe à la réussite de la série, mais leur variété, leur côté régulièrement hors-sujet fait que la BD se disperse, partant parfois longtemps dans un sens pour revenir brutalement au sujet qui nous occupe, et qu'on avait oublié.
J'imagine que si l'auteur a de mon avis un vrai don pour raconter sa vie de manière romancée, il est probablement incapable d'invention au-delà d'une certaine limite. Aussi, au lieu de remanier suffisamment sa vie pour nous offrir une histoire plus consistante ou au moins un vrai fil rouge qui permettrait, comme dans Paul à Québec, de faire gagner à la BD une vraie profondeur au fil des pages, ici on reste dans la légèreté, et les événements plus graves, comme déconnectés au milieu de ce gentil foutoir, semblent surgir de nulle part et ne s'inscrire dans rien.
La faiblesse de l'auteur au fond, c'est d'attendre que sa vie s'organise de telle manière à lui fournir une bonne histoire cohérente, lui semblant incapable d'en créer une par lui-même, et relatant sa vie comme elle passe. |
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Le Joker s'enfuit de l'asile (comment ?), son nouveau projet étant de rendre fou le commissaire Gordon (pourquoi lui ?).
On fait grand cas de cette BD, probablement parce qu'Alan Moore a travaillé dessus, mais aussi parce qu'elle tente d'explorer les causes de la folie du Joker, ainsi que la dualité entre le clown et Batman. Au final, malgré des qualités fortes dont les dialogues du Joker, l'histoire est particulièrement anecdotique, très vite expédiée, et se lit en une vingtaine de minutes tout au plus (ce qui fait cher de la page quand on sait à quel prix elle est vendue). On est plus proche de la nouvelle dessinée que du roman graphique.
Pour ma part cette BD ne constitue ni l'une des meilleures histoires sur Batman, ni un indispensable, bien qu'elle possède en puissance (mais en puissance seulement, hélas ! car on reste sur sa faim) tous les ingrédients pour rejoindre le haut du panier. Cependant pour le vrai amateur pour qui lorsqu'on aime, on ne compte pas, il trouvera son bonheur, fusse-t-il terriblement éphémère.
MISE À JOUR :
N'ayant pas trouvé de version française, j'ajoute ici que pour ceux qui aimeraient lire une genèse du Joker et qui ne sont pas allergiques à l'anglais, il y a "Batman - The Man who Laughs" écrit par Ed Brubaker.
Au niveau des dialogues, certes ce n'est pas aussi marquant que The Killing Joke d'Alan Moore, mais l'intrigue m'a semblé bien meilleure, l'histoire est plus longue, avec en prime un dessin classique réussi et de jolies couleurs. |
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Un photographe rentre de voyage et... glandouille. Lu deux tomes.
Le Combat Ordinaire est une BD française, ça il n'y a pas de doute ! Là où dans la série Paul de Michel Rabagliati, l'auteur parvient à dénicher l'universel dans notre vie quotidienne, Le Combat Ordinaire reste au niveau du banal et du mesquin. Pas de transcendance, de beauté, juste la petitesse d'un tout petit gars.
Ce qui m'a le plus agacé est son héros absolument antipathique. Un métier de rêve mais il ne fout rien, une jolie histoire d'amour dans laquelle il ne s'investit pas, une propension à prendre les autres pour des cons, et son paquet d'angoisses comme autant d'excuses pour ne pas grandir et rester un mollusque.
C'est déprimant comme de passer une matinée du dimanche dans un café de paumés d'une petite ville. |
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J'ai retrouvé dans Chninkel tout ce que je n'aime pas dans Thorgal, un univers superficiel qui s'arrête au visuel et des personnages clichés.
On subit certains tics agaçants de la mauvaise fantasy, notamment avec les apostrophes pour faire exotique et original. Ainsi le héros s'appelle J'on, il va devoir se charger d'une mission par U'n, le monolithe de 2001 l'Odyssée de l'espace (les références sont d'une subtilité confondante) ; rétablir la paix dans ce monde toujours en guerre, sinon c'est l'apocalypse !
C'est au fond une relecture antireligieuse du Nouveau Testament, une relecture primaire pour ne pas dire inculte et idiote, mais drapée dans un univers fantasy superficiel comme pour ne pas trop se mouiller. Au fond Jean Van Hamme est aussi peu calé en religion qu'il l'était en mythologie nordique, mais au moins dans Thorgal il nous épargnait ses opinions du dimanche. |
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Après l'hécatombe dans les rangs de la mafia racontée dans Un Long Halloween, cette fois-ci c'est une série de pendaisons mortelles qui touche les membres de la police.
J'ai retrouvé dans Amère Victoire les mêmes forces et faiblesses que dans Un Long Halloween, mais j'ai eu cette fois plus de mal à les tolérer. Le suspense policier est bien mené, reposant sur un "truc" que je connaissais déjà pour l'avoir vu dans un film et qui m'a pourtant pris au dépourvu. Tout ce qui concerne la mafia et la police, j'ai bien apprécié.
Pour ce qui est des super-méchants, beaucoup moins, hélas ! Là où les personnages qu'on pourrait qualifier de normaux sont introduits et présentés avec soin, les super méchants débarquent de nulle part et leur utilité est parfois au point zéro, de même l'intrigue qui les concerne ne jouit pas du même soin alors qu'elle est au centre des deux albums ; les méchants "batmaniens" qui cherchent à supplanter le crime traditionnel.
Physiquement certains sont beaucoup trop fantaisistes pour cadrer avec l'univers réaliste, comme le pingouin avec ses trois doigts et sa bouche improbable, le Joker et sa dentition surréaliste. Le dessinateur a aussi tendance à un peu trop aimer les énormes paire de seins.
Je ressors mitigé de cette lecture. En dehors du personnage de Double-Face, le mélange entre le monde réaliste et les super méchants ne prend pas sur moi car l'écart est trop grand. |
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Nom série
Reset
posté le
12/09/2012
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Achat conseillé ?
Non
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Note
(Bof, sans plus) |
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Un vague de suicides touche un quartier d'une ville japonaise dont les victimes seraient reliées à un jeu se déroulant sur Internet.
Reset est malheureusement un manga japonais pour ados un peu trop typique, c'est-à-dire que d'un côté les idées sont originales voire pertinentes, et que la façon dont on nous présente une frontière floue entre le virtuel et le réel est franchement bien vue... mais pour un résultat superficiel qui expédie rapidement ses points forts et sombre en qualité avec des personnages stéréotypés qui se veulent classes avant tout, dotés de super-pouvoirs et autres clichés du genre.
Pour ceux qui sont curieux avant tout, je recommande tout de même d'y jeter un oeil gratuitement, au moins pour rêver à ce que cette BD aurait pu être si elle avait été consciente de son plein potentiel. |
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Nom série
Hideout
posté le
10/09/2012
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Achat conseillé ?
Non
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Note
(Vraiment pas aimé !) |
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Un couple part en vacances dans l'espoir de surmonter ses problèmes, mais pour le mari, c'est en réalité une opportunité de tuer sa femme.
Au départ l'histoire est joliment perverse ; entre une femme chiante et entretenue et un écrivain looser sur les bords, la relation est difficile et au fond le pire des deux n'est pas forcément celui qu'on croit. Leur passé relaté en flashbacks laisse peu à peu entrevoir d'autres traumatismes.
Puis, au lieu de continuer à explorer cette histoire de couple, on tombe dans le n'importe quoi horrifique. Au milieu de nulle part vit une famille de psychopathes dans une sorte de bunker sous-terrain, qui va capturer nos héros. Ces derniers pour s'en sortir vont se transformer en psychopathes à leur tour. Les ressorts psychologiques sont simplistes voire invraisemblables, et les enjeux de départ sont annulés.
Dommage, le dessin est sombre à souhait, et il y avait tellement mieux à faire ! |
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Un gars qui a fait la guerre des années auparavant a perdu ses souvenirs et cherche à savoir ce qu'il s'est passé durant une nuit qu'il revoit en rêve, il va donc chercher à revoir d'anciens camarades.
Un très beau graphisme, un beau travail de reconstitution visuelle, mais une histoire froide ; la quête est sans émotion, tout est très intellectualisé, personne ne semble souffrir de traumatismes, et même ceux qui cauchemardent racontent leur vie sur un ton posé. Les pièces du puzzle se mettant en place on s'attend aussi à une fin surprenante... qui ne l'est pas. |
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On assiste au début de Bruce Wayne le justicier maladroit qui va devenir Batman, et chercher appui auprès de Gordon, le seul flic honnête de Gotham City.
On est très loin des films assez lamentables de Tim Burton et Schumacher, ou de la genèse un peu ridicule de Batman Begins qui hésite entre le réalisme froid et le grand-guignol. L'univers de Year One semble fortement inspiré de Taxi Driver avec ses quartiers chauds remplis de putes et de toxicos. La police est pourrie, toute la ville est à vomir, et Batman n'est clairement pas un James Bond déguisé en chauve-souris.
Loin du superhéros capable de castagner 10 gars à la fois, c'est au contraire un homme qui ne sait pas encore comment s'y prendre, et paye cher ses erreurs. Dans la même lignée, Proie qui semble lui faire suite est aussi de bonne facture pour un combat plus psychologique. |
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Un tueur abat ses victimes, appartenant à la pègre, le jour des fêtes de l'année. Batman, Gordon et le procureur Harvey dent ne parviennent pas à trouver qui est le tueur, tandis que c'est l'hécatombe dans la grande famille mafieuse.
Je n'ai pas accroché sur toute la ligne, ce qui me laisse mitigé.
Déjà le style est plus "comics" que Year One qui lui est assez réaliste (comme sa suite Proie que j'ai beaucoup apprécié). Le Joker avec ses 75 dents et son avion (?!!!), Ivy et ses cheveux en branches, les scènes d'action loufoques, je ne trouve pas que ça colle avec l'univers à la Taxi Driver posé par Year One. De plus Batman est devenu un gros musclé géant, là où dans Year One il est plus réaliste, plus humain aussi car faillible (dans Proie aussi d'ailleurs).
L'apparition des bad guys ne sert généralement à rien sinon à étirer le récit, je les trouve souvent mal introduits, juste pour montrer que c'est eux qui vont prendre le relais à la fin, et ça n'annonce pas forcément du meilleur.
Après j'ai bien aimé la trame concernant l'enquête sur l'introuvable Holiday. Je devinais la fin à cause du film de Nolan, mais c'est mieux raconté je trouve, et surtout le côté borderline de Dent est mieux souligné que dans le film. On sent le gars perdre peu à peu les pédales.
Le dessin a un style particulier très beau pour les personnages réalistes, mais trop loufoque pour certains super-méchants, notamment le Joker qui ne ressemble à rien. |
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Nom série
Paul à Québec
posté le
03/09/2012
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Achat conseillé ?
Oui
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Note
(Culte !) |
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Quand je lis Paul, le dessin disparaît, je ne vois que son expression, la justesse des émotions exprimées, les personnages finement saisis, des petites inventions de rien pour rendre avec humour les petites choses de tous les jours.
La série souligne dans notre quotidien tout ce que nous voyons ou vivons mal, parce qu'on ne peut pas s'y attarder ou parce qu'on n'y fait pas attention sur le coup ; l'auteur lui les fige dans ses cases, ces moments précieux. Je ne lis pas Paul, je le vis.
Paul à Québec est le mieux structuré des albums que j'ai lu, tournant autour de la mort, avançant tranquillement vers un final où on touche Dieu du bout des yeux. Un chef d'oeuvre. |
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Nom série
Un ciel radieux
posté le
03/09/2012
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Achat conseillé ?
Non
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Note
(Bof, sans plus) |
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Après un accident routier, le chauffard quarantenaire mort se réveille dans le corps de l'adolescent qu'il a percuté. Mais cet adolescent est là, attendant de reprendre le contrôle. Le temps est compté pour que le quarantenaire puisse dire au revoir aux siens.
Second (et dernier !) Taniguchi que je lis après Quartier Lointain, j'y ai retrouvé très vite la même soupe insipide et mièvre. Tout le monde est gentil, les personnages sont incolores, et l'histoire n'est qu'un prétexte pour déballer une philosophie de la vie simpliste à base de bons sentiments bien dégoulinants, jusqu'à un final d'un niais insupportable.
Les personnages sont grosso-modo les mêmes que dans Quartier Lointain, avec la petite soeur énergique, la maman patiente et douce, le gentil papa ; vous avez lu un Taniguchi, vous les avez tous lus ? Moi deux, ça m'a suffi ! |
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