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Nom série  Daredevil - Renaissance (Justice aveugle)  posté le 26/09/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Il aura fallu que j'attende la publication de ce récit dans la collection "Marvel - Les Grandes Sagas" de Panini pour enfin pouvoir le lire. Je cherchais à me le procurer depuis longtemps sans succès mais en même temps j'étais assez méfiant car je n'ai jamais trop aimé les récits de Daredevil scénarisés par Frank Miller : je les trouve trop bavards, un peu trop lourds à lire, trop dans l'emphase psychologique.

C'est malheureusement ce que j'ai retrouvé dans ce récit dans une moindre mesure. Beaucoup de blabla et une chute aux enfers un peu trop rapide de Matt Murdock que j'aurais sans hésitation imaginé beaucoup plus solide mentalement parlant. Dans des circonstances un peu similaires, j'ai préféré de loin le cycle de Bendis et Maleev, voire aussi le début du cycle de Brubaker où Murdoch se retrouve carrément en prison sans jamais perdre son self-control. L'un et l'autre étaient nettement plus pêchus, plus fluides à la lecture et plus prenants à mon goût.
J'ai aussi été un peu circonspect sur la facilité avec laquelle Miller semble convenir que seul le Caïd a lu le message révélant l'identité de Daredevil et qu'aucun des intermédiaires n'en a pris connaissance avant de le lui vendre. De même la réaction du Caïd m'a laissé un peu perplexe. OK, son plan initial pour couler et briser Murdock n'est pas mauvais et assez crédible, mais à partir du moment où il se rend compte qu'il a échoué dans sa première tentative et comme il connait son identité, il a de quoi définitivement l'achever avant qu'il puisse se venger et cela de manière nettement plus subtile qu'avec le gros bourrin qu'il envoie pour le débusquer.
Dans l'ensemble, quelques facilités décevantes et un certain excès de grandiloquence (la figure christique) et de dialogues apitoyés ont donc un peu gâché ma lecture.

Par contre, il faut admettre que, surtout pour l'époque de sa parution, ce récit était quand même fort, original et particulièrement adulte. Comme il est soutenu par un bon dessin et une narration correcte même si un peu laborieuse, c'est une bonne histoire de Daredevil dont je peux conseiller la lecture sans problème. Mais je préfère d'autres récits sur ce personnage qui, de toute manière, n'est pas mon préféré de l'univers Marvel.

Nom série  Erika  posté le 23/09/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Bon, cette BD n'est plutôt pas mal pour une BD porno, mais ce n'est pas exactement ma came.

C'est dommage car le dessin n'est pas mauvais du tout. Soigné, bien colorisé, il est très bon pour les scènes de cul mais aussi pour les décors, véhicules et autres.
J'ai aussi beaucoup apprécié le fait que ce soit les femmes qui mènent la danse dans les envies sexuelles et les scènes porno de ce récit. Je suis gavé des histoires de domination masculine et de tortures sexuelles. Le sujet du sado-masochisme est pourtant abordé dans la plupart des scènes, mais un SM souriant, avec des participants volontaires et qui aiment cela sans jamais se faire vraiment du mal ni s'humilier méchamment. Il y a d'ailleurs une vraie part d'humour dans les dialogues entre personnages.

Hélas, je n'ai pas été totalement convaincu, d'une part parce que le SM ce n'est vraiment pas ma tasse de thé, d'autre part parce qu'à quelques rares exceptions, les mises en scènes présentées là ne m'ont guère fait fantasmer. J'ai parfois été légèrement émoustillé mais la majorité du temps je suis resté un peu "en dehors" de ces saynètes X parfois trop vite racontées. En outre, l'héroïne n'est pas des plus excitantes à mon goût, nymphomane pratiquant le sexe comme on fume une cigarette, trop régulièrement et sans assez de crédibilité ni de retenue pour que je trouve ça affriolant. Je préfère les récits plus réalistes.

Néanmoins, comme j'ai apprécié l'état d'esprit souriant de cette BD et son très bon dessin, j'estime que c'est quand même une plutôt bonne BD pornographique.

Nom série  Tu mourras moins bête  posté le 22/09/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Tu mourras moins bête, c'est l'un des blogs BD les plus drôles et les plus instructifs du web.
Son concept est simple : chaque... semaine ? mois ?, c'est variable, la Professeur Moustache (qui est une femme à moustache, je précise) reçoit une carte postale (débile) posant (de manière débile) une question (pas du tout débile si on y réfléchit bien) du genre "si je me fais greffer des branchies, est-ce que je pourrais vivre avec les dauphins ?" ou "peut-on faire un trou pour aller au centre de la Terre ?". Alors la Professeur va répondre à la question sur la base de vraies informations scientifiques mais sur un ton complètement décalé (et débile). Et en même temps qu'elle nous apprend des choses vraies et instructives, elle peut aussi nous faire péter de rire à chaque nouvelle image ou dialogue.
Le dessin n'est clairement pas engageant au premier coup d'oeil mais il se révèle très efficace pour ce qui est de l'humour.
C'est complètement con tout en étant indubitablement intelligent.
L'une de ses spécialités, passer en revue les stéréotypes du cinéma d'action et de science-fiction et indiquer ce qui est plausible de ce qui ne l'est pas.
En tout cas, moi ça me fait vraiment bien rire et en même temps j'apprends pas mal de trucs (souvent parfaitement inutiles mais c'est ça qu'est bon).

Alors voilà, cet album, c'est le premier tome de l'adaptation papier de ce blog.
Qu'y trouve-t-on en comparaison de la version internet ?
Pour commencer, il se focalise uniquement sur les récits en lien avec le cinéma, qui sont soit-dit en passant probablement les meilleurs, ça tombe bien. Le tout est inclus dans un album cartonné de 255 pages au format un peu réduit mais de belle qualité. Les planches sur le blog sont toutes étirées en longueurs, ici on se contentera de 4 "cases" par page en moyenne mais ça passe très bien. En un album, on aura droit quand même à l'équivalent de 30 publications du blog. En outre, un peu de matériel inédit est ajouté, à savoir quelques planches d'accompagnement de Marion Montaigne, bien drôles d'ailleurs, et des cartes postales redessinées par les amis de l'auteur, bien drôles aussi d'ailleurs.

Bref, c'est du bon boulot. Si vous aimez le blog, c'est là une belle transposition au format papier qui vous permettra de la conserver et de la lire à tout moment, même sans électricité et connexion internet.
Et j'en rigole encore rien qu'à revoir quelques planches prises au hasard.

Nom série  Do androids dream of electric sheep?  posté le 22/09/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J'ai failli donner une meilleure note à cette série car elle m'a montré de très bons côtés.

Le premier d'entre eux est de m'avoir permis de découvrir la nouvelle de P.K. Dick ayant inspiré mon film préféré : Blade Runner. Et comme la préface du tome 1 de la BD l'indique, ceux qui pensent retrouver l'esprit et l'histoire de Blade Runner en lisant cette nouvelle se trompent complètement : le récit est très différent, avec un contexte et un message différent, parfois presque à l'opposée l'un de l'autre. J'ai été du coup particulièrement intéressé par la complexité et les idées du monde imaginé par Dick, par la personnalité de ses protagonistes et par sa réflexion sur ce qui différencie l'homme de l'androïde, à savoir l'empathie. Intéressant, oui, même si je préfère le message de Ridley Scott présentant ses réplicants comme encore plus empathiques et donc plus humains que les humains, quand à l'inverse ceux de Dick sont froids et incapables de sentiments pour autrui. Blade Runner me semble également plus intemporel tandis que le roman a un peu vieilli avec son contexte de guerre froide et retombées nucléaires.
Le second bon côté est le respect de l'oeuvre et du texte original. Cela permet d'éviter la trahison de l'idée de l'auteur et offre en même temps un récit très dense qui ne souffre pas d'ellipses absurdes ou de concentration pénible comme certaines adaptations ratées.

Cependant, c'est aussi là l'un de ses principaux défauts. Il est difficile d'entrer dans le récit au départ du fait d'une narration trop présente et trop bavarde puisque reprenant le texte intégral du roman avec certaines descriptions parfaitement inutiles dans le cadre d'une BD. Cela entache lourdement les premières pages de la bande dessinée et rend la lecture laborieuse. Heureusement, sans que j'ai pu vérifier si cela venait d'un allègement du texte ou d'une prise d'habitude au fur et à mesure de la lecture, mais en tout cas au bout d'un ou deux chapitres, cela passe beaucoup mieux.
Ensuite, au niveau du récit, autant j'ai été vraiment captivé par le premier tome et tout ce monde imaginaire que je découvrais, autant mon intérêt est un peu retombé par la suite. Cela restait un récit de bon niveau mais à l'intrigue un peu plus diluée et moins prenante. La traque et l'élimination des premiers Nexus-6 par Deckard ne m'a pas passionné notamment.
Et enfin un autre défaut m'a un peu refroidi. Celui-ci n'est pas inhérent à l'oeuvre elle-même mais plus à la communication de l'éditeur français. En effet, tout au départ semblait indiquer une série en 3 volumes alors qu'au vu du matériel américain disponible et du développement de l'intrigue au bout des 3 albums actuellement parus, elle s'étendra plutôt sur 6. Or le prix de chaque tome a de quoi rebuter, surtout quelqu'un comme moi pour qui ne compte dans un album que les planches de BD elles-mêmes et pas tout l'éditorial, textes et illustrations qui occupent quand même beaucoup de pages dans les albums d'Emmanuel Proust.

Je parle de défauts qui me refroidissent un peu mais globalement j'ai quand même apprécié ma lecture et je la conseille sans hésitation si vous en avez l'occasion et si vous avez la motivation de passer outre la lourdeur de la narration des premiers chapitres.

Nom série  Urban  posté le 20/09/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Urban est une nouvelle version de l'ancienne série Urban Games. Cette dernière avait été abandonnée par son dessinateur. Cela aura pris une douzaine d'années à Luc Brunschwig pour pouvoir reprendre son idée initiale dans une nouvelle série remodelée, avec cette fois Roberto Ricci au dessin.

Et quel dessin ! Il m'a séduit dès la première planche. Soigné, ambitieux, il est également très joliment colorisé même si ses teintes un peu ternes accentuent le côté parfois embrouillé de certaines scènes. C'est un bien léger défaut car dans l'ensemble, j'ai trouvé ses planches vraiment très agréables à lire et à regarder.

Le scénario est lui aussi très accrocheur. Il prend pour cadre une dystopie qu'on sent venir très rapidement, avec une ville de tous les plaisirs dont on imagine sans peine de bien sombres aspects même si ceux-ci gardent encore une part énigmatique à la fin du premier tome.
Le héros, nouveau flic un peu naïf issu de sa campagne, est attachant et on a envie de le suivre dans sa découverte des faits et défauts de la ville de Monplaisir. Sa relation avec son "ami imaginaire" ajoute en outre de la profondeur et un certain mystère à son personnage. J'espère ceci dit qu'il ne gardera pas trop longtemps son rôle de spectateur un peu benêt et à la merci des évènements et qu'il apportera sa vraie pierre au récit et à l'action.

Je trouve aussi intéressant le fait que cette nouvelle série s'entame comme une revisite d'Urban Games. Je n'ai pas lu le seul tome paru de cette dernière mais cela m'en donne envie pour pouvoir faire la comparaison, comme j'ai pu la faire pour la reprise de Après l'Incal par exemple.

En tout cas, pour le moment, on a avec Urban un thriller de science-fiction dans un cadre dystopique bien foutu et alléchant, doté d'un très beau graphisme et d'une intrigue dense et captivante. Vivement la suite !

Nom série  Vivre dessous  posté le 19/09/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Manolosanctis avait déjà été à l'initiative du collectif 13m28, un récit post-apocalyptique sur une idée initiale de RaphaëlB. C'est sur une idée similaire que s'entame ce nouveau collectif, "Vivre dessous", récit lui aussi apocalyptique et post-apocalyptique.
La thématique du premier était l'eau, par le biais d'une étrange et titanesque inondation, celle de second est plus proche du feu. L'idée est originale puisqu'il s'agit d'imaginer un étrange nuage rouge, peut-être une créature vivante, flottant au dessus de la Terre et grandissant au point de recouvrir de plus en plus le ciel, avec des réactions parfois très dangereuses telles que sa forte production d'oxygène entraînant des incendies ravageurs et la fin du monde civilisé.

Le scénario, raconté par le biais d'une vingtaine d'histoires courtes, raconte plusieurs périodes liées à cet évènement : son apparition et ses premiers effets, la période crépusculaire où la fin du monde semble inéluctable, puis la vie d'une petite communauté montagnarde plus ou moins à l'abri de la dévastation ou encore l'apparition de mutants et l'accueil que les humains survivants leur réserve.
Il y a de l'idée dans tout ça, sur le papier...
Mais la lecture m'a été pénible. C'est beaucoup trop décousu.
A ce que j'ai compris, ce recueil est issu à l'origine d'un concours dont Thomas Cadène n'a gardé que les meilleurs éléments, supprimant du coup probablement quelques récits intermédiaires qui auraient peut-être rendu le tout plus clair pour quelqu'un qui ne découvre l'ensemble que via l'album papier.
Il y a très peu de liant entre chaque histoire. On y retrouve régulièrement les mêmes personnages, quoique pas toujours, mais il est parfois difficile de les reconnaître et le plus souvent rien ne vient expliquer le contexte de leurs situations au moment du récit. Surtout qu'à aucun moment on n'a l'occasion de commencer à s'attacher à eux.
Les sujets sont également trop variés, comme s'il s'agissait de thèmes différents en sans lien. Entre les péripéties mystérieuses et quasi-hollywoodiennes menant à la fin du monde, le récit intimiste au sein de la petite communauté puis les histoires de mutants par la suite, ça donne l'impression que ces récits n'ont rien à voir entre eux. A la lecture, on capte plus ou moins de quoi il s'agit, mais avec la constante impression d'être complètement en dehors du récit, à n'en comprendre que très mal les détails et parfois même pas du tout.
Une relecture attentive permettrait probablement de s'y retrouver mais je n'ai tellement pas accroché que la motivation m'a largement manqué.

Le graphisme a d'ailleurs joué dans cette démotivation. Sur la vingtaine de styles regroupés ici, certains m'ont bien plu, certaines colorisations aussi beaucoup. Mais beaucoup d'autres m'ont purement et simplement déplu. Certaines planches m'ont même rebuté. J'y ai trouvé de flagrants manques de maîtrise et de clarté dans la narration pour certains auteurs. Et même si c'est une affaire de goût, j'ai trouvé quelques styles simplement laids.
C'est dommage car la couverture de l'album avait largement attiré mon attention par sa force esthétique et le mystère de ce qu'elle représente.

En définitive, moi qui suis amateur de récits fantastiques mystérieux et post-apocalyptiques, je n'y ai clairement pas trouvé mon compte. Ça part trop dans tous les sens, de manière trop décousue, avec des styles, des tons et des sujets trop différents, et je suis resté tout du long étranger à ce recueil qui a même régulièrement réussi à m'ennuyer.

Nom série  Zahra's Paradise  posté le 15/09/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Avant d'être publié en album, Zahra's Paradise était avant tout un projet de bande dessinée témoignage en ligne. Ses auteurs, qui ont préféré utiliser des pseudonymes et garder l'anonymat pour des raisons de sécurité, sont un journaliste irano-américain pour le scénario et un artiste dessinateur et sculpteur arabe pour la mise en image.

Le sujet, pour la première fois traité en album de bande dessinée à ma connaissance, aborde la situation en Iran dans les jours qui ont suivi les manifestations post-élections de Juin 2009.
Il s'agit d'une fiction. Elle raconte la recherche par sa famille d'un jeune homme disparu au moment des manifestations. Sans aucune nouvelle le concernant, son frère, blogueur militant, et sa mère s'imaginent très vite qu'il se soit retrouvé en prison ou pire encore. Leur recherche va les amener à dévoiler des pans parfois horribles de la dictature régnant en Iran encore de nos jours.

J'ai trouvé cette lecture instructive et parfois touchante, surtout sur la fin. J'ai apprécié son graphisme souple et frais me rappelant celui de certains comic strips d'actualité américains (editorial cartoons). Ce dernier est très plaisant à la lecture, même si j'ai un peu tiqué sur le physique agaçant de bel éphèbe grec compatissant du héros comparé aux anatomies nettement plus "persanes" des autres personnages.

Il y a cependant deux trois petites choses qui m'ont empêché de profiter pleinement de la force et de l'intérêt d'un tel ouvrage.
Tout d'abord, il y a une narration un peu décousue, en chapitres dont j'ai parfois eu du mal à suivre la chronologie. Ils apparaissent comme autant de saynètes portant sur des anecdotes et des personnages parfois différents quoique liés. L'ensemble apporte à chaque fois son lot d'informations mais je m'y perdais dans le fil rouge qui était l'enquête sur la disparition du fils en elle-même. Il faut dire aussi que beaucoup de noms et de particularités sont directement issus de la culture iranienne et ne sont pas toujours suffisamment expliqués m'empêchant parfois de bien saisir en première lecture ce à quoi il était fait référence.
Ensuite, il y a le fait que ce soit une fiction. Je me doute qu'elle se base sur énormément de témoignages véridiques et sur un vécu incontestable. Mais je ne peux m'empêcher de la comparer à des oeuvres comme celles de Joe Sacco qui ne cachent jamais leurs statuts de reportages journalistiques et indiquent bien leurs sources, avec toute la distance voulue et le rappel qu'il y a un risque que tout ce qui est raconté ne soit pas exactement vrai (je pense surtout à Gaza 1956, en marge de l'histoire). Cela ne veut pas dire que je ne crois pas que tout ce qui est raconté dans Zahra's Paradise est véridique mais la forme du récit me force à ne pas l'accepter comme 100% sûre et à me demander si tels ou tels passages sont vraiment issus de la réalité, comme par exemple le récit du calvaire de cet homme sorti de prison. J'aurais davantage été touché par un récit moins romanesque, relatant plus précisément d'où venait tel témoignage ou telle anecdote, sans évidemment citer qui que ce soit mais simplement le contexte ayant amené à recueillir un tel récit.
Il faut aussi dire que la fiction aurait peut-être davantage fonctionné si elle avait été mieux menée, moins confuse dans sa structure et avec des personnages plus attachants.

Ces reproches n'en sont pas vraiment car ils sont négligeables par rapport à l'intérêt et au contenu de cet album. C'est instructif, notamment grâce au glossaire et aux textes explicatifs en fin d'ouvrage, tout en étant un témoignage poignant sur la situation d'un pays qui n'a hélas pas changé à ma connaissance entre 2009 et le moment où j'écris cet avis.

Nom série  Stormwatch - Team Achilles  posté le 15/09/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Depuis le temps que je lis des séries mettant en scène l'univers Wildstorm, je n'avais encore jamais rien lu concernant Stormwatch, équipe de super-héros dont sont pourtant originaires les membres de The Authority. Et ce n'est pas l'équipe Stormwatch originelle que cet album m'aura permis de découvrir puisqu'il s'agit d'une refonte officieuse, avec des moyens et des objectifs différents.

Quelle est donc cette équipe ? Il s'agit d'une organisation affiliée à l'ONU et composée d'humains pour la plupart normaux, c'est-à-dire pas des super-héros à l'inverse des groupes Authority ou encore WildC.A.T.s. Ses membres sont néanmoins extrêmement doués dans leur domaine, qu'il s'agisse d'aptitudes technologiques, télépathiques et surtout de combats militaires rapproché ou à distance. Concrètement, la majorité de Stormwatch est composée de super-soldats mercenaires issus de nombreux pays du monde, sous la direction de l'officier Ben Santini. Leur objectif, contrer la menace que représentent les super-vilains mais aussi museler autant que possible les super-héros eux-mêmes.

J'aime bien cet idée d'humains théoriquement normaux qui utilisent tout ce que la technologie et la stratégie peuvent leur permettre pour pouvoir s'opposer à des personnages que d'autres séries de super-héros présentent comme invincibles et quasi-divins. Le résultat est cependant parfois légèrement bancal, comme si l'auteur donnait un trop beau coup de pouce à ses poulains. Outre les musculatures et les capacités incroyablement performantes de ces personnages, j'ai trouvé un peu arrangeantes les façons dont ils abattent des créatures aux super-pouvoirs parfois démesurés. La facilité avec laquelle ils affrontent The Authority en fin d'album est par exemple manifeste, même si leur opposition à ce groupe est ce qui fait l'un des plus grands intérêts de ce scénario.

Pour le reste, autant j'ai trouvé le récit agréable, autant je l'ai trouvé par moment bourrin. Cela tient surtout dans les personnages dont les caractéristiques de super-guerriers ultra-musclés pour la plupart d'entre eux ne sont pas tellement synonymes de réflexions paisibles en sirotant une tasse de thé.
Malgré tout, le scénario se tient et est doté d'une belle envergure tout en restant dans le domaine du réalisme, si l'on excepte quelques gadgets un peu trop puissants et bienvenus des protagonistes, s'adaptant pile aux ennemis qu'ils affrontent.

C'est une série valable et offrant un intéressant contrepoids à la suprême équipe de The Authority dans l'univers Wildstorm. Quant à cet album précisément, il forme une histoire complète prenante, à l'intrigue satisfaisante et au dessin correct même si un peu trop musculeux à mon goût.

Nom série  Snorry & Mâchefer  posté le 13/09/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Snorry & Mâchefer est une bande dessinée d'heroic-fantasy humoristique. A l'instar du Donjon de Naheulbeuk dont l'auteur se réclame officiellement puisqu'il a illustré une part de l'oeuvre de John Lang et que ce dernier a écrit le prologue de ce premier tome, Guillaume Albin joue sur les concepts du jeu de rôles et des stéréotypes du genre, quêtes, passages de niveau et autres points de compétences.

J'ai eu un peu de mal à entrer dans le récit de cette BD.
Outre le côté déjà-vu de ce genre de BD parodique, surtout chez Soleil où l'heroic-fantasy est si courante (euphémisme), j'ai rapidement tiqué sur le texte narratif un peu lourd et les trop nombreux mauvais jeux de mots.
Au niveau graphisme, j'ai aussi eu du mal avec la typographie informatique des textes, notamment sur les pancartes mais aussi certaines cases de dialogues, qui s'intègrent mal dans le dessin. Est-ce si difficile de les dessiner soi-même à la main ou de demander l'aide d'un professionnel ? Ça donne des impressions de bâclé à mon goût.

Mais au fur et à mesure, je me suis mis à plutôt apprécier cette BD.
Le dessin est un peu limité pour les décors mais il est sympa pour les personnages même si certains visages trop caricaturaux comme celui de la magicienne gnome ne sont pas très emballants.
Ensuite, certains gags et passages m'ont quand même bien amusé. Par exemple, j'ai aimé la réplique "arrêtez-moi si je dis une elferie", l'idée du "minoboeuf" ou encore le passage avec la limace-fauve.
J'ai été un peu déçu par contre que l'histoire de ce premier tome se termine en moins de 40 pages, la petite dizaine de pages suivantes, composée d'anecdotes encyclopédiques et de gags dessinés, m'ayant moyennement plu.

C'est donc un album d'heroic-fantasy pour de rire un peu inégal et parfois déjà-vu mais avec quelques idées amusantes. Je ne serais pas contre lire une suite avec la même petite équipe assez attachante de nain, d'orc, de minotaure et de gnome... à condition d'avoir la main un peu moins lourde sur les mauvais jeux de mots.

Nom série  Sacha Fashion Couture  posté le 13/09/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
J'en suis encore à me demander si c'est du lard ou du cochon. Cette bande dessinée est-elle à prendre au premier degré ou à un degré que je n'arrive pas à mesurer ?
Car l'histoire et les personnages sont tellement caricaturaux qu'il est dur de ne pas y voir un récit ironique. Mais en même temps, il y a tellement peu d'humour qu'il semble que les auteurs prennent tout cela au sérieux et veulent vraiment l'offrir tel quel à un jeune public féminin. Et si c'est le cas, c'est affligeant.

Je passe sur le dessin qui présente de nombreux défauts mais reste acceptable dans le style pastel jeunesse féminin, d'école vaguement italienne inspiré des Barbucci-Canepa et de leurs nombreux suiveurs. J'ai de nombreuses fois tiqué sur ses anatomies approximatives et changeantes, présentant régulièrement des têtes trop grosses et laides sur des corps mal foutus, des mouvements complètement ratés avec notamment des traits de vitesse dignes de l'école primaire et autres imprécisions amateures. Le tout est heureusement dissimulé sous de très présentes couleurs informatiques et effets de lumières aux teintes certes stéréotypées mais tout de même agréables.

Mais par contre, j'ai trouvé l'histoire franchement détestable. Il est évident que je ne suis pas le public visé mais j'empêcherai aussi catégoriquement à ma fille de lire un tel ouvrage, même si connaissant ses goûts je sais qu'elle ne sera jamais tentée.
Dans un milieu de fashion-victimes, une héroïne visiblement bien sous tous rapports est le souffre-douleur du monde entier, sa mère inclus, et n'a qu'une seule amie valable. Tous les autres personnages, sans exception aucune, sont stupides et haineux. Tous ont des préoccupations à vomir, ne tournant qu'autour de la mode, de se faire bien voir et de dégommer la concurrence. Et tous ont manifestement fait le choix d'en vouloir absolument sans aucune raison à l'héroïne et de lui pourrir la vie avec des sourires carnassiers et entendus. C'en serait presque malsain si ce n'était pas déguisé sous les allures d'un récit pour la jeunesse.
Le scénario aligne les facilités, les clichés et les rebondissements cousus de fil blanc. J'aurais aimé pouvoir en rire tellement c'est navrant dès le départ, mais que ce soit au deuxième, au troisième ou à n'importe quel degré, je trouve ça toujours aussi accablant.

Nom série  Chaabi  posté le 13/09/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Chaabi offre un portrait peut-être réaliste mais en tout cas assez sombre de l'Inde moderne. En même temps, il s'agit d'une ode à la révolution, au combat armé mais aussi moral pour une plus grande justice dans la société humaine.

J'ai trouvé ce récit instructif sans être passionnant.
J'ai aimé la façon dont, par le biais de portraits et parcours de personnages, puis par leur lutte et les interactions entrer les différentes parties, il m'a permis de découvrir certains aspects assez durs de la vie dans le nord de l'Inde, de ses inégalités sociales et d'une oppression orchestrée par le pouvoir central de Delhi et par les notables et magouilleurs locaux. Ce n'est pas gai. Je ne porte pas davantage de jugement car je suis incapable de dire s'il s'agit d'un portrait vraiment fidèle à la situation actuelle en ces lieux ou s'il y a une part importante de fiction. Et je ne suis pas suffisamment intéressé par le sujet pour chercher à me renseigner par moi-même.

Le récit est bien mené et intéressant. J'ai eu un peu de mal à trouver crédible l'influence presque surnaturelle qu'a le jeune Chaabi sur ses compagnons de plus en plus nombreux, comme une sorte de prophète à peine pubère. Son discours très adulte sonne un peu faux dans la bouche d'un si jeune enfant. Mais admettons, puisqu'après tout le récit se base d'emblée sur l'hypothèse de l'existence d'un tel personnage...

Le scénario se déroule sans anicroche. Ce type d'histoire réaliste ne me passionne pas mais je l'ai lu avec intérêt, me demandant où l'auteur voulait en venir. La fin m'a paru tirer un petit peu en longueur, notamment en ce qui concerne la scène clé de l'élimination de Chaabi avec ses airs de sacrifice christique. Puis par la suite j'ai trouvé assez ingénu le récit des conséquences au niveau mondial de ces évènements... mais après tout le Printemps Arabe de 2011 a prouvé que ce type de contagion peut arriver dans la réalité.

Nom série  Le Cancer de Maman  posté le 12/09/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Le Cancer de Maman... Voilà un titre et un sujet qui ne me donnaient pas envie... J'ai lu cet album car ma bibliothèque municipale me l'a permis mais je ne serais pas allé vers lui autrement.

Concrètement, cet ouvrage atteint son but, celui d'informer sur la maladie, son traitement, le parcours médical à suivre et les implications que cela a sur la famille et notamment les enfants. Ce fut instructif pour moi.

Par contre, je n'ai presque rien ressenti à la lecture de cet album. L'auteur n'a su me transmettre aucune émotion, juste des informations sur son état d'esprit, à lui, à ses soeurs et un peu à sa mère. Froidement, j'ai trouvé ça instructif une fois de plus mais sans pour autant ressentir d'empathie pour eux et leur situation.

J'ai eu ce à quoi je m'attendais avec cet album. Un récit qui n'est pas ennuyeux grâce à une structure en courts chapitres, plutôt agréablement dessiné et qui m'a appris des choses. Hormis cela, et hormis une fin qui m'a un peu surpris car je n'attendais pas un tel résultat suite au traitement subi par la mère de l'auteur, c'est un ouvrage dont je ne déconseille pas la lecture mais que je n'achèterai pas personnellement.

Nom série  Le Téléscope  posté le 10/09/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Le Téléscope, c'est l'histoire d'un groupe de 5 amis, aux carrières très différentes mais partageant un même état d'esprit un peu désabusé et loser mais désireux d'encore profiter de la vie alors qu'ils ont tous atteint la soixantaine. Jusqu'au jour où une superbe jeune femme entre dans leur vie, une femme vivant de son corps et des gentillesses et cadeaux de ceux avec qui elle couche. Pas tout à fait une prostituée, elle n'offre pas que du sexe mais aussi et surtout de l'affection et un renouveau d'envie de vivre pour les 5 hommes qui croisent sa route. D'autant plus qu'elle leur propose bientôt de participer à une magouille qui pourrait bien leur rapporter énormément, pour peu qu'ils soient prêts à affronter un homme politique véreux.

Le scénario est un peu spécial puisqu'il est assez immoral, ou du moins politiquement incorrect par certains aspects, notamment concernant la relation entre les vieux amis et cette jeune femme. Mais passé cela, on se retrouve après coup dans une intrigue de thriller à la Ocean's Eleven où les amis mettent leurs compétences en commun pour un gros coup et pour faire tomber un politicien corrompu et dangereux. Le récit n'évite pas certaines facilités pour amener à la réussite des gentils et à leur éviter de succomber aux coups foireux de leur adversaire, mais cela se lit bien et cela reste assez réaliste.

C'est une lecture divertissement pour adultes, sympathique sans être vraiment exceptionnelle ou marquante.

Nom série  Braise  posté le 09/09/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Braise est une série intrigante, doté d'une ambiance intéressante et d'un graphisme agréable.

Le scénario part sur une base un peu banale, celle d'enfants orphelins entraînés dans un monde qui se révèle très vite être tout sauf paradisiaque. Il y a beaucoup de Pinocchio dans cet inquiétant parc d'attractions, piège à enfants, mais aussi un peu d'Alice au pays des merveilles dans cet endroit étrange.
Cependant, les originalités apparaissent les unes après les autres. Cela commence avec les personnages qu'on croit être les méchants au départ, ce chat-singe et ces quelques "freaks" aux comportements étranges et pourtant humains. Puis viennent les effets de cet étrange liquide vert qu'on y trouve partout, et enfin le mystère de cette inquiétante et dangereuse reine.
Il y a aussi une vraie cruauté dans ce récit qui l'éloigne des classiques récits pour la jeunesse où les enfants gagnent à la fin. C'est assez cauchemardesque par moments.
D'autant que le dessin et les couleurs jouent sur cet aspect étrange, avec des teintes surnaturelles et des visages déformés et angoissants.

Je suis curieux de lire la suite en espérant que la qualité demeure identique.

Nom série  Luminae  posté le 08/09/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Luminae est un étonnant récit d'heroic-fantasy.
Pourquoi étonnant ?
D'abord parce qu'il est fortement marqué par une influence manga tout en offrant le bénéfice du format, de la narration et de la couleur d'une oeuvre franco-belge. Son rythme et son dynamisme rappelant également le style comics, je pense qu'on peut sans peine y voir l'un de ces cocktails modernes dont les éditions Ankama se sont faits l'un des porte-drapeaux en France.
Étonnant aussi car son récit ne se laisse pas apprivoiser d'emblée. Le lecteur est plongé d'entrée dans une action qui ne lui sera expliquée qu'au fur et à mesure. Le nombre de personnages, leurs transformations, les pouvoirs magiques des uns et des autres ajoutent en outre une certaine confusion même si on finit par s'y retrouver.
Étonnant enfin car le scénario semble ambitieux et donne le sentiment du début d'une série au long cours, à la manière des sagas en manga où les auteurs prennent le temps de présenter puis de faire évoluer leurs personnages.

Pourtant l'intrigue ne parait pas très complexe pour le moment, même s'il faut s'accrocher un peu pour la comprendre puisque, hormis le cas d'un petit récapitulatif de leur situation fait par les héroïnes vers le premier tiers de l'album, les autres évènements sont narrés sans explication pour le lecteur et il est assez facile de s'y perdre dans des décors parfois trop similaires. On comprend peu à peu qu'il s'agit de la confrontation entre 6 mages-guerrières, gardes du corps d'une mystérieuse sainte, et d'étranges sorciers, des créatures draconides et un mage-dragon aux allures démoniaques. L'origine des uns et des autres, leurs étranges et puissants pouvoirs ainsi que leurs réelles motivations restent assez énigmatiques.

Le graphisme est très sympathique. D'un grand dynamisme, il est parfois légèrement confus mais il participe à la force de cette oeuvre et à son impression de modernité. Les héroïnes, toutes en tenues légères, se ressemblent un peu trop, au look et aux cheveux prés, rappelant du coup les défauts d'un graphisme de manga pour adolescents. Mais il en a aussi les qualités, de même que l'efficacité d'un comics.

Aussi intrigant qu'il soit, le scénario ne m'a pas encore vraiment convaincu mais j'ai apprécié le rythme de ce récit, son ambition et l'aspect prenant de son déroulé. Je suis curieux de lire la suite. J'espère notamment qu'il ne va pas se contenter d'un intrigue trop simple, un long combat entre gentils et méchants, et que des tierces parties, par exemple le seigneur humain local, viendront ajouter un peu de piment à l'ensemble.

Nom série  Les Vaginocrates  posté le 07/09/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Cette bande dessinée partait de l'idée d'inverser les rôles généralement stéréotypés, les femmes ayant ici l'ascendant psychologique sur la société moderne face à des hommes soumis. Elle pousse cependant le concept en prenant la défense des hommes contre des femmes devenues agressivement féministes, menteuses, égoïstes, profiteuses et arnaqueuses. Bref, plutôt qu'une dénonciation du comportement abusif de certaines femmes et d'une certaine vérité à rétablir dans certains cas particuliers, elle met en scène toutes les femmes comme étant de vraies sal.pes, des créatures haineuses détestant viscéralement les hommes et ne cherchant qu'à leur nuire pour leur profit et leur plaisir sadique.
C'est ça que je n'ai pas aimé, cette généralisation, cette méchanceté manifeste qui ressort de tous les personnages féminins de cette bande dessinée. J'y ai trouvé un mauvais fond, comme une revanche sanglante et personnelle que l'auteur voudrait prendre vis-à-vis de choses qu'il aurait vécues lui-même, même si je n'ai aucune idée si c'est effectivement le cas ou pas.

Pourtant le message de fond n'est pas faux. Autant le combat féministe a de vraies bonnes raisons d'être, autant certaines situations sont parfois inversées et les hommes, par exemple suite à des divorces difficiles, se retrouvent quelques fois victimes de vraies injustices.
Mais le thème de la guerre des sexes, surtout quand il est aussi exacerbé que dans cette bande dessinée, me déplaît et m'énerve souvent au plus haut point.

Objectivement, le dessin de Serge Ferrand est correct sans me plaire. La structure en gags ou en strips est efficace même si les chutes tombent assez souvent à plat. Les personnages féminins y sont le plus souvent détestables mais il y a quelques idées amusantes, reflétant une certaine réalité.

C'est cette part de sincérité dans la quête de dénonciation d'une société où la victime n'est paradoxalement pas toujours celle que l'on croit qui fait que je ne peux pas trouver cette oeuvre foncièrement nulle. Mais l'exacerbation des comportements féministes et fielleux des femmes, ou devrais-je dire des harpies, de ce récit, associée à une répétition pénible des situations et des gags trop plats m'a rendu la lecture désagréable voire énervante. Je suis donc bien obligé d'y mettre la note minimale car je n'en conseille pas la lecture.

Nom série  Catacombes (Pika)  posté le 07/09/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Alors que je craignais de ne pas aimer ce manga à la française, je ne l'ai finalement pas trouvé désagréable. J'ai apprécié l'ambiance qu'il réussit à instaurer par moments.

Pourtant j'ai eu du mal au début avec le graphisme. Je l'assimile immédiatement au style de quelqu'un qui a appris à dessiner uniquement en amateur via des fanzines d'inspiration manga, avec beaucoup de tics et de facilités mais peu de technique. Outre les trames que je n'aime pas, cela se ressent surtout dans les visages des personnages méconnaissables s'il n'y avait pas la coupe et la couleur des cheveux pour les différencier. Leurs yeux trop écartés m'ont aussi un peu agacé au départ.
Cependant, malgré mes aprioris, j'ai fini par ne pas le trouver si mal ce dessin. Les décors sont plutôt soignés, la mise en page efficace et la narration fluide. Et même si je persiste à trouver assez ridicule les tenues savamment esthétiques de l'héroïne alors qu'elle évolue dans les souterrains inondés des catacombes, les personnages sont finalement assez agréablement rendus.

J'ai eu aussi un peu de mal au départ avec l'ambiance adolescente de ces goths parisiens aux noms improbables, cherchant à vivre de leur art ou de leur musique, prenant tellement soin de leur tenue vestimentaire et de leur look, passant leurs nuits en sorties et en bar, et vivant des aventures romantiques et sombres à la limite du fantastique. J'ai craint une intrigue cliché et surtout trop artificielle et facile.
Des facilités, il y en a, beaucoup même, mais on finit par les éluder au profit d'un scénario finalement intéressant et plutôt prenant.
Ayant une légère connaissance moi-même des catacombes, j'ai apprécié d'y retourner avec ces protagonistes. Les entrées, les couloirs très variés, les décors y sont bien retranscrits, ainsi surtout qu'une certaine ambiance d'autre monde, de lieu coupé de l'extérieur où tout est possible. C'est sur cette ambiance que joue l'intrigue avec son mystère sur ce qu'il se passe "là dessous" et comment cela impacte le comportement de ceux qui y ont vécu... des choses. C'est intrigant et c'est cela qui m'a fait lire avec une vraie curiosité les deux tomes actuellement parus.
J'ai par contre été un peu déçu par les quelques passages zombiesques, où l'auteur joue trop facilement la carte du "on ne sait pas si c'était des hallucinations ou la vérité". J'ai trouvé que cela détruisait une part de l'ambiance angoissante. L'indicible fait davantage peur que les gros monstres grimaçants.

J'attends de voir la suite pour savoir si je conseille l'achat ou non. Si l'auteur joue encore davantage la carte de la facilité par la suite et notamment dans la résolution du mystère de son intrigue, cela risque de gâcher les bons côtés de ce qu'il a su mettre en place pour le moment.

Nom série  Les Gouttes de Dieu  posté le 05/09/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Face à tout le tapage médiatique ayant accompagné la parution de ce manga en France, j'étais curieux d'enfin le lire.
Je n'étais pas particulièrement pressé ceci dit car je craignais d'être un peu rebuté. Autant j'apprécie grandement le bon vin, autant je n'y connais rien en oenologie d'une part et surtout je déteste l'idée que les meilleurs vins soient forcément les plus chers et les plus rares. Or c'est cette idée qui me semblait émaner de cette recherche des "gouttes de Dieu" et de ses apôtres, une idée de vins inaccessibles au commun des mortels, trop chers et/ou trop rares, et surtout d'un classement arbitraire décidant que tels ou tels vins étaient incontestablement les meilleurs et que les autres ne sont rien en comparaison. De l'idolâtrie à la japonaise, valorisant le plus puissant, que je n'aime pas.
Pourtant, même si ce discours réapparaît régulièrement au cours de ce manga, il est contrebalancé par plusieurs passages expliquant qu'un vin ne payant pas de mine, vendu bien moins cher qu'un autre, peut souvent être meilleur... même si l'auteur et ses personnages se dépêchent le plus souvent d'y donner une explication comme une mauvaise manière d'avoir servi le plus cher ou le fait que c'était un "maître vigneron" qui avait discrètement réalisé le moins cher.

Bon ces aprioris et reproches dépassés, j'ai quand même apprécié ma lecture. Ce qui fait sa qualité avant tout, c'est la manière dont elle transmet non seulement une très grande somme d'informations sur l'oenologie mais aussi un véritable goût pour le vin. J'ai régulièrement eu les papilles qui frétillaient d'envie à l'idée de boire une verre de telle ou telle bouteille goûtée par les protagonistes. Je note d'ailleurs que pour des amateurs et apprentis qu'ils sont dans les premiers tomes, ils ont l'occasion de boire quand même de sacrées bouteilles et en quantité non négligeable qui plus est.
Alors certes, j'ai souvent tiqué sur l'emphase des dégustations et les visions romantiques et souvent cucul-la-praline engendrées par les vins dans l'imaginaire du héros. Les métaphores fonctionnent parfois, et il aurait été autrement sans doute impossible de faire ressentir le goût du vin dans un média tel qu'une bande dessinée, mais ça parait quand même souvent assez... cruche. Dans un thème alimentaire similaire, le Gourmet solitaire m'avait donné tout aussi faim sans avoir à user de telles exagérations.
Mais c'est quand même une belle publicité pour le vin et les grands crus qui est faite par le biais de ce manga et je la salue bien.
Elle s'intègre en outre dans un récit qui tient la route et captive plus ou moins bien l'attention du lecteur, même si je le trouve un peu étiré en longueur vue la quantité de tomes. C'est une trame assez classique de manga, presque celle d'un shonen, avec un défi en fil rouge composé de plusieurs étapes, comme un long tournoi avec ses différentes épreuves d'un nekketsu de base. Le tout est heureusement plus mature et intelligemment mené.

Je n'ai pas toujours été captivé, les personnages ne m'ont pas tellement accroché et l'intrigue manque un peu de rythme, mais en tout cas, depuis la lecture de cette série, j'ai une sacrée envie de vider un peu ma cave à vin et surtout de la renouveler au plus vite.

Nom série  La Guerre des Boutons  posté le 03/09/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Contrairement à ce que je pensais au départ, cette série n'est pas uniquement l'adaptation du roman de Louis Pergaud qui a donné un excellent film dans les années 60. Seuls les deux premiers tomes le sont, quoiqu'ils semblent plus proches du film en fait puisqu'on y trouve notamment la fameuse citation à peine modifiée du Petit Gibus « Si j'aurais su, j'aurais po v'nu ». Les troisièmes et quatrièmes tomes sont par contre directement issus de l'imagination des auteurs qui imaginent une suite aux aventures des gamins de Louis Pergaud.

Pour ce qui concerne les deux premiers tomes, j'ai bien aimé cette adaptation. Le dessin est très limité techniquement parlant mais il est efficace et doté d'un certain charme qui convient à ce récit enfantin. L'histoire est racontée de manière légère et agréable. Je n'avais pas vu le film d'Yves Robert depuis mon enfance mais en lisant ces bandes dessinées, j'ai réalisé à quel point il m'avait marqué par ses scènes et ses répliques assez cultes. Les dialogues sont vraiment bons et drôles. L'histoire est simple mais plaisante. Elle m'a semblé racontée avec quelques petits raccourcis mais j'ai plutôt bien aimé cette adaptation et j'en conseille l'achat.

Par contre les tomes suivants m'ont moins plu.
Le troisième passe encore. L'ambiance est à peu près la même que dans les précédents mais le récit est plus banal puisqu'il mêle l'histoire de Roméo et Juliette à la petite guerre des boutons. Les dialogues sont moins bons, certains étant directement empruntés à Audiard et s'insérant moins naturellement dans l'histoire. On n'y retrouve pas la verve campagnarde et enfantine des précédents. Et l'histoire est moins amusante, plus convenue.
Quant au quatrième, je trouve qu'il trahit l'ambiance du récit originel. L'introduction d'anachronismes et d'éléments de récits modernes comme les ninjas gâche l'ensemble. On se croirait dans une banale histoire pour enfants comme il en est produit à la pelle dans les bandes dessinées de super-marché ou à la télé. Il y a toujours un peu de l'agréable atmosphère des premiers tomes mais j'ai vraiment moins aimé que les précédents.

En définitive, je conseille donc la lecture et l'achat des deux premiers tomes, la lecture par curiosité du troisième et je pense qu'on peut s'arrêter là.

Nom série  Batman - Anthologie Neal Adams  posté le 29/08/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Dans une interview donnée en 2005, Christopher Nolan et David S. Goyer expliquaient que leur vision de Batman pour leurs films " The Dark Knight" était basée sur trois oeuvres fondatrices du personnage : Batman - Année 1, Batman - Un long Halloween et les épisodes réalisés par Neal Adams. Je connaissais parfaitement les deux premières de la liste mais Neal Adams manquait à mon érudition. Grâce à cette anthologie publiée par Semic avant qu'ils perdent les droits de diffusion de DC en France, cette carence est réparée.

Première chose à savoir, Neal Adams est un dessinateur, pas un scénariste. Il se contente de mettre en image les récits de différents auteurs. Ce ne sont donc pas des scénarios en particulier qui ont marqué l'époque durant laquelle il illustrait le personnage mais plutôt sa façon de le représenter, de moderniser son apparence.
Et effectivement, c'est du sacrément bon boulot. Je réalise que quand je pense à Batman, c'est la vision des dessins de Neal Adams qui me vient automatiquement à l'esprit. Sobre, dynamique, soigné, ultra-maîtrisé, musclé sans être excessif, esthétique... et tout simplement classe. Ses pages sont efficaces et un régal pour les yeux. Du grand art. Et surtout, ce graphisme n'a strictement pas vieilli. Les planches de cet album datent des années 60, elles auraient tout aussi bien pu être dessinées dans les années 90 ou 2000, cela ne m'aurait strictement pas choqué.
A noter que les couleurs des histoires de cette anthologie ont été reprises au moment de son édition américaine, en 2003, et ne sont donc pas les couleurs rétro des magazines dont elles sont issues. Cela joue peut-être aussi un peu sur l'aspect moderne du dessin.

Par contre, les scénarios ne sont pas à la hauteur d'un tel graphisme.
L'anthologie comprend 9 histoires courtes, 2 issues du magazine World's Finest Comics et les 7 autres du magazine The Brave and the Bold. Elles ont pour point commun de toutes mettre Batman en association avec un autre super-héros de l'univers DC, qu'il s'agisse par exemple de Superman, Deadman, Flash ou encore Sgt Rock.
C'était une époque lumineuse où Batman n'avait rien du Dark Knight qu'il est redevenu depuis les années 80. A l'époque, c'était un personnage ouvert, souriant, un héros au grand coeur volontiers associé à Superman. Un vrai petit Tintin en costume de chauve-souris... C'était aussi une époque à grand spectacle, où les couvertures rivalisaient d'accroches souvent complètement artificielles : "Superman et Batman s'affrontent, qui va gagner ?!", "Deadman va-t-il causer la mort de Batman ?!", "Le Sgt Rock est-il mort ?!", "Batman et Flash contre l'incroyable Bork !!",...
Il en résulte des scénarios variés et amusants, fourmillant de personnages sortis du chapeau et de super-héros célèbres, mais aussi un peu... niais... On est à des années-lumières de l'ambiance gothique et sombre des oeuvres de Miller, Loeb et Sale voire même du Batman de Tim Burton. C'est du pur divertissement, partant sur des idées parfois intéressantes ou ambitieuses, mais se terminant rapidement, parfois en queue de poisson, avec des ficelles scénaristiques très faciles et de nombreux passages convenus et peu crédibles.
Il n'y a rien de répréhensible, c'est souvent sympathique et assez rythmé, mais cela n'a pas la force et la maturité des meilleurs scénarios du Dark Knight.

Malgré ces reproches, tout à fait relatifs, concernant le contenu de ces histoires courtes, je conseille tout de même cette anthologie aux amateurs de Batman pour découvrir l'ambiance des récits des années 60 d'une part, mais aussi pour savourer le dessin et l'excellente mise en page de ce fameux Neal Adams qui aura marqué définitivement le personnage par son graphisme. Elle offre au passage une bonne dose de matériel éditorial, couvertures et textes introductifs, qui ajoute à son intérêt. Par contre, 3 albums étaient prévus initialement, et suite à la perte des droits de diffusion DC Comics par Semic, ce premier tome restera solitaire. S'agissant d'histoires courtes indépendantes, cela n'a de regrettable que le fait de ne pas savoir si les scénarios des années suivantes étaient plus convaincants ou non.

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