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... a posté 2142 avis et 454 séries (Note moyenne: 2.95)

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Nom série  Une année au lycée  posté le 23/04/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Objectivement, je ne vois pas ce que ce récit apporte de plus que les multiples albums humoristiques déjà parus sur le sujet. Ceci dit, le trait est sympathique, le traitement humoristique est réussi, la sincérité de l’auteur est manifeste (on est aux antipodes du travail de commande), certaines anecdotes sont poilantes et je pense sincèrement que plus d’un professeur (comme plus d’un élève) se reconnaitra dans ces pages.

Mais voilà, il manque ce petit truc en plus qui aurait permis de sortir la série du mainstream. Et si j’en conseille la lecture pour l’humour qui s’en dégage, je n’irai pas jusqu’à en recommander l’achat.

Nom série  Kraa  posté le 23/04/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
L’histoire n’est pas la plus originale qui soit et je ne suis pas surpris que ce scénario ait d’abord été pensé pour un jeu vidéo avant de devenir une série de bande dessinée. On retrouve en effet des thèmes assez classiques comme l’opposition entre la nature sauvage et la sauvagerie urbanisée, entre le gentil indien et les méchants colonisateurs, l’arrivée de la modernité et sa volonté de dominer l’environnement ou encore l’histoire d’amitié entre un enfant et un animal.

Les personnages sont eux aussi très classiques. En vrac, on a l’ignoble méchant pas beau, le gentil petit indien qui a vu sa famille se faire massacrer, la jeune et jolie infirmière qui prend le parti du plus faible, le maire ambitieux et sans scrupules, et l’aigle comme symbole de la nature sauvage et impitoyable.

Avec de tels éléments, il était facile de tomber dans la caricature. Tout le talent de Benoit Sokal est d’éviter cet écueil en nous offrant un récit sombre et lumineux à la fois, et à l’issue incertaine. Autre point fort : une narration en voix off réalisée du point de vue d’un aigle. Cette approche est à la fois originale et permet d’introduire toute la sauvagerie du récit tout en gardant un aspect froid et pragmatique.

Et puis vient le dessin de Sokal. Excellent dans ses décors, très soigné au niveau de la colorisation, toujours avec cette petite pointe de caricature dans ses personnages (ce qui facilite leur distinction), il est un magnifique véhicule pour cette histoire.

Ma seule critique concernera la progression du scénario. En cours de route, l’auteur s’offre plusieurs possibilités de développement et en abandonne en fonction de ses choix. C’est compréhensible mais cela laisse parfois le sentiment de passages inutiles (toutes les séquences sur la stabilité de la ville, très présentes dans le tome 2 et purement et simplement oubliées dans le tome 3 – comment la ville est devenue stable demeure un mystère, et Sokal préfère éluder la question plutôt que d’apporter une réponse plausible). Cà et là, il y a ainsi des ramifications du scénario qui sont abandonnées, laissant au lecteur que je suis le sentiment d’un élagage. Comme si l’auteur s’était senti à l’étroit dans ce format et avait dû effectuer des coupes sombres dans son synopsis de départ.

Faible critique face à l’ensemble des qualités précitées. Ma cote oscille entre le 3/5 et le 4/5. La qualité du dessin m’incite à la générosité, d’autant plus facilement que le final n’est pas (trop) convenu.

Achat conseillé donc, d’autant plus que la série est disponible dans un coffret de trois tomes au prix de deux.

Nom série  Synchrone  posté le 01/10/2012 (dernière MAJ le 23/04/2014) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Les séries policières qui mélangent deux intrigues sont courantes. Le coup du flic/journaliste/dentiste/luthier (biffez la mention inutile) devenu amnésique suite à un accident de voiture/de chasse/de ponction (biffez la mention inutile) et qui apprend le décès de sa femme/fille/maitresse/conseillère en gestion immobilière (plus la peine que je vous explique ce que vous avez à faire) dans d’étranges circonstances et qui, du coup, enquêtera sur ce décès en même temps qu’il sera pris par une nouvelle affaire/un nouveau scoop/une molaire récalcitrante/la mise au point d’une nouvelle sorte de bouzouki (…) est un grand classique du genre policier.

L’originalité, dans le cas présent, est de rajouter une troisième inconnue à cette équation. On retrouve donc un employé de la NSA dont la femme est morte -suite à une tentative de meurtre dont on ne sait trop si c’était le héros ou son épouse la cible- lui-même ayant échappé à la mort par miracle mais non sans séquelles. Le voici embrigadé dans une unité spéciale (je vous laisse découvrir le pourquoi), contraint et forcé suite à un troisième événement impliquant sa belle-fille, cette fois. Il enquêtera donc sur la mort de sa femme, essayera de sortir sa belle-fille du pétrin dans lequel elle s’est fourrée (pétrin dont on découvrira la profondeur au fil des tomes) tout en exécutant (à sa manière) les missions que lui auront confiées ses nouveaux supérieurs. Trois axes, trois intrigues, trois enquêtes pour le prix d’une. C’est le point fort de la série.

A côté de cela, on notera malheureusement quelques gros clichés. Le dessin, lui, est résolument dans la veine « troisième vague » du Lombard : un trait réaliste bien net qui propose (à l’excès, je trouve) des personnages féminins hyper sexy (faut-il vraiment que la plus obscure des employées de bureau de la série ait un corps à faire pleurer de rage Adrianna Karembeu ?)

L’ensemble se laisse lire avec plaisir. L’amateur acceptera de passer outre les clichés et invraisemblances, si fréquentes dans ce genre, pour profiter de l’action et d’une triple intrigue rondement menée.

Pas mal du tout, en somme. L’achat n’est peut-être pas prioritaire mais l’amateur de récits policiers musclés à l’américaine y trouvera son compte.

Nom série  Charly 9  posté le 23/04/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Je me joins à l’ensemble des autres lecteurs. Cet album m’a beaucoup plu par son découpage original, son personnage de roi antihéroïque minable au possible, ses clins d’œil saugrenus à la bande dessinée franco-belge classique, son aspect historique indéniable, ses changements de style graphique en fonction de la thématique des différents chapitres.

Je suis tombé des nues, j’ai appris, j’ai ri. Que pouvais-je demander de plus ? Richard Guérineau sort ici une œuvre très originale, adaptée d’un roman de Teulé que je n’ai pas lu. Je n’ai cependant pas senti qu’il s’agissait d’une adaptation tant tout est fluide et s’enchaine avec logique.

Un très bon album, tout simplement.

Nom série  Eve sur la balançoire - Conte cruel de Manhattan  posté le 23/04/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Voici un récit historique tout en atmosphère.

S’intéressant au parcours d’une des premières égéries de la publicité, l’auteure nous offre au passage un portait d’une époque dans son ensemble. On y découvre que finalement rien ne change en ce bas monde.

Le dessin est assez particulier et ne sera pas du goût de tous. A titre personnel, j’ai aimé certaines planches autant que j’en ai trouvé d’autres très moyennes. Le dessin manque parfois de précision, certains visages sont parfois totalement ratés mais, a contrario, il possède une âme et excelle pour développer certaines ambiances. C’est particulier, très personnel, peut-être pas encore totalement maîtrisé mais c’est le genre d’artiste qui, à terme, peut attirer les lecteurs sur seule base de ce trait.

Le fil du récit s’apparente parfois au roman graphique puisque l’on suit au jour le jour le parcours du personnage principal, une victime de l’image (la sienne comme celle des autres) pleine de contradictions, lâche ou bornée en fonction des circonstances, mal influencée et facilement influençable. Il y a, là derrière, une leçon de vie à retirer. L’art de l’auteure étant de nous rendre ce personnage attachant malgré ses défauts. Le suspense, lui, est créé par ces scènes de procès présentes dès le début du récit et dont on se demande longtemps à quel événement elles se rattachent.

Enfin, aux côtés d’Eve, on retrouve quelques figures célèbres. L’histoire étant tirée d’événement réels et se déroulant principalement dans un univers très mondain, il n’est pas rare de croiser au détour d’une planche l’un ou l’autre personnage connu. Certains jouent même des rôles importants dans cette aventure.

Pas mal du tout. Intéressant, original, historique et moderne à la fois.

Nom série  Monsieur Tric (les aventures de)  posté le 23/04/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Je vous vois venir… mais non. Il n’y a aucune raison de ranger monsieur Tric dans la catégorie des livres strictement pour adultes.

Ces albums n’auront d’ailleurs de valeur que pour l’amateur de vieux récits naïfs, de ligne claire ou de Bob De Moor. Si vous ne faite partie d’aucune de ces trois catégories, passez votre chemin !

… et maintenant que nous nous retrouvons en comité restreint, continuons…

Je considère Bob De Moor comme l’un des grands maîtres de la ligne claire. Assistant d’Hergé, il est à mes yeux celui qui a le plus imposé l’idée même de la ligne claire dans notre inconscient collectif. Oui, plus qu’Hergé lui-même ! Et au risque de me faire allumer par les puristes, je pense que les Tintin les plus aboutis au niveau pictural, ceux qui offrent la ligne claire la plus pure, sont ceux dans lesquels De Moor est le plus impliqué.

Ces extraordinaires aventures de monsieur Tric sont donc une bonne occasion de retrouver cette pureté de trait. Enfin, elles auraient été une bonne occasion si l’auteur avait pris le temps de fignoler chaque planche. Ce n’est malheureusement pas le cas. On sent que ces courts récits étaient destinés à boucher des trous dans l’un ou l’autre magazine. La qualité d’ensemble s’en ressent mais certaines planches valent le coup d’œil tant la maitrise de l’auteur est manifeste.

Au niveau des scénarios, c’est très faible. N’ayons pas peur des mots. L’humour est basique au possible, avec cet air de la mer (ou du moins du pays flamand, ou plus précisément encore de la bande dessinée made in Vlaanderen) qui rappelle l’esprit dans lequel baignent les Bob et Bobette et autres Les Aventures de Néron et Cie (Les Aventures de Nero). Dans le deuxième tome, j’ai eu la surprise de voir apparaître le nom de René Goscinny comme scénariste de certains de ces récits (9 au total). Cette participation ne hausse pas le niveau pour autant.

Notons aussi le côté très « bon catholique bourgeois » de cet univers dans lequel plus d’une histoire a comme théâtre l’une ou l’autre fête chrétienne (Pâques et Noël en tête, comme il se doit).

Je dois enfin préciser n'avoir lu que les trois tomes en noir et blanc parus chez Bedescope. L'édition de BD Must semble à la fois être plus complète mais aussi en couleur. Ne l'ayant jamais lue, je ne peux vous en dire plus.

Une curiosité à ne réserver qu’aux collectionneurs. Pour les autres, boarf, vous pouvez toujours y jeter un œil, histoire de voir ce que c’était mais je doute fort que vous poussiez plus loin.

Nom série  Une nuit à Rome  posté le 15/04/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
A titre personnel, j’ai trouvé ce récit plaisant.

Jim reste dans ses thèmes de prédilection avec cette remise en question à l’occasion d’un anniversaire. Le ton ici est résolument romantique puisque c’est une histoire d’amour sans espoir de lendemain qui nous est proposée. Une nuit pour ne pas nourrir de regrets… ou l’inverse.

Pour hautement improbable qu’elle soit, l’histoire n’en devient pas moins crédible grâce au savoir-faire de l’auteur.

Le dessin est toujours aussi agréable à l’œil. C’est net, doux, soigné jusque dans les décors.

Je regrette juste l’emploi de l’une ou l’autre grosse ficelle et un final que j’ai trouvé quelque peu édulcoré. Mais, bon, dans l’ensemble, je dois bien avouer que j’ai apprécié ce récit.

Nom série  La Fantaisie des Dieux (Rwanda 1994)  posté le 10/04/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Retour sur un génocide, en compagnie d’un journaliste qui a vécu les événements en direct : Patrick de Saint-Exupéry. Cet album n’a pas pour vocation de nous relater le génocide dans sa globalité mais permet à l’auteur d’exprimer ses pensées lors de ce retour.

L’album s’articule donc sur deux époques et nous replonge dans l’horreur au travers de témoignages de personnes que le journaliste retrouve sur place.

J’ai beaucoup apprécié le côté « aéré » du récit. Avec ce genre de sujet, on pouvait effectivement craindre de se retrouver étouffé et il n’en est rien. Pourtant le côté sordide du génocide n’est pas occulté, mais on se concentre plus sur les sentiments des rescapés et des militaires. Au sujet de ces derniers, j’ai beaucoup apprécié la manière dont ils nous sont présentés, qui correspond aux échos que j’ai eus de militaires belges. Je ne sais pas en France mais, en Belgique, les politiques bien aidés par certains journalistes, n’ont pas hésité à « charger » les militaires envoyés sur place… alors qu’en leur refusant le droit d’intervenir contre les forces gouvernementales, ils se plaçaient en véritables complices de la boucherie. Pieds et poings liés, les militaires ne pouvaient que constater l’ignominie ou, alors, devaient désobéir aux ordres pour se retrouver « par hasard » au bon endroit au bon moment.

Le trait d’Hippolyte convient parfaitement au récit en gardant un côté brut de type « reportage ». Les passages oniriques dans lesquels de Saint-Exupéry se replonge et affronte ses souvenirs sont illustrés via des planches où l’on voit le personnage nager sous l’eau et croiser ainsi différents acteurs, différentes victimes. Ce sont autant de moments de réflexion bien utiles dans ce genre d’album.

En définitive, parmi les quelques albums que j’ai pu lire sur le sujet, cette « fantaisie des dieux » se démarque largement par sa dimension émotionnelle et humaine. Peut-être n’est-elle pas totalement objective mais je l’ai sentie extrêmement sincère et humble.

Parce que le thème est délicat et pour la sincérité ressentie, j’accorde un 4/5 même si ma cote « objective » (mais comment être objectif avec ce genre de sujet ?) se situe plus vers le 3,5/5.

Nom série  Le Chien qui louche  posté le 10/04/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Si l’on tient compte du fait que cet album est un exercice de style (puisque coédité par le musée du Louvre) et si on le compare aux autres albums paru dans cette collection, je pense que l’on tient là un bon album.

Si l’on se contente de le comparer aux autres albums de l’auteur, Le Chien qui louche peut s’apparenter à un album sympathique mais mineur de l’auteur.

On y retrouve cependant ce qui, à mes yeux, fait la force de Davodeau : l’humanité. Ses personnages sont extrêmement bien typés et il se dégage d’eux une bonhomie communicative. Difficile de ne pas avoir le sourire aux lèvres et l’envie de partager l’apéro avec cette galerie de personnages (même si certains sont plus lourds que d’autres).

L’idée de départ est bonne également. Elle est absurde et pourtant, on se plait à la croire plausible.

Reste que, comparativement aux meilleurs récits de l’auteur, il manque à cet album un thème fort. Ici, c’est sympathique mais léger. Un album apéritif, en somme. Une bonne manière de découvrir Davodeau (si ce n’est déjà fait) et de se balader dans le Louvre, avant d’attaquer les choses « sérieuses ». Ceci dit, l'album ne fait certainement pas tâche dans la bibliothèque et se relit avec plaisir. Ce serait donc stupide de se priver...

Nom série  Empire USA  posté le 08/04/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je n’ai lu que le premier cycle qui, il faut bien l’avouer, ne m’a pas emballé plus que ça.

Pourtant, la narration est bonne et le rythme est haletant. J’ai enchainé les tomes sans véritable lassitude (d’où ma cote de 3/5) et j’avais envie de voir comment tout cela allait finir. Le dessin, dans son ensemble, n’est pas mauvais même si je trouve l’album illustré par Koller un cran en dessous. On reste cependant dans un trait réaliste et froid de bonne qualité.

Seulement, voilà ! Très régulièrement, j’ai trouvé que Desberg usait de ficelles très grosses. Nos valeureux héros récoltent des informations avec une facilité déconcertante. Parfois, ils n’ont même pas besoin de poser une question pour obtenir une réponse non seulement pertinente mais de plus détaillée (du genre : « et si vous nous expliquiez quel était votre travail pour l’ONU. » - Réponse : « Ahhh, c’est vrai, on vendait des armes chimique à Saddam Hussein, même que certaines ont disparu mais on ne s’en est pas inquiété, mais maintenant que vous le dite, c’est fort probable qu’elles soient entre les mains de dangereux terroristes ! »… Pas très crédible, tout ça).

Et les heureux hasards sont légion, tandis que certains personnages sont, eux aussi, peu crédibles (sans même parler de la dimension fantastique pour le moins étrange). L’agent de la CIA qui commence à parler à tort et à travers au moment où, entrée par infraction dans une maison hautement surveillée, elle doit se dépêcher de neutraliser une alarme, tout cela parce que sa procédure de divorce la stresse… je sais pas, mais j’ai un doute…

La séquence de départ, répétée tout le long des 6 tomes et qui permet de « gagner » 4 à 5 pages à répéter ce qui a déjà été dit et re-dit dans les tomes suivants, si elle permet de donner au lecteur le sentiment d’avancer vite dans sa lecture, est quand même assez culottée (quel fainéant, ce Desberg !)

N’oublions pas cette propension des ennemis à tirer à côté de leur cible dès que cette cible est un des héros de la série, à ne pas s’inquiéter d’étrangetés si celles-ci peuvent desservir nos héros… en clair, à se comporter comme des crétins maladroits quand ça permet de sortir les « gentils » de la série d’un mauvais pas.

Trop de facilité à mon goût, donc, mais l’efficacité est au rendez-vous. D’où, cette cote de 3/5 sans option d’achat (mais on était proche du "bof").

Nom série  Vercingétorix  posté le 07/04/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Mon avis rejoindra celui de Pol.

Les auteurs évitent le piège de l’énumération de faits grâce à la narration à la première personne. C’est bien vu et cela rend cette stricte évocation historique plus agréable à lire. J’ai également apprécié le fait que Vercingétorix nous soit présenté sans ses fameuses moustaches (enfin !)

Le dessin est agréable et soigné, dynamique dans les scènes de combat, précis dans les décors et les présentations de sièges ou de batailles. La mise en page est variée.

Maintenant, je dois bien avouer n’avoir pas appris grand-chose… alors que je ne savais pas grand-chose avant d’entamer ma lecture. Le récit se centre sur trois batailles (dont deux sont bien entendu Gergovie et Alésia) et lorsque les auteurs nous présentent l’épouse et l’enfant de Vercingétorix… c’est pour nous déclarer dans le cahier joint qu’en fait il s’agit d’une liberté prise avec la réalité puisqu’on ignore tout de la vie familiale du chef gaulois.

Alors, voilà, c’est bien fait, avec un réel souci de rigueur et de précision (toutes les libertés prises nous sont expliquées en fin d’album)… mais finalement très pauvre en données historiques. Peut-être est-ce dû au fait que l’on ignore encore beaucoup de la vie de Vercingétorix mais ça me laisse un petit arrière-goût de trop peu en bouche.

Nom série  Vois comme ton ombre s'allonge  posté le 07/04/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Comme le dit Alix, il faut accepter être dérouté pour apprécier cet album. Les pièces du puzzle se mettent en place très progressivement pour que se dégagent deux histoires (celle du personnage principal dans lequel Gipi semble se projeter puisqu’il s’agit d’un écrivain arrivant à la 50aine, et celle du bisaïeul de ce personnage ayant vécu des événements dramatiques durant la Grande Guerre).

Personnellement, j’ai trouvé l’ensemble intéressant mais pas passionnant. Le point fort, à mes yeux, est la technique narrative employée. Deux styles graphiques totalement différents, celui utilisé pour l’écrivain schizophrène étant totalement décousu et dans un noir et (surtout) blanc brut, l’autre réalisé en couleurs directes offre au contraire des planches très sombres et parfois très belles.

Reste que je ne comprends pas en quoi l’histoire du bisaïeul a pu traumatiser à ce point cet écrivain. C’est ce passage qu’il me manque pour monter ma cote à 4/5. Ici, on reste sur un truc « pas mal », intéressant et original dans sa structure narrative mais pas poignant.

Je n’oserai vous conseiller l’achat « à l’aveugle ». C’est quand même assez spécial et une location, dans un premier temps, est sans doute plus indiquée. Mais cet album vaut la peine qu’on y jette un œil.

Nom série  LIP (des héros ordinaires)  posté le 05/04/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Les récits traitant de lutte sociale, si, dans la majeure partie des cas, ils présentent un intérêt historique réel, ne sont pas toujours les plus agréables à lire. Trop formels, ils peuvent vite se révéler assommants.

Il existe cependant de belles exceptions, comme « Un homme est mort » ou… « LIP » !

Intelligemment construit autour du parcours d’une jeune femme que cette lutte ouvrière va émanciper à tous niveaux, ce récit se révèle aussi instructif que prenant. Le chemin emprunté par Solange et ses compagnons ne peut qu’interpeller à une époque où les délocalisations et la mainmise des actionnaires sur les travailleurs sont devenus plus qu’un simple fait.

D’autant plus que ce récit est celui d’une réalité. Les évènements qui nous sont ici relatés sont bien réels. Mais si j’avais entendu parler de cette occupation d’usine, devenue un symbole et par là même presque une utopie irréelle, les faits exposés par Laurent Galandon et Damien Vidal, avec ce souci de documentation et de véracité, ont réveillé ma conscience.

Le choix d’un noir et blanc sobre est de nature à accentuer encore ce côté « reportage » et convient donc parfaitement au récit. Les nombreux personnages sont extrêmement bien typés, au point qu’il est impossible de les confondre en cours de lecture. Le découpage et l’emploi d’un journal intime favorisent encore l’immersion dans le quotidien de ces travailleurs.

Intelligent, opportun, interpellant, soigné, agréable à lire… je me demande vraiment ce que vous attendez pour y jeter plus qu’un œil… surtout si la politique économique et l’évolution de la société sont des sujets qui vous intéressent (superjé, ce livre est pour toi ).

Même la postface de Claude Neuschwander mérite que l’on s’y attarde… contrairement à la préface de Jean-Luc Mélenchon sur laquelle j’avoue m’être endormi.

Une belle réussite pour un sujet plus que jamais d'actualité (difficile de croire que ces événements se sont déroulés il y a déjà 40 ans !)

Nom série  La Chronique des Immortels  posté le 05/04/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Adaptation de romans de fantasy, cette Chronique des Immortels présente suffisamment d’atouts pour que j’en conseille l’achat. Rien d’extrêmement original, cependant, mais que ce soit le dessin, les personnages ou leurs aventures, tout est parfaitement mis en place, de sorte qu’il est finalement difficile d’abandonner sa lecture en cours de route.

Le ton est résolument dramatique et emphatique… mais pas lourdingue pour la cause. La lecture est aisée, le découpage est aéré et alterne avec talent scènes d’action et passages plus lents, voire introspectifs. Point d’humour ici mais ce n’est pas vraiment un problème.

Le changement de dessinateur entre les deux cycles ne constitue pas un frein. Ce changement survient à un moment judicieux et, si les styles divergent en certains points, une harmonie d’ensemble existe bel et bien et (plus important encore) la qualité reste au rendez-vous. Le style, qui rappelle celui utilisé dans l'animation, est parfaitement maîtrisé et employé avec talent. Rares sont les dessinateurs qui peuvent se vanter de me convaincre en employant cette technique en bande dessinée. En voici deux qui y parviennent les doigts dans le nez !

Prenant ! Cette série ne remportera sans doute jamais un prix de l’originalité mais elle est suffisamment efficace pour que je vous invite à la lire.

Nom série  Jack Blues (Airblues)  posté le 04/04/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je n’ai lu que les trois premiers tomes et je ne compte pas investir dans la série. Par contre, si je trouve le moyen de louer les deux derniers albums via une bibliothèque (et que je trouve le temps de les lire), je pense que je ne m’en priverai pas.

En effet, à défaut d’être une franche réussite, cette série s’est tout de même révélée distrayante et, surtout, ne se prend pas trop au sérieux. Une évolution dans le ton qui s’accentue au fil des tomes, le troisième étant finalement plus sympathique que le premier (c’est d’ailleurs ce qui me donne envie de jeter un œil sur les deux derniers). C’est du bourre-pif ricain à l’européenne* de type brut de coffrage, sans aucun souci de vraisemblance et truffé d’allusions cinématographiques. Jack Blues, pilote privé d’Howard Hughes croisera la route de divas célèbres ou d’acteurs en devenir. Pilote chevronné, il est souvent flanqué d’un vieux complice devenu « privé » toujours prêt à sortir la grosse artillerie (le genre qui va à la chasse au papillon armé d’un bazooka et de quelques grenades) et de la nièce de ce dernier. Les poitrine plantureuses sont légion et gonflent allègrement des corsages toujours proches du point de rupture.

Les enquêtes volent moins haut que les avions illustrés et sont résolues en deux temps trois mouvement… On s’en fiche quelque peu, puisqu’il y a des pin-up, de la castagne, un peu d’humour et d’autodérision et des avions.

Le dessin des deux premiers tomes est assuré par Durand, auquel je reproche un style trop raide sur ses personnages. L’arrivée d’Arroyo permet de hausser la qualité d’ensemble d’un cran. C’est propre, soigné, lisible, et une attention particulière est accordée aux différents modèles d’avions.

Voilà, voilà… Pas de quoi fouetter un chat mais si vous voyez ces albums dans votre bibliothèque et que vous êtes en quête d’histoires distrayantes, frivoles et sans prise de tête, je dis « pourquoi pas ? ».

* bourre-pif ricain à l'européenne = série réalisée par des auteurs européens et dans laquelle ils projettent leur vison d'une Amérique fantasmée, avec grosse castagne, gros flingues, enzovoorde (comme on dit chez moi).

Nom série  Harpignies  posté le 19/03/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
S'il y a bien quelque chose qui m'a plu dans cet album, c'est sa fraîcheur de ton. Les auteurs semblent d'ailleurs partager avec moi un goût immodéré pour le mauvais jeu de mot.

Grâce à cette fraicheur, grâce à des dialogues vivants et simples, grâce à la bonne humeur que fait naître cette manière de la raconter, cette histoire m'a accroché de bout en bout.

... grâce à un dessin simple et expressif, aussi. un dessin qui ne s'embarrasse pas de fioritures pour aller à l'essentiel : l'émotion. et je ne parle pas de trémolos mais bien de vivacité, d'humanité, de proximité (si tant est que la proximité soit une émotion).

En clair, d'un point de vue technique, j'ai trouvé cet album très bien réalisé.

L'histoire, elle, me laisse un peu plus perplexe, tant elle brasse tous azimut sans toujours étreindre. L'aspect historique présent au travers des pages consacrées au peintre Henri Joseph Harpignies n'est finalement que peu développé. L'aspect "policier" avec une tentative d'escroquerie m'est apparue que peu crédible et assez enfantine dans sa conception. L'aspect "roman graphique" m'a semblé être le plus réussi. Il est clair que cette histoire tenait au cœur de l'auteur et c'est dans cette sincérité que réside l'essentiel du charme de cet album.

Charmant, cet album vaut la peine d'être découvert... Et puis c'est un réel plaisir de retrouver des yeux ainsi dessinés. Ces petit traits pleins ont un charme fou.

Nom série  Amphoria (Bob et Bobette - la saga commence)  posté le 19/03/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je ne connais pas un seul lecteur belge qui n’aurait jamais eu entre ses mains un Bob et Bobette, cette œuvre à la fois kitch et culte venue d’au-delà du rideau linguistique. Une œuvre au ton tellement typiquement flamand qu’elle a toujours eu du mal à s’exporter.

Il faut savoir que, traditionnellement, la bande dessinée flamande est, bien plus qu’en région francophone et qu’en France, destinée à un public juvénile (« Les Aventures de Néron et Cie », « Bessy ») ou verse carrément dans le trash (« Cowboy Henk »). Pas de juste milieu et je ne connais quasi aucune œuvre grand public destinée aux adultes dans la production flamande actuelle.

C’est la raison pour laquelle cette version modernisée de Bob et Bobette m’intriguait autant. Et le moins que je puisse dire, c’est que le lifting est impressionnant : dessin semi-réaliste, personnages plus sexy, intrigue plus adulte. Mais ce lifting n’a pas fait disparaître ce qui faisait l’essence même de la série. On retrouve en effet tous les personnages emblématiques (jusqu’au méchant Crimson) pour une intrigue construite autour d’un voyage dans le temps. Le titre même de ce premier tome (Amphoria) est un sacré clin d’œil aux origines de la série (non, Bob et Bobette ne sont pas frère et sœur et oui Bob est originaire de l’île d’Amphoria, révisez vos classiques, que diable !)

Il est bon de noter que Marc Legendre n’est pas un inconnu dans le monde de la bande dessinée puisqu’on lui doit également les scénarios de « Sam », une série justement destinée à un public plus adolescent que ce qu’offrent en général les éditeurs néerlandophones.

Et le résultat, me direz-vous ? Et bien, il n’est pas déplaisant à lire même si quelques erreurs sont commises par ci par là (dont une sourde sensée lire sur les lèvres qui répond en tournant le dos à son interlocuteur plus souvent qu’à son tour, comment a-t-elle pu entendre la question posée demeure une énigme à mes yeux). Le ton employé et la manière dont l’intrigue se développe m’incitent à penser que l’album plaira plus aux jeunes adolescents ou aux vieux nostalgiques qu’à un public adulte qui découvrirait ces personnages par le truchement de cette nouvelle série. Pour les autres, je vous conseille tout de même de passer par une location avant de vous décider à l’achat.

A suivre, en tous les cas, car le lifting tient la route.

Nom série  L'Armée de l'ombre  posté le 12/11/2012 (dernière MAJ le 19/03/2014) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
L’armée de l’ombre est ni plus ni moins (et à égalité avec « amours fragiles ») ma série de référence en matière de récit centré sur la seconde guerre mondiale.
Elle a pour elle de multiples atouts :

- Tout d’abord, un cadre relativement original puisque nous nous retrouvons sur le front russe, front moins souvent utilisé et au vu de ces deux premiers albums, je dirais même sous-exploité tant il offre un champ d’investigation accrocheur ;
- Ensuite une inversion du point de vue puisque l’auteur place le lecteur dans les traces d’un jeune soldat allemand. Nous nous trouvons ainsi dans le camp des perdants, empreints aux doutes ;
- La qualité de la documentation est elle aussi un des points forts de cette série. L’auteur s’informe tant et plus et cela se ressent au final tant cette histoire semble crédible et propose de multiples détails très instructif pour celui que cette période intéresse ;
- Le dessin, enfin, est vraiment excellent. Réaliste dans ses décors mais n’hésitant pas à être un poil caricatural dans ses personnages (les nez, notamment) pour nous permettre d’ainsi très facilement les différencier, il est, de plus, dynamique et expressif. Que demander de plus ?

Le premier tome m’a fait ressentir le froid de l’hiver russe. Le deuxième tome a bien développé le processus du doute qui lentement s’insinue au cœur de l’armée allemande, et de la perte d’illusion qui l’accompagne.

J’attends avec impatience le prochain tome !!!

Si vous êtes fans de récits historiques traitant de la seconde guerre mondiale, cette série est un indispensable.

Nom série  Le Serpent d'eau  posté le 12/03/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Avec ce nouvel opus, Tony Sandoval ne surprendra pas ses lecteurs. On y retrouve effectivement ce qui constitue sa marque de fabrique : un dessin étrange et poétique au service d'histoires sombres où règnent en maîtresses les jeunes femmes et la mort.

En ce qui concerne ce serpent d'eau, j'avoue n'avoir été qu'à moitié convaincu par un scénario finalement assez creux. Le dessin, par contre, est toujours aussi séduisant. La priorité me semble d'ailleurs avoir été accordée à celui-ci avec de nombreuses grandes illustrations très soignées tandis que le récit, pourtant copieux d'une petite centaine de pages, se lit très vite si l'on ne s'attarde pas sur le dessin (ce qui serait gâcher, j'en conviens).

En résumé, Tony Sandoval nous livre à nouveau un album plus que correct. Si vous aimez l'auteur, cet opus devrait vous plaire. Si vous ne le connaissez pas encore, je vous conseillerais de lire d'abord d'autres œuvres du talentueux mexicain, comme Le Cadavre et le Sofa. Une œuvre honnête d'un auteur que je ne peux que vous inviter à découvrir, tant son style en fait un personnage à part dans le microcosme de la bande dessinée.

Nom série  Chamisso (L'Homme qui a perdu son ombre)  posté le 06/03/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Que voilà un beau personnage !

Après m'avoir fait découvrir Mary Shelley sous un angle nouveau, les deux Da (Daniel Casanave et David Vandermeulen) se proposent ici de m'emmener sur les pas d'Adalbert Von Chamisso, dont je dois bien l'avouer, j'ignorais jusqu'à l'existence...

... ou plus exactement, que j'ignorais connaître. En effet, quel amateur de bande dessinée n'a pas lu au détour d'une phrase le titre péjoratif de rascal ? Et bien, figurez-vous que Rascal est le nom d'un des personnages de Chamisso !

Cet album m'a donc permis d'être un peu moins con, et rien que pour ça, je ne peux que remercier les auteurs.

A l'image de Shelley, le récit démarre sur des bases historiques solides mais bascule un moment dans la fantaisie littéraire, l'auteur dont on suit les pas fusionnant avec un de ses personnages. C'est déroutant, de prime abord mais aussi très astucieux pour mieux comprendre un auteur et son œuvre.

Le dessin, simple et expressif, de David Casanave et la narration légère et spontanée de David Vandermeulen sont deux véhicules des plus agréables à emprunter pour visiter cet univers. Le livre, copieux de près de 250 pages, se lit comme un rien. Le récit amuse, divertit, instruit et séduit.

Et me voilà sortant de cet album avec l'envie de découvrir "Peter Schlemihl", l'œuvre majeure de ce bien sympathique et atypique Chamisso. Sincèrement, quelqu'un qui écrivait il y a près de 200 ans "je saisit l'occasion pour élever ici une protestation solennelle contre l'appellation de "sauvages" appliquée aux insulaires de la mer du Sud..." mérite plus de reconnaissance. Merci donc aux auteurs de me l'avoir fait découvrir.

Franchement bien est peut-être exagéré car le récit comporte tout de même de quelques longueurs (dans sa première partie, principalement) mais c'est bien ! Le coup de cœur, lui est attribué au vu de certaines planches d'une vivifiante simplicité et pour la découverte de ce beau personnage.

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