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... a posté 2197 avis et 488 séries (Note moyenne: 2.95)

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Nom série  Le Révérend  posté le 27/05/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Un premier tome ultra classique dont la seule véritable originalité vient d’un pseudo flash-back sous forme de rêve qui permet d’influencer le lecteur vers une mauvaise direction tout en gardant la cohérence du récit (ça, c’est plutôt bien vu). Pour le reste, nous avons droit à un récit de vengeance dans un univers de Far-West. A titre de comparaison, c’est un peu comme si vous ne preniez qu’un tiers de « Once Upon A Time in the West » pour en faire un récit complet… Forcément, le westernophile affirmé trouvera ça pauvre. Mais je ne bouderai pas mon plaisir, le rythme est soutenu, les personnages ne manquent pas de charisme, l’esprit est là et le dessin est sympa.

Le deuxième tome s’est longtemps fait attendre (on a même craint le pire avec les déboires rencontrés par l’éditeur) mais a finalement été publié. Malheureusement, encore plus que le premier, il souffre du manque d’épaisseur du scénario. Les auteurs relancent constamment la machine, en développant de nouveaux personnages secondaires intéressants (mais finalement peu exploités), en multipliant les scènes d’action, en étoffant l’histoire d’amour entre les deux personnages centraux (mais pas assez pour que je comprenne pleinement les motivations de l’une d’entre eux). Rien à faire, et malgré le toujours très agréable dessin (qui pourrait juste encore gagner en profondeur si les arrière-plans avaient été plus fouillés), je finis ma lecture avec un sentiment de trop peu.

Une petite déception donc mais il s’agit là à mes yeux d’un excellent emprunt de bibliothèque, un récit dans lequel on rentre facilement, qui ne marque pas vraiment et ne surprend pas beaucoup plus mais qui se laisse lire sans provoquer de réel ennui. Il lui manque un petit quelque chose pour sortir du tout venant.

Ceci dit, au niveau du scénariste comme à celui du dessinateur, le potentiel est là et je n’hésiterai pas à jeter un œil à leurs prochaines publications.

Nom série  L'Essai  posté le 17/05/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Nouvel album de Nicolas Debon et nouvelle perle !

L’essai relate une expérience de vie communautaire anarchiste, humaniste, naturaliste et totalement utopique. Au fil des pages, les contradictions se font jour, le rêve d’une société égalitaire et libertaire s’étiolent face aux réalités humaines. L’ambition, la volonté de convertir, la jalousie, la folie des grandeurs… L’homme peut avoir les desseins les plus nobles, il n’en reste pas moins homme.

Si le constat final est amer, l’expérience valait la peine d’être tentée, et Nicolas Debon, dans un savant mélange de réalité historique et de romance, parvient à nous faire partager les rêves de Fortuné Henry, instigateur et narrateur de cette expérience, et de ses camarades.

Le dessin, brut, avec des personnages aux contours flous, avec des couleurs passées plonge le lecteur dans un autre monde, une autre époque. La narration à la première personne l’implique, le rend complice du sort des personnages… J’aurais tant aimé que cet essai soit converti… J’aurais tant aimé qu’il nous convertisse tous à ce rêve de société égalitaire.

Ici, anarchie ne rime pas avec attentat et destruction, bien au contraire ! Il est tellement rare qu’un récit nous présente cette utopie politique de la sorte (dans le même ordre d’idée, je dois remonter au « Temps des Bombes » pour retrouver le sujet traité d’une manière similaire) que j’y vois une raison de plus de lire cet album.

Enfin, le découpage est proche de la perfection. Le rythme lent, les dialogues qui puisent dans leur rareté toute leur force marquent le passage du temps et la force des idées. Les grandes illustrations découpent le récit en courts chapitres. La page 43 recentre le dessin et, par la même occasion, la thématique et l’enjeu réel de cet essai. La forme sert le fond, d’une manière inconsciente, le découpage guide les pensées du lecteur. Du grand art sans grands effets. Je ne peux qu’être admiratif devant cette apparente simplicité.

Enfin, l’album nous propose quelques phrases magnifiques. Et je finirai cet avis sur l’une d’entre elles : « Lorsqu’un homme rêve, ce n’est qu’un rêve ; que plusieurs hommes rêvent ensemble et c’est le début d’une réalité… »

Nom série  A la recherche du Nouveau Père  posté le 06/05/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
« A la recherche du Nouveau Père » est la suite directe de « Mères anonymes ». Tellement directe qu’il est même malheureux de créer une fiche pour cet album. Mêmes auteures, même format, même style,… et même la couverture a été pensée comme un négatif de l’autre (en terme de couleur, hein, pas dans le sens opposition homme/négatif – femme/positif… enfin, quoique).

Je m’attendais à trouver un récit plus centré sur l’image du père tel que la femme occidentale du XXIème siècle le voudrait mais les auteures continuent finalement à surtout nous parler du mal-être des femmes en général et de leur personnage principal en particulier. C’est une petite déception de ce point de vue. Surtout qu’en cours de lecture, j’ai eu le sentiment qu’elles n’avaient plus grand-chose de neuf à nous raconter. Cet album en devient plus anecdotique à mes yeux. Moins sombre aussi, il ressemble finalement à la production habituelle du genre : un ton humoristique teinté d’autodérision, un dessin vif qui va à l’essentiel, des personnages caricaturaux. Pour en revenir à l’image du père : ici, soit les hommes sont des gros machos fainéants, soit ils sont (seulement au nombre de deux) tellement parfaits dans leur rôle de père qu’ils en perdent toute masculinité aux yeux des personnages féminins présents dans cet album. Ces deux hommes, qui de prime abord semblent correspondre à l’image du père tel que souhaité par les héroïnes de ce récit, deviennent à leurs yeux soit une bonne copine soit un être mou et castré.

Au terme de ma lecture, j’en suis toujours à me demander ce que recherchent ces femmes. Le macho carriériste semble les attirer sexuellement mais est un mauvais père à leurs yeux. L’homme au foyer n’attire plus sexuellement et, de plus, est perçu comme un intrus sur le territoire de plusieurs des femmes ici évoquées. Pas facile, pas facile… La quête du nouveau père est loin d’être finie pour ces mères anonymes…

En soi, l’album est plaisant à lire mais pas spécialement marquant à mes yeux. De plus, s’il soulève quelques bonnes questions, il n’apporte aucune réponse. J'ai cependant beaucoup apprécié le fait que les auteures n'accusent personne (sinon la presse people pour l'image de la femme qu'elle projette). Elles constatent et ne nient pas les contradictions présentes dans les attentes de leurs personnages féminins. 3/5 mais à emprunter plutôt qu’à acheter.

Nom série  Le Jardin de Minuit  posté le 05/05/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Adapté d’un classique de la littérature jeunesse anglaise des années ’50, ce récit est agréable à plus d’un titre.

Tout d’abord, et c’est ce qui m’a convaincu à l’acheter, son style graphique naïf est vraiment agréable à l’œil. Non seulement, il convient parfaitement au sujet mais, de plus, il apporte au récit une fraicheur, une finesse et une naïveté très plaisantes. Les personnages sont bien expressifs, les décors sont soignés mais sans distraire le lecteur (c’est le genre de détail que l’on remarque plus en seconde lecture que dans un premier temps).

Par ailleurs, le découpage est bien pensé et à aucun moment je n’ai eu le sentiment de lire une adaptation.

Ensuite vient le récit. Très classique dans le genre fantastique mais bien tourné et tout de même original par plusieurs aspects, ce récit est plaisant à suivre même si je trouve qu’il lui manque un moment fort. Ca se laisse lire, ça coule tout seul mais jamais je n’ai vraiment été saisi.

Il n’empêche, pour une petite lecture à l’ombre d’un arbre (voire même dans l’arbre en question), cet album me semble vraiment un bon investissement. De plus, il plaira à un large public.

Pas mal du tout, en somme.

Nom série  Les Vestiges de l'Aube  posté le 04/04/2014 (dernière MAJ le 30/04/2015) Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Ce récit parvient à la fois à être très classique mais aussi plutôt original. Jugez-en !

D’une part, nous avons un récit policier ultra-classique avec, en vedette, un flic new-yorkais meurtri psychologiquement par la mort de son épouse et de sa petite fille. Ce dernier enquête sur une série de crimes sans liens apparents. Sa route croisera celle d’une call-girl pas tout à fait nette et il aura, pour l’épauler, un partenaire paternaliste et une médecin légiste compétente, sexy et tranchante comme un scalpel. En résumé : New-York, flic borderline, call-girl témoin, partenaire paternaliste, meurtres en série, médecin légiste sexy… On se croirait dans une série télé !

Oui, mais voilà ! Dans l’ombre de notre pauvre policier va surgir… un vampire. Un vampire las de sa solitude et de son isolement, touché par le mal-être du flic et bien décidé à l’aider grâce à ses pouvoirs pour le moins particuliers (grosses canines, poigne d’acier et maîtrise de l’espace aérien, entre autres choses).

Le tout nous est raconté à la première personne (celle du vampire).

Classique et original, vous disais-je.

Le résultat, c’est un récit assez prenant. Le découpage est bon, le dessin est soigné. Malheureusement, la présentation des deux personnages principaux truste une bonne partie de l'espace, ce qui n’empêche pas l’un ou l’autre passage plus musclé. Mais, voilà, au terme de ces deux tomes, j'ai un goût prononcé de trop peu en bouche. l'enquête en elle-même se révèle tellement classique dans son intrigue (réfléchissez à trois choses qui pourraient réunir 6 mâles ayant plus ou moins le même âge, l'une des trois est la solution du 'mystère' ) que l'intérêt du récit, je l'ai trouvé dans ses deux personnages vedettes. Ils mériteraient de se retrouver dans au moins une suite, histoire d'enfin pleinement exploiter le potentiel de leur étrange amitié.

Ah oui, un dernier mot : ici, les vampires se transforment en faucon et se voient dans les miroirs. C’est là, à mes yeux, la preuve même que David Khara (l’auteur du livre qui est ici adapté) aime jouer avec les codes classiques pour les revisiter à sa manière.

Classique et original, on n’en sortira pas… Mais frustrant dans ce format en deux tomes car les deux personnages centraux avaient un beau potentiel.

Nom série  Gloria Victis  posté le 05/11/2014 (dernière MAJ le 30/04/2015) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Voilà une série très plaisante à suivre, à condition de la prendre pour ce qu'elle est : un récit d'aventure destiné aux jeunes adolescents (mais pas que).

Tout d’abord, le cadre : les courses de chars dans l’Empire romain. Voilà une manière originale d’aborder cette époque déjà si souvent exploitée ! Et comme les auteurs semblent bien documentés sur le sujet, le théâtre de cette fiction nous est présenté d'une manière assez crédible. Bien sûr, les courses sont très spectaculaires, mais les auteurs évitent d'en faire trop. Exagérées, oui (évidemment, serais-je tenté de dire), mais pas délirantes.

De plus, avoir choisi l’Espagne comme point de départ du récit est, je trouve, très judicieux : les auteurs sont d’origine ibérique, d’une part et cette région de l’Empire romain n’est finalement que peu exploité dans les récits du genre, d’autre part.

Ensuite vient le dessin. Un trait propre et immédiat, hérité du franco-belge de la grande époque, influencé par le dessin d’animation, soigné dans ses décors, dynamique, expressif. Du bel ouvrage ! Et même le saut temporel du premier tome (12 ans séparent l’introduction du reste du récit) ne pose pas de problème quand il s’agit de reconnaître les personnages (que ce soit un enfant devenu jeune adulte, un adulte devenu vieux ou une matrone devenue… matrone mais en pire). J’aime vraiment beaucoup ce trait un peu carré et très typé, même si certains chevaux me paraissent étrangement longs.

Le récit, en lui-même, est des plus classiques. Un jeune orphelin va suivre les traces de son père à son corps défendant. Il devra faire face à ses vieux démons mais aussi à un cruel adversaire. Sa route croisera celle d’une jolie esclave, d’un mystérieux gladiateur et d’influents notables romains. Le nombre de personnages importants n’excède pas la dizaine, ce qui permet de rapidement s’y retrouver tout en offrant plusieurs champs d’investigation. Ces multiples relations donnent aux auteurs la possibilité de nous présenter divers aspects de la réalité historique de l'époque. C'est souvent instructif (pour un jeune lecteur, hein, pas pour un historien) sans jamais être lourdingue.

J’ai également apprécié le fait que les auteurs n’hésitent pas à tuer l’un ou l’autre personnage sans tenir compte du fait que les lecteurs s’y seraient attachés ou pas. Cette façon d’aborder les choses crée une tension, permet de rendre certains personnages détestables et de donner à ce récit des allures de drame antique.

Le troisième tome devrait nous emmener en Gaule. Je m’en réjouis à l’avance. A mes yeux, Gloria Victis est une très belle série 'grand public', conçue pour être appréciée par de jeunes adolescents sans que leurs parents ne trouvent ça infantilisant.

Nom série  Flashpoint  posté le 29/04/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Le scénario de cet album a été pensé avec l’objectif de totalement égarer le lecteur au début de sa lecture, le plongeant dans la situation du héros alors que celui-ci ne comprend rien à ce qui lui arrive.

… C’est très réussi. Trop même, serais-je tenté de dire car il m’a été difficile de m’accrocher durant les deux premiers chapitres. Heureusement, au fil du récit, les tenants et aboutissants de cette histoire uchronique -dans laquelle la réalité présente est profondément influencée par des modifications de son passé- se font plus clairs. J’ai toujours le sentiment de ne pas avoir tout capté mais, ouf, dans les grandes lignes, je pense avoir compris.

Cette difficulté à réellement m’accaparer le scénario aura été un handicap tout au long de ma lecture. C’est regrettable car, en soi, cette uchronie recèle de quelques très bonnes trouvailles (on a par exemple droit à un Batman étonnant) et le fait de regrouper autant de superhéros dans des seconds rôles (voire dans celui de figurants) permet au dessinateur de s’éclater (plaisir souvent partagé par le lecteur).

Flash, en lui-même, garde ses spécificités et les fans du personnage ne seront pas déçus par cette version.

Côté dessin, rien à redire. C’est du comics de qualité, dynamique, explosif. Andy Kubert semble vraiment avoir pris du plaisir dans la recréation des différents personnages célèbres qui animent la série (et ça va de Batman à Aquaman en passant par Wonder Woman et bien d’autres), il n’est pas avare de détails (au risque de parfois surcharger ses cases) et garde toujours la lisibilité nécessaire.

Du fait que je ne suis finalement pas vraiment convaincu par ce récit tarabiscoté aux explications trop elliptiques à mon goût, je ne vous conseille pas l’achat. Mais si vous cherchez un scénario tordu, empruntez donc une fois cet album, il pourrait vous ravir.

Nom série  Power Girl  posté le 29/04/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je ne connaissais rien de ce personnage mais le ton volontiers parodique de l’introduction m’avait bien plu. D’ordinaire réfractaire aux récits de super-héros, je me suis donc risqué dans cette lecture.

Le constat est mitigé. D’une part, j’ai beaucoup aimé les passages les plus outranciers, ponctués de dialogues énormes (« qu’espères-tu de moi, femme volante à forte poitrine ? »). Malheureusement, ce ton est loin d’être constant et l’on retombe entre ces sommets parodiques et absurdes dans des creux ennuyeux où il ne se passe rien. Entre ces deux extrêmes, nous avons droit à des passages d’action typiques du genre (avec super traitresses et superpouvoirs de toutes sortes) pas vraiment ennuyeux mais pas vraiment passionnants non plus.

Connaître le background du personnage peut aider mais, après un début un peu décousu et trop référencé à mon goût, j’estime que la série a rapidement réussi à trouver un ton et des personnages propres qui lui permettent de s’auto-suffire.

Côté dessin, c’est très correct dans l’ensemble. Le style est direct, sans recherche de raffinement, mais efficace et dynamique, avec, de plus, une agréable rondeur dans le trait. Les couleurs sont vives mais sans excès. Le résultat est kitch mais totalement adéquat avec le ton de la série.

Trop inégal pour que j’en conseille l’achat. Mais si vous cherchez une série de super-héros qui ne se prend pas au sérieux tout en offrant sa dose d’action, cette Power Girl pourrait s’avérer être un bon emprunt de bibliothèque.

Nom série  L'Etrange Noël de monsieur Jack  posté le 29/04/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Commençons par le positif : on reconnait les personnages et la trame générale du récit est respectée.

Voilà, voilà…

Mais, bon, c’est quand même suicidaire de chercher à adapter Tim Burton en manga (suicidaire ou mercantilo-disneyen… tant que c’est rentable…). Déjà, l’univers à la poésie décalée du réalisateur nécessite un foisonnement de détails qu’un dessin simplifié tel qu’en propose le style manga ne peut qu’appauvrir au risque de l’atrophier (purée, j’me fais peur quand j’écris des phrases comme ça ). Ensuite, et surtout, adapter une comédie musicale au format muet (si encore, ils avaient fourni une cassette audio avec l’album, comme cette autre série-dont-on-ne-peut-dire-le-nom-sur-ce-site-mais-avec-un-chouette-cyborg-n'est-ce-pas-Ryle)… ben, autant essayer de faire une version en braille du film Avatar. Pour que ça marche, faut être un génie… et dans le cas présent, Asuka Jun n’en est pas un.

Parce que, soyons clairs, le scénario de L’Etrange Noël de monsieur Jack n’est pas ce qu’il y a de plus remarquable dans la version originale, loin s’en faut. Alors, nous le retaper plus ou moins fidèlement (le chien Zéro est notamment beaucoup plus effacé ici que dans le film d'animation) mais sans y joindre toute la poésie dont cet univers s’était vu doté, c’est un non-sens !

De plus, lors des scènes d’action, j’ai trouvé le dessin peu clair, confus. Et correct mais sans poésie le reste du temps...

Résultat : une œuvre de commande sans intérêt artistique et qui rend tellement peu hommage à l’original qu’il vaut mieux éviter de la lire.

Nom série  Les Enfants de la Résistance  posté le 29/04/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cette nouvelle série du binôme Dugomier-Ers (déjà auteur des Les Démons d'Alexia et de Hell School) a une indéniable dimension pédagogique. Et un rapide coup d’œil sur le cahier situé à la fin de l’album suffira à vous en convaincre.

Les auteurs ont donc décidé de nous (et quand je dis « nous », je pense plus particulièrement aux jeunes adolescents) parler de la vie quotidienne sous l’occupation allemande. Pour ce faire, ils nous proposent un trio central très classique (deux garçons, une fille, tous trois âgés de 12,13 ans au début de l’histoire) auquel le jeune lecteur s’identifiera sans problème. L’usage d’un faux journal intime et de la narration à la première personne accentue directement l’empathie ressentie pour ces personnages (c’est classique mais ça marche à tous les coups, pourquoi s’en priver ?)

L’histoire en elle-même n’est pas des plus originales et la série souffrira, je pense, de la comparaison avec « La Guerre des Lulus ». Mais comparaison n’est pas raison. Cette nouvelle création se démarque de la très bonne série susnommée dans le sens où elle cherche véritablement à instruire le lecteur. Et si le fil narratif se présente sous une forme très classique de récit d’aventure, la conception du scénario permet aux auteurs de parler de multiples sujets sur un ton plus professoral. En fait, j’ai vraiment eu le sentiment de lire une bande dessinée « à l’ancienne », datée d’une époque où il fallait « justifier » le côté peu sérieux de ce type de littérature par la plus-value éducative de son contenu (l’époque Jijé, quoi) mais écrit avec une plume moderne, avec une volonté d'être compris par le jeune lecteur d'aujourd'hui.

Et, honnêtement, un divertissement qui rend moins con, je trouve toujours ça bon à prendre. Même si le ton parfois trop didactique risque de lasser certains lecteurs, le charisme des principaux personnages nous garantit une agréable lecture. Et comme dès ce premier tome, le propos se veut nuancé (il y a du bon et du mauvais partout, chez l’occupé comme chez l’occupant, et pas toujours là où l’on croit le voir de prime abord), la série interpelle et incite à réflexion.

Enfin, il y a le dessin de Benoit Ers. Ce franco-belge bien typé garantit un plaisir de lecture, une facilité d’accès, l’expressivité et le dynamisme nécessaires pour convaincre un jeune lecteur (et les autres aussi, moi le premier) à jeter un œil aux planches… avant de ne plus pouvoir interrompre sa lecture. Cette opposition entre un dessin très frais et des propos plus sombres est devenue une des marques de fabrique des réalisations du duo. Nul doute que cette série ne fera pas exception à la règle.

Dans le genre, ce récit débute donc très bien. Il risque juste de souffrir de la comparaison avec les autres récits de ce genre. Le petit plus apporté par son aspect éducatif prononcé en fera peut-être, lui, un bon support dans un cadre scolaire.

Nom série  L'Aliéniste  posté le 20/04/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J’ai trouvé cette adaptation un peu trop bavarde, comme si le duo d’auteurs n’avait pu se défaire du caractère écrit de l’oeuvre originale. Par ailleurs, le traitement manque de modernisme. Adapter un récit qui date de plus d’un siècle sous une autre forme que celle d’origine sans lui apporter une quelconque touche contemporaine est un risque. Garder le cadre était indispensable, conserver le style ampoulé de l’écriture l’était beaucoup moins à mes yeux.

J’ai donc éprouvé quelques difficultés à rentrer dans ce récit. Et c’est dommage car ce conte est digne d’intérêt… à condition de le prendre pour ce qu’il est, à savoir un petit conte sympathique qui nous incite à réfléchir sur des termes tels que la normalité ou la fidélité (à ses idées ou à ses amis).

Niveau dessin par contre, rien à redire même si j’aurais, à titre personnel, parfois préféré un format plus grand. Le trait a cependant suffisamment de finesse pour s’adapter au format proposé.

Au final, je ne peux pas dire que j’ai été subjugué. Pas plus que je n’ai trouvé cette lecture véritablement pénible. Pour moi, cela reste un bon emprunt de bibliothèque, à faire à l’occasion. Mais pas une œuvre majeure à posséder ou même ne fusse qu’à lire au moins une fois.

Nom série  Les Gardiens du Louvre  posté le 20/04/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
J’ai trouvé le début du récit vraiment pénible. Taniguchi semble tellement y faire du Taniguchi (rythme lent, personnage central atone, intrusion du fantastique dans le quotidien) que je me suis dit : « Oh, non, encore… »

Le dessin est plutôt bon mais les grandes cases semblent bien vides. Cela ne doit pas être évident pour un mangaka de passer d’un format de poche à ce grand format, surtout qu’il ne multiplie pas vraiment le nombre de cases par planche et que les dialogues se résument à peu. Le fait de sectionner les phrases pour en coller des bouts dans trois, quatre phylactères permet certes d’un peu occuper l’espace, mais bon… C’est limite foutage de gueule (ou sens de l’épure à l’orientale).

Par ailleurs, la manière même dont il aborde cet exercice imposé (il s’agit d’une œuvre de commande du Louvre et l’album se doit donc de traiter du musée) ne m’a que peu intéressé. Jiro Taniguchi se centre en effet sur quelques peintres paysagistes (Courbet, Van Gogh, entre autres) et surtout sur les liens qui unissent certains d’entre eux au Japon (au travers de leur reconnaissance par des artistes japonais). Ce thème parle certainement à l’auteur puisque, dans son domaine, celui-ci a été grandement influencé par l’Europe (il y a donc une sorte de reflet de sa propre démarche dans le parcours des artistes japonais présentés) mais ne m’a que peu touché. Et comme, par ailleurs, son personnage central –qui nous sert de guide- m’est apparu atone, amorphe, apathique, je n’ai vraiment fait que tourner les pages durant cette première partie de l’album.

La seconde partie du récit m’accrochera plus. L’auteur y traite de la protection et du transfert des œuvres majeures du musée peu avant l’invasion allemande durant la seconde guerre mondiale. Ce sujet historique m’a paru plus intéressant. Pas de quoi crier au génie mais je me suis plus impliqué dans ma lecture et j’en ai retiré quelques informations plaisantes.

Au final, cet album n’aura pas réussi à vraiment me convaincre. A louer à l’occasion, à la limite, mais je n’en ferai certainement pas l’acquisition, à titre personnel.

Nom série  Tessa, Agent Intergalactique  posté le 16/04/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je me les suis tous relu, et je reste sur une impression partagée. Mais partagée entre le franchement bien et le juste pas mal.

Les trois premiers tomes, en tous les cas, m’ont vraiment bien plu. La suite, elle, alterne les passages très plaisants (le tome 6, notamment) et les passages plus mous (les tomes 5 et 7, surtout). Au final, je ne regrette pas de posséder l’ensemble de la série.

J’ai vraiment bien aimé :

- Le personnage principal, adolescente immature et délurée, dynamique et maladroite, à laquelle je me suis rapidement attaché ;
- L’univers certes balisé mais original dans son genre ;
- La structure du récit qui propose des intrigues diversifiées toutes reliées par un fil narratif bien pensé ;
- Le dessin, simple et efficace. Son dynamisme et son expressivité sont des atouts pour la série. La colorisation très typée photoshop me laisse plus circonspect mais n’est pas un obstacle en soi.

J’ai moins apprécié :

- Les noms des personnages. J’adore les jeux de mots et au plus ils sont pourris, au mieux c’est. Mais là, il y en a trop ! A chaque nouveau nom, j’étais tenté de chercher où se cachait la vanne (et certaines sont vachement tordues), ça me coupait complètement de mon rythme de lecture. Trop is te veel (comme on dit chez nous) ;
- Certains ressorts narratifs, très prévisibles, qui font que cette série se destine finalement plus aux adolescent(e)s qu’aux adultes ;
- Des textes parfois trop envahissants.

Pas mal dans l’ensemble, mais avec de très bons moments. A essayer, si vous en avez l’occasion. Et à acheter si vous aimez ce type d’univers SF/humour/ado.

Nom série  Le Rapport de Brodeck  posté le 16/04/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Je pense ne jamais avoir rien lu d’aussi noir.

Avec cette adaptation d’un roman de Philippe Claudel (lauréat de plusieurs prix mais dont je n’avais que vaguement entendu parler), Manu Larcenet continue à explorer l’âme humaine dans ce qu’elle a de plus pitoyable, de plus bas, de plus lâche, de plus déprimant, de plus névrotique… Enfin, l’âme humaine, quoi…

Le rythme narratif est très lent avec de nombreuses pages sans texte qui permettent d’opposer une nature belle mais hostile à ces habitant d’un village perdu on ne sait trop où (Pologne, Ukraine ?). Les personnages semblent tous vouloir juste ‘avoir la paix’… et sont prêts à toutes les lâchetés, à toutes les bassesses pour s’assurer cette tranquillité. Les non-dits, la suspicion, l’hypocrisie latente… C’est pesant, pire qu’une dalle en plomb sur un petit orteil. Au cœur du récit, le narrateur (Brodeck) semble plus droit dans ses bottes mais ce premier tome nous le montre avec une telle détresse, une telle lassitude et des failles telles que mon ressenti envers ce personnage va au-delà de la pitié.

L’évocation des camps de la mort, avec ces gardiens aux têtes monstrueuses, déshumanisées, est de celles qui restent gravées longtemps après lecture. C’est torturé, déprimant, révoltant.

J’en viens à me demander pourquoi ces personnages vivent encore. Ce récit est tellement dénué de la moindre étincelle de vie, de joie que je pense vital d’en interdire la lecture aux lecteurs dépressifs.

Ceci dit, cet album est, dans son genre, une pure merveille. Le travail est léché, la mise en page et le choix du format à l’Italienne sont extrêmement efficaces. Un format allongé, des cases étirées, cela ne fait qu’accentuer ce sentiment de pesanteur sur le récit. Tout ici est écrasé. Tout est déformé, tout est noirceur.

Franchement bien, oui, mais d’une tristesse qui va au-delà de l’empathie. A réserver aux amateurs du genre (qui, eux, vont se régaler). Quoiqu’il en soit, Manu Larcenet atteint son but. Son récit est prenant et vous happe tel un bras surgi d’un charnier : vous voilà terrorisé et fasciné à la fois…



… Bon courage !




PS : très bonne idée de l'éditeur, cette pochette dans laquelle l'album se glisse et qui permet de ranger ce format à l'Italienne comme n'importe quel album standard au cœur de sa bibliothèque.

Nom série  Jan van Eyck  posté le 16/04/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Je n’ai absolument pas compris l’intérêt de cet album.

L’évocation biographique est des plus réduites (on s’intéresse à une très courte période de la vie du peintre), l’intérêt historique n’est pas évident à saisir (l’intrigue concerne plus les relations entre le monde chrétien et le monde musulman sur fond de relations diplomatiques et de secrets d’Etat), la peinture n’est vraiment pas mise en évidence (deux tableaux illustrés, la technique de la peinture à l’huile mentionnée, ça fait peu), la romance est amenée d'une manière aussi artificielle qu'absurde.

Côté dessin, ça sent quand même vachement l’œuvre de commande. Non que ce soit bâclé mais les décors ne sont que peu fouillés, les compositions donnant la primauté aux visages, histoire d’occuper au mieux l’espace et d’ainsi limiter le travail à fournir sur le reste. C’est pas mal fait, hein ! Me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, mais c’est quand même pas mal de poudre aux yeux.

Cet album ne m’aura en tous les cas pas du tout donné envie de découvrir d’autres albums de la collection. Désolé mais ça fait vraiment trop œuvre de commande qui prendra la poussière dans les bibliothèques communales…

2/5 parce que ce n'est quand même pas trop pénible à lire et parce que le cahier final apporte quelques infos (à titre personnel, pour moi, l'album aurait d'ailleurs pu se limiter à ce cahier).

Nom série  Saga  posté le 15/04/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Pour le dire platement, cette saga me botte vachement !

Pourtant, les couvertures ne me tentaient pas plus que ça et je craignais d’encore tomber dans un récit de guerre sidérale avec super-héros zarbi et guerriers magistraux. Mais, voilà : rien de tout ça et en lieu et place, j’ai découvert un univers zarbi peuplé de guerriers magistraux évoluant dans un univers de guerre sidérale…

… Non, c’est pas pareil !!

Ce n’est pas pareil parce que l’accent est avant tout mis sur les relations familiales des différents personnages (dont trois groupes se dégagent avec force et charisme). Que ceux-ci s’expriment comme le commun des mortels (quoique je doute que beaucoup de gentes dames parlent de leur plaisir intime en des termes tels que : « j’ai joui comme un camion-benne »). Et qu’il est très agréable de bondir ainsi d’une intrigue à l’autre même si tout s’intègre dans une seule et même histoire. L’intérêt est constamment relancé grâce à un découpage dynamique et nerveux.

Ce n’est pas pareil parce que l’univers étrange est vraiment très original et aussi bien imaginé que dessiné. Un personnage à tête d’écran de télévision, ça peut paraître très con, bancal et sans émotion sans un grande maîtrise tant narrative qu’esthétique. Ici, le gars devient vite touchant même si on a envie de lui faire la tête au carré (ce qu’il a déjà, ceci dit en passant). Une femme qui ressemble à un vieux barbu parce qu’elle a la tête à l’envers, décrit comme ça, c’est pas parlant alors qu’un petit dessin bien amené, ça fait son effet !

Ce n’est pas pareil parce que la guerre, on s’en fiche royalement. Il n’y a pas de grande scène de combat, pas de stratégie. La galaxie est immense et si le conflit semble concerner beaucoup de monde, les champs de bataille ne sont que très rarement piétinés.

Les auteurs ont donc réussi à revisiter un thème ultra-classique (le couple issu de deux races ennemies qui doit s’enfuir pour sauver le fruit de ses entrailles) en dotant ses personnages d’un langage vif et souvent drôle, son univers de créatures improbables et cohérentes et son découpage d’un éternel goût de trop peu qui incite le lecteur à continuer sa lecture.

Points forts : les dialogues et l’univers
Point faible : une intrigue qui n’avance pas… mais tant que je m’amuse, je m’en tamponne.

Nom série  Enchaînés  posté le 13/04/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Efficace. C’est vraiment le mot adéquat.

Le dessin, sans faire montre d’originalité (ce n’est pas le but du jeu, non plus) est diablement efficace. Dynamique, bien typé, expressif au besoin, il convient parfaitement pour illustrer ce sombre scénario.

L’histoire tend vers le fantastique tout en restant un polar avant toutes autres considérations. C’est cruel et malsain, juste ce qu’il faut. Le cadre américain est convenu et sans surprise.

Les quatre personnages centraux proposent des profils différents. C’était une des conditions indispensables pour que la série garde un attrait de son début à son terme. Le travail sur ces profils et le crescendo dans la tension sont les deux gros moteurs qui font qu’une fois qu’on la commence, il est difficile de stopper sa lecture.

Une très bonne série, donc, en quatre tomes qui se dévorent sans effort. Pas de message, pas de véritable explication, juste un bon récit du genre thriller policier et ricain. Si vous êtes fans du genre, c’est vraiment à essayer.

Nom série  Aâma  posté le 08/04/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Voici peut-être la série la plus délirante dans le genre sf philosophique et à laquelle j’ai adhéré. Comprenons-nous bien : il y a certainement plus délirant comme série (celle-ci est même très cohérente quand j’y repense) et c’est loin d’être la seule série de science-fiction que j’ai appréciée, MAIS c’est celle qui a le plus flirté avec mes limites d’acceptation. Avec « Le Cycle de Cyann », elle représente ce que, pour moi, doit être un récit de science-fiction : elle soulève des questions, divertit et emmène dans un autre univers.

J’ai beaucoup apprécié le profil du personnage principal, anti-héros dans toute sa splendeur, avançant dans le récit tel un boxeur groggy, ne tenant plus sur ses quilles que pour emmerder ceux qui veulent le voir tomber.

Les nombreux autres personnages sont dans l’ensemble eux aussi intéressants. Aucun ne présente qu’une face, chacun a ses failles et ses forces. Tous font montre d’humanité (même s’ils ne sont pas tous humains, ni même organiques).

L’univers visité est dépaysant. J’ai apprécié la forme des véhicules, qui nous sort de nos habitudes, mais aussi la faune et la flore très riches qui servent de cadre au récit. De plus, ce retour aux origines de l’évolution est représenté d’une manière que je trouve intelligente. A certains moments, j’ai pensé à « Alpha... directions » pour la manière dont Frédéric Peeters nous présente cet univers à l’aube d’un développement anarchique, semblable à la Terre des premiers temps et à l’évolution incontrôlable, reflet de nos sociétés dans lesquels tout se démode de plus en plus vite, où tout devient obsolète avant d’avoir été.

Le thème même du récit, cette intrigue aux multiples fils qui finissent par s’unir, cette expérience d’apprentis sorciers, lève des questions philosophiques auxquelles l’auteur se garde bien de répondre. Il nous emmène en voyage, nous invite à nous questionner mais nous laisse juger par nous-mêmes. Son véhicule, c’est le personnage central, auquel je me suis facilement attaché. Ses faiblesses et son ignorance (devenu amnésique, il découvre son propre passé grâce à un livre écrit de sa main) en font un personnage vierge de repères, idéal pour nous présenter et l’univers et l’intrigue.

Petit bémol sur la cohérence du « piège » dans lequel tombe notre anti-héros. Un piège qui m’est quand même apparu très tordu, voire visionnaire par certains aspects.

Il n’empêche que nous avons là un récit de sf qui se lit avec passion. J’ai enchainé les quatre tomes pour une relecture globale en une après-midi, sans ressentir la moindre lassitude (mais en devant m’accrocher à certains moments). Je ne peux que vous le recommander. Peut-être que « franchement bien » est un peu flatteur mais un simple « pas mal » me semblerait a contrario réducteur.

Nom série  Un Amour exemplaire  posté le 08/04/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Raconter un bonheur simple est une gageure. Raconter un amour sans histoire est source d’ennui.

Pourtant…

Pourtant, cet album m’a beaucoup plu par sa douceur de vivre, par sa fraicheur, par son humour, par son improbable authenticité.

Les auteurs ont fait montre d’astuce en se mettant en scène presqu’autant que le couple auquel rend hommage cet album. Cette approche décalée permet de diversifier la narration et les centres d’intérêts. Elle autorise quelques petits délires, présentés comme des boutades du narrateur telles qu’on en rencontre bien souvent au détour d’une conversation de bistrot. Les multiples interventions des clients de la brasserie dans laquelle se trouvent Pennac et Cestac apportent elles aussi leur flot d’humour.

Par ailleurs, cette histoire d’amour que l’écrivain nous présente tel un souvenir d’enfance (et qui est tirée d’une histoire vraie) est elle-même source d’anecdotes bien rigolotes. Car il faut bien avouer que tout calme et en quête de tranquillité qu’il soit, ce couple accumule les non-clichés avec une gaieté hors du commun. Il y a de l’ ‘Alexandre le bienheureux’ dans l’image désinvolte qu’il dégage. Cette love-story atypique, qui se rit des préjugés et des conventions, est une belle ode à l’amour simple. Un amour avec concessions, pour un couple qui s’aime, se respecte et cherche à être avant de paraître.

Le ton employé, volontiers ’autodérisoire’, m’a présenté l’humanité des personnages dans toute sa splendeur. Qu’il est agréable de lire un récit dans lequel les acteurs ne se prennent pas au sérieux mais restent honnêtes avec eux-mêmes. Et dans ces conditions, même une conclusion qui aurait été dramatique en d’autres circonstances, se transforme en leçon de vie et d’humilité.

Le trait et les nez en patate de Florence Cestac ne plairont pas à tout le monde. Mais si je ne serai jamais un fan absolu de son style, je l’ai trouvé très bienvenu dans le cas présent. Il est bonhomme et expressif, coloré et rond, doux et primesautier. Totalement adéquat, donc, pour nous conter cette histoire d’amour.

Enfin, un petit mot sur la très belle couverture, au touché en relief. A la fois simple, épurée et élégante, une couverture qui ne tape absolument pas à l’œil mais que l’on a plaisir à toucher, à caresser, pour en souligner les aspérités.

Vous cherchez un love-story en marge des sentiers battus, une histoire d’amour fou et calme, un espoir en notre dérisoire humanité ? Je ne peux que vous conseiller cet album.

N'en attendez rien d'extraordinaire... de nos jours, la simplicité est un luxe.

Nom série  Pawnee  posté le 02/04/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Avant toutes choses, je dois préciser que j’ai lu cet album sans trop bien me souvenir du précédent et que cela n’a pas du tout été un problème. Pawnee peut se lire comme un one-shot même si plusieurs éléments nous renvoient à Frenchman.

L’histoire en elle-même suit trois fils narratifs (qui n’en forment rapidement plus que deux). C’est agréablement travaillé sans être réellement original. M’en fous, j’aime bien les récits classiques et c’est vraiment ce que nous offre cet album. Après, je trouve que l’auteur aurait pu un peu plus densifier son récit, mais cela se serait sans doute exercé au détriment de l’espace laissé au dessin.

Et ce qui caractérise les albums de Prugne dans cette collection, c’est justement le dessin. De ce point de vue aussi, Pawnee ne fait pas exception à la règle : c’est vraiment très beau ! L’auteur se fait plaisir et cela se sent. Chaque page est un régal visuel, les décors sont léchés, les personnages ont des physionomies diversifiées, les détails (comme les costumes par exemple) sont soignés, le bestiaire est varié.

Alors, voilà, c’est classique mais bien fichu et fignolé. Achat conseillé si vous ne recherchez pas l’originalité à tout prix mais plutôt un bon petit western des forêts (par opposition aux westerns poussiéreux) prétexte à de belles illustrations.

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