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... a posté 2259 avis et 526 séries (Note moyenne: 2.96)

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Nom série  Passe-passe  posté le 16/02/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Sous ses airs légers et poétiques, cet album totalement muet aborde joliment le thème du deuil.

Destiné aux jeunes lecteurs, il fait montre d’inventivité et de fraîcheur. Je me suis aisément laissé embarquer, ne voyant dans un premier temps qu’un récit, certes joli, mais aiguisant principalement le sens de l’observation. En effet, au fil des pages, un papillon hérite des couleurs d’une gentille mamie sous le regard étonné d’un jeune enfant. Quand en hérite-t-il ? Qu'est-ce qui change chez ce papillon ? Et chez la mamie ? Il y a là de quoi motiver le jeune lecteur à faire montre d'attention tout en aiguisant sa curiosité.

C’était sympa et léger… sauf qu’au final, on saisit pleinement les intentions des auteurs et l’effacement de la mamie prend un tout autre sens. Le récit en devient touchant mais sans perdre de sa légèreté ni de sa poésie. Le deuil est ainsi abordé d'une manière poétique et naturelle à la fois.

Le style de dessin, très rond, vif et expressif ainsi qu’une colorisation chaude sont d’autres beaux atouts de cet album.

A découvrir !

Nom série  Suite Française  posté le 07/02/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
A l’origine, Suite française est un roman d’Irène Némirovsky. Ecrit durant les deux premières années de la seconde guerre mondiale, il survivra miraculeusement à son auteure, décédée quant à elle à Auschwitz dès l’été 1942, pour être publié finalement en 2004. Son auteure est à ce jour la seule à avoir reçu le prix Renaudot à titre posthume.

Ce roman se présente sous la forme d’un diptyque (et aurait connu une suite sans la mort tragique d’Irène Némirovsky) et le présent album nous en propose le premier volet. A l’heure actuelle, je ne sais pas si Emmanuel Moynot compte en adapter le second volet mais je trouverais malheureux que ce ne soit pas le cas.

De fait, ce premier volet, Tempête en Juin, m’a énormément plu tant par sa forme que par son fond. Irène Némirovsky n’en était pas à son premier roman et cela se sent à plusieurs niveaux.

Le récit est très bien structuré, le découpage est bien pensé et le passage d’un centre d’intérêt à un autre relance constamment l’intrigue. Des recoupements apparaissent en seconde partie du récit, qui nous permettent de mieux cerner les intentions de l’auteure.

La galerie de personnages est bien pensée : en majorité des bourgeois ordinaires, totalement déconnectés de la réalité pour certains, réactifs pour d’autres, lâches ou dignes en fonction des circonstances, admirables ou détestables selon les cas. Cette galerie permet de créer un récit-chorale sans redondance, où chaque personnage trouve sa place et son importance.

Le ton employé, enfin, permet à l’auteure de nous plonger dans une réalité de terrain. Ici, la mort peut atteindre n’importe lequel de ces personnages au coin d’une rue, alors que tous tentent d’oublier cette réalité de la guerre. Cette particularité (contrairement à bien d’autres récits du même genre dans lesquels on devine aisément quel héros l’on va suivre jusqu’au terme de la guerre) m’a tenu dans un état de tension dramatique sans que je sombre dans la noirceur absolue : les événements décrits sont juste parfois absurdes… à l’image de la guerre.

L’adaptation en image de Moynot est d’une belle qualité. L’auteur recoure intelligemment à la présentation des personnages via une galerie proposée en début d’album (bien pratique pour s’y retrouver au début tant les personnages sont nombreux et les liens entre eux pas toujours évidents à mémoriser). Le découpage est clair : chapitres – sous-chapitre – ces derniers scindés par famille. Cette manière de bien structurer le récit permet à un lecteur dans mon genre -qui retient très difficilement le nom des protagonistes- de ne pas s’égarer en cours de lecture.

Les personnages, enfin, sont bien typés et donc assez aisément identifiables.

En définitive, ce récit nous propose un récit-chorale prenant qui nous plonge dans le quotidien de gens ordinaires (même si majoritairement issus de milieux aisés) face des événements qui les dépassent. Ma seule réserve vient du fait qu'en l'état, cet album offre un goût prononcé d'inachevé. J'attends donc la suite avant d'éventuellement remonter ma cote.

Nom série  La Fabrique pornographique  posté le 26/01/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Nouvelle collection des éditions Casterman, Sociorama nous propose d’analyser notre société (ou du moins certains de ses aspects) via des bandes dessinées en petit format et en noir et blanc.

Première œuvre lue dans cette collection, La Fabrique pornographique m'a permis d’entrer dans l’univers du porno (wouhouuu). En s’appuyant sur une enquête de Mathieu Trachman, Lisa Mandel nous offre un récit sans langue de bois, aussi instructif qu’amusant. Et même si certains aspects plus sombres de la profession sont également présentés, c’est l’humour qui domine.

Pour nous faire pénétrer dans cet univers, Lisa Mandel exploite l’idée classique du jeune néophyte qui a encore tout à découvrir. Grâce à ce personnage, les divers aspects de la profession nous sont présentés de manière naturelle, sans que l’on ait le sentiment de lire un documentaire. La légèreté de ton et l’humour démythifient cet univers, et si les scènes sont explicites, il n’y a rien ici de réellement excitant puisqu’on détricote le processus qui permet de créer l’illusion d’un fantasme parfaitement réalisé.

Le trait de l’auteure varie en fonction des circonstances. Vif et caricatural la plupart du temps, il se fait plus soigné lorsqu’il illustre le résultat filmé. Ce procédé nous permet de distinguer la réalité de la fiction et d’ainsi renforcer l’opposition entre les circonstances de tournage (souvent à la bonne franquette et soumis à des impératifs techniques et financiers) et le résultat final à l’esthétique explicite. Ben oui, pour filmer une double pénétration sans qu’une jambe ne vienne ruiner notre angle de vue, il vaut mieux, parfois, pour les acteurs, faire montre de souplesse et d’ingéniosité.

Rien ne nous est caché et le dessin en choquera plus d’un. En même temps, le sujet de l’album ne prête pas vraiment à équivoque… pas plus que la couverture de celui-ci.

J'ai dévoré ce récit, tant je l'ai trouvé vivant et instructif, explicite sans tomber dans de la vulgarité gratuite et étonnant à plus d'une occasion (le coup des cascadeurs m'a franchement ébahi). Je n'hésiterai donc pas à découvrir d'autres œuvres de cette collection et je ne peux que vous inviter à découvrir celle-ci, franchement sympathique.

Nom série  Ovalon  posté le 11/01/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Ovalon est une série destinée aux jeunes adolescents. Elle associe un univers magique aux influences celtes de type Harry Potter ou Merlin l’Enchanteur au… rugby dont elle se propose de nous faire (re)découvrir les origines d’une manière fantaisiste mais non dénuée de fondements historiques.

Le mélange peut paraître étrange mais le public ciblé devrait y trouver son bonheur. En effet, le récit, très dynamique, propose une trame qui a déjà fait ses preuves :
- 5 jeunes adolescents en guise de héros : deux frères risque-tout, une fille au caractère bien trempé mais plus tempérée, un cousin raisonnable mais courageux en guise de meneur auquel s’identifier et, enfin, le petit gros peureux et maladroit, inévitable cinquième roue du carrosse ;
- Une forêt interdite dans laquelle nos jeunes intrépides vont bien entendu s’aventurer ;
- Un jeu de soule revisité puisque pratiqué par des elfes, des gobelins, des trolls, des magiciens et auxquels nos petits amis vont être amenés à se confronter.

En fin d’album, un dossier consacré au rugby permet au jeune lecteur de retrouver dans ce récit fantastique les quelques éléments historiques plus ou moins bien cachés.

Ce n’est pas un récit révolutionnaire mais la manière dont il associe rugby et univers magique le sort de l’ordinaire. J’espère que la série trouvera son public car, tant au niveau du scénario que du dessin, le travail est soigné et le dynamisme qui se dégage de ce récit a de quoi séduire. Seul bémol : l'album se lit très vite, même pour un enfant.

Nom série  Vive la marée !  posté le 11/01/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Dans mon avis sur « La Marie en plastique », je déclarais –je cite- : « sans doute la série la plus mal dessinée à mes yeux mais méritant quand même un « franchement bien » enthousiaste ». Et bien, permettez-moi de vous faire un aveu : je suis un gros con !

Parce que, en fait, après lecture de ce « Vive la marée », je vous avouerai, quitte à passer pour un illuminé cette fois, que je suis devenu fan de David Prudhomme ! Ce type est un artiste es-découpage et, n’ayons pas peur des mots, un génie es-cadrages !

Et dire que je ne m’en étais pas rendu compte lors de ma lecture précédente… Honte sur moi ! Non mais sérieusement, regardez cette scène de voitures en enfilade durant laquelle on change de véhicule sans jamais perdre de vue les différents protagonistes ! Admirez les cadrages imaginaires de cette gamine sur la plage ! Deux exemples parmi d’autres. Fan, je suis devenu fan !!!

Mais, après ce mea culpa, quid du récit ?

Rabaté et Prudhomme nous proposent de passer une journée à la plage. Le récit saute constamment d’un personnage à un autre sans réel fil conducteur sinon que tous sont réunis dans la même station balnéaire aux allures normandes et familiales. Le récit est sautillant, plaisant (sans être hilarant comme pouvait l’être « la Marie en plastique »), fin (regardez donc le menu du restaurant 4,3,2,1 dans un coin d’une case – cherchez dans une autre les deux cyclistes croisés plus tôt alors qu’ils sont en mer), nostalgique (surtout pour quelqu’un qui, comme moi, a passé presque la totalité de ses vacances sur ce genre de plage familiale). Les personnages sont, pour la plupart, des beauf, des gens ordinaires, des râleurs par vocations. C'est vous et moi vus sous un angle gentiment ironique par un regard fin et tendre. Les dialogues offrent quelques magnifiques échanges dans lesquels le génie et la bêtise peuvent habiter la même phrase (« c’est dommage que la réalité ne soit pas tactile »). C’est doux, c’est frais, c’est tendre, c’est simple, c’est humain… et du coup, parfois, c’est très con.

Donc voilà : Vive la marée est un très bel album, David Prudhomme est un dessinateur atypique autant que talentueux, Rabaté demeure un conteur d’exception et ce livre va, je pense, occuper une place de choix dans mon cœur et ma bibliothèque.

Nom série  L'Île des Justes  posté le 11/01/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je serai moins enthousiaste que les précédents lecteurs.

Si cet album se lit bien, si le sujet abordé est intéressant, à titre personnel, j’ai quand même eu le sentiment de lire un récit gentiment romancé reprenant quelques clichés du genre, édulcoré à l’occasion et appuyant férocement sur le pathos dans sa scène finale.

Le dessin est soigné. Les personnages sont bien typés et expressifs. Les décors sont bien présents. L’ensemble est très lisible et plaira à un large public (dont je fais partie).

Non, ce qui m’aura vraiment dérangé (pour ne pas accorder plus qu’un 3/5 qui est quand même une cote très honorable), c’est le côté naïf et édulcoré (les personnages ‘disparaissent’, ils ne meurent pas – le résultat est le même me direz-vous, mais l’impact à mes yeux est bien plus doux) et le pathos appuyé du final (avec cette scène déjà mille fois vue du vieillard revenant sur les lieux du drame vécu dans son enfance et cette suggestion d’une histoire d’amour plus qu’improbable à mes yeux).

Nom série  Paul à la pêche  posté le 11/01/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Un bel album de Paul. On retrouve les caractéristiques habituelles des albums de Michel Rabagliati : un rythme lent pour relater des événements du quotidien. Au début, je dois bien avouer ne pas avoir été passionné par le récit mais celui-ci bascule dans sa seconde partie vers un sujet plus touchant, moins anecdotique.

Dessin et découpage sont toujours aussi bien pensés pour maximiser la lisibilité de l’histoire. L’humour est présent par petites touches bonhommes. L’amitié et le respect d’autrui sont des valeurs omniprésentes. Finalement, à travers ces récits mettant en scène Paul, Michel Rabagliati nous dresse un portrait simple et sympathique, rustique et authentique du Québec et de ses habitants.

Nom série  Dimanche  posté le 11/01/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Deuxième album que je lis de cet auteur anglais et même constat pour moi. Jon Mc Naught intéressera, je pense, bien plus les professionnels de la bande dessinée que le lecteur en quête de divertissement.

Dimanche, c’est l’apologie de la monotonie, de l’ennui profond, de la journée durant laquelle on s’embête en attendant le lendemain. Le découpage de l’artiste lui permet de créer cette ambiance tout en langueur : ce dimanche passe comme un profond soupir d’ennui entrecoupé parcimonieusement d’événements anecdotiques qui, devant la platitude du reste, en deviennent presque distrayants. C’est le but recherché par l’auteur et il est parfaitement atteint.

Alors voilà, si les techniques narratives de la bande dessinée vous intéressent, jetez-y un œil. Le découpage réalisé est de qualité. Sinon, passez votre tour.

Ma note sera donc semblable à celle que j’ai attribuée à « Automne » puisque mon sentiment en fin de lecture est identique mais si Jon Mc Naught n’a rien d’autre à m’offrir que ce type d’album, je pense que je vais très vite me lasser.

Nom série  La Malle Sanderson  posté le 05/01/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J’ai beaucoup apprécié l’ambiance et le début du récit. Rencontrer ce prestidigitateur qui ne cache pas le côté très terre à terre et l’aspect « mécanique bien huilée » de son art m’a changé de ces multiples personnages de magiciens incroyables et mystérieux. A ce titre, ce Sanderson sort du commun.

Le récit prend ensuite une direction plus déconcertante encore avec cette liaison dangereuse entretenue par Sanderson lui-même et une amante fascinée. Je me suis alors dit que ce roi de l’évasion allait avoir du mal à réussir un tour qui lui permettrait de disparaître aux yeux de la belle devenue quelque peu envahissante… et j’ai aimé cette analogie entre son métier, le tour qu’il était en train de préparer et sa vie privée.

La fin du récit, par contre, m’a quelque peu déçu. Il lui manque un effet de surprise tant tout semble suivre son cours avec une logique déprimante.

Il n’empêche que j’ai trouvé là un récit agréable à lire, original dans le chef de son personnage central, bien dessiné (même si, par moments, un peu plus de dynamisme dans le trait et d'expressivité au niveau des visages aurait été de bon aloi), bien découpé et bien écrit. Pas mal du tout, donc. Il ne lui manquait, en fait, qu’une conclusion plus marquante pour faire de cette malle Sanderson une œuvre hautement recommandable. Je n’en déconseillerai certainement pas l’achat mais un emprunt en bibliothèque peut suffire si vous n’êtes pas trop sensible à ce genre d’univers.

Nom série  Sweet Tooth  posté le 05/01/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Sweet Tooth est un récit de genre. Un genre revenu à la mode depuis Walking Dead, je veux bien entendu parler de… récit post-apocalyptique (et non pas de zombie). On retrouve en effet quelques éléments moteurs des récits du genre : un pays dévasté dans lequel il est dangereux de s’aventurer seul, une dévolution démographique cause de multiples catastrophes, des humains qui se réorganisent en clans plus tordus les uns que les autres, un personnage à l’image virginale en guise d’anti-héros et, à ses côtés, un baroudeur d’apparence indestructible mais qui cache une faille et un lourd secret.

Rien de bien nouveau donc, de ce point de vue, mais d’originalité il est tout de même bien question puisque les causes de cet apocalypse nous sortent des lieux communs. Une pandémie suite à la propagation d’un étrange virus (bon, là, on reste en pays connu) qui n’épargne que certains enfants nés avec des malformations qui en font des êtres mi-humains mi-animaux (là, vous avouerez que c’est quand même bien plus original) serait la base de tout.

La première moitié de ce tome est vraiment très prévisible. Par ailleurs, le dessin de Jeff Lemire y est peu engageant. Si les décors et scènes d’action sont acceptables, les visages des personnages me posent question. En effet, l’auteur semble vraiment avoir du mal à les dessiner autrement que de face ou de profil. Les vues de ¾ me semblent des plus bancales et les expressions de visage des plus basiques.

Heureusement, le tournant scénaristique du milieu d’album (qui devient d’un coup moins manichéen même si toujours relativement prévisible) s’accompagne d’un gain en qualité et en finesse au niveau du trait. Par ailleurs, la structure du récit change également à cette occasion. Les deux personnages centraux se trouvent séparés et on passe alors d’un à l’autre –avec des flash-back en prime- au fil de chapitres par conséquent moins linéaires et plus dynamiques. Enfin, c’est à partir de ce moment que l’auteur s’attarde sur l’un de ses personnages pour lui concocter un profil psychologique plus abouti.

Bon ! Clairement, ce premier tome ne me fera pas crier au génie mais la progression entrevue lors de la deuxième partie de celui-ci laisse espérer que les deux tomes suivants gagneront encore en puissance, auquel cas je n’hésiterai pas à vous en conseiller l’achat. Actuellement, c’est encore un peu juste et je vous inviterais donc plutôt à passer par un emprunt avant de voir plus loin, sauf si vous êtes grand amateur du genre.

Nom série  Watertown  posté le 05/01/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Voici bien un récit qu’auraient certainement apprécié plus d’un réalisateur des années ’50 ou ’60, Hitchcock en tête ! Une mort étrange, une disparition suspecte, il n’en faudra pas plus pour décider notre anti-héros, agent d’assurance de son état, appliqué et consciencieux à défaut d’autres talents, à se lancer dans une enquête… dont il ne sortira pas indemne.

Et nous non plus ! Car ce récit écrit à la première personne est très immergent et résolument addictif. De fait, Jean-Claude Götting, l’auteur de ce policier old-fashion, nous livre une intrigue de prime abord convenue. Nous, lecteurs, nous amusons à précéder les déductions de son enquêteur improvisé jusqu’à ce que…

Je ne vous en dirai pas plus mais ce final a de quoi surprendre le lecteur. Il en décevra sans doute certains. A titre personnel, et après réflexion (oui, le choc est assez perturbant), j’ai apprécié la finesse de cette conclusion.

Pour le reste, comme je vous l’ai dit, j’ai trouvé ce récit accrocheur en diable. Le cadre (Watertown, petite ville sans histoire du Massachusetts), l’époque (le début des années ’50), la narration (très présente, elle rythme le récit et nous offre le rôle de confident), le style graphique (en totale adéquation avec l’époque et le genre du récit), la colorisation (qui ne fait que renforcer cet aspect vieillot du dessin) : tout était bel et bien là pour me forcer à ne pas abandonner ma lecture avant son terme.

En résumé : si vous recherchez un récit policier à l’ancienne, bien écrit, utilisant plusieurs clichés du genre mais capable de vous surprendre dans son final, n’allez pas plus loin ! Et même après lecture, ce récit m’incite à réfléchir sur mon propre comportement (ici dans le cadre inoffensif d’une lecture de fiction mais, qui sait, demain dans un cadre plus réel et potentiellement blessant).

Fin,… très fin…

Nom série  Il était une fois dans l'Est  posté le 15/12/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Nouveau projet des auteurs de Pablo, ce récit historique évoluant dans le domaine artistique ne déconcertera pas les lecteurs de l’œuvre susnommée.

Nous voici cette fois emportés dans la grande Russie de l’entre-deux-guerres. Les années 20, judicieusement surnommées « années folles », sont un théâtre idéal pour ce récit aux portes du surréalisme.

Surréaliste, en effet, est le destin des deux personnages principaux : Serge Essenine et Isadora Duncan. L’un écrivain russe passionné et tête de proue du courant imaginiste, l’autre danseuse américaine d’origine irlandaise, habitée par son art et par l’utopie communiste, entre eux se tisseront des liens d’amour et de haine, destructeurs et vecteurs d’envolées créatrices dans le même temps. La passion, en somme…

J’ai eu quelques difficultés à entrer dans le récit. La faute, je pense, aux premiers chapitres anti-chronologiques qui m’ont quelque peu dérouté. Mais, rapidement, le récit se met en place. Son aspect historique intéresse tandis que les anecdotes tantôt drôles, tantôt édifiantes, tantôt dramatiques animent le fil des planches. La narration est particulière, les auteurs n’hésitant pas à faire dialoguer leurs personnages d’une manière très artificielle pour nous replonger dans le passé de ceux-ci. Ces dialogues, voire monologues improbables déconcertent dans un premier temps. Puis le charme opère, je ne m’inquiète plus de ce côté artificiel pour ne plus retenir que la destinée hors norme de ces personnages.

Le dessin, très brut et qui donne la part belle à la colorisation, n’est pas de ceux qui me font craquer. Il ne constitue cependant pas un obstacle à la lecture tant le découpage est dynamique et le trait expressif. Les pages consacrées à la danse laissent apparaître une belle sensibilité.

A réserver aux lecteurs aventureux, amateurs d’art au sens large et d'artistes habités en particulier.

Nom série  Carnets de thèse  posté le 03/12/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J’ai trouvé cet album amusant et effrayant à la fois. Ce parcours du combattant, ce chemin de croix sur lequel l’héroïne perd illusion, santé, emploi, temps et argent nous est raconté avec beaucoup de dérision, ce qui allège la note. Il n’empêche qu’à y réfléchir à deux fois, le constat est dramatique.

Cet album parvient donc à concilier un aspect documentaire avec une dimension divertissante (oui, je me suis beaucoup amusé en lisant l’album). Il alarme sur un phénomène qui a de quoi déranger sans sombrer dans la déprime totale.

Coté dessin, Tiphaine Rivière va à l’essentiel. On ne peut pas dire que ce soit mal dessiné mais le trait est quand même assez raide, les expressions de visages sont peu soignées, les décors sont des plus secondaires (même si, de ce point de vue, j'ai déjà vu bien pire). Ce style convient cependant très bien au ton donné à l’album. Nous sommes dans un roman graphique documentaire, le but est de transmettre un message sans nous saouler (mais bien en nous divertissant), pas de nous faire rêver.

A lire, très certainement. Je ne dirais pas que j’en ferais une priorité d’achat mais j’aurais mauvaise grâce de vous en dissuader l’acquisition.

Nom série  Les Chemins de Compostelle  posté le 12/03/2015 (dernière MAJ le 02/12/2015) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Pas facile…

Pas facile de traduire en quelques mots les sentiments particuliers que cet album a fait naître en moi. Des sentiments étranges et parfois contradictoires qui rendent totalement subjective mon opinion quant à ce premier tome.

Tout d’abord, il y a l’auteur. Jean-Claude Servais fait partie de ceux qui m’ont ouvert à la bande dessinée réaliste. Je l’ai découvert avec « La Tchalette » il y a bien longtemps, il me parlait d’un monde qui m’est proche puisque nous sommes tous deux voisins et attachés à « notre » terre d’Ardennes, terre de légendes, terre de culture… Je suis donc toujours resté attentif à la sortie de ses albums mais ses dernières productions m’ont déçu. Je pense devoir remonter à « L'Assassin qui parle aux oiseaux » pour retrouver une œuvre de l’auteur dont le scénario me semblait réellement prenant. De ses talents d’illustrateur, par contre, je n’ai jamais douté et chacune de ses productions m’a toujours séduit de ce point de vue.

Et pourtant, avec ce premier tome, Jean-Claude Servais m’a touché avant tout par ses propos. Non que le scénario soit d’une grande originalité, et il demeure dans un univers proche de celui de ses autres œuvres, mais il y a dans toute la construction de cette œuvre une volonté de parler de transmission. Transmission de savoir entre un grand-père brasseur autant qu’alchimiste et sa petite-fille, surtout. Transmission de relai entre cette même jeune femme et Tendre Violette, l’œuvre phare de l’auteur, dont elle suit le chemin.

Ce récit cherche donc à relier le passé et le présent. Même la visite de la Grand’Place de Bruxelles est l’occasion pour l’auteur de nous montrer combien le passé de la ville marque encore ses bâtiments d’un empreinte matérielle mais aussi, et surtout (pour certains initiés) spirituelle.

Spirituel, le mot est lâché. Et il fait peur tant il est aujourd’hui rattaché à la religion. Et de religion, il en sera question via cette pèlerine débutant son voyage depuis le Mont Saint-Michel ! Mais par-delà un attachement à l’une ou l’autre église, la spiritualité qui se dégage de l’album tient plus de l’attachement à la terre, du devoir d’humilité de l’homme face à celle-ci. Le discours se veut écologique et moral, il peut irriter par son côté académique. Il m’a plu par sa sincérité, par cette volonté profonde de l’auteur de nous transmettre un savoir, une vision, par cette envie de nous faire partager ce qui, à ses yeux, constitue le sens profond de la vie. De notre propre vie mais aussi et surtout de la Vie en général.

La volonté de transmettre du grand-père à sa fille devient alors écho de cette même volonté de l’auteur envers ses lecteurs. Et les interventions de Violette provoquent une mise en abyme propice au questionnement. Et si cette série était la dernière œuvre de l’auteur ? Et s’il s’agissait pour lui de nous léguer un peu de sa sagesse ? Un peu de son amour pour la terre et les gens simples ?

Beaucoup de promesses donc, avec ce premier tome. J’espère vraiment que la suite du récit continuera dans cette lignée, avec une recherche introspective de l’auteur mais aussi une volonté de plonger le lecteur dans une démarche similaire, par-delà les péripéties du voyage. Surtout, je serais déçu si ce récit devait basculer dans une intrigue policière digne d’un fait divers. Jean-Claude Servais m’a ici fait entrevoir un fil narratif bien plus philosophique et personnel, et le fait que la série soit prévue en 7 tomes ne fait qu’accentuer mon sentiment qu’il s’agit d’une quête spirituelle de sa part.

J’attends la suite avec autant d’appréhension que d’impatience.


PS : côté dessin, c’est toujours aussi académiquement bon. Les représentations de la Grand’Place de Bruxelles sont superbes, tout comme celles du Mont Saint-Michel. Et le début de pèlerinage depuis la Gaume donne une fois de plus l’occasion à l’auteur d’illustrer sa région tel un immense jardin ouvert sur le monde.


Petite mise à jour après la lecture du deuxième tome :

Jean-Claude Servais conserve une certaine cohérence dans sa démarche et cet album est en lien direct avec l'oeuvre au noir (première phase de la transmutation alchimique). La notion de mort est très présente au travers du destin des personnages les plus présents et on sent chez chacun d'eux une évolution, une transmutation en devenir.

Par contre, l'auteur apporte au récit un aspect fantastique qui ne m'a pas spécialement convaincu. Je trouve que là, par rapport à ce que je pensais être sa démarche initiale, il s'égare et ne peut empêcher son amour des légendes et des univers fantasmagoriques de prendre le dessus.

Un petit bémol, donc, pour ce deuxième tome. Mais le récit me plait toujours et l'accent mis ici sur l'étrange lien qui unit Bretagne et Ardennes m'a beaucoup plu. A suivre...

Nom série  Alpha - Premières armes  posté le 25/08/2010 (dernière MAJ le 02/12/2015) Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Après lecture des deux premiers tomes, je reste un fidèle lecteur de ce prequel, même si j’en regrette le rythme de parution très lent (plus de cinq ans se sont écoulé entre ces deux tomes).

Ce détail mis à part, le lecteur retrouvera dans cette série tout ce qui fait le succès d’Alpha, voire même de la plupart des séries de la collection 3ème vague du Lombard :
- un héros charismatique, charmeur, extrêmement doué et cachant une faille ;
- une intrigue sous forme de thriller mêlant géopolitique, coups tordus et action ;
- des personnages féminins séduisants ;
- des décors variés de préférence paradisiaques.

Il s’agit donc de divertissement « sérieux » dans l’esprit de bien des blockbusters du cinéma américain (de « Jason Bourne » à « Taken » pour n’en citer que deux parmi tant d’autres).

Pas besoin de connaître la série mère pour se lancer dans cet Alpha-premières armes puisqu’il s’agit d’un prequel. Par contre, un goût prononcé pour les intrigues tordues et complots complexes avec de multiples intervenants est un atout non négligeable.

En effet, l’intrigue imaginée par Emmanuel Herzet est tout sauf simpliste. Crédible à plus d’un titre dans son pitch de départ, elle multiplie les rebondissements au risque d’égarer le lecteur. A titre personnel, je me demande toujours à l’heure actuelle quel était l’intérêt d’un des personnages à agir de la manière décrite. C’est à mes yeux le point faible du récit : ce manque occasionnel de clarté. Il n’empêche que, dans l’ensemble et pour peur peu que l’on soit attentif durant la lecture, ce récit s’avère assez prenant. Une relecture ne fait d’ailleurs pas de tort et permet par endroits de mieux comprendre certains rebondissements.

Au niveau du dessin, Loutte réalise (une fois de plus) un travail remarquable de précision, de réalisme et de lisibilité. Ce style froid et tranchant convient bien à ce genre de série. Le fait que l’artiste offre un style similaire à celui de Youri Jigounov permet à l’amateur d’Alpha de ne pas être déboussolé.

Je demeure convaincu que les amateurs du genre apprécieront beaucoup cette intrigue. Les autres ne devraient pas être séduits…

Nom série  Hit  posté le 02/12/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Polar noir que n’auraient pas renié Raymond Chandler ou James Ellroy, Hit revisite quelques classiques du genre pour notre plus grand plaisir.

Jouant du principe très américain que la meilleure justice est celle que l’on rend soi-même, les auteurs nous offrent en guise de héros un flic cynique engagé pour « faire le ménage » dans la pègre de Los Angeles. Entouré de sa fine équipe, il ne fait pas dans la dentelle, convaincu d’agir pour le bien de tous… jusqu’au retour de la pin-up de service, fille du supérieur hiérarchique de notre flingueur et junkie à ses heures.

Quand je vous parlais de classique du polar noir !

Outre le personnage de Harvey Slater (le fameux lieutenant de police cynique et implacable), le deuxième personnage d’importance de ce récit est… la ville de Los Angeles, dans laquelle les auteurs nous baladent au fil d’un récit bien découpé. Les ambiances changent en fonction des quartiers (même si l’on reste dans le sombre du début à la fin) et la ville devient un théâtre riche en diversité.

Le dessin de Vanesa R. Del Rey (dont cela semble être la première œuvre) est d’une belle qualité. Son trait apporte au récit un côté brut et sombre tout à fait adéquat. Ses personnages sont bien typés, ce qui permet aisément de les différencier malgré les nombreuses ombres du dessin.

Le dernier chapitre, qui se présente sous la forme d’une nouvelle littéraire, apporte une petite note d’originalité bien agréable. Avis aux lecteurs : prenez la peine de lire ces quelques pages. Elle éclairent joyeusement le destin de notre pin-up.

Le résultat ? Un polar classique, bien foutu mais sans grandes surprises, qui ravira les amateurs du genre mais ne convaincra sans doute pas pleinement les autres.

Nom série  Kaboul Disco  posté le 26/11/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Si j’ai fort apprécié cette lecture, j’ai plus de mal à accepter l’image qu’elle véhicule inconsciemment, à savoir : la guerre, ce n’est finalement pas si dramatique que ça. Non que Nicolas Wild tienne pareil propos mais sa façon très sympathique de raconter son périple nous en ferait oublier la toile de fond.

En effet, au fil des pages, à l’évocation des événements vécus par l’auteur, le lecteur en viendrait à trouver que tout cela est finalement plus amusant qu’autre chose. Nicolas Wild, de fait, nous présente ses aventures en Afghanistan avec un tel humour, une telle distanciation qu’il en occulte souvent les aspects dramatiques (ou les tourne en dérision). Il ne masque pourtant rien mais, voilà, ce graphisme rond et dépouillé, ces dialogues bon enfants sont des boucliers devant l’atrocité d’une guerre. Je ne lui en veux pas, je ne le condamne pas. Je comprends même que quelqu’un qui a vécu ces événements cherche à s’en détacher et à relativiser. Je trouve juste que l’image ainsi reproduite est tronquée, très rassurante pour le lecteur européen que je suis (même si consternante au niveau de l’efficacité voire même de l’opportunité de l’intervention tant militaire que des ONG de culture européenne dans des pays du Moyen-Orient).

Et, comme je le disais, la lecture des deux tomes est très agréable, instructive autant que distrayante. Le dessin, simple rond et dépourvu de couleur (ici, une tâche de sang sera propre), les décors simplifiés (une maison détruite ne « sent » ni la poussière ni les égouts), les visages bon-enfant font de ce trait quelque chose de simple, d’immédiat, d’apaisant. Un contraste avec la situation décrite qui crée une distanciation chez le lecteur. Et puis derrière l’ironie et l’autodérision se cache un constat consternant. Je sors de cette lecture avec le sentiment que rien de ce qui est fait, sera fait, pourrait être fait par des pays occidentaux ne sera utile ou opportun. Comment imposer un gouvernement central dans un pays naturellement divisé ? Comment espérer dissuader ce pays de produire de la drogue lorsqu’il s’agit là de leur principale source de revenus (drogue achetée par des ressortissants de ces même pays occidentaux qui en condamnent la production) ?

Donc voilà un avis très paradoxal. Je trouve ces deux tomes très chouettes à lire mais « avec des pincettes », en gardant dans le coin de la tête qu’un pays en guerre ou en reconstruction d’après-guerre n’épargne pas les populations y vivant.

Nom série  Porcelaine  posté le 26/11/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Personnellement, j’ai trouvé le pitch très classique. Prenez une pauvre petite orpheline, faite lui pénétrer une propriété privée sur laquelle circulent d’étranges rumeurs. Mettez-la face à un vieux savant solitaire. Imaginez ensuite que le génie de ce savant s’exerce dans un domaine naturellement fascinant pour un enfant (genre le monde des marionnettes, des pantins ou des robots, par exemple). Enfin, condamnez UNE pièce de l’étrange demeure à la petite orpheline, juste histoire d’être sûr qu’elle ira y faire un tour… Objectivement, Cela me semble avoir déjà été exploité plus d’une fois.

Ceci dit, l’histoire est bien tournée et la psychologie des personnages est, je trouve, travaillée d’une manière intéressante. Ce qui n’empêche pas quelques longueurs au milieu du récit, malheureusement. A contrario, l’originalité de certaines séquences (surtout dans ses créations graphiques) m’ont accroché et je n’ai pas trouvé là lecture ennuyeuse. Juste un peu poussive par moment, mais prenante à d’autres.

Côté dessin, par contre, rien à dire : j’ai beaucoup aimé. Le trait est clair et expressif. Le découpage est bien pensé. Les créations sont belles à voir, avec juste ce qu’il faut d’étrangeté pour créer un malaise auprès d’un jeune public.

Donc, voilà, je vais pas crier au génie et, à titre personnel je n’achèterai pas la série, préférant l’emprunter à la bibliothèque, mais je n’en déconseille tout de même pas l’achat car l’œuvre a ses qualités.

Nom série  Olympia  posté le 24/11/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Œuvre de jeunesse de Philippe Bertrand, Olympia est paru dans le journal « A Suivre » au cœur des années ’80. Les éditions Dargaud ont l’idée saugrenue de l’éditer en album 30 ans plus tard.

A titre personnel et malgré tout le talent du véritable artiste qu’est Philippe Bertrand, je pense qu’ils auraient pu s’abstenir.

Ce récit est, en effet, incroyablement daté, fondamentalement inintéressant (sauf pour qui voudrait analyser le dessin de Philippe Bertrand à ses débuts), extrêmement décousu.

Philippe Bertrand nous offre cependant des planches marquées par son style esthétique et racé, mais ici avec une parenté avec Jacques Tardi. Son attirance vers un érotisme guindé est déjà flagrante même si l’album est encore relativement soft de ce point de vue.

Le scénario, son découpage et ses dialogues, sont, comme je le disais, les points les plus négatifs du présent album. Sans intérêt et décousu, le récit qui nous est offert nous entraîne pourtant dans une époque et des lieux historiquement intéressants (l’Allemagne et l’Autriche des années ’20) mais au travers de péripéties répétitives. Les personnages nous apparaissent distants, froids, quasi désintéressés face aux événements : un jeu d’acteur à la Eugène Ionesco, pour prendre une comparaison théâtrale.

A réserver aux grands fans de l’artiste et aux nostalgiques de ce type de bd typée esthétisme des années ’80.

Enfin, devoir afficher sur la couverture que la préface est signée Enki Bilal n'est pas un signe de sérénité de la part de l'éditeur. S'il était convaincu de la qualité de l'album, je pense qu'il n'aurait pas eu la tentation de mettre autant en avant ce fait des plus anecdotiques.

Nom série  Ninn  posté le 24/11/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Dans la lignée des « Carnets de Cerise », voici Ninn : jeune orpheline retrouvée dans le métro parisien et à qui vont arriver des aventures peu ordinaires. Moins littéraire et plus orientée vers le fantastique, cette nouvelle série signée Johan Pilet et Jean-Michel Darlot s’adresse aux jeunes adolescents mais plaira à un bien plus large public (dont je fais partie, c’est tout dire).

La trame générale est classique. Prenez une jeune orpheline, aventurière et bornée, qui ignore tout de ses parents, une zone emplie de mystères et de légendes (une rame de métro dans le cas présent), un ange-gardien animalier franchement féérique (je ne vous en dis pas plus, c’est une des très bonnes idées de cet album) et vous obtenez un récit dans la lignée d’un Harry Potter ou du Monde de Narnia (pour prendre deux références ultra-connues).

Pour que la sauce prenne, ce type d’univers doit receler de suffisamment d’originalité et de dynamisme pour occulter l’aspect convenu de la trame générale. Et c’est bien le cas présentement. Honnêtement, je ne me suis pas ennuyé une seconde. La petite Ninn est attachante, les adultes qui l’entourent ne sont pas étouffants, le métro –théâtre de ce premier tome- apporte sa part d’originalité tout en nous en apprenant un peu plus sur ce singulier univers. Jean-Michel Darlot semble réellement passionné par le métro parisien et sa connaissance des lieux nous permet d'en apprendre beaucoup tout en nous amusant.

Il est également notable que l'aspect fantastique du récit n'est amené que très progressivement, nous permettant ainsi de réellement entrer dans un nouvel univers.

Le dessin de Johan Pilet est excellent ! Dynamique, expressif, très lisible, rond, c’est tout simplement parfait pour ce type d’aventure. De plus les décors ne sont pas oubliés, et c’est heureux tant le métro parisien est un acteur essentiel dans ce premier tome.

Une série jeunesse à suivre de très près ! Et si vous cherchez quoi offrir à un(e) jeune adolescent(e) pour les fêtes de fin d’année, voici peut-être de quoi la satisfaire.

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