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Nom série  One  posté le 18/06/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Avis partagé pour cette série.

D’une part, j’ai vraiment eu des problèmes pour distinguer certains personnages les uns des autres. Les femmes, principalement, ont tendance à se ressembler comme des gouttes d’eau (style athlétique, cheveux noirs plus longs que courts, traits de mannequin lambda).

Ensuite, l’intrigue est assez complexe. Ce qui, en soi, n’est pas un mal. Je garde un excellent souvenir du premier cycle d’Alpha parce que, justement, son scénario fouillé avec des clans multiples avait fait travailler mes neurones. C’est un peu le même sentiment que j’ai éprouvé lors de la lecture de ce One et au final, le sentiment est positif… mais il faut bien s’accrocher au début et ne pas hésiter à revenir en arrière au besoin.

Enfin, la morale, ou plus exactement son ambigüité m’a vraiment bien plu. On retombe sur des questions philosophiques classiques (Peut-on faire le mal pour servir le bien ? La liberté d’opinion doit-elle primer sur tout ?) mais bien mises en évidence par ce scénario alambiqué.

Bien sûr, le lecteur qui recherche un récit totalement cohérent risque d’en être pour ses frais car le concept même de la série ne me semble pas pouvoir tenir la route sur du long terme. Et cela sans parler de l’aspect « surnaturel » du récit ni de scènes d’action très… grand spectacle. N’empêche, pour un moment de pur délassement à l’américaine, avec gros flingues, expérience interdite, manipulation, complots, personnages séduisants, sportifs, déterminés, la série me semble être un bon investissement. Et comme elle est maintenant éditée sous la forme d’une intégrale à un prix tout ce qu’il y a de démocratique et dans un format correct (on n’est pas dans une mini-intégrale au format de pages divisé par deux ou quatre), je ne vois pas pourquoi je ne vous en conseillerai pas l’achat.

Pas mal, donc… pas révolutionnaire dans sa forme, pas parfait mais plaisant et pas idiot.

Nom série  Alvin  posté le 10/06/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Comme beaucoup de lecteurs, je pense, tourner la dernière planche du second tome d’Abélard m’avait été douloureux tant je m’étais attaché à ces personnages, à ce poète rêveur et à son compagnon grognon au cœur en éponge.

Retrouver ce dernier dans un nouveau diptyque ne pouvait donc que m’emballer… avec une seule crainte : celle de ne pas retrouver la magie d’Abélard. Et le début de l’album me confortait dans mes craintes. L’histoire tarde à démarrer, les auteurs en profitent pour réinstaller cette ambiance si particulière, empreinte de poésie et de mélancolie, de douce tristesse et d’humour résigné qui marque leurs collaborations.

Je n’étais pas déçu… mais je n’étais pas surpris non plus. Et cet état demeurera jusqu’au terme de l’album tant celui-ci suit une voie déjà souvent empruntée, celle du célibataire grognon qui se retrouve affublé d’un gamin insupportable suite à une promesse faite dans la précipitation. Agréable à lire mais sans surprise, cet album ne m’a pas transporté. Je n’ai pourtant pas réussi à le lâcher, une fois ma lecture entamée, car le charme est toujours bel et bien présent.

Ecriture, mise en page, colorisation, découpage : tout est soigné ! Objectivement, il ne manque que l’effet de surprise pour que mon sentiment soit identique à celui ressenti lors de la lecture d’Abélard. Je ne peux donc que vous conseiller la lecture de cet album juste, simple et touchant (sauf si vous n’aviez pas succombé au charme de son prédécesseur).

Nom série  Emmett Till  posté le 08/06/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Le sujet est digne d’intérêt mais la couverture à l’ancienne ne me faisait pas spécialement envie.

La lecture en elle-même est plutôt agréable. Le trait net et expressif est un excellent véhicule pour ce récit. L’usage de deux époques ne m’a pas semblé essentiel mais apporte à la fois un certain recul par rapport aux faits mais aussi un écho contemporain à ceux-ci.

Le récit est bien mené et dénonce le racisme primaire tel que pratiqué dans le sud des Etats-Unis durant les années ’50. A partir d’un tragique fait (pas si) divers (que ça), Arnaud Floc'h non seulement dénonce mais trace également des passerelles vers notre époque.

Le petit cahier final apporte de la matérialité au récit, ce qui est toujours utile lorsqu’on se confronte à un fait historique peu connu.

Reste que, pour moi, l’album manque d’émotion. Il est intéressant, bien mené et bien illustré mais il ne m’a pas ému.

Nom série  Sherlock Holmes (Panini Comics)  posté le 04/06/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Ni géniale, ni pire, cette enquête de Sherlock Holmes se glisse à mes yeux dans le ventre mou des adaptations dédiées au célèbre détective. Le scénario nous propose une variation sur la chambre du crime fermée de l’intérieur. C’est assez bien tourné, agréable à lire, logique quoiqu’un peu tordu (comme il se doit) mais jamais passionnant.

Il est à noter que ce scénario est signé par la fille d’Alan Moore (dont je connais plus d’un inconditionnel sur ce site).

Un dessin trop sombre à mon goût n’apporte pas de réelle plus-value au récit. Il l’illustre, certes, honnêtement mais ne parvient pas à happer l’œil.

A lire à l’occasion. L’achat, par contre, me semble plus dispensable, quoique... Disons que si vous trouvez l’album à un bon prix, cet achat peut vraiment être envisagé… et si vous êtes fan du personnage, cette enquête est tellement respectueuse de celui-ci qu’elle ne fera pas tache dans votre collection.

Nom série  Black Science  posté le 02/04/2015 (dernière MAJ le 04/06/2015) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Tome 1 :

Au début, j’ai cru que la série n’allait vraiment pas me plaire. Le premier chapitre, en effet, propose quelques écueils à la lecture. Tout d’abord, les auteurs placent directement le lecteur au cœur de l’intrigue. On se demande donc de quoi il retourne et le texte de narration n’apporte pas vraiment d’explications tandis que le dessin nous propose une folle course poursuite dans un univers fantastique non identifiable. De plus, la colorisation soignée mais très sombre de ce premier chapitre ne facilite pas la lecture.

Heureusement, à la fin du premier chapitre, les explications commencent à tomber. Le deuxième chapitre apporte encore son lot de révélations et, à partir de cet instant, j’ai apprécié le concept mais sans le trouver révolutionnaire. Nous sommes dans une histoire de ‘cosmonautes perdus dans des mondes parallèles’, une idée déjà souvent exploitée par le genre.

Deux points positifs toutefois. Le premier est que les auteurs n’hésitent pas à tuer leurs personnages, qu’ils soient importants ou non. Cette tendance, déjà rencontrée dans d’autres récits ces dernières années (Walking Dead et Game of Thrones étant les deux premiers exemples qui me viennent à l’esprit), permet de créer une agréable tension puisque nous, lecteurs, ne savons jamais à quoi nous attendre. Après, avec une aussi petite équipe de départ, il va falloir que les auteurs trouvent le moyen d’intégrer de nouveaux venus au récit pour ne pas que celui-ci ne se mange rapidement la queue.

Second point positif : cette idée de périodes aléatoires. Le temps durant lequel les personnages restent dans l’une ou l’autre dimension semble totalement aléatoire et peut parfois se résumer à 5 minutes. Cette astuce permet de diversifier le rythme narratif. Les personnages peuvent à l’occasion prendre le temps de réfléchir mais, à d’autres, doivent tout simplement parer au plus pressé.

Pour l’instant, je peux dire que j’aime bien. Je ne crierai pas au génie mais je vais continuer à suivre la série. Je ne déconseille pas l'achat mais je n'en fait pas un achat prioritaire non plus.



Tome 2 :

Le concept se complique quelque peu. Et si ce deuxième tome permet avant tout de mieux cerner certains personnages, il apporte également pas mal de nouvelles données dans l’équation. Soyons clairs : la série est toujours agréable à lire mais elle perd à mes yeux en fluidité. Et là où tout me semblait parfaitement logique et cohérent dans le premier tome, certains faits de ce deuxième tome devront trouver une explication (plus ou moins) rationnelle dans le futur pour que je les accepte.

Au niveau du dessin, rien à redire : on reste clairement dans la lignée du premier opus, avec des couleurs franches mais nuancées au service d’un trait riche et lisible.

Une série à suivre ? Oui, certainement ! Mais à condition qu’elle ne s’égare pas dans ce labyrinthe de mondes parallèles au point d’y perdre toute cohérence. C’est le difficile pari que devront relever les auteurs pour continuer à me convaincre.

Nom série  Guide Sublime  posté le 02/06/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Dieu que c’est jubilatoire, dieu que c’est crétin.

Bienvenue dans l’univers du dictateur le plus crétin que l’on puisse imaginer, celui qui impose la moustache aux hommes et la frange aux femmes (oui, je sais, il a un concurrent en Corée du Nord), celui qui affame son peuple pour son plaisir personnel (oui, je sais, il a de la concurrence… chez tous les chefs d’états du monde)… celui qui stigmatise ce pouvoir absolu, grotesque, déconnecté du réel…

En exacerbant les défauts de son sublimissime dictateur, Fabrice Erre nous livre une parodie délirante de l’absurdité humaine. Humaine dans toute sa splendeur, dans toute sa crétinerie.

Le style est direct, franc, drôle et déprimant à la fois car si j’ai ri à chaudes larmes à plus d’une occasion, derrière cette parodie se cachent constamment de tristes réalités. Et c’est bien pour ça que cet album est si plaisant ! Le style est absurde, la critique est pertinente !

La structure se découpe en courts gags qui, réunis, forment une histoire complète avec ses rebondissements et revirements. Tout n’est pas d’égale valeur et si j’ai franchement apprécié ce premier tome, je crains que, sur la durée, ce genre de concept atteigne rapidement ses limites. Or, si logiquement il devrait s’agir d’un one-shot, l’auteur s’est laissé la possibilité de continuer l’aventure.

Quoiqu’il en soit, en ce qui concerne cet album, je ne bouderai pas mon plaisir. Il recèle quelques passages tellement crétins qu’ils en deviennent jubilatoires et même si j’ai ressenti une baisse de niveau sur la fin, mon sentiment demeure très positif.

Franchement pas mal du tout ! A lire si vous aimez l’humour noir (mais tendre) et crétin.

Nom série  Olympos  posté le 28/05/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Alors là, là, LA ! Là, je crois avoir été au bout du bout. Jamais je n’ai aussi peu compris quelles étaient les intentions d’un récit.

On part d’un jeune étudiant allemand (Hein, alias Heinrich Schliemann, l’archéologue qui découvrit Troie) projeté dans une propriété fantasmagorique par Apollon. Là, il rencontre Ganymède et Apollon lui donne pour tâche de convaincre celui-ci de chercher à sortir de cette propriété. Mais Hein échoue et quitte cette étrange demeure laissant Ganymède seul derrière lui. Enfin, malheureusement pas tout seul puisque nous allons lui tenir compagnie (à Ganymède, hein, pas à Hein).

S’ensuivent une flopée de pages au contenu on ne peut plus vide dans lesquelles les phrases sont étirées au-delà de toute raison (technique classique dans les mangas qui consiste à couper une phrase pour l’étaler sur trois ou quatre cases, mais ici poussée à une forme de paroxysme). Dans la postface du premier tome, l’auteure déclare voir les dieux grecs comme « des personnages qui se tournaient les pouces et s’occupaient vaille que vaille en martyrisant des humains ». Le problème, c’est que non seulement ses dieux se tournent les pouces, mais son héros aussi (il est convaincu de ne jamais trouver d’issue à la propriété et ne cherche donc plus à fuir)… et le lecteur se fait grave chier ! Les conversations vides de sens s’enchainent entre Ganymède et Apollon, qui finalement parviennent presque à avoir l’air de plus s’emm…uyer que le lecteur.

Le deuxième tome abandonne Ganymède pour se concentrer sur le destin d’une servante qui vénère Apollon, est prête à mourir pour lui… et à qui il n’arrive strictement rien. Là, j’avoue avoir lâchement renoncé. Je ne connaitrai jamais la fin de cette histoire et je m’en fiche éperdument, tant j’ai le sentiment d’avoir perdu mon temps en lisant cet album et demi.

Un mot du dessin. Les couvertures sont plutôt jolies, le dessin est correct pour du manga et tous les personnages ont des traits efféminés (mais les femmes moins que certains dieux masculins). La vision que l’auteure a des dieux en déroutera plus d’un (à commencer par moi) avec, notamment, un Poséidon aux allures de Candy Candy vêtue d’une armure des chevaliers du Zodiaque. Hadès est un beau ténébreux genre Albator et Zeus ne ressemble vraiment pas à grand-chose.

Ronfllllllllllllllllllllllllllllllllllllll

Nom série  Le Révérend  posté le 27/05/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Un premier tome ultra classique dont la seule véritable originalité vient d’un pseudo flash-back sous forme de rêve qui permet d’influencer le lecteur vers une mauvaise direction tout en gardant la cohérence du récit (ça, c’est plutôt bien vu). Pour le reste, nous avons droit à un récit de vengeance dans un univers de Far-West. A titre de comparaison, c’est un peu comme si vous ne preniez qu’un tiers de « Once Upon A Time in the West » pour en faire un récit complet… Forcément, le westernophile affirmé trouvera ça pauvre. Mais je ne bouderai pas mon plaisir, le rythme est soutenu, les personnages ne manquent pas de charisme, l’esprit est là et le dessin est sympa.

Le deuxième tome s’est longtemps fait attendre (on a même craint le pire avec les déboires rencontrés par l’éditeur) mais a finalement été publié. Malheureusement, encore plus que le premier, il souffre du manque d’épaisseur du scénario. Les auteurs relancent constamment la machine, en développant de nouveaux personnages secondaires intéressants (mais finalement peu exploités), en multipliant les scènes d’action, en étoffant l’histoire d’amour entre les deux personnages centraux (mais pas assez pour que je comprenne pleinement les motivations de l’une d’entre eux). Rien à faire, et malgré le toujours très agréable dessin (qui pourrait juste encore gagner en profondeur si les arrière-plans avaient été plus fouillés), je finis ma lecture avec un sentiment de trop peu.

Une petite déception donc mais il s’agit là à mes yeux d’un excellent emprunt de bibliothèque, un récit dans lequel on rentre facilement, qui ne marque pas vraiment et ne surprend pas beaucoup plus mais qui se laisse lire sans provoquer de réel ennui. Il lui manque un petit quelque chose pour sortir du tout venant.

Ceci dit, au niveau du scénariste comme à celui du dessinateur, le potentiel est là et je n’hésiterai pas à jeter un œil à leurs prochaines publications.

Nom série  L'Essai  posté le 17/05/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Nouvel album de Nicolas Debon et nouvelle perle !

L’essai relate une expérience de vie communautaire anarchiste, humaniste, naturaliste et totalement utopique. Au fil des pages, les contradictions se font jour, le rêve d’une société égalitaire et libertaire s’étiolent face aux réalités humaines. L’ambition, la volonté de convertir, la jalousie, la folie des grandeurs… L’homme peut avoir les desseins les plus nobles, il n’en reste pas moins homme.

Si le constat final est amer, l’expérience valait la peine d’être tentée, et Nicolas Debon, dans un savant mélange de réalité historique et de romance, parvient à nous faire partager les rêves de Fortuné Henry, instigateur et narrateur de cette expérience, et de ses camarades.

Le dessin, brut, avec des personnages aux contours flous, avec des couleurs passées plonge le lecteur dans un autre monde, une autre époque. La narration à la première personne l’implique, le rend complice du sort des personnages… J’aurais tant aimé que cet essai soit converti… J’aurais tant aimé qu’il nous convertisse tous à ce rêve de société égalitaire.

Ici, anarchie ne rime pas avec attentat et destruction, bien au contraire ! Il est tellement rare qu’un récit nous présente cette utopie politique de la sorte (dans le même ordre d’idée, je dois remonter au « Temps des Bombes » pour retrouver le sujet traité d’une manière similaire) que j’y vois une raison de plus de lire cet album.

Enfin, le découpage est proche de la perfection. Le rythme lent, les dialogues qui puisent dans leur rareté toute leur force marquent le passage du temps et la force des idées. Les grandes illustrations découpent le récit en courts chapitres. La page 43 recentre le dessin et, par la même occasion, la thématique et l’enjeu réel de cet essai. La forme sert le fond, d’une manière inconsciente, le découpage guide les pensées du lecteur. Du grand art sans grands effets. Je ne peux qu’être admiratif devant cette apparente simplicité.

Enfin, l’album nous propose quelques phrases magnifiques. Et je finirai cet avis sur l’une d’entre elles : « Lorsqu’un homme rêve, ce n’est qu’un rêve ; que plusieurs hommes rêvent ensemble et c’est le début d’une réalité… »

Nom série  A la recherche du Nouveau Père  posté le 06/05/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
« A la recherche du Nouveau Père » est la suite directe de « Mères anonymes ». Tellement directe qu’il est même malheureux de créer une fiche pour cet album. Mêmes auteures, même format, même style,… et même la couverture a été pensée comme un négatif de l’autre (en terme de couleur, hein, pas dans le sens opposition homme/négatif – femme/positif… enfin, quoique).

Je m’attendais à trouver un récit plus centré sur l’image du père tel que la femme occidentale du XXIème siècle le voudrait mais les auteures continuent finalement à surtout nous parler du mal-être des femmes en général et de leur personnage principal en particulier. C’est une petite déception de ce point de vue. Surtout qu’en cours de lecture, j’ai eu le sentiment qu’elles n’avaient plus grand-chose de neuf à nous raconter. Cet album en devient plus anecdotique à mes yeux. Moins sombre aussi, il ressemble finalement à la production habituelle du genre : un ton humoristique teinté d’autodérision, un dessin vif qui va à l’essentiel, des personnages caricaturaux. Pour en revenir à l’image du père : ici, soit les hommes sont des gros machos fainéants, soit ils sont (seulement au nombre de deux) tellement parfaits dans leur rôle de père qu’ils en perdent toute masculinité aux yeux des personnages féminins présents dans cet album. Ces deux hommes, qui de prime abord semblent correspondre à l’image du père tel que souhaité par les héroïnes de ce récit, deviennent à leurs yeux soit une bonne copine soit un être mou et castré.

Au terme de ma lecture, j’en suis toujours à me demander ce que recherchent ces femmes. Le macho carriériste semble les attirer sexuellement mais est un mauvais père à leurs yeux. L’homme au foyer n’attire plus sexuellement et, de plus, est perçu comme un intrus sur le territoire de plusieurs des femmes ici évoquées. Pas facile, pas facile… La quête du nouveau père est loin d’être finie pour ces mères anonymes…

En soi, l’album est plaisant à lire mais pas spécialement marquant à mes yeux. De plus, s’il soulève quelques bonnes questions, il n’apporte aucune réponse. J'ai cependant beaucoup apprécié le fait que les auteures n'accusent personne (sinon la presse people pour l'image de la femme qu'elle projette). Elles constatent et ne nient pas les contradictions présentes dans les attentes de leurs personnages féminins. 3/5 mais à emprunter plutôt qu’à acheter.

Nom série  Le Jardin de Minuit  posté le 05/05/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Adapté d’un classique de la littérature jeunesse anglaise des années ’50, ce récit est agréable à plus d’un titre.

Tout d’abord, et c’est ce qui m’a convaincu à l’acheter, son style graphique naïf est vraiment agréable à l’œil. Non seulement, il convient parfaitement au sujet mais, de plus, il apporte au récit une fraicheur, une finesse et une naïveté très plaisantes. Les personnages sont bien expressifs, les décors sont soignés mais sans distraire le lecteur (c’est le genre de détail que l’on remarque plus en seconde lecture que dans un premier temps).

Par ailleurs, le découpage est bien pensé et à aucun moment je n’ai eu le sentiment de lire une adaptation.

Ensuite vient le récit. Très classique dans le genre fantastique mais bien tourné et tout de même original par plusieurs aspects, ce récit est plaisant à suivre même si je trouve qu’il lui manque un moment fort. Ca se laisse lire, ça coule tout seul mais jamais je n’ai vraiment été saisi.

Il n’empêche, pour une petite lecture à l’ombre d’un arbre (voire même dans l’arbre en question), cet album me semble vraiment un bon investissement. De plus, il plaira à un large public.

Pas mal du tout, en somme.

Nom série  Les Vestiges de l'Aube  posté le 04/04/2014 (dernière MAJ le 30/04/2015) Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Ce récit parvient à la fois à être très classique mais aussi plutôt original. Jugez-en !

D’une part, nous avons un récit policier ultra-classique avec, en vedette, un flic new-yorkais meurtri psychologiquement par la mort de son épouse et de sa petite fille. Ce dernier enquête sur une série de crimes sans liens apparents. Sa route croisera celle d’une call-girl pas tout à fait nette et il aura, pour l’épauler, un partenaire paternaliste et une médecin légiste compétente, sexy et tranchante comme un scalpel. En résumé : New-York, flic borderline, call-girl témoin, partenaire paternaliste, meurtres en série, médecin légiste sexy… On se croirait dans une série télé !

Oui, mais voilà ! Dans l’ombre de notre pauvre policier va surgir… un vampire. Un vampire las de sa solitude et de son isolement, touché par le mal-être du flic et bien décidé à l’aider grâce à ses pouvoirs pour le moins particuliers (grosses canines, poigne d’acier et maîtrise de l’espace aérien, entre autres choses).

Le tout nous est raconté à la première personne (celle du vampire).

Classique et original, vous disais-je.

Le résultat, c’est un récit assez prenant. Le découpage est bon, le dessin est soigné. Malheureusement, la présentation des deux personnages principaux truste une bonne partie de l'espace, ce qui n’empêche pas l’un ou l’autre passage plus musclé. Mais, voilà, au terme de ces deux tomes, j'ai un goût prononcé de trop peu en bouche. l'enquête en elle-même se révèle tellement classique dans son intrigue (réfléchissez à trois choses qui pourraient réunir 6 mâles ayant plus ou moins le même âge, l'une des trois est la solution du 'mystère' ) que l'intérêt du récit, je l'ai trouvé dans ses deux personnages vedettes. Ils mériteraient de se retrouver dans au moins une suite, histoire d'enfin pleinement exploiter le potentiel de leur étrange amitié.

Ah oui, un dernier mot : ici, les vampires se transforment en faucon et se voient dans les miroirs. C’est là, à mes yeux, la preuve même que David Khara (l’auteur du livre qui est ici adapté) aime jouer avec les codes classiques pour les revisiter à sa manière.

Classique et original, on n’en sortira pas… Mais frustrant dans ce format en deux tomes car les deux personnages centraux avaient un beau potentiel.

Nom série  Gloria Victis  posté le 05/11/2014 (dernière MAJ le 30/04/2015) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Voilà une série très plaisante à suivre, à condition de la prendre pour ce qu'elle est : un récit d'aventure destiné aux jeunes adolescents (mais pas que).

Tout d’abord, le cadre : les courses de chars dans l’Empire romain. Voilà une manière originale d’aborder cette époque déjà si souvent exploitée ! Et comme les auteurs semblent bien documentés sur le sujet, le théâtre de cette fiction nous est présenté d'une manière assez crédible. Bien sûr, les courses sont très spectaculaires, mais les auteurs évitent d'en faire trop. Exagérées, oui (évidemment, serais-je tenté de dire), mais pas délirantes.

De plus, avoir choisi l’Espagne comme point de départ du récit est, je trouve, très judicieux : les auteurs sont d’origine ibérique, d’une part et cette région de l’Empire romain n’est finalement que peu exploité dans les récits du genre, d’autre part.

Ensuite vient le dessin. Un trait propre et immédiat, hérité du franco-belge de la grande époque, influencé par le dessin d’animation, soigné dans ses décors, dynamique, expressif. Du bel ouvrage ! Et même le saut temporel du premier tome (12 ans séparent l’introduction du reste du récit) ne pose pas de problème quand il s’agit de reconnaître les personnages (que ce soit un enfant devenu jeune adulte, un adulte devenu vieux ou une matrone devenue… matrone mais en pire). J’aime vraiment beaucoup ce trait un peu carré et très typé, même si certains chevaux me paraissent étrangement longs.

Le récit, en lui-même, est des plus classiques. Un jeune orphelin va suivre les traces de son père à son corps défendant. Il devra faire face à ses vieux démons mais aussi à un cruel adversaire. Sa route croisera celle d’une jolie esclave, d’un mystérieux gladiateur et d’influents notables romains. Le nombre de personnages importants n’excède pas la dizaine, ce qui permet de rapidement s’y retrouver tout en offrant plusieurs champs d’investigation. Ces multiples relations donnent aux auteurs la possibilité de nous présenter divers aspects de la réalité historique de l'époque. C'est souvent instructif (pour un jeune lecteur, hein, pas pour un historien) sans jamais être lourdingue.

J’ai également apprécié le fait que les auteurs n’hésitent pas à tuer l’un ou l’autre personnage sans tenir compte du fait que les lecteurs s’y seraient attachés ou pas. Cette façon d’aborder les choses crée une tension, permet de rendre certains personnages détestables et de donner à ce récit des allures de drame antique.

Le troisième tome devrait nous emmener en Gaule. Je m’en réjouis à l’avance. A mes yeux, Gloria Victis est une très belle série 'grand public', conçue pour être appréciée par de jeunes adolescents sans que leurs parents ne trouvent ça infantilisant.

Nom série  Flashpoint  posté le 29/04/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Le scénario de cet album a été pensé avec l’objectif de totalement égarer le lecteur au début de sa lecture, le plongeant dans la situation du héros alors que celui-ci ne comprend rien à ce qui lui arrive.

… C’est très réussi. Trop même, serais-je tenté de dire car il m’a été difficile de m’accrocher durant les deux premiers chapitres. Heureusement, au fil du récit, les tenants et aboutissants de cette histoire uchronique -dans laquelle la réalité présente est profondément influencée par des modifications de son passé- se font plus clairs. J’ai toujours le sentiment de ne pas avoir tout capté mais, ouf, dans les grandes lignes, je pense avoir compris.

Cette difficulté à réellement m’accaparer le scénario aura été un handicap tout au long de ma lecture. C’est regrettable car, en soi, cette uchronie recèle de quelques très bonnes trouvailles (on a par exemple droit à un Batman étonnant) et le fait de regrouper autant de superhéros dans des seconds rôles (voire dans celui de figurants) permet au dessinateur de s’éclater (plaisir souvent partagé par le lecteur).

Flash, en lui-même, garde ses spécificités et les fans du personnage ne seront pas déçus par cette version.

Côté dessin, rien à redire. C’est du comics de qualité, dynamique, explosif. Andy Kubert semble vraiment avoir pris du plaisir dans la recréation des différents personnages célèbres qui animent la série (et ça va de Batman à Aquaman en passant par Wonder Woman et bien d’autres), il n’est pas avare de détails (au risque de parfois surcharger ses cases) et garde toujours la lisibilité nécessaire.

Du fait que je ne suis finalement pas vraiment convaincu par ce récit tarabiscoté aux explications trop elliptiques à mon goût, je ne vous conseille pas l’achat. Mais si vous cherchez un scénario tordu, empruntez donc une fois cet album, il pourrait vous ravir.

Nom série  Power Girl  posté le 29/04/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je ne connaissais rien de ce personnage mais le ton volontiers parodique de l’introduction m’avait bien plu. D’ordinaire réfractaire aux récits de super-héros, je me suis donc risqué dans cette lecture.

Le constat est mitigé. D’une part, j’ai beaucoup aimé les passages les plus outranciers, ponctués de dialogues énormes (« qu’espères-tu de moi, femme volante à forte poitrine ? »). Malheureusement, ce ton est loin d’être constant et l’on retombe entre ces sommets parodiques et absurdes dans des creux ennuyeux où il ne se passe rien. Entre ces deux extrêmes, nous avons droit à des passages d’action typiques du genre (avec super traitresses et superpouvoirs de toutes sortes) pas vraiment ennuyeux mais pas vraiment passionnants non plus.

Connaître le background du personnage peut aider mais, après un début un peu décousu et trop référencé à mon goût, j’estime que la série a rapidement réussi à trouver un ton et des personnages propres qui lui permettent de s’auto-suffire.

Côté dessin, c’est très correct dans l’ensemble. Le style est direct, sans recherche de raffinement, mais efficace et dynamique, avec, de plus, une agréable rondeur dans le trait. Les couleurs sont vives mais sans excès. Le résultat est kitch mais totalement adéquat avec le ton de la série.

Trop inégal pour que j’en conseille l’achat. Mais si vous cherchez une série de super-héros qui ne se prend pas au sérieux tout en offrant sa dose d’action, cette Power Girl pourrait s’avérer être un bon emprunt de bibliothèque.

Nom série  L'Etrange Noël de monsieur Jack  posté le 29/04/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Commençons par le positif : on reconnait les personnages et la trame générale du récit est respectée.

Voilà, voilà…

Mais, bon, c’est quand même suicidaire de chercher à adapter Tim Burton en manga (suicidaire ou mercantilo-disneyen… tant que c’est rentable…). Déjà, l’univers à la poésie décalée du réalisateur nécessite un foisonnement de détails qu’un dessin simplifié tel qu’en propose le style manga ne peut qu’appauvrir au risque de l’atrophier (purée, j’me fais peur quand j’écris des phrases comme ça ). Ensuite, et surtout, adapter une comédie musicale au format muet (si encore, ils avaient fourni une cassette audio avec l’album, comme cette autre série-dont-on-ne-peut-dire-le-nom-sur-ce-site-mais-avec-un-chouette-cyborg-n'est-ce-pas-Ryle)… ben, autant essayer de faire une version en braille du film Avatar. Pour que ça marche, faut être un génie… et dans le cas présent, Asuka Jun n’en est pas un.

Parce que, soyons clairs, le scénario de L’Etrange Noël de monsieur Jack n’est pas ce qu’il y a de plus remarquable dans la version originale, loin s’en faut. Alors, nous le retaper plus ou moins fidèlement (le chien Zéro est notamment beaucoup plus effacé ici que dans le film d'animation) mais sans y joindre toute la poésie dont cet univers s’était vu doté, c’est un non-sens !

De plus, lors des scènes d’action, j’ai trouvé le dessin peu clair, confus. Et correct mais sans poésie le reste du temps...

Résultat : une œuvre de commande sans intérêt artistique et qui rend tellement peu hommage à l’original qu’il vaut mieux éviter de la lire.

Nom série  Les Enfants de la Résistance  posté le 29/04/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cette nouvelle série du binôme Dugomier-Ers (déjà auteur des Les Démons d'Alexia et de Hell School) a une indéniable dimension pédagogique. Et un rapide coup d’œil sur le cahier situé à la fin de l’album suffira à vous en convaincre.

Les auteurs ont donc décidé de nous (et quand je dis « nous », je pense plus particulièrement aux jeunes adolescents) parler de la vie quotidienne sous l’occupation allemande. Pour ce faire, ils nous proposent un trio central très classique (deux garçons, une fille, tous trois âgés de 12,13 ans au début de l’histoire) auquel le jeune lecteur s’identifiera sans problème. L’usage d’un faux journal intime et de la narration à la première personne accentue directement l’empathie ressentie pour ces personnages (c’est classique mais ça marche à tous les coups, pourquoi s’en priver ?)

L’histoire en elle-même n’est pas des plus originales et la série souffrira, je pense, de la comparaison avec « La Guerre des Lulus ». Mais comparaison n’est pas raison. Cette nouvelle création se démarque de la très bonne série susnommée dans le sens où elle cherche véritablement à instruire le lecteur. Et si le fil narratif se présente sous une forme très classique de récit d’aventure, la conception du scénario permet aux auteurs de parler de multiples sujets sur un ton plus professoral. En fait, j’ai vraiment eu le sentiment de lire une bande dessinée « à l’ancienne », datée d’une époque où il fallait « justifier » le côté peu sérieux de ce type de littérature par la plus-value éducative de son contenu (l’époque Jijé, quoi) mais écrit avec une plume moderne, avec une volonté d'être compris par le jeune lecteur d'aujourd'hui.

Et, honnêtement, un divertissement qui rend moins con, je trouve toujours ça bon à prendre. Même si le ton parfois trop didactique risque de lasser certains lecteurs, le charisme des principaux personnages nous garantit une agréable lecture. Et comme dès ce premier tome, le propos se veut nuancé (il y a du bon et du mauvais partout, chez l’occupé comme chez l’occupant, et pas toujours là où l’on croit le voir de prime abord), la série interpelle et incite à réflexion.

Enfin, il y a le dessin de Benoit Ers. Ce franco-belge bien typé garantit un plaisir de lecture, une facilité d’accès, l’expressivité et le dynamisme nécessaires pour convaincre un jeune lecteur (et les autres aussi, moi le premier) à jeter un œil aux planches… avant de ne plus pouvoir interrompre sa lecture. Cette opposition entre un dessin très frais et des propos plus sombres est devenue une des marques de fabrique des réalisations du duo. Nul doute que cette série ne fera pas exception à la règle.

Dans le genre, ce récit débute donc très bien. Il risque juste de souffrir de la comparaison avec les autres récits de ce genre. Le petit plus apporté par son aspect éducatif prononcé en fera peut-être, lui, un bon support dans un cadre scolaire.

Nom série  L'Aliéniste  posté le 20/04/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J’ai trouvé cette adaptation un peu trop bavarde, comme si le duo d’auteurs n’avait pu se défaire du caractère écrit de l’oeuvre originale. Par ailleurs, le traitement manque de modernisme. Adapter un récit qui date de plus d’un siècle sous une autre forme que celle d’origine sans lui apporter une quelconque touche contemporaine est un risque. Garder le cadre était indispensable, conserver le style ampoulé de l’écriture l’était beaucoup moins à mes yeux.

J’ai donc éprouvé quelques difficultés à rentrer dans ce récit. Et c’est dommage car ce conte est digne d’intérêt… à condition de le prendre pour ce qu’il est, à savoir un petit conte sympathique qui nous incite à réfléchir sur des termes tels que la normalité ou la fidélité (à ses idées ou à ses amis).

Niveau dessin par contre, rien à redire même si j’aurais, à titre personnel, parfois préféré un format plus grand. Le trait a cependant suffisamment de finesse pour s’adapter au format proposé.

Au final, je ne peux pas dire que j’ai été subjugué. Pas plus que je n’ai trouvé cette lecture véritablement pénible. Pour moi, cela reste un bon emprunt de bibliothèque, à faire à l’occasion. Mais pas une œuvre majeure à posséder ou même ne fusse qu’à lire au moins une fois.

Nom série  Les Gardiens du Louvre  posté le 20/04/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
J’ai trouvé le début du récit vraiment pénible. Taniguchi semble tellement y faire du Taniguchi (rythme lent, personnage central atone, intrusion du fantastique dans le quotidien) que je me suis dit : « Oh, non, encore… »

Le dessin est plutôt bon mais les grandes cases semblent bien vides. Cela ne doit pas être évident pour un mangaka de passer d’un format de poche à ce grand format, surtout qu’il ne multiplie pas vraiment le nombre de cases par planche et que les dialogues se résument à peu. Le fait de sectionner les phrases pour en coller des bouts dans trois, quatre phylactères permet certes d’un peu occuper l’espace, mais bon… C’est limite foutage de gueule (ou sens de l’épure à l’orientale).

Par ailleurs, la manière même dont il aborde cet exercice imposé (il s’agit d’une œuvre de commande du Louvre et l’album se doit donc de traiter du musée) ne m’a que peu intéressé. Jiro Taniguchi se centre en effet sur quelques peintres paysagistes (Courbet, Van Gogh, entre autres) et surtout sur les liens qui unissent certains d’entre eux au Japon (au travers de leur reconnaissance par des artistes japonais). Ce thème parle certainement à l’auteur puisque, dans son domaine, celui-ci a été grandement influencé par l’Europe (il y a donc une sorte de reflet de sa propre démarche dans le parcours des artistes japonais présentés) mais ne m’a que peu touché. Et comme, par ailleurs, son personnage central –qui nous sert de guide- m’est apparu atone, amorphe, apathique, je n’ai vraiment fait que tourner les pages durant cette première partie de l’album.

La seconde partie du récit m’accrochera plus. L’auteur y traite de la protection et du transfert des œuvres majeures du musée peu avant l’invasion allemande durant la seconde guerre mondiale. Ce sujet historique m’a paru plus intéressant. Pas de quoi crier au génie mais je me suis plus impliqué dans ma lecture et j’en ai retiré quelques informations plaisantes.

Au final, cet album n’aura pas réussi à vraiment me convaincre. A louer à l’occasion, à la limite, mais je n’en ferai certainement pas l’acquisition, à titre personnel.

Nom série  Tessa, Agent Intergalactique  posté le 16/04/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je me les suis tous relu, et je reste sur une impression partagée. Mais partagée entre le franchement bien et le juste pas mal.

Les trois premiers tomes, en tous les cas, m’ont vraiment bien plu. La suite, elle, alterne les passages très plaisants (le tome 6, notamment) et les passages plus mous (les tomes 5 et 7, surtout). Au final, je ne regrette pas de posséder l’ensemble de la série.

J’ai vraiment bien aimé :

- Le personnage principal, adolescente immature et délurée, dynamique et maladroite, à laquelle je me suis rapidement attaché ;
- L’univers certes balisé mais original dans son genre ;
- La structure du récit qui propose des intrigues diversifiées toutes reliées par un fil narratif bien pensé ;
- Le dessin, simple et efficace. Son dynamisme et son expressivité sont des atouts pour la série. La colorisation très typée photoshop me laisse plus circonspect mais n’est pas un obstacle en soi.

J’ai moins apprécié :

- Les noms des personnages. J’adore les jeux de mots et au plus ils sont pourris, au mieux c’est. Mais là, il y en a trop ! A chaque nouveau nom, j’étais tenté de chercher où se cachait la vanne (et certaines sont vachement tordues), ça me coupait complètement de mon rythme de lecture. Trop is te veel (comme on dit chez nous) ;
- Certains ressorts narratifs, très prévisibles, qui font que cette série se destine finalement plus aux adolescent(e)s qu’aux adultes ;
- Des textes parfois trop envahissants.

Pas mal dans l’ensemble, mais avec de très bons moments. A essayer, si vous en avez l’occasion. Et à acheter si vous aimez ce type d’univers SF/humour/ado.

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