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... a posté 1938 avis et 355 séries (Note moyenne: 2.95)

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Nom série  Le Serpent d'eau  posté le 12/03/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Avec ce nouvel opus, Tony Sandoval ne surprendra pas ses lecteurs. On y retrouve effectivement ce qui constitue sa marque de fabrique : un dessin étrange et poétique au service d'histoires sombres où règnent en maîtresses les jeunes femmes et la mort.

En ce qui concerne ce serpent d'eau, j'avoue n'avoir été qu'à moitié convaincu par un scénario finalement assez creux. Le dessin, par contre, est toujours aussi séduisant. La priorité me semble d'ailleurs avoir été accordée à celui-ci avec de nombreuses grandes illustrations très soignées tandis que le récit, pourtant copieux d'une petite centaine de pages, se lit très vite si l'on ne s'attarde pas sur le dessin (ce qui serait gâcher, j'en conviens).

En résumé, Tony Sandoval nous livre à nouveau un album plus que correct. Si vous aimez l'auteur, cet opus devrait vous plaire. Si vous ne le connaissez pas encore, je vous conseillerais de lire d'abord d'autres œuvres du talentueux mexicain, comme Le Cadavre et le Sofa. Une œuvre honnête d'un auteur que je ne peux que vous inviter à découvrir, tant son style en fait un personnage à part dans le microcosme de la bande dessinée.

Nom série  Chamisso (L'Homme qui a perdu son ombre)  posté le 06/03/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Que voilà un beau personnage !

Après m'avoir fait découvrir Mary Shelley sous un angle nouveau, les deux Da (Daniel Casanave et David Vandermeulen) se proposent ici de m'emmener sur les pas d'Adalbert Von Chamisso, dont je dois bien l'avouer, j'ignorais jusqu'à l'existence...

... ou plus exactement, que j'ignorais connaître. En effet, quel amateur de bande dessinée n'a pas lu au détour d'une phrase le titre péjoratif de rascal ? Et bien, figurez-vous que Rascal est le nom d'un des personnages de Chamisso !

Cet album m'a donc permis d'être un peu moins con, et rien que pour ça, je ne peux que remercier les auteurs.

A l'image de Shelley, le récit démarre sur des bases historiques solides mais bascule un moment dans la fantaisie littéraire, l'auteur dont on suit les pas fusionnant avec un de ses personnages. C'est déroutant, de prime abord mais aussi très astucieux pour mieux comprendre un auteur et son œuvre.

Le dessin, simple et expressif, de David Casanave et la narration légère et spontanée de David Vandermeulen sont deux véhicules des plus agréables à emprunter pour visiter cet univers. Le livre, copieux de près de 250 pages, se lit comme un rien. Le récit amuse, divertit, instruit et séduit.

Et me voilà sortant de cet album avec l'envie de découvrir "Peter Schlemihl", l'œuvre majeure de ce bien sympathique et atypique Chamisso. Sincèrement, quelqu'un qui écrivait il y a près de 200 ans "je saisit l'occasion pour élever ici une protestation solennelle contre l'appellation de "sauvages" appliquée aux insulaires de la mer du Sud..." mérite plus de reconnaissance. Merci donc aux auteurs de me l'avoir fait découvrir.

Franchement bien est peut-être exagéré car le récit comporte tout de même de quelques longueurs (dans sa première partie, principalement) mais c'est bien ! Le coup de cœur, lui est attribué au vu de certaines planches d'une vivifiante simplicité et pour la découverte de ce beau personnage.

Nom série  Pleine Lune (Dargaud)  posté le 10/10/2012 (dernière MAJ le 06/03/2014) Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
La série me semble prioritairement destinée aux jeunes adolescentes mais cela ne m’a pas empêché de bien apprécier ma lecture.

On navigue dans un milieu « à la Twilight » avec des monstres mythiques (des loups-garous en l’occurrence) et un milieu très « scolaire » (les personnages fréquentent tous la même école, hormis quelques personnages encore secondaires et plus âgés). Ajoutez un début de romance amoureuse entre l’héroïne et un des loups-garous et vous comprendrez le pourquoi de la comparaison. Ceci dit, et même si la série n’est pas humoristique, le ton général est tout de même moins mélodramatique que dans Twilight (encore heureux pour moi).

Ce premier tome pose donc l’univers. Pour ce faire, les auteurs ont recours à une héroïne du type « lycéenne lambda » qui aime se confier à son journal intime et qui a les mêmes préoccupations que n’importe quelle lycéenne lambda (les garçons, les parents, les copines et accessoirement les résultats scolaires). L’album se lit sans déplaisir. Le chemin est balisé tant on a déjà lu des histoires de ce genre mais cela n’empêche pas le plaisir.

Le dessin est lui aussi des plus agréables. Un seul reproche : qu’est-ce que c’est que ces pointes de nez ? Vraiment, par moments, on croirait que l’auteur a recollé un bout de nez d’une forme et d’une couleur différente sur ses personnages. Vraiment moche et inutile... Dommage, car le reste est vraiment bien fait. Lisible, soigné dans ses décors, expressif pour les personnages, un style efficace qui convient bien au sujet.

Pas mal, donc... mais loin d’être révolutionnaire. Achat envisageable pour les amatrices du genre (et je les sais nombreuses).



Le deuxième volet de la série m'a satisfait par certains côtés mais également déçu à d'autres points de vue.

Côté satisfaction: c'est toujours plaisant à suivre. La série oeuvre clairement dans une veine précise et en respecte les principes. Une héroïne qui s'affirme au fil des épreuves, une romance entre elle et un gentil loup-garou, des adversaires redoutables mais aussi difficiles à cerner. Voilà, c'est clairement ciblé ado-fleur-bleue-qui-a-envie-de-se-faire-peur-mais-pas-trop mais, dans l'ensemble, ça fonctionne plutôt bien... ou plutôt ça fonctionnerait bien s'il n'y avait deux points assez négatifs.

Le premier point négatif vient du dessin et plus particulièrement des nez des personnages. Ces nez semblent systématiquement avoir été ajoutés car ils sont colorisés distinctement. Et, franchement, c'est moche ! Et c'est d'autant plus regrettable que, par ailleurs, j'aime bien le trait entre franco-belge semi réaliste et manga du dessinateur.

Le deuxième point négatif est, lui, du fait d'un scénario qui semble véritablement avoir été amputé de quelques chapitres. Ce deuxième tome en devient interpellant, tant il m'a semblé me manquer des passages clés (comment notre jeune héroïne s'est-elle retrouvée avec ces chasseurs de garous, pour exemple). C'est réellement dérangeant et le sentiment qui domine est celui que ces coupures ont été faites au détriment de la progression, sans aucune réécriture. Le résultat, bancal s'il en est, me refroidit vachement vis-à-vis de l'achat. La série arrivera peut-être à son terme, mais à quel prix ?

Nom série  Les Mondes de Thorgal - La jeunesse de Thorgal  posté le 14/02/2013 (dernière MAJ le 27/02/2014) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
La jeunesse de Thorgal avait déjà été explorée dans la série mère avec les albums « L’enfant des étoiles » et « Aaricia ». Par conséquent, je me demandais quelque peu ce que cette nouvelle série allait bien encore pouvoir raconter sur ce sujet.

Yann contourne joliment l’obstacle en nous proposant, non pas un épisode sur l’enfance du héros mais bien un récit d’aventure mettant en scène un Thorgal déjà adolescent. Et si je n’ai rien appris de neuf sur le passé du héros, j’ai presque envie de dire : « tant mieux ! » Celui-ci est déjà suffisamment riche, il n’y a pas besoin d’en rajouter encore une couche.

Commencer le récit à cette époque me semble bien vu de Yann car c’était là, je pense, le seul espace encore vierge de tout repère. On doit se situer 4 ou 5 ans maximum avant « La magicienne trahie » et les différents personnages de l’époque peuvent agir sur l’histoire avec des comportements proches de ceux auxquels ils nous ont habitués.

L’aventure est au rendez-vous. Le récit est bien rythmé et j’ai retrouvé plusieurs éléments que j’aimais dans la série mère. La mythologie nordique est bien présente, avec une déesse Frigg très active. Thorgal est toujours aussi noble et grand cœur tandis qu’Aaricia est prête à sacrifier sa vie pour son homme. Enfin, le récit recèle d’une dimension poétique bien agréable.

Au détour des planches, on croisera avec plaisir certains personnages marquants de la série mère. Ces inserts sont bien amenés et j’ai eu bien du plaisir à retrouver, entre autres et un bref instant, la magicienne trahie.

Et si l’histoire est plaisante, le dessin, lui, est excellent dans le premier tome ! Dans la lignée de celui employé par Rosinski pour la série mère, il ne déroutera pas les fans mais il m’est apparu d’une finesse et d’une précision encore supérieures à l’original. Du très beau travail ! Malheureusement, le deuxième tome m’est apparu moins soigné. Le style s’épure et perd ces petits détails qui m’avaient tant plu dans le premier tome… Pas de quoi me rebuter mais j’en sors quand même avec un petit sentiment de trop peu après les promesses du premier tome.

Et l’histoire, elle aussi, pourtant entamée sous de très bons auspices, sombre quelque peu dans la facilité durant le deuxième tome. L’ensemble reste agréable et satisfera sans nul doute les fans de la série mère… mais je sors de cette lecture un peu déçu, tant le premier volet m’avait charmé.
Restent quelques bonnes trouvailles, dont un passage qui nous permet de penser que Thorgal pourrait bien avoir eu un autre enfant que ceux que nous connaissons déjà… Voilà une piste à explorer très prometteuse… La suite au prochain numéro… Un numéro que je lirai avec plaisir.

Nom série  La Princesse des Glaces  posté le 25/02/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
La Princesse des Glaces est l’adaptation d’un roman policier nordique. Et qui dit roman policier nordique pense Millénium. A raison dans le cas présent puisque nous nous retrouvons un peu devant le même genre d’intrigue : un village paumé, un secret de famille, des notables, des ratés et des tordus… et bien sûr un cadavre.

La Princesse des Glaces exploite une multitude de personnages. Et qui dit personnages multiples pense risque de confusion. Ici, le risque est subtilement esquivé grâce aux deux premières pages de l’album qui nous présentent les différents protagonistes. Il est alors facile, en cours de lecture, de revenir sur ces deux pages pour bien visualiser les acteurs. C’est bien vu, très pratique et utile, surtout au début du récit lorsque les têtes de ces personnages ne sont pas encore bien encrées dans notre esprit.

La Princesse des Glaces est un roman policier. Et qui dit roman policier pense codes. La majeure partie de ces codes sont bien présents. Fausses pistes, liens secrets entre certains protagonistes, suspense entretenu jusqu’à la fin, coupable tout désigné, ce sont des passages obligés pour un récit du genre. Et cette enquête tient toutes ses promesses ! J’ai vraiment eu du plaisir à suivre son déroulement jusqu’à sa résolution finale tout aussi logique que surprenante (du moins durant les deux premiers tiers de l’album, le faisceau d’indices permettant au fil des pages de cerner les tenants et aboutissants). J’ai grandement apprécié la cohérence de l’intrigue.

La Princesse des Glaces est un roman policier à dimension humaine. Et qui dit dimension humaine pense soin accordé aux profils psychologiques. Et c’est un fait que les multiples acteurs peuplant ce récit ont tous une personnalité propre. Certains sont plus intéressants que d’autres mais tous ont leur utilité. L’histoire est vraiment construite sur ces personnages, ce qu’ils sont et ce qu’ils furent. On s’attache facilement à certains d’entre eux (à raison, parfois). On se plait à en détester d’autres (à tort, parfois). De ce point de vue également, ce récit est une belle réussite.

Qui dit bon roman pense conclusion qui impacte son lecteur. Et c’est un fait que la toute fin du récit, qui apporte un dernier éclairage sur l’affaire en question, m’a vraiment bien plu. C’est hyper classique mais tout aussi efficace.

Qui dit bande dessinée pense dessin. Le style employé ici m’a ravi car il permet de facilement différencier les multiples acteurs. La colorisation est elle aussi agréable tant elle parvient à créer des atmosphères tantôt glaçantes (quoi de plus logique), tantôt plus chaudes.

En définitive, et même si le récit ne contient pas de grosses surprises, la Princesse des Glaces est un excellent roman policier. Et qui dit excellent roman policier pense que vous seriez vraiment trop cons de passer à côté.

… A bon entendeur…

Nom série  Coeur de Glace (Dargaud)  posté le 25/02/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J’ai trouvé là un récit assez glauque, malsain, qui va au-delà de l’étrange. Non, mais franchement, quand je lis ce genre de récit, je me dis que je ne confierai jamais un gosse aux auteurs.

Le dessin fait penser à Kerascoët… et pour cause puisqu’il s’agit ici d’une des deux entités composant cet auteur(s). Je ne suis pas fan mais je reconnais une certaine maîtrise. De plus, ce style torturé convient bien à l’ambiance du récit.

Le scénario n’est pas mauvais (si on accepte son côté malsain) mais la fin arrive assez abruptement. C’est un peu trop « facile » à mon goût.

Finalement, j’ai trouvé là un récit dans la même lignée que « Jolies ténèbres »… que je n’avais pas apprécié plus que ça. Ici, je dirais que c’est juste « pas mal » mais pas de quoi crier au génie ni en sortir marqué.

Nom série  Le Bel Âge  posté le 20/04/2012 (dernière MAJ le 25/02/2014) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Je viens de relire mon avis après un puis deux tomes… Je vous le laisse ici dessous car ce que j’y écris me semble révélateur à plus d’un niveau. Cette série a grandi… Au fil des tomes, elle s’est affirmée et a fini par me conquérir complètement.

Si le dessin fait immédiatement penser à Bastien Vivès par sa spontanéité et son aspect jeté, presque brouillon, si le sujet quelque peu bateau de trois jeunes femmes devant sortir de l’adolescence pour entrer dans l’âge adulte fera fuir les allergiques aux romans graphiques, la justesse des mots, la qualité des silences, les nuances, les non-dits, l’émotion qui se dégage au fil des planches m’ont définitivement charmé.

Et si le thème a déjà souvent été exploré, la qualité première est ici de nous en offrir une vision actuelle, moderne et sensible. J’ai aimé voir ces trois jeunes femmes grandir, s’interroger dans leurs envies, mûrir, s’affirmer.

Et ce qui me semblait être autant de défauts au départ (couvertures hideuses, personnages multiples) se sont révélés n’être en aucune manière des obstacles à mon appréciation. J’en viens même à trouver la maquette des couvertures originale, c’est dire !

Non, franchement, je suis charmé, séduit, touché, ému. Le propos est simple et juste, bateau, sans doute… mais tellement bien tourné. Et puis cette idée de la randonnée dans le dernier tome, ce moment durant lequel ces filles peuvent se recentrer sur elles-mêmes… Je suis un grand partisan de la randonnée comme parenthèse vouée à la pensée et j’ai trouvé cet emploi tellement juste que ce passage est certainement pour beaucoup dans mon appréciation finale.

Je suis conquis et m'érige aujourd'hui en fervent défenseur de ce triptyque. Et si le premier tome ne vous convainc pas vraiment, je ne peux que vous inviter à continuer votre lecture car la série progresse constamment.

Un très beau roman graphique, simple et moderne.



Point très négatif : les couvertures ! Moins engageant que ça, je vois pas… Enfin, il y en a surement à qui ça plait, sinon ce projet aurait été refusé mais franchement, ces couleurs tranchées, ce découpage agressif et sans nuances, cette composition d’une froideur quasi clinique, ce n’est pas très heureux.

D’autant plus que le sujet, lui, relève du roman graphique doux amer pour adolescentes. Le contraste entre les couvertures et le sujet est donc énorme. Mais, bon, en général, le traitement graphique de l’œuvre m’a laissé quelque peu dubitatif. Non que ce soit mal dessiné… mais c’est un style… et ce style n’est pas le mien. L’auteur s’attarde principalement sur les regards ou les attitudes et se moque un peu du reste. Le trait est brut, les décors sont négligés…

Ceci dit, je me connais : si l’histoire m’intéresse, je suis capable de passer outre le dessin pourvu que celui-ci serve celle-là (je ne suis pas sûr que vous me suiviez, mais je me comprends).

L’histoire ? Le destin croisé de trois jeunes femmes. Rien ne les unit de prime abord et ce n’est qu’à la fin du premier tome que l’on comprend enfin quel type de relation elles sont amenées à entretenir.

La grosse difficulté que j’ai rencontrée dans ce premier tome est que, avec trois personnages principaux évoluant dans trois histoires initialement différentes, on a droit à trois fois des personnages secondaires… et quand on connait mon problème pour retenir les prénoms et le rôle de chaque personnage même dans une histoire assez simple, et bien ici, ce ne fut pas du gâteau. Mais j’ai rapidement senti le coup venir, donc je me suis focalisé sur ces fameux prénoms, n’ai pas hésité à faire des retours en arrière pour être sûr de ne pas me gourer… et m’en suis finalement sorti plus facilement que je ne le craignais.

Le deuxième tome a la bonne idée de limiter le nombre de personnages secondaire. L’histoire y gagne en clarté et permet au lecteur que je suis de mieux se centrer sur les relations entre les trois personnages centraux.

Chaque héroïne possède un profil propre mais le premier tome se résume finalement à une présentation de celles-ci. Et, à la fin dudit tome, on a un peu l’impression que l’histoire peut enfin commencer. Ceci dit, je ne me suis pas spécialement ennuyé durant ma lecture. La narration est fluide et ces tranches vie (avec trois cas d’espèce assez symboliques) sont quelque part assez intéressantes (mais elles toucheront sans doute plus un lectorat féminin que moi-même).

Le deuxième tome affine ces profils psychologiques et n’épargne pas ces jeunes filles. Les défauts sont autant mis en avant que les qualités, ce qui nous donne des profils crédibles. J’avoue être de plus en plus attaché aux personnages, même si l’envie de les baffer me démange parfois.

Après deux tomes, je suis donc suffisamment pris par le récit pour en conseiller l’achat. Je dirai même que si vous êtes fan du style « Vivès » et que les romans graphiques vous attirent, cette série pourrait bien se révéler être un maître-achat. Pour ma part, j’en reste à un 3/5 mais si je ne conseillais pas l’achat après le seul premier tome, ce deuxième tome m’a fait changer d’opinion.

Nom série  Orféa  posté le 20/02/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Ce copieux album, sous ses airs d’intégrale offre en fait un récit qui n’a jamais été publié. Et le sentiment qui émerge, c’est celui d’avoir entre les mains un vieux projet longtemps resté en suspens puis finalement édité sous cette forme. Les premières planches semblent d’ailleurs dater de 2006.

Le dessin ne fait rien pour changer ce sentiment tant il est typé « années 80/90 » (la couverture n’est pas du tout représentative, de ce point de vue). Il est agréable à l’œil, très ligne claire semi-réaliste… mais sans aucune modernité. Les fans de Meynet devraient tomber sous le charme. D’ailleurs Barison avait succédé au même Félix Meynet sur la série « Tatiana K. », et ce n’est pas un hasard.

L’histoire, elle, n’est pas désagréable à suivre (même si elle n’est pas hyper prenante, non plus). Nous nous retrouvons en plein combat entre les forces du bien et du mal avec une héroïne sexy prise sous tutelle par un sorcier vaudou et opposée à Satan en personne. Une porte entre notre terre et les enfers devrait s’ouvrir sous peu, source du conflit. L’héroïne sera déshabillée à l’occasion pour appâter le lecteur… et là franchement, ça fait quand même un peu « forcé » (un point en moins !) Pas de grande subtilité dans le combat mené, le sorcier se révélant bien supérieur aux démons auxquels il est opposé et seul le maître de ceux-ci semble constituer une véritable menace. Les stratagèmes imaginés, eux, sont quand même très basiques… mais ça se laisse lire, c’est fluide…

On notera au passage l’apparition du Commissaire Soubeyran (mais comme je suis le seul à avoir posté mon avis sur cette série, si ça se trouve, je suis également le seul à l’avoir lue), un personnage sympathique et charismatique que j’ai eu du plaisir à retrouver.

Le final use d’une entourloupe humoristique un peu facile… mais, bon, pourquoi pas ?

Fallait-il éditer cette série ? Honnêtement, je me pose la question. Il ne s’agit, en tous cas, aucunement d’un achat prioritaire, mon appréciation oscillant entre le « bof » et le « pas mal, sans plus »… Le seul mérite de cet album est finalement de nous offrir un récit complet (et sans suite possible).

A réserver aux fans des auteurs, à emprunter à l’occasion si le cœur vous en dit… mais ce n’est vraiment pas la série que je conseillerais, dans ce genre.

Nom série  Perico  posté le 20/02/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Perico nous propose une intrigue policière des plus classiques. Trop classique, serais-je tenté de dire tant les pages ont défilé sans jamais me surprendre.

Tout d’abord, nous retrouvons le principe de la valise pleine de dollars dérobée à la mafia lors d’un transfert entre la même mafia et un politicien corrompu.

Ensuite, nous est offert en guise de héros un jeune homme naïf, impliqué dans ce vol à son corps défendant. Il n’aura bien vite d’autre choix que la fuite.

A ses trousses, trois chasseurs. D’une part un duo formé (vous n’allez pas en croire vos yeux) d’un grand costaud amateur de batte de base-ball et d’un petit sec plus cruel qu’un enfant ayant à sa disposition une salière et une limace (et si vous ne voyez pas ce que je veux dire, donnez donc à un enfant armé d’une salière la possibilité de jouer avec une limace). D’autre part (et à nouveau, quelle surprise !) le chasseur solitaire, méthodique et obstiné, patient mais bien décidé à ne pas laisser s’échapper sa proie.

Bien entendu, pas de polar sans pin-up. Une chanteuse, ça vous convient ? Un peu pute sur les bords, c’est mieux ? Franchement garce sous ses faux airs, c’est bon ?

L’époque ? Et bien optons pour les années 50. Le lieu ? Ahh, un peu d’originalité avec ce cadre de Cuba… et puis non, retour rapide vers les USA pour ce qui s’annonce être une traversée d’Est en Ouest du continent.

Vous avez dit classique ?

Ceci dit, la narration n’est pas mauvaise (même si elle manque parfois de nervosité), le dessin est agréable, la mise en page est soignée, la colorisation est chaude. Ce récit « coule tranquillement » et ses 64 pages n’ont rien de roboratif. C’est juste que, d’un bout à l’autre, c’est sans surprise… On commence même par un petit flashforward, c’est dire !

A ne réserver qu’aux grands amateurs du genre.

Nom série  Les Aventures de Buck Danny (classic)  posté le 18/02/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
J’avais envie de commencer cet avis en déclarant que le pari était osé… Mais « osé » me parait être un bien faible mot pour qualifier la démarche !

Pensez ! Les auteurs nous proposent ici de faire revivre un trio qui a marqué la bande dessinée franco-belge au travers d’histoires se déroulant au cœur même de sa période de gloire. Les comparaisons vont fuser !!! Et le risque de choquer les fans de la série est immense !

Pourtant, ce premier tome est ni plus ni moins qu’une énorme réussite.

Tout d’abord, le dessin. On oublie Bergèse pour revenir au style Hubinon, un peu plus caricatural, un peu moins fouillé dans les détails mais incroyablement efficace, dynamique et précis. Honnêtement, on s’y croirait. L’immersion commence donc sous de bons augures.

Ensuite, les personnages. Le trio revient avec ses particularités propres et si Buck Danny apparait toujours comme le pilote parfait, c’est ici Sonny Tuckson qui monopolise l’attention, au détriment d’un Tumbler que j’ai trouvé un peu trop effacé… Mais n’était-ce pas déjà parfois le cas à la grande époque ? Rappelez-vous le diptyque malais : déjà là, Charlier et Hubinon avaient décidé de mettre le rouquin gaffeur en vedette. Le personnage est charismatique et il s’agit sans doute du « chouchou » des auteurs tant ceux-ci lui délivrent le beau rôle (tête brûlée et tête de Turc, gaffeur et courageux, astucieux et maladroit).

Puis vient l’époque. Avec cet aspect rétro, la série récupère une bonne part de son charme. Franchement, on s’y croirait ! J’ai parfois eu l’impression d’avoir entre les mains un album oublié miraculeusement revenu à la surface tant il se love parfaitement dans la série mère… Cela semble tellement évident, tellement naturel. Franchement, chapeau !

Enfin, le scénario est lui aussi tout à fait fidèle à l’esprit « Buck Danny », avec ces sournois ennemis rouges, ces traitres sortis de nulle part, ces manœuvres osées, le tout apparaissant plausible grâce à une solide documentation historique. L’histoire est à la fois romanesque par ses péripéties et instructive tant on sent un souci de véracité derrière les faits les plus étonnants.

Alors, ce n’est peut-être pas le meilleur album de Buck Danny, mais rien que parce qu’il parvient à tenir la comparaison avec ceux réalisés durant la période de gloire de la série, il mérite la mention de « franchement bien ».

Epatant !

Nom série  Ekhö, monde miroir  posté le 10/06/2013 (dernière MAJ le 13/02/2014) Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Oui bon, bah voilà, Arleston nous fait du Arleston. C’est pas désagréable à lire mais j’ai quand même eu un franc goût de déjà-vu en bouche. Le coup des mondes parallèles n’est déjà pas très original en soi, le couple de héros est lui aussi un classique du genre, l’univers qui-ressemble-au-nôtre-mais-avec-plein-de-bestioles-rigolotes me rappelle lui aussi vaguement quelque chose.

Le dessin est sympathique et bien dans la lignée des autres œuvres humoristico-fantaisistes du scénariste, ce qui n’arrange en rien ce sentiment de déjà-vu. Mais, bon, c’est plutôt agréable, frais et peuplé d'originales petites et grosses bebêtes. Ce dessin est vraiment le point positif de la série !

Chaque tome nous présente l’univers mais propose également une intrigue policière assez basique. Et si l’univers proposé, tout convenu qu’il soit, est plutôt plaisant à découvrir, l’intrigue policière, elle, est dans le cas des deux premiers tomes en tous les cas franchement très… vide.

Les changements de personnalité de l'héroïne ne me convainquent pas vraiment même si c'est là l'aspect le plus original du scénario.

Je l’ai lue un soir, cherchant une série divertissante et sans prise de tête. Elle a bien convenu. De là à dire que je vais investir dans la série, il y a un pas… que je ne franchirai pas. Dans le genre, Arleston me semble avoir déjà fait mieux et cette série n’apportera pas vraiment d’eau fraiche au moulin (d’un autre côté, un moulin a-t-il besoin d’eau fraiche ?)

Nom série  Phoenix  posté le 06/10/2012 (dernière MAJ le 13/02/2014) Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Après lecture du premier cycle (je n'ose parler d'une série terminée), la série se révèle plaisante à lire mais guère originale. C'est du fantastique très basique avec un complot qui cherche à occulter une expérience militaire, des Victimes affublées de dons étranges, des fantômes/zombies qui cherchent à se venger et une dimension parallèle. Le troisième tome a le mérite d'apporter quelques réponses et la cohérence de l'ensemble est sauvegardée. Cependant, les auteurs la jouent un peu "facile" avec cette expérience dont les conséquences varient en fonction des personnes (et ce sans explication logique).

Par ailleurs, j'ai trouvé les personnages plutôt basiques et peu charismatiques.

Le dessin est correct dans une veine réaliste très lisible mais la colorisation est trop vive à mon goût. C'est le style "soleil" mais je ne trouve pas qu'il convienne à ce genre d'univers.

Mais ce qui me dérange le plus, c'est que ces trois tomes ne sont à mes yeux qu'une simple introduction. L'univers est cerné, un groupe est formé mais, d'une part, les principaux responsables n'ont pas été mis hors d'état de nuire (bien au contraire) et, d'autre part, un tueur en série, présenté dès le début du cycle, continue à se balader dans la nature. Tu parles d'une conclusion !!!

Un bon emprunt de bibliothèque mais je n'investirai pas dedans, à titre personnel.

Nom série  Les Echos invisibles  posté le 25/10/2011 (dernière MAJ le 11/02/2014) Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Le style « Sandoval » continue de me plaire. Il se dégage une étrange poésie noire de ses personnages difformes (corps filiformes, grosses têtes carrées) et de ses décors torturés.

Par contre, ses scénarios ne sont pas de ceux qui me fascinent. Trop étranges mais surtout trop creux pour me séduire, ils ne servent trop souvent que de support au dessin mais ne me racontent pas une histoire qui me touche.

Dans le cas présent, l’artiste s’est associé à une dessinatrice peu connue mais talentueuse, Grazia La Padula. En feuilletant l’album, l’histoire me semblait plus terre à terre. Je me suis donc laissé tenter. D’autant plus que le style graphique de l’une n’est pas sans rappeler l’autre.

L’histoire n’est pas terre à terre…

Et ce premier tome est creux…

Ce n’est pas déplaisant pour la cause mais, d’une part, cela se lit très vite et, d’autre part, à la fin de ce premier tome, je ne sais toujours pas ce que le duo d’auteurs veut me raconter. Je demeure donc dans l’expectative. La dimension fantastique est bien présente mais fondamentalement peu employée. On se centre avant tout sur le ressenti du personnage principal… dont on ne sait finalement que peu de choses. Impossible pour moi de le saisir pleinement. Je manque d’infos.

Alors bon, voilà, je me suis laissé bercer par la noire poésie des planches, j’ai entraperçu un univers étrange et attirant… mais je devrai attendre le deuxième tome pour espérer enfin rentrer dans l’histoire. Par conséquent, je ne peux en déduire qu’une chose : j’aurais mieux fait d’attendre que la série complète soit éditée avant de me lancer dans un achat qui, jusqu’à présent, me laisse trop sur ma faim.

Pas mal, quand même, mais trop vide jusqu’à présent pour que j’en conseille l’achat.

PS : j’ai bien aimé la couverture sur laquelle certaines feuilles de l’arbre représenté ont bénéficié d’un traitement plus « brillant ». Résultat, en manipulant la couverture, ces feuilles scintillent comme si, mues par le vent, elles reflétaient une fraction de seconde un éphémère rayon de soleil. C’est joli…



Après lecture du second tome, je reste sur une impression mi-figue mi-raisin. La poésie et l'étrangeté sont bien présents mais j'ai aussi le sentiment que Tony Sandoval a mis trop d'éléments disparates dans son histoire. Le résultat, s'il n'est pas confus, laisse néanmoins un sentiment de sous-exploitation pour certains éléments et d'inutilité pour d'autres.

J'ai également retrouvé ce thème très récurrent chez l'artiste qu'est la Mort. Oui, la poésie de Tony Sandoval demeure résolument noire et on ne peut pas dire que cet album soit joyeux !

Le dessin reste agréable de bout en bout.

Une œuvre dont je conseillerais plutôt l'emprunt que l'achat... sauf si vous êtes fan de ce genre de récit étrange, sombre et poétique mais peu structuré.

Nom série  Quatre soeurs  posté le 10/02/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Très bonne surprise que cette série... qui pourtant ne doit pas m'être spécialement destinée.

Quatre sœurs raconte les aventures de... (perdu)... cinq sœurs, et là, déjà ma curiosité est titillée. Aucune précision ne nous est donnée pour expliquer cette incongruité... mais c'est le genre de petit détail qui me plait. Et puis chacune de ces cinq sœur n'a-t-elle pas finalement... quatre sœurs (si si, recontez pour vous en convaincre) ?

Le ton et la forme font résolument penser à la littérature pour adolescentes. Il s'agit d'ailleurs d'une adaptation. C'est simple, facétieux, empli de bons sentiments (même si l'une de ces cinq sœurs est quand même bien garce sur les bords), teinté de fantastique (elles sont orphelines mais toutes croisent au détour des couloirs de leur labyrinthique maison (un personnage à part entière, cette maison !) les fantômes de leurs parents) et respectueux d'une certaine morale.

Franchement, c'est très agréable à lire. Chacune de ces sœurs est bien typée et attachante mais aucunes ne se ressemblent. Les caractères sont bien trempés mais les prises de bec ne sont pas méchantes. Cela pourrait donner un truc bien mielleux et pourtant il n'en est rien ! Non, c'est juste sympa, vif, spirituel à l'occasion, simple... chouette, quoi !

Le dessin contribue pleinement aux sentiments de fraicheur et de vivacité qui se dégagent de ces pages. Cati Baur parvient à garder une grande simplicité dans son trait et donc une immédiateté dans la lecture... tout en dotant ses cases de profondeur. Une profondeur qui n'apparait souvent qu'en seconde lecture.

En définitive, et bien j'attends déjà la suite avec impatience ! Une série à découvrir, assurément, que vous soyez une jeune fille en fleur (comme moi) ou pas !

Nom série  L'Espion de l'Empereur  posté le 10/02/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
A titre personnel, je n'ai pas été convaincu par cet album.

Edité dans la même collection que le richement documenté et très rigoureux Napoléon de Osi, cet album se glissait ainsi dans un sillon certes prometteur mais aussi exigeant...

Seulement, voilà : d'un strict point de vue historique, c'est très léger. Les manoeuvres de Schulmeister me sont apparues assez quelconques et j'en viens à me demander en quoi son rôle fût si prépondérant dans la campagne victorieuse de Napoléon.

Du point de vue de la narration, j'ai eu le sentiment de tomber sur une bande dessinée des années '80. Le travail est correct mais sans aucune imagination. La mise en page est classique. Ca se lit vite mais sans passion.

Le dessin est lui aussi correct mais on ne peut pas parler d'un travail raffiné. C'est un style réaliste passe-partout pas toujours très précis mais pas désagréable à l'œil.

Le manque d'intérêt historique, le côté léger du scénario, le manque de finesse du dessin... tout cela m'incite finalement à dire "bof"...

Nom série  Le Guide du Mauvais Père  posté le 10/02/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
C'est clair que ces petits albums n'ont pas la même profondeur que les chroniques dont l'auteur nous a déjà gratifié, n'empêche...

N'empêche que dans le genre léger, très tourné vers l'autodérision, facile à lire, divertissant, proche des gens (je me suis reconnu à plus d'une occasion), c'est quand même très plaisant !

Le dessin est on ne peut plus minimaliste mais il est suffisamment expressif pour faire passer le message.

Alors ? Anecdotique ? Oui, peut-être... mais j'ai trouvé ces albums si plaisants à lire que je les relirai à coup sûr.

Nom série  L'ambulance 13  posté le 09/11/2010 (dernière MAJ le 23/01/2014) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Le récit m’a principalement marqué par son versant historique. Il est vrai que la première guerre mondiale exerce sur moi un grand pouvoir d’attraction. De plus, le sujet est original et peu (voire pas du tout) abordé en temps normal.

Au niveau du scénario proprement dit : cela se tient. On retrouve une approche « humaine » de l’horreur. Ici, on ne parle pas de stratégie, les soldats retrouvent leur dimension d’homme, avec leurs faiblesses, leurs lâchetés mais aussi leur esprit de camaraderie et leur sens du sacrifice. Les personnages manquent un peu de charisme mais j’ai quand même aimé les suivre.

Le dessin de Mounier convient bien au genre. Réaliste, il reste très lisible même si les passages de nuit sont fréquents. Les personnages sont bien typés et je n’ai pas vraiment eu de peine à les distinguer les uns des autres dans cet univers où la boue, le sang et les tripes ont tendance à tout recouvrir.

Le cahier en fin d’album apporte un éclairage tout militaire sur le sujet. C’est, à nouveau, très instructif, même si je regrette que, dans ce cahier, la rigueur militaire prend le pas sur la dimension humaine.

Une série que je range aux côtés de « Notre Mère la Guerre » (et en dessous des œuvres de Tardi sur ce sujet) dans ma bibliothèque. Ici, la dimension historique domine le récit romancé mais l’ensemble demeure accrocheur et instructif.

Pas mal du tout ! Achat conseillé pour les amateurs du genre (et cela me fait plaisir de retrouver un Patrick Cothias enfin à nouveau convaincant et « sobre »).



Le deuxième cycle est construit sur les mêmes bases que le premier. L'aspect historique est toujours aussi intéressant (avec notamment l'apparition de Marie Curie dès le troisième tome) tandis que les personnages gagnent en profondeur au fil des planches.

Les auteurs n'hésitent pas à sacrifier l'un ou l'autre de leurs personnages importants, ce qui accentue encore toute l'atrocité de la guerre. Je reste cependant sur un "pas mal" enthousiaste mais je n'arrive pas à cerner ce qui manque à cette série pour que je lui attribue plus car, à tous points de vue, elle est bien. Peut-être son manque de nuance dans la construction des personnages est-il la source de mon manque d'enthousiasme (par rapport aux autres lecteurs, s'entend, car j'achèterai la suite sans hésitations aucunes). Il y a de ce point de vue peut-être un peu trop de manichéisme primaire à mon goût. Un personnage plus ambigu serait le bienvenu.

Nom série  La Ballade de Magdalena  posté le 10/10/2012 (dernière MAJ le 22/01/2014) Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
A la lecture de ce diptyque, je me suis vraiment fait la réflexion que Christophe Dubois avait avant tout cherché à se faire plaisir. Et je suis de nature à penser que c’est lorsque les auteurs se font plaisir qu’ils sont les plus à même de nous offrir des œuvres marquantes.

Mais la ballade de Magdalena ne m’aura pas marqué. Si j’ai bien ressenti tout le plaisir que l’artiste qu’est Christophe Dubois a pris à dessiner ces planches, je dois bien avouer que son scénario m’est apparu trop prétextuel (ah ! Tiens, mon correcteur d’orthographe n’en veut pas, de ce mot) et surtout trop peu passionnant pour que je m’enthousiasme à mon tour.

Pourtant, il y a de bonnes idées, comme la période abordée et les lieux géographiques visités. Pourtant l'air du grand large se fait sentir à plus d'un tour de page. L’intrigue qui sert de fil conducteur part elle aussi d’une bonne idée même si elle tombe un peu à plat dès le tiers du second tome atteint (la solution me semblant trop évidente). Les personnages ne sont pas inintéressants mais manquent de profondeur. Christophe Dubois leur garde une part de mystère trop importante à mes yeux et certains de leurs actes me paraissent alors peu cohérents.

Restent de très belles pages. A ce sujet, j’ai quand même senti une baisse de motivation dans le second tome. La colorisation s’y fait moins nuancée, le résultat est moins lisse, des traits inutiles apparaissent. Cela reste du beau travail dans l’ensemble mais la finition est plus lâche. Comme si l'artiste était finalement pressé de rentrer à quai.

En résumé, c’est souvent beau à regarder, c’est pas déplaisant à suivre… mais c’est loin d’être passionnant. Un peu léger pour que j’en conseille l’achat mais, si vous en avez l’occasion, n’hésitez pas à les louer.

Nom série  Golden Dogs  posté le 21/01/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Routinier.

C’est le mot qui me vient à l’esprit : routinier… Et c’est pas un compliment !

Pourtant le dessin de Griffo est des plus séduisants. Ses personnages sont bien typés, ses décors sont soignés, ses héroïnes sont aussi attirantes habillées que dévêtues. D’un strict point de vue graphique, ces planches sont de franches réussites.

Et la remarque vaut également pour les cadrages, la mise en page, l’équilibre entre dessin et textes, la fluidité des propos. Tout cela sent le savoir-faire.

… mais je n’ai ressenti aucune passion, je n’ai éprouvé aucune émotion. Le synopsis me semble avoir déjà été exploité des milliers de fois. La narration à la première personne est un grand classique mais, dans le cas présent, ne m’a pas permis d’entrer dans le récit (ce qui était pourtant le but recherché). Les personnages sont autant de stéréotypes (la séduisante putain prête à tout pour s’en sortir, le chef de bande mystérieux séduisant et à l’intelligence au-dessus de la moyenne, l’acolyte tueur froid et précis et un quatrième personnage sur lequel pourront peser les soupçons de trahison (mais ce ne sera pas elle, sinon, c’est trop facile)). Les évènements décrits ne me semblent guère originaux, l’emphase déployée me semble exagérée, forcée.

Ce premier tome en devient aussi passionnant qu’un trajet en Thalys. La mécanique est parfaitement rôdée, le confort est bien réel… mais regarder le paysage défiler n’est pas de nature à m’emballer et bien vite j’en viens à espérer la fin du voyage.

Devant le professionnalisme et le savoir-faire démontrés, n’attribuer qu’un 2/5 me semblerait très sévère mais je n’oserais conseiller l’achat dans le cas présent (même si l’objet est diablement séduisant).

A noter que les quatre tomes dont sera constituée cette série devraient paraître dans la même année. Voilà de quoi ravir les lecteurs impatients. A titre personnel, je jetterai peut-être un œil sur le deuxième tome mais on ne peut pas dire que l’impatience me ronge.

Nom série  Hedge Fund  posté le 21/01/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Enfin !

Enfin un thriller financier qui sort des sentiers battus ! Depuis quelques temps, j’avais en effet le sentiment que les auteurs avaient fait le tour de la question, qu’il n’y avait que le savoir-faire de leurs géniteurs pour permettre aux « Largo Winch » et autres « I.R.$. » de garder un semblant d’intérêt, et que les nouvelles séries qui émargeaient à cette catégorie ne pouvaient plus rien m’offrir de neuf.

Et voici que débarque, en catimini, ce Hedge Fund… Et là, je me prends une bombe dans la tronche (oui, rien que ça). La trame est classique et rappellera Wall Street (le film) à plus d’un lecteur, mais sans en être un copié/collé. Il y a du John Grisham dans cette intrigue (et de ma part, c'est un énorme compliment, croyez-moi !) Le thème des traiders est devenu on ne peut plus actuel et fascinera les amateurs du genre. Les personnages sont des plus intéressants avec un duo ‘jeune aux dents longues/mentor manipulateur pervers’ plus complexe que les apparences pourraient le laisser croire et des seconds couteaux qui viennent apporter de la profondeur au récit.

Mais surtout, et c’est là je pense la grande force de cet album, les transactions financières nous sont expliquées avec une déconcertante simplicité. Le travail de vulgarisation est superbe. Le premier tome nous décrit une entourloupe sur une spéculation à la baisse et… j’ai tout compris sans trouver la manœuvre simpliste. Les auteurs non seulement maîtrisent leur sujet (Philippe Sabbah, l’un des co-scénaristes, a passé dix ans dans les salles de marché) mais sont aussi capables de nous faire partager leurs connaissances (sans nous prendre pour des cons ni nous regarder de haut). Franchement, chapeau !

L’histoire en elle-même (prévue en trois tomes) permet de développer le profil d’un jeune aux dents longues, ambitieux, non dénué d’un certain sens moral mais mis sous pression et manipulé par son mentor et ses propres aspirations. Il est l’archétype du jeune ambitieux actuel, qui veut tout tout de suite. Son mentor est peut-être encore plus intéressant. Les auteurs nous font sentir toute la perversité du personnage, manipulateur au possible, mais se gardent bien de trop nous en dire… ce qui ne fait bien sûr qu’accroître notre curiosité.

L’univers est celui de la bourse, un monde où 'faire de l’argent avec rien’ est la seule règle. L’ambiance est bien rendue, avec cette pression omniprésente, cette fascination des acteurs pour l’argent (et les filles) facile, cette capacité de travail et ce besoin de décompresser des mêmes acteurs. On s’y croirait.

Le dessin manque peut-être un peu de froideur pour être en totale harmonie avec le sujet mais c’est vraiment pour chicaner. Dans son genre, il est bon, les personnages sont bien typés, le trait est réaliste, les filles sont bien roulées, les décors sont soignés. Disons, pour vous donner une idée, que je ne lui accorderais qu’un 7,5/10 face à un scénario qui atteint les 9/10 à l’aise.

Si la série est prévue en trois actes et si nous ne sommes qu’au début de l’ascension (et de la probable chute) de Franck Carvale, ce premier tome offre déjà une histoire complète. La fin de l’album ne survient pas au milieu de l’action. C’est quand même bien moins frustrant !

Avis aux amateurs du genre : passer à côté serait vraiment con, car là c’est du tout bon !!

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