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Nom série  Dimanche  posté le 11/01/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Deuxième album que je lis de cet auteur anglais et même constat pour moi. Jon Mc Naught intéressera, je pense, bien plus les professionnels de la bande dessinée que le lecteur en quête de divertissement.

Dimanche, c’est l’apologie de la monotonie, de l’ennui profond, de la journée durant laquelle on s’embête en attendant le lendemain. Le découpage de l’artiste lui permet de créer cette ambiance tout en langueur : ce dimanche passe comme un profond soupir d’ennui entrecoupé parcimonieusement d’événements anecdotiques qui, devant la platitude du reste, en deviennent presque distrayants. C’est le but recherché par l’auteur et il est parfaitement atteint.

Alors voilà, si les techniques narratives de la bande dessinée vous intéressent, jetez-y un œil. Le découpage réalisé est de qualité. Sinon, passez votre tour.

Ma note sera donc semblable à celle que j’ai attribuée à « Automne » puisque mon sentiment en fin de lecture est identique mais si Jon Mc Naught n’a rien d’autre à m’offrir que ce type d’album, je pense que je vais très vite me lasser.

Nom série  La Malle Sanderson  posté le 05/01/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J’ai beaucoup apprécié l’ambiance et le début du récit. Rencontrer ce prestidigitateur qui ne cache pas le côté très terre à terre et l’aspect « mécanique bien huilée » de son art m’a changé de ces multiples personnages de magiciens incroyables et mystérieux. A ce titre, ce Sanderson sort du commun.

Le récit prend ensuite une direction plus déconcertante encore avec cette liaison dangereuse entretenue par Sanderson lui-même et une amante fascinée. Je me suis alors dit que ce roi de l’évasion allait avoir du mal à réussir un tour qui lui permettrait de disparaître aux yeux de la belle devenue quelque peu envahissante… et j’ai aimé cette analogie entre son métier, le tour qu’il était en train de préparer et sa vie privée.

La fin du récit, par contre, m’a quelque peu déçu. Il lui manque un effet de surprise tant tout semble suivre son cours avec une logique déprimante.

Il n’empêche que j’ai trouvé là un récit agréable à lire, original dans le chef de son personnage central, bien dessiné (même si, par moments, un peu plus de dynamisme dans le trait et d'expressivité au niveau des visages aurait été de bon aloi), bien découpé et bien écrit. Pas mal du tout, donc. Il ne lui manquait, en fait, qu’une conclusion plus marquante pour faire de cette malle Sanderson une œuvre hautement recommandable. Je n’en déconseillerai certainement pas l’achat mais un emprunt en bibliothèque peut suffire si vous n’êtes pas trop sensible à ce genre d’univers.

Nom série  Sweet Tooth  posté le 05/01/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Sweet Tooth est un récit de genre. Un genre revenu à la mode depuis Walking Dead, je veux bien entendu parler de… récit post-apocalyptique (et non pas de zombie). On retrouve en effet quelques éléments moteurs des récits du genre : un pays dévasté dans lequel il est dangereux de s’aventurer seul, une dévolution démographique cause de multiples catastrophes, des humains qui se réorganisent en clans plus tordus les uns que les autres, un personnage à l’image virginale en guise d’anti-héros et, à ses côtés, un baroudeur d’apparence indestructible mais qui cache une faille et un lourd secret.

Rien de bien nouveau donc, de ce point de vue, mais d’originalité il est tout de même bien question puisque les causes de cet apocalypse nous sortent des lieux communs. Une pandémie suite à la propagation d’un étrange virus (bon, là, on reste en pays connu) qui n’épargne que certains enfants nés avec des malformations qui en font des êtres mi-humains mi-animaux (là, vous avouerez que c’est quand même bien plus original) serait la base de tout.

La première moitié de ce tome est vraiment très prévisible. Par ailleurs, le dessin de Jeff Lemire y est peu engageant. Si les décors et scènes d’action sont acceptables, les visages des personnages me posent question. En effet, l’auteur semble vraiment avoir du mal à les dessiner autrement que de face ou de profil. Les vues de ¾ me semblent des plus bancales et les expressions de visage des plus basiques.

Heureusement, le tournant scénaristique du milieu d’album (qui devient d’un coup moins manichéen même si toujours relativement prévisible) s’accompagne d’un gain en qualité et en finesse au niveau du trait. Par ailleurs, la structure du récit change également à cette occasion. Les deux personnages centraux se trouvent séparés et on passe alors d’un à l’autre –avec des flash-back en prime- au fil de chapitres par conséquent moins linéaires et plus dynamiques. Enfin, c’est à partir de ce moment que l’auteur s’attarde sur l’un de ses personnages pour lui concocter un profil psychologique plus abouti.

Bon ! Clairement, ce premier tome ne me fera pas crier au génie mais la progression entrevue lors de la deuxième partie de celui-ci laisse espérer que les deux tomes suivants gagneront encore en puissance, auquel cas je n’hésiterai pas à vous en conseiller l’achat. Actuellement, c’est encore un peu juste et je vous inviterais donc plutôt à passer par un emprunt avant de voir plus loin, sauf si vous êtes grand amateur du genre.

Nom série  Watertown  posté le 05/01/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Voici bien un récit qu’auraient certainement apprécié plus d’un réalisateur des années ’50 ou ’60, Hitchcock en tête ! Une mort étrange, une disparition suspecte, il n’en faudra pas plus pour décider notre anti-héros, agent d’assurance de son état, appliqué et consciencieux à défaut d’autres talents, à se lancer dans une enquête… dont il ne sortira pas indemne.

Et nous non plus ! Car ce récit écrit à la première personne est très immergent et résolument addictif. De fait, Jean-Claude Götting, l’auteur de ce policier old-fashion, nous livre une intrigue de prime abord convenue. Nous, lecteurs, nous amusons à précéder les déductions de son enquêteur improvisé jusqu’à ce que…

Je ne vous en dirai pas plus mais ce final a de quoi surprendre le lecteur. Il en décevra sans doute certains. A titre personnel, et après réflexion (oui, le choc est assez perturbant), j’ai apprécié la finesse de cette conclusion.

Pour le reste, comme je vous l’ai dit, j’ai trouvé ce récit accrocheur en diable. Le cadre (Watertown, petite ville sans histoire du Massachusetts), l’époque (le début des années ’50), la narration (très présente, elle rythme le récit et nous offre le rôle de confident), le style graphique (en totale adéquation avec l’époque et le genre du récit), la colorisation (qui ne fait que renforcer cet aspect vieillot du dessin) : tout était bel et bien là pour me forcer à ne pas abandonner ma lecture avant son terme.

En résumé : si vous recherchez un récit policier à l’ancienne, bien écrit, utilisant plusieurs clichés du genre mais capable de vous surprendre dans son final, n’allez pas plus loin ! Et même après lecture, ce récit m’incite à réfléchir sur mon propre comportement (ici dans le cadre inoffensif d’une lecture de fiction mais, qui sait, demain dans un cadre plus réel et potentiellement blessant).

Fin,… très fin…

Nom série  Il était une fois dans l'Est  posté le 15/12/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Nouveau projet des auteurs de Pablo, ce récit historique évoluant dans le domaine artistique ne déconcertera pas les lecteurs de l’œuvre susnommée.

Nous voici cette fois emportés dans la grande Russie de l’entre-deux-guerres. Les années 20, judicieusement surnommées « années folles », sont un théâtre idéal pour ce récit aux portes du surréalisme.

Surréaliste, en effet, est le destin des deux personnages principaux : Serge Essenine et Isadora Duncan. L’un écrivain russe passionné et tête de proue du courant imaginiste, l’autre danseuse américaine d’origine irlandaise, habitée par son art et par l’utopie communiste, entre eux se tisseront des liens d’amour et de haine, destructeurs et vecteurs d’envolées créatrices dans le même temps. La passion, en somme…

J’ai eu quelques difficultés à entrer dans le récit. La faute, je pense, aux premiers chapitres anti-chronologiques qui m’ont quelque peu dérouté. Mais, rapidement, le récit se met en place. Son aspect historique intéresse tandis que les anecdotes tantôt drôles, tantôt édifiantes, tantôt dramatiques animent le fil des planches. La narration est particulière, les auteurs n’hésitant pas à faire dialoguer leurs personnages d’une manière très artificielle pour nous replonger dans le passé de ceux-ci. Ces dialogues, voire monologues improbables déconcertent dans un premier temps. Puis le charme opère, je ne m’inquiète plus de ce côté artificiel pour ne plus retenir que la destinée hors norme de ces personnages.

Le dessin, très brut et qui donne la part belle à la colorisation, n’est pas de ceux qui me font craquer. Il ne constitue cependant pas un obstacle à la lecture tant le découpage est dynamique et le trait expressif. Les pages consacrées à la danse laissent apparaître une belle sensibilité.

A réserver aux lecteurs aventureux, amateurs d’art au sens large et d'artistes habités en particulier.

Nom série  Carnets de thèse  posté le 03/12/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J’ai trouvé cet album amusant et effrayant à la fois. Ce parcours du combattant, ce chemin de croix sur lequel l’héroïne perd illusion, santé, emploi, temps et argent nous est raconté avec beaucoup de dérision, ce qui allège la note. Il n’empêche qu’à y réfléchir à deux fois, le constat est dramatique.

Cet album parvient donc à concilier un aspect documentaire avec une dimension divertissante (oui, je me suis beaucoup amusé en lisant l’album). Il alarme sur un phénomène qui a de quoi déranger sans sombrer dans la déprime totale.

Coté dessin, Tiphaine Rivière va à l’essentiel. On ne peut pas dire que ce soit mal dessiné mais le trait est quand même assez raide, les expressions de visages sont peu soignées, les décors sont des plus secondaires (même si, de ce point de vue, j'ai déjà vu bien pire). Ce style convient cependant très bien au ton donné à l’album. Nous sommes dans un roman graphique documentaire, le but est de transmettre un message sans nous saouler (mais bien en nous divertissant), pas de nous faire rêver.

A lire, très certainement. Je ne dirais pas que j’en ferais une priorité d’achat mais j’aurais mauvaise grâce de vous en dissuader l’acquisition.

Nom série  Les Chemins de Compostelle  posté le 12/03/2015 (dernière MAJ le 02/12/2015) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Pas facile…

Pas facile de traduire en quelques mots les sentiments particuliers que cet album a fait naître en moi. Des sentiments étranges et parfois contradictoires qui rendent totalement subjective mon opinion quant à ce premier tome.

Tout d’abord, il y a l’auteur. Jean-Claude Servais fait partie de ceux qui m’ont ouvert à la bande dessinée réaliste. Je l’ai découvert avec « La Tchalette » il y a bien longtemps, il me parlait d’un monde qui m’est proche puisque nous sommes tous deux voisins et attachés à « notre » terre d’Ardennes, terre de légendes, terre de culture… Je suis donc toujours resté attentif à la sortie de ses albums mais ses dernières productions m’ont déçu. Je pense devoir remonter à « L'Assassin qui parle aux oiseaux » pour retrouver une œuvre de l’auteur dont le scénario me semblait réellement prenant. De ses talents d’illustrateur, par contre, je n’ai jamais douté et chacune de ses productions m’a toujours séduit de ce point de vue.

Et pourtant, avec ce premier tome, Jean-Claude Servais m’a touché avant tout par ses propos. Non que le scénario soit d’une grande originalité, et il demeure dans un univers proche de celui de ses autres œuvres, mais il y a dans toute la construction de cette œuvre une volonté de parler de transmission. Transmission de savoir entre un grand-père brasseur autant qu’alchimiste et sa petite-fille, surtout. Transmission de relai entre cette même jeune femme et Tendre Violette, l’œuvre phare de l’auteur, dont elle suit le chemin.

Ce récit cherche donc à relier le passé et le présent. Même la visite de la Grand’Place de Bruxelles est l’occasion pour l’auteur de nous montrer combien le passé de la ville marque encore ses bâtiments d’un empreinte matérielle mais aussi, et surtout (pour certains initiés) spirituelle.

Spirituel, le mot est lâché. Et il fait peur tant il est aujourd’hui rattaché à la religion. Et de religion, il en sera question via cette pèlerine débutant son voyage depuis le Mont Saint-Michel ! Mais par-delà un attachement à l’une ou l’autre église, la spiritualité qui se dégage de l’album tient plus de l’attachement à la terre, du devoir d’humilité de l’homme face à celle-ci. Le discours se veut écologique et moral, il peut irriter par son côté académique. Il m’a plu par sa sincérité, par cette volonté profonde de l’auteur de nous transmettre un savoir, une vision, par cette envie de nous faire partager ce qui, à ses yeux, constitue le sens profond de la vie. De notre propre vie mais aussi et surtout de la Vie en général.

La volonté de transmettre du grand-père à sa fille devient alors écho de cette même volonté de l’auteur envers ses lecteurs. Et les interventions de Violette provoquent une mise en abyme propice au questionnement. Et si cette série était la dernière œuvre de l’auteur ? Et s’il s’agissait pour lui de nous léguer un peu de sa sagesse ? Un peu de son amour pour la terre et les gens simples ?

Beaucoup de promesses donc, avec ce premier tome. J’espère vraiment que la suite du récit continuera dans cette lignée, avec une recherche introspective de l’auteur mais aussi une volonté de plonger le lecteur dans une démarche similaire, par-delà les péripéties du voyage. Surtout, je serais déçu si ce récit devait basculer dans une intrigue policière digne d’un fait divers. Jean-Claude Servais m’a ici fait entrevoir un fil narratif bien plus philosophique et personnel, et le fait que la série soit prévue en 7 tomes ne fait qu’accentuer mon sentiment qu’il s’agit d’une quête spirituelle de sa part.

J’attends la suite avec autant d’appréhension que d’impatience.


PS : côté dessin, c’est toujours aussi académiquement bon. Les représentations de la Grand’Place de Bruxelles sont superbes, tout comme celles du Mont Saint-Michel. Et le début de pèlerinage depuis la Gaume donne une fois de plus l’occasion à l’auteur d’illustrer sa région tel un immense jardin ouvert sur le monde.


Petite mise à jour après la lecture du deuxième tome :

Jean-Claude Servais conserve une certaine cohérence dans sa démarche et cet album est en lien direct avec l'oeuvre au noir (première phase de la transmutation alchimique). La notion de mort est très présente au travers du destin des personnages les plus présents et on sent chez chacun d'eux une évolution, une transmutation en devenir.

Par contre, l'auteur apporte au récit un aspect fantastique qui ne m'a pas spécialement convaincu. Je trouve que là, par rapport à ce que je pensais être sa démarche initiale, il s'égare et ne peut empêcher son amour des légendes et des univers fantasmagoriques de prendre le dessus.

Un petit bémol, donc, pour ce deuxième tome. Mais le récit me plait toujours et l'accent mis ici sur l'étrange lien qui unit Bretagne et Ardennes m'a beaucoup plu. A suivre...

Nom série  Alpha - Premières armes  posté le 25/08/2010 (dernière MAJ le 02/12/2015) Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Après lecture des deux premiers tomes, je reste un fidèle lecteur de ce prequel, même si j’en regrette le rythme de parution très lent (plus de cinq ans se sont écoulé entre ces deux tomes).

Ce détail mis à part, le lecteur retrouvera dans cette série tout ce qui fait le succès d’Alpha, voire même de la plupart des séries de la collection 3ème vague du Lombard :
- un héros charismatique, charmeur, extrêmement doué et cachant une faille ;
- une intrigue sous forme de thriller mêlant géopolitique, coups tordus et action ;
- des personnages féminins séduisants ;
- des décors variés de préférence paradisiaques.

Il s’agit donc de divertissement « sérieux » dans l’esprit de bien des blockbusters du cinéma américain (de « Jason Bourne » à « Taken » pour n’en citer que deux parmi tant d’autres).

Pas besoin de connaître la série mère pour se lancer dans cet Alpha-premières armes puisqu’il s’agit d’un prequel. Par contre, un goût prononcé pour les intrigues tordues et complots complexes avec de multiples intervenants est un atout non négligeable.

En effet, l’intrigue imaginée par Emmanuel Herzet est tout sauf simpliste. Crédible à plus d’un titre dans son pitch de départ, elle multiplie les rebondissements au risque d’égarer le lecteur. A titre personnel, je me demande toujours à l’heure actuelle quel était l’intérêt d’un des personnages à agir de la manière décrite. C’est à mes yeux le point faible du récit : ce manque occasionnel de clarté. Il n’empêche que, dans l’ensemble et pour peur peu que l’on soit attentif durant la lecture, ce récit s’avère assez prenant. Une relecture ne fait d’ailleurs pas de tort et permet par endroits de mieux comprendre certains rebondissements.

Au niveau du dessin, Loutte réalise (une fois de plus) un travail remarquable de précision, de réalisme et de lisibilité. Ce style froid et tranchant convient bien à ce genre de série. Le fait que l’artiste offre un style similaire à celui de Youri Jigounov permet à l’amateur d’Alpha de ne pas être déboussolé.

Je demeure convaincu que les amateurs du genre apprécieront beaucoup cette intrigue. Les autres ne devraient pas être séduits…

Nom série  Hit  posté le 02/12/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Polar noir que n’auraient pas renié Raymond Chandler ou James Ellroy, Hit revisite quelques classiques du genre pour notre plus grand plaisir.

Jouant du principe très américain que la meilleure justice est celle que l’on rend soi-même, les auteurs nous offrent en guise de héros un flic cynique engagé pour « faire le ménage » dans la pègre de Los Angeles. Entouré de sa fine équipe, il ne fait pas dans la dentelle, convaincu d’agir pour le bien de tous… jusqu’au retour de la pin-up de service, fille du supérieur hiérarchique de notre flingueur et junkie à ses heures.

Quand je vous parlais de classique du polar noir !

Outre le personnage de Harvey Slater (le fameux lieutenant de police cynique et implacable), le deuxième personnage d’importance de ce récit est… la ville de Los Angeles, dans laquelle les auteurs nous baladent au fil d’un récit bien découpé. Les ambiances changent en fonction des quartiers (même si l’on reste dans le sombre du début à la fin) et la ville devient un théâtre riche en diversité.

Le dessin de Vanesa R. Del Rey (dont cela semble être la première œuvre) est d’une belle qualité. Son trait apporte au récit un côté brut et sombre tout à fait adéquat. Ses personnages sont bien typés, ce qui permet aisément de les différencier malgré les nombreuses ombres du dessin.

Le dernier chapitre, qui se présente sous la forme d’une nouvelle littéraire, apporte une petite note d’originalité bien agréable. Avis aux lecteurs : prenez la peine de lire ces quelques pages. Elle éclairent joyeusement le destin de notre pin-up.

Le résultat ? Un polar classique, bien foutu mais sans grandes surprises, qui ravira les amateurs du genre mais ne convaincra sans doute pas pleinement les autres.

Nom série  Kaboul Disco  posté le 26/11/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Si j’ai fort apprécié cette lecture, j’ai plus de mal à accepter l’image qu’elle véhicule inconsciemment, à savoir : la guerre, ce n’est finalement pas si dramatique que ça. Non que Nicolas Wild tienne pareil propos mais sa façon très sympathique de raconter son périple nous en ferait oublier la toile de fond.

En effet, au fil des pages, à l’évocation des événements vécus par l’auteur, le lecteur en viendrait à trouver que tout cela est finalement plus amusant qu’autre chose. Nicolas Wild, de fait, nous présente ses aventures en Afghanistan avec un tel humour, une telle distanciation qu’il en occulte souvent les aspects dramatiques (ou les tourne en dérision). Il ne masque pourtant rien mais, voilà, ce graphisme rond et dépouillé, ces dialogues bon enfants sont des boucliers devant l’atrocité d’une guerre. Je ne lui en veux pas, je ne le condamne pas. Je comprends même que quelqu’un qui a vécu ces événements cherche à s’en détacher et à relativiser. Je trouve juste que l’image ainsi reproduite est tronquée, très rassurante pour le lecteur européen que je suis (même si consternante au niveau de l’efficacité voire même de l’opportunité de l’intervention tant militaire que des ONG de culture européenne dans des pays du Moyen-Orient).

Et, comme je le disais, la lecture des deux tomes est très agréable, instructive autant que distrayante. Le dessin, simple rond et dépourvu de couleur (ici, une tâche de sang sera propre), les décors simplifiés (une maison détruite ne « sent » ni la poussière ni les égouts), les visages bon-enfant font de ce trait quelque chose de simple, d’immédiat, d’apaisant. Un contraste avec la situation décrite qui crée une distanciation chez le lecteur. Et puis derrière l’ironie et l’autodérision se cache un constat consternant. Je sors de cette lecture avec le sentiment que rien de ce qui est fait, sera fait, pourrait être fait par des pays occidentaux ne sera utile ou opportun. Comment imposer un gouvernement central dans un pays naturellement divisé ? Comment espérer dissuader ce pays de produire de la drogue lorsqu’il s’agit là de leur principale source de revenus (drogue achetée par des ressortissants de ces même pays occidentaux qui en condamnent la production) ?

Donc voilà un avis très paradoxal. Je trouve ces deux tomes très chouettes à lire mais « avec des pincettes », en gardant dans le coin de la tête qu’un pays en guerre ou en reconstruction d’après-guerre n’épargne pas les populations y vivant.

Nom série  Porcelaine  posté le 26/11/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Personnellement, j’ai trouvé le pitch très classique. Prenez une pauvre petite orpheline, faite lui pénétrer une propriété privée sur laquelle circulent d’étranges rumeurs. Mettez-la face à un vieux savant solitaire. Imaginez ensuite que le génie de ce savant s’exerce dans un domaine naturellement fascinant pour un enfant (genre le monde des marionnettes, des pantins ou des robots, par exemple). Enfin, condamnez UNE pièce de l’étrange demeure à la petite orpheline, juste histoire d’être sûr qu’elle ira y faire un tour… Objectivement, Cela me semble avoir déjà été exploité plus d’une fois.

Ceci dit, l’histoire est bien tournée et la psychologie des personnages est, je trouve, travaillée d’une manière intéressante. Ce qui n’empêche pas quelques longueurs au milieu du récit, malheureusement. A contrario, l’originalité de certaines séquences (surtout dans ses créations graphiques) m’ont accroché et je n’ai pas trouvé là lecture ennuyeuse. Juste un peu poussive par moment, mais prenante à d’autres.

Côté dessin, par contre, rien à dire : j’ai beaucoup aimé. Le trait est clair et expressif. Le découpage est bien pensé. Les créations sont belles à voir, avec juste ce qu’il faut d’étrangeté pour créer un malaise auprès d’un jeune public.

Donc, voilà, je vais pas crier au génie et, à titre personnel je n’achèterai pas la série, préférant l’emprunter à la bibliothèque, mais je n’en déconseille tout de même pas l’achat car l’œuvre a ses qualités.

Nom série  Olympia  posté le 24/11/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Œuvre de jeunesse de Philippe Bertrand, Olympia est paru dans le journal « A Suivre » au cœur des années ’80. Les éditions Dargaud ont l’idée saugrenue de l’éditer en album 30 ans plus tard.

A titre personnel et malgré tout le talent du véritable artiste qu’est Philippe Bertrand, je pense qu’ils auraient pu s’abstenir.

Ce récit est, en effet, incroyablement daté, fondamentalement inintéressant (sauf pour qui voudrait analyser le dessin de Philippe Bertrand à ses débuts), extrêmement décousu.

Philippe Bertrand nous offre cependant des planches marquées par son style esthétique et racé, mais ici avec une parenté avec Jacques Tardi. Son attirance vers un érotisme guindé est déjà flagrante même si l’album est encore relativement soft de ce point de vue.

Le scénario, son découpage et ses dialogues, sont, comme je le disais, les points les plus négatifs du présent album. Sans intérêt et décousu, le récit qui nous est offert nous entraîne pourtant dans une époque et des lieux historiquement intéressants (l’Allemagne et l’Autriche des années ’20) mais au travers de péripéties répétitives. Les personnages nous apparaissent distants, froids, quasi désintéressés face aux événements : un jeu d’acteur à la Eugène Ionesco, pour prendre une comparaison théâtrale.

A réserver aux grands fans de l’artiste et aux nostalgiques de ce type de bd typée esthétisme des années ’80.

Enfin, devoir afficher sur la couverture que la préface est signée Enki Bilal n'est pas un signe de sérénité de la part de l'éditeur. S'il était convaincu de la qualité de l'album, je pense qu'il n'aurait pas eu la tentation de mettre autant en avant ce fait des plus anecdotiques.

Nom série  Ninn  posté le 24/11/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Dans la lignée des « Carnets de Cerise », voici Ninn : jeune orpheline retrouvée dans le métro parisien et à qui vont arriver des aventures peu ordinaires. Moins littéraire et plus orientée vers le fantastique, cette nouvelle série signée Johan Pilet et Jean-Michel Darlot s’adresse aux jeunes adolescents mais plaira à un bien plus large public (dont je fais partie, c’est tout dire).

La trame générale est classique. Prenez une jeune orpheline, aventurière et bornée, qui ignore tout de ses parents, une zone emplie de mystères et de légendes (une rame de métro dans le cas présent), un ange-gardien animalier franchement féérique (je ne vous en dis pas plus, c’est une des très bonnes idées de cet album) et vous obtenez un récit dans la lignée d’un Harry Potter ou du Monde de Narnia (pour prendre deux références ultra-connues).

Pour que la sauce prenne, ce type d’univers doit receler de suffisamment d’originalité et de dynamisme pour occulter l’aspect convenu de la trame générale. Et c’est bien le cas présentement. Honnêtement, je ne me suis pas ennuyé une seconde. La petite Ninn est attachante, les adultes qui l’entourent ne sont pas étouffants, le métro –théâtre de ce premier tome- apporte sa part d’originalité tout en nous en apprenant un peu plus sur ce singulier univers. Jean-Michel Darlot semble réellement passionné par le métro parisien et sa connaissance des lieux nous permet d'en apprendre beaucoup tout en nous amusant.

Il est également notable que l'aspect fantastique du récit n'est amené que très progressivement, nous permettant ainsi de réellement entrer dans un nouvel univers.

Le dessin de Johan Pilet est excellent ! Dynamique, expressif, très lisible, rond, c’est tout simplement parfait pour ce type d’aventure. De plus les décors ne sont pas oubliés, et c’est heureux tant le métro parisien est un acteur essentiel dans ce premier tome.

Une série jeunesse à suivre de très près ! Et si vous cherchez quoi offrir à un(e) jeune adolescent(e) pour les fêtes de fin d’année, voici peut-être de quoi la satisfaire.

Nom série  Isabelle la Louve de France  posté le 16/11/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Je l’avoue : je n’ai pas été séduit outre mesure par le destin de cette reine de France.

Je ne saurais trop dire pourquoi car le dessin est de qualité, la narration est fluide et l’aspect historique est bien présent (et ce sont là de prime abord les trois qualités principales que j’étais en droit d’attendre de ce type de récit). Seulement, voilà, le destin de cette reine m’a tout sauf passionné. Je la trouve dépourvue de charisme (ou est-ce moi qui n’ai pas été sensible à son charme), insignifiante, manipulée du début à la fin, marionnette grotesque protégeant son enfant outre raison (à l’instar de la grande majorité des mères, je pense), victime de la crise de la quarantaine avant l'heure en se réfugiant dans les bras d'un amant plus jeune qu'elle mais beau comme un camion. Pour le dire platement : elle me gave.

Le récit en lui-même, à l'image de toute biographie à faible pagination, passe rapidement sur certains événements (et comme l'aspect romanesque du destin d'Isabelle est mis en avant, ceci se fait au détriment du contexte historique global). Résultat : à l'image du précédent posteur (le Grand A), je n'ai pas tout capté des intérêts des uns et des autres dans ces multiples sous-intrigues de palais... et comme cette période de l'histoire de France ne m'a jamais passionné outre-mesure, je n'avais pas les bases nécessaires pour m'en sortir sans un plus grand nombre d'explications.

Du coup, difficile de se passionner pour un récit dont l’héroïne est la principale source d’ennui…

Nom série  Les Epées de verre  posté le 16/11/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Le dessin est de très grande qualité, tant au niveau des personnages (même si voir Mel Gibson à longueur de pages décontenance quand même quelque peu) que des décors. Les costumes et coiffures des protagonistes, la faune et la flore, l’architecture même des différents bâtiments : tout est d’une qualité indéniable et contribue à nous immerger dans un autre univers, ce qui devrait être le cas de toute bonne série d’heroic fantasy.

Au niveau du scénario, je suis un peu plus mitigé. Tout d’abord, le point de départ du récit est très classique (la jeune fille qui veut venger ses parents et qui tombe, comme par hasard, sur un ermite ex-valeureux guerrier, l’épée dotée de pouvoirs magiques, l’univers à la fois proche et différent du nôtre). De plus, j’ai eu le sentiment que les auteures avaient repensé leur scénario après deux tomes, histoire de le rendre finalement plus cohérent vis-à-vis des deux quêtes (d’une part, une quête de vengeance et, d’autre part, une quête de savoir autour de quatre épées et d’une vieille prophétie). Le « redressement » est réussi mais laisse des traces chez moi.

Au final, j’ai passé un agréable moment de lecture mais j’éprouve tout de même un sentiment d’inachevé, comme si ce récit aurait pu être mieux équilibré, mieux pensé. En définitive, je ne pense pas que ce récit me marquera mais la qualité de son dessin, une intrigue et des personnages classiques et efficaces font de ces épées de verre un bon achat.

Nom série  DesSeins  posté le 16/11/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Que voilà un joli recueil de nouvelles !

DesSeins, dont le titre est tout sauf anodin et la majuscule du deuxième S encore moins nous propose sept portraits de femme signés… par un homme. Olivier Pont, puisque c’est de lui qu’il s’agit, n’est pas un inconnu dans le monde de la bande dessinée même si on ne le connait que très peu dans ce registre. Personnellement, je trouve qu’il signe là un bel album, sensible, touchant, dans la lignée de ce que peut faire Zidrou, par exemple.

De seins, il sera donc question tout au long de ces sept portraits, des seins symboles de féminité, parfois trop lourds à porter, parfois trop stigmatisés. Olivier Pont joue joliment du silence pour nous surprendre et nous entrainer là où l’on ne s’y attendait pas toujours. A une occasion, j’ai trouvé qu’il versait dans la facilité, dans la caricature. Pour le reste, l’auteur signe un sans-faute à mes yeux.

Au niveau du dessin comme du découpage, il s’agit là aussi d’un travail frôlant la perfection. Les histoires disposent de l’espace nécessaire pour se développer tout en restant très concentrées (format de la nouvelle oblige). Le dessin est clair, immédiat et séduisant. Le travail sur les regards est soigné et permet de faire passer beaucoup d’informations sans commentaires inutiles.

Un album que je ne peux que vous recommander.

Nom série  Top 15  posté le 05/11/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Je pense que pour réussir ce genre de série humoristique très segmentée, il faut être passionné par le domaine exploré. C’est la condition sine qua non pour parvenir à caricaturer avec justesse, pour équilibrer tendresse et dérision, pour accrocher un lectorat naturellement attiré (voire passionné) par le domaine exploré.

Je pense que Gürsel ne connaissait pas grand-chose, sinon rien au rugby lorsqu’il a commencé cette série. Et cela se ressent douloureusement. Oubliez les essais, ici, on marque des buts. Oubliez le légendaire respect des joueurs vis-à-vis du corps arbitral, ici ils se comportent comme les plus atteints des joueurs de football. Oubliez tout ce que vous savez sur le rugby, l’auteur réinvente ce sport au travers de planches humoristiques.

Si encore, c’était drôle…

Mais dès la première page, le ton est donné. La plupart des gags auraient pu fonctionner dans n’importe quel univers. L’auteur abuse de vieilles recettes et les exploite au-delà du raisonnable. Il a recours au besoin à la vulgarité pour nous offrir des dialogues pourtant on ne peut plus plats.

Bon, j’arrête là. Vous l’aurez compris : je n’ai absolument pas accroché à cette série, je ne l’ai trouvée ni drôle ni pertinente ni même bien dessinée.

Nom série  Le Circuit Mandelberg  posté le 05/11/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Après un tome prometteur, Dunk, adaptation d’un roman de Denis Robert, n’a pas connu de suite… La faute à des ventes insuffisantes, je suppose.

Qu’à cela ne tienne ! Le travail effectué n’a pas été perdu puisque les éditions Dargaud n’ont pas totalement laissé tomber le projet et l’ont repris sous la forme d’une intégrale et sous un autre titre : Le Circuit Mandelberg.

La grosse différence par rapport au premier projet est que le découpage a été pensé pour être plus nerveux. De multiples courts chapitres sont introduits par un extrait du roman original. Si ce procédé permet de mieux clarifier l’intrigue, je trouve qu’il apporte une certaine redondance au récit, l’extrait du roman expliquant bien souvent ce que les pages suivantes nous montrent, images à l’appui. Je ne suis donc que moyennement convaincu par cette astuce mais je reconnais qu’elle permet de découper le récit d’une manière plus directe.

Ceci dit, ce récit est quand même plutôt prenant (et c’est d’ailleurs surprenant que sa première mouture n’ait pas réussi à plus faire parler d’elle). Nous avons droit à un récit d’anticipation bien pensé qui peut s’appuyer sur de solides connaissances médicales, sur des personnages intéressants et sur une vision crédible –et peu réjouissante- de notre société future.

Le dessin de Franck Biancarelli fait très « comics », avec beaucoup de zones d’ombre et un trait souvent brut. Ce style convient bien au récit et lui apporte une noirceur de bon aloi.

L’abondance de texte pourra effrayer certains lecteurs, et l’introduction de chaque chapitre via un extrait du roman original n’est pas de nature à simplifier les choses. Il n’empêche que cette abondance n’est pas gratuite. Le récit est dense et mérite souvent quelques explications ou quelques approfondissements. Par ailleurs, s'il y a abondance de texte, on ne peut pas dire que les auteurs nous noient dans ceux-ci. Le récit reste très fluide et on n'a pas le sentiment de lire un roman (mais bien un récit dense).

Au final, le Circuit Mandelberg est un solide récit d’anticipation. Pas un chef d’œuvre et sans doute pas au niveau du roman mais je le considère tout de même comme supérieur à la moyenne, ne fusse que par son approche originale –et scientifiquement crédible- du très classique « transfert de cerveau ». Très certainement à emprunter si vous êtes amateur du genre. Et plus si affinité.

Je ne déconseille donc pas l’achat même si je n’en fais pas une priorité.

Nom série  Dunk  posté le 10/06/2013 (dernière MAJ le 05/11/2015) Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Dunk est un thriller d’anticipation à la trame classique mais à l’univers original. Si le titre vous dit quelque chose, c’est normal puisque nous parlons ici de l’adaptation d’un roman paru il y a quelques années sous la plume de Denis Robert, scénariste de la présente série.

Thriller classique puisque nous allons suivre les aventures d’un quidam, basketteur de renom au talent immense, pris dans un engrenage infernal à son corps défendant. Poursuivi par la mafia locale suite à une affaire de match truqué, il cherchera refuge auprès de l’ex-employeur de son père… mais risque bien de tomber de Charybde et Scylla. C’est donc à une chasse à l’homme somme toute très classique à laquelle nous convient les auteurs. Un héros charismatique, sportif et résistant, deux clans qui le poursuivent dans des buts différents, du mystère, de l’action… Un thriller classique, quoi… sauf que…

Anticipation et originalité vont de pair. En effet, l’originalité de la série vient de son univers. Nous nous situons dans un avenir proche (ou, du moins, pas trop éloigné) dans lequel les différences de classe sociales sont encore plus marquées, le sport est profondément gangrené par des magouilles mafieuses, les manipulations génétiques ont encore progressé et la neurobiologie offre aux scientifiques de nouvelles plaines de jeu. Cet aspect de l’histoire est aussi original que bien foutu. L’ensemble m’est apparu cohérent et réaliste (non que j’imagine l’avenir de cette manière mais la vision de Denis Robert ne m’est pas apparue farfelue ou aberrante).

Le dessin lui, et même si je ne suis pas un spécialiste en la matière, m’est apparu fort influencé par les comics. L’encrage est prononcé et donne à cet univers un aspect visuel très sombre. Sans être ma tasse de thé, ce trait m’est apparu totalement adapté au ton de la série.

Un premier tome prometteur mais une série finalement remaniée sous le titre de Circuit Mandelberg. par conséquent, plutôt que d'acheter ce tome, je vous conseille vivement de directement vous rabattre sur l'intégrale précitée.

Nom série  Greenwich Village  posté le 04/11/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Dieu ! Que cette série fleure bon les comédies romantiques américaines des années ’50 ! On s’y croirait, nonobstant la couleur (absente des films de l’époque mais bien présente dans l’album ci-devant).

Franchement, on s’attendrait presque à croiser au détour d’une page Gregory Peck, Audrey Hepburn ou Spencer Tracy tant le ton employé rappelle les comédies légères de cette époque, fraîches et sans prétention autre que de nous divertir.

Et le style atome de Lapone convient on ne peut mieux au genre exploré. Ses gaufriers usent de la symétrie et des rondeurs pour apporter légèreté et clarté à ce récit. Son dessin, on ne peut plus ligne claire, offre élégance et lisibilité. Ses planches sont cependant moins époustouflantes que celles qu’il nous a proposées sur Adam Clarks, mais il n’empêche qu’Antonio Lapone est un grand artiste au style reconnaissable entre mille !

Côté scénario, si ce premier tome nous offre une histoire (complète, elle peut se lire comme un one-shot) agréable à suivre, il faut bien reconnaître qu’elle n’est guère originale. Deux personnes que tout oppose doivent cohabiter suite à un quiproquo digne de la comédie de boulevard et… adviendra ce que tout le monde soupçonnait avant même d’avoir tourné la première page de l’album. C’est cousu de fil blanc mais rythmé et sympathique, à l’image d’une comédie romantique. Parce que, soyons honnête, si un couple a tout pour s’aimer et être heureux au début d’une histoire et finit l’histoire séparé et déchiré, c’est que vous regardez un film des frères Dardenne et non une comédie romantique américaine.

Donc voilà : prévisible mais rythmé et très joliment mis en image, cet album rend un bel hommage aux comédies du genre sans apporter quoi que ce soit de neuf. Mais était-ce le but ? Si vous cherchez quelque chose de léger, de frais, d’amusant, ne boudez pas votre plaisir. Sinon, passez votre chemin.

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