Je suis avant tout surpris quand au nombre d'avis négatifs, voire durs, sur cette oeuvre. Qu'elle soit primée ou non a Angoulême m'importe peu, ce qui m'importe c'est ce qu'elle me fait.
A l'inverse de pas mal de gens ici, j'ai été pour ma part subjugué par le dessin, d'une beauté rare. Chaque case est un tableau, j'aime à l'ouvrir pour en admirer les planches (j'ai eu la même sensation pour Ibicus, ou encore le bleu est une couleur chaude).
J'aimes les histoires de vie, mais il n'y a pas que çà, ça parle de relations humaines et çà en parle bien. J'entends des comparaisons avec Kundera, autant je peux m'emmerder sec avec Kundera, autant là j'ai été happé, et ma lecture m'est resté longtemps en tête, autant l'histoire, touchante, que le graphisme.
Je mets un 4,5 (arrondi au dessus), parce que c'est un coup de coeur, et parce que c'est une de mes plus belles lectures de ces dernières années. On a pas l'occasion de voir tous les jours des bds de cette qualité.
N.B : j'aurais aimé voir si les notes auraient été les mêmes si cette BD n'avait pas été primée à Angoulême et si ce prix n'avait pas déchaîné les passions.
Je suis globalement d'accord avec les avis précédents, mais plus sévère car justement cette bd a été primée : on donne la chance à un auteur de se faire connaitre, il doit donc y avoir quelque chose de surprenant (dans le dessin, l'histoire, les couleurs, les émotions). Ici, pour moi, ce ne fut rien.
En la feuilletant, je me suis dit : tiens, les changements de couleurs sont intéressants, mais je n'aime pas les dessins (chacun son mauvais goût !), l'histoire doit donc être captivante (la balance des âmes : j'ai mis plus de poids du coté du prix Angoulême, erreur).
Raté, l'histoire ne m'a pas transporté ni à 5000 kilomètres, ni dans la tête des personnages (Kunderien, Lelouchien ou Sartrien), voire même elle m'a vraiment lassé.
Dommage.
Cet album mis en avant par le prix nous présente un roman graphique que Kundera n’aurait certainement pas renié. Dans « l’insoutenable légèreté de l’être » et « l’ignorance », Kundera aborde ces sujets de migration et de déracinements de nos contemporains.
Car le sujet ici n’est pas dans une succession d’époques et de lieux, mais bien dans la relation de l’humain face à la terre. Nos personnages vieillissent et murissent de leurs expériences successives pour ce constat amer de fin de récit sur la pauvreté intérieure due au déracinement. Le voyage, si promu dans notre civilisation, source de tant de mal être. L’ouverture tant vantée sur autrui s’avère un désert intérieur source de bien des maux. Comme cette deuxième génération si souvent traumatisée par sa quête personnelle d’identité, la question du choix centrale nous renvoie devant notre si lourde responsabilité, notre libre arbitre. Comme cet ami d’origine asiatique qui se traite de banane (jaune à l’extérieur et blanc à l’intérieur), nos déracinés ont fait un choix de voyage pour couper toute appartenance, pesante et qui semblaient à un instant donné les enchainer dans un immobilisme castrateur. Ne parlons pas ici de ces exclus économiques, migrateurs pour entrer dans le « palais de cristal » qui semble éblouir le monde. Le sujet traite de la coupure volontaire.
Nos trois personnages vont donc vieillir dans des emplacements différents, chacun fuyant quelque chose ou quelqu’un. Le récit fourmille de personnage miroir et de jeu de reflets, reflets dans le temps ou dans l’espace. Entre le regret des uns d’un attachement devenu servile et le mal être de l’autre à ce point libre qu’il n’existe nulle part, l’équilibre parait si délicat.
L’intrigue nos emmènera en Italie, en Norvège, en Égypte, terres d’ailleurs plus symboliques que géographiques
Graphiquement le voyage s’accompagne d’ambiances colorées parsemées avec talent sur les planches pour une immersion en brumes nordiques, moiteur italiennes et chaleurs égyptiennes. Les personnages stylisés à l’extrême pour permettre une personnalisation maximale pourraient s’approcher de la simplicité d’un Sempé. Les décors en revanche bénéficient d’un gros travail de colorisation permettant d’accentuer les humeurs des personnages.
Au final j’ai apprécié l’exercice graphique mais pas du tout accroché au scénario. Moins puissant qu’un Kundera, les personnages superficiels ne m’ont jamais attendri, ou interloqué ou même fait réagir. Le propos est trop banal pour qu’il en ressorte quelque chose de durable. Nos héros vivent dans une fuite perpétuelle d’une réalité qui les fait toujours voyager ailleurs en quête de ce qu’ils ne veulent pas trouver, malgré les miroirs que sont d’autres personnages rencontrés tout le long du récit. Inconsistants et irresponsables ils réagissent au lieu d’agir, fort heureusement un scénariste les mène à bon port là où leurs agissements ne les auraient certainement pas menés dans une vision réaliste. Ceci mis à part, l’ambiance permet au lecteur de ressentir les humeurs avec force, là réside à mon sens le gros point fort du récit.
Pas mal pour conclure, à lire pour voir ce qui plait aux jurys, mais inutile d’acheter, la faible profondeur fait qu’une relecture deviendrait futile et ferait la découverte sensorielle qui accompagne une première découverte.
Et bien je m'y attendais un peu au vu des différents avis très partagés sur cet album, et après son feuilletage rapide : le Fauve d'Or d'Angoulême de cette année ne m'a pas vraiment convaincu.
Si le dessin en couleurs directes est chaud et certains paysages ou cases vraiment magnifiques, je n'ai pas vraiment apprécié les visages des personnages. C'est bête car le rendu des différent pays est vraiment bon à travers une gestion picturale vraiment bien maîtrisée. On sent l'Egypte, on ressent la Norvège, ou encore l'Italie. Manuel Fior sait nous transporter à travers ses pinceaux.
J'ai par ailleurs trouvé un peu lourde l'utilisation de la VO dans les dialogues, surtout qu'il n'y a aucune constance dans leur traduction ou non. Un coup on nous traduit le texte à coup d'astérisques, un coup on passe à la traduction entre < > pour nous faire comprendre qu'on est en "VO traduite", et puis des fois on reste en VO sans traduction... Et puis bon, ce jeu avec la VO n'est pas nouveau non plus, hein, Alan Moore dans La Ligue des Gentlemen Extraordinaires a au moins le soin de proposer de la VO chinoise ou arabe sans traduction aucune ! :p
Et puis on finit la lecture de ce récit et puis voilà. J'ai vraiment eu l'impression de lire un énième roman graphique qui relatait trois destins éparpillés sur le globe et nostalgiques d'une relation de jeunesse ratée... Certaines planches sont belles, on se laisse bercer par l'histoire de vies médiocres et les états d'âme de nos protagonistes, mais de là à décrocher un Fauve d'Or... Je reste sceptique...
A lire par curiosité si vous tombez dessus dans toute bonne bibliothèque qui se respecte, mais sinon, franchement dispensable...
Les réactions que j'ai lues sur cet album me font penser à celles lues à propos d'un autre album primé à Angoulème Asterios Polyp. Soit on aime, soit on déteste.
Je fais partie de ceux qui ont apprécié l'album de David Mazzuchelli, et donc également celui de Manuel FIOR.
j'avais déjà beaucoup apprécié "Mlle ELSE" paru chez Delcourt, et cet album est dans la même veine, que ce soit au niveau du dessin proche parfois des tableaux de KLIMT ou SCHIELE, et des couleurs. Sauf qu'ici, et comme dans Asterios Polyp, les couleurs changent selon les époques et les périodes de la vie des protagonistes, ce qui est incontestablement une technique narrative novatrice, pour moi qui suis un vieil habitué de la BD Franco Belge traditionnelle. On aime ou on aime pas le dessin particulier de ce jeune dessinateur Italien, mais en tous cas on ne peut pas être insensible à la beauté de ses planches qui sont d evéritables tableaux.
Manuele FIOR possède de plus un vrai talent de scénariste et raconte à merveille cette histoire de deux adolescents qui se sont aimés, dont les chemins de sont séparés, puis se sont de nouveaux réunis le temps d'une soirée avant de reprendre leurs vies respectives. Une histoire sur le déracinement des êtres, qui quittent leur pays d'origine pour un ailleurs où ils ne se sentiront jamais véritablement chez eux,sur les non dits qui contribuent à faire échouer une relation sentimentale.
J'entends dire que cette histoire ne méritait pas le prix du meilleur album et qu'il ne se passe rien. Mais combien y a -il eut d'albums primés à Angoulème qui ont suscités l'incompréhension?
Ce festival est un festival sans doute un peu "intello", où l'on primera rarement les gros succès commerciaux, mais sa vocation n'est-il pas de mettre en lumière de nouveaux talents à une époque où plus de 5000 albums sont publiés chaque année?
Donc le Festival d'Angoulème c'est un peu comme le festival de Cannes ou le Festival de Sundance en matière de cinéma. On primera rarement "Pirates des Caraibes" ou "Le seigneur des anneaux", et le spectateur féru de scènes d'action en ressortira toujours frusté .
De même il y a peu de chance qu'on donne un jour un prix à Angoulème à Largo Winch, Thorgal ou autres gros succès de la BD.
Donner un prix à Manuele FIOR, c'est comme récompenser un film de Woody Allen, Jane Campion, ou John Cassavetes. Il y a peu de sang et de coups de poing, mais qu'est ce que la difficulté de la relation humaine y est bien dépeinte! Qu'est ce que la complexité des individus est formidablement mise en évidence. Et ca c'est aussi un trait commun avec la grande Bd de David Mazzuchelli.
Vous l'aurez compris, si vous aimez les histoires sentimentales, vous apprécierez cette Bd; si tel n'est pas le cas passez votre chemin.
Je suis en colère car je me suis fait avoir. En effet, sans le Fauve d'Or gagné à Angoulême par cette BD, je ne l'aurais jamais achetée car elle ne m'attirait pas du tout. Mais je me suis laissé gagner par la curiosité et ma confiance dans un jury de professionnels.
Au final, je suis tombé sur un roman graphique très banal qui m'a ennuyé du début à la fin.
Il s'agit d'une sorte d'histoire d'amour manquée qui emplira de remords la vie de deux êtres auxquels se mêle l'ombre perturbatrice d'un ami d'enfance. Si on résumait l'album, on aurait un premier chapitre où les trois jeunes se rencontrent, les deux chapitres suivants où l'on apprend que la fille et l'un des garçons sont sortis ensemble, ont cassé et vivent chacun de leur côté une vie plus ou moins heureuse, puis un dernier chapitre où ils se revoient bien plus tard et se disent qu'ils ont sûrement manqué quelque chose à ne pas vivre ensemble mais que bon, c'est trop tard. Voilà, c'est tout ce que j'ai ressenti à la lecture de cet ouvrage.
Le dessin ne m'a clairement pas enthousiasmé. Le trait des personnages est minimaliste. Les couleurs toutes en teintes jaune, vert et marron sont originales mais sans plus. La narration graphique est classique si l'on omet ces ellipses et sauts temporels entre chaque chapitre.
Cette histoire n'a vraiment pas su me toucher et je me demande clairement ce que le jury d'Angoulême et d'autres lecteurs enthousiastes ont pu y trouver. Ai-je manqué quelque chose ? Peut-être mais je ne suis pas motivé à l'idée d'essayer de trouver quoi.
Cette année le Fauve d'or d'Angoulème nous offre un très joli coup de pinceau.
Le dessin est très beau, les ambiances sont vraies, et le trait a vraiment quelque chose de peu commun. En fait la couleur donne au chapitrage toute l'assise nécessaire: On change de temps et de géographie comme on change de tons.
Là où je suis plus mitigé c'est que l'ouvrage est découpé comme un bouquin. Le chapitrage est celui du texte, et rapidement on n'a plus l'impression d'être dans une bande dessinée, mais bien dans un roman graphique, très joliment illustré.
On peut trouver de l'intérèt dans cette romance mais ce n'est pas vraiment inoubliable. Et c'est même parfois un peu langoureux.
Finalement il ne m'en reste pas grand chose sur le fond, mais en revanche quelques très beaux souvenirs d'aquarelles sur la forme.
Quant à récompenser un tel ouvrage dans le cadre d'un prix dédié au 9ième art j'avoue être incapable de le comprendre !
Car sur le plan Bd-istique cet ouvrage n'apporte finalement ... pas grand chose: Il ne se passe pour ainsi dire rien de transcendant entre les cases.
Le langage à l'échelle des planches ne passe pas vraiment. Il est ici enfermé dans des bulles, certes très bien décorées.
Mais une suite de joli dessin fait elle une bonne BD ? Pour moi non.
Sans l'éclairage du festival d'Angoulème 2011, je serais sûrement passé à côté de cette bande-dessinée. D'ailleurs, elle est passée inaperçue, pour moi, dès sa sortie.
Pourtant, cette chronique douce-amère mérite vraiment le détour.
Avec un dessin tout en aquarelle, Manuelle Fior explore avec talent des paysages différents : de l'Italie à la Norvège, en passant par l'Egypte. Les pages consacrées au voyage de Piero du Caire à Assouan sont de toute beauté, tout comme celles de l'arrivée de Lucia en Norvège.(l'utilisation des couleurs y est pour beaucoup).
Mais c'est surtout l'histoire qui m'a touché, une histoire d'amour qui s'étire sur de nombreuses années, où, fait assez rarissime dans le monde de la bd, les personnages vieillissent.
Une pointe de nostalgie s'éveille une fois la lecture terminée.
C'est beau, touchant, et l'auteur arrive à nous émouvoir avec cette histoire somme toute assez simple.
Je ne sais si, pour autant, ce livre méritait le Fauve d'or à Angoulème, mais une récompense, certainement.
Un dessin correct mais très particulier, une trame somme toute assez classique, voilà ce qu'on pourrait dire de cet album en substance.
En ce qui me concerne, je ne me suis pas senti vraiment transporté par cette histoire, qui est d'une mièvrerie assez confondante par moments. Je me suis un peu ennuyé par moments. Par contre la construction est assez réussie, et permet de réveiller le lecteur légèrement endormi. Comme je l'ai dit, le dessin est assez particulier ; pour ma part, je l'apprécie relativement peu, et je ne suis pas sûr d'avoir envie de lire d'autres albums de Manuele Fior.
Un coup d’œil rapide sur une bd et parfois, ça me donne rapidement l’envie de l’acheter et de la lire tout de suite, pour ma part, c’est assez rare que ça passe comme ça… et pourtant, c’est ce qui m’est arrivé avec « Cinq mille kilomètres par seconde », un one shot réalisé par Manuele Dior et édité par Atrabile.
Qu’est ce qui m’a fait acquérir cette bd ? C’est bien entendu son graphisme, enfin, disons sa mise en couleurs à l’aquarelle surtout ! J’aime beaucoup ces tons chauds lorsque les protagonistes sont en Italie ou en Egypte, et ceux froids où le récit se situe en Norvège… Normal direz-vous car elles sont en symbiose avec l’idée qu’on se fait de ces pays en matière de météo (bien que ça ne soit pas toujours vrai quand on voit qu’il fait actuellement 22°C à Moscou et « seulement » 16°C à Marseille…) sauf que ce choix de coloris convient parfaitement aux différentes ambiances de ce récit et que ça permet aux lecteurs de savoir tout de suite où se situent l’action.
Bref, tout ceci, c’est pour vous dire que j’ai apprécié le coup de patte de Manuele Fior. De plus, l’ouvrage se présente à son avantage avec ce papier épais qui sent bon (je crois que je vais avoir un mal fou à me mettre à la bd numérique !).
Et l’histoire ? « Cinq mille kilomètres par seconde » nous propose un chassé-croisé entre un homme et une femme sur plusieurs années. Ainsi, le lecteur découvrira une introduction qui se déroule en Italie où Piero et Lucia, deux jeunes gens se feront la connaissance… Puis, ils se quitteront sans qu’on ne sache vraiment pas ce qui s’est passé lorsque Lucia se retrouvera à Oslo… et je vous laisse découvrir la suite…
Ce n’est pas un scénario original que nous présente Manuele Fior mais j’ai aimé la simplicité de cette histoire où les divers protagonistes me sont apparus attachants et où les sentiments qu’éprouvent les deux personnages principaux vont se renforcer dans le temps. De plus, la narration est –à mon avis- excellente puisque je n’ai pas pu décrocher de ce récit avant son dénouement et puisque je n’ai ressenti aucun besoin de revenir en arrière pour incompréhension. Il est sûr que cette bd ne figurera pas parmi mes inoubliables mais je la relirai avec plaisir.
Si vous aimez les romans graphiques ayant un scénario classique sympa à lire et ce genre de dessin, je pense que vous passerez un bon moment de lecture avec « Cinq mille kilomètres par seconde ». Les autres lecteurs ? Passez votre chemin !