L’univers punk et trash a de quoi me plaire… Je dirais plutôt que la cause de ma déception provient d’un récit complètement décousu, sans aucun semblant de cohérence. Tout n’est qu’une succession de saynettes dans un univers typé Mad Max, agrémenté par moment d’un humour corrosif. Le graphisme en noir et blanc est bon, bien que par moment brouillon.
Pourtant, je ne suis pas si difficile et n’exige certainement pas un récit classique dans ses thèmes et dans sa construction mais là, vraiment, j’y arrive pas. Par contre, je peux comprendre l’aspect décalé et accrocheur de cette série, dans sa parution originale underground de la fin des années 80 en Angleterre.
Me concernant, je n’ai lu que le premier volume des éditions Ankama de février 2010. Et bien que la qualité éditoriale soit au rendez-vous, je ne poursuivrai pas la lecture de cette série.
Ah oui, j’oubliais, je lui trouve parfois pas mal de ressemblance avec Spider Jerusalem, héros tout aussi décalé de Transmetropolitan.
Vous voilà prévenu ; je pense que si le contexte socio-culturel anglais de la fin des années 80 vous intéresse, ou vous « parle », alors foncez. Pour les autres, lisez par curiosité avant d’éventuellement acheter…
Décidément, je me fais vieux... Les quatre cents coups de cette ado attardée mal élevée m'ont à peine arraché deux ou trois vagues sourires en 140 pages, et je me suis vraiment forcé pour aller jusqu'au bout... Le côté "jeune nana branchée et barjo qui ne cherche qu'à s'éclater" doit sûrement très bien marcher auprès des 12/16 ans (d'ailleurs, la série faisait un tabac en Australie), mais au-delà d'un certain âge, faut vraiment être très indulgent pour se laisser séduire... Ça se veut sans doute vachement trash, provocateur, rebelle, irrévérencieux et tout et tout, mais dans le fond, ça ne va jamais très loin et ça ne dit pas grand'chose. Ok, Tank Girl a déserté l'armée, elle boit de la bière, fume, baise avec un kangourou et dit des gros mots... et après ? Tout ça ressemble finalement un peu trop à un pur produit commercial, bien calibré et formaté à destination d'un certain public.
Les histoires sont très courtes, pas franchement drôles, pas particulièrement originales. Les scénarios sont vraiment d'une simplicité extrême, et les chutes très faibles. Le pire reste encore les dialogues, qui ne devaient déjà pas être bien fins à l'origine, et que la traduction française a rendu carrément navrants... Tank Girl, une nana qui n'a jamais dû quitter son désert australien futuriste, se retrouve ainsi à sortir des vannes sur des personnalités comme Sacha Distel, Sheila, Vanessa Demouy ou Michel Drucker : vachement crédible ! Évidemment, c'est sûr que si, à l'origine, les vannes portaient sur des personnalités australiennes inconnues en France, et que le traducteur les avait gardées telles quelles, ça n'aurait pas fait rire grand'monde chez nous... Mais cela étant dit, et là, c'est un traducteur qui parle, quand on s'en donne la peine, on peut adapter ce genre de gags un peu plus intelligemment qu'en mettant dans la bouche de personnages australiens des noms de vedettes françaises comme Patrick Bruel ou Laurent Voulzy...
Finalement, le mieux, c'est encore le dessin qui est, lui, plutôt réussi. Du cartoon crade en noir et blanc, dynamique et sympa.
Bon, bref. Si vous voulez une histoire de jeunes qui ne pensent qu'à faire les cons, lisez plutôt D.R. & Quinch d'Alan Moore ; c'est loin d'être un chef-d'oeuvre, mais c'est nettement mieux que "Tank Girl". Si vous voulez une histoire de petite nana rebelle et sexy qui aime tout faire péter, lisez Anita Bomba qui est une très bonne petite série. Si vous voulez de la violence, lisez "Lobo" ou "FAKK2" de Simon Bisley, des BD pas beaucoup plus intelligentes que "Tank Girl", mais nettement moins aseptisées. Et si vous voulez des dialogues et des situations à base de pipi-caca-prout-zob-nichon, et que vous lisez très bien l'anglais, jetez-vous sur les BD dérivées des films de Kevin Smith, "Jay & Silent Bob Chasing Dogma", "Clerks : The Comic Book", et "Bluntman & Chronic", sorties chez Oni Press puis chez Image. Et laissez "Tank Girl" à votre petit frère de 13 ans !