Le portrait de ce malchanceux de la vie, même s’il bénéficie des talents de narrateur de Dimitri, m’a ennuyé par son ton très, trop mélodramatique. Les malheurs s’enchainent et notre pauvre héros encaisse sans broncher, passif, résigné.
Heureusement, son parcours permet à Dimitri d’illustrer divers univers dont le maritime (la couverture étant issue de ce passage), et là, son talent éclate à nouveau (si je fais abstraction du ton larmoyant de la narration).
Le fait que j’ai eu la malchance d’acheter un album dont une grande majorité des pages collaient l’une à l’autre (et, même avec beaucoup de précaution et de soin, plusieurs de ces pages ont souffert lors de leur « décollage ») a certainement influé sur mon impression, énervé que j’étais. Mais même sans cela, je ne crois pas que ma cote aurait dépassé le « pas mal, sans plus »
Je crois qu’à l’avenir je vais vraiment me centrer sur les récits de guerre de l’artiste. Jusqu’à présent ce sont de loin mes préférés parmi ceux qu’il m’a donné à lire (à commencer par l’excellent « Kaleunt »).
C’est une bd très dure que nous propose Dimitri. « Meurtrier » nous conte le destin d’un jeune orphelin, Jean, à la fin du XIXème siècle.
Cette bd change un peu des habituels récits mettant en scène des personnages allemands (Kaleunt, D-LZ129 Hindenburg), Kursk - tourmente d'acier que nous propose Dimitri, cette fois-ci le héros ou plutôt l’antihéros est un français qui va avoir une vie vraiment lamentable.
Pour « Meurtrier », le lecteur retrouve la voix off qui fait partie un peu de la marque de fabrique de Dimitri. Celle-ci ne m’est pas apparue envahissante, au contraire, elle contribue beaucoup au sentiment de misère qui domine cette histoire.
L’ambiance de misère est accentuée par une mise en couleurs terne où les tons grisâtres sont pertinemment adaptés à ce récit.
Paradoxalement, alors que Jean est un vrai paumé, un grand looser où la poisse ne le quitte jamais, j’ai eu beaucoup d’affections pour lui.
« Meurtrier » est un livre m’est apparu également intéressant sur le plan historique. Le lecteur suit le héros dans ses malheurs mais aussi l’actualité du XXème siècle où le colonialisme et des guerres au Moyen-Orient et autour de la méditerranée vont marquer l’époque. Le lecteur est invité aussi à suivre à travers Jean le quotidien des orphelins de cette fin du XIXème siècle où leurs perspectives d’un avenir radieux sont pratiquement nulles.
En gros, j’ai vraiment eu le sentiment que l’auteur s’est beaucoup documenté avant de réaliser ce one-shot.
Le dessin de Dimitri est personnel, son coup de patte est facilement reconnaissable lorsqu’on lit un de ses albums. La représentation de ses personnages est caricaturale et sa mise en couleurs est assez typique de ce que l’auteur nous propose habituellement avec la prédominance de tons grisâtres, mauves, azurs et jaunâtres… bref, j’admets qu’il faut un temps d’adaptation pour apprécier le style de Dimitri.
Finalement, Dimitri signe avec « Meurtrier » une bd qui m’est apparu intéressante sur le plan historique. Quant à suivre les péripéties de Jean, le personnage principal de la bd, il vaut mieux que vous soyez dans un beau jour sinon vous risquerez de ressortir de cette lecture écœurés par ses malheurs ! « Meurtrier » est franchement une bonne bd dans le genre !
Meurtrier est un long récit sur un homme que la vie n’a pas aidé. Orphelin à la fin du 19e siècle, il subit de nombreuses brimades avant de se retrouver en prison puis engagé volontaire dans l’armée coloniale. S’ensuivent de nombreuses et diverses aventures, presque toujours malheureuses pour ce pauvre homme.
Le scénario est un peu étrange car j’ai eu l’impression de lire plusieurs histoires les unes après les autres. Les évènements s’enchaînent et ne se ressemblent pas, voire pas du tout, même dans l’ambiance si ce n’est le personnage principal. A tel point que je me suis plusieurs fois demandé où l’auteur voulait en venir.
Malgré tout, c’est un récit assez original, plutôt bien raconté et finalement assez prenant malgré son hétéroclisme. Et la fin est assez touchante, aussi injuste que les malheurs qui ont accablé ce pauvre homme mal né.
Bref, une bonne lecture même si son intrigue est un peu trop dispersée pour être vraiment consistante.
Une BD très, très noire… A déconseiller aux désespérés. En revanche, si vous aimez la peinture cruelle d’une vie foutue en l’air par les circonstances, si votre âme vous porte à ressentir un peu d’empathie pour les malheurs d’autrui et à en vibrer, jetez-vous dessus…
Les détails quotidiens fourmillent, et l’on voit que Dimitri s’est excellemment documenté pour son ouvrage ; la misère humaine y est de plus très bien dépeinte, et le désespoir de cet homme qui essaie – vainement – de se débattre contre un destin absurde est une magnifique histoire, toute sombre qu’elle puisse être.
Le style de narration, volontairement rétro, alourdit encore l’ambiance, mais entre en résonance parfaite avec le scénario, tout comme le dessin qui ne se la joue pas obscur à la Moynot mais simplement terne, avec quelques rayons de lumière aux rares moments de joie du personnage.