Après la lecture du premier tome.
Cette BD fait tout de suite penser à du Delisle.
Je ne suis pas le premier à le faire remarquer mais ça donne au moins un repère.
"Kaboul Disco" est à classer dans les bonnes BD documentaires.
Le pays traité est l'Afghanistan, qui est un pays complexe et instable. Les américains et les ex-soviétiques y sont pour beaucoup.
Le contenu est à découvrir, Wild a une narration plaisante, un sens de l'humour proche de l'ironie et beaucoup d'autodérision.
Même si l'Afghanistan est de plus en plus dans les actualités, on découvre tranquillement les tenants et les aboutissants de la situation locale.
C'est instructif et parfois édifiant.
Par gout, j'ai un peu de mal avec les bds qui ont un fond politique, un peu trop ancrée dans la réalité. J'aime bien les bds qui me font rêver, qui sont un véhicule vers l'évasion.
Donc, petite appréhension quand on m'a tendu Kaboul Disco I et dit: "il faut absolument que tu lises ça, c'est génial ! Ça relate du quotidien d'une expat' en Afghanistan..."
Ouille...moi quand on me dit "c'est génial", ça me met la pression.
Alors j'ai posé la bd sur ma bibliothèque en m'efforçant de l'oublier, histoire de murir l'envie de la lire.
Quand je l'ai prise, je devais être bien mur !
Tout est passé à la perfection. Un régal à la lecture.
Le contexte politique est exposé clairement et pose la trame de l'histoire avec beaucoup de finesse.
La cocasserie de certain des personnages complètement déjantés avec des situations qui pourraient être dramatiquement lourdes (et qui doivent l'être dans la "vraie vie") trouvent un parfait équilibre.
Ce qui est marquant est aussi la préhension du personnage face à tout ce qui lui arrive et son initiation à sa vie d'expatrié. Il passe d'une perception au premier degré des événements qui l'entoure dans son quotidien vers un personnage plus aguerri, qui prend beaucoup plus de recul, mais qui du coup gagne en ironie tout en conservant une grande part de candeur dans sa vision des choses.
Bref (pour ne pas faire trop long), ça m'a plu !
Et le tome 2 aussi...
J'y mettrais un seul bémol: j'ai trouvé que ce second volume manquait un peu de "liant" dans la narration en comparaison du tome 1.
Je m'explique cette impression avec ce que j'exprimais un peu plus haut, c'est à dire que le personnage principal a déjà, dès le début du récit, une certaine forme de recul et d'ironie sur ce qui l'entoure et les événements.
Du coup, je le sens moins évoluer au fil du récit.
Impression renforcée par le fait que dans le court moment ou il est de retour en France, il est de nouveau en décalage par rapport à son environnement et j'ai retrouvé dans ce court passage le ton, la note sur laquelle le personnage m'avait vraiment capturé au fil du tome 1.
A cette nuance près, ces deux tomes sont vraiment très très bons, et j'ai passé un excellent moment de lecture.
Je ne vais pas déroger à la règle de faire un rapprochement entre Kaboul Disco de Nicolas Wild et les oeuvres de Guy Delisle.
En effet, on y trouve de l'autodérision, de l'humour, des situations du quotidien qui pourraient paraître banales si elles ne se déroulaient pas dans un contexte à des années lumières de notre quotidien, des anecdotes sur des expatriés qui ont des comportements hallucinants et assez décalés et un dessin en noir et blanc assez simple (encore que celui de Nicolas Wild soit plus détaillé) mais aussi très efficace.
Plus besoin d'images chocs du 20h ou d'avis d'experts en géopolitique sur l'Afghanistan car après la lecture du 2nd tome de Kaboul Disco, on arrive à mieux appréhender la situation de ce pays en guerre depuis des années. Le constat est bien amer et pessimiste : ce pays est ingérable et n'est pas prêt de retrouver la paix et de devenir une démocratie.
Une bd indispensable pour toute personne souhaitant connaître un peu mieux l'Afghanistan d'aujourd'hui.
C'est vrai que le dessin reste simple et est en noir et blanc. Mais on ne demande pas de beaux dessins à ce genre de bd (p.ex: Chroniques Birmanes, Persepolis, Shenzhen ou autre Le Retour à la terre), c'est avant tout le récit qui compte.
Et de ce côté, sans atteindre la profondeur d'un Persepolis, N. Wild, raconte avec beaucoup d'humour, son séjour en Afghanistan. Il y a deux niveaux de lecture : Il y a le premier degré et amusant : son quotidien à l'ONG Zendagui, ses rencontres cocasses, et la découverte de cette nouvelle culture, et là j'ai rarement vu une bd aussi drôle. Deuxième degré : il critique son propre travail et des ONG en général, qui ne pensent qu'à faire la fête. L'auteur confirme les critiques concernant ces organisations qui ne font que profiter de la manne financière occidentale et s'en mettent plein les poches. Le gouvernement afghan et les Afghans en général en prennent aussi pour leur grade. N. Wild, dans sa tranche de vie à Kaboul, retranscrit parfaitement l'impuissance des Occidentaux face à la tâche énorme de reconstruction et normalisation de ce pays ravagé après 30 ans de guerre.
Pour conclure, un très bon moment de lecture et comme je la situe personnellement meilleure que les bd précitées, je ne peux donner que la note suprême.
Cet album se situe pour moi, vis-à-vis de son contenu, à mi-chemin entre les oeuvres de Guy Delisle (Pyongyang, etc.) pour l'aspect vie de tous les jours d'un graphiste dans un pays exotique et Passage Afghan pour un récit plus centré sur l'Afghanistan même si l'oeuvre de Ted Rall aborde une vision plus politique et militaire du pays.
La plupart du temps, je n'ai pas trouvé le dessin terrible. Seules les quelques cases de paysage nettement plus travaillées m'ont plu. Le reste est un peu trop rapidement dessiné à mon goût. Efficacité, efficacité, certes, mais bon...
La principale qualité que je trouve à cette BD est son aspect instructif. J'ai vraiment appris mal de choses sur l'Afghanistan, son passé proche et la vie des étrangers dans ce pays encore à moitié en guerre. C'est avec une vraie curiosité et un vrai intérêt que j'ai lu chacune de ses pages. Et comme Guy Delisle, Nicolas Wild saupoudre une partie de ses pages d'une petite dose d'humour qui n'est pas désagréable.
J'avoue avoir trouvé l'album un peu longuet sur la deuxième partie où j'ai même décroché à un moment donné. Il y a toujours de nouvelles choses racontées mais elles m'ont moins intéressé.
Bref, ce fut une lecture très instructive mais pas toujours très captivante. Je comprends qu'il y avait beaucoup d'informations à rapporter de ce séjour à Kaboul, mais tout n'est pas du même niveau d'intérêt à mes yeux.
Mon avis est assez proche de celui du Sieur Alix.
En effet j'ai beaucoup aimé cet album, qui nous raconte avec beaucoup d'humour, mais aussi un réalisme assez édifiant la situation en Afghanistan.
Les conditions de vie semblent assez difficiles -pour ne pas dire pire- dans ce pays, qui a pourtant une longue histoire tourmentée. Nicolas Wild conte tout cela avec beaucoup de talent, aidé par son trait assez clair, dépouillé. Et n'oublie pas de nous montrer, même brièvement, les splendeurs du pays.
Un excellent carnet de voyage, dans la lignée de ce que fait Guy Delisle (Pyongyang, Shenzhen), qui montre de l’intérieur, et avec beaucoup d’humour, un pays en crise … « le pays le plus ingouvernable de la planète ».
On y apprend pas mal de chose sur l’histoire récente du pays, sur les mœurs et traditions locales, sur la situation actuelle… La lecture est aisée, l’ambiance plutôt relax, et j’ai vraiment passé un excellent moment de lecture.
Le dessin est assez dépouillé, mais certaines cases et planches représentant des paysages afghans sont vraiment magnifiques.
A ne pas manquer si ce genre de bouquin vous intéresse.