Mon sentiment est partagé sur cet album.
Certes, c'est un très bon divertissement, il propose en outre des informations intéressantes sur les traditions et la vie quotidienne au Japon au début du 20ème siècle. Certes, il y a des notes d'humour fin, qui réhaussent pas mal l'intérêt du bouquin. Les historiettes sont assez souvent bien montées, bien racontées, et tout et tout.
Mais c'est son volume qui, à mon avis, pose problème. En 400 pages, on aurait peut-être aimé en savoir plus sur les yôkai. En effet au final on a l'impression que ces éléments ont été dilués dans le récit.
Et puis, 30 euros, c'est quand même une somme. Certes, elle se justifie par ce volume, mais voilà le hic.
Bon, c'est dommage, car je m'étais au final habitué au style de Shigeru Mizuki. Simplement, je m'attendais à quelque chose de plus dense.
Le récit aborde la vie romancée de l’auteur quand il était gamin. Entre un papa banquier raté et une maman qui possède un patronyme et porte le sabre (signe de distinction sociale), la vie de gégé est heureusement enrichie par la présence de NonNonBâ qui va l’initier aux Yokaï (les esprits bien ou malfaisants).
Sans être un spécialiste débridé de la question bd nipponne, j’ai trouvé la lecture de NonNonBâ à la fois fort intéressante et divertissante. Intéressante car elle met en lumière bon nombre de traditions et de croyances du pays du soleil levant (les Yokaï notamment) et divertissante car l’humour est omniprésent. Passé ces considérations plutôt positives, on peut épingler les dessins qui, s’ils sont globalement bons (comprendre pas rébarbatifs à la lecture), souffrent toutefois de certaines exagérations dans l’expression des personnages. A l’inverse des yeux exubérants (voir exorbités) du manga classique, l’auteur use dans le cas présent davantage des grosses gouttes de sueur qui perlent sur le visage des protagonistes ainsi que d’une expiration brutale (comme le souffle d’un buffle prêt à charger). Côté positif de cette surexpression des personnages : cela renforce le caractère comique du manga. Mais sous cette légèreté apparente se cachent des propos plus graves, voire adulte. L’humour est donc ici un moyen d’aborder la réalité de la vie du Japon des années 30. Et ce n’était pas joyeux tous les jours !
Je n’en conseille pas l’achat, la faute au coût élevé du dit ouvrage et le fait que je ne le relirai pas. Mais si l’occasion se présente, n’hésitez pas à plonger le nez dedans !