J'apprécie beaucoup les oeuvres de Christophe Chabouté et celle-ci ne déroge pas à la règle, même si je pense qu'elle n'est pas la meilleure BD de ce spécialiste de bande dessinée en noir et blanc.
Traiter d'Henri Désiré Landru était une très bonne idée car qui ne connaît pas l'un des plus célèbres tueurs en série français. De plus Chabouté nous propose une version très particulière de l'histoire de celui qui fut surnommé" le Barbe-Bleue de Gambais".
En effet il nous fait apparaître Landru comme la victime d'une odieuse et complexe machination.
Je n'en dis pas plus mais il fallait oser imaginer que ce machiavélique personnage puisse avoir été manipulé par une ou plusieurs personnes .
Vous me direz pourquoi pas? Il faut tout de même rappeler que Landru n'a jamais avoué les onze meurtres dont il fut accusé.
Mais même si j'ai trouvé cette histoire originale et fort sympathique j'aurais préféré que l'auteur se rapproche un peu plus de la " véritable histoire" en tout cas celle qui est restée dans la mémoire collective et dans les documents officiels bien sûr.
Le dessin de Christophe Chabouté est toujours aussi réussi. Je ne peux qu'apprécier son travail remarquable car à mon avis cet auteur fait parti des plus talentueux dessinateurs français.
Sa maîtrise du noir et blanc est toujours aussi parfaite dans ce one shot que dans ses autres oeuvres.
Je conseille donc la lecture de ce récit original, même si à mon avis ce n'est pas l'oeuvre la plus réussie de Christophe Chabouté.
Ne connaissant de Landru que sa légende, je ne sais pas sur quoi s’est appuyé Chabouté pour construire son récit. Le moins que je puisse dire, c’est qu’il m’a surpris… et agréablement ! Je me plais à imaginer que l’artiste s’est appuyé sur les déclarations faites par le personnage lors de son procès pour se disculper.
Nous n’avons donc pas droit à la version habituelle des faits mais à une œuvre de fiction plausible qui disculpe en partie le sinistre personnage.
L’ambiance est sombre à souhait, glauque, et le trait de Chabouté fait une fois de plus merveille dans ce genre de décors. Son noir est blanc est incisif comme une lame bien aiguisée… ce qui est de circonstance.
La narration est fluide et peu présente, comme à l’habitude chez l’auteur, le livre se lit donc relativement vite.
Les personnages sont bien typés. Landru apparaît comme un pauvre type et un lâche, ses complices ont l’âme aussi noire que le trait de l’artiste, ses victimes sont des gourdasses trop facilement manipulables.
Le caractère répétitif de certaines séquences nous replace face à cette évidence : un tueur en série se répète... S'installe alors un sentiment de routine qui déshumanise l'acte. C'est, je trouve, très bien vu.
Le contexte historique joue un grand rôle dans ce récit et, là encore, ce fût une agréable surprise pour moi, n’ayant jamais trop fait attention à l’époque à laquelle Landru avait commis ses méfaits.
Surpris par la façon dont le parcours du personnage est abordé mais pas par la technique, tant narrative que graphique, maîtrisée par l’auteur, je suis une fois de plus conquis par un album de Chabouté. Lecture et achat recommandés. Franchement bien !
Décidément : je ne suis pas déçu par cet auteur qui fait des prodiges ! Quand c'est bon, c'est réellement bien ! Chabouté ne déçoit pas ! Cela faisait trop longtemps que je n'avais pas connu cette joie de découvrir un véritable chef d'oeuvre.
Je m'attendais à une évocation de la vie de ce célèbre sérial killer surtout au vu du chapitre introductif qui commence par son procès devant le tribunal en 1921. Et puis, on va de surprise en surprise en remontant le temps à l'époque où la première guerre mondiale a débuté dans le chaos que l'on connaît. Il faut dire que nous avons là l'un des plus célèbres criminels du début du XX ème siècle.
L'idée est en soi très intéressante : il s'agit pour l'auteur de lancer une autre thèse totalement inattendue concernant Landru. Sans rien révéler, je peux dire que tout semble se tenir dans cette histoire machiavélique. Du coup, pour ceux qui ne connaissent pas la version officielle historique, il pourrait y avoir confusion. Cela me semble une démarche un peu à l'identique de celle adoptée par From Hell, un autre classique revisitant l'histoire de Jack l'éventreur.
Le dessin en noir et blanc sert merveilleusement bien ce polar sombre. C'est une magistrale claque : le meilleur du roman noir, assurément ! Et surtout un récit historique rondement bien mené !
Quelle habile façon de nous compter l’histoire d’Henri Désiré Landru !
Habile car la thèse proposée dans cette BD est tout à fait concevable, même si elle ne reflète pas la réalité (mais, finalement…qui sait … ? )
Le tour de force réside dans le fait de nous narrer une histoire connue en changeant et en modifiant certains aspects pour ressortir une histoire neuve. Une peinture crédible de l'époque, accompagnée d’un contexte historique connu, aide à rendre plausible cette histoire.
Elle aurait pu être inventée avec un autre personnage fictif, mais le fait de prendre ce nom de Landru nous plonge d'ores et déjà dans un cadre connu. Rudement malin. D’autant plus que cette histoire est vraiment bien menée.
Il ne vaut mieux ne pas trop en dire pour conserver ce récit, mais, cette histoire est bonne, et c’est une bonne surprise !
Le scénario a un point de vue intéressant et bien travaillé.
Des vrais gueules comme d’habitude avec cet auteur.
Une tres bonnes atmosphère, , on est bien dedans.
Oh le bel album !
Je ne suis pas particulièrement fan de Landru à la base. Bon je connais l’histoire. J’ai notamment vu deux adaptations. L’une télévisée qui date de quelques années avec Patrick Timsit dans le rôle du tueur en série. L’autre cinématographique, et plus décalée : Monsieur Verdoux de et avec Charlie Chaplin, sur une idée originale d’Orson Welles. Excusé du peu.
Avant de débuter ma lecture, je savais que Chabouté avait choisi un angle original pour raconter la vie de Landru. En fait, il respecte les événements tels qu’ils se sont déroulés ou plutôt tels qu’ils ont été rapportés grâce à l’enquête menée mais l’auteur propose un autre éclairage, un autre point de vue. Au passage, on voit bien qu’un gros travail de documentation a été réalisé.
La question qui se pose alors est de savoir si ce choix, audacieux, est crédible et permet à l’ensemble de l’intrigue de se tenir. J’aurai tendance à répondre oui. Néanmoins, je laisse à chacun cette appréciation car j’avoue être « dans le genre » un bon client. Je me laisse aisément embobiné par un bon scénario.
L’histoire me semble donc globalement maîtrisée. La narration parallèle mise en place dans la première partie de l’album fonctionne bien. Certes, j’ai ressenti un léger creux aux ¾ de l’album (il y a quelques répétitions) mais rien de bien dommageable. Quant au dessin, nickel. J’aime beaucoup le Noir et Blanc de Chabouté et son découpage minutieux des séquences.
Très originale, cette approche somme toute très personnelle, de la vie de Landru.
Ce personnage dont le cinéma s'est emparé, notamment avec Chaplin (avec son magnifique film "Monsieur Verdoux") et la version avec un Charles Denner, génial et méconnaissable, reste une énigme et Chabouté apporte son éclairage qui ne manque pas de piquant, en transformant Landru en victime.
Il fallait oser !
Le dessin en noir et blanc de Chabouté est toujours aussi bon.
Quelques bémols tout de même avec la reprise de la même planche à plusieurs reprises dans l'album, qui finit par lasser voire irriter.
Carrément déçu par cette version de l'un des plus célèbres serial killers du XXème siècle.
En effet, au-delà de l'histoire elle-même, qui est plutôt ambitieuse dans son idée, le traitement me semble quand même bien léger. La machination dans laquelle est embarqué Landru est tellement épurée que le one shot tire, tire, tire en longueur. Quelle est l'utilité de répéter 5 ou 6 fois la séquence se passant dans la villa de Gambais ? Comme pour Construire un feu, j'ai senti un vide dans la narration.
C'est dommage, car j'aime bien le dessin de Chabouté. Son découpage cinématographique, son style si particulier ne servent malheureusement pas à grand chose, et cet ouvrage est malheureusement un soufflé.
Mineur dans l'oeuvre de l'auteur, même si la version de cette page sanglante de notre Histoire est audacieuse.
A force de reprises certaines histoires peuvent se révéler moyennes, la lassitude finit par s'installer. J'avais adoré La Bête avec son scénario conventionnel mais plein d'humour ; j'ai moyennement aimé "Henri Désiré Landru" avec une vision différente du personnage mais traitée sans humour.
On pourrait d'ailleurs presque y croire à cette version, qui s'accorde parfaitement avec le dessin noir et blanc de l'auteur, mais personnellement elle m'a laissé indifférente. Cette fameuse lassitude a pris le dessus et m'a laissée hermétique face au talent de Chabouté. D'autant plus que j'ai trouvé tous les personnages agaçants, peut-être est-ce dû aux mœurs de l'époque un peu mièvres, surtout avec ces femmes qui se laissent séduire avec tant de facilité par un homme assez insignifiant, - tout charmeur qu'il soit - et à fortiori lorsqu'elles sont beaucoup plus âgées que lui. Evidemment c'est la réalité de l'histoire et en cela l'auteur n'y est pour rien, malheureusement ce sont des comportements qui m'énervent.
Je vais me répéter, mais cette lecture n'est pas pour moi et m'a laissée totalement froide.
'Henri Désiré Landru' n'est pas un mauvais one-shot, mais il aurait pu être mieux. J'aurais réellement aimé voir autre chose qu'une accumulation de scènes dont le seul but est de montrer la version des faits selon l'auteur. SPOILER En gros, on voit juste Landru être victime de gens malhonnêtes puis ensuite des politiciens. C'est plutôt maigre comme scénario. J'aurais mieux apprécié l'histoire si Chabouté avait mieux montré la psychologie de Landru. Par exemple, lorsqu'il découvre ce que ses 'employeurs' font des victimes, il est choqué, mais sans plus. FIN DU SPOILER.
Pour ce qui est du dessin, je l'aime. Le style me fait penser à Comès et permet de créé une atmosphère tout le long de l'album et c'est pratiquement la seule chose qui donne un peu d'intérêt à ce récit. Dans le même genre, 'Monsieur Verdoux' de Charlie Chaplin me semble être meilleur (je ne l'ai pas encore vu).
Au moment d’acheter l’album à sa sortie en librairie je regrettais de ne point être déjà à la maison pour en savourer la lecture tant les planches sont magnifiques. De ce que je connais de Chabouté c’est pour moi l’album le plus réussi, graphiquement en tout cas... Car je dois bien avouer que passé l’enthousiasme des premières planches j’ai commencé à faire une drôle de tête. A tel point que la lecture terminée et après avoir jeté un dernier coup d’œil sur le titre, j’ai évité d’y penser quelques temps.
Si vous n’avez pas lu la BD passez le paragraphe suivant !
Donc je ne m’attendais pas à lire un récit interprété à un tel degré et je pense qu’une préface pour présenter l’œuvre n’aurait pas été de trop. Pour dire clairement, je n’ai pas compris l’intérêt de s’éloigner autant de la réalité si l’auteur voulait parler de Landru, qui est déjà un sujet assez dramatique en soi, et je n’ai pas compris -s’il voulait parler d’autre chose- pourquoi il avait titré son livre Landru. Question bête en somme. Mais soit le tour de force du scénario est complètement gratuit, et dans ce cas pas du tout à mon goût, soit le sens m’échappe complètement. Et donc j’ai bien du mal à me faire un début de réponse : l’auteur confronte assassin présumé et boucherie avérée de la guerre. Son procédé est de prendre parti au point de transformer le fait divers historique en supercherie. Il veut donc nous faire réfléchir sur la grande histoire, celle qui laisse derrière elle des millions de morts et des assassins impunis. La morale de la BD est que le pire assassin est l’état qui truque le procès (tout comme Chabouté truque le fait divers) et exécute tout le monde pour enterrer à jamais cette histoire qu’il semble avoir lui même engendré. Même si je l’interprète de la sorte (cette mouche posée sur la Marianne comme sur une pourriture est un beau préambule), la farce prend le lecteur à froid et me semble dénoter d’un humour noir de chez noir ainsi que d’une liberté de ton vis à vis de l’histoire un peu choquante voir malsaine. C’est dit, mais cela n’exclue pas que je sois à côté de la plaque.
En tout cas j’ai dû attendre une deuxième lecture (bien longtemps plus tard) pour profiter du scénario très habilement construit, de la narration très réussie, et des dessins magnifiques. Mais au final j’ai quand même un peu de mal avec cette BD car je ne sais pas trop quoi en penser.
Que voilà une épatante interprétation de la vie de Landru. Première chose qui frappe dès les premières planches : le dessin de l'auteur dans son noir et blanc habituel mais prenant le temps de pauses sur l'action, très cinématographique. Cela produit une lecture facile, et finalement pas très longue vu le nombre de pages. A l'ouverture, on est plongé directement dans le procès où Landru clame qu'il n'a tué personne. Là où on pouvait attendre une sorte de récit des faits connus et adaptés sous différents aspects parmi lesquels la télévision et le théâtre, Chabouté prend cette phrase de déni pour point de départ afin d'échafauder une intrigue façon "et s'il disait la vérité ?".
Et on peut dire que l'auteur arrive à produire quelque chose de tout à fait crédible. Bien des points ont leur explication, une de ses "proies" Fernande qu'il n'a pas tué par exemple. Même si le faisceau de pièces à charge est assez conséquent, cette version pourrait faire douter les personnes qui ne croient pas à la thèse officielle. Landru ne serait qu'une victime d'une justice française qui peut se tromper, elle l'a fait à de nombreuses reprises. La guillotine emportera les secrets de l'intrigant personnage dans sa tête tombée dans un panier d'osier. La plupart des faits se déroulent pendant la première guerre mondiale, on aimerait croire à cette romanesque histoire de Chabouté. Le personnage de Landru est devenu mythique, un des premiers tueurs en série de l'Histoire, du moins française, parfait gentleman, galant et séducteur, avec une face obscure qui glaça d'effroi la société. On peut penser que dans ce contexte, son exécution était inévitable.
Le grand prix RTL est tout à fait mérité, de même que les bons avis en général émis par la critique, ajoutez-y le mien.
Je commence à découvrir Chabouté et j'aime vraiment ses BD.
Son dessin noir et blanc est sublime, le seul défaut trouvé concerne les yeux des personnages parfois étranges.
J'ai dévoré les pages, captivé par une narration fluide et étonné par une telle aventure.
Quelle inventivité de Chabouté pour fournir une hypothèse sur les faits reprochés à Landru !!!
A lire absolument, cette fiction va au delà de la réalité.
A noter : quelques sublimes planches avec des décors d'époque.
Landru ?... un des premiers serial-killers de l'histoire moderne. Il aurait assassiné 11 femmes et les aurait brûlées dans son poêle à charbon...
Pourquoi "aurait" ?... ben... et si tout cela n'avait été qu'un vaste complot ?... une sorte de mythe destiné à divertir les foules ?... ou à les égarer ?...
C'est le postulat que Chabouté développe ici, en s'attaquant à un morceau d'histoire assez délicat.
Après lecture, et balayées les ambiances morbides, j'ai ressenti l'impression d'une conclusion recherchée. MAIS -ben oui- j'y ai aussi lu et vu beaucoup de sous-entendus et de disparitions à la répétition un peu trop mécanique.
N'empêche, cet auteur dresse ici une belle galerie de "gueules" d'époque assez inquiétantes, parmi lequel un Landru assez hypnotisant qui est installé au premier rang.
A lire à son aise ; l'opus fait quand même quelque 140 pages...
J’ai feuilleté cette BD sans avoir lu son descriptif ni les avis des bédéphiles… ce qui a pour conséquence que j’ai fini ma lecture abasourdi par cette version de l’affaire Landru au point de me dire qu’il faudra que je fasse moi-même des recherches pour en connaître le vrai et le faux !
Je m’explique : Chabouté à travers sa BD donne une version totalement inédite de la vie de Henri Désiré Landru, l’un des plus grands meurtriers de l’histoire de France. Franchement, il y a de quoi être déconcerté par cette interprétation de Chabouté !
Le seul et l’unique conseil que je peux vous donner avant d’aborder la lecture de cet album est de NE PAS LIRE LE DESCRIPTIF ET LES AVIS trop « spoilés » des autres lecteurs !... au risque de perdre une partie des surprises de ce scénario.
N’empêche que j’ai vachement envie de relire cette BD d’autant plus que le noir et blanc de Chabouté est somptueux et sied à merveille à cette époque ayant pour cadre la première guerre mondiale et son après.
Le découpage est exempt de reproche, il participe beaucoup à la facilité de lecture que j’ai pu ressentir d’autant plus que le scénario est diaboliquement captivant et… réaliste !
« Henri Désiré Landru » est un des albums que j’ai le plus apprécié cette année. Le scénario est vraiment passionnant malgré tout ce que je « croyais » connaître de cette affaire. Le dessin de Chabouté est magnifique, son découpage parfait contribue beaucoup au plaisir de lecture que j’ai pu ressentir. A découvrir d’urgence !
Chabouté surprend. Quand on commence cet album, on se dit que tout est plié d’avance, l’histoire est célèbre et a déjà suscité tant de fictions et de mise en scène.
Puis on découvre très vite que Chabouté s’amuse avec un beau « si »… Son album aurait pu s’appeler « Et si Landru n’était pas coupable ». A partir de là, Chabouté livre un album sombre et intriguant, cultivant les ambiances avec un sens de l’ellipse et du rythme des cases assez aiguisé, et ce goût particulier pour le noir et blanc dont il fait bon usage.
Alors oui, j’ai aimé cet album, oui, j’en recommande la lecture, c’est un bon thriller… mais j’avoue percevoir cette œuvre comme étant relativement anecdotique dans la mesure où je ne vois pas trop où est l’intérêt profond de jouer à ce jeu du « si » concernant un tueur en série en revenant ainsi sur une chose jugée. Bien sûr, Chabouté ne plaide pas pour l’innocence de Landru, c’est juste un jeu d’esprit, mais je trouve cela un petit peu discutable concernant une histoire authentique comme celle-là… Imaginons un instant que quelqu’un nous écrive une fiction sur Marc Dutroux en s’amusant à imaginer que celui-ci n’est pas coupable… Ce serait obscène, insultant pour les victimes et leur souffrance… Pourquoi l’accepte-t-on si facilement pour Landru à la lecture de cette bd très bien faite ? Le temps passé peut-il tout justifier ? Je suppose que Chabouté répondrait « oui »… Personnellement, je ne connais pas la réponse à cette question…
Cet album est une perle!
Chabouté brosse le portrait d'un personnage aussi célèbre qu'obscur, Henri Désiré Landru.
Un homme sur lequel on a déjà dit ou écrit pas mal de choses, pourtant cet album surprend. Le regard de Chabouté sur Landru n'est ni distant ni dénué de tendresse, il se garde bien de le dépeindre comme un homme mystérieux et secret, il en donne une vision à la fois simple et neuve.
Dans une époque -que l'on devine en fond- reconstituée à la perfection, dans un contexte ou l'on sent que les blessures laissées par la grande guerre sont encore ouvertes, Chabouté se réapproprie un sinistre fait divers et nous en livre une vision surprenante, fascinante pleine de cynisme et de noirceur. A l'image de l'imposante maison dessinée en couverture cette histoire en impose, elle nous frappe! Une lecture incontestablement marquante.
"Henri Désiré Landru" est une oeuvre audacieuse qui ne manque ni de ressources ni de surprises, comme ces quelques pages nous montrant les tranchées; une histoire dans l'histoire, narrée par les images et illustrée par les propos d'un poilu, au travers d'une lettre qu'il rédige fiévreusement. Bien qu'étant très brève cette séquence fait son effet, un vrai choc !
Le récit est admirablement construit, l'hypothèse que nous propose Chabouté est si convaincante que l'on ne peut que prendre plaisir à s'imaginer que c'est peut-être comme cela que tout s'est déroulé. Et si c'était ça ?
Un scénario génial, prenant et pesé au millimètre, sublimé par le trait expressif de Chabouté, des dessins aux noirs si profonds et intenses que l'on s'y égare.
Cette BD est une oeuvre profonde, envoûtante, difficile à classer tant elle brasse les genres avec panache, autant capable de séduire l'amateur de roman graphique que de passionner celui qui s'intéresse à l'Histoire. Cette BD bénéficie d'une ambiance noire digne des thrillers les plus sombres.
J'aimerais ne pas m'arrêter de parler de cet album...